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Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2020

À propos de la nage des bactéries

Le sujet en bref

Sujet difficile · Diffusion thermique et diffusion de particules, Mécanique des fluides, Cinématique et dynamique du point · 11 incontournables · 24 questions de première année
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Ce problème d'une grande élégance aborde la biophysique des microorganismes à travers trois aspects fondamentaux : les limites de l'absorption diffusive passive chez une bactérie immobile, la mécanique de la propulsion hélicoïdale en régime d'écoulement rampant (théorème du coquillage de Purcell, hydrodynamique à bas nombre de Reynolds), et la détection d'un gradient chimique par comptage stochastique suivie d'une marche aléatoire biaisée (run and tumble).

Extrêmement riche et formateur, le sujet s'appuie sur des articles fondateurs de la biophysique (Berg, Purcell). Il constitue une référence incontournable pour maîtriser les couplages entre diffusion, convection et hydrodynamique visqueuse, tout en illustrant comment des contraintes physiques fondamentales dictent les comportements et les échelles biologiques.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,52/20)
Temps estimé
≈ 3 h 50 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

45 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (45) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les parties I, II et III sont largement indépendantes : on peut aborder la mécanique des fluides en Q12 ou la chimiotaxie probabiliste en Q40 sans avoir traité la diffusion de la partie I.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

53 questions
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Partie I : Consommation de nutriments par une bactérie

I.A · Collecte de nutriments par diffusion

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de fick, diffusion de particules

Énoncer la loi de Fick reliant la concentration particulaire et la densité de courant particulaire en précisant la signification et la dimension des différentes grandeurs physiques. En déduire l'expression de la densité de courant molaire [] en fonction de la concentration en nutriments.

Voir l'indice

Rappeler la relation linéaire entre le vecteur densité de flux de particules et le gradient de concentration particulaire, puis diviser par la constante d'Avogadro pour obtenir la version molaire.

Voir la stratégie
  1. Énoncer la première loi de Fick reliant la densité de flux particulaire au gradient de concentration particulaire.
  2. Détailler le sens physique, l'unité et la dimension de chaque terme intervenant dans l'équation.
  3. Exprimer le lien entre grandeurs particulaires et molaires via la constante d'Avogadro \mathcal{N}_{\text{A}} pour en déduire la loi sous forme molaire.
Voir la réponse courte

Loi de Fick \vec{\jmath}_{\text{part}} = -D\,\vec{\nabla}n et passage à la densité molaire \vec{\jmath} = -D\,\vec{\nabla}c via la constante d'Avogadro.

Voir le corrigé complet

La première loi de Fick modélise le transport diffusif de matière. Elle s'énonce :

\vec{\jmath}_{\text{part}}(\vec{r}, t) = - D \, \overrightarrow{\mathrm{grad}} \, n(\vec{r}, t)

Les grandeurs physiques intervenant dans cette loi sont :

  • \vec{\jmath}_{\text{part}}(\vec{r}, t) : le vecteur densité volumique de flux (ou de courant) particulaire. Il représente le nombre de particules traversant une surface élémentaire unitaire par unité de temps, orthogonale à cette surface. Sa dimension est [\jmath_{\text{part}}] = \mathrm{L}^{-2}\cdot\mathrm{T}^{-1} (en \text{m}^{-2}\cdot\text{s}^{-1}).
  • n(\vec{r}, t) : la concentration particulaire (nombre de particules de soluté par unité de volume). Sa dimension est [n] = \mathrm{L}^{-3} (en \text{m}^{-3}).
  • D : le coefficient de diffusion du soluté dans le milieu. Sa dimension est [D] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1} (en \text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}).
  • \overrightarrow{\mathrm{grad}} \, n(\vec{r}, t) : le gradient spatial de la concentration, de dimension [\mathrm{grad}\, n] = \mathrm{L}^{-4} (en \text{m}^{-4}).

La concentration particulaire n(\vec{r}, t) et la concentration molaire c(\vec{r}, t) sont reliées par le nombre d'Avogadro \mathcal{N}_{\text{A}} :

n(\vec{r}, t) = \mathcal{N}_{\text{A}} \, c(\vec{r}, t)

De même, le flux molaire traversant une surface élémentaire correspond au flux particulaire divisé par \mathcal{N}_{\text{A}}, d'où la relation entre densités de courant :

\vec{\jmath}(\vec{r}, t) = \frac{\vec{\jmath}_{\text{part}}(\vec{r}, t)}{\mathcal{N}_{\text{A}}}

En introduisant la loi de Fick particulaire et en exploitant la linéarité du gradient :

\vec{\jmath}(\vec{r}, t) = -\frac{D}{\mathcal{N}_{\text{A}}} \, \overrightarrow{\mathrm{grad}}\bigl(\mathcal{N}_{\text{A}} \, c(\vec{r}, t)\bigr)
\boxed{\vec{\jmath}(\vec{r}, t) = - D \, \overrightarrow{\mathrm{grad}} \, c(\vec{r}, t)}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en BCPST1

Notions : symétrie et invariance, diffusion de particules

En analysant les invariances et symétries du problème, justifier que la densité de courant molaire se met sous la forme . On se placera dans un système de coordonnées sphériques, dont la définition est rappelée en préambule du sujet.

Voir l'indice

Exploiter l'invariance par rotation autour de tout axe passant par le centre pour éliminer la dépendance angulaire et montrer que le flux est purement radial.

Voir la stratégie
  1. Analyser les invariances spatiales et temporelles du système pour déterminer les variables dont dépendent la concentration c et le vecteur densité de courant molaire \vec{\jmath}.
  2. Analyser les symétries de la distribution pour établir la direction du vecteur \vec{\jmath}.
  3. Combiner ces arguments (ou utiliser directement la loi de Fick établie à la question 1) pour justifier la forme \vec{\jmath}(\vec{r}, t) = j(r)\vec{e}_r.
Voir la réponse courte

Invariance par rotation autour du centre de la bactérie sphérique : le gradient de concentration et le courant sont purement radiaux, j(r)\vec{e}_r.

Voir le corrigé complet

Le problème présente une symétrie sphérique :

  • La bactérie est assimilée à une sphère de rayon R centrée à l'origine \mathrm{O}, qui absorbe les nutriments de manière isotrope à sa surface.
  • Le milieu extérieur est infini, isotrope, et la concentration loin de la bactérie tend vers une constante uniforme c_\infty.

Invariances : Le système physique est invariant par toute rotation autour de l'origine \mathrm{O}, c'est-à-dire par toute rotation d'angles \theta ou \varphi en coordonnées sphériques (r, \varphi, \theta). De plus, le régime est stationnaire. Par conséquent, le champ scalaire de concentration ne dépend que de la coordonnée radiale r :

c(\vec{r}, t) = c(r).

Symétries et direction du vecteur : Tout plan passant par le centre \mathrm{O} de la bactérie (contenant le vecteur unitaire radial \vec{e}_r) est un plan de symétrie pour la géométrie et les conditions aux limites du problème.

Puisque le champ scalaire de concentration c(r) est invariant par réflexion par rapport à ces plans, le gradient \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c (et donc le vecteur densité de courant molaire \vec{\jmath}, d'après la loi de Fick \vec{\jmath} = -D\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c) est un vecteur polaire contenu dans l'intersection de tous ces plans de symétrie passant par le point M.

L'intersection de tous les plans de symétrie passant par M(r, \varphi, \theta) est la droite radiale (OM), portée par le vecteur unitaire \vec{e}_r. Ainsi :

\vec{\jmath}(\vec{r}) = j(r)\,\vec{e}_r.

On peut également le vérifier directement à l'aide de l'expression du gradient en coordonnées sphériques pour un champ scalaire c(r) :

\begin{aligned} \vec{\jmath} &= -D\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c(r) = -D\,\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r}\,\vec{e}_r. \end{aligned}

En posant j(r) = -D\,\dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r}, on retrouve bien :

\boxed{\vec{\jmath}(\vec{r}, t) = j(r)\,\vec{e}_r}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : conservation du flux, bilan de matière

Montrer que est égale à une constante notée . Relier le flux de nutriments collecté par la bactérie à sa consommation en nutriments et à son rayon .

Voir l'indice

Effectuer un bilan molaire stationnaire dans le volume délimité par deux sphères concentriques sans terme source extérieur, puis égaler le flux entrant à la consommation métabolique volumique intégrée sur la sphère bactérienne.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un bilan de matière en régime stationnaire dans une coquille sphérique du milieu extérieur située entre deux rayons quelconques r et r+\mathrm{d}r (ou de façon macroscopique entre r_1 et r_2) afin de montrer que le flux entrant à travers toute sphère de rayon r \ge R ne dépend pas de r.
  2. Appliquer le principe de conservation de la matière à la bactérie entière en régime stationnaire pour relier le flux entrant à la surface \Phi_0(R) à la consommation volumique \mathcal{A}.
Voir la réponse courte

Bilan de matière en régime stationnaire sans source externe : le flux à travers toute sphère est constant et compense la consommation \Phi_0 = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}.

Voir le corrigé complet

Considérons le milieu extérieur (r \ge R) compris entre deux sphères concentriques de rayons r_1 et r_2 (avec R \le r_1 < r_2). Ce volume ne comporte aucune source ni puits de matière.

D'après la définition du sujet, \Phi_0(r) désigne la quantité de matière entrant par unité de temps à travers la sphère de rayon r. Par conséquent :

  • le flux de matière entrant dans le volume à travers la surface externe de rayon r_2 est \Phi_0(r_2) ;
  • le flux de matière sortant de ce volume à travers la surface interne de rayon r_1 (entrant donc dans la sphère interne) est \Phi_0(r_1).

En régime stationnaire, la quantité totale de nutriments contenue dans ce volume est constante au cours du temps (\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}t} = 0), d'où le bilan :

\Phi_0(r_2) - \Phi_0(r_1) = 0 \iff \Phi_0(r_2) = \Phi_0(r_1)

Le flux entrant \Phi_0(r) est donc indépendant du rayon r pour tout r \ge R :

\boxed{\Phi_0(r) = \Phi_0 = \text{constante}}

Appliquons à présent un bilan global à la bactérie tout entière, assimilée à une sphère de rayon R et de volume :

V_{\text{bact}} = \frac{4}{3}\pi R^3

L'activité métabolique consomme une quantité de matière de nutriments par unité de volume et de temps égale à \mathcal{A}. La quantité de matière consommée par unité de temps dans l'ensemble de la bactérie est donc :

\dot{n}_{\text{cons}} = \mathcal{A} \, V_{\text{bact}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}

En régime stationnaire, le flux de matière absorbé à la surface membranaire de la bactérie \Phi_0(R) = \Phi_0 compense exactement cette consommation métabolique :

\boxed{\Phi_0 = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux diffusif, densité de courant

Relier à la norme de la densité molaire de courant et à .

Voir l'indice

Calculer le flux entrant à travers la sphère de rayon r en tenant compte de la normale entrante -\vec{e}_r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux molaire entrant \Phi_0 à travers la sphère de rayon r en tenant compte de l'orientation de la normale vers l'intérieur.
  2. Relier ce flux à la composante radiale j(r) et à la norme \|\vec{\jmath}(r)\|.
Voir la réponse courte

Intégration du flux sur la sphère de rayon r : \Phi_0 = 4\pi r^2 j(r) par symétrie sphérique.

Voir le corrigé complet

Par définition donnée par l'énoncé, le flux \Phi_0(r) = \Phi_0 correspond à la quantité de matière entrant par unité de temps à travers la sphère \mathcal{S}(r) de rayon r centrée sur la bactérie.

Le vecteur surface élémentaire orienté vers l'extérieur de la sphère étant \mathrm{d}^2\vec{S} = r^2\sin\varphi\,\mathrm{d}\varphi\,\mathrm{d}\theta\,\vec{e}_r, la normale rentrante est -\vec{e}_r. Le flux entrant s'écrit donc :

\Phi_0 = \iint_{\mathcal{S}(r)} \vec{\jmath}(\vec{r})\cdot(-\vec{e}_r)\,\mathrm{d}^2S

En utilisant l'expression \vec{\jmath}(\vec{r}) = j(r)\vec{e}_r établie à la question 2 :

\begin{aligned} \Phi_0 &= \iint_{\mathcal{S}(r)} \left(j(r)\vec{e}_r\right)\cdot(-\vec{e}_r)\,\mathrm{d}^2S \\ &= - j(r) \iint_{\mathcal{S}(r)} \mathrm{d}^2S \\ &= - 4\pi r^2 j(r) \end{aligned}

Les nutriments diffusant vers la bactérie (qui agit comme un puits), le courant molaire est centripète, soit j(r) < 0. La norme de la densité molaire de courant est ainsi :

\|\vec{\jmath}(r)\| = |j(r)| = -j(r)

On en déduit la relation reliant le flux \Phi_0 à la norme de la densité de courant et au rayon r :

\boxed{\Phi_0 = 4\pi r^2 \|\vec{\jmath}(r)\|}

ce qui correspond, en termes de la composante radiale algébrique j(r), à :

j(r) = -\frac{\Phi_0}{4\pi r^2}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de fick, profil de concentration

Déterminer le profil de concentration en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle séparable du premier ordre issue de la loi de Fick en imposant la condition aux limites à l'infini c(r \to \infty) = c_\infty.

Voir la stratégie
  1. Combiner l'expression de la densité de courant déduite de la loi de Fick établie à la question Q2 avec celle reliant j(r) au flux \Phi_0 obtenue à la question Q4.
  2. Intégrer l'équation différentielle du premier ordre ainsi obtenue en utilisant la condition aux limites à l'infini : c(r \to \infty) = c_\infty.
Voir la réponse courte

Intégration de \text{d}c/\text{d}r = \Phi_0/(4\pi D r^2) avec la condition limite c(\infty) = c_\infty pour trouver c(r) = c_\infty - \Phi_0/(4\pi D r).

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Fick projetée selon \vec{e}_r (question Q2) et l'expression issue de la conservation du flux de matière entrant \Phi_0 (question Q4), nous avons :

j(r) = - D \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Phi_0}{4\pi r^2}

On en déduit l'équation différentielle séparable vérifiée par le profil de concentration c(r) pour r \ge R :

\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r} = \frac{\Phi_0}{4\pi D r^2}

En intégrant entre une distance r quelconque et l'infini, où la concentration tend vers c_\infty :

\begin{aligned} \int_{c(r)}^{c_\infty} \mathrm{d}c &= \int_{r}^{+\infty} \frac{\Phi_0}{4\pi D {r'}^2} \, \mathrm{d}r' \\ c_\infty - c(r) &= \left[ -\frac{\Phi_0}{4\pi D r'} \right]_{r}^{+\infty} = \frac{\Phi_0}{4\pi D r} \end{aligned}

Il vient finalement :

\boxed{c(r) = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux diffusif, condition aux limites

Montrer qu'une bactérie de rayon donné ne peut pas collecter plus qu'une certaine quantité de nutriments par unité de temps, définissant ainsi une consommation maximale dont l'expression en fonction de , et est à déterminer.

Voir l'indice

Considérer la positivité impérative de la concentration à la surface bactérienne (c(R) \ge 0) pour borner supérieurement le flux collectable.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la concentration au niveau de la membrane (r = R) à l'aide du profil établi à la question 5.
  2. Imposer la condition physique de positivité de la concentration c(R) \ge 0 pour en déduire le flux maximal collectable \Phi_0^*.
  3. Relier ce flux maximal à la consommation volumique maximale \mathcal{A}^* grâce au bilan stationnaire de la question 3.
Voir la réponse courte

La concentration en r=R doit rester positive : c(R) \ge 0 \implies \mathcal{A}^* = 3D c_\infty / R^2.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression du profil de concentration obtenue à la question 5, la concentration au niveau de la paroi de la bactérie (r = R) s'écrit :

c(R) = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D R}

La concentration en nutriments étant une grandeur physique nécessairement positive ou nulle en tout point de l'espace, la condition c(R) \ge 0 impose une borne supérieure sur le flux collecté :

\Phi_0 \le 4\pi D R c_\infty

La quantité maximale de nutriments que la bactérie peut collecter par unité de temps est donc :

\Phi_0^* = 4\pi D R c_\infty

D'après le résultat de la question 3, le flux entrant \Phi_0 compense exactement la consommation métabolique volumique \mathcal{A} dans le volume de la bactérie :

\Phi_0 = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}

En injectant cette relation dans l'inégalité précédente, il vient :

\frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A} \le 4\pi D R c_\infty \iff \mathcal{A} \le \frac{3 D c_\infty}{R^2}

On en déduit l'expression de la consommation maximale admissible \mathcal{A}^* :

\boxed{\mathcal{A}^* = \frac{3 D c_\infty}{R^2}}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en BCPST1

Notions : ordre de grandeur, diffusion de particules

En utilisant les ordres de grandeur de la consommation volumique en glucose et du rayon d'une bactérie d'Escherichia Coli fournis en préambule du sujet, déterminer l'ordre de grandeur de concentration en glucose minimale dans le milieu pour qu'une bactérie puisse y survivre.

Voir l'indice

Poser la condition \mathcal{A} \le \mathcal{A}^* pour isoler la concentration minimale requise et faire l'application numérique.

Voir la stratégie

Pour qu'une bactérie puisse subvenir à ses besoins métaboliques par simple diffusion, sa consommation volumique de nutriments \mathcal{A} ne doit pas excéder la consommation maximale permise par la diffusion passive \mathcal{A}^* établie à la question précédente. Cette condition fournit directement la concentration minimale requise à l'infini c_{\infty,\mathrm{min}}.

Voir la réponse courte

Application numérique directe du critère c_\infty \ge \mathcal{A} R^2 / (3D) avec les données du préambule.

Voir le corrigé complet

D'après la question 6, le métabolisme de la bactérie impose :

\mathcal{A} \leqslant \mathcal{A}^* = \frac{3 D c_\infty}{R^2}

Pour que la bactérie puisse survivre, la concentration en nutriments loin de la membrane doit donc vérifier c_\infty \geqslant c_{\infty,\mathrm{min}}, avec :

\boxed{c_{\infty,\mathrm{min}} = \frac{\mathcal{A} R^2}{3 D}}

Les données du préambule fournissent :

  • \mathcal{A} = 10\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}\cdot\text{s}^{-1},
  • R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m},
  • D = 10^{-5}\text{ cm}^2\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-9}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

L'application numérique donne :

c_{\infty,\mathrm{min}} = \frac{10 \times (10^{-6})^2}{3 \times 10^{-9}} = \frac{10^{-2}}{3}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} \simeq 3 \times 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}

En conservant un seul chiffre significatif comme requis :

\boxed{c_{\infty,\mathrm{min}} \simeq 3 \times 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 3\,\mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}}

L'ordre de grandeur de la concentration minimale en glucose pour assurer la survie de la bactérie est donc de l'ordre du micromole par litre (\sim 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}).

Résultat

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I.B · Homogénéisation du milieu par les flagelles

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en BCPST1

Notions : profil de concentration, diffusion de particules

Déterminer le nouveau profil de concentration en nutriments dans la région de l'espace en fonction de , des paramètres géométriques et , ainsi que de , et . Représenter graphiquement le profil de concentration obtenu. On distinguera trois zones.

Voir l'indice

Résoudre l'équation de diffusion par morceaux en raccordant la continuité de la concentration c(r) en r = r_1 et r = r_2 avec un plateau uniforme c_0 dans la zone de mélange.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation de diffusion stationnaire pour r \ge r_2 et utiliser la condition aux limites c(r \to \infty) = c_\infty pour déterminer le profil et en déduire la valeur uniforme c_0 par continuité en r = r_2.
  2. Écrire le profil constant dans la zone intermédiaire r_1 \le r \le r_2.
  3. Résoudre l'équation de diffusion stationnaire dans la couche limite R \le r \le r_1 avec la condition de raccordement en r = r_1.
  4. Tracer l'allure de c(r) en mettant en évidence la continuité du profil et la comparaison avec le cas purement diffusif de la partie I.A.
Voir la réponse courte

Raccordement des profils en 1/r dans [R, r_1] et [r_2, \infty[ avec plateau de concentration uniforme entre r_1 et r_2.

Voir le corrigé complet

Le système étant en régime stationnaire sans puits ni source de nutriments en dehors de la bactérie (r \ge R), le flux entrant \Phi_0 à travers toute sphère de rayon r est constant et conservé.

