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CCINP Mathématiques 1 TSI 2002Sujet et corrigé

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CONCOURS COMMUNS POLYTECHHNIQUES

EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE TSI

MATHEMATIQUES 1

Durée : 4 heures

Les calculatrices sont interdites.
NB. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

Notations du problème

Soit n un entier naturel non nul, ℳ_n(ℝ) l'algèbre des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels.
Soit A = [a_(i, j)]_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n) un élément de ℳ_n(ℝ).
i indique le numéro de la ligne de a_(i, j).
j indique le numéro de la colonne de a_(i, j).
On appelle trace de A et on note tr(A) le nombre réel tr(A) = ∑_(i = 1)^n a_(i, i).
^t A désigne la transposée de la matrice A.
GL_n(ℝ) est l'ensemble des matrices carrées inversibles de ℳ_n(ℝ).
I_n désigne la matrice unité d'ordre n.
S_n(ℝ) est l'ensemble des matrices symétriques.
A_n(ℝ) est l'ensemble des matrices antisymétriques, c'est-à-dire telles que ^t A = − A.

PARTIE I

  1. Montrer que l'application tr est une application linéaire.
  2. Soit A et B dans ℳ_n(ℝ).
Est-ce que l'on a tr(AB) = tr(A)tr(B) ?
Montrer que tr(AB) = tr(BA).
3) Soit P dans GL_n(ℝ) et A dans ℳ_n(ℝ). Montrer que tr(P^(− 1)AP) = tr(A).
4) Soit A et B, 2 matrices semblables.
Que peut-on dire de leurs polynômes caractéristiques?
Que représente tr(A) relativcrnent aux coefficients du polynôme caractéristique P_A^′ X de A ?
Retrouver ainsi le résultat de la question 3).
5) Existe-t-il des matrices A et B dans ℳ_n(ℝ) telles que AB − BA = 2I_n ?
6) Soit A ∈ A_n(ℝ). Montrer que tr(A) = 0.

PARTIE II

Soit A et B dans ℳ_n(ℝ). On définit ⟨A|B⟩ = tr(^t AB).
  1. Montrer que l'application ℳ_n(ℝ) × ℳ_n(ℝ) → ℝ, (A, B) ↦ ⟨A|B⟩ est un produit scalaire sur l'espace vectoriel ℳ_n(ℝ).
    On considèrera l'espace vectoriel euclidien (ℳ_n(ℝ), ⟨|⟩) pour toute la suite et ‖A‖ = √(⟨A|A⟩) la norme associée.
    On vérifiera que ‖A‖^2 = ∑_(i = 1)^n∑_(j = 1)^n a_(i, j)^2.
  2. Montrer que S_n(ℝ) et A_n(ℝ) sont deux sous-espaces vectoriels supplémentaires de ℳ_n(ℝ).
  3. Soit S ∈ S_n(ℝ) et A ∈ A_n(ℝ). Montrer que ⟨S|A⟩ = 0.
En déduire que A_n(ℝ) = (S_n(ℝ))^⊥ est le supplémentaire orthogonal de S_n(ℝ) dans ℳ_n(ℝ).
4) Soit A ∈ ℳ_n(ℝ) et A = A^′ + A^(′′) l'unique décomposition de A selon la somme directe S_n(ℝ) ⊕ A_n(ℝ). Justifier que ∀M, M ∈ S_n(ℝ), ‖A − M‖^2 ⩾ ‖A − A^′‖^2.
En déduire que
inf_(M ∈ S_n(ℝ))∑_(i = 1)^n∑_(j = 1)^n(a_(i, j) − m_(i, j))^2 = ‖(t^t A − A)/2‖^2.
  1. Soit f la fonction de ℝ^3 vers ℝ définie par f(x, y, z) = (1 − x)^2 + (4 − z)^2 + (2 − y)^2 + (3 − y)^2.
Montrer que f a un minimum absolu que l'on calculera. On précisera en quel point ce minimum est atteint.
6) Soit A, B, C dans ℳ_n(ℝ) telles que ^t AA = A^t A et ^t BB = B^t B.
Calculer ‖AC − CB‖^2 et ‖^t AC − C^t B‖^2.
À l'aide de I.2) vérifier que
‖^t AC − C^t B‖^2 − ‖AC − CB‖^2 = 0.
En déduire que (AC = CB) ⇔ (^t AC = C^t B).

