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CCINP Mathématiques 1 TSI 2000Sujet et corrigé

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CONCOURS COMMUNS POLYTECHNIQUES

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE-FILIÈRE TSI

MATHÉMATIQUES 1

Durée : 4 heures
L'usage des calculatrices programmables et alphanumériques est autorisé sous réserve des dispositions définies dans la circulaire n^∘ 99-018 du 01.02.99.
Il est rappelé aux candidats qu'il sera tenu compte de la présentation et de la rédaction des copies.
On pourra admettre un résultat pour traiter les questions suivantes.
Dans tout ce devoir les matrices seront des matrices carrées 3 × 3, ou des matrices colonnes 3 × 1, à coefficients dans ℂ.
On pourra identifier matrice carrée avec application linéaire dans une base canonique, et matrice colonne avec vecteur.
Rappels et Définitions
  • λ^n, avec λ complexe et n entier naturel, admet une limite lorsque n tend vers l'infini si et seulement si λ = 1 ou |λ| < 1.
  • On note Sp(A) le spectre de A, c'est-à-dire l'ensemble des valeurs propres de A.
  • On dit que la matrice carrée T de terme général t_(i, j) est triangulaire supérieure si et seulement si : ∀i > j, t_(i, j) = 0.
  • On dit que la matrice carrée N est nilpotente si et seulement si ∃n ∈ ℕ^∗ tel que N^n = 0 ( 0 est la matrice nulle et N^n est le produit de N par elle-même n fois, par convention N^1 = N et N^0 = I la matrice unité).
  • Soit A une matrice de dimension quelconque, de terme général a_(i, j). On pose ‖A‖ = sup_(i, j)|a_(i, j)|.
On admet que l'application A ↦ ‖A‖ est une norme sur l'espace des matrices ayant même dimension que A.
  • On appelle suite de matrices complexes une application de D ⊂ ℕ dans M_(n, p)(ℂ); l'image de k est notée A_k ou A(k), l'élément général de A(k) est noté a_(i, j)(k).
    On dit que la suite A(k) converge vers B (ou admet B pour limite) si et seulement si lim_(k → + ∞)‖A(k) − B‖ = 0, et on note lim_(k → + ∞)A(k) = N ou limA(k) = B.
  • À toute suite A(k) de matrices, on associe la suite dite «des sommes partielles» U(k) = ∑_(i = 0)^k A(i). Si cette nouvelle suite converge, on note lim_(k → + ∞)U(k) = ∑_(i = 0)^(+ ∞)A(i) que l'on appelle somme de la série de terme général A(k).
  • On note, si cette limite existe, exp(A) = ∑_(i = 0)^(+ ∞)(A^i)/(i!).
Le but de ce problème est, pour quelques matrices A, de calculer, lorsque c'est possible, ∑_(i = 0)^(+ ∞)A^i etexp(A) = ∑_(i = 0)^(+ ∞)(A^i)/(i!).

PARTIE I

Dans cette partie vous démontrerez des propriétés générales sur des limites, des suites et des séries de matrices. Les matrices sont, sauf indication du contraire, dans M_3(ℂ).
  1. Le terme général de A(k) est a_(i, j)(k) et celui de B est b_(i, j).
    a. Montrer que A(k) converge vers B si et seulement si ∀i, j lim_(k → + ∞)a_(i, j)(k) = b_(i, j). A-t-on le même type de propriété pour les matrices colonnes?
    b. Montrer que A(k) converge vers B si et seulement si pour toute matrice colonne 3 × 1 notée X, A(k)X converge vers BX.
    c. Montrer que A(k) converge vers B si et seulement si pour toute matrice 3 × 3 notée C inversible, A(k)C converge vers BC.
    d. Montrer que si lim_(k → + ∞)A(k) = B et lim_(k → + ∞)C(k) = D, alors lim_(k → + ∞)(A(k) + C(k)) = B + D.
  2. a. Montrer que ‖AB‖ ⩽ 3‖A‖‖B‖. En déduire que ‖A^k‖ ⩽ 3^(k − 1)‖A‖^k pour k ∈ ℕ^∗.
    b. Montrer que, si A est inversible, on a pour tout k ∈ ℕ^∗, ‖A^k‖^(1/k) ⩾ 1/(3‖A^(− 1)‖).
En déduire que si lim_(k → + ∞)‖A^k‖^(1/k) = 0 alors A n'est pas inversible.
3. a. Simplifier l'expression (I − A)(∑_(i = 0)^k A^i) où I désigne la matrice unité de M_3(ℂ).
b. Montrer que si lim_(k → + ∞)A^k = 0, alors pour toute matrice colonne 3 × 1 notée X, on a lim_(k → + ∞)A^k X = 0. En déduire que A − I est inversible et exprimer son inverse comme somme d'une série.
En déduire l'existence de ∑_(i = 0)^(+ ∞)A^i.
4. Montrer que lim_(k → + ∞)A(k) = B si et seulement si lim_(k → + ∞)P^(− 1)A(k)P = P^(− 1)BP avec P une matrice inversible.
En déduire que lim_(k → + ∞)A^k = B si et seulement si lim_(k → + ∞)(P^(− 1)AP)^k = P^(− 1)BP, avec P une matrice inversible.
5. Soit A telle que lim_(k → + ∞)A^k = B.
a. Si B est inversible, montrer que A est égale à I.
b. Montrer que les valeurs propres de A valent 1 ou ont un module strictement inférieur à 1 .
c. On suppose que A est diagonalisable et que A ≠ I.
Montrer que si 1 ∉ Sp(A) alors B est nulle, et que si 1 ∈ Sp(A) alors B est diagonalisable avec Sp(B) ⊂ {0, 1}.
6. Soit A quelconque.
Montrer que si A = PBP^(− 1) et si exp(B) existe, alors exp(A) existe et exp(A) = Pexp(B)P^(− 1).