Zone 3 : r \geqslant r_2 (diffusion pure dans le milieu lointain) La répartition des nutriments est uniquement contrôlée par la diffusion. D'après les résultats des questions 4 et 5 :

\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r} = \frac{\Phi_0}{4\pi D r^2}

En intégrant avec la condition aux limites c(r \to \infty) = c_\infty :

c(r) = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r} \quad (r \geqslant r_2)

Zone 2 : r_1 \leqslant r \leqslant r_2 (zone de mélange) L'écoulement induit par les flagelles assure une concentration uniforme c(r) = c_0. Par continuité de la concentration en l'absence de barrière imperméable à l'interface r = r_2, on a c_0 = c(r_2), soit :

c_0 = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r_2}

Ainsi, sur cet intervalle :

c(r) = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r_2} \quad (r_1 \leqslant r \leqslant r_2)

Zone 1 : R \leqslant r \leqslant r_1 (couche limite diffusive) Le transport est de nouveau purement diffusif, régi par \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}r} = \frac{\Phi_0}{4\pi D r^2}. Par intégration entre r et r_1 :

c(r_1) - c(r) = \int_r^{r_1} \frac{\Phi_0}{4\pi D {r'}^2} \, \mathrm{d}r' = \frac{\Phi_0}{4\pi D}\left(\frac{1}{r} - \frac{1}{r_1}\right)

Par continuité en r = r_1, c(r_1) = c_0 = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r_2}, ce qui donne :

c(r) = c_\infty - \frac{\Phi_0}{4\pi D r_2} - \frac{\Phi_0}{4\pi D}\left(\frac{1}{r} - \frac{1}{r_1}\right)

En résumé, le profil de concentration s'écrit :

\boxed{c(r) = \begin{cases} c_\infty - \dfrac{\Phi_0}{4\pi D}\left(\dfrac{1}{r} - \dfrac{1}{r_1} + \dfrac{1}{r_2}\right) & \text{si } R \leqslant r \leqslant r_1 \\[10pt] c_\infty - \dfrac{\Phi_0}{4\pi D r_2} & \text{si } r_1 \leqslant r \leqslant r_2 \\[10pt] c_\infty - \dfrac{\Phi_0}{4\pi D r} & \text{si } r \geqslant r_2 \end{cases}}

Représentation graphique

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux diffusif, bilan de matière

Déterminer la nouvelle consommation maximale pour une bactérie de taille en fonction de la consommation maximale de la précédente partie (I.A), , et .

Voir l'indice

Exprimer à nouveau la condition de non-négativité de la concentration au contact de la membrane (c(R) \ge 0) avec le nouveau profil.

Voir la stratégie
  1. La consommation maximale est atteinte lorsque la concentration en nutriments à la surface de la bactérie s'annule : c(R) = 0.
  2. À partir de l'expression de c(r) pour R \leqslant r \leqslant r_1 établie à la question précédente, on détermine le flux maximal collectable \Phi_{0,1}^*.
  3. On relie ce flux à la consommation volumique maximale \mathcal{A}_1^* et on l'exprime en fonction de \mathcal{A}^*, obtenue à la question 6.
Voir la réponse courte

Calcul de la consommation maximale en imposant c(R)=0 avec la zone brassée : expression de \mathcal{A}_1^* comparée à \mathcal{A}^*.

Voir le corrigé complet

Comme dans la partie I.A (question 6), la consommation maximale est limitée par la condition physique de positivité de la concentration partout dans le milieu. La fonction c(r) étant strictement croissante avec r, le minimum de concentration est atteint à la surface de la bactérie en r = R. La collecte maximale correspond donc à la condition limite :

c(R) = 0.

D'après l'expression établie à la question 8 dans la couche limite diffusive (R \leqslant r \leqslant r_1) :

c(R) = c_\infty - \frac{\Phi_{0,1}^*}{4\pi D}\left(\frac{1}{R} - \frac{1}{r_1} + \frac{1}{r_2}\right) = 0,

ce qui donne pour le flux maximal absorbé :

\Phi_{0,1}^* = \frac{4\pi D c_\infty}{\dfrac{1}{R} - \dfrac{1}{r_1} + \dfrac{1}{r_2}}.

La consommation volumique maximale \mathcal{A}_1^* est reliée à ce flux par la relation (établie à la question 3) :

\Phi_{0,1}^* = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}_1^* \implies \mathcal{A}_1^* = \frac{\Phi_{0,1}^*}{\frac{4}{3}\pi R^3} = \frac{3 D c_\infty}{R^3\left(\dfrac{1}{R} - \dfrac{1}{r_1} + \dfrac{1}{r_2}\right)}.

En factorisant par \dfrac{1}{R} au dénominateur et en reconnaissant l'expression de la consommation maximale sans brassage \mathcal{A}^* = \dfrac{3 D c_\infty}{R^2} (question 6), on obtient :

\boxed{\mathcal{A}_1^* = \frac{\mathcal{A}^*}{1 - \dfrac{R}{r_1} + \dfrac{R}{r_2}} = \frac{\mathcal{A}^*}{1 - R\left(\dfrac{1}{r_1} - \dfrac{1}{r_2}\right)}}.

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : temps caractéristique, analyse d'échelle

Estimer une grandeur caractéristique de en fonction de , et . On considèrera qu'il s'agit de la distance pour laquelle le temps typique de diffusion d'une molécule pour atteindre la bactérie est égal au temps nécessaire pour qu'une molécule transportée par l'écoulement couvre la même distance. Estimer alors l'augmentation relative de la consommation maximale de la bactérie en fonction de , et .

Voir l'indice

Égaler le temps caractéristique de diffusion pure sur une distance \delta = r_1 - R avec le temps de convection sur cette même distance.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps caractéristique de diffusion \tau_{\text{diff}} et le temps caractéristique de transport par convection \tau_{\text{conv}} sur la distance d = r_1 - R séparant la zone mélangée de la surface de la bactérie.
  2. Égaler ces deux temps caractéristiques selon la prescription de l'énoncé afin d'en déduire l'expression de r_1.
  3. Déterminer l'augmentation relative de la consommation maximale \dfrac{\Delta \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} = \dfrac{\mathcal{A}_1^* - \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} à l'aide du résultat de la question Q9.
Voir la réponse courte

Égalité des temps de diffusion et de convection r_1^2/D \sim r_1/\tilde{v}_{\text{mel}} d'où r_1 \sim D/\tilde{v}_{\text{mel}}, puis calcul du gain relatif.

Voir le corrigé complet

Une molécule située à la frontière r_1 de la zone de mélange se trouve à une distance d = r_1 - R de la membrane bactérienne.

  • Par diffusion, le temps caractéristique nécessaire pour parcourir cette distance d et atteindre la bactérie s'écrit d'après la loi d'Einstein :

    \tau_{\text{diff}} \sim \frac{d^2}{D} = \frac{(r_1 - R)^2}{D}.
  • Par transport convectif dû à l'écoulement de vitesse typique \tilde{v}_{\text{mel}}, le temps caractéristique pour franchir la même distance s'écrit :

    \tau_{\text{conv}} \sim \frac{d}{\tilde{v}_{\text{mel}}} = \frac{r_1 - R}{\tilde{v}_{\text{mel}}}.

À la frontière de la couche limite diffusive, ces deux échelles de temps sont du même ordre de grandeur :

\begin{aligned} \tau_{\text{diff}} \sim \tau_{\text{conv}} &\iff \frac{(r_1 - R)^2}{D} \sim \frac{r_1 - R}{\tilde{v}_{\text{mel}}} \\ &\iff r_1 - R \sim \frac{D}{\tilde{v}_{\text{mel}}}. \end{aligned}

On en déduit l'estimation de la coordonnée radiale r_1 :

\boxed{r_1 \sim R + \frac{D}{\tilde{v}_{\text{mel}}}}

D'après le résultat de la question Q9, la consommation maximale s'écrit :

\mathcal{A}_1^* = \frac{\mathcal{A}^*}{1 - \dfrac{R}{r_1} + \dfrac{R}{r_2}}.

L'augmentation relative de la consommation maximale de nutriments est donc donnée par :

\begin{aligned} \frac{\Delta \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} &= \frac{\mathcal{A}_1^* - \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} \\ &= \frac{1}{1 - \dfrac{R}{r_1} + \dfrac{R}{r_2}} - 1 \\ &= \frac{\dfrac{R}{r_1} - \dfrac{R}{r_2}}{1 - \dfrac{R}{r_1} + \dfrac{R}{r_2}}. \end{aligned}

Dans le cas d'une augmentation modérée de la consommation (\Delta \mathcal{A}^* \ll \mathcal{A}^*, c'est-à-dire \frac{R}{r_1} - \frac{R}{r_2} \ll 1), cette expression se simplifie au premier ordre sous la forme :

\boxed{\frac{\Delta \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} \approx \frac{R}{r_1} - \frac{R}{r_2}}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : ordre de grandeur, analyse critique

Déterminer un ordre de grandeur de la vitesse de mélange pour augmenter de 10

Voir l'indice

Exprimer la vitesse de mélange en fonction du gain relatif souhaité de 10% et comparer la valeur obtenue à la vitesse maximale physiquement réalisable par les flagelles.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon r_1 de la couche limite diffusive en fonction de l'augmentation relative de consommation souhaitée \frac{\Delta\mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} = 10\,\% = 0{,}10.
  2. Relier la vitesse de mélange \tilde{v}_{\text{mel}} à l'épaisseur de la couche limite \delta = r_1 - R via le résultat de la question précédente, puis réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif.
  3. Comparer la valeur obtenue à la vitesse maximale \tilde{v}_{\text{mel}}^{\text{M}} et conclure sur le rôle biologique des flagelles.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de la vitesse de mélange requise : elle est très supérieure à la vitesse maximale des flagelles, le gain est négligeable.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question 10, l'augmentation relative de la consommation maximale s'écrit :

\frac{\Delta \mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} = \frac{\frac{R}{r_1} - \frac{R}{r_2}}{1 - \frac{R}{r_1} + \frac{R}{r_2}} \approx \frac{R}{r_1} - \frac{R}{r_2}

La longueur des flagelles est \ell_{\text{f}} = 10\,\mu\text{m}, de sorte que le rayon extérieur de la zone de brassage vaut r_2 \sim \ell_{\text{f}} = 10\,\mu\text{m} (ou r_2 \sim R + \ell_{\text{f}} \approx 11\,\mu\text{m}). Avec R = 1\,\mu\text{m}, on a :

\frac{R}{r_2} \simeq \frac{1\,\mu\text{m}}{10\,\mu\text{m}} = 0{,}10

Pour une augmentation relative \frac{\Delta\mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} = 0{,}10, l'approximation au premier ordre conduit à :

\frac{R}{r_1} \simeq \frac{\Delta\mathcal{A}^*}{\mathcal{A}^*} + \frac{R}{r_2} \simeq 0{,}10 + 0{,}10 = 0{,}20 \implies r_1 \simeq \frac{R}{0{,}20} = 5\,\mu\text{m}

Remarque : La formule exacte donne \frac{R/r_1 - 0{,}10}{1 - (R/r_1 - 0{,}10)} = 0{,}10, soit \frac{R}{r_1} = 0{,}10 + \frac{0{,}10}{1{,}10} \simeq 0{,}19, ce qui conduit également à r_1 \simeq 5\,\mu\text{m}.

L'épaisseur de la couche limite diffusive associée est :

\delta = r_1 - R \simeq 5\,\mu\text{m} - 1\,\mu\text{m} = 4\,\mu\text{m}

D'après la relation établie en question 10, le temps de diffusion à travers cette couche limite compense le temps de transport par convection :

\delta \sim \frac{D}{\tilde{v}_{\text{mel}}} \implies \tilde{v}_{\text{mel}} \sim \frac{D}{\delta} = \frac{D}{r_1 - R}

Avec D = 10^{-5}\,\text{cm}^2\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-9}\,\text{m}^2\cdot\text{s}^{-1} et \delta \simeq 4\times 10^{-6}\,\text{m} :

\tilde{v}_{\text{mel}} \sim \frac{10^{-9}}{4\times 10^{-6}} = 2{,}5\times 10^{-4}\,\text{m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 3\times 10^2\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\tilde{v}_{\text{mel}} \sim 3\times 10^2\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

Commentaire : La vitesse nécessaire pour obtenir un gain de seulement 10\,\% est environ dix fois supérieure à la vitesse maximale que les flagelles peuvent engendrer (\tilde{v}_{\text{mel}}^{\text{M}} \simeq 30\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}).

Par conséquent, les flagelles ne permettent pas d'homogénéiser efficacement le milieu pour accroître l'absorption de nutriments. Le brassage local est inopérant à cette échelle microscopique où la diffusion passive domine largement. Le rôle biologique essentiel des flagelles n'est donc pas de mélanger le fluide environnant, mais d'assurer la propulsion de la bactérie vers de nouvelles zones plus riches en nutriments (nage et chimiotaxie).

Résultat

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Partie II : Modélisation de la nage de bactéries

II.A.a · Écoulements aux petites échelles

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : nombre de reynolds, régime d'écoulement

Définir le nombre de Reynolds et en donner une interprétation. On introduira une vitesse typique et une longueur typique . Estimer son ordre de grandeur et en déduire le régime d'écoulement pour la nage dans l'eau d'une bactérie puis d'un humain.

Voir l'indice

Former le quotient des ordres de grandeur des forces d'inertie volumiques et des forces visqueuses. Calculer la valeur numérique pour les deux ordres de grandeur d'échelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre de Reynolds à partir des caractéristiques du fluide (\rho, \eta) et de l'écoulement (\tilde{v}, \tilde{L}), puis l'interpréter physiquement comme le rapport d'ordres de grandeur entre termes d'inertie et termes visqueux.
  2. Proposer des valeurs typiques de vitesse et de taille pour une bactérie puis pour un être humain nageant dans l'eau.
  3. Calculer numériquement \mathrm{Re} dans chaque cas et en déduire le régime d'écoulement associé (visqueux/rampant ou inertiel/turbulent).
Voir la réponse courte

Définition \text{Re} = \rho \tilde{v} \tilde{L} / \eta comparant inertie et viscosité ; \text{Re} \ll 1 pour la bactérie (visqueux) et \text{Re} \gg 1 pour l'humain (turbulent).

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds \mathrm{Re} est un nombre sans dimension défini par :

\boxed{\mathrm{Re} = \frac{\rho \tilde{v} \tilde{L}}{\eta}}

où :

  • \rho est la masse volumique du fluide,
  • \eta sa viscosité dynamique,
  • \tilde{v} une vitesse caractéristique de l'écoulement,
  • \tilde{L} une dimension spatiale caractéristique.

Interprétation physique : Dans l'équation de Navier-Stokes, l'accélération convective s'évalue en ordre de grandeur selon \|\rho (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v}\| \sim \rho \frac{\tilde{v}^2}{\tilde{L}}, tandis que la résultante des forces de viscosité s'évalue selon \|\eta \Delta \vec{v}\| \sim \eta \frac{\tilde{v}}{\tilde{L}^2}. Le nombre de Reynolds quantifie donc le rapport de l'ordre de grandeur des forces d'inertie à celui des forces visqueuses :

\frac{\|\text{forces d'inertie volumiques}\|}{\|\text{forces visqueuses volumiques}\|} \sim \frac{\rho \tilde{v}^2 / \tilde{L}}{\eta \tilde{v} / \tilde{L}^2} = \frac{\rho \tilde{v} \tilde{L}}{\eta} = \mathrm{Re}

Nage d'une bactérie dans l'eau :

  • Taille caractéristique : \tilde{L} \sim R \sim 1\,\mu\mathrm{m} = 10^{-6}\text{ m} ;
  • Vitesse caractéristique : \tilde{v} \sim 10\text{ à }30\,\mu\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1} \sim 10^{-5}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} ;
  • Propriétés de l'eau : \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} et \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\mathrm{s}.

On obtient :

\mathrm{Re}_{\text{bactérie}} \sim \frac{10^3 \times 10^{-5} \times 10^{-6}}{10^{-3}} \sim 10^{-5}

Puisque \boxed{\mathrm{Re}_{\text{bactérie}} \ll 1}, le régime est celui de l'hydrodynamique à bas nombre de Reynolds (écoulement rampant ou régime de Stokes) : les forces visqueuses dominent totalement les effets d'inertie, qui sont rigoureusement négligeables.

Nage d'un humain dans l'eau :

  • Taille caractéristique : \tilde{L} \sim 1\text{ à }2\text{ m} ;
  • Vitesse caractéristique : \tilde{v} \sim 1\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1}.

On obtient :

\mathrm{Re}_{\text{humain}} \sim \frac{10^3 \times 1 \times 1}{10^{-3}} \sim 10^6

Puisque \boxed{\mathrm{Re}_{\text{humain}} \gg 1}, le régime est fortement inertiel et turbulent : les forces d'inertie l'emportent très largement sur les forces visqueuses à l'échelle du nageur.

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, équation de navier-stokes

Supposons que l'écoulement est à bas nombre de Reynolds. En raisonnant sur des grandeurs caractéristiques, montrer que le terme d'accélération convective est alors négligeable devant le terme de viscosité.

Voir l'indice

Évaluer l'ordre de grandeur du terme convectif \rho (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \sim \rho \tilde{v}^2 / \tilde{L} par rapport au terme visqueux \eta \Delta \vec{v} \sim \eta \tilde{v} / \tilde{L}^2.

Voir la stratégie

Pour comparer deux termes d'une équation aux dérivées partielles :

  1. on évalue l'ordre de grandeur de chaque terme à l'aide d'une échelle caractéristique de vitesse \tilde{v} et d'une échelle spatiale caractéristique \tilde{L} ;
  2. on forme le rapport sans dimension de ces deux grandeurs et on l'exprime en fonction du nombre de Reynolds \mathrm{Re} défini à la question 12.
Voir la réponse courte

Ordre de grandeur du rapport accélération convective sur viscosité : \sim \text{Re} \ll 1, le terme convectif est donc négligeable.

Voir le corrigé complet

Soient \tilde{v} une échelle caractéristique de vitesse de l'écoulement et \tilde{L} une échelle spatiale sur laquelle varie significativement la vitesse.

L'opérateur gradient appliqué à la vitesse fait intervenir des dérivées spatiales d'ordre un, soit :

\left\|\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,\vec{v}\right\| \sim \frac{\tilde{v}}{\tilde{L}}

Le terme d'accélération convective (terme inertiel non linéaire) a donc pour ordre de grandeur :

\left\|\rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v}\right\| \sim \rho \tilde{v} \frac{\tilde{v}}{\tilde{L}} = \frac{\rho \tilde{v}^2}{\tilde{L}}

L'opérateur Laplacien appliqué à la vitesse fait intervenir des dérivées spatiales d'ordre deux, soit :

\left\|\Delta\vec{v}\right\| \sim \frac{\tilde{v}}{\tilde{L}^2}

Le terme de force volumique visqueuse s'évalue ainsi comme :

\left\|\eta\Delta\vec{v}\right\| \sim \eta \frac{\tilde{v}}{\tilde{L}^2}

Formons alors le rapport des ordres de grandeur de ces deux termes :

\frac{\left\|\rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v}\right\|}{\left\|\eta\Delta\vec{v}\right\|} \sim \frac{\frac{\rho \tilde{v}^2}{\tilde{L}}}{\frac{\eta \tilde{v}}{\tilde{L}^2}} = \frac{\rho \tilde{v}\tilde{L}}{\eta} = \mathrm{Re}

Par hypothèse, l'écoulement se déroule à bas nombre de Reynolds (\mathrm{Re} \ll 1). On en déduit :

\boxed{\frac{\left\|\rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v}\right\|}{\left\|\eta\Delta\vec{v}\right\|} \sim \mathrm{Re} \ll 1}

Le terme d'accélération convective est donc bien négligeable devant le terme de viscosité.

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de navier-stokes, pression motrice

Considérons en outre que la seule force extérieure appliquée au fluide est la pesanteur, que l'écoulement est stationnaire et que le fluide est incompressible. On définit la coordonnée selon le vecteur unitaire ascendant , tel que . Montrer que l'équation du mouvement se réduit alors à l'équation de Stokes :

où est la pression tenant compte de la composante hydrostatique dont on déterminera l'expression en fonction de , , et .

Voir l'indice

Regrouper le terme de pesanteur -\rho g \vec{e}_{z'} avec le gradient de pression sous la forme d'un gradient unique d'une pression motrice p.

Voir la stratégie
  1. Annuler le membre de gauche de l'équation de Navier-Stokes en exploitant l'hypothèse de stationnarité et le résultat de la question Q13 sur le terme convectif à bas nombre de Reynolds.
  2. Exprimer la résultante volumique des forces de pesanteur \vec{f}_{\text{vol}} comme le gradient d'un champ scalaire.
  3. Rassembler les termes de gradient pour faire apparaître la pression motrice p.
Voir la réponse courte

Équation de Navier-Stokes stationnaire à bas Reynolds projetée avec la pesanteur absorbée dans la pression effective p = P + \rho g z'.

Voir le corrigé complet

Partons de l'équation de Navier-Stokes régissant l'écoulement incompressible du fluide :

\rho\left[\frac{\partial\vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v}\right] = \eta\Delta\vec{v} - \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P + \vec{f}_{\mathrm{vol}}.

Examinons chacun des termes selon les hypothèses fournies :

  • L'écoulement étant stationnaire, la dérivée temporelle locale est nulle : \dfrac{\partial\vec{v}}{\partial t} = \vec{0}.
  • À bas nombre de Reynolds (\mathrm{Re} \ll 1), d'après la question Q13, le terme d'accélération convective \rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v} est négligeable devant le terme visqueux \eta\Delta\vec{v}.
  • La seule force volumique extérieure appliquée au fluide est la pesanteur, soit \vec{f}_{\mathrm{vol}} = \rho\vec{g}.

Avec \vec{g} = -g\vec{e}_{z'} et le fait que la masse volumique \rho ainsi que g sont uniformes, nous pouvons écrire :

\vec{f}_{\mathrm{vol}} = -\rho g\vec{e}_{z'} = -\overrightarrow{\mathrm{grad}}(\rho g z').

L'équation de Navier-Stokes se réduit donc à :

\vec{0} = \eta\Delta\vec{v} - \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P - \overrightarrow{\mathrm{grad}}(\rho g z'),

soit encore :

\eta\Delta\vec{v} = \overrightarrow{\mathrm{grad}}(P + \rho g z').

