BCE Maths approfondies HEC ECS 2012Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2012
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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2012.
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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES
CONCOURS D'ADMISSION DE 2012
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHEMATIQUES
Mercredi 2 mai 2012, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Le problème a pour objet la mise en évidence de quelques propriétés de l'entropie de variables aléatoires discrètes ou à densité. La partie IV utilise dans un exemple, certaines des propriétés établies dans le problème.
On suppose que toutes les variables aléatoires introduites dans le problème sont définies sur un même espace probabilisé (
Ω, A, P ). La notation exp désigne la fonction exponentielle.
Partie I. Quelques inégalités de concavité
- Soit
h la fonction de]0, 1 [ dansℝ définie par :h(x) = − xlnx − (1 − x)ln(1 − x) .
a) Montrer que la fonctionh est positive et concave sur]0, 1[ .
b) Montrer queh est prolongeable en une fonction continue sur le segment[0, 1] . Ce prolongement est-il de classeC^1 sur[0, 1] ?
c) Tracer la courbe représentative deh dans le plan rapporté à un repère orthonormé. - Justifier pour tout réel
u > 0 , l'inégalité :lnu ⩽ u − 1 . Pour quelles valeurs deu a-t-on: lnu = u − 1 ? - Soit
d la fonction de (]0, 1[)^2 dansℝ définie par :d(x, y) = xln(y/x) + (1 − x)ln((1 − y)/(1 − x)) .
Montrer que
d(x, y) ⩽ 0 et préciser les couples
(x, y) de
([0, 1[)^2 pour lesquels
d(x, y) = 0 .
4. On considère trois fonctionsℓ, r et
f vérifiant les hypothèses suivantes:
4. On considère trois fonctions
-
ℓ est définie et de classeC^1 surℝ , à valeurs réelles et concave surℝ (on noteℓ^′ la fonction dérivée deℓ ); -
r est définie et continue surℝ , à valeurs réelles; -
f est définie et continue surℝ , à valeurs positives ou nulles, et∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)dx = 1 ; - les intégrales
∫_(− ∞)^(+ ∞)r(x)f(x)dx et∫_(− ∞)^(+ ∞)ℓ(r(x))f(x)dx sont convergentes.
a) Établir pour tout couple(x, y) deℝ^2 , l'inégalité :ℓ(x) − ℓ(y) ⩽ ℓ^′(y)(x − y) .
b) Montrer pour tout réely , l'inégalité :∫_(− ∞)^(+ ∞)ℓ(r(x))f(x)dx ⩽ ℓ(y) + ℓ^′(y)(∫_(− ∞)^(+ ∞)r(x)f(x)dx − y) .
c) En déduire l'inégalité :∫_(− ∞)^(+ ∞)ℓ(r(x))f(x)dx ⩽ ℓ(∫_(− ∞)^(+ ∞)r(x)f(x)dx) .
- Soit
(x_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite réelle et(p_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de réels positifs ou nuls vérifiant∑_(n = 1)^(+ ∞)p_n = 1 , telles que les séries∑_(n ⩾ 1)r(x_n)p_n et∑_(n ⩾ 1)ℓ(r(x_n))p_n soient convergentes.
Établir l'inégalité :∑_(n = 1)^(+ ∞)ℓ(r(x_n))p_n ⩽ ℓ(∑_(n = 1)^(+ ∞)r(x_n)p_n) .
Partie II. Entropie dans le cas continu
On note
F l'ensemble des fonctions
f définies et continues sur
ℝ , à valeurs strictement positives, vérifiant
∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)dx = 1 et telles que l'intégrale
∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)ln(f(x))dx soit convergente.
Pour toute variable aléatoireX ayant pour densité un élément
f de
F , on définit l'entropie
H(X) de
X par :
Pour toute variable aléatoire
- On note
Z une variable aléatoire qui suit la loi normale centrée réduite etφ sa densité continue.
a) Justifier l'existence de l'entropieH(Z) deZ et la calculer.
b) Soit(a, b) ∈ ℝ_+^∗ × ℝ etX une variable aléatoire qui admet pour densité un élémentf deF . Montrer que la variable aléatoireY = aX + b admet une densité appartenant àF et queH(Y) = H(X) + lna .
c) En déduire l'entropie d'une variable aléatoire suivant la loi normale d'espéranceμ et d'écart-typeσ > 0 . - Dans cette question, on considère les couples
(f, g) deF^2 pour lesquels l'intégrale∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)ln((g(x))/(f(x)))dx est convergente. On pose alors :D(f, g) = − ∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)ln((g(x))/(f(x)))dx .
a) Montrer queD(f, g) ⩾ 0 .
b) On suppose queD(f, g) = 0 . Établir l'égalité :∫_(− ∞)^(+ ∞)(ln((g(x))/(f(x))) + 1 − (g(x))/(f(x)))f(x)dx = 0 .
