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Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2022 (page 2/3 : Partie III)

Flotter sous un liquide en lévitation

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Partie III : Étude de la stabilité d’une interface liquide-air

A · Surface supérieure du liquide dans un récipient immobile

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : approximation des petites pentes, houle

Quelle condition et doivent-ils vérifier pour que la surface du liquide soit, en tout point, peu inclinée par rapport au plan horizontal ? On supposera cette condition vérifiée dans toute la suite du problème.

Voir l'indice

Exprimer la pente locale \partial z_s/\partial x de l'interface et imposer que sa valeur maximale reste très petite devant l'unité.

Voir la réponse courte

La pente locale \partial \eta/\partial x \sim k \zeta(t) doit rester très petite devant 1 : condition k\zeta \ll 1.

Voir le corrigé complet

À un instant t, l'équation de la surface libre du liquide est donnée par :

z_s(x, t) = \zeta(t) \cos(kx)

La pente locale de la surface libre par rapport au plan horizontal correspond à la dérivée spatiale \dfrac{\partial z_s}{\partial x} :

\tan\theta(x, t) = \frac{\partial z_s}{\partial x} = - k \zeta(t) \sin(kx)

où \theta(x, t) est l'angle d'inclinaison de la tangente à la surface avec l'horizontale.

Pour que la surface soit, en tout point x, très peu inclinée par rapport au plan horizontal, il faut que l'angle d'inclinaison soit petit à tout instant (|\theta(x,t)| \ll 1), soit :

\left|\frac{\partial z_s}{\partial x}\right| \ll 1

La valeur maximale de |\sin(kx)| étant égale à 1, cette condition impose :

\boxed{k |\zeta(t)| \ll 1}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : écoulement irrotationnel, écoulement incompressible, condition aux limites

On néglige les phénomènes de dissipation, dus par exemple à la viscosité du liquide. Vérifier que le champ de vitesses suivant correspond à un écoulement irrotationnel et incompressible, et que sa composante verticale vérifie les bonnes conditions aux limites à la surface et au fond du récipient :

où .

Voir l'indice

Calculer la divergence et le rotationnel du champ de vitesses proposé, puis vérifier la condition cinématique v_z(x,0,t) = \partial z_s/\partial t et l'atténuation en profondeur.

Voir la stratégie
  1. Calculer la divergence et le rotationnel du champ de vitesses pour vérifier l'incompressibilité et le caractère irrotationnel.
  2. Examiner le comportement en profondeur (z \to -\infty) pour traduire l'imperméabilité du fond en eau profonde (k h_l \gg 1).
  3. Écrire la condition cinématique à la surface libre linéarisée en z \simeq 0 grâce à l'approximation des faibles pentes (k|\zeta| \ll 1).
Voir la réponse courte

Vérification de \vec{\nabla}\wedge\vec{v}=\vec{0}, \text{div}\,\vec{v}=0 et vérification des conditions cinématiques en surface et au fond.

Voir le corrigé complet

1. Incompressibilité de l'écoulement

Le champ de vitesses est bidimensionnel dans le plan (x,z). La divergence s'écrit :

\begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{v} &= \frac{\partial v_x}{\partial x} + \frac{\partial v_z}{\partial z} \\ &= \frac{\partial}{\partial x}\left(-\dot{\zeta} e^{kz}\sin kx\right) + \frac{\partial}{\partial z}\left(\dot{\zeta} e^{kz}\cos kx\right) \\ &= -k\dot{\zeta} e^{kz}\cos kx + k\dot{\zeta} e^{kz}\cos kx = 0. \end{aligned}

On a bien \mathrm{div}\,\vec{v} = 0, donc l'écoulement est incompressible.

2. Caractère irrotationnel

Le rotationnel n'a de composante non nulle que selon \vec{u}_y :

\begin{aligned} (\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{v})\cdot \vec{u}_y &= \frac{\partial v_x}{\partial z} - \frac{\partial v_z}{\partial x} \\ &= \frac{\partial}{\partial z}\left(-\dot{\zeta} e^{kz}\sin kx\right) - \frac{\partial}{\partial x}\left(\dot{\zeta} e^{kz}\cos kx\right) \\ &= -k\dot{\zeta} e^{kz}\sin kx - \left(-k\dot{\zeta} e^{kz}\sin kx\right) = 0. \end{aligned}

Les autres composantes étant identiquement nulles, on a \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{v} = \vec{0} : l'écoulement est irrotationnel.

3. Condition à la limite au fond du récipient

L'énoncé précise que la profondeur h_l est grande devant les autres longueurs caractéristiques (k h_l \gg 1), ce qui correspond à l'approximation des ondes en eau profonde. Au fond (z \to -\infty) :

\lim_{z \to -\infty} v_z(x,z,t) = \lim_{z \to -\infty} \left(\dot{\zeta}(t) e^{kz}\cos kx\right) = 0.

La condition d'imperméabilité au fond est donc parfaitement respectée.

4. Condition à la limite cinématique à la surface libre

La position de la surface libre est donnée par z_s(x,t) = \zeta(t)\cos kx. Une particule fluide appartenant à la surface libre y reste à tout instant, ce qui se traduit par :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(z_s(x,t) - z\big) = 0 \iff v_z(x,z_s,t) = \frac{\partial z_s}{\partial t} + v_x(x,z_s,t)\frac{\partial z_s}{\partial x}.

Dans le cadre de l'approximation des petites perturbations (validée à la question 16 par k|\zeta| \ll 1), le terme convectif v_x \frac{\partial z_s}{\partial x} \sim \mathcal{O}(\zeta^2) est négligeable devant les termes d'ordre 1, et l'on peut évaluer la vitesse en z = 0 plutôt qu'en z = z_s :

v_z(x,0,t) \simeq \frac{\partial z_s}{\partial t} = \dot{\zeta}(t)\cos kx.

