CCINP Mathématiques 1 TSI 2014Sujet et corrigé
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE TSI
MATHEMATIQUES 1
Durée : 4 heures
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Les calculatrices sont autorisées
Le sujet se compose d'un exercice et d'un problème totalement indépendants entre eux et qui peuvent être abordés dans un ordre quelconque.
Exercice
On considère l'espace vectoriel réel
ℝ_1[X] constitué des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à 1 .
Autrement dit,ℝ_1[X] = {aX + b, (a, b) ∈ ℝ^2} .
On désigne parφ l'application de
ℝ_1[X] × ℝ_1[X] dans
ℝ définie par :
∀(P, Q) ∈ ℝ_1[X] × ℝ_1[X], φ(P, Q) = ∫_0^1 P(t)Q(t)dt .
Par exemple, siP = X + 1 et
Q = X , alors
φ(X + 1, X) = ∫_0^1(t + 1)tdt = 1/3 + 1/2 = 5/6 .
I. Montrer queφ est un produit scalaire sur
ℝ_1[X] .
Autrement dit,
On désigne par
Par exemple, si
I. Montrer que
Pour alléger les notations, on notera désormais
(P|Q) le produit scalaire des polynômes P et Q à la place de
φ(P, Q) .
La norme associée à ce produit scalaire sera notée
‖ .
‖.
Ainsi, pour tout polynôme P deℝ_1[X], ‖P‖ = √((P|P)) .
II. Dans cette question, on se propose de montrer qu'il existe un unique polynômeP_0 de
ℝ_1[X] possédant la propriété suivante:
∀P ∈ ℝ_1[X], (P|P_0) = P(0) .
On distinguera bienP_0 qui désigne un polynôme de
ℝ_1[X] et
P(0) qui représente la valeur du polynôme
P en 0 .
II.A. SoitP_0 un polynôme fixé de
ℝ_1[X] .
Ainsi, pour tout polynôme P de
II. Dans cette question, on se propose de montrer qu'il existe un unique polynôme
On distinguera bien
II.A. Soit
Montrer que l'égalité
(P|P_0) = P(0) est vérifiée pour tout polynôme P de
ℝ_1[X] , si et seulement si, elle est vérifiée pour les deux polynômes
P = 1 et
P = X .
II.B. On pose :P_0(X) = a_0 X + b_0 où
a_0 et
b_0 désignent deux réels.
II.B.1. Calculer(1|P_0) et
(X_(|P_0)) à l'aide de
a_0 et
b_0 .
II.B. On pose :
II.B.1. Calculer
En déduire que
(P|P_0) = P(0) pour tout polynôme P de
ℝ_1[X] ,
si et seulement si :{1/2a_0 + b_0 = 1; 1/3a_0 + 1/2b_0 = 0
II.B.2. Conclure qu'il existe un unique polynômeP_0 de
ℝ_1[X] que l'on explicitera tel que:
∀P ∈ ℝ_1[X], (P|P_0) = P(0) .
III. On désigne par S l'ensemble des polynômes P deℝ_1[X] tels que
‖P‖ = 1 et on se propose de déterminer la valeur maximale prise par
P(0) lorsque P décrit S en utilisant successivement deux méthodes différentes.
III.A. Première méthode.
si et seulement si :
II.B.2. Conclure qu'il existe un unique polynôme
III. On désigne par S l'ensemble des polynômes P de
III.A. Première méthode.
On pose
P_1 = 1 .
III.A.1. Vérifier que‖P_1‖ = 1 .
III.A.2. En utilisant le procédé d'orthonormalisation de Schmidt, déterminer un polynômeP_2 de
ℝ_1[X] tel que (
P_1, P_2 ) soit une base orthonormale de
ℝ_1[X] .
III.A.3. Montrer que les éléments de S sont exactement les polynômes de la formecos(θ)P_1 + sin(θ)P_2 , où
θ décrit
ℝ .
III.A.4. SiP = cos(θ)P_1 + sin(θ)P_2 , déterminer deux réels
λ et
θ_0 indépendants de
θ et tels que
P(0) = λcos(θ − θ_0) pour tout réel
θ .
III.A.5. En déduire la valeur maximale prise parP(0) lorsque P décrit S .
III.A.1. Vérifier que
III.A.2. En utilisant le procédé d'orthonormalisation de Schmidt, déterminer un polynôme
III.A.3. Montrer que les éléments de S sont exactement les polynômes de la forme
III.A.4. Si
III.A.5. En déduire la valeur maximale prise par
III.B. Deuxième méthode.
III.B.1. Rappeler l'énoncé de l'inégalité de Cauchy-Schwarz et préciser les cas où cette inégalité est une égalité.
III.B.2. En utilisant le résultat obtenu dans la partie II., montrer que:∀P ∈ S, P(0) ≤ ‖P_0‖ .
III.B.3. Déterminer un polynôme P de S tel queP(0) = ‖P_0‖ .
III.B.4. Retrouver ainsi d'une seconde manière la valeur maximale prise parP(0) lorsque P décrit S .
