Centrale Mathématiques 2 MP 2003Sujet, corrigé et rapport du jury
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MATHÉMATIQUES II
Dans tout le texte,
I désigne un intervalle de
ℝ contenant au moins deux points et
n est un entier strictement positif. On note
𝒰_n(ℝ) l'ensemble des matrices
n × n à coefficients réels et on désigne par
E_n(I) l'ensemble des applications de classe
C^1 de
I dans
ℳ_n(ℝ) . Si
M ∈ E_n(I), M^′ désigne la dérivée de
M . Parmi les éléments de
E_n(I) , on s'intéresse en particulier à ceux qui vérifient l'une ou l'autre des propriétés qui suivent :
On adopte les notations suivantes :
I_n désigne la matrice identité d'ordre
n ,
ℝ^n l'espace vectoriel des vecteurs-colonnes à
n lignes,
O_n(ℝ) le groupe des matrices orthogonales réelles d'ordre
n et
SO_n(ℝ) le sous-groupe des matrices orthogonales réelles d'ordre
n et de déterminant +1 ; si
M ∈ ℳ_n(ℝ) , on désigne par
M_([i, j]) le coefficient de
M en position
(i, j) lorsque
1 ≤ i ≤ n et
1 ≤ j ≤ n . Enfin, on dit d'une matrice triangulaire de
𝒰_n(ℝ) qu'elle est stricte si elle a les coefficients diagonaux tous nuls et d'une matrice de
𝒰_n(ℝ) qu'elle est scalaire si elle est proportionnelle à l'identité (
M = λI_n , avec
λ ∈ ℝ ).
Enfin, on rappelle que, siM est élément de
ℳ_n(ℝ) , l'application de
ℝ dans
𝒰_n(ℝ) définie par
Enfin, on rappelle que, si
est un élément de
E_n(ℝ) dont la dérivée est
Partie I - Exemples élémentaires
I.A - .
I.A.1)
Montrer que tout élément de
E_n(I) vérifiant (
P1 ) vérifie (
P2 ).
Filière MP
I.A.2) Démontrer que si
M est une application élément de
E_n(I) , alors pour tout
k ∈ ℕ^∗ , l'application
M^k : x ↦ M(x)^k est élément de
E_n(I) ; calculer sa dérivée.
I.A.3) Démontrer que siM est une application élément de
E_n(I) , telle que pour tout
x ∈ I la matrice
M(x) est inversible, alors l'application
M^(− 1) : x ↦ M(x)^(− 1) est élément de
E_n(I) ; calculer sa dérivée.
I.B - Dans la suite de la Partie I, on prendn = 2 .
I.A.3) Démontrer que si
I.B - Dans la suite de la Partie I, on prend
Un élément
M de
E_2(I) s'écrit pour
x ∈ I :
I.B.1) On suppose dans cette question que
M vérifie (P2) et que la fonction
b ne s'annule pas. Que dire des fonctions
Montrer, en l'explicitant, qu'il existe une matrice
A ∈ ℳ_2(ℝ) telle que, pour tout
x ∈ I, M(x) ∈ Vect{I_2, A} . Montrer que l'application
M vérifie aussi (
P1 ).
I.B.2) SoitA une matrice non scalaire dans
𝒰_2(ℝ) . Montrer qu'il existe
X ∈ ℝ^2 tel que (
X, AX ) soit une base de
ℝ^2 . On suppose
X ainsi choisi. Si
B ∈ 𝒰_2(ℝ) , il existe donc
(u, v) ∈ ℝ^2 tel que
BX = uX + vAX .
Montrer que, si la matriceB commute avec
A , elle s'écrit
B = uI_2 + vA .
I.B.3) On suppose dans cette question queM vérifie (P2) et que
M(x) n'est scalaire pour aucun
x de
I .
Montrer qu'il existe un unique couple (u, v ) d'applications continues de
I dans
ℝ tel que
M^′(x) = u(x)I_2 + v(x)M(x) pour tout
x ∈ I . Pour
x_0 ∈ I donné, on pose alors
C(x) = M(x)M(x_0) − M(x_0)M(x) pour tout
x ∈ I . Montrer que
C vérifie une équation différentielle matricielle très simple, dans laquelle intervient la fonction
v et la résoudre en la ramenant par exemple à des équations différentielles ordinaires. En conclure que
M vérifie (
P1 ).
I.B.4) Dans cette question, on s'intéresse àE_2(ℝ) .
a) Montrer que (P2 ) est vérifiée lorsqu'on choisit pour
a, b, c et
d les fonctions qui à
x réel associent respectivement
1 + x^2, x|x|, x^2 et
1 − x^2 .
b) Déterminer soigneusement les éléments deE_2(ℝ) de la forme
I.B.2) Soit
Montrer que, si la matrice
I.B.3) On suppose dans cette question que
Montrer qu'il existe un unique couple (
I.B.4) Dans cette question, on s'intéresse à
a) Montrer que (
b) Déterminer soigneusement les éléments de
Pour chaque élément de
E_2(ℝ) ainsi trouvé,
- dire s'il vérifie
(P1) , - déterminer la dimension du sous-espace vectoriel de
𝒰_n(ℝ) engendré par l'ensemble desM(x) , notéVect{M(x), x ∈ ℝ} .