On identifie cette relation à l'équation de Stokes :

\boxed{\eta\Delta\vec{v} = \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p}

avec l'expression de la pression motrice (ou pression modifiée) :

\boxed{p = P + \rho g z'}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement à bas reynolds, réversibilité

Pour se déplacer, un organisme génère un gradient de pression . Dans le cas où le mouvement est suffisamment lent, l'équation de Stokes (3) permet de déterminer le champ de vitesses résultant. Justifier que si l'on renverse le sens du gradient de pression, l'écoulement généré est inversé. En déduire que dans ce régime, une bactérie qui tenterait de nager par une suite de mouvements alternés périodiques resterait en moyenne sur place. On supposera que la composante hydrostatique de la pression est suffisamment faible pour que le mouvement agisse directement sur .

Voir l'indice

Invoquer la linéarité stricte de l'équation de Stokes stationnaire : renverser les forces motrices inverse rigoureusement le champ de vitesses, rendant nul le déplacement net sur un cycle de déformation réversible dans le temps.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la linéarité de l'équation de Stokes pour déterminer la réponse de l'écoulement à une inversion du gradient de pression.
  2. Analyser les propriétés de réversibilité temporelle d'un écoulement sans inertie pour en déduire le déplacement net au cours d'un cycle de mouvements alternés (théorème du coquillage de Purcell).
Voir la réponse courte

Linéarité et indépendance temporelle de l'équation de Stokes : réversibilité cinématique (théorème de Purcell) interdisant la propulsion par cycle symétrique.

Voir le corrigé complet

L'équation de Stokes régissant l'écoulement s'écrit (d'après la question Q14) :

\eta \Delta \vec{v} = \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p.

L'opérateur laplacien \Delta ainsi que le gradient sont des opérateurs différentiels spatiaux linéaires. Par conséquent, si le gradient de pression est inversé en -\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p, le champ de vitesses solution vérifie :

\eta \Delta (-\vec{v}) = -\eta \Delta \vec{v} = -\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p = \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,(-p).

Sous réserve de conditions aux limites également inversées (ou inchangées en géométrie), l'écoulement résultant est strictement inversé : \vec{v} \to -\vec{v}.

Considérons maintenant une bactérie effectuant un mouvement alterné périodique composé de deux phases :

  • une phase « aller » de durée \tau_1, durant laquelle elle génère un gradient \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p_1 conduisant à un champ de vitesse \vec{v}_1 et à un déplacement \Delta \vec{r}_1 = \int_0^{\tau_1} \vec{v}_1\,\mathrm{d}t ;
  • une phase « retour » de durée \tau_2, au cours de laquelle les mouvements musculaires ou déformations inverses génèrent le gradient de pression opposé \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p_2 = -\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,p_1, imposant instantanément la vitesse \vec{v}_2 = -\vec{v}_1.

L'équation de Stokes ne contenant aucune dérivée temporelle (régime quasi-stationnaire sans inertie), l'écoulement est instantanément déterminé par la configuration géométrique et les forces appliquées, indépendamment de la vitesse à laquelle le cycle est parcouru : la cinématique est réversible dans le temps.

Le déplacement net sur un cycle fermé de déformation s'annule donc exactement :

\Delta \vec{r}_{\text{cycle}} = \int_0^{\tau_1} \vec{v}_1\,\mathrm{d}t + \int_0^{\tau_2} \vec{v}_2\,\mathrm{d}t = \vec{0}.
\boxed{\text{Une bactérie effectuant des mouvements alternés réciproques fait du surplace en moyenne.}}

Résultat

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II.A.b · Chute d'une bille dans un écoulement à bas nombre de Reynolds

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : formule de stokes, nombre de reynolds

Rappeler les conditions d'application de la formule de Stokes.

Voir l'indice

Préciser le régime d'écoulement (nombre de Reynolds très faible), la géométrie (sphère indéformable), le fluide infini et l'absence de glissement à la paroi.

Voir la réponse courte

Écoulement stationnaire, incompressible, fluide newtonien infini et bas nombre de Reynolds (\text{Re} \ll 1) autour d'une sphère rigide.

Voir le corrigé complet

La formule de Stokes donnant la force de traînée fluide exercée sur une sphère, \vec{F}_{\mathrm{S}} = -6\pi\eta r_0\vec{V}, est valable sous les conditions suivantes :

  • Régime d'écoulement à très faible nombre de Reynolds (\mathrm{Re} \ll 1, écoulement dit rampant ou de Stokes) : les effets d'inertie du fluide sont totalement négligeables devant les effets visqueux ;
  • Propriétés du fluide : fluide newtonien, incompressible, homogène et de viscosité dynamique \eta constante ;
  • Milieu infini : le fluide est d'extension non bornée (les parois de l'enceinte sont suffisamment éloignées de la sphère pour que les effets de confinement soient négligeables) ;
  • Conditions aux limites à la surface : condition d'adhérence parfaite du fluide à la paroi de la sphère (vitesse relative fluide-sphère nulle au contact) ;
  • Géométrie du corps : la particule est une sphère rigide et indéformable, de surface lisse et isolée (pas d'interaction hydrodynamique avec d'autres sphères) ;
  • Régime quasi-stationnaire : le temps caractéristique d'évolution du mouvement de la sphère est grand devant le temps d'établissement visqueux de l'écoulement (\tau_{\mathrm{visq}} \sim \rho r_0^2/\eta).
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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : principe fondamental de la dynamique, poussée d'archimède

En supposant que l'expression statique de la poussée d'Archimède reste applicable dans ces conditions, établir l'équation différentielle vérifiée par la vitesse de la sphère.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la bille en projetant sur l'axe vertical ascendant en tenant compte du poids, de la poussée d'Archimède et de la traînée de Stokes.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système, le référentiel d'étude galiléen et les grandeurs associées (volume, masse).
  2. Effectuer le bilan des actions mécaniques extérieures s'exerçant sur la sphère : poids, poussée d'Archimède et force de traînée visqueuse de Stokes.
  3. Appliquer la deuxième loi de Newton pour obtenir l'équation différentielle vectorielle régissant la vitesse \vec{V}(t).
Voir la réponse courte

PFD appliqué à la bille soumise à son poids, la poussée d'Archimède et la force de traînée de Stokes -6\pi\eta r_0 \vec{V}.

Voir le corrigé complet

On étudie la sphère de rayon r_0 et de masse volumique \rho_0, soit de volume \mathcal{V} = \frac{4}{3}\pi r_0^3 et de masse :

m = \rho_0 \mathcal{V} = \frac{4}{3}\pi r_0^3 \rho_0

L'étude est menée dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R}(Ox'y'z'), supposé galiléen, au sein duquel le fluide est immobile au repos.

La sphère est soumise à trois forces :

  • son poids : \vec{P} = m\vec{g} = \rho_0 \mathcal{V}\vec{g} ;
  • la poussée d'Archimède, prise sous sa forme statique : \vec{\Pi} = -\rho \mathcal{V}\vec{g} ;
  • la force de frottement visqueux de Stokes : \vec{F}_{\mathrm{S}} = -6\pi\eta r_0 \vec{V}.

D'après la deuxième loi de Newton (principe fondamental de la dynamique) :

m \frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \vec{P} + \vec{\Pi} + \vec{F}_{\mathrm{S}} = (\rho_0 - \rho)\mathcal{V}\vec{g} - 6\pi\eta r_0 \vec{V}

En divisant par la masse m = \rho_0 \mathcal{V} = \frac{4}{3}\pi r_0^3 \rho_0, il vient :

\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} + \frac{6\pi\eta r_0}{\frac{4}{3}\pi r_0^3 \rho_0}\vec{V} = \frac{\rho_0 - \rho}{\rho_0}\vec{g}

Le terme d'amortissement se simplifie selon :

\frac{6\pi\eta r_0}{\frac{4}{3}\pi r_0^3 \rho_0} = \frac{9\eta}{2\rho_0 r_0^2}

L'équation différentielle vérifiée par la vitesse \vec{V} s'écrit donc :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} + \frac{9\eta}{2\rho_0 r_0^2}\vec{V} = \left(1 - \frac{\rho}{\rho_0}\right)\vec{g}}

ou, projetée sur l'axe vertical ascendant \vec{e}_{z'} avec \vec{g} = -g\vec{e}_{z'} :

\frac{\mathrm{d}V_{z'}}{\mathrm{d}t} + \frac{9\eta}{2\rho_0 r_0^2}V_{z'} = -\left(1 - \frac{\rho}{\rho_0}\right)g

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : vitesse limite, temps caractéristique

En déduire l'évolution de la vitesse en fonction du temps en supposant que la sphère est lâchée sans vitesse initiale. Montrer enfin que la sphère tombe dans la direction de la pesanteur et atteint une vitesse constante au bout d'un temps caractéristique. On exprimera et en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant issue du PFD.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle linéaire du premier ordre établie à la question précédente en tenant compte de la condition initiale \vec{V}(0) = \vec{0}.
  2. Identifier le temps caractéristique \tau et la vitesse limite stationnaire \vec{V}_\infty.
  3. Justifier la direction et le sens du mouvement, puis exprimer V_\infty et \tau.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation différentielle du premier ordre : V_\infty = \frac{2 r_0^2 (\rho_0 - \rho)g}{9\eta} et temps caractéristique \tau = \frac{2 \rho_0 r_0^2}{9\eta}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, l'équation différentielle vérifiée par le vecteur vitesse \vec{V}(t) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}\vec{V} = \left(1 - \frac{\rho}{\rho_0}\right)\vec{g}

en introduisant le temps caractéristique :

\boxed{\tau = \frac{2\rho_0 r_0^2}{9\eta}}

La solution générale de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants avec second membre constant est de la forme :

\vec{V}(t) = \vec{A}\,\mathrm{e}^{-t/\tau} + \vec{V}_\infty

où la solution particulière constante (la vitesse limite lorsque t \to \infty) vaut :

\vec{V}_\infty = \tau \left(1 - \frac{\rho}{\rho_0}\right)\vec{g} = \frac{2(\rho_0 - \rho) r_0^2}{9\eta}\,\vec{g}

La sphère étant lâchée sans vitesse initiale (\vec{V}(0) = \vec{0}), la constante d'intégration vaut \vec{A} = -\vec{V}_\infty, d'où :

\boxed{\vec{V}(t) = \vec{V}_\infty \left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right)}

Puisque \rho_0 \geqslant \rho, le facteur scalaire \frac{2(\rho_0 - \rho) r_0^2}{9\eta} est positif ou nul. Le vecteur vitesse \vec{V}(t) reste à tout instant colinéaire à \vec{g} et de même sens : la sphère tombe donc verticalement vers le bas, dans la direction et le sens de la pesanteur (\vec{g} = -g\vec{e}_{z'}).

Au bout de quelques temps caractéristiques \tau (par exemple pour t \gtrsim 3\tau à 5\%, ou t \gtrsim 5\tau à moins de 1\%), le terme exponentiel devient négligeable et la sphère atteint une vitesse constante \vec{V}_\infty, dont la norme vaut :

\boxed{V_\infty = \frac{2(\rho_0 - \rho) g r_0^2}{9\eta}}

Résultat

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse limite, nombre de reynolds

Pour cette question uniquement, on considère la chute d'une bille de silice de rayon et de masse volumique chutant dans de l'eau. Déterminer la vitesse stationnaire de chute ainsi que le temps typique après lequel elle est atteinte. Les hypothèses d'application de la loi de Stokes sont elles vérifiées ?

Voir l'indice

Calculer numériquement \tau et V_\infty, puis calculer a posteriori le nombre de Reynolds de la bille pour valider l'hypothèse d'écoulement rampant.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les expressions de la vitesse limite V_\infty et du temps caractéristique \tau établies à la question Q18, puis effectuer les applications numériques avec un seul chiffre significatif selon les consignes de l'énoncé.
  2. Évaluer le nombre de Reynolds associé au mouvement de la bille pour vérifier la validité du régime d'écoulement de Stokes, puis examiner les autres hypothèses d'application (milieu infini, continuité du fluide).
Voir la réponse courte

Calcul numérique de V_\infty et \tau, puis vérification que le nombre de Reynolds associé est bien très inférieur à 1.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q18, le temps caractéristique d'établissement du régime permanent et la norme de la vitesse stationnaire de sédimentation s'écrivent :

\tau = \frac{2\rho_0 r_0^2}{9\eta} \quad \text{et} \quad V_\infty = \frac{2(\rho_0 - \rho) g r_0^2}{9\eta} = \frac{\rho_0 - \rho}{\rho_0} g \tau.

1. Application numérique

Les données sont :

  • r_0 = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m} ;
  • \rho_0 = 2{,}6\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} = 2{,}6\times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} ;
  • g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (ou 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}).

Calculons le temps caractéristique \tau :

\begin{aligned} \tau &= \frac{2 \times 2{,}6\times 10^3 \times (10^{-6})^2}{9 \times 10^{-3}} = \frac{5{,}2}{9}\times 10^{-6}\text{ s} \simeq 0{,}58\times 10^{-6}\text{ s} \simeq 6\times 10^{-7}\text{ s}. \end{aligned}
\boxed{\tau \simeq 6\times 10^{-7}\text{ s}}

Calculons la vitesse stationnaire de chute V_\infty :

\begin{aligned} V_\infty &= \frac{2(2{,}6\times 10^3 - 10^3) \times 9{,}8 \times (10^{-6})^2}{9 \times 10^{-3}} = \frac{3{,}2 \times 9{,}8}{9}\times 10^{-6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 3{,}5\times 10^{-6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 4\times 10^{-6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. \end{aligned}
\boxed{V_\infty \simeq 4\times 10^{-6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 4\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

2. Vérification des hypothèses de la loi de Stokes

  • Écoulement à bas nombre de Reynolds : en choisissant comme longueur caractéristique le diamètre de la sphère L = 2r_0 = 2\,\mu\text{m} (ou son rayon), le nombre de Reynolds de l'écoulement s'écrit :

    \begin{aligned} \mathrm{Re} = \frac{\rho V_\infty (2r_0)}{\eta} = \frac{10^3 \times 3{,}5\times 10^{-6} \times 2\times 10^{-6}}{10^{-3}} \simeq 7\times 10^{-6} \ll 1. \end{aligned}

    La condition fondamentale d'un écoulement rampant (linéarité des équations de Stokes, termes d'inertie négligeables) est donc parfaitement vérifiée.

  • Hypothèse de milieu continu : la taille caractéristique des molécules d'eau est de l'ordre de 0{,}3\text{ nm} \ll r_0 = 1\,\mu\text{m} ; le liquide peut donc être traité comme un milieu continu (nombre de Knudsen négligeable).
  • Milieu non confiné (milieu infini) : dans un récipient macroscopique d'échelle millimétrique ou centimétrique, la distance aux parois est bien supérieure au micromètre (d \gg r_0), les effets de bord sont négligeables.
  • Sphère indéformable et adhérence aux parois : la silice est un matériau rigide et l'adhérence de l'eau sur une bille de silice est une excellente approximation.

Les hypothèses d'application de la formule de Stokes sont donc pleinement validées.

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : vitesse de sédimentation, ordre de grandeur

La masse volumique d'une bactérie est proche de celle de l'eau, de l'ordre de . On considère que l'on peut négliger les effets de la pesanteur lors d'une expérience si la bactérie a sédimenté sur une hauteur faible par rapport à celle de la zone d'observation. Déterminer un ordre de grandeur du temps d'observation au-delà duquel l'effet de la sédimentation devient observable pour une étude dans une cellule de microscopie d'épaisseur .

Voir l'indice

Calculer la vitesse de sédimentation bactérienne avec le très faible contraste de masse volumique, puis estimer la durée nécessaire pour parcourir une fraction mesurable de l'épaisseur de la cuve.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la bactérie par une sphère de rayon R = 1\,\mu\text{m} en chute dans l'eau et calculer sa vitesse limite de sédimentation V_\infty établie à la question Q18.
  2. Relier la hauteur de sédimentation au temps d'observation t_{\text{obs}} et à l'épaisseur de la cellule e_{\text{cell}}.
  3. Effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif et commenter le résultat au regard des durées typiques d'observation au microscope.
Voir la réponse courte

Calcul de la vitesse de sédimentation pour l'écart de masse volumique \Delta \rho, puis estimation du temps pour parcourir une fraction de e_{\text{cell}}.

Voir le corrigé complet

Comme établi à la question Q18, le temps caractéristique d'établissement de la vitesse limite est :

\tau = \frac{2\rho_0 R^2}{9\eta} \sim 10^{-7}\text{ s}

Ce régime transitoire étant instantané à l'échelle macroscopique, la bactérie sédimente à la vitesse constante V_\infty donnée par la formule de Stokes :

V_\infty = \frac{2(\rho_0 - \rho)g R^2}{9\eta}

Avec les données du sujet :

  • \rho_0 = 1{,}01\,\text{g}\cdot\text{cm}^{-3} = 1{,}01\times 10^3\,\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \rho = 10^3\,\text{kg}\cdot\text{m}^{-3}, d'où \rho_0 - \rho = 10\,\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\,\text{m} ;
  • \eta = 10^{-3}\,\text{Pa}\cdot\text{s} ;
  • g \simeq 9{,}8\,\text{m}\cdot\text{s}^{-2} \approx 10\,\text{m}\cdot\text{s}^{-2}.

On obtient une vitesse de chute stationnaire :

V_\infty = \frac{2 \times 10 \times 10 \times (10^{-6})^2}{9 \times 10^{-3}} \simeq 2\times 10^{-8}\,\text{m}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}02\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}

La sédimentation devient observable lorsque la distance parcourue verticalement h_{\text{sed}} = V_\infty t_{\text{obs}} n'est plus négligeable devant l'épaisseur e_{\text{cell}} de la cellule de microscopie, soit pour un temps typique :

t_{\text{obs}} \sim \frac{e_{\text{cell}}}{V_\infty}

Pour e_{\text{cell}} = 500\,\mu\text{m} = 5\times 10^{-4}\,\text{m} :

t_{\text{obs}} \sim \frac{5\times 10^{-4}}{2\times 10^{-8}} \simeq 2{,}5\times 10^4\,\text{s}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{t_{\text{obs}} \sim 2\times 10^4\text{ s} \quad (\sim 6\text{ h})}

Résultat

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II.A.c · Sédimentation d'un cylindre

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : symétrie axiale, force de traînée

Justifier que dans la base propre du cylindre associée au repère , la matrice n'a que deux coefficients différents, selon l'axe du cylindre et selon les deux axes orthogonaux et .

Voir l'indice

Utiliser les symétries de révolution du cylindre autour de son grand axe (GZ) : toute direction orthogonale à (GZ) est physiquement équivalente.

Voir la stratégie

Pour relier les composantes de la matrice de frottement [\lambda], on exploite les symétries géométriques du cylindre et l'isotropie du fluide :

  1. Identifier l'invariance par rotation autour de l'axe principal (GZ) ;
  2. En déduire l'équivalence physique de toutes les directions orthogonales à cet axe.
Voir la réponse courte

L'invariance par rotation autour de l'axe (GZ) rend les directions X et Y équivalentes, diagonalisant la matrice avec deux valeurs propres distinctes.

Voir le corrigé complet

Le cylindre possède une symétrie de révolution autour de son axe principal (GZ) : toute rotation d'angle quelconque autour de cet axe laisse la géométrie du cylindre invariante.

Le fluide étant isotrope, le comportement hydrodynamique est rigoureusement identique pour un déplacement dans n'importe quelle direction du plan (GXY) orthogonal à l'axe de révolution. Par conséquent, les axes (GX) et (GY) jouent des rôles parfaitement équivalents, ce qui impose :

\lambda_X = \lambda_Y = \lambda_\perp

En revanche, la direction longitudinale (GZ) est géométriquement et physiquement distincte des directions transverses, si bien que le coefficient de traînée selon cet axe, noté \lambda_Z = \lambda_\parallel, est a priori différent de \lambda_\perp.

La matrice [\lambda] dans la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) se réduit donc à deux coefficients indépendants :

\boxed{[\lambda] = \begin{pmatrix} \lambda_\perp & 0 & 0 \\ 0 & \lambda_\perp & 0 \\ 0 & 0 & \lambda_\parallel \end{pmatrix}}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : analyse dimensionnelle, frottement visqueux

Déterminer la dimension des coefficients de . Par analyse dimensionnelle, établir la dépendance de ces coefficients par rapport à et à un coefficient sans dimension près. On admettra que dans la limite d'un cylindre fin (), les coefficients sont indépendants de .

Voir l'indice

Identifier la dimension de [\lambda] comme une force divisée par une vitesse, puis utiliser le théorème \Pi ou une simple analyse dimensionnelle avec [\eta] et [\ell].

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation fondamentale reliant la force de frottement à la vitesse, \vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}, pour isoler la dimension des coefficients \lambda.
  2. Exprimer la dimension de la viscosité dynamique \eta à partir d'une relation connue (loi de Stokes par exemple).
  3. Chercher la combinaison sous forme de monôme \lambda \sim \eta^\alpha \ell^\beta et identifier les exposants par analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle : [\lambda] = \text{M}\cdot\text{T}^{-1} d'où une dépendance proportionnelle à \eta \ell.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (5), la force visqueuse est reliée à la vitesse par :

\vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}

Les dimensions d'une force et d'une vitesse sont respectivement :

\begin{aligned} [F_{\mathrm{v}}] &= \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2} \\ [V] &= \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} \end{aligned}

On en déduit la dimension des coefficients de la matrice [\lambda] :

[\lambda] = \frac{[F_{\mathrm{v}}]}{[V]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}}
\boxed{[\lambda] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}}

L'unité SI correspondante est le \mathrm{kg}\cdot\mathrm{s}^{-1} (ou \mathrm{N}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}^{-1} ou \mathrm{Pa}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}).

