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Présentation du sujet

Difficile
La « forme » des graphes de fonctions simples : classes d'équivalence, théorème de Thom, permutations alternantes et homologie persistante
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Le problème définit et étudie la notion de « forme » du graphe d'une fonction simple de R dans R, d'abord comme classe d'équivalence par composition avec des homéomorphismes croissants, puis comme permutation alternante associée à ses extremums. Il enchaîne avec un théorème de René Thom sur la réalisation polynomiale de toute forme, une partie combinatoire sur le dénombrement des permutations alternantes, une partie mêlant analyse et algèbre autour des fonctions L de Dirichlet, et une introduction algorithmique à l'homologie persistante.

  1. 1Partie I : notion de forme et déformation des graphesDéfinition de deux notions équivalentes de forme d'une fonction simple et étude de la connexité par arcs des classes d'équivalence.
  2. 2Partie II : théorème de ThomDémonstration à l'aide du calcul différentiel que toute forme est réalisée par le graphe d'une fonction polynomiale.
  3. 3Partie III : dénombrement combinatoireÉtablissement d'une formule récursive pour le cardinal des ensembles de permutations alternantes, selon une approche due à Vladimir Arnold.
  4. 4Partie IV : introduction aux fonctions L de DirichletÉtude des relations entre permutations alternantes et coefficients d'un développement en série entière, puis des propriétés de périodicité de ces coefficients modulo un nombre premier.
  5. 5Partie V : homologie persistanteIntroduction non formelle et algorithmique à l'homologie persistante et aux « codes-barres » dans le cas des sous-niveaux d'une fonction simple.

Difficile. L'épreuve était très longue, aucune copie n'a traité plus des deux tiers des questions et la moyenne s'établit à 4,9 sur 20, avec des parties II à V que presque aucun candidat ne parvient à traiter en profondeur.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 4,9 / 20 · 1 247 présents
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Moyenne
4,9/ 20
Présents
1 247
Durée
6 h
Médiane
4,2

Source : document officiel du concours, épreuve du 23 avril 2020. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Confusion entre déduction et implication · Faute de logique en question I.2.d · Négation de la monotonie
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Le jury a reçu 1247 copies pour une moyenne de 4,9 et une médiane de 4,2. L'épreuve était très longue : traiter parfaitement deux des cinq parties suffisait à obtenir 20/20, et parmi les 100 meilleures copies, presque toutes abordent la partie I complétée par deux (voire une seule) autre partie, la partie V n'étant que très peu abordée. Le jury souligne que la concision était nécessaire pour réussir, sans sacrifier la clarté de la rédaction.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Confusion entre déduction et implication

    Le jury signale l'usage abusif du symbole d'implication pour abréger la conjonction « donc », révélant une confusion entre déduction et implication.

    « il est attendu que la différence d’ordre logique entre une déduction et une implication soit clairement comprise et maîtrisée »
  2. 2
    Faute de logique en question I.2.dI.2.d

    Une faute de logique de portée générale a souvent été décelée : conclure qu'une équivalence ne peut persister au seul motif qu'une hypothèse a été utilisée dans le raisonnement précédent.

    « l’équivalence ne peut persister puisque l’hypothèse a été utilisée dans le raisonnement précédent »
  3. 3
    Négation de la monotonie1.b

    De nombreuses copies pensent à tort qu'une fonction continue non monotone est monotone par morceaux, ce qui est faux même pour une fonction de classe C-infini.

  4. 4
    Invocation de résultats hors programme sans justificationPartie II, question 1.c

    Le jury a veillé à ce que l'invocation de théorèmes hors programme, comme Banach-Picard ou Brouwer, sans argument ni explication précise, ne suffise pas à obtenir des points.

    « invocation de résultats hors programme (théorèmes de Banach-Picard ou de Brouwer),sans aucun argument ou sans explication précise »
  5. 5
    Développements limités imprécisPartie II

    Les manipulations de développements limités ont conduit le plus souvent à des erreurs grossières consistant à négliger abusivement certains termes.

  6. 6
    Fautes d'orthographe récurrentes

    Le jury relève des fautes d'accord récurrentes et prévisibles, comme accorder « strict » ou « global » au féminin alors qu'ils qualifient un mot masculin.

