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Présentation du sujet

Difficile
Loi du demi-cercle de Wigner pour les valeurs propres de grandes matrices symétriques aléatoires
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Le sujet démontre la loi du demi-cercle, qui décrit la répartition des valeurs propres de matrices symétriques aléatoires de grande taille. Il enchaîne une inégalité d'algèbre bilinéaire (Hoffman-Wielandt), un dénombrement par série entière génératrice, puis deux parties de probabilités et d'analyse qui établissent la loi dans le cas borné puis dans le cas général.

  1. 1Partie I : inégalité de Hoffman-Wielandtdeuxième annéeContrôle des écarts entre valeurs propres de deux matrices symétriques par la norme de Frobenius de leur différence, via le théorème spectral et le théorème des bornes atteintes.
  2. 2Partie II : dénombrement des mots bien parenthésésdeuxième annéeComptage des mots bien parenthésés de longueur 2n à l'aide de leur fonction génératrice, partie classique sans très grosse difficulté.
  3. 3Partie III : loi du demi-cercle, cas uniformément bornédeuxième annéeQuelques calculs d'intégrales, puis lien entre mots bien parenthésés et cycles de longueur k, avec des questions délicates de probabilités et de dénombrement.
  4. 4Partie IV : loi du demi-cercle, cas généraldeuxième annéeExtension à toute fonction continue bornée par troncature de variables aléatoires et approximation de fonctions continues.

Difficile. Le jury qualifie le sujet de très long, avec une fin comportant des questions très difficiles, et estime que les 25 premières questions suffisent à faire une très bonne copie.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 8,98 / 20 · écart-type 4,23 · 5 035 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
8,98/ 20
Écart-type
4,23
Présents
5 035
Coefficient
17
Durée
4 h
1er quartile
6
Médiane
8,8
3e quartile
12
moyenne 8,9805101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 20 avril 2021. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Existence d'un minimum mal justifiée · Critère de d'Alembert mal utilisé · Fonction génératrice non exploitée
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Les parties I et II ainsi que la sous-partie III.A ont été abordées par presque tous les candidats, la fin de la partie III et la partie IV seulement par les meilleures copies. Le jury privilégie des réponses complètes, précises et honnêtes, même partielles, à une course aux points en fin de sujet. Un malus a sanctionné les copies très mal présentées.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Existence d'un minimum mal justifiéeQ4, Q7

    Montrer qu'une fonction est minorée ne suffit pas à prouver qu'elle atteint un minimum ; il faut invoquer le théorème des bornes atteintes avec ses hypothèses. En Q7, certains supposent sans le dire que le minimum est unique ou l'inégalité stricte.

  2. 2
    Critère de d'Alembert mal utiliséQ10

    Les récurrences proposées reposent sur des inégalités non justifiées entre termes consécutifs. Majorer chaque terme ne permet pas de majorer le rapport de deux termes.

    « la règle de d’Alembert n’est pas une condition nécessaire et suffisante de convergence »
  3. 3
    Fonction génératrice non exploitéeQ13, Q15

    Peu de candidats ont résolu l'équation du second degré satisfaite par la série génératrice, et les manipulations de coefficients du développement de (1+x)^a ont rarement été satisfaisantes.

    « Les réponses sont globalement décevantes »
  4. 4
    Techniques de base du calcul intégralPartie III

    Les premières questions de la partie III ont révélé des bornes non modifiées lors d'un changement de variable et des primitives ou dérivées fausses.

    « pas de modification des bornes lors d’un changement de variable, primitives ou dérivées fausses pour l’intégration par parties »
  5. 5
    Paraphraser l'énoncé au lieu de démontrerQ36

    Environ 500 candidats ont abordé Q36, une dizaine seulement l'ont réussie.

    « une paraphrase de l’énoncé ne constituant pas une preuve »
  6. 6
    Stone-Weierstrass hors de son cadrePartie IV

    La fin du sujet exige de bien manier la troncature de variables aléatoires et l'approximation des fonctions continues.

