Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2022
Propriétés et applications des semi-conducteurs
- 51 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en MPSI : 22 questions sur 51, parties 2.1.2 et 3.4
- Vérifié question par question
Faisable en sup ?
Faisable en partie en MPSI : 22 questions sur 51. Autres questions faisables en MPSI
Autres premières années : PTSI 18 · MP2I 24 · TSI1 18 · BCPST1 9 questions.
Détail par partie
- Partie 1 : Propriétés électriques d'un semi-conducteur3/12En partie
- Partie 2 : Étude de la diode PN4/19En partie
- Partie 3 : Transistor bipolaire15/20En partie
Le sujet en bref
Sujet moyen · Diffusion et transferts thermiques, Électrocinétique et électronique, Thermodynamique · 10 incontournables · 24 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet très complet et progressif aborde la physique et l'ingénierie des composants à semi-conducteurs, depuis la structure microscopique en bandes d'énergie jusqu'à la stabilité thermique d'un étage amplificateur élémentaire. Il propose une synthèse remarquable liant la physique quantique et statistique (distribution de Fermi-Dirac), l'électrostatique des milieux (zone de charge d'espace et potentiel de diffusion), les phénomènes de transport (diffusion et dérive sous champ, relation d'Einstein, équation de diffusion-recombinaison) et l'électrocinétique linéaire des petits signaux.
D'une conception pédagogique exemplaire, l'épreuve guide rigoureusement le candidat à travers l'établissement microscopique de la caractéristique de Shockley d'une diode PN, le fonctionnement physique d'un transistor bipolaire NPN, puis l'analyse dynamique et thermique d'un montage amplificateur. C'est un sujet incontournable pour maîtriser l'électronique fondamentale et les transferts de matière/chaleur en modélisation physique.
- Difficulté
- Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
- Temps estimé
- ≈ 4 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Diffusion et transferts thermiques32 %
- Électrocinétique et électronique28 %
- Thermodynamique26 %
- Électromagnétisme15 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en MPSI : 22 questions sur 51, parties 2.1.2 et 3.4.
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Sommaire
51 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
51 questionsPartie 1 : Propriétés électriques d'un semi-conducteur
1.1 · Aspects qualitatifs
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : bande interdite, agitation thermique, conductivité électrique
Exprimer la largeur de la bande interdite en fonction du produit (pour cet ordre de grandeur on ne conservera qu'un chiffre significatif). Indiquer quelle est la conséquence de ce résultat sur la conductivité électrique d'un semi-conducteur intrinsèque à température ambiante. Préciser le sens d'évolution de cette grandeur avec la température. Est-ce également le cas pour un métal ?
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Calculer le rapport E_{\mathrm{G}}/(k_{\mathrm{B}}T_{\mathrm{a}}) à l'aide des valeurs de l'énoncé (1/K = k_{\mathrm{B}}T_{\mathrm{a}}/e \simeq 25\text{ mV}) et en déduire l'ordre de grandeur de l'activation thermique interbande par rapport à celle d'un métal où la densité de porteurs est constante mais où la diffusion sur les phonons augmente avec T.
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- Évaluer l'énergie d'agitation thermique k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}} à l'aide des données du texte (K = 40\text{ V}^{-1} ou directement k_{\mathrm{B}} et e), puis la comparer à la largeur de bande interdite E_{\mathrm{G}} = 1\text{ eV}.
- Relier la population de porteurs libres thermiquement excités au rapport E_{\mathrm{G}}/(k_{\mathrm{B}} T) pour en déduire l'ordre de grandeur de la conductivité.
- Analyser l'effet d'une élévation de température sur la densité de porteurs libres pour le semi-conducteur, et sur la mobilité par diffusion sur le réseau pour le métal.
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E_{\mathrm{G}} \sim 1\text{ eV} \gg k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}} \approx 25\text{ meV} : peu d'électrons excités, conductivité faible augmentant avec T, à l'opposé des métaux.
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D'après les données de l'énoncé, à la température ambiante T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K} :
Avec E_{\mathrm{G}} = 1\text{ eV}, le rapport s'écrit :
En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme demandé pour cet ordre de grandeur :
Conséquence sur la conductivité électrique à température ambiante :
L'énergie thermique k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}} est très faible devant l'énergie E_{\mathrm{G}} nécessaire pour franchir la bande interdite (E_{\mathrm{G}} \gg k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}}). Par conséquent, la probabilité d'excitation thermique d'un électron de la bande de valence vers la bande de conduction (facteur de Boltzmann de l'ordre de \mathrm{e}^{-E_{\mathrm{G}}/(2 k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}})} \sim \mathrm{e}^{-20} \approx 2 \times 10^{-9}) est extrêmement faible. La concentration de porteurs libres (électrons et trous) est donc quasi nulle : à température ambiante, un semi-conducteur intrinsèque présente une conductivité électrique très faible et se comporte pratiquement comme un isolant.
Sens d'évolution de la conductivité avec la température :
Lorsque la température T augmente, l'agitation thermique favorise les transitions interbandes : la concentration de paires électron-trou créées augmente de façon exponentielle. Cette augmentation exponentielle de la densité de porteurs l'emporte très largement sur la légère diminution de leur mobilité due aux collisions avec les phonons du réseau. Par conséquent, la conductivité électrique d'un semi-conducteur intrinsèque augmente avec la température.
Cas d'un métal :
Ce n'est pas le cas pour un métal. Dans un métal, la bande de conduction est partiellement occupée dès 0\text{ K} (ou recouvre la bande de valence) : la densité de porteurs libres y est déjà considérable (\sim 10^{28}\text{ m}^{-3}) et quasiment indépendante de la température. Une augmentation de la température intensifie la diffusion des électrons par les vibrations du réseau cristallin (phonons), ce qui diminue le temps moyen entre collisions et donc la mobilité des porteurs. Ainsi, la conductivité électrique d'un métal diminue lorsque la température augmente (sa résistivité augmente).
Résultat
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Bien que traitée par la majorité des candidats, seule la moitié y a répondu correctement en exprimant et discutant la relation demandée.
« Il fallait exprimer la largeur de la bande interdite et discuter de cette relation. Même si elle a été traitée par la majorité des candidats, seule la moitié y a bien répondu. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 2
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique
Notions : densité particulaire, ordre de grandeur, dopage
En introduisant les ordres de grandeur nécessaires, donner une estimation du nombre d'atomes de semi-conducteur par unité de volume, noté , en . Donner l'ordre de grandeur du rapport et commenter ce résultat.
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Estimer le volume d'une maille cubique de silicium (paramètre de maille a \sim 0{,}5\text{ nm} avec 8 atomes par maille) pour en déduire N_{\mathrm{at}}, puis comparer à N_{\mathrm{D}}.
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Pour estimer la densité atomique N_{\text{at}} d'un solide cristallin en l'absence de données numériques spécifiques :
- On peut évaluer le volume occupé par un atome à partir de la distance interatomique typique d \sim 0{,}2\text{ à }0{,}3\text{ nm} (ou via la masse volumique typique \rho \sim 2\text{ à }3\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} et la masse molaire M \sim 30\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} pour le silicium).
- On en déduit l'ordre de grandeur de N_{\text{at}} en \text{cm}^{-3}, puis le rapport N_{\text{at}}/N_{\mathrm{D}} avec N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3}.
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Estimation de la densité atomique N_{\mathrm{at}} \sim 5 \cdot 10^{22}\text{ cm}^{-3} à partir de la masse volumique ; N_{\mathrm{D}} \ll N_{\mathrm{at}}, le dopage est ultra-minoritaire.
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Dans un solide cristallin covalent tel que le silicium ou le germanium, la distance interatomique typique est de l'ordre de d \sim 0{,}25\text{ nm} = 2{,}5\times 10^{-8}\text{ cm}. Le volume moyen occupé par un atome est donc :
Le nombre d'atomes par unité de volume est ainsi estimé par :
Avec la concentration de dopage N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3} fournie par l'énoncé, le rapport vaut :
Commentaire : Ce rapport montre que les atomes dopants sont introduits à l'état de traces infimes : environ un atome donneur pour un million d'atomes du réseau hôte (soit une fraction molaire de l'ordre de 10^{-6}, ou 1\text{ ppm}). À cette très faible concentration, les impuretés ne modifient pratiquement pas la structure cristalline ni la géométrie des bandes d'énergie du semi-conducteur hôte, tout en augmentant la concentration en porteurs libres de plusieurs ordres de grandeur par rapport au cas intrinsèque.
Résultat
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Ayez en tête les ordres de grandeur usuels pour éviter d'aboutir à des valeurs physiquement aberrantes.
« A la question 2, il fallait donner une estimation du nombre d’atomes de semiconducteur par unité de volume. Il s’agit pour les candidats d’avoir en tête des ordres de grandeurs pour éviter d’écrire des valeurs qui n’ont pas de réalité physique. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 3
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : semi-conducteur, dopage, énergie d'activation
La figure (3) représente l'allure (il s'agit donc d'un tracé qualitatif) de la dépendance de la concentration avec , pour un semi-conducteur SCi (c'est-à-dire sans impureté) et un semi-conducteur de type SCN (c'est-à-dire dopé avec des impuretés de type D, fournissant des électrons libres).
Proposer une interprétation de cette dépendance, sur chacun des trois domaines ①, ② et ③. Pour les valeurs données en fin de la partie introductive, déterminer les ordres de grandeur des valeurs des températures et correspondant respectivement à et . Indiquer également celui de la valeur de . Préciser sur quel domaine se situe la température ambiante . Indiquer sur quel(s) domaine(s) nous pouvons considérer que les impuretés (ici de type D) sont totalement ionisées.
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Associer le domaine ① au gel des impuretés, le domaine ② au régime d'épuisement des donneurs où n \simeq N_{\mathrm{D}}, et le domaine ③ au régime intrinsèque où les transitions bande-à-bande dominent.
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- Interpréter l'allure de la courbe en reliant la variable \beta = 1/(k_{\mathrm{B}} T) à la température (T croît quand \beta décroît) et en comparant l'énergie thermique k_{\mathrm{B}} T aux deux énergies d'activation du système : l'énergie d'ionisation des donneurs \delta E_{\mathrm{D}} et la largeur de bande interdite E_{\mathrm{G}}.
- Déterminer les températures de transition T_{\mathrm{e}} et T_{\mathrm{i}} ainsi que la valeur de référence n^* à partir des valeurs numériques de l'énoncé et de la lecture du plateau \ln(n/n^*) = 0 sur la figure (3).
- Situer la température ambiante T_{\mathrm{a}} et identifier les domaines où l'ionisation des impuretés est complète.
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Identification des trois régimes : gel des impuretés à basse température, épuisement des dopants à température intermédiaire (T_{\mathrm{a}}), et régime intrinsèque à haute température.
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1. Interprétation des trois domaines
La variable d'abscisse est \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}} T} : l'axe pointe vers les basses températures ; se déplacer de droite à gauche correspond à une élévation de température T.
- Domaine ① (\beta > \beta_{\mathrm{e}}, soit T < T_{\mathrm{e}}) : régime de gel des impuretés (ou d'ionisation partielle).
L'énergie thermique est faible devant l'énergie d'ionisation des donneurs (k_{\mathrm{B}} T \lesssim \delta E_{\mathrm{D}} \ll E_{\mathrm{G}}). Les électrons restent majoritairement liés aux atomes donneurs sur le niveau E_{\mathrm{D}}. Lorsque T augmente (\beta diminue), les donneurs s'ionisent progressivement selon le mécanisme (1) en libérant des électrons dans la bande de conduction (BC) : la concentration n augmente rapidement avec la température. Pour le semi-conducteur intrinsèque (SCi), l'agitation thermique est totalement insuffisante pour franchir le gap E_{\mathrm{G}}, la concentration n y est négligeable devant celle du SCN. Domaine ② (\beta_{\mathrm{i}} < \beta < \beta_{\mathrm{e}}, soit T_{\mathrm{e}} < T < T_{\mathrm{i}}) : régime plateau (ou d'épuisement des impuretés / régime extrinsèque).
L'énergie thermique est suffisante pour ioniser la quasi-totalité des donneurs (k_{\mathrm{B}} T \gg \delta E_{\mathrm{D}}), mais demeure insuffisante pour exciter de façon notable des électrons de la bande de valence (BV) vers la bande de conduction à travers le gap (k_{\mathrm{B}} T \ll E_{\mathrm{G}}). Tous les donneurs étant ionisés et la génération thermique interbande étant encore négligeable, la concentration d'électrons libres est constante :n \approx N_{\mathrm{D}} = \text{cte}- Domaine ③ (\beta < \beta_{\mathrm{i}}, soit T > T_{\mathrm{i}}) : régime intrinsèque.
À haute température, l'agitation thermique provoque des transitions interbandes massives de BV vers BC (création de paires électron-trou). La concentration intrinsèque n_{\mathrm{i}}(T) devient très supérieure à la concentration d'impuretés donneuses (n_{\mathrm{i}} \gg N_{\mathrm{D}}). La contribution des dopants devient négligeable : le comportement du SCN rejoint celui du SCi et n \approx n_{\mathrm{i}}(T) sur ce domaine.
2. Ordres de grandeur de T_{\mathrm{e}}, T_{\mathrm{i}} et n^*
Température T_{\mathrm{e}} : la transition entre le gel et le plateau s'effectue lorsque l'énergie thermique est de l'ordre de l'énergie d'ionisation du donneur :
k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{e}} \sim \delta E_{\mathrm{D}}À température ambiante T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K}, k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}} = \frac{e}{K} = \frac{1}{40}\text{ eV} = 0{,}025\text{ eV}. Avec \delta E_{\mathrm{D}} = 0{,}01\text{ eV} :
T_{\mathrm{e}} \sim T_{\mathrm{a}} \, \frac{\delta E_{\mathrm{D}}}{k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}}} = 300 \times \frac{0{,}01}{0{,}025} = 120\text{ K}Soit, avec un seul chiffre significatif :
\boxed{T_{\mathrm{e}} \sim 10^2\text{ K}}Température T_{\mathrm{i}} : la transition vers le régime intrinsèque intervient lorsque la concentration de porteurs thermiquement excités n_{\mathrm{i}}(T_{\mathrm{i}}) devient comparable à N_{\mathrm{D}}. La loi d'action de masse donne n_{\mathrm{i}}(T) \sim N_{\text{eff}} \exp\left(-\frac{E_{\mathrm{G}}}{2k_{\mathrm{B}} T}\right), où la densité d'états effective N_{\text{eff}} est de l'ordre de 10^{19}\text{ cm}^{-3} à N_{\mathrm{at}} \sim 10^{22}\text{ cm}^{-3}. L'égalité n_{\mathrm{i}}(T_{\mathrm{i}}) \sim N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3} impose :
\exp\left(-\frac{E_{\mathrm{G}}}{2k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{i}}}\right) \sim 10^{-3} \text{ à } 10^{-6} \implies \frac{E_{\mathrm{G}}}{2k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{i}}} \sim 7 \text{ à } 14Ainsi, k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{i}} \sim \frac{E_{\mathrm{G}}}{15 \text{ à } 30} \approx 0{,}03 \text{ à } 0{,}07\text{ eV}, ce qui correspond à :
\boxed{T_{\mathrm{i}} \sim 10^3\text{ K}}Valeur de n^* : sur la figure (3), le plateau du domaine ② est situé à l'ordonnée \ln(n/n^*) = 0, ce qui signifie que n = n^* sur ce plateau. Or, dans ce régime, n \approx N_{\mathrm{D}}, d'où :
\boxed{n^* = N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3}}
3. Situation de la température ambiante T_{\mathrm{a}}
Puisque T_{\mathrm{e}} \sim 100\text{ K} < T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K} < T_{\mathrm{i}} \sim 1000\text{ K}, la température ambiante T_{\mathrm{a}} se situe dans le :
4. Domaine(s) d'ionisation totale des impuretés
Les impuretés donneuses sont totalement ionisées dès lors que la température dépasse T_{\mathrm{e}}, c'est-à-dire sur les :
Résultat
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Seule une minorité de candidats a su interpréter correctement le graphe qualitatif, bien qu'aucun calcul ne soit demandé.
« Par exemple, la question 3 portait sur une analyse d’un tracé qualitatif de concentration de porteurs en fonction d’un paramètre. La figure 3a montre qu’une minorité a réussi à interpréter correctement le graphe alors qu’aucune démonstration ou résolution d’équation n’était demandée. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : thermistance, capteur de température
Proposer une application (simple) d'un semi-conducteur SCi inspirée directement de la figure (3).
Voir l'indiceIndice
Penser à un capteur passif dont la résistance varie fortement et continûment avec la température (thermistance CTN).
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- Identifier sur la figure (3) le comportement de la concentration n pour un semi-conducteur intrinsèque (tracé en pointillés).
- Relier la variation de n avec \beta (donc avec la température T) à la grandeur macroscopique mesurable (la conductivité ou la résistance électrique).
- En déduire le composant et son application usuels.
Voir la réponse courteRéponse courte
La forte sensibilité de n avec la température permet de concevoir une thermistance (CTN) ou un capteur de température.
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D'après la figure (3), pour le semi-conducteur intrinsèque (\text{SCi}), la grandeur \ln(n/n^*) varie de manière strictement linéaire et décroissante en fonction de \beta = 1/(k_{\mathrm{B}} T) :
La concentration en porteurs libres n = p est donc une fonction continue, strictement croissante et extrêmement sensible de la température absolue T.
La conductivité électrique \sigma = e(n\mu_n + p\mu_p) du matériau croît ainsi fortement avec la température, ce qui se traduit par une diminution marquée de sa résistance électrique R(T).
Une application directe et courante est donc la réalisation d'un capteur de température résistif, plus précisément une thermistance CTN (à coefficient de température négatif) :
En mesurant la résistance électrique du composant, on accède de façon précise à la température du milieu avec lequel il est en équilibre thermique.
Résultat
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Question sélective faisant appel à la culture générale : seuls 20 % des candidats ont proposé une application correcte.
« Sur la base de la question 3 et de son analyse, la question 4 demande un peu de culture générale pour essayer de donner une application simple d’un semi-conducteur intrinsèque. Seuls 20% des candidats ont donné une réponse correcte. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
1.2 · Modélisation et caractérisation d'un semi-conducteur
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : statistique de fermi-dirac, potentiel chimique
Esquisser la représentation graphique de la fonction en précisant les valeurs particulières qui apparaissent. Déterminer l'intervalle caractéristique d'énergie , exprimé en , sur lequel la fonction varie significativement.
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Tracer la courbe sigmoïde symétrique par rapport au point d'inflexion (E=\mu, f_{\mathrm{e}}=1/2) et évaluer la largeur énergétique \Delta E à partir de la tangente en ce point ou des coupures à 10\% et 90\%.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser les propriétés mathématiques de la fonction de Fermi-Dirac f_{\mathrm{e}}(E) : limites en \pm\infty, valeur au potentiel chimique \mu, symétrie centrale, et pente en E = \mu.
- Définir l'intervalle caractéristique de transition \Delta E à partir de la tangente au point d'inflexion (E = \mu) ou par un critère de seuil (variation de 90 % à 10 %).
- Représenter graphiquement f_{\mathrm{e}}(E) avec les grandeurs remarquables.
Voir la réponse courteRéponse courte
Allure de la marche adoucie de Fermi-Dirac autour de \mu, variant significativement sur un intervalle \Delta E \approx 4 k_{\mathrm{B}} T.
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La distribution de Fermi-Dirac s'écrit :
Ses valeurs et propriétés particulières sont :
- Pour E \to -\infty, \exp[\beta(E-\mu)] \to 0, d'où f_{\mathrm{e}}(E) \to 1 ;
- En E = \mu, \exp(0) = 1, d'où f_{\mathrm{e}}(\mu) = \frac{1}{2} ;
- Pour E \to +\infty, \exp[\beta(E-\mu)] \to +\infty, d'où f_{\mathrm{e}}(E) \to 0 ;
La fonction présente une symétrie centrale par rapport au point (\mu, 1/2), car :
f_{\mathrm{e}}(\mu + \varepsilon) + f_{\mathrm{e}}(\mu - \varepsilon) = \frac{1}{1 + \mathrm{e}^{\beta\varepsilon}} + \frac{1}{1 + \mathrm{e}^{-\beta\varepsilon}} = 1
Calculons la dérivée de f_{\mathrm{e}} par rapport à E :
En E = \mu, la pente vaut :
L'intersection de la tangente en E = \mu avec les asymptotes horizontales f_{\mathrm{e}} = 1 et f_{\mathrm{e}} = 0 définit conventionnellement la largeur de la zone de transition thermique :
L'intervalle caractéristique d'énergie sur lequel la fonction varie significativement est donc :
Résultat
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La question a posé de grosses difficultés : veillez à soigner vos tracés en précisant le nom des axes et les unités.
