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E3A Physique Chimie PSI 2026Sujet, corrigé et rapport du jury

L'énergie hydraulique, première énergie renouvelable en région PACA

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Faisable en partie en PCSI : 14 questions sur 41. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 9 · PTSI 10 · MP2I 8 · TSI1 10 · BCPST1 11 questions.

Détail par partie

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Présentation du sujet

Difficulté moyenne
L'énergie hydraulique en région PACA : barrage, ondes acoustiques, turbine Francis, transformateur et corrosion des conduites forcées
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L'épreuve de physique-chimie E3A PSI 2026 (4 heures, sans calculatrice) suit la conversion de l'énergie hydraulique en énergie électrique. Après une question préliminaire d'ordre de grandeur, trois parties indépendantes traitent du stockage et du turbinage de l'eau, du transport de l'énergie électrique, puis de la thermodynamique et de la corrosion des aciers des conduites forcées. Le sujet alterne questions de cours, questions expérimentales et une question à initiative.

  1. 1Question préliminaire (Q1)Estimation de la puissance électrique moyenne d'origine hydraulique produite par client en France en 2022.
  2. 2Partie I : convertir l'énergie hydraulique en énergie électrique (Q2 à Q22)Théorème de Gauss gravitationnel et uniformité du champ de pesanteur, résultante des forces pressantes sur le barrage d'Isola 2000, mesure du niveau d'un bassin par temps de vol d'ondes ultrasonores, puis bilan de moment cinétique sur une turbine Francis.
  3. 3Partie II : transport de l'énergie électrique (Q23 à Q33)Transformateur monophasé idéal, montage à ALI permettant de tracer le cycle d'hystérésis d'un ferromagnétique doux, puis couplage de la centrale au réseau et ARQS.
  4. 4Partie III : l'acier des conduites forcées (Q34 à Q41)Stabilité du fer au contact de l'eau, protection par anode sacrificielle en magnésium (question à initiative Q36), puis réduction des oxydes de fer par le monoxyde de carbone et déplacements d'équilibre.

Difficulté moyenne. Le jury décrit un sujet volontairement très proche du cours, avec une sous-partie plus technique (Q17 à Q22) abordée par un petit nombre de candidats.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Équation de d'Alembert établie sans rigueur · Bilan sur un système ouvert mal posé · Montage de tracé du cycle d'hystérésis incompris
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Le sujet, sans calculatrice, était conçu pour rester très proche du cours, une sous-partie demandant davantage d'initiative pour départager les meilleurs, qui ont abordé toutes les parties. La qualité de rédaction est très hétérogène. Le jury relève de nombreuses confusions entre grandeurs scalaires et vectorielles, à l'origine d'erreurs graves, ainsi que des applications numériques sans unité.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Équation de d'Alembert établie sans rigueurQ7 à Q16

    La linéarisation des équations de couplage est souvent approximative et le jury a sévèrement sanctionné les démonstrations forcées. L'expression de la célérité en fonction de la température a aussi posé problème.

    « Un certain nombre d'étudiants ne connaissent pas la composition de l'air. »
  2. 2
    Bilan sur un système ouvert mal poséQ17 à Q22

    Le système fermé associé au système ouvert n'est pas toujours construit. Se placer dans le référentiel lié à la roue Francis rendait pourtant l'écoulement stationnaire.

    « La construction du sur-système fermé en lien avec le système ouvert n'est pas systématique. »
  3. 3
    Montage de tracé du cycle d'hystérésis incomprisQ28 à Q31

    La notion d'impédance d'entrée d'un quadripôle est mal maîtrisée, tout comme le rôle d'une résistance de faible valeur qui fournit une tension image du courant.

    « L'intérêt de l'utilisation du montage à ALi dans son domaine intégrateur n'a pas été compris. »
  4. 4
    ARQS et ordres de grandeur inconnusQ32, Q33

    La justification de l'ARQS est souvent mal faite. Certains ignorent l'ordre de grandeur de la célérité des ondes électrocinétiques dans une ligne ou la valeur efficace de la tension d'une prise standard.

  5. 5
    Équilibres hétérogènes mal décritsQ37 à Q41

    Le choix des paramètres intensifs pose problème (concentration attribuée à un solide seul dans sa phase), la rupture d'équilibre est rarement identifiée et citer seulement les lois de Le Châtelier ne constitue pas une justification.

    « La description des système chimiques hétérogènes n'est pas maîtrisée pour une majorité d'étudiants. »
  6. 6
    Homogénéité et unités négligées

    Une application numérique sans unité n'a aucune valeur et chaque résultat doit être commenté. Les erreurs d'homogénéité se détectent facilement.

    « Les fautes d'homogénéité sont souvent rédhibitoires »

Ce qui a été bien réussi

  • Le théorème de Gauss gravitationnel a été correctement appliqué par les meilleurs, après justification du caractère radial du champ (Q2 à Q4).
  • Les questions de cours sur le transformateur monophasé (Q23 à Q27) ont été bien traitées par les candidats maîtrisant leur cours.
  • La protection par anode sacrificielle (Q34 à Q36) n'a pas posé de difficulté aux candidats qui en avaient compris le principe.

