Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2023 (page 3/3 : Partie II)
Atténuer le changement climatique
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Partie II : Agir sur Terre — Rénovation énergétique des bâtiments
II.A.1 · Puissance de chauffage nécessaire à la résidence
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MP2I, BCPST1
Notions : résistance thermique, flux thermique
En régime stationnaire, calculer la puissance thermique nécessaire au chauffage de la résidence.
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Sommer les flux thermiques perdus par les parois \sum U_k S_k \Delta T et par les ponts thermiques \psi L \Delta T pour l'écart de référence \Delta T = T_{i,\mathrm{ref}} - T_{e,\mathrm{ref}} = 26\text{ K}.
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- Exprimer le bilan thermique global de la copropriété en régime stationnaire : la puissance thermique de chauffage fournie P_c compense exactement les déperditions thermiques à travers les parois et les ponts thermiques.
- Calculer la conductance thermique globale G_{\text{th}} = \sum_k U_k S_k + \psi L à partir des données du tableau 1.
- En déduire P_c = G_{\text{th}} (T_{i,\text{ref}} - T_{e,\text{ref}}) et comparer à la puissance nominale de la chaudière.
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Calcul de P_c = (T_{\rm int} - T_{\rm ext})/R_{\rm th} en sommant les conductances thermiques de toutes les parois déperditives.
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En régime thermique stationnaire, le premier principe de la thermodynamique appliqué à l'air et à la structure des bâtiments de la résidence impose que la puissance de chauffage P_c compense l'ensemble des pertes thermiques vers l'extérieur :
Les déperditions thermiques se décomposent en pertes surfaciques à travers les parois (murs, toiture, ouvrants, plancher) et en pertes linéiques via les ponts thermiques :
L'écart de température de référence vaut :
Calculons les différentes composantes de la conductance thermique totale G_{\text{th}} = \sum_k U_k S_k + \psi L à l'aide du tableau 1 :
La conductance thermique globale de la résidence s'élève donc à :
La puissance de chauffage requise en conditions de grand froid s'en déduit :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
II.A.2 · Chauffage au gaz naturel
Question 26
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : combustion, pouvoir calorifique
En 2021, le chauffage de la résidence a nécessité . Estimer la masse de dioxyde de carbone rejetée dans l'atmosphère.
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Calculer l'enthalpie standard de combustion complète d'une mole de méthane, en déduire la quantité de matière de \mathrm{CH}_4 brûlée pour fournir l'énergie annuelle, puis la masse de \mathrm{CO}_2 dégagée par stœchiométrie.
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- Écrire l'équation de la combustion complète du méthane \mathrm{CH}_4.
- Calculer l'enthalpie molaire standard de combustion \Delta_r H^\circ à l'aide de la loi de Hess et des grandeurs thermodynamiques fournies (en tenant compte de l'état physique de l'eau dans les fumées grâce à l'enthalpie de vaporisation fournie).
- En déduire la quantité de matière de \mathrm{CH}_4 consommée pour fournir l'énergie thermique requise, puis la masse de \mathrm{CO}_2 émise correspondante.
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Stœchiométrie de combustion du méthane \mathrm{CH}_4 + 2\mathrm{O}_2 \to \mathrm{CO}_2 + 2\mathrm{H}_2\mathrm{O} pour relier l'énergie à la masse de \mathrm{CO}_2.
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La combustion complète du méthane dans le dioxygène de l'air s'écrit :
Dans une chaudière conventionnelle (hors condensation), l'eau est évacuée sous forme de vapeur dans les fumées, ce qui justifie la donnée de l'enthalpie molaire de vaporisation de l'eau \Delta_v H(\mathrm{H}_2\mathrm{O}). L'enthalpie molaire standard de formation de la vapeur d'eau vaut :
D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de cette réaction de combustion (associée au Pouvoir Calorifique Inférieur, PCI) est :
Application numérique :
À pression constante et en supposant un rendement de combustion de 100\,\%, l'énergie thermique libérée par mole de méthane consommé est q_p = |\Delta_r H^\circ|. L'énergie totale consommée par la résidence en 2021 vaut :
La stœchiométrie indique qu'une mole de \mathrm{CH}_4 brûlée produit une mole de \mathrm{CO}_2. La quantité de matière de dioxyde de carbone rejetée est donc :
La masse de dioxyde de carbone rejetée s'exprime alors par :
Application numérique :
Résultat
II.B · Action à court terme : équilibrage du réseau de chauffage
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : premier principe, flux thermique, bilan d'énergie
En régime stationnaire, montrer que, en négligeant la diffusion thermique interne à l'eau, le champ de température dans l'eau vérifie :
avec où est la capacité thermique massique de l'eau liquide.
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Réaliser un bilan d'énergie en régime stationnaire sur une tranche d'eau entre x et x+\mathrm{d}x en confrontant la variation d'enthalpie convective du fluide aux pertes thermiques radiales vers l'extérieur.
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- Définir le système fermé constitué du fluide contenu dans la tranche élémentaire [x, x + \mathrm{d}x] à l'instant t, ainsi que de la masse entrante pendant \mathrm{d}t.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t + \mathrm{d}t en régime stationnaire.
- Exprimer le transfert thermique latéral à travers la canalisation à l'aide de la conductance thermique linéique g = 1/r.
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Bilan d'énergie stationnaire sur une tranche d'eau [x, x+\mathrm{d}x] : D_m c\,\mathrm{d}T = -\frac{T - T_e}{r}\,\mathrm{d}x, donnant l'équation différentielle.
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Considérons le système fermé constitué :
- de la masse de fluide présente dans le tronçon [x, x+\mathrm{d}x] à l'instant t ;
- de la masse \mathrm{d}m = Q_m\,\mathrm{d}t s'apprêtant à entrer en x à la température T(x) pendant l'intervalle \mathrm{d}t.