« Comme indiqué sur la figure 3a, c’est la question 5 qui a posé de grosses difficultés aux candidats, où il était demandé de représenter sur un graphique le nombre moyen d’électrons occupant un état d’énergie E. Le jury rappelle qu’un tracé doit être réalisé proprement, sans oublier d’indiquer le nom des axes et les bonnes unités des grandeurs physiques représentées. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : densité d'états, statistique de fermi-dirac
Nous considérons que la largeur de BC est suffisante pour qu'il devienne légitime de rejeter à l'infini sa borne supérieure. Donner alors l'expression, sous forme d'une intégrale, de la concentration .
Voir l'indiceIndice
Écrire la relation intégrale définissant la concentration comme l'intégrale sur la bande de conduction du produit de la densité d'états g_{\mathrm{C}}(E) par la probabilité d'occupation f_{\mathrm{e}}(E).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le nombre élémentaire \mathrm{d}n d'électrons par unité de volume ayant une énergie comprise entre E et E + \mathrm{d}E dans la bande de conduction comme le produit du nombre d'états disponibles \mathrm{d}G_{\mathrm{C}} = g_{\mathrm{C}}(E)\,\mathrm{d}E par la probabilité d'occupation de ces états f_{\mathrm{e}}(E).
- Intégrer cette distribution sur toute la bande de conduction, c'est-à-dire depuis son bord inférieur E_{\mathrm{C}} jusqu'à +\infty en vertu de l'hypothèse de l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration du produit de la densité d'états de la bande de conduction par la fonction de Fermi-Dirac de E_{\mathrm{C}} à +\infty.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le nombre élémentaire d'électrons par unité de volume occupant les états de la bande de conduction dont l'énergie est comprise dans l'intervalle [E, E + \mathrm{d}E] s'écrit :
La bande de conduction s'étendant à partir de E = E_{\mathrm{C}}, et sa borne supérieure étant rejetée à +\infty, la concentration totale n en électrons libres s'obtient par intégration :
En substituant les expressions données de la densité d'états g_{\mathrm{C}}(E) (relation (2)) et du facteur de Fermi-Dirac f_{\mathrm{e}}(E) (relation (3)), il vient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'énoncé demandait seulement une expression sous forme intégrale ; tenter de la calculer constituait une perte de temps.
« A la question 6, un nombre trop important de candidats s’est lancé dans la résolution de l’expression demandée alors que l’énoncé précisait simplement de donner l’expression sous forme d’une intégrale, une perte de temps non négligeable. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : statistique de maxwell-boltzmann, densité effective d'états
Nous nous plaçons dans le cas où , sur l'intervalle de température que nous considérons (hypothèse ). En posant , établir que la concentration des électrons libres de BC s'exprime selon la relation suivante :
où est une concentration caractéristique, propre à BC, que l'on exprimera en fonction de , , et .
Voir l'indiceIndice
Utiliser l'approximation exponentielle de Boltzmann pour f_{\mathrm{e}}(E) sous l'hypothèse H_{\mu,1}, effectuer le changement de variable suggéré x = \beta(E-E_{\mathrm{C}}) et identifier l'intégrale eulérienne fournie.
Voir la stratégieStratégie
- Justifier l'approximation non dégénérée (statistique de Maxwell-Boltzmann) pour la fonction de Fermi-Dirac dans la bande de conduction grâce à l'hypothèse \mathrm{H}_{\mu, 1}.
- Effectuer le changement de variable x = \beta(E - E_{\mathrm{C}}) dans l'intégrale définissant la concentration n.
- Identifier l'intégrale tabulée I fournie par l'énoncé et en déduire l'expression analytique de N_{\mathrm{C}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Approximation de Maxwell-Boltzmann de la distribution de Fermi et intégrale gaussienne donnant la densité effective d'états N_{\mathrm{C}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question Q6, la concentration volumique des électrons dans la bande de conduction s'écrit :
Pour tout niveau d'énergie E \ge E_{\mathrm{C}} de la bande de conduction, on a :
L'hypothèse \mathrm{H}_{\mu, 1} stipulant que \exp[\beta(E_{\mathrm{C}} - \mu)] \gg 1, on a à fortiori \exp[\beta(E - \mu)] \gg 1. La fonction de Fermi-Dirac se simplifie donc sous la forme de la statistique de Maxwell-Boltzmann :
Effectuons le changement de variable x = \beta(E - E_{\mathrm{C}}) suggéré. On a alors :
Les bornes de l'intégrale deviennent x = 0 pour E = E_{\mathrm{C}} et x \to +\infty lorsque E \to +\infty. En factorisant les termes indépendants de la variable d'intégration :
En remplaçant l'intégrale I par sa valeur \frac{\sqrt{\pi}}{2} et en utilisant \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}} T}, il vient :
On retrouve bien la relation proposée :
avec la densité effective d'états de la bande de conduction :
Résultat
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : loi d'action de masse, potentiel chimique
À partir des relations (4) et (6) exprimer le produit en faisant apparaître la largeur de la bande interdite. Exprimer également le paramètre en faisant apparaître la moyenne .
Voir l'indiceIndice
Faire le produit direct np en sommant les arguments des exponentielles pour faire apparaître E_{\mathrm{G}} = E_{\mathrm{C}}-E_{\mathrm{V}}, puis isoler \mu en considérant le rapport n/p.
Voir la stratégieStratégie
- Multiplier membre à membre les relations (4) et (6) afin d'éliminer le potentiel chimique \mu et d'exprimer le produit np en fonction du gap E_{\mathrm{G}} = E_{\mathrm{C}} - E_{\mathrm{V}}.
- Isoler \mu dans chacune des deux relations puis sommer les deux égalités obtenues pour faire apparaître la demi-somme (E_{\mathrm{V}} + E_{\mathrm{C}})/2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Produit np = N_{\mathrm{C}} N_{\mathrm{V}} e^{-\beta E_{\mathrm{G}}} indépendant de \mu, puis expression de \mu en fonction du rapport n/p.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les relations (4) et (6) de l'énoncé :
1. Expression du produit np :
En effectuant le produit membre à membre, les termes en \mu se compensent dans l'exponentielle :
Sachant que la largeur de la bande interdite est E_{\mathrm{G}} = E_{\mathrm{C}} - E_{\mathrm{V}}, il vient :
2. Expression du paramètre µ :
En prenant le logarithme népérien des relations (4) et (6), on isole \mu :
En sommant ces deux expressions, on fait apparaître la moyenne demandée :
En divisant par 2, on obtient :
En utilisant le fait que N_{\mathrm{V}}/N_{\mathrm{C}} = (m_{\mathrm{V}}/m_{\mathrm{C}})^{3/2}, cette expression s'écrit également :
Résultat
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : semi-conducteur intrinsèque, neutralité électrique
Préciser la relation liant à pour un SCi. En déduire l'expression de dans ce cas, que nous noterons . Préciser les points de l'analyse qualitative conduite en réponse à la question (3) qu'elle corrobore.
Voir l'indiceIndice
Traduire la neutralité globale du cristal pur sans dopants par n=p, en déduire l'expression de n_{\mathrm{i}} et constater la dépendance thermique de type Arrhenius conforme à la pente du domaine ③ de la figure 3.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la condition de neutralité électrique du semi-conducteur intrinsèque (génération par paires électron-trou uniquement).
- Exploiter le produit np déterminé à la question précédente pour expliciter la concentration intrinsèque n_{\mathrm{i}}.
- Relier la dépendance en \beta = 1/(k_{\mathrm{B}}T) de \ln(n_{\mathrm{i}}) aux propriétés du tracé de la figure 3 (pente de la droite intrinsèque et comportement asymptotique à haute température du SCN).
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour un semi-conducteur intrinsèque, n = p = n_{\mathrm{i}} = \sqrt{N_{\mathrm{C}} N_{\mathrm{V}}} e^{-\beta E_{\mathrm{G}}/2}, confirmant la pente en -E_{\mathrm{G}}/2 dans le domaine ③.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un semi-conducteur intrinsèque (SCi), l'absence d'impuretés dopantes implique que les seuls porteurs libres proviennent des transitions directes de la bande de valence vers la bande de conduction. Chaque électron promu dans la bande de conduction laisse une place vacante (trou) dans la bande de valence. La neutralité électrique impose donc :
D'après le résultat de la question 8, le produit np s'écrit :
En notant n = p = n_{\mathrm{i}} la concentration intrinsèque, on obtient n_{\mathrm{i}}^2 = N_{\mathrm{C}} N_{\mathrm{V}} \exp(-\beta E_{\mathrm{G}}), soit :
En prenant le logarithme népérien et en négligeant, conformément aux indications de l'énoncé, la dépendance en température de N_{\mathrm{C}} et N_{\mathrm{V}} devant celle de l'exponentielle, il vient :
Ce résultat confirme directement plusieurs observations de la question 3 :
- Linéarité pour le SCi : La courbe représentant \ln(n) en fonction de \beta pour le semi-conducteur intrinsèque est une droite de pente négative constante, égale à -E_{\mathrm{G}}/2.
- Régime intrinsèque à haute température (domaine ③) : Lorsque la température augmente (\beta < \beta_{\mathrm{i}}), la création thermique de paires électron-trou devient prépondérante devant la densité de dopants (n_{\mathrm{i}} \gg N_{\mathrm{D}}). La concentration d'électrons du semi-conducteur dopé (SCN) tend alors vers n_{\mathrm{i}}, ce qui explique la superposition de la courbe SCN et de la droite en pointillés SCi, avec la même pente -E_{\mathrm{G}}/2.
Résultat
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : potentiel chimique, niveau de fermi
Exprimer le paramètre dans le cas d'un SCi, que nous noterons . Vérifier que ce résultat justifie les hypothèses et adoptées a priori dans la question (7), pour .
Voir l'indiceIndice
Dans l'expression générale de \mu avec n=p et m_{\mathrm{C}} \simeq m_{\mathrm{V}}, déduire que le niveau de Fermi intrinsèque \mu_{\mathrm{i}} se situe exactement au milieu du gap, puis évaluer numériquement \beta(E_{\mathrm{C}}-\mu_{\mathrm{i}}).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer \mu_{\mathrm{i}} à partir de la relation générale établie à la question Q8 en injectant la condition d'un semi-conducteur intrinsèque n = p = n_{\mathrm{i}} (question Q9) et l'égalité des masses effectives m_{\mathrm{V}} \simeq m_{\mathrm{C}}.
- Calculer numériquement l'écart \beta(E_{\mathrm{C}} - \mu_{\mathrm{i}}) = \beta(\mu_{\mathrm{i}} - E_{\mathrm{V}}) à la température ambiante T_{\mathrm{a}} pour évaluer les termes exponentiels des hypothèses \mathrm{H}_{\mu, 1} et \mathrm{H}_{\mu, 2}.
Voir la réponse courteRéponse courte
\mu_{\mathrm{i}} se situe quasi au milieu de la bande interdite, vérifiant E_{\mathrm{C}} - \mu \gg k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}} et \mu - E_{\mathrm{V}} \gg k_{\mathrm{B}} T_{\mathrm{a}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'expression de \mu établie à la question Q8 :
Dans le cas d'un semi-conducteur intrinsèque (SCi), l'égalité des concentrations s'écrit n = p = n_{\mathrm{i}} (question Q9), d'où \ln(n/p) = 0.
De plus, les densités effectives d'états vérifient le rapport :
L'expression rigoureuse du potentiel chimique intrinsèque \mu_{\mathrm{i}} est donc :
Comme l'énoncé indique que m_{\mathrm{V}} \simeq m_{\mathrm{C}} \simeq m_{\mathrm{e}}, le terme logarithmique s'annule :
Vérifions à présent les hypothèses \mathrm{H}_{\mu, 1} et \mathrm{H}_{\mu, 2} à la température ambiante T = T_{\mathrm{a}}. Avec \mu_{\mathrm{i}} situé exactement au milieu de la bande interdite :
L'argument de l'exponentielle s'écrit alors :
Avec les valeurs numériques fournies (E_{\mathrm{G}} = 1\text{ eV} et K = 40\text{ V}^{-1} pour T = T_{\mathrm{a}}) :
On en déduit :
Résultat
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique ; Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : gaz parfait, densité particulaire, ordre de grandeur
La relation établie en réponse à la question (9) conduit à la valeur . Comparer cette valeur au nombre (moyen) , par unité de volume, d'atomes ou de molécules d'un gaz parfait à la pression atmosphérique et température ambiante. Commenter brièvement ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Calculer n_{\mathrm{GP}} = P/(k_{\mathrm{B}}T) à la pression atmosphérique standard (10^5\text{ Pa}) et comparer ce résultat à n_{\mathrm{i}} pour illustrer l'extrême rareté des porteurs intrinsèques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Densité d'un gaz parfait n_{\mathrm{GP}} = P/(k_{\mathrm{B}} T) \sim 2{,}5 \cdot 10^{19}\text{ cm}^{-3} bien supérieure à n_{\mathrm{i}}, illustrant la rareté des porteurs libres.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation d'état des gaz parfaits, la pression P et la concentration volumique particulaire n_{\mathrm{GP}} d'un gaz à la température ambiante T_{\mathrm{a}} sont reliées par :
À la pression atmosphérique usuelle P \simeq 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa} et pour T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K} :
On en déduit le rapport :
Commentaire :
La concentration intrinsèque n_{\mathrm{i}} \sim 10^{11}\text{ cm}^{-3} est environ huit ordres de grandeur plus faible que celle des molécules d'un gaz à pression ambiante, alors même qu'un gaz est un milieu déjà très dilué par rapport à la matière condensée (N_{\mathrm{at}} \sim 5 \times 10^{22}\text{ cm}^{-3} d'après la question Q2).
À l'état pur à température ambiante, il n'y a donc qu'environ un électron libre pour 5 \times 10^{11} atomes du cristal : le semi-conducteur intrinsèque se comporte quasiment comme un isolant électrique. Ce résultat met en évidence la nécessité du dopage (par exemple à N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3}) pour apporter des porteurs libres en nombre suffisant et conférer au matériau une conductivité exploitable.
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique
Notions : porteur minoritaire, loi d'action de masse
Nous considérons un SCN dans le domaine ② de la figure (3). Exprimer le rapport de concentration et donner l'ordre de grandeur de sa valeur. Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la loi d'action de masse np = n_{\mathrm{i}}^2 avec la quasi-totalité des électrons apportés par les donneurs (n \simeq N_{\mathrm{D}}) pour évaluer la population ultra-minoritaire de trous.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la concentration en électrons n dans le domaine ② (régime d'épuisement des impuretés).
- Utiliser la loi d'action de masse générale np = n_{\mathrm{i}}^2 pour exprimer p, puis le rapport p/n.
- Effectuer l'estimation numérique et interpréter les notions de porteurs majoritaires et minoritaires.
Voir la réponse courteRéponse courte
Dans le domaine d'épuisement, n \approx N_{\mathrm{D}} donc p/n = (n_{\mathrm{i}}/N_{\mathrm{D}})^2 \lll 1, confirmant le caractère ultra-minoritaire des trous.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le domaine ② (régime plateau de la figure 3), l'énergie thermique est suffisante pour ioniser la totalité des donneurs (T \gg T_{\mathrm{e}}), tout en restant insuffisante pour déclencher des transitions interbandes massives (T \ll T_{\mathrm{i}}). La concentration en électrons libres est alors imposée par le dopage :
D'après le résultat de la question 9, la loi d'action de masse s'applique à tout semi-conducteur à l'équilibre thermodynamique :
On en déduit l'expression du rapport de concentration :
Avec les ordres de grandeur fournis dans l'énoncé (n_{\mathrm{i}} \sim 10^{11}\text{ cm}^{-3} et N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3}), on obtient :
Commentaires :
- Le rapport \frac{p}{n} \sim 10^{-10} \ll 1 montre que la population de trous est totalement négligeable devant celle des électrons. Les électrons libres sont les porteurs majoritaires (n \simeq 10^{16}\text{ cm}^{-3}) et les trous libres sont les porteurs minoritaires (p \simeq 10^6\text{ cm}^{-3}).
- La conduction électrique dans ce domaine de température est donc quasi exclusivement assurée par les électrons (conduction unipolaire).
- Par ailleurs, l'introduction de donneurs augmente drastiquement la concentration en électrons (n \gg n_{\mathrm{i}}), ce qui déplace l'équilibre de recombinaison et effondre la concentration en trous bien en-deçà de sa valeur intrinsèque (p \ll n_{\mathrm{i}}).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question accessible mais abordée par trop peu de candidats, consistant à exprimer le rapport des concentrations et à le commenter.
« seule la dernière question semble avoir posé des difficultés. Il s’agissait d’exprimer le rapport des concentrations des charges et de commenter le résultat. La question n’était pas difficile mais seul un petit nombre l’a abordée. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Partie 2 : Étude de la diode PN
2.1.1 · Étude électrostatique
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : équation de poisson, théorème de gauss, relation de passage
Établir l'expression de la composante du champ électrique en fonction de l'abscisse . Exprimer la condition de continuité du champ électrique en . Interpréter le résultat obtenu.
Voir l'indiceIndice
Intégrer l'équation de Poisson unidimensionnelle \mathrm{d}E/\mathrm{d}X = \rho(X)/\varepsilon dans chaque zone avec la nullité du champ hors de la ZCE. La continuité en X=0 traduit la neutralité électrique globale de la ZCE.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter la symétrie plane du problème et l'équation locale de Maxwell-Gauss pour relier la composante E(X) à la densité volumique de charge \rho(X) dans chaque domaine.
- Intégrer cette équation en utilisant l'absence de champ extérieur aux bornes (X \le X_{\mathrm{A}} et X \ge X_{\mathrm{D}}).
- Écrire la continuité de E(X) à la jonction métallurgique X = 0 et interpréter physiquement la relation obtenue en termes de bilan de charge.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de l'équation de Poisson 1D par morceaux ; la continuité de E en X=0 traduit la neutralité globale de la ZCE.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le problème présente une invariance par translation selon les directions orthogonales à l'axe (OX) et le semi-conducteur n'est soumis à aucun champ extérieur. Le champ électrique est donc purement longitudinal : \vec{E} = E(X)\,\vec{e}_X.
L'équation de Maxwell-Gauss s'écrit dans ce milieu diélectrique de permittivité \varepsilon :
En l'absence de champ extérieur et du fait de la neutralité électrique des zones hors de la ZCE, le champ électrique est nul pour X < X_{\mathrm{A}} et pour X > X_{\mathrm{D}} :
Par intégration de part et d'autre de la frontière X = 0 :
Pour X \in [X_{\mathrm{A}},\, 0], la densité de charge vaut \rho(X) = -e N_{\mathrm{A}}. La continuité de E en X = X_{\mathrm{A}} donne E(X_{\mathrm{A}}) = 0, d'où :
\begin{aligned} E(X) - E(X_{\mathrm{A}}) &= \int_{X_{\mathrm{A}}}^X -\frac{e N_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}\,\mathrm{d}X' \\ E(X) &= -\frac{e N_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{A}}) \end{aligned}Pour X \in [0,\, X_{\mathrm{D}}], la densité de charge vaut \rho(X) = +e N_{\mathrm{D}}. La continuité de E en X = X_{\mathrm{D}} donne E(X_{\mathrm{D}}) = 0, d'où :
\begin{aligned} E(X) - E(X_{\mathrm{D}}) &= \int_{X_{\mathrm{D}}}^X \frac{e N_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}\,\mathrm{d}X' \\ E(X) &= \frac{e N_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{D}}) \end{aligned}
On résume ainsi l'expression de E(X) :
La répartition de charge étant purement volumique (absence de nappe de charge surfacique en X = 0), le champ électrique est continu en X = 0 :
soit, en simplifiant par e/\varepsilon et en remarquant que X_{\mathrm{A}} < 0 :
Interprétation : En multipliant par la charge élémentaire e et une section droite S de la diode, cette égalité devient :
Elle exprime la neutralité électrique globale de la zone de charge d'espace : la charge totale des ions fixes accepteurs négatifs créés par le départ des trous de la zone P compense exactement la charge des ions donneurs positifs laissés par les électrons ayant quitté la zone N.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention aux erreurs de signe entre côtés P et N, et ne négligez pas l'interprétation montrant la neutralité électrique de la ZCE.