Recherchons maintenant la dépendance des coefficients de [\lambda] en fonction de la viscosité \eta et de la longueur \ell du cylindre. D'après la loi de Stokes (\vec{F}_{\mathrm{S}} = -6\pi\eta r_0\vec{V}), la viscosité dynamique \eta a pour dimension :

[\eta] = \frac{[F]}{[r_0][V]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}

La longueur \ell du cylindre a pour dimension [\ell] = \mathrm{L}.

En admettant que dans la limite d'un cylindre fin (R_0 \ll \ell), le frottement ne dépend pas de R_0, on cherche une relation sous la forme :

\lambda = C\,\eta^\alpha \ell^\beta

où C est une constante sans dimension. L'égalité dimensionnelle s'écrit :

[\lambda] = [\eta]^\alpha [\ell]^\beta \iff \mathrm{M}^1\mathrm{L}^0\mathrm{T}^{-1} = \left(\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}\right)^\alpha \mathrm{L}^\beta = \mathrm{M}^\alpha \mathrm{L}^{\beta - \alpha} \mathrm{T}^{-\alpha}

Par identification des exposants :

\begin{aligned} \text{sur }\mathrm{M} &: \alpha = 1 \\ \text{sur }\mathrm{T} &: -\alpha = -1 \implies \alpha = 1 \\ \text{sur }\mathrm{L} &: \beta - \alpha = 0 \implies \beta = \alpha = 1 \end{aligned}

Les coefficients de [\lambda] sont donc proportionnels au produit \eta \ell :

\boxed{\lambda = C\,\eta\,\ell}

où C est un préfacteur sans dimension (dépendant de l'orientation considérée).

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : principe fondamental de la dynamique, vitesse limite

Considérons que le cylindre est soumis à une force extérieure et nous supposons que l'angle reste constant. Établir le système d'équations différentielles vérifié par les composantes , et de la vitesse du cylindre par rapport au référentiel du laboratoire . En déduire l'expression des composantes de la vitesse du cylindre dans le repère en régime stationnaire en fonction de , , et .

Voir l'indice

Projeter la condition d'équilibre stationnaire \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\text{v}} = \vec{0} sur les axes propres du cylindre.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au cylindre de masse M dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R}, supposé galiléen.
  2. Projeter la relation sur les axes propres du repère lié au cylindre (GXYZ) en exploitant le fait que l'angle \psi est constant (pas de rotation du cylindre, donc la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) garde une orientation fixe dans \mathcal{R}).
  3. Résoudre pour le régime stationnaire (\mathrm{d}\vec{V}/\mathrm{d}t = \vec{0}) afin d'obtenir les composantes V_X, V_Y et V_Z.
Voir la réponse courte

Équilibre quasi-statique selon chaque axe propre du cylindre : projection de \vec{F}_{\text{ext}} et déduction de V_X, V_Y, V_Z.

Voir le corrigé complet

On étudie le cylindre, assimilé à un solide de masse M, dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R} supposé galiléen.

Le cylindre est soumis à deux forces :

  • la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, contenue par choix dans le plan (GXZ) et faisant un angle \psi avec l'axe (GZ) orienté par \vec{u} = \vec{e}_Z :

    \vec{F}_{\text{ext}} = F_{\text{ext}}\sin\psi\,\vec{e}_X + F_{\text{ext}}\cos\psi\,\vec{e}_Z
  • la force de frottement visqueux \vec{F}_{\mathrm{v}} = -[\lambda]\vec{V}, dont les composantes s'écrivent d'après le résultat de la question 21 :

    \vec{F}_{\mathrm{v}} = -\lambda_\perp V_X\,\vec{e}_X - \lambda_\perp V_Y\,\vec{e}_Y - \lambda_\parallel V_Z\,\vec{e}_Z

L'angle \psi restant constant au cours du temps, l'orientation de la base (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) est invariante par rapport à \mathcal{R}, de sorte que :

\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}V_X}{\mathrm{d}t}\vec{e}_X + \frac{\mathrm{d}V_Y}{\mathrm{d}t}\vec{e}_Y + \frac{\mathrm{d}V_Z}{\mathrm{d}t}\vec{e}_Z

D'après le principe fondamental de la dynamique appliqué au centre d'inertie G :

M \frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\mathrm{v}}

La projection sur les trois axes du repère (GXYZ) donne le système d'équations différentielles :

\boxed{\left\{ \begin{aligned} M \frac{\mathrm{d}V_X}{\mathrm{d}t} + \lambda_\perp V_X &= F_{\text{ext}}\sin\psi \\[2mm] M \frac{\mathrm{d}V_Y}{\mathrm{d}t} + \lambda_\perp V_Y &= 0 \\[2mm] M \frac{\mathrm{d}V_Z}{\mathrm{d}t} + \lambda_\parallel V_Z &= F_{\text{ext}}\cos\psi \end{aligned} \right.}

En régime stationnaire, les dérivées temporelles sont nulles (\frac{\mathrm{d}\vec{V}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}). Les composantes de la vitesse s'en déduisent immédiatement :

\boxed{V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp} \quad ; \quad V_Y = 0 \quad ; \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cinématique du point, projection vectorielle

Déterminer l'angle que forme la vitesse de sédimentation avec le grand axe du cylindre en fonction de , et . En considérant que , déterminer dans quels cas particuliers le cylindre chute dans la direction de la force extérieure.

Voir l'indice

Exprimer \tan\alpha = V_X / V_Z à l'aide des résultats précédents et rechercher les angles d'annulation de l'écart angulaire avec la force.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \tan\alpha à partir des composantes V_X et V_Z de la vitesse dans le repère (GXYZ) établies à la question Q23.
  2. Traduire la condition pour que la vitesse de chute soit colinéaire à la force extérieure (\vec{V} \parallel \vec{F}_{\text{ext}}) et en déduire les orientations particulières du cylindre.
Voir la réponse courte

Calcul de \tan\alpha = (\lambda_\parallel/\lambda_\perp)\tan\psi ; le cylindre chute selon la force si \psi = 0 ou \psi = \pi/2.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 3(b), la vitesse \vec{V} se trouve dans le plan (GXZ), de composantes V_X et V_Z. L'angle \alpha que forme \vec{V} avec l'axe (GZ) orienté par le vecteur unitaire \vec{u} vérifie donc :

\tan\alpha = \frac{V_X}{V_Z}

En utilisant les expressions obtenues à la question Q23 :

V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp} \quad \text{et} \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}

on obtient directement :

\tan\alpha = \frac{\lambda_\parallel}{\lambda_\perp}\tan\psi

soit, pour \psi \in [0, \pi/2[ :

\boxed{\alpha = \arctan\left(\frac{\lambda_\parallel}{\lambda_\perp}\tan\psi\right)}

Le cylindre chute dans la direction de la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}} si et seulement si les vecteurs \vec{V} et \vec{F}_{\text{ext}} sont colinéaires, c'est-à-dire si leur produit vectoriel est nul :

\begin{aligned} \vec{V} \wedge \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0} &\iff V_X F_{\text{ext}, Z} - V_Z F_{\text{ext}, X} = 0 \\ &\iff \left(\frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp}\right)(F_{\text{ext}}\cos\psi) - \left(\frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}\right)(F_{\text{ext}}\sin\psi) = 0 \\ &\iff F_{\text{ext}}^2 \sin\psi\cos\psi \left(\frac{1}{\lambda_\perp} - \frac{1}{\lambda_\parallel}\right) = 0 \\ &\iff \frac{1}{2}F_{\text{ext}}^2 \sin(2\psi) \left(\frac{1}{\lambda_\perp} - \frac{1}{\lambda_\parallel}\right) = 0 \end{aligned}

Comme par hypothèse \lambda_\perp \neq \lambda_\parallel et F_{\text{ext}} \neq 0, cette condition équivaut à :

\sin(2\psi) = 0 \iff \sin\psi\cos\psi = 0

Pour \psi \in [0, \pi], cela correspond à deux cas particuliers :

  • Cylindre vertical (\psi = 0 ou \psi = \pi) : l'axe du cylindre est aligné avec la force extérieure (\vec{u} \parallel \vec{F}_{\text{ext}}). On a alors V_X = 0, et la vitesse est purement longitudinale selon (GZ) (\alpha = 0 ou \pi).
  • Cylindre horizontal (\psi = \frac{\pi}{2}) : l'axe du cylindre est perpendiculaire à la force extérieure (\vec{u} \perp \vec{F}_{\text{ext}}). On a alors V_Z = 0, et la vitesse est purement transverse selon (GX) (\alpha = \frac{\pi}{2}).

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : frottement visqueux, vitesse limite

Notons la vitesse de sédimentation d'un cylindre vertical (c'est-à-dire dont l'axe est parallèle à ) et celle d'un cylindre horizontal (c'est-à-dire dont l'axe est perpendiculaire à ). Expérimentalement, on observe que . En déduire la relation entre et .

Voir l'indice

Identifier les expressions des vitesses terminales respectives le long des directions propre longitudinale et transverse.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les normes des vitesses de sédimentation V_\parallel et V_\perp à partir des composantes de la vitesse stationnaire établies à la question 23, en identifiant les valeurs correspondantes de l'angle \psi.
  2. Exploiter la relation expérimentale V_\parallel = 2V_\perp pour en déduire le lien entre les coefficients de frottement visqueux transverse \lambda_\perp et longitudinal \lambda_\parallel.
Voir la réponse courte

À force égale, V_\parallel / V_\perp = \lambda_\perp / \lambda_\parallel = 2, ce qui donne \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

Voir le corrigé complet

D'après la question 23, les composantes de la vitesse du cylindre dans son repère propre (GXYZ) en régime stationnaire s'écrivent :

V_X = \frac{F_{\text{ext}}\sin\psi}{\lambda_\perp}, \quad V_Y = 0, \quad V_Z = \frac{F_{\text{ext}}\cos\psi}{\lambda_\parallel}.

Examinons les deux configurations géométriques limites :

  • Cylindre vertical : l'axe \vec{u} du cylindre est colinéaire à la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, ce qui correspond à \psi = 0. La vitesse de sédimentation est purement longitudinale (selon (GZ)) et sa norme vaut :

    V_\parallel = |V_Z(\psi = 0)| = \frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\parallel}.
  • Cylindre horizontal : l'axe \vec{u} est orthogonal à la force extérieure \vec{F}_{\text{ext}}, ce qui correspond à \psi = \pi/2. La vitesse de sédimentation est purement transverse (selon (GX)) et sa norme vaut :

    V_\perp = |V_X(\psi = \pi/2)| = \frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\perp}.

La relation expérimentale V_\parallel = 2 V_\perp s'écrit alors :

\frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\parallel} = 2\,\frac{F_{\text{ext}}}{\lambda_\perp}.

On en déduit immédiatement la relation liant les deux coefficients de traînée visqueuse :

\boxed{\lambda_\perp = 2\lambda_\parallel}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de traînée, calcul vectoriel

À partir de l'équation (5) et en utilisant les résultats des questions 21 et 25, vérifier que la force visqueuse exercée sur le cylindre peut s'écrire sous la forme suivante :

Proposer une interprétation graphique des termes du second membre de cette équation.

Voir l'indice

Décomposer le vecteur vitesse sous la forme \vec{V} = (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} + \vec{V}_\perp et substituer le rapport \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de frottement dans le repère propre (GXYZ) à l'aide des relations obtenues aux questions précédentes : \lambda_X = \lambda_Y = \lambda_\perp (question Q21) et \lambda_\perp = 2\lambda_\parallel (question Q25).
  2. Identifier la projection orthogonale de la vitesse \vec{V} sur l'axe du cylindre \vec{u} = \vec{e}_Z ainsi que sa composante transverse orthogonale à \vec{u} pour passer à une écriture vectorielle intrinsèque indépendante de la base.
  3. Analyser graphiquement chaque terme vectoriel intervenant dans la somme.
Voir la réponse courte

Décomposition vectorielle de \vec{V} en composantes parallèle et perpendiculaire à \vec{u}, puis réécriture intrinsèque de la force.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la matrice de frottement visqueux s'écrit dans la base propre (\vec{e}_X, \vec{e}_Y, \vec{e}_Z) :

[\lambda] = \begin{pmatrix} \lambda_\perp & 0 & 0 \\ 0 & \lambda_\perp & 0 \\ 0 & 0 & \lambda_\parallel \end{pmatrix}.

De plus, d'après la question Q25, on a la relation entre coefficients :

\lambda_\perp = 2\lambda_\parallel.

L'expression matricielle (5) de la force visqueuse \vec{F}_{\text{v}} donne alors :

\vec{F}_{\text{v}} = - \left( \lambda_\perp V_X \vec{e}_X + \lambda_\perp V_Y \vec{e}_Y + \lambda_\parallel V_Z \vec{e}_Z \right) = - \lambda_\parallel \left[ 2(V_X \vec{e}_X + V_Y \vec{e}_Y) + V_Z \vec{e}_Z \right].

L'axe du cylindre étant orienté par le vecteur unitaire \vec{u} = \vec{e}_Z, la composante de la vitesse parallèle à l'axe s'écrit sous forme de projection orthogonale :

\vec{V}_\parallel = V_Z \vec{e}_Z = (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}.

La composante de la vitesse perpendiculaire à l'axe s'obtient par soustraction :

\vec{V}_\perp = V_X \vec{e}_X + V_Y \vec{e}_Y = \vec{V} - \vec{V}_\parallel = \vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}.

En réinjectant ces expressions dans l'écriture de \vec{F}_{\text{v}}, il vient :

\begin{aligned} \vec{F}_{\text{v}} &= -\lambda_\parallel \left[ 2\vec{V}_\perp + \vec{V}_\parallel \right] \\ &= -\lambda_\parallel \left[ 2\left(\vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u}\right) + (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u} \right] \\ &= -\lambda_\parallel \left[ 2\vec{V} - (\vec{V} \cdot \vec{u})\vec{u} \right]. \end{aligned}

On retrouve bien la relation demandée :

\boxed{\vec{F}_{\text{v}} = -\lambda_\parallel \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]}

Interprétation graphique des termes :

  • (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} = \vec{V}_\parallel représente la projection orthogonale du vecteur vitesse \vec{V} sur l'axe du cylindre dirigé par \vec{u}.
  • Le terme entre crochets peut se réécrire comme :

    2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u} = \vec{V} + \left[\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right] = \vec{V} + \vec{V}_\perp = 2\vec{V}_\perp + \vec{V}_\parallel.

    Il correspond graphiquement à la somme du vecteur vitesse \vec{V} et de sa composante transverse \vec{V}_\perp, ou de manière équivalente, à la somme vectorielle de la composante longitudinale \vec{V}_\parallel et du double de la composante transverse 2\vec{V}_\perp.

Le vecteur force visqueuse \vec{F}_{\text{v}} est colinéaire et opposé à ce vecteur rouge, amplifié par le coefficient \lambda_\parallel.

Résultat

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II.B · Propulsion d'une bactérie : étude de la dynamique d'un flagelle

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : hélice circulaire, paramétrage d'une courbe

Déterminer les bornes de variation de l'angle pour décrire la totalité de l'hélice (depuis l'extrémité F du flagelle jusqu'à son point d'attache sur la membrane de la bactérie).

Voir l'indice

Déterminer le nombre de tours complets à partir de la longueur axiale \ell_{\text{f}} et du pas \Lambda = 2\pi h.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la cote z d'un point de l'hélice en fonction de l'angle \theta à partir de l'équation de l'hélice donnée dans l'énoncé.
  2. Identifier la cote de l'extrémité libre \mathrm{F} et celle du point d'attache sur la membrane bactérienne grâce à la longueur projetée \ell_{\mathrm{f}}.
  3. En déduire l'intervalle de variation de la coordonnée angulaire \theta.
Voir la réponse courte

Paramétrage de la longueur d'arc : \theta varie de 0 à \theta_{\text{max}} = \ell_{\text{f}} / \sqrt{a^2 + h^2}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (7), la position d'un point \mathrm{M} du flagelle par rapport à l'extrémité libre \mathrm{F} est donnée en coordonnées cylindriques par :

\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) = a\,\vec{e}_{\rho} + h\theta\,\vec{e}_z

La cote du point \mathrm{M} le long de l'axe (\mathrm{F}z) est donc :

z(\theta) = h\theta = \frac{\Lambda}{2\pi}\theta
  • À l'extrémité libre \mathrm{F}, l'hélice débute en z = 0, ce qui correspond à la borne inférieure :

    \theta_{\min} = 0
  • Au point d'attache sur la membrane de la bactérie, la projection de l'hélice sur l'axe (\mathrm{F}z) correspond à la longueur projetée totale \ell_{\mathrm{f}}, soit z = \ell_{\mathrm{f}}. La borne supérieure \theta_{\max} vérifie donc :

    \ell_{\mathrm{f}} = h\,\theta_{\max} \iff \theta_{\max} = \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h} = \frac{2\pi \ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda}

L'angle \theta varie donc dans le domaine :

\boxed{\theta \in \left[0 \,;\, \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\right] = \left[0 \,;\, \frac{2\pi \ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda}\right]}

En notant N = \frac{\ell_{\mathrm{f}}}{\Lambda} le nombre (entier) de spires du flagelle, la borne supérieure s'écrit également \theta_{\max} = 2\pi N.

Application numérique : Avec \ell_{\mathrm{f}} = 10\;\mu\mathrm{m} et h = 0{,}1\;\mu\mathrm{m}, on obtient :

\theta_{\max} = \frac{10\;\mu\mathrm{m}}{0{,}1\;\mu\mathrm{m}} = 100\text{ rad} \quad (\text{soit } N = \frac{100}{2\pi} \approx 16\text{ tours})

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : cinématique du point, nombre de reynolds

En supposant que le fluide reste immobile lors de la rotation de l'hélice (de façon imagée, l'hélice « se visse » dans le fluide sans le mettre en mouvement), la vitesse de translation de la bactérie selon l'axe du flagelle est directement reliée à la vitesse de rotation du flagelle. Exprimer, en fonction de et , la vitesse de la bactérie dans ce cas et vérifier que la valeur correspondante du nombre de Reynolds est faible.

Voir l'indice

Utiliser la cinématique d'un pas de vis : une rotation de 2\pi avance d'un pas \Lambda. Vérifier ensuite que le nombre de Reynolds reste très inférieur à 1.

Voir la stratégie
  1. Associer la rotation de l'hélice à son avancée axiale : à chaque tour complet (\Delta \theta = 2\pi), l'hélice progresse d'une distance égale à son pas \Lambda.
  2. En déduire la vitesse maximale de translation V_{\max} à partir de la pulsation de rotation \Omega.
  3. Évaluer le nombre de Reynolds correspondant avec les dimensions caractéristiques de la bactérie pour confirmer la validité du régime d'écoulement visqueux.
Voir la réponse courte

Vitesse sans glissement V_{\text{max}} = h\Omega et vérification que \text{Re} \ll 1 pour cette vitesse.

Voir le corrigé complet

Lorsqu'un pas de vis parfait tourne sans glissement dans un milieu immobile, chaque révolution complète correspond à une variation angulaire \Delta \theta = 2\pi effectuée pendant une période T = \frac{2\pi}{\Omega}. Durant cet intervalle de temps, l'hélice avance le long de son axe d'une distance égale à son pas \Lambda = 2\pi h.

La vitesse de translation maximale de la bactérie selon l'axe du flagelle est donc :

V_{\max} = \frac{\Lambda}{T} = \frac{\Lambda \Omega}{2\pi} = h\Omega
\boxed{V_{\max} = \frac{\Lambda \Omega}{2\pi} = h\Omega}

Effectuons l'application numérique avec les données du sujet (h = 0{,}1\,\mu\mathrm{m} = 10^{-7}\text{ m} et \Omega = 7{,}0 \times 10^2\text{ rad}\cdot\mathrm{s}^{-1}) :

V_{\max} = 10^{-7} \times 7{,}0 \times 10^2 = 7 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} = 70\,\mu\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1}

D'après la définition du nombre de Reynolds établie à la question 12 :

\mathrm{Re} = \frac{\rho V_{\max} \tilde{L}}{\eta}

En choisissant comme dimension caractéristique la taille du corps de la bactérie \tilde{L} \sim R = 1\,\mu\mathrm{m} = 10^{-6}\text{ m} (ou celle du flagelle \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\mathrm{m}), avec \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} et \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\mathrm{s} :

\mathrm{Re} = \frac{10^3 \times (7 \times 10^{-5}) \times 10^{-6}}{10^{-3}} \simeq 7 \times 10^{-5}

Même en prenant la plus grande dimension \tilde{L} = \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\mathrm{m}, on obtient \mathrm{Re} \simeq 7 \times 10^{-4} \ll 1.

\boxed{\mathrm{Re} \sim 10^{-4} \ll 1}

Le nombre de Reynolds est bien très faible devant 1, ce qui confirme que la nage s'effectue strictement dans le régime d'écoulement de Stokes.

