BCE Maths approfondies emlyon ECG 2025Sujet, corrigé et rapport du jury
Épreuve de maths approfondies - ECG 2025
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- 4 h
Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Description
Annale de maths approfondies BCE emlyon pour la filière ECG, session 2025.
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Conception : emlyon Business School
MATHÉMATIQUES APPROFONDIES
FILIÈRE ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE VOIE GÉNÉRALE
Mercredi 23 avril 2025, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Le sujet est composé de deux problèmes.
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On suppose, pour toutes les questions en langage Python, les bibliothèques usuelles déjà importées sous leur raccourcis habituels.
import numpy as np
import numpy.random as rd
import matplotlib.pyplot as plt
import numpy as np
import numpy.random as rd
import matplotlib.pyplot as plt
Problème 1
Partie 1 - Une suite d'intégrales
On introduit les deux suites réelles(I_n)_(n ⩾ 0) et
(J_n)_(n ⩾ 0) définies par
On introduit les deux suites réelles
- 1.Justifier que, pour tout
n ∈ ℕ , les intégralesI_n etJ_n sont bien définies et exprimerJ_n en fonction deI_n . - 2.Calculer
I_0 . - 3.Montrer que la suite
(I_n)_(n ⩾ 0) est décroissante. - 4.Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, que, pour tout
n ⩾ 1 ,
I_n = (2n)/(2n + 1)I_(n − 1). - 5.En déduire, par récurrence, que, pour tout
n ∈ ℕ ,
I_n = ((2^n n!)^2)/((2n + 1)!)
puis donner la valeur deJ_n . - 6.Informatique. Compléter alors la fonction Python ci-dessous pour qu'elle calcule et renvoie la valeur de
I_n , oùn est en argument.def I(n) : i=1 for k in ........... : i = ............... return i - 7.On admet la formule de Stirling :
n! ∼ _(n → + ∞)√(2πn)(n/e)^n . Montrer queJ_n ∼ _(n → + ∞)√(π/n) .
Partie 2 - Des polynômes orthogonaux
Dans toute cette section, on considère, l'espace vectorielℝ[x] des polynômes et, pour un entier
n ⩾ 2 fixé, son sous-espace vectoriel
ℝ_n[x] formé des polynômes de degré inférieur ou égal à
n dont on note
B_n = (e_0, e_1, .., e_n) la base canonique.
Dans toute cette section, on considère, l'espace vectoriel
- 8.Montrer que l'application
ℝ[x] × ℝ[x], ⟶ ℝ; (P, Q), ⟼ ∫_(− 1)^1 P(t)Q(t)dt
définit un produit scalaire surℝ[x] .
On notera
⟨ ⋅, ⋅ ⟩ ce produit scalaire et
‖ ⋅ ‖ la norme associée.
- 9.Les polynômes de
B_n sont-ils deux à deux orthogonaux pour ce produit scalaire ?
On définit ensuite l'application
u sur
ℝ_n[x] par
u : P ↦ u(P) où
u(P) est la dérivée de la fonction polynomiale
x ↦ (1 − x^2)P^′(x) . Par abus de notation et pour alléger la présentation, on s'autorisera à écrire
- 10.Montrer que
u est un endomorphisme deℝ_n[x] . - 11.a. Montrer que
u(e_0) = 0 puis queu(e_1) = − 2e_1 .- b.Soit
k ∈ [ [2, n] ] . Montrer queu(e_k) = − k(k + 1)e_k + k(k − 1)e_(k − 2) . - c.Déduire des deux questions précédentes le spectre de
u ainsi que la dimension de chaque sous-espace propre.
- b.Soit
- 12.Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, qu'il existe une base orthonormale de
ℝ_n[x] formée de vecteurs propres deu . En déduire l'existence d'une base orthogonale deℝ_n[x] formée de vecteurs propres deu pour lesquel le coefficient du terme de plus haut degré vaut 1. On noteraL_n = (L_0, L_1, …, L_n) cette base.
On admet que, quitte à réordonner les termes, la famille de polynômes
(L_0, L_1, …, L_n) ainsi construite est telle que, pour tout
k ∈ [ [0, n] ], (L_0, L_1, …, L_k) forme une base orthogonale de
ℝ_k[x] . On pourra utiliser cette observation dans la suite du problème.