PARTIE II

Dans cette partie nous nous intéressons plus particulièrement aux matrices triangulaires supérieures ou diagonales.
On pose D = (a, 0, 0; 0, b, 0; 0, 0, c), M = (a, 0, 0; 0, b, 1; 0, 0, b) et Q = (a, 1, 0; 0, a, 1; 0, 0, a) avec a, b et c complexes.
Remarque : a, b et c ne sont pas forcément différents.
  1. a. Calculez M^2, M^3, Q^2 et Q^3.
    b. Déterminer la forme générale de D^k, M^k et Q^k avec k ∈ ℕ^∗.
  2. a. Déterminer les a, les b et les c pour que D^k, M^k et Q^k convergent.
Calculer dans ce cas lim_(k → + ∞)D^k, lim_(k → + ∞)M^k et lim_(k → + ∞)Q^k.
b. Si on suppose que lim_(k → + ∞)D^k = 0, calculer ∑_(i = 0)^(+ ∞)D^i.
c. Si on suppose que lim_(k → + ∞)M^k = 0, calculer ∑_(i = 0)^(+ ∞)M^i.
d. Si on suppose que lim_(k → + ∞)Q^k = 0, calculer ∑_(i = 0)^(+ ∞)Q^i.
3. Montrer que exp(D), exp(M) et exp(Q) existent et déterminer leur valeur.

PARTIE III

Dans cette partie nous nous intéressons plus particulièrement aux matrices nilpotentes. Dans toute cette partie, sauf indication du contraire, on considère N une matrice carrée 3 × 3 nilpotente non nulle à coefficients dans ℂ.
  1. a. Montrer que les quatre affirmations suivantes sont équivalentes :
    (i) N est nilpotente
    (ii) Sp(N) = {0}
    (iii) N est semblable à une matrice triangulaire supérieure de diagonale nulle
    (iiii) N^3 = 0.
    Application : En déduire que l'équation A^2 = (0, 1, 0; 0, 0, 1; 0, 0, 0), d'inconnue A une matrice carrée 3 × 3 n'admet pas de solution.
    b. Montrer que det(I − N) = 1.
En déduire que I − N est inversible. Que vaut l'inverse de I − N ?
Quelles sont les valeurs propres de I − N ? En déduire que I − N n'est pas diagonalisable.
c. Montrer que si N^2 ≠ 0 et N nilpotente alors il existe X ∈ ℂ^3 telle que ( X, NX, N^2 X ) est une base de ℂ^3.
En déduire que :
A commute avec N ⇔ A combinaison linéaire de I, N, et N^2.
En déduire que si A commute avec N alors det(A − N) = det(A).
A-t-on encore det(A − N) = det(A) si A ne commute pas avec N?
2. Soient N_1 et N_2 deux matrices nilpotentes telles que N_1 N_2 = N_2 N_1.
a. Montrer que N_1 N_2 et que N_1 + N_2 sont nilpotentes.
b. En développant (N_1 + N_2)^3 et (N_1 + N_2)^4, montrer que N_1 N_2^2 + N_1^2 N_2 = 0 et que N_1^2 N_2^2 = 0.
c. Montrer que exp(N_1 + N_2) = exp(N_1)exp(N_2).
d. En déduire que si N est nilpotente alors exp(N) est inversible ; vous donnerez l'inverse de exp(N).
3. Application : Dans cette question (et dans cette question seulement) on considère
N = (1, 1, 1; − 1, − 1, − 1; 1, 1, 0)
a. Montrer que N est nilpotente.
b. Calculer ∑_(i = 0)^(+ ∞)N^i. En déduire l'inverse de I − N.
c. Calculer exp(N) et exp(− N).

PARTIE IV

Dans cette partie nous calculerons l'exponentielle d'une matrice dans deux cas particuliers.
  1. On considère R = (2, − 1, 2; − 1, 2, 2; 2, 2, − 1) et D = (3, 0, 0; 0, 3, 0; 0, 0, − 3).
    a. Déterminer les valeurs propres de R.
    b. Déterminer les espaces propres de R.R est-elle diagonalisable ?
En déduire que exp(R) existe. Calculer exp(R).
2. On considère M = (0, 1, 1; 1, 0, − 1; 1, 1, − 1) et T = (1, 0, 0; 0, − 1, 1; 0, 0, − 1).
a. Déterminer les valeurs propres de M.
b. Déterminer les espaces propres de M.M est-elle diagonalisable ?
Déterminer U et V, deux matrices colonnes 3 × 1 propres de M, avec U associée à la valeur propre 1 et V associée à la valeur propre -1 .
c. Déterminer W matrice colonne 3 × 1 telle que (M + I)W = V.
En déduire que M et T sont deux matrices semblables.
Déterminer une matrice 3 × 3 notée P inversible telle que M = PTP^(− 1).
Montrer que exp(M) existe. Calculer exp(M).

Fin de l'énoncé

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