ENS Mathématiques D MP 2020Sujet et rapport du jury
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Présentation du sujet
DifficileLa « forme » des graphes de fonctions simples : classes d'équivalence, théorème de Thom, permutations alternantes et homologie persistanteAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe problème définit et étudie la notion de « forme » du graphe d'une fonction simple de R dans R, d'abord comme classe d'équivalence par composition avec des homéomorphismes croissants, puis comme permutation alternante associée à ses extremums. Il enchaîne avec un théorème de René Thom sur la réalisation polynomiale de toute forme, une partie combinatoire sur le dénombrement des permutations alternantes, une partie mêlant analyse et algèbre autour des fonctions L de Dirichlet, et une introduction algorithmique à l'homologie persistante.
- 1Partie I : notion de forme et déformation des graphesDéfinition de deux notions équivalentes de forme d'une fonction simple et étude de la connexité par arcs des classes d'équivalence.
- 2Partie II : théorème de ThomDémonstration à l'aide du calcul différentiel que toute forme est réalisée par le graphe d'une fonction polynomiale.
- 3Partie III : dénombrement combinatoireÉtablissement d'une formule récursive pour le cardinal des ensembles de permutations alternantes, selon une approche due à Vladimir Arnold.
- 4Partie IV : introduction aux fonctions L de DirichletÉtude des relations entre permutations alternantes et coefficients d'un développement en série entière, puis des propriétés de périodicité de ces coefficients modulo un nombre premier.
- 5Partie V : homologie persistanteIntroduction non formelle et algorithmique à l'homologie persistante et aux « codes-barres » dans le cas des sous-niveaux d'une fonction simple.
Difficile. L'épreuve était très longue, aucune copie n'a traité plus des deux tiers des questions et la moyenne s'établit à 4,9 sur 20, avec des parties II à V que presque aucun candidat ne parvient à traiter en profondeur.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 4,9 / 20 · 1 247 présentsAfficher ou masquer la section
L'épreuve en chiffres
- Moyenne
- 4,9/ 20
- Présents
- 1 247
- Durée
- 6 h
- Médiane
- 4,2
Source : document officiel du concours, épreuve du 23 avril 2020. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesConfusion entre déduction et implication · Faute de logique en question I.2.d · Négation de la monotonieAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe jury a reçu 1247 copies pour une moyenne de 4,9 et une médiane de 4,2. L'épreuve était très longue : traiter parfaitement deux des cinq parties suffisait à obtenir 20/20, et parmi les 100 meilleures copies, presque toutes abordent la partie I complétée par deux (voire une seule) autre partie, la partie V n'étant que très peu abordée. Le jury souligne que la concision était nécessaire pour réussir, sans sacrifier la clarté de la rédaction.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Confusion entre déduction et implication
Le jury signale l'usage abusif du symbole d'implication pour abréger la conjonction « donc », révélant une confusion entre déduction et implication.
« il est attendu que la différence d’ordre logique entre une déduction et une implication soit clairement comprise et maîtrisée »
- 2Faute de logique en question I.2.dI.2.d
Une faute de logique de portée générale a souvent été décelée : conclure qu'une équivalence ne peut persister au seul motif qu'une hypothèse a été utilisée dans le raisonnement précédent.
« l’équivalence ne peut persister puisque l’hypothèse a été utilisée dans le raisonnement précédent »
- 3Négation de la monotonie1.b
De nombreuses copies pensent à tort qu'une fonction continue non monotone est monotone par morceaux, ce qui est faux même pour une fonction de classe C-infini.
- 4Invocation de résultats hors programme sans justificationPartie II, question 1.c
Le jury a veillé à ce que l'invocation de théorèmes hors programme, comme Banach-Picard ou Brouwer, sans argument ni explication précise, ne suffise pas à obtenir des points.
« invocation de résultats hors programme (théorèmes de Banach-Picard ou de Brouwer),sans aucun argument ou sans explication précise »
- 5Développements limités imprécisPartie II
Les manipulations de développements limités ont conduit le plus souvent à des erreurs grossières consistant à négliger abusivement certains termes.
- 6Fautes d'orthographe récurrentes
Le jury relève des fautes d'accord récurrentes et prévisibles, comme accorder « strict » ou « global » au féminin alors qu'ils qualifient un mot masculin.
