ENS Mathématiques Paris Cachan MP 2003, épreuve PCSujet et corrigé
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SESSION 2003
Filière MP
MATHÉMATIQUES
Épreuve commune aux ENS de Paris et Cachan
Durée : 4 heures
L'usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d'accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n'est autorisé entre les candidats.
Le but de ce problème est l'étude mathématique de la notion d'entropie. La partie I est consacrée à des questions préliminaires et les parties suivantes à l'étude des propriétés et des liens entre différentes définitions de l'entropie.
Notations et rappels :
On notera
ℝ l'ensemble des nombres réels, et
ℝ_+ l'ensemble des nombres réels positifs ou nuls.
On dira qu'une fonctionf de
ℝ dans
ℝ est à support compact s'il existe un intervalle fermé borné
[a, b] de
ℝ tel que
f(x) = 0 pour tout
x ∉ [a, b] .
On aura besoin de considérer la fonctionx ↦ xlnx définie pour
x > 0 , et par continuité, lorsque
x = 0 , on posera
xlnx = 0 .
D'autre part, on rappelle la valeur de l'intégrale de Gauss:
On dira qu'une fonction
On aura besoin de considérer la fonction
D'autre part, on rappelle la valeur de l'intégrale de Gauss:
Partie I
Dans cette partie,
φ désigne une fonction de classe
C^2 définie sur un intervalle
I de
ℝ et à valeurs réelles. On suppose que la dérivée seconde de
φ est positive sur
I (on dira alors que
φ est convexe).
I-1. A l'aide d'une formule de Taylor, montrer que
I-1. A l'aide d'une formule de Taylor, montrer que
I-2. Soit un entier
n ⩾ 2 , soient
x_1, …, x_n dans
I et soient
a_1, …, a_n dans
[0, 1] tels que
∑_(i = 1)^n a_i = 1 . En utilisant la question précédente avec
x = ∑_(i = 1)^n a_i x_i , montrer que
I-3. Soient
f et
g deux fonctions continues définies sur un intervalle
[a, b] de
ℝ et à valeurs réelles. On suppose que:
f est positive sur
[a, b], ∫_a^b f(x)dx = 1 et
g est à valeurs dans
I . Montrer que
Partie II
Pour tout entier
n ⩾ 2 , on note
A_n l'ensemble des
p = (p_1, …, p_n) de
ℝ^n tels que pour tout
i entier entre 1 et
n, p_i ⩾ 0 et tels que
∑_(i = 1)^n p_i = 1 . On définit alors sur
A_n la fonction entropie, notée
H_n , par
II-1. Soit un entier
k ⩾ 2 , et soit
p = (p_1, …, p_k) dans
A_k tel que pour tout
i entre 1 et
k ,
p_i > 0 . A l'aide de la convexité de la fonction
x ↦ − lnx , montrer que
En déduire que pour tout entier
n ⩾ 2 , et tout
p ∈ A_n , on a:
0 ⩽ H_n(p) ⩽ ln(n) .
II-2. Soientp et
q dans
A_n , et
λ ∈ [0, 1] . Vérifier que le vecteur
λp + (1 − λ)q appartient aussi à
A_n , et montrer (en utilisant la convexité de la fonction
x ↦ xlnx ) que
II-2. Soient
II-3.a. Pour
p = (p_1, …, p_n) dans
A_n et
q = (q_1, …, q_m) dans
A_m , on note
p.q le vecteur de
ℝ^(nm) défini par
p.q = (p_1 q_1, …, p_1 q_m, p_2 q_1, …, p_2 q_m, …, p_n q_1, …, p_n q_m) . Vérifier que
p.q appartient à
A_(nm) et que
II-3.b. Soit
n ⩾ 3 et
p = (p_1, …, p_n) dans
A_n tel que
p_1 + p_2 > 0 . Vérifier que
II-4. Soient
p = (p_1, …, p_n) et
q = (q_1, …, q_n) deux éléments distincts de
A_n . On suppose de plus que pour tout
i, q_i > 0 , et on définit alors l'entropie relative de
p et
q par
Soit
I l'ensemble des indices
i entre 1 et
n tels que
p_i ⩾ q_i . On pose alors
p~ = ∑_(i ∈ I)p_i et
q~ = ∑_(i ∈ I)q_i .
II-4.a. Montrer queI est non vide et de cardinal strictement inférieur à
n . Puis montrer, à l'aide de la convexité de la fonction
x ↦ − lnx , que pour tout sous-ensemble
J non vide de
{1, …, n} , on a:
II-4.a. Montrer que
En déduire alors que
II-4.b. Montrer que
II-4.c. A l'aide d'une étude de la fonction
t ↦ p~lnt + (1 − p~)ln(1 − t) , montrer que
II-5. Soit une suite de fonctions
J_n : A_n → ℝ_+ , définie pour
n ⩾ 2 , et vérifiant les propriétés suivantes:
(P1) Continuité: la fonctionp ↦ J_2(p, 1 − p) est continue sur
[0, 1] .
(P2) Symétrie:∀n ⩾ 2, ∀σ permutation de
{1, …, n} , et
∀p = (p_1, …, p_n) ∈ A_n ,
(P1) Continuité: la fonction
(P2) Symétrie:
(P3) Maximalité:
∀n ⩾ 2, ∀p = (p_1, …, p_n) ∈ A_n, J_n(p_1, …, p_n) ⩽ J_n(1/n, …, 1/n) .
(P4) Extensibilité:∀n ⩾ 2, ∀p = (p_1, …, p_n) ∈ A_n, J_(n + 1)(p_1, …, p_n, 0) = J_n(p_1, …, p_n) .