    « un extremum peut être strict mais certainement pas stricte »

Ce qui a été bien réussi

  • Les parties I, II et III ont chacune fait l'objet de traitements très satisfaisants dans certaines copies, bien que rarement les mêmes.
  • Traiter entièrement la partie I, y compris les questions délicates 2.c et 3.b, permettait déjà d'obtenir environ 9/20.
  • La question 1.a de la partie I a été traitée dans la quasi-totalité des copies, avec environ la moitié de réponses complètes.

Conseils du jury

  • Faire preuve de concision : il n'est presque jamais profitable de détailler sur plusieurs pages une question, sauf si elle est très difficile.
  • Ne pas sacrifier la clarté à la concision : introduire ses notations et éviter un style télégraphique mélangeant quantificateurs et français.
  • Utiliser des dessins pour illustrer les raisonnements, notamment en combinatoire, sans qu'ils remplacent l'approche formelle.
  • Ne pas invoquer de théorèmes hors programme sans justification précise des hypothèses requises.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D'ADMISSION 2020

JEUDI 23 AVRIL 2020-8h00-14h00 FILIERE MP - Epreuve n^∘7

MATHEMATIQUES D
(U)

Le sujet comprend 9 pages, numérotées de 1 à 9

Début du sujet

Définitions et notations

  • Si A est un ensemble fini, on note CardA son cardinal.
  • Pour n ∈ ℕ^∗, on note Δ_n = {1, …, n}. Si A est une partie de ℝ de cardinal n, on note β_A l'unique bijection croissante de A sur Δ_n.
  • On note Σ_n le groupe des bijections de Δ_n sur Δ_n. Si n ≥ 2, on note MD(n) l'ensemble des éléments σ ∈ Σ_n qui vérifient la condition (de montée-descente) :
    pour 1 ≤ k ≤ n − 1 : σ(k) < σ(k + 1) si k est impair, σ(k) > σ(k + 1) si k est pair;
    et on note DM(n) l'ensemble des éléments σ ∈ Σ_n qui vérifient la condition (de descentemontée) :
    pour 1 ≤ k ≤ n − 1 : σ(k) > σ(k + 1) si k est impair, σ(k) < σ(k + 1) si k est pair.
  • Soit f une fonction de ℝ dans ℝ. Un maximum (resp. minimum) relatif de f est un réel x tel qu'il existe ε > 0 tel que f(y) ≤ f(x) (resp. f(y) ≥ f(x) ) pour tout y ∈ ]x − ε, x + ε[. Un maximum (resp. minimum) relatif strict de f est un réel x tel qu'il existe ε > 0 tel que f(y) < f(x) (resp. f(y) > f(x) ) pour tout y ∈ ]x − ε, x + ε[∖{x}. Un extremum relatif est un point de ℝ qui est soit un maximum relatif, soit un minimum relatif. Un extremum relatif strict est un point de ℝ qui est soit un maximum relatif strict, soit un minimum relatif strict.
  • La droite réelle sera toujours munie de la norme associée à la valeur absolue.
  • Une fonction f de ℝ dans ℝ est dite simple si elle est continue, si l'ensemble E(f) des extremums relatifs de f est fini et si la restriction de f à E(f) est injective.
  • On note S l'ensemble des fonctions simples de ℝ dans ℝ, et, pour n ∈ ℕ, on note S_n l'ensemble des fonctions f ∈ S telles que CardE(f) = n. On note enfin S_∗ = ∪ _(n ≥ 2)S_n.
  • Les composantes connexes par arcs d'une partie d'un espace normé seront simplement appelées les composantes de cette partie.
  • On note ℝ[X] l'espace des polynômes à coefficients réels. Si P = ∑_(i = 0)^n a_i X^i ∈ ℝ[X] et si 𝒜 est une algèbre sur ℝ, pour x ∈ 𝒜 on pose P(x) = ∑_(i = 0)^n a_i x^i.

Les parties II, III, IV, V sont indépendantes.

