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E3A Mathématiques PSI 2021Sujet, corrigé et rapport du jury

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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PSI

MATHÉMATIQUES

Durée : 4 heures

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES

  • Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • Ne pas utiliser de correcteur.
  • Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

Exercice 1

On note F l'espace vectoriel des fonctions définies sur J = ] − 1, + ∞[ à valeurs réelles. Soit p ∈ ℕ. Pour tout k ∈ [ [ − 1, p] ], on définit les fonctions f_k sur J par:
∀x ∈ J, f_(− 1)(x) = ln(1 + x) et ∀k ∈ [ [0, p] ], f_k(x) = 1/((1 + x)^k).

1. Étude du sous-espace vectoriel engendré par ces fonctions

1.1. Soient (a_k)_(k ∈ [ [ − 1, p] ]) des réels tels que ∑_(k = − 1)^p a_k f_k est la fonction nulle.
Démontrer que a_(− 1) = 0.
1.2. Démontrer alors que la famille ℬ = (f_k)_(k ∈ [ [ − 1, p] ]) est libre.
On note E = Vect(ℬ).
1.3. En déduire la dimension de E.
2. On note u l'application qui à toute fonction f de E associe la fonction g définie sur J par :
∀x ∈ J, g(x) = (1 + x)f^′(x)
2.1. Déterminer, pour tout k ∈ [ [ − 1, p] ], les images de f_k par u.
2.2. Vérifier que u est un endomorphisme de E.
2.3. Déterminer le noyau et l'image de u.
2.4. Préciser u^(− 1)({f_(− 1)}), l'ensemble des antécédents de f_(− 1).
2.5. Déterminer la matrice M de u dans la base ℬ.
2.6. L'endomorphisme u est-il diagonalisable?
2.7. L'endomorphisme u^2 est-il diagonalisable?
3. Résoudre sur J l'équation différentielle ( ED ) f_(− 1)(t) = (1 + t)y^′(t).
4. Soit h_2 la solution de l'équation différentielle ( ED ) nulle en zéro.
4.1. On note h_3 la solution de l'équation différentielle h_2(t) = (1 + t)y^′(t) nulle en zéro. Expliciter h_3.
4.2. En itérant le procédé, on note pour tout entier naturel k ⩾ 2, h_k la solution nulle en zéro de l'équation différentielle h_(k − 1)(t) = (1 + t)y^′(t).
Expliciter h_k.
5. Étude de la série de fonction ∑_(k ⩾ 2)h_k
5.1. Montrer que la série de fonctions ∑_(k ⩾ 2)h_k converge simplement sur J et calculer sa somme H.
5.2. La fonction H est-elle dans E ?
5.3. En utilisant la question 5.1, vérifier que H est dérivable et que H^′ ∈ E.

Exercice 2

On note S l'ensemble des suites réelles (u_n)_(n ∈ ℕ) vérifiant la relation :
∀n ∈ ℕ, u_(n + 2) = u_(n + 1) + u_n.
  1. On note γ la racine positive du trinôme x^2 − x − 1.
Justifier que γ > 1 et que la deuxième racine est − 1/γ.
2. On considère la suite réelle (y_n)_(n ∈ ℕ) de S vérifiant : y_0 = 0, y_1 = 1.
Parmi les réponses proposées, une seule est l'expression correcte de y_n valable pour tout entier naturel n. Laquelle?
(1) y_n = (γ^n)/(√5) + ((− 1)^(n + 1))/(γ^(n + 1)√5);
(2) y_n = ((− 1)^(n + 1)γ^n)/(√5) + 1/(γ^n√5);
(3) y_n = (γ^n)/(√5) + ((− 1)^(n + 1))/(γ^n√5).
3. Soit (X_n)_(n ∈ ℕ) une suite de variables aléatoires définie par:
  • X_0 et X_1 sont indépendantes et suivent toutes les deux une loi de Poisson de paramètres respectifs λ > 0 et μ > 0;
  • pour tout entier naturel n : X_(n + 2) = X_(n + 1) + X_n.
    3.1. Montrer que la variable aléatoire X_2 suit une loi de Poisson dont on déterminera le paramètre.
    3.2. Démontrer que les deux variables aléatoires X_1 et X_2 ne sont pas indépendantes.
    3.3. Montrer que : ∀n ∈ ℕ^∗, X_n = y_(n − 1)X_0 + y_n X_1.
    3.4. Étude de l'espérance de la variable aléatoire X_p pour p ∈ ℕ
    3.4.1. Soit p ∈ ℕ. Justifier que la variable aléatoire X_p possède une espérance que l'on notera x_p et la calculer en fonction de λ, μ et de termes de la suite (y_n)_(n ∈ ℕ).
    3.4.2. Déterminer un équivalent de x_p lorsque p tend vers l'infini.
    3.5. Soit p ∈ ℕ. Justifier que la variable aléatoire X_p possède une variance que l'on notera 𝕍(X_p) et la calculer en fonction de λ, μ et de termes de la suite (y_n)_(n ∈ ℕ).
    3.6. Soient p et q deux entiers naturels supérieurs ou égaux à 2 .
Calculer, en fonction de λ, μ et de termes de la suite (y_n)_(n ∈ ℕ), la covariance Cov(X_p, X_q) des deux variables aléatoires X_p et X_q. Que peut-on en conclure?

