CCINP Mathématiques 1 TSI 2008Sujet et corrigé
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Les calculatrices sont autorisées
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
PROBLEME
Les parties I, II et III sont totalement indépendantes. La partie IV utilise certains résultats des parties I, II et III.
Notations
On note
M_3(ℝ) l'espace vectoriel des matrices carrées à 3 lignes à coefficients dans
ℝ . On appelle vecteur colonne de
ℝ^3 toute matrice à 3 lignes et 1 colonne à coefficients dans
ℝ . On note
^t M la transposée de la matrice
M .
Partie I
Un exemple numérique
Dans cette partie, on se propose d'étudier le système linéaire suivant :
- Montrer que, si on pose
X = (x; y; z) , le système(S) s'écrit sous forme matricielleAX = B avecA une matrice deM_3(ℝ) etB un vecteur colonne que l'on déterminera. - Calculer
det(A) . On pourra utiliser la calculatrice.
La matrice
A est-elle inversible?
3. Déterminer l'inverseA^(− 1) de
A . On pourra utiliser la calculatrice.
4. Montrer que le système (S ) n'admet qu'une seule solution
Q que l'on déterminera.
5. a. Montrer que le système(S) est équivalent au système
X = JX + K avec un vecteur colonne
K de
ℝ^3 que l'on déterminera et la matrice
3. Déterminer l'inverse
4. Montrer que le système (
5. a. Montrer que le système
b. Justifier sans calcul qu'il existe une matrice orthogonale
P et une matrice diagonale
D telles que
J = PD^t P .
c. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres associés deJ . En déduire les matrices
P et
D .
d. Pour tout entier naturelp , déterminer
J^p en fonction de
D et de la matrice
P .
c. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres associés de
d. Pour tout entier naturel
On définit la suite de vecteurs colonnes
(X^((p)))_(p ∈ ℕ) par
X^((0)) = (1; 2; 0) et la relation de récurrence
On appelle
x^((p)), y^((p)) et
z^((p)) les composantes de
X^((p)) c'est-à-dire
X^((p)) = (x^((p)); y^((p)); z^((p))) . On pose enfin
Δ^((p)) = X^((p)) − Q .
6. Calculer les vecteurs colonnesX^((1)) et
Δ^((1)) .
7. Ecrire un programme dans le langage de Maple ou Mathematica qui calcule le vecteur colonneX^((2008)) .
8. a. En utilisant le fait queQ vérifie
Q = JQ + K , montrer que pour tout entier naturel
p ,
Δ^((p + 1)) = JΔ^((p)) puis que
Δ^((p)) = PD^p^t PΔ^((0)) .
b. SoitU = (a; b; c) un vecteur colonne de
ℝ^3 . On note
‖U‖ = √(a^2 + b^2 + c^2) sa norme euclidienne. Montrer que pour tout entier naturel
p, ‖D^p U‖ ⩽ 1/(2^(p/2))‖U‖ .
c. Exprimer‖U‖ en fonction de
U et
^t U puis montrer que
‖PU‖ = ‖U‖ et
‖^t PU‖ = ‖U‖ .
d. Déduire des questions précédentes que‖Δ^((p))‖ ⩽ 1/(2^(p/2))‖Δ^((0))‖ puis que
‖Δ^((p))‖ ⩽ √((13)/(2^p)) .
9. Prouver alors les trois inégalités :
6. Calculer les vecteurs colonnes
7. Ecrire un programme dans le langage de Maple ou Mathematica qui calcule le vecteur colonne
8. a. En utilisant le fait que
b. Soit
c. Exprimer
d. Déduire des questions précédentes que
9. Prouver alors les trois inégalités :
- Quelles sont les limites respectives des suites
(x^((p)))_(p ∈ ℕ), (y^((p)))_(p ∈ ℕ) et(z^((p)))_(p ∈ ℕ) ? - Déterminer une valeur de
p à partir de laquelle le vecteur colonneX^((p)) est une valeur approchée de la solution exacteQ à10^(− 3) près, c'est-à-dire tel que‖Δ^((p))‖ ⩽ 10^(− 3) .
