CCINP Mathématiques 1 PSI 2012Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE PSI
MATHEMATIQUES 1
Durée : 4 heures
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
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Le sujet comporte 7 pages.
Notations
On désigne par
ℝ l'ensemble des nombres réels et par
ℂ l'ensemble des nombres complexes. Dans tout le problème, on note
n un entier naturel non nul et on désigne par
𝕂 l'ensemble
ℝ ou l'ensemble
ℂ .
On noteM_n(𝕂) (respectivement
M_(n, 1)(𝕂) ) le
𝕂 -espace vectoriel des matrices carrées à
n lignes (respectivement le
𝕂 -espace vectoriel des matrices colonnes à
n lignes), à coefficients dans
𝕂 . La notation
A = (a_(i, j)) signifie que
a_(i, j) est le coefficient de la ligne
i et de la colonne
j de la matrice
A . Lorsqu'une matrice
A de
M_n(𝕂) est inversible, on note
A^(− 1) sa matrice inverse. Soient
I un intervalle de
ℝ et
F un espace vectoriel de matrices à coefficients dans
𝕂 .
Une applicationA : I → F est continue (respectivement dérivable), lorsque, pour
t décrivant
I , les coefficients de la matrice
A(t) sont des fonctions continues (respectivement dérivables) de
I dans
𝕂 . On dira en abrégé que
A est une matrice continue (respectivement dérivable) sur
I et on notera
A(t) = (a_(i, j)(t)) pour tout
t dans
I . Lorsque cette matrice est dérivable, on note
A^′(t) = (a_(i, j)^′(t)) la matrice dérivée.
Pour deux matrices dérivablesM(t) et
N(t) , dont le produit existe, on admettra la formule
(MN)^′(t) = M^′(t)N(t) + M(t)N^′(t) .
On note
Une application
Pour deux matrices dérivables
Équations différentielles matricielles
Soit
I un intervalle de
ℝ , soient
A une matrice carrée d'ordre
n continue sur
I et
B une matrice colonne à
n lignes continue sur
I , les coefficients des matrices
A et
B étant des fonctions à valeurs dans
𝕂 .
On considère l'équation différentielle (E ) :
X^′(t) = A(t)X(t) + B(t) où les solutions
X(t) sont des matrices colonnes à
n lignes dérivables sur
I , dont les coefficients sont des fonctions à valeurs dans
𝕂 .
On note(E_0) : X^′(t) = A(t)X(t) l'équation différentielle homogène associée.
On dira que (E ) et (
E_0 ) sont des équations différentielles matricielles. On note
S_0 l'ensemble des solutions de
(E_0) . On rappelle que:
On considère l'équation différentielle (
On note
On dira que (
-
S_0 est un𝕂 -espace vectoriel de dimensionn ; - les solutions de (
E ) s'obtiennent en ajoutant à l'ensembleS_0 une solution particulière de (E); - pour tout
t_0 deI et pour toute matriceV deM_(n, 1)(𝕂) , il existe une solution et une seuleX de(E) surI vérifiantX(t_0) = V (existence et unicité de la solution surI du problème de Cauchy).
On appelle système fondamental de solutions de(E_0) , toute base(X_1, …, X_n) deS_0 .
On noteW(t) = (X_1(t), …, X_n(t)) la matrice carrée d'ordren dont lesX_j(t) sont les colonnes et on dit queW(t) est la matrice wronskienne de ce système fondamental de solutions de(E_0) .
Objectifs
Dans la première partie, il faut résoudre un exemple d'équation différentielle matricielle à coefficients constants.
Dans la deuxième partie, on traite le cas général de l'équation différentielle matricielle(E) en définissant la matrice résolvante de
(E_0) .
Dans la troisième partie, on utilise les résultats de la deuxième partie pour résoudre une équation différentielle scalaire du second ordre.
Dans la deuxième partie, on traite le cas général de l'équation différentielle matricielle
Dans la troisième partie, on utilise les résultats de la deuxième partie pour résoudre une équation différentielle scalaire du second ordre.
Partie I. Cas d'une matrice à coefficients constants
On considère les équations différentielles :
où
A désigne une matrice à coefficients constants appartenant à
M_n(𝕂) .
On suppose queI = ℝ .
I. 1 SoientV un vecteur non nul de
M_(n, 1)(𝕂) et
λ un élément de
𝕂 . Montrer que la matrice
X(t) = e^(λt)V est une solution de
(E_0) si et seulement si
V est un vecteur propre de
A associé à la valeur propre
λ .
On suppose que
I. 1 Soient
I. 2 Un exemple
On suppose
n = 4, A = (0, − 1, 1, − 1; 0, 2, 0, 0; 0, 1, 1, 0; 1, − 1, 1, 0) et
B(t) = (te^t; e^t; 0; − te^t) .
I.2.1 On suppose𝕂 = ℂ et on considère l'équation différentielle (
E_0 ).
I.2.1 On suppose
Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de la matrice
A .