À l'instant t + \mathrm{d}t, cette même masse se retrouve dans le tronçon [x, x+\mathrm{d}x], tandis qu'une masse \mathrm{d}m identique en est sortie en x+\mathrm{d}x à la température T(x+\mathrm{d}x).
En régime stationnaire, l'enthalpie du fluide contenu dans le volume de contrôle fixe [x, x+\mathrm{d}x] est constante au cours du temps : H_{t+\mathrm{d}t}[x, x+\mathrm{d}x] = H_t[x, x+\mathrm{d}x]. La variation d'enthalpie du système fermé s'écrit donc :
où c est la capacité thermique massique de l'eau liquide (incompressible et indilatable).
La diffusion axiale étant négligée et aucun travail mécanique utile n'étant fourni, le premier principe pour ce système fermé s'écrit :
Le transfert thermique \delta Q reçu par la tranche de longueur \mathrm{d}x depuis l'atmosphère extérieure à température T_e à travers la paroi latérale s'exprime, par définition de la conductance linéique g = 1/r, par :
L'égalité des deux expressions conduit à :
En simplifiant par \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t et en réorganisant les termes :
En posant \xi = Q_m c r, on obtient bien l'équation différentielle demandée :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équation différentielle
En déduire l'expression de en fonction de . On notera la température en .
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Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants obtenue en imposant la condition initiale T(0) = T_0.
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Intégration de l'équation différentielle linéaire du 1er ordre : T(x) = T_e + (T_0 - T_e)\mathrm{e}^{-x/\xi}.
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L'équation différentielle établie à la question Q27 s'écrit :
Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants avec un second membre constant.
La solution générale est la somme d'une solution particulière constante T_p(x) = T_e et de la solution générale de l'équation homogène associée :
où C est une constante d'intégration déterminée par la condition aux limites en entrée du réseau :
On en déduit l'expression du profil de température de l'eau le long du réseau :
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MP2I, BCPST1
Notions : résistance thermique
En négligeant les échanges thermiques entre les logements, déterminer l'expression du champ de température en fonction de , , et .
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Écrire la continuité du flux thermique linéique sortant en régime permanent depuis l'eau vers le logement à travers r_1, puis du logement vers l'extérieur à travers r_2 (pont diviseur thermique).
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Pour déterminer la température T_i(x) de l'air des logements à l'abscisse x, on effectue un bilan thermique en régime stationnaire sur une tranche élémentaire de logement comprise entre x et x + \mathrm{d}x. En l'absence de transferts conductifs axiaux entre logements voisins, le flux thermique reçu de la canalisation compense exactement le flux thermique perdu vers l'extérieur.
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Bilan de flux au nœud du logement : \frac{T(x) - T_i}{r_1} = \frac{T_i - T_e}{r_2}, d'où T_i(x) = \frac{r_2 T(x) + r_1 T_e}{r_1 + r_2}.
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Considérons le système constitué par l'air et les parois intérieures des logements situés entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x. En régime stationnaire, l'énergie interne de ce système est constante.
Les transferts thermiques s'effectuent uniquement selon la direction radiale (les échanges longitudinaux entre logements adjacents étant négligés) :
un flux thermique élémentaire reçu depuis l'eau de la canalisation à travers la résistance thermique linéique r_1 :
\delta\Phi_{\mathrm{recu}} = \frac{T(x) - T_i(x)}{r_1}\,\mathrm{d}xun flux thermique élémentaire cédé à l'atmosphère extérieure à travers la résistance thermique linéique r_2 :
\delta\Phi_{\mathrm{perdu}} = \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système en régime stationnaire impose :
En regroupant les termes en T_i(x), on obtient :
ce qui conduit immédiatement à :
Résultat
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MP2I, BCPST1
Notions : résistance thermique
À quelle température doit-on chauffer l'eau en entrée du réseau de chauffage pour que la température de chaque logement soit au moins égale à ?
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Exprimer la température dans le logement le plus défavorisé situé en fin de boucle (x=L) et imposer T_i(L) = T_{\min} = 19^\circ\text{C} pour isoler la température de consigne amont T_0.
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- Identifier la position la plus défavorisée thermiquement le long du réseau : le champ de température T(x) de l'eau décroît le long de la canalisation, ce qui entraîne une décroissance monotone de la température intérieure T_i(x) des logements.
- Exprimer la condition limite T_i(L) = T_{\min} en exploitant les expressions établies aux questions Q28 et Q29.
- Isoler T_0, expliciter la constante \xi, et effectuer l'application numérique.
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La température minimale se situe en bout de réseau (x = L) ; on résout T_i(L) = T_{\min} pour déterminer la température d'injection T_0.
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D'après les questions Q28 et Q29, le profil de température de l'eau et celui des logements s'écrivent :
où la résistance thermique linéique équivalente vaut r = r_1 + r_2, soit :
En injectant l'expression de T(x), la température au sein des logements en fonction de l'abscisse x est :
Puisque T_0 > T_e et \xi > 0, la fonction x \mapsto T_i(x) est strictement décroissante sur [0, L]. La température minimale dans la résidence est donc atteinte pour le logement situé à l'extrémité du réseau (x = L) :
Pour que chaque logement ait une température au moins égale à T_{\min} = 19\,^\circ\text{C}, il suffit que T_i(L) \geqslant T_{\min}. À la limite d'égalité, on obtient la température de consigne minimale T_0 :
ce qui donne en isolant T_0 :
Application numérique :
- r_1 + r_2 = 1{,}05 + 0{,}32 = 1{,}37\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}\cdot\text{m} ;
- 1 + \dfrac{r_1}{r_2} = \dfrac{1{,}37}{0{,}32} \approx 4{,}281 ;
- \xi = 1{,}0 \times 4{,}18 \times 10^3 \times 1{,}37 \approx 5{,}727 \times 10^3\text{ m} = 5{,}73\text{ km} ;
- \dfrac{L}{\xi} = \dfrac{2{,}0 \times 10^3}{5{,}727 \times 10^3} \approx 0{,}3492 \implies \exp\left(\dfrac{L}{\xi}\right) \approx 1{,}418 ;
- T_{\min} - T_e = 19 - 7 = 12\,^\circ\text{C}.