I.C - SoitM un élément deE_2(I) tel que pour toutx ∈ I, M(x) est la matrice d'une réflexion.
I.C.1) Montrer qu'il existe une applicationθ de classeC^1 deI dansℝ telle que la première colonne deM(x) soit
I.C.2) À quelle condition, portant sur la fonction
θ, M vérifie-t-elle (P2) ?
On dit d'une application de
I × ℳ_n(ℝ) dans
ℳ_n(ℝ) qu'elle est de type (
𝒬 ) (abréviation pour quasi-polynomial) si elle est de la forme
où sont donnés
On dira qu'une telle application est polynomiale si, de plus, les applications
P_k et
Q_k sont toutes constantes, égales à
I_n .
On admettra alors le théorème
𝒯 suivant, qui est une version du théorème de Cauchy-Lipschitz :
a) SiF : I × ℳ_n(ℝ) → ℳ_n(ℝ) est de type (
𝒬 ), et si
(x_0, U_0) ∈ I × ℳ_n(ℝ) , il existe une unique solution maximale
U de l'équation différentielle matricielle
M^′(x) = F(x, M(x)) , définie sur un intervalle
J tel que
x_0 ∈ J ⊂ I vérifiant de plus
U(x_0) = U_0 .
b) Si, en outre,E est un sous-espace vectoriel de
ℳ_n(ℝ) , si
F(I × E) ⊂ E et si
U_0 ∈ E , alors
U(x) ∈ E pour tout
x ∈ J .
L'attention des candidats est attirée sur le fait que, dans les questions qui suivent, les hypothèses faites entraînent que les fonctions matricielles solutions d'éventuelles équations différentielles sont définies sur I tout entier et que, partant, le point de vue de la maximalité de ces solutions est accessoire.
a) Si
b) Si, en outre,
L'attention des candidats est attirée sur le fait que, dans les questions qui suivent, les hypothèses faites entraînent que les fonctions matricielles solutions d'éventuelles équations différentielles sont définies sur I tout entier et que, partant, le point de vue de la maximalité de ces solutions est accessoire.
Partie II - Étude de cas particuliers
II.A - Soit une équation différentielle matricielle polynomiale de la forme (
ℰ ) :
Déduire du théorème
𝒯 le résultat
(ℛ) suivant : si une solution
U sur
I de (
ℰ ) est telle que, pour une valeur
x_0 ∈ I, U(x_0) est une matrice antisymétrique, alors
U(x) est antisymétrique pour tout
x ∈ I . Donner un énoncé plus général concernant une forme analogue d'équation différentielle matricielle, mais de type (
𝒬 ), pour laquelle le résultat (
ℛ ) soit conservé.
II.B - Soit une équation différentielle matricielle polynomiale, de la forme
II.B - Soit une équation différentielle matricielle polynomiale, de la forme
Soit
M une solution sur
I et
x_0 ∈ I tel que le polynôme caractéristique de
M(x_0) soit scindé. On choisit alors
P ∈ GL_n(ℝ) et
T_0 ∈ ℳ_n(ℝ) triangulaire supérieure telles que
M(x_0) = PT_0 P^(− 1) .
II.B.1) Former une équation différentielle matricielle polynomiale vérifiée parT : x ↦ P^(− 1)M(x)P permettant de montrer que
T(x) est triangulaire supérieure pour tout
x ∈ I .
II.B.2) On suppose en outre queT_0 est triangulaire stricte. En considérant les fonctions à valeurs réelles
x ↦ T(x)_([i, i]) avec
1 ≤ i ≤ n , donner une condition nécessaire et suffisante sur la fonction
a_0 pour que
T(x) soit triangulaire stricte pour tout
x ∈ I .
II.B.3) Cette condition étant supposée remplie, on choisitr ∈ ℕ^∗ tel que
T_0^r = 0 ; former une équation différentielle matricielle de type (
𝒬 ) vérifiée par
x ∈ I ↦ T^r(x) permettant de montrer que l'application
T^r est nulle.
II.B.1) Former une équation différentielle matricielle polynomiale vérifiée par
II.B.2) On suppose en outre que
II.B.3) Cette condition étant supposée remplie, on choisit
II.C -
II.C.1) Soit
U solution sur
I de l'équation différentielle matricielle
On suppose qu'il existe
x_0 ∈ I tel que
U(x_0) commute avec toutes les matrices
P_k(x) et
Q_k(x) pour tout
x ∈ I . Montrer que
U(x) commute avec
U(x_0) pour tout
x ∈ I .
