BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2010Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2010
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2010.
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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES
CONCOURS D'ADMISSION DE 2010
Concepteur: ESSEC
OPTION ÉCONOMIQUE
MATHEMATIQUES
Mardi 11 mai, de 14 h à 18 h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Problème 1. Matrices dont les coefficients diagonaux sont les valeurs propres
Dans tout ce problème, on note
n un entier supérieur ou égal à 2 et
ℳ_n(ℝ) l'ensemble des matrices carrées possédant
n lignes et
n colonnes dont les coefficients sont réels. On note
I_n la matrice identité de
ℳ_n(ℝ) .
On note
𝒟_n l'ensemble des matrices
M = (m_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) de
ℳ_n(ℝ) qui vérifient les propriétés suivantes :
(Δ_1 ) les coefficients diagonaux
m_(1, 1), …, m_(n, n) de la matrice M sont des valeurs propres de M ;
(Δ_2 ) la matrice M n'a pas d'autres valeurs propres que les nombres
m_(1, 1), …, m_(n, n) .
(
(
Partie I. Généralités et exemples
I.1. Montrer que toutes les matrices triangulaires supérieures et toutes les matrices triangulaires inférieures de
ℳ_n(ℝ) appartiennent à
𝒟_n .
1.2. Si M est une matrice de𝒟_n , établir que pour tout
α réel, la matrice
M + αI_n est encore un élément de
𝒟_n .
1.3. On noteK_n la matrice de
ℳ_n(ℝ) dont tous les coefficients valent 1 .
(a) Montrer que la matriceK_n n'appartient pas à
𝒟_n .
(b) Lensemble𝒟_n est-il un sous-espace vectoriel de
ℳ_n(ℝ) ?
1.4. (a) Soit(x, y, z) un élément de
ℝ^3 . Montrer que la matrice
(0, x; y, z) est inversible si et seulement si les nombres
x et
y sont non nuls.
(b) En déduire que l'ensemble𝒟_2 ne contient pas d'autre élément que les matrices triangulaires de
ℳ_2(ℝ) .
I.5. Montrer que la matriceA = (3, 1, 1; 0, 2, − 1; 1, 1, 4) appartient à
𝒟_3 . Cette matrice est-elle diagonalisable?
1.6. Pour toutt réel, on considère la matrice
M(t) = (3, 1, 1 + t; 0, 2, − 1 − t; 1, 1, 4 + 2t) .
(a) Déterminer l'ensemble des valeurs propres de la matriceM(t) selon la valeur de
t . En déduire les valeurs de
t pour lesquelles la matrice
M(t) appartient à
𝒟_3 .
(b) Déterminer les valeurs det pour lesquelles la matrice
M(t) est diagonalisable.
1.2. Si M est une matrice de
1.3. On note
(a) Montrer que la matrice
(b) Lensemble
1.4. (a) Soit
(b) En déduire que l'ensemble
I.5. Montrer que la matrice
1.6. Pour tout
(a) Déterminer l'ensemble des valeurs propres de la matrice
(b) Déterminer les valeurs de
Partie II. Matrices nilpotentes
Une matrice
M de
ℳ_3(ℝ) est nilpotente si, et seulement si, il existe un entier naturel
p non nul tel que la matrice
M^p soit la matrice nulle.
II.1. Soit M une matrice nilpotente deℳ_3(ℝ) .
II.1. Soit M une matrice nilpotente de
Montrer que 0 est une valeur propre de M et que c'est la seule valeur propre de M .
II.2. Soit M une matrice nilpotente deℳ_3(ℝ) . On va prouver par l'absurde que
M^3 est la matrice nulle. Pour cela, on suppose que
M^3 n'est pas la matrice nulle.
Notonsℬ = (e_1, e_2, e_3) la base canonique de
ℝ^3 et
u l'endomorphisme de l'espace vectoriel
ℝ^3 représenté par la matrice M dans la base
ℬ .
(a) Montrer les inclusionsKer(u) ⊂ Ker(u^2) et
Ker(u^2) ⊂ Ker(u^3) .
(b) Montrer que les noyauxKer(u^2) et
Ker(u^3) ne peuvent pas être égaux. Pour cela, montrer que dans le cas contraire, le noyau de
u^2 est égal à celui de
u^i pour tout entier
i supérieur ou égal à 2 , et en tirer une contradiction.
(c) Montrer que les noyauxKer(u) et
Ker(u^2) ne peuvent pas être égaux non plus.
(d) Conclure en considérant la dimension des noyaux mentionnés ci-dessus.
II.3. Soit (a, b, c, d, e, f ) un élément de
ℝ^6 . On considère la matrice
M = (0, a, b; c, 0, d; e, f, 0) de
ℳ_3(ℝ) .
II.2. Soit M une matrice nilpotente de
Notons
(a) Montrer les inclusions
(b) Montrer que les noyaux
(c) Montrer que les noyaux
(d) Conclure en considérant la dimension des noyaux mentionnés ci-dessus.
II.3. Soit (
On définit les réels
γ(M) = ac + df + be et
δ(M) = bcf + ade .
(a) Établir l'égalitéM^3 = γ(M)M + δ(M)I_3 .
(b) Montrer que la matrice M est nilpotente si et seulement siγ(M) et
δ(M) sont nuls.
(c) On suppose quea, b et
d sont égaux à 1 .
(a) Établir l'égalité
(b) Montrer que la matrice M est nilpotente si et seulement si
(c) On suppose que
Justifier qu'il existe une infinité de choix pour le triplet (
c, e, f ) de
ℝ^3 pour lesquels la matrice M est nilpotente.
(d) En déduire que l'ensemble𝒟_3 contient une infinité de matrices nilpotentes qui ne sont pas triangulaires.