« un extremum peut être strict mais certainement pas stricte »
Ce qui a été bien réussi
- Les parties I, II et III ont chacune fait l'objet de traitements très satisfaisants dans certaines copies, bien que rarement les mêmes.
- Traiter entièrement la partie I, y compris les questions délicates 2.c et 3.b, permettait déjà d'obtenir environ 9/20.
- La question 1.a de la partie I a été traitée dans la quasi-totalité des copies, avec environ la moitié de réponses complètes.
Conseils du jury
- Faire preuve de concision : il n'est presque jamais profitable de détailler sur plusieurs pages une question, sauf si elle est très difficile.
- Ne pas sacrifier la clarté à la concision : introduire ses notations et éviter un style télégraphique mélangeant quantificateurs et français.
- Utiliser des dessins pour illustrer les raisonnements, notamment en combinatoire, sans qu'ils remplacent l'approche formelle.
- Ne pas invoquer de théorèmes hors programme sans justification précise des hypothèses requises.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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ECOLES NORMALES SUPERIEURES
CONCOURS D'ADMISSION 2020
JEUDI 23 AVRIL 2020-8h00-14h00 FILIERE MP - Epreuve
n^∘7
MATHEMATIQUES D
(U)
Le sujet comprend 9 pages, numérotées de 1 à 9
Début du sujet
Définitions et notations
- Si
A est un ensemble fini, on noteCardA son cardinal. - Pour
n ∈ ℕ^∗ , on noteΔ_n = {1, …, n} . SiA est une partie deℝ de cardinaln , on noteβ_A l'unique bijection croissante deA surΔ_n . - On note
Σ_n le groupe des bijections deΔ_n surΔ_n . Sin ≥ 2 , on noteMD(n) l'ensemble des élémentsσ ∈ Σ_n qui vérifient la condition (de montée-descente) :
pour1 ≤ k ≤ n − 1 : σ(k) < σ(k + 1) sik est impair,σ(k) > σ(k + 1) sik est pair;
et on noteDM(n) l'ensemble des élémentsσ ∈ Σ_n qui vérifient la condition (de descentemontée) :
pour1 ≤ k ≤ n − 1 : σ(k) > σ(k + 1) sik est impair,σ(k) < σ(k + 1) sik est pair. - Soit
f une fonction deℝ dansℝ . Un maximum (resp. minimum) relatif def est un réelx tel qu'il existeε > 0 tel quef(y) ≤ f(x) (resp.f(y) ≥ f(x) ) pour touty ∈ ]x − ε, x + ε[ . Un maximum (resp. minimum) relatif strict def est un réelx tel qu'il existeε > 0 tel quef(y) < f(x) (resp.f(y) > f(x) ) pour touty ∈ ]x − ε, x + ε[∖{x} . Un extremum relatif est un point deℝ qui est soit un maximum relatif, soit un minimum relatif. Un extremum relatif strict est un point deℝ qui est soit un maximum relatif strict, soit un minimum relatif strict. - La droite réelle sera toujours munie de la norme associée à la valeur absolue.
- Une fonction
f deℝ dansℝ est dite simple si elle est continue, si l'ensembleE(f) des extremums relatifs def est fini et si la restriction def àE(f) est injective. - On note
S l'ensemble des fonctions simples deℝ dansℝ , et, pourn ∈ ℕ , on noteS_n l'ensemble des fonctionsf ∈ S telles queCardE(f) = n . On note enfinS_∗ = ∪ _(n ≥ 2)S_n . - Les composantes connexes par arcs d'une partie d'un espace normé seront simplement appelées les composantes de cette partie.
- On note
ℝ[X] l'espace des polynômes à coefficients réels. SiP = ∑_(i = 0)^n a_i X^i ∈ ℝ[X] et si𝒜 est une algèbre surℝ , pourx ∈ 𝒜 on poseP(x) = ∑_(i = 0)^n a_i x^i .
Les parties II, III, IV, V sont indépendantes.