- 13.Soit
m > n un entier. Soitf ∈ ℝ_m[x] un polynôme.- a.Montrer qu'il existe un unique polynôme
T_n ∈ ℝ_n[x] tel que
‖f − T_n‖ = min_(g ∈ ℝ_n[x])‖f − g‖.
Montrer qu'il existe(c_0, …, c_n) ∈ ℝ^(n + 1) tel queT_n = ∑_(k = 0)^n c_k L_k .
On précisera, pour toutk ∈ [ [0, n] ] , l'expression dec_k en fonction def et deL_k . - b.Montrer que
‖f − T_n‖^2 = ‖f‖^2 − ∑_(k = 0)^n c_k^2‖L_k‖^2 .
- a.Montrer qu'il existe un unique polynôme
- 14.On considère, pour tout
k ∈ ℕ , les polynômesP_k : x ↦ (x^2 − 1)^k etQ_k = P_k^((k)) (Q_k est ainsi obtenu en dérivantk foisP_k ). En particulier,Q_0 = P_0^((0)) = P_0 .- a.Montrer que
Q_k est un polynôme de degrék et que son coefficient de plus haut degré vaut((2k)!)/(k!) . - b.Expliciter les polynômes
Q_0, Q_1 etQ_2 . - c.i. Montrer que, pour tout
k ∈ ℕ , pour toutx ∈ ℝ : P_1(x)P_k^′(x) = 2ke_1(x)P_k(x) .- ii.Soit
k ∈ [ [0, n] ] fixé. En dérivant, à l'aide de la formule de Leibniz, la relation précédente à l'ordrek + 1 , montrer que :
∀x ∈ ℝ, (1 − x^2)Q_k^(′′)(x) − 2xQ_k^′(x) + k(k + 1)Q_k(x) = 0.
En déduire queQ_k est un vecteur propre deu associé à la valeur propre− k(k + 1) . -
iii . Conclure que, pour toutk ∈ [ [0, n] ] : L_k = (k!)/((2k)!)Q_k .
- ii.Soit
- d.Montrer par récurrence que, pour tout
k ∈ ℕ , on a :
∀(f, g) ∈ ℝ[x] × ℝ[x], ∫_(− 1)^1 f^((k))(t)g(t)dt = ∑_(j = 0)^(k − 1)(− 1)^j[f^((k − 1 − j))(t)g^((j))(t)]_(− 1)^1 + (− 1)^k∫_(− 1)^1 f(t)g^((k))(t)dt. - e.Soit
k ∈ [ [0, n] ] fixé.- i.Vérifier que :
∀x ∈ ℝ, P_k^((2k))(x) = (2k)! . - ii.Montrer par récurrence que, pour tout
ℓ ∈ [ [0, k] ] , il existe un polynômeR_(k, ℓ) de degré inférieur ou égal àℓ tel que
∀x ∈ ℝ, P_k^((ℓ))(x) = (x^2 − 1)^(k − ℓ)R_(k, ℓ)(x).
- i.Vérifier que :
- a.Montrer que
- iii.En déduire que, pour tout
ℓ ∈ [ [0, k − 1] ], P_k^((ℓ))(− 1) = P_k^((ℓ))(1) = 0 puis, à l'aide des résultats de la Partie 1, que
‖Q_k‖^2 = (2^(2k + 1)(k!)^2)/(2k + 1), puis ‖L_k‖ = 2^k√(2/(2k + 1))((2k)/k)^(− 1).
- iii.En déduire que, pour tout
Problème 2
Dans tout le problème, on considère un espace probabilisé
(Ω, A, P) .
La Partie 2 peut être traitée indépendamment de la Partie 1, excepté pour la Question 20. qui établit un lien entre un résultat observé à la Question 8. et une propriété démontrée tout au long de la Partie 2.
La Partie 2 peut être traitée indépendamment de la Partie 1, excepté pour la Question 20. qui établit un lien entre un résultat observé à la Question 8. et une propriété démontrée tout au long de la Partie 2.
Partie 1 - Loi de Cauchy
Soitf la fonction définie sur
ℝ par :
∀x ∈ ℝ, f(x) = 1/(π(1 + x^2)) .
Soit
- 1.Montrer que
f peut être considérée comme une densité de probabilité.