On en déduit l'élévation de température requise :
Résultat
Question 31
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MP2I, BCPST1
Notions : flux thermique
Quel surcoût énergétique relatif ce modèle prédit-il par rapport à un mode de chauffage qui conduirait à une situation parfaitement équilibrée où tous les appartements sont à la température ?
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Intégrer le profil de température intérieure le long du réseau pour obtenir la puissance totale dissipée dans le cas réel, et la comparer à la puissance minimale requise si tous les appartements étaient exactement à T_{\min}.
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- Exprimer la puissance thermique totale dissipée vers l'extérieur dans le cas idéal d'un réseau équilibré où T_i(x) = T_{\min} pour tout x.
- Exprimer la puissance thermique dissipée dans le cas non équilibré en intégrant les déperditions locales proportionnelles à T_i(x) - T_e le long du réseau.
- En déduire le rapport des puissances, puis le surcoût énergétique relatif \delta = \frac{P - P_{\text{eq}}}{P_{\text{eq}}} avant d'effectuer l'application numérique.
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Intégration des déperditions le long du réseau surchauffé comparée à celle d'un réseau idéalement maintenu à T_{\min}.
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La puissance thermique perdue vers l'extérieur par un tronçon de logement de longueur \mathrm{d}x est donnée par :
1. Cas d'un réseau parfaitement équilibré Tous les logements sont maintenus à la température de consigne T_{\min} = 19\,^\circ\text{C}. La puissance de chauffage nécessaire correspond exactement aux déperditions :
2. Cas du réseau non équilibré D'après les questions Q28 et Q29, le profil de température au sein des logements s'écrit :
La condition d'obtention de T_{\min} en bout de chaîne (x = L) impose :
On en déduit l'expression du profil de température intérieur :
La puissance totale dissipée (et donc fournie par la chaudière à l'eau) vaut alors :
3. Surcoût énergétique relatif Le surcoût relatif \delta = \frac{P - P_{\text{eq}}}{P_{\text{eq}}} s'exprime simplement par :
Avec \xi = Q_m c (r_1 + r_2) = 1{,}0 \times 4180 \times (1{,}05 + 0{,}32) \approx 5{,}73 \times 10^3\text{ m} et L = 2{,}0 \times 10^3\text{ m} :
Résultat
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : enthalpie, premier principe
Exprimer la température de l'eau juste après le point de jonction en fonction de , , notamment.
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Écrire la conservation du débit enthalpique au point de jonction J entre le flux principal amont refroidi et le flux dérivé parfaitement calorifugé.
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- Déterminer le débit massique Q_{m,1} circulant dans le circuit principal entre x = 0 et la jonction x_J, puis en déduire la température de l'eau T(x_J^-) juste avant le point J.
- Établir le bilan d'enthalpie au point de mélange J entre le flux principal et le flux issu de la dérivation calorifugée pour obtenir la température T(x_J^+).
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Bilan enthalpique de mélange adiabatique : T(x_J^+) = \frac{Q_m T(x_J^-) + Q_{m,2} T_{\rm inj}}{Q_m + Q_{m,2}}.
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La conservation du débit massique au point de séparation en x = 0 s'écrit :
Sur le tronçon x \in [0, x_J], l'eau s'écoule avec ce débit massique Q_{m,1}. D'après l'équation différentielle établie à la question Q27, la longueur caractéristique associée est :
avec r = r_1 + r_2. La température de l'eau juste en amont de la jonction J (en x = x_J^-) vaut ainsi, d'après la question Q28 :
La dérivation étant calorifugée, l'eau y circule sans échange thermique avec l'extérieur ; elle atteint donc le point de jonction J à la température d'entrée T_0.
Au point de jonction J, les deux écoulements se mélangent pour reformer un débit total Q_m. En régime stationnaire, en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle ainsi que les pertes thermiques locales au niveau du raccord, le premier principe pour un système ouvert s'exprime par la conservation du débit d'enthalpie :
Pour un fluide incompressible et indilatable de capacité thermique massique c constante, l'enthalpie massique vérifie \mathrm{d}h = c\,\mathrm{d}T, soit h(T) = c\,(T - T_{\text{ref}}). Le bilan enthalpique se simplifie alors en :
soit :
En substituant l'expression de T(x_J^-), on obtient la température de l'eau juste après la jonction :
Résultat
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : optimisation thermique
Parmi les valeurs de testées, laquelle semble la plus intéressante ? Justifier brièvement.
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Observer sur la figure 14 quelle courbe offre le profil de température le plus homogène tout en maintenant la température de chaque appartement supérieure ou égale à 19^\circ\text{C}.
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- Vérifier pour chaque courbe de la figure 14 le respect du critère de confort : la température dans chaque logement doit être supérieure ou égale à T_{\min} = 19\,^\circ\text{C} sur l'ensemble du réseau (x \in [0, L]).
- Comparer l'abaissement global de température : la valeur la plus intéressante est celle qui minimise la surchauffe moyenne des logements (donc les déperditions thermiques et la facture énergétique) tout en respectant la contrainte de confort.
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Choix de la valeur permettant de garantir 19\,^\circ\text{C} partout tout en minimisant les températures d'eau injectée.
