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BCE Maths approfondies emlyon ECG 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Épreuve de maths approfondies - ECG 2025

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L'épreuve en chiffres

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Moyenne
11,48/ 20
Écart-type
4,86
Présents
3 061
Durée
4 h
moyenne 11,4805101520
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Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Description

Annale de maths approfondies BCE emlyon pour la filière ECG, session 2025.

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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Conception : emlyon Business School
MATHÉMATIQUES APPROFONDIES
FILIÈRE ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE VOIE GÉNÉRALE

Mercredi 23 avril 2025, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Le sujet est composé de deux problèmes.
On suppose, pour toutes les questions en langage Python, les bibliothèques usuelles déjà importées sous leur raccourcis habituels.
import numpy as np
import numpy.random as rd
import matplotlib.pyplot as plt

Problème 1

Partie 1 - Une suite d'intégrales
On introduit les deux suites réelles (I_n)_(n ⩾ 0) et (J_n)_(n ⩾ 0) définies par
∀n ∈ ℕ, I_n = ∫_0^1(1 − t^2)^n dt, et J_(n˙) = ∫_(− 1)^1(1 − t^2)^n dt.
  • 1.Justifier que, pour tout n ∈ ℕ, les intégrales I_n et J_n sont bien définies et exprimer J_n en fonction de I_n.
  • 2.Calculer I_0.
  • 3.Montrer que la suite (I_n)_(n ⩾ 0) est décroissante.
  • 4.Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, que, pour tout n ⩾ 1,
    I_n = (2n)/(2n + 1)I_(n − 1).
  • 5.En déduire, par récurrence, que, pour tout n ∈ ℕ,
    I_n = ((2^n n!)^2)/((2n + 1)!)
    puis donner la valeur de J_n.
  • 6.
    Informatique. Compléter alors la fonction Python ci-dessous pour qu'elle calcule et renvoie la valeur de I_n, où n est en argument.
    def I(n) :
        i=1
        for k in ........... :
            i = ...............
        return i
    