(P5) Additivité:∀n, m ⩾ 2, ∀p ∈ A_n, ∀q ∈ A_m, J_(nm)(p.q) = J_n(p) + J_m(q) .
(P6) Récursivité:∀n ⩾ 3, ∀p = (p_1, …, p_n) ∈ A_n tel que
p_1 + p_2 > 0 ,
(P4) Extensibilité:
(P5) Additivité:
(P6) Récursivité:
II-5.a. On pose pour tout
n ⩾ 2, ψ(n) = J_n(1/n, …, 1/n) . Montrer que la suite
(ψ(n))_(n ⩾ 2) est croissante, et que pour tous les entiers
n, m ⩾ 2 , on a
ψ(nm) = ψ(n) + ψ(m) .
II-5.b. On pose dans toute la suitec = ψ(2)/ln2 . Montrer tout d'abord que si
c = 0 alors
ψ(n) = 0 pour tout
n ⩾ 2 . On suppose maintenant
c ≠ 0 . Soit un entier
n > 2 . En encadrant, pour tout entier
r non nul,
n^r entre des puissances de 2 , montrer que
ψ(n) = cln(n) .
II-5.c. Montrer par récurrence surn ⩾ 2 que pour tout
(p_1, p_2) ∈ A_2 tel que
p_1 > 0 et
p_2 > 0 , et tous
(q_1, …, q_n) et
(r_1, …, r_n) dans
A_n , on a:
II-5.b. On pose dans toute la suite
II-5.c. Montrer par récurrence sur
II-5.d. Soient
k et
n deux entiers tels que
2 ⩽ k ⩽ n − 2 , montrer que
Puis en déduire que pour tout
p ∈ [0, 1] , on a
II-5.e. Montrer par récurrence sur
n que pour tout
n ⩾ 2 , on a
J_n = cH_n .
Tournez la page S.V.P.
Partie III
Dans cette partie on notera
F l'ensemble des fonctions
f de
ℝ dans
ℝ_+ , continues et telles que la fonction
x ↦ x^2 f(x) soit bornée sur
ℝ , l'intégrale
∫_(− ∞)^(+ ∞)x^2 f(x)dx converge et
∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)dx = 1 .
On notera de plusF_0 l'ensemble des fonctions de
F qui sont à support compact.
III-1. Pour toutf appartenant à
F , on définit l'entropie différentielle de
f par:
On notera de plus
III-1. Pour tout
Montrer que cette intégrale est bien définie.
III-2. Soientμ un réel et
σ un réel strictement positif. On définit sur
ℝ la fonction
g_(μ, σ) par
III-2. Soient
Montrer que
g_(μ, σ) appartient à
F , et que
En déduire la valeur de
H(g_(μ, σ)) .
III-3.a. Soitf ∈ F telle que
∀x ∈ ℝ, f(x) > 0 . Pour tout
μ réel et tout
σ réel strictement positif, on pose
III-3.a. Soit
Montrer que cette quantité est bien définie, et montrer de plus, à l'aide de la convexité de la fonction
t ↦ − lnt , que
K_(μ, σ)(f) ⩾ 0 .
III-3.b. En déduire que si on définit les réelsm et
s par
m = ∫_(− ∞)^(+ ∞)xf(x)dx et
s = √(∫_(− ∞)^(+ ∞)(x − m)^2 f(x)dx) , alors
III-3.b. En déduire que si on définit les réels
Partie IV
On reprend dans cette partie les notations des parties précédentes.
IV-1.a. Soitf ∈ F . Pour tout réel
r ∈ ]1/2, + ∞[ , et
r ≠ 1 , on définit l'entropie de Renyi d'ordre
r de
f par
IV-1.a. Soit
Montrer que cette quantité est bien définie. La fonction
f étant fixée, on considère la fonction
F définie sur
]1/2, + ∞[ par
r ↦ F(r) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)f^r(x)dx . Montrer que
F est de classe
C^1 , et calculer
F^′(1) .
IV-1.b. En déduire que
h_r(f) tend vers
H(f) lorsque
r tend vers 1.
IV-2.a. Soientf et
g dans
F . On appelle alors produit de convolution de
f et de
g , que l'on note
f∗g , la fonction définie sur
ℝ par:
IV-2.a. Soient
Justifier la convergence de cette intégrale pour tout
x réel.
IV-2.b. Montrer quef est uniformément continue sur
ℝ . En déduire que
f∗g est continue sur
ℝ .
IV-2.b. Montrer que
IV-3.a. On suppose dans la suite que
f et
g sont dans
F_0 . Montrer alors que
f∗g appartient aussi à
F_0 .
IV-3.b. En utilisant la convexité de la fonction
t ↦ tlnt , montrer que
IV-4.a. Soient
f et
g dans
F_0 . On admet dans la suite le résultat suivant (inégalité de Young forte): pour tous
p, q, r réels strictement supérieurs à 1 , tels que
1/r = 1/p + 1/q − 1 , alors
où pour tout
x > 1 , on a posé
C(x) = exp(1/xlnx + (x − 1)/xln(x − 1)/x) .
Soitr ∈ ]1, + ∞[ et
λ ∈ ]0, 1[ . On pose
p = r/(r + λ(1 − r)) et
q = r/(r + (1 − λ)(1 − r)) , montrer que
Soit
IV-4.b. On fixe
λ ∈ ]0, 1[ . En faisant tendre
r vers 1 dans l'inégalité ci-dessus, montrer que
IV-4.c. Utiliser le résultat de la question précédente avec
λ choisi de façon optimale pour en déduire que
Pas de description pour le moment
