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Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2020 (page 2/3 : Partie II (questions 21 à 39))

À propos de la nage des bactéries

Comment utiliser ce corrigé

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Partie II : Modélisation de la nage de bactéries (suite)

II.A.c · Sédimentation d'un cylindre

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : symétrie axiale, force de traînée

Justifier que dans la base propre du cylindre associée au repère , la matrice n'a que deux coefficients différents, selon l'axe du cylindre et selon les deux axes orthogonaux et .

Voir l'indice

Utiliser les symétries de révolution du cylindre autour de son grand axe (GZ) : toute direction orthogonale à (GZ) est physiquement équivalente.

Voir la stratégie

Pour relier les composantes de la matrice de frottement [\lambda], on exploite les symétries géométriques du cylindre et l'isotropie du fluide :

  1. Identifier l'invariance par rotation autour de l'axe principal (GZ) ;
  2. En déduire l'équivalence physique de toutes les directions orthogonales à cet axe.
Voir la réponse courte

L'invariance par rotation autour de l'axe (GZ) rend les directions X et Y équivalentes, diagonalisant la matrice avec deux valeurs propres distinctes.

Voir le corrigé complet

Le cylindre possède une symétrie de révolution autour de son axe principal (GZ) : toute rotation d'angle quelconque autour de cet axe laisse la géométrie du cylindre invariante.

Le fluide étant isotrope, le comportement hydrodynamique est rigoureusement identique pour un déplacement dans n'importe quelle direction du plan (GXY) orthogonal à l'axe de révolution. Par conséquent, les axes (GX) et (GY) jouent des rôles parfaitement équivalents, ce qui impose :

\lambda_X = \lambda_Y = \lambda_\perp

En revanche, la direction longitudinale (GZ) est géométriquement et physiquement distincte des directions transverses, si bien que le coefficient de traînée selon cet axe, noté \lambda_Z = \lambda_\parallel, est a priori différent de \lambda_\perp.

La matrice [\lambda] dans la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) se réduit donc à deux coefficients indépendants :

\boxed{[\lambda] = \begin{pmatrix} \lambda_\perp & 0 & 0 \\ 0 & \lambda_\perp & 0 \\ 0 & 0 & \lambda_\parallel \end{pmatrix}}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : analyse dimensionnelle, frottement visqueux

Déterminer la dimension des coefficients de . Par analyse dimensionnelle, établir la dépendance de ces coefficients par rapport à et à un coefficient sans dimension près. On admettra que dans la limite d'un cylindre fin (), les coefficients sont indépendants de .

Voir l'indice

Identifier la dimension de [\lambda] comme une force divisée par une vitesse, puis utiliser le théorème \Pi ou une simple analyse dimensionnelle avec [\eta] et [\ell].

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation fondamentale reliant la force de frottement à la vitesse, \vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}, pour isoler la dimension des coefficients \lambda.
  2. Exprimer la dimension de la viscosité dynamique \eta à partir d'une relation connue (loi de Stokes par exemple).
  3. Chercher la combinaison sous forme de monôme \lambda \sim \eta^\alpha \ell^\beta et identifier les exposants par analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle : [\lambda] = \text{M}\cdot\text{T}^{-1} d'où une dépendance proportionnelle à \eta \ell.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (5), la force visqueuse est reliée à la vitesse par :

\vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}

Les dimensions d'une force et d'une vitesse sont respectivement :

\begin{aligned} [F_{\mathrm{v}}] &= \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2} \\ [V] &= \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} \end{aligned}

On en déduit la dimension des coefficients de la matrice [\lambda] :

[\lambda] = \frac{[F_{\mathrm{v}}]}{[V]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}}
\boxed{[\lambda] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}}

L'unité SI correspondante est le \mathrm{kg}\cdot\mathrm{s}^{-1} (ou \mathrm{N}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}^{-1} ou \mathrm{Pa}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}).

Recherchons maintenant la dépendance des coefficients de [\lambda] en fonction de la viscosité \eta et de la longueur \ell du cylindre. D'après la loi de Stokes (\vec{F}_{\mathrm{S}} = -6\pi\eta r_0\vec{V}), la viscosité dynamique \eta a pour dimension :

[\eta] = \frac{[F]}{[r_0][V]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}

La longueur \ell du cylindre a pour dimension [\ell] = \mathrm{L}.

En admettant que dans la limite d'un cylindre fin (R_0 \ll \ell), le frottement ne dépend pas de R_0, on cherche une relation sous la forme :

\lambda = C\,\eta^\alpha \ell^\beta

où C est une constante sans dimension. L'égalité dimensionnelle s'écrit :

[\lambda] = [\eta]^\alpha [\ell]^\beta \iff \mathrm{M}^1\mathrm{L}^0\mathrm{T}^{-1} = \left(\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}\right)^\alpha \mathrm{L}^\beta = \mathrm{M}^\alpha \mathrm{L}^{\beta - \alpha} \mathrm{T}^{-\alpha}

Par identification des exposants :

\begin{aligned} \text{sur }\mathrm{M} &: \alpha = 1 \\ \text{sur }\mathrm{T} &: -\alpha = -1 \implies \alpha = 1 \\ \text{sur }\mathrm{L} &: \beta - \alpha = 0 \implies \beta = \alpha = 1 \end{aligned}

Les coefficients de [\lambda] sont donc proportionnels au produit \eta \ell :

\boxed{\lambda = C\,\eta\,\ell}

où C est un préfacteur sans dimension (dépendant de l'orientation considérée).

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : principe fondamental de la dynamique, vitesse limite

Considérons que le cylindre est soumis à une force extérieure et nous supposons que l'angle reste constant. Établir le système d'équations différentielles vérifié par les composantes , et de la vitesse du cylindre par rapport au référentiel du laboratoire . En déduire l'expression des composantes de la vitesse du cylindre dans le repère en régime stationnaire en fonction de , , et .

Voir l'indice

Projeter la condition d'équilibre stationnaire \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\text{v}} = \vec{0} sur les axes propres du cylindre.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au cylindre de masse M dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R}, supposé galiléen.
  2. Projeter la relation sur les axes propres du repère lié au cylindre (GXYZ) en exploitant le fait que l'angle \psi est constant (pas de rotation du cylindre, donc la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) garde une orientation fixe dans \mathcal{R}).
  3. Résoudre pour le régime stationnaire (\mathrm{d}\vec{V}/\mathrm{d}t = \vec{0}) afin d'obtenir les composantes V_X, V_Y et V_Z.
Voir la réponse courte

Équilibre quasi-statique selon chaque axe propre du cylindre : projection de \vec{F}_{\text{ext}} et déduction de V_X, V_Y, V_Z.

Voir le corrigé complet

On étudie le cylindre, assimilé à un solide de masse M, dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R} supposé galiléen.

Le cylindre est soumis à deux forces :

  • la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, contenue par choix dans le plan (GXZ) et faisant un angle \psi avec l'axe (GZ) orienté par \vec{u} = \vec{e}_Z :

    \vec{F}_{\text{ext}} = F_{\text{ext}}\sin\psi\,\vec{e}_X + F_{\text{ext}}\cos\psi\,\vec{e}_Z
  • la force de frottement visqueux \vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}, dont les composantes s'écrivent d'après le résultat de la question 21 :

    \vec{F}_{\mathrm{v}} = -\lambda_\perp V_X\,\vec{e}_X - \lambda_\perp V_Y\,\vec{e}_Y - \lambda_\parallel V_Z\,\vec{e}_Z

L'angle \psi restant constant au cours du temps, l'orientation de la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) est invariante par rapport à \mathcal{R}, de sorte que :

\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}V_X}{\mathrm{d}t}\vec{e}_X + \frac{\mathrm{d}V_Y}{\mathrm{d}t}\vec{e}_Y + \frac{\mathrm{d}V_Z}{\mathrm{d}t}\vec{e}_Z

D'après le principe fondamental de la dynamique appliqué au centre d'inertie G :

M \frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\mathrm{v}}

La projection sur les trois axes du repère (GXYZ) donne le système d'équations différentielles :

\boxed{\left\{ \begin{aligned} M \frac{\mathrm{d}V_X}{\mathrm{d}t} + \lambda_\perp V_X &= F_{\text{ext}}\sin\psi \\[2mm] M \frac{\mathrm{d}V_Y}{\mathrm{d}t} + \lambda_\perp V_Y &= 0 \\[2mm] M \frac{\mathrm{d}V_Z}{\mathrm{d}t} + \lambda_\parallel V_Z &= F_{\text{ext}}\cos\psi \end{aligned} \right.}

En régime stationnaire, les dérivées temporelles sont nulles (\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}). Les composantes de la vitesse s'en déduisent immédiatement :

\boxed{V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp} \quad ; \quad V_Y = 0 \quad ; \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cinématique du point, projection vectorielle

Déterminer l'angle que forme la vitesse de sédimentation avec le grand axe du cylindre en fonction de , et . En considérant que , déterminer dans quels cas particuliers le cylindre chute dans la direction de la force extérieure.

