X ENS Mathématiques A MP 2021Sujet, corrigé et rapport du jury
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DifficileSous-groupes finis de GLn(Z) : bornes sur leur cardinalAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet étudie les cardinaux possibles des sous-groupes finis de GLn(Z), avec pour objectif de démontrer l'existence d'une borne dépendant de n sur ce cardinal, d'en expliciter une, puis d'en donner une majoration raffinée pour les sous-groupes dont le cardinal est une puissance d'un nombre premier. Il mélange algèbre linéaire, théorie des groupes, arithmétique et raisonnements sur les polynômes.
- 1PréliminairesRésultats généraux sur les racines de l'unité et les valuations, utiles dans toute la suite du sujet.
- 2Partie 1 : Éléments d'ordre fini de GLn(Z)Étude des ordres possibles pour un élément d'ordre fini de GLn(Z) à l'aide de la trace et du déterminant.
- 3Partie 2 : Sous-groupes finis de GLn(Z)Propriétés des sous-groupes finis de GLn(Z), notamment via la réduction modulo un entier.
- 4Partie 3 : Traces des éléments d'un p-sous-groupe de GLn(Z)Étude arithmétique des traces des éléments d'un p-sous-groupe, avec usage du petit théorème de Fermat.
- 5Partie 4 : Cardinaux des p-sous-groupes de GLn(Z)Majoration raffinée du cardinal des p-sous-groupes de GLn(Z), aboutissant au résultat principal du sujet.
Difficile. Le rapport signale plusieurs questions rarement traitées ou difficiles en fin de sujet, avec une moyenne de 8,82/20 pour les candidats français et de 6,53/20 pour les candidats étrangers.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 8,82 / 20 · écart-type 4,35 · 1 436 présents · où vous situez-vous ?Afficher ou masquer la section
L'épreuve en chiffres
- Moyenne
- 8,82/ 20
- Écart-type
- 4,35
- Présents
- 1 436
Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
5 erreurs relevéesConfusion sur la définition de GLn(Z) · Références vagues aux résultats précédents · Différence de matrices diagonalisables supposée diagonalisableAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
5 erreurs relevéesLe sujet, transversal, mélangeait algèbre linéaire, théorie des groupes et arithmétique, avec des questions bien posées ne nécessitant en général pas de rédactions complexes mais exigeant une utilisation précise des résultats antérieurs. Le jury n'a pas constaté de baisse de niveau par rapport aux années précédentes, avec un certain nombre de copies excellentes ayant même traité l'intégralité du sujet.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Confusion sur la définition de GLn(Z)
Beaucoup de candidats identifient à tort GLn(Z) avec l'ensemble des matrices à coefficients entiers inversibles dans GLn(C), ce qui amène rapidement à une confusion complète dans les réponses.
- 2Références vagues aux résultats précédents
Une formulation vague comme « d'après les résultats précédents » n'est pas suffisamment précise pour être valorisée ; il faut référencer précisément la question et le résultat utilisés.
« d'après les résultats précédents »
- 3Différence de matrices diagonalisables supposée diagonalisablePartie 2, Q1a
À la question 1a de la partie 2, beaucoup de copies laissaient entendre que si M et M' sont diagonalisables alors M moins M' l'est aussi, ce qui est complètement faux.
- 4Morphisme de groupes supposé à tortPartie 2, Q2a
À la question 2a de la partie 2, un grand nombre de candidats cherchent à caractériser un noyau alors que l'application concernée n'est pas un morphisme de groupes.
- 5Ordre d'une matrice non relié aux valeurs propres
Un certain nombre de copies n'ont jamais justifié clairement que l'ordre d'une matrice s'interprète en termes d'ordre de ses valeurs propres une fois la diagonalisabilité connue, un point pourtant central du sujet.
Ce qui a été bien réussi
- La question 1 de la partie 1 a été très bien traitée grâce à la question 2 des préliminaires.
- La question 2b de la partie 2 a été très bien traitée et facile compte tenu de la question précédente.
- La question 1b de la partie 3 est parmi les mieux traitées du sujet.
Conseils du jury
- Référencer précisément la question et le résultat utilisés lorsqu'on réutilise un résultat antérieur.
- Poser explicitement l'hypothèse de récurrence avec ses quantificateurs dans tout raisonnement par récurrence.
- Rédiger correctement même les résultats élémentaires plutôt que de survoler le sujet en se limitant aux questions les plus simples.
