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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2022

À propos des araignées

Le sujet en bref

Sujet difficile · Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Ondes mécaniques et acoustiques, Électrostatique · 6 incontournables · 9 questions de première année
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Ce sujet original et très complet prend pour fil conducteur la physique des araignées et de leurs soies à travers trois parties totalement indépendantes. La première partie analyse l'envol électrostatique par répulsion de soies chargées et modélise l'effet de pointe au voisinage d'un coin conducteur par résolution de l'équation de Laplace bidimensionnelle. La deuxième partie explore les propriétés élastiques remarquables des fils de soie (module de Young, lois d'échelle non linéaires, détente élastique rapide d'une toile-catapulte, et résistance du câble de Spiderman). La troisième partie traite de la vibration acoustique transversale d'une corde de violon en soie d'araignée, depuis l'équation de d'Alembert classique jusqu'à la prise en compte de la raideur en flexion introduisant une inharmonicité spectrale.

L'épreuve est particulièrement équilibrée : elle alterne estimations d'ordres de grandeur, calculs énergétiques, dérivation d'équations aux dérivées partielles et analyse critique de résultats expérimentaux. C'est un excellent sujet d'entraînement pour réviser de manière transversale l'électrostatique et la mécanique continue sur des systèmes physiques concrets.

Difficulté
Difficile, d'après le rapport du jury
Temps estimé
≈ 2 h 15 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

8 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (8) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Le formulaire omet l'expression du laplacien scalaire en coordonnées polaires, indispensable pour développer rigoureusement l'équation de Q7. Il fallait néanmoins écrire \Delta V = 0 et déterminer les exposants \omega_n uniquement grâce aux conditions aux limites angulaires.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

20 questions
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Partie I : Des araignées volantes

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, masse volumique

En utilisant une schématisation sphérique rudimentaire pour modéliser ces araignées, estimer un ordre de grandeur pour leur masse.

Voir l'indice

Modéliser l'araignée par une sphère de diamètre moyen d \sim 3\text{ à }4\text{ mm} et estimer sa masse volumique à celle de l'eau douce fournie dans le formulaire.

Voir la stratégie

Pour estimer la masse m_{\mathrm{g}} de l'araignée :

  1. On assimile l'araignée à une sphère homogène dont le diamètre d (ou le rayon R = d/2) est représentatif de la gamme de tailles indiquée par l'énoncé (2\text{ à }7\text{ mm}).
  2. La matière vivante étant constituée principalement d'eau, on prend pour masse volumique celle de l'eau \rho_{\mathrm{e}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, fournie dans les données.
  3. On en déduit l'ordre de grandeur de la masse via m_{\mathrm{g}} = \rho_{\mathrm{e}} V.
Voir la réponse courte

Ordre de grandeur de la masse d'une araignée à partir d'un rayon de quelques millimètres et de la masse volumique de l'eau.

Voir le corrigé complet

On modélise l'araignée par une boule de diamètre d et de rayon R = d/2. D'après l'énoncé, la taille des araignées volantes est comprise entre 2\text{ mm} et 7\text{ mm}. Choisissons une valeur médiane typique pour le diamètre :

d \sim 3\text{ mm} \quad \implies \quad R \sim 1{,}5\text{ mm} = 1{,}5 \times 10^{-3}\text{ m}

Le volume d'une telle sphère s'écrit :

V = \frac{4}{3}\pi R^3 = \frac{\pi}{6}d^3

En assimilant la masse volumique de l'araignée à celle de l'eau, \rho_{\mathrm{e}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, la masse estimée vaut :

\begin{aligned} m_{\mathrm{g}} &= \rho_{\mathrm{e}} \frac{4}{3}\pi R^3 \\ m_{\mathrm{g}} &\approx 1{,}0 \times 10^3 \times \frac{4}{3}\pi \times (1{,}5 \times 10^{-3})^3 \\ m_{\mathrm{g}} &\approx 10^3 \times 4{,}2 \times 3{,}4 \times 10^{-9} \approx 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ kg} \approx 10\text{ mg} \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme demandé :

\boxed{m_{\mathrm{g}} \sim 10^{-5}\text{ kg} = 10\text{ mg}}

Pour les plus petits spécimens (d \approx 2\text{ mm}), on trouverait m_{\mathrm{g}} \approx 4\text{ mg}, et pour les plus grands (d \approx 7\text{ mm}), m_{\mathrm{g}} \approx 180\text{ mg}. L'ordre de grandeur de la masse est donc de quelques milligrammes à quelques dizaines de milligrammes.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Choisir le diamètre plutôt que le rayon pour la taille de l'araignée et poser le calcul pour justifier l'ordre de grandeur.

« Le diamètre de la boule, plutôt que le rayon, est représentatif de la taille de l’animal. Le calcul doit être posé pour justifier l’ordre de grandeur trouvé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : champ électrostatique, théorème de gauss

Évaluer la valeur de la densité surfacique moyenne de charge au niveau du sol, notée . Des mesures ont permis de montrer qu'il existe une différence de 360 kV entre l'ionosphère et le sol. Que pouvez vous conclure quant à la validité du modèle électrique atmosphérique proposé ?

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss au voisinage immédiat d'un conducteur ou la relation champ-potentiel dans un condensateur plan pour relier \sigma à E_0. Comparer ensuite E_0 z_0 à la tension mesurée de 360\text{ kV}.

Voir la stratégie
  1. Relier le champ électrique au sol à la densité surfacique de charge \sigma à l'aide de la relation de passage du champ électrostatique à la surface d'un conducteur ou du théorème de Gauss.
  2. Dans le cadre du modèle du condensateur plan où le champ est uniforme de valeur E_0, calculer la tension théorique U = E_0 z_0 entre l'ionosphère et le sol, puis la comparer à la valeur mesurée de 360\text{ kV}.
Voir la réponse courte

Calcul de \sigma = \varepsilon_0 E_0 puis comparaison de la d.d.p. modélisée avec la mesure de 360\text{ kV} pour discuter le modèle.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique au niveau du sol est radial et orienté vers le centre de la Terre, c'est-à-dire dirigé vers l'intérieur du sol :

\vec{E}_{\text{sol}} = - E_0 \, \vec{u}_z

où \vec{u}_z est le vecteur unitaire vertical ascendant normal à la surface terrestre.

En assimilant la Terre à un conducteur en équilibre électrostatique (\vec{E}_{\text{int}} = \vec{0}), la relation de passage du champ électrique à la traversée de la surface s'écrit :

\vec{E}_{\text{sol}} - \vec{E}_{\text{int}} = \frac{\sigma}{\epsilon_0} \, \vec{u}_z \implies - E_0 \, \vec{u}_z = \frac{\sigma}{\epsilon_0} \, \vec{u}_z

On en déduit l'expression de la densité surfacique de charge au sol :

\sigma = -\epsilon_0 E_0

En valeur absolue :

|\sigma| = \epsilon_0 E_0

Application numérique avec les données de l'énoncé (E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} et \epsilon_0 = 8{,}9 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}) :

\begin{aligned} |\sigma| &= 8{,}9 \times 10^{-12} \times 120 \approx 1{,}1 \times 10^{-9}\text{ C}\cdot\text{m}^{-2} \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\sigma \simeq -1\times 10^{-9}\text{ C}\cdot\text{m}^{-2} = -1\text{ nC}\cdot\text{m}^{-2}}

Dans l'approximation du condensateur plan, le champ électrique \vec{E} = - E_0 \vec{u}_z est uniforme dans toute l'épaisseur de l'atmosphère entre le sol (z = 0) et l'ionosphère (z = z_0). La différence de potentiel s'écrirait alors :

\Delta V_{\text{th}} = V(z_0) - V(0) = -\int_0^{z_0} \vec{E}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = E_0 z_0

Application numérique avec E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} et z_0 = 60\text{ km} = 60 \times 10^3\text{ m} :

\Delta V_{\text{th}} = 120 \times 60 \times 10^3 = 7{,}2 \times 10^6\text{ V} = 7{,}2\text{ MV}

Cette valeur théorique est très supérieure à la différence de potentiel mesurée :

\Delta V_{\text{mes}} = 360\text{ kV} \approx \frac{1}{20}\,\Delta V_{\text{th}}
\boxed{\text{Le modèle d'un champ uniforme entre le sol et l'ionosphère n'est pas quantitativement valide.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il n'était pas utile de redémontrer les résultats classiques du condensateur plan à partir du théorème de Gauss.

« Dans le contexte, il n’était pas utile de repartir du théorème de Gauss (en l’expédiant bien mal) pour redémontrer les résultats connus du condensateur plan. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 3

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : potentiel électrostatique, énergie potentielle électrostatique

Montrer que le potentiel électrique créé sur une charge par les autres charges s'exprime comme :

On précisera la valeur de l'entier . On pourra éventuellement considérer les points diamétralement opposés et avec . En déduire l'énergie d'interaction électrostatique du système total constitué des charges en l'absence de champ électrique extérieur. S'il n'est soumis qu'à ce potentiel, quelle est alors la forme de l'éventail à l'équilibre ?

Voir l'indice

Déterminer la distance euclidienne entre deux charges réparties régulièrement sur un cercle de rayon R = L\sin\alpha en utilisant la formule d'un polygone régulier, puis sommer pour trouver p=8. En l'absence de champ extérieur, minimiser l'énergie électrostatique par rapport à \alpha.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon R de la base circulaire du cône, puis la distance entre deux charges repérées par leurs indices angulaires réguliers sur le cercle.
  2. Écrire le potentiel créé en l'une des charges par les 2n-1 autres en regroupant les charges diamétralement opposées, identifier la fonction G(n) et déterminer l'entier p.
  3. En déduire l'énergie totale d'interaction électrostatique par la relation E_{\mathrm{p},\text{élec}} = \frac{1}{2}\sum_{i} q_i V_i, puis minimiser cette énergie pour déterminer la forme d'équilibre.
Voir la réponse courte

Somme des potentiels des 2n-1 charges, calcul de l'énergie électrostatique totale et détermination de l'angle d'équilibre \alpha = \pi/2.

Voir le corrigé complet

1. Expression du potentiel électrique V

Les charges ponctuelles identiques de valeur q sont réparties régulièrement aux sommets A_i (i \in \{1, \dots, 2n\}) d'un polygone régulier à 2n côtés inscrit sur un cercle de rayon :

R = L\sin\alpha

L'angle polaire repérant le sommet A_k depuis le centre O du cercle est \theta_k = \frac{2\pi (k-1)}{2n} = \frac{\pi (k-1)}{n}.

Par symétrie, le potentiel créé par les autres charges est identique en chaque sommet. Considérons le potentiel créé en A_{2n} (ou en A_1, l'origine des angles étant arbitraire). La distance entre le point A_{2n} et le point A_k (pour k \in \{1, \dots, 2n-1\}) vaut, avec \Delta\theta_k = \frac{k\pi}{n} :

d_k = 2R \sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right) = 2L\sin\alpha \sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)

Le potentiel créé en cette charge par les 2n-1 autres charges est donc :

V = \sum_{k=1}^{2n-1} \frac{q}{4\pi\varepsilon_0 d_k} = \frac{q}{8\pi\varepsilon_0 L\sin\alpha} \sum_{k=1}^{2n-1} \frac{1}{\sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)}

Dans cette somme, le terme pour k=n correspond à la charge diamétralement opposée : \sin\left(\frac{n\pi}{2n}\right) = \sin\left(\frac{\pi}{2}\right) = 1.