Or, l'expression proposée donne en z = 0 :

v_z(x, 0, t) = \dot{\zeta}(t) e^0 \cos kx = \dot{\zeta}(t)\cos kx.

La condition cinématique à la surface libre est donc rigoureusement vérifiée au premier ordre.

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : condition aux limites, quantification du nombre d'onde

Pour quelles valeurs de ce champ de vitesses vérifie-t-il les bonnes conditions aux limites sur les parois verticales du récipient ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'imperméabilité v_x = 0 sur les parois rigides latérales en x = 0 et x = L_x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition aux limites cinématique sur une paroi fixe et imperméable (annulation de la composante normale de la vitesse).
  2. Vérifier cette condition sur les parois latérales en y (y = 0 et y = L_y) puis en déduire la condition sur k imposée par les parois en x (x = 0 et x = L_x).
Voir la réponse courte

Annulation de la composante normale de la vitesse sur les parois verticales : k = n\pi/L_x.

Voir le corrigé complet

Sur les parois solides fixes et imperméables du récipient, le fluide ne peut pas traverser la paroi, ce qui impose l'annulation de la vitesse normale :

\vec{v} \cdot \vec{n}_{\text{paroi}} = 0.
  • Pour les parois situées en y = 0 et y = L_y, le vecteur normal est colinéaire à \vec{u}_y. La composante suivant y étant identiquement nulle (v_y = 0), cette condition est automatiquement satisfaite pour tout k.
  • Pour les parois situées en x = 0 et x = L_x, le vecteur normal est colinéaire à \vec{u}_x, ce qui impose v_x = 0 en ces deux limites :

    \begin{aligned} v_x(0, z, t) &= -\dot{\zeta}(t) \, e^{kz} \sin(0) = 0, \\ v_x(L_x, z, t) &= -\dot{\zeta}(t) \, e^{kz} \sin(k L_x) = 0. \end{aligned}

La condition en x = 0 est vérifiée à tout instant et à toute profondeur. Pour que la condition en x = L_x soit également vérifiée quel que soit t et z, il faut que :

\sin(k L_x) = 0 \iff k L_x = n \pi, \quad n \in \mathbb{N}^*.

Le nombre d'onde k étant strictement positif pour une onde de surface non triviale, les valeurs permises pour k sont quantifiées sous la forme :

\boxed{k = \frac{n \pi}{L_x}, \quad n \in \{1, 2, 3, \dots\}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie cinétique, intégrale de volume

Calculer l’énergie cinétique du liquide associée à ce champ de vitesses en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer la densité volumique d'énergie cinétique \frac{1}{2}\rho_l(v_x^2 + v_z^2) sur tout le volume fluide en exploitant la simplification e^{2kz} et les intégrales spatiales des fonctions trigonométriques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le carré de la vitesse v^2 = v_x^2 + v_z^2 à partir des composantes données à la question 17.
  2. Intégrer la densité volumique d'énergie cinétique sur l'ensemble du volume du fluide, en exploitant l'approximation linéaire à la surface libre (z=0) et l'approximation d'eau profonde (k h_l \gg 1, modélisée par une intégration jusqu'à z \to -\infty).
Voir la réponse courte

Intégration spatiale de \frac{1}{2}\rho_l v^2 sur le volume du liquide : E_c = \frac{1}{4k}\rho_l S \dot{\zeta}^2.

Voir le corrigé complet

À l'aide des composantes du champ de vitesses fournies par l'équation (1) de la question 17 :

v_x(x, z, t) = -\dot{\zeta}(t) \, e^{kz} \sin(kx) \quad \text{et} \quad v_z(x, z, t) = \dot{\zeta}(t) \, e^{kz} \cos(kx)

on calcule le carré de la norme de la vitesse en tout point :

\begin{aligned} v^2(x, z, t) &= v_x^2 + v_z^2 \\ &= \dot{\zeta}^2(t) \, e^{2kz} \left( \sin^2(kx) + \cos^2(kx) \right) \\ &= \dot{\zeta}^2(t) \, e^{2kz} \end{aligned}

On remarque que v^2 est indépendant des coordonnées transversales x et y.

L'énergie cinétique totale du fluide s'écrit :

E_c(t) = \frac{1}{2} \rho_l \iiint_{\mathcal{V}} v^2(x, z, t) \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}y \, \mathrm{d}z

Dans le cadre de l'approximation des petites perturbations (k |\zeta| \ll 1), la borne supérieure de l'intégrale sur z peut être prise à la position d'équilibre z = 0 (l'intégration entre 0 et z_s(x,t) apporterait une contribution d'ordre 3 en \zeta, négligeable à l'ordre 2). De plus, l'hypothèse d'eau profonde (k h_l \gg 1) permet d'étendre la borne inférieure de -h_l à -\infty puisque e^{-2k h_l} \ll 1.

L'intégration se sépare alors selon :

\begin{aligned} E_c(t) &= \frac{1}{2} \rho_l \, \dot{\zeta}^2(t) \left( \iint_{\text{base}} \mathrm{d}x \, \mathrm{d}y \right) \int_{-\infty}^{0} e^{2kz} \, \mathrm{d}z \\ &= \frac{1}{2} \rho_l S \, \dot{\zeta}^2(t) \left[ \frac{e^{2kz}}{2k} \right]_{-\infty}^0 \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{E_c(t) = \frac{\rho_l S}{4k} \, \dot{\zeta}(t)^2}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie potentielle de pesanteur, onde de surface

Calculer la variation de l’énergie potentielle de pesanteur du liquide résultant du déplacement de sa surface. On notera cette variation, qu’on exprimera en fonction de , , et .