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Sur la figure 14, la température minimale de chaque configuration s'observe soit juste avant la jonction (x \to x_J^- avec x_J = 1\,000\text{ m}), soit en fin de réseau (x = L = 2\,000\text{ m}) :
- Pour Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6, la température atteint son minimum en x = x_J^- avec T_i(x_J^-) \approx 19{,}1\,^\circ\text{C}, et vaut environ 19{,}4\,^\circ\text{C} en x = L. La condition de confort T_i(x) \ge 19\,^\circ\text{C} est donc satisfaite sur tout le réseau.
- Cette courbe est celle qui se situe le plus bas sur l'ensemble du domaine [0, L] : la surchauffe inutile des logements proches de la chaudière est fortement atténuée (la température moyenne dans la résidence passe d'environ 21{,}6\,^\circ\text{C} pour Q_{m,2} = 0 à environ 21{,}0\,^\circ\text{C} pour Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6). Les déperditions thermiques vers l'extérieur étant proportionnelles à l'écart (T_i - T_e), c'est ce réglage qui procure le gain énergétique maximal.
La valeur qui semble la plus intéressante du point de vue de l'efficacité énergétique est donc :
Remarque : La valeur \dfrac{Q_{m,2}}{Q_m} = 0{,}5 est également un choix défendable : elle assure une séparation équitable des débits (Q_{m,1} = Q_{m,2}), conserve une marge de sécurité plus grande vis-à-vis du seuil des 19\,^\circ\text{C} (T_{\min} \approx 19{,}3\,^\circ\text{C}) et limite le saut thermique ressenti de part et d'autre de la jonction J (\Delta T_J \approx 1{,}8\,^\circ\text{C} contre 2{,}5\,^\circ\text{C} pour le cas 0{,}6).
Résultat
Question 34
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Notions : flux thermique
Estimer l'économie relative d'énergie réalisée par rapport au réseau non équilibré.
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Comparer l'écart moyen de surchauffe (\overline{T_i} - T_e) dans le réseau équilibré avec dérivation à celui du réseau non équilibré pour estimer le pourcentage d'énergie économisée.
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- Exprimer la puissance thermique totale dissipée par la copropriété en fonction de la température intérieure moyenne \overline{T_i} et de la température extérieure T_e.
- En déduire l'expression littérale de l'économie relative d'énergie en reliant le gain de puissance à l'abaissement de température moyenne \Delta \overline{T_i}.
- Estimer graphiquement à l'aide de la figure 14 la température moyenne du réseau non équilibré et celle du réseau équilibré (pour la valeur optimale retenue à la question précédente, Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6).
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Comparaison des intégrales de température le long du réseau entre les cas équilibré et non équilibré.
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En régime stationnaire, la puissance thermique totale dissipée par l'ensemble des logements vers l'extérieur s'obtient en intégrant les pertes à travers les parois de conductance linéique g_2 = 1/r_2 :
où \overline{T_i} = \frac{1}{L}\int_0^L T_i(x)\,\mathrm{d}x est la température intérieure moyenne des logements.
L'énergie thermique consommée sur une période donnée étant directement proportionnelle à cette puissance, l'économie relative d'énergie \eta s'écrit :
Estimons les températures moyennes par la méthode des trapèzes à partir des profils de la figure 14 :
Réseau non équilibré (Q_{m,2}/Q_m = 0) :
En relevant T_i(0) \approx 24{,}0\,^\circ\text{C}, T_i(L/2) \approx 21{,}4\,^\circ\text{C} et T_i(L) \approx 19{,}3\,^\circ\text{C} :\overline{T_i}_{\text{non-éq}} \approx \frac{1}{2}\left(\frac{24{,}0 + 21{,}4}{2} + \frac{21{,}4 + 19{,}3}{2}\right) \approx 21{,}5\,^\circ\text{C}L'écart moyen à l'extérieur vaut donc :
\overline{T_i}_{\text{non-éq}} - T_e \approx 21{,}5 - 7{,}0 = 14{,}5\,^\circ\text{C}Réseau équilibré (Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6) :
Sur le premier tronçon amont (x \in [0, L/2]), la température décroît de 24{,}0\,^\circ\text{C} à environ 19{,}1\,^\circ\text{C} :\overline{T}_{i,1} \approx \frac{24{,}0 + 19{,}1}{2} \approx 21{,}55\,^\circ\text{C}Sur le second tronçon aval (x \in [L/2, L]), après la jonction, la température passe de 21{,}5\,^\circ\text{C} à environ 19{,}3\,^\circ\text{C} :
\overline{T}_{i,2} \approx \frac{21{,}5 + 19{,}3}{2} \approx 20{,}40\,^\circ\text{C}La température moyenne globale est alors :
\overline{T_i}_{\text{éq}} = \frac{\overline{T}_{i,1} + \overline{T}_{i,2}}{2} \approx 21{,}0\,^\circ\text{C}
L'abaissement moyen de la température intérieure est donc :
On en déduit l'économie relative d'énergie :
Compte tenu de la précision des lectures graphiques (une valeur comprise entre 3\,\% et 5\,\% est recevable) :
Résultat
II.C.1 · Isolation thermique par l'extérieur
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 9 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MP2I, BCPST1
Notions : résistance thermique, loi de fourier
Exprimer l'épaisseur d'isolant à appliquer sur les murs pour réduire d'une fraction les déperditions énergétiques de l'ensemble de la résidence, toutes choses égales par ailleurs. En déduire le nombre de couches de plaques de laine de roche qu'il faut appliquer sur les murs de la résidence pour réduire ses déperditions énergétiques de . Est-il intéressant d'ajouter une couche supplémentaire de laine de roche à l'isolation précédente ?
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Ajouter la résistance thermique de l'isolant e_{\mathrm{iso}}/\lambda en série avec la résistance initiale des murs, et ajuster l'épaisseur globale pour obtenir la baisse relative de conductance souhaitée.