Partie I

  1. a. Vérifier que les extremums relatifs des fonctions de S sont stricts.
    b. Soit f ∈ S. Montrer que la restriction de f à l'adhérence de chaque composante de ℝ∖E(f) est strictement monotone. En déduire que si x ∈ E(f)∖{MaxE(f)} est un maximum (resp. minimum) relatif, le plus petit élément y de E(f) vérifiant y > x est un minimum (resp. maximum) relatif.
    c. Soit f ∈ S_n avec n ≥ 2. On pose ℰ(f) = f(E(f)). Soit σ_f l'élément de Σ_n défini par
σ_f = β_(ℰ(f)) ∘ f ∘ β_(E(f))^(− 1)
Montrer que σ_f ∈ MD(n) ∪ DM(n).
2. On définit une relation ∼ surS de la manière suivante : pour tout couple (f, g) de S^2, f ∼ g si et seulement si il existe deux bijections continues φ : ℝ → ℝ et ψ : ℝ → ℝ, strictement croissantes, qui vérifient f = ψ ∘ g ∘ φ.
a. Vérifier que ∼ est une relation d'équivalence sur S et montrer que chaque classe d'équivalence de ∼ est contenue dans l'un des ensembles S_n, n ∈ ℕ.
b. Soient n ∈ ℕ^∗ et {u_1, …, u_n}, {v_1, …, v_n} des parties de ℝ qui vérifient u_1 < ⋯ < u_n et v_1 < ⋯ < v_n. Vérifier qu'il existe une bijection continue χ : ℝ → ℝ strictement croissante telle que χ(u_k) = v_k pour 1 ≤ k ≤ n.
c. On suppose que f et g sont dans S_∗ et que
lim_(x → ± ∞)|f(x)| = + ∞, lim_(x → ± ∞)|g(x)| = + ∞
Démontrer que f ∼ g si et seulement si σ_f = σ_g.
d. L'équivalence précédente subsiste-t-elle pour deux fonctions f et g quelconques de S_∗ ?
3. On note C_b^0 l'espace des fonctions continues bornées de ℝ dans ℝ, que l'on munit de la norme uniforme : ‖f‖ = Sup_(x ∈ ℝ)|f(x)| pour f ∈ C_b^0.
a. Soient n ∈ ℕ^∗, {u_1, …, u_n} ⊂ ℝ et {v_1, …, v_n} ⊂ ℝ avec u_1 < ⋯ < u_n et v_1 < ⋯ < v_n. Montrer qu'il existe une application continue ζ : [0, 1] × ℝ → ℝ telle que :
  • pour s ∈ [0, 1], la fonction x ↦ ζ(s, x) est une bijection strictement croissante de ℝ sur ℝ,
    − ζ(0, x) = x pour x ∈ ℝ et ζ(1, u_k) = v_k, 1 ≤ k ≤ n.
    b. Démontrer que les classes d'équivalence de la restriction de ∼ à S_∗ ∩ C_b^0 sont connexes par arcs.
    c. Donner un exemple d'arc continu γ : [0, 1] → S ∩ C_b^0 tel que γ(0) ∈ S_0 et γ(1) ∈ S_2.

