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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2020

Mesure de la force de van der Waals entre atomes de Rydberg

Ce sujet s'intéresse à une avancée expérimentale majeure réalisée à l'Institut d'Optique (équipe d'A. Browaeys) : la mesure directe de la force de van der Waals entre deux atomes de rubidium piégés individuellement dans des pinces optiques et excités dans des états de Rydberg géants.

L'épreuve est remarquablement structurée et aborde de nombreux piliers du programme de physique : électrostatique des dipôles, modèle de Bohr, interaction lumière-matière via l'électron élastiquement lié, optique des faisceaux gaussiens et analyse critique de données expérimentales récentes. Très formateur et progressif, ce problème constitue une excellente révision générale pour les concours, alliant rigueur calculatoire et sens physique.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 6,99/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (38) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les trois parties du sujet sont très largement indépendantes : il est tout à fait possible d'aborder le modèle de Bohr (Q15 à Q26) ou l'oscillateur et le piégeage laser (Q27 à Q47) sans avoir terminé l'électrostatique de la partie I.

  • Données en annexe

    Q18, Q19, Q21 et Q43 : Les valeurs numériques et constantes utiles (dont le rayon de Bohr a_0) sont regroupées en fin d'énoncé et ne figurent pas au sein des questions correspondantes.

Comment utiliser ce corrigé

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Partie I : Étude la force de van der Waals

A

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, moment dipolaire

Rappeler la définition d'un dipôle électrostatique et de son moment dipolaire (il est conseillé de s'appuyer sur un dessin).

Voir l'indice

Considérer deux charges opposées -q et +q séparées par un vecteur \vec{d} et écrire \vec{p} = q\vec{d}.

Voir la réponse courte

Définition de deux charges opposées +q et -q séparées par \vec{d} : moment dipolaire \vec{p} = q\,\vec{d}.

Voir le corrigé complet

Un dipôle électrostatique est constitué de deux charges électriques ponctuelles opposées, -q située en un point N et +q en un point P (avec q > 0), séparées par une distance d = NP.

Le moment dipolaire électrostatique de ce doublet est défini par le vecteur :

\boxed{\vec{p} = q\,\overrightarrow{NP}}

Par convention en physique, il est orienté de la charge négative vers la charge positive. Son unité dans le Système International est le coulomb-mètre (\text{C}\cdot\text{m}).

Plus généralement, pour une distribution localisée et globalement neutre de charges ponctuelles q_i situées aux positions P_i (\sum_i q_i = 0), le moment dipolaire électrostatique est défini par :

\vec{p} = \sum_i q_i\,\overrightarrow{OP}_i

Cette grandeur est alors intrinsèque à la distribution, c'est-à-dire indépendante du choix de l'origine O.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition rigoureuse du dipôle électrostatique doit être sue sans être confondue avec celle d'un dipôle magnétique ou électrocinétique.

« Trop peu de candidats connaissent la définition rigoureuse d’un dipôle électrostatique et nombre d’entre eux la confondent avec celle d’un dipôle magnétique, voire avec celle d’un dipôle électrocinétique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, moment dipolaire

Donner un exemple de dipôle électrostatique rencontré dans la nature ainsi que l'ordre de grandeur du moment dipolaire de l'exemple choisi.

Voir l'indice

Penser à la molécule d'eau (\text{H}_2\text{O}) et donner son moment en debye ou en coulomb-mètre (ordre de grandeur \sim 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}).

Voir la réponse courte

Exemple de la molécule d'eau H_2O avec un moment dipolaire permanent de l'ordre de 1\text{ D} \approx 6\cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}.

Voir le corrigé complet

Un exemple classique et fondamental de dipôle électrostatique permanent dans la nature est la molécule d'eau \mathrm{H_2O} (ou toute molécule polaire telle que le chlorure d'hydrogène \mathrm{HCl}).

Dans la molécule d'eau, la géométrie coudée (angle de liaison d'environ 104{,}5^\circ) et la différence d'électronégativité entre l'atome d'oxygène et les atomes d'hydrogène conduisent à un barycentre des charges partielles positives distinct de celui des charges partielles négatives.

