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Étude de l'équation différentielle y^(n) - y = 0 : méthode d'Euler, séries entières et solutions périodiques
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Le sujet étudie l'équation différentielle d'ordre n, y^(n) - y = 0. Il commence par le cas n = 1 et la méthode d'Euler pour approximer une solution, puis explore les propriétés générales des solutions, résout explicitement les cas n = 3 et n = 4, et termine par le cas général avec la question de l'existence de solutions 2π-périodiques.

  1. 1Partie I : cas n = 1 et méthode d'EulerOn construit puis on démontre la convergence simple de l'approximation d'Euler vers la solution exponentielle de y' - y = 0, et on étudie un cas particulier avec second membre développable en série entière.
  2. 2Partie II : généralités sur l'équation d'ordre nOn établit les propriétés qualitatives des solutions (classe C∞, structure d'espace vectoriel de dimension n) et on relie l'équation d'ordre n à un système différentiel d'ordre 1.
  3. 3Partie III : les cas n = 3 et n = 4On résout explicitement l'équation pour n = 3 par variation de la constante, puis pour n = 4 en cherchant des solutions développables en série entière, en exhibant une base de solutions.
  4. 4Partie IV : retour au cas généralOn donne la forme générale des solutions pour n quelconque à l'aide des racines n-ièmes de l'unité, puis on étudie l'existence de solutions 2π-périodiques à l'aide des séries de Fourier.

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Soit n un entier naturel non nul. Le but de ce problème est d'étudier les solutions définies sur ℝ, à valeurs réelles ou complexes, de l'équation différentielle d'ordre n
E_n : y^((n)) − y = 0
L'exposant entre parenthèses indique un ordre de dérivation ; par exemple, pour n = 2 on obtient l'équation différentielle E_2 : y^(′′) − y = 0.
Les solutions de E_n sont, par définition, les fonctions y : ℝ → ℂ qui sont n fois dérivables sur ℝ et qui vérifient : ∀t ∈ ℝ, y^((n))(t) − y(t) = 0.
On notera S_n(ℂ) l'ensemble des solutions de E_n, à valeurs complexes tandis que S_n(ℝ) désigne l'ensemble des solutions à valeurs réelles.
On dira qu'une fonction f : ℝ → ℂ est développable en série entière sur ℝ s'il existe une série entière de rayon de convergence infini telle que f coïncide, sur ℝ, avec la somme de cette série entière.

I Cas n = 1 et méthode d'Euler

I.A - La méthode d'Euler

Pour cette sous-partie I.A on considère une application f : ℝ → ℝ telle que le problème de Cauchy
{y^′ = f(y); y(0) = 1
admet une unique solution que l'on va chercher à approximer sur [0, 1]. Soit N un entier naturel non nul et fixé jusqu'à la question I.C.3. On pose y~_0 = 1et, pour tout k ∈ {0, 1, …, N − 1},
y~_(k + 1) = y~_k + 1/Nf(y~_k)
La méthode d'Euler, que nous allons étudier, consiste à construire une approximation de y, affine par morceaux sur [0, 1] et valant y_k~ au temps k/N.
I.A.1) Rappeler brièvement l'idée menant à la définition (I.1).
I.A.2) En supposant f connue, écrire une procédure Maple ou Mathématica qui à N associe les éléments de la suite (y~_k)_(0 ⩽ k ⩽ N).

I.B - Préliminaires au I.C

Désormais nous allons nous concentrer sur un problème de Cauchy associé à E_1
C : {y^′ − y = 0; y(0) = 1
Nous allons vérifier que la suite des approximations donnée par la méthode d'Euler converge, dans un sens à préciser, vers la solution de C sur [0, 1].
I.B.1) Justifier sans calculs que C a une unique solution définie sur ℝ, puis calculer explicitement cette solution y.
I.B.2) La notation E[t] désignant la partie entière entière d'un réel t, prouver que
(E[t])/t ⟶ _(t → + ∞)1

I. C − Mise en œuvre de la méthode d'Euler pour E_1

On souhaite approximer la solution y du problème de Cauchy C par la méthode d'Euler. On définit donc y~_0 = 1 et, pour tout k ∈ {0, 1, …, N − 1},
y~_(k + 1) = (1 + 1/N)y~_k
I.C.1) Expliquer rapidement le lien entre la définition ci-dessus et la démarche du I.A.
I.C.2) Exprimer simplement y~_k en fonction de k et N pour tout k ∈ {0, 1, …, N}.
I.C.3) On définit l'application y_N : [0, 1] → ℝ suivante
  • pour tout k ∈ {0, 1, …, N}, y_N(k/N) = y~_k;
  • pour tout k ∈ {0, 1, …, N − 1}, y_N est une fonction polynôme de degré au plus 1 sur l'intervalle [k/N, (k + 1)/N].
    a) Dans un repère tel que l'axe des x décrit [0, 1], celui des y décrit [0, 3], dessiner les graphes de la solution y de C et des fonctions y_2, y_3.
    b) Prouver que pour tout t ∈ [k/N, (k + 1)/N] on a
y_N(t) = (1 + 1/N)^k(t + 1 − k/N)
c) En déduire que pour tout t ∈ [0, 1]
y_N(t) = (1 + 1/N)^(E[Nt])(t + 1 − (E[Nt])/N)
I.C.4) Prouver que
∀t ∈ [0, 1] y_N(t) ⟶ _(N → + ∞)y(t)
où y désigne la solution de C : on dit que la suite des approximations (y_N)_(N ∈ ℕ^∗) converge simplement vers la solution réelle du problème.

