CCINP Mathématiques PC 2015Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE PC
MATHEMATIQUES
Durée : 4 heures
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Les calculatrices sont interdites
L'épreuve est constituée de deux problèmes indépendants.
Lorsqu'un raisonnement utilise un résultat obtenu précédemment dans le problème, il est demandé au candidat d'indiquer précisément le numéro de la question utilisée.
Lorsqu'un raisonnement utilise un résultat obtenu précédemment dans le problème, il est demandé au candidat d'indiquer précisément le numéro de la question utilisée.
PROBLEME 1 : ANALYSE ET PROBABILITE
On propose d'étudier dans ce premier problème le comportement d'une certaine suite de fonctions
(f_n)_(n ∈ ℕ) sous différents points de vue. Dans la partie 1 , on étudie les aspects analytiques de
(f_n)_(n ∈ ℕ) : convergence uniforme de la suite
(f_n)_(n ∈ ℕ) , propriétés d'intégrales associées à
f_n et modes de convergence de la série
∑f_n .
modes de convergence de la série∑f_n .
La partie 2 correspond à l'étude de la formule de Bernstein :lim_(n → + ∞)(e^(− n)∑_(k = 0)^n(n^k)/(k!)) = 1/2 .
Cette formule, en lien avec la suite de fonctions introduites dans la partie 1, peut être avantageusement interprétée en terme de suite de variables aléatoires indépendantes qui suivent une loi de Poisson. Le point de vue probabiliste permet alors d'éclairer le lien avec une intégrale intervenant en partie 1 et l'existence d'une limiteℓ pour
e^(− n)∑_(k = 0)^n(n^k)/(k!) . Cela permet aussi d'approcher
la valeur deℓ par différentes méthodes. Les parties 1 et 2 peuvent être traitées, en grande partie, indépendamment l'une de l'autre.
modes de convergence de la série
La partie 2 correspond à l'étude de la formule de Bernstein :
Cette formule, en lien avec la suite de fonctions introduites dans la partie 1, peut être avantageusement interprétée en terme de suite de variables aléatoires indépendantes qui suivent une loi de Poisson. Le point de vue probabiliste permet alors d'éclairer le lien avec une intégrale intervenant en partie 1 et l'existence d'une limite
la valeur de
PARTIE 1 : ANALYSE
On considère la fonction
f et, pour
n ∈ ℕ , la fonction
f_n , définies sur
ℝ_+ par :

- On rappelle qu'un équivalent de
n ! est√(2πn)(n/e)^n quandn tend vers+ ∞ .
1.a. Etudier, pour toutn ∈ ℕ^∗ , les variations de la fonctionf_n surℝ_+ et en déduire son maximum.
1.b. Montrer quef_n(n) ∼ 1/(√(2π))1/(n^(1/2)) quandn tend vers+ ∞ .
1.c. Etablir que la suite de fonctions(f_n)_(n ∈ ℕ) converge uniformément versf surℝ_+ .
2.a. Déterminer l'ensemble
D des valeurs de
x ∈ ℝ pour lesquelles l'intégrale
∫_0^(+ ∞)e^(− t)t^x dt est convergente et vérifier que
ℝ_+ ⊂ D .
2.b. Montrer que, pourx ∈ ℝ_+ , l'intégrale
∫_0^(+ ∞)(lnt)e^(− t)t^x dt est convergente.
2.c. Montrer que la fonctionx ↦ ∫_0^(+ ∞)e^(− t)t^x dt est de classe
𝒞^1 sur
ℝ_+ .
2.d. Montrer que, pour toutn ∈ ℕ , l'intégrale
∫_0^(+ ∞)f_n(t)dt est convergente.
2.e. Montrer que, pour toutn ∈ ℕ, ∫_0^(+ ∞)f_n(t)dt = 1 .
3. Pourx ∈ ℝ_+ et
n ∈ ℕ , on pose
H_n(x) = 1/(n!)∫_x^(+ ∞)e^(− t)t^n dt .
3.a. Montrer que, pour toutx ∈ ℝ_+ et tout
n ∈ ℕ, H_n(x) = 1 − ∫_0^x f_n(t)dt .