En séparant ce terme central (k=n) et en regroupant les termes symétriques k et 2n-k (qui ont le même sinus puisque \sin\left(\frac{(2n-k)\pi}{2n}\right) = \sin\left(\pi - \frac{k\pi}{2n}\right) = \sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)), on obtient :

\sum_{k=1}^{2n-1} \frac{1}{\sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)} = 1 + \sum_{k=1}^{n-1} \frac{2}{\sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)}

En identifiant à l'expression proposée, on pose :

G(n) = 1 + \sum_{k=1}^{n-1} \frac{2}{\sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right)}

Le potentiel s'écrit alors sous la forme :

V = \frac{q}{8\pi\varepsilon_0 L\sin\alpha} G(n)

Par identification directe avec V = \frac{q}{p\pi\varepsilon_0 L\sin\alpha} G(n), il vient :

\boxed{p = 8}

2. Énergie d'interaction électrostatique du système

L'énergie électrostatique propre du système de 2n charges identiques créant chacune le potentiel V en leur position s'écrit :

E_{\mathrm{p},\text{élec}} = \frac{1}{2} \sum_{i=1}^{2n} q_i V_i = \frac{1}{2} \times 2n \times q V = n q V

D'où l'expression de l'énergie d'interaction :

\boxed{E_{\mathrm{p},\text{élec}}(\alpha) = \frac{n q^2}{8\pi\varepsilon_0 L\sin\alpha} G(n)}

3. Forme de l'éventail à l'équilibre

En l'absence de toute autre force ou énergie potentielle, l'équilibre mécanique correspond à un minimum de l'énergie potentielle électrostatique E_{\mathrm{p},\text{élec}}(\alpha). Comme q^2 > 0 et G(n) > 0, l'énergie est strictement décroissante avec \sin\alpha sur l'intervalle \alpha \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right] :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{p},\text{élec}}}{\mathrm{d}\alpha} = -\frac{nq^2 G(n)}{8\pi\varepsilon_0 L} \frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha} < 0 \quad \text{pour } \alpha \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[

L'énergie est minimale pour \sin\alpha = 1, soit :

\boxed{\alpha_{\text{éq}} = \frac{\pi}{2}}

À l'équilibre, l'éventail est donc totalement déployé dans un plan horizontal perpendiculaire à la verticale : l'éventail prend une forme d'ombrelle plane (ou de disque horizontal).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soigner la rédaction avec un schéma clair, ne pas omettre de sous-question et penser au facteur 1/2 dans l'énergie d'interaction.

« La réponse étant fournie par l’énoncé, nous jugeons la rédaction. Il convient de ne pas oublier les deux autres questions. »

« L’énergie d’interaction d’un système à N corps demande le facteur 1/2. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 4

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : énergie mécanique, petite oscillation

Déterminer l'équation différentielle régissant ce mouvement. Discuter la stabilité de l'équilibre et établir l'expression de la période , du mouvement au voisinage de la position d'équilibre en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique totale (cinétique des fils de masse m centrée en L/2 et potentielle électrostatique) ou appliquer le théorème du moment cinétique par rapport à l'axe de rotation commun S.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique totale E_{\mathrm{c}} et l'énergie potentielle E_{\mathrm{p}} du système constitué des 2n fils en fonction de l'angle \alpha(t) et de sa dérivée.
  2. Utiliser la conservation de l'énergie mécanique pour établir l'équation différentielle non linéaire du mouvement.
  3. Linéariser l'équation au voisinage de la position d'équilibre \alpha_{\text{éq}} = \pi/2 trouvée à la question précédente afin de conclure sur la stabilité et d'en déduire la période des petites oscillations.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique, dérivation par rapport au temps, linéarisation au voisinage de l'équilibre et expression de la période T.

Voir le corrigé complet

Le système est constitué des 2n fils, chacun modélisé par une masse ponctuelle m située en son milieu, c'est-à-dire à la distance constante r = L/2 du sommet fixe S. Le repère lié à S est supposé galiléen.

Dans un système de coordonnées sphériques de pôle S et d'axe polaire vertical, les positions angulaires des masses sont repérées par l'angle polaire commun \alpha(t) et des angles azimutaux \varphi_k constants. La vitesse de chaque masse ponctuelle s'écrit donc :

v_k = \frac{L}{2} \dot{\alpha}

L'énergie cinétique totale du système des 2n fils est :

E_{\mathrm{c}} = \sum_{k=1}^{2n} \frac{1}{2} m v_k^2 = 2n \times \frac{1}{2} m \left(\frac{L}{2} \dot{\alpha}\right)^2 = \frac{1}{4} n m L^2 \dot{\alpha}^2

En négligeant la pesanteur et l'élasticité devant l'électrostatique, l'énergie potentielle du système se réduit à son énergie d'interaction électrostatique obtenue à la question Q3 :

E_{\mathrm{p}}(\alpha) = \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\varepsilon_0 L \sin\alpha}

En l'absence de forces dissipatives, l'énergie mécanique E_{\mathrm{m}} = E_{\mathrm{c}} + E_{\mathrm{p}} se conserve au cours du mouvement :

E_{\mathrm{m}} = \frac{1}{4} n m L^2 \dot{\alpha}^2 + \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\varepsilon_0 L \sin\alpha} = \text{cste}

En dérivant par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{m}}}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{2} n m L^2 \dot{\alpha} \ddot{\alpha} - \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\varepsilon_0 L} \frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha} \dot{\alpha} = 0

En simplifiant par n \dot{\alpha} (pour un mouvement non trivial \dot{\alpha} \neq 0), on obtient l'équation différentielle régissant le mouvement :

\boxed{\ddot{\alpha} - \frac{q^2 G(n)}{4\pi\varepsilon_0 m L^3} \frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha} = 0}

Stabilité de l'équilibre et période des petites oscillations :

La position d'équilibre correspond à \cos\alpha_{\text{éq}} = 0, soit \alpha_{\text{éq}} = \frac{\pi}{2} pour \alpha \in \,]0, \pi[.

Posons \theta(t) = \alpha(t) - \frac{\pi}{2}, avec |\theta| \ll 1. Au premier ordre en \theta :

\begin{aligned} \cos\alpha &= \cos\left(\frac{\pi}{2} + \theta\right) = -\sin\theta \simeq -\theta \\ \sin\alpha &= \cos\theta \simeq 1 \end{aligned}

L'équation différentielle linéarisée s'écrit alors :

\ddot{\theta} + \omega_0^2 \theta = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0^2 = \frac{q^2 G(n)}{4\pi\varepsilon_0 m L^3}

Comme \omega_0^2 > 0, la force de rappel électrostatique ramène le système vers \alpha_{\text{éq}} = \pi/2 : la position d'équilibre est stable.

Le mouvement au voisinage de cette position est harmonique de pulsation \omega_0. La période T s'en déduit :

T = \frac{2\pi}{\omega_0} = 2\pi \sqrt{\frac{4\pi\varepsilon_0 m L^3}{q^2 G(n)}}

soit finalement :

\boxed{T = 4\pi \sqrt{\frac{\pi\varepsilon_0 m L^3}{q^2 G(n)}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Privilégier une approche énergétique sur le système à 2n corps plutôt qu'une approche dynamique, et négliger le poids.

« L’approche énergétique sur le système à 2n corps est judicieuse, la question Q3 demandant d’exprimer l’énergie potentielle d’interaction du système. L’énoncé dit explicitement qu’on néglige le poids. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 5

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie potentielle électrostatique, position d'équilibre

Déterminer l'expression de l'énergie électrostatique du système lorsque celui-ci est maintenant immergé dans le champ électrique terrestre existant au niveau du sol ainsi que l'équation permettant de déterminer la valeur de l'angle à l'équilibre. Expliquer qualitativement comment varie l'ouverture d'équilibre de l'éventail en fonction respectivement de , , et . On observe un angle pour un éventail constitué de soies longues de 1 mètre. Que vaut alors la charge ? On donne .

Voir l'indice

Ajouter l'énergie potentielle des 2n charges d'altitude z = L\cos\alpha plongées dans le champ uniforme vertical \vec{E}_0, puis chercher la condition de stationnarité \mathrm{d}E_{\mathrm{p}}/\mathrm{d}\alpha = 0 pour exprimer |q|.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel créé par le champ terrestre uniforme \vec{E}_0 = -E_0\,\widehat{e}_z et en déduire l'énergie potentielle des 2n charges dans ce champ extérieur.
  2. Écrire l'énergie potentielle totale du système E_{\mathrm{p}}(\alpha) et déterminer la condition d'équilibre \dfrac{\mathrm{d}E_{\mathrm{p}}}{\mathrm{d}\alpha} = 0.
  3. Analyser les dépendances qualitatives de l'angle d'équilibre \alpha et réaliser l'application numérique pour déterminer la charge q.
Voir la réponse courte

Énergie potentielle dans le champ \vec{E}_0, équation d'équilibre \mathrm{d}E_p/\mathrm{d}\alpha = 0, dépendances paramétriques et calcul numérique de q.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique terrestre au sol est vertical descendant : \vec{E}_0 = -E_0\,\widehat{e}_z. Le potentiel électrostatique associé s'écrit, en choisissant l'origine des potentiels au sommet S (z = 0) :

V_{\text{ext}}(z) = E_0 z

Chaque charge q est située à l'altitude z = L\cos\alpha. L'énergie potentielle du système des 2n charges dans le champ extérieur s'exprime donc par :

E_{\mathrm{p},\text{ext}}(\alpha) = \sum_{k=1}^{2n} q V_{\text{ext}}(A_k) = 2n q E_0 L \cos\alpha

Pour que la force électrique permette à l'araignée de décoller (force dirigée vers le haut), la charge portée par les fils doit être négative : q < 0, soit q = -|q|. Ainsi :

E_{\mathrm{p},\text{ext}}(\alpha) = -2n |q| E_0 L \cos\alpha

L'énergie potentielle totale du système s'écrit, en reprenant l'énergie d'interaction établie à la question Q3 :

\boxed{E_{\mathrm{p}}(\alpha) = \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\varepsilon_0 L \sin\alpha} - 2n |q| E_0 L \cos\alpha}

La position d'équilibre de l'éventail est obtenue en annulant la dérivée de E_{\mathrm{p}} par rapport à \alpha :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{p}}}{\mathrm{d}\alpha} = -\frac{n q^2 G(n) \cos\alpha}{8\pi\varepsilon_0 L \sin^2\alpha} + 2n |q| E_0 L \sin\alpha = 0

Ce qui conduit à l'équation déterminant l'angle d'équilibre \alpha :

\boxed{\frac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha} = \frac{|q|\,G(n)}{16\pi\varepsilon_0 E_0 L^2}}

La fonction f(\alpha) = \dfrac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha} = \tan\alpha \sin^2\alpha est strictement croissante sur l'intervalle \left]0, \frac{\pi}{2}\right[, s'annulant en 0 et divergeant en \frac{\pi}{2}. L'angle \alpha varie donc dans le même sens que le membre de droite :

  • Lorsque |q| augmente, la répulsion mutuelle domine davantage le redressement dû au champ extérieur, donc \alpha augmente ;
  • Lorsque le nombre de fils 2n augmente, la fonction G(n) augmente, ce qui accroît la répulsion globale et fait augmenter \alpha ;
  • Lorsque la longueur L augmente, la distance entre les charges augmente, ce qui réduit leur répulsion : \alpha diminue ;
  • Lorsque E_0 augmente, la force ascensionnelle tendant à aligner les fils verticalement est plus intense : \alpha diminue.