  • 7.On admet la formule de Stirling : n! ∼ _(n → + ∞)√(2πn)(n/e)^n. Montrer que J_n ∼ _(n → + ∞)√(π/n).
Partie 2 - Des polynômes orthogonaux
Dans toute cette section, on considère, l'espace vectoriel ℝ[x] des polynômes et, pour un entier n ⩾ 2 fixé, son sous-espace vectoriel ℝ_n[x] formé des polynômes de degré inférieur ou égal à n dont on note B_n = (e_0, e_1, .., e_n) la base canonique.
  • 8.Montrer que l'application
    ℝ[x] × ℝ[x], ⟶ ℝ; (P, Q), ⟼ ∫_(− 1)^1 P(t)Q(t)dt
    définit un produit scalaire sur ℝ[x].
On notera ⟨ ⋅, ⋅ ⟩ ce produit scalaire et ‖ ⋅ ‖ la norme associée.
  • 9.Les polynômes de B_n sont-ils deux à deux orthogonaux pour ce produit scalaire ?
On définit ensuite l'application u sur ℝ_n[x] par u : P ↦ u(P) où u(P) est la dérivée de la fonction polynomiale x ↦ (1 − x^2)P^′(x). Par abus de notation et pour alléger la présentation, on s'autorisera à écrire
u(P) : x ↦ ((1 − x^2)P^′(x))^′.
  • 10.Montrer que u est un endomorphisme de ℝ_n[x].
  • 11.a. Montrer que u(e_0) = 0 puis que u(e_1) = − 2e_1.
    • b.Soit k ∈ [ [2, n] ]. Montrer que u(e_k) = − k(k + 1)e_k + k(k − 1)e_(k − 2).
    • c.Déduire des deux questions précédentes le spectre de u ainsi que la dimension de chaque sous-espace propre.
  • 12.Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, qu'il existe une base orthonormale de ℝ_n[x] formée de vecteurs propres de u. En déduire l'existence d'une base orthogonale de ℝ_n[x] formée de vecteurs propres de u pour lesquel le coefficient du terme de plus haut degré vaut 1. On notera L_n = (L_0, L_1, …, L_n) cette base.
On admet que, quitte à réordonner les termes, la famille de polynômes (L_0, L_1, …, L_n) ainsi construite est telle que, pour tout k ∈ [ [0, n] ], (L_0, L_1, …, L_k) forme une base orthogonale de ℝ_k[x]. On pourra utiliser cette observation dans la suite du problème.
  • 13.Soit m > n un entier. Soit f ∈ ℝ_m[x] un polynôme.
    • a.Montrer qu'il existe un unique polynôme T_n ∈ ℝ_n[x] tel que
      ‖f − T_n‖ = min_(g ∈ ℝ_n[x])‖f − g‖.
      Montrer qu'il existe (c_0, …, c_n) ∈ ℝ^(n + 1) tel que T_n = ∑_(k = 0)^n c_k L_k.
      On précisera, pour tout k ∈ [ [0, n] ], l'expression de c_k en fonction de f et de L_k.
    • b.Montrer que ‖f − T_n‖^2 = ‖f‖^2 − ∑_(k = 0)^n c_k^2‖L_k‖^2.
  • 14.On considère, pour tout k ∈ ℕ, les polynômes P_k : x ↦ (x^2 − 1)^k et Q_k = P_k^((k)) ( Q_k est ainsi obtenu en dérivant k fois P_k ). En particulier, Q_0 = P_0^((0)) = P_0.
    • a.Montrer que Q_k est un polynôme de degré k et que son coefficient de plus haut degré vaut ((2k)!)/(k!).
    • b.Expliciter les polynômes Q_0, Q_1 et Q_2.
    • c.i. Montrer que, pour tout k ∈ ℕ, pour tout x ∈ ℝ : P_1(x)P_k^′(x) = 2ke_1(x)P_k(x).
      • ii.Soit k ∈ [ [0, n] ] fixé. En dérivant, à l'aide de la formule de Leibniz, la relation précédente à l'ordre k + 1, montrer que :
        ∀x ∈ ℝ, (1 − x^2)Q_k^(′′)(x) − 2xQ_k^′(x) + k(k + 1)Q_k(x) = 0.
        En déduire que Q_k est un vecteur propre de u associé à la valeur propre − k(k + 1).
      • iii. Conclure que, pour tout k ∈ [ [0, n] ] : L_k = (k!)/((2k)!)Q_k.
    • d.Montrer par récurrence que, pour tout k ∈ ℕ, on a :
      ∀(f, g) ∈ ℝ[x] × ℝ[x], ∫_(− 1)^1 f^((k))(t)g(t)dt = ∑_(j = 0)^(k − 1)(− 1)^j[f^((k − 1 − j))(t)g^((j))(t)]_(− 1)^1 + (− 1)^k∫_(− 1)^1 f(t)g^((k))(t)dt.
    • e.Soit k ∈ [ [0, n] ] fixé.
      • i.Vérifier que : ∀x ∈ ℝ, P_k^((2k))(x) = (2k)!.
      • ii.Montrer par récurrence que, pour tout ℓ ∈ [ [0, k] ], il existe un polynôme R_(k, ℓ) de degré inférieur ou égal à ℓ tel que
        ∀x ∈ ℝ, P_k^((ℓ))(x) = (x^2 − 1)^(k − ℓ)R_(k, ℓ)(x).
    • iii.En déduire que, pour tout ℓ ∈ [ [0, k − 1] ], P_k^((ℓ))(− 1) = P_k^((ℓ))(1) = 0 puis, à l'aide des résultats de la Partie 1, que
      ‖Q_k‖^2 = (2^(2k + 1)(k!)^2)/(2k + 1), puis ‖L_k‖ = 2^k√(2/(2k + 1))((2k)/k)^(− 1).