3.b. Etablir que, pour toutn ∈ ℕ, H_n est de classe
𝒞^1 sur
ℝ_+ et donner l'expression de
H_n^′ .
3.c. Calculer, pour toutn ∈ ℕ, lim_(x → 0)(H_n(x)) et
lim_(x → + ∞)(H_n(x)) .
3.d. Calculer, pour toutx ∈ ℝ_+, lim_(n → + ∞)(H_n(x)) .
4. Dans la figure 1 de la page 2 , on peut visualiser certaines des représentations graphiques des fonctions de la suite(f_n)_(n ∈ ℕ) dont celle de
f_1 et
f_5 .
4.a. Lesquelles des courbes𝒞_a, 𝒞_b, 𝒞_c, 𝒞_d ou
𝒞_e de la figure 1 correspondent respectivement aux représentations graphiques de
f_1 et de
f_5 ?
4.b. Pouvez-vous faire le lien entre cette figure et certaines propriétés analysées dans les questions précédentes ?
5.
5.a. Montrer que la série de fonctions∑f_n converge simplement sur
ℝ_+ .
5.b. Montrer que, pour touta ∈ ℝ_+^∗ , la série de fonctions
∑f_n converge normalement sur le segment
[0, a] .
5.c. Montrer que la série de fonctions∑f_n ne converge pas normalement sur
ℝ_+ .
2.b. Montrer que, pour
2.c. Montrer que la fonction
2.d. Montrer que, pour tout
2.e. Montrer que, pour tout
3. Pour
3.a. Montrer que, pour tout
3.b. Etablir que, pour tout
3.c. Calculer, pour tout
3.d. Calculer, pour tout
4. Dans la figure 1 de la page 2 , on peut visualiser certaines des représentations graphiques des fonctions de la suite
4.a. Lesquelles des courbes
4.b. Pouvez-vous faire le lien entre cette figure et certaines propriétés analysées dans les questions précédentes ?
5.
5.a. Montrer que la série de fonctions
5.b. Montrer que, pour tout
5.c. Montrer que la série de fonctions
PARTIE 2: PROBABILITE
Soit
(X_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires définies sur un même espace probabilisé (
Ω, 𝒜, P ) et mutuellement indépendantes. On admet que dans ce cas, pour tout
n ⩾ 2, X_1 + ⋯ + X_n et
X_(n + 1) sont indépendantes.
On suppose de plus que, pour tout
n ∈ ℕ^∗, X_n suit la loi de Poisson de paramètre 1 .
On rappelle que siX est une variable aléatoire définie sur
(Ω, 𝒜, P) et qui suit une loi de Poisson de paramètre
λ , alors
X(Ω) = ℕ et pour tout entier
k ∈ ℕ, P(X_n = k) = e^(− λ)(λ^k)/(k!) .
On rappelle que si
On pose, pour tout
n ∈ ℕ^∗, S_n = ∑_(k = 1)^n X_k et
S_n^∗ = (S_n − n)/(√n) .
1.
1.a. Montrer queS_n suit une loi de Poisson de paramètre
n et en déduire son espérance et sa variance.
1.b. Déterminer l'espérance et la variance deS_n^∗ .
1.c. Montrer que, pour toutn ∈ ℕ^∗, P(S_n^∗ ⩽ 0) = e^(− n)∑_(k = 0)^n(n^k)/(k!) .
2. Soitr ∈ ℕ, I un intervalle de
ℝ et
(a, b) ∈ I^2 . On rappelle que si
f est une fonction de classe
𝒞^(r + 1) sur
I , alors on a :
1.
1.a. Montrer que
1.b. Déterminer l'espérance et la variance de
1.c. Montrer que, pour tout
2. Soit
Montrer que, pour tout
n ∈ ℕ^∗ , on a :
3.a. Montrer que :
P(S_n^∗ ⩽ 0) = 1/(n!)∫_n^(+ ∞)e^(− t)t^n dt = H_n(n) où
H_n est définie dans la partie 1 .
