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BCE Maths approfondies emlyon ECS 2009Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2009

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Annale de maths approfondies BCE emlyon pour la filiere ECS, session 2009.

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EML ____ MATS

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Première épreuve (option scientifique) MATHÉMATIQUES

Lundi 27 avril 2009 de 8 heures à 12 heures

Les candidats ne doivent faire usage d'aucun document; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.

PROBLÈME 1

Partie I - Calcul d'une intégrale
On note (a, b) un couple de réels strictement positifs.
  1. Montrer que l'intégrale impropre ∫_0^(+ ∞)(e^(− ax) − e^(− bx))/x dx converge.
  2. a. Établir, pour tout (ε, X) appartenant à ]0; + ∞[^2 tel que ε ⩽ X :
∫_ε^X(e^(− ax))/x dx = ∫_(aε)^(aX)(e^(− y))/y dy et ∫_ε^X(e^(− bx))/x dx = ∫_(bε)^(bX)(e^(− y))/y dy
(À cet effet, on pourra utiliser des changements de variable.)
b. En déduire, pour tout (ε, X) appartenant à ]0; + ∞[^2 tel que ε ⩽ X :
∫_ε^X(e^(− ax) − e^(− bx))/x dx = ∫_(aε)^(bε)(e^(− y))/y dy − ∫_(aX)^(bX)(e^(− y))/y dy.
  1. a. Montrer que l'application h : [0; + ∞[ ⟶ ℝ, y ⟼ h(y) = {(1 − e^(− y))/y, si, y ≠ 0; 1, si, y = 0 est continue sur [0; + ∞[.
    b. En déduire : ∫_(aε)^(bε)(e^(− y))/y dy ⟶ _(ε ⟶ 0)lnb/a.
    c. Établir, pour tout X de ]0; + ∞[ : ∫_0^X(e^(− ax) − e^(− bx))/x dx = lnb/a − ∫_(aX)^(bX)(e^(− y))/y dy.
    d. En déduire : ∫_0^(+ ∞)(e^(− ax) − e^(− bx))/x dx = lnb/a.

Partie II - Étude d'un produit scalaire

On note E l'ensemble des applications f : [0; + ∞[ ⟶ ℝ, bornées, de classe C^1, telles que f(0) = 0.
  1. Démontrer que E est un sous-espace vectoriel de l'espace vectoriel réel des applications de [0; + ∞[ dans ℝ.
  2. On considère les applications f_1, f_2, f_3, f_4 définies, pour tout x ∈ [0; + ∞[, par :
f_1(x) = sinx, f_2(x) = cosx, f_3(x) = e^x − 1, f_4(x) = 1 − e^(− x)
Pour chacune de ces applications, indiquer, en le justifiant, si elle est ou non un élément de E.
3. a. Montrer, pour tout f ∈ E : (f(x))/x ⟶ _(x ⟶ 0)f^′(0).
b. Montrer que, pour tout (f, g) ∈ E^2, l'intégrale impropre ∫_0^(+ ∞)(f(x)g(x))/(x^2) dx converge.
On note (.|.): E^2 ⟶ ℝ, (f, g) ⟼ (f|g) = ∫_0^(+ ∞)(f(x)g(x))/(x^2) dx.
4. Établir que (.|.) est un produit scalaire sur E.
5. Démontrer, pour tout (f, g) ∈ E^2 : (f|g) = ∫_0^(+ ∞)(f^′(x)g(x) + f(x)g^′(x))/x dx.
(À cet effet, on pourra commencer par effectuer une intégration par parties sur un segment.)
6. On note, pour tout α ∈ ]0; + ∞[, u_α : [0; + ∞[ ⟶ ℝ, définie, pour tout x ∈ [0; + ∞[, par :
u_α(x) = 1 − e^(− αx)
a. Vérifier : ∀α ∈ ]0; + ∞[, u_α ∈ E.
b. Calculer, pour tout (α, β) ∈ ]0; + ∞[^2, le produit scalaire (u_α|u_β).
(À cet effet, on pourra utiliser les résultats de II. 5 et I.3.d.)
c. Établir, pour tout (α, β) ∈ ]0; + ∞[^2 : (u_α|u_β) > 0.

Partie III - Étude de densités de variables aléatoires

On note c un réel strictement positif.
On considère l'application v : ℝ ⟶ ℝ définie, pour tout réel x, par :
v(x) = {0, si x ⩽ 0; (e^(− c^2 x) − e^(− 4c^2 x))/(xln4), si x > 0
  1. Montrer que v est une densité d'une variable aléatoire réelle.
Soit X une variable aléatoire réelle, à valeurs positives ou nulles, admettant v comme densité.
2. Montrer que X admet une espérance et calculer E(X) en fonction de c.
3. On note Y la variable aléatoire réelle définie par : Y = √X.
a. Montrer que Y est une variable aléatoire réelle à densité et calculer une densité de Y.
b. Montrer que la variable aléatoire réelle Y admet une espérance et une variance, et déterminer E(Y) et V(Y) en fonction de c.