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- Exprimer la conductance thermique globale initiale G_{\text{tot}} de la résidence à partir des données du tableau 1, puis relier la réduction relative recherchée \mu à la nouvelle conductance des murs G'_{\text{murs}}.
- Traduire l'ajout de l'isolant par l'association en série des résistances thermiques surfaciques du mur nu et de la laine de roche pour en déduire l'épaisseur e_{\text{iso}} nécessaire.
- Comparer cette épaisseur à celle d'un panneau (e_0 = 12\text{ cm}) pour déterminer le nombre de couches, puis évaluer la pertinence d'une couche additionnelle en termes de rendements décroissants, de coût et de répartition des déperditions résiduelles.
Voir la réponse courteRéponse courte
Relation R_{\rm th,nouv} = R_{\rm th,ini} + e/(\lambda S), calcul du nombre de couches et remarque sur le gain marginal décroissant.
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1. Expression littérale de l'épaisseur d'isolant
La puissance thermique dissipée s'écrit P_c = G_{\text{tot}}\,(T_i - T_e), où la conductance thermique globale initiale de la résidence vaut la somme des conductances des différents éléments :
D'après les données du tableau 1 :
Toutes choses égales par ailleurs (T_i - T_e = \text{cte}), réduire les déperditions d'une fraction \mu impose que la nouvelle conductance totale vaille G'_{\text{tot}} = (1 - \mu)\,G_{\text{tot}}, soit :
L'isolation thermique par l'extérieur ajoute une résistance thermique surfacique de conduction R_{\text{iso}} = \frac{e_{\text{iso}}}{\lambda} en série avec la résistance surfacique initiale du mur nu R_{\text{murs}} = \frac{1}{U_{\text{murs}}}. La nouvelle résistance surfacique s'écrit donc :
En remplaçant G'_{\text{murs}} par son expression, on en déduit :
Comme G_{\text{murs}} = U_{\text{murs}}\,S_{\text{murs}}, il vient :
2. Application numérique et nombre de couches
Pour \mu = 0{,}45 et \lambda = 0{,}037\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1} :
Chaque panneau de laine de roche ayant une épaisseur normalisée e_0 = 12\text{ cm} > 7{,}0\text{ cm}, il suffit d'installer :
Avec cette unique couche de 12\text{ cm}, la nouvelle conductance des murs devient :
La réduction relative réelle des déperditions atteint alors :
3. Intérêt d'une couche supplémentaire
Si l'on ajoute une seconde couche de laine de roche (e = 24\text{ cm}), la conductance des murs devient :
Le gain supplémentaire sur les déperditions totales n'est que de :
L'ajout d'une couche supplémentaire n'est pas intéressant, pour trois raisons majeures :
- Rendements fortement décroissants : la première couche permet d'économiser 47{,}9\,\% de la facture globale, contre seulement 2{,}2\,\% pour la deuxième.
- Coût prohibitif : une couche supplémentaire représente un investissement de 250\text{ €}\cdot\text{m}^{-2} \times 5650\text{ m}^2 \approx 1{,}4\text{ M€}, difficilement amortissable au vu du faible gain marginal d'énergie.
- Déperditions résiduelles situées ailleurs : après la première couche, les murs ne représentent plus que 1587 / (1587 + 16134) \approx 9\,\% des pertes de chaleur. Il est bien plus pertinent d'investir ces fonds dans l'isolation de la toiture ou le remplacement des ouvrants (fenêtres).
Résultat
II.C.2 · Remplacement de la chaudière par une pompe à chaleur
Question 36
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : cycle de carnot, coefficient de performance
Évaluer le coefficient de performance de la pompe à chaleur en supposant qu'elle fonctionne de façon réversible, au sens de la thermodynamique, pour les conditions de température représentatives de la copropriété étudiée (source chaude à , source froide à ). Comparer la valeur obtenue aux valeurs du fournies dans la documentation de la pompe à chaleur considérée.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la formule du COP théorique de Carnot pour une machine ditherme réversible \mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} = \frac{T_C}{T_C - T_F} (en kelvins) et comparer aux données du constructeur.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'expression thermodynamique du coefficient de performance théorique maximal (COP de Carnot) d'une pompe à chaleur fonctionnant de manière réversible entre deux sources de chaleur monothermes.
- Réaliser l'application numérique avec les températures absolues T_C (source chaude) et T_F (source froide).
- Relever sur la documentation technique (figure D) la valeur du COP pour ce régime de fonctionnement, calculer le rendement exergétique et analyser les causes de l'écart.
Voir la réponse courteRéponse courte
\mathrm{COP}_{\rm Carnot} = \frac{T_C}{T_C - T_F} \approx 5{,}4, très supérieur au COP réel en raison des irréversibilités du compresseur et échangeurs.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour un cycle ditherme décrit par le fluide frigorigène, les premier et second principes s'écrivent :
Dans le cas d'un fonctionnement réversible (S_{\mathrm{cr}} = 0), on en déduit :
L'efficacité thermodynamique (ou coefficient de performance) d'une pompe à chaleur est définie par le rapport entre la chaleur utile cédée à la source chaude (-Q_C > 0) et le travail électrique reçu (W > 0) :
Avec T_C = 70 + 273{,}15 = 343{,}15\text{ K} et T_F = 7 + 273{,}15 = 280{,}15\text{ K}, on a \Delta T = T_C - T_F = 63\text{ K} :
D'après la documentation technique de la machine (figure D du document réponse), pour une température d'eau en sortie de 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C}, les valeurs constructeur sont :
- En mode « priorité COP » : \mathrm{COP} = 1{,}76 ;
- En mode « priorité puissance » : \mathrm{COP} = 1{,}80.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Exploitation de document
- Schéma ou tracé
- Faisable en BCPST1
Notions : diagramme des frigoristes, cycle de carnot
Tracer le cycle thermodynamique sur le diagramme du fluide R407C (figure C du document réponse).
