Mines Mathématiques 2 PSI 2026Sujet et rapport du jury
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DifficileNombres de Bernoulli, valeurs de ζ aux entiers pairs et probabilité qu'un entier soit sans facteur à la puissance kAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet établit d'abord un développement eulérien de 2πx/(e^(2πx) - 1) à l'aide de séries de fonctions et d'une équation différentielle, puis développe x/(e^x - 1) en série entière pour relier les nombres de Bernoulli aux valeurs ζ(2k) et calculer ζ(2) et ζ(4). Les deux dernières parties montrent que la probabilité q_n(k) qu'un entier tiré uniformément dans ⟦1, n⟧ soit sans facteur à la puissance k tend vers 1/ζ(k), par inclusion-exclusion, fonction de Möbius et convergence dominée.
- 1Partie 1 : calcul de la somme des 1/(n² + x²)À partir d'une somme géométrique écrite sous forme intégrale, on calcule la somme des sin(kθ)/k, on étudie les séries de fonctions S(t) et g_x(t), puis on résout une équation différentielle linéaire du second ordre pour obtenir le développement de 2πx/(e^(2πx) - 1).
- 2Partie 2 : développement en série entière de x/(e^x - 1) et applicationsOn développe la somme des x²/(x² + n²) en série entière, on en déduit les coefficients b_k (nombres de Bernoulli) par un produit de Cauchy, puis les valeurs de ζ(2) et ζ(4).
- 3Partie 3 : probabilité qu'un entier choisi dans ⟦1, n⟧ soit sans facteur à la puissance kAvec les fonctions indicatrices et la formule d'inclusion-exclusion, on exprime q_n(k) à l'aide de la fonction de Möbius et on montre sa convergence par le théorème de convergence dominée.
- 4Partie 4 : calcul de la somme des μ(d)/d^kPar un produit de séries de Dirichlet traité de manière élémentaire, on montre que la limite de q_n(k) vaut 1/ζ(k) et on précise les cas k = 2 et k = 4.
Difficile. Le jury décrit une première partie technique qui a pris les candidats à froid, des questions 5 et 19 presque jamais résolues, et une majorité de candidats qui ne sont pas allés au-delà de la partie II.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesMajorations de nombres complexes · Existence des objets non vérifiée · Confusion entre conditions nécessaires et suffisantesAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe jury déplore un net relâchement dans le soin des copies et un manque d'effort pour rendre les calculs lisibles. La partie I, technique, n'a été réussie que sur quelques questions proches du cours ; la partie II a été mieux traitée. La partie probabiliste a été peu abordée au-delà des questions 15 à 18, et une partie des difficultés venait de l'absence de théorème de Fubini au programme de PSI, que plusieurs questions contournaient.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Majorations de nombres complexesQ2
Pour dominer la suite de fonctions de la question 2, beaucoup ont comparé directement des nombres complexes au lieu de passer au module. L'intervalle de convergence dominée, [0, 1[, était aussi souvent mal identifié.
« La plupart des erreurs sont provenues de tentatives de majorations de nombres complexes, ce qui a été justement (donc lourdement) sanctionné. »
- 2Existence des objets non vérifiéeQ1, Q3
La raison de la somme géométrique différente de 1 (question 1) et la bonne définition de la fonction u_θ (question 3) ont rarement été justifiées. Des candidats ont bluffé pour faire coïncider une dérivée avec l'intégrande.
« presque aucun ne prend la peine de vérifier ... que cette fonction est correctement définie »
- 3Confusion entre conditions nécessaires et suffisantesQ7
Il suffisait de proposer un polynôme et de vérifier par ses dérivées qu'il est solution ; beaucoup ont rédigé une analyse-synthèse confuse.
« Les confusions entre conditions nécessaires et conditions suffisantes ont été omniprésentes. »
- 4Équation différentielle mal résolueQ8
La résolution devait se faire sur [0, π], avec prolongement par continuité du résultat de la question 5 en π. Les solutions de l'équation homogène dépendant du paramètre x étaient peu justifiées, et les fonctions hyperboliques étaient préférables aux exponentielles.
- 5Interversions de sommes non justifiéesQ11
La limite de ζ(s) en +∞ demandait un théorème de double limite avec convergence normale, puis une sommation justifiée de l'identité de la question 10. Beaucoup ont interverti sans argument.