Pour estimer son ordre de grandeur :

  • la distance entre les centres de gravité des charges est de l'ordre des distances interatomiques : d \sim 10^{-10}\text{ m} (1\text{ \AA}) ;
  • la charge partielle déplacée est une fraction de la charge élémentaire : q \sim 0{,}1\,e \sim 10^{-20}\text{ C}.

Le moment dipolaire permanent p = q\,d est donc de l'ordre de grandeur suivant :

\boxed{p \sim 10^{-29}\text{ à } 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}}

Pour la molécule d'eau isolée, la valeur expérimentale est p_{\mathrm{H_2O}} \approx 6{,}2 \times 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m} (soit environ 1{,}85\text{ D}, où 1\text{ Debye} \approx 3{,}336 \times 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La molécule d'eau est l'exemple attendu, tandis que l'atome d'hydrogène sans champ extérieur n'est pas un dipôle électrostatique.

« La molécule d’eau est trop peu souvent citée, alors que c’est l’exemple emblématique. De plus, l’atome d’hydrogène ne peut pas être considéré comme un dipôle électrostatique, sauf s’il est soumis à un champ électrique extérieur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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B

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, approximation dipolaire

À quelle condition peut-on considérer que le point se trouve à grande distance de ?

Voir l'indice

Comparer la distance r = \|\overrightarrow{OM}\| à la dimension caractéristique d de la distribution de charges.

Voir la réponse courte

Condition de l'approximation dipolaire : la distance d'observation r est très grande devant la dimension caractéristique d du dipôle (r \gg d).

Voir le corrigé complet

Soit d la dimension spatiale caractéristique du dipôle électrostatique, correspondant à la distance séparant les charges +q et -q (ou plus généralement à l'extension spatiale de la distribution de charges neutre).

Le point M est considéré à « grande distance » de l'origine O si la distance r = \|\overrightarrow{OM}\| est très supérieure à la dimension caractéristique d du dipôle :

\boxed{r \gg d}

À l'échelle atomique ou moléculaire, cela revient à se placer à une distance r très grande devant le rayon atomique ou la longueur de la liaison chimique (d \sim 10^{-10}\text{ m}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut veiller à proposer une condition rigoureuse et homogène pour la validité de l'approximation à grande distance.

« Souvent bien traitée, cette question a parfois été la source de réponse clairement inhomogènes : « p≪1 » ou « p≪OM »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, potentiel électrostatique

Déterminer dans le système de coordonnées sphériques (figure 1) le champ électrique créé par le dipôle en un point en fonction des variables et .

Voir l'indice

Appliquer la relation locale \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V) en utilisant l'expression fournie du gradient en coordonnées sphériques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel électrostatique V(r, \theta) dans la base sphérique à partir du produit scalaire \vec{p}\cdot\overrightarrow{OM}.
  2. Utiliser la relation fondamentale de l'électrostatique reliant champ et potentiel, \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V), en exploitant le formulaire fourni pour le gradient en coordonnées sphériques.
Voir la réponse courte

Calcul du gradient de V(r,\theta) = \frac{p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2} donnant E_r = \frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} et E_\theta = \frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 1, l'angle \theta correspond à l'angle entre le vecteur moment dipolaire \vec{p} et le rayon vecteur \overrightarrow{OM}. Le produit scalaire s'écrit donc :

\vec{p}\cdot\overrightarrow{OM} = p\,r\cos\theta

où p = \|\vec{p}\| et r = \|\overrightarrow{OM}\|. L'expression du potentiel électrostatique en coordonnées sphériques devient :

V(r, \theta) = \frac{p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2}

Le potentiel présente une invariance par rotation autour de l'axe du dipôle (indépendance selon la coordonnée azimutale \varphi).

Le champ électrique dérive du potentiel selon la relation \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V). En utilisant l'expression du gradient en coordonnées sphériques fournie en fin de sujet :

\begin{aligned} E_r &= -\frac{\partial V}{\partial r} = -\left(-\frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\right) = \frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} \\ E_\theta &= -\frac{1}{r}\frac{\partial V}{\partial \theta} = -\frac{1}{r}\left(-\frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\right) = \frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} \\ E_\varphi &= -\frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial V}{\partial \varphi} = 0 \end{aligned}

On en déduit l'expression vectorielle du champ électrique créé par le dipôle au point M :

\boxed{\vec{E}(r, \theta) = \frac{p}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\left(2\cos\theta\,\vec{u}_r + \sin\theta\,\vec{u}_\theta\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de signe et aux fautes de calcul lors des dérivations simples.