III.B.2. En utilisant le résultat obtenu dans la partie II., montrer que:
III.B.3. Déterminer un polynôme P de S tel que
III.B.4. Retrouver ainsi d'une seconde manière la valeur maximale prise par
Problème
Définitions et notations utilisées:
Soientn un entier naturel supérieur ou égal à 2 et E un espace vectoriel sur
ℝ de dimension
n .
Soient
- On note Id l'application identique de E.
Soient
f et
g deux endomorphismes de E ; on note
f ∘ g la composée de
f et de
g .
On convient que
f^0 = Id, f^1 = f et pour tout entier
k supérieur ou égal à 2 , on pose
f^k = f ∘ f ∘ …… ∘ f_()_(k fois) .
- Soit
f un endomorphisme de E.
On dit que
f est cyclique, si et seulement si, il existe un vecteur
a de E tel que
(a, f(a), f^2(a), …….., f^(n − 1)(a)) soit une base de E .
Par exemple, sin = 2 , dire que
f est cyclique revient à dire qu'il existe un vecteur
a de E tel que (
a, f(a) ) soit une base de E .
De même, sin = 3 , dire que
f est cyclique revient à dire qu'il existe un vecteur
a de E tel que
(a, f(a), f^2(a)) soit une base de E .
Par exemple, si
De même, si
- Pour tout polynôme P de
ℝ[X] , on notedeg(P) le degré de P .
La première partie du problème est consacrée à l'étude d'exemples.
La seconde partie propose l'étude d'un endomorphisme de l'espace vectorielℝ_(n − 1)[X] .
Elle est totalement indépendante de la première partie.
La seconde partie propose l'étude d'un endomorphisme de l'espace vectoriel
Elle est totalement indépendante de la première partie.
I. Etude d'exemples.
I.A. On considère dans cette section I.A. que
E = ℝ^2 .
Soit
α l'endomorphisme de
ℝ^2 dont la matrice dans la base canonique de
ℝ^2 est la matrice
A = [4, − 6; 1, − 1] .
I.A.1. On choisita = (2, 3) .
I.A.1. On choisit
Déterminer le vecteur
α(a) et montrer que
α est cyclique.
I.A.2. Déterminer le vecteurα^2(a) puis déterminer deux réels
x et
y tels que :
α^2(a) = xa + yα(a) .
I.A.3. Déterminer la matriceA^′ de
α dans la base
(a, α(a)) .
I.A.4. Montrer que le réel 2 est une valeur propre deα .
I.A.5. Déterminer un vecteurb non nul de
ℝ^2 , tel que
(b, α(b)) ne soit pas une base de
ℝ^2 .
On donnera les coordonnées du vecteurb que l'on aura choisi dans la base canonique de
ℝ^2 .
I.B. On considère dans cette section I.B. queE = ℝ^3 .
I.A.2. Déterminer le vecteur
I.A.3. Déterminer la matrice
I.A.4. Montrer que le réel 2 est une valeur propre de
I.A.5. Déterminer un vecteur
On donnera les coordonnées du vecteur
I.B. On considère dans cette section I.B. que
Soit
β l'endomorphisme de
ℝ^3 dont la matrice dans la base canonique de
ℝ^3 est la matrice
B = [2, 0, 0; 0, 4, − 6; 0, 1, − 1] .
I.B.1 Déterminer le polynôme caractéristique deβ .
I.B.2. Montrer queβ est un automorphisme de
ℝ^3 .
I.B.3. Déterminer une base de chacun des sous espaces propres deβ .
I.B.1 Déterminer le polynôme caractéristique de
I.B.2. Montrer que
I.B.3. Déterminer une base de chacun des sous espaces propres de
En déduire que
β est diagonalisable, puis donner une base de
ℝ^3 dans laquelle la matrice de
β soit la matrice
D = [2, 0, 0; 0, 2, 0; 0, 0, 1] .
I.B.4. Montrer queβ^2 − 3β + 2Id = 0 où 0 désigne ici l'endomorphisme nul de
ℝ^3 .
I.B.5. En déduire queβ n'est pas cyclique.
I.C. On considère dans cette section I.C. queE = ℝ_(n − 1)[X] où
n désigne un entier naturel supérieur ou égal à 2 .
Soitγ l'endomorphisme de
ℝ_(n − 1)[X] qui, à tout polynôme P de
ℝ_(n − 1)[X] , associe le polynôme
P^′ .
On admettra queγ est bien un endomorphisme de
ℝ_(n − 1)[X] et on ne demande pas de le vérifier.
On a donc par exemple :γ(X^2 − 3X + 1) = 2X − 3 .
I.C.1. Déterminerγ(X^(n − 1)) et plus généralement
γ^k(X^(n − 1)) pour tout entier
k compris au sens large entre 1 et
n − 1 .
On effectuera un raisonnement par récurrence surk .
I.C.2. En déduire queγ est cyclique.