On cherche la valeur de |q| pour \alpha = 30^\circ, 2n = 6 (n = 3), L = 1\text{ m} et E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} :

|q| = \frac{16\pi\varepsilon_0 E_0 L^2}{G(3)} \frac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha}

Avec \sin(30^\circ) = \frac{1}{2}, \cos(30^\circ) = \frac{\sqrt{3}}{2}, d'où \dfrac{\sin^3(30^\circ)}{\cos(30^\circ)} = \dfrac{1/8}{\sqrt{3}/2} = \dfrac{1}{4\sqrt{3}}.
En utilisant G(3) \simeq \dfrac{38}{3\sqrt{3}} et \varepsilon_0 \simeq \dfrac{10^{-9}}{36\pi}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} :

\begin{aligned} |q| &= \left(16\pi \times \frac{10^{-9}}{36\pi}\right) \times 120 \times 1^2 \times \frac{3\sqrt{3}}{38} \times \frac{1}{4\sqrt{3}} \\ &= \frac{4}{9} \times 10^{-9} \times 120 \times \frac{3}{152} \\ &= \frac{160}{152} \times 10^{-9}\text{ C} \simeq 1{,}05 \times 10^{-9}\text{ C} \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif comme demandé par l'énoncé :

\boxed{q \simeq -1\text{ nC} \quad (\text{soit } |q| \simeq 1\text{ nC})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Bien prendre en compte les interactions indiquées par l'énoncé pour déterminer l'énergie potentielle totale.

« L’énoncé précisait les interactions à prendre en compte afin d’exprimer l’énergie potentielle totale du système. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force électrostatique, ordre de grandeur

Calculer le module de la force électrique s'exerçant sur l'araignée au niveau du sol pour une charge dont le module est de l'ordre du nanocoulomb. Par temps clair et uniquement par la force électrique, combien de fils sont-ils nécessaires pour soulever les plus petites araignées ? Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Calculer la force électrique F_e = |q| E_0 subie par une soie et comparer la force totale d'un éventail de quelques dizaines de fils au poids de l'araignée calculé en Q1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer et calculer la force électrique subie par une charge q \sim 1\text{ nC} dans le champ électrique terrestre au sol E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}.
  2. Estimer le poids d'une araignée de taille minimale (2\text{ mm}) d'après le modèle de la question Q1, et en déduire le nombre minimal de fils N_f pour compenser ce poids par la seule force électrostatique.
  3. Confronter ce nombre à l'observation expérimentale de Darwin mentionnée dans l'énoncé.
Voir la réponse courte

Calcul de la force électrique F = q E_0 et comparaison au poids mg pour trouver le nombre de soies assurant la sustentation.

Voir le corrigé complet

Le module de la force électrostatique subie par une charge q dans le champ électrique terrestre E_0 au niveau du sol s'écrit :

F_e = |q| E_0

Avec |q| \sim 1\text{ nC} = 10^{-9}\text{ C} et E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}, on obtient avec un chiffre significatif :

\boxed{F_e \simeq 1 \cdot 10^{-7}\text{ N}}

Pour les plus petites araignées, la taille caractéristique (diamètre) vaut d_{\min} \simeq 2\text{ mm}, soit un rayon R_{\min} \simeq 1\text{ mm} = 10^{-3}\text{ m}. En reprenant la modélisation sphérique de la question Q1 avec \rho \simeq \rho_e = 1{,}0\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} :

m_{\min} = \frac{4}{3}\pi R_{\min}^3 \rho_e \simeq \frac{4}{3}\pi \times (10^{-3})^3 \times 1{,}0\cdot 10^3 \simeq 4\cdot 10^{-6}\text{ kg} = 4\text{ mg}

Le poids correspondant est :

P_{\min} = m_{\min} g \simeq 4\cdot 10^{-6} \times 10 = 4\cdot 10^{-5}\text{ N}

Pour que la force électrique totale exercée sur les N_f fils puisse soulever l'araignée, il faut :

N_f F_e \ge P_{\min} \implies N_f \ge \frac{P_{\min}}{F_e}

L'application numérique donne :

N_f \ge \frac{4\cdot 10^{-5}}{1{,}2\cdot 10^{-7}} \simeq 3\cdot 10^2
\boxed{N_f \sim 300\text{ à } 400\text{ fils}}

Commentaire : L'énoncé indique que les araignées ne déploient qu'au maximum « quelques dizaines » de fils. La force électrique seule, dans le champ atmosphérique moyen par temps clair au sol (E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}), est donc très insuffisante (d'un facteur d'au moins 10) pour assurer le décollage. Ce constat justifie la suite du sujet : le décollage requiert une exaltation locale du champ électrique par effet de pointe (au sommet d'un brin d'herbe, d'un mât ou d'une branche) combinée aux courants d'air ascendants.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Bien s'appuyer sur les interactions précisées dans l'énoncé.

« L’énoncé précisait les interactions à prendre en compte afin d’exprimer l’énergie potentielle totale du système. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de laplace, séparation des variables

Déterminer l'équation différentielle satisfaite par dans cette région. On cherche une solution aux variables polaires séparées : . Écrire les équations vérifiées par et et en déduire que . Dans cette relation, et sont des constantes que l'on ne cherchera pas à déterminer. On précisera par contre l'expression de en fonction de et de l'entier positif .

Voir l'indice

Écrire le laplacien en coordonnées polaires dans une région vide de charges (\Delta V = 0). Poser V(r,\theta) - V_0 = f(r)g(\theta), introduire une constante de séparation et imposer les conditions d'annulation en \theta=0 et \theta=\varphi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation de Laplace satisfaite par le potentiel électrostatique dans le vide en coordonnées polaires, en tenant compte de l'invariance par translation le long de l'arête du coin.
  2. Appliquer la méthode de séparation des variables au potentiel décalé de la valeur aux limites V_0.
  3. Utiliser les conditions aux limites en \theta = 0 et \theta = \varphi ainsi que le caractère borné du potentiel au sommet r = 0 pour déterminer la forme des fonctions radiales et angulaires, puis identifier \omega_n.
Voir la réponse courte

Équation de Laplace en coordonnées polaires, séparation des variables f(r)g(\theta) et détermination des exposants \omega_n via les conditions aux limites.

Voir le corrigé complet

Dans la région 0 < \theta < \varphi, l'air est assimilé au vide et ne contient aucune charge libre (\rho = 0). L'équation de Poisson s'y réduit à l'équation de Laplace :

\Delta V = 0

Par invariance par translation le long de la direction de l'arête (axe orthogonal au plan (r, \theta)), le potentiel ne dépend pas de z. En coordonnées polaires, le laplacien scalaire conduit à l'équation différentielle :

\boxed{ \frac{\partial^2 V}{\partial r^2} + \frac{1}{r}\frac{\partial V}{\partial r} + \frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 V}{\partial \theta^2} = 0 }

Les parois conductrices imposent les conditions aux limites V(r,0) = V(r,\varphi) = V_0. Introduisons la variable u(r,\theta) = V(r,\theta) - V_0, qui vérifie également l'équation de Laplace ainsi que les conditions aux limites homogènes :

u(r,0) = u(r,\varphi) = 0

On cherche des solutions particulières non nulles sous la forme à variables séparées u(r,\theta) = f(r)g(\theta). L'équation de Laplace s'écrit alors :

f''(r)g(\theta) + \frac{1}{r}f'(r)g(\theta) + \frac{1}{r^2}f(r)g''(\theta) = 0

En multipliant par \frac{r^2}{f(r)g(\theta)}, on sépare les dépendances radiale et angulaire :

\frac{r^2 f''(r) + r f'(r)}{f(r)} = -\frac{g''(\theta)}{g(\theta)} = \lambda

Le membre de gauche ne dépendant que de r et celui du milieu que de \theta, cette quantité est égale à une constante de séparation \lambda. On obtient ainsi le système d'équations :

\begin{aligned} g''(\theta) + \lambda g(\theta) &= 0 \\ r^2 f''(r) + r f'(r) - \lambda f(r) &= 0 \end{aligned}

Les conditions aux limites homogènes imposent g(0) = g(\varphi) = 0. Pour obtenir une solution non identiquement nulle, il est nécessaire que \lambda > 0. On pose \lambda = \omega^2 avec \omega > 0. L'équation différentielle en g devient :

g''(\theta) + \omega^2 g(\theta) = 0 \implies g(\theta) = C_1 \cos(\omega\theta) + C_2 \sin(\omega\theta)

La condition g(0) = 0 donne C_1 = 0, et g(\varphi) = 0 impose C_2 \sin(\omega\varphi) = 0. Comme C_2 \neq 0, on obtient \omega\varphi = n\pi avec n \in \mathbb{N}^*, soit :

\boxed{ \omega_n = \frac{n\pi}{\varphi} \quad (n \in \mathbb{N}^*) }

L'équation radiale est une équation d'Euler :

r^2 f''(r) + r f'(r) - \omega_n^2 f(r) = 0

En cherchant des solutions sous la forme f(r) = r^\alpha, on obtient \alpha^2 - \omega_n^2 = 0, d'où les solutions de la forme :

f_n(r) = A_n r^{\omega_n} + B_n r^{-\omega_n}

Le potentiel physique devant rester borné en r = 0 (sur la surface conductrice au sommet O, V(0) = V_0, donc u(0) = 0), et comme \omega_n > 0, la divergence de r^{-\omega_n} en r \to 0 impose B_n = 0.

Par linéarité de l'équation de Laplace, la solution générale s'exprime comme une superposition de ces modes, en réintroduisant la constante \tilde{V} = V_0 :

V(r,\theta) = \tilde{V} + \sum_{n=1}^{\infty} a_n r^{\omega_n} \sin(\omega_n \theta)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Malgré l'omission du laplacien au formulaire, le jury attendait l'écriture de l'équation de Laplace et des conditions aux limites.

« Il manque l’expression du Laplacien en cylindriques au formulaire de l’énoncé, ce qui rendait la question irréalisable en l’état. Néanmoins, il y a moyen d’écrire l’équation de Laplace, puis d’écrire les conditions aux limites »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : gradient, effet de pointe

En ne considérant que le terme qui s'avère prépondérant, déterminer l'expression du champ électrique . En déduire une condition sur pour laquelle peut devenir très important si .

