CCINP Mathématiques 1 PC 2000Sujet et corrigé
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MATHÉMATIQUES 1
Durée : 4 heures
Les calculatrices ne sont pas autorisées et les parties I et II sont indépendantes
Notations
Soit
n un entier supérieur ou égal à 1 . Pour
p entier supérieur ou égal à
1, M_(n, p)(ℝ) désigne le
ℝ espace vectoriel des matrices à coefficients réels ayant
n lignes et
p colonnes et
M_(n, p)(ℂ) désigne le
ℂ -espace vectoriel des matrices à coefficients complexes ayant
n lignes et
p colonnes. On identifiera
M_(n, 1)(ℝ) à
ℝ^n , que l'on supposera muni de son produit scalaire canonique noté (
⋅ | ⋅ ).
Lorsque
p = n, M_(n, n)(ℝ) et
M_(n, n)(ℂ) sont notés plus simplement
M_n(ℝ) et
M_n(ℂ) et sont munis de leur structure d'algèbre,
I_n représentant la matrice identité.
Pour
A appartenant à
M_(n, p)(ℂ), ^t A désigne la matrice transposée de
A : c'est un élément de
M_(p, n)(ℂ).0_(n, p) désigne la matrice nulle de
M_(n, p)(ℂ) .
Si
f est un endomorphisme d'un espace vectoriel de dimension
n représenté par la matrice
A dans une base donnée, on note
Sp(f) ou
Sp(A) l'ensemble des valeurs propres de
f, χ_f ou
χ_A son polynôme caractéristique et
Tr(f) ou
Tr(A) sa trace. En outre, si
A appartient à
M_n(ℝ) , on note
Sp_ℂ(A) l'ensemble des valeurs propres de
A , lorsque
A est considérée comme un élément de
M_n(ℂ) .
ℝ[X] est le
ℝ -espace vectoriel des polynômes à coefficients réels,
ℂ[X] est le
ℂ -espace vectoriel des polynômes à coefficients complexes et
ℕ_n est l'ensemble
{1, 2, …, n} .
Partie I
I. 1 Soit
A ∈ M_n(ℝ), B ∈ M_(n, p)(ℝ), C ∈ M_p(ℝ) et
M la matrice de
M_(n + p)(ℝ) donnée par :
a) Si
A est non inversible, montrer sans recourir au déterminant, que
M est non inversible.
b) SiA est inversible, on pose
P = (A, 0_(n, p); 0_(p, n), I_p) . Résoudre alors dans
M_(n + p)(ℝ) l'équation matricielle
XP = M .
c) Retrouver le résultat connu :detM = detA ⋅ detC .
b) Si
c) Retrouver le résultat connu :
Dans toute la suite
u désigne un endomorphisme de
ℝ^n .
I. 2 SoitF un sous-espace vectoriel de
ℝ^n stable par
u . Si
v désigne l'endomorphisme induit par
u sur
F , montrer que
χ_v divise
χ_u .
I. 2 Soit
Tournez la page S.V.P.
I. 3 Pour toutx élément de
ℝ^n , on définit l'ensemble
F_u(x) par :
I. 3 Pour tout
Montrer que
F_u(x) est un sous-espace vectoriel de
ℝ^n stable par
u .
I. 4 Dans cette question, on suppose quex est un élément non nul de
ℝ^n .
a) Montrer l'existence d'un plus petit entier naturelq pour lequel la famille de vecteurs
(x, u(x), …, u^q(x)) est liée.
b) Soit(a_0, a_1, …, a_q) une famille de nombres réels non tous nuls telle que
∑_(j = 0)^q a_j u^j(x) = 0 et
S le polynôme de
ℝ[X] défini par
S(X) = ∑_(j = 0)^q a_j X^j . Montrer que
a_q est non nul, puis que
(x, u(x), …, u^(q − 1)(x)) est une base de
F_u(x) .
c) Pour touti ∈ {0, 1, …, q} , on pose
α_i = (a_i)/(a_q) et on note
u_0 l'endomorphisme induit par
u sur
F_u(x) . Montrer que
χ_(u_0)(X) = (− 1)^q∑_(i = 0)^q α_i X^i , donner la valeur de
χ_(u_0)(u)(x) et en déduire que le polynôme caractéristique de
u est un polynôme annulateur de
u .