Voir l'indice

Exprimer \tan\alpha = V_X / V_Z à l'aide des résultats précédents et rechercher les angles d'annulation de l'écart angulaire avec la force.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \tan\alpha à partir des composantes V_X et V_Z de la vitesse dans le repère (GXYZ) établies à la question Q23.
  2. Traduire la condition pour que la vitesse de chute soit colinéaire à la force extérieure (\vec{V} \parallel \vec{F}_{\text{ext}}) et en déduire les orientations particulières du cylindre.
Voir la réponse courte

Calcul de \tan\alpha = (\lambda_\parallel/\lambda_\perp)\tan\psi ; le cylindre chute selon la force si \psi = 0 ou \psi = \pi/2.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 3(b), la vitesse \vec{V} se trouve dans le plan (GXZ), de composantes V_X et V_Z. L'angle \alpha que forme \vec{V} avec l'axe (GZ) orienté par le vecteur unitaire \vec{u} vérifie donc :

\tan\alpha = \frac{V_X}{V_Z}

En utilisant les expressions obtenues à la question Q23 :

V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp} \quad \text{et} \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}

on obtient directement :

\tan\alpha = \frac{\lambda_\parallel}{\lambda_\perp}\tan\psi

soit, pour \psi \in [0, \pi/2[ :

\boxed{\alpha = \arctan\left(\frac{\lambda_\parallel}{\lambda_\perp}\tan\psi\right)}

Le cylindre chute dans la direction de la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}} si et seulement si les vecteurs \vec{V} et \vec{F}_{\text{ext}} sont colinéaires, c'est-à-dire si leur produit vectoriel est nul :

\begin{aligned} \vec{V} \wedge \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0} &\iff V_X F_{\text{ext}, Z} - V_Z F_{\text{ext}, X} = 0 \\ &\iff \left(\frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp}\right)(F_{\text{ext}}\cos\psi) - \left(\frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}\right)(F_{\text{ext}}\sin\psi) = 0 \\ &\iff F_{\text{ext}}^2 \sin\psi\cos\psi \left(\frac{1}{\lambda_\perp} - \frac{1}{\lambda_\parallel}\right) = 0 \\ &\iff \frac{1}{2}F_{\text{ext}}^2 \sin(2\psi) \left(\frac{1}{\lambda_\perp} - \frac{1}{\lambda_\parallel}\right) = 0 \end{aligned}

Comme par hypothèse \lambda_\perp \neq \lambda_\parallel et F_{\text{ext}} \neq 0, cette condition équivaut à :

\sin(2\psi) = 0 \iff \sin\psi\cos\psi = 0

Pour \psi \in [0, \pi], cela correspond à deux cas particuliers :

  • Cylindre vertical (\psi = 0 ou \psi = \pi) : l'axe du cylindre est aligné avec la force extérieure (\vec{u} \parallel \vec{F}_{\text{ext}}). On a alors V_X = 0, et la vitesse est purement longitudinale selon (GZ) (\alpha = 0 ou \pi).
  • Cylindre horizontal (\psi = \frac{\pi}{2}) : l'axe du cylindre est perpendiculaire à la force extérieure (\vec{u} \perp \vec{F}_{\text{ext}}). On a alors V_Z = 0, et la vitesse est purement transverse selon (GX) (\alpha = \frac{\pi}{2}).

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : frottement visqueux, vitesse limite

Notons la vitesse de sédimentation d'un cylindre vertical (c'est-à-dire dont l'axe est parallèle à ) et celle d'un cylindre horizontal (c'est-à-dire dont l'axe est perpendiculaire à ). Expérimentalement, on observe que . En déduire la relation entre et .

Voir l'indice

Identifier les expressions des vitesses terminales respectives le long des directions propre longitudinale et transverse.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les normes des vitesses de sédimentation V_\parallel et V_\perp à partir des composantes de la vitesse stationnaire établies à la question 23, en identifiant les valeurs correspondantes de l'angle \psi.
  2. Exploiter la relation expérimentale V_\parallel = 2V_\perp pour en déduire le lien entre les coefficients de frottement visqueux transverse \lambda_\perp et longitudinal \lambda_\parallel.
Voir la réponse courte

À force égale, V_\parallel / V_\perp = \lambda_\perp / \lambda_\parallel = 2, ce qui donne \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

Voir le corrigé complet

D'après la question 23, les composantes de la vitesse du cylindre dans son repère propre (GXYZ) en régime stationnaire s'écrivent :

V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp}, \quad V_Y = 0, \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}.

Examinons les deux configurations géométriques limites :

  • Cylindre vertical : l'axe \vec{u} du cylindre est colinéaire à la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, ce qui correspond à \psi = 0. La vitesse de sédimentation est purement longitudinale (selon (GZ)) et sa norme vaut :

    V_\parallel = |V_Z(\psi = 0)| = \frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\parallel}.
  • Cylindre horizontal : l'axe \vec{u} est orthogonal à la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, ce qui correspond à \psi = \pi/2. La vitesse de sédimentation est purement transverse (selon (GX)) et sa norme vaut :

    V_\perp = |V_X(\psi = \pi/2)| = \frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\perp}.

La relation expérimentale V_\parallel = 2 V_\perp s'écrit alors :

\frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\parallel} = 2\,\frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\perp}.

On en déduit immédiatement la relation liant les deux coefficients de traînée visqueuse :

\boxed{\lambda_\perp = 2\lambda_\parallel}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de traînée, calcul vectoriel

À partir de l'équation (5) et en utilisant les résultats des questions 21 et 25, vérifier que la force visqueuse exercée sur le cylindre peut s'écrire sous la forme suivante :

Proposer une interprétation graphique des termes du second membre de cette équation.

Voir l'indice

Décomposer le vecteur vitesse sous la forme \vec{V} = (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} + \vec{V}_\perp et substituer le rapport \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de frottement dans le repère propre (GXYZ) à l'aide des relations obtenues aux questions précédentes : \lambda_X = \lambda_Y = \lambda_\perp (question Q21) et \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel (question Q25).
  2. Identifier la projection orthogonale de la vitesse \vec{V} sur l'axe du cylindre \vec{u} = \vec{e}_Z ainsi que sa composante transverse orthogonale à \vec{u} pour passer à une écriture vectorielle intrinsèque indépendante de la base.
  3. Analyser graphiquement chaque terme vectoriel intervenant dans la somme.
Voir la réponse courte

Décomposition vectorielle de \vec{V} en composantes parallèle et perpendiculaire à \vec{u}, puis réécriture intrinsèque de la force.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la matrice de frottement visqueux s'écrit dans la base propre (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) :

[\lambda] = \begin{pmatrix} \lambda_\perp & 0 & 0 \\ 0 & \lambda_\perp & 0 \\ 0 & 0 & \lambda_\parallel \end{pmatrix}.

De plus, d'après la question Q25, on a la relation entre coefficients :

\lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

L'expression matricielle (5) de la force visqueuse \vec{F}_{\text{v}} donne alors :

\vec{F}_{\text{v}} = - \left( \lambda_\perp V_X \vec{e}_X + \lambda_\perp V_Y \vec{e}_Y + \lambda_\parallel V_Z \vec{e}_Z \right) = - \lambda_\parallel \left[ 2(V_X \vec{e}_X + V_Y \vec{e}_Y) + V_Z \vec{e}_Z \right].

L'axe du cylindre étant orienté par le vecteur unitaire \vec{u} = \vec{e}_Z, la composante de la vitesse parallèle à l'axe s'écrit sous forme de projection orthogonale :

\vec{V}_\parallel = V_Z \vec{e}_Z = (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}.