Partie II
Un espace de matrices
Pour
(a, b) ∈ ℝ^2 , on considère les matrices
On définit l'ensemble
E = {J(a, b)/(a, b) ∈ ℝ^2} .
On noteI_3 = (1, 0, 0; 0, 1, 0; 0, 0, 1) la matrice identité.
On note
- Montrer que
E est un espace vectoriel dont on déterminera la dimension. - Montrer que
E est stable par produit matriciel c'est-à-dire que pour toutes matricesM etN deE , le produitMN appartient àE .
On suppose désormais que
b ≠ 0 .
3. Justifier sans calcul que les matricesJ(a, b) et
U(b) sont diagonalisables.
4. Quel est le rang de la matriceU(b) ? En déduire la dimension du sous-espace vectoriel
Ker(U(b)) .
5. Déterminer un réelλ tel que
U(b) = J(a, b) − λ ⋅ I_3 .
6. En déduire une valeur propre deJ(a, b) et la dimension du sous-espace propre associé.
7. A l'aide de la trace, déterminer l'autre valeur propre deJ(a, b) .
3. Justifier sans calcul que les matrices
4. Quel est le rang de la matrice
5. Déterminer un réel
6. En déduire une valeur propre de
7. A l'aide de la trace, déterminer l'autre valeur propre de
Partie III
Une norme matricielle
Si
M = (m_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ 3; 1 ⩽ j ⩽ 3) est une matrice de
M_3(ℝ) , on note pour tout indice
i de
{1, 2, 3}, l_i = ∑_(j = 1)^3|m_(ij)| .
Autrement dit,l_i est la somme des valeurs absolues des coefficients de la ligne
i de la matrice
M . Puis, on définit le réel positif
φ(M) par
φ(M) = max{l_1, l_2, l_3} .
Autrement dit,
Si
X = (x; y; z) est un vecteur colonne de
ℝ^3 alors on définit la norme infinie du vecteur
X par
‖X‖_∞ = max{|x|, |y|, |z|} .
- a. Justifier que si
A = (− 1, 2, − 2; 0, 1, 0; 1, − 1, 4) alorsφ(A) = 6 .
b. Justifier que siU = (− 2; − 4; 3) alors‖U‖_∞ = 4 . - a. On note
X^′ = MX avecX^′ = (x^′; y^′; z^′) . Donner les expressions dex^′, y^′ etz^′ en fonction dex, y, z et des coefficients de la matriceM .
b. Montrer que|x^′| ⩽ (|m_(11)| + |m_(12)| + |m_(13)|)‖X‖_∞ . Déterminer de même une inégalité pour|y^′| et pour|z^′| .
c. En déduire que‖MX‖_∞ ⩽ φ(M)‖X‖_∞ puis que, siM^′ désigne une matrice deM_3(ℝ) alors‖M^′ MX‖_∞ ⩽ φ(M^′)φ(M)‖X‖_∞ .
Partie IV
La méthode de Jacobi
On considère le système linéaire
avec pour tout
i ∈ {1, 2, 3} et pour tout
j ∈ {1, 2, 3}, a_(i, j) ∈ ℝ et
(a, b, c) ∈ ℝ^3 .
On suppose que le système(S) admet une unique solution notée
Q = (q_1; q_2; q_3) . On suppose de plus que
a_(1, 1) ≠ 0 et
a_(2, 2) ≠ 0 et
a_(3, 3) ≠ 0 .
On suppose que le système
- Montrer que le système
(S) est équivalent au système suivant:
- Montrer que, si on pose
X = (x; y; z) , le système(S_J) peut se mettre sous la forme matricielleX = JX + K avecJ une matrice deM_3(ℝ) etK un vecteur colonne deℝ^3 que l'on déterminera.
