WikiPrépaLivrets

Téléchargements

  • Rapport du jury : non disponible

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

Les calculatrices sont autorisées

N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

PROBLEME

Les parties I, II et III sont totalement indépendantes. La partie IV utilise certains résultats des parties I, II et III.

Notations

On note M_3(ℝ) l'espace vectoriel des matrices carrées à 3 lignes à coefficients dans ℝ. On appelle vecteur colonne de ℝ^3 toute matrice à 3 lignes et 1 colonne à coefficients dans ℝ. On note ^t M la transposée de la matrice M.

Partie I

Un exemple numérique

Dans cette partie, on se propose d'étudier le système linéaire suivant :
(S){2x − y, = 3; − x + 2y − z, = − 5; − y + 2z, = 5
  1. Montrer que, si on pose X = (x; y; z), le système (S) s'écrit sous forme matricielle AX = B avec A une matrice de M_3(ℝ) et B un vecteur colonne que l'on déterminera.
  2. Calculer det(A). On pourra utiliser la calculatrice.
La matrice A est-elle inversible?
3. Déterminer l'inverse A^(− 1) de A. On pourra utiliser la calculatrice.
4. Montrer que le système ( S ) n'admet qu'une seule solution Q que l'on déterminera.
5. a. Montrer que le système (S) est équivalent au système X = JX + K avec un vecteur colonne K de ℝ^3 que l'on déterminera et la matrice
J = (0, 1/2, 0; 1/2, 0, 1/2; 0, 1/2, 0)
b. Justifier sans calcul qu'il existe une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que J = PD^t P.
c. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres associés de J. En déduire les matrices P et D.
d. Pour tout entier naturel p, déterminer J^p en fonction de D et de la matrice P.
On définit la suite de vecteurs colonnes (X^((p)))_(p ∈ ℕ) par X^((0)) = (1; 2; 0) et la relation de récurrence
∀p ∈ ℕ : X^((p + 1)) = JX^((p)) + K
On appelle x^((p)), y^((p)) et z^((p)) les composantes de X^((p)) c'est-à-dire X^((p)) = (x^((p)); y^((p)); z^((p))). On pose enfin Δ^((p)) = X^((p)) − Q.
6. Calculer les vecteurs colonnes X^((1)) et Δ^((1)).
7. Ecrire un programme dans le langage de Maple ou Mathematica qui calcule le vecteur colonne X^((2008)).
8. a. En utilisant le fait que Q vérifie Q = JQ + K, montrer que pour tout entier naturel p, Δ^((p + 1)) = JΔ^((p)) puis que Δ^((p)) = PD^p^t PΔ^((0)).
b. Soit U = (a; b; c) un vecteur colonne de ℝ^3. On note ‖U‖ = √(a^2 + b^2 + c^2) sa norme euclidienne. Montrer que pour tout entier naturel p, ‖D^p U‖ ⩽ 1/(2^(p/2))‖U‖.
c. Exprimer ‖U‖ en fonction de U et ^t U puis montrer que ‖PU‖ = ‖U‖ et ‖^t PU‖ = ‖U‖.
d. Déduire des questions précédentes que ‖Δ^((p))‖ ⩽ 1/(2^(p/2))‖Δ^((0))‖ puis que ‖Δ^((p))‖ ⩽ √((13)/(2^p)).
9. Prouver alors les trois inégalités :
|x^((p)) − 1| ⩽ √((13)/(2^p)); |y^((p)) − (− 1)| ⩽ √((13)/(2^p)); |z^((p)) − 2| ⩽ √((13)/(2^p)).
  1. Quelles sont les limites respectives des suites (x^((p)))_(p ∈ ℕ), (y^((p)))_(p ∈ ℕ) et (z^((p)))_(p ∈ ℕ) ?
  2. Déterminer une valeur de p à partir de laquelle le vecteur colonne X^((p)) est une valeur approchée de la solution exacte Q à 10^(− 3) près, c'est-à-dire tel que ‖Δ^((p))‖ ⩽ 10^(− 3).