    « le théorème de Stone-Weierstrass n’est valable que sur un segment »

Ce qui a été bien réussi

  • Le début de la partie I, très largement abordé, a été convenablement réussi, et les calculs détaillés de Q3 ont été appréciés.
  • Environ les trois quarts des candidats pensent au théorème des bornes atteintes en Q4 et en vérifient les hypothèses.
  • Le produit de Cauchy semble bien maîtrisé (Q12).
  • Le jury a valorisé les candidats signalant honnêtement qu'ils n'aboutissent pas au résultat attendu (Q16).

Conseils du jury

  • Soigner le début du problème plutôt que grappiller des points en fin de sujet.
  • Citer précisément les résultats du cours et les numéros des questions utilisées, surtout quand le résultat est donné par l'énoncé.
  • Vérifier la cohérence des réponses avec la suite : la réponse à Q17 figure dans Q20.
  • Utiliser directement les résultats du cours comme tr(AB) = tr(BA) sans les redémontrer.
  • Annoncer clairement une réponse partielle plutôt que présenter comme complète une preuve incomplète.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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La loi du demi-cercle

Notations

  • Pour tous entiers naturels p et q tels que p ⩽ q on note [ [p, q] ] l'ensemble {i ∈ ℕ|p ⩽ i ⩽ q}.
  • Pour tout entier naturel n tel que n ⩾ 1, on note M_n(ℝ) l'ensemble des matrices à n lignes et n colonnes à coefficients réels, S_n(ℝ) l'ensemble des matrices symétriques et à coefficients réels de taille n et O_n(ℝ) l'ensemble des matrices réelles orthogonales de taille n.
  • Pour toute matrice symétrique réelle M ∈ S_n(ℝ) on note λ_1(M) ⩾ λ_2(M) ⩾ ⋯ ⩾ λ_n(M) ses valeurs propres rangées dans l'ordre décroissant.
  • On note M^⊤ la transposée d'une matrice M.
  • Pour tout (i, j) ∈ [ [1, n] ]^2, on note E_(ij) la matrice de la base canonique de M_n(ℝ) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé sur la i-ème ligne et la j-ième colonne qui vaut 1 .
  • Pour toute matrice M ∈ M_n(ℝ), on note ‖M‖_F = √(tr(MM^⊤)) sa norme euclidienne canonique.
  • Dans tout le problème, on note ( Ω, A, ℙ ) un espace probabilisé. Toutes les variables aléatoires considérées sont définies sur Ω.
  • Étant donnée une variable aléatoire discrète X à valeurs réelles admettant une espérance, on note 𝔼(X) son espérance. Si X admet une variance, on note 𝕍(X) sa variance.

Problématique

En essayant d'expliquer la répartition des niveaux d'énergie des noyaux des atomes lourds, Eugene Wigner a été amené, dans les années 1950, à étudier le spectre de matrices symétriques réelles aléatoires de grande taille. La figure 1 montre un histogramme qui représente la répartition des valeurs propres d'une matrice symétrique réelle de taille n = 2500 constituée de variables aléatoires indépendantes identiquement distribuées, d'espérance nulle et de variance égale à 1 .
Figure 1
On voit que les valeurs propres se répartissent suivant un profil en demi-cercle de rayon 2√n. En normalisant par un facteur 1/√n on obtient le profil d'un demi-cercle de rayon 2 .
Plus précisément, on considère (X_(ij))_((i, j) ∈ (ℕ^⋆)^2) une famille de variables aléatoires discrètes réelles telles que
  • pour tout (i, j) ∈ (ℕ^⋆)^2, X_(ij) = X_(ji);
  • les variables aléatoires X_(ij) sont de même loi, d'espérance nulle et de variance 1;
  • pour n ⩾ 1, les variables aléatoires X_(ij), pour 1 ⩽ i ⩽ j ⩽ n, sont mutuellement indépendantes.
Pour tout n ∈ ℕ^⋆ et pour tout ω ∈ Ω, on note M_n(ω) la matrice (X_(ij)(ω))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) ∈ M_n(ℝ).
Pour tout ω ∈ Ω, on note Λ_(1, n)(ω) ⩾ ⋯ ⩾ Λ_(n, n)(ω) les valeurs propres de 1/(√n)M_n(ω).
On définit ainsi, pour n ∈ ℕ^⋆ et i ∈ [ [1, n] ], des variables aléatoires réelles discrètes Λ_(i, n) sur ( Ω, A, ℙ ).
On se propose de montrer le résultat suivant :