Voir l'indice

Calculer le champ électrique par \vec{E} = -\vec{\mathrm{grad}} V à partir du gradient en cylindriques donné dans le formulaire. Étudier le comportement de la puissance r^{\pi/\varphi - 1} lorsque r \to 0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrostatique \vec{E}(M) = -\vec{\mathrm{grad}} \, V(M) en coordonnées polaires planes à partir de la composante n = 1 obtenue à la question Q7.
  2. Étudier le comportement radial de la norme \|\vec{E}(M)\| quand r \to 0 pour établir la condition d'exposant négatif conduisant à une divergence du champ au voisinage de l'arête.
Voir la réponse courte

Calcul du champ \vec{E} = -\vec{\nabla} V pour n=1 et condition \omega_1 < 1 pour obtenir une divergence du champ au sommet (effet de pointe).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7, en ne conservant que le terme n = 1, le potentiel électrostatique dans l'air s'écrit :

V(r,\theta) = V_0 + a_1 r^{\omega_1} \sin(\omega_1 \theta) \quad \text{avec} \quad \omega_1 = \frac{\pi}{\varphi}

Le champ électrique dérive du potentiel selon la relation \vec{E} = -\vec{\mathrm{grad}} \, V. En utilisant l'expression du gradient en coordonnées cylindriques fournie dans le formulaire, il vient :

\begin{aligned} \vec{E}(M) &= -\frac{\partial V}{\partial r} \, \hat{e}_r - \frac{1}{r} \frac{\partial V}{\partial \theta} \, \hat{e}_\theta \\ &= - a_1 \omega_1 r^{\omega_1 - 1} \sin(\omega_1 \theta) \, \hat{e}_r - a_1 \omega_1 r^{\omega_1 - 1} \cos(\omega_1 \theta) \, \hat{e}_\theta \end{aligned}

En remplaçant \omega_1 par \pi/\varphi :

\boxed{\vec{E}(M) = - \frac{\pi a_1}{\varphi} \, r^{\frac{\pi}{\varphi} - 1} \left[ \sin\left(\frac{\pi \theta}{\varphi}\right) \hat{e}_r + \cos\left(\frac{\pi \theta}{\varphi}\right) \hat{e}_\theta \right]}

La norme du champ électrique s'écrit :

\|\vec{E}(M)\| = \frac{\pi |a_1|}{\varphi} \, r^{\frac{\pi}{\varphi} - 1}

Lorsque M \to O, c'est-à-dire r \to 0, le champ électrique diverge si la puissance de r est strictement négative :

\frac{\pi}{\varphi} - 1 < 0 \iff \frac{\pi}{\varphi} < 1 \iff \varphi > \pi

Le champ \vec{E}(M) peut donc devenir très important au voisinage immédiat du sommet O sous la condition :

\boxed{\varphi > \pi}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation de la formule du gradient et le formalisme vectoriel ont posé d'importantes difficultés.

« L’application de la formule donnée du gradient pose problème, notamment sur le formalisme vectoriel. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Partie II : Propriétés mécaniques des fils d'araignée

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, force de rappel élastique

Quelle est la dimension de ? Montrer que, dans ce régime, le comportement mécanique du fil peut être assimilé à celui d'un ressort de constante de raideur que l'on exprimera en fonction des données du problème.

Voir l'indice

Déduire la dimension de E en comparant contrainte (F/S_0, homogène à une pression) et déformation relative sans dimension. Identifier ensuite la force F = k\,\delta\ell.

Voir la réponse courte

Dimension du module de Young ([E] = \text{M}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{T}^{-2}) et identification de la raideur k = ES/\ell_0 via la loi de Hooke.

Voir le corrigé complet

L'élongation relative d'un fil de longueur initiale \ell_0 et de section S_0 soumis à une force de traction F est donnée par la loi de Hooke :

\frac{\delta\ell}{\ell_0} = \frac{1}{E}\frac{F}{S_0}

1. Dimension du module de Young E :

Le terme \frac{\delta\ell}{\ell_0} représente le rapport de deux longueurs, il est donc sans dimension ([\delta\ell/\ell_0] = 1). Par conséquent :

[E] = \left[\frac{F}{S_0}\right] = \frac{[F]}{[S_0]}

Une force a pour dimension [F] = \mathrm{M\cdot L\cdot T^{-2}} (d'après le principe fondamental de la dynamique F=ma) et une section a pour dimension [S_0] = \mathrm{L^2}. On en déduit :

[E] = \frac{\mathrm{M\cdot L\cdot T^{-2}}}{\mathrm{L^2}} = \mathrm{M\cdot L^{-1}\cdot T^{-2}}
\boxed{[E] = \mathrm{M\cdot L^{-1}\cdot T^{-2}}}

Le module de Young a la dimension d'une pression ou d'une contrainte mécanique, et s'exprime dans le Système international en pascals (\mathrm{Pa}, ou \mathrm{N\cdot m^{-2}}).

2. Raideur équivalente du fil :

En réarrangeant la relation de Hooke pour exprimer la force de traction F en fonction de l'allongement \delta\ell, on obtient :

F = \left(\frac{E S_0}{\ell_0}\right)\delta\ell

Cette relation présente la forme caractéristique de la force de rappel élastique d'un ressort idéal de raideur k, F = k\,\delta\ell. Le fil est donc équivalent à un ressort linéaire de raideur :

\boxed{k = \frac{E S_0}{\ell_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse dimensionnelle demandée doit être parfaitement maîtrisée.

« Question bien traitée en général, mais pas de manière optimale car l’analyse dimensionnelle doit être parfaitement maîtrisée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, analyse dimensionnelle

Établir, lorsque la masse est suffisamment faible, la loi de puissance qui relie à et aux autres variables du problème.

Voir l'indice

Exprimer l'élongation de chaque demi-fil \delta\ell = \sqrt{(\ell_0/2)^2 + h^2} - \ell_0/2 par un développement limité au second ordre en h/\ell_0 \ll 1, puis projeter l'équilibre des forces au point de suspension C.

Voir la stratégie
  1. Exprimer géométriquement la longueur \ell de chaque demi-fil en fonction de \ell_0 et du déplacement vertical h.
  2. Réaliser un développement limité pour h \ll \ell_0 afin d'obtenir l'allongement \delta \ell et la tension T dans chaque brin par la loi de Hooke.
  3. Écrire la condition d'équilibre mécanique de la masse m suspendue au point C et en déduire la relation liant h à m.
Voir la réponse courte

Bilan des forces à l'équilibre mécanique ou approche énergétique pour relier l'affaissement h à la masse m en loi de puissance.

Voir le corrigé complet

Considérons le demi-fil AC à l'équilibre. Les points d'attache A et B sont fixes et distants de \ell_0. Par symétrie, la projection horizontale de AC a pour longueur \ell_0/2 et son extrémité C s'est déplacée d'une hauteur h vers le bas.

La longueur \ell du demi-fil sous tension vaut, d'après le théorème de Pythagore :

\ell = \sqrt{\left(\frac{\ell_0}{2}\right)^2 + h^2} = \frac{\ell_0}{2}\sqrt{1 + \left(\frac{2h}{\ell_0}\right)^2}

La masse m étant suffisamment faible, on se place dans l'approximation des petits déplacements h \ll \ell_0. Un développement limité à l'ordre 2 en h/\ell_0 donne :

\ell \simeq \frac{\ell_0}{2} \left( 1 + \frac{1}{2}\left(\frac{2h}{\ell_0}\right)^2 \right) = \frac{\ell_0}{2} + \frac{h^2}{\ell_0}

L'allongement du demi-fil (dont la longueur initiale à vide est \ell_0/2) s'écrit donc :

\delta \ell = \ell - \frac{\ell_0}{2} \simeq \frac{h^2}{\ell_0}

L'élongation relative de chaque demi-segment est :

\frac{\delta \ell}{\ell_0/2} \simeq \frac{2h^2}{\ell_0^2}

D'après la loi de Hooke, la tension T qui s'exerce le long de chaque demi-fil vaut :

T = E S_0 \frac{\delta \ell}{\ell_0/2} = 2 E S_0 \frac{h^2}{\ell_0^2} = 2k \frac{h^2}{\ell_0}

où k = \dfrac{E S_0}{\ell_0} est la raideur du fil entier établie à la question 9.

Étudions l'équilibre de la masse m au point C dans le référentiel terrestre supposé galiléen :

m\vec{g} + \vec{T}_A + \vec{T}_B = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical descendant :

mg - 2T\sin\alpha = 0

où \alpha est l'angle que fait chaque segment avec l'horizontale. Au premier ordre en h/\ell_0 :

\sin\alpha = \frac{h}{\ell} \simeq \frac{h}{\ell_0/2} = \frac{2h}{\ell_0}

En substituant T et \sin\alpha dans l'équation d'équilibre :

mg = 2 \left( 2k \frac{h^2}{\ell_0} \right) \left( \frac{2h}{\ell_0} \right) = \frac{8k}{\ell_0^2} h^3 = \frac{8 E S_0}{\ell_0^3} h^3

On en déduit la loi de puissance reliant h à la masse m :

\boxed{h = \left( \frac{mg \ell_0^2}{8k} \right)^{1/3} = \frac{\ell_0}{2} \left( \frac{mg}{E S_0} \right)^{1/3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquer la statique et faire un développement limité plutôt qu'un bilan d'énergie, sans confondre l0 et l0/2.

« Alors qu’il s’agit d’appliquer le principe fondamental de la statique et d’effectuer un développement limité, beaucoup de candidats se sont lancés dans un raisonnement énergétique »

« trop de candidats, par défaut de méthode et de rigueur dans le choix des grandeurs d’étude, confondent les longueurs l0 et l0/2 et ne parviennent pas à exprimer la force de rappel élastique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : exploitation de graphe, force de rappel élastique

Vérifier que la loi obtenue à la question 10 est compatible avec l'expérience. Déterminer la constante de raideur du ressort équivalent au fil ; en déduire une estimation de la valeur numérique du module de Young du fil. On pourra utiliser la figure 9 du formulaire.

Voir l'indice

Linéariser la relation sous forme logarithmique \ln(h) = \frac{1}{3}\ln(m) + \text{cte}, vérifier la pente de la droite de régression et extraire la constante à l'aide de la figure 9 pour calculer k puis E.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation théorique issue de la question Q10 sous forme logarithmique en faisant apparaître les grandeurs sans dimension des axes de la figure 5 : \ln(h/h_1) et \ln(m/m_1) avec h_1 = 1\text{ cm} et m_1 = 1\text{ mg}.
  2. Comparer la pente expérimentale à la valeur théorique 1/3 pour valider la loi.
  3. Relier l'ordonnée à l'origine à la raideur k, utiliser le graphe de \ln(x) (figure 9) pour inverser le logarithme sans calculatrice, puis en déduire E via la relation k = E S_0 / \ell_0 établie en Q9.
Voir la réponse courte

Exploitation de la pente du graphe expérimental pour valider l'exposant, calcul de la raideur k puis déduction du module de Young E.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'affaissement h du milieu du fil vérifie :

h = \left( \frac{m g \ell_0^2}{8k} \right)^{1/3}

En introduisant les grandeurs de référence de la figure 5, h_1 = 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m} et m_1 = 1\text{ mg} = 10^{-6}\text{ kg}, cette relation se réécrit :

\frac{h}{h_1} = \left( \frac{m_1 g \ell_0^2}{8 k h_1^3} \right)^{1/3} \left( \frac{m}{m_1} \right)^{1/3}

En prenant le logarithme népérien, on obtient une équation affine de la forme Y = p X + Y_0 :

\ln\left(\frac{h}{h_1}\right) = \frac{1}{3}\ln\left(\frac{m}{m_1}\right) + \frac{1}{3}\ln\left(\frac{m_1 g \ell_0^2}{8 k h_1^3}\right)

avec X = \ln(m/m_1) et Y = \ln(h/h_1).