PROBLÈME 2

Notations et définitions

Soit n un entier supérieur ou égal à 2 .
  • La matrice identité de M_n(ℝ) est notée I_n et la matrice nulle de M_n(ℝ) est notée 0_n.
  • Soit M ∈ M_n(ℝ). On dit que M est nilpotente s'il existe un entier naturel non nul p tel que M^p = 0_n.
  • Soient M ∈ M_n(ℝ) et λ une valeur propre réelle de M. On note SEP(M, λ) le sous-espace propre de M associé à λ.
  • On dit qu'une matrice S de M_n(ℝ) est symétrique positive lorsqu'elle est symétrique et vérifie :
∀X ∈ M_(n, 1)(ℝ), ^t XSX ⩾ 0
  • Soient A, R ∈ M_n(ℝ). On dit que R est une racine carrée de A lorsqu'elle vérifie R^2 = A.
Le but de ce problème est d'étudier la notion de racine carrée d'une matrice dans quelques cas particuliers.

Partie I - Deux exemples

  1. Soient θ ∈ ℝ et R_θ = (cosθ, sinθ; sinθ, − cosθ).
Calculer (R_θ)^2 et en déduire que la matrice I_2 admet une infinité de racines carrées.
2. Montrer que la matrice (0, 1; 0, 0) n'admet pas de racine carrée.

Partie II - Racines carrées d'une matrice de la forme I_n + N avec N nilpotente

  1. Donner le développement limité à l'ordre 3 , au voisinage de 0 , de t ⟼ √(1 + t).
On note √(1 + t) = a_0 + a_1 t + a_2 t^2 + a_3 t^3 + o_(t → 0)(t^3) ce développement limité.
2. Montrer qu'il existe un polynôme Q de ℝ[X] tel que :
1 + X = (a_0 + a_1 X + a_2 X^2 + a_3 X^3)^2 + X^4 Q(X)
  1. Soit N ∈ M_n(ℝ) vérifiant N^4 = 0_n. Déduire de la question précédente une racine carrée de I_n + N.

Partie III - Racines carrées d'une matrice de M_n(ℝ) admettant n valeurs propres strictement positives et deux à deux distinctes

  1. Soient f et g deux endomorphismes de ℝ^n vérifiant f ∘ g = g ∘ f. On suppose de plus que f admet n valeurs propres réelles deux à deux distinctes.
    a. Montrer que chaque sous-espace propre de f est stable par g.
    b. En déduire que tout vecteur propre de f est vecteur propre de g.
    c. Justifier que f est diagonalisable.
Montrer que, pour toute base B de ℝ^n constituée de vecteurs propres de f, la matrice associée à g relativement à la base B est diagonale. En déduire que g est diagonalisable.
2. Soit A une matrice de M_n(ℝ) admettant n valeurs propres réelles strictement positives et deux à deux distinctes.
a. Justifier l'existence d'une matrice inversible P de M_n(ℝ) telle que la matrice D = P^(− 1)AP soit diagonale.
b. Donner un exemple de racine carrée de A. (On l'exprimera à l'aide de P et des éléments diagonaux de D.)
c. Soit R une racine carrée de A. Vérifier que AR = RA.
En déduire que la matrice P^(− 1)RP est diagonale.
d. Établir que A admet exactement 2^n racines carrées.

Partie IV - Racine carrée symétrique positive d'une matrice symétrique positive de M_n(ℝ)

Soit S une matrice de M_n(ℝ) symétrique positive.
  1. Montrer que toutes les valeurs propres de S sont positives ou nulles.
  2. Justifier l'existence d'une matrice orthogonale P de M_n(ℝ) telle que la matrice D = P^(− 1)SP soit diagonale.
  3. Déterminer une racine carrée de S qui soit symétrique positive. (On l'exprimera à l'aide de P et des éléments diagonaux de D.)
  4. On veut montrer que S admet une unique racine carrée symétrique positive.
Soit R une matrice symétrique positive telle R^2 = S.
a. Soit λ une valeur propre de R. Montrer que λ^2 est valeur propre de S et que les sous-espaces propres associés vérifient : SEP(R, λ) ⊂ SEP(S, λ^2).
On note p le nombre de valeurs propres deux à deux distinctes de R et λ_1, …, λ_p les p valeurs propres deux à deux distinctes de R.
b. Justifier : ⨁_(i = 1)^p SEP(R, λ_i) ⊂ ⨁_(i = 1)^p SEP(S, λ_i^2).
c. En déduire : n = ∑_(i = 1)^p dim(SEP(R, λ_i)) ⩽ ∑_(i = 1)^p dim(SEP(S, λ_i^2)) ⩽ n.
d. Montrer que λ_1^2, …, λ_p^2 sont les seules valeurs propres de S et que
∀i ∈ {1, …, p}, SEP(R, λ_i) = SEP(S, λ_i^2).
e. Montrer que la matrice P^(− 1)RP est diagonale.
f. En déduire que S admet une unique racine carrée symétrique positive.

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