Conseils du jury

  • Maîtriser les notions du cours, condition préalable à toute réussite selon le jury.
  • Distinguer soigneusement grandeurs scalaires et grandeurs vectorielles.
  • Donner chaque application numérique avec son unité, la commenter et s'interroger sur sa pertinence ; connaître les ordres de grandeur usuels.
  • Soigner et légender les schémas, mener calculs et tracés de graphes avec un minimum de rigueur mathématique.
  • Proscrire les abréviations et orthographier correctement les noms des lois et théorèmes.
  • Pour un déplacement d'équilibre, fournir un raisonnement et ne pas se contenter d'invoquer Le Châtelier.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

41 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
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41 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Sachant que EDF recense environ 40 millions de clients utilisant l’électricité, évaluer l’ordre de grandeur…
  2. Q2Rappeler l’expression vectorielle de la force d’interaction électrostatique s’exerçant dans le vide entre…
  3. Q3En assimilant champ de pesanteur et champ de gravitation, exprimer la valeur du champ de pesanteur au niveau…
  4. Q4Que penser du champ de pesanteur terrestre à l’échelle d’un barrage ou d’une retenue d’eau de hauteur de…
  5. Q5Établir la loi d’évolution du champ de pression dans l’eau en fonction de la profondeur.
  6. Q6Déterminer l’expression de la résultante des forces pressantes exercée par l’eau sur le barrage. Évaluer…
  7. Q7Rappeler en quoi consiste l’approximation acoustique.
  8. Q8Rappeler l’équation unidimensionnelle de conservation de la masse et la simplifier dans le cadre de…
Voir les 33 autres questions
  1. Q9Que représentent les différents termes de cette équation ? En déduire une simplification de cette dernière…
  2. Q10Établir l’équation de couplage liant et au voisinage de l’état de repos de l’air caractérisé par le triplet.
  3. Q11À l’aide des trois équations précédentes, montrer que satisfait l’équation aux dérivées partielles:
  4. Q12Comment appelle-t-on cette équation ? Quelle est l’expression de ? Quelle est sa dimension et que…
  5. Q13Donner l’expression de la masse volumique au repos en fonction de la pression et de la température. Quelle…
  6. Q14En déduire que, où est le coefficient isentropique de l’air et la masse molaire moyenne que l’on exprimera…
  7. Q15Les conditions sont et. Calculer la masse volumique de l’air ainsi que. Aide au calcul:;;
  8. Q16Quelle est la hauteur d’eau présente dans le bassin à l’instant de la mesure ? L’air est considéré être un…
  9. Q17En supposant, pour simplifier, que le bassin de rétention d’eau à Isola est de forme parallélépipédique…
  10. Q18Dans le cadre des hypothèses simplificatrices précédentes, donner les expressions du débit volumique au…
  11. Q19Justifier que le référentiel lié à la roue Francis est non galiléen.
  12. Q20En définissant rigoureusement le volume de contrôle, effectuer un bilan de moment cinétique du fluide en…
  13. Q21Exprimer et montrer, à l’aide du triangle des vitesses, que:
  14. Q22En déduire l’expression de et de la puissance indiquée en fonction notamment de,,,, et de. En sortie…
  15. Q23Un transformateur peut-il fonctionner en régime continu ? Pourquoi ?
  16. Q24Rappeler l’équation de Maxwell-Thomson (ou Maxwell-flux). Compte-tenu des hypothèses, que peut-on dire du…
  17. Q25Rappeler l’équation de Maxwell-Faraday. En déduire l’expression de la tension aux bornes du secondaire en…
  18. Q26Citer le théorème d’Ampère dans un tel milieu magnétique idéalisé et dans l’approximation des régimes…
  19. Q27Quel est le rendement de conversion de puissance d’un tel transformateur idéal ? Nommer les pertes…
  20. Q28Quelles sont les propriétés d’un milieu ferromagnétique doux ? Tracer l’allure du cycle d’hystérésis associé…
  21. Q29Établir l’expression de l’impédance d’entrée du montage à ALI. Quelle hypothèse raisonnable est-il possible…
  22. Q30Établir l’expression de la fonction de transfert du montage à ALI. La mettre sous la forme canonique…
  23. Q31Quelle fonction ce montage réalise-t-il dans ces conditions d’utilisation ? Montrer alors que la tension est…
  24. Q32Rappeler l’ordre de grandeur de la célérité des ondes électrocinétiques dans un câble coaxial. En…
  25. Q33Quelle est la valeur efficace de la tension aux bornes d’une prise électrique standard ? Exprimer la…
  26. Q34Le fer métallique est-il thermodynamiquement stable au contact de l’eau ? Recopier, « en ne gardant que le…
  27. Q35Est-il envisageable de protéger le fer de la corrosion en utilisant les blocs de magnésium solide ? Vous…
  28. Q36() Quelle est l’intensité du courant nécessaire pour protéger une telle conduite ? Quel est alors le nombre…
  29. Q37Montrer que, dans le domaine de températures considéré, la réduction de l’oxyde en par le monoxyde de…
  30. Q38Montrer qu’il s’agit bien d’une réduction de l’oxyde par le monoxyde de carbone gazeux. Lister le nombre de…
  31. Q39Vérifier que.
  32. Q40Quels seraient les effets d’une augmentation de pression et d’une augmentation de température sur le système…
  33. Q41Déterminer l’expression du rapport des pressions partielles de dioxyde de carbone et de monoxyde de carbone…

Description

L'épreuve de physique-chimie E3A PSI 2026 (4 heures, sans calculatrice) suit la conversion de l'énergie hydraulique en énergie électrique. Après une question préliminaire d'ordre de grandeur, trois parties indépendantes traitent du stockage et du turbinage de l'eau, du transport de l'énergie électrique, puis de la thermodynamique et de la corrosion des aciers des conduites forcées. Le sujet alterne questions de cours, questions expérimentales et une question à initiative.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PSI

