WikiPrépaLivrets

Polytechnique Mathématiques 2 MP 2009Sujet, corrigé et rapport du jury

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficile
Endomorphismes d'espaces vectoriels de dimension infinie : opérateur de décalage sur les suites bilatères
Afficher ou masquer la section

Le problème étudie d'abord un endomorphisme de C2 dépendant d'un paramètre réel λ, selon que |λ| est supérieur, inférieur ou égal à 2, puis étend l'étude à un opérateur A agissant sur l'espace des suites bilatères de nombres complexes, en passant par des questions d'analyse en dimension infinie sur la continuité et l'inversibilité d'opérateurs.

  1. 1Première partieÉtude des valeurs propres et d'une base propre de l'endomorphisme Tλ de C2 selon les valeurs de λ.
  2. 2Deuxième partieÉtude du noyau de l'endomorphisme A moins λ fois l'identité sur l'espace des suites bilatères, puis de la continuité et de l'inversibilité d'opérateurs associés.

Difficile. Le rapport indique que l'épreuve a été plutôt réussie en début de sujet, mais que les dernières questions (8 à 13) se soldent par un désastre, restant rarement traitées ou réussies, en partie à cause de la fatigue des candidats.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 9,81 / 20 · écart-type 3,59 · 1 524 copies · où vous situez-vous ?
Afficher ou masquer la section
Moyenne
9,81/ 20
Écart-type
3,59
Copies
1 524
moyenne 9,8105101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Confusion sur les deux valeurs propres · Récurrences mal justifiées · Division par une quantité non prouvée non nulle
Afficher ou masquer la section

L'épreuve a été plutôt réussie dans l'ensemble grâce à des questions d'algèbre linéaire élémentaire accessibles, mais le jury constate une désinvolture générale dans la rédaction et un manque de justification des affirmations. Les questions de fin de sujet, plus difficiles et abordées en fin d'épreuve, ont été très largement ratées, la fatigue des candidats s'accumulant.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Confusion sur les deux valeurs propres1.a.

    À la question 1.a., neuf candidats sur dix sont incapables de discerner laquelle des deux valeurs possibles de µλ est supérieure à 1 en valeur absolue, et seul un candidat sur trois invoque le polynôme caractéristique.

    « N euf candidats sur dix sont incapables de discerner, entre les deux valeurs possib les de μ λ »
  2. 2
    Récurrences mal justifiées3.a.b.c.

    Dans les questions 3.a.b.c., les candidats ayant choisi un raisonnement par récurrence oublient souvent qu'elle porte sur deux indices et sur un entier relatif, et certains se contentent d'affirmer une récurrence sans la démontrer.

  3. 3
    Division par une quantité non prouvée non nulle4.a., 8

    À la question 4.a., un candidat sur deux divise sans précaution par une quantité qui n'a pas été montrée non nulle, ce qui fait passer à côté de la question ; l'erreur se retrouve à la question 8.

  4. 4
    Convergence de série présupposée6.b.

    À la question 6.b., les candidats écrivent souvent une majoration qui présuppose l'existence de la somme de la série pour mieux la démontrer ensuite.

  5. 5
    Questions de fin de sujet désastreuses8.a., 8.b.

    Les questions 8.a. et 8.b. se soldent par un désastre : les cas sont souvent escamotés ou affirmés sans justification, la fatigue des candidats se faisant sentir.

    « La fatigue se faisant déjà sentir, ces questions se soldent p ar un désastre »
  6. 6
    Question 13 rarement abordée13

    La question 13 a été rarement abordée et plus rarement encore réussie, avec une division non justifiée par une expression pouvant s'annuler.

Ce qui a été bien réussi

  • Les questions 7.a. et 7.b. ont été bien traitées par plus de 80 % des candidats.
  • La question 10 a été plutôt bien traitée, presque tous les candidats devinant qu'il fallait intervertir série et intégrale.
  • La question 6.a. a été mieux réussie que la question précédente, à laquelle elle ressemblait, en plus facile.
  • La récurrence ascendante de la question 2.a. a été en général bien posée.