Voir l'indice

Calculer le travail élémentaire contre la pesanteur pour déformer la surface ou intégrer \int_0^{L_x} \frac{1}{2}\rho_l g \zeta^2 \cos^2(kx)\,L_y\,\mathrm{d}x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation d'énergie potentielle élémentaire d'une colonne verticale de liquide de section \mathrm{d}S = L_y \mathrm{d}x, comprise entre le niveau d'équilibre z = 0 et la surface libre z = z_s(x,t) = \zeta(t) \cos(kx).
  2. Intégrer sur la longueur de la cuve en exploitant la quantification du vecteur d'onde k = n\pi / L_x issue de la question Q18.
Voir la réponse courte

Intégration sur la tranche déformée : E_p = \frac{1}{2}\rho_l g \int \eta^2 dS = \frac{1}{4}\rho_l g S \zeta^2.

Voir le corrigé complet

Choisissons pour référence de l'énergie potentielle de pesanteur le niveau non perturbé de la surface libre, soit z = 0.

Pour une colonne infinitésimale de liquide de base \mathrm{d}x \mathrm{d}y et s'étendant verticalement entre z = 0 et la surface déformée z_s(x,t), la variation d'énergie potentielle de pesanteur s'écrit :

\mathrm{d}^2 E_p = \left( \int_0^{z_s(x,t)} \rho_l g z \, \mathrm{d}z \right) \mathrm{d}x \, \mathrm{d}y = \frac{1}{2} \rho_l g \, z_s(x,t)^2 \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}y

Cette expression reste valable que z_s(x,t) soit positif (surélévation) ou négatif (creux), car un creux correspond à un retrait de matière sous le niveau de référence, ce qui augmente l'énergie potentielle par rapport au fluide manquant.

En intégrant sur la base rectangulaire du récipient (y \in [0, L_y] et x \in [0, L_x]) :

\begin{aligned} E_p(t) &= \int_0^{L_y} \mathrm{d}y \int_0^{L_x} \frac{1}{2} \rho_l g \, \zeta(t)^2 \cos^2(kx) \, \mathrm{d}x \\ &= \frac{1}{2} \rho_l g L_y \, \zeta(t)^2 \int_0^{L_x} \cos^2(kx) \, \mathrm{d}x \end{aligned}

D'après la question Q18, le nombre d'onde vérifie k = \frac{n\pi}{L_x} avec n \in \mathbb{N}^*. L'intégrale spatiale sur un nombre entier de demi-périodes vaut :

\int_0^{L_x} \cos^2(kx) \, \mathrm{d}x = \int_0^{L_x} \frac{1 + \cos(2kx)}{2} \, \mathrm{d}x = \frac{L_x}{2}

Comme la surface de la cuve est S = L_x L_y, on en déduit :

\boxed{E_p(t) = \frac{1}{4} \rho_l g S \, \zeta(t)^2}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : tension superficielle, énergie d'interface

Calculer la variation de l’énergie de tension superficielle, due à l’augmentation de la surface du liquide résultant du déplacement vertical. On notera cette variation, qu’on exprimera en fonction de , , , et du coefficient de tension superficielle .

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Utiliser l'élément de surface déformée \mathrm{d}S = \sqrt{1 + (\partial z_s/\partial x)^2}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y \simeq [1 + \frac{1}{2}(\partial z_s/\partial x)^2]\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y pour relier le surcroît d'aire à l'énergie capillaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'élément d'aire de la surface déformée z_s(x, t) = \zeta(t)\cos(kx) sous la forme d\mathcal{A} = \sqrt{1 + (\partial_x z_s)^2}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y.
  2. Effectuer un développement limité au deuxième ordre grâce à la condition de faible pente établie à la question Q16 (k|\zeta| \ll 1).
  3. Intégrer sur l'ensemble de la section horizontale de surface S = L_x L_y puis multiplier par le coefficient de tension superficielle \gamma_s.
Voir la réponse courte

Accroissement d'aire \Delta A \simeq \frac{1}{2}\int (\partial \eta/\partial x)^2 dS d'où E_s = \frac{1}{4}\gamma_s k^2 S \zeta^2.

Voir le corrigé complet

La surface libre du liquide est paramétrée par l'équation cartésienne z = z_s(x,t) = \zeta(t) \cos(kx), invariante selon l'axe y.

L'élément de surface s'écrit de manière générale :

\mathrm{d}\mathcal{A} = \sqrt{1 + \left(\frac{\partial z_s}{\partial x}\right)^2 + \left(\frac{\partial z_s}{\partial y}\right)^2} \,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y = \sqrt{1 + \left(\frac{\partial z_s}{\partial x}\right)^2} \,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y

avec :

\frac{\partial z_s}{\partial x} = - k\,\zeta(t) \sin(kx)

D'après la question Q16, la surface est très peu inclinée par rapport à l'horizontale, ce qui se traduit par k|\zeta(t)| \ll 1, soit |\partial_x z_s| \ll 1. En développant la racine carrée au premier ordre non nul en (\partial_x z_s)^2 :

\mathrm{d}\mathcal{A} \simeq \left(1 + \frac{1}{2}\left(\frac{\partial z_s}{\partial x}\right)^2\right) \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y = \left(1 + \frac{1}{2} k^2 \zeta(t)^2 \sin^2(kx)\right) \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y

L'accroissement total d'aire de la surface libre est donc :

\Delta \mathcal{A}(t) = \iint_{S} (\mathrm{d}\mathcal{A} - \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y) = \frac{1}{2} k^2 \zeta(t)^2 \int_0^{L_y} \mathrm{d}y \int_0^{L_x} \sin^2(kx) \,\mathrm{d}x

Comme k = \dfrac{n\pi}{L_x} (d'après la question Q18 avec n \in \mathbb{N}^*), on intègre un nombre entier de demi-périodes :

\int_0^{L_x} \sin^2(kx)\,\mathrm{d}x = \frac{L_x}{2}

Sachant que S = L_x L_y, l'augmentation de surface vaut :

\Delta \mathcal{A}(t) = \frac{1}{2} k^2 \zeta(t)^2 L_y \frac{L_x}{2} = \frac{1}{4} k^2 S \zeta(t)^2