1. Compatibilité avec l'expérience
Sur la figure 5, les points expérimentaux sont bien alignés selon une droite de régression linéaire. En relevant deux points sur cette droite :

  • pour X_1 = 0, Y_1 \simeq -0{,}32 ;
  • pour X_2 = 3, Y_2 \simeq 0{,}68.

La pente expérimentale vaut :

p_{\text{exp}} = \frac{Y_2 - Y_1}{X_2 - X_1} = \frac{0{,}68 - (-0{,}32)}{3 - 0} = \frac{1{,}00}{3} \simeq 0{,}33

Elle est en parfait accord avec l'exposant théorique 1/3, ce qui confirme la validité de la loi de puissance.

2. Détermination de la raideur k
L'ordonnée à l'origine Y_0 s'identifie à :

Y_0 = \frac{1}{3}\ln\left(\frac{m_1 g \ell_0^2}{8 k h_1^3}\right) \implies \ln\left(\frac{m_1 g \ell_0^2}{8 k h_1^3}\right) = 3 Y_0

Avec Y_0 \simeq -0{,}32, on a 3 Y_0 \simeq -0{,}96. D'après la figure 9 du formulaire, la valeur \ln(x) \simeq -0{,}96 correspond à :

x = \frac{m_1 g \ell_0^2}{8 k h_1^3} \simeq 0{,}38

On en déduit l'expression de la raideur k :

k = \frac{m_1 g \ell_0^2}{8 x h_1^3}

Application numérique avec un chiffre significatif :

\begin{aligned} m_1 g \ell_0^2 &= 10^{-6} \times 10 \times (5 \cdot 10^{-2})^2 = 2{,}5 \cdot 10^{-8}\text{ N}\cdot\text{m}^2 \\ 8 x h_1^3 &= 8 \times 0{,}38 \times (10^{-2})^3 \simeq 3{,}0 \cdot 10^{-6}\text{ m}^3 \\ k &= \frac{2{,}5 \cdot 10^{-8}}{3{,}0 \cdot 10^{-6}} \simeq 8 \cdot 10^{-3}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}
\boxed{k \simeq 8\text{ mN}\cdot\text{m}^{-1}}

3. Estimation du module de Young E
D'après la question Q9, la raideur d'un fil de section S_0 = \pi a^2 et de longueur \ell_0 vaut k = \frac{E S_0}{\ell_0}, d'où :

E = \frac{k \ell_0}{\pi a^2}

Application numérique avec \ell_0 = 5\cdot 10^{-2}\text{ m}, a = 5\cdot 10^{-6}\text{ m} et \pi \simeq 3 :

\begin{aligned} E &= \frac{8 \cdot 10^{-3} \times 5 \cdot 10^{-2}}{\pi \times (5 \cdot 10^{-6})^2} = \frac{4 \cdot 10^{-4}}{25\pi \cdot 10^{-12}} = \frac{1{,}6 \cdot 10^7}{\pi} \simeq 5 \cdot 10^6\text{ Pa} \end{aligned}
\boxed{E \simeq 5\text{ MPa}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prêter attention au caractère logarithmique des échelles lors de la comparaison des résultats avec l'expérience.

« Les candidats ayant trouvé (à tord) une loi linéaire à la question 10 la valident par l’ajustement affine des valeurs expérimentales sans se soucier du caractère logarithmique des échelles. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : théorème de l'énergie mécanique, puissance mécanique

En modélisant la toile par un simple fil de soie dont on négligera la masse devant celle de l'araignée, estimer, en fonction de et , l'allongement maximum du fil avant que l'araignée ne relâche la tension (Fig. 6), ainsi que sa raideur en fonction de , et . Évaluer, en fonction de , et , la puissance mécanique instantanée maximale développée pendant le processus de capture. Sachant que la puissance massique musculaire maximale que peuvent fournir les arthropodes est d'environ par kilo de muscle, estimer la masse de muscle nécessaire qu'il faudrait à notre araignée pour réaliser ce processus de capture sans aide extérieure. Conclure.

Voir l'indice

Assimiler le relai de tension à une oscillation harmonique d'amplitude \Delta\ell, relier vitesse et accélération maximales par la pulsation propre \omega_0, puis évaluer \mathcal{P}_{\max} = F(t)v(t) = m a(t) v(t).

Voir la stratégie
  1. Modéliser la détente de la toile par un oscillateur harmonique sans amortissement : relier l'élongation initiale \Delta \ell et la raideur k aux caractéristiques cinématiques maximales v_{\max} et a_{\max}.
  2. Exprimer la puissance mécanique instantanée reçue par l'araignée \mathcal{P}(t) = F(t) v(t) et trouver son maximum en fonction de m, v_{\max} et a_{\max}.
  3. Comparer la masse musculaire théorique requise m_{\text{muscle}} = \mathcal{P}_{\max}/\mathscr{P} à la masse totale de l'araignée pour interpréter le rôle de stockage élastique d'énergie de la toile.
Voir la réponse courte

Bilan énergétique liant \Delta\ell, k et \mathcal{P}_{\max} aux grandeurs cinématiques, montrant la nécessité d'une libération d'énergie élastique stockée.

Voir le corrigé complet

Le fil élastique est assimilé à un ressort de raideur k et de longueur à vide nulle en déplacement relatif, attaché à l'araignée de masse m. À l'instant t = 0, la tension est relâchée : l'araignée part sans vitesse initiale avec une élongation initiale x(0) = \Delta \ell.

En l'absence de dissipation, l'équation du mouvement selon l'axe de traction s'écrit :

m \ddot{x} + k x = 0

La pulsation propre du système est \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}, de sorte que :

\begin{aligned} x(t) &= \Delta \ell \cos(\omega_0 t) \\ v(t) &= -\omega_0 \Delta \ell \sin(\omega_0 t) \\ a(t) &= -\omega_0^2 \Delta \ell \cos(\omega_0 t) \end{aligned}

Les amplitudes maximales de la vitesse et de l'accélération s'identifient à :

v_{\max} = \omega_0 \Delta \ell \quad \text{et} \quad a_{\max} = \omega_0^2 \Delta \ell

On en déduit immédiatement :

\omega_0 = \frac{a_{\max}}{v_{\max}}

ce qui conduit aux expressions de l'allongement initial maximal et de la raideur :

\boxed{\Delta \ell = \frac{v_{\max}^2}{a_{\max}}}
\boxed{k = m \omega_0^2 = \frac{m a_{\max}^2}{v_{\max}^2}}

La puissance mécanique instantanée fournie par le fil élastique à l'araignée s'écrit :

\mathcal{P}(t) = \vec{F}(t) \cdot \vec{v}(t) = (-k x(t)) \cdot v(t) = k \omega_0 (\Delta \ell)^2 \cos(\omega_0 t)\sin(\omega_0 t) = \frac{1}{2} k \omega_0 (\Delta \ell)^2 \sin(2\omega_0 t)

La puissance maximale atteinte au cours du mouvement vaut donc :

\mathcal{P}_{\max} = \frac{1}{2} k \omega_0 (\Delta \ell)^2 = \frac{1}{2} \left( \frac{m a_{\max}^2}{v_{\max}^2} \right) \left( \frac{a_{\max}}{v_{\max}} \right) \left( \frac{v_{\max}^2}{a_{\max}} \right)^2 = \frac{1}{2} m v_{\max} a_{\max}
\boxed{\mathcal{P}_{\max} = \frac{1}{2} m v_{\max} a_{\max}}

Effectuons les applications numériques avec m = 7\text{ mg} = 7 \times 10^{-6}\text{ kg}, v_{\max} = 3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et a_{\max} = 800\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\begin{aligned} \Delta \ell &= \frac{3^2}{800} = \frac{9}{800} \simeq 1 \times 10^{-2}\text{ m} = 1\text{ cm} \\ k &= \frac{7 \times 10^{-6} \times (800)^2}{3^2} = \frac{7 \times 10^{-6} \times 6{,}4 \times 10^5}{9} \simeq 0{,}5\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \\ \mathcal{P}_{\max} &= \frac{1}{2} \times (7 \times 10^{-6}) \times 3 \times 800 \simeq 8 \times 10^{-3}\text{ W} = 8\text{ mW} \end{aligned}

Si l'araignée devait fournir cette puissance instantanée directement avec ses muscles, la masse musculaire minimale requise serait :

m_{\text{muscle}} = \frac{\mathcal{P}_{\max}}{\mathscr{P}} = \frac{8{,}4 \times 10^{-3}}{326} \simeq 3 \times 10^{-5}\text{ kg} = 30\text{ mg}
\boxed{m_{\text{muscle}} \simeq 3 \times 10^{-5}\text{ kg} = 30\text{ mg}}

Cette masse musculaire de 30\text{ mg} est très supérieure à la masse totale de l'araignée (m \simeq 7\text{ mg}), ce qui est physiologiquement impossible. L'araignée ne peut donc pas propulser la toile par action musculaire directe lors de la capture : elle tend lentement la toile au préalable en y accumulant de l'énergie potentielle élastique à faible puissance, puis libère brusquement cette énergie emmagasinée, fonctionnant ainsi comme une catapulte.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Traiter le problème avec le formalisme des oscillateurs harmoniques, sans recourir à un mouvement uniformément accéléré.

« Question classique sur les oscillateurs harmoniques, que l’on a vue traitée en analyse dimensionnelle, ou même comme un mouvement uniformément accéléré. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pendule simple, tension du fil

Écrire les équations du mouvement de SPIDERMAN. En déduire, en fonction de et , l'expression de la tension maximale que doit supporter ce fil si l'on suppose qu'il est inextensible.

Voir l'indice

Écrire l'équation du mouvement d'un pendule simple sans vitesse initiale à \theta(0)=\pi/2, puis appliquer le principe fondamental de la dynamique selon la direction radiale au point le plus bas (\theta=0).

Voir la stratégie
  1. Modéliser Spiderman par un point matériel M de masse m suspendu en O par un fil inextensible de longueur \ell, dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
  2. Exprimer le bilan des forces et l'accélération en coordonnées polaires (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta) dans le plan vertical (yOz), puis projeter le principe fondamental de la dynamique.
  3. Déterminer l'expression de la vitesse angulaire \dot{\theta} en fonction de \theta à l'aide de l'intégrale première de l'énergie mécanique, puis en déduire la tension T(\theta) et sa valeur maximale T_{\max}.
Voir la réponse courte

Équations du pendule simple, conservation de l'énergie mécanique et projection normale du PFD pour obtenir T_{\max} = mg(3-2\cos\theta_0).

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement de Spiderman, assimilé à un point matériel M de masse m, dans le référentiel terrestre supposé galiléen muni du repère (O, \vec{e}_y, \vec{e}_z) représenté sur la figure 7, où l'axe vertical (Oz) est orienté vers le bas et (Oy) est horizontal.