Partie I
- a. Vérifier que les extremums relatifs des fonctions de
S sont stricts.
b. Soitf ∈ S . Montrer que la restriction def à l'adhérence de chaque composante deℝ∖E(f) est strictement monotone. En déduire que six ∈ E(f)∖{MaxE(f)} est un maximum (resp. minimum) relatif, le plus petit élémenty deE(f) vérifianty > x est un minimum (resp. maximum) relatif.
c. Soitf ∈ S_n avecn ≥ 2 . On poseℰ(f) = f(E(f)) . Soitσ_f l'élément deΣ_n défini par
2. On définit une relation
a. Vérifier que
b. Soient
c. On suppose que
d. L'équivalence précédente subsiste-t-elle pour deux fonctions
3. On note
a. Soient
- pour
s ∈ [0, 1] , la fonctionx ↦ ζ(s, x) est une bijection strictement croissante deℝ surℝ ,
− ζ(0, x) = x pourx ∈ ℝ etζ(1, u_k) = v_k, 1 ≤ k ≤ n .
b. Démontrer que les classes d'équivalence de la restriction de∼ àS_∗ ∩ C_b^0 sont connexes par arcs.
c. Donner un exemple d'arc continuγ : [0, 1] → S ∩ C_b^0 tel queγ(0) ∈ S_0 etγ(1) ∈ S_2 .
Partie II
- Soit
n ∈ ℕ^∗ . On note Id l'application identique deℝ^n . On munitℝ^n d'une norme notée‖‖ et l'espace des applications linéaires deℝ^n dansℝ^n de la norme associée, encore notée‖‖ . Pourx ∈ ℝ^n etr ∈ ℝ^+ , on noteB(x, r) (resp.B(x, r] ) la boule ouverte (resp. fermée) de centrex et de rayonr . SoitO un ouvert deℝ^n contenant 0 et soitf : O → ℝ^n une application de classeC^1 telle quef(0) = 0 et dont la différentielleφ en 0 est inversible.
a. On pose
b. Soit
d. Soient
2. Soit
3. Pour
Pour
c. Démontrer que pour
d. En déduire que la différentielle de
4. Pour
a. Montrer que
b. Pour
d. Montrer que si
5. Montrer que
6. Montrer que pour tout
Partie III
- Pour
m ≥ 2 vérifier que l'applicationOpp : Σ_m → Σ_m , qui àσ ∈ Σ_m associeη ∈ Σ_m défini par
- À quelle condition (nécessaire et suffisante) sur
n etk l'ensembleB(n, k) est-il non vide? À quelle condition (nécessaire et suffisante) surn, s etk l'ensembleC(n, s, k) est-il non vide? - Dans cette question et la suivante, on fixe
n ≥ 2, 1 ≤ k ≤ n − 1 et1 ≤ s ≤ n − k . On se propose de construire une bijection deC(n, s, k) surB(n, k) . Soitσ ∈ C(n, s, k) .
a. Vérifier que le nombrem d'entiersj ≥ 4 tels queσ(j) > σ(3) vérifiem ≥ k . On notej_1, …, j_m ces entiers, que l'on ordonne de telle manière queσ(j_1) < σ(j_2) < ⋯ < σ(j_m) .
b. On considère la fonctionξ : Δ_(n + 1) → ℕ ∪ {σ(j_k) + 1/2} définie par
c. On note
d. Soit
4. Soit
a. Vérifier que le nombre
b. On pose
c. En considérant l'application
d. Montrer que
5. Donner un procédé de calcul de
Partie IV
- On note
E_n = CardMD(n) etℐ_n l'ensemble des nombres impairs deΔ_n .
a. Démontrer que pourn ≥ 1 : E_(n + 1) = ∑_(i ∈ ℐ_(n + 1))(n/(i − 1))E_(i − 1)E_(n + 1 − i) .
b. En déduire que pourn ≥ 1 : 2E_(n + 1) = ∑_(i = 0)^n(n/i)E_i E_(n − i) . - a. Montrer que le rayon de convergence de la série entière
∑(E_n)/(n!)x^n est≥ 1 .
b. Pour|x| < 1 , on notef(x) la somme de la série entière précédente. Démontrer que
- Pour une fonction
f : ℝ → ℝ de classeC^∞ etn ∈ ℕ , on notef^((n)) la dérivée d'ordren def , avec la conventionf^((0)) = f . On noteD : ℝ[X] → ℝ[X] l'unique application linéaire telle que
a. Soit
b. Pour
4. Soit
a. Vérifier que
c. Démontrer que, si
5. Dans la suite de cette partie,
b. On définit une relation
c. Démontrer que
- a. Pour
q ∈ ℕ , on poseS_q = ∑_(ℓ = 0)^(p − 1)ℓ^q . Observer quep divise∑_(ℓ = 0)^(p − 1)((ℓ + 1)^(q + 1) − ℓ^(q + 1)) et en déduire par récurrence quep diviseS_q pour0 ≤ q ≤ p − 2 .