3.b. Etablir que, pour toutn ∈ ℕ^∗ ,
3.b. Etablir que, pour tout
3.c. En déduire que la suite
(P(S_n^∗ ⩽ 0))_(n ∈ ℕ^∗) est une suite décroissante qui converge vers une limite
ℓ ∈ [0, 1[ .
3.d. Proposer une méthode numérique et une méthode probabiliste pour conjecturer la valeur deℓ . Quels sont les avantages et les inconvénients respectifs de ces deux méthodes ?
4. Pourn ∈ ℕ^∗ , on note
G_(S_n) la série génératrice de
S_n . On rappelle que, pour tout
t ∈ ℝ ,
G_(S_n)(t) = E(t^(S_n)) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)P(S_n = k)t^k .
4.a. Donner, pour toutn ∈ ℕ^∗ et
t ∈ ℝ , une expression simple de
G_(S_n)(t) .
4.b. Vérifier que, pour toutt ∈ ℝ_+^∗ et
n ∈ ℕ^∗, t^(S_n^∗) admet une espérance, notée
E(t^(S_n^∗)) , et que :
3.d. Proposer une méthode numérique et une méthode probabiliste pour conjecturer la valeur de
4. Pour
4.a. Donner, pour tout
4.b. Vérifier que, pour tout
4.c. Déterminer, pour tout
t ∈ ℝ_+^∗, lim_(n → + ∞)(E(t^(S_n^∗))) .
PROBLEME 2: ALGEBRE
On propose d'étudier, dans ce second problème, différents aspects des matrices à coefficients dans
{ − 1, 1} (matrices binaires) : inversibilité, orthogonalité des colonnes (matrices de Hadamard) et propriétés du spectre.
Dans tout le problème,
n désigne un entier naturel tel que
n ⩾ 2 .
On débute l'étude par des exemples en petite dimension. En dimension
n , on aboutit notamment à trois résultats sur de telles matrices :
- une matrice de Hadamard ne peut exister que si
n = 2 ou sin est un multiple de 4 ; - on peut construire une matrice binaire inversible à n'importe quel ordre
n ; - les valeurs propres des matrices binaires sont de module inférieur ou égal à
n .
Notons
ℳ_n(ℝ) l'espace vectoriel des matrices réelles carrées d'ordre
n ,
ℳ_(n, 1)(ℝ) l'espace vectoriel des matrices réelles à
n lignes et 1 colonne,
A^T la matrice transposée d'une matrice
A ,
I_n la matrice identité d'ordre
n ,
Sp(A) l'ensemble des valeurs propres d'une matrice carrée
A .
Dans tout le problème, on munit
ℳ_(n, 1)(ℝ) du produit scalaire canonique défini de la façon suivante :
Pour
A ∈ ℳ_n(ℝ) et
(i, j) ∈ [ [1, n] ]^2 , on note :
A_(i, j) le coefficient situé à la
i -ème ligne et à la
j -ème colonne de
A ,
C_j(A) la
j -ème colonne de
A et
L_i(A) la
i -ème ligne de
A .
On définit les trois ensembles suivants :
On admettra que le déterminant d'une matrice dont les coefficients sont des entiers relatifs est aussi un entier relatif.
- Donner un exemple de matrices
A_2 etA_2^′ dansℬ_2 telles queA_2 ∈ ℋ_2 etA_2^′ ∉ 𝒢_2 . - Soit
A_3 = (1, − 1, − 1; 1, 1, − 1; 1, 1, 1) .
La matrice
A_3 appartient-elle à
ℬ_3 ? à
ℋ_3 ? à
𝒢_3 ?
3. SoitA_4 = (1, 1, − 1, − 1; 1, 1, 1, 1; − 1, 1, − 1, 1; − 1, 1, 1, − 1) et
S = 1/2A_4 .
3. Soit
On note
φ l'endomorphisme de
ℝ^4 canoniquement associé à
S .
3.a. Montrer queA_4 est une matrice de
ℋ_4 .
3.b. Montrer queφ est une symétrie et en déduire
Sp(S) .
3.c. Montrer queA_4 est diagonalisable et établir que
Sp(A_4) = { − 2, 2} .
