E3A Mathématiques PSI 2024Sujet, corrigé et rapport du jury
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Présentation du sujet
Quatre exercices : matrice aléatoire diagonalisable, opérateur intégral à noyau min(x, t), matrice symétrique réelle, développement asymptotique d'une intégraleAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le sujet comporte quatre exercices indépendants sur les parties classiques du programme de PSI. On calcule la probabilité qu'une matrice aléatoire à coefficients binomiaux soit diagonalisable, on étudie un endomorphisme intégral et ses éléments propres, on réduit une matrice symétrique construite à partir de deux vecteurs, puis on obtient la limite de n fois une intégrale généralisée.
- 1Exercice 1 : probabilité qu'une matrice aléatoire soit diagonalisableFormule de Vandermonde par le binôme de Newton, condition de diagonalisation d'une matrice triangulaire 2x2 et probabilités avec deux lois binomiales indépendantes.
- 2Exercice 2 : l'application f qui donne l'intégrale de min(x, t)f(t)Équation différentielle y'' + αy = 0, régularité d'une intégrale dépendant de x, linéarité, injectivité, image et éléments propres de l'endomorphisme T.
- 3Exercice 3 : une matrice symétrique réelleThéorème spectral, matrice de rang 1, noyau et image orthogonaux, sous-espace stable et base adaptée pour obtenir les valeurs propres.
- 4Exercice 4 : développement asymptotique d'une intégraleDéveloppements limités, intégrales de Riemann, encadrement de l'exponentielle par récurrence, convergence dominée et intégration terme à terme.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesBinôme de Newton mal restitué · Diagonalisable et inversible confondus · Équation y'' + αy = 0 et fonction minAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe jury rappelle que les quatre exercices couvraient les parties les plus classiques du programme de deuxième année de PSI. Il déplore des copies désordonnées, des bases d'algèbre linéaire et d'analyse mal maîtrisées, des calculs vite abandonnés et des arguments fallacieux. Près de 30 % des candidats n'ont pas abordé l'exercice de probabilités.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Binôme de Newton mal restituéExercice 1, questions 1 et 1.2
Beaucoup développent le carré de (1 + X) puissance n comme si l'opération était linéaire et ignorent la symétrie des coefficients binomiaux.
« comme si prendre le carré était une opération linéaire »
- 2Diagonalisable et inversible confondusExercice 1, questions 2 et 4
Des candidats relient la diagonalisabilité au déterminant non nul ou croient qu'une matrice diagonalisable est inversible. Les valeurs propres d'une matrice triangulaire se lisent pourtant sur sa diagonale.
« Pour beaucoup, diagonalisable entraîne inversible ! »
- 3Équation y'' + αy = 0 et fonction minExercice 2, questions 1, 3.1, 3.3 et 4.1
La résolution de la question de cours passe souvent par un discriminant inutile. La définition du minimum, pourtant rappelée, est mal utilisée dans le tracé et les calculs d'intégrales.
« on observe parfois une confusion avec le max »
- 4Fonction et image confonduesExercice 2, questions 5 et 6
Pour la linéarité de T, certains évaluent T(f) en une combinaison de points. L'injectivité de T est confondue avec celle de T(f).
- 5Théorème du rang et théorème spectralExercice 3, questions 2 et 4.3.3
Le théorème du rang est mal écrit, avec une dimension n au carré. Le théorème spectral est appliqué à une matrice G qui n'est pas symétrique.
« Le théorème du rang reste une catastrophe »
- 6Développements limités et hypothèses des théorèmesExercice 4, questions 1.1, 2 et 6
Les développements usuels sont mal connus, souvent écrits sans reste. Les hypothèses de la convergence dominée et de l'intégration terme à terme ne sont pas énoncées, et la récurrence de la question 2 n'est pas repérée.
« Trop peu d'étudiants connaissent les développements limités usuels même à l'ordre 2. »
Conseils du jury
- Lire tout le sujet pour comprendre l'architecture de chaque exercice.
- Vérifier explicitement les hypothèses des théorèmes et écrire leur nom correctement.