PHYSIQUE-CHIMIE

Durée : 4 heures
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
  • -Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, bleu clair ou turquoise, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • -Ne pas utiliser de correcteur.
  • -Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
Les calculatrices sont interdites.
Le sujet est constitué de trois parties indépendantes.
Remarques préliminaires importantes
  • 1.Il est rappelé aux candidat(e)s que les explications des phénomènes étudiés interviennent dans la notation au même titre que les développements analytiques et les applications numériques.
  • 2.Tout résultat fourni par l'énoncé peut être admis et utilisé par la suite.
  • 3.Les questions comportant le verbe « calculer » demandent une application numérique. Les résultats des applications numériques seront donnés avec deux chiffres significatifs au maximum. Les résultats exprimés sans unité ne seront pas comptabilisés.
  • 4.Les questions libellées par une astérisque (★) demandent de l'initiative de la part des candidats. Le barème valorise cette prise d'initiative et tient compte du temps nécessaire à la résolution de ces questions.
Les documents 1 et 2 en pages 12 et 13 regroupent les données utiles à la résolution de ce problème. Une annexe figure également en page 13.

L'énergie hydraulique, première énergie renouvelable en région PACA

L'énergie hydraulique est une source d'énergie renouvelable qui exploite la force de l'eau pour produire de l'électricité. Elle est l'une des plus anciennes et des plus répandues dans le monde, contribuant de manière significative à la production d'énergie décarbonée. On distingue deux principales filières d'énergie hydraulique : la grande hydraulique (centrale de grande et moyenne chute) et la petite hydraulique (usine au fil de l'eau). Les énergies marines (usines marémotrices, hydroliennes, houlomotrices) utilisent aussi la force motrice de l'eau pour produire de l'énergie.
EDF affirme dans un récent rapport :
  • -I'hydroélectricité est la première des énergies renouvelables en France ^1 et dans le monde ^2;
  • -EDF exploite 425 centrales hydrauliques et plus de 600 barrages en France ^3;
  • -en 2022, les centrales hydroélectriques françaises ont produit 49, 6 TW • h (terawatt-heure), soit 11 % de la production métropolitaine ^4. L'hydroélectricité représente ainsi plus de la moitié (53 %) de la production d'électricité renouvelable en France.
  • -la puissance installée de l'hydroélectricité en France métropolitaine est de 25, 9 GW. Elle représente 18 % du parc de production d'électricité et est exploitée à près de 80 % par EDF, soit 20, 7 GW.
La première partie du sujet aborde la conversion d'énergie hydraulique en énergie électrique. La deuxième partie évoque le transport de l'énergie électrique. La troisième partie s'intéresse à l'une des étapes clés dans la fabrication des aciers des conduites forcées ainsi qu'au phénomène de corrosion.
Q1. Sachant que EDF recense environ 40 millions de clients utilisant l'électricité, évaluer l'ordre de grandeur de la puissance électrique moyenne produite par les centrales hydroélectriques françaises par client électricité en 2022.
Aide au calcul : 1/365 ≈ 3 ⋅ 10^(− 3)

Partie I - Convertir l'énergie hydraulique en énergie électrique

I. 1 - Une retenue d'eau

La Terre est assimilée à un astre sphérique de rayon R_T et de masse M_T. On considère en première approximation sa masse volumique μ_T uniforme.
  • Q2.Rappeler l'expression vectorielle de la force d'interaction électrostatique s'exerçant dans le vide entre deux charges électriques ponctuelles q_1 et q_2 distantes d'une longueur r et celle de la force d'interaction gravitationnelle s'exerçant entre deux masses ponctuelles m_1 et m_2 également distantes d'une longueur r. Par analogie, énoncer le théorème de Gauss gravitationnel et en déduire l'expression du champ gravitationnel G⃗(M) créé par la Terre en un point M extérieur à cette dernière.
  • Q3.En assimilant champ de pesanteur et champ de gravitation, exprimer la valeur du champ de pesanteur g_T au niveau du sol en fonction notamment de la masse de la Terre M_T et de son rayon R_T. En considérant une altitude h comptée à partir du sol terrestre négligeable devant R_T et en utilisant un développement limité, exprimer ensuite le champ de pesanteur g(h) en fonction de g_T, h et de R_T. En déduire alors l'altitude h_(max) en-deçà de laquelle la variation relative du champ de pesanteur est inférieure à 0,1 %.
  • Q4.Que penser du champ de pesanteur terrestre g⃗ à l'échelle d'un barrage ou d'une retenue d'eau de hauteur de l'ordre de quelques dizaines de mètres? On rappelle que les grandeurs utiles et leurs notations sont dans le document 2 page 13.
  • 1.Source : Panorama de l'électricité renouvelable 2021
  • 2.Source : IEA, septembre 2022 - Hydropower report
  • 3.Source : EDF - URD 2022
  • 4.Source : RTE - Bilan électrique 2022
Les barrages en béton sont des ouvrages robustes dont les principales fonctions sont la retenue d'eau et la production d'énergie électrique. L'intérêt est de produire de l'énergie électrique lorsque le besoin s'en ressent, grâce à la libération d'eau de la retenue qui fait tourner la turbine. Le barrage poids d'Isola 2000 a été mis en service en 2006 . Ses caractéristiques sont :
  • -longueur du barrage selon u_y^(→−) : L = 605 m;
  • -hauteur du barrage : H = 15 m;
  • -volume de la retenue d'eau : V_(retenue) = 130 ⋅ 10^3 m^3.
On envisage un barrage poids de forme trapézoïdale décrite sur la figure 1.
Figure 1 - Un barrage poids de forme trapézoïdale
L'interface air/eau affleure la partie supérieure du barrage. L'axe vertical (Oz) est orienté vers le bas et possède son origine au niveau de cet interface. L'eau est considérée comme un fluide incompressible de masse volumique μ_e. La pression de l'air P_0 est supposée uniforme à l'échelle du barrage. On suppose le champ de pesanteur g⃗ uniforme.
Q5. Établir la loi d'évolution du champ de pression P(z) dans l'eau en fonction de la profondeur z.
  • Q6.Déterminer l'expression de la résultante des forces pressantes exercée par l'eau sur le barrage. Évaluer l'ordre de grandeur de sa norme dans le cas du barrage poids étudié possédant les caractéristiques de celui d'Isola 2000. Aide au calcul : 6, 05 × 15 ∼ 9 ⋅ 10^1