La composante de la vitesse perpendiculaire à l'axe s'obtient par soustraction :

\vec{V}_\perp = V_X \vec{e}_X + V_Y \vec{e}_Y = \vec{V} - \vec{V}_\parallel = \vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}.

En réinjectant ces expressions dans l'écriture de \vec{F}_{\text{v}}, il vient :

\begin{aligned} \vec{F}_{\text{v}} &= -\lambda_\parallel \left[ 2\vec{V}_\perp + \vec{V}_\parallel \right] \\ &= -\lambda_\parallel \left[ 2\left(\vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}\right) + (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u} \right] \\ &= -\lambda_\parallel \left[ 2\vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u} \right]. \end{aligned}

On retrouve bien la relation demandée :

\boxed{\vec{F}_{\text{v}} = -\lambda_\parallel \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]}

Interprétation graphique des termes :

  • (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} = \vec{V}_\parallel représente la projection orthogonale du vecteur vitesse \vec{V} sur l'axe du cylindre dirigé par \vec{u}.
  • Le terme entre crochets peut se réécrire comme :

    2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} = \vec{V} + \left[\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right] = \vec{V} + \vec{V}_\perp = 2\vec{V}_\perp + \vec{V}_\parallel.

    Il correspond graphiquement à la somme du vecteur vitesse \vec{V} et de sa composante transverse \vec{V}_\perp, ou de manière équivalente, à la somme vectorielle de la composante longitudinale \vec{V}_\parallel et du double de la composante transverse 2\vec{V}_\perp.

Le vecteur force visqueuse \vec{F}_{\text{v}} est colinéaire et opposé à ce vecteur rouge, amplifié par le coefficient \lambda_\parallel.

Résultat

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II.B · Propulsion d'une bactérie : étude de la dynamique d'un flagelle

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : hélice circulaire, paramétrage d'une courbe

Déterminer les bornes de variation de l'angle pour décrire la totalité de l'hélice (depuis l'extrémité F du flagelle jusqu'à son point d'attache sur la membrane de la bactérie).

Voir l'indice

Déterminer le nombre de tours complets à partir de la longueur axiale \ell_{\text{f}} et du pas \Lambda = 2\pi h.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la cote z d'un point de l'hélice en fonction de l'angle \theta à partir de l'équation de l'hélice donnée dans l'énoncé.
  2. Identifier la cote de l'extrémité libre \mathrm{F} et celle du point d'attache sur la membrane bactérienne grâce à la longueur projetée \ell_{\mathrm{f}}.
  3. En déduire l'intervalle de variation de la coordonnée angulaire \theta.
Voir la réponse courte

Paramétrage de la longueur d'arc : \theta varie de 0 à \theta_{\text{max}} = \ell_{\text{f}} / \sqrt{a^2 + h^2}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (7), la position d'un point \mathrm{M} du flagelle par rapport à l'extrémité libre \mathrm{F} est donnée en coordonnées cylindriques par :

\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) = a\,\vec{e}_{\rho} + h\theta\,\vec{e}_z

La cote du point \mathrm{M} le long de l'axe (\mathrm{F}z) est donc :

z(\theta) = h\theta = \frac{\Lambda}{2\pi}\theta
  • À l'extrémité libre \mathrm{F}, l'hélice débute en z = 0, ce qui correspond à la borne inférieure :

    \theta_{\min} = 0
  • Au point d'attache sur la membrane de la bactérie, la projection de l'hélice sur l'axe (\mathrm{F}z) correspond à la longueur projetée totale \ell_{\mathrm{f}}, soit z = \ell_{\mathrm{f}}. La borne supérieure \theta_{\max} vérifie donc :

    \ell_{\mathrm{f}} = h\,\theta_{\max} \iff \theta_{\max} = \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h} = \frac{2\pi \ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda}

L'angle \theta varie donc dans le domaine :

\boxed{\theta \in \left[0 \,;\, \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\right] = \left[0 \,;\, \frac{2\pi \ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda}\right]}

En notant N = \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda} le nombre (entier) de spires du flagelle, la borne supérieure s'écrit également \theta_{\max} = 2\pi N.

Application numérique : Avec \ell_{\mathrm{f}} = 10\;\mu\mathrm{m} et h = 0{,}1\;\mu\mathrm{m}, on obtient :

\theta_{\max} = \frac{10\;\mu\mathrm{m}}{0{,}1\;\mu\mathrm{m}} = 100\text{ rad} \quad (\text{soit } N = \frac{100}{2\pi} \approx 16\text{ tours})

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : cinématique du point, nombre de reynolds

En supposant que le fluide reste immobile lors de la rotation de l'hélice (de façon imagée, l'hélice « se visse » dans le fluide sans le mettre en mouvement), la vitesse de translation de la bactérie selon l'axe du flagelle est directement reliée à la vitesse de rotation du flagelle. Exprimer, en fonction de et , la vitesse de la bactérie dans ce cas et vérifier que la valeur correspondante du nombre de Reynolds est faible.

Voir l'indice

Utiliser la cinématique d'un pas de vis : une rotation de 2\pi avance d'un pas \Lambda. Vérifier ensuite que le nombre de Reynolds reste très inférieur à 1.

Voir la stratégie
  1. Associer la rotation de l'hélice à son avancée axiale : à chaque tour complet (\Delta \theta = 2\pi), l'hélice progresse d'une distance égale à son pas \Lambda.
  2. En déduire la vitesse maximale de translation V_{\max} à partir de la pulsation de rotation \Omega.
  3. Évaluer le nombre de Reynolds correspondant avec les dimensions caractéristiques de la bactérie pour confirmer la validité du régime d'écoulement visqueux.
Voir la réponse courte

Vitesse sans glissement V_{\text{max}} = h\Omega et vérification que \text{Re} \ll 1 pour cette vitesse.

Voir le corrigé complet

Lorsqu'un pas de vis parfait tourne sans glissement dans un milieu immobile, chaque révolution complète correspond à une variation angulaire \Delta \theta = 2\pi effectuée pendant une période T = \frac{2\pi}{\Omega}. Durant cet intervalle de temps, l'hélice avance le long de son axe d'une distance égale à son pas \Lambda = 2\pi h.

La vitesse de translation maximale de la bactérie selon l'axe du flagelle est donc :

V_{\max} = \frac{\Lambda}{T} = \frac{\Lambda \Omega}{2\pi} = h\Omega
\boxed{V_{\max} = \frac{\Lambda \Omega}{2\pi} = h\Omega}

Effectuons l'application numérique avec les données du sujet (h = 0{,}1\,\mu\mathrm{m} = 10^{-7}\text{ m} et \Omega = 7{,}0 \times 10^2\text{ rad}\cdot\mathrm{s}^{-1}) :

V_{\max} = 10^{-7} \times 7{,}0 \times 10^2 = 7 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} = 70\,\mu\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1}

D'après la définition du nombre de Reynolds établie à la question 12 :

\mathrm{Re} = \frac{\rho V_{\max} \tilde{L}}{\eta}

En choisissant comme dimension caractéristique la taille du corps de la bactérie \tilde{L} \sim R = 1\,\mu\mathrm{m} = 10^{-6}\text{ m} (ou celle du flagelle \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\mathrm{m}), avec \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} et \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\mathrm{s} :

\mathrm{Re} = \frac{10^3 \times (7 \times 10^{-5}) \times 10^{-6}}{10^{-3}} \simeq 7 \times 10^{-5}

Même en prenant la plus grande dimension \tilde{L} = \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\mathrm{m}, on obtient \mathrm{Re} \simeq 7 \times 10^{-4} \ll 1.

\boxed{\mathrm{Re} \sim 10^{-4} \ll 1}

Le nombre de Reynolds est bien très faible devant 1, ce qui confirme que la nage s'effectue strictement dans le régime d'écoulement de Stokes.

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point, repère de frenet

Considérons un tronçon élémentaire de l'hélice délimité par les angles et , représenté dans l'agrandissement de la figure 4 et dont le centre est repéré par . Nous assimilons cet élément à un cylindre de longueur , choisie grande devant son rayon. Exprimer le vecteur directeur unitaire tangent à ce brin d'hélice, que l'on choisit comme parallèle au vecteur .