- Soigner les représentations graphiques demandées.
- Vérifier que les deux membres d'un développement limité ont la même limite.
- Admettre clairement un résultat donné plutôt que de le justifier par des arguments faux.
- Ne pas négliger l'exercice de probabilités, posé chaque année.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
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EXERCICE 1
On pose, pour tout
1. Calcul d'une somme
1.2. En remarquant que
1.3. En déduire une expression simplifiée de
2. À quelle condition nécessaire et suffisante portant sur les réels
3. Calculer la probabilité de l'événement
4. Calculer la probabilité de l'événement
EXERCICE 2
Questions préliminaires
- Soit
α ∈ ℝ . Résoudre dansℝ , suivant les valeurs deα , l'équation différentielley^(′′) + αy = 0 . - Soient
h ∈ E eta ∈ [0, 1] . Justifier que la fonctionH : x ↦ ∫_a^x h(t)dt est de classeC^1 sur[0, 1] et déterminer sa dérivée.
3. Cas particuliers
3.2. Calculer
3.3. Soit
4. Soit
4.1. Justifier que
4.2. Calculer
4.3. Démontrer alors que
- Montrer que
T est un endomorphisme deE . - L'application
T est-elle injective? - On pose
A = {G ∈ C^2([0, 1], ℝ), G(0) = G^′(1) = 0} .
7.1. Montrer queIm(T) ⊂ A .
7.2. SoitG ∈ A . CalculerT(G^(′′)) .
7.3. DéterminerIm(T) .
8. Recherche des éléments propres de
T
8.2. Déterminer les valeurs propres de T. On pourra aussi utiliser la question 4.
8.3. Pour chaque valeur propre de
EXERCICE 3
On identifie dans tout l'exercice
Pour
On rappelle que le produit scalaire canonique de deux vecteurs
Soient
On définit la matrice
Enfin, on note
- Justifier que la matrice
M est diagonalisable dansℳ_n(ℝ) . - On note
U_X = XX^⊤ .
2.1. Justifier queU_X ∈ ℳ_n(ℝ) et écrire son terme général. Cette matrice est-elle diagonalisable?
2.2. Déterminer le rang deU_X puis une base de son image.
2.3. Prouver queKer(U_X) etIm(U_X) sont deux sous-espaces vectoriels orthogonaux.
2.4. Prouver queKer(U_X) etIm(U_X) sont deux sous-espaces vectoriels supplémentaires.
2.5. Déterminer un polynôme annulateur de degré 2 de la matriceU_X .
2.6. On noteu_X l'endomorphisme deℝ^n canoniquement associé à la matriceU_X . Déterminer la matrice deu_X dans une base adaptée à la décomposition de la question 2.4. - Dans le cas particulier où
α ≠ 0 etβ = 0 , déterminer les valeurs propres de la matriceM . En déduire une matrice diagonale semblable à la matriceM . - On revient au cas général et on se propose de déterminer les valeurs propres de la matrice
M = I_n + αU_X + βU_Y , quelles que soient les valeurs deα et deβ .
4.1. On noteF = Vect(X, Y) etf l'endomorphisme deℝ^n canoniquement associé à la matriceM .
4.1.1. DéterminerMX .
4.1.2. En déduire queF est stable parf .
4.2. Justifier queF^⊥ est aussi stable parf et déterminer l'endomorphisme induit parf surF^⊥ .
4.3. On noteG = (1 + α‖X‖^2, α(X|Y); β(X|Y), 1 + β‖Y‖^2) .
4.3.1. Justifier queG est la matrice de l'endomorphisme induit surF parf dans la base (X, Y ).
4.3.2. Écrire la matrice def dans une base adaptée à la décompositionE = F ⊕ F^⊥ .
4.3.3. Justifier, sans calculer ses valeurs propres, queG est diagonalisable dansℳ_2(ℝ) et que ses valeurs propres sont réelles.
4.3.4. Déterminer les valeurs propres deG .
4.4. Déterminer les valeurs propres de la matriceM .
EXERCICE 4
- Soit
n un entier naturel,n ⩾ 2 .