(e) Exhiber une matrice de𝒟_3 dont tous les coefficients sont non nuls.
(d) En déduire que l'ensemble
(e) Exhiber une matrice de
Problème 2. Le kurtosis
Introduction
On utilise dans tout ce problème les notations
E(X) et
V(X) pour désigner l'espérance et la variance d'une variable aléatoire X.
On rappelle que pour tout entier naturel
n , le moment centré d'ordre
n de X , s'il existe, est défini par
On dit qu'une variable aléatoire X admet un kurtosis lorsque
- X admet des moments centrés d'ordre 2,3 et 4 ;
-
V(X) ≠ 0 .
On appelle alors kurtosis, ou coefficient d'applatissement de X , le réel défini par:
On admet le résultat suivant : une variable aléatoire X admet une variance nulle si, et seulement si, il existe un réel a tel que
P(X = a) = 1 . On dit dans ce cas que la loi de X est certaine.
Question préliminaire
Soit X une variable aléatoire admettant un kurtosis. Soient
α et
β deux réels, avec
α ≠ 0 . Montrer que la variable aléatoire
αX + β admet un kurtosis, et que l'on a :
Partie I. Des exemples
I.1. Loi uniforme
Soit X une variable aléatoire réelle suivant la loi uniforme sur l'intervalle
[0, 1] .
(a) Rappeler l'espérance deX et calculer sa variance.
(b) Calculer le kurtosis de X .
(c) En utilisant le préliminaire, déterminer le kurtosis pour une loi uniforme sur[a, b] (avec
a et
b réels et
a < b ).
I.2. Loi normale
(a) Rappeler l'espérance de
(b) Calculer le kurtosis de X .
(c) En utilisant le préliminaire, déterminer le kurtosis pour une loi uniforme sur
I.2. Loi normale
Soit
X une variable aléatoire suivant la loi normale centrée réduite.
(a) Montrer que X admet un moment centré d'ordren pour tout entier naturel
n .
(b) Pour tout entier natureln , établir la relation :
μ_(n + 2)(X) = (n + 1)μ_n(X) .
(c) Montrer que le kurtosis de X est nul.
(d) Que vaut le kurtosis pour une loi normale de paramètres quelconques?
1.3. Loi de Bernoulli
(a) Montrer que X admet un moment centré d'ordre
(b) Pour tout entier naturel
(c) Montrer que le kurtosis de X est nul.
(d) Que vaut le kurtosis pour une loi normale de paramètres quelconques?
1.3. Loi de Bernoulli
Soit X une variable aléatoire suivant la loi de Bernoulli de paramètre
p ∈ 10, 1[ .
(a) Calculer le kurtosis de X en fonction dep .
(b) Montrer queK(X) est minimum pour
p = 1/2 et déterminer la valeur minimale.
(a) Calculer le kurtosis de X en fonction de
(b) Montrer que
Partie II. Minoration du kurtosis
II.1. Soit
Y une variable aléatoire admettant une variance. Montrer:
E(Y^2) ⩾ E(Y)^2 .
II.2. Montrer que le kurtosis d'une variable aléatoire, s'il est défini, est toujours supérieur ou égal à -2.
II.3. Soienta et
b deux réels distincts. On suppose que X suit la loi uniforme sur
{a, b} , autrement dit que
P(X = a) = P(X = b) = 1/2 . Vérifier que
K(X) = − 2 .
II.4. On se propose de montrer la réciproque de ce résultat. SoitX une variable aléatoire admettant un kurtosis égal à -2.
(a) Montrer que la variable(X − E(X))^2 suit une loi certaine.
(b) En déduire queP(X = x) est non nulle uniquement pour deux valeurs réelles de
x que l'on notera
a et
b .
(c) Montrer que X suit la loi uniforme sur{a, b} .
II.5. Existe-t-il une majoration du kurtosis, c'est-à-dire un réelM tel que
K(X) ⩽ M pour toute variable aléatoire X admettant un kurtosis?
II.2. Montrer que le kurtosis d'une variable aléatoire, s'il est défini, est toujours supérieur ou égal à -2.
II.3. Soient
II.4. On se propose de montrer la réciproque de ce résultat. Soit
(a) Montrer que la variable
(b) En déduire que
(c) Montrer que X suit la loi uniforme sur
II.5. Existe-t-il une majoration du kurtosis, c'est-à-dire un réel
Partie III. Somme de variables
III.1. Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes, centrées, admettant un kurtosis.
Montrer:
E(X + Y)^4) = E(X^4) + 6 V(X)V(Y) + E(Y^4) .
III.2. Établir la formule :K(X + Y) = (V(X)^2 K(X) + V(Y)^2 K(Y))/([V(X) + V(Y)]^2) .
III.3. Montrer que cette formule est encore valable pour des variables X et Y indépendantes mais non nécessairement centrées.
III.4. Pour toutn dans
ℕ^∗ , montrer que si
X_1, X_2, …, X_n sont
n variables aléatoires mutuellement indépendantes, chacune admettant un kurtosis, alors
III.2. Établir la formule :
III.3. Montrer que cette formule est encore valable pour des variables X et Y indépendantes mais non nécessairement centrées.
III.4. Pour tout
III.5. Soient X une variable aléatoire admettant un kurtosis, et
(X_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires indépendantes, de même loi que X . On pose
S_n = ∑_(k = 1)^n X_k .
(a) Établir:lim_(n → + ∞)K(S_n) = 0 .
(b) Interpréter ce résultat, en commençant par rappeler l'énoncé du théorème de la limite centrée.
(a) Établir:
(b) Interpréter ce résultat, en commençant par rappeler l'énoncé du théorème de la limite centrée.
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