Voir l'indice

Dériver l'expression paramétrique de la position par rapport à \theta, puis normer le vecteur obtenu.

Voir la stratégie
  1. Dériver le vecteur position \overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) par rapport à la variable \theta en utilisant la dérivée du vecteur de base cylindrique \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} = \vec{e}_\theta.
  2. Calculer la norme du vecteur dérivé pour en déduire le vecteur unitaire \vec{u}(\theta) lui étant colinéaire et de même sens.
Voir la réponse courte

Dérivation du vecteur position par rapport à \theta puis normalisation pour obtenir le vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (7), le point courant M(\theta) de l'hélice est repéré par :

\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) = a\,\vec{e}_\rho + h\theta\,\vec{e}_z

Le rayon de l'hélice a et le pas réduit h sont constants. En dérivant par rapport à \theta, et en utilisant la relation (1) rappelée dans le formulaire, \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} = \vec{e}_\theta, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta} = a\frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} + h\,\vec{e}_z = a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z

Les vecteurs \vec{e}_\theta et \vec{e}_z formant deux vecteurs d'une base orthonormée, la norme de ce vecteur dérivé vaut :

\left\|\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}\right\| = \sqrt{a^2 + h^2}

Le vecteur unitaire \vec{u}(\theta) tangent à l'hélice et orienté dans le sens des \theta croissants s'obtient par normalisation :

\vec{u}(\theta) = \frac{\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}}{\left\|\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}\right\|}

soit finalement :

\boxed{\vec{u}(\theta) = \frac{a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z}{\sqrt{a^2 + h^2}}}

Résultat

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de traînée, intégrale curviligne

En utilisant l'expression (6), exprimer la force visqueuse infinitésimale s'exerçant sur le tronçon repéré par lorsque l'hélice est en rotation. En déduire que la force exercée sur la totalité de l'hélice se met sous la forme

où est un facteur numérique positif sans dimension que l'on déterminera. Nous constatons ainsi que la résultante des forces visqueuses propulse la bactérie selon l'axe du flagelle.

Voir l'indice

Calculer le produit scalaire \vec{V}_\perp \cdot \vec{u} pour un élément d'hélice, injecter dans l'expression de la force visqueuse et intégrer sur l'intervalle de variation de \theta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de traînée longitudinal élémentaire \mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell pour le tronçon de longueur \mathrm{d}\ell.
  2. Calculer le vecteur 2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} à partir de \vec{V}_\perp = a\Omega\vec{e}_\theta et de l'expression de \vec{u} établie à la question Q29, afin d'obtenir la force élémentaire \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta).
  3. Intégrer sur l'hélice entière pour \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] en remarquant que l'intégrale de \vec{e}_\theta sur un nombre entier de spires s'annule par périodicité.
Voir la réponse courte

Calcul de la vitesse locale de rotation \vec{V} = a\Omega\vec{e}_\theta, projection dans la formule de frottement et intégration sur \theta.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé de la sous-partie II.A.c, pour un cylindre de longueur \mathrm{d}\ell, le coefficient de frottement longitudinal s'écrit :

\mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta.

Chaque élément d'hélice étant animé d'une vitesse de rotation pure \vec{V}_\perp = a\Omega\vec{e}_\theta, et le vecteur unitaire tangent étant \vec{u} = \frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}} (question Q29), nous calculons la projection :

\vec{V}_\perp \cdot \vec{u} = \frac{a^2\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}.

Il vient alors :

\begin{aligned} (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} &= \frac{a^2\Omega}{a^2+h^2}\left(a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z\right), \\ 2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} &= \left(2a\Omega - \frac{a^3\Omega}{a^2+h^2}\right)\vec{e}_\theta - \frac{a^2 h \Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_z \\ &= \frac{a(a^2+2h^2)\Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta - \frac{a^2 h \Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_z. \end{aligned}

D'après la relation (6) appliquée au tronçon élémentaire, la force visqueuse infinitésimale s'exerçant sur ce dernier est :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta) = -\mathrm{d}\lambda_\parallel \left[2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u}\right],

soit :

\boxed{\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta) = -4\pi\eta\,\frac{a(a^2+2h^2)\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_\theta\,\mathrm{d}\theta + 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z\,\mathrm{d}\theta}

Pour obtenir la force totale exercée par le fluide sur l'ensemble de l'hélice, on intègre cette force élémentaire sur la plage de variation de \theta allant de 0 à \theta_{\max} = \ell_{\mathrm{f}}/h = 2\pi N (avec N \in \mathbb{N}^*, d'après la question Q27) :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = \int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta).

Puisque le vecteur de la base cylindrique s'exprime dans la base cartésienne fixe par \vec{e}_\theta(\theta) = -\sin\theta\vec{e}_x + \cos\theta\vec{e}_y, son intégrale sur un nombre entier de périodes s'annule :

\int_0^{2\pi N} \vec{e}_\theta(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}.

Seule subsiste la composante axiale selon \vec{e}_z, indépendante de \theta :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\left(\int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h}\mathrm{d}\theta\right)\vec{e}_z = 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\,\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\vec{e}_z.

Le facteur h se simplifie, ce qui conduit bien à la forme annoncée :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = 4\pi \frac{a^2\eta\Omega\ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z.

On identifie donc le préfacteur numérique :

\boxed{K = 4\pi}

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de traînée, formule de stokes

Par une démarche similaire à celle adoptée dans la question 30, déterminer l'expression de la force visqueuse s'exerçant sur le flagelle et engendrée par le mouvement de translation en fonction de , , , et . Montrer que pour les dimensions d'une bactérie, cette force de frottement visqueux domine la force de Stokes s'exerçant sur le corps sphérique de la bactérie, se déplaçant à la même vitesse.

Voir l'indice

Reprendre la formule vectorielle de frottement de l'élément avec une vitesse de translation pure \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z, intégrer sur l'hélice, puis comparer numériquement avec la formule de traînée d'une sphère.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la relation (6) établie à la question 26 pour une vitesse de translation pure \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z appliquée à un élément infinitésimal du flagelle.
  2. Calculer le produit scalaire \vec{V}_\parallel \cdot \vec{u} à l'aide du vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta) déterminé en Q29.
  3. Intégrer la force élémentaire sur l'ensemble de l'hélice (\theta \in [0, \ell_{\text{f}}/h]) en exploitant l'annulation de l'intégrale du vecteur \vec{e}_\theta sur un nombre entier de spires.
  4. Comparer l'intensité de cette force à la force de frottement de Stokes \vec{F}_{\text{S}} subie par le corps de la bactérie.
Voir la réponse courte

Calcul analogue avec \vec{V} = V\vec{e}_z le long de l'hélice, puis comparaison du coefficient effectif à 6\pi\eta R.

Voir le corrigé complet

Considérons le tronçon d'hélice élémentaire délimité par \theta et \theta + \mathrm{d}\theta, de longueur \mathrm{d}\ell = \sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta. D'après les résultats des questions 22 et 26, le coefficient de frottement visqueux longitudinal associé à cet élément vaut :

\mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi \eta\,\mathrm{d}\ell = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta.

Le flagelle étant animé d'une vitesse de translation uniforme \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z, la force visqueuse élémentaire s'écrit selon l'équation (6) :

\mathrm{d}\vec{F}_{\text{v},\parallel}(\theta) = -\mathrm{d}\lambda_\parallel \left[2\vec{V}_\parallel - (\vec{V}_\parallel\cdot\vec{u})\vec{u}\right].

À l'aide de l'expression du vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta) = \frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}} (question 29), formons le produit scalaire :

\vec{V}_\parallel \cdot \vec{u} = V \vec{e}_z \cdot \left(\frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) = \frac{Vh}{\sqrt{a^2+h^2}}.

Le terme entre crochets devient ainsi :

\begin{aligned} 2\vec{V}_\parallel - (\vec{V}_\parallel\cdot\vec{u})\vec{u} &= 2V\vec{e}_z - \frac{Vh}{\sqrt{a^2+h^2}}\left(\frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) \\ &= -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \left(2 - \frac{h^2}{a^2+h^2}\right)V\vec{e}_z \\ &= -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \frac{2a^2+h^2}{a^2+h^2}V\vec{e}_z. \end{aligned}

La force élémentaire exercée sur le tronçon s'écrit donc :

\mathrm{d}\vec{F}_{\text{v},\parallel}(\theta) = -4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta \left[ -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \frac{2a^2+h^2}{a^2+h^2}V\vec{e}_z \right].