1.1. Soit
1.1.1. Rappeler un développement limité à l'ordre 2 en 0 de
1.1.2. En déduire un équivalent, au voisinage de 1 , de
1.2. Soit
1.3. Justifier l'existence de
2. Démonstration d'un encadrement
- pour tout réel
t : 1 + t ⩽ e^t , - pour tout réel
t négatif :e^t ⩽ 1 + t + (t^2)/2 .
2.2. On pose pour tout entier naturelm et pour tout réelu : U_m = ∑_(k = 0)^m(u^k)/(k!) .
On suppose que:
2.2.1. Démontrer que :
2.2.2. Démontrer également que :
2.3. En déduire, pour tout
3. Démontrer que l'on a, pour tout
- Prouver que, pour tout entier naturel
p non nul et tout entier natureln supérieur ou égal à 2 , l'intégrale∫_0^1(ln^p(t))/((1 − t)^(1 + 1/n)) dt existe.
On rappelle queln(t) est équivalent àt − 1 au voisinage de 1 . - Démontrer que l'on a pour tout
n ⩾ 2 :
- Soit
p un entier naturel non nul. Déterminerlim_(n → + ∞)(∫_0^1(ln^p(t))/((1 − t)^(1 + 1/n)) dt) .
7. Prouver alors que
8. Prouver que, pour tout entier naturel
9. Démontrer que l'on a pour tout entier naturel
10. Démontrer que :
11. Prouver enfin que :
FIN DU SUJET
ÉLÉMENTS DE CORRECTION
EXERCICE 1
- 1.1. D'après la formule du binôme de Newton, on a :
1.2. Comme suggéré dans l'énoncé, on écrit
1.3. Par symétrie du coefficient binomial, on a
2. La matrice
3. D'après la question précédente, la condition nécessaire et suffisante de diagonalisation est :
Comme
4. La matrice
EXERCICE 2
Questions préliminaires
- Soit
α ∈ ℝ .
- Si
α > 0 , les solutions deE_c sontr_1 = i√α etr_2 = − i√α . L'ensemble solution de l'équation différentielle est donc :
- Si
α = 0 , l'ensemble solution de l'équation différentielle est:
- Si
α < 0 , les solutions deE_c sontr_1 = √(− α) etr_2 = − √(− α) .
- Soit
h ∈ E et a∈ [0, 1] . On considère la fonctionH : x ↦ ∫_a^x h(t)dt .
3. Cas particuliers.

3.2. Calculer
3.3. Soit
Ainsi :
4. Soit
4.1. Justifier que
Pour tout
4.3. Démontrer alors que
- Montrer que
T est un endomorphisme deE .
-
T est linéaire du fait de la linéarité de l'intégrale. - D'après les questions précédentes,
F = T(f) est de classeC^1 sur[0, 1] et donc,F ∈ E .
6. L'application
7. On pose
7.1. Montrer que
Alors,
Ainsi,
7.2. Soit
7.3. Déterminer
8. Recherche des éléments propres de
T
On sait déjà que 0 n'est pas valeur propre car
Si
Facilement,
Supposons, par l'absurde, que
Les solutions de l'équation différentielle sont donc de la forme
Alors, les conditions initiales
Conclusion : les valeurs propres de
8.2. Déterminer les valeurs propres de
Les conditions
Le calcul effectué permet de vérifier que l'on obtient bien ainsi toutes les valeurs propres de
8.3. Pour chaque valeur propre de
Conclusion : les valeurs propres de
EXERCICE 3
-
M est une matrice symétrique réelle, donc diagonalisable. - On note
U_X = XX^T .
