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Mines Mathématiques 2 MP MPI 2026Sujet et rapport du jury

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Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Autour de On(R) et SLn(R) : topologie, optimisation sous contrainte et morphismes continus vers GLn(R)
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La deuxième épreuve de mathématiques MP-MPI des Mines 2026 (4 heures) porte sur les matrices orthogonales et les matrices de déterminant 1, en quatre parties relativement indépendantes. Elle établit des propriétés de On(R), cherche les extremums de la norme euclidienne au carré sur SLn(R), puis détermine la forme des morphismes de groupes continus de U dans GLn(R) et de R dans GLn(R).

  1. 1Partie I : quelques propriétés de On(R) (Q1 à Q9)Diagonalisabilité des rotations, description de SO2(R), compacité et connexité par arcs, sous-groupes contenant SOn(R), probabilités sur une matrice aléatoire de Bernoulli et réflexions.
  2. 2Partie II : calcul différentiel sur On(R) et SLn(R) (Q10 à Q17)Différentielle de M ↦ MᵀM, espace tangent à On(R) en In, gradient du déterminant et extremums de la norme au carré sur SLn(R) par optimisation sous contrainte.
  3. 3Partie III : morphismes continus de U dans GLn(R) (Q18 à Q23)Sous-groupes bornés de R*, spectre des images, régularité obtenue par une intégrale et écriture sous forme d'exponentielle de matrice.
  4. 4Partie IV : morphismes de (R,+) dans (GLn(R),×) (Q24 à Q30)Similitude réelle et complexe, matrices nilpotentes, décomposition D + N et forme générale par blocs de rotations.

Difficulté moyenne. Le jury juge le sujet assez long, mais ses parties quasiment indépendantes et ses nombreuses questions abordables ou classiques ont permis à beaucoup d'atteindre les dernières questions.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Disjonction de cas oubliée · Non-connexité mal démontrée · Probabilités incohérentes
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Assez long, le sujet comportait beaucoup de questions abordables ou classiques, et un grand nombre de candidats a traité les dernières questions. Le jury déplore une très mauvaise présentation de la majorité des copies, sanctionnée par un malus, ainsi que des théorèmes appliqués sans vérifier leurs hypothèses. Il relève aussi de nombreux « échecs de type » et une mauvaise compréhension de la nature des objets manipulés.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Disjonction de cas oubliéeQ1

    Pour la rotation d'angle θ, il fallait distinguer les cas selon θ. Beaucoup confondent « complexe » et « non réel » et ne justifient pas que les valeurs propres sont distinctes.

    « Le jury insiste sur la nécessité de réfléchir au brouillon et de ne pas foncer tête baissée sur le sujet. »
  2. 2
    Non-connexité mal démontréeQ3

    Il faut prouver que le déterminant d'une matrice orthogonale vaut ±1 et que ces deux valeurs sont atteintes. Dire que On(R) est borné exige une norme précise et une justification.

    « Beaucoup de candidats ont ainsi perdu des points en disant simplement »
  3. 3
    Probabilités incohérentesQ6

    Des probabilités négatives ou supérieures à 1 apparaissent, l'indépendance n'est pas citée et les expressions finales ne sont pas simplifiées.

    « il est de mauvais augure de voir des candidats affirmer qu'une probabilité est négative »
  4. 4
    Optimisation sous contrainte sans hypothèsesQ16

    Utiliser ce théorème sans vérifier ses hypothèses valait zéro. De plus, écrire det(λIn) = λ était très fortement pénalisé.

    « il fallait évidemment citer les hypothèses (et en particulier le fait que le gradient doit être non nul) »
  5. 5
    Nature des objets ignoréeQ10, Q19, Q26

    Composées appelées produits, f déclarée linéaire, exponentielle d'une matrice égale à 1, déterminant d'une colonne : ces erreurs trahissent une incompréhension des objets.

    « les « échecs de type » (matrice égale à un scalaire, déterminant d'un vecteur colonne, etc.) sont lourdement sanctionnés. »
  6. 6
    Un exemple pris pour une preuveQ25

    Donner une matrice nilpotente de taille 2 ou 3 ne démontre rien sur les noyaux itérés d'une matrice nilpotente quelconque.

    « Le jury rappelle avec force qu'un exemple ne prouve rien »

Ce qui a été bien réussi

  • La question 20, la plus facile du sujet, est traitée correctement par la quasi-totalité des candidats.
  • La compacité de On(R) à la question 3 est plutôt bien traitée.
  • Les questions 24 et 26 sont souvent bien traitées ; les questions 14, 22, 29 et 30 relativement bien.
  • La question 17 est relativement bien traitée quand elle est abordée.