« La question 13 a plutôt bien réussi aux candidats, il s’agissait d’exprimer le champ électrique en fonction de l’abscisse X. La plupart des erreurs est liée aux erreurs de signe concernant le côté P et le côté N. »
« Il s’agissait simplement de montrer la neutralité électrique dans la zone de charge d’espace. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 14
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : potentiel électrostatique, potentiel de diffusion
Établir l'expression du potentiel en fonction de l'abscisse (on imposera la condition ). Établir l'expression de la différence de potentiel , appelée potentiel de diffusion, apparaissant de part et d'autre de la ZCE. Identifier le phénomène qui contrebalance la migration croisée des porteurs de charge libres et permet ainsi d'atteindre un état d'équilibre.
Voir l'indiceIndice
Intégrer E(X) = -\mathrm{d}\psi/\mathrm{d}X par morceaux avec la condition \psi(0)=0. Remarquer que le champ électrique créé s'oppose au mouvement de diffusion thermique des porteurs.
Voir la stratégieStratégie
- Intégrer la relation E(X) = -\dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X} sur chaque domaine en utilisant les expressions de E(X) trouvées à la question Q13, en imposant la condition de référence \psi(0) = 0\text{ V} et la continuité du potentiel en X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}}.
- En déduire l'expression de la différence de potentiel V_{\mathrm{d}} = \psi(X_{\mathrm{D}}) - \psi(X_{\mathrm{A}}).
- Identifier la force électrique induite par le champ interne et le courant de dérive (ou conduction) associé, qui s'oppose au courant de diffusion pour chaque type de porteur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de E = -\mathrm{d}\psi/\mathrm{d}X pour trouver \psi(X) et V_{\mathrm{d}} ; le champ électrique interne compense le gradient de concentration.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le potentiel électrostatique \psi(X) est relié au champ électrique par :
avec la condition imposée \psi(0) = 0\text{ V}.
1. Expression du potentiel selon les différentes zones :
Pour X \in [X_{\mathrm{A}}, 0] : d'après la question Q13, E(X) = -\dfrac{eN_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{A}}), d'où :
\psi(X) = \int_0^X \frac{eN_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}(X' - X_{\mathrm{A}})\,\mathrm{d}X' = \frac{eN_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}\left(\frac{X^2}{2} - X_{\mathrm{A}}X\right)En particulier, pour X = X_{\mathrm{A}} :
\psi(X_{\mathrm{A}}) = \frac{eN_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}\left(\frac{X_{\mathrm{A}}^2}{2} - X_{\mathrm{A}}^2\right) = -\frac{eN_{\mathrm{A}}X_{\mathrm{A}}^2}{2\varepsilon}Pour X < X_{\mathrm{A}} : le champ est nul (E = 0), le potentiel est donc uniforme et continu en X_{\mathrm{A}} :
\psi(X) = \psi(X_{\mathrm{A}}) = -\frac{eN_{\mathrm{A}}X_{\mathrm{A}}^2}{2\varepsilon}Pour X \in [0, X_{\mathrm{D}}] : d'après la question Q13, E(X) = \dfrac{eN_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{D}}), d'où :
\psi(X) = -\int_0^X \frac{eN_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}(X' - X_{\mathrm{D}})\,\mathrm{d}X' = \frac{eN_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}\left(X_{\mathrm{D}}X - \frac{X^2}{2}\right)En particulier, pour X = X_{\mathrm{D}} :
\psi(X_{\mathrm{D}}) = \frac{eN_{\mathrm{D}}X_{\mathrm{D}}^2}{2\varepsilon}Pour X > X_{\mathrm{D}} : le champ est nul (E = 0), le potentiel est donc uniforme et continu en X_{\mathrm{D}} :
\psi(X) = \psi(X_{\mathrm{D}}) = \frac{eN_{\mathrm{D}}X_{\mathrm{D}}^2}{2\varepsilon}
En résumé :
2. Expression du potentiel de diffusion V_{\mathrm{d}} : Par définition :
En utilisant la relation de neutralité -N_{\mathrm{A}}X_{\mathrm{A}} = N_{\mathrm{D}}X_{\mathrm{D}} et la largeur W = X_{\mathrm{D}} - X_{\mathrm{A}}, on peut également écrire :
3. Phénomène contrebalançant la diffusion : La migration croisée des porteurs par diffusion (électrons de N vers P, trous de P vers N) fait apparaître une zone de charge d'espace et un champ électrique interne \vec{E} = E(X)\vec{e}_X dirigé de N vers P (E(X) < 0). Ce champ exerce une force électrique \vec{F} = q\vec{E} qui entraîne un courant de conduction (ou dérive) opposé au courant de diffusion :
- les trous (q = +e) subissent une force vers la région P ;
- les électrons (q = -e) subissent une force vers la région N.
C'est donc le courant de conduction (ou de dérive), induit par le champ électrique interne régnant dans la ZCE, qui contrebalance la diffusion particulaire et conduit à un équilibre stationnaire (courant total nul).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le calcul du potentiel a été réussi par 60 % des candidats, mais la phase d'analyse ou de commentaire a été bien moins maîtrisée.
« 60% des candidats ont bien répondu à cette question. Même constat que précédemment, lorsqu’il s’agit d’interpréter, d’analyser ou de commenter des résultats, le taux de réussite s’affaisse comme le montre clairement la figure 3b. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Schéma ou tracé
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : champ électrostatique, potentiel électrostatique
Représenter, en correspondance avec la répartition de la densité volumique de charge illustrée sur la figure (5) (à reproduire), l'allure des représentations graphiques des fonctions et .
Voir l'indiceIndice
Tracer E(X) sous forme de deux segments linéaires continus formant un triangle négatif, et \psi(X) sous forme de deux arcs paraboliques raccordés continûment avec une dérivée continue en X=0.
Voir la stratégieStratégie
Pour tracer des représentations graphiques en correspondance rigoureuse :
- On aligne verticalement les abscisses remarquables (X_{\mathrm{A}}, 0, X_{\mathrm{D}}) sur les trois graphes.
- On exploite la relation \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}X} = \dfrac{\rho(X)}{\varepsilon} : la pente de E(X) est fixée par \rho(X) (nulle hors de la ZCE, constante négative sur [X_{\mathrm{A}},0], constante positive sur [0, X_{\mathrm{D}}]).
- On exploite la relation \dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X} = -E(X) : comme E(X) \leqslant 0, la fonction \psi(X) est croissante au sens large, avec des tangentes horizontales en X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}} (où E=0), et une pente maximale en X = 0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé d'un champ E(X) triangulaire négatif et d'un potentiel \psi(X) continu raccordant deux paraboles entre X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats obtenus aux questions précédentes :
Densité volumique de charge \rho(X) (figure 5 reproduite) :
\rho(X) = \begin{cases} 0 & \text{pour } X < X_{\mathrm{A}} \\ -e N_{\mathrm{A}} & \text{pour } X_{\mathrm{A}} < X < 0 \\ +e N_{\mathrm{D}} & \text{pour } 0 < X < X_{\mathrm{D}} \\ 0 & \text{pour } X > X_{\mathrm{D}} \end{cases}avec la condition de neutralité globale N_{\mathrm{A}}|X_{\mathrm{A}}| = N_{\mathrm{D}}X_{\mathrm{D}} (égalités des aires sous l'axe et sur l'axe).
Champ électrique E(X) (question 13) :
- E(X) = 0 pour X \leqslant X_{\mathrm{A}} et X \geqslant X_{\mathrm{D}} ;
- sur [X_{\mathrm{A}}, 0], E(X) = -\dfrac{eN_{\mathrm{A}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{A}}) décroît linéairement de 0 à une valeur minimale E(0) = \dfrac{eN_{\mathrm{A}}X_{\mathrm{A}}}{\varepsilon} < 0 ;
- sur [0, X_{\mathrm{D}}], E(X) = \dfrac{eN_{\mathrm{D}}}{\varepsilon}(X - X_{\mathrm{D}}) croît linéairement de E(0) = -\dfrac{eN_{\mathrm{D}}X_{\mathrm{D}}}{\varepsilon} à 0 ;
- E(X) est continu sur tout \mathbb{R}, toujours négatif ou nul (orienté de N vers P).
Potentiel électrique \psi(X) (question 14) :
- pour X \leqslant X_{\mathrm{A}}, \psi(X) = \psi(X_{\mathrm{A}}) = -\dfrac{e N_{\mathrm{A}} X_{\mathrm{A}}^2}{2\varepsilon} (palier horizontal négatif) ;
- sur [X_{\mathrm{A}}, 0], \psi(X) est un arc de parabole convexe (\psi'' > 0), à tangente horizontale en X = X_{\mathrm{A}} et passant par \psi(0) = 0 ;
- sur [0, X_{\mathrm{D}}], \psi(X) est un arc de parabole concave (\psi'' < 0), passant par (0,0), de tangente horizontale en X = X_{\mathrm{D}} où \psi(X_{\mathrm{D}}) = \dfrac{e N_{\mathrm{D}} X_{\mathrm{D}}^2}{2\varepsilon} > 0 ;
- pour X \geqslant X_{\mathrm{D}}, \psi(X) = \psi(X_{\mathrm{D}}) (palier horizontal positif) ;
- la différence entre les deux paliers définit le potentiel de diffusion V_{\mathrm{d}} = \psi(X_{\mathrm{D}}) - \psi(X_{\mathrm{A}}).
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Moins de 25 % des candidats obtiennent tous les points : soignez vos courbes en indiquant clairement noms d'axes, unités et valeurs.
« La question 15 concerne une représentation graphique et le constat reste le même, il faut vraiment s’appliquer sur ce type de question avec des graphes propres, comportant chacun les données nécessaires : nom des axes, unités, valeurs, etc. Moins de 25% des candidats ont eu tous les points à cette question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question déjà tombée ailleurs
Question 16
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : équilibre thermodynamique, degré de liberté
Les équations de l'électrostatique obtenues en réponse aux questions (13) et (14) permettent-elles de déterminer les inconnues que sont les abscisses et ainsi que le potentiel de diffusion ?
Voir l'indiceIndice
Compter les équations indépendantes fournies par l'électrostatique pure (seulement deux relations reliant X_{\mathrm{A}}, X_{\mathrm{D}} et V_{\mathrm{d}}) : une relation thermodynamique supplémentaire décrivant le transport est indispensable.
Voir la stratégieStratégie
Faire le bilan du nombre d'inconnues à déterminer (X_{\mathrm{A}}, X_{\mathrm{D}} et V_{\mathrm{d}}) et le comparer au nombre de relations indépendantes issues du seul traitement électrostatique aux questions 13 et 14.
Voir la réponse courteRéponse courte
Non, l'électrostatique fournit seulement deux relations pour trois inconnues (X_{\mathrm{A}}, X_{\mathrm{D}}, V_{\mathrm{d}}) ; une relation d'équilibre physico-chimique est requise.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Faisons le bilan des inconnues et des relations issues du traitement électrostatique :
- Il y a 3 inconnues physiques : les bornes de la zone de charge d'espace X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}}, ainsi que la différence de potentiel de diffusion V_{\mathrm{d}}.
L'étude électrostatique menée aux questions 13 et 14 ne fournit que 2 relations indépendantes reliant ces grandeurs :
La condition de continuité du champ électrique en X = 0, traduisant la neutralité globale de la zone de charge d'espace (ZCE) :
-N_{\mathrm{A}} X_{\mathrm{A}} = N_{\mathrm{D}} X_{\mathrm{D}}L'expression du potentiel de diffusion V_{\mathrm{d}} = \psi(X_{\mathrm{D}}) - \psi(X_{\mathrm{A}}) en fonction de la géométrie de la ZCE :
V_{\mathrm{d}} = \frac{e}{2\varepsilon}\left(N_{\mathrm{D}} X_{\mathrm{D}}^2 + N_{\mathrm{A}} X_{\mathrm{A}}^2\right)
On dispose ainsi de 2 équations indépendantes pour 3 grandeurs inconnues.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question sans difficulté : il suffisait de constater que le nombre d'équations était insuffisant pour déterminer les inconnues.
« Concernant la question 16, elle ne présentait aucune difficulté, il suffisait simplement de montrer que le nombre d’équations était insuffisant pour déterminer toutes les inconnues. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
2.1.2 · Phénomène de diffusion particulaire
Question 17
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : marche aléatoire, flux particulaire
Exprimer le nombre de particules transitant (algébriquement) de gauche à droite, par unité de temps, entre les points et .
Voir l'indiceIndice
Calculer le flux net discret de particules franchissant le plan intermédiaire comme la différence entre la fraction p sautant vers la droite depuis na et celle sautant vers la gauche depuis (n+1)a, par unité de temps \tau.
Voir la stratégieStratégie
- Considérer l'intervalle de temps élémentaire [q\tau, (q+1)\tau] de durée \tau.
- Exprimer le nombre moyen de particules sautant de \mathrm{M}(na) vers \mathrm{M}((n+1)a) (vers la droite) ainsi que le nombre de particules effectuant le saut inverse de \mathrm{M}((n+1)a) vers \mathrm{M}(na) (vers la gauche).
- Établir le bilan net algébrique de gauche à droite et ramener ce bilan par unité de temps en divisant par \tau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan de saut probabiliste entre les sites n et n+1 pendant \tau : f_{n,q} = \frac{p}{\tau}[F(na, q\tau) - F((n+1)a, q\tau)].
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pendant l'intervalle de temps [q\tau, (q+1)\tau] de durée \Delta t = \tau :
Parmi les F(na, q\tau) particules situées en \mathrm{M}(na), chacune effectue un saut vers la droite vers \mathrm{M}((n+1)a) avec la probabilité p. Le nombre moyen de particules se déplaçant de \mathrm{M}(na) vers \mathrm{M}((n+1)a) est donc :
N_{n \to n+1} = p\,F(na, q\tau)Symétriquement, parmi les F((n+1)a, q\tau) particules situées en \mathrm{M}((n+1)a), chacune effectue un saut vers la gauche vers \mathrm{M}(na) avec la même probabilité p. Le nombre moyen de particules effectuant ce déplacement est :
N_{n+1 \to n} = p\,F((n+1)a, q\tau)
Le nombre net (algébrique) de particules ayant transité de gauche à droite à travers l'interface séparant \mathrm{M}(na) et \mathrm{M}((n+1)a) au cours de la durée \tau s'écrit donc :
Par définition, f_{n,q} représente ce nombre de particules par unité de temps, soit f_{n,q} = \frac{\Delta N}{\tau} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Lisez attentivement l'énoncé : beaucoup de candidats ont omis de diviser par le pas de temps pour obtenir un taux par unité de temps.
« Question abordée par un nombre important de candidats mais qu’une faible partie d’entre eux a bien traité. Souvent les candidats ont oublié de diviser par le pas de temps, précision clairement indiquée dans la question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : limite continue, développement de taylor
Nous supposons dès à présent que les pas et sont, respectivement, très inférieurs à la longueur et au temps caractéristiques de variation de la fonction . Donner l'expression de dans cette limite continue.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un développement de Taylor à l'ordre 1 en espace de la fonction continue F(x+a,t) au voisinage de x=na.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'expression discrète du débit particulaire f_{n,q} obtenue à la question Q17.
- Considérer une fonction F(x, t) continûment différentiable en posant x = na et t = q\tau, puis effectuer un développement limité au premier ordre par rapport à l'incrément spatial a \ll L_c.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement limité au premier ordre en a conduisant à f \approx -\frac{p a}{\tau} \frac{\partial F}{\partial x}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q17, le nombre algébrique de particules traversant la section entre les sites na et (n+1)a par unité de temps s'écrit :
Dans la limite où le pas d'espace a et le pas de temps \tau sont très petits devant les échelles spatiales et temporelles de variation de F, on associe aux variables discrètes les coordonnées continues x = na et t = q\tau.
Un développement de Taylor à l'ordre un en a de la fonction continue F autour de l'abscisse x donne :
En reportant ce développement dans l'expression de f_{n,q}, il vient :
Dans la limite continue, l'expression de f_{n,q} devient donc :
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : loi de fick, coefficient de diffusion
Nous notons la concentration en particules du domaine cubique de côté et de centre . Établir enfin que la grandeur , ramenée à la surface traversée par les particules, que nous appellerons flux particulaire surfacique, s'exprime par la relation suivante :
On exprimera le coefficient , appelé coefficient de diffusion, en fonction de , et et l'on précisera sa dimension.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la densité surfacique de flux \varphi = f/a^2 en fonction de la concentration volumique C = F/a^3 et identifier le coefficient de diffusion D.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le flux particulaire surfacique \varphi(x, t) comme le quotient du débit particulaire f(x, t) par l'aire transverse S = a^2.
- Exprimer le nombre de particules F en fonction de la concentration volumique C = F/a^3 dans l'expression de f(x, t) obtenue à la question 18.
- Identifier avec la première loi de Fick \varphi(x, t) = -D \dfrac{\partial C}{\partial x} pour en déduire D et son analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courteRéponse courte
Division par la surface a^2 : obtention de la première loi de Fick avec D = p a^2 / \tau en \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, le flux particulaire surfacique \varphi(x, t) correspond au nombre algébrique de particules traversant l'unité de surface par unité de temps, selon l'axe des x croissants. La surface élémentaire transverse traversée entre deux cellules cubiques consécutives vaut S = a \times a = a^2, d'où :
D'après le résultat de la question 18, f(x, t) = -\dfrac{p a}{\tau} \dfrac{\partial F}{\partial x}. La concentration volumique étant définie par C(x, t) = \dfrac{F(x, t)}{a^3}, soit F(x, t) = a^3 C(x, t), il vient :
Par identification avec la relation constitutive de la diffusion (première loi de Fick) :
on obtient l'expression du coefficient de diffusion D :
La probabilité p étant sans dimension, la dimension du coefficient de diffusion D est :
Dans le Système international, D s'exprime en \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}.
Résultat
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Lisez la question jusqu'au bout pour ne pas oublier d'indiquer l'unité du coefficient de diffusion.
« Le jury insiste sur le fait qu’il faut lire dans son intégralité la question, par exemple, à la question 19, bon nombre de candidats ont oublié de préciser l’unité du coefficient de diffusion. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
2.1.3 · Équilibre diffusion-conduction
Question 20
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : relation d'einstein, équilibre diffusion-conduction
Établir que l'équilibre des courants de conduction et de diffusion se traduit par l'équation suivante :
Voir l'indiceIndice
Écrire l'annulation de la densité de courant totale j = q C v - q D_q \frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}X} = 0, remplacer v par \mu_q E = -\mu_q \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X} et séparer les variables pour intégrer entre X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les densités volumiques de courant de conduction et de diffusion associées à une population de porteurs de charge q et de concentration C(X).
- Écrire l'annulation de la densité de courant totale à l'équilibre thermodynamique en reliant le champ électrique au potentiel électrostatique : E(X) = -\dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X}.
- Séparer les variables et intégrer l'équation différentielle entre les bornes de la zone de charge d'espace, X_{\mathrm{A}} et X_{\mathrm{D}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Annulation de la densité de courant J = q C \mu_q E - q D_q \frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}X} = 0, donnant après intégration le facteur exponentiel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une population de porteurs libres de charge q, de concentration C(X), de mobilité \mu_q et de coefficient de diffusion D_q le long de l'axe unidimensionnel (OX) :
La densité de courant de conduction s'exprime, d'après la relation de Drude v = \mu_q E, par :
j_{\text{cond}} = q\, C(X)\, v(X) = q\, \mu_q\, C(X)\, E(X)Le flux particulaire surfacique de diffusion étant donné par la première loi de Fick \varphi(X) = -D_q \dfrac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}X} (équation (8)), la densité de courant de diffusion associée s'écrit :
j_{\text{diff}} = q\, \varphi(X) = -q\, D_q \frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}X}
À l'équilibre thermodynamique, en l'absence de tout apport extérieur d'énergie et de tout courant global, le courant associé à chaque type de porteur s'annule en tout point :
Comme q \neq 0 et E(X) = -\dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X}, cette condition devient :
Intégrons cette relation différentielle entre X = X_{\mathrm{A}} et X = X_{\mathrm{D}} :
soit, en notant \psi_{\mathrm{D}} = \psi(X_{\mathrm{D}}), \psi_{\mathrm{A}} = \psi(X_{\mathrm{A}}) et V_{\mathrm{d}} = \psi_{\mathrm{D}} - \psi_{\mathrm{A}} :
En prenant l'exponentielle, on obtient le résultat attendu :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Lorsque le résultat final est fourni dans l'énoncé, explicitez rigoureusement chaque étape intermédiaire du raisonnement.