Loi du demi-cercle
Pour toute fonction f : ℝ → ℝ, continue et bornée,
𝔼(1/n∑_(i = 1)^n f(Λ_(i, n))) →−^(n → + ∞)1/(2π)∫_(− 2)^2 f(x)√(4 − x^2) dx.
Dans la partie I, on établit une inégalité portant sur les valeurs propres d'un couple de matrices symétriques. La partie II est consacrée à la résolution d'un problème de dénombrement qui est utilisée dans la partie III où la loi du demi-cercle est démontrée pour des variables aléatoires uniformément bornées. Dans la partie IV, on établit la loi du demi-cercle dans le cas général en utilisant les résultats des parties I et III.

I Inégalité de Hoffman-Wielandt

I. A − Soient A et B deux matrices de S_n(ℝ).
Q 1. Montrer que, pour tout M dans M_n(ℝ) et pour tous P et Q dans O_n(ℝ), on a ‖PMQ‖_F = ‖M‖_F.
Q 2. On note D_A = diag(λ_1(A), …, λ_n(A)) et D_B = diag(λ_1(B), …, λ_n(B)). Montrer qu'il existe une matrice orthogonale P = (p_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) telle que ‖A − B‖_F^2 = ‖D_A P − PD_B‖_F^2.
Q 3. Montrer que
‖A − B‖_F^2 = ∑_(1 ⩽ i, j ⩽ n)p_(i, j)^2(λ_i(A) − λ_j(B))^2.
I.B - On note B_n(ℝ) l'ensemble des matrices bistochastiques de M_n(ℝ), c'est-à-dire l'ensemble des matrices M = (m_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) dont tous les coefficients sont positifs ou nuls et tels que ∑_(j = 1)^n m_(i, j) = ∑_(j = 1)^n m_(j, i) = 1 pour tout i ∈ [ [1, n] ].
On note f : | M_n(ℝ), →, ℝ; M, ↦, ∑_(1 ⩽ i, j ⩽ n)m_(i, j)(λ_i(A) − λ_j(B))^2.
Q 4. Justifier que f admet un minimum sur B_n(ℝ).
On se propose de montrer que ce minimum est atteint en la matrice identité.
Q 5. Soit (i, j, k) ∈ [ [1, n] ]^3 tel que j ⩾ i et k ⩾ i. Montrer que, pour M ∈ M_n(ℝ) et pour x ∈ ℝ^+,
f(M + xE_(ii) + xE_(jk) − xE_(ik) − xE_(ji)) − f(M) = 2x(λ_i(A) − λ_j(A))(λ_k(B) − λ_i(B)) ⩽ 0
Q 6. Soient n ⩾ 2 et M = (m_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) ∈ B_n(ℝ) une matrice différente de l'identité. On note i le plus petit entier appartenant à [ [1, n] ] tel que m_(i, i) ≠ 1. Montrer qu'il existe une matrice M^′ = (m_(i, j)^′)_(1 ⩽ i, j ⩽ n) ∈ B_n(ℝ) telle que f(M^′) ⩽ f(M) et m_(j, j)^′ = 1 pour tout j ∈ [ [1, i] ].
Q 7. En déduire que
min{f(M)|M ∈ B_n(ℝ)} = f(I_n).

I. C -

Q 8. En déduire que
∀(A, B) ∈ S_n(ℝ)^2, ∑_(i = 1)^n(λ_i(A) − λ_i(B))^2 ⩽ ‖A − B‖_F^2.

II Dénombrement des mots bien parenthésés

Dans cette partie, on s'intéresse à des chaines de caractères constituées uniquement des deux caractères parenthèse ouvrante et parenthèse fermante. On dit qu'un mot est bien parenthésé s'il commence par une parenthèse ouvrante et qu'à toute parenthèse ouvrante est associée une (unique) parenthèse fermante qui lui est postérieure. Par exemple le mot
( ) ( ( ) )
est bien parenthésé. En revanche, le mot
())()
n'est pas bien parenthésé. Un mot bien parenthésé est ainsi forcément constitué d'un nombre pair de caractères, chaque parenthèse qui s'ouvre doit se refermer.
Pour tout entier n ⩾ 1, on note C_n le nombre de mots bien parenthésés de longueur 2n. On pose par commodité C_0 = 1.