2.1. Soit(i, j) ∈ [ [1, n] ] , le coefficient d'indice (i, j ) deU_X estx_i x_j .
2.2. Toutes les colonnes sont un multiple de
Le rang de
2.3. Soit
2.4. Les deux sous-espaces
2.5. On calcule
2.6. On note
3. On a
On a donc
On en déduit que les valeurs propres de
On peut aussi prendre
On a
On a donc
4. On se propose de déterminer les valeurs propres de la matrice
4.1. On note
4.1.1. On a
4.1.2. On a montré que
4.2. D'après le cours, comme
4.3. On note
4.3.1. On a
4.3.2. Par l'absurde, si on suppose que la matrice
4.3.3. En prenant une base (
Il en résulte que les valeurs propres de
4.4. D'après les questions précédentes, les valeurs propres de la matrice
EXERCICE 4
- Soit
n un entier naturel,n ⩾ 2 .
1.1. Soit
1.1.1. Le développement limité à l'ordre 2 en 0 de
1.3. Soit
On a :
2. Démonstration d'un encadrement
- Notons
φ : t ↦ e^t − 1 − t.φ est fonction dérivable surℝ et l'on aφ^′ : x ↦ e^x − 1 et le tableau des variations suivant :
|
|
|
|
|
- |
|
|
![]() |
- Soit
ψ la fonction définie surℝ parψ(t) = e^t − 1 − t − (t^2)/2 .
ψ est dérivable et sa fonction dérivée estφ qui est positive surℝ d'après ce qui précède.ψ est donc croissante surℝ et commeψ(0) = 0 on en déduit :
On suppose que:
2.2.1. Démontrer qu'on a alors :
Ainsi,
2.2.2. Démontrer que l'on a également :
Notons
Ainsi,
2.3. En déduire un encadrement de
- D'après la question 2.1, pour tout réel
u négatif:U_1 ⩽ e^u ⩽ U_2 ce qui assure l'initialisation. - La question 2.2 démontre l'hérédité de la propriété.
- En conclusion, on en déduit que cette propriété est vraie pour tout entier
p supérieur ou égal à 1 .
- D'après 2 :
- Notons
g_p : t ↦ ((ln(t))^p)/((1 − t)^(1 + 1/n)) .
- Au voisinage de 0 , on a :
g(t) ∼ _(t → 0)(− 1)^p(− ln(t))^p et∫_0^(1/2)(− ln(t))^p dt existe car(ln(t))^p = o(1/(√t)) . - Au voisinage de 1 on a :
g(t) ∼ _(t → 1)(− 1)^p(1 − t)^(p − 1 − 1/n) et, pourp > 1, p − 1 − 1/n > − 1 donc l'intégrale∫_(1/2)^1(1 − t)^(p − 1 − 1/n) dt existe.
Conclusion :∀p ∈ ℕ^∗ et∀n ∈ ℕ, n ⩾ 2 , l'intégrale∫_0^1((ln(t))^p)/((1 − t)^(1 + 1/n)) dt existe.
- En écrivant la double inégalité obtenue à la question
3 pourp = 1 , en divisant par le réel strictement positif(1 − t)^(1 + 1/n) puis en intégrant entre 0 et 1 (ce que l'on vient de justifier), on obtient :
- On a pour tout
t ∈ ]0, 1[ , pour toutp ⩾ 1 et toutn ⩾ 2, 0 ⩽ ((− ln(t))^p)/((1 − t)^(1 + 1/n)) ⩽ ((− ln(t))^p)/((1 − t)^(3/2)) et la fonctiont ↦ ((− ln(t))^p)/((1 − t)^(3/2)) est intégrable sur]0, 1[ .
Le Théorème de convergence dominée nous permet d'obtenir :lim_(n → + ∞)∫_0^1((ln(t))^p)/((1 − t)^(1 + 1/n)) dt = ∫_0^1((ln(t))^p)/(1 − t) dt . - On a :
8. Prouver que, pour tout entier naturel
Si
9. Par intégrations par parties d'une intégrale impropre (attention à vérifier la convergence du crochet) , on a facilement :
10. Pour
Pour tout
De plus
D'après le théorème d'intégration terme à terme :
11. On en déduit alors que
COMMENTAIRES
- Commentaires généraux
- Les correcteurs ont signalé à de nombreuses reprises un nombre important de copies mal ordonnées, mal présentées,trop lourdement raturées (la rédaction de la copie ne doit pas occasionner un jeu de piste pour l'examinateur) : les étudiants doivent s'appliquer à présenter une copie claire et propre. Les résultats doivent être clairement mis en évidence.
