Centrale Physique Chimie MP 2012Sujet, corrigé et rapport du jury
- Cristallographie
- Diagrammes d'Ellingham
- Oxydoréduction et électrolyse
- Conduction électrique et loi d'Ohm locale
- Régime sinusoïdal et facteur de puissance
- Mouvement d'une particule chargée dans un champ magnétique
- Potentiel chimique et diagrammes binaires
Téléchargements
Présentation du sujet
DifficileDu minerai aux applications : le cuivre, de la chalcopyrite aux alliages cupronickelAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileL'épreuve de physique-chimie MP 2012 de Centrale-Supélec suit le cuivre depuis son minerai jusqu'à ses usages. Le sujet, long, mêle chimie et physique en quatre parties : obtention et raffinage du métal, conduction électrique appliquée à une caténaire ferroviaire, étude de la structure cristalline par rayons X, puis thermodynamique d'un alliage nickel-cuivre.
- 1Partie I : du minerai au métalStructure de la chalcopyrite, obtention du cuivre à l'aide d'un diagramme de type Ellingham et raffinage par électrolyse.
- 2Partie II : le cuivre, conducteur de l'électricitéModèle microscopique de la conduction, puis dimensionnement et bilan thermique d'une caténaire d'alimentation ferroviaire.
- 3Partie III : la structure du cristal de cuivreDiffraction par un cristal et production d'un faisceau polychromatique de rayons X par des électrons dans un champ magnétique.
- 4Partie IV : étude thermodynamique d'un alliage du cuivrePotentiels chimiques en solution idéale, fusion des alliages cupronickel et grandeurs de fusion du cuivre.
Difficile. Le rapport qualifie ce type de sujet de particulièrement sélectif et situe la réussite moyenne globale autour de 25 % des points.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesDiagramme d'Ellingham atypique · Unités de masse incohérentes · Ordres de grandeur des rayons XAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLa réussite des candidats va de 1 % à environ 75 % des réponses, avec une moyenne voisine de 25 %, équilibrée entre physique et chimie. Le barème exclut le grappillage : les commentaires ne rapportent des points que si les applications numériques sont correctes, et celles-ci seulement si la démarche est satisfaisante. La diversité des domaines rend indispensable la maîtrise des lois et techniques de base du programme.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Diagramme d'Ellingham atypiqueI.B.1 et I.B.2
Il fallait remarquer que la pression n'influe pas sur l'équilibre et relier la pression en dioxygène à celle de l'air ; la formule invoquée par beaucoup est hors programme.
« La majorité des candidats ne fait pas le lien entre la pression en dioxygène et celle de l’air. »
- 2Unités de masse incohérentesII.A.1 à II.A.4
Mélanger les unités de la masse molaire et de la masse volumique fausse l'application numérique.
- 3Ordres de grandeur des rayons XIII.A.1 et III.A.2
Les domaines du spectre électromagnétique doivent être connus, l'électron-volt est l'unité adaptée et beaucoup confondent nanomètre et picomètre.
« Beaucoup confondent nm et pm. »
- 4Champ magnétique mal comprisIII.B.1
Le sens du champ est souvent déduit à tort des électrons en orbite, et son unité comme ses ordres de grandeur posent problème.
« L’unité du champ magnétique semble poser problème, ainsi que ses ordres de grandeur. »
- 5Intégration avec une variable dépendant du tempsIII.B.2
Beaucoup intègrent en oubliant que la position x dépend de t, ou introduisent une pulsation qui dépend d'un champ variable le long de la trajectoire.
« De nombreuses erreurs d’intégration en omettant le fait que x dépend de t »
- 6Diagramme binaireIV.B.1 et IV.B.3
L'égalité des potentiels chimiques du nickel est souvent omise et la règle des moments n'est pas maîtrisée.
« La lecture et l’application de la règle des moments ne sont pas maitrisées. »
Ce qui a été bien réussi
- La mise en œuvre des outils simples du modèle microscopique de la conduction a été bien réussie (II.A.1 à II.A.4).
- Le mouvement circulaire d'un électron dans un champ magnétique est souvent maîtrisé (III.B.1).
- Le potentiel chimique en fonction de la fraction molaire est connu et le passage à la fraction massique souvent réussi (IV.A.1 à IV.A.3).
- La question II.B.4 a souvent été bien comprise.
Conseils du jury
- Respecter le cadre d'hypothèses et d'approximations que fixe chaque question, ce qui évite des calculs lourds.
- Donner les applications numériques avec un nombre de chiffres significatifs cohérent avec les données.
- Prendre l'initiative de proposer un modèle électrique puis de le mettre en équation lorsque la question est ouverte.
- Soigner la démarche lorsque le résultat est donné, car le jury y est particulièrement attentif.
