Centrale Physique 1 PC 2003Sujet, corrigé et rapport du jury
- Thermodynamique : potentiel chimique, enthalpie libre, tension superficielle
- Diffusion thermique
- Mécanique des fluides : bilans de quantité de mouvement, théorème de Bernoulli
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Présentation du sujet
Difficulté moyennePhysique des bulles et des gouttes : échanges entre deux bulles de savon et phénomène de LeidenfrostAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Difficulté moyenneCe sujet de physique I, filière PC, comporte deux problèmes indépendants d'importances inégales sur le thème des bulles et des gouttes. Le premier étudie les échanges de matière et de pression entre une grosse et une petite bulle de savon reliées entre elles, puis compare ce comportement à celui de ballons de baudruche. Le second modélise le phénomène de Leidenfrost, la lévitation d'une goutte d'eau au-dessus d'une plaque chauffante, à travers trois modèles de complexité croissante confrontés à l'expérience.
- 1Partie I : échanges entre une grosse bulle et une petite bulleLoi de Laplace, approche qualitative puis quantitative des échanges entre deux bulles de savon reliées, comparaison avec deux ballons de baudruche.
- 2Partie II : le phénomène de LeidenfrostÉtude thermodynamique de la lévitation d'une goutte d'eau au-dessus d'une plaque chauffante, à travers trois modèles (A, B, C) confrontés à l'expérience.
Difficulté moyenne. Le jury indique que les dispositifs étudiés et la physique sous-jacente sont simples et les calculs guidés, mais seules 63% des questions abordées ont rapporté des points en moyenne (74% pour le meilleur quart), les interprétations qualitatives étant souvent bâclées.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesDispositif de mesure de la loi de Laplace non trouvé · Fausse intuition sur l'échange entre les deux bulles · Potentiel thermodynamique incompletAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe jury souligne que ce sujet aux dispositifs et calculs simples valorise surtout la rigueur des raisonnements et la qualité des interprétations qualitatives, trop souvent négligées au profit des parties calculatoires. Le second problème, jugé bien construit, a permis de bien classer les candidats malgré sa longueur.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Dispositif de mesure de la loi de Laplace non trouvéI.A
Pour proposer un manomètre simple mesurant la différence de pression, seul un quart des candidats pense à un tube en U.
- 2Fausse intuition sur l'échange entre les deux bullesI.B
La majorité des candidats pense à tort que la petite bulle se vide dans la grosse, ce qui leur coûte des points dans la partie quantitative suivante.
« Les deux tiers des candidats sont persuadés du contraire ! »
- 3Potentiel thermodynamique incompletI.C
L'aspect spontané de la décroissance du potentiel thermodynamique est souvent oublié, et seulement 9% des candidats parviennent à interpréter correctement l'instabilité de l'équilibre entre deux bulles de même rayon.
- 4Chiffres significatifs non respectésII.C.5
Un résultat numérique ne peut pas comporter plus de chiffres significatifs que la moins précise des données utilisées, ce que la quasi-totalité des candidats ignore.
« un résultat numérique (II.C.5) ne peut posséder plus de chiffres significatifs que la moins précise des données. »
- 5Rejet d'un modèle par spéculation plutôt que par l'expérience
Le rejet d'un modèle doit se faire par confrontation avec l'expérience et non par des spéculations théoriques sur des paramètres non pris en compte ; peu de candidats adoptent ce réflexe.
« Seuls 5 % des candidats ont ce réflexe dans le cadre dʼune telle épreuve. »
- 6Conditions d'application du théorème de Bernoulli oubliéesII.D
Le caractère parfait de l'écoulement est souvent omis parmi les conditions d'application du théorème de Bernoulli dans le modèle B.
Ce qui a été bien réussi
- L'étude thermodynamique de la partie II (II.B) a été la plus abordée et la mieux réussie du problème.
- Les bilans sur un système fermé du modèle A sont correctement maîtrisés dans l'ensemble.
- La suite des calculs de l'approche quantitative de la partie I a été relativement bien traitée.
Conseils du jury
- Ne pas bâcler les interprétations qualitatives avant de se lancer dans les calculs.
- Vérifier une intuition physique par un raisonnement quantitatif avant de conclure.
- Toujours confronter un modèle à l'expérience pour le valider ou le rejeter, plutôt que de spéculer théoriquement.
- Respecter le nombre de chiffres significatifs cohérent avec la précision des données fournies.
- Vérifier systématiquement les conditions d'application des théorèmes utilisés, par exemple le caractère parfait d'un écoulement pour Bernoulli.