On repère la position de Spiderman par les coordonnées polaires (\ell, \theta) avec :

\vec{OM} = \ell \, \vec{u}_r = \ell (\sin\theta \, \vec{e}_y + \cos\theta \, \vec{e}_z)

La base polaire locale associée est :

\begin{aligned} \vec{u}_r &= \sin\theta \, \vec{e}_y + \cos\theta \, \vec{e}_z \\ \vec{u}_\theta &= \cos\theta \, \vec{e}_y - \sin\theta \, \vec{e}_z \end{aligned}

Le fil étant supposé inextensible de longueur constante \ell, la vitesse et l'accélération s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{v} &= \ell \dot{\theta} \, \vec{u}_\theta \\ \vec{a} &= -\ell \dot{\theta}^2 \, \vec{u}_r + \ell \ddot{\theta} \, \vec{u}_\theta \end{aligned}

Le système est soumis à deux forces :

  • son poids : \vec{P} = m\vec{g} = mg \, \vec{e}_z = mg\cos\theta \, \vec{u}_r - mg\sin\theta \, \vec{u}_\theta ;
  • la tension du fil : \vec{T} = -T \, \vec{u}_r avec T \ge 0.

Le principe fondamental de la dynamique m\vec{a} = \vec{P} + \vec{T} projeté sur les axes polaires fournit les deux équations du mouvement :

\begin{aligned} \text{suivant } \vec{u}_\theta &: \quad m\ell\ddot{\theta} = -mg\sin\theta \iff \ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\sin\theta = 0 \\ \text{suivant } \vec{u}_r &: \quad -m\ell\dot{\theta}^2 = mg\cos\theta - T \iff T = m\left(g\cos\theta + \ell\dot{\theta}^2\right) \end{aligned}
\boxed{\ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\sin\theta = 0 \quad \text{et} \quad T(\theta) = m\left(g\cos\theta + \ell\dot{\theta}^2\right)}

La tension \vec{T} ne travaillant pas car orthogonale à la vitesse (\vec{T}\cdot\vec{v} = 0), l'énergie mécanique de Spiderman se conserve. En prenant l'origine de l'énergie potentielle de pesanteur à l'altitude de l'accroche (z = 0, où \theta = \pi/2) :

E_{\mathrm{m}} = \frac{1}{2}m\ell^2\dot{\theta}^2 - mgz = \frac{1}{2}m\ell^2\dot{\theta}^2 - mg\ell\cos\theta

Spiderman étant lâché sans vitesse initiale depuis la position horizontale \theta(0) = \pi/2 :

E_{\mathrm{m}} = 0 \implies \ell\dot{\theta}^2 = 2g\cos\theta

En injectant cette relation dans l'expression de la tension radiale :

T(\theta) = mg\cos\theta + 2mg\cos\theta = 3mg\cos\theta

Cette tension est maximale lorsque Spiderman passe par la position la plus basse, c'est-à-dire à la verticale (\theta = 0) où \cos\theta = 1 :

\boxed{T_{\max} = 3mg}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les coordonnées cartésiennes pour le pendule simple et ne pas appliquer l'approximation des petits angles non justifiée ici.

« Question classique sur le pendule simple, trop souvent traitée en coordonnées cartésiennes. »

« L’approximation des petits angles n’est pas valable quand θ(0) = π/2. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : association de ressorts, force de rappel élastique

Déterminer la constante de raideur du ressort équivalent à ressorts identiques de constante de raideur disposés en parallèle. Sachant que le module de Young d'un filament de soie et son rayon valent respectivement et , combien de filaments le fil doit-il comporter au minimum pour que les filaments ne subissent pas une déformation supérieure à et donc pouvoir supporter SPIDERMAN lors de son vol ? Est-ce cohérent avec le diamètre des fils, de l'ordre du centimètre, produits par SPIDERMAN dans les films ?

Voir l'indice

Additionner les raideurs en parallèle (k_{\text{eq}} = N k). Écrire la condition pour que sous la tension maximale T_{\max} calculée en Q13, la déformation unitaire reste inférieure à 1\%.

Voir la stratégie
  1. Associer N ressorts identiques en parallèle soumis à une même élongation pour trouver la raideur équivalente k_{\text{eq}}.
  2. Exprimer la force totale maximale supportée par le faisceau (question Q13) en fonction de la déformation maximale admissible \delta \ell / \ell \le 1\,\%, ou relier directement la tension maximale à la contrainte dans chaque filament via la loi de Hooke (question Q9).
  3. En déduire le nombre minimal N_{\min} de filaments, puis estimer le diamètre macroscopique du câble obtenu pour discuter la cohérence avec les films.
Voir la réponse courte

Raideur équivalente k_{\text{eq}} = N k, calcul du nombre minimal N de filaments pour limiter la déformation à 1\,\%, et discussion du diamètre global.

Voir le corrigé complet

1. Association en parallèle de N ressorts identiques

Considérons N ressorts identiques de même raideur k et de même longueur à vide, fixés en parallèle entre deux barres rigides. Lorsqu'on leur impose un même allongement \delta \ell, chaque ressort exerce une force de rappel F_i = k\,\delta \ell. La force de rappel totale exercée par l'ensemble est :

F_{\text{tot}} = \sum_{i=1}^N F_i = N k\,\delta \ell

Par identification avec la relation constitutive d'un ressort équivalent F_{\text{tot}} = k_{\text{eq}}\,\delta \ell, on en déduit :

\boxed{k_{\text{eq}} = N k}

2. Nombre minimal de filaments pour supporter Spiderman

D'après la question Q13, la tension maximale que doit supporter le fil au point le plus bas de la trajectoire est :

T_{\max} = 3mg

Les N filaments étant disposés en parallèle et identiques, ils subissent le même allongement relatif \varepsilon = \frac{\delta \ell}{\ell} et se partagent équitablement la tension totale. Chaque filament supporte ainsi une force maximale :

F_{\text{filament}} = \frac{T_{\max}}{N} = \frac{3mg}{N}

D'après la loi de Hooke établie à la question Q9, la déformation relative subie par un filament de section S_0 = \pi a^2 vaut :

\varepsilon = \frac{\delta \ell}{\ell} = \frac{F_{\text{filament}}}{E S_0} = \frac{3mg}{N E \pi a^2}

La condition \varepsilon \le \varepsilon_{\max} = 1\,\% = 10^{-2} impose donc :

N \ge \frac{3mg}{\pi a^2 E \varepsilon_{\max}}

Soit un nombre minimal de filaments :

\boxed{N_{\min} = \frac{3mg}{\pi a^2 E \varepsilon_{\max}}}

Effectuons l'application numérique avec m = 75\text{ kg}, g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, E = 10\text{ MPa} = 1{,}0 \cdot 10^7\text{ Pa}, a = 5\;\mu\text{m} = 5 \cdot 10^{-6}\text{ m} (soit a^2 = 25 \cdot 10^{-12}\text{ m}^2), et \pi \simeq 3 :

\begin{aligned} N_{\min} &\simeq \frac{3 \times 75 \times 10}{3 \times 25 \cdot 10^{-12} \times 1{,}0 \cdot 10^7 \times 10^{-2}} \\ &= \frac{2250}{75 \cdot 10^{-7}} = 3 \cdot 10^8 \end{aligned}

Il faut donc au minimum :

\boxed{N_{\min} \simeq 3 \cdot 10^8 \text{ filaments}}

3. Cohérence avec le diamètre des fils dans les films

La section totale occupée par la matière des N_{\min} filaments cylindriques vaut :

S_{\text{tot}} = N_{\min} \pi a^2 \simeq (3 \cdot 10^8) \times \pi \times (5 \cdot 10^{-6})^2 \simeq 2{,}3 \cdot 10^{-2}\text{ m}^2 \simeq 230\text{ cm}^2

En modélisant le câble par un cylindre de diamètre effectif D, on a au minimum (sans même compter les interstices de compacité) :

\frac{\pi D^2}{4} \ge S_{\text{tot}} = N_{\min} \pi a^2 \implies D \ge 2a\sqrt{N_{\min}}

Avec \sqrt{N_{\min}} \simeq \sqrt{3 \cdot 10^8} \simeq 1{,}7 \cdot 10^4 et un diamètre de filament d = 2a = 10\;\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} :

D \ge 10^{-5} \times 1{,}7 \cdot 10^4 \simeq 0{,}17\text{ m} \simeq 17\text{ cm}

Un tel câble aurait un diamètre d'environ une vingtaine de centimètres, ce qui est supérieur d'un ordre de grandeur au diamètre centimétrique montré dans les films :

\boxed{D \sim 20\text{ cm} \gg 1\text{ cm} \quad \text{: le modèle n'est pas cohérent avec les films.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier le résultat de la raideur équivalente et penser que le nombre de brins dépend du carré du rayon.

« La réponse keq = Nk est souvent donnée sans même quelques mots de justification : il faut maintenir l’effort dans la rédaction »

« Le nombre de brins dans un câble cylindrique est en raison du carré de son rayon. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Partie III : Produire de la musique avec des fils d'araignée

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : corde vibrante, principe fondamental de la dynamique

On considère la portion de fil comprise entre les plans d'abscisses et . Exprimer la longueur de portion de fil , et en fonction de et . En appliquant le théorème de la résultante cinétique à cette portion de fil, montrer que ne dépend pas de . Que peut-on conclure pour la norme de la tension dans le fil ?

Voir l'indice

Écrire le développement limité de \mathrm{d}s = \sqrt{\mathrm{d}x^2 + \mathrm{d}z^2} au premier ordre en \partial z/\partial x. Appliquer le PFD sur le tronçon selon l'axe horizontal (Ox) sans composante d'accélération longitudinale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'élément de longueur infinitésimal \mathrm{d}s à partir du théorème de Pythagore infinitésimal dans le plan (Oxz), puis en déduire \cos\alpha et \sin\alpha au premier ordre en \frac{\partial z}{\partial x} en exploitant l'hypothèse des faibles déflexions \left|\frac{\partial z}{\partial x}\right| \ll 1.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique (théorème de la résultante cinétique) à la portion de fil comprise entre x et x+\mathrm{d}x en projection sur l'axe horizontal (Ox), en observant qu'aucun mouvement transversal n'a lieu selon cet axe au premier ordre.
  3. Relier la composante horizontale T_x à la norme T de la tension pour conclure sur la constance spatiale de T.
Voir la réponse courte

Géométrie de la corde aux petits angles et projection horizontale du PFD montrant l'uniformité spatiale de la tension T.

Voir le corrigé complet

Un déplacement élémentaire le long du fil à un instant t fixé s'écrit \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}x\,\widehat{e}_x + \mathrm{d}z\,\widehat{e}_z. L'élément de longueur \mathrm{d}s de la portion de fil vaut donc :

\mathrm{d}s = \sqrt{\mathrm{d}x^2 + \mathrm{d}z^2} = \mathrm{d}x \sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}

Au premier ordre par rapport à la petite quantité \left|\frac{\partial z}{\partial x}\right| \ll 1, on a :

\boxed{\mathrm{d}s \simeq \mathrm{d}x}

Par définition de l'angle \alpha(x,t) formé par la tangente au fil avec l'horizontale (figure 8 de l'énoncé) :

\begin{aligned} \cos[\alpha(x,t)] &= \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}s} = \frac{1}{\sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}} \simeq 1 - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2 \simeq \boxed{1} \\ \sin[\alpha(x,t)] &= \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}s} = \frac{\frac{\partial z}{\partial x}}{\sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}} \simeq \boxed{\frac{\partial z}{\partial x}} \end{aligned}

Appliquons le théorème de la résultante cinétique au système constitué de la portion de fil comprise entre x et x+\mathrm{d}x, de masse \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}s \simeq \mu\,\mathrm{d}x, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. En négligeant la pesanteur, les seules forces extérieures appliquées sont les forces de tension exercées par le reste du fil aux deux extrémités :

\mathrm{d}m\,\vec{a} = \vec{T}(x+\mathrm{d}x,t) - \vec{T}(x,t)

L'énoncé précise que l'on ne s'intéresse qu'aux mouvements latéraux selon l'axe transversal (Oz) : le déplacement longitudinal selon (Ox) est nul (ou d'ordre supérieur en \alpha). L'accélération selon \widehat{e}_x est donc nulle. En projetant la relation fondamentale sur l'axe (Ox) :

0 = T_x(x+\mathrm{d}x,t) - T_x(x,t) = \frac{\partial T_x}{\partial x}\mathrm{d}x

On en déduit :

\boxed{\frac{\partial T_x}{\partial x} = 0}

Ainsi, T_x(x,t) est uniforme le long du fil : elle ne dépend pas de x.