I. 4 Dans cette question, on suppose que
a) Montrer l'existence d'un plus petit entier naturel
b) Soit
c) Pour tout
Partie II
II. 1 Vérifier les propriétés suivantes :
a)∀(X, Y) ∈ (M_(n, 1)(ℝ))^2, ∀A ∈ M_n(ℝ), (AX|Y) = (X|^t AY)
b)∀(X, Y) ∈ (M_(n, 1)(ℝ))^2, Tr(X^t Y) = (X|Y)
c)∀(X, Y, Z) ∈ (M_(n, 1)(ℝ))^3, (X^t Y)Z = (Y|Z)X
II. 2 Soitφ : M_n(ℝ) × M_n(ℝ) → ℝ, (A, B) → Tr(^t AB) . Montrer que
φ définit un produit scalaire sur
M_n(ℝ) . Dans toute la suite ce produit scalaire sera noté
((⋅ | ⋅)) .
II. 3 A partir de cette question,r, s, l, m désignent des entiers naturels inférieurs ou égaux à
n .
a) Evaluer le produit par blocs((I_r)/(0_(n − r, r)))(I_r, 0_(r, n − r)) .
b) SoitA ∈ M_n(ℝ) une matrice de rang
r . Montrer qu'il existe
B dans
M_(n, r)(ℝ) et
C dans
M_(r, n)(ℝ) telles que
A = BC .
c) Montrer qu'une matriceA de
M_n(ℝ) est de rang 1 si et seulement s'il existe deux matrices non nulles
X et
Y de
M_(n, 1)(ℝ) telles que
A = X^t Y .
d) Montrer que la décompositionA = X^t Y de la question précédente n'est pas unique et déterminer les relations vérifiées par des matrices colonnes
X, Y, Z, T telles que
a)
b)
c)
II. 2 Soit
II. 3 A partir de cette question,
a) Evaluer le produit par blocs
b) Soit
c) Montrer qu'une matrice
d) Montrer que la décomposition
II. 4 a) Soit
(Z_i)_(1 ≤ i ≤ r) et
(T_j)_(1 ≤ j ≤ s) deux familles libres de vecteurs de
ℝ^n . Montrer que la famille de matrices
(Z_i^t T_j)_(1 ≤ i ≤ r; 1 ≤ j ≤ s) est de rang égal à
rs .
b) Soit(X_i)_(1 ≤ i ≤ n) et
(Y_j)_(1 ≤ j ≤ n) deux bases de
ℝ^n . Que peut-on dire de la famille de matrices
(X_i^t Y_j)_(1 ≤ i ≤ n; 1 ≤ j ≤ n) ?
c) Soit(V_i)_(1 ≤ i ≤ l) et
(W_j)_(1 ≤ j ≤ m) deux familles de vecteurs de
ℝ^n de rangs respectifs
r et
s . Déterminer le rang de la famille de matrices
(V_i^t W_j)_(1 ≤ i ≤ l) .
b) Soit
c) Soit
II. 5 Montrer que si les bases
(X_i)_(1 ≤ i ≤ n) et
(Y_j)_(1 ≤ j ≤ n) sont des bases orthonormales de
ℝ^n , la famille
(X_i^t Y_j)_(1 ≤ i ≤ n; 1 ≤ j ≤ n) est une base orthonormale de
M_n(ℝ) muni du produit scalaire défini en II.2. La réciproque est-elle vraie?
II.6 SoitA une matrice de
M_n(ℝ) de rang 1 .
a) Montrer queA^2 = (TrA)A .
b) SoitX et
Y deux éléments non nuls de
M_(n, 1)(ℝ) tels que
A = X^t Y . Montrer l'équivalence des quatre propositions suivantes :
i)(X|Y) = 0 .
ii)TrA = 0 .
iii)ImA ⊂ KerA .
iv)A est non diagonalisable.
II. 7 Montrer que les matrices deM_n(ℝ) , diagonalisables et de rang 1 engendrent
M_n(ℝ) .
II.6 Soit
a) Montrer que
b) Soit
i)
ii)
iii)
iv)
II. 7 Montrer que les matrices de
Partie III
Pour toutes matrices
A et
B de
M_n(ℝ) on note
h_(A, B) l'endomorphisme de
M_n(ℝ) défini par :
et
h¯_(A, B) l'endomorphisme de
M_n(ℂ) défini par :
III. 1 Soit
A_0 et
B_0 les matrices de
M_2(ℝ) données par :
a) Déterminer
Sp_ℂ(A_0) et
Sp_ℂ(B_0) .
b) On considère la baseB = (E_(1, 1), E_(1, 2), E_(2, 1), E_(2, 2)) de
M_2(ℝ) et on note
H_0 la matrice dans cette base
B de l'endomorphisme
h_(A_0, B_0) . Déterminer
H_0 , puis
Sp_ℂ(H_0) et vérifier que :
b) On considère la base
c) Montrer que
A_0 et
B_0 sont diagonalisables dans
M_2(ℝ) . En est-il de même de
H_0 ?