I. 2 - Remplissage d'un bassin et contrôle du niveau

La Tinée est une rivière prenant sa source à proximité de la cime de la Bonette et alimente trois centrales hydroélectriques : Valabres, Bancairon et Courbaisse, avant de se jeter dans le Var. Les aménagements qui équipent la Tinée, compris entre le village d'Isola et son confluent avec le Var, turbinent le débit naturel de la rivière qui fluctue au cours des saisons. Les différents écoulements sont dérivés par des prises d'eau, prolongées par des galeries souterraines, puis des conduites forcées qui amènent l'eau jusqu'aux turbines. Avant d'être turbinée, une fraction de l'eau de la Tinée est stockée dans des bassins de dessablage.
Figure 2 - Bassin et capteur à ultrasons
Afin de suivre l'évolution temporelle de la hauteur d'eau dans le bassin, des capteurs à ultrasons ont été installés. Ces derniers émettent des trains d'ondes ultrasonores qui se réfléchissent à l'interface air/eau et sont détectés.
L'air est caractérisé au repos par sa masse volumique ρ_0, la pression P_0 et la température T_0. Le passage d'une onde ultrasonore perturbe ces différents champs. On considère la propagation d'une onde ultrasonore dans la direction u_z^(→−). Les champs perturbés sont désignés par des grandeurs surmontées d'un tilde : u~.
On pose donc {P(z, t) = P_0 + p~(z, t); ρ(z, t) = ρ_0 + ρ~(z, t); v⃗(z, t) = v~(z, t)u_z^(→−) où v⃗ est le champ eulérien des vitesses.
L'étude de la propagation de telles ondes s'effectue dans le cadre de l'approximation acoustique.
Q7. Rappeler en quoi consiste l'approximation acoustique.
  • Q8.Rappeler l'équation unidimensionnelle de conservation de la masse et la simplifier dans le cadre de l'approximation acoustique.
Le principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule de fluide et projeté orthogonalement sur un axe dirigé par u_z^(→−), direction de propagation de l'onde ultrasonore, conduit dans le cadre de cette étude à :
ρ ⋅ [(∂v~)/(∂t) + v~(∂v~)/(∂z)] = − (∂P)/(∂z).
  • Q9.Que représentent les différents termes de cette équation ? En déduire une simplification de cette dernière dans le cadre de l'approximation acoustique.
L'évolution thermodynamique d'une particule de fluide suite au passage de l'onde est isentropique.
Le coefficient de compressibilité isentropique de l'air est défini par χ_s = 1/ρ((∂ρ)/(∂P))_S.
  • Q10.Établir l'équation de couplage liant ρ~ et p~ au voisinage de l'état de repos de l'air caractérisé par le triplet (ρ_0, P_0, T_0).
  • Q11.À l'aide des trois équations précédentes, montrer que p~ satisfait l'équation aux dérivées partielles :
    (∂^2 p~)/(∂z^2) = 1/(c_s^2)(∂^2 p~)/(∂t^2).
  • Q12.Comment appelle-t-on cette équation ? Quelle est l'expression de c_s ? Quelle est sa dimension et que représente-t-elle?
L'air est assimilé à un gaz parfait.
  • Q13.Donner l'expression de la masse volumique au repos ρ_0 en fonction de la pression P_0 et de la température T_0. Quelle relation existe-t-il entre P et ρ pour une quantité de gaz parfait subissant une évolution isentropique?
  • Q14.En déduire que c_s = √((γRT_0)/(M_(air))), où γ est le coefficient isentropique de l'air et M_(air) la masse molaire moyenne que l'on exprimera en fonction des masses molaires des principaux constituants de l'air ainsi que des fractions molaires respectives.
  • Q15.Les conditions sont P_0 = 1, 0 bar et T_0 = 3, 0 ⋅ 10^2 K. Calculer la masse volumique ρ_0 de l'air ainsi que c_s. Aide au calcul : 1/8, 3 ≈ 0, 12; √(10) ≈ 3, 2; 1, 4 × 8, 3 ≈ 10
Le capteur à ultrasons utilisé pour la mesure de la hauteur d'eau dans le bassin est constitué d'un émetteur de salves d'ondes ultrasonores et d'un récepteur d'ondes ultrasonores, placés côte à côte. La figure 3 représente l'évolution temporelle d'une salve d'ondes ultrasonores émise par l'émetteur et réceptionnée par le récepteur. L'acquisition a été réalisée à la température T_1 = 2, 9 ⋅ 10^2 K sous la pression P_0. L'origine des temps est arbitraire. Le capteur à ultrasons a été placé à une hauteur H_(capteur) = 8, 5 m du fond du bassin. Dans ces conditions, la célérité des ondes ultrasonores dans l'air est c_s = 3, 4 ⋅ 10^2 m ⋅ s^(− 1).
Figure 3 - Acquisition
Q16. Quelle est la hauteur d'eau h(t_(mes)) présente dans le bassin à l'instant t_(mes) de la mesure? L'air est considéré être un milieu faiblement dispersif.
Afin de maintenir un niveau d'eau constant dans le bassin, des vannes de décharge au niveau du canal d'amenée de l'eau sont plus ou moins ouvertes ou fermées.