I.D - Étude d'un cas particulier avec second membre

Dans cette partie seulement, on travaille avec un second membre non nul.
I.D.1) Déterminer l'unique solution h du système
{∀t ∈ ℝ, h^′(t) − h(t) = exp(− t)(cost − 2sint); h(0) = 0
I.D.2) Montrer que h est développable en série entière sur ℝ et calculer les coefficients de ce développement en fonction des b_n = sin((3nπ)/4).
I.D.3) Tracer rapidement la représentation graphique de h sur [0, 2π].
I.D.4) Montrer que I = ∫_0^(+ ∞)h(t)dt est convergente et calculer I, en détaillant les calculs.

II Généralités

II.A - Quelques propriétés qualitatives des solutions de E_n

Ici n ⩾ 1 est un entier quelconque.
II.A.1) Si n = 2, donner les solutions réelles, puis complexes de E_2 : y^(′′) − y = 0.
On rappelle que, dans le cas général, il n'existe pas de méthode au programme permettant de résoudre simplement l'équation E_n; l'utilisation de l'équation caractéristique associée est, en particulier, à proscrire.
II.A.2) Montrer que toute solution y de E_n : y^((n)) − y = 0 est de classe C^∞ sur ℝ.
II.A.3) Montrer que si y est solution de E_n alors y^′ est solution de E_n.
II.A.4) La connaissance de S_n(ℂ) implique celle de S_n(ℝ)
Prouver que les deux propositions suivantes sont équivalentes :
  • y est dans S_n(ℝ);
  • y est la partie réelle d'une fonction y~ ∈ S_n(ℂ).

II.B - Structure de l'ensemble des solutions

II.B.1) Prouver que S_n(ℝ), muni des lois usuelles sur les applications, a une structure de ℝ-espace vectoriel.
II.B.2) Soit y : ℝ → ℝ une application C^∞. On pose pour tout t de ℝ,
Y(t) = (y(t); y^′(t); y^(′′)(t); ⋮; y^((n − 1))(t))
définissant ainsi une application t ↦ Y(t) qui est C^∞ de ℝ dans l'ensemble des matrices colonnes réelles d'ordre n, ensemble identifié à ℝ^n.
Montrer que l'on a y ∈ S_n(ℝ) si et seulement si t ↦ Y(t) est solution d'un système différentiel
Y^′ = AY
où A est une matrice carrée d'ordre n, dont on explicitera les coefficients.
II.B.3) Montrer que l'application
θ : | S_n(ℝ), → ℝ^n; y, ↦, (y(0), y^′(0), y^(′′)(0), …, y^((n − 1))(0))
est un isomorphisme de ℝ-espaces vectoriels.
En déduire que S_n(K) est un K-espace vectoriel de dimension n pour K = ℝ. On admettra qu'il en va de même pour K = ℂ.

III Les cas n = 3 et n = 4

III.A - Le cas n = 3 : méthode de la variation de la constante
Dans cette partie, on fixe n = 3 de sorte que l'on étudie E_3 : y^(′′′) − y = 0.
III.A.1) Montrer que la fonction exponentielle t ↦ exp(t) est une solution de E_3 sur ℝ.
III.A.2) Pour toute fonction y : ℝ → ℂ de classe C^∞ on note z : t ↦ y(t)exp(− t) qui est aussi de classe C^∞. Prouver que E_3 est équivalente à E^′ : z^(′′′) + 3(z^(′′) + z^′) = 0.
III.A.3) Donner les solutions à valeurs complexes, puis réelles de E^′.
On pourra poser Z = z^′.
III.A.4) En déduire les solutions à valeurs complexes, puis réelles de E_3.
Existe-t-il une solution réelle, 2π-périodique et non nulle?