Soit maintenant
A et
B quelconques dans
M_n(ℝ) . On se propose d'étudier les liens existant entre la diagonalisabilité de
A et
B et celle de
h_(A, B) .
III. 2 Soita ∈ Sp_ℂ(A) et
b ∈ Sp_ℂ(B) . Montrer qu'il existe
(V, W) ∈ (M_(n, 1)(ℂ)∖{0})^2 tel que :
III. 2 Soit
En déduire l'inclusion :
{a − b|(a, b) ∈ Sp_ℂ(A) × Sp_ℂ(B)} ⊂ Sp(h¯_(A, B)) .
III. 3 Montrer que siA et
B sont diagonalisables dans
M_n(ℝ) , il en est de même de
h_(A, B) . Calculer dans ce cas
Tr(h_(A, B)) .
III. 4 On notea_1, a_2, …, a_n les valeurs propres non nécessairement distinctes de
A dans
ℂ . En exprimant
χ_A en fonction des
a_i , montrer que la matrice
χ_A(B) est inversible si et seulement si
Sp_ℂ(A) ∩ Sp_ℂ(B) = ∅ .
III. 5 Soitλ ∈ Sp(h¯_(A, B)) et
M un vecteur propre associé.
a) Montrer que pour tout polynôme deℂ[X] , on a la relation :
III. 3 Montrer que si
III. 4 On note
III. 5 Soit
a) Montrer que pour tout polynôme de
b) Montrer que
χ_A(B + λI_n) est non inversible.
c) En déduire en utilisant III. 2 et III.4 : Sp(h¯_(A, B)) = {a − b|(a, b) ∈ Sp_ℂ(A) × Sp_ℂ(B)} .
III. 6 Donner une condition nécessaire et suffisante pour qu'il existeM non nulle dans
M_n(ℂ) telle que
AM = MB .
c) En déduire en utilisant III. 2 et III.
III. 6 Donner une condition nécessaire et suffisante pour qu'il existe
Dans toute la suite du problème, on suppose
B = A et on considère l'endomorphisme
h_(A, A) que l'on notera plus simplement
h_A .
III. 7 On supposeA diagonalisable dans
M_n(ℝ) et on note
(V_1, V_2, …, V_n) une base de vecteurs propres de
A , chaque vecteur
V_i étant associé à la valeur propre
λ_i . Pour tout
(i, j) ∈ ℕ_n^2 , on définit la matrice
M_(ij) de
M_n(ℝ) par :
III. 7 On suppose
a) Montrer que la famille de matrices
(M_(ij))_(1 ≤ i ≤ n; 1 < i < n) est une base de
M_n(ℝ) .
b) Montrer que pour tout(i, j, k) ∈ ℕ_n^3 :
b) Montrer que pour tout
et en déduire que les matrices
M_(ij) sont des vecteurs propres de
h_A .
c) On noteμ_1, μ_2, …, μ_p les valeurs propres distinctes de
A, m_1, m_2, …, m_p leurs ordres de multiplicité respectifs et
J = {(i, j) ∈ ℕ_n^2|λ_i = λ_j} . Montrer que :
c) On note
d) Montrer que
dimKerh_A ≥ n et que l'égalité a lieu si et seulement si
A admet
n valeurs propres distinctes.
e) On noteℝ[A] = {Q ∈ M_n(ℝ)|∃P ∈ ℝ[X], Q = P(A)} . Montrer que si les
n valeurs propres de
A sont distinctes,
{I_n, A, A^2, …, A^(n − 1)} constitue une base de
ℝ[A] et en déduire que dans ce cas
Kerh_A = ℝ[A] .
III. 8 On supposeh_A diagonalisable et on note
(P_(ij))_(1 ≤ i ≤ n; 1 ≤ j ≤ n) une base de vecteurs propres de
h_A , chaque matrice
P_(ij) étant associée à la valeur propre
λ_(ij) . Montrer que si
X est un vecteur propre de
A associé à la valeur propre
λ , la famille
(P_(ij)X)_(1 ≤ i ≤ n) est une famille génératrice de
ℝ^n et en déduire
1 ≤ j ≤ n que
A est diagonalisable.
e) On note
III. 8 On suppose
Pas de description pour le moment