- Connaître le facteur de puissance et la résistance électrique d'un fil.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
Du minerai aux applications : le cuivre
Le cuivre a pris le nom de l'île de Chypre, où il fut d'abord extrait. Métal de couleur rouge, caractérisé par d'excellentes conductivités thermique et électrique, assez peu oxydable dans les conditions ordinaires de son emploi, le cuivre est aussi relativement peu toxique ; il est logiquement utilisé pour de nombreuses applications, pur ou sous forme d'alliage. Ce sujet illustre diverses étapes de la fabrication et de la caractérisation d'un élément métallique à base de cuivre, depuis l'extraction du minerai jusqu'à la caractérisation physico-chimique de la structure cristalline du métal fini.
I Du minerai au métal
I.A - Un minerai de cuivre, la chalcopyrite
I.A.1) Une analyse massique grossière du minerai montre qu'il est composé pour un peu plus d'un tiers de soufre et pour un peu moins d'un tiers de fer (proportions en masse,
I.A.2) La structure cristalline de la chalcopyrite peut être décrite à partir d'un réseau cubique à faces centrées d'ions sulfure
I.A.3) Dans la chalcopyrite, les ions du fer et du cuivre occupent respectivement chacun une certaine fraction des sites tétraédriques de la structure cubique à faces centrées formée par les ions sulfure. Quelle est cette proportion? Quelle est la coordinence des cations fer et cuivre dans cette structure ?
I.A.4) Avant l'étude détaillée de la structure du cristal de chalcopyrite (par diffraction de faisceaux de neutrons), deux structures concurrentes ont été proposées :
- dans la structure (
A ), les ions du fer sont tous au nombre d'oxydation +III; - dans la structure (
B ), les ions du fer sont tous au nombre d'oxydation +II.
On a en fait identifié la structure (
I.B - Obtention du cuivre métallique
I.B.1) Écrire l'équation-bilan de la réaction passant de
I.B.2) On se place dans le cadre de l'approximation d'Ellingham. Tracer le diagramme donnant la valeur, à l'équilibre chimique, de
I.B.3) Pour quelle pression partielle de
I.
C − Raffinage du cuivre métallique
Du fait de l'existence de la tension
I.C.1) La tension
I.C.2) Quelle masse maximale de cuivre peut-on espérer récupérer par heure de fonctionnement par mètre carré de surface d'électrode ? Sur quelle électrode récupère-t-on ce cuivre ?
I.C.3) À l'issue d'une telle opération, on cherche à récupérer et valoriser le fer, le zinc et l'argent qui étaient contenus dans l'électrode (
II Le cuivre, conducteur de l'électricité
II.A - Modèle microscopique de la conduction électrique
La conduction électrique est due au déplacement des électrons de conduction (masse
II.A.1) On étudie un électron qui a subi un choc à l'instant
II.A.2) On notera
II.A.3) En déduire l'expression de la conductivité électrique
II.A.4) À température ambiante,
II.A.5) À très haute fréquence
II.A.6) Les chocs des électrons de conduction sur les autres particules du matériau sont largement dus à l'agitation thermique des particules dans le volume du cristal. Expliquer brièvement si la conductivité électrique est une fonction croissante ou décroissante de la température
II.B - Caténaire d'alimentation ferroviaire
Nous nous intéresserons ici à l'alimentation électrique d'une ligne TGV, en haute tension alternative à la fréquence

Ces deux relations seront supposées vérifiées dans toute la suite.
II.B.2) On suppose que les valeurs du courant efficace et du facteur de puissance de la rame restent les mêmes ; montrer que la puissance moyenne consommée par la rame à l'abscisse
Application numérique.
Pour déterminer le meilleur choix économique lors de l'installation d'une ligne TGV, on prendra en compte le coût total annuel (amortissement en entretien compris) d'une sous-station (noté
II.B.3) Tous les poteaux de support ont les mêmes caractéristiques. Expliquez pourquoi le coût unitaire
II.B.4) Exprimer le coût total annuel de la ligne TGV, de longueur totale
Compte tenu de la valeur importante du courant efficace
II.B.5) Déterminer la valeur de la puissance moyenne qui peut être reçue par unité de longueur de caténaire en fonction de
II.B.6) Le coefficient surfacique de transfert conducto-convectif au niveau de la surface latérale est noté
III La structure du cristal de cuivre
III.A - Diffraction par un cristal
III.A.2) La longueur d'onde
III.A.3) Expliquer ce qui, à votre avis, justifie ce choix des valeurs de
III.B - Production d'un faisceau polychromatique de rayons
X

Application numérique. En admettant que la relation établie ci-dessus reste vraie pour
III.B.2) Exprimer le principe fondamental de la dynamique pour un électron.