« A la question 20, il fallait retrouver une expression donnée dans le sujet. Dans ce type de question, même si le résultat est connu, il s’agit, pour les candidats, de bien indiquer dans leur copie toutes les étapes pour arriver à cette expression. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : potentiel de diffusion, relation d'einstein
À l'aide des données du tableau (2), établir l'expression du potentiel de diffusion introduit en question (14), en fonction de , , et .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la relation (10) aux trous ou aux électrons en utilisant leurs valeurs aux frontières de la ZCE données dans le tableau 2 et la relation d'Einstein \mu_q/D_q = q/(k_{\mathrm{B}}T).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier pour chaque type de porteur (trous de charge +e ou électrons de charge -e) le rapport \mu_q/D_q grâce à la relation d'Einstein, exprimé à l'aide de la grandeur K = e/(k_{\mathrm{B}}T).
- Relever dans le tableau (2) les concentrations aux bornes de la ZCE (X = X_{\mathrm{A}} et X = X_{\mathrm{D}}).
- Appliquer la relation d'équilibre (10) établie en question Q20 et en déduire l'expression de V_{\mathrm{d}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Application de la relation d'équilibre aux électrons ou aux trous : V_{\mathrm{d}} = \frac{1}{K} \ln\left(\frac{N_{\mathrm{A}} N_{\mathrm{D}}}{n_{\mathrm{i}}^2}\right).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la relation d'Einstein (11), on a :
1. Raisonnement sur les trous libres (q = +e) : Pour les trous, la charge vaut q = +e, de sorte que :
D'après le tableau (2), les concentrations en trous aux frontières de la ZCE s'écrivent :
En injectant ces grandeurs dans la relation d'équilibre (10) issue de la question Q20, il vient :
En prenant le logarithme népérien, on obtient :
soit :
2. Vérification sur les électrons libres (q = -e) : Pour les électrons, la charge vaut q = -e, d'où \mu_n / D_n = -K. Les concentrations relevées dans le tableau (2) sont :
La relation (10) donne alors :
ce qui redonne immédiatement la même expression pour V_{\mathrm{d}}.
Résultat
Question 22
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : potentiel de diffusion, ordre de grandeur
Calculer la valeur de à la température ambiante. On donne la valeur suivante : .
Voir l'indiceIndice
Remplacer les concentrations numériques dans la formule logarithmique de V_{\mathrm{d}} et utiliser l'approximation \ln(10) \simeq 2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Application numérique : V_{\mathrm{d}} = \frac{1}{40} \ln(10^{14}) \approx \frac{14 \times 2}{40} = 0{,}7\text{ V}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question 21, le potentiel de diffusion s'exprime par :
À la température ambiante T = T_{\mathrm{a}}, les données sont :
- K = 40\text{ V}^{-1} ;
- N_{\mathrm{A}} = N_{\mathrm{D}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3} ;
- n_{\mathrm{i}} \sim 10^{11}\text{ cm}^{-3} (question 11).
Calculons l'argument du logarithme :
En utilisant la valeur fournie \ln(10) \simeq 2, on obtient :
L'application numérique donne ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Accompagnez impérativement votre résultat numérique de son unité sous peine de ne recevoir aucun point.
« Pour la question 22 qui comportait une application numérique, ne pas oublier de donner le résultat avec son unité. Le jury rappelle qu’un résultat sans unité ne peut être juste et ne rapporte aucun point. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 23
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : milieu continu, densité particulaire
La connaissance du potentiel de diffusion conduit à celle de la largeur de la ZCE. Avec les valeurs numériques adoptées, nous obtenons . Peut-on considérer que cette valeur valide, a posteriori, l'approche électrostatique adoptée en termes de milieu continu caractérisé par une densité volumique de charge ?
Voir l'indiceIndice
Comparer la largeur de la ZCE W \sim 400\text{ nm} à la distance moyenne entre atomes dopants d_{\mathrm{dop}} \sim N_{\mathrm{D}}^{-1/3} \approx 47\text{ nm} pour juger de la pertinence de l'approximation du milieu continu.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'échelle microscopique pertinente pour la distribution des charges d'espace : la distance moyenne séparant deux impuretés dopantes ionisées consécutives.
- Calculer cet ordre de grandeur à partir de la concentration N_{\mathrm{D}} = N_{\mathrm{A}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3} et le comparer à la largeur W \sim 0{,}4\ \mu\mathrm{m} de la ZCE.
- Conclure sur la validité de l'approximation des milieux continus en tenant compte de la géométrie unidimensionnelle et de l'étendue macroscopique dans les directions transverses.
Voir la réponse courteRéponse courte
Distance moyenne entre dopants d \sim N_{\mathrm{D}}^{-1/3} \approx 20\text{ nm} \ll W = 400\text{ nm}, validant l'approximation du milieu continu.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'approximation du milieu continu pour la densité volumique de charge \rho(X) suppose que l'on puisse définir un volume mésoscopique élémentaire de dimension caractéristique \ell, petit devant l'échelle de variation spatiale du système (W), mais suffisamment grand pour contenir un nombre statistiquement significatif de charges discrètes.
Dans la zone de charge d'espace, les charges fixes sont portées par les impuretés ionisées de concentration N_{\mathrm{D}} = N_{\mathrm{A}} = 10^{16}\text{ cm}^{-3} = 10^{22}\text{ m}^{-3}. La distance moyenne d_{\mathrm{dop}} séparant deux impuretés dopantes voisines s'estime par :
Numériquement :
Comparons cette distance à la largeur W \sim 0{,}4\ \mu\mathrm{m} de la ZCE :
Vis-à-vis du réseau cristallin hôte (d_{\mathrm{at}} \sim N_{\mathrm{at}}^{-1/3} \sim 0{,}25\text{ nm} d'après la question Q2), la ZCE est très largement macroscopique :
\frac{W}{d_{\mathrm{at}}} \sim \frac{400\text{ nm}}{0{,}25\text{ nm}} \sim 1\,600 \gg 1Vis-à-vis des charges qui créent la densité \rho, le rapport vaut :
\frac{W}{d_{\mathrm{dop}}} \sim \frac{0{,}4\ \mu\mathrm{m}}{0{,}05\ \mu\mathrm{m}} \sim 8\text{ à } 10
L'épaisseur de la ZCE n'englobe donc qu'environ une dizaine de « couches » de dopants dans la direction X. Cependant, le semi-conducteur est supposé de dimensions macroscopiques selon les directions orthogonales à (OX). Ainsi, une tranche d'épaisseur \Delta X vérifiant d_{\mathrm{dop}} \ll \Delta X \ll W et de surface transverse S contient un nombre N_{\mathrm{D}} S \Delta X \gg 1 considérable d'ions. Une moyenne spatiale sur la section transverse permet donc de définir une densité volumique de charge \rho(X) macroscopiquement continue.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Moins de 40 % de réussite sur cette analyse qualitative des résultats : ces questions conceptuelles posent souvent difficulté.
« Les deux dernières questions, questions 23 et 24, de cette partie sont une analyse qualitative des résultats trouvés. Comme prévu, ce sont ces questions qui donnent le taux de bonnes réponses les plus faibles. Un peu moins de 40% des candidats ont bien répondu. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes
Notions : second principe, équilibre thermodynamique
En dépit de la différence de potentiel existant de part et d'autre de la ZCE, si l'on branchait une résistance aux bornes du semi-conducteur PN, il n'y circulerait aucun courant, de façon permanente. Justifier cette affirmation en adoptant un point de vue thermodynamique très général.
Voir l'indiceIndice
Invoquer le second principe de la thermodynamique (impossibilité d'extraire du travail électrique d'une source monotherme passive sans déséquilibre chimique) ou la compensation exacte par les potentiels de contact métal/semi-conducteur.
Voir la stratégieStratégie
- Considérer le système global {diode PN, résistance R, fils de connexion} à température uniforme T, en l'absence de toute excitation extérieure (monotherme).
- Raisonner par l'absurde en supposant l'existence d'un courant permanent non nul I, puis examiner les échanges d'énergie et la création d'entropie au regard des premier et second principes de la thermodynamique.
- Interpréter microscopiquement l'absence de circulation de courant via les potentiels de contact.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un courant permanent dans une résistance dissiperait de l'énergie par effet Joule sans apport extérieur, violant le second principe de la thermodynamique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le système fermé constitué de la diode PN, de la résistance R et des conducteurs de raccordement. Ce système est passif, isolé de toute source d'énergie extérieure (aucun éclairement, aucune réaction chimique consommable) et maintenu à l'équilibre thermique à la température ambiante uniforme T au contact d'un thermostat unique.
Supposons, par l'absurde, qu'un courant continu I \neq 0 circule de façon permanente dans ce circuit :
La résistance dissiperait continûment une puissance par effet Joule :
\mathcal{P}_{\mathrm{J}} = R I^2 > 0En régime permanent, l'état interne du système ne varie pas (\mathrm{d}U = 0, \mathrm{d}S_{\mathrm{syst}} = 0). D'après le premier principe de la thermodynamique, cette énergie dissipée vers l'extérieur devrait être intégralement compensée par une puissance thermique \mathcal{P}_Q prélevée sur le thermostat ambiant :
\mathcal{P}_Q = \mathcal{P}_{\mathrm{J}} > 0Le second principe appliqué à l'ensemble {système + thermostat} conduit alors à un taux de création d'entropie :
\frac{\mathrm{d}S_{\mathrm{c}}}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}S_{\mathrm{syst}}}{\mathrm{d}t} - \frac{\mathcal{P}_Q}{T} = -\frac{\mathcal{P}_{\mathrm{J}}}{T} < 0
Ceci est en contradiction flagrante avec le second principe, qui impose \mathrm{d}S_{\mathrm{c}}/\mathrm{d}t \geqslant 0.
Un tel dispositif constituerait un moteur monotherme (ou moteur perpétuel de deuxième espèce), transformant spontanément et intégralement de la chaleur issue d'une source unique en travail électrique dissipable, ce que proscrit l'énoncé de Kelvin-Planck.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Moins de 40 % de réussite sur cette analyse qualitative des résultats : ces questions conceptuelles posent souvent difficulté.
« Les deux dernières questions, questions 23 et 24, de cette partie sont une analyse qualitative des résultats trouvés. Comme prévu, ce sont ces questions qui donnent le taux de bonnes réponses les plus faibles. Un peu moins de 40% des candidats ont bien répondu. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
2.2 · Relation courant-tension
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : jonction pn, polarisation en direct
Lorsque , les courants de diffusion et de conduction ne s'équilibrent plus (se reporter à la question (20)) ce qui a pour conséquence le passage d'un courant à travers la ZCE (et donc la diode). Dans le cas où , indiquer quel courant, de diffusion ou de conduction, l'emporte sur l'autre.
Voir l'indiceIndice
Observer que lorsque V>0, la barrière de potentiel apparente V_{\mathrm{d}}-V diminue, ce qui affaiblit le courant de dérive sous champ par rapport à la diffusion thermique.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le rôle respectif des courants de diffusion et de conduction établis à l'équilibre (V = 0\text{ V}).
- Analyser la modification de la barrière de potentiel interne apportée par l'application d'une tension positive V > 0\text{ V} selon l'hypothèse (H1).
- En déduire lequel des deux mécanismes de transport prédomine.
Voir la réponse courteRéponse courte
En polarisation directe (V > 0), la barrière de potentiel s'abaisse, permettant au courant de diffusion de l'emporter sur la conduction.
Voir le corrigé completCorrigé complet
À l'équilibre thermodynamique (V = 0\text{ V}), les courants de diffusion et de conduction se compensent exactement en tout point :
- le courant de diffusion est dû au gradient de concentration des porteurs majoritaires (diffusion des trous de P vers N et des électrons de N vers P), ce qui correspond à un courant électrique net dirigé de P vers N ;
- le courant de conduction (ou de dérive) est dû au champ électrique interne \vec{E} = -\dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}X}\,\vec{e}_X régnant dans la ZCE, dirigé de N vers P (puisque \psi(X_{\mathrm{D}}) > \psi(X_{\mathrm{A}})), qui entraîne les charges en sens opposé au courant de diffusion.
Lorsque l'on applique une tension directe V > 0\text{ V}, la différence de potentiel vue par les porteurs à travers la ZCE devient, d'après l'hypothèse (H1) :
L'abaissement de cette barrière de potentiel a deux conséquences conjointes :
- le champ électrique régnant dans la ZCE diminue en intensité, ce qui affaiblit le courant de conduction ;
- une fraction bien plus importante de porteurs majoritaires possède une énergie thermique suffisante pour franchir la barrière de potentiel réduite, ce qui augmente considérablement le flux de diffusion (effet en \exp(KV)).
Par conséquent, dans le cas où V > 0\text{ V} :
Le courant électrique résultant est donc non nul et circule dans le sens direct, de P vers N.
Résultat
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : injection de porteurs, loi de la jonction
À l'aide de la relation (10), adjointe à l'hypothèse H1, exprimer la concentration en fonction de , et . Exprimer ensuite, en fonction de , et , l'excès (algébrique) de concentration de trous par rapport à la situation d'équilibre (c'est-à-dire correspondant à ).
Voir l'indiceIndice
Utiliser la formule d'équilibre (10) adaptée selon l'hypothèse H1 en substituant V_{\mathrm{d}}-V à V_{\mathrm{d}}, puis soustraire la valeur d'équilibre à tension nulle n_{\mathrm{i}}^2/N_{\mathrm{D}}.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la relation (10) d'équilibre diffusion-conduction aux trous (q = +e), modifiée par l'hypothèse (H1) qui remplace le potentiel de diffusion V_{\mathrm{d}} par V_{\mathrm{d}} - V.
- Exprimer la concentration à l'entrée de la ZCE côté P grâce à l'hypothèse (H2), puis relier le terme en V_{\mathrm{d}} aux grandeurs thermodynamiques n_{\mathrm{i}}, N_{\mathrm{A}} et N_{\mathrm{D}} établies en question 21.
- En déduire l'excès de concentration \delta p_{\mathrm{N}}(X_{\mathrm{D}}) = p_{\mathrm{N}}(X_{\mathrm{D}}) - p_{\mathrm{N,éq}}(X_{\mathrm{D}}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Concentration p_{\mathrm{N}}(X_{\mathrm{D}}) = \frac{n_{\mathrm{i}}^2}{N_{\mathrm{D}}} e^{KV} et excès \delta p_{\mathrm{N}}(X_{\mathrm{D}}) = \frac{n_{\mathrm{i}}^2}{N_{\mathrm{D}}} (e^{KV} - 1).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour les trous libres, la charge est q = +e. D'après la relation d'Einstein (11), le rapport de mobilité sur le coefficient de diffusion vaut :
En appliquant la relation (10) aux trous libres avec l'hypothèse (H1), la différence de potentiel effective à travers la ZCE devient V_{\mathrm{d}} - V, de sorte que :
D'après l'hypothèse (H2), la concentration en porteurs majoritaires dans la zone P reste égale à sa valeur d'équilibre :
Par ailleurs, le résultat de la question 21 donne :
En injectant ces deux expressions dans le rapport des concentrations, on obtient :
soit :
À l'équilibre (V = 0\text{ V}), la concentration d'équilibre des trous minoritaires en X = X_{\mathrm{D}} vaut p_{\mathrm{N,éq}}(X_{\mathrm{D}}) = \frac{n_{\mathrm{i}}^2}{N_{\mathrm{D}}}. L'excès algébrique de concentration de trous en X = X_{\mathrm{D}} s'écrit donc :
soit finalement :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il suffisait d'utiliser l'expression fournie et d'y substituer les concentrations adaptées.
« Il suffisait pour cette question de reprendre l’expression n°10 et de remplacer CD et CA par les bonnes concentrations. Une majorité de candidats a bien répondu à cette question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 27
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : équation de diffusion, recombinaison
En établissant un bilan gain-perte sur le nombre de trous libres, appliqué à une portion élémentaire du domaine (4), sur l'intervalle de temps , établir l'équation différentielle vérifiée par la fonction , en régime stationnaire. On y fera apparaître la longueur caractéristique .
Voir l'indiceIndice
Dresser un bilan de conservation des trous sur une tranche élémentaire \mathrm{d}x en faisant la somme algébrique du flux entrant, du flux sortant et du terme de disparition volumique -S(x)\,\mathrm{d}x.
Voir la stratégieStratégie
- Choisir comme système la tranche élémentaire comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite \mathcal{S}, sur la durée \mathrm{d}t.
- Effectuer le bilan sur le nombre de trous libres en comptabilisant le flux particulaire entrant/sortant par diffusion (l'hypothèse H3 impliquant l'absence de champ électrique dans le domaine neutre (4)) et la disparition par recombinaison modélisée par le terme S(x).
- Établir l'équation locale, passer au régime stationnaire et faire apparaître la longueur caractéristique de diffusion L_{\mathrm{P}} = \sqrt{D_{\mathrm{P}}\tau_{\mathrm{P}}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan en tranche stationnaire combinant diffusion et recombinaison : \frac{\mathrm{d}^2 \delta p_{\mathrm{N}}}{\mathrm{d}x^2} - \frac{\delta p_{\mathrm{N}}}{L_{\mathrm{P}}^2} = 0 avec L_{\mathrm{P}} = \sqrt{D_{\mathrm{P}} \tau_{\mathrm{P}}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une tranche élémentaire de semi-conducteur située entre x et x + \mathrm{d}x, de section droite \mathcal{S} et de volume \mathrm{d}\mathcal{V} = \mathcal{S}\,\mathrm{d}x. Le nombre de trous libres présents dans ce volume à l'instant t vaut :
D'après l'hypothèse (H3), le domaine (4) est électriquement neutre et exempt de chute ohmique de potentiel, si bien que le champ électrique y est nul (E = 0). Le transport des trous minoritaires s'effectue donc uniquement par diffusion particulaire.
Pendant l'intervalle de temps [t, t + \mathrm{d}t], la variation élémentaire \mathrm{d}N_{\mathrm{trous}} = N_{\mathrm{trous}}(t + \mathrm{d}t) - N_{\mathrm{trous}}(t) résulte :
- du nombre de trous entrant en x : \delta N_{\mathrm{ent}} = \varphi(x, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t ;
- du nombre de trous sortant en x + \mathrm{d}x : \delta N_{\mathrm{sort}} = \varphi(x + \mathrm{d}x, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t ;
du nombre de trous disparaissant par recombinaison volumique au taux S(x, t) :
\delta N_{\mathrm{disp}} = S(x, t)\,\mathrm{d}\mathcal{V}\,\mathrm{d}t = \frac{\delta p_{\mathrm{N}}(x, t)}{\tau_{\mathrm{P}}}\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t
Le bilan de matière s'écrit ainsi :
soit, en divisant par \mathcal{S}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t :
D'après l'équation (8), le flux particulaire surfacique de trous s'écrit :
puisque la concentration d'équilibre n_{\mathrm{i}}^2 / N_{\mathrm{D}} est uniforme. Il vient alors :
En régime stationnaire, \dfrac{\partial \delta p_{\mathrm{N}}}{\partial t} = 0, la fonction \delta p_{\mathrm{N}} ne dépend plus que de la variable d'espace x. L'équation devient :
En introduisant la longueur caractéristique de diffusion-recombinaison L_{\mathrm{P}} = \sqrt{D_{\mathrm{P}} \tau_{\mathrm{P}}}, on obtient finalement :
Résultat
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : longueur de diffusion, condition aux limites
À partir des réponses aux questions (26) et (27), exprimer la fonction . Nous supposerons que la longueur du domaine (4) excède très largement la longueur caractéristique .
Voir l'indiceIndice
Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants en éliminant la solution divergeant à l'infini et en utilisant la condition en x=0 déterminée en Q26.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire la forme générale des solutions de l'équation différentielle linéaire du second ordre obtenue en question 27.
- Utiliser la condition aux limites en x \to +\infty (milieu quasi semi-infini car la longueur du domaine (4) est très grande devant L_{\mathrm{P}}) pour annuler la solution divergente.
- Déterminer la constante d'intégration restante à l'aide de la condition en x = 0 établie en question 26.
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution avec décroissance vers l'infini : \delta p_{\mathrm{N}}(x) = \delta p_{\mathrm{N}}(X_{\mathrm{D}}) \exp(-(x - X_{\mathrm{D}})/L_{\mathrm{P}}).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 27, la surconcentration de porteurs minoritaires \delta p_{\mathrm{N}}(x) vérifie pour x \geqslant 0 l'équation différentielle :
L'équation caractéristique associée, r^2 - 1/L_{\mathrm{P}}^2 = 0, admet pour racines r = \pm 1/L_{\mathrm{P}}. La solution générale s'écrit donc sous la forme :
où A et B sont deux constantes d'intégration.
