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MATHÉMATIQUES I

Notations

On note I le segment [ − 1, 1] de ℝ et E l'espace préhilbertien complexe des fonctions continues sur I à valeurs complexes muni du produit scalaire :
(f, g) ↦ (f|g) = ∫_I f(t)^–g(t)dt
Pour tout nombre complexe z n'appartenant pas à l'intervalle ] − ∞, 0], on note Arg(z) l'unique nombre réel appartenant à l'intervalle ] − π, π[ tel que z = |z|e^(iArg(z)).
Pour (n, p) ∈ ℕ^2 et p ≤ n, C_n^p = (n/p) = (n!)/(p!(n − p)!)

Questions préliminaires

a) Déterminer le développement en série entière au point 0 de la fonction :
] − ∞, 1[ → ℝ, x ↦ 1/(√(1 − x))
et préciser le rayon de convergence de la série entière obtenue.
b) Pour n ∈ ℕ, on pose
a_n = 1/(2^(2n))((2n)/n).
Montrer que la fonction :
φ : ℂ → ℂ, z ↦ ∑_(n = 0)^∞a_n z^n est définie sur Δ = {z ∈ ℂ||z|<1}
c) Montrer que φ est une racine carrée de la fonction
Δ → ℂ, z ↦ 1/(1 − z) autrement dit, pour tout z ∈ Δ, (φ(z))^2 = 1/(1 − z).
d) Montrer que :
∀z ∈ Δ, φ(z) = 1/(√(|1 − z|))e^(− i/2Arg(1 − z)). Que vaut φ(x) lorsque x ∈ ] − 1, 1[?
On pourra dorénavant noter
φ(z) = (1 − z)^(− 1/2) pour z ∈ Δ.

Filière PC

e) Cette question est indépendante des précédentes.
Pour tout entier naturel n, prouver l'existence d'une fonction polynomiale H_n telle que, pour tout réel θ, on a H_n(cosθ) = cosnθ.

Partie I -

I.A - Montrer que, pour tout t ∈ I, la fonction
ψ_t : ] − 1, 1[ → ℝ, x ↦ f(t, x) définie par: ψ_t(x) = (1 − 2xt + x^2)^(− 1/2)
est l'unique solution sur ] − 1, 1[ d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients polynomiaux prenant la valeur 1 en 0 . On donnera cette équation différentielle :
(E) : a(t, x)y^′ + b(t, x)y = 0 où a et b sont des polynômes unitaires en x.

I.B -

I.B.1) Vérifier que pour x ∈ ] − 1, 1[ et θ ∈ ℝ on a
Ψ_(cosθ)(x) = φ(xe^(iθ))φ(xe^(− iθ)), puis Ψ_(cosθ)(x) = ∑_(n = 0)^∞G_n(θ)x^n
où G_n est une combinaison linéaire à coefficients positifs d'applications de la forme θ ↦ e^(ikθ) où k ∈ ℤ. Préciser la valeur de G_n(0).
I.B.2) Montrer que pour n ∈ ℕ et θ ∈ ℝ, on a G_n(θ) = P_n(cosθ) où P_n est un polynôme à coefficients réels.
I.B.3) Montrer que pour n ∈ ℕ et θ ∈ ℝ, on a |G_n(θ)| ≤ G_n(0), puis que pour
t ∈ [ − 1, 1] et x ∈ ] − 1, 1[, f(t, x) = ∑_(n = 0)^∞P_n(t)x^n
avec convergence normale sur [ − 1, 1] × [ − a, a] où a ∈ ]0, 1[.
I.B.4) Montrer que la suite (P_n)_(n ≥ 0) vérifie P_0(t) = 1, P_1(t) = t et pour
n ≥ 1, (2n + 1)tP_n(t) = (n + 1)P_(n + 1)(t) + nP_(n − 1)(t)
I.B.5) Déterminer pour tout n ∈ ℕ le degré et la parité de P_n. Déterminer le coefficient dominant de P_n, ainsi que P_n(1) et P_n(− 1).