Nous nous interrogeons d'ailleurs sur l'opportunité de mettre des points de présentation. - Trop de candidats utilisent des abréviations utilisées par leurs professeurs mais qui n'ont pas toujours de sens pour le correcteur : il vaut mieux les éviter.
- De même, il est préférable de ne pas écorcher le nom et l'orthographe des théorèmes cités : on voit par exemple trop souvent le «le théorème spectrale», «la loi de poisson» etc.
- Il est rappelé que les copies doivent être correctement numérotées, dans un ordre cohérent.
Parfois, on obtient des réponses à des questions d'un exercice au cours de la résolution d'un autre exercice!
La double numérotation est assez souvent omise : au lieu de la question 2.4., on lit question 4., puis vient la question 3....
- Notons que nous avons de nouveau rencontré cette année des copies quasiment illisibles et donc lourdement pénalisées.
- Signalons aussi que l'orthographe fantaisiste donne une très mauvaise impression à la lecture de la copie.
- Il semble judicieux d'éviter d'utiliser des expressions telles que «il est trivial que», «par une récurrence immédiate », «il est clair que» «forcément» etc... qui indisposent le correcteur : toute proposition énoncée dans une copie se doit d'être démontrée.
- De la même façon, les examinateurs ne goûtent guère des arguments inventés ou fallacieux pour arriver à toute force au résultat annoncé dans l'énoncé : la donnée d'un tel résultat permet en général de poursuivre la résolution de l'exercice sans avoir pu le démontrer : nous apprécions le candidat qui admet clairement le résultat en question pour continuer.
- Il ne suffit pas d'écrire «je peux utiliser le théorème car ses hypothèses sont vérifiées »..., encore faut-il les vérifier !
- Cette année, nous avons demandé des représentations graphiques de fonctions : nous avons pu constater que beaucoup de candidats n'y attachent pas assez d'importance et souvent les bâclent : elles permettent pourtant d'aider à la compréhension de la notion étudiée et nous sommes très attentifs au soin qu'ils y apportent.
- Nous conseillons fortement aux candidats de prendre le temps de se relire car cela permet souvent d'éviter des erreurs basiques : par exemple, dans un développement limité, les deux termes de l'égalité ne tendent pas vers la même limite, etc...
- Enfin, un exemple même s'il permet souvent d'aider dans la perception du problème, ne permet pas de démontrer un résultat général.
- Rappelons qu'une lecture attentive de la totalité du sujet permet souvent de comprendre l'architecture et la démarche proposée dans chaque exercice. Par exemple, trop peu de candidats ont réalisé que la
méthode utilisée dans la question 2. de l'exercice 4 était une démonstration par récurrence. - Un trop grand nombre d'étudiants ne maîtrise pas les notions de base d'algèbre linéaire, même de première année, ainsi que les théorèmes principaux d'analyse du programme de deuxième année de PSI et espèrent cependant venir à bout des questions posées en utilisant des recettes toutes faites bien souvent mal comprises.
En exemple, le Théorème du rang appliqué à une matriceA deℳ_n(ℝ) prend parfois des formes étranges :dim(ℳ_n(ℝ)) = dim(Ker(A) + dim(Im(A)) ou encore,dim(A) = dim(Ker(A) + dim(Im(A))! - Nous constatons de nouveau une très grande maladresse dans les calculs (parfois très simples) qui sont trop rapidement abandonnés :
- Les opérations sur les puissances posent encore beaucoup de problème à nombre de candidats.
- On trouve encore trop d'équivalents à
0.. .