On note
X une variable aléatoire de densité
f . On dit que
X suit la loi de Cauchy. On note
F la fonction de répartition de
X .
- 2.Montrer que
X n'admet ni espérance, ni variance. - 3.Donner, pour tout
x ∈ ℝ , l'expression deF(x) . Montrer queF réalise une bijection deℝ sur]0, 1[ et préciser, pour touty ∈ ]0, 1[ , l'expression deF^(− 1)(y) . - 4.a. Soit
U une variable aléatoire de loi uniforme sur ]0, 1[. Montrer queY = F^(− 1)(U) suit la même loi queX .- b.Informatique. Déduire de la question précédente l'écriture d'une fonction Python d'en-tête def cauchy() : qui renvoie une simulation de
X .
- b.Informatique. Déduire de la question précédente l'écriture d'une fonction Python d'en-tête def cauchy() : qui renvoie une simulation de
On note maintenant
Z = √(|X|) . On admet que
Z est une variable aléatoire définie sur
(Ω, A, P) .
- 5.Montrer que
Z est une variable aléatoire à densité et expliciter une densitéf_Z deZ . - 6.Justifier que
Z admet une espérance, mais pas de variance. - 7.Le but de cette question est de calculer explicitement
E(Z) .- a.Déterminer deux réels
α etβ tels que
∀x ⩾ 0, (x^2)/((x^2 − √2x + 1)(x^2 + √2x + 1)) = (αx)/(x^2 − √2x + 1) + (βx)/(x^2 + √2x + 1). - b.Justifier que intégrales
∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 − √2x + 1) et∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 + √2x + 1) convergent.
Obtenir, à l'aide d'un changement de variable affine que :
∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 + √2x + 1) = π/(2√2).
On admet qu'on peut obtenir de la même manière :∫_0^(+ ∞)(dx)/(x^2 − √2x + 1) = (3π)/(2√2) .
- a.Déterminer deux réels
- c.En observant que, pour tout
x ⩾ 0 ,(αx)/(x^2 − √2x + 1) + (βx)/(x^2 + √2x + 1) = α/2((2x − √2)/(x^2 − √2x + 1) + (√2)/(x^2 − √2x + 1)) + β/2((2x + √2)/(x^2 + √2x + 1) − (√2)/(x^2 + √2x + 1)) , en déduire queE(Z) = √2 .
- c.En observant que, pour tout
- 8.Informatique. On suppose écrite correctement la fonction de la Question 4.b. On dispose du programme ci-dessous dont l'exécution produit, après un temps certain, l'affichage ci-après.
Comment interpréter cet affichage ? Quel résultat peut-on conjecturer ? À quel résultat du cours serait-on tenté de faire appel pour démontrer cette conjecture ? Pourquoi ne peut-on pas l'appliquer ? On détaillera le raisonnement.def mystere(eps, n): L=np.zeros(1000) for k in range(1000): ech=np.zeros(n) for i in range(n): ech[i]=np.sqrt(np.abs(cauchy())) if np.abs(np.sum(ech)/n-np.sqrt(2)) <= eps : L[k]=1 return np.sum(L)/1000 M=np.zeros([4,7]) eps=np.array([1, 0.5, 0.1, 0.05]) n=np.array([100, 500, 1000, 1500, 3000, 5000, 50000]) for i in range(4): for j in range(7): M[i,j]=mystere(eps[i], n[j]) print(M)
Affichage Python
> > >
[[0.99 1. 0.999 1. 1. 1. 1. ]
[0.964 0.995 0.995 0.998 0.999 0.999 1. ]
[0.411 0.725 0.846 0.903 0.965 0.988 0.997]
[0.21 0.428 0.548 0.599 0.742 0.834 0.992]
Partie 2 - Variables indicatrices et une extension de théorème
SoitA un évènement. On appelle variable aléatoire indicatrice de l'évènement
A la variable aléatoire notée
𝟙_A définie par :
Soit
- Reconnaître la loi de
𝟙_A . Préciser son espérance et sa variance.
Soit
I un intervalle de
ℝ . On appelle fonction indicatrice de
I la fonction notée
χ_I , définie par :
Soient
X une variable aléatoire réelle de densité
g et
s > 0 .