I.C -

I.C.1) Soit a et b deux éléments distincts de ]1, + ∞[. Calculer et simplifier la dérivée de la fonction définie sur [ − 1, 1] par:
h : t ↦ ln[((a − t) + (b − t))/2 − √((a − t)(b − t))]
après avoir vérifié qu'elle est bien définie.
En déduire la valeur de l'intégrale :
∫_(− 1)^1(dt)/(√((a − t)(b − t))) pour tout couple (a, b) d'éléments de ]1, + ∞[
I.C.2) Montrer que:
∫_(− 1)^1 f(t, x)f(t, y)dt = 1/(√(xy))ln[(1 + √(xy))/(1 − √(xy))] pour tout couple (x, y) d'éléments de; ]0, 1[.
On admettra sans démonstration l'identité suivante :
2√(xy)(1 − x)(1 − y) − (x + y)(1 + xy) + 4xy = (1 + √(xy))^2(2√(xy) − (x + y))
I.C.3)
a) Pour tout couple (x, y) d'éléments de ]0, 1[ établir que :
1/(√(xy))ln[(1 + √(xy))/(1 − √(xy))] = ∑_(n = 0)^∞2/(2n + 1)x^n y^n
b) On fixe y dans l'intervalle ]0, 1 [ . Montrer que, pour tout couple ( t, x ) appartenant à I × ]0, 1[ :
f(t, x)f(t, y) = ∑_(n = 0)^∞P_n(t)f(t, y)x^n
la série convergeant normalement sur tout l'ensemble de la forme I × ]0, a] avec a ∈ ]0, 1[. Conclure que :
∫_(− 1)^1 P_n(t)f(t, y)dt = 2/(2n + 1)y^n
c) En écrivant que, pour tout (t, y) ∈ I × ]0, 1[, f(t, y) = ∑_(m = 0)^∞P_m(t)y^m, prouver
que, pour tout n ∈ ℕ : que, pour tout n ∈ ℕ :
∑_(m = 0)^∞(∫_(− 1)^1 P_n(t)P_m(t)dt)y^m = 2/(2n + 1)y^n
d) Conclure que
∫_(− 1)^1 P_n(t)P_m(t)dt = 2/(2n + 1)δ_(n, m)
où δ_(n, m) est le symbole de Kronecker : δ_(n, m) = 1 si m = n et δ_(n, m) = 0 sinon. Interpréter le résultat obtenu.
I.D - Soit n un entier supérieur ou égal à 1 et z un zéro de P_n (a priori dans ℂ). On note R_n la fonction polynôme telle que, pour t ≠ z, R_n(t) = (P_n(t))/(t − z).
I.D.1) Calculer ( R_n|_P_n ) .
I.D.2) En déduire que z est réel et que |z| < 1.
I.D.3) Montrer que z est une racine simple de P_n.

I.E -

I.E.1) En utilisant (2), établir que, pour tout entier naturel n et tout couple (x, y) de nombres complexes distincts :
∑_(k = 0)^n(2k + 1)P_k(x)P_k(y) = (n + 1)([P_(n + 1)(x)P_n(y) − P_n(x)P_(n + 1)(y)])/(x − y).
I.E.2) En déduire que, pour tout x ∈ ℂ :
∑_(k = 0)^n(2k + 1)(P_k(x))^2 = (n + 1)[P_(n + 1)^′(x)P_n(x) − P_n^′(x)P_(n + 1)(x)]
I.E.3) Déduire de cette dernière formule que tout zéro de P_n est strictement compris entre deux zéros consécutifs de P_(n + 1).
I.F - Pour toute fonction f de classe 𝒞^2 sur I, on note Af la fonction de I dans ℂ définie par :
Af(t) = d/(dt)[(1 − t^2)f^′(t)]
Prouver que, pour tout couple (f, g) de fonctions de classe 𝒞^2 sur I, (Af|g) = (f|Ag).
En déduire que, pour tout n ≥ 1 et tout entier k, 0 ≤ k ≤ n − 1, (P_k|AP_n) = 0.
En déduire que P_n est solution de l'équation différentielle :
(1 − t^2)y^(′′) − 2ty^′ + n(n + 1)y = 0.