II.C.2) SoitU une solution sur
I d'une équation différentielle matricielle polynomiale. Vérifie-t-elle
(P1) , vérifie-t-elle (P2)? Montrer que
dim(Vect{U(x), x ∈ I}) est inférieure ou égale à
n .
II.D - SoitE un sous-espace vectoriel de
ℳ_n(ℝ) tel que
(M, N) ∈ E^2 ⇒ MN − NM ∈ E . En introduisant une équation différentielle matricielle bien choisie, montrer que
∀(t, M, N) ∈ I × E^2, exp(tM)Nexp(− tM) ∈ E .
II.C.2) Soit
II.D - Soit
Partie III - Cas des matrices orthogonales
III.A - On s'intéresse à une équation différentielle matricielle de la forme (
𝒞^′ ) :
M^′(x) = a(x)(I_n − M^2(x)) , où
a désigne une fonction donnée, de classe
C^0 de
I dans
ℝ .
III.A.1) SiU est une solution sur
I de (
ℰ^′ ) telle que
(U(x_0))^2 = I_n (matrice d'une symétrie) pour un certain
x_0 ∈ I , que peut-on dire de la fonction
U ?
III.A.2) SoitJ ∈ ℳ_n(ℝ) . On suppose qu'une solution
U de (
ℰ ') sur
I vérifie
^t U(x_0)JU(x_0) = J pour un
x_0 ∈ I . On pose alors
N(x) = ^t U(x)JU(x) pour tout
x ∈ I . Former une équation différentielle matricielle de type (
𝒬 ) vérifiée par
N − J et en conclure que
N(x) = J pour tout
x ∈ I . Si, en outre,
J est inversible, montrer que l'application
x ↦ det(U(x)) est constante.
III.B - Dans toute cette section III.B, on choisitn = 3 . Soit
U une matrice élément de
E_3(I) à valeurs dans
SO_3(ℝ) vérifiant (P2) et telle que,
III.A.1) Si
III.A.2) Soit
III.B - Dans toute cette section III.B, on choisit
III.B.1)
a) Pourx_0 ∈ I fixé, on pose
U_0 = U(x_0) . Montrer qu'il existe un vecteur
Z_0 unitaire dans
ℝ^3 euclidien canonique, tel que
U_0 Z_0 = Z_0 .
b) On choisit alorsX_0 et
Y_0 tels que
B = (X_0, Y_0, Z_0) soit une base orthonormale directe de
ℝ^3 , on pose
X = Y_0 + Z_0 et
C = (X, U_0 X, U_0^2 X) .
De quelle forme est la matrice dansB de l'endomorphisme de
ℝ^3 ayant
U_0 pour matrice dans la base canonique? Calculer alors
det_B(C) en fonction des coefficients de cette matrice et en déduire que
C est une base de
ℝ^3 .
c) En conclure qu'il existe trois fonctionsu, v, w de
I dans
ℝ telles que
U^′(x) = u(x)I_3 + v(x)U(x) + w(x)U^2(x) pour tout
x ∈ I . On admettra que ces trois fonctions sont continues.
d) En exprimant la dérivée de^t UU en fonction de
u, v, w, ^t U + U , montrer que
U est solution d'une équation différentielle matricielle, notée
ℱ , de la forme (
ℰ^′ ) : on exprimera, à l'aide de certaines des fonctions
u, v, w , la fonction
a correspondante.
III.B.2) Transformer l'équation (ℱ ) par le changement de matrice inconnue défini par la formule :
(I_3 + U(x))A(x) = I_3 − U(x) , en justifiant l'introduction de
A(x) .
Montrer queA est solution sur
I d'une équation différentielle matricielle polynomiale très simple. Résoudre cette équation et en déduire une expression de
U(x) pour tout
x ∈ I .
III.C - En s'inspirant de III.B.1-d), construire une fonction élément deE_3(ℝ) à valeurs dans
SO_3(ℝ) vérifiant (
P2 ) mais pas (
P1 ).
III.D - Chercher la solution maximaleU dans
𝒰_2(ℝ) de l'équation différentielle matricielle
M^′(x) = I_2 + M^2(x) , définie au voisinage de 0 et telle que
a) Pour
b) On choisit alors
De quelle forme est la matrice dans
c) En conclure qu'il existe trois fonctions
d) En exprimant la dérivée de
III.B.2) Transformer l'équation (
Montrer que
III.C - En s'inspirant de III.B.1-d), construire une fonction élément de
III.D - Chercher la solution maximale
Pour cela, on montrera que les solutions sont nécessairement de la forme
et on cherchera ensuite une équation différentielle vérifiée par
u = b^2 − a^2 , sachant que
u(0) = 1 .
Pas de description pour le moment