Intégrons cette expression sur l'ensemble de l'hélice, pour \theta variant de 0 à \theta_{\max} = \ell_{\text{f}}/h = 2\pi N avec N \in \mathbb{N}^* (nombre entier de tours, d'après Q27) :

\int_0^{\theta_{\max}} \vec{e}_\theta\,\mathrm{d}\theta = \int_0^{2\pi N} (-\sin\theta\,\vec{e}_x + \cos\theta\,\vec{e}_y)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}.

La composante azimutale s'annule par périodicité spatiale. Il ne subsiste que la composante axiale portée par \vec{e}_z :

\begin{aligned} \vec{F}_{\text{v},\parallel} &= -4\pi\eta \frac{2a^2+h^2}{\sqrt{a^2+h^2}}V\vec{e}_z \int_0^{\ell_{\text{f}}/h} \mathrm{d}\theta \\ &= -4\pi\eta V \ell_{\text{f}} \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z. \end{aligned}
\boxed{\vec{F}_{\text{v},\parallel} = -4\pi \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}\eta V \ell_{\text{f}}\,\vec{e}_z}

Comparons cette force de traînée du flagelle à la force de frottement de Stokes \vec{F}_{\text{S}} = -6\pi\eta R V \vec{e}_z subie par le corps sphérique de la bactérie se déplaçant à la même vitesse :

\frac{\|\vec{F}_{\text{v},\parallel}\|}{\|\vec{F}_{\text{S}}\|} = \frac{4\pi \eta V \ell_{\text{f}} \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}}{6\pi\eta R V} = \frac{2}{3}\,\frac{\ell_{\text{f}}}{R}\,\frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}.

Avec les données numériques du préambule :

  • R = 1\,\mu\text{m}, \ell_{\text{f}} = 10\,\mu\text{m} ;
  • a = 0{,}2\,\mu\text{m}, h = 0{,}1\,\mu\text{m} ;
  • 2a^2 + h^2 = 2(0{,}04) + 0{,}01 = 0{,}09\,\mu\text{m}^2 ;
  • \sqrt{a^2+h^2} = \sqrt{0{,}05}\,\mu\text{m} \simeq 0{,}22\,\mu\text{m} ;
  • \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}} = \frac{0{,}09}{0{,}1 \times \sqrt{0{,}05}} \simeq 4{,}0.

On obtient :

\frac{\|\vec{F}_{\text{v},\parallel}\|}{\|\vec{F}_{\text{S}}\|} \simeq \frac{2}{3} \times \frac{10}{1} \times 4{,}0 \simeq 27 \sim 3\times 10^1.

La force de traînée visqueuse s'exerçant sur le flagelle est environ 30 fois plus grande que la traînée de Stokes sur le corps sphérique : la dissipation et le frottement visqueux au cours de la translation sont donc largement dominés par le flagelle.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équilibre dynamique, vitesse stationnaire

La vitesse atteinte par la bactérie résulte de l'équilibre entre la force de propulsion (due à la rotation à la vitesse angulaire ) et la force de traînée (due à la translation à la vitesse ). Montrer que cette vitesse est donnée par la relation :

Calculer la valeur de cette vitesse pour la bactérie considérée et la comparer à la vitesse obtenue à la question 28.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre mécanique global de la bactérie le long de l'axe de nage : la poussée propulsive compense la traînée de translation.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre des forces axiales s'exerçant sur le flagelle en régime stationnaire : \vec{F}_{\mathrm{v},\perp} + \vec{F}_{\mathrm{v},\|} = \vec{0}, en reprenant les expressions obtenues aux questions 30 et 31.
  2. Isoler la vitesse de translation stationnaire V pour établir la relation demandée.
  3. Effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé, puis comparer à la vitesse sans glissement V_{\max} de la question 28.
Voir la réponse courte

Égalité de la force de propulsion et de la force de traînée totale : détermination de V et comparaison à V_{\text{max}}.

Voir le corrigé complet

À bas nombre de Reynolds, en régime stationnaire, l'inertie de la bactérie est totalement négligeable. L'équilibre mécanique axial de la bactérie s'écrit (en négligeant la traînée de Stokes du corps devant celle du flagelle, comme justifié à la question 31) :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} + \vec{F}_{\mathrm{v},\|} = \vec{0}.

D'après les résultats des questions 30 et 31 :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{v},\perp} &= 4\pi \frac{a^2 \eta \Omega \ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2 + h^2}}\,\vec{e}_z, \\ \vec{F}_{\mathrm{v},\|} &= -4\pi \frac{2a^2 + h^2}{h\sqrt{a^2 + h^2}}\,\eta V \ell_{\mathrm{f}}\,\vec{e}_z. \end{aligned}

En projetant sur l'axe \vec{e}_z, on obtient :

4\pi \frac{a^2 \eta \Omega \ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2 + h^2}} - 4\pi \frac{2a^2 + h^2}{h\sqrt{a^2 + h^2}}\,\eta V \ell_{\mathrm{f}} = 0,

ce qui se simplifie immédiatement en :

a^2 \Omega = \frac{2a^2 + h^2}{h} V.

On en déduit l'expression de la vitesse de propulsion stationnaire :

\boxed{V = \frac{a^2 h}{2a^2 + h^2}\Omega}

Application numérique : Avec les données fournies :

  • a = 0{,}2\,\mu\text{m}, donc a^2 = 0{,}04\,\mu\text{m}^2 ;
  • h = 0{,}1\,\mu\text{m}, donc h^2 = 0{,}01\,\mu\text{m}^2 et a^2 h = 0{,}004\,\mu\text{m}^3 ;
  • 2a^2 + h^2 = 2 \times 0{,}04 + 0{,}01 = 0{,}09\,\mu\text{m}^2 ;
  • \Omega = 7{,}0 \times 10^2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Il vient :

V = \frac{0{,}004}{0{,}09} \times 10^{-6} \times 7{,}0 \times 10^2 = \frac{4}{90} \times 7{,}0 \times 10^{-4} \simeq 3{,}1 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Avec un chiffre significatif :

\boxed{V \simeq 3 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 30\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

Comparaison avec la question 28 : La vitesse maximale sans glissement obtenue à la question 28 était :

V_{\max} = h\Omega \simeq 7 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 70\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}.

Le rapport des deux vitesses s'écrit :

\frac{V}{V_{\max}} = \frac{a^2}{2a^2 + h^2} = \frac{0{,}04}{0{,}09} = \frac{4}{9} \simeq 44\,\%.

La vitesse réelle de nage de la bactérie est strictement inférieure à la vitesse sans glissement (V \approx 0{,}4\,V_{\max}).

Résultat

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : moment d'une force, frottement visqueux

Exprimer le moment résultant de l'ensemble des forces visqueuses par rapport à l'axe de rotation en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Calculer le produit vectoriel du bras de levier radial avec la force élémentaire tangentielle, puis intégrer le couple résistant sur l'ensemble de l'hélice.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de vitesses d'un tronçon élémentaire de flagelle dans le régime stationnaire réel, qui associe la rotation à la pulsation \Omega et la translation à la vitesse V déterminée à la question précédente.
  2. Calculer la composante orthoradiale de la force visqueuse élémentaire \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}} exercée par le fluide à l'aide de l'équation (6).
  3. Évaluer le moment élémentaire \mathrm{d}\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}, puis intégrer le long du flagelle pour \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] en exploitant la périodicité de la base cylindrique.
Voir la réponse courte

Intégration du moment élémentaire \overrightarrow{\text{FM}} \wedge \text{d}\vec{F}_{\text{v}} par rapport à l'axe (Fz) sur toute la longueur du flagelle.