II.A -

Q 9. En énumérant les différents mots bien parenthésés de longueur 2, 4 et 6 , montrer que C_1 = 1, C_2 = 2 et déterminer C_3.
Q 10. Montrer que, pour tout entier naturel n, C_n ⩽ 2^(2n). Que peut-on en déduire pour le rayon de convergence de la série entière ∑C_k x^k ?
Q 11. Montrer par un raisonnement combinatoire que, pour tout entier k ⩾ 1,
C_k = ∑_(i = 0)^(k − 1)C_i C_(k − i − 1).
On peut remarquer qu'un mot bien parenthésé est forcément de la forme (m)m^′ avec m et m^′ deux mots bien parenthésés, éventuellement vides.
II.B - Pour tout x ∈ ] − 1/4, 1/4[, on pose F(x) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)C_k x^k.
Q 12. Montrer que, pour tout x ∈ ] − 1/4, 1/4[, F(x) = 1 + x(F(x))^2.
Q 13. Montrer que la fonction f : | ], − 1/4, 1/4[→, ℝ; x, ↦; →, 2xF(x) − 1 ne s'annule pas.
Q 14. Déterminer, pour tout x ∈ ] − 1/4, 1/4[, une expression de F(x) en fonction de x.
Q 15. Déterminer le développement en série entière de la fonction u ↦ √(1 − u). On écrira les coefficients sous la forme d'un quotient de factorielles et de puissances de 2 .
Q 16. Montrer que, pour tout entier naturel n,
C_n = ((2n)!)/((n + 1)!n!).