Condition aux limites en l'infini : La longueur du domaine (4) étant très largement supérieure à la longueur caractéristique L_{\mathrm{P}}, le domaine peut être modélisé comme semi-infini (x \to +\infty). À grande distance de la jonction, l'effet de l'injection s'estompe sous l'effet des recombinaisons et la concentration de trous doit retrouver sa valeur d'équilibre thermodynamique, ce qui impose :
Condition aux limites en x = 0 : En x = 0 (soit en X = X_{\mathrm{D}}), la surconcentration est donnée par le résultat de la question 26 :
On en déduit l'expression du profil de surconcentration de trous dans le domaine neutre N :
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : loi de fick, densité de courant
En déduire l'expression de la densité de courant des charges portées par les trous libres, , transitant à travers la ZCE, de P vers N, algébriquement (selon le signe de la différence de potentiel ). On y fera apparaître le rapport .
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Calculer la densité de courant de trous par diffusion pure au bord de la ZCE : J_{\mathrm{P}} = -e\varphi_{\mathrm{P}}(0) = +e D_{\mathrm{P}} \left.\frac{\mathrm{d}\delta p_{\mathrm{N}}}{\mathrm{d}x}\right|_{x=0}.
Voir la stratégieStratégie
- Selon l'hypothèse (H4), les phénomènes de recombinaison et de génération sont négligés au sein de la zone de charge d'espace (ZCE) ; la densité de courant de trous J_{\mathrm{P}} y est donc conservative et égale à celle injectée à la frontière X = X_{\mathrm{D}} (x = 0) dans la région neutre N (domaine (4)).
- D'après l'hypothèse (H3), le domaine (4) ne présente pas de chute ohmique (le champ électrique y est nul) : le transport des trous minoritaires en x = 0 s'effectue ainsi par pure diffusion.
- Évaluer le gradient de concentration en x = 0 à l'aide du profil exponentiel obtenu à la question Q28.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi de Fick en X_{\mathrm{D}} : J_{\mathrm{P}} = -e D_{\mathrm{P}} \left.\frac{\mathrm{d}\delta p_{\mathrm{N}}}{\mathrm{d}x}\right|_{X_{\mathrm{D}}} = \frac{e D_{\mathrm{P}} n_{\mathrm{i}}^2}{N_{\mathrm{D}} L_{\mathrm{P}}} (e^{KV} - 1).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'hypothèse (H4), le courant de trous libres ne subit ni génération ni recombinaison lors de sa traversée de la ZCE. La densité surfacique de courant de trous J_{\mathrm{P}}, orientée algébriquement de P vers N (sens des X ou x croissants), est donc uniforme dans la ZCE et se déduit de sa valeur à la frontière d'entrée dans le domaine (4) en x = 0 :
Dans le domaine neutre N, le champ électrique macroscopique est négligeable en vertu de l'hypothèse (H3). Le transport des trous s'effectue dès lors exclusivement par diffusion particulaire. Avec une charge élémentaire q = +e pour les trous, la densité de courant de diffusion s'écrit, d'après la loi de Fick (équation (8)) :
En dérivant le profil d'excès de concentration établi à la question Q28 :
il vient au point d'abscisse x = 0 :
On en déduit l'expression de la densité de courant de trous traversant la ZCE :
Résultat
Question 30
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : équation de shockley, courant de saturation inverse
Sur la base de l'expression de obtenue en réponse à la question (29), donner celle de la densité de courant des charges portées par les électrons libres, , transitant à travers la ZCE, de N vers P, algébriquement (selon le signe de la différence de potentiel appliquée). On introduira les grandeurs et , homologues respectifs des grandeurs et pour les trous. En déduire que la densité de courant de charge totale traversant le semi-conducteur PN (algébriquement de P à N) s'exprime par la relation suivante :
On exprimera la densité de courant caractéristique en fonction des rapports et . Proposer une interprétation physique de cette grandeur.
*Indication : On s'appuiera sur les propriétés de symétrie de la structure PN, sur l'hypothèse présentée dans l'introduction de la sous-section (2.2), et enfin sur le fait que est uniforme le long du semi-conducteur PN.*
Voir l'indiceIndice
Écrire par symétrie la composante analogue J_{\mathrm{N}} due aux électrons minoritaires injectés en zone P, sommer les deux contributions (conservées à travers la ZCE d'après H4) et identifier J_{\mathrm{inv}}.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter la symétrie du problème en permutant les rôles des trous et des électrons, ainsi que des zones N et P, pour obtenir directement l'expression de la composante électronique J_{\mathrm{N}}.
- Utiliser l'hypothèse (H4) d'absence de recombinaison ou de génération dans la ZCE pour sommer les composantes électronique et de trous, puis identifier J_{\mathrm{inv}}.
- Interpréter J_{\mathrm{inv}} en considérant la limite d'une forte polarisation inverse (V \ll -1/K).
Voir la réponse courteRéponse courte
Par symétrie, somme des courants d'électrons et de trous donnant la caractéristique de Shockley avec courant inverse de saturation J_{\mathrm{inv}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par symétrie de la jonction PN, le transport des électrons libres (minoritaires dans la région P) obéit aux mêmes lois de diffusion-recombinaison que celui des trous dans la région N. Les grandeurs se correspondent selon :
Les électrons diffusent de la région N vers la région P. Comme ils portent une charge négative -e, un flux particulaire dirigé selon les X décroissants (de N vers P) transporte une charge négative vers la gauche, ce qui équivaut à un courant électrique algébrique orienté de P vers N (selon + \vec{e}_X). En transposant le résultat de la question Q29, on obtient :
D'après l'hypothèse (H4), la recombinaison et la génération de porteurs sont négligeables au sein de la ZCE [X_{\mathrm{A}}, X_{\mathrm{D}}]. Par conséquent, les densités de courant de trous J_{\mathrm{P}} et d'électrons J_{\mathrm{N}} y sont uniformes. En régime stationnaire, la conservation de la charge impose que la densité de courant totale J = J_{\mathrm{P}} + J_{\mathrm{N}} soit constante le long de toute la structure.
En sommant les deux contributions, on obtient bien la relation de Shockley :
avec :
Interprétation physique de J_{\mathrm{inv}} :
- Lorsque la jonction est soumise à une tension inverse suffisamment importante (V < 0 avec |V| \gg 1/K \simeq 25\text{ mV}), le terme exponentiel s'annule (\exp\{KV\} \to 0) et la densité de courant sature à J \to -J_{\mathrm{inv}}. La grandeur J_{\mathrm{inv}} représente la densité de courant de saturation inverse (ou courant de fuite).
- Elle correspond au flux des porteurs minoritaires thermogénérés à moins d'une longueur de diffusion de la ZCE (n_{\mathrm{P}} côté P et p_{\mathrm{N}} côté N) qui atteignent la ZCE et sont drainés par le champ électrique interne régnant dans la jonction.
Résultat
Question 31
DifficileTemps estimé : ≈ 8 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : diode, caractéristique courant-tension
La figure (8) représente la dépendance, obtenue expérimentalement (pour ), du courant traversant une diode 1N4148 (du domaine P au domaine N) avec la différence de potentiel appliquée à ses bornes.
Indiquer la valeur du courant de référence qui a été choisie. Comparer qualitativement la dépendance expérimentale à celle prévue par le modèle qui a été développé. Déterminer la valeur « expérimentale » du paramètre et la comparer à celle attendue. Proposer des explications possibles à l'écart constaté. On mettra éventuellement en cause, argument à l'appui, certaines des quatre hypothèses présentées dans l'introduction de la sous-section (2.2).
Voir l'indiceIndice
Lire l'ordonnée pour V=0 ou le point I/I_0 = 1 sur le graphe de droite pour trouver I_0, calculer la pente pour obtenir K_{\mathrm{exp}}, et expliquer l'écart par la recombinaison en ZCE (facteur d'idéalité \eta \simeq 2) et la résistance série ohmique.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la valeur du courant de référence I_0 en repérant sur le graphe semi-logarithmique la tension où \ln(I/I_0) = 0 (soit I = I_0), puis en lisant le courant correspondant sur la caractéristique linéaire.
- Comparer l'allure des deux représentations aux prédictions de la loi de Shockley (allure exponentielle et droite en coordonnées semi-logarithmiques).
- Mesurer la pente de la partie linéaire du tracé semi-logarithmique pour déterminer le paramètre K_{\mathrm{exp}} et le comparer à K = 40\text{ V}^{-1}.
- Analyser physiquement l'écart de pente (K_{\mathrm{exp}} \approx K/2) et la déviation aux fortes tensions en examinant la validité des hypothèses (H1) à (H4).
Voir la réponse courteRéponse courte
Exploitation de la courbe semi-logarithmique : extraction de I_0 et K, discussion du facteur d'idéalité et des résistances d'accès.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Détermination du courant de référence I_0
Lorsque \ln(I/I_0) = 0, on a I/I_0 = 1, soit I = I_0.
Sur le tracé semi-logarithmique de droite de la figure (8), la droite coupe l'axe \ln(I/I_0) = 0 pour une tension :
V \simeq 0{,}70\text{ V}En reportant cette tension sur le graphe de gauche I = I(V), on lit directement l'ordonnée correspondante :
I(V = 0{,}70\text{ V}) \simeq 0{,}01\text{ A} = 10\text{ mA}
On en déduit la valeur du courant de référence :
2. Comparaison qualitative de la dépendance I(V)
D'après la relation (13) établie à la question Q30, la loi théorique s'écrit :
Pour V > 0 tel que KV \gg 1 (dès V \gtrsim 0{,}1\text{ V}), le terme exponentiel domine très largement et :
Le modèle prédit donc une droite de pente K en représentation semi-logarithmique. Expérimentalement, on observe :
- pour 0{,}35\text{ V} \leqslant V \leqslant 0{,}70\text{ V} : le tracé \ln(I/I_0) est remarquablement rectiligne, ce qui confirme qualitativement le comportement exponentiel du courant avec la tension ;
- pour V < 0{,}35\text{ V} : le courant devient extrêmement faible (I < 10^{-6}\text{ A}) et s'écarte de la droite théorique (bruit de mesure, courants de fuite superficiels) ;
- pour V > 0{,}70\text{ V} : la pente diminue et la courbe s'incurve vers le bas, traduisant une limitation du courant par rapport à la loi exponentielle pure.
3. Détermination de la valeur expérimentale de K
Sur la plage de fonctionnement exponentiel (0{,}40\text{ V} \leqslant V \leqslant 0{,}70\text{ V}), déterminons la pente de la droite :
- pour V_1 = 0{,}40\text{ V}, on lit \ln(I_1/I_0) \simeq -6{,}0 ;
- pour V_2 = 0{,}70\text{ V}, on lit \ln(I_2/I_0) \simeq 0{,}0.
La pente expérimentale vaut ainsi :
La valeur attendue à température ambiante, donnée dans l'énoncé, est :
On constate donc un facteur 2 d'écart :
ce qui correspond à un facteur d'idéalité de la diode \eta \simeq 2 dans la loi usuelle I \propto \exp\left(\frac{e V}{\eta k_{\mathrm{B}} T}\right).
4. Interprétation des écarts et remise en cause des hypothèses
- Écart sur la pente (K_{\mathrm{exp}} \approx K/2) : L'hypothèse (H4) négligeait tout phénomène de génération-recombinaison au sein même de la ZCE. Or, dans une diode réelle au silicium à température ambiante et sous polarisation modérée, le mécanisme dominant de transport est la recombinaison assistée par pièges (mécanisme Shockley-Read-Hall) dans la ZCE. Ce courant de recombinaison varie en \exp\left(\frac{e V}{2 k_{\mathrm{B}} T}\right) = \exp\left(\frac{KV}{2}\right), ce qui rend parfaitement compte de la pente mesurée K_{\mathrm{exp}} \simeq 20\text{ V}^{-1}.
Incurvation pour V > 0{,}75\text{ V} :
- L'hypothèse (H3) supposait l'absence totale de chute ohmique. Aux forts courants (I > 10\text{ mA}), la résistance ohmique résiduelle des zones quasi-neutres P et N et des contacts métalliques induit une chute de potentiel R_{\mathrm{s}} I. La tension effectivement appliquée aux bornes de la jonction est alors V_{\mathrm{j}} = V - R_{\mathrm{s}} I < V, ce qui fléchit la caractéristique.
- L'hypothèse (H1) imposait |V| \ll V_{\mathrm{d}}. Or le potentiel de diffusion calculé à la question Q22 vaut V_{\mathrm{d}} \simeq 0{,}5\text{ V} à 0{,}7\text{ V}. Dès que V \gtrsim 0{,}7\text{ V}, la barrière de potentiel de la ZCE est presque totalement effacée ; on entre en régime de forte injection, invalidant également l'hypothèse (H2).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très peu abordée (12 %) où les explications devaient être claires et précises pour éviter les confusions.
« la première partie de la question 31 a été traitée par seulement 12% des candidats et parmi ceux qui l’ont abordée pratiquement 80% ont bien répondu. »
« Outre le fait que les étudiants n’ont pas compris la question, les mauvais résultats s’expliquent aussi par des arguments ou explications trop souvent confus, peu précis ou mal exprimés. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Partie 3 : Transistor bipolaire
3.1 · Gain en courant
Question 32
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Électromagnétisme › Électrostatique
Notions : transistor bipolaire, base étroite
Justifier, d'une part que l'on peut considérer que les électrons traversant la frontière (3) de la base, en provenance de l'émetteur, parviennent quasi intégralement à sa frontière (2), d'autre part qu'ils sont alors drainés, à travers la ZCE BC, en direction du collecteur. Concernant ce dernier point, on pourra se reporter à la réponse donnée à la question (25).
Voir l'indiceIndice
Souligner que la largeur de la base est très inférieure à la longueur de recombinaison (W_{\mathrm{B}} \ll L_{\mathrm{N}}), puis remarquer que la jonction collecteur-base est polarisée en inverse (V_{\mathrm{BC}} < 0).
Voir la stratégieStratégie
- Pour le premier point, comparer la largeur de la base W_{\mathrm{B}} à la longueur de diffusion des électrons L_{\mathrm{N}}, ou de manière équivalente le temps de transit par diffusion au temps de vie moyen avant recombinaison.
- Pour le second point, déterminer l'état de polarisation de la jonction base-collecteur (BC) en mode normal, en déduire le sens du champ électrique régnant dans la ZCE BC et la force exercée sur les électrons (en lien avec l'effet du courant de conduction vu en Q25).
Voir la réponse courteRéponse courte
Épaisseur de base bien inférieure à la longueur de diffusion (W_{\mathrm{B}} \ll L_{\mathrm{N}}) et jonction collecteur polarisée en inverse drainant les porteurs.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Transit quasi intégral des électrons à travers la base
Les électrons injectés depuis l'émetteur traversent la frontière (3) et se trouvent minoritaires dans la base (de type P). Ils s'y déplacent par diffusion vers la frontière (2).
La longueur de diffusion des électrons dans la base est reliée à leur durée de vie moyenne avant recombinaison \tau_{\mathrm{N}} par L_{\mathrm{N}} = \sqrt{D_{\mathrm{N}} \tau_{\mathrm{N}}}. Le temps caractéristique de traversée de la base par diffusion s'écrit :
Or, la condition géométrique imposée pour l'existence de l'effet transistor est :
Le temps de transit étant très inférieur à la durée de vie avant recombinaison, le taux de recombinaison des électrons avec les trous majoritaires de la base est négligeable : les électrons parviennent donc quasi intégralement à la frontière (2).
2. Drainage des électrons à travers la ZCE BC vers le collecteur
En mode de fonctionnement normal, la jonction base-collecteur vérifie :
La jonction BC est donc polarisée en inverse.
Comme vu à la question Q25, dans une jonction polarisée en inverse (V < 0), l'effet de champ électrique (conduction/dérive) l'emporte très largement sur la diffusion. Le champ électrique régnant dans la ZCE BC est orienté de la région N (le collecteur, situé à gauche) vers la région P (la base, située à droite), soit dans le sens de +\vec{e}_X.
Les électrons minoritaires parvenant à la frontière (2) portent une charge négative q = -e : ils subissent ainsi une force électrostatique :
Cette force est dirigée dans le sens opposé au champ électrique, c'est-à-dire vers la région N du collecteur (selon -\vec{e}_X). Les électrons sont donc immédiatement drainés par le champ électrique interne à travers la ZCE BC et collectés dans le collecteur.
Question 33
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : profil de concentration, courant de collecteur
Représenter (qualitativement) l'allure du profil de concentration des électrons libres dans la base et indiquer le sens du flux diffusif auquel il correspond. En déduire l'expression correspondante de la densité surfacique de courant de charge traversant le collecteur. Nous considérerons que ce courant électronique constitue la composante majeure du courant de collecteur.
Voir l'indiceIndice
Tracer un profil linéaire décroissant entre n_{\mathrm{B}}(3) et n_{\mathrm{B}}(2) \simeq 0, et exprimer le courant de diffusion d'électrons collecté en X=2 via la loi de Fick.
Voir la stratégieStratégie
- Établir l'allure du profil de concentration n_{\mathrm{B}}(X) dans la base en résolvant l'équation de diffusion stationnaire sans recombinaison (justifiée par W_{\mathrm{B}} \ll L_{\mathrm{N}}) avec les conditions aux limites aux frontières (2) et (3).
- Tracer le profil et en déduire l'orientation du flux de diffusion des particules (électrons) ainsi que celle de la densité de courant électrique associée J_{\mathrm{D}}.
- Exprimer le flux particulaire par la loi de Fick, puis la densité surfacique de courant de charge J_{\mathrm{C}} collectée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Profil linéaire dans la base quasi sans recombinaison et densité de courant de diffusion J_{\mathrm{C}} \approx e D_{\mathrm{N}} n_{\mathrm{B}}(X_{\mathrm{B}})/W_{\mathrm{B}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Profil de concentration des électrons dans la base
D'après la question précédente, la condition W_{\mathrm{B}} \ll L_{\mathrm{N}} permet de négliger la recombinaison des électrons minoritaires au cours de leur traversée de la base. En régime stationnaire, l'équation de diffusion-recombinaison se réduit donc à :
Le profil de concentration n_{\mathrm{B}}(X) est par conséquent une fonction affine de X sur le domaine [X_2, X_3] de la base :
En mode de fonctionnement normal, on a \exp(K V_{\mathrm{BC}}) \ll 1 et \exp(K V_{\mathrm{BE}}) \gg 1. D'après les relations (15) données par l'énoncé :
Le profil est donc linéaire, quasi nul en X_2 et maximal en X_3 :
2. Sens du flux diffusif
- Flux particulaire : Le gradient de concentration étant positif (\frac{\mathrm{d}n_{\mathrm{B}}}{\mathrm{d}X} > 0), le flux de diffusion particulaire \vec{\varphi}_{\mathrm{n}} = -D_{\mathrm{N}} \frac{\mathrm{d}n_{\mathrm{B}}}{\mathrm{d}X} \vec{e}_X est orienté dans le sens des X décroissants, c'est-à-dire de l'émetteur vers le collecteur (de la frontière (3) vers la frontière (2)).
- Flux diffusif de charge : La charge des électrons étant négative (q = -e), la densité surfacique de courant électrique de diffusion correspondante, \vec{J}_{\mathrm{D}} = -e \vec{\varphi}_{\mathrm{n}} = e D_{\mathrm{N}} \frac{\mathrm{d}n_{\mathrm{B}}}{\mathrm{d}X} \vec{e}_X, est orientée dans le sens des X croissants, c'est-à-dire du collecteur vers l'émetteur.
3. Densité de courant de collecteur
Les électrons arrivant à la frontière (2) sont intégralement drainés à travers la ZCE BC vers le collecteur sous l'action du champ électrique interne. En l'absence de perte par recombinaison, la densité de courant électronique collectée est égale au courant de diffusion dans la base :
En injectant l'expression de n_{\mathrm{B}}(3) issue de l'équation (15) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Gardez le sens physique : s'agissant d'un amplificateur, le gain en courant doit être grand devant 1.