Partie II -

II.A -

II.A.1) On associe à n ∈ ℕ et à f ∈ E le coefficient c_n(f) = (P_n|f). Montrer que la série de terme général
(n + 1/2)|c_n(f)|^2 est convergente.
II.A.2) Montrer, à l'aide de I.F - que si f ∈ E est de classe 𝒞^2 sur I, alors la série ∑n^5|c_n(f)|^2 est convergente.
En déduire que la série ∑n|c_n(f)| est convergente.

II.B -

II.B.1) Pour tout n ∈ ℕ, on définit f_n dans E par f_n : t ↦ t^n.
Montrer que si f ∈ E est telle que, pour tout n ∈ ℕ, (f_n|f) = 0 alors f est nulle.
II.B.2) Supposant f ∈ E de classe 𝒞^2 sur I, montrer que l'expression :
g(t) = f(t) − ∑_(n = 0)^∞(n + 1/2)c_n(f)P_n(t) définit sur I une fonction continue g
II.B.3) Montrer que g est nulle.
II.B.4) Déduire de ce qui précède une condition suffisante pour que la série de fonctions
∑(n + 1/2)c_n(f)P_n converge normalement sur I et ait pour somme f
II.C - Pour tout n ∈ ℕ et tout x ∈ ℝ, vérifier que la fonction t ↦ (P_n(t) − P_n(x))/(t − x) est intégrable sur le segment I.
Établir que, pour tout n ∈ ℕ, la fonction x ↦ Q_n(x) définie par:
Q_n(x) = ∫_(− 1)^1(P_n(t) − P_n(x))/(t − x)dt
est une fonction polynôme de degré (n − 1) et que la suite (Q_n)_(n ∈ ℕ) vérifie les conditions initiales Q_0 = 0, Q_1 = 2 et la même relation de récurrence que la suite (P_n)_(n ∈ ℕ) à partir du rang n = 1.
II.D - Soit n ∈ ℕ^∗ fixé. On note a_1, …, a_n les zéros de P_n écrits dans l'ordre croissant, i.e. − 1 < a_1 < … < a_n < 1.
II.D.1) Montrer que ℬ = (L_1, …, L_n) où
L_i(X) = ∏_(j = 1; j ≠ i)^n(X − a_j)/(a_i − a_j) est une base de R_(n − 1)[X]
II.D.2) Soit 𝒞 = (φ_1, …, φ_n) où φ_i : R_(n − 1)[X] → ℝ, P ↦ P(a_i). Montrer que 𝒞 est une base de l'espace vectoriel des formes linéaires sur R_(n − 1)[X].
II.D.3) En déduire qu'il existe une suite ( λ_1, …, λ_n ) de nombres réels et une seule telle que :
∀P ∈ R_(n − 1)[X], ∫_(− 1)^1 P(t)dt = ∑_(i = 1)^n λ_i P(a_i)
II.D.4) Montrer, en utilisant éventuellement une division euclidienne par P_n :
∀P ∈ R_(2n − 1)[X], ∫_(− 1)^1 P(t)dt = ∑_(i = 1)^n λ_i P(a_i)
II.D.5) Montrer que les λ_i sont éléments de ℝ_+^∗ et que ∑_(i = 1)^n λ_i = 2

II.E -

II.E.1) Montrer que si Q_n est le polynôme défini en II.C alors, avec les notations de II.D, on a :
Q_n(x) = P_n(x)∑_(i = 1)^n(λ_i)/(x − a_i)
On pourra commencer par examiner le cas où x > 1.
II.E.2) En déduire que les ( n − 1 ) zéros de Q_n sont situés strictement entre les zéros de P_n.

II.F -

II.F.1) Montrer, pour x > 1, que:
(Q_n(x))/(P_n(x)) − ln((x + 1)/(x − 1)) = ∑_(i = 1)^n(λ_i)/(x − a_i)((a_i)/x)^(2n) − 1/(x^(2n))∫_(− 1)^1(t^(2n))/(x − t)dt
II.F.2) En déduire que, pour tout α > 0, la suite de fonctions
((Q_n)/(P_n))_(n ∈ ℕ)
approche uniformément la fonction
x ↦ ln((x + 1)/(x − 1)) sur l'intervalle [1 + α, + ∞[

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