PARTIE III

L'objectif de cette partie est d'établir la propriété suivante par récurrence sur n.
𝒜(n) : soit {S_1, S_2, …, S_p} un ensemble de p matrices carrées d'ordre n symétriques permutant 2 à 2 :
∀(i, j) ∈ {1, …, p}^2, S_i S_j = S_j S_i.
Alors il existe une matrice orthogonale Ω d'ordre n telle que ∀i ∈ {1, …, p}, Ω^(− 1)S_i Ω soit une matrice diagonale.
  1. Que peut-on dire de la propriété pour n = 1 ?
  2. On suppose que n est supérieur ou égal à 2 et que la propriété est vraie jusqu'au rang (n − 1). Les matrices symétriques S_1, …, S_p d'ordre n permutent 2 à 2 .
    2.1) Que peut-on dire si toutes les matrices S_1, …, S_p sont diagonales?
    2.2) On suppose dans toute la suite que S_1 n'est pas une matrice diagonale. Justifier l'existence d'un entier r, d'un réel λ, d'une matrice diagonale Δ d'ordre n − r et d'une matrice orthogonale Ω_1 d'ordre n tels que : 1 ⩽ r ⩽ n − 1, Ω_1^(− 1)S_1 Ω_1 = (λI_r, 0; 0, Δ) où 0 désigne des blocs nuls et où λ ne figure pas sur la diagonale de Δ.
    2.3) Pour 1 ⩽ i ⩽ p, on écrit la matrice Ω_1^(− 1)S_i Ω_1 = (A_i, B_i; D_i, C_i) sous forme de 4 blocs où A_i est carré d'ordre r et C_i carré d'ordre n − r.
    Montrer que D_i = ^t B_i et que A_i et C_i sont symétriques.
    2.4) Pour 1 ⩽ i ⩽ p, montrer que S_1 S_i = S_i S_1 ⇔ {λB_i = B_i Δ; ΔC_i = C_i Δ
En déduire que B_i et D_i sont des blocs nuls.
2.5) Montrer que ∀(i, j) ∈ {1, …, p}^2, S_i S_j = S_j S_i ⇔ {A_i A_j = A_j A_i; C_i C_j = C_j C_i
2.6) En appliquant l'hypothèse de récurrence à {A_1, …, A_p} et à {C_1, …, C_p} terminer la démonstration.
3) On considère les deux ensembles de matrices d'ordre deux {A_1, A_2, A_3} et {C_1, C_2, C_3} définis par :
A_1 = (1/4, (√3)/4; (√3)/4, 3/4), A_2 = (5/4, (√3)/4; (√3)/4, 7/4); C_1 = (1/2, 1/2; 1/2, 1/2), C_2 = (3/2, 1/2; 1/2, 3/2)C_3 = (0, 0; 0, 0), (3/2, − 1/2; − 1/2, 3/2) 的
3.1) Vérifier que ces deux ensembles vérifient l'hypothèse figurant dans 𝒜(n) au début de la partie III et donner un exemple de matrices orthogonales Ω_2 et Ω_2^′ telles que Ω_2^(− 1)A_i Ω_2 et (Ω_2^′)^(− 1)C_i Ω_2^′ soient des matrices diagonales à préciser.
3.2) Soit les matrices d'ordre 4 écrites par blocs S_i = (A_i, 0; 0, C_i), 1 ⩽ i ⩽ 3.
Donner une base orthonormée de ℝ^4 formée de vecteurs propres communs à S_1, S_2, S_3 et indiquer les valeurs propres correspondantes pour chaque matrice.
Fin de l'énoncé

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