En déduire un système fondamental de solutions, puis la solution générale complexe de (E_0 ) sur l'intervalle
I = ℝ .
I.2.2 On suppose𝕂 = ℝ et on considère l'équation
(E) : X^′(t) = AX(t) + B(t) .
En déduire un système fondamental de solutions, puis la solution générale complexe de (
I.2.2 On suppose
On note
X(t) = (x_1(t); x_2(t); x_3(t); x_4(t)) .
Écrire le système d'équations différentielles linéaires scalaires vérifié par les quatre fonctionsx_k(t) .
Déterminer la solution générale réelle de (E ) sur l'intervalle
I = ℝ (on pourra déterminer successivement
x_2(t) , puis
x_3(t) , puis
x_1(t) et
x_4(t)) .
Écrire le système d'équations différentielles linéaires scalaires vérifié par les quatre fonctions
Déterminer la solution générale réelle de (
Préciser la solution
X de
(E) telle que
X(0) = (− 1; − 1; − 1; 0) .
Partie II. Matrice résolvante
On reprend le cas général d'une équation différentielle
(E) : X^′(t) = A(t)X(t) + B(t) définie dans la partie notations. On prendra
I un intervalle de
ℝ, t ∈ I et
𝕂 = ℝ ou
ℂ .
On noteS_0 l'espace vectoriel de dimension
n des solutions de l'équation différentielle linéaire homogène (
E_0 ) associée.
Pourt_0 ∈ I donné, on note
Φ_(t_0) l'application de
S_0 dans
M_(n, 1)(𝕂) définie par :
On note
Pour
D'après le rappel sur le problème de Cauchy, l'application
Φ_(t_0) est un isomorphisme de
S_0 sur
M_(n, 1)(𝕂) .
SoitX_1, …, X_n un système fondamental de solutions de (
E_0 ).
II. 1 Soientt_0 et
t dans
I . Soit
V ∈ M_(n, 1)(𝕂) et soit
X ∈ S_0 la solution de
(E_0) telle que
X(t_0) = V . Justifier l'égalité
(Φ_t ∘ Φ_(t_0)^(− 1))(V) = X(t) .
II. 2 On rapporte l'espace vectorielS_0 à la base (
X_1, …, X_n ) et l'espace vectoriel
M_(n, 1)(𝕂) à sa base canonique
(C_1, …, C_n) .
II.2.1 Soitt_0 ∈ I . Prouver que la matrice, dans ce couple de bases, de l'application linéaire
Φ_(t_0) de
S_0 dans
M_(n, 1)(𝕂) est la matrice wronskienne :
Soit
II. 1 Soient
II. 2 On rapporte l'espace vectoriel
II.2.1 Soit
II.2.2 Soient
t_0 et
t dans
I . On note
R(t, t_0) = W(t)(W(t_0))^(− 1) . Prouver que la matrice
R(t, t_0) ne dépend pas du système fondamental
(X_1, …, X_n) de solutions choisi.
La matrice
R(t, t_0) s'appelle la résolvante de l'équation différentielle linéaire (
E_0 ).
II. 3 Propriétés de la résolvante
Soient
t, t_0, t_1 et
t_2 dans
I .
II.3.1 Pour simplifier, on noteR^′(t, t_0) , la dérivée par rapport à
t de la matrice
R(t, t_0) .
II.3.1 Pour simplifier, on note
Montrer que
R^′(t, t_0) = A(t)R(t, t_0) . En déduire que, pour tout
V ∈ M_(n, 1)(𝕂) , la matrice
X(t) = R(t, t_0)V est la solution de
(E_0) telle que
X(t_0) = V .
II.3.2 Montrer queR(t_2, t_1)R(t_1, t_0) = R(t_2, t_0) . En déduire
(R(t, t_0))^(− 1) = R(t_0, t) .
II.3.2 Montrer que
II. 4 Application de la résolvante : recherche d'une solution particulière de l'équation
(E)
Soient
t et
t_0 dans
I , on cherche une solution particulière de
(E) sous la forme :
où
V : I → M_(n, 1)(𝕂) est une application dérivable à déterminer.
II.4.1 On suppose queX(t) = R(t, t_0)V(t) est une solution de
(E) . Montrer que :
II.4.1 On suppose que
II.4.2 En déduire que
V(t) = ∫_(t_0)^t R(t_0, u)B(u)du est une solution de
(E) (la matrice
V(t) étant la matrice colonne dont les coefficients sont les intégrales des coefficients de la matrice colonne
R(t_0, u)B(u)) .
II.4.3 Montrer queY(t) = ∫_(t_0)^t R(t, u)B(u)du est une solution particulière de
(E) .
II.4.3 Montrer que
Partie III. Une application de la résolvante
Dans cette partie,
𝕂 = ℝ .
III. 1 On considère l'équation différentielle:
III. 1 On considère l'équation différentielle:
où
y = y(t) est une fonction deux fois dérivable définie sur un intervalle
I .