Voir le corrigé complet

Dans le régime stationnaire de nage, le mouvement du flagelle résulte de la superposition de la rotation autour de l'axe (Fz) à la vitesse angulaire \vec{\Omega} = \Omega\vec{e}_z et de la translation à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z. La vitesse d'un élément d'hélice repéré par l'angle \theta s'écrit :

\vec{V}(\theta) = a\Omega\,\vec{e}_\theta + V\,\vec{e}_z

Le vecteur unitaire tangent à l'hélice est, d'après la question Q29 :

\vec{u}(\theta) = \frac{a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z}{\sqrt{a^2 + h^2}}

Le produit scalaire entre la vitesse et la tangente au flagelle vaut donc :

\vec{V}\cdot\vec{u} = \frac{a^2\Omega + hV}{\sqrt{a^2 + h^2}}

D'après l'équation (6), la force visqueuse élémentaire subie par le tronçon de longueur \mathrm{d}\ell = \sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta, pour lequel \lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell, est :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}(\theta) = -\lambda_\parallel \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]

Le moment élémentaire de cette force par rapport à l'axe de rotation (Fz) est donné par l'équation (11) :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}(\theta) &= (a\,\vec{e}_\rho) \wedge \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}(\theta) \\ &= a\,\vec{e}_\rho \wedge \left( \mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}\,\vec{e}_\theta + \mathrm{d}F_{\mathrm{v},z}\,\vec{e}_z \right) \\ &= a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}\,\vec{e}_z - a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},z}\,\vec{e}_\theta \end{aligned}

Puisque le flagelle comporte un nombre entier de spires N = \ell_{\mathrm{f}}/\Lambda (question Q27), l'intégration de la composante selon \vec{e}_\theta(\theta) sur l'intervalle \theta \in [0, 2\pi N] s'annule identiquement :

\int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} \vec{e}_\theta(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}

Le moment résultant est donc purement axial, dirigé selon \vec{e}_z :

\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = \left( \int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}(\theta) \right) \vec{e}_z

Déterminons la composante orthoradiale \mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} = \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}\cdot\vec{e}_\theta :

\begin{aligned} \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]\cdot\vec{e}_\theta &= 2a\Omega - \left(\frac{a^2\Omega + hV}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) \frac{a}{\sqrt{a^2+h^2}} \\ &= \frac{2a\Omega(a^2+h^2) - a(a^2\Omega + hV)}{a^2+h^2} \\ &= \frac{a(a^2+2h^2)\Omega - ahV}{a^2+h^2} \end{aligned}

En injectant l'expression de la vitesse de propulsion stationnaire obtenue à la question Q32, V = \dfrac{a^2 h}{2a^2+h^2}\Omega :

\begin{aligned} (a^2+2h^2)\Omega - hV &= \left(a^2+2h^2 - \frac{a^2 h^2}{2a^2+h^2}\right)\Omega \\ &= \frac{(a^2+2h^2)(2a^2+h^2) - a^2 h^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \\ &= \frac{2a^4 + 5a^2 h^2 + 2h^4 - a^2 h^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \\ &= \frac{2(a^2+h^2)^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \end{aligned}

Il vient ainsi pour le terme entre crochets :

\left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]\cdot\vec{e}_\theta = \frac{2a(a^2+h^2)}{2a^2+h^2}\,\Omega

Avec \lambda_\parallel = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta, la force orthoradiale élémentaire s'écrit :

\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} = -4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta \cdot \frac{2a(a^2+h^2)}{2a^2+h^2}\,\Omega = -8\pi\eta a\Omega \frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta

En intégrant le moment élémentaire \mathrm{d}\Gamma_{\mathrm{v},z} = a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} sur l'intervalle \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] de longueur totale \ell_{\mathrm{f}}/h :

\Gamma_{\mathrm{v},z} = -8\pi\eta a^2\Omega \frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}

Le moment résultant des forces visqueuses par rapport à l'axe (Fz) est donc :

\boxed{\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = -8\pi\eta a^2\Omega\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\,\vec{e}_z}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : puissance d'une force, bilan d'énergie

Exprimer la puissance du moteur moléculaire nécessaire au maintien du flagelle en rotation en fonction de , , , et . Calculer sa valeur. Pour commenter ce résultat, calculer ensuite la puissance associée au métabolisme de la bactérie que l'on exprimera en fonction du rayon de la bactérie, de sa consommation de nutriments et de l'énergie molaire apportée par la consommation de glucose , donnée en préambule du sujet.

Voir l'indice

Calculer le produit scalaire couple-vitesse angulaire et force-vitesse de translation, puis comparer cette puissance motrice à l'énergie issue du métabolisme du glucose consommé.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'expression (10) de la puissance en régime stationnaire où la résultante axiale des forces visqueuses est nulle (\vec{F}_{\mathrm{v}} = \vec{0}), de sorte que le moteur doit fournir une puissance mécanique \mathcal{P} = -\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}\cdot\vec{\Omega} > 0 compensant le couple résistant visqueux.
  2. Effectuer l'application numérique avec les grandeurs données dans l'énoncé en respectant la précision imposée (un chiffre significatif).
  3. Exprimer la puissance métabolique \mathcal{P}_{\text{mét}} à partir du volume bactérien \frac{4}{3}\pi R^3, du taux de consommation molaire volumique \mathcal{A} et de l'énergie molaire \varepsilon, puis comparer \mathcal{P} à \mathcal{P}_{\text{mét}}.
Voir la réponse courte

Calcul de \mathcal{P} = \Gamma_{\text{v}} \Omega et comparaison avec la puissance métabolique \mathcal{P}_{\text{m}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A} \varepsilon.

Voir le corrigé complet

1. Expression de la puissance du moteur moléculaire

En régime stationnaire de nage libre, la force totale exercée par le fluide sur la bactérie est nulle, soit \vec{F}_{\mathrm{v}} = \vec{0}. La puissance mécanique \mathcal{P} que le moteur moléculaire doit fournir pour maintenir la rotation du flagelle à vitesse angulaire constante compense exactement la dissipation par frottement visqueux :

\mathcal{P} = -\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} \cdot \vec{\Omega}

D'après la question 33, le moment des forces visqueuses par rapport à l'axe (\mathrm{F}z) s'écrit :

\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = -8\pi\eta a^2\Omega\,\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\,\vec{e}_z

Avec \vec{\Omega} = \Omega\,\vec{e}_z, on obtient :

\boxed{\mathcal{P} = 8\pi\eta a^2\Omega^2\,\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}}

2. Application numérique

Les données fournies dans le préambule sont :

  • \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} ;
  • \Omega = 7{,}0\times 10^2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} ;
  • a = 0{,}2\,\mu\text{m} = 2\times 10^{-7}\text{ m} ;
  • h = 0{,}1\,\mu\text{m} = 10^{-7}\text{ m}.

Comme a = 2h, le facteur adimensionnel vaut :

\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{(2a^2+h^2)h} = \frac{(5h^2)^{3/2}}{9h^2 \cdot h} = \frac{5\sqrt{5}}{9} \simeq \frac{5 \times 2{,}24}{9} \simeq 1{,}24

Calculons la valeur de \mathcal{P} :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= 8\pi \times 10^{-3} \times \left(2\times 10^{-7}\right)^2 \times \left(7{,}0\times 10^2\right)^2 \times 10^{-5} \times 1{,}24 \\ &= 8\pi \times 10^{-3} \times 4\times 10^{-14} \times 4{,}9\times 10^5 \times 10^{-5} \times 1{,}24 \\ &\simeq 6\times 10^{-15}\text{ W} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P} \simeq 6\times 10^{-15}\text{ W} = 6\text{ fW}}

3. Puissance métabolique de la bactérie et commentaire

La bactérie est assimilée à une sphère de rayon R, de volume V_{\text{bac}} = \frac{4}{3}\pi R^3. Sa consommation de nutriments par unité de volume et de temps étant notée \mathcal{A}, la quantité de matière de glucose consommée par seconde est :

\dot{n} = \mathcal{A} V_{\text{bac}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}

L'apport énergétique par mole de glucose absorbée étant \varepsilon, la puissance totale associée au métabolisme de la bactérie s'écrit :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{mét}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}\,\varepsilon}

Avec R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m}, \mathcal{A} = 10\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}\cdot\text{s}^{-1} et \varepsilon = 30\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 3\times 10^4\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{mét}} &= \frac{4}{3}\pi \times \left(10^{-6}\right)^3 \times 10 \times \left(3\times 10^4\right) \\ &= 4\pi \times 10^{-13}\text{ W} \simeq 1\times 10^{-12}\text{ W} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\text{mét}} \simeq 1\times 10^{-12}\text{ W} = 1\text{ pW}}

En comparant ces deux puissances :

\frac{\mathcal{P}}{\mathcal{P}_{\text{mét}}} \simeq \frac{6\times 10^{-15}}{1{,}3\times 10^{-12}} \simeq 0{,}5\,\%

La puissance nécessaire pour faire tourner le flagelle et propulser la bactérie représente moins de 1\,\% de la puissance métabolique totale. La nage constitue donc un coût énergétique négligeable pour la cellule.