Conseils du jury

  • Justifier chaque résultat et vérifier les hypothèses avant d'appliquer un théorème.
  • Préciser la norme utilisée et justifier toute affirmation de bornitude.
  • Ne pas invoquer la décomposition de Dunford, hors programme : décomposer sur les sous-espaces caractéristiques.
  • Contrôler la vraisemblance d'un résultat, par exemple en testant p = 0 ou p = 1 au brouillon pour une probabilité.
  • Faire un dessin lorsqu'il éclaire un raisonnement géométrique, sans qu'il remplace la preuve.
  • Lire le sujet en entier et chercher au brouillon d'autres questions : la note peut augmenter nettement.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Concours Mines-Télécom, Concours Centrale-Supélec (Cycle International).

CONCOURS 2026
DEUXIÈME ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES
Durée de l'épreuve : 4 heures
L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente sur la première page de la copie :
MATHÉMATIQUES II - MP
L'énoncé de cette épreuve comporte 4 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Préambule

Soit n ≥ 2 un entier, on note :
O_n(R) = {M ∈ M_n(R), M^⊤M = I_n} et SL_n(R) = {M ∈ M_n(R), det(M) = 1}.
On note SO_n(R) = O_n(R) ∩ SL_n(R). Par la suite, on notera E = R^n et ‖x‖ la norme euclidienne usuelle d'un vecteur x ∈ E. On rappelle que O_n(R) est un groupe multiplicatif et que SO_n(R) en est un sous-groupe. La notation Sp_C(M) désigne l'ensemble des valeurs propres complexes d'une matrice M ∈ M_n(C).
En dehors des notations, les quatre parties de ce problème sont largement indépendantes.

I. Quelques propriétés de O_n(R)

  • 1▹ Pour tout θ ∈ R, on note :
    R_θ = (cos(θ), − sin(θ); sin(θ), cos(θ)).
    Examiner sa diagonalisabilité sur R, puis sur C.
  • 2▹ Prouver que SO_2(R) = {R_θ, θ ∈ R}, autrement que par une simple référence au cours.
  • 3▹ Montrer que O_n(R) est un ensemble compact et non connexe par arcs.
  • 4▹ Prouver que SO_n(R) est connexe par arcs (on pourra commencer par le cas n = 2 ).
  • 5▷ Prouver que, si H est un sous-groupe multiplicatif de O_n(R) contenant SO_n(R), alors H = SO_n(R) ou H = O_n(R).
  • 6▷ Soient p ∈ ]0, 1[, Y = (Y_(i, j))_((i, j) ∈ (N^∗)^2) une famille de variables aléatoires définies sur un espace probabilisé (Ω, T, P), indépendantes et de même loi donnée par Y_(1, 1) ∼ B(p). On définit alors la matrice à coefficients aléatoires :
    ∀ω ∈ Ω, Z_n(ω) = (Y_(i, j)(ω))_(1 ≤ i, j ≤ n) ∈ M_n(R).
    Calculer les probabilités : P(Z_2 ∈ GL_2(R)), P(Z_n ∈ O_n(R)), puis P(Z_n ∈ SO_n(R)).
  • 7▷ Soient x, y dans E tels que ‖x‖ = ‖y‖. Montrer qu'il existe une matrice de réflexion A telle que Ax = y.
  • 8▷ Soit G un sous-groupe compact de (GL_n(R), ×), tel que O_n(R) ⊂ G. Soient G ∈ G et x ∈ E tel que ‖x‖ = 1. Prouver que, pour tout p ∈ Z, il existe G_p ∈ G tel que :
    G_p x = ‖Gx‖^p ⋅ x
    (on pourra tout d'abord traiter le cas p = 1 ).
  • 9▷ Conclure que G = O_n(R).

II. Calcul différentiel sur O_n(R) et SL_n(R)

  • 10▹ On note f : M ∈ M_n(R) ↦ M^⊤M ∈ M_n(R). Prouver que f est de classe C^1 et exprimer sa différentielle df(M) en tout M ∈ M_n(R).
  • 11▹ On note T l'espace tangent à O_n(R) en I_n, c'est-à-dire l'ensemble des matrices H ∈ M_n(R) telles qu'il existe ε > 0 et γ : ] − ε; ε[ → O_n(R) dérivable en 0 vérifiant γ(0) = I_n et γ^′(0) = H. Montrer que T est inclus dans l'ensemble des matrices antisymétriques.
  • 12▷ Prouver que T est stable par somme, puis qu'il possède une structure d'espace vectoriel.
  • 13□ Déterminer l'ensemble T.
  • 14▷ On introduit g (carré de la norme euclidienne usuelle sur M_n(R) ) :
    g : M ∈ M_n(R) ↦ tr(M^⊤M) ∈ R.
    Prouver que la restriction de g à SL_n(R) ne possède pas de maximum global.
  • 15▷ Prouver que g et l'application det : M ∈ M_n(R) ↦ det(M) ∈ R sont de classe C^1 sur M_n(R) et déterminer leur gradient en tout M ∈ M_n(R) (en particulier, on justifiera que ∇det(M) = Com(M) : comatrice de M ).
  • 16▷ On suppose que la restriction de g à SL_n(R) admet un extremum local en M. Prouver qu'il existe λ ∈ R tel que M = λ ⋅ Com(M), puis que M ∈ SO_n(R).
  • 17▷ Prouver que la restriction de g à SL_n(R) possède un minimum global, puis calculer ce minimum ainsi que les points où il est atteint.