Partie II

Un espace de matrices

Pour (a, b) ∈ ℝ^2, on considère les matrices
J(a, b) = (a, b, b; b, a, b; b, b, a) et U(b) = (b, b, b; b, b, b; b, b, b).
On définit l'ensemble E = {J(a, b)/(a, b) ∈ ℝ^2}.
On note I_3 = (1, 0, 0; 0, 1, 0; 0, 0, 1) la matrice identité.
  1. Montrer que E est un espace vectoriel dont on déterminera la dimension.
  2. Montrer que E est stable par produit matriciel c'est-à-dire que pour toutes matrices M et N de E, le produit MN appartient à E.
On suppose désormais que b ≠ 0.
3. Justifier sans calcul que les matrices J(a, b) et U(b) sont diagonalisables.
4. Quel est le rang de la matrice U(b) ? En déduire la dimension du sous-espace vectoriel Ker(U(b)).
5. Déterminer un réel λ tel que U(b) = J(a, b) − λ ⋅ I_3.
6. En déduire une valeur propre de J(a, b) et la dimension du sous-espace propre associé.
7. A l'aide de la trace, déterminer l'autre valeur propre de J(a, b).

Partie III
Une norme matricielle

Si M = (m_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ 3; 1 ⩽ j ⩽ 3) est une matrice de M_3(ℝ), on note pour tout indice i de {1, 2, 3}, l_i = ∑_(j = 1)^3|m_(ij)|.
Autrement dit, l_i est la somme des valeurs absolues des coefficients de la ligne i de la matrice M. Puis, on définit le réel positif φ(M) par φ(M) = max{l_1, l_2, l_3}.
Si X = (x; y; z) est un vecteur colonne de ℝ^3 alors on définit la norme infinie du vecteur X par ‖X‖_∞ = max{|x|, |y|, |z|}.
  1. a. Justifier que si A = (− 1, 2, − 2; 0, 1, 0; 1, − 1, 4) alors φ(A) = 6.
    b. Justifier que si U = (− 2; − 4; 3) alors ‖U‖_∞ = 4.
  2. a. On note X^′ = MX avec X^′ = (x^′; y^′; z^′). Donner les expressions de x^′, y^′ et z^′ en fonction de x, y, z et des coefficients de la matrice M.
    b. Montrer que |x^′| ⩽ (|m_(11)| + |m_(12)| + |m_(13)|)‖X‖_∞. Déterminer de même une inégalité pour |y^′| et pour |z^′|.
    c. En déduire que ‖MX‖_∞ ⩽ φ(M)‖X‖_∞ puis que, si M^′ désigne une matrice de M_3(ℝ) alors ‖M^′ MX‖_∞ ⩽ φ(M^′)φ(M)‖X‖_∞.