- Soigner la présentation de la copie, avec une numérotation claire des questions et une écriture lisible.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
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ECOLE POLYTECHNIQUE ECOLES NORMALES SUPERIEURES
CONCOURS D'ADMI SSI ON 2021
08h00-12h00
FILIERE MP - Epreuve
Sous-groupes finis de
GL_n(ℤ)
Notations
- Les lettres
ℕ, ℤ, ℚ, ℝ, ℂ désignent respectivement l'ensemble des entiers naturels, des entiers relatifs, des nombres rationnels, des nombres réels, des nombres complexes. La notationℕ^∗ désigne l'ensemble des entiers naturels non nuls. - Si
x ∈ ℝ , on note⌊x⌋ la partie entière dex , c'est-à-dire le plus grand entierk tel quek ≤ x . - Si
E est un ensemble fini, on notecard(E) son cardinal. - Si
a, b ∈ ℤ , on noteb|a sib divisea , etb∤a dans le cas contraire. - Si
a, a^′, b ∈ ℤ , on notea ≡ a^′(modb) sib|(a^′ − a) . - Si
q ≥ 2 est un nombre premier eta ∈ ℤ , on notev_q(a) le plus grand entierv tel queq^v|a . - Pour
n ∈ ℕ^∗, 𝔖_n désigne le groupe des permutations de l'ensemble{1, …, n} , etε : 𝔖_n → { ± 1} désigne le morphisme signature. - Pour
k, n ∈ ℕ , on notera(n/k) = (n!)/(k!(n − k)!) le nombre de parties àk éléments dans un ensemble àn éléments. - Tous les anneaux considérés dans ce sujet sont unitaires.
- Si
R est un anneau commutatif etn ∈ ℕ^∗ , on définitM_n(R) comme l'ensemble des matrices carrées de taillen à coefficients dansR . On pourra utiliser librement le fait que l'addition coefficient par coefficient et la multiplication matricielle munissentM_n(R) d'une structure d'anneau. - Si
R est un anneau commutatif etA ∈ M_n(R) , en notant(a_(ij))_(1 ≤ i, j ≤ n) les coefficients deA , on définit la trace deA par la formuleTr(A) = ∑_(i = 1)^n a_(ii) et le déterminant deA par la formuledetA = ∑_(σ ∈ 𝔖_n)ε(σ)∏_(1 ≤ i ≤ n)a_(iσ(i)) . On pourra utiliser librement le fait que pourA, B ∈ M_n(R) ,det(AB) = (detA)(detB) . - Si
n ∈ ℕ^∗ etR est un anneau commutatif, pour toutA ∈ M_n(R) on noteχ_A = det(XI_n − A) le polynôme caractéristique deA . - Pour
n ∈ ℕ^∗, M_n(ℂ) désigne l'ensemble des matrices carrées de taillen à coefficients dansℂ , etGL_n(ℂ) désigne le groupe multiplicatif des matrices inversibles de taillen à coefficients dansℂ . - Pour
n ∈ ℕ^∗, M_n(ℤ) désigne l'ensemble des matrices carrées de taillen à coefficients dansℤ , etGL_n(ℤ) désigne le sous-groupe deGL_n(ℂ) constitué des matricesA ∈ M_n(ℤ) inversibles dont l'inverse est dansM_n(ℤ) (on ne demande pas de démontrer que cet ensemble est bien un sous-groupe deGL_n(ℂ) ). - Si
G est un groupe d'élément neutree , on rappelle qu'un élémentg deG est dit d'ordre fini s'il existe un entierd > 0 tel queg^d = e . Dans ce cas, l'ordre deg est le plus petit entierd > 0 tel queg^d = e . - Si
z ∈ ℂ etd ∈ ℕ^∗ , on dit quez est une racined -ième de l'unité siz^d = 1 . S'il existed ∈ ℕ^∗ tel quez ∈ ℂ soit une racined -ième de l'unité, on dira simplement quez est une racine de l'unité.
Préliminaires
- Soit
z ∈ ℂ une racine de l'unité. Justifier que|z| = 1 . - Soit
g ∈ GL_n(ℂ) , et soitd ∈ ℕ^∗ . On suppose queg est d'ordred . Démontrer queg est diagonalisable, et que toutes ses valeurs propres sont des racinesd -ièmes de l'unité. - Soit
m ∈ ℕ , et soitq ∈ ℕ^∗ .
(a) Démontrer quecard({1 ≤ k ≤ m tels queq|k}) = ⌊m/q⌋ .
(b) En déduire que siq est premier,v_q(m!) = ∑_(i = 1)^(+ ∞)⌊m/(q^i)⌋ .
1 Éléments d'ordre fini de
GL_n(ℤ)
- Démontrer que
|Tr(g)| ≤ 2 . - On suppose que les valeurs propres de
g sont réelles, déterminer les valeurs possibles pourd . - On suppose maintenant que
g n'a pas de valeurs propres réelles. Démontrer que le polynôme caractéristique deg est l'un des polynômes suivants :X^2 + 1, X^2 + X + 1, X^2 − X + 1 . - En déduire que
d ∈ {1, 2, 3, 4, 6} .
5. Soit
6. Montrer que
7. En déduire que
2 Sous-groupes finis de
GL_n(ℤ)
- Soit
m ≥ 3 un entier. Soitg ∈ GL_n(ℤ) . On suppose queg est d'ordre fini et queg − I_n a tous ses coefficients divisibles parm . SoitA = (g − I_n)/m .