III.B - Le cas n = 4 : recherche de séries entières solutions

Dans cette partie, on fixe n = 4 de sorte que l'on étudie E_4 : y^((4)) − y = 0. Pour tout t ∈ ℝ on définit
A(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(t^(4k))/((4k)!) B(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(t^(4k + 1))/((4k + 1)!) C(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(t^(4k + 2))/((4k + 2)!) D(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(t^(4k + 3))/((4k + 3)!)
III.B.1) Déterminer le domaine de définition de ces séries entières et reconnaître, en justifiant, les dérivées B^′, C^′ et D^′.
III.B.2) On pose, pour tout k ∈ ℕ : σ_k = 1 + (− 1)^k + i^k + (− i)^k.
a) Montrer que : k impair ⇒ σ_k = 0.
b) En déduire que σ_k est non nul si et seulement si k est un multiple de 4 .
c) Prouver que pour tout t ∈ ℝ :
A(t) = 1/4(exp(t) + exp(− t) + exp(it) + exp(− it)) = 1/2(cht + cost)
d) Donner des expressions analogues pour B(t), C(t) et D(t).
III.B.3) Soit y ∈ S_4(ℂ) une solution développable en série entière sur ℝ, de développement noté
∀t ∈ ℝ y(t) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)a_k t^k
Donner une relation de récurrence reliant a_(k + 4) et a_k pour tout k ∈ ℕ et en déduire que
∀t ∈ ℝ y(t) = a_0 A(t) + a_1 B(t) + 2a_2 C(t) + 6a_3 D(t)
puis qu'il existe (z_1, z_2, z_3, z_4) ∈ ℂ^4 tel que
∀t ∈ ℝ y(t) = z_1 ch(t) + z_2 sh(t) + z_3 cos(t) + z_4 sin(t)
III.B.4) Montrer, à l'aide de la question II.B.3, que (ch, sh, cos, sin) est une base de S_4(ℂ) puis en déduire la forme générale des éléments de S_4(ℂ) et de S_4(ℝ).
III.B.5) Montrer que les solutions de E_4 sont développables en série entière sur ℝ. Donner le développement en série entière de la solution de E_4 vérifiant
y(0) = y^′(0) = y^(′′)(0) = − y^(′′′)(0) = 1

IV Retour au cas général

Ici, n ⩾ 1 est un entier quelconque. On étudie donc l'équation E_n : y^((n)) − y = 0.

IV.A - Expression des solutions dans le cas général

IV.A.1) Pour tout k ∈ ℤ, on pose ω = exp((2iπ)/n) et
y_k : t ↦ exp(ω^k t)
Prouver que: ∀k ∈ ℤ, y_k ∈ S_n(ℂ).
IV.A.2) Prouver que la famille d'applications (y_k)_(0 ⩽ k ⩽ n − 1) est libre.
IV.A.3) Donner une base de l'espace vectoriel S_n(ℂ), en déduire la forme générale des éléments de S_n(ℂ).
IV.A.4) Justifier que toutes les solutions de E_n sont développables en série entière sur ℝ.

IV.B - Étude des solutions 2-périodiques de E_n

On étudie ici la possibilité de solutions 2π-périodiques, à valeurs réelles pour E_n. Soit y une telle solution de E_n.
IV.B.1) Soit k ∈ ℕ. On notera par a_k(f) et b_k(f) les coefficients de Fourier usuels d'une fonction f, 2π-périodique, avec la convention b_0(f) = 0.
Prouver, pour tout entier naturel k, les relations
{a_k(y^′) = kb_k(y); b_k(y^′) = − ka_k(y)
IV.B.2) On pose c_0(y) = a_0(y) et
∀k ⩾ 1, {c_k(y) = 1/2(a_k(y) − ib_k(y)); c_(− k)(y) = 1/2(a_k(y) + ib_k(y))
Prouver que c_k(y^′) = ikc_k(y) pour tout k ∈ ℤ, en déduire que tous les c_k(y) sont nuls dans le cas où n est impair.
IV.B.3) Rappeler le théorème de Dirichlet (hypothèses, conclusion).
L'utiliser pour prouver l'assertion : si n est impair alors l'unique solution 2π-périodique à valeurs réelles de E_n est la fonction nulle.
Que dire si n est pair?

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 TSI 2013 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 TSI 2013 ?

Il porte sur les équations différentielles linéaires d'ordre n, la méthode d'Euler, les séries entières, les espaces vectoriels et les séries de Fourier.

Quelles parties sont indépendantes dans ce sujet ?

Le sujet est progressif : les parties II à IV réutilisent la structure d'espace vectoriel des solutions établie en partie II, et la partie IV généralise les cas particuliers n = 3 et n = 4 traités en partie III.

Ce sujet est-il faisable en première année ?

La partie I, centrée sur l'équation d'ordre 1 et la méthode d'Euler, mobilise des notions accessibles dès la première année ; les parties suivantes demandent les séries entières et les espaces vectoriels de deuxième année.

Quels résultats de cours faut-il connaître pour ce sujet ?

La résolution des équations différentielles linéaires, la manipulation des séries entières usuelles (exponentielle, sinus, cosinus hyperboliques), et les coefficients de Fourier d'une fonction périodique.

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