Centrale Mathématiques 2 PC 2000Sujet, corrigé et rapport du jury
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MATHÉMATIQUES II
Nota : les trois parties du problème peuvent être abordées indépendamment.
Partie I - Propriétés de la transformée de Legendre
Dans toute la partie I -,
I désigne un intervalle de
ℝ et
f une fonction à valeurs réelles, définie sur
I . On note
J(f) l'ensemble des réels
p tels que la fonction définie sur
I par
x ↦ (px − f(x)) soit majorée; si
J(f) ≠ ∅ , on définit la fonction
g sur
J(f) par:
La fonction
g est appelée la transformée de Legendre de
f ; on note
g = L(f) .
I.A - Exemples
Calculer la transformée de Legendre
g = L(f) (en précisant l'ensemble
J(f) ) et tracer le graphe de
g , dans les cas suivants :
I.A.1)f(x) = kx^2(k ∈ ℝ_+^∗); I = ℝ .
I.A.2)f(x) = e^x; I = ℝ .
I.A.3)f(x) = arctan(x); I = ℝ .
I.A.1)
I.A.2)
I.A.3)
I.B - Etude générale
Soit
f une fonction réelle définie sur un intervalle
I . On suppose que
J(f) est non vide.
I.B.1) Montrer queJ(f) est un intervalle : on montrera que, si
a et
b sont dans
J(f) , alors pour tout
t ∈ [0, 1], ta + (1 − t)b appartient à
J(f) .
I.B.2) Montrer queg = L(f) est convexe sur
J(f) , c'est-à-dire :
I.B.1) Montrer que
I.B.2) Montrer que
I.B.3) Que peut-on dire de la monotonie de
g = L(f) dans les cas suivants :
a)I ⊂ ℝ^+
b)I ⊂ ℝ^− .
a)
b)
I.C - Étude d'un cas particulier
Soit
f une fonction de classe
C^2 sur l'intervalle
I , telle que :
∀x ∈ I, f^(′′)(x) > 0 .
Filière PC
On sait que
f^′(I) est un intervalle ; on note
α et
β ses extrémités et l'on suppose
α < β (on peut avoir
α = − ∞ ou
β = + ∞ ).
I.C.1) Montrer queJ(f) contient l'intervalle ouvert
]α, β[ et donner l'expression de
g sur
]α, β[ en fonction de
f et
f^(′[ − 1]) (fonction réciproque de la fonction
f^′ ). Pour
p ∈ ]α, β[ , on note
x(p) l'unique point de
I tel que:
g(p) = px(p) − f(x(p)) .
I.C.2) Pourp ∈ ]α, β[ , calculer
g^′(p) au moyen de
x(p) .
I.C.3) Montrer que,∀p ∈ ]α, β[ , la droite
D_p d'équation
y = px − g(p) est tangente au graphe de la fonction
f .
I.C.4) SoitH = {h ∈ C^2(ℝ, ℝ)/(∀x ∈ ℝh^(′′)(x) > 0) et
h^′(ℝ) = ℝ} . Montrer que:
a)L(H) ⊂ H .
b)∀h ∈ H, L(L(h)) = h .
c)L est une bijection de
H sur
H .
I.C.1) Montrer que
I.C.2) Pour
I.C.3) Montrer que,
I.C.4) Soit
a)
b)
c)
Partie II - Généralisation aux fonctions de plusieurs variables
Soit
n ∈ ℕ^∗.E désigne l'espace vectoriel euclidien
ℝ^n muni du produit scalaire canonique
si
x = (x_1, …, x_n) ∈ E , on note
X le vecteur colonne associé
X = x_2; ⋮; x_n .
Ainsi, siY est le vecteur colonne associé à
y ∈ E, x, y = ^t XY .
Soitf une application de
E dans
ℝ , telle que, pour tout
p ∈ E , l'application de
E dans
ℝ définie par
x ↦ p, x − f(x) , soit majorée; on définit alors la transformée de Legendre de
f , notée
L(f) , comme étant l'application de
E dans
ℝ définie par
L(f) : p ↦ sup_(x ∈ E)(p, x − f(x))
Ainsi, si
Soit
Dans la suite de cette partie II,
f est définie par
f(x) = ^t XAX , où
A est une matrice carrée réelle d'ordre
n , symétrique et dont toutes les valeurs propres sont strictement positives.
II.1) Soitp ∈ E fixé. On pose
F(x) = p, x − f(x) .
II.1) Soit
Démontrer qu'il existe une base
B = (e_i)_(1 ≤ i ≤ n) de
E telle que :
où les
q_i et les
λ_i sont des réels à déterminer.
Montrer que la fonctionF est majorée sur
E et atteint sa borne supérieure.
On en déduit en particulier que la transformée de Legendre def est bien définie.