En déduire que
f = g .
Partie III. Entropie dans le cas discret
- Dans cette question,
N désigne un entier supérieur ou égal à 2 .
Soit
X une variable aléatoire à valeurs dans
[ [1, N] ] . On pose pour tout
k de
[ [1, N] ] : p_k = P([X = k]) .
L'entropieH(X) de
X est définie par :
H(X) = − ∑_(k = 1)^N p_k ln(p_k) .
S'il existe un entierk de
[ [1, N] ] tel que
p_k = 0 , on pose par convention :
p_k ln(p_k) = 0 .
On noteh_N la fonction de
([0, 1[)^N dans
ℝ définie par :
h_N(x) = h_N(x_1, …, x_N) = − ∑_(k = 1)^N x_k ln(x_k) .
a) Calculer en tout pointx de (]
0, 1[)^N , le gradient
∇h_N(x) et la matrice hessienne
∇^2 h_N(x) de
h_N .
b) Montrer que pour l'optimisation deh_N sous la contrainte
∑_(k = 1)^N x_k = 1 , il existe un unique point critique
x^∗ que l'on précisera.
c) En utilisant la question 5 ou l'égalité de Taylor-Lagrange à l'ordre 1 , montrer queh_N admet en
x^∗ un maximum global sous la contrainte
∑_(k = 1)^N x_k = 1 .
d) Parmi les variables aléatoires à valeurs dans[ [1, N] ] , quelle est la loi de celles qui ont la plus grande entropie ?
L'entropie
S'il existe un entier
On note
a) Calculer en tout point
b) Montrer que pour l'optimisation de
c) En utilisant la question 5 ou l'égalité de Taylor-Lagrange à l'ordre 1 , montrer que
d) Parmi les variables aléatoires à valeurs dans
On note
S l'ensemble des suites réelles strictement positives
(p_n)_(n ∈ ℕ^∗) telles que
∑_(n = 1)^(+ ∞)p_n = 1 .
SoitX une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ^∗ vérifiant pour tout
n de
ℕ^∗, P([X = n]) = p_n avec
(p_n)_(n ∈ ℕ^∗) ∈ S . On appelle entropie de
X , le réel
H(X) défini sous réserve de convergence de la série
∑_(n ⩾ 1)p_n|ln(p_n)| , par :
Soit
- Soit
(p_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite deS telle que la série∑_(n ⩾ 1)np_n est convergente.
a) Justifier l'existence d'un entiern_0 tel que, pour tout entiern ⩾ n_0 , on a :√(p_n)|ln(p_n)| ⩽ 1 .
b) Établir pour toutn ⩾ n_0 tel quep_n ⩽ 1/(n^3) , l'inégalité :p_n|ln(p_n)| ⩽ 1/(n^(3/2)) .
c) En déduire que pour toutn ⩾ n_0 , on a :p_n|ln(p_n)| ⩽ max{1/(n^(3/2)), 3p_n lnn} .
d) Montrer que la série∑_(n ⩾ 1)p_n|ln(p_n)| est convergente.
Que peut-on en conclure sur l'entropie d'une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ^∗ possédant une espérance?
10. Soitθ un réel de
]0, 1[ et
(p_n)_(n ∈ ℕ^∗) la suite de
S définie par : pour tout
n de
ℕ^∗, p_n = θ(1 − θ)^(n − 1) .
10. Soit
Soit
X une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ^∗ qui vérifie pour tout
n de
ℕ^∗, P([X = n]) = p_n .
a) Reconnaître la loi deX ; préciser son espérance, puis calculer son entropie.
b) Écrire une fonction Pascal d'en-tête function X (theta :real) : integer; permettant de simulerX .
c) SoitY une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ^∗ ayant une espérance égale à celle de
X . Pour tout
n de
ℕ^∗ , on pose :
q_n = P([Y = n]) . On suppose que
(q_n)_(n ∈ ℕ^∗) ∈ S et que la série
∑_(n ⩾ 1)q_n ln((p_n)/(q_n)) est convergente. Établir l'égalité :
H(Y) − H(X) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)q_n ln((p_n)/(q_n)) .
d) Déterminer le signe deH(Y) − H(X) . Conclusion.
a) Reconnaître la loi de
b) Écrire une fonction Pascal d'en-tête function X (theta :real) : integer; permettant de simuler
c) Soit
d) Déterminer le signe de
Partie IV. Entropie et taux de rendement asymptotique
- Soit
(X_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires à valeurs réelles, définies sur (Ω, A, P ), qui converge en probabilité vers une variable aléatoireX .
a) Montrer que pour toutn deℕ^∗ , l'applicationZ_n définie surΩ parZ_n : ω ⟼ exp(X_n(ω)) est une variable aléatoire. De même, on noteZ la variable aléatoireZ : ω ⟼ exp(X(ω)) .