L'énergie de tension superficielle étant proportionnelle à l'aire de l'interface (E_s = \gamma_s \Delta \mathcal{A}), on obtient :

\boxed{E_s(t) = \frac{1}{4} \gamma_s k^2 S \zeta(t)^2}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, onde de gravité-capillaires, conservation de l'énergie

Déduire alors des résultats des trois questions précédentes que varie sinusoïdalement en fonction de avec une pulsation dont on donnera l’expression en fonction de , , et .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique totale E_c(t) + E_p(t) + E_s(t) = \text{cte}, dériver par rapport au temps pour obtenir l'équation d'un oscillateur harmonique non amorti.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique totale du système en sommant l'énergie cinétique et les variations d'énergies potentielles issues des questions 19, 20 et 21.
  2. Écrire la conservation de l'énergie mécanique en l'absence de dissipation, puis dériver par rapport au temps pour obtenir l'équation différentielle régissant \zeta(t).
  3. Identifier la forme d'un oscillateur harmonique et exprimer la pulsation propre \Omega.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique E_c + E_p + E_s conduisant à \Omega^2 = gk + \frac{\gamma_s}{\rho_l}k^3.

Voir le corrigé complet

Les phénomènes dissipatifs étant négligés (question 17), l'énergie mécanique totale E_m(t) du liquide est conservative. En prenant comme référence de l'énergie potentielle la surface plane au repos, cette énergie mécanique s'écrit comme la somme de l'énergie cinétique et des variations d'énergie potentielle de pesanteur et de tension superficielle :

E_m(t) = E_c(t) + E_p(t) + E_s(t)

En injectant les résultats établis aux questions Q19, Q20 et Q21, on obtient :

E_m(t) = \frac{\rho_l S}{4k} \dot{\zeta}(t)^2 + \frac{1}{4}\rho_l g S \zeta(t)^2 + \frac{1}{4}\gamma_s k^2 S \zeta(t)^2 = \frac{S}{4} \left[ \frac{\rho_l}{k} \dot{\zeta}(t)^2 + \left(\rho_l g + \gamma_s k^2\right) \zeta(t)^2 \right]

Le système étant conservatif, la dérivée temporelle de l'énergie mécanique est nulle :

\frac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = 0 \iff \frac{S}{2} \dot{\zeta}(t) \left[ \frac{\rho_l}{k} \ddot{\zeta}(t) + \left(\rho_l g + \gamma_s k^2\right)\zeta(t) \right] = 0

Cette relation étant vraie à tout instant et le mouvement n'étant pas identiquement nul (\dot{\zeta} \neq 0), l'amplitude \zeta(t) obéit à l'équation différentielle :

\ddot{\zeta}(t) + \left(gk + \frac{\gamma_s}{\rho_l}k^3\right) \zeta(t) = 0

Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique linéaire \ddot{\zeta} + \Omega^2 \zeta = 0, ce qui prouve que \zeta(t) varie sinusoïdalement avec le temps à la pulsation :

\boxed{\Omega = \sqrt{g k + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^3}}

Résultat

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B · Surface supérieure du liquide dans un récipient en vibration

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force d'inertie d'entraînement, ordre de grandeur

En utilisant les résultats de la première partie, expliquer pourquoi il est légitime de supposer que la force de gravité est beaucoup plus petite que la force d’inertie.

Voir l'indice

Comparer l'accélération d'entraînement A\omega^2 à g en se basant sur la valeur de \gamma obtenue dans la première partie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport de l'amplitude de la force d'inertie d'entraînement au poids pour un élément de matière du liquide en faisant apparaître le paramètre adimensionnel \gamma.
  2. Mobiliser les résultats de la première partie (notamment les questions Q8, Q9 et Q10) pour conclure sur la légitimité de l'approximation.
Voir la réponse courte

Rapport de l'accélération d'entraînement sur la gravité valant \gamma = A\omega^2/g \gg 1.

Voir le corrigé complet

Considérons une particule fluide de masse dm dans le référentiel lié au récipient en vibration. Elle subit :

  • la force de pesanteur : \mathrm{d}\vec{P} = dm\,\vec{g} = -dm\,g\,\vec{u}_z ;
  • la force d'inertie d'entraînement (question Q4) : \mathrm{d}\vec{F}_i(t) = -dm\,\ddot{Z}(t)\vec{u}_z = dm\,A\omega^2\cos(\omega t)\,\vec{u}_z.

L'amplitude de l'accélération d'entraînement est a_{\max} = A\omega^2. Le rapport entre l'amplitude de la force d'inertie et le poids vaut donc :

\frac{\|\mathrm{d}\vec{F}_i\|_{\max}}{\|\mathrm{d}\vec{P}\|} = \frac{dm\,A\omega^2}{dm\,g} = \frac{A\omega^2}{g} = \gamma

Or, dans la première partie :

  • la condition de validité de l'étude à la profondeur critique D^* exigeait (question Q9) :

    \gamma \gg 1
  • les ordres de grandeur issus des mesures expérimentales de la figure 1 donnaient (question Q10) :

    \gamma \simeq 30 \text{ à } 35 \gg 1

L'accélération imposée par la vibration dépasse l'accélération de la pesanteur de plus d'un ordre de grandeur (A\omega^2 \approx 30\,g).