- Les quantificateurs, les symboles
⟹, ⟺ sont trop souvent malmenés, voire oubliés lorsqu'ils sont fondamentaux. - Rappelons que lorsqu'il y a plusieurs variables qui interviennent, il est judicieux de préciser pour quelle variable on cherche un équivalent : une écriture du style
t^(p(n + 1)) ∼ _(+ ∞)… ne veut pas dire grand chose. - Reste à signaler que les probabilités génèrent un refus de beaucoup de candidats : près de
30% des candidats n'abordent pas cet exercice : rappelons que nous posons systématiquement un exercice de probabilité.
Nous rappelons enfin qu'il vaut mieux admettre clairement le résultat d'une question et avancer dans la résolution du reste de l'exercice plutôt que de donner des arguments faux qui indisposent nécessairement le correcteur.
Nous proposons chaque année dans ce rapport une correction du sujet et invitons vivement les candidats à l'étudier attentivement.
- Commentaires par exercices
- Exercice 1.
- Q.1. : on ne peut que déplorer le nombre de copies dans lesquelles le candidat n'a pas été capable de restituer convenablement la formule du binôme de Newton.
Par exemple dans la question 1.2., on lit régulièrement :(1 + X)^(2n) = ∑_(k = 0)^n(n/k)^2 X^(2k) , comme si prendre le carré était une opération linéaire.
Rechercher les termes d'indice
- Q.2. Dans cette question, la condition nécessaire et suffisante n'est que très rarement bien explicitée...
- Les conditions nécessaires et suffisantes de diagonalisation ne sont pas toujours bien connues : par exemple, certains candidats pensent qu'une matrice est diagonalisable si, et seulement si, le déterminant est non nul.
- La recherche des racines du polynôme caractéristique de la matrice
A = (a, 0; 2, c) est souvent calculé en utilisant la trace et le déterminant de la matrice ce qui amène les candidats à calculer le discriminant du polynômeX^2 − (a + c)X + ac . Cela génère souvent des calculs lourds qui aboutissent en général à une réponse fausse...sans parler des polynômes caractéristiques faux (2 × 0 vaut souvent 2) ! - Q.4. : l'inversibilité d'une matrice semble être une notion floue et lointaine dans la tête de certains. Pour beaucoup, diagonalisable entraîne inversible !
- Exercice 2.
- La question 1., qui est une question de cours, semble être d'une difficulté insurmontable, même dans les bonnes copies.
La résolution de l'équation caractéristique (lorsqu'elle est juste)r^2 + α = 0 pose beaucoup de problèmes : la plupart du temps on voit un calcul de discriminant apparaître et des calculs très lourds, souvent faux à l'arrivée... sans parler des√α pour unα précisé négatif juste avant!
De temps en temps, on lit que l'équation différentielle n'a pas de solution réelle lorsqueα > 0 : les collègues de physique-chimie seraient ravis d'apprendre qu'un oscillateur harmonique, ça n'existe pas dans le monde réel! - Justifier que la fonction
x ↦ ∫_a^x h(t)dt est de classeC^1 lorsqueh est continue n'est pas toujours fait avec la rigueur attendue et le calcul juste de sa dérivée reste aléatoire. - La question 3.1. qui demandait une représentation graphique de la fonction
t ↦ min(1/3, t)n 'est pas toujours réussie : on observe parfois une confusion avec le max, ou des choses plus étranges (graphe d'une fonction constante...).
Il semble que beaucoup de candidats n'aient pas assimilé la définition de la fonction min qui était pourtant rappelée en début d'exercice. Cela a donné de malheureuses erreurs : comment avoir un graphe au dessus de1/3 sachant que, par définition du min, il est en dessous. - Dans la question 3.3., on retrouve la non compréhension du min de deux nombres : certains candidats proposent deux formules, une valable pour
t ≤ x (en calculant∫_0^1 t dt ) et une pourt ≥ x (en calculant∫_0^1 x dt .
On regrette que certaines copies donnent un résultat sans aucune explication : rappelons que tout résultat proposé se doit d'être justifié.
- Dans la question 4.1., on retrouve les mêmes erreurs que dans la question précédente.
- Dans la question 5., pour démontrer que l'application
T est linéaire, nous avons trop souvent rencontré des copies qui évaluaientT(f)(λx + y) au lieu deT(λf + g) .