« Attention aux ordres de grandeurs trop souvent incorrects, dans cette question, les candidats doivent savoir que ce rapport doit être important puisqu’il s’agit d’un amplificateur. Un rapport inférieur à 1 est forcément incorrect. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules
Notions : gain en courant, transistor bipolaire
En négligeant le processus de recombinaison (modélisé par la relation (12) exprimant le taux volumique de recombinaison algébrique) dans la base, la densité surfacique de courant de base s'exprime par la relation suivante (dans le cadre des hypothèses adoptées) :
Exprimer le rapport (gain en courant). Analyser ce résultat. Donner l'ordre de grandeur de sa valeur pour et .
Voir l'indiceIndice
Effectuer le rapport des densités de courant J_{\mathrm{C}}/J_{\mathrm{B}} et remplacer les grandeurs par les données de l'énoncé (N_{\mathrm{DE}} \gg N_{\mathrm{AB}}).
Voir la stratégieStratégie
- Former le rapport \gamma = J_{\mathrm{C}} / J_{\mathrm{B}} à partir de l'expression de J_{\mathrm{C}} obtenue à la question Q33 et de celle de J_{\mathrm{B}} fournie par l'énoncé.
- Analyser l'influence de chaque terme : indépendance vis-à-vis de la tension de commande V_{\mathrm{BE}}, rôle prépondérant du surdopage de l'émetteur (N_{\mathrm{DE}} \gg N_{\mathrm{AB}}) et de la géométrie de la base (W_{\mathrm{B}} \ll L_{\mathrm{P}}).
- Effectuer l'application numérique avec les données du texte (N_{\mathrm{DE}} = 10^{19}\text{ cm}^{-3}, N_{\mathrm{AB}} = 10^{15}\text{ cm}^{-3}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression de \gamma = \frac{D_{\mathrm{N}} N_{\mathrm{DE}} L_{\mathrm{P}}}{D_{\mathrm{P}} N_{\mathrm{AB}} W_{\mathrm{B}}}, atteignant typiquement un ordre de grandeur d'une centaine.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q33, la densité surfacique de courant de collecteur s'écrit :
En utilisant l'expression de J_{\mathrm{B}} donnée par l'énoncé :
Le gain en courant \gamma = J_{\mathrm{C}} / J_{\mathrm{B}} s'obtient directement par quotient :
soit :
Analyse du résultat :
- Indépendance vis-à-vis de V_{\mathrm{BE}} : Le facteur \exp\{K V_{\mathrm{BE}}\} se simplifie exactement. Le gain en courant \gamma est ainsi une constante intrinsèque au composant, indépendante du point de fonctionnement en régime actif direct, assurant une commande linéaire en courant (I_{\mathrm{C}} = \gamma I_{\mathrm{B}}).
- Rôle du dopage : Le terme \dfrac{N_{\mathrm{DE}}}{N_{\mathrm{AB}}} montre qu'un surdopage massif de l'émetteur par rapport à la base favorise grandement l'injection d'électrons vers la base au détriment de l'injection rétrograde de trous vers l'émetteur, maximisant ainsi le gain.
- Rôle de l'épaisseur de base : Le rapport \dfrac{L_{\mathrm{P}}}{W_{\mathrm{B}}} \gg 1 montre qu'une base très étroite augmente le gradient de concentration en électrons et donc le courant J_{\mathrm{C}}.
Ordre de grandeur : Avec les données fournies :
On obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Gardez le sens physique : s'agissant d'un amplificateur, le gain en courant doit être grand devant 1.
« Attention aux ordres de grandeurs trop souvent incorrects, dans cette question, les candidats doivent savoir que ce rapport doit être important puisqu’il s’agit d’un amplificateur. Un rapport inférieur à 1 est forcément incorrect. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
3.2 · Polarisation du transistor
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : point de repos, droite de charge
Établir la relation liant à , et . Établir également la relation liant à , et . Traduire graphiquement ces deux relations sur la figure (11) de droite (à reproduire, sans le domaine (IV)). Illustrer la détermination graphique du point de polarisation adopté par le transistor dans son environnement de polarisation.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi des mailles sur le circuit d'entrée (E = R_{\mathrm{B}}I_{\mathrm{B}} + V_{\mathrm{BE}}) et sur le circuit de sortie (E = R_{\mathrm{C}}I_{\mathrm{C}} + V_{\mathrm{CE}}) pour tracer les deux droites de charge.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la loi des mailles aux mailles d'entrée (base-émetteur) et de sortie (collecteur-émetteur) du circuit de polarisation lorsque le commutateur S est en position \mathrm{S_1}.
- Identifier ces relations comme les équations de deux droites de charge : la droite d'attaque (entrée) et la droite de charge statique (sortie).
- Tracer ces droites sur le réseau de caractéristiques (quadrants I, II et III) et expliciter le cheminement graphique permettant de déterminer le point de repos \mathrm{P}^0(V_{\mathrm{BE}}^0, I_{\mathrm{B}}^0, V_{\mathrm{CE}}^0, I_{\mathrm{C}}^0).
Voir la réponse courteRéponse courte
Droites de charge d'entrée V_{\mathrm{BE}} = E - R_{\mathrm{B}} I_{\mathrm{B}} et de sortie V_{\mathrm{CE}} = E - R_{\mathrm{C}} I_{\mathrm{C}}, intersection avec les caractéristiques.
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1. Relations liant les grandeurs de polarisation
Le commutateur \mathrm{S} étant en position (\mathrm{S_1}), la résistance de base R_{\mathrm{B}} est reliée à la borne positive de l'alimentation continue E. L'émetteur \mathrm{E} étant connecté à la référence des potentiels (0\text{ V}), la loi des mailles s'écrit :
Pour la maille d'entrée (base-émetteur) :
E = R_{\mathrm{B}} I_{\mathrm{B}} + V_{\mathrm{BE}}soit :
\boxed{I_{\mathrm{B}} = \frac{E - V_{\mathrm{BE}}}{R_{\mathrm{B}}}}Pour la maille de sortie (collecteur-émetteur) :
E = R_{\mathrm{C}} I_{\mathrm{C}} + V_{\mathrm{CE}}soit :
\boxed{I_{\mathrm{C}} = \frac{E - V_{\mathrm{CE}}}{R_{\mathrm{C}}}}
2. Traduction graphique et détermination du point de repos \mathrm{P}^0
Ces deux relations linéaires constituent les droites de charge statiques :
- Droite d'attaque (quadrant I) : dans le plan (V_{\mathrm{BE}}, I_{\mathrm{B}}), l'équation I_{\mathrm{B}} = \frac{E}{R_{\mathrm{B}}} - \frac{V_{\mathrm{BE}}}{R_{\mathrm{B}}} est une droite de pente négative -1/R_{\mathrm{B}}, reliant le point (V_{\mathrm{BE}} = E,\, I_{\mathrm{B}} = 0) au point (V_{\mathrm{BE}} = 0,\, I_{\mathrm{B}} = E/R_{\mathrm{B}}). L'intersection de cette droite avec la caractéristique d'entrée de la jonction base-émetteur (type diode) fixe de manière unique le couple (V_{\mathrm{BE}}^0, I_{\mathrm{B}}^0).
- Report dans le quadrant II : la caractéristique de transfert direct I_{\mathrm{C}} = g(I_{\mathrm{B}}, V_{\mathrm{CE}}) \simeq \gamma I_{\mathrm{B}} permet de reporter la valeur I_{\mathrm{B}}^0 et de déterminer le niveau de courant de collecteur correspondant I_{\mathrm{C}}^0.
- Droite de charge de sortie (quadrant III) : dans le plan (V_{\mathrm{CE}}, I_{\mathrm{C}}), l'équation I_{\mathrm{C}} = \frac{E}{R_{\mathrm{C}}} - \frac{V_{\mathrm{CE}}}{R_{\mathrm{C}}} est une droite de pente -1/R_{\mathrm{C}}, reliant le point (V_{\mathrm{CE}} = E,\, I_{\mathrm{C}} = 0) au point (V_{\mathrm{CE}} = 0,\, I_{\mathrm{C}} = E/R_{\mathrm{C}}). L'intersection de cette droite avec la caractéristique de sortie correspondant à I_{\mathrm{B}} = I_{\mathrm{B}}^0 fixe le point de repos (V_{\mathrm{CE}}^0, I_{\mathrm{C}}^0).
Résultat
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Une simple loi des mailles permettait d'exprimer les courants et de tracer les droites de charge sur les caractéristiques.
« La question 35, la plus abordée de cette 3ème partie, était une question simple d’électricité où une loi des mailles permettait rapidement de trouver les relations de IB et IC et de les tracer sur le réseau de caractéristiques. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Question 36
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : polarisation, puissance dissipée
Nous choisissons et . La valeur du gain en courant du transistor est prise égale à 100. Par ailleurs, nous souhaitons, qu'au point de repos, le transistor dissipe sa puissance maximale admissible . Déterminer les valeurs correspondantes des résistances et , ainsi que celle du courant .
Voir l'indiceIndice
Écrire la puissance dissipée P_{\mathrm{M}} \simeq V_{\mathrm{CE}}^0 I_{\mathrm{C}}^0 (car I_{\mathrm{B}}^0 \ll I_{\mathrm{C}}^0), en déduire I_{\mathrm{C}}^0, puis calculer R_{\mathrm{C}} et R_{\mathrm{B}} sachant que V_{\mathrm{BE}}^0 \ll E.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance dissipée dans le transistor au repos à l'aide de l'approximation \gamma \gg 1 et V_{\mathrm{BE}}^0 \ll V_{\mathrm{CE}}^0 pour en déduire I_{\mathrm{C}}^0.
- Déterminer R_{\mathrm{C}} à partir de l'équation de la droite de charge statique en sortie.
- Relier le courant de base I_{\mathrm{B}}^0 à I_{\mathrm{C}}^0 via \gamma, puis déterminer R_{\mathrm{B}} à l'aide de la droite d'attaque en négligeant V_{\mathrm{BE}}^0 devant E.
Voir la réponse courteRéponse courte
P_{\mathrm{M}} = V_{\mathrm{CE}}^0 I_{\mathrm{C}}^0 donne I_{\mathrm{C}}^0 = 100\text{ mA}, d'où R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega et R_{\mathrm{B}} \approx 19{,}3\text{ k}\Omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La puissance électrique totale dissipée par le transistor au point de repos s'écrit :
Comme I_{\mathrm{B}}^0 = I_{\mathrm{C}}^0 / \gamma avec \gamma \gg 1, et que la jonction base-émetteur est polarisée en direct (V_{\mathrm{BE}}^0 \approx 0{,}7\text{ V} \ll V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2 = 10\text{ V}), la contribution de la jonction d'entrée est tout à fait négligeable devant celle du collecteur :
Au point de fonctionnement imposé, P = P_{\mathrm{M}} et V_{\mathrm{CE}}^0 = \frac{E}{2}. On en déduit l'expression du courant de repos de collecteur :
Application numérique :
D'après la relation de la droite de charge établie à la question Q35 :
Application numérique :
D'après la relation liant I_{\mathrm{B}} à la tension d'entrée (question Q35) et compte tenu de l'approximation V_{\mathrm{BE}}^0 \ll E :
Le courant de commande s'exprime également via le gain en courant : I_{\mathrm{B}}^0 = I_{\mathrm{C}}^0 / \gamma. On obtient ainsi :
Application numérique :
Résultat
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Question sans difficulté mais mal traitée : il suffisait d'appliquer la puissance en régime continu et la loi des mailles.
« Cette question a été mal traitée alors qu’elle ne présentait également aucune difficulté. Il fallait simplement se souvenir de la formule de la puissance en régime continu et appliquer la loi des mailles sur le schéma fourni. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
3.3 · Régime dynamique du transistor autour de son point de polarisation
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Exploitation de document
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : paramètre hybride, schéma équivalent
Représenter, en utilisant les symboles habituels de l'électrocinétique (résistance, sources de tension et de courant), le schéma électrique interne au quadripôle Q que traduisent les relations (19). Extraire, du réseau de caractéristiques idéalisé du transistor représenté sur la figure (11) de droite, la valeur (donc également idéalisée) de chacun des paramètres et .
Voir l'indiceIndice
Traduire les équations matricielles en un dipôle d'entrée passif r_{\mathrm{B}} et une source de courant commandée \gamma i_{\mathrm{B}} en parallèle avec r_{\mathrm{C}}. Noter que sur les caractéristiques idéalisées, les courbes sont horizontales et indépendantes de V_{\mathrm{CE}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Schéma équivalent à deux accès avec source de tension liée et source de courant liée ; idéalement h_{12} = 0 et h_{22} = 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Schéma électrique équivalent du quadripôle Q :
Les relations hybrides (19) s'écrivent :
- Circuit d'entrée (entre B et E) : la loi des mailles impose que la tension v_{\mathrm{BE}} est la somme de la chute de tension dans une résistance h_{11} parcourue par le courant i_{\mathrm{B}} et de la force électromotrice d'une source de tension liée dépendante de la tension de sortie, de valeur h_{12} v_{\mathrm{CE}}.
- Circuit de sortie (entre C et E) : la loi des nœuds impose que le courant i_{\mathrm{C}} entrant au collecteur est la somme du courant débité par une source de courant liée dépendante du courant d'entrée, de valeur h_{21} i_{\mathrm{B}}, et du courant traversant une conductance h_{22} (ou une résistance 1/h_{22}) sous la tension v_{\mathrm{CE}}.
On en déduit le schéma équivalent ci-dessous :
2. Extraction des paramètres h_{12} et h_{22} :
Par définition des dérivées partielles au point de fonctionnement :
Paramètre h_{22} : dans le quadrant (III), les caractéristiques de sortie I_{\mathrm{C}} = g(I_{\mathrm{B}}, V_{\mathrm{CE}}) idéalisées à I_{\mathrm{B}} = \text{Cste} sont des segments horizontaux dans la zone active normale. La pente de ces caractéristiques est donc nulle :
h_{22} = \left( \frac{\partial I_{\mathrm{C}}}{\partial V_{\mathrm{CE}}} \right)_{I_{\mathrm{B}}} = 0Paramètre h_{12} : dans le quadrant (I), la caractéristique d'entrée V_{\mathrm{BE}} = f(I_{\mathrm{B}}) est unique et indépendante de V_{\mathrm{CE}} (les courbes paramétrées par V_{\mathrm{CE}} sont confondues avec celle de la diode PN). De même, dans le quadrant (IV), les courbes à I_{\mathrm{B}} = \text{Cste} sont horizontales. Par conséquent, V_{\mathrm{BE}} ne dépend pas de V_{\mathrm{CE}} à courant I_{\mathrm{B}} fixé :
h_{12} = \left( \frac{\partial V_{\mathrm{BE}}}{\partial V_{\mathrm{CE}}} \right)_{I_{\mathrm{B}}} = 0
Résultat
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Moins de 10 % de réussite : il suffisait de traduire directement les équations du modèle petit signal sous forme de schéma électrique.
« Les candidats n’ont pas vu qu’en se basant uniquement sur les relations 19 on pouvait facilement répondre à cette question. Moins de 10% des candidats ont répondu correctement. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
3.4 · Modèle de la structure amplificatrice complète vis-à-vis des signaux variables
Question 38
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : régime petit signal, loi de kirchhoff
Établir la relation liant le courant d'entrée à , et . De même, établir celle liant le courant de sortie à , et .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi des nœuds en petits signaux aux nœuds de base et de collecteur en tenant compte des résistances de polarisation reliées à la masse dynamique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Établissement des lois des nœuds petits signaux : i_{\mathrm{e}} = i_{\mathrm{B}} + v_{\mathrm{BE}}/R_{\mathrm{B}} et i_{\mathrm{s}} = -i_{\mathrm{C}} - v_{\mathrm{CE}}/R_{\mathrm{C}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le commutateur \mathrm{S} étant en position \mathrm{S}_1, le transistor fonctionne en régime de petits signaux autour de son point de repos \mathrm{P}^0. Chaque grandeur totale instantanée X(t) se décompose sous la forme X(t) = X^0 + x(t), où X^0 est la composante continue de polarisation et x(t) la composante variable (dynamique).
1. Relation pour le courant d'entrée i_{\mathrm{e}} :
L'émetteur \mathrm{E} étant relié à la référence des potentiels (masse), le potentiel instantané de la base est :
La résistance de polarisation R_{\mathrm{B}} est connectée entre la source de tension continue E et la base \mathrm{B}. Le courant total descendant dans cette résistance s'écrit :
où I_{\mathrm{B}}^0 = (E - V_{\mathrm{BE}}^0)/R_{\mathrm{B}} est le courant continu de polarisation établi à la question 35.
Au nœud de base \mathrm{B}, le courant i_{\mathrm{e}}(t) arrive par la gauche à travers C_{\mathrm{B}}, le courant I_{R_{\mathrm{B}}}(t) arrive du haut par R_{\mathrm{B}}, et le courant total I_{\mathrm{B}}(t) = I_{\mathrm{B}}^0 + i_{\mathrm{B}}(t) pénètre dans le transistor. La loi des nœuds s'écrit :
En remplaçant par les décompositions statique/dynamique :
On en déduit immédiatement la relation liant les composantes variables :
2. Relation pour le courant de sortie i_{\mathrm{s}} :
Le potentiel instantané du collecteur \mathrm{C} est :
La résistance de collecteur R_{\mathrm{C}} est connectée entre l'alimentation continue E et le collecteur \mathrm{C}. Le courant total descendant dans R_{\mathrm{C}} vaut :
où I_{\mathrm{C}}^0 = (E - V_{\mathrm{CE}}^0)/R_{\mathrm{C}} est le courant de repos du collecteur.
D'après les figures (11) et (13), la flèche du courant de sortie i_{\mathrm{s}} au-dessus du condensateur C_{\mathrm{C}} est orientée vers la gauche, c'est-à-dire entrant vers le nœud \mathrm{C} (convention récepteur habituelle pour les accès d'un quadripôle).
La loi des nœuds appliquée au nœud de collecteur \mathrm{C} donne la somme des courants entrants égale au courant sortant dans le transistor :
Avec I_{\mathrm{C}}(t) = I_{\mathrm{C}}^0 + i_{\mathrm{C}}(t), il vient :
On obtient ainsi :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : schéma équivalent, amplificateur
Ces relations traduisent le comportement de l'environnement électrique du transistor vis-à-vis des signaux variables. Adjointes au modèle « petit signal » correspondant du transistor, justifier qu'elles conduisent au schéma électrique de la structure amplificatrice complète représentée sur la figure (13).
Voir l'indiceIndice
Constater que la source continue E se comporte comme un court-circuit pour les variations dynamiques et que les condensateurs transmettent les signaux variables.
Voir la stratégieStratégie
Pour justifier le passage du schéma complet de polarisation (figure 11 de gauche) au modèle petits signaux (figure 13), il faut :
- Rappeler le comportement d'une source de tension continue idéale en régime dynamique (petits signaux).
- Identifier le raccordement effectif des composants passifs (R_{\mathrm{B}}, R_{\mathrm{C}}, C_{\mathrm{B}}, C_{\mathrm{C}}) par rapport à la masse dynamique.
- Vérifier que les équations des nœuds établies à la question précédente sont fidèlement représentées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Raccordement du schéma petit signal du transistor avec les impédances de charge, de polarisation et le condensateur de liaison.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Comportement dynamique des sources continues : Le générateur d'alimentation impose une tension continue constante E. En régime dynamique (petits signaux), les variations autour du point de fonctionnement vérifient \Delta E = 0. Le générateur se comporte donc comme un court-circuit pour les grandeurs variables, ce qui relie la ligne d'alimentation continue à la masse dynamique (la référence des potentiels, confondue ici avec l'émetteur E du transistor).
2. Environnement de la base (entrée) :
- La tension variable d'entrée e est appliquée entre la borne (1) et la masse. Le condensateur de découplage/liaison C_{\mathrm{B}} est inséré en série entre la borne (1) et la base B, et est traversé par le courant d'entrée dynamique i_{\mathrm{e}}.
- Le commutateur S étant en position \mathrm{S}_1, la résistance R_{\mathrm{B}} est reliée entre la ligne haute (masse dynamique) et la base B. Elle se retrouve donc connectée en parallèle entre la base B et l'émetteur E, sous la tension dynamique v_{\mathrm{BE}}.
La loi des nœuds au point B, établie à la question précédente :
i_{\mathrm{e}} = i_{\mathrm{B}} + \frac{v_{\mathrm{BE}}}{R_{\mathrm{B}}}est ainsi rigoureusement respectée : le courant i_{\mathrm{e}} issu de C_{\mathrm{B}} se sépare entre la résistance R_{\mathrm{B}} vers la masse et l'entrée de base du transistor sous le courant i_{\mathrm{B}}.