Montrer que la trajectoire de l'électron dans le référentiel du laboratoire est sinusoïdale et déterminer les caractéristiques (amplitude et période) de cette sinusoïde.
- exclusivement aux points où son accélération est maximale, donc où son déplacement transversal
y est extrémal ; - dans la direction
u⃗ de sa vitesse à l'instant d'émission ; - et que les rayonnements qu'il émet en tous les maximums de sa trajectoire (cf. figure 2 à droite) sont en phase. Par conséquent, ces rayonnements interfèrent constructivement à l'infini.
Ainsi l'onde émise par l'électron et qui se propage dans l'onduleur dans la directionu⃗ est en phase avec les passages de l'électron aux maximums de sa trajectoire.
III.B.3) En utilisant cette dernière propriété, exprimer la longueur d'ondeλ de cette onde électromagnétique en fonction deb, v_0, c et d'un nombre entierp et montrer queλ_p = (λ_1)/p .
Exprimerλ_1 en fonction deb et deγ = 1/(√(1 − v_0^2/c^2)) (on rappelle queγ≫1 ).
Calculer numériquementλ_1 pourb = 2 cm etE = 2, 75GeV et montrer qu'on a ainsi réalisé une source polychromatique de rayons X .
IV Étude thermodynamique d'un alliage du cuivre

IV.A - Potentiels chimiques dans des solutions idéales
IV.A.2) On note aussi
IV.A.3) On note enfin
IV.B - Fusion d'alliages de cupronickel
IV.B.2) Une étude expérimentale de la fusion d'alliages de cupronickel permet la mesure, sous 1 bar et pour plusieurs compositions différentes de l'alliage solide, des températures de début de fusion

On choisit une température égale à
IV.C - Grandeurs caractéristiques de fusion du cuivre
IV.C.2) Pour une transformation physico-chimique caractérisée par les grandeurs standard de réaction
IV.C.3) On considère l'équilibre entre une phase solide de cupronickel (fraction massique de cuivre
IV.C.4) En expliquant soigneusement la méthode adoptée et les mesures effectuées, déduire des courbes de la figure 4 une estimation des valeurs numériques des enthalpie et entropie molaires de fusion
Ces valeurs diffèrent assez sensiblement de celles usuellement tabulées à partir de mesures relatives au cuivre pur. Pouvez-vous proposer une explication à cet écart ?
Données numériques
- Propriétés des éléments et matériaux soufre, fer et cuivre.
| Soufre | Numéro atomique |
|
| Masse molaire atomique |
|
|
| Fer | Numéro atomique |
|
| Masse molaire atomique |
|
|
| Masse volumique (
|
|
|
| Cuivre | Numéro atomique |
|
| Masse molaire atomique |
|
|
| Masse volumique (
|
|
- Grandeurs physiques et constantes universelles.
| Masse d'un électron |
|
| Masse d'un neutron |
|
| Charge élémentaire |
|
|
|
|
| Constante d'Avogadro |
|
| Constante de Planck |
|
| Célérité de la lumière dans le vide |
|
| Perméabilité magnétique du vide |
|
| Constante molaire des gaz parfaits |
|
| Constante de Boltzmann |
|
| Accélération de la pesanteur |
|
- Données thermodynamiques : enthalpies de formation, entropies molaires standard à 298 K .
| Espèce chimique | État |
|
|
| Cu | solide | +33 | |
|
|
solide | -80 | +121 |
|
|
gaz | +205 | |
|
|
gaz | -297 | +248 |
- Données électrochimiques : potentiels standard à 298 K .
| Couple rédox |
|
Couple rédox |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de physique-chimie Centrale MP 2012 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de physique-chimie Centrale MP 2012 ?
Cristallographie, diagrammes d'Ellingham, électrolyse, conduction électrique, régime sinusoïdal, particule chargée dans un champ magnétique, diffraction des rayons X et diagrammes binaires, autour du cuivre.
Quelles erreurs le jury a-t-il relevées en physique-chimie Centrale MP 2012 ?
Pression en dioxygène non reliée à celle de l'air, unités de masse incohérentes, confusion entre nm et pm, erreurs d'intégration en oubliant que x dépend de t et règle des moments non maîtrisée.
Le sujet de physique-chimie Centrale MP 2012 était-il sélectif ?
Oui. Le rapport le qualifie de particulièrement sélectif : la réussite moyenne tourne autour de 25 % des points, avec des copies allant de 1 % à environ 75 %.
Comment est noté le sujet de physique-chimie de Centrale MP ?
En 2012, le barème n'accordait les points de commentaire que si l'application numérique était correcte, et celle-ci seulement si la démarche de résolution était satisfaisante.
Pas de description pour le moment