Voir l'indiceIndice
Positionner les quatre points d'état sur le diagramme (p,h) du R407C en reliant les isobares à 6\text{ bar} et haute pression par une isentropique (1-2) et une isenthalpique (3-4).
Voir la stratégieStratégie
Pour positionner avec précision les quatre points du cycle sur le diagramme (p, h) :
- Placer l'état 1 à l'intersection de l'isobare p_1 = 6\text{ bar} et de l'isotherme T_1 = 10\,^\circ\text{C} dans le domaine de vapeur surchauffée.
- Suivre l'isentrope (s = \text{cste}) partant de 1 jusqu'à l'intersection avec l'isotherme T_2 = 90\,^\circ\text{C} pour déterminer l'état 2 et la haute pression p_2.
- Suivre l'isobare horizontale p = p_2 vers la gauche (désurchauffe puis condensation totale) jusqu'à la courbe d'ébullition (x = 0) pour situer l'état 3.
- Réaliser la détente isenthalpique par un segment vertical descendant (h = \text{cste}) de p_2 jusqu'à p_4 = 6\text{ bar} pour placer l'état 4.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé des quatre évolutions sur le diagramme (p, h) : compression, désurchauffe/condensation, détente isenthalpique, évaporation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Détaillons la construction et les coordonnées de chaque point caractéristique sur le diagramme (p, h) de la figure C :
État 1 : Le fluide est sous forme de vapeur surchauffée à p_1 = 6{,}0\text{ bar} et T_1 = 10\,^\circ\text{C}. Sur le diagramme, on se place sur la ligne horizontale p = 6{,}0\text{ bar} et on repère l'isotherme 10\,^\circ\text{C} (située à droite de la courbe de rosée x = 1). On lit :
h_1 \approx 420\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad \text{et} \quad s_1 \approx 1{,}80\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}.Transformation 1 \to 2 (compression isentropique) : Le fluide suit la courbe d'entropie constante s = s_1 \approx 1{,}80\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} en montant vers la droite jusqu'à croiser l'isotherme T_2 = 90\,^\circ\text{C}. À cette intersection, on relève :
p_2 \approx 30\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.Transformation 2 \to 3 (refroidissement et liquéfaction isobares) : La transformation est isobare à la pression p_2 \approx 30\text{ bar}. Le fluide se refroidit d'abord à l'état de vapeur jusqu'à la température de rosée (désurchauffe), puis se condense totalement à travers la zone diphasique jusqu'à la courbe d'ébullition (titre en vapeur x_3 = 0). Le point 3 se situe sur la courbe d'ébullition à p_3 = 30\text{ bar}. On y lit :
p_3 \approx 30\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.Transformation 3 \to 4 (détente isenthalpique) : La détente dans le détendeur est modélisée par une transformation adiabatique sans travail utile, donc isenthalpique : h_4 = h_3. Elle est représentée par un segment de droite vertical descendant jusqu'à la basse pression p_4 = p_1 = 6{,}0\text{ bar} :
p_4 = 6{,}0\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_4 = h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.L'état 4 se situe dans le domaine diphasique liquide-vapeur (x_4 \approx 0{,}3).
- Transformation 4 \to 1 (vaporisation et surchauffe isobares) : Le fluide s'évapore totalement dans l'évaporateur puis est surchauffé jusqu'à 10\,^\circ\text{C} à la pression constante p = 6{,}0\text{ bar} au contact de la source froide. Cette évolution est représentée par un segment horizontal joignant le point 4 au point 1.
Le cycle thermodynamique décrit par le fluide frigorigène est moteur au sens géométrique mais récepteur d'énergie (cycle frigorifique parcouru dans le sens horaire dans le plan (p, h)).
Résultat
Question 38
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en BCPST1
Notions : coefficient de performance, premier principe
Évaluer le . Comparer à la documentation technique et expliquer d'éventuelles différences.
Voir l'indiceIndice
Calculer le COP théorique à partir des enthalpies massiques lues sur le cycle \mathrm{COP} = \frac{h_2 - h_3}{h_2 - h_1} et expliciter les causes d'écart avec le COP constructeur (rendement isentropique du compresseur, pertes électromécaniques).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le coefficient de performance thermodynamique \mathrm{COP} du cycle en fonction des enthalpies massiques du fluide frigorigène aux différents états du cycle déterminés à la question précédente.
- Réaliser l'application numérique à partir des lectures graphiques.
- Comparer la valeur obtenue aux données de la documentation technique (figure D) et expliciter les sources d'irréversibilités et de pertes expliquant l'écart observé.
Voir la réponse courteRéponse courte
\mathrm{COP} = \frac{|h_3 - h_2|}{h_2 - h_1} par lecture enthalpique sur le diagramme, en accord avec les données de la documentation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le fluide frigorigène échange du travail avec le compresseur et de la chaleur avec les deux sources. En régime stationnaire, le premier principe appliqué à une masse unité de fluide traversant chaque organe donne :
le travail massique reçu par le fluide au niveau du compresseur (transformation 1–2 adiabatique) :
w = h_2 - h_1 > 0le transfert thermique massique cédé à la source chaude lors du refroidissement et de la liquéfaction isobares (transformation 2–3) :
q_C = h_3 - h_2 < 0 \implies |q_C| = h_2 - h_3
Le coefficient de performance thermique s'écrit donc :
D'après les valeurs d'enthalpies massiques relevées sur le diagramme (p, h) à la question Q37 :
- h_1 \approx 420\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
On obtient :
D'où la valeur numérique du coefficient de performance :
(une lecture conduisant à 4{,}2 \leqslant \mathrm{COP} \leqslant 4{,}8 est tout à fait acceptable compte tenu de l'imprécision graphique).