3. Environnement du collecteur (sortie) :
- La résistance R_{\mathrm{C}} est connectée entre la ligne d'alimentation haute (masse dynamique) et le collecteur C. Elle apparaît donc branchée en dérivation entre le collecteur C et l'émetteur E (masse), soumise à la tension dynamique v_{\mathrm{CE}}.
- Le condensateur de liaison C_{\mathrm{C}} relie le nœud de collecteur C à la borne de sortie (2), où la tension dynamique de sortie est s par rapport à la masse.
La loi des nœuds au point C avec le courant dynamique i_{\mathrm{s}} entrant par la borne (2) :
i_{\mathrm{s}} = i_{\mathrm{C}} + \frac{v_{\mathrm{CE}}}{R_{\mathrm{C}}}est vérifiée : le courant arrivant de C_{\mathrm{C}} se scinde entre le collecteur du transistor (courant i_{\mathrm{C}} entrant dans Q) et la résistance R_{\mathrm{C}} vers la masse.
4. Modèle interne du transistor : Le transistor est substitué par son modèle linéarisé quadripolaire \mathrm{Q}(\mathrm{P}^0) de paramètres (r_{\mathrm{B}}, \gamma, r_{\mathrm{C}}), avec l'émetteur E servant de référence commune aux accès d'entrée et de sortie.
L'ensemble de ces connexions et lois de nœuds redonne exactement le schéma équivalent petit signal de la figure (13).
Question 40
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : impédance d'entrée, impédance de sortie
Dans le cadre des hypothèses adopté on établit (aisément) que (). Calculer la valeur de cette résistance correspondant au point de repos choisi à la question (36). Comparer cette valeur à celle de . Le constructeur du transistor donne, comme ordre de grandeur, . Comparer cette valeur à celle de .
Voir l'indiceIndice
Calculer numériquement r_{\mathrm{B}} avec K=40\text{ V}^{-1} et I_{\mathrm{C}}^0 = 0{,}1\text{ A}, puis justifier les approximations R_{\mathrm{B}} \parallel r_{\mathrm{B}} \simeq r_{\mathrm{B}} et R_{\mathrm{C}} \parallel r_{\mathrm{C}} \simeq R_{\mathrm{C}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega \ll R_{\mathrm{B}} \approx 19\text{ k}\Omega et r_{\mathrm{C}} \approx 100\text{ k}\Omega \gg R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 36, le point de polarisation \mathrm{P}^0 est caractérisé par un courant de collecteur I_{\mathrm{C}}^0 = 0{,}10\text{ A} et un gain en courant \gamma = 100.
La résistance dynamique d'entrée r_{\mathrm{B}} s'exprime par :
Avec K = 40\text{ V}^{-1}, on obtient numériquement :
À la question 36, la résistance de polarisation de base a été calculée : R_{\mathrm{B}} = 20\text{ k}\Omega = 2{,}0 \times 10^4\ \Omega. On constate donc que :
Par ailleurs, la résistance de polarisation de collecteur vaut R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega (question 36), alors que la résistance dynamique de sortie vaut typiquement r_{\mathrm{C}} \sim 100\text{ k}\Omega = 10^5\ \Omega. On a donc :
Résultat
Question 41
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : gain en tension, émetteur commun
Le gain en tension est défini par le rapport suivant :
En se plaçant loin au-delà de la pulsation de coupure basse introduite par le condensateur , exprimer le gain à vide (c'est-à-dire pour ). Vérifier qu'il peut se mettre sous la forme suivante :
Calculer sa valeur. Indiquer en quoi il apparaît pertinent de choisir un point de polarisation tel que .
Voir l'indiceIndice
Établir v_{\mathrm{BE}} \simeq e, exprimer le courant de base dynamique i_{\mathrm{B}}, puis la tension de sortie s = -R_{\mathrm{C}} i_{\mathrm{C}} = -R_{\mathrm{C}}\gamma i_{\mathrm{B}}. Justifier le choix de V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2 par la symétrie de l'excursion de tension sans écrêtage.
Voir la stratégieStratégie
- Se placer dans les conditions de hautes fréquences vis-à-vis des condensateurs de liaison (C_{\mathrm{B}} et C_{\mathrm{C}} équivalents à des courts-circuits en dynamique).
- Exprimer \tilde{v}_{\mathrm{BE}} en fonction de \tilde{e}, puis déterminer la tension de sortie à vide \tilde{s} = \tilde{v}_{\mathrm{CE}} en utilisant les simplifications de la question Q40 (r_{\mathrm{B}} \ll R_{\mathrm{B}} et r_{\mathrm{C}} \gg R_{\mathrm{C}}).
- Relier le produit I_{\mathrm{C}}^0 R_{\mathrm{C}} aux grandeurs d'alimentation et de polarisation fixées à la question Q36 pour retrouver l'expression de G_0, puis en calculer la valeur numérique et interpréter le choix de V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Gain à vide G_0 = -\frac{1}{2} K E = -400 ; le choix V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2 maximise l'excursion symétrique sans distorsion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Loin au-delà de la pulsation de coupure basse, les condensateurs de liaison C_{\mathrm{B}} et C_{\mathrm{C}} se comportent comme des courts-circuits vis-à-vis des grandeurs variables :
D'après la question Q37, le modèle petit signal du transistor donne (avec h_{12} = 0, h_{11} = r_{\mathrm{B}}) :
Au nœud de collecteur C, en l'absence de charge (i_{\mathrm{s}} = 0), le courant de sortie du quadripôle traverse la résistance R_{\mathrm{C}} en parallèle avec r_{\mathrm{C}}. D'après les simplifications validées à la question Q40 (r_{\mathrm{C}} \gg R_{\mathrm{C}}), la résistance équivalente de sortie se réduit à R_{\mathrm{C}} :
La loi des nœuds en C pour les composantes dynamiques (avec i_{\mathrm{s}} = 0) s'écrit :
Le condensateur C_{\mathrm{C}} étant un court-circuit en dynamique et le circuit étant ouvert en sortie (i_{\mathrm{s}} = 0), on a \tilde{s} = \tilde{v}_{\mathrm{CE}}. D'après la relation r_{\mathrm{B}} = \frac{\gamma}{K I_{\mathrm{C}}^0} (rappelée à la question Q40) :
Or, d'après la droite de charge statique établie à la question Q35 :
Avec le choix du point de repos V_{\mathrm{CE}}^0 = \frac{E}{2} effectué à la question Q36, il vient :
Le montage est un amplificateur inverseur. L'énoncé définissant le gain G_0 en valeur absolue (ou au signe près) :
Application numérique : Avec K = 40\text{ V}^{-1} et E = 20\text{ V} :
Pertinence du choix de V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2 : La tension v_{\mathrm{CE}}(t) = V_{\mathrm{CE}}^0 + v_{\mathrm{CE}}(t) est bornée par la saturation du transistor (V_{\mathrm{CE}} \simeq 0\text{ V}) et son blocage (V_{\mathrm{CE}} \simeq E). Choisir V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2 permet de centrer le point de repos au milieu de la plage de tension disponible, assurant ainsi une excursion dynamique symétrique maximale sans distorsion (écrêtage), d'amplitude crête \Delta V_{\mathrm{max}} = E/2 = 10\text{ V}.
Résultat
Question 42
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : fréquence de coupure, filtre passe-haut
Exprimer le gain dans le cas général, c'est-à-dire non restreint au domaine des hautes fréquences. Définir une fréquence de coupure basse de cette structure amplificatrice. Calculer sa valeur pour . Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Tenir compte de l'impédance du condensateur de liaison C_{\mathrm{B}} formant un filtre passe-haut avec la résistance d'entrée r_{\mathrm{B}}, et en déduire la fréquence de coupure à -3\text{ dB}.
Voir la stratégieStratégie
- À vide (i_{\mathrm{s}} = 0), aucun courant ne traverse le condensateur de liaison C_{\mathrm{C}}, de sorte que \tilde{s} = \tilde{v}_{\mathrm{CE}}.
- Utiliser le diviseur de tension d'entrée formé par C_{\mathrm{B}} et l'impédance d'entrée équivalente R_{\mathrm{B}} \parallel r_{\mathrm{B}} \simeq r_{\mathrm{B}} pour relier \tilde{v}_{\mathrm{BE}} à \tilde{e}.
- Relier \tilde{v}_{\mathrm{CE}} à \tilde{v}_{\mathrm{BE}} grâce au modèle dynamique simplifié (r_{\mathrm{C}} \gg R_{\mathrm{C}}), puis en déduire le gain complexe G(i\omega) et la fréquence de coupure à -3\text{ dB}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Filtre passe-haut dû à C_{\mathrm{B}} avec f_{\mathrm{cBF}} = \frac{1}{2\pi (r_{\mathrm{B}} \parallel R_{\mathrm{B}}) C_{\mathrm{B}}} \approx 6{,}4\text{ kHz}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
À vide, i_{\mathrm{s}} = 0, donc aucun courant ne circule dans le condensateur C_{\mathrm{C}} : la tension de sortie s'identifie à la tension dynamique collecteur-émetteur, soit :
D'après l'étude menée à la question Q40, r_{\mathrm{C}} \gg R_{\mathrm{C}}, de sorte que l'impédance de sortie équivalente se réduit à R_{\mathrm{C}}. Le modèle petits signaux au collecteur donne alors :
Du côté de l'entrée, la résistance équivalente de base connectée à la masse est R_{\mathrm{e}} = R_{\mathrm{B}} \parallel r_{\mathrm{B}} \simeq r_{\mathrm{B}} car r_{\mathrm{B}} \ll R_{\mathrm{B}} (question Q40). Le condensateur C_{\mathrm{B}} et la résistance r_{\mathrm{B}} forment un pont diviseur de tension :
En combinant ces deux relations, et en introduisant G_0 = \dfrac{\gamma R_{\mathrm{C}}}{r_{\mathrm{B}}} = \dfrac{1}{2}KE (résultat établi à la question Q41), le gain en tension s'écrit dans le cas général :
avec une pulsation de coupure basse \omega_{\mathrm{cBF}} = \dfrac{1}{r_{\mathrm{B}} C_{\mathrm{B}}}.
La fréquence de coupure basse à -3\text{ dB}, notée f_{\mathrm{cBF}}, est définie par la condition |G(i\omega_{\mathrm{cBF}})| = \dfrac{G_0}{\sqrt{2}}, ce qui donne :
Application numérique : avec r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega et C_{\mathrm{B}} = 1\ \mu\mathrm{F} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ F} :
Commentaire : Cette structure se comporte comme un filtre passe-haut du premier ordre. La valeur de coupure obtenue (6{,}4\text{ kHz}) est particulièrement élevée pour une application audio (bande 20\text{ Hz} - 20\text{ kHz}), car une grande partie du spectre audible (graves et médiums) serait coupée. Cette valeur élevée est une conséquence directe de la très faible résistance dynamique d'entrée du transistor (r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega). Pour obtenir une fréquence de coupure compatible avec l'audio (f_{\mathrm{cBF}} \leqslant 20\text{ Hz}), il faudrait choisir une capacité de liaison nettement plus grande, typiquement C_{\mathrm{B}} \geqslant 320\ \mu\mathrm{F}.
Résultat
Question 43
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : gain en charge, adaptation d'impédance
Nous nous plaçons à nouveau loin au-delà de la pulsation de coupure basse (pour cette question et la suivante). Calculer la valeur du gain lorsque l'amplificateur est chargée par une résistance utile telle que (cette résistance est donc traversée par le courant ). Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Remplacer la résistance équivalente de charge de collecteur par R_{\mathrm{C}} \parallel R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}}/2 pour évaluer la division du gain par deux.
Voir la stratégieStratégie
- En régime de moyenne fréquence (loin au-delà des coupures basses), les condensateurs de liaison C_{\mathrm{B}} et C_{\mathrm{C}} se comportent comme des courts-circuits pour les signaux variables.
- Exprimer la tension de sortie \tilde{s} = \tilde{v}_{\mathrm{CE}} en tenant compte de la résistance de charge utile R_{\mathrm{u}} connectée en sortie, en parallèle avec la résistance de collecteur R_{\mathrm{C}} et la résistance interne r_{\mathrm{C}}.
- En déduire le nouveau gain en tension G, calculer sa valeur numérique et commenter l'effet de charge observé.
Voir la réponse courteRéponse courte
La charge R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}} se met en parallèle de R_{\mathrm{C}}, ce qui divise le gain en tension par 2 : G = G_0/2 = -200.
Voir le corrigé completCorrigé complet
À une fréquence de travail située loin au-delà de la coupure basse, les condensateurs de liaison C_{\mathrm{B}} et C_{\mathrm{C}} ont une impédance négligeable : ils sont assimilables à des courts-circuits pour les grandeurs alternatives.
Dès lors :
À l'entrée, \tilde{v}_{\mathrm{BE}} = \tilde{e}, et avec R_{\mathrm{B}} \gg r_{\mathrm{B}}, le courant de commande de base s'écrit :
\tilde{i}_{\mathrm{B}} = \frac{\tilde{e}}{r_{\mathrm{B}}}- À la sortie, le condensateur C_{\mathrm{C}} étant un court-circuit, la tension de sortie est directement reliée à la tension dynamique de collecteur : \tilde{s} = \tilde{v}_{\mathrm{CE}}.
- La résistance de charge utile R_{\mathrm{u}} est connectée entre la borne de sortie (2) et la masse (référence des potentiels), se retrouvant ainsi en parallèle avec la résistance de collecteur R_{\mathrm{C}} et la résistance interne r_{\mathrm{C}}.
Puisque r_{\mathrm{C}} \sim 100\text{ k}\Omega \gg R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega (établi à la question Q40), la résistance équivalente de sortie s'écrit simplement :
Pour R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}}, on obtient :
La source liée de courant de collecteur débite \tilde{i}_{\mathrm{C}} = \gamma \tilde{i}_{\mathrm{B}}, d'où :
En retenant la convention d'amplitude du gain G adoptée à la question Q41 (G_0 = \frac{1}{2}KE), le gain en charge s'exprime par :
Application numérique : Avec K = 40\text{ V}^{-1} et E = 20\text{ V} (donc G_0 = 400) :
Commentaire : La présence de la charge R_{\mathrm{u}} divise le gain en tension par deux par rapport au gain à vide (G = G_0 / 2). Il s'agit d'un effet de charge très prononcé, directement lié au fait que la résistance de sortie de l'amplificateur (R_{\mathrm{s}} \simeq R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega) n'est pas négligeable devant la charge utile (R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}}). Pour s'affranchir de cette atténuation, il serait nécessaire d'intercaler un étage adaptateur d'impédance présentant une impédance de sortie très faible (par exemple un étage à collecteur commun).
Résultat
Question 44
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : pont diviseur de tension, impédance d'entrée
Nous supposons que le système délivrant le signal est assimilable à un générateur de tension de résistance interne et de force électromotrice (signal source variable que l'on souhaite amplifier). Calculer la valeur du gain dans le cas où et en prenant ici comme signal d'entrée. Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Appliquer un pont diviseur de tension à l'entrée entre la résistance interne R_{\mathrm{G}} et l'impédance d'entrée de l'amplificateur r_{\mathrm{B}}.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer la résistance d'entrée R_{\mathrm{e}} du montage vue par le générateur (e_{\mathrm{G}}, R_{\mathrm{G}}) loin au-delà de la pulsation de coupure basse (où le condensateur C_{\mathrm{B}} se comporte comme un court-circuit).
- Exprimer le signal \tilde{e} effectivement appliqué à l'entrée de l'amplificateur à l'aide d'un pont diviseur de tension entre R_{\mathrm{G}} et R_{\mathrm{e}}.
- En déduire le nouveau gain en tension G' = \tilde{s}/\tilde{e}_{\mathrm{G}} (en charge puis à vide), et commenter l'effet de charge ainsi mis en évidence.
Voir la réponse courteRéponse courte
Diviseur de tension d'entrée formé par R_{\mathrm{G}} et r_{\mathrm{B}} : le gain global chute fortement à cause de la faible impédance d'entrée.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Loin au-delà de la pulsation de coupure basse, le condensateur de liaison C_{\mathrm{B}} présente une impédance négligeable et se comporte comme un fil (\underline{Z}_{C_{\mathrm{B}}} \to 0).
D'après le schéma équivalent petits signaux de la figure (13), l'impédance d'entrée du montage vue par la source connectée aux bornes d'entrée est constituée de l'association en parallèle de la résistance de polarisation R_{\mathrm{B}} et de la résistance dynamique interne du transistor r_{\mathrm{B}} :
D'après la question Q40, r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega \ll R_{\mathrm{B}} = 20\text{ k}\Omega, ce qui permet d'écrire :
Le générateur réel (e_{\mathrm{G}}, R_{\mathrm{G}}) débitant sur cette impédance d'entrée R_{\mathrm{e}}, la tension d'entrée \tilde{e} s'obtient par la formule du diviseur de tension :
Avec R_{\mathrm{G}} = 50\ \Omega et r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega :
Le gain en tension global G' prenant e_{\mathrm{G}} pour signal d'entrée s'exprime donc par :
Si l'amplificateur est chargé par la résistance utile R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}} introduite à la question Q43 (où G = 200) :
G' = \frac{1}{3} \times 200 \simeq 67Si l'on considère l'amplificateur fonctionnant à vide (i_{\mathrm{s}} = 0, avec G_0 = 400 d'après la question Q41) :
G' = \frac{1}{3} \times 400 \simeq 133
Dans le cas de l'amplificateur en charge (R_{\mathrm{u}} = R_{\mathrm{C}}) :
(ou \boxed{G' \simeq 133} pour un fonctionnement à vide).
Commentaire du résultat :
- On constate une chute notable du gain (divisé par un facteur 3) en raison de la résistance interne de la source : les deux tiers de la tension e_{\mathrm{G}} sont perdus aux bornes de R_{\mathrm{G}}.
- Cela met en défaut la qualité d'amplificateur de tension du montage émetteur commun simple. Pour être un bon amplificateur de tension, un quadripôle doit posséder une résistance d'entrée très élevée devant celle du générateur (R_{\mathrm{e}} \gg R_{\mathrm{G}}), ce qui n'est pas le cas ici car r_{\mathrm{B}} = 25\ \Omega est très faible (inférieure même à la valeur usuelle de 50\ \Omega d'un générateur de laboratoire).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
3.5 · Étude de la dérive thermique
Question 45
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : dérive thermique, sensibilité
Exprimer dans le cas où le commutateur S est en position (se reporter à la figure (11) de gauche), que l'on notera alors . Calculer sa valeur en un point de polarisation tel que . Indiquer comment cet effet de dérive se manifeste sur le point de polarisation construit en réponse à la question (35), dans le quadrant (III) (quadrant défini sur la figure (11) de droite).
Voir l'indiceIndice
Exprimer V_{\mathrm{CE}}^0 = E - R_{\mathrm{C}} I_{\mathrm{C}}^0 avec I_{\mathrm{C}}^0 \simeq \gamma E/R_{\mathrm{B}} en négligeant V_{\mathrm{BE}}^0, en déduire \alpha^0(\gamma) puis dériver par rapport à \gamma.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le potentiel V_{\mathrm{CE}}^0 et le paramètre \alpha^0 en fonction de \gamma, E et q = R_{\mathrm{C}}/R_{\mathrm{B}} dans la configuration S_1, en utilisant l'approximation V_{\mathrm{BE}}^0 \ll E.
- Calculer la dérivée partielle \chi_{\gamma, 1} = \frac{\partial \alpha^0}{\partial \gamma} et évaluer sa valeur numérique pour \alpha^0 = 1/2 et \gamma = 100.
- Décrire le déplacement du point de repos P^0 sur le réseau de caractéristiques du quadrant (III) le long de la droite de charge statique.
Voir la réponse courteRéponse courte
En polarisation de base simple, le courant I_{\mathrm{B}} est fixé, donc \chi_{\gamma, 1} = 1 : forte vulnérabilité à la dérive thermique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lorsque le commutateur S est en position S_1, la maille d'entrée impose :
En tenant compte de la condition V_{\mathrm{BE}}^0 \ll E rappelée en consigne, le courant de base s'écrit :
Le transistor fonctionnant en régime actif direct, le courant de collecteur vaut :
La loi des mailles appliquée au circuit de sortie donne :
où l'on a posé q = R_{\mathrm{C}}/R_{\mathrm{B}}. Par identification avec la définition V_{\mathrm{CE}}^0 = \alpha^0 E, il vient :
On en déduit l'expression de la susceptibilité \chi_{\gamma, 1} :
Au point de repos initial choisi à la question 36, on a \alpha^0 = 1/2, ce qui impose :
La susceptibilité s'exprime donc à ce point de fonctionnement sous la forme :
Avec \gamma = 100, l'application numérique donne :
Manifestation sur le réseau de caractéristiques dans le quadrant (III) :
- La droite de charge statique d'équation I_{\mathrm{C}} = \frac{E - V_{\mathrm{CE}}}{R_{\mathrm{C}}} est uniquement fixée par les composants passifs E et R_{\mathrm{C}}, elle est donc immobile.