« Attention aux erreurs de calcul sur des dérivées simples et aux erreurs de signe. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, ligne de champ

Tracer schématiquement sans démonstration les lignes de champ électrostatique associées au dipôle.

Voir l'indice

Représenter des boucles fermées partant du pôle positif et rejoignant le pôle négatif avec symétrie de révolution autour de \vec{p}.

Voir la réponse courte

Tracé classique des lignes de champ d'un dipôle électrostatique, bouclant de la charge positive vers la charge négative.

Voir le corrigé complet

Les lignes de champ électrostatique d'un dipôle \vec{p} = p\,\vec{u}_z présentent les propriétés remarquables suivantes :

  • Symétries : invariance par rotation autour de l'axe (Oz) porté par \vec{p} (symétrie de révolution) et antisymétrie par rapport au plan équatorial (xOy) ;
  • Sens : le champ électrostatique est centrifuge dans le demi-espace z > 0 (près du pôle positif) et centripète dans le demi-espace z < 0 (près du pôle négatif) ;
  • Directions remarquables : sur l'axe (Oz), le champ \vec{E} est parallèle à \vec{p} ; dans le plan équatorial (\theta = \pi/2), le champ est antiparallèle à \vec{p} ;
  • Équation des lignes de champ : l'équation différentielle \frac{\mathrm{d}r}{E_r} = \frac{r\,\mathrm{d}\theta}{E_\theta} s'intègre en r(\theta) = r_0 \sin^2\theta, où r_0 est la distance maximale à l'origine atteinte dans le plan équatorial.
Voir ce qu'a relevé le jury

L'allure et l'orientation des lignes de champ doivent être maîtrisées ou retrouvées à partir des expressions du champ.

« Peu de candidats connaissent l’allure des lignes de champ, obligatoirement orientées, par cœur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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C · Polarisabilité d'un atome

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : dipôle induit, polarisabilité

Justifier qualitativement la relation (I.1) et donner l'unité de dans le système international d'unités. Justifier que est une grandeur positive.

Voir l'indice

Analyser le déplacement relatif du nuage électronique sous l'effet du champ électrique et vérifier la dimension homogène à un volume.

Voir la réponse courte

Déplacement des barycentres de charges sous champ extérieur : \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \vec{E}_{\text{ext}}, \alpha > 0 en \text{C}\cdot\text{m}^2\cdot\text{V}^{-1} ou \text{F}\cdot\text{m}^2.

Voir le corrigé complet

1. Justification qualitative de la relation (I.1)

En l'absence de champ extérieur, l'atome est globalement neutre et présente une symétrie sphérique : le barycentre des charges positives (le noyau) coïncide avec celui des charges négatives (le nuage électronique). Le moment dipolaire permanent est donc nul.

Lorsqu'on applique un champ électrique extérieur \vec{E}_{\text{ext}} :

  • le noyau (de charge positive +Ze) subit une force \vec{F}_+ = +Ze\,\vec{E}_{\text{ext}} dans le sens du champ ;
  • les électrons (de charge totale -Ze) subissent une force \vec{F}_- = -Ze\,\vec{E}_{\text{ext}} dans le sens opposé.

Cette force sépare les barycentres respectifs G_+ et G_-, faisant apparaître un vecteur déplacement \overrightarrow{G_-G_+} de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}. Le moment dipolaire induit vaut :

\vec{p}_{\text{ind}} = Ze\,\overrightarrow{G_-G_+}.

À l'échelle atomique, le champ extérieur appliqué est très faible devant le champ intra-atomique régnant au voisinage du noyau. On peut donc réaliser un développement limité au premier ordre : la séparation des charges, et donc le moment dipolaire induit, est proportionnelle au champ appliqué \vec{E}_{\text{ext}} :

\vec{p}_{\text{ind}} \propto \vec{E}_{\text{ext}}.