Il est donc tout à fait légitime de supposer que la force de gravité est négligeable devant la force d'inertie d'entraînement pour décrire la réponse rapide du liquide :

\boxed{\gamma = \frac{A\omega^2}{g} \gg 1 \implies \|\vec{F}_g\| \ll \|\vec{F}_i\|}

Résultat

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation d'euler, condition aux limites

En appliquant l’équation d’Euler, dans laquelle on néglige le terme convectif, montrer qu’à la surface, la vitesse du liquide dans le référentiel du récipient vérifie l’équation

Voir l'indice

Projeter l'équation d'Euler selon l'axe horizontal x, en exprimant le gradient de pression horizontal sous l'effet de l'accélération verticale d'entraînement le long de la surface libre inclinée.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation d'Euler dans le référentiel non galiléen du récipient en ne conservant que la force d'inertie d'entraînement (gravité et convection négligées).
  2. Exprimer la condition aux limites de pression à la surface libre (P = P_0) et la dériver par rapport à x.
  3. Linéariser l'expression au premier ordre en la pente \mathrm{d}h/\mathrm{d}x pour en déduire l'accélération horizontale \partial v_x/\partial t.
Voir la réponse courte

Projection tangentielle de l'équation d'Euler à la surface isobare P=P_0 en négligeant le terme convectif.

Voir le corrigé complet

Le récipient est animé d'une accélération verticale \ddot{Z}(t)\vec{u}_z. Dans le référentiel lié au récipient, la force volumique d'inertie d'entraînement s'écrit :

\vec{f}_{\mathrm{ie}} = -\rho_l \ddot{Z}(t)\vec{u}_z.

En négligeant la pesanteur ainsi que le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}, l'équation d'Euler s'écrit :

\rho_l \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = -\vec{\nabla} P - \rho_l \ddot{Z}(t)\vec{u}_z.

En projetant sur les axes horizontaux x et verticaux z :

\begin{align*} \rho_l \frac{\partial v_x}{\partial t} &= -\frac{\partial P}{\partial x} \tag{1} \\ \rho_l \frac{\partial v_z}{\partial t} &= -\frac{\partial P}{\partial z} - \rho_l \ddot{Z}(t). \tag{2}\end{align*}

À la surface libre déformée z = h(x), la tension superficielle étant négligée, la pression est uniforme et égale à la pression atmosphérique :

P(x, z = h(x), t) = P_0 = \text{cste}.

En différentiant cette relation par rapport à x le long de la surface libre, on obtient :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x} \left[ P(x, h(x), t) \right] = \left. \frac{\partial P}{\partial x} \right|_{z=h} + \left. \frac{\partial P}{\partial z} \right|_{z=h} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}x} = 0 \implies \left. \frac{\partial P}{\partial x} \right|_{z=h} = -\left. \frac{\partial P}{\partial z} \right|_{z=h} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}x}.

D'après l'équation (2), le gradient vertical de pression vaut :

\frac{\partial P}{\partial z} = -\rho_l \ddot{Z}(t) - \rho_l \frac{\partial v_z}{\partial t}.

La déformation de la surface étant une petite perturbation (k\zeta \ll 1), la pente \mathrm{d}h/\mathrm{d}x \sim k\zeta et la vitesse induite \vec{v} sont du premier ordre en \zeta. Le terme \frac{\partial v_z}{\partial t} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}x} est donc du second ordre en \zeta et peut être négligé. Au premier ordre, il vient :

\left. \frac{\partial P}{\partial z} \right|_{z=h} \simeq -\rho_l \ddot{Z}(t),

d'où le gradient horizontal de pression à la surface :

\left. \frac{\partial P}{\partial x} \right|_{z=h} \simeq \rho_l \ddot{Z}(t) \frac{\mathrm{d}h(x)}{\mathrm{d}x}.

En injectant ce résultat dans l'équation (1), on obtient bien :

\boxed{\frac{\partial v_x}{\partial t} = -\ddot{Z}(t) \frac{\mathrm{d}h(x)}{\mathrm{d}x}}

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : champ de vitesse, écoulement irrotationnel

Justifier que le champ de vitesses dans le liquide est donné par

Voir l'indice

Intégrer par rapport au temps l'équation précédente et s'assurer que le champ proposé dérive d'un potentiel des vitesses vérifiant l'équation de Laplace et la condition aux limites.

Voir la stratégie
  1. Intégrer par rapport au temps la condition dynamique établie à la question Q24 pour obtenir la composante tangentielle de la vitesse à la surface z \simeq 0.
  2. Exploiter les propriétés de l'écoulement (incompressible, irrotationnel) et les conditions aux limites (atténuation en profondeur, parois latérales) calquées sur l'étude de la question Q17 pour étendre le champ à tout le volume du liquide.
Voir la réponse courte

Intégration temporelle de \partial v_x/\partial t et prolongement harmonique assurant l'irrotationnalité et l'incompressibilité.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q24, la vitesse tangentielle à la surface libre (z \simeq 0) vérifie :

\frac{\partial v_x}{\partial t}(x, 0, t) = -\ddot{Z}(t) \frac{\mathrm{d}h(x)}{\mathrm{d}x}

Sachant que la déformation de la surface s'écrit h(x) \simeq \zeta \cos(kx), il vient :

\frac{\mathrm{d}h(x)}{\mathrm{d}x} = -k \zeta \sin(kx) \implies \frac{\partial v_x}{\partial t}(x, 0, t) = \ddot{Z}(t) k \zeta \sin(kx)

Le mouvement étant purement oscillatoire de moyenne temporelle nulle (sans écoulement permanent stationnaire), l'intégration par rapport au temps donne immédiatement la vitesse tangentielle en surface :

v_x(x, 0, t) = \dot{Z}(t) k \zeta \sin(kx)

Dans le volume du fluide parfait, les forces volumiques d'inertie dérivent d'un potentiel. D'après le théorème de Lagrange (ou de Thomson), l'écoulement est irrotationnel (\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{v} = \vec{0}) et incompressible (\mathrm{div}\,\vec{v} = 0).

