Centrale Mathématiques 2 PC 2010Sujet, corrigé et rapport du jury
Systèmes de racines, triplets admissibles
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Présentation du sujet
DifficileSystèmes de racines et sous-algèbres de Cartan des algèbres de LieAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe problème introduit la notion de système de racines, un ensemble fini de formes linéaires aux propriétés géométriques remarquables intervenant dans la classification des algèbres de Lie. Il étudie ensuite les propriétés de l'espace des matrices de trace nulle, puis esquisse une étude systématique des sous-algèbres de Cartan, jusqu'à l'exemple de l'algèbre de type B2.
- 1Partie I : systèmes de racinesÉtudier les propriétés géométriques (angles, longueurs) des systèmes de racines d'un espace euclidien et en représenter des exemples.
- 2Partie II : propriétés de M0(n, K)Étudier l'espace des matrices de trace nulle, un isomorphisme associé, et caractériser les matrices nilpotentes.
- 3Partie III : systèmes de racines et triplets admissiblesÉtudier systématiquement les sous-algèbres de Cartan en dimension quelconque, puis l'exemple de l'algèbre de type B2.
Difficile. Le rapport décrit un sujet de nature conceptuelle, rompant avec des sujets plus calculatoires des sessions précédentes, avec des passages délicats comme l'équivalence de trois assertions en II.C et une récurrence en III.A.3.
Ce qu'a observé le jury
4 erreurs relevéesImplications inutiles démontrées pour une équivalence · Sous-espace confondu avec les matrices à diagonale nulle · Récurrence sur un ensemble non finiAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
4 erreurs relevéesLe sujet a davantage testé la capacité des candidats à formuler des raisonnements complets que leurs connaissances, la plupart des questions portant sur l'algèbre linéaire et la réduction des endomorphismes, notions jugées familières par le jury.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Implications inutiles démontrées pour une équivalenceII.C
Beaucoup de candidats perdent du temps à montrer une implication qui ne sera d'aucune utilité pour l'équivalence visée, au lieu de choisir un cycle d'implications minimal.
- 2Sous-espace confondu avec les matrices à diagonale nulleII.A
La définition de M0(n,K) comme noyau d'une forme linéaire n'apparaît pas assez, ce qui conduit un bon nombre de candidats à le confondre avec l'espace des matrices à diagonale nulle.
- 3Récurrence sur un ensemble non finiIII.A.3
Il fallait éviter de parler de bases et la tentation de faire une récurrence sur le nombre d'éléments, qui n'est pourtant pas supposé fini.
- 4Contre-exemple en dimension 3 absentII.D
Pratiquement aucune copie ne donne un contre-exemple valable en dimension 3 pour la seconde partie de la question.
Ce qui a été bien réussi
- La question I.C.1a a constitué une bonne surprise, beaucoup de candidats ayant su voir que le résultat devant être entier, il suffisait de montrer qu'il ne pouvait être supérieur ou égal à 4.
- La propriété fondamentale de la trace paraît bien connue en II.B.
- La question III.A.2 a été bien traitée le plus souvent.
Conseils du jury
- Choisir un cycle d'implications minimal pour démontrer une équivalence plutôt que de multiplier les implications.
- Privilégier les décompositions en somme directe de sous-espaces plutôt que le choix explicite de bases.
- Prendre le temps de bien comprendre les quantificateurs, même exprimés en langage courant.
- Prendre soin de la norme du générateur dans une formule de projection orthogonale sur une droite.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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I Systèmes de racines
Le couple (
-
R est fini, engendreF et ne contient pas le vecteur nul; - pour tout
α dansR , on aτ_α(R) = R ; - pour tout
α dansR , les seuls éléments deR colinéaires àα sontα et− α ; - pour tout couple
(α, β) dansR^2 , on a2(⟨α, β⟩)/(⟨α, α⟩) ∈ ℤ .
I.B - On suppose dans cette question que l'espaceE est de dimension 1.
Montrer que les systèmes de racines deE sont les ensembles{α, − α} , avecα ∈ E∖{0} .
I.C - Dans cette question, l'espaceE est de dimensionn ≥ 2 .
Pour tout couple (α, β ) de vecteurs non nuls deE , soitθ_(α, β) l'angle géométrique entreα etβ , c'est-à-dire l'unique élément de[0, π] donné par :‖α‖.‖β‖cosθ_(α, β) = ⟨α, β⟩ .