Comparaison avec la documentation technique : La figure D indique, pour une eau en sortie à 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C} :
Le COP du cycle modélisé (\approx 4{,}6) est très supérieur au COP réel constructeur (\approx 1{,}8), tout en restant inférieur au maximum théorique de Carnot calculé à la question Q36 (\mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} \approx 5{,}45).
Explication des différences : L'écart notable s'explique par les nombreuses irréversibilités et pertes négligées dans la modélisation :
- Irréversibilités internes au compresseur : la compression réelle n'est pas isentropique (rendement isentropique de compression \eta_{\text{is}} \approx 0{,}65\text{ à } 0{,}75), ce qui accroît significativement le travail électrique consommé. De plus, il existe des pertes mécaniques et électriques dans le moteur du compresseur.
- Pincements thermiques aux échangeurs : les transferts thermiques nécessitent des écarts finis de température (\Delta T \sim 5\text{ à } 10\,^\circ\text{C}). Le fluide doit donc s'évaporer à une température inférieure à 7\,^\circ\text{C} (vers 0\,^\circ\text{C}) et condenser à une température supérieure à 70\,^\circ\text{C} (vers 75\text{--}80\,^\circ\text{C}), ce qui augmente le rapport des pressions et le travail de compression nécessaire.
- Pertes de charge : les écoulements dans les échangeurs et tubulures ne sont pas parfaitement isobares.
- Consommation des auxiliaires : la documentation intègre la puissance électrique absorbée par les ventilateurs de l'unité extérieure, les pompes de circulation et l'électronique de régulation.
Résultat
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en BCPST1
Notions : premier principe, débit massique
Évaluer le débit de masse du fluide frigorigène lorsque la pompe à chaleur fonctionne en mode « priorité puissance ». Commenter.
Voir l'indiceIndice
Relier la puissance thermique nominale cédée à l'eau au débit massique du fluide via P_{\mathrm{th}} = D_m (h_2 - h_3) et vérifier la cohérence avec les valeurs de débit de la documentation.
Voir la stratégieStratégie
- Relever sur la figure D la puissance thermique nominale fournie par la pompe à chaleur en mode « priorité puissance » pour les conditions de l'étude (sortie d'eau à 70\,^\circ\text{C} et température extérieure de +7\,^\circ\text{C}).
- Relier cette puissance thermique au débit de masse de fluide frigorigène D_m et au transfert thermique massique cédé à la source chaude au cours du cycle : P_{\text{th}} = D_m (h_2 - h_3).
- Réaliser l'application numérique et commenter la valeur obtenue en la confrontant à la charge de fluide indiquée dans la documentation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Débit massique obtenu par D_m = \frac{\mathcal{P}_{\rm th}}{|h_3 - h_2|} à partir de la puissance thermique fournie.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure D, pour une eau sortant à 70\,^\circ\text{C} et un air extérieur à +7\,^\circ\text{C}, la pompe à chaleur fournit en mode « priorité puissance » une puissance thermique nominale :
Au niveau du condenseur (étape 2 \to 3), le fluide frigorigène cède par unité de masse à la source chaude le transfert thermique :
En régime stationnaire, la puissance thermique totale cédée s'écrit :
Avec les valeurs d'enthalpie déterminées à la question Q37 (h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, soit h_2 - h_3 \approx 147\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) :
Commentaire :
- La documentation technique (figure D) indique une charge totale en fluide frigorigène de 2 \times 5{,}5\text{ kg} = 11\text{ kg} (ce qui correspond à deux circuits indépendants de même puissance, chacun assurant la moitié du débit, soit environ 0{,}20\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}).
Le temps de renouvellement complet de la charge de fluide dans la machine est de l'ordre de :
\tau_{\text{cycle}} = \frac{m_{\text{charge}}}{D_m} = \frac{11}{0{,}40} \approx 28\text{ s}Le fluide effectue donc environ deux cycles par minute, ce qui est tout à fait typique d'une installation industrielle de pompe à chaleur à haute compacité.
Résultat
Question 40
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en BCPST1
Notions : dimensionnement
Toujours en mode priorité puissance, combien de pompes à chaleur faut-il associer pour satisfaire le besoin en chauffage de la résidence dans son état actuel ?
Voir l'indiceIndice
Calculer le rapport entre la puissance de chauffage globale requise pour la résidence et la puissance thermique nominale unitaire délivrée par une pompe à chaleur en régime à 70^\circ\text{C}.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le besoin en puissance de chauffage de la résidence déterminé à la question Q25 (ou la puissance nominale de la chaudière existante).
- Relever sur la figure D la puissance nominale fournie par une pompe à chaleur (PAC) en mode « priorité puissance » pour une température de sortie d'eau à 70\,^\circ\text{C}.
- En déduire le nombre minimal entier de pompes à chaleur nécessaires par association en parallèle.
Voir la réponse courteRéponse courte
Quotient de la puissance thermique globale nécessaire par la puissance unitaire de chaque pompe à chaleur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q25, la puissance thermique nécessaire pour compenser les déperditions de la résidence par température extérieure minimale de référence (T_{e,\text{ref}} = -7\,^\circ\text{C}) est :
(La chaudière à gaz actuellement installée dispose d'une puissance nominale voisine de P_{\text{chaudière}} = 998\text{ kW}).
D'après le tableau de la figure D (document réponse), une pompe à chaleur en mode « priorité puissance » délivrant de l'eau à 70\,^\circ\text{C} fournit une puissance thermique nominale unitaire :
Le nombre minimal N de pompes à chaleur à installer en parallèle pour couvrir le besoin de dimensionnement P_c vaut :
Il faut donc associer :
(ou 15 si l'on tolère un très léger sous-dimensionnement lors du pic de froid).