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point, repère de frenet

Considérons un tronçon élémentaire de l'hélice délimité par les angles et , représenté dans l'agrandissement de la figure 4 et dont le centre est repéré par . Nous assimilons cet élément à un cylindre de longueur , choisie grande devant son rayon. Exprimer le vecteur directeur unitaire tangent à ce brin d'hélice, que l'on choisit comme parallèle au vecteur .

Voir l'indice

Dériver l'expression paramétrique de la position par rapport à \theta, puis normer le vecteur obtenu.

Voir la stratégie
  1. Dériver le vecteur position \overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) par rapport à la variable \theta en utilisant la dérivée du vecteur de base cylindrique \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} = \vec{e}_\theta.
  2. Calculer la norme du vecteur dérivé pour en déduire le vecteur unitaire \vec{u}(\theta) lui étant colinéaire et de même sens.
Voir la réponse courte

Dérivation du vecteur position par rapport à \theta puis normalisation pour obtenir le vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (7), le point courant M(\theta) de l'hélice est repéré par :

\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta) = a\,\vec{e}_\rho + h\theta\,\vec{e}_z

Le rayon de l'hélice a et le pas réduit h sont constants. En dérivant par rapport à \theta, et en utilisant la relation (1) rappelée dans le formulaire, \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} = \vec{e}_\theta, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta} = a\frac{\mathrm{d}\vec{e}_\rho}{\mathrm{d}\theta} + h\,\vec{e}_z = a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z

Les vecteurs \vec{e}_\theta et \vec{e}_z formant deux vecteurs d'une base orthonormée, la norme de ce vecteur dérivé vaut :

\left\|\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}\right\| = \sqrt{a^2 + h^2}

Le vecteur unitaire \vec{u}(\theta) tangent à l'hélice et orienté dans le sens des \theta croissants s'obtient par normalisation :

\vec{u}(\theta) = \frac{\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}}{\left\|\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{FM}}(\theta)}{\mathrm{d}\theta}\right\|}

soit finalement :

\boxed{\vec{u}(\theta) = \frac{a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z}{\sqrt{a^2 + h^2}}}

Résultat

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de traînée, intégrale curviligne

En utilisant l'expression (6), exprimer la force visqueuse infinitésimale s'exerçant sur le tronçon repéré par lorsque l'hélice est en rotation. En déduire que la force exercée sur la totalité de l'hélice se met sous la forme

où est un facteur numérique positif sans dimension que l'on déterminera. Nous constatons ainsi que la résultante des forces visqueuses propulse la bactérie selon l'axe du flagelle.

Voir l'indice

Calculer le produit scalaire \vec{V}_\perp \cdot \vec{u} pour un élément d'hélice, injecter dans l'expression de la force visqueuse et intégrer sur l'intervalle de variation de \theta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de traînée longitudinal élémentaire \mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell pour le tronçon de longueur \mathrm{d}\ell.
  2. Calculer le vecteur 2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} à partir de \vec{V}_\perp = a\Omega\vec{e}_\theta et de l'expression de \vec{u} établie à la question Q29, afin d'obtenir la force élémentaire \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta).
  3. Intégrer sur l'hélice entière pour \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] en remarquant que l'intégrale de \vec{e}_\theta sur un nombre entier de spires s'annule par périodicité.
Voir la réponse courte

Calcul de la vitesse locale de rotation \vec{V} = a\Omega\vec{e}_\theta, projection dans la formule de frottement et intégration sur \theta.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé de la sous-partie II.A.c, pour un cylindre de longueur \mathrm{d}\ell, le coefficient de frottement longitudinal s'écrit :

\mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta.

Chaque élément d'hélice étant animé d'une vitesse de rotation pure \vec{V}_\perp = a\Omega\vec{e}_\theta, et le vecteur unitaire tangent étant \vec{u} = \frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}} (question Q29), nous calculons la projection :

\vec{V}_\perp \cdot \vec{u} = \frac{a^2\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}.

Il vient alors :

\begin{aligned} (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} &= \frac{a^2\Omega}{a^2+h^2}\left(a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z\right), \\ 2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u} &= \left(2a\Omega - \frac{a^3\Omega}{a^2+h^2}\right)\vec{e}_\theta - \frac{a^2 h \Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_z \\ &= \frac{a(a^2+2h^2)\Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta - \frac{a^2 h \Omega}{a^2+h^2}\vec{e}_z. \end{aligned}

D'après la relation (6) appliquée au tronçon élémentaire, la force visqueuse infinitésimale s'exerçant sur ce dernier est :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta) = -\mathrm{d}\lambda_\parallel \left[2\vec{V}_\perp - (\vec{V}_\perp \cdot \vec{u})\vec{u}\right],

soit :

\boxed{\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta) = -4\pi\eta\,\frac{a(a^2+2h^2)\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_\theta\,\mathrm{d}\theta + 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z\,\mathrm{d}\theta}

Pour obtenir la force totale exercée par le fluide sur l'ensemble de l'hélice, on intègre cette force élémentaire sur la plage de variation de \theta allant de 0 à \theta_{\max} = \ell_{\mathrm{f}}/h = 2\pi N (avec N \in \mathbb{N}^*, d'après la question Q27) :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = \int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v},\perp}(\theta).

Puisque le vecteur de la base cylindrique s'exprime dans la base cartésienne fixe par \vec{e}_\theta(\theta) = -\sin\theta\vec{e}_x + \cos\theta\vec{e}_y, son intégrale sur un nombre entier de périodes s'annule :

\int_0^{2\pi N} \vec{e}_\theta(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}.

Seule subsiste la composante axiale selon \vec{e}_z, indépendante de \theta :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\left(\int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h}\mathrm{d}\theta\right)\vec{e}_z = 4\pi\eta\,\frac{a^2 h\Omega}{\sqrt{a^2+h^2}}\,\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\vec{e}_z.

Le facteur h se simplifie, ce qui conduit bien à la forme annoncée :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} = 4\pi \frac{a^2\eta\Omega\ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z.

On identifie donc le préfacteur numérique :

\boxed{K = 4\pi}

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de traînée, formule de stokes

Par une démarche similaire à celle adoptée dans la question 30, déterminer l'expression de la force visqueuse s'exerçant sur le flagelle et engendrée par le mouvement de translation en fonction de , , , et . Montrer que pour les dimensions d'une bactérie, cette force de frottement visqueux domine la force de Stokes s'exerçant sur le corps sphérique de la bactérie, se déplaçant à la même vitesse.

Voir l'indice

Reprendre la formule vectorielle de frottement de l'élément avec une vitesse de translation pure \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z, intégrer sur l'hélice, puis comparer numériquement avec la formule de traînée d'une sphère.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la relation (6) établie à la question 26 pour une vitesse de translation pure \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z appliquée à un élément infinitésimal du flagelle.
  2. Calculer le produit scalaire \vec{V}_\parallel \cdot \vec{u} à l'aide du vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta) déterminé en Q29.
  3. Intégrer la force élémentaire sur l'ensemble de l'hélice (\theta \in [0, \ell_{\text{f}}/h]) en exploitant l'annulation de l'intégrale du vecteur \vec{e}_\theta sur un nombre entier de spires.
  4. Comparer l'intensité de cette force à la force de frottement de Stokes \vec{F}_{\text{S}} subie par le corps de la bactérie.
Voir la réponse courte

Calcul analogue avec \vec{V} = V\vec{e}_z le long de l'hélice, puis comparaison du coefficient effectif à 6\pi\eta R.

Voir le corrigé complet

Considérons le tronçon d'hélice élémentaire délimité par \theta et \theta + \mathrm{d}\theta, de longueur \mathrm{d}\ell = \sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta. D'après les résultats des questions 22 et 26, le coefficient de frottement visqueux longitudinal associé à cet élément vaut :

\mathrm{d}\lambda_\parallel = 4\pi \eta\,\mathrm{d}\ell = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta.

Le flagelle étant animé d'une vitesse de translation uniforme \vec{V}_\parallel = V\vec{e}_z, la force visqueuse élémentaire s'écrit selon l'équation (6) :

\mathrm{d}\vec{F}_{\text{v},\parallel}(\theta) = -\mathrm{d}\lambda_\parallel \left[2\vec{V}_\parallel - (\vec{V}_\parallel\cdot\vec{u})\vec{u}\right].

À l'aide de l'expression du vecteur tangent unitaire \vec{u}(\theta) = \frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}} (question 29), formons le produit scalaire :

\vec{V}_\parallel \cdot \vec{u} = V \vec{e}_z \cdot \left(\frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) = \frac{Vh}{\sqrt{a^2+h^2}}.

Le terme entre crochets devient ainsi :

\begin{aligned} 2\vec{V}_\parallel - (\vec{V}_\parallel\cdot\vec{u})\vec{u} &= 2V\vec{e}_z - \frac{Vh}{\sqrt{a^2+h^2}}\left(\frac{a\vec{e}_\theta + h\vec{e}_z}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) \\ &= -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \left(2 - \frac{h^2}{a^2+h^2}\right)V\vec{e}_z \\ &= -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \frac{2a^2+h^2}{a^2+h^2}V\vec{e}_z. \end{aligned}

La force élémentaire exercée sur le tronçon s'écrit donc :

\mathrm{d}\vec{F}_{\text{v},\parallel}(\theta) = -4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta \left[ -\frac{ahV}{a^2+h^2}\vec{e}_\theta + \frac{2a^2+h^2}{a^2+h^2}V\vec{e}_z \right].

Intégrons cette expression sur l'ensemble de l'hélice, pour \theta variant de 0 à \theta_{\max} = \ell_{\text{f}}/h = 2\pi N avec N \in \mathbb{N}^* (nombre entier de tours, d'après Q27) :

\int_0^{\theta_{\max}} \vec{e}_\theta\,\mathrm{d}\theta = \int_0^{2\pi N} (-\sin\theta\,\vec{e}_x + \cos\theta\,\vec{e}_y)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}.

La composante azimutale s'annule par périodicité spatiale. Il ne subsiste que la composante axiale portée par \vec{e}_z :

\begin{aligned} \vec{F}_{\text{v},\parallel} &= -4\pi\eta \frac{2a^2+h^2}{\sqrt{a^2+h^2}}V\vec{e}_z \int_0^{\ell_{\text{f}}/h} \mathrm{d}\theta \\ &= -4\pi\eta V \ell_{\text{f}} \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}\vec{e}_z. \end{aligned}
\boxed{\vec{F}_{\text{v},\parallel} = -4\pi \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}\eta V \ell_{\text{f}}\,\vec{e}_z}

Comparons cette force de traînée du flagelle à la force de frottement de Stokes \vec{F}_{\text{S}} = -6\pi\eta R V \vec{e}_z subie par le corps sphérique de la bactérie se déplaçant à la même vitesse :

\frac{\|\vec{F}_{\text{v},\parallel}\|}{\|\vec{F}_{\text{S}}\|} = \frac{4\pi \eta V \ell_{\text{f}} \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}}{6\pi\eta R V} = \frac{2}{3}\,\frac{\ell_{\text{f}}}{R}\,\frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}}.

Avec les données numériques du préambule :

  • R = 1\,\mu\text{m}, \ell_{\text{f}} = 10\,\mu\text{m} ;
  • a = 0{,}2\,\mu\text{m}, h = 0{,}1\,\mu\text{m} ;
  • 2a^2 + h^2 = 2(0{,}04) + 0{,}01 = 0{,}09\,\mu\text{m}^2 ;
  • \sqrt{a^2+h^2} = \sqrt{0{,}05}\,\mu\text{m} \simeq 0{,}22\,\mu\text{m} ;
  • \frac{2a^2+h^2}{h\sqrt{a^2+h^2}} = \frac{0{,}09}{0{,}1 \times \sqrt{0{,}05}} \simeq 4{,}0.

On obtient :

\frac{\|\vec{F}_{\text{v},\parallel}\|}{\|\vec{F}_{\text{S}}\|} \simeq \frac{2}{3} \times \frac{10}{1} \times 4{,}0 \simeq 27 \sim 3\times 10^1.

La force de traînée visqueuse s'exerçant sur le flagelle est environ 30 fois plus grande que la traînée de Stokes sur le corps sphérique : la dissipation et le frottement visqueux au cours de la translation sont donc largement dominés par le flagelle.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équilibre dynamique, vitesse stationnaire

La vitesse atteinte par la bactérie résulte de l'équilibre entre la force de propulsion (due à la rotation à la vitesse angulaire ) et la force de traînée (due à la translation à la vitesse ). Montrer que cette vitesse est donnée par la relation :

Calculer la valeur de cette vitesse pour la bactérie considérée et la comparer à la vitesse obtenue à la question 28.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre mécanique global de la bactérie le long de l'axe de nage : la poussée propulsive compense la traînée de translation.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre des forces axiales s'exerçant sur le flagelle en régime stationnaire : \vec{F}_{\mathrm{v},\perp} + \vec{F}_{\mathrm{v},\|} = \vec{0}, en reprenant les expressions obtenues aux questions 30 et 31.
  2. Isoler la vitesse de translation stationnaire V pour établir la relation demandée.
  3. Effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé, puis comparer à la vitesse sans glissement V_{\max} de la question 28.
Voir la réponse courte

Égalité de la force de propulsion et de la force de traînée totale : détermination de V et comparaison à V_{\text{max}}.

Voir le corrigé complet

À bas nombre de Reynolds, en régime stationnaire, l'inertie de la bactérie est totalement négligeable. L'équilibre mécanique axial de la bactérie s'écrit (en négligeant la traînée de Stokes du corps devant celle du flagelle, comme justifié à la question 31) :

\vec{F}_{\mathrm{v},\perp} + \vec{F}_{\mathrm{v},\|} = \vec{0}.

D'après les résultats des questions 30 et 31 :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{v},\perp} &= 4\pi \frac{a^2 \eta \Omega \ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2 + h^2}}\,\vec{e}_z, \\ \vec{F}_{\mathrm{v},\|} &= -4\pi \frac{2a^2 + h^2}{h\sqrt{a^2 + h^2}}\,\eta V \ell_{\mathrm{f}}\,\vec{e}_z. \end{aligned}

En projetant sur l'axe \vec{e}_z, on obtient :

4\pi \frac{a^2 \eta \Omega \ell_{\mathrm{f}}}{\sqrt{a^2 + h^2}} - 4\pi \frac{2a^2 + h^2}{h\sqrt{a^2 + h^2}}\,\eta V \ell_{\mathrm{f}} = 0,

ce qui se simplifie immédiatement en :

a^2 \Omega = \frac{2a^2 + h^2}{h} V.

On en déduit l'expression de la vitesse de propulsion stationnaire :

\boxed{V = \frac{a^2 h}{2a^2 + h^2}\Omega}

Application numérique : Avec les données fournies :

  • a = 0{,}2\,\mu\text{m}, donc a^2 = 0{,}04\,\mu\text{m}^2 ;
  • h = 0{,}1\,\mu\text{m}, donc h^2 = 0{,}01\,\mu\text{m}^2 et a^2 h = 0{,}004\,\mu\text{m}^3 ;
  • 2a^2 + h^2 = 2 \times 0{,}04 + 0{,}01 = 0{,}09\,\mu\text{m}^2 ;
  • \Omega = 7{,}0 \times 10^2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Il vient :

V = \frac{0{,}004}{0{,}09} \times 10^{-6} \times 7{,}0 \times 10^2 = \frac{4}{90} \times 7{,}0 \times 10^{-4} \simeq 3{,}1 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Avec un chiffre significatif :

\boxed{V \simeq 3 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 30\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

Comparaison avec la question 28 : La vitesse maximale sans glissement obtenue à la question 28 était :

V_{\max} = h\Omega \simeq 7 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 70\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}.

Le rapport des deux vitesses s'écrit :

\frac{V}{V_{\max}} = \frac{a^2}{2a^2 + h^2} = \frac{0{,}04}{0{,}09} = \frac{4}{9} \simeq 44\,\%.

La vitesse réelle de nage de la bactérie est strictement inférieure à la vitesse sans glissement (V \approx 0{,}4\,V_{\max}).

Résultat

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : moment d'une force, frottement visqueux

Exprimer le moment résultant de l'ensemble des forces visqueuses par rapport à l'axe de rotation en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Calculer le produit vectoriel du bras de levier radial avec la force élémentaire tangentielle, puis intégrer le couple résistant sur l'ensemble de l'hélice.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de vitesses d'un tronçon élémentaire de flagelle dans le régime stationnaire réel, qui associe la rotation à la pulsation \Omega et la translation à la vitesse V déterminée à la question précédente.
  2. Calculer la composante orthoradiale de la force visqueuse élémentaire \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}} exercée par le fluide à l'aide de l'équation (6).
  3. Évaluer le moment élémentaire \mathrm{d}\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}, puis intégrer le long du flagelle pour \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] en exploitant la périodicité de la base cylindrique.
Voir la réponse courte

Intégration du moment élémentaire \overrightarrow{\text{FM}} \wedge \text{d}\vec{F}_{\text{v}} par rapport à l'axe (Fz) sur toute la longueur du flagelle.

Voir le corrigé complet

Dans le régime stationnaire de nage, le mouvement du flagelle résulte de la superposition de la rotation autour de l'axe (Fz) à la vitesse angulaire \vec{\Omega} = \Omega\vec{e}_z et de la translation à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z. La vitesse d'un élément d'hélice repéré par l'angle \theta s'écrit :

\vec{V}(\theta) = a\Omega\,\vec{e}_\theta + V\,\vec{e}_z

Le vecteur unitaire tangent à l'hélice est, d'après la question Q29 :

\vec{u}(\theta) = \frac{a\,\vec{e}_\theta + h\,\vec{e}_z}{\sqrt{a^2 + h^2}}

Le produit scalaire entre la vitesse et la tangente au flagelle vaut donc :

\vec{V}\cdot\vec{u} = \frac{a^2\Omega + hV}{\sqrt{a^2 + h^2}}

D'après l'équation (6), la force visqueuse élémentaire subie par le tronçon de longueur \mathrm{d}\ell = \sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta, pour lequel \lambda_\parallel = 4\pi\eta\,\mathrm{d}\ell, est :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}(\theta) = -\lambda_\parallel \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]

Le moment élémentaire de cette force par rapport à l'axe de rotation (Fz) est donné par l'équation (11) :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}(\theta) &= (a\,\vec{e}_\rho) \wedge \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}(\theta) \\ &= a\,\vec{e}_\rho \wedge \left( \mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}\,\vec{e}_\theta + \mathrm{d}F_{\mathrm{v},z}\,\vec{e}_z \right) \\ &= a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}\,\vec{e}_z - a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},z}\,\vec{e}_\theta \end{aligned}

Puisque le flagelle comporte un nombre entier de spires N = \ell_{\mathrm{f}}/\Lambda (question Q27), l'intégration de la composante selon \vec{e}_\theta(\theta) sur l'intervalle \theta \in [0, 2\pi N] s'annule identiquement :

\int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} \vec{e}_\theta(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}

Le moment résultant est donc purement axial, dirigé selon \vec{e}_z :

\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = \left( \int_0^{\ell_{\mathrm{f}}/h} a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta}(\theta) \right) \vec{e}_z

Déterminons la composante orthoradiale \mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} = \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{v}}\cdot\vec{e}_\theta :

\begin{aligned} \left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]\cdot\vec{e}_\theta &= 2a\Omega - \left(\frac{a^2\Omega + hV}{\sqrt{a^2+h^2}}\right) \frac{a}{\sqrt{a^2+h^2}} \\ &= \frac{2a\Omega(a^2+h^2) - a(a^2\Omega + hV)}{a^2+h^2} \\ &= \frac{a(a^2+2h^2)\Omega - ahV}{a^2+h^2} \end{aligned}

En injectant l'expression de la vitesse de propulsion stationnaire obtenue à la question Q32, V = \dfrac{a^2 h}{2a^2+h^2}\Omega :

\begin{aligned} (a^2+2h^2)\Omega - hV &= \left(a^2+2h^2 - \frac{a^2 h^2}{2a^2+h^2}\right)\Omega \\ &= \frac{(a^2+2h^2)(2a^2+h^2) - a^2 h^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \\ &= \frac{2a^4 + 5a^2 h^2 + 2h^4 - a^2 h^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \\ &= \frac{2(a^2+h^2)^2}{2a^2+h^2}\,\Omega \end{aligned}

Il vient ainsi pour le terme entre crochets :

\left[2\vec{V} - (\vec{V}\cdot\vec{u})\vec{u}\right]\cdot\vec{e}_\theta = \frac{2a(a^2+h^2)}{2a^2+h^2}\,\Omega

Avec \lambda_\parallel = 4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta, la force orthoradiale élémentaire s'écrit :

\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} = -4\pi\eta\sqrt{a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta \cdot \frac{2a(a^2+h^2)}{2a^2+h^2}\,\Omega = -8\pi\eta a\Omega \frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\,\mathrm{d}\theta

En intégrant le moment élémentaire \mathrm{d}\Gamma_{\mathrm{v},z} = a\,\mathrm{d}F_{\mathrm{v},\theta} sur l'intervalle \theta \in [0, \ell_{\mathrm{f}}/h] de longueur totale \ell_{\mathrm{f}}/h :

\Gamma_{\mathrm{v},z} = -8\pi\eta a^2\Omega \frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}

Le moment résultant des forces visqueuses par rapport à l'axe (Fz) est donc :

\boxed{\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = -8\pi\eta a^2\Omega\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\,\vec{e}_z}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : puissance d'une force, bilan d'énergie

Exprimer la puissance du moteur moléculaire nécessaire au maintien du flagelle en rotation en fonction de , , , et . Calculer sa valeur. Pour commenter ce résultat, calculer ensuite la puissance associée au métabolisme de la bactérie que l'on exprimera en fonction du rayon de la bactérie, de sa consommation de nutriments et de l'énergie molaire apportée par la consommation de glucose , donnée en préambule du sujet.