« Trop de candidats se sont pourtant permis des interversions de sommes infinies sans justification. »
- 6Vocabulaire des probabilitésQ16, Q17
Des candidats confondent issues et événements, ou événements et espérances, et invoquent à tort l'indépendance. Les fonctions indicatrices sont peu utilisées.
« De telles confusions ruinent toute possibilité de raisonnement. »
Ce qui a été bien réussi
- Les questions 4 et 6, applications directes du cours sur les séries de fonctions, ont été bien ou correctement réussies.
- Les calculs de la question 7 et la question de conclusion 9 ont souvent abouti.
- La partie II a été mieux réussie que la première ; beaucoup de candidats ont donné les expressions des coefficients b_k à la question 12.
- Un nombre substantiel de candidats a obtenu b_2 et ζ(2) à la question 14, et la question 17 a donné lieu à une quantité appréciable de solutions correctes.
Conseils du jury
- Énoncer complètement les théorèmes utilisés (convergence dominée, dérivation des séries de fonctions, produit de Cauchy de séries entières) et en vérifier les hypothèses.
- Vérifier l'existence des objets manipulés, notamment la non-annulation des dénominateurs, avant tout calcul.
- Ne jamais écrire d'inégalité entre nombres complexes : passer au module.
- Justifier une convergence par un argument précis, par exemple une comparaison à 1/n², la règle de Riemann n'étant pas au programme de la filière.
- Traiter en profondeur un nombre réduit de questions plutôt que de picorer les questions tardives.
- Utiliser les fonctions indicatrices pour les calculs de probabilités d'unions et les variables de comptage.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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Durée de l'épreuve : 3 heures
L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.
Probabilité qu'un entier choisi au hasard et uniformément dans
[ [1; n] ] soit sans facteur à la puissance
k
La partie 2 n'utilise que le développement en série obtenu à la dernière question de la partie 1 et en est donc indépendante exceptée cette question. Cette partie 2 permet un calcul effectif de proche en proche des valeurs de la fonction zêta en un entier pair non nul à partir des nombres de Bernoulli.
La partie 3 est indépendante des parties 1 et 2. La partie 4 utilise les valeurs obtenues à la dernière question de la partie 2 et est donc indépendante des parties 1 et 2 exceptée cette question.
Dans les parties 3 et 4, on se donne un entier naturel non nul
On montre enfin que à
Partie 1 : Calcul de la somme
∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^2 + x^2)
-
1▹ Soitθ ∈ R∖2πZ . Montrer que pour tout entier natureln non nul :
∑_(k = 1)^n(e^(ikθ))/k = ∫_0^1 e^(iθ)(1 − (e^(iθ)t)^n)/(1 − e^(iθ)t) dt -
2▹ En déduire que pourθ ∈ R∖2πZ , la série numérique∑_(k ≥ 1)(e^(ikθ))/k converge, et que :
∑_(k = 1)^(+ ∞)(e^(ikθ))/k = ∫_0^1(e^(iθ))/(1 − e^(iθ)t) dt. -
3▹ En déduire que pourθ ∈ ]0; π[ , la série numérique∑_(k ≥ 1)(sin(kθ))/k converge et que :
∑_(k = 1)^(+ ∞)(sin(kθ))/k = (π − θ)/2.
- et vérifier que
∑_(k = 1)^(+ ∞)(sin(kθ))/k = ∫_0^1 u_θ^′(t)dt. -
4▹ SoitS la fonction numérique définie pour toutt réel parS(t) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)(cos(nt))/(n^2) . Justifier queS est bien définie sur R. Montrer queS est également continue sur R. - 5▷ En déduire que pour tout
θ ∈ [0; π[ , on a :
S(θ) = (θ^2)/4 − (πθ)/2 + S(0). - 6▷ Pour tout
x réel, on introduit la fonction numériqueg_x bien définie sur R par :
g_x(t) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)(cos(nt))/(n^2(n^2 + x^2)).