Si l'on choisit plutôt de remplacer intégralement la puissance installée de la chaudière actuelle (998\text{ kW}), il faudrait :
Résultat
Question 41
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en BCPST1
Notions : transition énergétique, analyse de cycle de vie
L'utilisation de radiateurs en fonte nécessite une injection d'eau à environ . Est-il intéressant, du point de vue financier et du point de vue de l'émission de gaz à effet de serre, de remplacer la chaudière de la copropriété par un ensemble de pompes à chaleur produisant de l'eau à cette température ? On prendra pour le coût de l'électricité et pour le coût du gaz. Discuter.
Voir l'indiceIndice
Comparer le coût annuel de consommation énergétique (gaz vs électricité avec prise en compte du COP) et estimer le bénéfice environnemental en tenant compte du contenu carbone du mix électrique français.
Voir la stratégieStratégie
- Volet financier : comparer les coûts annuels de fonctionnement (facture énergétique) du chauffage au gaz et de la pompe à chaleur (PAC) pour une consommation thermique annuelle de E = 1900\text{ MW}\cdot\text{h} (question Q26). Déterminer le COP minimal assurant la rentabilité d'exploitation.
- Volet environnemental : comparer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre (GES) associées au gaz naturel et au vecteur électrique en France (mix décarboné).
- Discussion et synthèse : analyser la pertinence globale de l'opération en tenant compte de la contrainte des radiateurs en fonte à haute température (70\,^\circ\text{C}), du coût d'investissement (16 machines d'après la question Q40) et de la nécessité d'une rénovation globale (isolation préalable).
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan économique comparant coûts électricité/gaz via le COP, et bilan écologique très favorable grâce au mix électrique décarboné.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Analyse financière du fonctionnement annuel
D'après la question Q26, l'énergie annuelle de chauffage consommée par la copropriété est :
Chauffage au gaz naturel : au tarif de c_{\text{gaz}} = 90\text{ €/MWh}, le coût annuel s'élève à :
C_{\text{gaz}} = E \times c_{\text{gaz}} = 1900 \times 90 = 1{,}71 \times 10^5\text{ €/an} = 171\text{ k€/an}Chauffage par pompes à chaleur à 70\,^\circ\text{C} : D'après le tableau de la figure D, pour une eau produite à 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C}, le coefficient de performance en mode « priorité puissance » vaut :
\text{COP} = 1{,}80 \quad (\text{ou } 1{,}76 \text{ en priorité COP})L'énergie électrique annuelle absorbée par l'ensemble des pompes à chaleur est :
E_{\text{elec}} = \frac{E}{\text{COP}} = \frac{1900}{1{,}80} \approx 1056\text{ MW}\cdot\text{h}Au tarif de c_{\text{elec}} = 200\text{ €/MWh}, la facture annuelle d'électricité s'établit à :
C_{\text{PAC}} = E_{\text{elec}} \times c_{\text{elec}} = \frac{1900}{1{,}80} \times 200 \approx 2{,}11 \times 10^5\text{ €/an} = 211\text{ k€/an}
Le coût de fonctionnement de la PAC est supérieur à celui de la chaudière à gaz :
Pour que le coût d'exploitation d'une PAC soit inférieur à celui du gaz, il faudrait que son COP vérifie :
Ce seuil n'est pas atteint à 70\,^\circ\text{C} (\text{COP} = 1{,}80). De surcroît, le coût d'investissement initial est très lourd (achat, raccordement électrique renforcé et installation de 16 machines de plus de 500 kg d'après la question Q40).
2. Analyse des émissions de gaz à effet de serre
Chaudière à gaz : la combustion du méthane génère des émissions directes de :
m_{\mathrm{CO}_2,\text{gaz}} \approx 370\text{ tonnes de }\mathrm{CO}_2/\text{an} \quad (\text{d'après la question Q26})Pompes à chaleur : les émissions dépendent du contenu carbone de l'électricité consommée. En France, le mix électrique est très décarboné, avec un facteur d'émission moyen pour le chauffage d'environ f_{\text{elec}} \approx 50\text{ à } 70\text{ gCO}_2/\text{kW}\cdot\text{h} = 50\text{ à } 70\text{ tCO}_2/\text{GW}\cdot\text{h}. Avec E_{\text{elec}} \approx 1056\text{ MW}\cdot\text{h}, les émissions indirectes annuelles sont :
m_{\mathrm{CO}_2,\text{PAC}} \approx 1056 \times 60 \times 10^{-3} \approx 63\text{ tonnes de }\mathrm{CO}_2/\text{an}Le gain environnemental est majeur, avec une division par près de 6 des émissions de \mathrm{CO}_2 (réduction de plus de 80\,\%).
- Impact des fluides frigorigènes : le R407C présente un fort pouvoir de réchauffement global (\text{PRG} = 1774, figure D). La charge totale de 16 pompes à chaleur (16 \times 11\text{ kg} = 176\text{ kg}) représente un potentiel d'environ 312\text{ t équivalent }\mathrm{CO}_2 en cas de fuite totale, ce qui impose une maintenance rigoureuse.
3. Synthèse et discussion
En effet :
- À haute température (70\,^\circ\text{C}), le mauvais rendement thermodynamique (\text{COP} = 1{,}80) conduit à un surcoût d'exploitation annuel d'environ 40\text{ k€}, s'ajoutant à un investissement prohibitif.
Pour valoriser l'atout écologique incontestable de la PAC sans pénalité financière, il est impératif d'adopter une démarche progressive :
- Réaliser d'abord l'isolation thermique par l'extérieur (Q35) et équilibrer le réseau (Q33-Q34).
- La baisse drastique des déperditions permettra d'abaisser la température d'eau requise dans les radiateurs à 35\text{--}45\,^\circ\text{C}, régime où le COP de la PAC dépasse 3{,}5 (figure D). La facture d'électricité chutera alors sous celle du gaz, rendant le projet rentable et hautement écologique.
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