Problème 2

Dans tout le problème, on considère un espace probabilisé (Ω, A, P).
La Partie 2 peut être traitée indépendamment de la Partie 1, excepté pour la Question 20. qui établit un lien entre un résultat observé à la Question 8. et une propriété démontrée tout au long de la Partie 2.
Partie 1 - Loi de Cauchy
Soit f la fonction définie sur ℝ par : ∀x ∈ ℝ, f(x) = 1/(π(1 + x^2)).
  • 1.Montrer que f peut être considérée comme une densité de probabilité.
On note X une variable aléatoire de densité f. On dit que X suit la loi de Cauchy. On note F la fonction de répartition de X.
  • 2.Montrer que X n'admet ni espérance, ni variance.
  • 3.Donner, pour tout x ∈ ℝ, l'expression de F(x). Montrer que F réalise une bijection de ℝ sur ]0, 1[ et préciser, pour tout y ∈ ]0, 1[, l'expression de F^(− 1)(y).
  • 4.a. Soit U une variable aléatoire de loi uniforme sur ]0, 1[. Montrer que Y = F^(− 1)(U) suit la même loi que X.
    • b.Informatique. Déduire de la question précédente l'écriture d'une fonction Python d'en-tête def cauchy() : qui renvoie une simulation de X.
On note maintenant Z = √(|X|). On admet que Z est une variable aléatoire définie sur (Ω, A, P).
  • 5.Montrer que Z est une variable aléatoire à densité et expliciter une densité f_Z de Z.
  • 6.Justifier que Z admet une espérance, mais pas de variance.
  • 7.Le but de cette question est de calculer explicitement E(Z).
    • a.Déterminer deux réels α et β tels que
      ∀x ⩾ 0, (x^2)/((x^2 − √2x + 1)(x^2 + √2x + 1)) = (αx)/(x^2 − √2x + 1) + (βx)/(x^2 + √2x + 1).
    • b.Justifier que intégrales ∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 − √2x + 1) et ∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 + √2x + 1) convergent.
      Obtenir, à l'aide d'un changement de variable affine que :
      ∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 + √2x + 1) = π/(2√2).
      On admet qu'on peut obtenir de la même manière : ∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 − √2x + 1) = (3π)/(2√2).
    • c.En observant que, pour tout x ⩾ 0, (αx)/(x^2 − √2x + 1) + (βx)/(x^2 + √2x + 1) = α/2((2x − √2)/(x^2 − √2x + 1) + (√2)/(x^2 − √2x + 1)) + β/2((2x + √2)/(x^2 + √2x + 1) − (√2)/(x^2 + √2x + 1)), en déduire que E(Z) = √2.
  • 8.
    Informatique. On suppose écrite correctement la fonction de la Question 4.b. On dispose du programme ci-dessous dont l'exécution produit, après un temps certain, l'affichage ci-après.
    Comment interpréter cet affichage ? Quel résultat peut-on conjecturer ? À quel résultat du cours serait-on tenté de faire appel pour démontrer cette conjecture ? Pourquoi ne peut-on pas l'appliquer ? On détaillera le raisonnement.
    def mystere(eps, n):
        L=np.zeros(1000)
        for k in range(1000):
            ech=np.zeros(n)
            for i in range(n):
                ech[i]=np.sqrt(np.abs(cauchy()))
            if np.abs(np.sum(ech)/n-np.sqrt(2)) <= eps :
                L[k]=1
        return np.sum(L)/1000
    M=np.zeros([4,7])
    eps=np.array([1, 0.5, 0.1, 0.05])
    n=np.array([100, 500, 1000, 1500, 3000, 5000, 50000])
    for i in range(4):
        for j in range(7):
            M[i,j]=mystere(eps[i], n[j])
    print(M)
    