Voir l'indice

Calculer le produit scalaire couple-vitesse angulaire et force-vitesse de translation, puis comparer cette puissance motrice à l'énergie issue du métabolisme du glucose consommé.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'expression (10) de la puissance en régime stationnaire où la résultante axiale des forces visqueuses est nulle (\vec{F}_{\mathrm{v}} = \vec{0}), de sorte que le moteur doit fournir une puissance mécanique \mathcal{P} = -\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}}\cdot\vec{\Omega} > 0 compensant le couple résistant visqueux.
  2. Effectuer l'application numérique avec les grandeurs données dans l'énoncé en respectant la précision imposée (un chiffre significatif).
  3. Exprimer la puissance métabolique \mathcal{P}_{\text{mét}} à partir du volume bactérien \frac{4}{3}\pi R^3, du taux de consommation molaire volumique \mathcal{A} et de l'énergie molaire \varepsilon, puis comparer \mathcal{P} à \mathcal{P}_{\text{mét}}.
Voir la réponse courte

Calcul de \mathcal{P} = \Gamma_{\text{v}} \Omega et comparaison avec la puissance métabolique \mathcal{P}_{\text{m}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A} \varepsilon.

Voir le corrigé complet

1. Expression de la puissance du moteur moléculaire

En régime stationnaire de nage libre, la force totale exercée par le fluide sur la bactérie est nulle, soit \vec{F}_{\mathrm{v}} = \vec{0}. La puissance mécanique \mathcal{P} que le moteur moléculaire doit fournir pour maintenir la rotation du flagelle à vitesse angulaire constante compense exactement la dissipation par frottement visqueux :

\mathcal{P} = -\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} \cdot \vec{\Omega}

D'après la question 33, le moment des forces visqueuses par rapport à l'axe (\mathrm{F}z) s'écrit :

\vec{\Gamma}_{\mathrm{v}} = -8\pi\eta a^2\Omega\,\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}\,\vec{e}_z

Avec \vec{\Omega} = \Omega\,\vec{e}_z, on obtient :

\boxed{\mathcal{P} = 8\pi\eta a^2\Omega^2\,\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{2a^2+h^2}\frac{\ell_{\mathrm{f}}}{h}}

2. Application numérique

Les données fournies dans le préambule sont :

  • \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} ;
  • \Omega = 7{,}0\times 10^2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \ell_{\mathrm{f}} = 10\,\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} ;
  • a = 0{,}2\,\mu\text{m} = 2\times 10^{-7}\text{ m} ;
  • h = 0{,}1\,\mu\text{m} = 10^{-7}\text{ m}.

Comme a = 2h, le facteur adimensionnel vaut :

\frac{(a^2+h^2)^{3/2}}{(2a^2+h^2)h} = \frac{(5h^2)^{3/2}}{9h^2 \cdot h} = \frac{5\sqrt{5}}{9} \simeq \frac{5 \times 2{,}24}{9} \simeq 1{,}24

Calculons la valeur de \mathcal{P} :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= 8\pi \times 10^{-3} \times \left(2\times 10^{-7}\right)^2 \times \left(7{,}0\times 10^2\right)^2 \times 10^{-5} \times 1{,}24 \\ &= 8\pi \times 10^{-3} \times 4\times 10^{-14} \times 4{,}9\times 10^5 \times 10^{-5} \times 1{,}24 \\ &\simeq 6\times 10^{-15}\text{ W} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P} \simeq 6\times 10^{-15}\text{ W} = 6\text{ fW}}

3. Puissance métabolique de la bactérie et commentaire

La bactérie est assimilée à une sphère de rayon R, de volume V_{\text{bac}} = \frac{4}{3}\pi R^3. Sa consommation de nutriments par unité de volume et de temps étant notée \mathcal{A}, la quantité de matière de glucose consommée par seconde est :

\dot{n} = \mathcal{A} V_{\text{bac}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}

L'apport énergétique par mole de glucose absorbée étant \varepsilon, la puissance totale associée au métabolisme de la bactérie s'écrit :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{mét}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \mathcal{A}\,\varepsilon}

Avec R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m}, \mathcal{A} = 10\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}\cdot\text{s}^{-1} et \varepsilon = 30\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 3\times 10^4\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{mét}} &= \frac{4}{3}\pi \times \left(10^{-6}\right)^3 \times 10 \times \left(3\times 10^4\right) \\ &= 4\pi \times 10^{-13}\text{ W} \simeq 1\times 10^{-12}\text{ W} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\text{mét}} \simeq 1\times 10^{-12}\text{ W} = 1\text{ pW}}

En comparant ces deux puissances :

\frac{\mathcal{P}}{\mathcal{P}_{\text{mét}}} \simeq \frac{6\times 10^{-15}}{1{,}3\times 10^{-12}} \simeq 0{,}5\,\%

La puissance nécessaire pour faire tourner le flagelle et propulser la bactérie représente moins de 1\,\% de la puissance métabolique totale. La nage constitue donc un coût énergétique négligeable pour la cellule.

Résultat

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II.C · Écoulement engendré

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : condition aux limites, symétrie et invariance

Justifier l'absence de dépendance des composantes du champ de vitesses vis-à-vis de la variable angulaire . Vérifier que ce champ de vitesses vérifie les conditions aux limites pour et pour .

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par rotation autour de l'axe de déplacement (Oz), puis évaluer le champ pour r = R (adhérence) et r \to \infty (vitesse relative uniforme).

Voir la stratégie
  1. Analyser les invariances géométriques du problème pour justifier l'indépendance vis-à-vis de l'angle azimutal \theta.
  2. Vérifier la condition aux limites à la surface de la sphère (r = R), qui traduit l'adhérence d'un fluide visqueux sur une paroi.
  3. Calculer la limite pour r \to \infty, puis la comparer à la vitesse uniforme attendue loin de la sphère dans le référentiel de celle-ci.
Voir la réponse courte

Symétrie de révolution du problème autour de l'axe de nage et vérification des valeurs limites en r=R et à l'infini.

Voir le corrigé complet

1. Invariance par rapport à \theta

Le système physique est constitué d'une sphère de rayon R en translation rectiligne uniforme à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z dans un fluide infini.

  • La géométrie de la sphère est de révolution autour de l'axe (Oz) ;
  • La direction du mouvement impose un axe privilégié le long de (Oz) ;
  • Les conditions aux limites (adhérence sur la sphère et fluide au repos à l'infini dans le laboratoire) sont indépendantes de toute rotation d'angle \theta autour de l'axe (Oz).

Le problème présente donc une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz). Par conséquent, le champ de vitesses est invariant par rotation autour de cet axe, ce qui justifie que ses composantes ne dépendent pas de la variable angulaire \theta :

\boxed{\frac{\partial \vec{v}}{\partial \theta} = \vec{0}}

2. Condition aux limites en r = R

Dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}} lié à la bactérie, la surface de la membrane est immobile. Pour un fluide visqueux, la condition aux limites à l'interface solide-fluide est la condition d'adhérence :

\vec{v}(R, \varphi) = \vec{0}

Évaluons les composantes du champ proposé pour r = R :

\begin{aligned} v_r(R, \varphi) &= -V \cos \varphi \left( 1 - \frac{3R}{2R} + \frac{R^3}{2R^3} \right) = -V \cos \varphi \left( 1 - \frac{3}{2} + \frac{1}{2} \right) = 0 \\ v_\varphi(R, \varphi) &= V \sin \varphi \left( 1 - \frac{3R}{4R} - \frac{R^3}{4R^3} \right) = V \sin \varphi \left( 1 - \frac{3}{4} - \frac{1}{4} \right) = 0 \end{aligned}

La composante selon \vec{e}_\theta étant identiquement nulle, on a bien :

\boxed{\vec{v}(r = R) = \vec{0}}

La condition d'adhérence à la paroi est parfaitement vérifiée.

3. Condition aux limites pour r \to \infty

Dans le référentiel du laboratoire, le fluide est au repos à l'infini : \vec{v}_{\mathrm{lab}}(\vec{r}) \xrightarrow{r \to \infty} \vec{0}. Dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}} en translation à la vitesse \vec{V} = V\vec{e}_z par rapport au laboratoire, la loi de composition des vitesses impose :

\vec{v}(\vec{r}) = \vec{v}_{\mathrm{lab}}(\vec{r}) - \vec{V} \xrightarrow{r \to \infty} -\vec{V} = -V \vec{e}_z

D'après la définition des coordonnées sphériques données en préambule, le vecteur unitaire \vec{e}_z se décompose sur la base locale selon :

\vec{e}_z = \cos \varphi \, \vec{e}_r - \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi

D'où l'expression attendue du champ uniforme à l'infini :

-V\vec{e}_z = -V \cos \varphi \, \vec{e}_r + V \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi

En prenant la limite r \to \infty dans l'expression (12) du sujet :

\begin{aligned} \lim_{r \to \infty} \left( 1 - \frac{3R}{2r} + \frac{R^3}{2r^3} \right) &= 1 \\ \lim_{r \to \infty} \left( 1 - \frac{3R}{4r} - \frac{R^3}{4r^3} \right) &= 1 \end{aligned}

On obtient immédiatement :

\boxed{\lim_{r \to \infty} \vec{v}(\vec{r}) = -V \cos \varphi \, \vec{e}_r + V \sin \varphi \, \vec{e}_\varphi = -V \vec{e}_z}

La condition aux limites à l'infini est donc bien respectée.

Résultat

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : ligne de courant, champ des vitesses

Dessiner l'allure des lignes de courant associées au profil d'écoulement dans le référentiel de la bactérie.

Voir l'indice

Tracer l'allure d'un écoulement de Stokes contournant une sphère dans le référentiel propre, symétrique amont-aval.

Voir la stratégie
  1. Caractériser l'écoulement au loin et les symétries : dans le référentiel \mathcal{R}_{\mathrm{b}}, le fluide arrive de z \to +\infty avec une vitesse \vec{v}_\infty = -V\vec{e}_z et s'écoule vers z \to -\infty.
  2. Identifier les points remarquables : les points d'arrêt amont (z=R) et aval (z=-R), la condition d'adhérence à la paroi (r=R), ainsi que la symétrie amont-aval propre au régime de Stokes (\mathrm{Re} \ll 1).
  3. Tracer les lignes de courant dans un plan méridien contenant l'axe (Oz), en fléchant le sens de l'écoulement.
Voir la réponse courte

Tracé qualitatif des lignes de courant contournant la sphère dans le référentiel lié à la bactérie.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel de la bactérie \mathcal{R}_{\mathrm{b}}, le fluide s'écoule globalement dans la direction -\vec{e}_z, parallèlement à l'axe (Oz), avec la vitesse uniforme au loin :

\lim_{r\to\infty} \vec{v}(\vec{r}) = -V\vec{e}_z.

L'écoulement présente les propriétés fondamentales suivantes :

  • Invariance par rotation autour de l'axe (Oz) : le motif des lignes de courant est identique dans tout plan méridien contenant (Oz), par exemple le plan (xOz).
  • Conditions aux limites à la paroi : sur la sphère de rayon R, la vitesse s'annule strictement (\vec{v}(R, \varphi) = \vec{0}) en vertu de la condition de non-glissement. La surface de la sphère constitue une surface de courant.
  • Points d'arrêt : sur l'axe (Oz), pour \varphi = 0 (z = +R) et \varphi = \pi (z = -R), la vitesse est nulle. L'axe (Oz) (privé de l'intérieur de la sphère) forme une ligne de courant particulière, qui bute sur la sphère au point d'arrêt amont et en repart au point d'arrêt aval.
  • Symétrie amont-aval : en régime de Stokes (\mathrm{Re} \ll 1), l'écoulement est gouverné par une équation linéaire réversible dans le temps. En effectuant la transformation z \to -z (c'est-à-dire \varphi \to \pi - \varphi), on a \cos(\pi-\varphi) = -\cos\varphi et \sin(\pi-\varphi) = \sin\varphi, ce qui assure une parfaite symétrie amont-aval des lignes de courant, sans décollement ni zone de recirculation (sillage turbulent absent).

On représente ci-dessous l'allure des lignes de courant dans le plan (xOz) :

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux convectif, densité de courant

En exprimant la quantité élémentaire de matière qui traverse une surface élémentaire située en pendant une durée , sous l'effet du transport convectif par l'écoulement seulement, justifier l'expression de la densité de courant liée à la convection.

Voir l'indice

Considérer le volume infinitésimal de fluide \mathrm{d}^3V = \vec{v}\cdot\mathrm{d}\vec{S}\,\mathrm{d}t traversant la surface pendant \mathrm{d}t et le multiplier par la concentration locale c.

Voir la stratégie
  1. Considérer le volume élémentaire de fluide traversant la surface \mathrm{d}\vec{S} pendant la durée \mathrm{d}t à la vitesse \vec{v}.
  2. Exprimer la quantité de matière \delta n contenue dans ce volume cylindrique à partir de la concentration molaire c.
  3. Identifier l'expression de la densité de courant molaire convective \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} par comparaison avec la définition du flux molaire.
Voir la réponse courte

Bilan de matière à travers \text{d}\vec{S} pendant \text{d}t : quantité c\vec{v}\cdot\text{d}\vec{S}\,\text{d}t d'où \vec{\jmath}_{\text{conv}} = c\vec{v}.

Voir le corrigé complet

Pendant un intervalle de temps infinitésimal \mathrm{d}t, les particules de fluide situées au voisinage d'un point \vec{r} se déplacent du vecteur déplacement élémentaire :

\mathrm{d}\vec{\ell} = \vec{v}(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}t.

Les particules de fluide qui traversent l'élément de surface orienté \mathrm{d}\vec{S}(\vec{r}) entre les instants t et t + \mathrm{d}t sont celles qui se trouvaient initialement à l'intérieur d'un cylindre élémentaire de base \mathrm{d}\vec{S} et de génératrice \vec{v}(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}t.

Le volume de ce cylindre est donné par le produit scalaire :

\mathrm{d}\tau = \mathrm{d}\vec{S} \cdot (\vec{v}\,\mathrm{d}t) = (\vec{v} \cdot \mathrm{d}\vec{S})\,\mathrm{d}t.

La quantité élémentaire de soluté (nutriments) présente dans ce volume, où la concentration molaire locale vaut c(\vec{r}, t), s'écrit donc :

\delta n = c(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}\tau = c(\vec{r}, t)\,(\vec{v}(\vec{r}, t) \cdot \mathrm{d}\vec{S})\,\mathrm{d}t.

Le flux molaire convectif élémentaire traversant cette surface est défini par :

\mathrm{d}\Phi_{\mathrm{conv}} = \frac{\delta n}{\mathrm{d}t} = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}(\vec{r}, t) \cdot \mathrm{d}\vec{S}.

Or, par définition du vecteur densité volumique de courant de matière \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}}, ce flux s'écrit pour toute surface \mathrm{d}\vec{S} sous la forme :

\mathrm{d}\Phi_{\mathrm{conv}} = \vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}.

Par identification, on en déduit l'expression de la densité de courant liée à la convection :

\boxed{\vec{\jmath}_{\mathrm{conv}} = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}(\vec{r}, t)}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : nombre de péclet, analyse d'échelle

Le rayon de la bactérie fixe l'échelle caractéristique de variation de vitesse de l'écoulement considéré. On appelle nombre de Péclet, noté , le nombre sans dimension comparant le temps typique mis par une particule pour se déplacer sur cette distance par diffusion au temps typique pour être transportée sur cette même distance par l'écoulement (convection). Déterminer son expression en fonction du rayon de la bactérie, de sa vitesse et du coefficient de diffusion . Montrer que ce nombre quantifie aussi le rapport entre la densité de courant de nutriments due à la convection et celle due à la diffusion.

Voir l'indice

Former le rapport du temps de diffusion R^2/D sur le temps convectif R/V. Écrire également le rapport des normes des densités de courant correspondantes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les temps caractéristiques de diffusion \tau_{\text{diff}} et de transport convectif \tau_{\text{conv}} sur l'échelle spatiale R, puis former leur quotient pour obtenir le nombre de Péclet \mathrm{Pe}.
  2. Estimer les ordres de grandeur des densités de courant volumiques molaires associées à la convection et à la diffusion pour montrer l'équivalence entre le rapport des échelles temporelles et le rapport des densités de flux.
Voir la réponse courte

Comparaison des temps caractéristiques \tau_{\text{diff}} = R^2/D et \tau_{\text{conv}} = R/V donnant \text{Pe} = VR/D.

Voir le corrigé complet

Sur l'échelle caractéristique spatiale R, les temps typiques associés aux deux modes de transport s'écrivent :

  • pour le transport diffusif régi par le coefficient de diffusion D, la relation d'adimensionnement de l'équation de la diffusion donne :

    \tau_{\text{diff}} \sim \frac{R^2}{D}
  • pour le transport convectif (ou advectif) à la vitesse d'écoulement typique V, le temps nécessaire pour couvrir la distance R est :

    \tau_{\text{conv}} \sim \frac{R}{V}

Par définition, le nombre de Péclet quantifie l'importance relative de la diffusion par rapport à la convection à travers le rapport de ces temps caractéristiques :

\mathrm{Pe} = \frac{\tau_{\text{diff}}}{\tau_{\text{conv}}} = \frac{R^2 / D}{R / V}

d'où :

\boxed{\mathrm{Pe} = \frac{V R}{D}}

Évaluons à présent les ordres de grandeur respectifs des densités de courant molaire :

  • le courant de convection s'écrit \vec{\jmath}_{\text{conv}} = c\,\vec{v} (d'après la question 37), d'où un ordre de grandeur :

    j_{\text{conv}} \sim c\,V
  • le courant de diffusion suit la première loi de Fick \vec{\jmath}_{\text{diff}} = -D\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c (d'après la question 1). La concentration variant significativement à l'échelle du rayon R de la sphère, l'opérateur gradient s'estime par \|\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,c\| \sim c/R, ce qui conduit à :

    j_{\text{diff}} \sim \frac{D\,c}{R}

Le rapport entre les deux densités de courant est alors :

\frac{j_{\text{conv}}}{j_{\text{diff}}} \sim \frac{c\,V}{\dfrac{D\,c}{R}} = \frac{V R}{D} = \mathrm{Pe}

Le nombre de Péclet mesure donc également le rapport d'intensité entre le transport par convection et le transport par diffusion moléculaire.

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en BCPST1

Notions : nombre de péclet, exploitation de document

En exploitant la figure 6, déterminer la variation relative du flux (en

Voir l'indice

Calculer numériquement \mathrm{Pe} avec les valeurs de la vitesse et du rayon, lire l'ordonnée correspondante sur le graphe de Berg-Purcell et en déduire que la nage ne sert pas à collecter plus de matière directement.

Voir la stratégie
  1. Calculer la valeur numérique du nombre de Péclet \mathrm{Pe} = \frac{V R}{D} à partir de la vitesse V obtenue à la question 32 et des données de l'énoncé.
  2. Lire sur la figure 6 la variation relative du flux \frac{\Phi}{\Phi_0} - 1 correspondante et l'exprimer en pourcentage.
  3. Conclure sur le rôle biologique de la propulsion : la nage directe améliore-t-elle la collecte locale de nutriments, ou a-t-elle une autre fonction ?
Voir la réponse courte

Lecture sur le graphique à faible \text{Pe} : le gain de flux dû à la nage est de quelques pourcents, la nage ne sert pas à mieux collecter localement.

Voir le corrigé complet

D'après la question 38, le nombre de Péclet associé au déplacement de la bactérie s'écrit :

\mathrm{Pe} = \frac{V R}{D}

Avec la vitesse stationnaire calculée à la question 32, V \simeq 3\times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, le rayon R = 1\,\mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m} et le coefficient de diffusion du glucose dans l'eau D = 10^{-5}\text{ cm}^2\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-9}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

\mathrm{Pe} = \frac{3\times 10^{-5} \times 10^{-6}}{10^{-9}} \simeq 3\times 10^{-2}

En reportant cette valeur \mathrm{Pe} \simeq 3\times 10^{-2} sur la figure 6, on constate que le point de fonctionnement se situe tout en bas de la courbe, au voisinage de l'ordonnée minimale représentée :

\frac{\Phi}{\Phi_0} - 1 \lesssim 10^{-2} = 1\,\%

La variation relative du flux de nutriments collectés est donc :

\boxed{\frac{\Delta \Phi}{\Phi_0} \lesssim 1\,\%}

Conclusion quant à l'utilité de la nage : L'augmentation du flux de collecte par advection directe au voisinage immédiat du corps bactérien est totalement négligeable (gain d'au plus 1\,\% par rapport à une bactérie immobile). La nage n'a donc pas pour fonction d'accroître le taux d'absorption locale par effet d'écoulement convectif. En revanche, elle permet à la bactérie de changer d'environnement et d'explorer l'espace afin d'atteindre des zones macroscopiquement plus concentrées en nutriments, grâce au mécanisme de chimiotaxie étudié dans la partie III.