b. SoientZ = [z_(ij)] etZ^′ = [z_(ij)^′] deux matrices carrées d'ordreN à éléments dansℤ . On définit la relationZ ≡ Z^′[p] parz_(ij) ≡ z_(ij)^′[p] pour1 ≤ i, j ≤ N . Démontrer que
7. On rappelle que
a. Montrer que
b. Démontrer que la suite
c. Indiquer les modifications à apporter aux questions précédentes pour montrer un résultat analogue pour la suite
Partie V
- Soit
f ∈ Sˆ .
a. Vérifier queCardMi(f) = CardMa(f) et que poury ∈ ℝ, f^(− 1)(] − ∞, y[) est la réunion d'intervalles ouverts non vides et deux à deux disjoints. On noteℐ(y) leur ensemble.
b. Montrer que pour tout élémentM deMa(f) , il existe un unique couple(I_−(M), I_+(M)) d'éléments deℐ(f(M)) tels queM = SupI_−(M) = InfI_+(M) .
c. Montrer queI_+(M) est de la forme]M, b[ avecb ∈ ]M, + ∞[ vérifiantf(b) = f(M) . Que peut-on dire deI_−(M) ? - Soit
f ∈ Sˆ . On noteMa(f) = {M_1, …, M_μ} avecf(M_1) < f(M_2) < ⋯ < f(M_μ) . Montrer qu'il est possible de définir une bijectionΦ deMa(f) dansMi(f) par récurrence de la manière suivante :
-
Φ(M_1) est le minimum def contenu dansI_−(M_1) ∪ I_+(M_1) dont l'image parf est la plus grande des images parf des minimums contenus dansI_−(M_1) ∪ I_+(M_1) ; - pour
2 ≤ k ≤ μ, Φ(M_k) est le minimum def contenu dansI_−(M_k) ∪ I_+(M_k) dont l'image parf est la plus grande des images parf des minimums contenus dansI_−(M_k) ∪ I_+(M_k) et n'appartenant pas àΦ({M_1, …, M_(k − 1)}) .
On dira queΦ est la bijection associée àf .
- Soit
f ∈ Sˆ . On fixeR ∈ ℝ^(∗ +) tel queE(f) ⊂ ] − R, R[ et on noteSˆ(f, R) l'ensemble des fonctionsg deSˆ qui coïncident avecf sur le complémentaire de] − R, R[ . Pourg ∈ Sˆ(f, R) , on pose
4. Soit
a. On pose
Pour une fonction
b. Soit
c. On conserve les hypothèses de la question précédente sur
d. Soit
e. Étudier sans démonstration le cas des maximums et minimums contenus dans les intervalles
5. On fixe
a. Montrer qu'il existe
b. Pour une partie finie
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de Mathématiques D MP 2020 de l'ENS ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de Mathématiques D MP 2020 de l'ENS ?
Le sujet porte sur la topologie et la continuité des fonctions de R dans R, la connexité par arcs, le calcul différentiel avec le théorème d'inversion locale, les séries entières, et la combinatoire des permutations.
Le sujet de Mathématiques D ENS MP 2020 est-il difficile ?
Oui. La moyenne s'établit à 4,9 sur 20 pour une médiane de 4,2, et aucune copie n'a traité plus des deux tiers des questions sur les 1247 copies reçues.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet de l'ENS MP 2020 ?
Le jury relève une confusion fréquente entre déduction et implication, une faute de logique récurrente en question I.2.d, une mauvaise négation de la monotonie d'une fonction, et l'invocation de théorèmes hors programme sans justification suffisante.
Faut-il traiter toutes les parties du sujet de Mathématiques D ENS MP 2020 ?
Non. Le rapport indique que traiter parfaitement deux des cinq parties suffisait à obtenir 20/20, la plupart des meilleures copies se concentrant sur la partie I et deux autres parties au maximum.
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