III. Morphismes continus de U dans GL_n(R)

On note U = {z ∈ C, |z| = 1}, on pourra utiliser librement le fait que U est un groupe multiplicatif compact. Dans tout ce qui suit, φ désignera un morphisme de groupes continu du groupe multiplicatif U dans le groupe multiplicatif GL_n(R).
  • 18▷ Déterminer les sous-groupes bornés du groupe multiplicatif R^∗. En déduire que φ(U) ⊂ SL_n(R).
  • 19▹ Soit z ∈ U. Prouver que Sp_C(φ(z)) ⊂ U.
  • 20▹ On note Ψ : x ∈ R ↦ φ(e^(ix)). Prouver que :
    ∀(x, y) ∈ R^2, Ψ(x + y) = Ψ(x)Ψ(y).
    Le but de ce qui suit est de donner (question 29 ▷) une forme générale pour Ψ, impliquant l'ensemble O_n(R).
  • 21▷ On introduit :
    F : x ∈ R ↦ ∫_0^x Ψ(t)dt ∈ M_n(R).
    Prouver que F est une application C^1 sur R et qu'il existe α > 0 tel que F(x) est inversible si x ∈ [ − α; α]∖{0} - on pourra, en justifiant, utiliser le fait que GL_n(R) est un ouvert de M_n(R).
  • 22▷ Prouver que, pour tout x ∈ R,
    Ψ(x) = (∫_x^(x + α)Ψ(t)dt)(F(α))^(− 1),
    en déduire que Ψ est C^1 sur R.
  • 23▷ On pose M = Ψ^′(0). Montrer que :
    ∀x ∈ R, Ψ(x) = φ(e^(ix)) = exp(xM).

IV. Morphismes de (R, +) dans (GL_n(R), ×)

On reprend les notations de la section précédente, dont on pourra admettre le résultat de la question 23 ▷.
  • 24▹ Soient A, B dans M_n(R). On suppose que A et B sont semblables dans M_n(C). Prouver que A et B sont semblables dans M_n(R).
  • 25▹ Soit N ∈ M_n(C) une matrice nilpotente et non nulle. Montrer que ker(N) ≠ ker(N^2).
  • 26▹ Calculer exp(2πM), en déduire que Sp_C(M) ⊂ {ik, k ∈ Z}.
  • 27▷ Justifier que M est semblable dans M_n(C) à une matrice de la forme D + N avec : D diagonale, N nilpotente, DN = ND et Sp_C(D) = Sp_C(M).
  • 28▹ Calculer exp(2πD) et exp(2πN), puis montrer que N est nulle.
  • 29Prouver qu'il existe Q ∈ GL_n(R), p ∈ N, k_1, …, k_p dans Z∖{0}, tels que :
    ∀x ∈ R, Ψ(x) = Q(R_(xk_1), (0); ⋱; R_(xk_p); 1; ⋱; (0), 1)Q^(− 1),
    la matrice du milieu étant diagonale par blocs et la notation R_θ ayant été définie à la question 1.
  • 30▷ Réciproquement, prouver que la définition précédente fait de Ψ un morphisme de groupes de (R, +) dans (GL_n(R), ×).
Fin du problème

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Questions fréquentes

4 questions
Sur quoi porte le sujet de maths 2 MP-MPI des Mines 2026 ?
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Sur quoi porte le sujet de maths 2 MP-MPI des Mines 2026 ?

Sur On(R) et SLn(R) : propriétés topologiques et algébriques du groupe orthogonal, minimum de la norme euclidienne au carré sur SLn(R), puis morphismes de groupes continus de U et de R dans GLn(R).

Quelles erreurs le jury a-t-il relevées en maths 2 MP Mines 2026 ?

Disjonction de cas oubliée en Q1, non-connexité mal justifiée, probabilités absurdes, théorème d'optimisation sous contrainte appliqué sans hypothèses, échecs de type et exemples présentés comme des preuves.

Le sujet de maths 2 MP Mines 2026 était-il long ?

Assez long selon le jury, mais ses parties quasiment indépendantes ont permis à un grand nombre de candidats de traiter les dernières questions.

La décomposition de Dunford est-elle utilisable au concours des Mines en maths 2 MP ?

Non : le jury rappelle qu'elle n'est pas au programme. À la question 27, il fallait décomposer la matrice sur la somme directe des sous-espaces caractéristiques.

Pas de description pour le moment