Partie II

Dans cette partie, pour n ∈ ℕ, on note 𝒫_n l'espace des fonctions polynômiales de ℝ dans ℝ de degré au plus n.
  1. Soit n ∈ ℕ^∗. On note Id l'application identique de ℝ^n. On munit ℝ^n d'une norme notée ‖‖ et l'espace des applications linéaires de ℝ^n dans ℝ^n de la norme associée, encore notée ‖‖. Pour x ∈ ℝ^n et r ∈ ℝ^+, on note B(x, r) (resp. B(x, r] ) la boule ouverte (resp. fermée) de centre x et de rayon r. Soit O un ouvert de ℝ^n contenant 0 et soit f : O → ℝ^n une application de classe C^1 telle que f(0) = 0 et dont la différentielle φ en 0 est inversible.
    a. On pose
g = Id − φ^(− 1) ∘ f
Montrer que g est de classe C^1 sur O et qu'il existe ε > 0 tel que B(0, ε) ⊂ O et ‖Dg(x)‖ ≤ 1/2 pour x ∈ B(0, ε). En déduire que f est injective dans B(0, ε).
b. Soit 0 < r < ε et soit z_0 ∈ B(0, r/2). On pose h(x) = g(x) + z_0 pour x ∈ O. Montrer que
h(B(0, r]) ⊂ B(0, r]
c. Montrer qu'il existe a ∈ B(0, r] tel que f(a) = φ(z_0).
d. Soient W = φ(B(0, r/2)) et V = f^(− 1)(W) ∩ B(0, ε). Montrer que V et W sont ouverts et que f_(|V) est un homéomorphisme de V sur W.
2. Soit O un ouvert de ℝ^n et soit f : O → ℝ^n une application de classe C^1 dont la différentielle en x est inversible pour tout x ∈ O. Démontrer que l'image par f d'un ouvert de O est un ouvert de ℝ^n.
3. Pour n ≥ 2, soit O_(n − 1) = {(x_1, …, x_(n − 1)) ∈ ℝ^(n − 1)|0 < x_1 < x_2 < ⋯ < x_(n − 1)} et soit U_(n − 1) l'ensemble des (n − 1)-uples (y_1, …, y_(n − 1)) ∈ ℝ^(n − 1) tels que
0 < y_1, y_i > y_(i + 1) si i ∈ {1, …, n − 2} est impair, y_i < y_(i + 1) si i ∈ {1, …, n − 2} est pair.
Pour x ∈ O_(n − 1), on définit la fonction π_x ∈ 𝒫_n par π_x(t) = t(x_1 − t)⋯(x_(n − 1) − t). On définit l'application Y = (Y_1, …, Y_(n − 1)) : O_(n − 1) → ℝ^(n − 1) par
Y_i(x) = ∫_0^(x_i)π_x(u)du, x = (x_1, …, x_(n − 1)) ∈ O_(n − 1)
a. Soient j ∈ {1, …, n − 1} et x ∈ O_(n − 1). Montrer que
d_(x, j) : t ↦ ∫_0^t u∏_(1 ≤ ℓ ≤ n − 1, ℓ ≠ j)(x_ℓ − u)du
est dans 𝒫_n et s'annule avec sa dérivée en 0 . En déduire l'existence de χ_(x, j) ∈ 𝒫_(n − 2) vérifiant
∀t ∈ ℝ, d_(x, j)(t) = t^2 χ_(x, j)(t)
b. Pour x ∈ O_(n − 1) et (i, j) ∈ {1, …, n − 1}^2, montrer l'existence de (∂Y_i)/(∂x_j)(x) et vérifier que
(∂Y_i)/(∂x_j)(x) = d_(x, j)(x_i)
En déduire que Y est une application de classe C^1 sur l'ouvert O_(n − 1), à valeurs dans U_(n − 1).
c. Démontrer que pour x ∈ O_(n − 1), la partie {χ_(x, j)|j ∈ {1, …, n − 1}} est une base de 𝒫_(n − 2).
d. En déduire que la différentielle de Y au point x est inversible.
4. Pour n ∈ ℕ, une fonction de 𝒫_n est dite unitaire lorsque le coefficient de son terme de degré n est 1 . On note 𝒫_n^u l'ensemble de ces fonctions. On note C_n = Inf{∫_0^1|f(t)|dt|f ∈ 𝒫_n^u}.
a. Montrer que C_n > 0.
b. Pour n ≥ 2, démontrer que si x ∈ O_(n − 1)
(x_(n − 1))^(n + 1) ≤ 1/(C_n)[Y_1(x) + ∑_(i = 1)^(n − 2)(− 1)^i(Y_(i + 1)(x) − Y_i(x))].
c. Vérifier que l'application Y se prolonge continûment à l'adhérence de O_(n − 1).
d. Montrer que si K est un compact de ℝ^(n − 1) contenu dans U_(n − 1), Y^(− 1)(K) est compact.
5. Montrer que Y(O_(n − 1)) est ouverte et fermée dans U_(n − 1) et en déduire que Y est surjective.
6. Montrer que pour tout n ∈ ℕ, pour toute fonction f de S_n vérifiant lim_(x → ± ∞)|f(x)| = ± ∞, il existe un élément g ∈ 𝒫_(n + 1) tel que f ∼ g (où ∼ est la relation définie en I.2).