Conseils du jury

  • Justifier explicitement chaque affirmation, y compris celles qui découlent d'une question précédente.
  • Ne jamais diviser par une expression sans avoir vérifié au préalable qu'elle est non nulle.
  • Éviter les formules toutes faites comme « par une récurrence élémentaire » lorsque la démonstration est attendue.
  • Gérer son temps pour ne pas arriver épuisé sur les dernières questions, souvent plus discriminantes.
  • Invoquer explicitement les théorèmes utilisés, par exemple le critère de continuité par la borne sur la boule unité.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

DEUXIÈME COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES

(Durée : 4 heures)
L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée pour cette épreuve.

Endomorphismes d'espaces vectoriels de dimension infinie

Première partie

Pour tout nombre réel λ, on désigne par T_λ l'endomorphisme de l'espace vectoriel C^2 représenté par la matrice (0, 1; − 1, λ) dans la base naturelle de C^2 notée (e_1, e_2).
  1. Construire une base ( f_(λ, 1), f_(λ, 2) ) de C^2 telle que chacun des f_(λ, i) ait une composante sur e_1 égale à 1 et , en outre, ayant les propriétés suivantes :
    1.a) Si |λ| > 2, il existe un réel μ_λ de module > 1 tel que
T_λ f_(λ, 1) = μ_λ f_(λ, 1), T_λ f_(λ, 2) = μ_λ^(− 1)f_(λ, 2)
1.b) Si |λ| < 2, on a une formule analogue, mais où μ_λ est un nombre complexe de module 1 et de partie imaginaire > 0, que l'on précisera.
1.c) Si λ = 2, on a
T_2 f_(2, 1) = f_(2, 1), T_2 f_(2, 2) = f_(2, 1) + f_(2, 2)
1.d) Si λ = − 2, on a
T_(− 2)f_(− 2, 1) = − f_(− 2, 1), T_(− 2)f_(− 2, 2) = f_(− 2, 1) − f_(− 2, 2).

Deuxième partie

On désigne par E l'espace vectoriel des suites de nombres complexes x = (x_k)_(k ∈ Z) et par A l'endomorphisme de E défini par
∀x ∈ E, ∀k ∈ Z, (Ax)_k = x_(k − 1) + x_(k + 1).
On s'intéresse au noyau de l'endomorphisme A − λid_E où λ est un nombre réel.
2.a) Vérifier qu'un élément x de E appartient à Ker(A − λid_E) si et seulement si l'on a
∀k ∈ Z, ((x_k)/(x_(k + 1))) = T_λ^k((x_0)/(x_1)).
2.b) Préciser la dimension de Ker(A − λid_E).
3. On suppose x ∈ Ker(A − λid_E) et on note α_(λ, 1) et α_(λ, 2) les composantes, dans la base (f_(λ, 1), f_(λ, 2)) de C^2, du vecteur ((x_0)/(x_1)). Démontrer les assertions suivantes:
3.a) Si |λ| ≠ 2, on a
x_k = μ_λ^k α_(λ, 1) + μ_λ^(− k)α_(λ, 2)
3.b) Si λ = 2, on a
x_k = α_(2, 1) + (k + 1)α_(2, 2)
3.c) Si λ = − 2, on a
x_k = (− 1)^k(α_(− 2, 1) + (1 − k)α_(− 2, 2)).
  1. On fixe un entier N ⩾ 2 et on désigne par P_N l'ensemble des x de E tels que l'on ait x_(k + N) = x_k pour tout k ∈ Z.
Dire pour quelles valeurs de λ le sous-espace Ker(A − λid_E) ∩ P_N n'est pas réduit à {0} et, dans ce cas, en donner une base.