Comme établi à la question Q17, la seule structure spatiale compatible avec :

  • la dépendance en \sin(kx) imposée en surface et aux parois x=0, L_x,
  • la décroissance exponentielle en profondeur (e^{kz} \to 0 quand z \to -\infty, approximation des ondes en eau profonde),
  • l'équation de Laplace satisfaite par le potentiel des vitesses,

est de la forme :

v_x(x, z, t) = \dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \sin(kx)

La condition d'incompressibilité impose ensuite :

\frac{\partial v_z}{\partial z} = -\frac{\partial v_x}{\partial x} = -\dot{Z}(t) k^2 \zeta e^{kz} \cos(kx)

Par intégration selon z, avec la condition de vitesse nulle au fond (v_z \to 0 quand z \to -\infty), on obtient :

v_z(x, z, t) = -\dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \cos(kx)

On vérifie sans peine que ce champ vérifie également (\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{v})_y = \frac{\partial v_x}{\partial z} - \frac{\partial v_z}{\partial x} = 0. Le champ de vitesses dans le liquide est donc bien :

\boxed{\begin{aligned} v_x(x, z, t) &= \dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \sin kx \\ v_z(x, z, t) &= -\dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \cos kx \end{aligned}}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie cinétique, moyenne temporelle

Calculer l’énergie cinétique du liquide associée à ce champ de vitesses, moyennée sur une période d’oscillation, en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Calculer l'énergie cinétique instantanée associée au champ de vitesse rapide, puis prendre sa moyenne temporelle sur une période 2\pi/\omega en utilisant \langle \dot{Z}^2 \rangle = \frac{1}{2}A^2\omega^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le carré de la vitesse locale \vec{v}^{\,2} = v_x^2 + v_z^2 à partir des composantes établies à la question 25.
  2. Intégrer la densité volumique d'énergie cinétique sur tout le volume du liquide en exploitant l'analogie directe avec le calcul de la question 19.
  3. Moyenner l'énergie cinétique instantanée sur une période d'oscillation rapide T = 2\pi/\omega.
Voir la réponse courte

Intégration de \frac{1}{2}\rho_l \langle v^2 \rangle sur le domaine : E_v = \frac{1}{8}\rho_l S k \zeta^2 A^2 \omega^2.

Voir le corrigé complet

À partir des composantes du champ de vitesses obtenues à la question 25 :

v_x(x, z, t) = \dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \sin(kx) \quad \text{et} \quad v_z(x, z, t) = -\dot{Z}(t) k \zeta e^{kz} \cos(kx)

on calcule la norme au carré de la vitesse en tout point du fluide :

\begin{aligned} v^2(x, z, t) &= v_x^2 + v_z^2 \\ &= \left(k \zeta \dot{Z}(t)\right)^2 e^{2kz} \left(\sin^2(kx) + \cos^2(kx)\right) \\ &= k^2 \zeta^2 \dot{Z}(t)^2 e^{2kz} \end{aligned}

Ce champ est de même forme spatiale que celui de la question 17, avec la substitution \dot{\zeta}(t) \leftarrow k\zeta \dot{Z}(t). L'énergie cinétique instantanée s'obtient donc en adaptant immédiatement le résultat de la question 19 :

E_c(t) = \frac{\rho_l S}{4k} \left(k \zeta \dot{Z}(t)\right)^2 = \frac{1}{4} \rho_l k S \zeta^2 \dot{Z}(t)^2

Puisque Z(t) = A \cos(\omega t), la vitesse verticale du récipient s'écrit \dot{Z}(t) = -A \omega \sin(\omega t). La moyenne temporelle de son carré sur une période T = 2\pi/\omega vaut :

\langle \dot{Z}(t)^2 \rangle = A^2 \omega^2 \langle \sin^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2} A^2 \omega^2

L'énergie cinétique moyenne E_v = \langle E_c(t) \rangle est donc :

\boxed{E_v = \frac{1}{8} \rho_l k S A^2 \omega^2 \zeta^2}

Résultat

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, potentiel effectif

Le mouvement du liquide est la superposition d’un mouvement rapide, imprimé par la vibration du récipient, et d’un mouvement lent sous l’effet des autres forces en présence, gravité et tension superficielle. Nous admettrons que le seul effet du mouvement rapide sur le mouvement lent est l’ajout d’une contribution supplémentaire à l’énergie mécanique, qui est l’énergie cinétique moyenne calculée à la question précédente. On note maintenant cette contribution pour prendre en compte le fait que l’amplitude varie lentement avec le temps. En déduire comment la relation de dispersion déterminée à la question 22 est modifiée par le mouvement de vibration.

Voir l'indice

Ajouter l'énergie cinétique moyenne E_v à l'énergie mécanique du mouvement lent comme une énergie potentielle effective proportionnelle à \zeta^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique totale associée au mouvement lent en ajoutant la contribution E_v(t) aux énergies calculées aux questions Q19, Q20 et Q21.
  2. Écrire la conservation de cette énergie mécanique pour obtenir l'équation différentielle régissant \zeta(t).
  3. En déduire la nouvelle pulsation propre \Omega(k) et expliciter le terme correctif apporté par la vibration.
Voir la réponse courte

Ajout de l'énergie cinétique rapide comme potentiel effectif, décalant \Omega^2 de +\frac{1}{2}k^2 A^2 \omega^2.