I. 3 - Couple hydraulique et puissance utile

Les conduites amenant l'eau d'une retenue vers la turbine possèdent un certain dénivelé permettant à l'eau d'acquérir de l'énergie cinétique pour être ensuite turbinée (cf. figure 12 en annexe en fin de sujet).
Q17. En supposant, pour simplifier, que le bassin de rétention d'eau à lsola est de forme parallélépipédique, dont le sol de section S est situé à une hauteur H de l'entrée de la turbine et que la conduite forcée amont est vide, évaluer l'énergie maximale susceptible d'être convertie en énergie électrique en fonction de H et de h_0. Pourquoi s'agit-il d'une énergie maximale?
Les turbines utilisées sont des turbines à réaction où l'énergie cinétique et l'énergie de pression du fluide sont partiellement transformées en énergie cinétique de rotation de la roue mobile de la turbine.
Une turbine Francis, dans sa forme moderne, est composée des éléments suivants :
  • -une bâche spirale recevant l'eau sous pression de la conduite forcée amont et la distribuant vers l'intérieur de l'anneau qu'elle forme.
  • -le distributeur placé au milieu de l'anneau de la bâche spirale. Ses aubes orientables permettent d'ajuster le débit volumique d'eau turbinée.
  • -une roue (appelée roue Francis) à admission radiale et à sortie axiale forme le cœur de la turbine. C'est la seule pièce tournante. Elle possède des aubes non orientables. Les aubes de la roue reçoivent l'écoulement en rotation en sortie du diffuseur et le dévient pour ne lui laisser qu'un mou-
  • vement de rotation minime. Le moment cinétique ainsi absorbé produit le couple scalaire utile Γ_i transmis à l'arbre de la turbine.
  • -
    le diffuseur reçoit l'eau à la sortie de la roue et la conduit à la sortie de la turbine. Cet élément permet d'abaisser la pression en sortie de roue grâce à une augmentation progressive de sa section droite.
    Figure 4 - Vue schématique d'une turbine à réaction de type Francis
L'objet des questions suivantes est d'obtenir l'expression du couple scalaire utile Γ_i exercé par l'eau sur le rotor d'une telle turbine. L'eau, de masse volumique μ_e, est considérée être en écoulement stationnaire, parfait et incompressible à travers la roue de la turbine et dans le référentiel lié à la roue Francis. Elle pénètre dans la turbine avec un débit volumique D_v. Le rotor de la turbine possède une vitesse angulaire de rotation ω. Afin de modéliser l'écoulement de l'eau à travers cette roue Francis, deux décompositions possibles de la vitesse absolue du fluide V⃗ sont adoptées.
  • -La première donne la décomposition du vecteur vitesse V⃗(M) dans la base cylindrique (u_r^(→−), u_θ^(→−), u_z^(→−)) liée à la roue Francis. V_a(M) désignera la coordonnée axiale, V_r(M), la coordonnée radiale et V_θ(M) la coordonnée périphérique (ou orthoradiale) :
    V⃗(M) = V_r(M)u_r^(→−) + V_θ(M)u_θ^(→−) + V_a(M)u_z^(→−).
Figure 5 - Roue Francis et décomposition de la vitesse absolue du fluide V⃗
  • -La seconde, permettant de raisonner plus facilement sur l'interaction entre le fluide et les aubes de la roue Francis en mouvement, décompose le vecteur vitesse V⃗(M) dans un plan normal à l'axe de rotation du rotor. V_(//)^(→−)(M) désignera la composante de la vitesse dans ce plan au point considéré, W_(//)^(→−)(M) la composante de la vitesse relative au point considéré dans ce plan et U⃗(M) la vitesse d'entraînement du fluide au point considéré. La vitesse relative du fluide par rapport à l'aube de la roue Francis est donnée par la loi de composition des vitesses :
    V⃗(M) = U⃗(M) + W⃗(M).
  • -
    Les angles non orientés α et β sont respectivement les angles entre la composante V_(//)^(→−)(M) et le vecteur vitesse d'entraînement U⃗(M) d'une part et entre la composante W_(//)^(→−)(M) et le vecteur vitesse d'entraînement U⃗(M) d'autre part. Ces deux angles figurent sur le triangle des vitesses.
    Figure 6 - Triangles des vitesses en entrée et en sortie de la roue Francis
On adopte également les hypothèses simplificatrices suivantes.
  • -L'épaisseur des aubes est négligée.
  • -La veine de fluide à l'intérieur de la roue possède une hauteur e_e en entrée et une hauteur e_s en sortie.
  • -Le fluide pénètre et est éjecté sur toute la périphérie de la roue (absence de composante axiale dans la roue Francis).
  • -Le triangle des vitesses dans le fluide en un point M^′ situé entre deux aubes est le même qu'en un point M situé sur une aube si ‖OM^(→−)‖ = ‖OM^(→−)^′‖. Ceci n'est pas exact en réalité en raison du profil des aubes présentant un intrados et un extrados et en raison du caractère visqueux de l'écoulement dans la couche limite.
  • Q18.Dans le cadre des hypothèses simplificatrices précédentes, donner les expressions du débit volumique au niveau de l'entrée et de la sortie de la roue Francis en fonction de V_(r, e), V_(r, s) et des paramètres géométriques de la roue.
Q19. Justifier que le référentiel lié à la roue Francis est non galiléen.
Dans ce référentiel non galiléen, on peut montrer qu'on peut mener l'étude en ajoutant le moment des forces dites d'inertie et dont on admet que le moment scalaire de ces forces par rapport à l'axe de rotation du rotor est : Γ_(inertie) = − μ_e D_v ω(R_s^2 − R_e^2).
  • Q20.En définissant rigoureusement le volume de contrôle, effectuer un bilan de moment cinétique du fluide en écoulement à travers la roue Francis par rapport à l'axe de rotation et montrer que le couple utile Γ_i possède l'expression :
    Γ_i = 2πμ_e ⋅ (R_e^2 V_(r, e)V_(θ, e)e_e − R_s^2 V_(r, s)V_(θ, s)e_s).
  • Q21.Exprimer U⃗(M) et montrer, à l'aide du triangle des vitesses, que :
    V_θ = U + (V_r)/(tanβ).
  • Q22.En déduire l'expression de Γ_i et de la puissance indiquée P_i en fonction notamment de D_v, ω, R_e, R_s, β_e et de β_s. En sortie d'arbre, le couple disponible Γ est inférieur à Γ_i. Pour quelle raison?
Les puissances en sortie d'arbre de telles turbines peuvent avoir pour ordre de grandeur 10 kW à 15 MW. En couplant l'axe de la turbine au rotor d'un alternateur, la puissance mécanique disponible en sortie d'arbre de la turbine est convertie en puissance électrique à distribuer aux différents consommateurs via le réseau électrique.