III Loi du demi-cercle, cas uniformément borné

On suppose, uniquement dans cette partie, que les variables aléatoires X_(ij) sont uniformément bornées :
∃K ∈ ℝ ∀(i, j) ∈ (ℕ^⋆)^2 |X_(ij)| ⩽ K.
III.A - Pour tout entier naturel k on pose
m_k = 1/(2π)∫_(− 2)^2 x^k√(4 − x^2) dx.
Q 17. Pour k ∈ ℕ, que vaut m_(2k + 1) ?
Q 18. En utilisant le changement de variable x = 2sint, calculer m_0.
Q 19. À l'aide d'une intégration par parties, montrer que, pour tout entier naturel k,
m_(2k + 2) = (2(2k + 1))/(k + 2)m_(2k).
Q 20. En déduire que
m_k = {C_(k/2), si k est pair,; 0, si k est impair.
III. B - Soit k un entier naturel. On se propose de montrer que
lim_(n → + ∞)𝔼(1/n∑_(i = 1)^n Λ_(i, n)^k) = m_k,
où Λ_(i, n)^k = (Λ_(i, n))^k est la puissance k-ième de Λ_(i, n).
Q 21. Justifier que la variable aléatoire ∑_(i = 1)^n Λ_(i, n)^k admet une espérance et que
𝔼(1/n∑_(i = 1)^n Λ_(i, n)^k) = 1/(n^(1 + k/2))𝔼(tr(M_n^k)) = 1/(n^(1 + k/2))∑_((i_1, …, i_k) ∈ [ [1, n] ]^k)𝔼(X_(i_1 i_2)X_(i_2 i_3)⋯X_(i_(k − 1)i_k)X_(i_k i_1)).
On appelle cycle de longueur k à valeurs dans [ [1, n] ], tout (k + 1)-uplet ı⃗ = (i_1, i_2, …, i_k, i_1) d'éléments de [ [1, n] ]. Les éléments i_1, …, i_k sont appelés sommets du cycle ı⃗. On dit aussi que le cycle passe par ces sommets. On note |ı⃗| le nombre de sommets distincts du cycle ı⃗.
On appelle arêtes du cycle (i_1, i_2, …, i_k, i_1) les couples non ordonnés (l'ordre des deux éléments de chaque couple n'est pas significatif) (i_1, i_2), (i_2, i_3), …, (i_k, i_1).
Par exemple ı⃗ = (1, 3, 5, 3, 2, 2, 1) est un cycle de longueur 6 dans [ [1, 5] ]. Les sommets de ce cycle sont les éléments 1, 2, 3 et 5 , donc |ı⃗| = 4. Les arêtes distinctes de ce cycle sont (1, 3), (3, 5), (3, 2), (2, 2) et (2, 1). Les arêtes (3, 5) et (5, 3) sont les mêmes.
Q 22. Montrer que le nombre de cycles de longueur k dans [ [1, n] ] passant par ℓ sommets distincts est inférieur ou égal à n^ℓ ℓ^k.
Q 23. En déduire que
1/(n^(1 + k/2))∑_(u⃗ ∈ [ [1, n] ]^k; |ı⃗| ⩽ (k + 1)/2)|𝔼(X_(i_1 i_2)X_(i_2 i_3)⋯X_(i_(k − 1)i_k)X_(i_k i_1))|→−^(n → + ∞)0.
On classe les cycles de longueur k en trois sous-ensembles :
  • l'ensemble A_k, constitué des cycles où au moins une arête n'apparait qu'une fois ;
  • l'ensemble B_k, constitué des cycles où toutes les arêtes apparaissent exactement deux fois;
  • l'ensemble C_k, constitué des cycles où toutes les arêtes apparaissent au moins deux fois et il en existe au moins une qui apparait au moins trois fois.
Q 24. Montrer que, si le cycle (i_1, i_2, …, i_k, i_1) appartient à A_k, alors
𝔼(X_(i_1 i_2)X_(i_2 i_3)⋯X_(i_(k − 1)i_k)X_(i_k i_1)) = 0
Q 25. Montrer que, pour tout cycle ı⃗ appartenant à C_k, |ı⃗| ⩽ (k + 1)/2.
Q 26. Que peut-on dire de B_k si k est impair ? En déduire que lim_(n → + ∞)𝔼(1/n∑_(i = 1)^n Λ_(i, n)^k) = 0 dans ce cas.
On suppose dans la suite que k est pair et que ı⃗ ∈ B_k est un cycle passant par k/2 + 1 sommets distincts. Autrement dit |ı⃗| = k/2 + 1.
On parcourt les arêtes de ı⃗ dans l'ordre. À chaque arête de ı⃗ on associe une parenthèse ouvrante si cette arête apparait pour la première fois et une parenthèse fermante si elle apparait pour la deuxième fois. Par exemple, au cycle (1, 3, 2, 3, 1) correspond (()), au cycle (1, 2, 1, 3, 1) correspond ()() .
Q 27. Justifier que l'on obtient ainsi un mot bien parenthésé de longueur k.
Q 28. Dénombrer les cycles ı⃗ qui correspondent à un mot bien parenthésé fixé.
Q 29. Déduire de ce qui précède que
lim_(n → + ∞)𝔼(1/n∑_(i = 1)^n Λ_(i, n)^k) = C_(k/2)

III. C -

Q 30. En déduire que, pour tout polynôme P ∈ ℝ[X],
lim_(n → + ∞)𝔼(1/n∑_(i = 1)^n P(Λ_(i, n))) = 1/(2π)∫_(− 2)^2 P(x)√(4 − x^2) dx
III.D - Soit A > 2.
Q 31. Montrer que, pour tout (p, q) ∈ ℕ^2,
𝔼(∑_(1 ⩽ i ⩽ n; |Λ_(i, n)| ⩾ A)|Λ_(i, n)|^p) ⩽ 1/(A^(p + 2q))𝔼(∑_(i = 1)^n|Λ_(i, n)|^(2(p + q)))
Q 32. Montrer que
lim_(n → + ∞)1/n𝔼(∑_(1 ⩽ i ⩽ n; |Λ_(i, n)| ⩾ A)|Λ_(i, n)|^p) = 0.
Q 33. Soient f une fonction continue et bornée de ℝ dans ℝ et P un polynôme de degré p. Justifier qu'il existe une constante K telle que
∀x ∈ ℝ∖] − A, A[, |f(x) − P(x)| ⩽ K|x|^p
Q 34. En déduire que
lim_(n → + ∞)1/n𝔼(∑_(1 ⩽ i ⩽ n; |Λ_(i, n)| ⩾ A)|f − P|(Λ_(i, n))) = 0

III.E -

Q 35. Soit f une fonction continue et bornée de ℝ dans ℝ. Montrer que
lim_(n → + ∞)𝔼(1/n∑_(i = 1)^n f(Λ_(i, n))) = 1/(2π)∫_(− 2)^2 f(x)√(4 − x^2) dx.

