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ÉCOLE DES PONTS PARISTECH, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARISTECH, TELECOM PARISTECH, MINES PARISTECH, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT Atlantique, ENSAE PARISTECH, CHIMIE PARISTECH.

Concours Centrale-Supélec (Cycle International), Concours Mines-Télécom, Concours Commun TPE/EIVP.

CONCOURS 2019

PREMIÈRE ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES

Durée de l'épreuve : 3 heures
L'usage de la calculatrice et de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :

MATHÉMATIQUES I - PSI

L'énoncé de cette épreuve comporte 5 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.
Soit p un entier naturel non nul et r un nombre réel strictement positif. On considère la fonction
S_(r, p) : z ∈ C ↦ ∑_(n = 1)^(+ ∞)((pn)^r)/((pn)!)z^(pn)
L'objectif du problème est d'établir la validité de l'énoncé suivant :
S_(r, p)(x) ∼ _(x → + ∞)1/px^r e^x (H_(r, p))
Cet objectif sera atteint dans la partie II pour le cas particulier p = 1, et dans la partie III pour le cas p ≥ 2. Dans la partie IV, on étudie une application de ce résultat au comportement asymptotique d'une solution particulière d'une certaine équation différentielle d'ordre 2.
Dans tout le sujet, on note ⌊x⌋ la partie entière du nombre réel x, c'est-à-dire l'unique entier k tel que k ≤ x < k + 1. On rappelle que par convention 0^0 = 1, tandis que 0^r = 0 pour tout réel r > 0.

I Généralités, cas particuliers

  1. Soit r ∈ R_+^∗ et p ∈ N^∗. Justifier que la série entière ∑_(n ≥ 1)((pn)^r)/((pn)!)z^n a pour rayon de convergence + ∞, et faire de même pour la série entière ∑_(n ≥ 1)((pn)^r)/((pn)!)z^(np).
  2. Pour x réel, expliciter S_(0, 1)(x) et S_(0, 2)(x), et en déduire la validité des énoncés H_(0, 1) et H_(0, 2).

II Une démonstration probabiliste de H_(r, 1)

On admet dans cette partie qu'il existe, sur un certain espace probabilisé ( Ω, A, P ), une famille (X_x)_(x ∈ R_+^∗) de variables aléatoires à valeurs dans N telle que X_x suive la loi de Poisson de paramètre x pour tout réel x > 0. On fixe de telles données dans l'intégralité de cette partie, et l'on fixe un réel r > 0. On pose
Z_x:=(X_x)/x
Pour N ∈ N^∗, on pose
Y_(x, N):=∏_(k = 0)^(N − 1)(X_x − k) = X_x(X_x − 1)⋯(X_x − N + 1)
  1. Soit x ∈ R_+^∗. Montrer que (Z_x)^r admet une espérance, et exprimer E((Z_x)^r) à l'aide de S_(r, 1)(x).
  2. Pour x > 0, rappeler l'espérance et la variance de X_x. Déduire alors de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev que
P(|Z_x − 1| ≥ x^(− 1/3)) ⟶ _(x → + ∞)0
  1. Montrer que pour tout réel x > 1,
(1 − x^(− 1/3))^r P(Z_x ≥ 1 − x^(− 1/3)) ≤ E((Z_x)^r)
Montrer en outre que
(1 − x^(− 1/3))^r P(Z_x ≥ 1 − x^(− 1/3)) ⟶ _(x → + ∞)1
  1. Soit N ∈ N^∗ et x ∈ R_+^∗. Montrer que Y_(x, N) admet une espérance et que
E(Y_(x, N)) = x^N
  1. Soit N ∈ N^∗. Montrer qu'il existe des réels a_1, …, a_N tels que
a_N = 1 et ∀x > 0, (X_x)^N = ∑_(k = 1)^N a_k Y_(x, k)
On pourra introduire la famille (H_j)_(j ∈ N) de polynômes à coefficients réels définie par
H_0 = 1 et ∀j ∈ N^∗, H_j = ∏_(i = 0)^(j − 1)(T − i)
où l'indéterminée est notée T.
En déduire que
E((Z_x)^N) ⟶ _(x → + ∞)1
  1. On pose N:=⌊r⌋ et s:=r − N. Montrer l'inégalité
∀t ∈ R_+, t^s ≤ s(t − 1) + 1
et en déduire
∀x > 0, (Z_x)^r ≤ (1 − s)(Z_x)^N + s(Z_x)^(N + 1)
  1. En combinant les résultats précédents, établir la convergence
E((Z_x)^r) ⟶ _(x → + ∞)1
et conclure à la validité de l'énoncé H_(r, 1).