Partie II - Transport de l'énergie électrique

Le transformateur est un convertisseur statique présent dans toutes les centrales hydrauliques. Il constitue un élément important de la chaîne de distribution de l'énergie électrique du lieu de production vers le lieu de consommation.

II. 1 - Transformateur de tension

Un transformateur monophasé est modélisé comme suit. Il est constitué d'un circuit magnétique et de deux enroulements de cuivre, l'un relié à la source et appelé le primaire, l'autre relié au récepteur et appelé le secondaire. Ils possèdent respectivement N_1 et N_2 spires. On considère le circuit magnétique comme linéaire, homogène et isotrope. Sa perméabilité magnétique relative μ_r est supposée être suffisamment grande pour ne pas considérer les fuites magnétiques et sa conductivité électrique est nulle. Ce circuit magnétique est un tore de rayon moyen a et de section droite S telle que a≫√S. Les enroulements des circuits primaires et secondaires sont supposés parfaits, c'est-à-dire de résistivité électrique nulle. On note B(t) la valeur du champ magnétique.
Figure 7 - Transformateur
  • Q23.Un transformateur peut-il fonctionner en régime continu ? Pourquoi ?
  • Q24.Rappeler l'équation de Maxwell-Thomson (ou Maxwell-flux). Compte-tenu des hypothèses, que peut-on dire du flux magnétique à travers chaque section droite du circuit magnétique?
  • Q25.Rappeler l'équation de Maxwell-Faraday. En déduire l'expression de la tension u_2(t) aux bornes du secondaire en fonction de u_1(t) ainsi que N_1 et N_2 et qu'on désignera par le nom de loi de transformation des tensions.
Le circuit secondaire débite un courant électrique dans une charge.
  • Q26.Citer le théorème d'Ampère dans un tel milieu magnétique idéalisé et dans l'approximation des régimes quasi-stationnaires magnétiques. En déduire l'expression de l'intensité i_2(t) du courant circulant dans le secondaire en fonction de i_1(t) ainsi que N_1 et N_2 et qu'on désignera par le nom de loi de transformation des intensités.
  • Q27.Quel est le rendement de conversion de puissance d'un tel transformateur idéal ? Nommer les pertes susceptibles de dégrader ce rendement. Citer un ordre de grandeur des rendements de transformateurs réels.

II. 2 - Tracé d'un cycle d'hystérésis

Cette sous-partie aborde le tracé d'un cycle d'hystérésis en séance de travaux pratiques.
Figure 8 - Schéma du montage réalisé
Le montage proposé pour réaliser le tracé du cycle d'hystérésis d'un milieu ferromagnétique doux figure en figure 8.
Le générateur de tension alimente le circuit primaire du transformateur réalisé à l'aide d'une tension sinusoïdale u_e(t) de fréquence f = 50 Hz. On enregistre la tension u_r(t) aux bornes du conducteur ohmique de résistance r ainsi que la tension u_s(t) en sortie d'un amplificateur linéaire intégré (ALI) supposé idéal en régime de fonctionnement linéaire. Le transformateur utilisé est caractérisé par N_1 spires au primaire et N_2 spires au secondaire avec N_1 proche de N_2.
  • Q28.Quelles sont les propriétés d'un milieu ferromagnétique doux? Tracer l'allure du cycle d'hystérésis associé et y indiquer l'excitation coercitive H_c et le champ magnétique rémanent B_r. Donner un ordre de grandeur plausible pour H_c.
Le secondaire du transformateur ainsi réalisé est chargé par l'étage 1 mis en cascade avec un montage à ALI. Les composants ont pour valeurs R = 470kΩ et C = 47nF.
  • Q29.Établir l'expression de l'impédance d'entrée Z_–_e = − (u_–_e)/(i_–) du montage à ALI. Quelle hypothèse raisonnable est-il possible d'émettre concernant l'intensité i_2(t) ? Montrer alors que la tension u_r(t) est proportionnelle à l'excitation magnétique H(t) : u_r(t) = K ⋅ H(t) et donner l'expression de K en précisant les hypothèses de travail.
  • Q30.Établir l'expression de la fonction de transfert H_–(ȷω) = (u_–_s)/(u_–_e) du montage à ALI. La mettre sous la forme canonique suivante, en précisant les expressions de H_0 et ω_0 :
    H_–(ȷω) = (H_0)/(1 + ȷω/(ω_0)).
  • Q31.Quelle fonction ce montage réalise-t-il dans ces conditions d'utilisation ? Montrer alors que la tension u_s(t) est proportionnelle au champ magnétique B(t) : u_s(t) = K^′ ⋅ B(t) avec le coefficient K^′ à exprimer en fonction de N_2, S, R et de C. Quel peut être l'intérêt de l'étage 1 ?