Résultat

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II.C · Écoulement engendré

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : condition aux limites, symétrie et invariance

Justifier l'absence de dépendance des composantes du champ de vitesses vis-à-vis de la variable angulaire . Vérifier que ce champ de vitesses vérifie les conditions aux limites pour et pour .

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par rotation autour de l'axe de déplacement (Oz), puis évaluer le champ pour r = R (adhérence) et r \to \infty (vitesse relative uniforme).

Voir la stratégie
  1. Analyser les invariances géométriques du problème pour justifier l'indépendance vis-à-vis de l'angle azimutal \theta.
  2. Vérifier la condition aux limites à la surface de la sphère (r = R), qui traduit l'adhérence d'un fluide visqueux sur une paroi.
  3. Calculer la limite pour r \to \infty, puis la comparer à la vitesse uniforme attendue loin de la sphère dans le référentiel de celle-ci.
Voir la réponse courte

Symétrie de révolution du problème autour de l'axe de nage et vérification des valeurs limites en r=R et à l'infini.

Voir le corrigé complet

1. Invariance par rapport à \theta

Le système physique est constitué d'une sphère de rayon R en translation rectiligne uniforme à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z dans un fluide infini.

  • La géométrie de la sphère est de révolution autour de l'axe (Oz) ;
  • La direction du mouvement impose un axe privilégié le long de (Oz) ;
  • Les conditions aux limites (adhérence sur la sphère et fluide au repos à l'infini dans le laboratoire) sont indépendantes de toute rotation d'angle \theta autour de l'axe (Oz).

Le problème présente donc une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz). Par conséquent, le champ de vitesses est invariant par rotation autour de cet axe, ce qui justifie que ses composantes ne dépendent pas de la variable angulaire \theta :

\boxed{\frac{\partial \vec{v}}{\partial \theta} = \vec{0}}

2. Condition aux limites en r = R

Dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}} lié à la bactérie, la surface de la membrane est immobile. Pour un fluide visqueux, la condition aux limites à l'interface solide-fluide est la condition d'adhérence :

\vec{v}(R, \varphi) = \vec{0}

Évaluons les composantes du champ proposé pour r = R :

\begin{aligned} v_r(R, \varphi) &= -V \cos \varphi \left( 1 - \frac{3R}{2R} + \frac{R^3}{2R^3} \right) = -V \cos \varphi \left( 1 - \frac{3}{2} + \frac{1}{2} \right) = 0 \\ v_\varphi(R, \varphi) &= V \sin \varphi \left( 1 - \frac{3R}{4R} - \frac{R^3}{4R^3} \right) = V \sin \varphi \left( 1 - \frac{3}{4} - \frac{1}{4} \right) = 0 \end{aligned}

La composante selon \vec{e}_\theta étant identiquement nulle, on a bien :

\boxed{\vec{v}(r = R) = \vec{0}}

La condition d'adhérence à la paroi est parfaitement vérifiée.

3. Condition aux limites pour r \to \infty

Dans le référentiel du laboratoire, le fluide est au repos à l'infini : \vec{v}_{\mathrm{lab}}(\vec{r}) \xrightarrow{r \to \infty} \vec{0}. Dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}} en translation à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z par rapport au laboratoire, la loi de composition des vitesses impose :

\vec{v}(\vec{r}) = \vec{v}_{\mathrm{lab}}(\vec{r}) - \vec{V} \xrightarrow{r \to \infty} -\vec{V} = -V \vec{e}_z

D'après la définition des coordonnées sphériques données en préambule, le vecteur unitaire \vec{e}_z se décompose sur la base locale selon :

\vec{e}_z = \cos \varphi \, \vec{e}_r - \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi

D'où l'expression attendue du champ uniforme à l'infini :

-V\vec{e}_z = -V \cos \varphi \, \vec{e}_r + V \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi

En prenant la limite r \to \infty dans l'expression (12) du sujet :

\begin{aligned} \lim_{r \to \infty} \left( 1 - \frac{3R}{2r} + \frac{R^3}{2r^3} \right) &= 1 \\ \lim_{r \to \infty} \left( 1 - \frac{3R}{4r} - \frac{R^3}{4r^3} \right) &= 1 \end{aligned}

On obtient immédiatement :

\boxed{\lim_{r \to \infty} \vec{v}(\vec{r}) = -V \cos \varphi \, \vec{e}_r + V \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi = -V \vec{e}_z}

La condition aux limites à l'infini est donc bien respectée.

Résultat

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : ligne de courant, champ des vitesses

Dessiner l'allure des lignes de courant associées au profil d'écoulement dans le référentiel de la bactérie.

Voir l'indice

Tracer l'allure d'un écoulement de Stokes contournant une sphère dans le référentiel propre, symétrique amont-aval.

Voir la stratégie
  1. Caractériser l'écoulement au loin et les symétries : dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}}, le fluide arrive de z \to +\infty avec une vitesse \vec{v}_\infty = -V\vec{e}_z et s'écoule vers z \to -\infty.
  2. Identifier les points remarquables : les points d'arrêt amont (z=R) et aval (z=-R), la condition d'adhérence à la paroi (r=R), ainsi que la symétrie amont-aval propre au régime de Stokes (\mathrm{Re} \ll 1).
  3. Tracer les lignes de courant dans un plan méridien contenant l'axe (Oz), en fléchant le sens de l'écoulement.
Voir la réponse courte

Tracé qualitatif des lignes de courant contournant la sphère dans le référentiel lié à la bactérie.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel de la bactérie \mathcal{R}_{\mathrm{b}}, le fluide s'écoule globalement dans la direction -\vec{e}_z, parallèlement à l'axe (Oz), avec la vitesse uniforme au loin :

\lim_{r\to\infty} \vec{v}(\vec{r}) = -V\vec{e}_z.

L'écoulement présente les propriétés fondamentales suivantes :

  • Invariance par rotation autour de l'axe (Oz) : le motif des lignes de courant est identique dans tout plan méridien contenant (Oz), par exemple le plan (xOz).
  • Conditions aux limites à la paroi : sur la sphère de rayon R, la vitesse s'annule strictement (\vec{v}(R, \varphi) = \vec{0}) en vertu de la condition de non-glissement. La surface de la sphère constitue une surface de courant.
  • Points d'arrêt : sur l'axe (Oz), pour \varphi = 0 (z = +R) et \varphi = \pi (z = -R), la vitesse est nulle. L'axe (Oz) (privé de l'intérieur de la sphère) forme une ligne de courant particulière, qui bute sur la sphère au point d'arrêt amont et en repart au point d'arrêt aval.
  • Symétrie amont-aval : en régime de Stokes (\mathrm{Re} \ll 1), l'écoulement est gouverné par une équation linéaire réversible dans le temps. En effectuant la transformation z \to -z (c'est-à-dire \varphi \to \pi - \varphi), on a \cos(\pi-\varphi) = -\cos\varphi et \sin(\pi-\varphi) = \sin\varphi, ce qui assure une parfaite symétrie amont-aval des lignes de courant, sans décollement ni zone de recirculation (sillage turbulent absent).

On représente ci-dessous l'allure des lignes de courant dans le plan (xOz) :

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux convectif, densité de courant

En exprimant la quantité élémentaire de matière qui traverse une surface élémentaire située en pendant une durée , sous l'effet du transport convectif par l'écoulement seulement, justifier l'expression de la densité de courant liée à la convection.

Voir l'indice

Considérer le volume infinitésimal de fluide \mathrm{d}^3V = \vec{v}\cdot\mathrm{d}\vec{S}\,\mathrm{d}t traversant la surface pendant \mathrm{d}t et le multiplier par la concentration locale c.