- Soigner la présentation de la copie pour faciliter la compréhension du correcteur.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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PHYSIQUE I
Partie I - Échanges entre une grosse bulle et une petite bulle

Dans tout le problème on néglige le volume du tube de liaison entre les deux bulles. On étudie des évolutions quasi-statiques: dans chaque bulle on peut définir à chaque instant une température
I.A - Loi de Laplace
Filière PC
I.B - Approche qualitative
I.C - Approche quantitative
I.C.2) Pour un système fermé, d'énergie interne
I.C.3) On néglige le volume d'air contenu dans le tube de liaison entre (1) et (2) et on étudie le système constitué :
- d'une part de l'air contenu dans les deux bulles et assimilé à un gaz parfait ; on note, avec
i = 1 oui = 2 selon le compartiment,V_i le volume,r_i le rayon,p_i la pression,N_i le nombre de moles d'air,S_i l'entropie de l'air; la températureT est commune aux deux compartiments ; - d'autre part, des membranes d'eau savonneuse qui limitent les deux bulles, d'épaisseur négligeable, d'énergies internes respectives
U_(mi) , de températuresT_(mi) = T , d'entropiesS_(mi) et de surfacesΣ_(mi) = 8πr_i^2 (double de la surface de la sphère, car il y a deux interfaces air-eau savonneuse), pour lesquelles l'identité thermodynamique fondamentale s'écritdU_(mi) = TdS_(mi) + σdΣ_(mi) .
a) Montrer que :
I.C.5) Prévoir l'évolution de deux bulles de rayons initiaux tels que
I.D - Transition entre deux comportements dans une expérience analogue
I.D.1) Le graphe de
I.D.2) Les figures 3 a et 3 b fournissent le graphe de

(la fonction
point
point
point
point
point
point
.jpg)
.jpg)
a) Tracer l'allure du graphe de
b) En déduire l'état final du système abandonné dans un état initial quelconque d'une part dans le cas (a) et d'autre part dans le cas (b).
I.D.3) Montrer que
I.D.4) Lorsque le paramètre
Partie II - Le phénomène de Leidenfrost
Dans tout le problème on suppose que le champ de pesanteur
II.A - Approche qualitative
.jpg)

II.B - Étude thermodynamique
II.B.2) Dans la suite on néglige les dérivées par rapport à
II.B.3) Exprimer par une analyse en ordre de grandeur la durée caractéristique
II.B.4) Expliciter la solution
II.B.5) En déduire l'expression du vecteur densité de flux thermique
II.B.6) En déduire l'expression du flux thermique
II.B.7) On suppose désormais que la face supérieure hémisphérique de la goutte n'échange aucun transfert thermique avec l'extérieur. On suppose dans cette question que la goutte d'eau liquide est plongée dans une atmosphère de vapeur d'eau à la pression uniforme et constante
pression
a) En appliquant soigneusement le premier principe de la thermodynamique à un système fermé convenablement choisi, établir l'expression de
b) En déduire que :
Pour obtenir un modèle calculable de la lévitation de la goutte, il est nécessaire de faire de grosses approximations. La suite du problème propose trois modèles concurrents parmi lesquels on cherche naturellement le plus réaliste. Un certain nombre de calculs sont analogues dans les trois modèles : ils sont demandés dans la partie II.C mais leurs résultats sont admis dans les parties II.D et II.E.
II.C - Modèle A
- on néglige la variation de la cote
z = e de la face inférieure de la goutte liquide au cours du temps ; - à tout instant on néglige la quantité de mouvement de l'eau liquide dans la goutte ;
- la vapeur d'eau est émise uniformément, sur toute la surface du disque inférieur de la goutte de cote
z = e avec une vitessev⃗ = − V_0 e_z→(V_0 > 0) . - le champ de pression
p(M, t) = p_0 est uniforme dans l'atmosphère autour de la goutte.
II.C.1) On s'intéresse au système fermé (S^∗ ) constitué de l'eau liquide contenue à l'instantt dans la goutte. À l'instantt + dt le système est constitué de l'eau qui est restée liquide dans la goutte et de la masseδm qui s'est vaporisée et qui est sortie de la goutte avec la vitesse− V_0 e_z .
a) Exprimerδm en fonction dedt, a, V_0 et de la masse volumiqueμ_v de la vapeur d'eau.
b) Exprimer la quantité de mouvement de (S^∗ ) à l'instantt + dt en fonction dedt, a etV_0 . Quelle est sa quantité de mouvement à l'instantt ? En déduire la variation de sa quantité de mouvement par unité de tempsdP^∗^(→−)/dt .
II.C.2) On rappelle que la résultante des forces de pression associée à une pression uniformep_0 sur une surface fermée comme celle limitant la goutte est nulle.