3.d. Proposer une méthode pour trouver une matrice orthogonaleP et une matrice diagonale
D telles que
A_4 = PDP^(− 1) .
4. Vérifier queℋ_n ⊂ 𝒢_n ⊂ ℬ_n et que
ℬ_n est un ensemble fini dont on donnera le cardinal.
5. Montrer que, pour une matriceA ∈ ℬ_n , les propositions suivantes sont équivalentes :
i)A ∈ ℋ_n ;
ii)(C_j(A))_(1 ⩽ j ⩽ n) est une famille orthogonale de l'espace euclidien
ℳ_(n, 1)(ℝ) ;
iii)1/(√n)A est une matrice orthogonale.
6. SoitA ∈ 𝒢_n . On transforme
A en une matrice
A^′ par les opérations sur les lignes de
A suivantes:
∀i ∈ [ [2, n] ], L_i ← A_(1, 1) ⋅ L_i − A_(i, 1) ⋅ L_1 si bien que
L_i(A^′) = A_(1, 1) ⋅ L_i(A) − A_(i, 1) ⋅ L_1(A) .
6.a. Donner la relation entredet(A) et
det(A^′) .
6.b. Montrer queA^′ = (A_(1, 1), A_(1, 2), ⋯, A_(1, n); 0; ⋮, B^′; 0) avec
B^′ une matrice carrée d'ordre
n − 1 , qui est inversible et dont tous les coefficients sont dans l'ensemble
{ − 2, 0, 2} .
6.c. Montrer quedet(A) est un multiple de
2^(n − 1) .
6.d. On suppose, dans cette question, queA ∈ ℋ_n et que
n ⩾ 3 .
3.a. Montrer que
3.b. Montrer que
3.c. Montrer que
3.d. Proposer une méthode pour trouver une matrice orthogonale
4. Vérifier que
5. Montrer que, pour une matrice
i)
ii)
iii)
6. Soit
6.a. Donner la relation entre
6.b. Montrer que
6.c. Montrer que
6.d. On suppose, dans cette question, que
Montrer que
|det(A)| = n^(n/2) et en déduire que
n est un multiple de 4 .
7. Soientn ∈ ℕ tel que
n ⩾ 4 et
r = n − 1 . On définit la fonction
τ_r : ℝ^r ⟶ ℝ^r par :
7. Soient
7.a. Montrer que
τ_r définit un automorphisme de
ℝ^r .
7.b. Déterminer la matrice, notéeT_r , associée à
τ_r dans la base canonique de
ℝ^r .
7.b. Déterminer la matrice, notée
On pose alors
A = (1, 1, ⋯, 1; 0; ⋮, 2T_r; 0) .
On transformeA en
A^′ par les opérations sur les lignes de
A suivantes :
∀i ∈ [ [2, n] ], L_i ← L_1 − L_i si bien que
L_i(A^′) = L_1(A) − L_i(A) .
7.c. Montrer queA^′ est un élément de
𝒢_n .
8. Donner un exemple explicite de matriceA qui soit dans
𝒢_6 mais pas dans
ℋ_6 .
9. SoitA ∈ ℬ_n et soit
λ ∈ ℂ tel que
λ soit une valeur propre de
A .
9.a. Montrer qu'il existe(x_1, …, x_n) ∈ ℂ^n tel que :
i) pour touti ∈ [ [1, n] ], ∑_(j = 1)^n A_(i, j)x_j = λx_i ,
ii) il existek ∈ [ [1, n] ] tel que :
x_k ≠ 0 et pour tout
j ∈ [ [1, n] ], |x_j| ⩽ |x_k| .
9.b. Montrer que|λ| ⩽ n .
9.c. Montrer que :sup({|λ| tel que
λ ∈ Sp(A) et
A ∈ ℬ_n}) = n .
On transforme
7.c. Montrer que
8. Donner un exemple explicite de matrice
9. Soit
9.a. Montrer qu'il existe
i) pour tout
ii) il existe
9.b. Montrer que
9.c. Montrer que :
Fin de l'énoncé
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