Partie IV

La méthode de Jacobi

On considère le système linéaire
(S){a_(1, 1)x + a_(1, 2)y + a_(1, 3)z = a; a_(2, 1)x + a_(2, 2)y + a_(2, 3)z = b; a_(3, 1)x + a_(3, 2)y + a_(3, 3)z = c
avec pour tout i ∈ {1, 2, 3} et pour tout j ∈ {1, 2, 3}, a_(i, j) ∈ ℝ et (a, b, c) ∈ ℝ^3.
On suppose que le système (S) admet une unique solution notée Q = (q_1; q_2; q_3). On suppose de plus que a_(1, 1) ≠ 0 et a_(2, 2) ≠ 0 et a_(3, 3) ≠ 0.
  1. Montrer que le système (S) est équivalent au système suivant:
(S_J){x =, − (a_(1, 2))/(a_(1, 1))y, − (a_(1, 3))/(a_(1, 1))z, + a/(a_(1, 1)); y =, − (a_(2, 1))/(a_(2, 2))x, − (a_(2, 3))/(a_(2, 2))z, + b/(a_(2, 2)); z =, − (a_(3, 1))/(a_(3, 3))x − (a_(3, 2))/(a_(3, 3))y, + c/(a_(3, 3))
  1. Montrer que, si on pose X = (x; y; z), le système (S_J) peut se mettre sous la forme matricielle X = JX + K avec J une matrice de M_3(ℝ) et K un vecteur colonne de ℝ^3 que l'on déterminera.
Pour un système linéaire comportant un grand nombre d'équations et d'inconnues, les méthodes de résolution directe (comme celle du pivot de Gauss) aboutissant à une solution exacte deviennent très gourmandes en temps de calcul. Il est alors plus judicieux de calculer une solution approchée à l'aide d'une suite définie par récurrence convergeant vers la solution exacte, comme cela se fait dans la méthode de Jacobi que nous allons nous contenter d'illustrer sur un système 3 × 3.
On définit ainsi la suite de vecteurs (X^((p)))_(p ∈ ℕ) de ℝ^3 par la donnée d'un vecteur initial X^((0)) et la relation de récurrence
∀p ∈ ℕ : X^((p + 1)) = JX^((p)) + K
On définit aussi la suite (Δ^((p)))_(p ∈ ℕ) par Δ^((p)) = X^((p)) − Q. Le vecteur Δ^((p)) permet d'apprécier l'erreur d'approximation entre la solution approchée X^((p)) et la solution exacte Q.
3. En utilisant le fait que Q est la solution de l'équation (S_J) : X = JX + K, montrer que pour tout entier naturel p, Δ^((p + 1)) = JΔ^((p)) puis ‖Δ^((p + 1))‖_∞ ⩽ φ(J)‖Δ^((p))‖_∞.
4. En déduire que pour tout entier naturel p, ‖Δ^((p))‖_∞ ⩽ (φ(J))^p‖Δ^((0))‖_∞.
5. En déduire une condition suffisante (C_1) sur la matrice J pour que la suite (‖Δ^((p))‖_∞)_(p ∈ ℕ) converge vers 0 .
6. On pose pour tout entier naturel p : X^((p)) = (x^((p)); y^((p)); z^((p))) et Δ^((p)) = (α^((p)); β^((p)); γ^((p))).
a. Montrer les trois inégalités :
|α^((p))| ⩽ ‖Δ^((p))‖_∞; |β^((p))| ⩽ ‖Δ^((p))‖_∞; |γ^((p))| ⩽ ‖Δ^((p))‖_∞.
b. Lorsque la condition (C_1) est vérifiée, montrer que les suites (x^((p)))_(p ∈ ℕ), (y^((p)))_(p ∈ ℕ) et (z^((p)))_(p ∈ ℕ) convergent respectivement vers q_1, q_2 et q_3.
7. La condition (C_1) est-elle vérifiée par la matrice J de la partie I ?
8. On revient au cas général. On suppose dans cette question que la matrice J est diagonalisable : il existe donc une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que J = PDP^(− 1). On peut montrer alors, comme dans la partie I que, pour tout entier naturel p, Δ^((p)) = PD^p P^(− 1)Δ^((0)).
a. Montrer que ‖Δ^((p))‖_∞ ⩽ φ(P)(φ(D))^p φ(P^(− 1))‖Δ^((0))‖_∞.
b. En déduire une condition suffisante (C_2)surφ(D) pour que la suite (‖Δ^((p))‖_∞)_(p ∈ ℕ) converge vers 0 .
c. La condition ( C_2 ) est-elle vérifiée par la matrice D de la partie I ?
9. Dans cette question, on reprend l'exemple de la matrice J(a, b) avec b ≠ 0 définie à la partie II. On a vu que cette matrice est diagonalisable. Il existe donc une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que J(a, b) = PDP^(− 1).
a. Calculer φ(J(a, b)) et φ(D).
b. La matrice J(1/2, − 1/3) vérifie-t-elle la condition (C_1) ? la condition (C_2) ?
c. Dessiner dans le plan l'ensemble des couples ( a, b ) de ℝ^2 qui vérifient la condition (C_1) et ceux qui vérifient la condition (C_2).

Pas de description pour le moment