Exercice 3

Pour tout entier naturel n non nul, on pose : I_n = ∫_1^(+ ∞)exp(− t^n)dt.
  1. Justifier, pour tout n ∈ ℕ^∗, l'existence de I_n.
  2. En citant précisément le théorème utilisé, justifier l'existence et déterminer la limite de la suite (I_n)_(n ∈ ℕ^∗).
  3. En le justifiant, effectuer le changement de variable u = t^n dans I_n.
  4. Déterminer alors lim_(n → + ∞)nI_n.
On donnera le résultat en fonction d'une intégrale J que l'on ne cherchera pas à calculer.
5. En déduire un équivalent de I_n au voisinage de + ∞ en fonction de J.
6. On considère la série entière ∑_(n ⩾ 1)I_n x^n.
6.1. Déterminer le rayon de convergence R de cette série entière.
6.2. On pose pour tout x réel et lorsque cela est possible f(x) = ∑_(n ⩾ 1)I_n x^n.
Donner l'ensemble de définition de f.

Exercice 4

Soient E un ℂ-espace vectoriel de dimension finie n ⩾ 1, u un endomorphisme de E, m ∈ ℕ^∗ et λ_1, …, λ_m m nombres complexes distincts deux à deux.
  1. On suppose que u est diagonalisable et que son spectre est {λ_1, …, λ_m}.
On rappelle que dans ce cas, E = ⨁_(j = 1)^m E_j où chaque E_j est le sous-espace propre associé à la valeur propre λ_j.
Montrer qu'il existe des projecteurs de E, (p_j)_(j ∈ [ [1, m] ]) non nuls, tels que :
∀k ∈ ℕ, u^k = ∑_(j = 1)^m λ_j^k p_j(∗)
  1. Dans cette question, on ne suppose plus u diagonalisable.
On suppose cependant qu'il existe une suite d'endomorphismes (p_j)_(j ∈ [ [1, m] ]) de E, non nuls et que la suite de scalaires (λ_j)_(j ∈ [ [1, m] ]) vérifie (*).
2.1. Vérifier que l'on a : ∀P ∈ ℂ[X], P(u) = ∑_(j = 1)^m P(λ_j)p_j.
2.2. Montrer que u est diagonalisable.
On pourra chercher un polynôme annulateur de u scindé à racines simples.
2.3. Pour tout j ∈ [ [1, m] ], on considère le polynôme L_j(X) = ∏_(k = 1, k ≠ j)^m(X − λ_k)/(λ_j − λ_k).
2.3.1. Déterminer, pour tout couple (i, j) ∈ [ [1, m] ]^2, L_j(λ_i).
2.3.2. Prouver que la famille ℬ = (L_j)_(j ∈ [ [1, m] ]) est une base de ℂ_(m − 1)[X].
2.3.3. Soit P ∈ ℂ_(m − 1)[X]. Déterminer les composantes de P dans la base ℬ.
2.4. Prouver que l'on a : ∀j ∈ [ [1, m] ], p_j = L_j(u).
2.5. Démontrer enfin que les λ_j sont les valeurs propres de l'endomorphisme u.

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