III.1.1 En cherchant les polynômes solutions de (e_0 ) sous la forme
y(t) = a_m t^m + ⋯ + a_0 avec
a_m ≠ 0 , déterminer le degré de ces polynômes puis déterminer tous les polynômes solutions de (
e_0 ) sur
ℝ . Préciser le polynôme
P solution de
(e_0) et vérifiant
P(0) = 1 .
III.1.2 Vérifier que la fonctionQ(t) = 1/((1 − t)^2) est solution de
(e_0) sur l'intervalle
] − 1; 1[ .
III.1.3 On cherche les solutions non nulles de(e_0) développables en série entière :
y(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)a_k t^k pour
|t| < R , où
R > 0 est le rayon de convergence de la série.
III.1.3.1 Pour tout entier naturelk , écrire, selon les valeurs de
k , les relations entre
a_k et
a_(k + 1) . Déterminer le rayon de convergence
R .
III.1.3.2 Montrer qu'il existe un entier non nulk_0 à déterminer, tel que pour
k ≥ k_0 , le coefficient
a_k s'exprime en fonction de
a_(k_0) . Donner l'expression de
a_k en fonction de
a_(k_0) . Comment retrouve-t-on les fonctions
P et
Q parmi ces solutions?
III. 2 On considère l'équation différentielle:
III.1.1 En cherchant les polynômes solutions de (
III.1.2 Vérifier que la fonction
III.1.3 On cherche les solutions non nulles de
III.1.3.1 Pour tout entier naturel
III.1.3.2 Montrer qu'il existe un entier non nul
III. 2 On considère l'équation différentielle:
où
a, b, φ sont des fonctions continues définies sur un intervalle
I .
III.2.1 On définit la fonctionz par
z(t) = y^′(t) et on note
X(t) = ((y(t))/(z(t))) . Déterminer une matrice carrée
A(t) et une matrice colonne
B(t) telles que l'équation différentielle
(E) s'écrive matriciellement sous la forme (
E ) :
X^′(t) = A(t)X(t) + B(t) .
III.2.2 On note(f(t), g(t)) une base de l'espace vectoriel des solutions sur
I de l'équation différentielle
(E_0) : y^(′′) + a(t)y^′ + b(t)y = 0 .
Les matrices((f(t))/(f^′(t))), ((g(t))/(g^′(t))) forment alors un système fondamental de solutions de l'équation différentielle
(E_0) : X^′(t) = A(t)X(t) .
SoitW(t) = (f(t), g(t); f^′(t), g^′(t)) la matrice wronskienne de ce système fondamental de solutions.
Pourt et
t_0 dans
I , on note en abrégé
f pour
f(t), f_0 pour
f(t_0), g pour
g(t), g_0 pour
g(t_0), f^′ pour
f^′(t), f_0^′ pour
f^′(t_0), g^′ pour
g^′(t) et
g_0^′ pour
g^′(t_0) .
Exprimer les coefficients de la matrice(W(t_0))^(− 1) en fonction de
f_0, g_0, f_0^′, g_0^′ . puis ceux de la matrice résolvante
R(t, t_0) , en fonction de
f, f_0, g, g_0, f^′, f_0^′, g^′, g_0^′ .
III. 3 On considère l'équation différentielle :
III.2.1 On définit la fonction
III.2.2 On note
Les matrices
Soit
Pour
Exprimer les coefficients de la matrice
III. 3 On considère l'équation différentielle :
et on prend
I = ]0; 1[ .
III.3.1 Écrire l'équation différentielle (e) sous la forme de l'équation différentielle (E ) de la question III.2.
En déduire les matricesA(t) et
B(t) telles que l'équation différentielle (
e ) s'écrive matriciellement sous la forme
(E) :
X^′(t) = A(t)X(t) + B(t) .
III.3.2 On applique les résultats de la question III. 2 avecf(t) = P(t) et
g(t) = Q(t) , où
P et
Q sont les fonctions définies dans III.1. Pour
t et
u dans
]0; 1[ , expliciter le déterminant de
W(u) et la valeur de
Q(t)P(u) − P(t)Q(u) .
III.3.3 Soientt et
t_0 dans
]0; 1[ . En appliquant les résultats précédents de cette partie et de la partie II, montrer que la fonction :
III.3.1 Écrire l'équation différentielle (e) sous la forme de l'équation différentielle (
En déduire les matrices
III.3.2 On applique les résultats de la question III. 2 avec
III.3.3 Soient
est une solution particulière de l'équation différentielle (e).
Montrer que cette solution est encore valable pourt_0 = 0 .
Expliciter la solution générale de (e) sur l'intervalle [0; 1 [. Quelles sont les solutions de (e) sur
[0; 1[ qui vérifient
y(0) = y^′(0) = 0 ?
Montrer que cette solution est encore valable pour
Expliciter la solution générale de (e) sur l'intervalle [
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