IV Loi du demi-cercle, cas général

On revient au cas général. On note 𝟙_A la variable aléatoire indicatrice d'un événement A.
Pour tout (i, j) ∈ (ℕ^⋆)^2 et pour tout C > 0, on pose
σ_(ij)(C) = √(𝕍(X_(ij)𝟙_(|X_(ij)| ⩽ C))).
Si σ_(ij)(C) ≠ 0, on pose
Xˆ_(ij)(C) = 1/(σ_(ij)(C))(X_(ij)𝟙_(|X_(ij)| ⩽ C) − 𝔼(X_(ij)𝟙_(|X_(ij)| ⩽ C))).

IV.A -

Q 36. Soit X une variable aléatoire discrète d'espérance finie. Montrer que
𝔼(X𝟙_(|X| ⩽ C))→−^(C → + ∞)𝔼(X).
Q 37. En déduire que
lim_(C → + ∞)σ_(ij)(C) = 1.
Q 38. Justifier que, pour C assez grand, les variables Xˆ_(ij)(C) sont bien définies et qu'elles sont alors bornées, centrées, de variance 1 et qu'elles sont mutuellement indépendantes pour 1 ⩽ i ⩽ j.
Q 39. Montrer que
X_(ij) − Xˆ_(ij)(C) = (1 − 1/(σ_(ij)(C)))X_(ij) + 1/(σ_(ij)(C))(X_(ij)𝟙_(|X_(ij)| > C) − 𝔼(X_(ij)𝟙_(|X_(ij)| > C))).
Q 40. Montrer que
lim_(C → + ∞)𝔼((X_(ij) − Xˆ_(ij)(C))^2) = 0.
IV.B - Pour tout entier n tel que n ⩾ 1, on note Mˆ_n(C) = (Xˆ_(ij)(C))_(1 ⩽ i, j ⩽ n). Pour tout ω ∈ Ω, on note Λˆ_(1, n)(ω) ⩾ … ⩾ Λˆ_(n, n)(ω) les valeurs propres de 1/(√n)Mˆ_n(C)(ω) rangées dans l'ordre décroissant.
On obtient ainsi des variables aléatoires réelles discrètes Λˆ_(1, n), …, Λˆ_(n, n) sur (Ω, A, ℙ).
Soit f : ℝ → ℝ une fonction K-lipschitzienne.
Q 41. Montrer que
|𝔼(1/n∑_(i = 1)^n f(Λ_(i, n))) − 𝔼(1/n∑_(i = 1)^n f(Λˆ_(i, n)))| ⩽ K/n𝔼(‖M_n − Mˆ_n(C)‖_F).
Q 42. On suppose de plus f bornée. Montrer
𝔼(1/n∑_(i = 1)^n f(Λ_(i, n))) →−^(n → + ∞)1/(2π)∫_(− 2)^2 f(x)√(4 − x^2) dx.

IV.C -

Q 43. Montrer la loi du demi-cercle dans le cas général.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet Centrale maths 1 MP 2021 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet Centrale maths 1 MP 2021 ?

Sur l'algèbre bilinéaire (théorème spectral, trace), les séries entières et le produit de Cauchy, le dénombrement, le calcul intégral et les probabilités. Le fil conducteur est la loi du demi-cercle de Wigner.

Quelles erreurs le jury de Centrale a-t-il relevées en maths 1 MP 2021 ?

Un minimum affirmé sans le théorème des bornes atteintes (Q4), un usage abusif de la règle de d'Alembert (Q10), des erreurs de calcul intégral au début de la partie III et des paraphrases de l'énoncé en guise de preuve (Q36).

Centrale maths 1 MP 2021 est-il un sujet difficile ?

Oui selon le jury : il est très long et sa fin contient des questions très difficiles. Traiter correctement les 25 premières questions constituait déjà une très bonne copie.

Quelles parties du sujet Centrale maths 1 MP 2021 travailler en priorité ?

Les parties I et II et le début de la partie III, abordés par presque tous les candidats. La fin de la partie III et la partie IV n'ont été sérieusement traitées que par les meilleures copies.

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