Pour un système linéaire comportant un grand nombre d'équations et d'inconnues, les méthodes de résolution directe (comme celle du pivot de Gauss) aboutissant à une solution exacte deviennent très gourmandes en temps de calcul. Il est alors plus judicieux de calculer une solution approchée à l'aide d'une suite définie par récurrence convergeant vers la solution exacte, comme cela se fait dans la méthode de Jacobi que nous allons nous contenter d'illustrer sur un système
3 × 3 .
On définit ainsi la suite de vecteurs
(X^((p)))_(p ∈ ℕ) de
ℝ^3 par la donnée d'un vecteur initial
X^((0)) et la relation de récurrence
On définit aussi la suite
(Δ^((p)))_(p ∈ ℕ) par
Δ^((p)) = X^((p)) − Q . Le vecteur
Δ^((p)) permet d'apprécier l'erreur d'approximation entre la solution approchée
X^((p)) et la solution exacte
Q .
3. En utilisant le fait queQ est la solution de l'équation
(S_J) : X = JX + K , montrer que pour tout entier naturel
p, Δ^((p + 1)) = JΔ^((p)) puis
‖Δ^((p + 1))‖_∞ ⩽ φ(J)‖Δ^((p))‖_∞ .
4. En déduire que pour tout entier naturelp, ‖Δ^((p))‖_∞ ⩽ (φ(J))^p‖Δ^((0))‖_∞ .
5. En déduire une condition suffisante(C_1) sur la matrice
J pour que la suite
(‖Δ^((p))‖_∞)_(p ∈ ℕ) converge vers 0 .
6. On pose pour tout entier naturelp : X^((p)) = (x^((p)); y^((p)); z^((p))) et
Δ^((p)) = (α^((p)); β^((p)); γ^((p))) .
a. Montrer les trois inégalités :
3. En utilisant le fait que
4. En déduire que pour tout entier naturel
5. En déduire une condition suffisante
6. On pose pour tout entier naturel
a. Montrer les trois inégalités :
b. Lorsque la condition
(C_1) est vérifiée, montrer que les suites
(x^((p)))_(p ∈ ℕ), (y^((p)))_(p ∈ ℕ) et
(z^((p)))_(p ∈ ℕ) convergent respectivement vers
q_1, q_2 et
q_3 .
7. La condition(C_1) est-elle vérifiée par la matrice
J de la partie
I ?
8. On revient au cas général. On suppose dans cette question que la matriceJ est diagonalisable : il existe donc une matrice diagonale
D et une matrice inversible
P telles que
J = PDP^(− 1) . On peut montrer alors, comme dans la partie I que, pour tout entier naturel
p, Δ^((p)) = PD^p P^(− 1)Δ^((0)) .
a. Montrer que‖Δ^((p))‖_∞ ⩽ φ(P)(φ(D))^p φ(P^(− 1))‖Δ^((0))‖_∞ .
b. En déduire une condition suffisante(C_2)surφ(D) pour que la suite
(‖Δ^((p))‖_∞)_(p ∈ ℕ) converge vers 0 .
c. La condition (C_2 ) est-elle vérifiée par la matrice
D de la partie
I ?
9. Dans cette question, on reprend l'exemple de la matriceJ(a, b) avec
b ≠ 0 définie à la partie II. On a vu que cette matrice est diagonalisable. Il existe donc une matrice diagonale
D et une matrice inversible
P telles que
J(a, b) = PDP^(− 1) .
a. Calculerφ(J(a, b)) et
φ(D) .
b. La matriceJ(1/2, − 1/3) vérifie-t-elle la condition
(C_1) ? la condition
(C_2) ?
c. Dessiner dans le plan l'ensemble des couples (a, b ) de
ℝ^2 qui vérifient la condition
(C_1) et ceux qui vérifient la condition
(C_2) .
7. La condition
8. On revient au cas général. On suppose dans cette question que la matrice
a. Montrer que
b. En déduire une condition suffisante
c. La condition (
9. Dans cette question, on reprend l'exemple de la matrice
a. Calculer
b. La matrice
c. Dessiner dans le plan l'ensemble des couples (
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