II. 3 - Couplage de la centrale hydraulique au réseau EDF

L'énergie électrique est transportée à l'aide de lignes électriques aériennes. En particulier, une ligne aérienne de 400 kV permet d'alimenter une partie des clients EDF habitant le département des Alpes-Maritimes.
Figure 9 - Distribution de l'énergie électrique
  • Q32.Rappeler l'ordre de grandeur de la célérité des ondes électrocinétiques dans un câble coaxial. En considérant que cet ordre de grandeur est valable dans le cas étudié ici, l'approximation des régimes quasi-stationnaires est-elle valable? Vous illustrerez votre propos par un calcul d'ordre de grandeur.
La tension u_(EDF)(t) aux bornes de l'installation d'un utilisateur domestique et l'intensité du courant électrique i_(EDF)(t) possèdent les expressions respectives suivantes :
u_(EDF)(t) = √2U_(e, eff) ⋅ cos(2πft) et i_(EDF)(t) = √2I_(e, eff) ⋅ cos(2πft + φ).
  • Q33.Quelle est la valeur efficace U_(e, eff) de la tension u_(E.D.F) aux bornes d'une prise électrique standard? Exprimer la puissance moyenne (ou active) 𝒫 en fonction de φ notamment. Pourquoi EDF impose-t-il un facteur de puissance proche de 1 ? Pourquoi EDF réalise-t-il le transport de l'énergie électrique sous très haute tension ?

Partie III - L'acier des conduites forcées

III. 1 - Corrosion des conduites forcées et protection

L'acier est un alliage fer-carbone à faible teneur en élément carbone. Pour simplifier l'étude, on assimilera l'acier des conduites forcées à du fer pur.
Le diagramme potentiel-pH de l'élément fer est fourni sur la figure 10 en page suivante.
  • Q34.Le fer métallique est-il thermodynamiquement stable au contact de l'eau ? Recopier, « en ne gardant que le nécessaire », ce diagramme et indiquer les domaines d'immunité, de passivation et de corrosion du fer.
Figure 10 - Diagramme E = f(pH) du fer pour une concentration de tracé notée C_(tr) = 1, 0 mol ⋅ L^(− 1). À la frontière entre les espèces dissoutes (aq) : les concentrations des espèces sont égales et leur somme est égale à C_(tr). À la frontière entre une espèce dissoute et un solide, la concentration de l'espèce dissoute vaut C_(tr)(θ = 25^∘C).
La figure 11 indique le positionnement relatif des courbes anodiques et/ou cathodiques à pH = 0 en milieu désaéré relatives au couple Mg_((aq))^(2 +)/Mg_((s)), Fe_((aq))^(2 +)/Fe_((s)) et H_((aq))^+/H_(2(g)) sur électrode de fer.
Figure 11 - Courbes intensité - potentiel
  • Q35.Est-il envisageable de protéger le fer de la corrosion en utilisant les blocs de magnésium solide? Vous argumenterez en vous appuyant sur les courbes courant - potentiel à l'aide d'une construction graphique à réaliser sur la copie.
On souhaite évaluer le nombre d'anodes nécessaires pour protéger, pendant une durée Δt = 5 ans, une conduite forcée en fer de longueur ℓ = 100 m et de diamètre D = 30 cm enterrée. Les électrodes de magnésium possèdent une masse m_(electrode) = 5, 0 kg pouvant transférer une charge électrique valant Q_m = 1, 1 ⋅ 10^3 A ⋅ h ⋅ kg^(− 1) de magnésium.
Le milieu dans lequel est enfouie la conduite possède une résistivité ρ_(sol) = 1, 5 ⋅ 10^3 Ω ⋅ m et la densité de courant nécessaire pour protéger le fer de la corrosion dans un tel milieu est j = 11 mA ⋅ m^(− 2).
  • Q36.(★) Quelle est l'intensité du courant nécessaire pour protéger une telle conduite ? Quel est alors le nombre de blocs de magnésium à disposer tout au long de la conduite? Cette question est une résolution de problème. Vous indiquerez notamment toutes les hypothèses effectuées et préciserez toutes les grandeurs introduites.