II.C.3) Exprimer le débit massique de vapeur d'eau sous la face plane de la goutte en fonction de
II.C.5) Calculer numériquement la durée de vie
II.C.6) Donner trois arguments justifiant le rejet du modèle
II.D - Modèle B
- on néglige la variation de
e au cours du temps et l'eau liquide dans la goutte est immobile ; - la vapeur d'eau est émise uniformément, sur toute la surface du disque inférieur de la goutte avec une vitesse
v⃗(r, z = e) = − V_0 e_z→(V_0 > 0) ; - l'écoulement de vapeur d'eau sous la goutte est incompressible et homogène, de masse volumique
μ_v ; il est aussi stationnaire, décrit en coordonnées cylindriques par le champ des vitessesv⃗ = u(r)e_r→ + w(z)e_z→ oùu(r) est indépendant dez et oùw(z) est indépendant der avecw(z = e) = − V_0; (e_r→, e_θ→, e_z→) est le trièdre local associé aux coordonnées cylindriques (r, θ, z ) ; - le champ de pression sous la goutte est de la forme
p(r, z) avecp(r = a, z) = p_0 imposée par l'atmosphère; le champ de pression au-dessus de la goutte est uniforme égal àp_0 ; - on néglige le rôle de la pesanteur sur l'écoulement de vapeur d'eau.
II.D.1) On envisage le volume fixe limité par le cylindre d'axeOz et de rayonr < a , et les plansz = 0 etz = e . En faisant un bilan de masse, montrer queu(r) = V_0 r/2e .
II.D.2) On admet que l'écoulement est irrotationnel.
a) Rappeler sans démonstration les conditions d'utilisation et l'énoncé du théorème de Bernoulli dans ce cas.
b) Dans la limite(e^2/a^2) < 1 , on admet qu'on peut négliger le terme enw^2 dans l'expression du théorème de Bernoulli. En déduire que :
II.D.4) En opérant comme en II.C. 3 on élimine
b) Calculer numériquement
II.E - Modèle C
- on néglige la variation de
e au cours du temps et l'eau liquide dans la goutte est immobile ; - la vapeur d'eau est assimilée à un fluide homogène de masse volumique
μ_v et de viscosité dynamiqueη constantes ; - l'écoulement est décrit en coordonnées cylindriques par un champ des vites
sesv⃗ = u(r, z, t)e_r→ + w(r, z, t)e_z→ ; - du fait que
e^2/a^2 « 1 , on admet qu'on peut négliger la composantew(r, z, t) et ses dérivées partielles, sauf enr = 0 ; - l'écoulement est supposé «nourri» fictivement par une arrivée de vapeur d'eau le long de l'axe
Oz et on suppose que cette arrivée de vapeur d'eau apporte à l'écoulement toute la vapeur d'eau créée par évaporation de la goutte d'eau liquide, soit une masseD_m par unité de temps ; - le champ de pression sous la goutte est indépendant de
z , de la formep(r, t) avecp(r = a, t) = p_0 imposée par l'atmosphère ; le champ de pression au-dessus de la goutte est uniforme égal àp_0 ; - on néglige le rôle de la pesanteur sur l'écoulement;
- l'écoulement est supposé incompressible ;
- l'équation de la dynamique de l'écoulement projetée selon
e_r→ s'écrit:
- on donne par ailleurs en coordonnées cylindriques:
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II.E.4) Justifier soigneusement que
II.E.5) Montrer que sous la goutte la pression vaut:
II.E.6) En opérant comme en II.D. 3 (on ne demande pas de le faire), on obtient l'expression de la résultante des forces de pression subies par la goutte
II.E.7) En opérant comme en II.C. 3 (on ne demande pas de le faire), on obtient la relation :
a) Pour
b) Pour
c) Pour
d) En exploitant les relations établies dans cette partie (calculs non demandés) on obtient pour la vitesse radiale un ordre de grandeur
e) Donner au moins un argument pour invalider le modèle C pour les instants
-•• FIN •••
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de physique I du concours Centrale PC 2003 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de physique I du concours Centrale PC 2003 ?
Elle porte sur la thermodynamique et la mécanique des fluides, à travers l'étude des échanges entre deux bulles de savon reliées puis le phénomène de Leidenfrost, la lévitation d'une goutte d'eau sur une plaque chauffante.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur cette épreuve de physique du concours Centrale ?
Le jury signale une fausse intuition sur le sens de l'échange entre les deux bulles, un potentiel thermodynamique souvent incomplet, un non-respect des chiffres significatifs et l'oubli des conditions d'application du théorème de Bernoulli.
Ce sujet de physique Centrale PC 2003 sur les bulles est-il difficile ?
Le jury le décrit comme reposant sur une physique et des calculs simples, mais seules 63% des questions abordées rapportent des points en moyenne, faute d'interprétations qualitatives suffisamment soignées.
Le phénomène de Leidenfrost étudié dans ce sujet est-il bien réussi par les candidats ?
La partie thermodynamique du problème sur Leidenfrost est la mieux réussie, mais le dernier modèle proposé, peu abordé, a surtout permis de départager les meilleurs candidats.
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