Par ailleurs, la tension est tangente au fil :

\vec{T}(x,t) = T(x,t)\cos[\alpha(x,t)]\,\widehat{e}_x + T(x,t)\sin[\alpha(x,t)]\,\widehat{e}_z

D'où T_x(x,t) = T(x,t)\cos[\alpha(x,t)]. Comme \cos\alpha \simeq 1 au premier ordre, il vient :

T(x,t) \simeq T_x(t)

Au premier ordre des faibles perturbations transversales, la norme de la tension T est donc uniforme le long du fil : elle ne dépend pas de x. De plus, la corde étant tendue à une tension imposée par ses extrémités fixes, T est constante, indépendante de x et du temps t :

\boxed{T(x,t) = T = \text{cte}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Vérifier l'homogénéité des expressions et ne pas confondre la composante horizontale de la tension avec sa norme.

« L’homogénéité est souvent malmenée. »

« Des confusions entre la composante Tx et la norme T de la tension. Nous rappelons que Tx = T cos α, mais pas Tx cos α. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de d'alembert, célérité

Montrer que le déplacement du fil vérifie alors l'équation aux dérivées partielles :

On exprimera en fonction de et . Que représente cette grandeur physique ?

Voir l'indice

Projeter le théorème de la résultante cinétique sur l'axe vertical (Oz) pour la masse élémentaire \mu\,\mathrm{d}x en utilisant T_z(x,t) \approx T\,\partial z/\partial x.

Voir la stratégie
  1. Projeter le théorème de la résultante cinétique appliqué au tronçon élémentaire de fil sur l'axe transverse vertical (\mathrm{O}z).
  2. Exprimer la composante T_z(x,t) de la tension à l'aide des résultats de la question Q15, puis développer au premier ordre en \mathrm{d}x.
  3. Identifier la vitesse de propagation c dans l'équation de d'Alembert obtenue et donner sa signification physique.
Voir la réponse courte

Projection verticale du PFD menant à l'équation de d'Alembert \partial_t^2 z - c^2 \partial_x^2 z = 0 et expression de la célérité c = \sqrt{T/\mu}.

Voir le corrigé complet

On applique le théorème de la résultante cinétique au tronçon de fil compris entre x et x+\mathrm{d}x, de masse \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}x, dans le référentiel d'étude galiléen. La pesanteur étant négligée, le bilan des forces extérieures se résume aux forces de tension exercées par les parties adjacentes :

\mathrm{d}m\,\frac{\partial^2 z}{\partial t^2}\,\widehat{e}_z = \vec{T}(x+\mathrm{d}x, t) - \vec{T}(x,t)

En projetant sur l'axe (\mathrm{O}z), on obtient :

\mu\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial^2 z}{\partial t^2} = T_z(x+\mathrm{d}x, t) - T_z(x,t) = \frac{\partial T_z}{\partial x}\,\mathrm{d}x

D'après la question Q15, la composante transverse de la tension s'écrit au premier ordre :

T_z(x,t) = T \sin[\alpha(x,t)] \simeq T\,\frac{\partial z}{\partial x}(x,t)

où T est la norme constante de la tension au repos. En dérivant par rapport à x :

\frac{\partial T_z}{\partial x} = T\,\frac{\partial^2 z}{\partial x^2}

En reportant cette relation dans la projection du principe fondamental de la dynamique et en simplifiant par \mathrm{d}x, il vient :

\begin{aligned} \mu\,\frac{\partial^2 z}{\partial t^2} &= T\,\frac{\partial^2 z}{\partial x^2} \\ \frac{\partial^2 z}{\partial t^2} - \frac{T}{\mu}\,\frac{\partial^2 z}{\partial x^2} &= 0 \end{aligned}

Cette équation est l'équation de d'Alembert unidimensionnelle (1) de l'énoncé, sous réserve d'identifier :

\boxed{c = \sqrt{\frac{T}{\mu}}}

La grandeur c est la célérité (ou vitesse de propagation) des ondes mécaniques transverses le long de la corde.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Interpréter correctement la célérité de l'onde sans la confondre avec la vitesse de la corde ou de la lumière.

« En revanche, des interprétations parfois fantaisistes en sont données : vitesse de la corde, voir célérité de la lumière »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : onde progressive, équation de d'alembert

Montrer que des fonctions de la forme sont des solutions de cette équation. Interpréter le sens physique des fonctions et .

Voir l'indice

Dériver deux fois par rapport à x et t les fonctions composées pour vérifier l'équation d'onde. Interpréter f et g comme des ondes progressives se propageant sans déformation à la célérité c.

Voir la stratégie
  1. On introduit les variables de d'Alembert u = x - ct et v = x + ct, puis on dérive la fonction z(x,t) = f(u) + g(v) deux fois par rapport à x et par rapport à t en appliquant la règle de dérivation des fonctions composées.
  2. On réinjecte ces dérivées dans l'équation d'onde pour vérifier qu'elle est identiquement satisfaite.
  3. On analyse la dépendance spatio-temporelle de chacun des deux termes pour préciser la direction de propagation et la conservation de la forme du signal au cours du temps.
Voir la réponse courte

Dérivation de la forme générale vérifiant d'Alembert et interprétation des ondes progressives se propageant dans les deux sens opposés.

Voir le corrigé complet

Soient f et g deux fonctions de classe \mathcal{C}^2 sur \mathbb{R}. On pose les variables :

u = x - ct \quad \text{et} \quad v = x + ct

Le déplacement s'écrit alors z(x,t) = f(u) + g(v). Par dérivation d'une fonction composée, les dérivées partielles spatiales valent :

\begin{aligned} \frac{\partial z}{\partial x} &= f'(u)\frac{\partial u}{\partial x} + g'(v)\frac{\partial v}{\partial x} = f'(u) + g'(v) \\ \frac{\partial^2 z}{\partial x^2} &= f''(u) + g''(v) \end{aligned}

De même, pour les dérivées partielles temporelles :

\begin{aligned} \frac{\partial z}{\partial t} &= f'(u)\frac{\partial u}{\partial t} + g'(v)\frac{\partial v}{\partial t} = -c\,f'(u) + c\,g'(v) \\ \frac{\partial^2 z}{\partial t^2} &= (-c)^2 f''(u) + c^2 g''(v) = c^2 \left( f''(u) + g''(v) \right) \end{aligned}

En combinant ces résultats, on obtient immédiatement :

\frac{\partial^2 z}{\partial t^2} - c^2 \frac{\partial^2 z}{\partial x^2} = c^2\left(f''(u) + g''(v)\right) - c^2\left(f''(u) + g''(v)\right) = 0

Toute fonction de la forme z(x,t) = f(x - ct) + g(x + ct) est donc bien solution de l'équation de d'Alembert.

Sens physique des fonctions f et g :

  • La composante z_1(x,t) = f(x - ct) décrit une onde progressive se propageant dans le sens des x croissants à la célérité c. En effet, pour tout intervalle de temps \Delta t > 0, on a f((x + c\Delta t) - c(t + \Delta t)) = f(x - ct) : le profil spatial de déformation se translate rigoureusement sans déformation vers la droite d'une distance \Delta x = c\Delta t.
  • La composante z_2(x,t) = g(x + ct) décrit une onde progressive se propageant dans le sens des x décroissants à la célérité c. Le profil spatial se translate sans déformation vers la gauche.
Voir ce qu'a relevé le jury

Poser explicitement un changement de variable pour mener sans erreur le calcul des dérivées partielles.

« Nous recommandons de poser clairement le changement de variable u = x −ct. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : onde stationnaire, mode propre

Traduire les conditions aux limites imposées au fil en des contraintes sur . En déduire la relation entre et ainsi que les valeurs de permises. Comment appelle-t-on ce type d'onde et pourquoi ?

Voir l'indice

Imposer les conditions aux limites z(0,t)=0 et z(\ell,t)=0 à tout instant pour trouver une relation entre les amplitudes complexes et quantifier les pulsations permises \omega_n.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les conditions aux limites traduisant la fixation du fil en ses deux extrémités x = 0 et x = \ell.
  2. Appliquer ces conditions à la forme complexe \underline{z}(x,t) = \underline{A}\,\mathrm{e}^{j(\omega t - kx)} + \underline{B}\,\mathrm{e}^{j(\omega t + kx)} pour établir la relation liant \underline{A} et \underline{B}, puis quantifier le nombre d'onde k et la pulsation \omega.
  3. Factoriser l'expression spatio-temporelle pour reconnaître et nommer la structure de l'onde obtenue.
Voir la réponse courte

Application des conditions aux limites fixes en x=0 et x=\ell, quantification des pulsations propres \omega_n et notion d'onde stationnaire.

Voir le corrigé complet

Le fil étant fixé en ses deux extrémités x = 0 et x = \ell, les déplacements transverses y sont nuls à tout instant :

\underline{z}(0,t) = 0 \quad \text{et} \quad \underline{z}(\ell,t) = 0 \quad \forall t.

En évaluant \underline{z}(x,t) en x = 0, on obtient :

\underline{z}(0,t) = (\underline{A} + \underline{B})\,\mathrm{e}^{j\omega t} = 0 \quad \forall t,

ce qui impose immédiatement :

\boxed{\underline{B} = -\underline{A}}

L'expression du déplacement complexe s'écrit alors :

\underline{z}(x,t) = \underline{A}\,\mathrm{e}^{j\omega t} \left( \mathrm{e}^{-jkx} - \mathrm{e}^{jkx} \right) = -2j\underline{A}\,\sin(kx)\,\mathrm{e}^{j\omega t}.

La seconde condition aux limites en x = \ell impose :

\underline{z}(\ell,t) = -2j\underline{A}\,\sin(k\ell)\,\mathrm{e}^{j\omega t} = 0 \quad \forall t.

Pour une solution non triviale (\underline{A} \neq 0), cette condition équivaut à :

\sin(k\ell) = 0 \iff k\ell = n\pi \quad \text{avec} \quad n \in \mathbb{N}^*.

La relation de dispersion de l'équation de d'Alembert (Q16) étant \omega = k c, les pulsations permises sont quantifiées :

\boxed{\omega_n = \frac{n\pi c}{\ell} = n\frac{\pi}{\ell}\sqrt{\frac{T}{\mu}} \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

En revenant à la grandeur réelle z(x,t), le déplacement s'écrit sous la forme d'un produit d'une fonction d'espace et d'une fonction de temps :

z_n(x,t) = Z_n \sin\left(\frac{n\pi x}{\ell}\right) \cos(\omega_n t + \phi_n).