Partie III

Soit n ∈ ℕ^∗. Pour k ∈ ℕ, on note B(n, k) l'ensemble des applications σ ∈ MD(n + 1) telles que
σ(2) − σ(1) = k + 1
Pour k ∈ ℕ et s ∈ ℕ, on note C(n, s, k) l'ensemble des éléments σ de MD(n + 2) tels que
σ(2) − σ(1) = s + 1, n + 2 − σ(2) = k.
  1. Pour m ≥ 2 vérifier que l'application Opp : Σ_m → Σ_m, qui à σ ∈ Σ_m associe η ∈ Σ_m défini par
η(i) = m + 1 − σ(i),
est une bijection vérifiant Opp(MD(m)) = DM(m) et Opp(DM(m)) = MD(m). Vérifier que si σ ∈ Σ_m et si i, j sont des éléments de {1, …, m} vérifiant σ(j) > σ(i),
σ(j) − σ(i) = 1 + Card{k ∈ Δ_m|σ(i) < σ(k) < σ(j)}.
  1. À quelle condition (nécessaire et suffisante) sur n et k l'ensemble B(n, k) est-il non vide? À quelle condition (nécessaire et suffisante) sur n, s et k l'ensemble C(n, s, k) est-il non vide?
  2. Dans cette question et la suivante, on fixe n ≥ 2, 1 ≤ k ≤ n − 1 et 1 ≤ s ≤ n − k. On se propose de construire une bijection de C(n, s, k) sur B(n, k). Soit σ ∈ C(n, s, k).
    a. Vérifier que le nombre m d'entiers j ≥ 4 tels que σ(j) > σ(3) vérifie m ≥ k. On note j_1, …, j_m ces entiers, que l'on ordonne de telle manière que σ(j_1) < σ(j_2) < ⋯ < σ(j_m).
    b. On considère la fonction ξ : Δ_(n + 1) → ℕ ∪ {σ(j_k) + 1/2} définie par
ξ(1) = σ(j_k) + 1/2, ξ(2) = σ(3), …, ξ(n + 1) = σ(n + 2)
Montrer que ξ vérifie
ξ(p) > ξ(p + 1) pour p impair, ξ(p) < ξ(p + 1) pour p pair,
et que l'intervalle ]ξ(2), ξ(1)[ contient exactement k éléments de {ξ(3), …, ξ(n + 1)}.
c. On note A = ξ(Δ_(n + 1)) et on pose ξ¯ = β_A ∘ ξ (on rappelle que β_A désigne l'unique bijection croissante de A sur Δ_(n + 1) ). Montrer que ξ¯ ∈ DM(n + 1).
d. Soit η = Opp(ξ¯). Vérifier que η ∈ B(n, k).
On note Ψ_(n, s, k) l'application de C(n, s, k) dans B(n, k) définie par Ψ_(n, s, k)(σ) = η.
4. Soit η ∈ B(n, k) et soit ξ = Opp(η).
a. Vérifier que le nombre m d'entiers j ≥ 3 tels que ξ(j) > ξ(2) vérifie m ≥ k. On note j_1, …, j_m ces entiers, avec ξ(j_1) > ξ(j_2)⋯ > ξ(j_m).
b. On pose u_2 = ξ(j_k) − 1/2 > ξ(2). Montrer que le nombre m^′ d'entiers i ≥ 2 tels que ξ(i) < u_2 vérifie m^′ ≥ s. On les note i_1, …, i_(m^′), avec ξ(i_1) > ⋯ > ξ(i_(m^′)) et on pose u_1 = ξ(i_s) − 1/2.
c. En considérant l'application θ définie par
θ(1) = u_1, θ(2) = u_2, θ(3) = ξ(2), …, θ(n + 2) = ξ(n + 1),
montrer l'existence de σ ∈ C(n, s, k) vérifiant Ψ_(n, s, k)(σ) = η.
d. Montrer que Ψ_(n, s, k) est bijective.
5. Donner un procédé de calcul de CardMD(n) par récurrence.