Troisième partie

On définit deux sous-espaces vectoriels de E de la façon suivante :
  • E_1 est l'ensemble des éléments x de E tels que ∑_(k ∈ Z)|x_k| < + ∞ et on le munit de la norme
‖x‖_1 = ∑_(k ∈ Z)|x_k|
  • E_∞ est l'ensemble des éléments u de E tels que sup_(k ∈ Z)|u_k| < + ∞ et on le munit de la norme
‖u‖_∞ = sup_(k ∈ Z)|u_k|
  1. Étant donnés x ∈ E_1 et u ∈ E_∞, on pose
⟨x, u⟩ = ∑_(k ∈ Z)x_k u_k
Vérifier que, pour tout u ∈ E_∞ (resp. tout x ∈ E_1 ), l'application x ↦ ⟨x, u⟩ (resp. u ↦ ⟨x, u⟩ ) est une forme linéaire continue sur E_1 (resp. sur E_∞ ) dont on précisera la norme.
6. Montrer que l'on a A(E_1) ⊂ E_1, A(E_∞) ⊂ E_∞. Montrer que les endomorphismes A_1 et A_∞ induits par A respectivement sur E_1 et E_∞ sont continus et de norme 2.
7. Démontrer les assertions suivantes:
7.a) Pour tout entier n ⩾ 0, tout k ∈ Z et tout x ∈ E on a
(A^n x)_k = ∑_(p = 0)^n(n/p)x_(k − n + 2p)
et
∑_(k ∈ Z)|(A^n x)_k| ⩽ 2^n∑_(k ∈ Z)|x_k|
7.b) Si |λ| > 2, pour tout x ∈ E_1, la formule
B_λ x = ∑_(n ⩾ 0)λ^(− n)A_1^n x
a un sens et définit un endomorphisme bijectif B_λ de E_1 dont on précisera l'inverse.
8. Soit λ un nombre réel.
8.a) Déterminer Ker(A_1 − λid_(E_1)).
8.b) Déterminer Ker(A_∞ − λid_(E_∞)).
9. Dire pour quelles valeurs de λ le sous-espace image de A_1 − λid_(E_1) est une partie dense de E_1.
[On pourra évaluer ⟨x, u⟩ pour x ∈ Im(A_1 − λid_(E_1)) et u ∈ Ker(A_∞ − λid_(E_∞)).]

Quatrième partie

Pour tout élément x de E_1 on définit comme suit une fonction φ_x d'une variable réelle, continue, de période 2π :
φ_x(t) = ∑_(k ∈ Z)x_k e^(ikt)
  1. Calculer ∫_0^(2π)φ_x(t)e^(− int) dt, pour n ∈ Z.
  2. Calculer φ_(A_1 x)(t).
  3. Calculer φ_(B_λ x)(t) pour |λ| > 2.
  4. Donner une nouvelle démonstration de la question 8.a).

Questions fréquentes

4 questions
Sur quoi porte le sujet de mathématiques 2 de l'X MP 2009 ?
Afficher ou masquer la section

Sur quoi porte le sujet de mathématiques 2 de l'X MP 2009 ?

Le sujet porte sur des endomorphismes d'espaces vectoriels, d'abord en dimension finie sur C2, puis en dimension infinie sur l'espace des suites bilatères de nombres complexes.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet de maths 2 X MP 2009 ?

Le jury relève des divisions non justifiées par des quantités pouvant s'annuler, des récurrences mal rédigées et un manque de rigueur sur les dernières questions, très souvent ratées.

Le sujet de mathématiques 2 de l'X MP 2009 est-il difficile ?

Le début du sujet a été plutôt bien réussi, mais les dernières questions se soldent par un désastre selon le rapport, en partie à cause de la fatigue des candidats en fin d'épreuve.

Quelle est la moyenne à l'épreuve de mathématiques 2 de l'X MP 2009 ?

La moyenne est de 9,81/20 pour 1524 copies, avec un écart-type de 3,59.

Pas de description pour le moment