On appelle ce type d'onde une onde stationnaire.

Ce terme s'explique par le fait que le profil spatial de la déformation ne se propage pas le long de la corde : les zéros de vibration (nœuds) et les extrema d'amplitude (ventres) restent fixes dans l'espace au cours du temps. Tous les points du fil vibrent en phase (ou en opposition de phase) à la même pulsation \omega_n.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question convenablement traitée, sans qu'il soit besoin de mobiliser la physique quantique.

« Question convenablement traitée même si certaines copies ont évoqué une particule quantique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : mode propre, fréquence propre

Sachant que la fréquence de vibration de la note jouée (correspondant à la fréquence de la note fondamentale) vaut , que la longueur du fil est et que sa masse linéique est , quelle doit être la tension appliquée à la corde ? Sachant que la tension au-delà de laquelle la corde n'est plus dans son régime élastique est de l'ordre de 10 newtons, que pouvez vous conclure ?

Voir l'indice

Relier la fréquence fondamentale f_1 à la célérité c et à la longueur \ell, puis en déduire la tension T. Vérifier si la valeur obtenue reste très inférieure à T_e = 10\text{ N}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fréquence fondamentale f_1 à partir des pulsations propres établies à la question Q18, puis en déduire l'expression littérale de la tension T.
  2. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs données dans le système international d'unités (notamment en convertissant la masse linéique \mu en \mathrm{kg\cdot m^{-1}}).
  3. Comparer la valeur obtenue à la limite élastique T_e pour conclure sur le régime de fonctionnement de la corde.
Voir la réponse courte

Calcul de la tension nécessaire T = 4\mu \ell^2 f_1^2 = 0{,}02\text{ N} et vérification du fonctionnement dans le domaine élastique (T \ll T_e).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, les pulsations propres du fil fixé à ses deux extrémités sont données par :

\omega_n = \frac{n\pi c}{\ell} = \frac{n\pi}{\ell}\sqrt{\frac{T}{\mu}} \quad \text{pour } n \in \mathbb{N}^*

La fréquence du mode fondamental (n = 1) s'écrit donc :

f_1 = \frac{\omega_1}{2\pi} = \frac{c}{2\ell} = \frac{1}{2\ell}\sqrt{\frac{T}{\mu}}

On en déduit l'expression de la tension T nécessaire :

T = \mu \left(2\ell f_1\right)^2 = 4\mu \ell^2 f_1^2

Avec les valeurs numériques fournies :

  • f_1 = 300\text{ Hz} ;
  • \ell = \frac{1}{3}\text{ m} ;
  • \mu = 0{,}5\text{ mg}\cdot\text{m}^{-1} = 5 \cdot 10^{-7}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}.

La célérité de l'onde vaut :

c = 2\ell f_1 = 2 \times \frac{1}{3} \times 300 = 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

D'où la tension appliquée au fil :

\begin{aligned} T &= 5 \cdot 10^{-7} \times (200)^2 \\ &= 5 \cdot 10^{-7} \times 4 \cdot 10^4 \\ &= 2 \cdot 10^{-2}\text{ N} \end{aligned}
\boxed{T = 2\cdot 10^{-2}\text{ N} = 20\text{ mN}}

On constate que la tension nécessaire vérifie très largement :

T \ll T_e \sim 10\text{ N}

La corde fonctionne donc très en deçà de son seuil d'élasticité (et a fortiori bien en dessous de sa tension de rupture T_r). Elle demeure ainsi parfaitement dans son régime élastique linéaire, ce qui valide l'emploi d'une telle corde sans risque de déformation plastique ni d'endommagement au cours du jeu musical.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu abordée, qui a donné lieu à de nombreux échecs sur une application numérique pourtant simple.

« Rarement traitée. Encore beaucoup d’échecs dans l’application numérique (pourtant simple), même en ayant l’expression littérale correcte. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, onde stationnaire

En supposant que la déformation de la corde est de la même forme que précédemment, établir la relation de dispersion donnant en fonction de et des paramètres du problème. Montrer que les fréquences propres de la corde s'écrivent alors sous la forme :

où est une grandeur physique que l'on exprimera en fonction de , , et . Sachant que pour la corde fabriquée à partir des fils d'araignée et et que pour une corde classique et , que pouvez-vous conclure sur la nature du son produit à et fixées ?

Voir l'indice

Injecter une onde stationnaire harmonique de vecteur d'onde k_n = n\pi/\ell dans l'équation d'onde d'ordre 4 pour établir la relation de dispersion \omega(k), puis factoriser sous la forme demandée pour identifier B.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde sinusoïdale proposée à la question Q18 dans l'équation de propagation modifiée pour en déduire la relation de dispersion liant \omega et k.
  2. Appliquer les conditions aux limites aux extrémités fixes (x=0 et x=\ell) pour quantifier le nombre d'onde k_n = \frac{n\pi}{\ell}, puis exprimer les fréquences propres f_n = \frac{\omega_n}{2\pi} afin d'identifier B.
  3. Comparer le coefficient d'inharmonicité B \propto E a^4 pour la corde en fils d'araignée et pour la corde classique, et interpréter l'effet sur le timbre du son.
Voir la réponse courte

Injection du mode spatial pour établir la relation de dispersion modifiée, quantification de f_n et discussion de l'inharmonicité du son.

Voir le corrigé complet

On cherche des solutions sous la forme d'ondes sinusoïdales \underline{z}(x,t) = \underline{z}_0\, \mathrm{e}^{j(\omega t - k x)} (ou une superposition stationnaire de telles ondes). Les dérivées partielles successives s'écrivent :

\frac{\partial^2 \underline{z}}{\partial t^2} = -\omega^2 \underline{z}, \quad \frac{\partial^2 \underline{z}}{\partial x^2} = -k^2 \underline{z} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^4 \underline{z}}{\partial x^4} = k^4 \underline{z}

En injectant ces dérivées dans l'équation différentielle (2) :

-\mu \omega^2 \underline{z} + T k^2 \underline{z} + \frac{E \pi a^4}{4} k^4 \underline{z} = 0

Pour une solution non triviale (\underline{z} \neq 0), on obtient la relation de dispersion reliant \omega et k :

\mu \omega^2 = T k^2 + \frac{E \pi a^4}{4} k^4 = T k^2 \left( 1 + \frac{E \pi a^4}{4T} k^2 \right)

En résolvant l'équation bicarrée en k, on peut exprimer k en fonction de \omega :

\boxed{k(\omega) = \sqrt{\frac{2T}{E\pi a^4}\left(\sqrt{1 + \frac{E\pi a^4\mu\omega^2}{T^2}} - 1\right)}}

Les conditions aux limites étant toujours \underline{z}(0,t) = 0 et \underline{z}(\ell,t) = 0, la condition sur les ondes stationnaires reste inchangée au premier ordre :

k_n = \frac{n\pi}{\ell} \quad (n \in \mathbb{N}^*)

En utilisant c = \sqrt{T/\mu} (d'après la question Q16), la pulsation propre \omega_n associée s'écrit :

\omega_n = c k_n \sqrt{1 + \frac{E \pi a^4}{4T} k_n^2} = c \frac{n\pi}{\ell} \sqrt{1 + \frac{E \pi a^4}{4T} \frac{n^2 \pi^2}{\ell^2}}

La fréquence propre f_n = \frac{\omega_n}{2\pi} vaut ainsi :

f_n = \frac{n c}{2\ell} \sqrt{1 + B n^2}

avec le coefficient de raideur (ou d'inharmonicité) :

\boxed{B = \frac{E \pi^3 a^4}{4 T \ell^2}}

À tension T et longueur \ell fixées, le coefficient B est directement proportionnel au produit E a^4. Comparons les deux cordes :

\begin{aligned} (E a^4)_{\text{araignée}} &= 6{,}0 \times 10^9 \times (350 \times 10^{-6})^4 \simeq 6{,}0 \times 10^9 \times 1{,}50 \times 10^{-14} \simeq 9{,}0 \times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^2 \\ (E a^4)_{\text{classique}} &= 2{,}5 \times 10^9 \times (400 \times 10^{-6})^4 \simeq 2{,}5 \times 10^9 \times 2{,}56 \times 10^{-14} \simeq 6{,}4 \times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^2 \end{aligned}

On constate que :

B_{\text{araignée}} \simeq 1{,}4 \times B_{\text{classique}}

Le coefficient B étant non nul, les fréquences propres ne sont pas strictement harmoniques (f_n > n f_1) : c'est le phénomène d'inharmonicité dû à la raideur en flexion. La corde en fils d'araignée présente une inharmonicité légèrement plus prononcée, ce qui décale davantage les partiels aigus vers les hautes fréquences. Cela confère au son un timbre plus brillant, plus chaud et plus riche dans les harmoniques aiguës, en parfait accord avec le préambule de la partie III.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faire attention aux erreurs de signe lors de l'établissement de la relation de dispersion.

« La relation de dispersion est retrouvée, parfois avec des erreurs de signe. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 ?

Surtout 4 chapitres : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (32 % des questions, partie II), Ondes mécaniques et acoustiques (30 %, partie III), Électrostatique (25 %, partie I) et Cinématique et dynamique du point (12 %).

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 9 questions sur 20 (45 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie II en entier (Q9 à Q14), ainsi que Q1, Q6 et Q17. Avec les autres programmes de première année : 9 en PCSI, 9 en PTSI, 9 en MP2I, 9 en TSI1 et 9 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 ?

Environ 2 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie I est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q3 (potentiel électrostatique), Q4 (énergie mécanique), Q5 (énergie potentielle électrostatique), Q7 (équation de laplace), Q12 (théorème de l'énergie mécanique) et Q20 (relation de dispersion).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 ?

Questions de cours : Q9 (analyse dimensionnelle), Q17 (onde progressive) et Q18 (onde stationnaire). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q13 (pendule simple), Q15 (corde vibrante) et Q16 (équation de d'alembert).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1, Q2, Q6, Q8, Q9, Q11, Q17 et Q19. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q3, Q7, Q15, Q16 et Q20.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2022 était-il difficile ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport indique explicitement que le sujet présente des difficultés, notamment en mécanique et en géométrie, et qualifie le sujet d'exigeant, tout en soulignant que les défauts d'appropriation de l'énoncé ont terriblement affecté les résultats.

Que faire si le laplacien polaire n'est pas fourni en Q7 ?

Poser l'équation de Laplace \Delta V = 0 et se concentrer sur la variable angulaire. L'énoncé donnant la forme générale de la solution, les conditions aux limites g(0) = g(\varphi) = 0 suffisent pour identifier \omega_n = n\pi/\varphi sans expliciter le laplacien radial.

Quel modèle mécanique appliquer à la détente de la toile en Q12 ?

Utiliser le modèle de l'oscillateur harmonique libre non amorti, et non un mouvement uniformément accéléré. L'identification des grandeurs maximales v_{\max} = \omega_0 \Delta\ell et a_{\max} = \omega_0^2 \Delta\ell avec \omega_0 = \sqrt{k/m} donne directement l'allongement initial \Delta\ell et la raideur k.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.