Soitε etα deux réels strictement positifs.
b) Justifier l'existence d'un réels tel queP([|X| ⩾ s]) < α .
c) SoitK_1, K_2 etK_3 trois éléments deA . Montrer queP(K_1 ∪ K_2 ∪ K_3) ⩽ P(K_1) + P(K_2) + P(K_3) ; en déduire l'inégalité :P([|Z_n − Z| ⩾ ε]) ⩽ P([|X| ⩾ s]) + P([|X_n − X| ⩾ 1]) + P([|X_n − X| ⩾ εexp(− 1 − s)]) .
d) Conclure.
On considère une succession de courses hippiques entre
N chevaux participants
(N ⩾ 2) numérotés
1, 2, …, N . Pour tout
n de
ℕ^∗ , on note
G_n la variable aléatoire égale au numéro du cheval gagnant de la
n -ième course.
On suppose que les variables aléatoires
G_1, G_2, …, G_n, … à valeurs dans
[ [1, N] ] , sont définies sur (
Ω, A, P ), mutuellement indépendantes et de même loi. On suppose qu'il n'y a qu'un seul gagnant par course.
On pose pour toutk de
[ [1, N] ] et pour tout
n de
ℕ^∗ : p_k = P([G_n = k]) , avec
0 < p_k < 1 .
Pour toutk de
[ [1, N] ] , on note
c_k(c_k > 1) la cote du cheval
k ; ainsi, un parieur qui a misé un montant
m_k sur le cheval
k perdra sa mise quelle que soit l'issue de la course, mais recevra la somme
m_k c_k si le cheval
k est gagnant. On suppose que les cotes
c_1, c_2, …, c_N sont fixes au cours du temps.
À l'occasion de la première course, un parieur dispose d'une somme monétairer_0 > 0 qu'il souhaite répartir en totalité entre les
N chevaux dans les proportions respectives
f_1, f_2, …, f_N , où pour tout
k de
[ [1, N] ], 0 < f_k < 1 . À l'issue de cette première course, le parieur dispose d'une somme monétaire
R_1 = r_0 M_1 avec
M_1 > 0 .
À l'occasion de la deuxième course, ce parieur réinvestit en totalité la sommeR_1 entre les
N chevaux dans les mêmes proportions
f_1, f_2, …, f_N . À l'issue de cette deuxième course, le parieur dispose d'une somme monétaire
R_2 = R_1 M_2 avec
M_2 > 0 , et ainsi de suite...
La richesse monétaireR_n acquise au terme de
n courses est donc :
R_n = r_0∏_(i = 1)^n M_i .
On définit pour toutn de
ℕ^∗ , le taux de rendement moyen des paris par :
T_n = ((R_n)/(r_0))^(1/n) − 1 .
12. a) Justifier que(M_n)_(n ∈ ℕ^∗) est une suite de variables aléatoires indépendantes, à valeurs strictement positives et de même loi.
b) On suppose que la variable aléatoireln(M_1) admet une espérance
E(ln(M_1)) et une variance
V(ln(M_1)) . Montrer que la suite de variables aléatoires
(T_n)_(n ∈ ℕ^∗) converge en probabilité vers une variable certaine
τ que l'on exprimera en fonction de
E(ln(M_1)) . Le réel
τ est le taux de rendement asymptotique des paris.
13. La stratégie du parieur consiste à choisir les proportionsf_1, f_2, …, f_N qui maximiseraient
τ .
On pose pour tout
Pour tout
À l'occasion de la première course, un parieur dispose d'une somme monétaire
À l'occasion de la deuxième course, ce parieur réinvestit en totalité la somme
La richesse monétaire
On définit pour tout
12. a) Justifier que
b) On suppose que la variable aléatoire
13. La stratégie du parieur consiste à choisir les proportions
On rappelle que les proportions
f_1, f_2, …, f_N sont constantes au cours du temps.
a) Montrer que :τ = exp(∑_(k = 1)^N p_k ln(f_k c_k)) − 1 .
b) En déduire la stratégie optimale du parieur et la valeur optimale deτ associée à ses paris.
c) On suppose dans cette question que∑_(k = 1)^N 1/(c_k) = 1 . Montrer que
∑_(k = 1)^N p_k ln(p_k c_k) ⩾ 0 .
a) Montrer que :
b) En déduire la stratégie optimale du parieur et la valeur optimale de
c) On suppose dans cette question que
Dans quel cas le parieur ne dispose-t-il d'aucune stratégie lui permettant de s'assurer un taux de rendement asymptotique optimal strictement positif?
Pas de description pour le moment