Partie IV

  1. On note E_n = CardMD(n) et ℐ_n l'ensemble des nombres impairs de Δ_n.
    a. Démontrer que pour n ≥ 1 : E_(n + 1) = ∑_(i ∈ ℐ_(n + 1))(n/(i − 1))E_(i − 1)E_(n + 1 − i).
    b. En déduire que pour n ≥ 1 : 2E_(n + 1) = ∑_(i = 0)^n(n/i)E_i E_(n − i).
  2. a. Montrer que le rayon de convergence de la série entière ∑(E_n)/(n!)x^n est ≥ 1.
    b. Pour |x| < 1, on note f(x) la somme de la série entière précédente. Démontrer que
2f^′(x) = f^2(x) + 1, ∀x ∈ ] − 1, 1[
c. En déduire que f(x) = tan(x/2 + π/4) = 1/(cosx) + tanx, ∀x ∈ ] − 1, 1[, puis que
1/(cosx) = ∑_(n = 0)^∞(E_(2n))/((2n)!)x^(2n), tanx = ∑_(n = 0)^∞(E_(2n + 1))/((2n + 1)!)x^(2n + 1), ∀x ∈ ] − 1, 1[.
  1. Pour une fonction f : ℝ → ℝ de classe C^∞ et n ∈ ℕ, on note f^((n)) la dérivée d'ordre n de f, avec la convention f^((0)) = f. On note D : ℝ[X] → ℝ[X] l'unique application linéaire telle que
D(X^0) = 0, D(X^k) = k(X^(k − 1) + X^(k + 1)), ∀k ∈ ℕ^∗
Pour n ∈ ℕ^∗, on note D^n la composée d'ordre n de D, avec la convention D^0 = Id.
a. Soit P_n = D^n(X). Démontrer que pour n ∈ ℕ, tan^((n))(x) = P_n(tanx) pour x ∈ ] − π/2, π/2[.
b. Pour m ∈ ℕ^∗, soit V_m le sous-espace de ℝ[X] engendré par {X, …, X^m}. Soit ι_m l'injection canonique de V_m dans ℝ[X] et soit τ_m : ℝ[X] → V_m la projection linéaire définie par τ_m(X^k) = X^k si k ∈ {1, …, m} et τ_m(X^k) = 0 sinon. On pose enfin δ_m = τ_m ∘ D ∘ ι_m. Vérifier que δ_m est une application linéaire de V_m dans V_m et écrire sa matrice M_m dans la base (X, …, X^m).
4. Soit C_m ∈ ℝ[Y] le polynôme caractéristique de M_m.
a. Vérifier que C_1 = Y, C_2 = Y^2 − 2 et
C_m = YC_(m − 1) − m(m − 1)C_(m − 2), m ≥ 3
b. Calculer le déterminant de M_m.
c. Démontrer que, si e_m désigne la partie entière de m/2,
C_m = ∑_(k = 0)^(e_m)(− 1)^k c_(m, k)Y^(m − 2k)
avec
c_(m, 0) = 1; c_(m, k) = ∑_((a_1, …, a_k) ∈ J_k(m))a_1(a_1 + 1)a_2(a_2 + 1)⋯a_k(a_k + 1), 1 ≤ k ≤ e_m;
où J_k(m) désigne l'ensemble des k-uples d'entiers de {1, …, m − 1} tels que a_i + 2 ≤ a_(i + 1) pour 1 ≤ i ≤ k − 1.
5. Dans la suite de cette partie, p désigne un entier premier impair fixé. On pourra utiliser sans démonstration le théorème de Wilson :
(p − 1)! + 1 ≡ 0 [p]
On note ℤ_p le corps ℤ/pℤ et si a ∈ ℤ, on note a¯ sa classe dans ℤ_p. Pour 1 ≤ k ≤ e_p, on note P_k l'ensemble des parties P à k éléments de ℤ_p vérifiant la condition
∀α ∈ P, α + 1 ∉ P.
a. Pour P = {α_1, …, α_k} ∈ P_k et α ∈ ℤ_p, on pose τ_α(P) = {α_1 + α, …, α_k + α}. Montrer que l'application α ↦ τ_α est un morphisme de ( ℤ_p, + ) dans le groupe des bijections de P_k.
b. On définit une relation ℛ entre éléments de P_k de la manière suivante : si A, B sont dans P_k, AℛB si et seulement si il existe α ∈ ℤ_p tel que B = τ_α(A). Montrer que ℛ est une relation d'équivalence sur P_k, et que chaque classe d'équivalence est de cardinal p et admet un représentant de la forme {0^–, a¯_2, …, a¯_k} avec 0 < a_2 < ⋯ < a_k < p. On choisit un tel représentant pour chaque classe et on note R l'ensemble des représentants ainsi choisis.
c. Démontrer que
c_(p − 1, k)^– = ∑_({0, …, a_k} ∈ R)∑_(1 ≤ ℓ ≤ p − 1)ℓ¯ℓ + 1^–a_2 + ℓ^–a_2 + ℓ + 1^–⋯a_k + ℓ^–a_k + ℓ + 1^–.
  1. a. Pour q ∈ ℕ, on pose S_q = ∑_(ℓ = 0)^(p − 1)ℓ^q. Observer que p divise ∑_(ℓ = 0)^(p − 1)((ℓ + 1)^(q + 1) − ℓ^(q + 1)) et en déduire par récurrence que p divise S_q pour 0 ≤ q ≤ p − 2.
    b. Soient Z = [z_(ij)] et Z^′ = [z_(ij)^′] deux matrices carrées d'ordre N à éléments dans ℤ. On définit la relation Z ≡ Z^′[p] par z_(ij) ≡ z_(ij)^′[p] pour 1 ≤ i, j ≤ N. Démontrer que
(M_(p − 1))^((p − 1)) ≡ (− 1)^((p − 1)/2)Id [p]
c. Que peut-on dire d'un polynôme Q à coefficients entiers tel que Q(M_(p − 1)) ≡ 0[p] ?
7. On rappelle que E¯_n désigne la classe de E_n = CardMD(n) dans ℤ_p.
a. Montrer que E_(2n + 1) ≡ u_(2n)[p], où u_m est le coefficient sur le terme X de la décomposition de δ_(p − 1)^m(X) dans la base (X, …, X^(p − 1)).
b. Démontrer que la suite (E¯_(2n + 1))_(n ∈ ℕ) est périodique, de période minimale (p − 1)/2 si p ≡ 1 [4] et de période minimale ( p − 1 ) si p ≡ 3 [4].
c. Indiquer les modifications à apporter aux questions précédentes pour montrer un résultat analogue pour la suite (E¯_(2n))_(n ∈ ℕ).