(a) Montrer queA est diagonalisable surℂ , et que pour toute valeur propreλ deA , on a|λ| < 1 .
(b) En déduire qu'il existek ∈ ℕ tel queA^k = 0 .
(c) Conclure queg = I_n . - Soit
G est un sous-groupe fini deGL_n(ℤ) , et soitm ≥ 3 un entier.
(a) Démontrer que l'applicationM_n(ℤ) → M_n(ℤ/mℤ) de réduction modulom des coefficients induit une application injectiveG → M_n(ℤ/mℤ) .
(b) En déduire quecard(G) ≤ 3^(n^2) .
3 Traces des éléments d'un
p -sous-groupe de
GL_n(ℤ)
- Soit
ℓ un nombre premier.
(a) Démontrer que pour tout1 ≤ k ≤ ℓ − 1 , l'entier(ℓ/k) est multiple deℓ .
(b) SoitR un anneau. On noteℓR = {ℓx, x ∈ R} . Démontrer que pour tousx, y ∈ R tels quexy = yx , on a(x + y)^ℓ − (x^ℓ + y^ℓ) ∈ ℓR . - Soit
R un anneau commutatif, et soitI un idéal deR . Soientn ∈ ℕ^∗ etA, B ∈ M_n(R) . On suppose que tous les coefficients deB sont dans l'idéalI . Démontrer quedet(A + B) − detA ∈ I . - Soit
ℓ ∈ ℕ un nombre premier. Démontrer que pour tout polynômeP ∈ ℤ[X] , on a :
- Soit
M ∈ M_n(ℤ) , et soitℓ ∈ ℕ un nombre premier.
(a) Justifier qu'il existeA ∈ M_n(ℤ[X]) telle que(XI_n − M)^ℓ − (X^ℓ I − M^ℓ) = ℓA .
(b) Démontrer queχ_(M^ℓ)(X^ℓ) − χ_M(X)^ℓ ∈ ℓℤ[X]
(c) En déduire queTr(M^ℓ) ≡ Tr(M)(modℓ) . - Soit
g ∈ G . Démontrer queTr(g) ≡ n(modp) . - Soit
g ∈ G et soitℓ un nombre premier. On suppose queℓ > 2n . Démontrer queTr(g^ℓ) = Tr(g) . - Soit
k ∈ ℕ non divisible parp . On note
(b) En déduire que pour tout
8. On note
(a) Démontrer que
(b) Soit
- Soit
g ∈ G . On noten_0 la multiplicité de 1 comme racine deχ_g , etn_1 le nombre de racinesζ deχ_g d'ordrep (comptées avec multiplicité). Démontrer queTr(g) = n_0 − (n_1)/(p − 1) . - On note
a = ⌊n/(p − 1)⌋ . Soitg ∈ G , démontrer queTr(g) ∈ {n − pv|0 ≤ v ≤ a} .
4 Cardinaux des
p -sous-groupes de
GL_n(ℤ)
- Soit
G ⊂ GL_n(ℂ) un sous-groupe fini. Soitf = 1/(card(G))∑_(g ∈ G)g ∈ M_n(ℂ) .
(a) Démontrer quef est un projecteur sur{x ∈ ℂ^n|∀g ∈ G, g(x) = x} .
(b) En déduire que∑_(g ∈ G)Tr(g) est un entier divisible parcard(G) . - Soient
k, n ∈ ℕ^∗ . Pourg ∈ GL_n(ℂ) eth ∈ GL_k(ℂ) , on noteg ⊗ h la matrice par blocs, de taillenk × nk , définie par :
(i) si
(ii) si
(iii) si
3. Soient
(a) Soit
(b) Démontrer que
4. Pour
(a) Justifier que
5. On rappelle qu'on a noté
(a) En considérant
(b) En déduire que
6. (a) Démontrer que
(b) En déduire que
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de mathématiques A X-ENS MP 2021 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de mathématiques A X-ENS MP 2021 ?
Le sujet porte sur les sous-groupes finis de GLn(Z), combinant réduction des endomorphismes, théorie des groupes, arithmétique et polynômes.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées ?
Une confusion sur la définition de GLn(Z), des références vagues aux résultats précédents, et l'affirmation fausse que la différence de deux matrices diagonalisables est diagonalisable.
Ce sujet de mathématiques A X-ENS MP 2021 est-il difficile ?
Oui, le rapport signale plusieurs questions rarement traitées ou difficiles en fin de sujet, avec une moyenne de 8,82/20 pour les candidats français et de 6,53/20 pour les candidats étrangers.
Quelle est la moyenne à l'épreuve de mathématiques A X-ENS MP 2021 ?
La moyenne est de 8,82/20 avec un écart-type de 4,35 pour les 1436 candidats français, et de 6,53/20 avec un écart-type de 3,82 pour les 503 candidats étrangers.
Pas de description pour le moment