Voir le corrigé complet

L'énergie cinétique moyenne du mouvement rapide E_v(t) agit comme une énergie potentielle effective pour le mouvement lent. L'énergie mécanique totale associée à ce mouvement lent s'écrit donc :

E_m(t) = E_c(t) + E_p(t) + E_s(t) + E_v(t)

En reprenant les résultats des questions Q19, Q20, Q21 et Q26 :

\begin{aligned} E_c(t) &= \frac{\rho_l S}{4k} \dot{\zeta}(t)^2 \\ E_p(t) &= \frac{1}{4} \rho_l g S \zeta(t)^2 \\ E_s(t) &= \frac{1}{4} \gamma_s k^2 S \zeta(t)^2 \\ E_v(t) &= \frac{1}{8} \rho_l k S A^2 \omega^2 \zeta(t)^2 \end{aligned}

L'énergie mécanique se met sous la forme :

E_m(t) = \frac{\rho_l S}{4k} \dot{\zeta}(t)^2 + \frac{1}{4} \rho_l S \left( g + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^2 + \frac{1}{2} A^2 \omega^2 k \right) \zeta(t)^2

En l'absence de dissipation, l'énergie mécanique effective est conservée (\mathrm{d}E_m/\mathrm{d}t = 0) :

\frac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = \dot{\zeta}(t) \left[ \frac{\rho_l S}{2k} \ddot{\zeta}(t) + \frac{1}{2} \rho_l S \left( g + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^2 + \frac{1}{2} A^2 \omega^2 k \right) \zeta(t) \right] = 0

Pour un mouvement non trivial (\dot{\zeta} \neq 0), on obtient l'équation d'un oscillateur harmonique :

\ddot{\zeta}(t) + k \left( g + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^2 + \frac{1}{2} A^2 \omega^2 k \right) \zeta(t) = 0

La pulsation \Omega(k) devient ainsi :

\boxed{\Omega(k) = \sqrt{g k + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^3 + \frac{1}{2} A^2 \omega^2 k^2}}

Le terme sous la racine est augmenté du terme positif \frac{1}{2} A^2 \omega^2 k^2.

Résultat

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C · Surface inférieure du liquide dans un récipient en vibration

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : changement d'amplitude, interface liquide-vapeur

Expliquer sans calcul pourquoi le résultat de la question 26 s’applique toujours, à condition de remplacer l’amplitude du mouvement du récipient par l’amplitude du mouvement du liquide, déterminée à la question 14.

Voir l'indice

Le liquide en lévitation oscille globalement avec l'amplitude relative A_l par rapport au support vibrant, jouant le rôle de l'amplitude d'accélération effective de la couche.

Voir la stratégie
  1. Identifier le référentiel adéquat pour décrire la dynamique interne du liquide en lévitation.
  2. Faire le parallèle entre le mouvement vertical d'ensemble de la couche liquide (d'amplitude A_l) et le mouvement imposé au récipient dans la partie précédente (d'amplitude A).
  3. Conclure sur la dépendance de l'énergie cinétique moyenne associée au mouvement rapide.
Voir la réponse courte

L'interface inférieure vibre avec l'amplitude relative du bain A_l calculée pour la couche d'air.

Voir le corrigé complet

Dans la partie III-B, le liquide était solidaire du récipient : l'écoulement rapide oscillant résultait de la force d'inertie d'entraînement associée à l'accélération verticale du récipient, d'amplitude A\omega^2, et la vitesse induite dans le liquide était directement proportionnelle à l'amplitude de vitesse de translation \dot{Z}(t), d'amplitude A\omega.

Pour le liquide en lévitation (partie II), la couche de liquide oscille verticalement en bloc avec une amplitude A_l à la pulsation \omega :

  • Plaçons-nous dans le référentiel lié au mouvement vertical d'ensemble de la couche liquide. Dans ce référentiel, l'interface inférieure est au repos en moyenne, et le fluide subit une force d'inertie d'entraînement régie par l'accélération de translation de la couche, de pulsation \omega et d'amplitude A_l\omega^2 (au lieu de A\omega^2).
  • La déformation ondulatoire de l'interface inférieure possède la même structure spatiale (incompressibilité, irrotationnalité et décroissance exponentielle vers l'intérieur du fluide en eau profonde). Le champ de vitesses rapides associé présente donc exactement la même forme qu'à la question 25, mais avec une amplitude proportionnelle à la vitesse d'oscillation de la couche, d'amplitude A_l\omega au lieu de A\omega.

L'énergie cinétique moyenne E_v étant une grandeur purement quadratique par rapport au champ de vitesses rapides du fluide, elle est directement proportionnelle au carré de cette amplitude de vitesse, soit (A_l\omega)^2. Le résultat de la question 26 est donc rigoureusement inchangé à condition de substituer A par A_l :

\boxed{E_v = \frac{1}{8} \rho_l k S A_l^2 \omega^2 \zeta^2}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de dispersion, instabilité de rayleigh-taylor

En utilisant le résultat de la question 27, écrire la relation de dispersion vérifiée par les oscillations de la surface inférieure du liquide.

Voir l'indice

Changer le signe du terme de pesanteur g \to -g dans l'énergie potentielle (instabilité de Rayleigh-Taylor) tout en conservant les termes stabilisants de capillarité et de vibration.

Voir la stratégie

Pour obtenir la relation de dispersion à l'interface inférieure liquide-air :

  1. Adapter la contribution de la gravité en tenant compte du fait que le liquide est situé au-dessus de l'air (situation sujette à l'instabilité de Rayleigh-Taylor, ce qui inverse le signe du terme gravitationnel).
  2. Conserver la contribution stabilisante de la tension superficielle, qui minimise toujours l'aire de l'interface.
  3. Remplacer l'amplitude A par l'amplitude A_l dans le terme dynamique de vibration rapide issu des questions 27 et 28.
Voir la réponse courte

Inversion du signe de la gravité pour l'interface inférieure suspendue : \Omega^2 = -gk + \frac{\gamma_s}{\rho_l}k^3 + \frac{1}{2}k^2 A_l^2 \omega^2.

Voir le corrigé complet

À l'interface inférieure, le liquide se trouve au-dessus de la couche d'air. Comparons chaque contribution à l'énergie mécanique du mouvement lent par rapport à l'interface supérieure :

  • Énergie potentielle de pesanteur : lorsque l'interface se déforme sous la forme z_i(x,t) = \zeta(t)\cos(kx), le liquide (plus dense) descend dans les creux et l'air monte dans les crêtes. Le centre de masse du liquide s'abaisse, ce qui diminue son énergie potentielle de pesanteur :

    E_p(t) = -\frac{1}{4}\rho_l g S \zeta(t)^2

    La pesanteur est ici une force déstabilisante (instabilité de Rayleigh-Taylor), ce qui équivaut à remplacer g par -g dans la dynamique.