Résultat

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Partie III : Chimiotaxie des bactéries

III.A · Mesure de la concentration locale en nutriments

Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : processus markovien, équilibre dynamique

Pour cette question uniquement, on ne suppose pas le problème à l'équilibre : à partir du modèle probabiliste simplifié précédent, exprimer la probabilité que le récepteur soit lié à une date , en fonction de , des probabilités par unité de temps et et de l'intervalle de temps . En déduire alors qu'à l'équilibre, la probabilité que le récepteur soit lié est donnée par la relation :

où est à exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Établir le bilan de probabilité entre t et t+\mathrm{d}t en considérant les transitions d'attachement et de détachement, puis annuler la dérivée temporelle à l'équilibre.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la formule des probabilités totales en partitionnant l'espace des événements selon l'état du récepteur à l'instant t (m(t) = 1 ou m(t) = 0).
  2. Exprimer les probabilités de transition pendant l'intervalle infinitésimal [t, t+\text{d}t] au premier ordre en \text{d}t pour obtenir p(t+\text{d}t).
  3. Traduire la condition d'équilibre stationnaire (\text{d}p/\text{d}t = 0) pour exprimer p sous la forme demandée et identifier c_{1/2}.
Voir la réponse courte

Bilan probabiliste entre t et t+\text{d}t conduisant à l'équilibre à l'isotherme de Langmuir p = c / (c + k'/k).

Voir le corrigé complet

À l'instant t, le récepteur est soit libre (m=0) avec la probabilité 1-p(t), soit lié (m=1) avec la probabilité p(t).

Pendant l'intervalle de temps [t, t+\text{d}t] :

  • si le récepteur est lié à t, la probabilité qu'il se libère est k'\,\text{d}t, donc la probabilité qu'il reste lié est 1 - k'\,\text{d}t ;
  • si le récepteur est libre à t, la probabilité qu'il se lie à un nutriment est kc\,\text{d}t.

D'après la formule des probabilités totales, la probabilité que le récepteur soit lié à l'instant t+\text{d}t s'écrit, au premier ordre en \text{d}t :

p(t+\text{d}t) = p(t)\,(1 - k'\,\text{d}t) + \big(1 - p(t)\big)\,kc\,\text{d}t

soit, en regroupant les termes :

\boxed{p(t+\text{d}t) = p(t) + \big[kc\,\big(1 - p(t)\big) - k'p(t)\big]\,\text{d}t}

On en déduit l'équation différentielle régissant l'évolution de la probabilité :

\frac{\text{d}p}{\text{d}t} = kc - (k' + kc)\,p(t)

À l'équilibre, cette probabilité est indépendante du temps, d'où \dfrac{\text{d}p}{\text{d}t} = 0. Il vient :

(k' + kc)\,p = kc \iff p = \frac{kc}{k' + kc} = \frac{c}{c + \dfrac{k'}{k}}

Ce résultat est bien de la forme :

\boxed{p = \frac{c}{c + c_{1/2}} \quad \text{avec} \quad c_{1/2} = \frac{k'}{k}}

Résultat

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Question 41

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : espérance, variable aléatoire

Montrer qu'à l'équilibre, l'espérance de est égale à .

Voir l'indice

Appliquer la linéarité de l'espérance à l'intégrale définissant le signal moyen temporel s_T(t) à l'équilibre.

Voir la réponse courte

Linéarité de l'intégrale temporelle : l'espérance de la moyenne temporelle s_T(t) est égale à la moyenne d'ensemble p.

Voir le corrigé complet

Par définition de la moyenne temporelle d'occupation s_T(t) donnée par l'équation (15) :

s_T(t) = \frac{1}{T} \int_t^{t+T} m(\tau)\,\mathrm{d}\tau .

En utilisant la linéarité de l'espérance mathématique et l'interversion de l'espérance et de l'intégrale (rappelée en préambule du sujet), il vient :

\mathbb{E}[s_T(t)] = \mathbb{E}\left[ \frac{1}{T} \int_t^{t+T} m(\tau)\,\mathrm{d}\tau \right] = \frac{1}{T} \int_t^{t+T} \mathbb{E}[m(\tau)]\,\mathrm{d}\tau .

D'après l'équation (13), \mathbb{E}[m(\tau)] = p(\tau). À l'équilibre, cette probabilité est indépendante du temps :

\forall \tau, \quad \mathbb{E}[m(\tau)] = p = \text{cste}.

L'intégrale se calcule alors immédiatement :

\mathbb{E}[s_T(t)] = \frac{1}{T} \int_t^{t+T} p\,\mathrm{d}\tau = \frac{p}{T} \Big[(t+T) - t\Big] = \frac{p \cdot T}{T} .

On obtient bien :

\boxed{\mathbb{E}[s_T(t)] = p}

Résultat

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : relation d'étalonnage, calcul algébrique

En pratique, la bactérie n'a pas directement accès à l'espérance . Elle l'assimile à la valeur mesurée et en déduit alors une estimation de la concentration locale. En utilisant les résultats des questions 40 et 41, déterminer l'expression de en fonction de et de .

Voir l'indice

Inverser la fonction monotone donnant p en fonction de c issue de la question 40, en remplaçant formellement p par l'estimateur mesuré s_T(t).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression liant la probabilité d'occupation p à la concentration c obtenue à la question 40.
  2. Remplacer l'espérance p = \mathbb{E}[s_T(t)] (question 41) par sa valeur empirique mesurée s_T(t) pour définir l'estimateur c_T(t).
  3. Inverser la fonction homographique résultante pour isoler c_T(t).
Voir la réponse courte

Inversion de la relation de saturation : expression de c_T(t) = c_{1/2} s_T(t) / (1 - s_T(t)).

Voir le corrigé complet

D'après la question 40, la probabilité d'occupation du récepteur à l'équilibre s'exprime en fonction de la concentration locale c sous la forme :

p = \frac{c}{c + c_{1/2}}

D'après la question 41, l'espérance de la grandeur mesurée s_T(t) est précisément égale à p :

\mathbb{E}[s_T(t)] = p

La bactérie assimilant l'espérance théorique \mathbb{E}[s_T(t)] à la moyenne temporelle mesurée s_T(t), l'estimation c_T(t) de la concentration vérifie :

s_T(t) = \frac{c_T(t)}{c_T(t) + c_{1/2}}

En développant cette égalité :

\begin{aligned} s_T(t) \left( c_T(t) + c_{1/2} \right) &= c_T(t) \\ s_T(t)\, c_{1/2} &= c_T(t) \left( 1 - s_T(t) \right) \end{aligned}

Pour s_T(t) < 1, on en déduit l'expression de l'estimation de la concentration :

\boxed{c_T(t) = c_{1/2}\,\frac{s_T(t)}{1 - s_T(t)}}

Résultat

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Question 43

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation

Notions : fonction de corrélation, probabilité conditionnelle

Dans cette question uniquement, nous ne supposons pas le récepteur à l'équilibre. Pour qu'un récepteur soit lié à et à , il y a deux possibilités : • soit le récepteur est lié à et à (ce qui est associé à une probabilité ), puis il reste lié pendant une durée , • soit le récepteur est lié à mais pas à (ce qui est associé à une probabilité ), et il se lie à nouveau pendant la durée . On se reportera à l'introduction du paragraphe III.A pour la définition des paramètres et . Pour , exprimer alors en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Écrire la probabilité conjointe conditionnée en tenant compte des probabilités de non-détachement (1 - k'\mathrm{d}\tau) et de rattachement (kc\,\mathrm{d}\tau).

Voir la stratégie
  1. Exprimer les probabilités de transition élémentaires pendant l'intervalle infinitésimal \text{d}\tau pour un récepteur lié ou libre, à partir des taux k' et kc introduits dans le paragraphe III.A.
  2. Sommer les probabilités des deux événements disjoints décrits par l'énoncé conduisant à un récepteur lié à la date t + \tau + \text{d}\tau sachant qu'il l'était à la date t.
Voir la réponse courte

Bilan probabiliste à deux dates avec probabilités conditionnelles de déliaison et de liaison pendant \text{d}\tau.

Voir le corrigé complet

Considérons les deux configurations mutuellement exclusives menant à l'état lié à la fois à t et à t + \tau + \text{d}\tau :

  • Première possibilité : le récepteur est lié à t et à t + \tau, événement de probabilité G(t, \tau), puis ne se libère pas pendant l'intervalle \text{d}\tau. La probabilité de libération pendant \text{d}\tau étant k' \text{d}\tau, la probabilité qu'il reste lié est 1 - k' \text{d}\tau. La probabilité associée est donc :

    \mathbb{P}_1 = G(t, \tau) (1 - k' \text{d}\tau).
  • Seconde possibilité : le récepteur est lié à t mais libre à t + \tau, événement de probabilité p(t) - G(t, \tau), puis capte un nutriment pendant l'intervalle \text{d}\tau. La probabilité d'association étant kc\,\text{d}\tau, la probabilité associée est :

    \mathbb{P}_2 = [p(t) - G(t, \tau)] kc \, \text{d}\tau.

Ces deux événements étant disjoints, la probabilité totale G(t, \tau + \text{d}\tau) est la somme de leurs probabilités :

G(t, \tau + \text{d}\tau) = \mathbb{P}_1 + \mathbb{P}_2 = G(t, \tau)(1 - k'\text{d}\tau) + [p(t) - G(t, \tau)]kc\,\text{d}\tau.

En regroupant les termes au premier ordre en \text{d}\tau, on obtient :

\boxed{G(t, \tau + \text{d}\tau) = G(t, \tau) - (k' + kc) G(t, \tau)\text{d}\tau + kc \, p(t) \text{d}\tau}

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction de corrélation, équation différentielle

À l'équilibre, la fonction de corrélation ne dépend plus de l'instant initial et nous la noterons alors . Montrer que dans ce cas, nous avons :

Voir l'indice

Faire tendre \mathrm{d}\tau \to 0 pour former la dérivée par rapport à \tau et exploiter l'indépendance vis-à-vis de l'origine des temps t.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'hypothèse de stationnarité (régime d'équilibre) : la probabilité d'occupation p(t) devient une constante p, et la fonction d'autocorrélation G(t, \tau) ne dépend plus que de l'intervalle \tau, se notant G_0(\tau).
  2. Réécrire la relation différentielle obtenue à la question Q43 sous forme d'un taux de variation par rapport à \tau, puis passer à la limite \mathrm{d}\tau \to 0 pour identifier la dérivée première \frac{\mathrm{d}G_0}{\mathrm{d}\tau}.
Voir la réponse courte

Passage à la limite \text{d}\tau \to 0 dans le bilan stationnaire pour obtenir l'équation différentielle du premier ordre sur G_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q43, l'évolution de la fonction de corrélation pour \tau > 0 s'écrit :

G(t, \tau + \mathrm{d}\tau) = G(t, \tau) - (k' + kc)\, G(t, \tau)\,\mathrm{d}\tau + kc\, p(t)\,\mathrm{d}\tau.

À l'équilibre statistique (processus stationnaire) :

  • la probabilité instantanée que le récepteur soit occupé est indépendante du temps t : p(t) = p ;
  • les grandeurs statistiques à deux instants dépendent uniquement du décalage temporel \tau : G(t, \tau) = G_0(\tau) et G(t, \tau + \mathrm{d}\tau) = G_0(\tau + \mathrm{d}\tau).

La relation précédente devient donc :

G_0(\tau + \mathrm{d}\tau) - G_0(\tau) = -(k' + kc)\, G_0(\tau)\,\mathrm{d}\tau + kc\, p\,\mathrm{d}\tau.

En divisant par l'intervalle de temps \mathrm{d}\tau > 0 et en prenant la limite quand \mathrm{d}\tau \to 0, le membre de gauche correspond à la dérivée ordinaire \frac{\mathrm{d}G_0}{\mathrm{d}\tau}(\tau) :

\frac{\mathrm{d}G_0}{\mathrm{d}\tau} = -(k' + kc)\, G_0 + kc\, p.

En regroupant les termes dépendant de G_0 dans le membre de gauche, on obtient bien l'équation différentielle linéaire du premier ordre régissant la fonction de corrélation :

\boxed{\frac{\mathrm{d}G_0}{\mathrm{d}\tau} + (k' + kc)G_0 = kcp.}

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle linéaire, régime transitoire

Nous admettrons que (ce résultat provient du fait que ). Déterminer alors l'expression de en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire scalaire du premier ordre avec la condition initiale imposée G_0(0) = p.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants établie à la question 44 pour \tau \geqslant 0.
  2. Identifier la solution particulière constante en reliant le terme source à la probabilité d'équilibre p obtenue à la question 40.
  3. Déterminer la constante d'intégration grâce à la condition initiale G_0(0) = p.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle avec la condition initiale G_0(0) = p : relaxation exponentielle vers p^2.

Voir le corrigé complet

D'après la question 44, la fonction d'autocorrélation à l'équilibre G_0(\tau) vérifie, pour \tau \geqslant 0, l'équation différentielle linéaire :

\frac{\mathrm{d}G_0}{\mathrm{d}\tau} + (k' + kc)G_0 = kcp

La solution générale s'écrit comme la somme de la solution de l'équation homogène et d'une solution particulière constante G_{0,\mathrm{part}} :

G_{0,\mathrm{part}} = \frac{kc\,p}{k' + kc} = p \left(\frac{kc}{k' + kc}\right)

Or, d'après la question 40, la probabilité d'équilibre s'exprime par :

p = \frac{c}{c + c_{1/2}} = \frac{c}{c + \frac{k'}{k}} = \frac{kc}{k' + kc}

On en déduit que la solution particulière vaut :

G_{0,\mathrm{part}} = p^2

La solution générale de l'équation différentielle s'écrit donc, avec A une constante réelle :

G_0(\tau) = p^2 + A\,\mathrm{e}^{-(k' + kc)\tau}

En utilisant la condition initiale fournie par l'énoncé en \tau = 0 :

G_0(0) = p^2 + A = p \implies A = p(1 - p)

On obtient ainsi l'expression de la fonction de corrélation pour \tau \geqslant 0 :

\boxed{G_0(\tau) = p^2 + p(1 - p)\,\mathrm{e}^{-(k' + kc)\tau}}

Résultat

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Question 46

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : variance, incertitude de mesure

Simplifier cette relation dans le cas où . La variance de est définie par :

Nous rappelons que pour une fonction d'une variable aléatoire d'espérance , la variance de s'exprime en fonction de celle de selon :

Montrer que le rapport quantifiant les fluctuations relatives de est donné par

Voir l'indice

Effectuer un développement asymptotique pour l'exponentielle négligeable devant 1, puis utiliser la formule de propagation des variances avec f(s) = c_{1/2} s / (1-s) dans la limite diluée p \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Simplifier l'expression de (\Delta s_T)^2 en effectuant l'approximation grand temps (k' + kc)T \gg 1.
  2. Exprimer la dérivée f'(p) de la fonction reliant l'estimation de la concentration c_T à la variable s_T établie à la question Q42.
  3. Appliquer la formule de propagation des variances pour calculer (\Delta c_T)^2, puis expliciter le rapport \Delta c_T / c dans la limite des milieux dilués (c \ll c_{1/2}).
Voir la réponse courte

Calcul de la variance temporelle intégrée puis propagation d'incertitude via la dérivée de c_T(s).

Voir le corrigé complet

1. Simplification de la variance de s_T

D'après l'équation (21) de l'énoncé :

(\Delta s_T)^2 = \frac{2p(1-p)}{T(k' + kc)} \left[ 1 + \frac{1}{(k' + kc)T} \left( \mathrm{e}^{-(k' + kc)T} - 1 \right) \right]

Dans la limite où (k' + kc)T \gg 1, le terme exponentiel devient négligeable (\mathrm{e}^{-(k' + kc)T} \to 0) et le terme correctif est négligeable devant 1 :

\left| \frac{\mathrm{e}^{-(k'+kc)T} - 1}{(k' + kc)T} \right| \simeq \frac{1}{(k' + kc)T} \ll 1

L'expression se simplifie donc en :

\boxed{(\Delta s_T)^2 \simeq \frac{2p(1-p)}{(k' + kc)T}}

2. Fluctuation relative de l'estimation de concentration c_T

D'après la question Q42, la concentration estimée c_T est reliée à la mesure s_T par c_T = f(s_T) avec :

f(x) = c_{1/2} \frac{x}{1-x}

La dérivée de cette fonction s'écrit :

f'(x) = c_{1/2} \frac{(1-x) - x(-1)}{(1-x)^2} = \frac{c_{1/2}}{(1-x)^2}

Puisque à l'équilibre \mathbb{E}[s_T] = p (question Q41), la formule de propagation de la variance fournie par l'énoncé donne :

(\Delta c_T)^2 = [f'(p)]^2 (\Delta s_T)^2 = \left( \frac{c_{1/2}}{(1-p)^2} \right)^2 \frac{2p(1-p)}{(k' + kc)T} = \frac{2 c_{1/2}^2 \, p}{(1-p)^3 (k' + kc)T}

Rappelons les relations établies à la question Q40 :

\begin{aligned} p &= \frac{c}{c + c_{1/2}} \\ 1 - p &= \frac{c_{1/2}}{c + c_{1/2}} \\ k' + kc &= k(c_{1/2} + c) \quad \text{car } c_{1/2} = \frac{k'}{k} \end{aligned}

En injectant ces grandeurs dans l'expression de la variance, on obtient :

(\Delta c_T)^2 = \frac{2 c_{1/2}^2 \left(\dfrac{c}{c + c_{1/2}}\right)}{\left(\dfrac{c_{1/2}}{c + c_{1/2}}\right)^3 k(c + c_{1/2}) T} = \frac{2 c (c + c_{1/2})}{k c_{1/2} T} = \frac{2 c^2}{k c T} \left( 1 + \frac{c}{c_{1/2}} \right)

Ainsi, les fluctuations relatives s'écrivent :

\frac{\Delta c_T}{c} = \sqrt{\frac{2}{kcT} \left( 1 + \frac{c}{c_{1/2}} \right)}

Dans le cadre de milieux dilués (c \ll c_{1/2}, soit p \ll 1), où le signal fluctue le plus (hypothèse introduite au préambule de la partie III.A), le terme c/c_{1/2} est négligeable devant 1. On retrouve bien :

\boxed{\frac{\Delta c_T}{c} = \sqrt{\frac{2}{kcT}}}

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps caractéristique, analyse critique

En déduire l'expression du temps d'intégration minimal en fonction de , et , pour que l'estimation de par soit fiable. Commenter l'évolution de avec la concentration en nutriments .

Voir l'indice

Poser la condition de rapport signal sur bruit \Delta c_T / c \le 1 et isoler le temps d'intégration minimal.

Voir la stratégie
  1. Traduire le critère quantitatif d'une mesure fiable : l'incertitude relative doit être petite devant l'unité, soit \Delta c_T / c \ll 1.
  2. Exprimer T_{\min} à partir de l'équation (24), puis expliciter le rôle de k' en rappelant soit la condition de découplage temporel (k'+kc)T \gg 1, soit l'expression générale sans l'approximation c \ll c_{1/2}.
  3. Analyser physiquement la dépendance de T_{\min} vis-à-vis de c (comportement à basse concentration et saturation éventuelle).
Voir la réponse courte

Résolution pour \Delta c_T / c \le \epsilon : le temps minimal d'intégration est inversement proportionnel à la concentration c.

Voir le corrigé complet

Pour que l'estimation de la concentration c_T(t) soit fiable, les fluctuations relatives doivent être très inférieures à l'unité :

\frac{\Delta c_T}{c} \ll 1.

En utilisant l'expression (24) établie à la question précédente :

\sqrt{\frac{2}{k c T}} \ll 1 \iff T \gg \frac{2}{k c}.

On identifie ainsi un temps caractéristique minimal d'intégration :

T_{\min} \sim \frac{2}{kc}.

Pour faire apparaître le paramètre k', deux analyses complémentaires sont envisageables :

  • Condition de validité du régime de temps long : L'expression de la variance simplifiée requiert l'hypothèse (k' + kc)T \gg 1, soit :

    T \gg \frac{1}{k' + kc}.

    Dans le régime dilué (c \ll c_{1/2} = k'/k), on a kc \ll k', donc \frac{1}{k'+kc} \simeq \frac{1}{k'} \ll \frac{2}{kc} : la condition \Delta c_T / c \ll 1 impose alors la contrainte la plus sévère.

  • Sans l'hypothèse de faible concentration : Si l'on ne néglige pas c devant c_{1/2}, le calcul complet de (\Delta c_T / c)^2 mené à la question 46 donne :

    \left(\frac{\Delta c_T}{c}\right)^2 = \frac{2(k' + kc)}{k k' c T} = \frac{2}{T}\left(\frac{1}{kc} + \frac{1}{k'}\right).

    La condition \Delta c_T / c \ll 1 conduit alors directement à :

    T \gg T_{\min} = \frac{2(k' + kc)}{k k' c} = \frac{2}{kc} + \frac{2}{k'}.

On retiendra donc :

\boxed{T_{\min} = \frac{2}{kc} + \frac{2}{k'} = \frac{2(k'+kc)}{k k' c}}

qui se réduit à T_{\min} \simeq \dfrac{2}{kc} dans la limite d'un milieu dilué (c \ll c_{1/2}).