Voir la stratégie
  1. Considérer le volume élémentaire de fluide traversant la surface \mathrm{d}\vec{S} pendant la durée \mathrm{d}t à la vitesse \vec{v}.
  2. Exprimer la quantité de matière \delta n contenue dans ce volume cylindrique à partir de la concentration molaire c.
  3. Identifier l'expression de la densité de courant molaire convective \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} par comparaison avec la définition du flux molaire.
Voir la réponse courte

Bilan de matière à travers \text{d}\vec{S} pendant \text{d}t : quantité c\vec{v}\cdot\text{d}\vec{S}\,\text{d}t d'où \vec{\jmath}_{\text{conv}} = c\vec{v}.

Voir le corrigé complet

Pendant un intervalle de temps infinitésimal \mathrm{d}t, les particules de fluide situées au voisinage d'un point \vec{r} se déplacent du vecteur déplacement élémentaire :

\mathrm{d}\vec{\ell} = \vec{v}(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}t.

Les particules de fluide qui traversent l'élément de surface orienté \mathrm{d}\vec{S}(\vec{r}) entre les instants t et t + \mathrm{d}t sont celles qui se trouvaient initialement à l'intérieur d'un cylindre élémentaire de base \mathrm{d}\vec{S} et de génératrice \vec{v}(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}t.

Le volume de ce cylindre est donné par le produit scalaire :

\mathrm{d}\tau = \mathrm{d}\vec{S} \cdot (\vec{v}\,\mathrm{d}t) = (\vec{v} \cdot \mathrm{d}\vec{S})\,\mathrm{d}t.

La quantité élémentaire de soluté (nutriments) présente dans ce volume, où la concentration molaire locale vaut c(\vec{r}, t), s'écrit donc :

\delta n = c(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}\tau = c(\vec{r}, t)\,(\vec{v}(\vec{r}, t) \cdot \mathrm{d}\vec{S})\,\mathrm{d}t.

Le flux molaire convectif élémentaire traversant cette surface est défini par :

\mathrm{d}\Phi_{\mathrm{conv}} = \frac{\delta n}{\mathrm{d}t} = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}(\vec{r}, t) \cdot \mathrm{d}\vec{S}.

Or, par définition du vecteur densité volumique de courant de matière \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}}, ce flux s'écrit pour toute surface \mathrm{d}\vec{S} sous la forme :

\mathrm{d}\Phi_{\mathrm{conv}} = \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}.

Par identification, on en déduit l'expression de la densité de courant liée à la convection :

\boxed{\vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}(\vec{r}, t)}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : nombre de péclet, analyse d'échelle

Le rayon de la bactérie fixe l'échelle caractéristique de variation de vitesse de l'écoulement considéré. On appelle nombre de Péclet, noté , le nombre sans dimension comparant le temps typique mis par une particule pour se déplacer sur cette distance par diffusion au temps typique pour être transportée sur cette même distance par l'écoulement (convection). Déterminer son expression en fonction du rayon de la bactérie, de sa vitesse et du coefficient de diffusion . Montrer que ce nombre quantifie aussi le rapport entre la densité de courant de nutriments due à la convection et celle due à la diffusion.

Voir l'indice

Former le rapport du temps de diffusion R^2/D sur le temps convectif R/V. Écrire également le rapport des normes des densités de courant correspondantes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les temps caractéristiques de diffusion \tau_{\text{diff}} et de transport convectif \tau_{\text{conv}} sur l'échelle spatiale R, puis former leur quotient pour obtenir le nombre de Péclet \mathrm{Pe}.
  2. Estimer les ordres de grandeur des densités de courant volumiques molaires associées à la convection et à la diffusion pour montrer l'équivalence entre le rapport des échelles temporelles et le rapport des densités de flux.
Voir la réponse courte

Comparaison des temps caractéristiques \tau_{\text{diff}} = R^2/D et \tau_{\text{conv}} = R/V donnant \text{Pe} = VR/D.

Voir le corrigé complet

Sur l'échelle caractéristique spatiale R, les temps typiques associés aux deux modes de transport s'écrivent :

  • pour le transport diffusif régi par le coefficient de diffusion D, la relation d'adimensionnement de l'équation de la diffusion donne :

    \tau_{\text{diff}} \sim \frac{R^2}{D}
  • pour le transport convectif (ou advectif) à la vitesse d'écoulement typique V, le temps nécessaire pour couvrir la distance R est :

    \tau_{\text{conv}} \sim \frac{R}{V}

Par définition, le nombre de Péclet quantifie l'importance relative de la diffusion par rapport à la convection à travers le rapport de ces temps caractéristiques :

\mathrm{Pe} = \frac{\tau_{\text{diff}}}{\tau_{\text{conv}}} = \frac{R^2 / D}{R / V}

d'où :

\boxed{\mathrm{Pe} = \frac{V R}{D}}

Évaluons à présent les ordres de grandeur respectifs des densités de courant molaire :

  • le courant de convection s'écrit \vec{\jmath}_{\text{conv}} = c\,\vec{v} (d'après la question 37), d'où un ordre de grandeur :

    j_{\text{conv}} \sim c\,V
  • le courant de diffusion suit la première loi de Fick \vec{\jmath}_{\text{diff}} = -D\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c (d'après la question 1). La concentration variant significativement à l'échelle du rayon R de la sphère, l'opérateur gradient s'estime par \|\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c\| \sim c/R, ce qui conduit à :

    j_{\text{diff}} \sim \frac{D\,c}{R}

Le rapport entre les deux densités de courant est alors :

\frac{j_{\text{conv}}}{j_{\text{diff}}} \sim \frac{c\,V}{\dfrac{D\,c}{R}} = \frac{V R}{D} = \mathrm{Pe}

Le nombre de Péclet mesure donc également le rapport d'intensité entre le transport par convection et le transport par diffusion moléculaire.

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en BCPST1

Notions : nombre de péclet, exploitation de document

En exploitant la figure 6, déterminer la variation relative du flux (en

Voir l'indice

Calculer numériquement \mathrm{Pe} avec les valeurs de la vitesse et du rayon, lire l'ordonnée correspondante sur le graphe de Berg-Purcell et en déduire que la nage ne sert pas à collecter plus de matière directement.

Voir la stratégie
  1. Calculer la valeur numérique du nombre de Péclet \mathrm{Pe} = \frac{V R}{D} à partir de la vitesse V obtenue à la question 32 et des données de l'énoncé.
  2. Lire sur la figure 6 la variation relative du flux \frac{\Phi}{\Phi_0} - 1 correspondante et l'exprimer en pourcentage.
  3. Conclure sur le rôle biologique de la propulsion : la nage directe améliore-t-elle la collecte locale de nutriments, ou a-t-elle une autre fonction ?
Voir la réponse courte

Lecture sur le graphique à faible \text{Pe} : le gain de flux dû à la nage est de quelques pourcents, la nage ne sert pas à mieux collecter localement.

Voir le corrigé complet

D'après la question 38, le nombre de Péclet associé au déplacement de la bactérie s'écrit :

\mathrm{Pe} = \frac{V R}{D}

Avec la vitesse stationnaire calculée à la question 32, V \simeq 3\times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, le rayon R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m} et le coefficient de diffusion du glucose dans l'eau D = 10^{-5}\text{ cm}^2\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-9}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

\mathrm{Pe} = \frac{3\times 10^{-5} \times 10^{-6}}{10^{-9}} \simeq 3\times 10^{-2}

En reportant cette valeur \mathrm{Pe} \simeq 3\times 10^{-2} sur la figure 6, on constate que le point de fonctionnement se situe tout en bas de la courbe, au voisinage de l'ordonnée minimale représentée :

\frac{\Phi}{\Phi_0} - 1 \lesssim 10^{-2} = 1\,\%

La variation relative du flux de nutriments collectés est donc :

\boxed{\frac{\Delta \Phi}{\Phi_0} \lesssim 1\,\%}

Conclusion quant à l'utilité de la nage : L'augmentation du flux de collecte par advection directe au voisinage immédiat du corps bactérien est totalement négligeable (gain d'au plus 1\,\% par rapport à une bactérie immobile). La nage n'a donc pas pour fonction d'accroître le taux d'absorption locale par effet d'écoulement convectif. En revanche, elle permet à la bactérie de changer d'environnement et d'explorer l'espace afin d'atteindre des zones macroscopiquement plus concentrées en nutriments, grâce au mécanisme de chimiotaxie étudié dans la partie III.

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