III. 2 - Réduction des oxydes de fer par le monoxyde de carbone gazeux

Une étape de la fabrication des aciers est la réduction des oxydes de fer Fe_2 O_(3(s)) et Fe_3 O_(4(s)) dans les hauts fourneaux des aciéries. Dans ces hauts fourneaux où la température n'est pas homogène, différentes réactions de réduction des oxydes de fer par le monoxyde de carbone se déroulent parallèlement.
L'objet de cette dernière sous-partie est d'étudier quelques propriétés thermodynamiques de ces réactions.
On fournit ci-dessous les expressions des enthalpies libres molaires standards Δ_r G_i^∘ (en kJ ⋅ mol^(− 1) ) associées aux équations chimiques [i] dans le domaine de températures comprises entre 500 K et 1500 K.
  • [1] Fe_((s)) + 1/2O_(2(g))⇌FeO_((s)) Δ_r G_1^∘(T) = − 259, 4 + 62, 55 ⋅ 10^(− 3)T
  • [2] 3/4Fe_((s)) + 1/2O_(2(g))⇌1/4Fe_3 O_(4(s)) Δ_r G_2^∘(T) = − 272, 5 + 78, 10 ⋅ 10^(− 3)T
  • [3] 3FeO_((s)) + 1/2O_(2(g))⇌Fe_3 O_(4(s)) Δ_r G_3^∘(T) = − 312, 0 + 125, 00 ⋅ 10^(− 3)T
  • [4] 2Fe_3 O_(4(s)) + 1/2O_(2(g))⇌3Fe_2 O_(3(s)) Δ_r G_4^∘(T) = − 250, 0 + 140, 50 ⋅ 10^(− 3)T
  • [5] CO_((g)) + 1/2O_(2(g))⇌CO_(2(g)) Δ_r G_5^∘(T) = − 282, 1 + 86, 70 ⋅ 10^(− 3)T
  • Q37.Montrer que, dans le domaine de températures considéré, la réduction de l'oxyde Fe_2 O_(3(s)) en Fe_3 O_(4(s)) par le monoxyde de carbone est thermodynamiquement favorisée.
On considère l'équilibre [a] 1/4Fe_3 O_(4(s)) + CO_((g))⇌ 3/4Fe_((s)) + CO_(2(g)).
  • Q38.Montrer qu'il s'agit bien d'une réduction de l'oxyde Fe_3 O_(4(s)) par le monoxyde de carbone gazeux CO_((g)). Lister le nombre de paramètres intensifs permettant la description de ce système physicochimique et en déduire le nombre maximal de degrés de liberté de ce système.
  • Q39.Vérifier que ln(K_a^∘(T)) = (1155)/T − 1, 03.
  • Q40.Quels seraient les effets d'une augmentation de pression et d'une augmentation de température sur le système initialement en équilibre, les autres paramètres étant maintenus constants? On détaillera le raisonnement.
  • Q41.Déterminer l'expression du rapport r_(eq) des pressions partielles de dioxyde de carbone et de monoxyde de carbone à l'équilibre r_(eq) = (P_(CO_(2(g)))^(eq))/(P_(CO_((g)))^(eq)) en fonction de la température T. Que se passe-t-il si, à un instant t de la réaction, le rapport r des pressions partielles est supérieur à r_(eq) ?
L'étude peut ensuite être approfondie en envisageant la superposition d'équilibres pour conduire au fer métallique.
{[b] Fe_3 O_(4(s)) + CO_((g))⇌3FeO_((s)) + CO_(2(g)); [c] FeO_((s)) + CO_((g))⇌3Fe_((s)) + CO_(2(g))
Document 1 - Données thermodynamiques à 298 K
Potentiel standard du couple Fe_((aq))^(3 +)/Fe_((aq))^(2 +)……………...….. E_1^∘ = 0, 77 V
Potentiel standard du couple O_(2(g))/H_2 O_((ℓ))…………………. E_2^∘ = 1, 23 V
Potentiel standard du couple H_((aq))^+/H_(2(g))⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯.. E_3^∘ = 0, 00 V
Document 2 - Notations et valeurs numériques
Conversion 1, 0TW = 1, 0 ⋅ 10^(12) W
Constante de la gravitation universelle 𝒢 = 6, 7 ⋅ 10^(− 11) m^3 ⋅ kg^(− 1) ⋅ s^(− 2)
Champ de pesanteur terrestre au sol g = 9, 8 m ⋅ s^(− 2)
Rayon de la Terre R_T = 6, 4 ⋅ 10^3 km
Masse de la Terre M_T = 6, 0 ⋅ 10^(24) kg
Constante des gaz parfaits R = 8, 3 J ⋅ K^(− 1) ⋅ mol^(− 1)
Coefficient isentropique de l'air γ = (c_P)/(c_V) γ = 1, 4
Pression atmosphérique P_0 = 1, 0 bar
Masse molaire de l'oxygène M_O = 16 ⋅ 10^(− 3) kg ⋅ mol^(− 1)
Masse molaire de l'azote M_N = 14 ⋅ 10^(− 3) kg ⋅ mol^(− 1)
Masse volumique de l'eau liquide μ_e = 1, 0 ⋅ 10^3 kg ⋅ m^(− 3)
Constante de Faraday ℱ = 96 ⋅ 10^3 C ⋅ mol^(− 1)
Constante de Nernst à 298 K e_N = (RT)/ℱln(10) ≈ 0, 060 V
Annexe - Paramétrage de l'installation
Figure 12 - Paramétrage de l'installation

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de physique-chimie E3A PSI 2026 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de physique-chimie E3A PSI 2026 ?

Selon le jury, il mobilise la statique des fluides et l'induction de première année, ainsi que la conversion de puissance, l'électronique, les bilans sur systèmes ouverts, les ondes acoustiques et la thermodynamique et la cinétique électrochimiques de seconde année.

Quelles erreurs le jury a-t-il relevées en physique-chimie E3A PSI 2026 ?

Confusions entre scalaires et vecteurs, linéarisation peu rigoureuse de l'équation de d'Alembert, montage à ALI intégrateur incompris, ARQS mal justifiée, systèmes chimiques hétérogènes mal décrits et applications numériques sans unité.

Le sujet de physique-chimie E3A PSI 2026 était-il difficile ?

Il était volontairement très proche du cours. Seule la sous-partie sur la turbine Francis (Q17 à Q22), plus technique, a été abordée par un petit nombre d'étudiants et a permis aux meilleurs de se distinguer.

Peut-on travailler le sujet E3A PSI 2026 de physique-chimie en première année ?

Seulement en partie : le jury indique que le problème combine des thèmes de première année (induction, champ de pression, forces pressantes) et de nombreux thèmes de seconde année.

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