Partie V

On note Sˆ l'ensemble des f ∈ S_∗ vérifiant lim_(x → − ∞)f(x) = − ∞ et lim_(x → + ∞)f(x) = + ∞. Dans cette partie, on dira simplement ≪ minimum ≫ pour ≪ minimum relatif ≫ et ≪ maximum ≫ pour ≪ maximum relatif ≫. On note Mi(f) l'ensemble des minimums de f et Ma(f) l'ensemble des maximums de f, donc E(f) = Mi(f) ∪ Ma(f).
  1. Soit f ∈ Sˆ.
    a. Vérifier que CardMi(f) = CardMa(f) et que pour y ∈ ℝ, f^(− 1)(] − ∞, y[) est la réunion d'intervalles ouverts non vides et deux à deux disjoints. On note ℐ(y) leur ensemble.
    b. Montrer que pour tout élément M de Ma(f), il existe un unique couple (I_−(M), I_+(M)) d'éléments de ℐ(f(M)) tels que M = SupI_−(M) = InfI_+(M).
    c. Montrer que I_+(M) est de la forme ]M, b[ avec b ∈ ]M, + ∞[ vérifiant f(b) = f(M). Que peut-on dire de I_−(M) ?
  2. Soit f ∈ Sˆ. On note Ma(f) = {M_1, …, M_μ} avec f(M_1) < f(M_2) < ⋯ < f(M_μ). Montrer qu'il est possible de définir une bijection Φ de Ma(f) dans Mi(f) par récurrence de la manière suivante :
  • Φ(M_1) est le minimum de f contenu dans I_−(M_1) ∪ I_+(M_1) dont l'image par f est la plus grande des images par f des minimums contenus dans I_−(M_1) ∪ I_+(M_1);
  • pour 2 ≤ k ≤ μ, Φ(M_k) est le minimum de f contenu dans I_−(M_k) ∪ I_+(M_k) dont l'image par f est la plus grande des images par f des minimums contenus dans I_−(M_k) ∪ I_+(M_k) et n'appartenant pas à Φ({M_1, …, M_(k − 1)}).
    On dira que Φ est la bijection associée à f.
  1. Soit f ∈ Sˆ. On fixe R ∈ ℝ^(∗ +) tel que E(f) ⊂ ] − R, R[ et on note Sˆ(f, R) l'ensemble des fonctions g de Sˆ qui coïncident avec f sur le complémentaire de ] − R, R[. Pour g ∈ Sˆ(f, R), on pose
‖g − f‖_R = Sup_(x ∈ ℝ)|g(x) − f(x)|
a. Montrer qu'il existe ε_0 > 0 tel que si g ∈ Sˆ(f, R) vérifie ‖g − f‖_R < ε_0,
CardE(g) ≥ CardE(f)
b. Montrer que pour tout ε > 0 et tout entier pair μ ≥ E(f), il existe g ∈ Sˆ(f, R) vérifiant ‖g − f‖_R < ε et telle que CardE(g) = μ.
4. Soit f ∈ Sˆ et soit Φ sa bijection associée. Le code de f est l'ensemble
C(f) = {f(M) − f(Φ(M))|M ∈ Ma(f)} ∪ {0}
On se propose dans la suite de cette partie de montrer que le code varie continûment avec la fonction, dans un sens approprié.
On fixe f ∈ Sˆ et un réel R > 0 comme dans la question précédente, dont on conserve les notations. On fixe ε > 0.
a. On pose
γ_0(f, R) = 1/2Min(Min_((x, x^′) ∈ E(f)^2, x ≠ x^′)|x − x^′|, R − MaxE(f), MinE(f) + R)
Vérifier que γ_0(f, R) > 0 et vérifier qu'il existe
γ ∈ ]0, γ_0(f, R)[
tel que
∀x ∈ E(f), |f(x) − f(x − γ)| < ε/4, |f(x) − f(x + γ)| < ε/4.
Dans la suite de cette question on suppose que γ est ainsi choisi.
Pour une fonction h ∈ S et pour tout élément x ∈ E(h)∖{MaxE(h)}, on appellera successeur de x pour h le plus petit élément de E(h) qui est strictement supérieur à x.