  • Énergie de tension superficielle : la déformation augmente toujours l'aire de l'interface, si bien que l'énergie capillaire reste positive et stabilisante :

    E_s(t) = \frac{1}{4}\gamma_s k^2 S \zeta(t)^2
  • Énergie cinétique rapide moyenne : d'après la question 28, le liquide oscille avec une amplitude A_l, ce qui donne une énergie cinétique moyenne :

    E_v(t) = \frac{1}{8}\rho_l k S A_l^2 \omega^2 \zeta(t)^2

En reprenant l'énergie mécanique totale du mode lent et la masse effective M_{\text{eff}} = \dfrac{\rho_l S}{2k} déterminée à la question 19 :

E_m(t) = \frac{1}{2} M_{\text{eff}} \dot{\zeta}^2 + \frac{1}{2} K_{\text{eff}} \zeta^2

avec une raideur effective :

K_{\text{eff}} = -\frac{1}{2}\rho_l g S + \frac{1}{2}\gamma_s k^2 S + \frac{1}{4}\rho_l k S A_l^2 \omega^2

La pulsation d'oscillation \Omega(k) = \sqrt{K_{\text{eff}}/M_{\text{eff}}} vérifie donc :

\boxed{\Omega^2(k) = - g k + \frac{\gamma_s}{\rho_l} k^3 + \frac{1}{2} A_l^2 \omega^2 k^2}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : critère de stabilité, instabilité de rayleigh-taylor

On néglige la tension superficielle. En utilisant les résultats des questions 18 et 29, montrer que l’interface liquide-air inférieure est stable si , où est une longueur critique qu’on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer la condition de stabilité \Omega^2(k) > 0 sans tension superficielle pour le mode fondamental imposé par la taille de la cuve k_{\text{min}} = \pi/L_x.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion obtenue à la question 29 en annulant la tension superficielle (\gamma_s = 0).
  2. Énoncer le critère de stabilité de l'interface : l'amplitude \zeta(t) n'est pas exponentiellement croissante si la pulsation propre vérifie \Omega^2(k) > 0.
  3. Utiliser la quantification des modes spatiaux k_n = n\pi / L_x (question 18) pour déterminer la condition portant sur le mode fondamental (n=1), qui est le plus instable.
Voir la réponse courte

Stabilité \Omega^2 > 0 pour le mode fondamental k_{\min} = \pi/L_x, définissant la taille critique L^*.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de dispersion établie à la question 29, en négligeant la tension superficielle (\gamma_s = 0), on a :

\Omega^2(k) = - g k + \frac{1}{2} A_l^2 \omega^2 k^2 = k \left( \frac{1}{2} A_l^2 \omega^2 k - g \right)

L'interface est stable vis-à-vis des petites perturbations si toutes les solutions \zeta(t) sont purement oscillantes, ce qui impose :

\forall k > 0, \quad \Omega^2(k) > 0 \iff k > \frac{2g}{A_l^2 \omega^2}

D'après le résultat de la question 18, le confinement latéral par les parois verticales impose des modes discrets de pulsation d'espace :

k_n = \frac{n \pi}{L_x}, \quad n \in \mathbb{N}^*

Comme la suite (k_n)_{n \ge 1} est strictement croissante, la condition \Omega^2(k_n) > 0 est la plus contraignante pour le mode fondamental (n=1), de plus petite pulsation d'espace k_1 = \pi / L_x. Pour assurer la stabilité de tous les modes, il faut et il suffit donc que le mode fondamental soit stable :

k_1 > \frac{2g}{A_l^2 \omega^2} \iff \frac{\pi}{L_x} > \frac{2g}{A_l^2 \omega^2}

On en déduit que l'interface liquide-air inférieure est stable si :

L_x < L^* \quad \text{avec} \quad \boxed{L^* = \frac{\pi A_l^2 \omega^2}{2g}}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
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Notions : résonance, condition de stabilité

En utilisant la figure 3, quelle valeur de a-t-on intérêt à choisir pour stabiliser l’interface ?

Voir l'indice

Chercher sur le graphique de la figure 3 la pulsation \omega qui maximise le gain A_l/A, garantissant ainsi la plus grande marge de stabilité.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le critère d'optimisation de la stabilité à partir de l'expression de la longueur critique L^* obtenue à la question Q30.
  2. Identifier sur la figure 3 la fréquence d'excitation qui maximise l'amplitude de vibration A_l du liquide pour une amplitude A imposée.
  3. En déduire la valeur optimale de la pulsation \omega.
Voir la réponse courte

Choisir \omega \simeq \omega_0 pour maximiser l'amplitude de résonance A_l et maximiser la dimension stabilisable L^*.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, l'interface inférieure liquide-air est stable tant que la dimension horizontale du récipient vérifie :

L_x < L^* = \frac{\pi A_l^2 \omega^2}{2g}

Pour stabiliser l'interface sur la plus grande largeur L_x possible, ou pour minimiser l'amplitude d'excitation A nécessaire du pot vibrant, il convient de rendre la longueur critique L^* maximale, c'est-à-dire de maximiser le produit A_l \omega.

La figure 3 montre que le gain A_l/A présente une résonance très aiguë en \omega \simeq \omega_0, atteignant une valeur maximale d'environ 13 à la fréquence :

f_0 = \frac{\omega_0}{2\pi} \simeq 107\text{ Hz}

En choisissant d'exciter le récipient à cette fréquence de résonance, l'amplitude A_l du mouvement du liquide est considérablement amplifiée par rapport à l'amplitude d'excitation A (A_l \simeq Q A).

On a donc tout intérêt à choisir :

\boxed{\omega \simeq \omega_0 \simeq 6{,}7 \cdot 10^2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{soit } f \simeq 107\text{ Hz})}

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