- 10.a. Justifier que :
∀ω ∈ Ω, 𝟙_([X > s])(ω) = χ_(]s; + ∞[)(X(ω)). - b.Soit
φ_s la fonction définie par :∀x ∈ ℝ, φ_s(x) = |x|χ_(]s, + ∞)[(|x|) .
Tracer la courbe représentative deφ_s .
Donner sans justification les points de discontinuité deφ_s .
- b.Soit
On suppose, dans toute la suite, que
X admet une espérance, et que celle-ci est nulle. On souligne le fait qu'on ne suppose pas que
X admet une variance.
On considère alors une suite
(X_k)_(k ⩾ 1) de variables aléatoires mutuellement indépendantes de même loi que
X .
SoitM > 0 . Pour tout
k ∈ ℕ^∗ , on introduit les variables
Soit
Les variables aléatoires
Y_k et
Z_k sont donc définies comme produit de la variable aléatoire
X_k avec une variable indicatrice.
On fera observer que les variables aléatoires
Y_k et
Z_k dépendent de
M . Toutefois, pour alléger la rédaction, on a choisi de ne pas faire apparaître cette dépendance dans les notations.
- 11.Soit
k ∈ ℕ^∗ . Quelle relation a-t-on entreX_k, Y_k etZ_k ? - 12.Soit
k ∈ ℕ^∗ . Montrer queY_k admet un moment d'ordre 2 et queE(Y_k^2) ⩽ M^2 . - 13.Soit
k ∈ ℕ^∗ .- a.À l'aide des Questions 10.a. et 10.b., montrer que :
lim_(M → + ∞)E(|Z_k|) = 0 . - b.En déduire que :
lim_(M → + ∞)E(Z_k) = 0 . - c.Obtenir alors que :
lim_(M → + ∞)E(Y_k) = E(X_k) = 0 .
- a.À l'aide des Questions 10.a. et 10.b., montrer que :
Dans toute la suite, on considère
t > 0 et
ε > 0 fixés.
- 14.Soient
x, y ∈ ℝ . Montrer que
|x + y| > t ⟹ ([|x| > t/2] ou [|y| > t/2]) - 15.On note alors, pour tout
n ∈ ℕ^∗ ,
X¯_n = (X_1 + … + X_n)/n, Y¯_n = (Y_1 + … + Y_n)/n et Z¯_n = (Z_1 + … + Z_n)/n.
Déduire de la question précédente que :
∀n ∈ ℕ^∗, P(|X¯_n| > t) ⩽ P(|Y¯_n| > t/2) + P(|Z¯_n| > t/2). - 16.a. Montrer que, pour tout
n ∈ ℕ^∗ : P(|Z¯_n| > t/2) ⩽ 2/tE(|Z_1|) .- b.Montrer ensuite qu'il existe un réel
M_1 > 0 , tel que, siM ⩾ M_1 , alors :
∀n ∈ ℕ^∗, P(|Z¯_n| > t/2) ⩽ ε/3.
- b.Montrer ensuite qu'il existe un réel
- 17.a. Montrer que :
∀n ∈ ℕ^∗, E(Y¯_n^2) = 1/(n^2)(∑_(k = 1)^n E(Y_k^2) + 2∑_(1 ⩽ i < j ⩽ n)E(Y_i Y_j)).
- b.Montrer que :
∀n ∈ ℕ^∗, 2∑_(1 ⩽ i < j ⩽ n)E(Y_i Y_j) ⩽ n(n − 1)E(Y_1)^2. - c.Obtenir ensuite que :
∀n ∈ ℕ^∗, E(Y¯_n^2) ⩽ (M^2)/n + E(Y_1)^2. - d.Justifier l'existence d'un réel
M_2 > 0 tel que, siM ⩾ M_2 , alors :
E(Y_1)^2 ⩽ (t^2 ε)/(12). - e.Obtenir alors que, si
M ⩾ M_2 , alors :
∀n ∈ ℕ^∗, P(|Y¯_n| > t/2) ⩽ (4M^2)/(t^2 n) + ε/3.
- Montrer que, si
M ⩾ max(M_1, M_2) , alors :
- Conclure qu'on a :
- Interpréter ce résultat en le comparant à un résultat du cours que l'on citera explicitement. Commenter alors à nouveau le résultat affiché par l'exécution du programme de la Question 8.
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