b. Soit m¯ ∈ Mi(f)∖{MaxE(f)} et soit M¯ ∈ Ma(f) le successeur de m¯ pour f. Montrer l'existence de α_0 > 0 tel que pour g ∈ Sˆ(f, R) vérifiant ‖g − f‖_R < α_0, pour tout maximum M de g dans [m¯ − γ, M¯ − γ], le successeur de M pour g est dans [m¯ − γ, M¯].
c. On conserve les hypothèses de la question précédente sur m¯ et M¯. Montrer l'existence de α_1 ∈ ]0, α_0[ tel que pour g ∈ Sˆ(f, R) vérifiant ‖g − f‖_R < α_1, pour tout maximum M de g dans [m¯ − γ, M¯ − γ], le successeur m de M pour g vérifie g(M) − g(m) < ε.
d. Soit M¯ ∈ Ma(f)∖{MaxE(f)} et soit m¯ ∈ Mi(f) le successeur de M¯ pour f. Montrer brièvement l'existence de α_2 > 0 tel que pour g ∈ Sˆ(f, R) vérifiant ‖g − f‖_R < α_2, pour tout minimum m de g dans [M¯ − γ, m¯ − γ], le successeur M de m pour g vérifie g(M) − g(m) < ε.
e. Étudier sans démonstration le cas des maximums et minimums contenus dans les intervalles [ − R, MinE(f) − γ] ou de la forme [MaxE(f) − γ, R].
5. On fixe f ∈ Sˆ, de bijection associée Φ, et un réel R > 0 comme dans la question précédente.
a. Montrer qu'il existe ε_0 tel que si 0 < ε < ε_0 et si γ > 0 vérifie (1) et (2), il existe α > 0 tel que pour toute fonction g ∈ Sˆ(f, R) vérifiant ‖g − f‖_R < α, pour tout couple (m, M) ∈ Mi(f) × Ma(f) vérifiant m = Φ(M), alors
m_g = Φ_g(M_g)
où
g(m_g) = Min_(x ∈ [m − γ, m + γ])g(x), g(M_g) = Max_(x ∈ [M − γ, M + γ])g(x),
et où Φ_g est la bijection associée à g.
b. Pour une partie finie C de ℝ et un réel x, on pose d_C(x) = Min{|x − y||y ∈ C}. Si C et C^′ sont deux parties finies de ℝ, on pose
H(C, C^′) = Max(Max_(x^′ ∈ C^′)d_C(x^′), Max_(x ∈ C)d_(C^′)(x))
Montrer qu'il existe α > 0 tel que si g ∈ Sˆ(f, R) vérifie ‖g − f‖_R < α, alors H(C(g), C(f)) < ε.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de Mathématiques D MP 2020 de l'ENS ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de Mathématiques D MP 2020 de l'ENS ?

Le sujet porte sur la topologie et la continuité des fonctions de R dans R, la connexité par arcs, le calcul différentiel avec le théorème d'inversion locale, les séries entières, et la combinatoire des permutations.

Le sujet de Mathématiques D ENS MP 2020 est-il difficile ?

Oui. La moyenne s'établit à 4,9 sur 20 pour une médiane de 4,2, et aucune copie n'a traité plus des deux tiers des questions sur les 1247 copies reçues.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet de l'ENS MP 2020 ?

Le jury relève une confusion fréquente entre déduction et implication, une faute de logique récurrente en question I.2.d, une mauvaise négation de la monotonie d'une fonction, et l'invocation de théorèmes hors programme sans justification suffisante.

Faut-il traiter toutes les parties du sujet de Mathématiques D ENS MP 2020 ?

Non. Le rapport indique que traiter parfaitement deux des cinq parties suffisait à obtenir 20/20, la plupart des meilleures copies se concentrant sur la partie I et deux autres parties au maximum.

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