Commentaire sur l'évolution de T_{\min} avec la concentration c :

  • Lorsque la concentration c est faible (milieu très dilué), T_{\min} varie en 1/c et tend vers l'infini : les rencontres entre les molécules de nutriment et le récepteur deviennent très rares (la fréquence d'accrochage est kc). Pour moyenner efficacement le bruit poissonnien associé à ces événements discrets, la bactérie doit observer pendant une durée d'intégration d'autant plus longue.
  • Lorsque c augmente, les collisions deviennent fréquentes et T_{\min} décroît rapidement : la bactérie peut évaluer la concentration beaucoup plus vite.
  • À forte concentration (c \gg c_{1/2}), le récepteur est saturé la quasi-totalité du temps (p \to 1). Le temps minimal d'intégration tend vers une valeur plancher incompressible, T_{\min} \to \dfrac{2}{k'}, fixée par le temps nécessaire au récepteur pour libérer le nutriment fixé.

Résultat

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III.B · Diffusion 1D biaisée

Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : temps caractéristique, analyse d'échelle

Pour que la bactérie ait intérêt à se déplacer, il faut que le mouvement permette de sonder des zones au-delà de ce qui pourrait être permis par la diffusion pour une bactérie statique. En déduire une expression de la durée minimale d'une phase de course, à exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Comparer la distance quadratique moyenne couverte par diffusion pure \sqrt{2Dt} à la distance balistique V_0 t couverte par la nage.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'ordre de grandeur de la distance caractéristique explorée par diffusion pendant une durée t pour une particule ou une molécule dans le milieu environnant.
  2. Exprimer la distance parcourue par la bactérie nageant en ligne droite à la vitesse V_0 pendant cette même durée t.
  3. Écrire la condition pour que le déplacement balistique l'emporte sur l'exploration diffusive, et en déduire la durée minimale T_{\mathrm{c}}.
Voir la réponse courte

Comparaison de la distance parcourue V_0 T_c avec l'étalement diffusif \sqrt{2D T_c} donnant T_c \gtrsim D/V_0^2.

Voir le corrigé complet

Pour une bactérie immobile (statique), le renouvellement ou l'exploration de l'environnement s'effectue par diffusion passive des molécules de nutriment. Pendant une durée t, la distance caractéristique couverte par diffusion selon la loi d'Einstein-Smoluchowski est de l'ordre de :

\ell_{\mathrm{diff}}(t) \sim \sqrt{D\,t}.

Au cours d'une phase de course en ligne droite à vitesse constante V_0, la bactérie parcourt une distance balistique égale à :

\ell_{\mathrm{course}}(t) = V_0\,t.

Pour que la nage présente un intérêt afin d'explorer de nouvelles régions de l'espace non encore sondées par la simple diffusion, il est nécessaire que la distance parcourue par la nage surpasse l'échelle spatiale atteinte par la diffusion :

\ell_{\mathrm{course}}(t) \geqslant \ell_{\mathrm{diff}}(t) \iff V_0\,t \gtrsim \sqrt{D\,t}.

En élevant au carré pour t > 0, cette condition s'écrit :

V_0^2\,t^2 \gtrsim D\,t \iff t \gtrsim \frac{D}{V_0^2}.

La durée minimale d'une phase de course est donc donnée, à une constante d'ordre unitaire près, par :

\boxed{T_{\mathrm{c}} = \frac{D}{V_0^2}}

Résultat

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Question 49

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : dérivée convective, rapport signal sur bruit

Une bactérie située en mesure une concentration locale . Au cours d'une phase de course où la bactérie se déplace à une vitesse , relier la dérivée temporelle de concentration locale mesurée à la dérivée spatiale de la concentration . Pour que la bactérie puisse détecter de façon fiable une variation de concentration, il faut que cette variation soit supérieure à , image de l'incertitude d'estimation de la concentration due aux fluctuations introduite dans la question 46 et donnée par l'équation (24). En déduire une valeur minimale de la durée d'intégration en fonction de , , et .

Voir l'indice

Appliquer la règle de dérivation en chaîne \mathrm{d}c_{\text{loc}}/\mathrm{d}t = (\mathrm{d}z/\mathrm{d}t)(\partial c/\partial z), puis imposer la condition de détectabilité \delta c = c'_{\text{loc}} T \ge \Delta c_T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle de la concentration locale perçue en appliquant la dérivation d'une fonction composée le long de la trajectoire de la bactérie.
  2. Évaluer la variation de concentration mesurée pendant la durée d'intégration T, puis écrire le critère de détection par rapport aux fluctuations statistiques \Delta c_T.
  3. Résoudre l'inégalité obtenue pour en déduire la durée d'intégration minimale T_{\min}'.
Voir la réponse courte

Variation mesurée \Delta c = V_0 T \partial_z c supérieure au bruit \Delta c_T, conduisant au temps minimal d'intégration T_{\text{min}}'.

Voir le corrigé complet

Pendant une phase de course le long de l'axe (Oz) dans le sens des concentrations croissantes, la position de la bactérie vérifie \dot{z}(t) = V_0. La concentration locale perçue par la bactérie étant c_{\text{loc}}(t) = c(z(t)), la règle de dérivation des fonctions composées donne :

c_{\text{loc}}'(t) = \frac{\mathrm{d}c(z(t))}{\mathrm{d}t} = \frac{\partial c}{\partial z} \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}

soit, en notant \partial_z c = \frac{\partial c}{\partial z} :

\boxed{c_{\text{loc}}'(t) = V_0 \, \partial_z c}

Pendant la durée d'intégration T, la variation de concentration explorée par la bactérie le long de son trajet s'écrit au premier ordre :

\delta c = c_{\text{loc}}'(t) \, T = V_0 \, T \, \partial_z c

Pour que cette variation de concentration soit détectable de manière fiable, elle doit surpasser l'incertitude de mesure \Delta c_T due aux fluctuations statistiques du récepteur :

\delta c \geqslant \Delta c_T

D'après l'équation (24) établie à la question 46, on a :

\frac{\Delta c_T}{c} = \sqrt{\frac{2}{k c T}} \iff \Delta c_T = c \sqrt{\frac{2}{k c T}}

La condition de détection s'écrit alors :

V_0 \, T \, \partial_z c \geqslant c \sqrt{\frac{2}{k c T}}

Toutes les grandeurs étant positives, élevons cette inégalité au carré :

V_0^2 \, (\partial_z c)^2 \, T^2 \geqslant \frac{2 c^2}{k c T} = \frac{2 c}{k T}

soit :

T^3 \geqslant \frac{2 c}{k V_0^2 (\partial_z c)^2}

La durée minimale d'intégration T_{\min}' est donc :

\boxed{T_{\min}' = \left( \frac{2 c}{k V_0^2 (\partial_z c)^2} \right)^{1/3}}

Résultat

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Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse moyenne, marche aléatoire

Montrer que l'on s'attend à ce que la bactérie se déplace vers les zones de fortes concentrations avec une vitesse moyenne donnée par :

Voir l'indice

Calculer la vitesse moyenne comme le déplacement net moyen sur un cycle complet divisé par la durée moyenne totale du cycle (\tau_+ + \tau_-).

Voir la stratégie
  1. Identifier les caractéristiques des deux types de trajectoires possibles (vers les z croissants et vers les z décroissants), choisies chacune avec une probabilité 1/2 à l'issue de chaque culbute.
  2. Exprimer le déplacement moyen et le temps moyen écoulé pour un grand nombre de phases de course successives (ou pour une course élémentaire en moyenne d'ensemble).
  3. En déduire la vitesse moyenne de dérive par le rapport du déplacement total sur la durée totale.
Voir la réponse courte

Déplacement net sur un cycle de durée \tau_+ + \tau_- divisé par le temps total du cycle.

Voir le corrigé complet

À chaque phase de culbute, de durée négligeable, la bactérie choisit de manière équiprobable (probabilité 1/2) l'une des deux directions de déplacement le long de l'axe (Oz) :

  • vers les z croissants (vers les zones de concentration plus élevée) : la vitesse est +V_0, la durée moyenne de la course est \tau_+, ce qui correspond à un déplacement moyen \Delta z_+ = +V_0 \tau_+ ;
  • vers les z décroissants (vers les zones de concentration plus faible) : la vitesse est -V_0, la durée moyenne de la course est \tau_-, ce qui correspond à un déplacement moyen \Delta z_- = -V_0 \tau_-.

Sur un grand nombre N de phases de course, la bactérie effectue en moyenne N/2 courses vers les z croissants et N/2 courses vers les z décroissants.

Le déplacement total moyen le long de l'axe (Oz) s'écrit :

\langle \Delta z_{\mathrm{tot}} \rangle = \frac{N}{2} \Delta z_+ + \frac{N}{2} \Delta z_- = \frac{N}{2} V_0 (\tau_+ - \tau_-)

La durée totale moyenne de ce parcours est :

\langle \Delta t_{\mathrm{tot}} \rangle = \frac{N}{2} \tau_+ + \frac{N}{2} \tau_- = \frac{N}{2} (\tau_+ + \tau_-)

La vitesse moyenne de dérive V_{\mathrm{d}} est le rapport du déplacement moyen sur la durée moyenne :

V_{\mathrm{d}} = \frac{\langle \Delta z_{\mathrm{tot}} \rangle}{\langle \Delta t_{\mathrm{tot}} \rangle} = \frac{\frac{N}{2} V_0 (\tau_+ - \tau_-)}{\frac{N}{2} (\tau_+ + \tau_-)}

d'où :

\boxed{V_{\mathrm{d}} = V_0 \frac{\tau_+ - \tau_-}{\tau_+ + \tau_-}}

Résultat

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Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : marche aléatoire, bilan de probabilité

Nous nous intéressons à la probabilité que la bactérie se situe en à l'instant . En s'aidant du schéma de la figure 8, établir la relation suivante :

Voir l'indice

Appliquer la formule des probabilités totales en conditionnant sur le sens du dernier run (sens positif avec durée \tau_+ ou sens négatif avec durée \tau_-).

Voir la stratégie

Pour exprimer la probabilité de présence \mathbb{P}(z, t), on décompose l'événement « la bactérie se trouve en z à l'instant t » selon les deux trajectoires possibles ayant mené à cet état, issues de la dernière culbute (formule des probabilités totales).

Voir la réponse courte

Loi des probabilités totales en considérant la demi-probabilité de venir de la gauche ou de la droite.

Voir le corrigé complet

D'après les hypothèses du modèle de marche aléatoire unidimensionnelle :

  • les phases de culbute ont une durée négligeable devant celle des phases de course ;
  • à la fin d'une culbute, la bactérie choisit de manière équiprobable (avec une probabilité égale à 1/2) de partir vers les z croissants ou vers les z décroissants ;
  • si elle se déplace dans le sens des z croissants (vers les concentrations plus fortes), la course dure en moyenne \tau_+ à la vitesse +V_0, correspondant à un déplacement +V_0\tau_+ ;
  • si elle se déplace dans le sens des z décroissants (vers les concentrations plus faibles), la course dure en moyenne \tau_- à la vitesse -V_0, correspondant à un déplacement -V_0\tau_-.

Par conséquent, pour arriver en z à l'instant t, la bactérie provient nécessairement de l'un des deux états mutuellement exclusifs suivants :

  1. être partie à l'instant t - \tau_+ de la position z - V_0\tau_+ et avoir choisi d'avancer selon +z (probabilité 1/2) ;
  2. être partie à l'instant t - \tau_- de la position z + V_0\tau_- et avoir choisi d'avancer selon -z (probabilité 1/2).

D'après la formule des probabilités totales, la probabilité \mathbb{P}(z, t) s'écrit :

\mathbb{P}(z, t) = \frac{1}{2}\,\mathbb{P}(z - V_0\tau_+, t - \tau_+) + \frac{1}{2}\,\mathbb{P}(z + V_0\tau_-, t - \tau_-)

ce qui donne immédiatement :

\boxed{\mathbb{P}(z, t) = \frac{\mathbb{P}(z - V_0\tau_+, t - \tau_+) + \mathbb{P}(z + V_0\tau_-, t - \tau_-)}{2}}

Résultat

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Question 52

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : développement limité, équation de diffusion-dérive

Supposons que les variations de sont petites à l'échelle d'une course, c'est-à-dire que . En effectuant un développement de Taylor au premier ordre en et au deuxième ordre en dans l'équation (26), montrer que suit une équation de diffusion avec dérive de la forme :

où le coefficient de diffusion effectif est à déterminer en fonction de , et .

Voir l'indice

Développer les deux termes du membre de droite au premier ordre en temps et au deuxième ordre en espace, puis regrouper les termes différentiels.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité de Taylor pour chacun des deux termes du second membre de l'équation (26) au premier ordre par rapport au temps et au second ordre par rapport à l'espace.
  2. Réinjecter ces développements dans l'équation (26), simplifier le terme d'ordre zéro \mathbb{P}(z, t), puis isoler la dérivée temporelle \partial_t \mathbb{P}.
  3. Identifier la vitesse de dérive V_{\mathrm{d}} établie à la question Q50 et en déduire l'expression analytique du coefficient de diffusion effectif D_{\mathrm{eff}}.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au 1er ordre en temps et 2e ordre en espace, identification du terme de dérive V_d et de D_{\text{eff}}.

Voir le corrigé complet

Rappelons l'équation maîtresse (26) issue de la question Q51 :

\mathbb{P}(z, t) = \frac{\mathbb{P}(z - V_0\tau_+, t - \tau_+) + \mathbb{P}(z + V_0\tau_-, t - \tau_-)}{2}

Effectuons le développement de Taylor de \mathbb{P}(z \mp V_0 \tau_\pm, t - \tau_\pm) au premier ordre en t et au second ordre en z au voisinage de (z, t) :

\begin{aligned} \mathbb{P}(z - V_0\tau_+, t - \tau_+) &= \mathbb{P}(z, t) - \tau_+ \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} - V_0\tau_+ \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} + \frac{1}{2} (V_0\tau_+)^2 \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2} + \dots \\ \mathbb{P}(z + V_0\tau_-, t - \tau_-) &= \mathbb{P}(z, t) - \tau_- \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} + V_0\tau_- \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} + \frac{1}{2} (V_0\tau_-)^2 \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2} + \dots \end{aligned}

En sommant ces deux expressions et en divisant par 2, l'équation (26) devient :

\mathbb{P}(z, t) = \mathbb{P}(z, t) - \left(\frac{\tau_+ + \tau_-}{2}\right) \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} - V_0\left(\frac{\tau_+ - \tau_-}{2}\right) \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} + \frac{V_0^2}{4}\left(\tau_+^2 + \tau_-^2\right) \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2}

En simplifiant par \mathbb{P}(z, t) de part et d'autre, puis en multipliant par \displaystyle \frac{2}{\tau_+ + \tau_-}, on isole la dérivée temporelle :

\frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} = - V_0 \left(\frac{\tau_+ - \tau_-}{\tau_+ + \tau_-}\right) \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} + \frac{V_0^2(\tau_+^2 + \tau_-^2)}{2(\tau_+ + \tau_-)} \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2}

En reconnaissant la vitesse moyenne de dérive V_{\mathrm{d}} = V_0 \dfrac{\tau_+ - \tau_-}{\tau_+ + \tau_-} introduite à la question Q50, on obtient bien l'équation d'advection-diffusion (ou équation de Fokker-Planck) :

\boxed{\frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} = -V_{\mathrm{d}} \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} + D_{\mathrm{eff}} \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2}}

avec le coefficient de diffusion effectif :

\boxed{D_{\mathrm{eff}} = \frac{V_0^2 (\tau_+^2 + \tau_-^2)}{2(\tau_+ + \tau_-)}}

Résultat

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Question 53

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de diffusion, diffusion-convection

On effectue un changement de variable et on définit une probabilité , telle que . Montrer que vérifie une équation de diffusion. Décrire qualitativement la façon dont évolue une bactérie placée dans le gradient de concentration.

Voir l'indice

Calculer les dérivées partielles dans les nouvelles variables d'espace et de temps comobiles à l'aide de la règle de dérivation des fonctions composées.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées partielles de \mathbb{P}(z,t) par rapport à z et t en fonction de celles de \tilde{\mathbb{P}}(\xi,t) à l'aide de la règle de dérivation en chaîne, où \xi(z,t) = z - V_{\mathrm{d}}t.
  2. Injecter ces dérivées dans l'équation de diffusion avec dérive établie à la question Q52 pour obtenir l'équation vérifiée par \tilde{\mathbb{P}}(\xi,t).
  3. Interpréter physiquement le mouvement résultant comme la superposition d'une dérive dirigée vers les fortes concentrations et d'un étalement diffusif.
Voir la réponse courte

Dans le repère mobile à la vitesse V_d, l'équation devient purement diffusive : translation d'ensemble vers les nutriments avec étalement spatial.

Voir le corrigé complet

La relation entre les deux représentations s'écrit :

\mathbb{P}(z, t) = \tilde{\mathbb{P}}\big(\xi(z,t),\, t\big) \quad \text{avec} \quad \xi(z, t) = z - V_{\mathrm{d}}t

En appliquant le théorème de dérivation des fonctions composées :

\begin{aligned} \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial z} &= \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi}\frac{\partial \xi}{\partial z} = \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi} \\ \frac{\partial^2 \mathbb{P}}{\partial z^2} &= \frac{\partial}{\partial z}\left(\frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi}\right) = \frac{\partial^2 \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi^2} \\ \frac{\partial \mathbb{P}}{\partial t} &= \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi}\frac{\partial \xi}{\partial t} + \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial t} = -V_{\mathrm{d}}\frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi} + \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial t} \end{aligned}

En injectant ces relations dans l'équation de transport-diffusion (27) issue de la question Q52, il vient :

-V_{\mathrm{d}}\frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi} + \frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial t} = -V_{\mathrm{d}}\frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi} + D_{\mathrm{eff}}\frac{\partial^2 \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi^2}

Les termes convectifs se simplifient de part et d'autre, ce qui conduit à :

\boxed{\frac{\partial \tilde{\mathbb{P}}}{\partial t} = D_{\mathrm{eff}}\frac{\partial^2 \tilde{\mathbb{P}}}{\partial \xi^2}}

La fonction \tilde{\mathbb{P}}(\xi, t) vérifie bien l'équation de la diffusion à une dimension avec le coefficient de diffusion effectif D_{\mathrm{eff}}.

Description qualitative de l'évolution de la bactérie :

  • Dérive dirigée (chimiotaxie) : Le paquet de probabilité se déplace globalement vers les zones de concentration croissante en nutriments (z croissants) à la vitesse moyenne de dérive V_{\mathrm{d}} > 0. La position moyenne de la bactérie évolue ainsi selon :

    \langle z(t) \rangle = z_0 + V_{\mathrm{d}} t
  • Dispersion statistique (diffusion) : Dans le référentiel mobile se déplaçant à la vitesse V_{\mathrm{d}}, le mouvement reste une marche aléatoire. La distribution de probabilité s'étale donc progressivement au cours du temps, la largeur spatiale caractéristique du paquet de probabilité augmentant comme :

    \Delta z(t) \sim \sqrt{2 D_{\mathrm{eff}} t}

La bactérie parvient ainsi efficacement à remonter le gradient de nutriments grâce à une marche aléatoire biaisée (alternance de run et tumble), tout en continuant d'explorer aléatoirement son environnement immédiat.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique BCPST 2020 ?

Surtout 4 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (33 % des questions, partie I), Mécanique des fluides (32 %, partie II), Cinématique et dynamique du point (16 %) et Facteur de Boltzmann et physique statistique (10 %). Plus ponctuellement : Cinétique chimique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Mécanique du solide et Circuits électriques et régimes transitoires.

Peut-on travailler le sujet ENS Physique BCPST 2020 dès la première année (BCPST1) ?

En partie : 24 questions sur 53 (45 %) ne demandent que le programme de BCPST1. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q11).

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique BCPST 2020 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie II est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique BCPST 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : notamment Q30 (force de traînée), Q31 (force de traînée), Q33 (moment d'une force), Q43 (fonction de corrélation), Q46 (variance) et Q52 (développement limité).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique BCPST 2020 ?

Questions de cours : Q1 (loi de fick), Q12 (nombre de reynolds), Q16 (formule de stokes) et Q37 (flux convectif). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (symétrie et invariance), Q4 (flux diffusif), Q13 (nombre de reynolds), Q17 (principe fondamental de la dynamique), Q18 (vitesse limite), Q38 (nombre de péclet) et Q52 (développement limité).

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique BCPST 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (36 sur 53), par exemple : Q1, Q3 à Q7, Q9 à Q13, Q15 à Q25, Q27 à Q29, Q34 à Q39, Q42, Q45, Q47, Q48 et Q53. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2, Q14, Q26, Q30, Q32, Q40, Q41, Q44, Q46 et Q50 à Q52.

Le sujet ENS Physique BCPST 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet ENS Physique BCPST 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. La moyenne de l'épreuve n'est que de 8,52/20 et le jury dit avoir été surpris du niveau en physique des candidats, relevant des lacunes importantes sur des outils élémentaires. Écart-type : 3,58 (624 présents).

Faut-il connaître le théorème du coquillage de Purcell pour répondre en Q15 ?

Non : l'énoncé guide entièrement l'analyse à partir de la linéarité de l'équation de Stokes. Inverser le gradient de pression inverse les vitesses, ce qui annule le déplacement net lors d'un cycle périodique symétrique.

Quelle hypothèse permet d'obtenir la formule de l'incertitude relative en Q46 ?

L'hypothèse d'une faible saturation des récepteurs (c \ll c_{1/2}, soit p \ll 1). Précisée au début de la sous-partie III.A, elle permet de simplifier p(1-p) \approx p pour aboutir à l'expression fournie.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.