Par ailleurs, signalons toujours la confusion entre fonction et image : c'estT(f) ∈ E qu'il s'agit de démontrer, et nonT(f)(x) ∈ E , voire pire encore commeT(f(x)) ∈ E . - Dans la question 6. : on remarque une confusion entre
T est injective etT(f) est injective. Certaines copies tentent de démontrer queT(f)(x) = T(f)(y) ⟹ x = y ! - La question 8.1. qui demandait d'effectuer un raisonnement par l'absurde pour prouver que les valeurs propres de l'endomorphisme
T étaient strictement positives commence parfois par une mauvaise hypothèse absurde (" supposons queλ n'est pas valeur propre deT ") : rappelons qu'il est nécessaire de lire attentivement l'énoncé proposé.
- Exercice 3.
La question 4. exhibe un sous-espace stable
- Une première remarque : le théorème utilisé dès la première question s'appelle Le théorème spectral, en lien avec le spectre... On lit sans cesse un e à la fin de spectral.
- Dans la question 2., la matrice
U_X n'est pas toujours carrée d'ordren : assez souvent, il s'agit d'un nombre réel, donc de rang 1.
Le fait que les colonnes soient proportionnelles est rarement vu. Parfois, le rang deU_X est même plus grand quen . Certains candidats trouvent un rang de 1 en mentionnant la colinéarité des colonnes mais ne mentionnent pas que la matrice n'est pas nulle.
Le théorème du rang reste une catastrophe : la relationdimKer(U_X) + rg(U_X) = n^2 est certes très connue, mais fausse! - Question 3. : noter que les valeurs propres se lisent sur la diagonale des matrices diagonales, mais pas sur la diagonale des matrices diagonalisables.
- Dans la question 4.3.3. la matrice
G n'est pas une matrice symétrique et on ne peut utiliser cet argument pour prouver sa diagonalisibilité.
- Exercice 4.
- Questions 1.1. Trop peu d'étudiants connaissent les développements limités usuels même à l'ordre 2.
Trop peu de copies réalisent que la question 1.1.1. est là pour aider à la résolution de la question suivante.
Les équivalents sont parfois étonnants lorsque l'on ne lit pas
Les intégrales de Riemann sont souvent maltraitées. La réponsr
- La question 2.1. est très peu réussie (même la première inéquation).
- Dans la question 2.2., une erreur logique retrouvée plusieurs fois consiste à confondre "soit
p , on suppose" avec "on suppose pour toutp ". Concrètement, cela a mené les candidats concernés à simplement remplacerp parp + 1 .
Trop peu d'étudiants ont réalisé que dans la question 2. on raisonnait par récurrence. - La question 3. illustre un manque de rigueur chez beaucoup de candidats qui confondent allègrement
< et≤ . - Question 4. et question 6. : beaucoup d'élèves majorent
1/((1 − t)^(1 + 1/n)) par 1 pour0 < t < 1 .
- Question 6. : Le théorème de convergence dominée a des hypothèses...
On retrouve la même problématique pour le théorème d'intégration termes à termes.
Luc VALETTE
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths e3a PSI 2024 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths e3a PSI 2024 ?
Probabilités et coefficients binomiaux, réduction des endomorphismes, équations différentielles, théorème spectral, intégrales généralisées et développements limités.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en maths e3a PSI 2024 ?
Un binôme de Newton mal développé, la confusion entre diagonalisable et inversible, une fonction min mal comprise, un théorème du rang faux et des développements limités sans reste.
Faut-il traiter l'exercice de probabilités au concours e3a PSI maths ?
Oui. Le jury note que près de 30 % des candidats ne l'ont pas abordé en 2024 et rappelle qu'un exercice de probabilités est posé chaque année.
Quels conseils de rédaction pour l'épreuve de maths e3a PSI 2024 ?
Numéroter correctement les questions, éviter les abréviations et les « il est clair que », vérifier les hypothèses des théorèmes et admettre proprement un résultat non démontré.
Pas de description pour le moment