II. Dans cette partie, on se donne un entiern supérieur ou égal à 2 .
I.B.4. Montrer que
I.B.5. En déduire que
I.C. On considère dans cette section I.C. que
Soit
On admettra que
On a donc par exemple :
I.C.1. Déterminer
On effectuera un raisonnement par récurrence sur
I.C.2. En déduire que
II. Dans cette partie, on se donne un entier
On considère l'endomorphisme
δ de
ℝ_(n − 1)[X] qui à tout polynôme P de
ℝ_(n − 1)[X] associe le polynôme Q défini par:
Q(X) = P(X + 1) − P(X) .
On admettra queδ est bien un endomorphisme de
ℝ_(n − 1)[X] et on ne demande pas de le vérifier.
On a donc par exemple :δ(X^2 − 3X + 1) = ((X + 1)^2 − 3(X + 1) + 1) − (X^2 − 3X + 1) .
On admettra que
On a donc par exemple :
On rappelle également le résultat suivant que l'on pourra utiliser sans avoir à le démontrer :
soit(Q_0, Q_1…….., Q_(n − 1)) une famille de polynômes de l'espace vectoriel
ℝ_(n − 1)[X] telle que pour tout entier
i compris au sens large entre 0 et
n − 1, deg(Q_i) = i .
Alors, la famille(Q_0, Q_1…….., Q_(n − 1)) est une famille libre de
ℝ_(n − 1)[X] .
II.A. Dans cette question, on montre queδ est cyclique.
II.A.1. Soitk un entier naturel compris au sens large entre 1 et
n − 1 .
soit
Alors, la famille
II.A. Dans cette question, on montre que
II.A.1. Soit
En utilisant la formule du binôme, montrer que le polynôme
δ(X^k) est exactement de degré
k − 1 .
II.A.2. Soit maintenantP un élément quelconque de
ℝ_(n − 1)[X] , le polynôme
P étant supposé de degré supérieur ou égal à 1 .
En utilisant le résultat de la question précédente, montrer que:deg(δ(P)) = deg(P) − 1 .
II.A.3. Montrer enfin queδ est cyclique en considérant la famille
(X^(n − 1), δ(X^(n − 1)), δ^2(X^(n − 1))…….., δ^(n − 1)(X^(n − 1))) .
II.B. Dans cette question, on détermine le noyau et l'image de l'endomorphismeδ .
II.B.1. En utilisant le résultat de la question II.A.2., montrer que le noyau de l'endomorphismeδ est constitué de l'ensemble des polynômes constants.
II.B.2. Montrer que l'image de l'endomorphismeδ est contenue dans l'espace vectoriel
ℝ_(n − 2)[X] .
II.B.3. En utilisant le théorème du rang, montrer finalement que l'image de l'endomorphismeδ coïncide avec l'espace vectoriel
ℝ_(n − 2)[X] .
II.C. Dans cette question, on introduit une famille de polynômesP_0, P_1, P_2…….., P_(n − 1) , qui va permettre de démontrer d'une autre manière que
δ est cyclique. On définit les polynômes
P_0, P_1, P_2………, P_(n − 1) , de
ℝ_(n − 1)[X] en posant:
II.A.2. Soit maintenant
En utilisant le résultat de la question précédente, montrer que:
II.A.3. Montrer enfin que
II.B. Dans cette question, on détermine le noyau et l'image de l'endomorphisme
II.B.1. En utilisant le résultat de la question II.A.2., montrer que le noyau de l'endomorphisme
II.B.2. Montrer que l'image de l'endomorphisme
II.B.3. En utilisant le théorème du rang, montrer finalement que l'image de l'endomorphisme
II.C. Dans cette question, on introduit une famille de polynômes
On a donc, pour tout entier
j compris au sens large entre 1 et
n − 1 ,
II.C.1. Montrer que
(P_0, P_1, P_2, ………., P_(n − 1)) est une base de
ℝ_(n − 1)[X] .
II.C.2. Dans cette question et dans cette question seulement, on suppose quen = 4 . Déterminer les coordonnées du polynôme
X^3 − 5X^2 + X − 3 dans la base
(P_0, P_1, P_2, P_3) de
ℝ_3[X] .
Indication : on pourra remarquer que 0 est racine deP_1, P_2 et
P_3 , puis que 1 est racine de
P_2 et
P_3…
II.C.3. Soienti et
j deux entiers naturels, tels que :
i ≠ 0 et
1 ≤ j ≤ n − 1 .
II.C.2. Dans cette question et dans cette question seulement, on suppose que
Indication : on pourra remarquer que 0 est racine de
II.C.3. Soient
Montrer que
δ(P_j) = P_(j − 1) puis déterminer
δ^i(P_j) en distinguant les cas
i ≤ j et
i > j .
On donnera le résultat sans avoir besoin de le justifier.
II.C.4. En déduire une autre démonstration du fait queδ est cyclique.
On donnera le résultat sans avoir besoin de le justifier.
II.C.4. En déduire une autre démonstration du fait que
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