III Démonstration de H_(r, p) pour p ≥ 2

On fixe dans cette partie un entier naturel p ≥ 2 et un réel r > 0, et l'on se propose de déduire la validité de H_(r, p) de celle de H_(r, 1).
Pour n ∈ N et x ∈ R_+^∗, on pose
u_n(x):=(n^r)/(n!)x^n
  1. On fixe un réel x > 0. Étudier le signe de la fonction
φ_x : t ∈ [1, + ∞[ ↦ t^(1 − r)(t − 1)^r − x.
On montrera en particulier que φ_x s'annule en un unique élément de [1, + ∞[ que l'on notera t_x. En déduire que la suite finie (u_n(x))_(0 ≤ n ≤ ⌊t_x⌋) est croissante et que la suite (u_n(x))_(n ≥ ⌊t_x⌋) est décroissante.
L'ensemble {u_n(x)|n ∈ N} admet donc un maximum valant u_(⌊t_x⌋)(x). Dans la suite de cette partie, ce maximum sera noté M_x.
11. Soit α ∈ R. Déterminer la limite de φ_x(x + α) quand x tend vers + ∞. En déduire que
t_x − x − r ⟶ _(x → + ∞)0
Pour établir ce dernier résultat, on pourra revenir à la définition d'une limite.
12. Montrer que pour tout entier relatif k,
u_(⌊x⌋ + k)(x) ∼ _(x → + ∞)u_(⌊x⌋)(x).
  1. Soit m ∈ N^∗. Montrer que
∑_(i = ⌊x⌋ − m)^(⌊x⌋)u_i(x) ≥ mu_(⌊x⌋)(x) pour x voisin de + ∞
En déduire que, pour x voisin de + ∞,
u_(⌊x⌋)(x) ≤ (x^r e^x)/m
  1. En déduire que pour tout entier relatif k,
u_(⌊x⌋ + k)(x) = o_(x → + ∞)(x^r e^x)
puis que
M_x = o_(x → + ∞)(x^r e^x)
En vue de ce dernier résultat, on pourra commencer par démontrer que, pour x assez grand, M_x = u_(⌊x⌋ + i)(x) pour un entier i compris entre ⌊r⌋ − 1 et ⌊r⌋ + 2.
15. Dans cette question et la suivante, on fixe un nombre complexe z tel que |z| = 1 et z ≠ 1. Pour n ∈ N^∗, on pose
D_n:=∑_(k = 0)^(n − 1)z^k
Montrer que
∀n ∈ N^∗, |D_n| ≤ 2/(|1 − z|)
et que les séries ∑_n D_n u_(n − 1)(x) et ∑_n D_n u_n(x) sont absolument convergentes.
16. On conserve le nombre complexe z introduit dans la question précédente. Montrer que
∀x ∈ R_+^∗, ∑_(n = 1)^(+ ∞)D_n(u_(n − 1)(x) − u_n(x)) = S_(r, 1)(zx)
puis que, pour x voisin de + ∞,
|S_(r, 1)(zx)| ≤ (4M_x)/(|1 − z|)
et conclure à la relation
S_(r, 1)(zx) = o_(x → + ∞)(x^r e^x)
  1. On pose ξ:=exp((2iπ)/p). Pour tout réel x, montrer que
∑_(k = 0)^(p − 1)S_(r, 1)(ξ^k x) = pS_(r, p)(x)
et en déduire la validité de H_(r, p).

IV Application à une équation différentielle

On s'intéresse ici à l'équation différentielle :
(E) : tx^(′′)(t) − x(t) = 0
  1. Montrer que, parmi les solutions de (E) sur R à valeurs réelles, il en existe une et une seule, notée f, qui soit la somme d'une série entière et vérifie f^′(0) = 1. Expliciter la suite (c_n)_(n ∈ N) telle que
∀t ∈ R, f(t) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)c_n t^n
  1. Démontrer que
c_n ∼ _(n → + ∞)1/(√π)(√n)/((2n)!)4^n
Pour la dernière question, on admet le résultat suivant :

Lemme de comparaison asymptotique des séries entières.

Soit (a_n)_(n ∈ N) et (b_n)_(n ∈ N) deux suites à termes réels. On suppose que :
(i) La série entière ∑_n b_n z^n a pour rayon de convergence + ∞.
(ii) Il existe un rang n_0 ∈ N tel que ∀n ≥ n_0, b_n > 0.
(iii) Les suites (a_n)_(n ∈ N) et (b_n)_(n ∈ N) sont équivalentes.
Alors la série entière ∑_n a_n z^n a pour rayon de convergence + ∞ et
∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n x^n ∼ _(x → + ∞)∑_(n = 0)^(+ ∞)b_n x^n
  1. En exploitant la validité de H_(r, p) pour un couple ( r, p ) bien choisi, démontrer l'équivalent
f(t) ∼ _(t → + ∞)(t^(1/4))/(2√π)e^(2√t)

Fin du problème

Pas de description pour le moment