- Le courant de base I_{\mathrm{B}}^0 \simeq E/R_{\mathrm{B}} est indépendant de la température. En revanche, lorsque \gamma croît avec la température, le palier de courant de sortie correspondant I_{\mathrm{C}} = \gamma I_{\mathrm{B}}^0 s'élève verticalement.
- En conséquence, le point de repos P^0, intersection du palier de caractéristique et de la droite de charge, se déplace vers le haut et vers la gauche le long de la droite de charge statique (I_{\mathrm{C}}^0 augmente et V_{\mathrm{CE}}^0 diminue).
Résultat
Question 46
DifficileTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : contre-réaction, stabilisation
Le commutateur S est en position (se reporter à la figure (11) de gauche). Exprimer la susceptibilité correspondante. Calculer sa valeur en un point de polarisation tel que . Commenter la comparaison de à .
Voir l'indiceIndice
En position S_2, la résistance R_{\mathrm{B}} est connectée au collecteur : écrire la loi des mailles liant I_{\mathrm{B}}^0 à V_{\mathrm{CE}}^0, en déduire la nouvelle expression de \alpha^0 et comparer les dérivées pour juger de la stabilité.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le point de repos V_{\mathrm{CE}}^0 = \alpha^0 E en exploitant les lois des mailles et des nœuds avec la résistance de base R_{\mathrm{B}} connectée au collecteur (position \mathrm{S}_2), sous les hypothèses V_{\mathrm{BE}}^0 \ll V_{\mathrm{CE}}^0 et \gamma \gg 1.
- Dériver \alpha^0 par rapport à \gamma pour obtenir la susceptibilité \chi_{\gamma, 2}.
- Évaluer \chi_{\gamma, 2} pour \alpha^0 = 1/2 et \gamma = 100, puis comparer à \chi_{\gamma, 1} trouvée en Q45.
Voir la réponse courteRéponse courte
La résistance de collecteur réinjecte une contre-réaction réduisant la sensibilité thermique \chi_{\gamma, 2} < 1, stabilisant le montage.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lorsque le commutateur \mathrm{S} est en position \mathrm{S}_2, la résistance de base R_{\mathrm{B}} est connectée au potentiel de collecteur V_{\mathrm{CE}} :
La tension aux bornes de R_{\mathrm{B}} vaut V_{\mathrm{CE}}^0 - V_{\mathrm{BE}}^0. En négligeant V_{\mathrm{BE}}^0 devant V_{\mathrm{CE}}^0 (V_{\mathrm{BE}}^0 \ll E d'après la mention de la question Q36), le courant de base s'écrit :
I_{\mathrm{B}}^0 \simeq \frac{V_{\mathrm{CE}}^0}{R_{\mathrm{B}}}- Le courant issu de l'alimentation traversant R_{\mathrm{C}} est égal à I_{\mathrm{C}}^0 + I_{\mathrm{B}}^0 \simeq I_{\mathrm{C}}^0 car \gamma \gg 1 (I_{\mathrm{B}}^0 = I_{\mathrm{C}}^0/\gamma \ll I_{\mathrm{C}}^0).
La loi des mailles dans le circuit de sortie donne :
où l'on a posé q = R_{\mathrm{C}} / R_{\mathrm{B}}. Il en découle :
Par définition de la susceptibilité :
Au point de repos tel que \alpha^0 = 1/2, on a :
En reportant cette valeur dans l'expression de la susceptibilité :
Avec \gamma = 100 :
Comparaison avec \chi_{\gamma, 1} : D'après la question Q45, la susceptibilité en position \mathrm{S}_1 valait \chi_{\gamma, 1} = -\frac{1}{2\gamma} = -5{,}0 \times 10^{-3}. On constate donc que :
La sensibilité de la tension de polarisation aux fluctuations de \gamma est divisée par deux en position \mathrm{S}_2.
Résultat
Question 47
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : boucle de rétroaction, stabilité thermique
Nous supposons que le transistor subit une légère élévation de température : . Indiquer quelles en sont les conséquences sur, consécutivement, , , et . Vérifier que cette analyse conduit à un résultat qualitativement concordant avec celui établi en réponse à la question (46). Indiquer quel élément, indispensable à la caractérisation d'un système dynamique, cette démarche atemporelle ne prend pas en compte.
Voir l'indiceIndice
Dérouler la chaîne causale : si T monte, \gamma croît, I_{\mathrm{C}}^0 augmente, ce qui fait chuter V_{\mathrm{CE}}^0, réduisant ainsi le courant injecté à la base I_{\mathrm{B}}^0 (effet stabilisant de contre-réaction). Remarquer l'absence d'échelle de temps thermique.
Voir la stratégieStratégie
- Suivre la chaîne causale des grandeurs physiques régissant le transistor en position S_2, de la température T jusqu'au courant de base I_{\mathrm{B}}^0.
- Identifier la nature de la boucle de rétroaction (contre-réaction stabilisatrice) et faire le lien avec la réduction de susceptibilité |\chi_{\gamma, 2}| < |\chi_{\gamma, 1}| établie à la question précédente.
- Identifier la grandeur physique absente d'une analyse purement statique pour un système asservi ou thermique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analyse séquentielle montrant la rétroaction stabilisante ; la démarche néglige l'inertie thermique et le temps de transit.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons les conséquences successives d'une élévation de température T \to T + \delta T avec \delta T > 0 lorsque le commutateur est en position S_2 :
- Sur \gamma : le gain en courant croît avec la température (\partial \gamma / \partial T > 0), donc \gamma augmente (\delta \gamma > 0) ;
- Sur I_{\mathrm{C}}^0 : la relation I_{\mathrm{C}}^0 = \gamma I_{\mathrm{B}}^0 montre que l'augmentation de \gamma tend à faire augmenter le courant de collecteur I_{\mathrm{C}}^0 ;
- Sur V_{\mathrm{CE}}^0 : la loi des mailles appliquée à la maille de sortie donne V_{\mathrm{CE}}^0 \simeq E - R_{\mathrm{C}} I_{\mathrm{C}}^0 ; l'accroissement de I_{\mathrm{C}}^0 induit une augmentation de la chute ohmique dans R_{\mathrm{C}}, donc V_{\mathrm{CE}}^0 diminue ;
Sur I_{\mathrm{B}}^0 : en position S_2, la résistance de base R_{\mathrm{B}} est reliée au collecteur, d'où la relation de polarisation :
I_{\mathrm{B}}^0 = \frac{V_{\mathrm{CE}}^0 - V_{\mathrm{BE}}^0}{R_{\mathrm{B}}} \simeq \frac{V_{\mathrm{CE}}^0}{R_{\mathrm{B}}}La diminution de V_{\mathrm{CE}}^0 entraîne ainsi une diminution du courant de base I_{\mathrm{B}}^0.
Concordance qualitative avec la question (46). La diminution de I_{\mathrm{B}}^0 tend à réduire le produit I_{\mathrm{C}}^0 = \gamma I_{\mathrm{B}}^0, s'opposant ainsi à la dérive initiale provoquée par la hausse de \gamma. Ce mécanisme correspond à une contre-réaction négative (ou autorégulation).
Ce comportement stabilisant est parfaitement en accord avec le résultat de la question (46) :
qui démontre que la sensibilité de la tension de repos V_{\mathrm{CE}}^0 aux variations de \gamma est divisée par deux en adoptant la position S_2.
Élément non pris en compte par la démarche atemporelle. Cette approche statique ne fait pas intervenir la dimension temporelle :
- elle ignore l'inertie thermique du transistor (due à sa capacité thermique C) et donc la constante de temps \tau régissant la dynamique du transfert thermique ;
- elle ne permet pas d'étudier la stabilité dynamique du système (vitesse de réaction, dépassements éventuels, retards de propagation dans la boucle d'asservissement).
Question 48
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : puissance dissipée, effet joule
Exprimer le rapport en fonction de , puis la puissance électrique dissipée dans le transistor en fonction de , , et . Pour cette dernière, on tiendra compte de la mention notée en fin de la question (36).
Voir l'indiceIndice
Utiliser la condition à T=T_{\mathrm{a}} pour fixer q = 1/\gamma_{\mathrm{a}}, puis exprimer le produit P_{\text{élec}} = V_{\mathrm{CE}} I_{\mathrm{C}} en fonction de E, R_{\mathrm{C}} et de la variable adimensionnée aX.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la tension collecteur-émetteur V_{\mathrm{CE}} en fonction de E, q et \gamma pour le commutateur en position \mathrm{S}_2, puis utiliser la condition imposée à T = T_{\mathrm{a}} pour déterminer q.
- Évaluer la puissance électrique dissipée par le transistor à l'aide des approximations usuelles (\gamma \gg 1 et V_{\mathrm{BE}} \ll E), puis exprimer V_{\mathrm{CE}} et I_{\mathrm{C}} en fonction de X = (T - T_{\mathrm{a}})/T_{\mathrm{a}} pour obtenir P_{\text{élec}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression de P_{\text{élec}} = V_{\mathrm{CE}} I_{\mathrm{C}} en fonction des variables adimensionnées a et X.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lorsque le commutateur \mathrm{S} est en position \mathrm{S}_2, la résistance de base R_{\mathrm{B}} est connectée au collecteur. En appliquant la loi des mailles à l'entrée et à la sortie, avec V_{\mathrm{BE}} \ll V_{\mathrm{CE}} et \gamma \gg 1 (ce qui permet d'écrire I_{R_{\mathrm{C}}} = I_{\mathrm{C}} + I_{\mathrm{B}} \simeq I_{\mathrm{C}}), nous avons (d'après les questions 36 et 46) :
En introduisant q = R_{\mathrm{C}}/R_{\mathrm{B}}, il vient :
À la température ambiante T = T_{\mathrm{a}}, la grandeur réduite vaut X = 0, soit \gamma = \gamma_{\mathrm{a}}. La condition imposée V_{\mathrm{CE}}(T_{\mathrm{a}}) = E/2 se traduit par :
La puissance électrique totale dissipée dans le transistor s'écrit :
Comme I_{\mathrm{B}} = I_{\mathrm{C}}/\gamma \ll I_{\mathrm{C}} et V_{\mathrm{BE}} \ll V_{\mathrm{CE}}, la puissance d'entrée V_{\mathrm{BE}} I_{\mathrm{B}} est négligeable devant V_{\mathrm{CE}} I_{\mathrm{C}} :
Pour une température T quelconque, le gain en courant s'écrit \gamma = \gamma_{\mathrm{a}}(1 + a X), de sorte que :
L'expression de V_{\mathrm{CE}} devient donc :
Le courant de collecteur s'exprime quant à lui par :
On en déduit la puissance électrique dissipée :
Résultat
Question 49
DifficileTemps estimé : ≈ 8 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MP2I, BCPST1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : bilan thermique, équation différentielle
Établir un bilan de puissance appliqué au transistor. Vérifier qu'il peut s'écrire sous la forme suivante :
Exprimer les constantes et et donner la valeur de .
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous forme d'un bilan de puissance \mathcal{C}\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = P_{\text{élec}} - P_{\mathrm{th}} et adimensionner l'équation avec X = (T-T_{\mathrm{a}})/T_{\mathrm{a}}.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous forme d'un bilan de puissance thermique au système constitué par le transistor de capacité thermique C.
- Exprimer les puissances échangées à l'aide de l'expression de P_{\text{élec}} obtenue à la question précédente (Q48) et de la loi de refroidissement de Newton P_{\mathrm{th}} = H(T - T_{\mathrm{a}}).
- Réécrire l'équation d'évolution en fonction de la variable adimensionnée X = (T - T_{\mathrm{a}})/T_{\mathrm{a}} pour identifier \tau et A, puis réaliser l'application numérique de A.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie C_{\mathrm{th}} \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = P_{\text{élec}} - \frac{T - T_{\mathrm{a}}}{R_{\mathrm{th}}} menant à l'équation différentielle adimensionnée du premier ordre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le transistor constitue un système fermé à volume constant de capacité thermique C et de température T supposée uniforme. Le premier principe de la thermodynamique appliqué au transistor sur un intervalle de temps \mathrm{d}t s'écrit sous forme de bilan de puissance :
où :
la variation d'énergie interne par unité de temps vaut :
\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = C \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = C T_{\mathrm{a}} \frac{\mathrm{d}X}{\mathrm{d}t}puisque T = T_{\mathrm{a}}(1 + X) ;
la puissance électrique dissipée par effet Joule dans le transistor a été établie à la question Q48 :
P_{\text{élec}} = \frac{E^2}{R_{\mathrm{C}}} \frac{1 + aX}{(2 + aX)^2}la puissance thermique évacuée vers l'extérieur est donnée par la loi phénoménologique (équation (24)) :
P_{\mathrm{th}} = H(T - T_{\mathrm{a}}) = H T_{\mathrm{a}} X
Le bilan s'écrit donc :
En divisant chaque terme par H T_{\mathrm{a}} > 0, on obtient directement :
Cette équation est bien de la forme demandée :
avec les constantes :
Application numérique : Avec E = 20\text{ V}, R_{\mathrm{C}} = 100\ \Omega, H = \frac{1}{90}\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} et T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K} :
Résultat
Question 50
DifficileTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en MP2I, BCPST1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : équilibre thermique, résolution graphique
Déterminer, à l'aide de la représentation graphique de la fonction de la figure (14), l'élévation de température (relativement à ) du transistor, lorsqu'il atteint l'équilibre thermique. Déterminer la valeur correspondante.
Voir l'indiceIndice
Identifier le point d'équilibre stationnaire en résolvant graphiquement X = A\,F(aX) sur la figure 14 pour trouver Y_{\text{éq}} = aX_{\text{éq}}, puis calculer \Delta T = X_{\text{éq}}T_{\mathrm{a}} et V_{\mathrm{CE}}^{\text{éq}}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la condition d'équilibre thermique issue de l'équation différentielle établie à la question Q49 sous la forme F(Y) = G(Y), où Y = aX.
- Identifier l'équation de la droite G(Y) et déterminer graphiquement le point d'intersection avec la courbe de la figure (14).
- En déduire l'élévation de température \Delta T = X_{\text{éq}} T_{\mathrm{a}}, puis la tension collecteur-émetteur V_{\mathrm{CE}}^{\text{éq}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intersection avec la droite Y = F(Y), calcul de l'échauffement stationnaire \Delta T et déduction de V_{\mathrm{CE}}^{\text{éq}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
À l'équilibre thermique, la température du transistor est stationnaire, ce qui se traduit par \dfrac{\mathrm{d}X}{\mathrm{d}t} = 0. D'après l'équation (26) établie à la question Q49 :
En introduisant la variable adimensionnée Y = aX, on a X_{\text{éq}} = \dfrac{Y_{\text{éq}}}{a} et la condition d'équilibre s'écrit :
Numériquement, avec a = 0{,}5 et A = 1{,}2 (question Q49) :
Pour déterminer graphiquement la solution à l'aide de la figure (14) (dont l'axe des ordonnées est opportunément étiqueté « F\,;\,G ») :
- la droite passe par l'origine (0\,,\,0) ;
- pour Y = 0{,}18, G(0{,}18) = \dfrac{0{,}18}{0{,}60} = 0{,}30 ;
- pour Y = 0{,}15, G(0{,}15) = 0{,}25.
La lecture de l'intersection de cette droite avec la courbe tracée sur la figure (14) donne :
On en déduit la variable d'écart de température à l'équilibre :
L'élévation de température \Delta T = T_{\text{éq}} - T_{\mathrm{a}} = X_{\text{éq}} T_{\mathrm{a}} vaut alors, avec T_{\mathrm{a}} = 300\text{ K} :
soit, avec deux chiffres significatifs :
D'après l'expression de V_{\mathrm{CE}} établie à la question Q48 :
Avec E = 20\text{ V} et Y_{\text{éq}} \simeq 0{,}17 :
Résultat
Question 51
DifficileTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires
Notions : emballement thermique, stabilité
Parallèlement à l'effet stabilisant du flux thermique évacué par le transistor, la décroissance de la fonction limite la dérive thermique. Cette décroissance est une conséquence de la situation choisie du point de polarisation dans le quadrant III. En indiquer la raison.
Voir l'indiceIndice
Montrer que la décroissance de la fonction F(Y) assure que toute augmentation de température induit une baisse de la puissance électrique injectée, évitant ainsi le phénomène d'emballement thermique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance électrique P_{\text{élec}} dissipée dans le transistor en fonction de V_{\mathrm{CE}} le long de la droite de charge du quadrant (III).
- Identifier la position du point de repos P^0 initial (V_{\mathrm{CE}}^0 = E/2) par rapport à l'extremum de cette puissance.
- Analyser le sens de déplacement du point de fonctionnement sur la droite de charge lors d'une élévation de température et en déduire la décroissance de P_{\text{élec}} (et donc de F).
Voir la réponse courteRéponse courte
Dans cette zone, une élévation de température réduit la puissance électrique dissipée (\mathrm{d}P/\mathrm{d}T < 0), empêchant l'emballement thermique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le quadrant (III), le point de fonctionnement (V_{\mathrm{CE}}, I_{\mathrm{C}}) est contraint d'évoluer sur la droite de charge statique imposée par le circuit de collecteur :
La puissance électrique dissipée dans le transistor s'écrit (en négligeant V_{\mathrm{BE}} I_{\mathrm{B}} \ll V_{\mathrm{CE}} I_{\mathrm{C}}) :
Cette fonction parabolique en V_{\mathrm{CE}} est concave et atteint son maximum absolu pour :
Or, le point de repos à la température ambiante (T = T_{\mathrm{a}}, soit Y = 0) a précisément été choisi à cette valeur :
Lorsque la température augmente (T > T_{\mathrm{a}}, soit Y = aX > 0), le gain en courant \gamma croît. Par effet de contre-réaction sur la polarisation (position \mathrm{S}_2), le point de fonctionnement se déplace le long de la droite de charge vers des tensions plus faibles :
Dans le domaine V_{\mathrm{CE}} < E/2, la dérivée \frac{\mathrm{d}P_{\text{élec}}}{\mathrm{d}V_{\mathrm{CE}}} est strictement positive : une diminution de V_{\mathrm{CE}} entraîne donc nécessairement une décroissance de la puissance dissipée P_{\text{élec}}.
Comme P_{\text{élec}} = \frac{E^2}{R_{\mathrm{C}}} F(Y), la fonction F(Y) est donc strictement décroissante pour Y \geqslant 0.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le jury attendait la conclusion selon laquelle la dérive thermique permet de modérer la puissance dissipée par le transistor.
« Les candidats devaient conclure sur le fait que la dérive thermique a pour conséquence de réduire la puissance dissipée dans le transistor. »
Source : rapport du jury X-ENS 2022
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Surtout 4 chapitres : Diffusion de particules (25 % des questions, partie 2), Facteur de Boltzmann et physique statistique (21 %, partie 1), Circuits électriques et régimes transitoires (20 %) et Électrostatique (15 %). Plus ponctuellement : Régime sinusoïdal forcé et filtrage, Diffusion thermique, Description d'un système thermodynamique et Premier et second principes.
Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 dès la première année (MPSI) ?
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Environ 4 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est un peu long, il faut avancer sans s'attarder.
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Quelles questions classiques faut-il savoir refaire dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Le sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Quelle a été la moyenne au sujet X-ENS Physique-SI MP 2022 ?
Moyenne : 10,12/20 (écart-type 4,99, 685 présents).
Pourquoi la tension de diffusion V_d ne peut-elle délivrer aucun courant permanent ?
Non, aucun courant ne peut circuler : cela créerait un travail électrique permanent sans apport d'énergie extérieur, violant le second principe de la thermodynamique (Q24). À l'équilibre, le champ électrique interne compense rigoureusement la diffusion des porteurs.
Le gain en tension G₀ en Q41 doit-il comporter un signe négatif ?
Non : l'énoncé impose l'expression positive G_0 = \frac{1}{2} K E, définissant G_0 en amplitude, même si l'étage amplificateur à émetteur commun est physiquement inverseur (déphasage de \pi).
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 51
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 51 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,12 et d'écart-type 4,99 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.