Affichage Python
> > >
[[0.99 1. 0.999 1. 1. 1. 1. ]
[0.964 0.995 0.995 0.998 0.999 0.999 1. ]
[0.411 0.725 0.846 0.903 0.965 0.988 0.997]
[0.21 0.428 0.548 0.599 0.742 0.834 0.992]
Partie 2 - Variables indicatrices et une extension de théorème
Soit A un évènement. On appelle variable aléatoire indicatrice de l'évènement A la variable aléatoire notée 𝟙_A définie par :
∀ω ∈ Ω, 𝟙_A(ω) = {1,, si ω ∈ A; 0,, si ω ∉ A.
  1. Reconnaître la loi de 𝟙_A. Préciser son espérance et sa variance.
Soit I un intervalle de ℝ. On appelle fonction indicatrice de I la fonction notée χ_I, définie par :
∀x ∈ ℝ, χ_I(x) = {1,, si x ∈ I; 0,, si x ∉ I.
Soient X une variable aléatoire réelle de densité g et s > 0.
  • 10.a. Justifier que :
    ∀ω ∈ Ω, 𝟙_([X > s])(ω) = χ_(]s; + ∞[)(X(ω)).
    • b.Soit φ_s la fonction définie par : ∀x ∈ ℝ, φ_s(x) = |x|χ_(]s, + ∞)[(|x|).
      Tracer la courbe représentative de φ_s.
      Donner sans justification les points de discontinuité de φ_s.
On suppose, dans toute la suite, que X admet une espérance, et que celle-ci est nulle. On souligne le fait qu'on ne suppose pas que X admet une variance.
On considère alors une suite (X_k)_(k ⩾ 1) de variables aléatoires mutuellement indépendantes de même loi que X.
Soit M > 0. Pour tout k ∈ ℕ^∗, on introduit les variables
Y_k = X_k ⋅ 𝟙_([|X_k| ⩽ M]), et Z_k = X_k ⋅ 𝟙_([|X_k| > M]).
Les variables aléatoires Y_k et Z_k sont donc définies comme produit de la variable aléatoire X_k avec une variable indicatrice.
On fera observer que les variables aléatoires Y_k et Z_k dépendent de M. Toutefois, pour alléger la rédaction, on a choisi de ne pas faire apparaître cette dépendance dans les notations.
  • 11.Soit k ∈ ℕ^∗. Quelle relation a-t-on entre X_k, Y_k et Z_k ?
  • 12.Soit k ∈ ℕ^∗. Montrer que Y_k admet un moment d'ordre 2 et que E(Y_k^2) ⩽ M^2.
  • 13.Soit k ∈ ℕ^∗.
    • a.À l'aide des Questions 10.a. et 10.b., montrer que : lim_(M → + ∞)E(|Z_k|) = 0.
    • b.En déduire que : lim_(M → + ∞)E(Z_k) = 0.
    • c.Obtenir alors que : lim_(M → + ∞)E(Y_k) = E(X_k) = 0.
Dans toute la suite, on considère t > 0 et ε > 0 fixés.
  • 14.Soient x, y ∈ ℝ. Montrer que
    |x + y| > t ⟹ ([|x| > t/2] ou [|y| > t/2])
  • 15.On note alors, pour tout n ∈ ℕ^∗,
    X¯_n = (X_1 + … + X_n)/n, Y¯_n = (Y_1 + … + Y_n)/n et Z¯_n = (Z_1 + … + Z_n)/n.
    Déduire de la question précédente que :
    ∀n ∈ ℕ^∗, P(|X¯_n| > t) ⩽ P(|Y¯_n| > t/2) + P(|Z¯_n| > t/2).
  • 16.a. Montrer que, pour tout n ∈ ℕ^∗ : P(|Z¯_n| > t/2) ⩽ 2/tE(|Z_1|).
    • b.Montrer ensuite qu'il existe un réel M_1 > 0, tel que, si M ⩾ M_1, alors :
      ∀n ∈ ℕ^∗, P(|Z¯_n| > t/2) ⩽ ε/3.
  • 17.a. Montrer que :
    ∀n ∈ ℕ^∗, E(Y¯_n^2) = 1/(n^2)(∑_(k = 1)^n E(Y_k^2) + 2∑_(1 ⩽ i < j ⩽ n)E(Y_i Y_j)).
  • b.Montrer que :
    ∀n ∈ ℕ^∗, 2∑_(1 ⩽ i < j ⩽ n)E(Y_i Y_j) ⩽ n(n − 1)E(Y_1)^2.
  • c.Obtenir ensuite que :
    ∀n ∈ ℕ^∗, E(Y¯_n^2) ⩽ (M^2)/n + E(Y_1)^2.
  • d.Justifier l'existence d'un réel M_2 > 0 tel que, si M ⩾ M_2, alors :
    E(Y_1)^2 ⩽ (t^2 ε)/(12).
  • e.Obtenir alors que, si M ⩾ M_2, alors :
    ∀n ∈ ℕ^∗, P(|Y¯_n| > t/2) ⩽ (4M^2)/(t^2 n) + ε/3.
  1. Montrer que, si M ⩾ max(M_1, M_2), alors :
∀n ∈ ℕ^∗, P(|X¯_n| > t) ⩽ (4M^2)/(t^2 n) + (2ε)/3.
  1. Conclure qu'on a :
lim_(n → + ∞)P(|X¯_n| > t) = 0.
  1. Interpréter ce résultat en le comparant à un résultat du cours que l'on citera explicitement. Commenter alors à nouveau le résultat affiché par l'exécution du programme de la Question 8.

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