II.2) Calculerg = L(f) , la transformée de Legendre de
f et montrer qu'il existe une matrice carrée réelle symétrique
B , d'ordre
n , qu'on exprimera en fonction de
A telle que
Montrer que la fonction
On en déduit en particulier que la transformée de Legendre de
II.2) Calculer
où
P est le vecteur colonne associé à
p .
Calculer la fonctionh = L(L(f)) .
II.3)
a) Montrer que∀p ∈ E, ∀t ∈ ℝ_+^∗, f(tp) = t^2 f(p) ,
b) Montrer que :
Calculer la fonction
II.3)
a) Montrer que
b) Montrer que :
Indication : on pourra calculer la dérivée de la fonction
t ↦ f(tp) .
II.4) En utilisant la question II.3-b), déterminer pour toutp ∈ E , un vecteur
x(p) ∈ E tel que
g(p) = f(x(p)) .
Indication : on pourra utiliserξ ∈ E tel que
(gradF)(ξ) = 0 .
II.4) En utilisant la question II.3-b), déterminer pour tout
Indication : on pourra utiliser
Partie III - Problème d'optimisation
Soit
p un vecteur donné de
E, A une matrice carrée réelle d'ordre
n , symétrique et ayant toutes ses valeurs propres positives ou nulles.
On note
F l'application de
E dans IR définie par :
Une partie
C de
E est dite convexe si:
Soit
C une partie fermée, non vide, convexe, de
E .
LorsqueF est majorée sur
C , on s'intéresse à
M , ensemble - éventuellement vide - des points de
C où l'application
F restreinte à
C atteint sa borne supérieure :
Lorsque
III.A - Convexité de
M
III.A.1) Soit
x_1 et
x_2 deux points de
C et pour
t ∈ [0, 1], x = tx_1 + (1 − t)x_2 .
Montrer que:
F(x) = (1 − t)F(x_2) + tF(x_1) + t(1 − t)^t(X_1 − X_2)A(X_1 − X_2) .
III.A.2) On supposeM non vide. Montrer que
M est convexe.
III.A.2) On suppose
III.B - Cas particulier.
Dans cette seule question III.B, on suppose de plus que toutes les valeurs propres de
A sont strictement positives.
III.B.1) Démontrer qu'il existe un nombrek > 0 tel que:
III.B.1) Démontrer qu'il existe un nombre
III.B.2) Montrer que
M est non vide.
III.B.3) Montrer queM ne contient qu'un élément.
III.B.3) Montrer que
III.C - Une caractérisation des points de
M
III.C.1) Avec les mêmes notations qu'au III.A.1, montrer que :
III.C.2) Montrer l'équivalence :
Donner l'interprétation de la caractérisation trouvée au moyen du gradient de
F au point
x .
III.D - Cas où
C est borné
Dans cette question III.D, on suppose de plus que l'ensemble
C est borné, contenu dans la boule fermée de centre
O et rayon
R .
III.D.1) Démontrer queM est non vide.
III.D.1) Démontrer que
Trouver un exemple avec
F non identiquement nulle où
M a une infinité d'éléments.
III.D.2) Démontrer qu'il existe un réelα tel que :
∀x ∈ E, ‖AX‖ ≤ α‖X‖ .
III.D.3) Soitr un nombre réel strictement positif tel que:
III.D.2) Démontrer qu'il existe un réel
III.D.3) Soit
(où
α est défini au III.D.2).
On se propose de construire par récurrence des suites(u_m), (v_m) de points de
C et une suite réelle
(t_m) telles que si
U_m (resp.
V_m ) est le vecteur colonne associé à
u_m (resp.
v_m ), on a pour tout
m ∈ ℕ :
i)∀x ∈ C, ^t(2AU_m − P)V_m ≤ ^t(2AU_m − P)X ;
ii)t_m = 1/r^t(P − 2AU_m)(V_m − U_m) ;
iii)u_(m + 1) = u_m + t_m(v_m − u_m) .
On se propose de construire par récurrence des suites
i)
ii)
iii)
On suppose donné
m ∈ ℕ et
u_m ∈ C .
a) Montrer l'existence dev_m ∈ C vérifiant la relation i).
b) Montrer quet_m défini par la relation ii) est dans l'intervalle
[0, 1] .
c) Montrer queu_(m + 1) défini par la relation iii) est dans
C .
a) Montrer l'existence de
b) Montrer que
c) Montrer que
Déduire des questions a), b) et c) que pour tout
u_0 ∈ C , les relations i), ii) et iii) permettent de définir les suites
(u_m), (v_m) et
(t_m) .
III.D.4) Montrer que, si (u_m ) est la suite définie à la question III.D.3), la suite (
F(u_m) ) est croissante et convergente.
Montrer qu'il existe une suite extraite de la suite (u_m ) qui converge vers un élément de
M .
III.D.4) Montrer que, si (
Montrer qu'il existe une suite extraite de la suite (
FIN
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