Justifier que pour toutx réel, la fonctiont ↦ g_x(t) est de classeC^2 surR et vérifie :
∀t ∈ R, g_x^(′′)(t) − x^2 g_x(t) = − S(t). - 7▷ Pour un réel
x non nul fixé, déterminer une solution polynomialet ↦ P(t) de degré 2 de l'équation différentielle :
(E_x) : ∀t ∈ R, y^(′′)(t) − x^2 y(t) = − (t^2)/4 + (πt)/2 − S(0). - 8▷ Pour tout réel
x , calculerg_x^′(0) etg_x^′(π) . Pourx réel non nul, montrer que :
g_x^(′′)(0) = − π/(2x) × (1 + e^(− 2πx))/(1 − e^(− 2πx)) + 1/(2x^2). - 9▷ En déduire que pour tout réel
x non nul :
(2πx)/(e^(2πx) − 1) = 1 − πx + ∑_(n = 1)^(+ ∞)(2x^2)/(n^2 + x^2).
Partie 2 : Développement en série entière de
x ↦ x/(e^x − 1) et applications
Déterminer alors
Indication : On pourra remarquer que pour
En utilisant la question
Partie 3 : Probabilité qu'un entier naturel choisi au hasard et uniformément dans
[ [1; n] ] soit sans facteur à la puissance
k
- *On note
P l'ensemble des nombres premiers. On ordonneP par ordre croissant, et on notep_n le n-ième nombre premier. Ainsi, par exemple,p_1 = 2, p_2 = 3, p_3 = 5 etp_7 = 17 . - *Soit
k un entier naturel non nul tel quek ≥ 2 .
On dit qu'un entier natureln non nul est sans facteur à la puissancek si :
{p ∈ P, p^k|n} = ∅.
Lorsquen ≠ 1 , cela revient à dire que sin s'écritn = ∏_(k = 1)^r q_i^(α_i) avec des facteurs premiersq_i tous distincts, alors pour touti ∈ [ [1; r] ] , on aα_i ≤ k − 1 .
De même, montrer que
On a donc
On se donne également un entier
- 20▷ Montrer que la suite
(q_n(k))_(n ∈ N^∗) est convergente et qu'elle converge versℓ = ∑_(d = 1)^(+ ∞)(μ(d))/(d^k) .
Indication : on pourra introduire la suite de fonctions(f_n)_(n ∈ N^∗) , où chaquef_n est constante par morceaux sur[1; + ∞[ et définie par :
∀d ∈ N^∗, ∀t ∈ [d; d + 1[, f_n(t) = 1/nμ(d)⌊n/(d^k)⌋,
et chercher à utiliser le théorème de convergence dominée.
Partie 4 : Calcul de la somme
∑_(d = 1)^(+ ∞)(μ(d))/(d^k)
-
21▹ PourN ∈ N^∗ , justifier queF_N ⊂ E_N ⊂ F_(N^2) , et montrer que la suite(S_N)_(N ∈ N^∗) converge.
En déduire que :
∑_(m = 1)^(+ ∞)(∑_(d|m)|u_d|v_(m/d)) = (∑_(i = 1)^(+ ∞)(|μ(i)|)/(i^s))(∑_(j = 1)^(+ ∞)1/(j^s)),
où∑_(d|m) désigne la somme sur tous les entiers naturels divisantm . - 22▷ Pour
N ∈ N^∗ , justifier que :
|(∑_(i = 1)^N u_i)(∑_(j = 1)^N v_j) − ∑_(m = 1)^N(∑_(d|m)u_d vm/d)| ≤ ∑_((i, j) ∈ E_N)|u_i|v_j − ∑_((i, j) ∈ F_N)|u_i|v_j.
24 ▷ En utilisant les questions 22 ▷ et 23 ▷, en déduire que pour
En particulier, préciser les valeurs de
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Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en Mines maths 2 PSI 2026 ?
Le jury cite les majorations de nombres complexes, l'oubli de vérifier l'existence des objets, les interversions de sommes sans justification, les confusions entre conditions nécessaires et suffisantes, et un vocabulaire probabiliste mal maîtrisé.
Le sujet Mines maths 2 PSI 2026 était-il difficile ?
La première partie, technique, a été très mal réussie en dehors de quelques questions de cours. La deuxième a été mieux traitée, mais une grande partie des candidats ne l'a pas dépassée.
Pourquoi le sujet Mines maths 2 PSI 2026 contourne-t-il le théorème de Fubini ?
Le rapport rappelle que le programme de PSI ne permet pas d'évaluer les théorèmes de Fubini ou de sommation par paquets sur les sommes doubles. Plusieurs questions des parties II et IV proposaient donc des voies élémentaires pour obtenir les mêmes résultats.
Pas de description pour le moment