I.C.1) SoitR un système de racines deE et soientα, β deux éléments deR non colinéaires.
a) Montrer, à l'aide de la propriété 4, que :2(‖α‖)/(‖β‖)|cosθ_(α, β)|.2(‖β‖)/(‖α‖)|cosθ_(α, β)| ≤ 3 .
b) On suppose‖α‖ ≤ ‖β‖ . Montrer que le couple (α, β ) se trouve dans l'une des configurations recensées dans le tableau ci-dessous (chaque ligne correspondant à une configuration) :
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1 |
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l'une des configurations recensées dans le tableau ci-dessus. Montrer que le réel
Pour tout système de racines
I.D.2) Pour chaque valeur de
I.E - Dans cette question, l'espace
I.E.1) Montrer que le sous-espace vectoriel de
I.E.2) Représenter graphiquement
II Propriétés de
M_0(n, 𝕂)
- La lettre
n désigne un entier supérieur ou égal à 1 . - On note
𝕂 le corps des nombres réels ou le corps des nombres complexes. - On note respectivement
M(n, 𝕂), GL(n, 𝕂), D(n, 𝕂) l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordren à coefficients dans𝕂 , le groupe des matrices inversibles deM(n, 𝕂) , le sous-espace vectoriel deM(n, 𝕂) formé des matrices diagonales. - On désigne par
M_0(n, 𝕂) l'ensemble des matrices deM(n, 𝕂) de trace nulle. - On note
I_n la matrice identité et 0 la matrice nulle deM(n, 𝕂) . - On dit qu'une matrice
A deM(n, 𝕂) est nilpotente s'il existe un entier naturel non nulr tel queA^r = 0 . De la même manière, on dit qu'un endomorphismef est nilpotent s'il existe un entier naturel non nulr tel quef ∘ ⋯ ∘ f_()_(r fois) = 0 . - Pour tout couple (
A, B ) d'éléments deM(n, 𝕂) , le crochet[A, B] est défini par[A, B] = AB − BA . - Pour tout
A ∈ M(n, 𝕂) , on définit l'endomorphisme
- On dit qu'un triplet (
X, H, Y ) de trois matrices non nulles deM(n, 𝕂) est un triplet admissible si les trois relations suivantes sont vérifiées :
II.A - Généralités
II.A.2) Justifier que, pour tout couple
II.B - Un isomorphisme
II.C - Caractérisation des matrices nilpotentes
i. La matrice
ii. Le spectre de
iii. La matrice
II.D - Le cas complexe
II.D.1) Montrer que deux matrices non nulles de
II.D.2) Ce résultat reste-t-il vrai pour deux matrices non nulles de
II.E - Le cas réel
II.E.1) Soit
a) Justifier l'existence d'une matrice
b) Soit
II.E.2) Montrer que deux matrices non nulles de
II.E.3) On munit l'espace vectoriel
a) Soit
b) Représenter graphiquement l'allure des quadriques
II.F - Un lemme
II.F.1) Exprimer la trace de la matrice
II.F.2) Démontrer que la matrice
II.F.3) On suppose que les matrices
II.G - Description des triplets admissibles de
II.G.1) Déterminer les matrices
II.G.2) Soit
II.G.3) Montrer en utilisant les questions II.F et II.C qu'il existe une matrice
On fixe pour la suite de la question II.G une telle matrice
II.G.4) On définit les vecteurs
a) En calculant le vecteur
b) En calculant le vecteur
c) Trouver une matrice
II.G.5) Soit
a) Déduire de la question II.G. 1 les matrices de
b) Calculer les matrices
c) En déduire que l'on a
II.G.6) Démontrer l'identité
III Systèmes de racines et triplets admissibles d'un sous-espace de
III.A - Diagonalisation simultanée
III.A.1) Soient
III.A.2) Soient
III.A.3) Soit
III.B - Application
Soit
III.B.1) Soit
a) Calculer l'image par
b) Montrer qu'il existe une base de
Pour toute application
a) Montrer que
b) Montrer que si
III.C - Un exemple
On a donc
III.C.1) Montrer que
III.C.2) Pour
où
a) Vérifier que (
b) Soit
III.C.3) Soit
III.C.4) Établir la relation
III.C.5) Démontrer l'égalité
III.C.6) On pose désormais
a) En utilisant les résultats de la question III.C.3, montrer qu'il existe un couple
On fixe deux tels triplets admissibles.
b)
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths 2 Centrale PC 2010 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths 2 Centrale PC 2010 ?
Le sujet porte sur l'algèbre linéaire, la réduction des endomorphismes et les espaces euclidiens, à travers l'étude des systèmes de racines et des sous-algèbres de Cartan des algèbres de Lie.
Le sujet de maths 2 Centrale PC 2010 est-il difficile ?
Le rapport le décrit comme un sujet de nature conceptuelle et exigeant en rédaction, rompant avec des sujets plus calculatoires des sessions précédentes.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet de maths 2 Centrale PC 2010 ?
Le jury signale des implications inutiles démontrées pour une équivalence, une confusion entre M0(n,K) et les matrices à diagonale nulle, et une récurrence tentée sur un ensemble non fini.
Faut-il connaître les algèbres de Lie pour ce sujet de maths 2 Centrale PC 2010 ?
Non, le sujet introduit progressivement les systèmes de racines et les sous-algèbres de Cartan ; il mobilise surtout l'algèbre linéaire et la réduction du programme des deux années.
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