On introduit la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0 par commodité dimensionnelle, ce qui conduit bien à la relation linéaire :

\vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}.

2. Unité de \alpha dans le système international

Déterminons la dimension de \alpha à partir de la relation (I.1) :

[\alpha] = \frac{[\vec{p}_{\text{ind}}]}{[\varepsilon_0]\,[\vec{E}_{\text{ext}}]}.

Dans le système international d'unités :

  • [p] = \text{C}\cdot\text{m} ;
  • [\varepsilon_0] = \text{F}\cdot\text{m}^{-1} = \text{C}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • [E] = \text{V}\cdot\text{m}^{-1}.

Le produit \varepsilon_0 E a donc pour dimension :

[\varepsilon_0 E] = (\text{C}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}) \times (\text{V}\cdot\text{m}^{-1}) = \text{C}\cdot\text{m}^{-2}.

On en déduit :

[\alpha] = \frac{\text{C}\cdot\text{m}}{\text{C}\cdot\text{m}^{-2}} = \text{m}^3.
\boxed{\text{L'unité de }\alpha\text{ dans le système international est le mètre cube (}\mathrm{m}^3\text{).}}

3. Justification du signe positif de \alpha

Le barycentre des charges positives G_+ est déplacé dans le sens de \vec{E}_{\text{ext}} et celui des charges négatives G_- en sens opposé, le vecteur \overrightarrow{G_-G_+} est donc de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}. Il en résulte que le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} = Ze\,\overrightarrow{G_-G_+} est colinéaire et de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}.

Comme la permittivité du vide \varepsilon_0 est strictement positive, le coefficient de proportionnalité \alpha doit être positif :

\boxed{\alpha > 0}

D'un point de vue énergétique, cette orientation de même sens garantit que l'énergie potentielle électrostatique induite E_{\text{pot}} = -\vec{p}_{\text{ind}}\cdot\vec{E}_{\text{ext}} = -\alpha\varepsilon_0 E_{\text{ext}}^2 est négative, ce qui correspond bien à un état d'équilibre stable (abaissement d'énergie du système en présence du champ).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Expliquez physiquement le dipôle induit par un schéma du nuage électronique sans déduire le signe de la polarisabilité d'une norme.

« La plupart des candidats n’explique pas avec rigueur la notion de « dipôle induit » et se sont contentés de paraphraser l’énoncé. »

« La dimension d’une grandeur (αen l’occurrence) ne permet pas de conclure sur son signe. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : théorème de gauss, modèle de thomson

Quelle est l'expression de la force ressentie par l'électron en fonction des données du problème et de la position de l'électron ? Commenter.

Voir l'indice

Utiliser le théorème de Gauss pour calculer le champ créé par la sphère de charge uniforme à la distance r < a, puis déduire la force électrostatique sur l'électron.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ électrostatique créé par la sphère chargée positivement en tout point intérieur à l'aide du théorème de Gauss.
  2. En déduire la force électrostatique \vec{F} = -e\,\vec{E} s'exerçant sur l'électron situé en position \overrightarrow{OM}.
  3. Commenter la nature de cette force (force de rappel élastique, stabilité du centre de la sphère).
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r < a pour le nuage positif : force de rappel élastique \vec{F} = -\frac{e^2 r}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\vec{u}_r.

Voir le corrigé complet

La sphère de centre O et de rayon a porte une charge +e uniformément répartie en volume, soit une densité volumique de charge :

\rho = \frac{e}{\frac{4}{3}\pi a^3} = \frac{3e}{4\pi a^3}

La distribution présente une symétrie sphérique par rapport à O. En coordonnées sphériques de centre O, les invariances par rotation impliquent que le champ électrostatique créé en un point M s'écrit \vec{E}(M) = E(r)\,\vec{u}_r, avec r = \|\overrightarrow{OM}\| \leqslant a.

On applique le théorème de Gauss à une sphère de centre O et de rayon r \leqslant a :

  • le flux du champ électrique à travers cette surface fermée orientée vers l'extérieur vaut :

    \Phi = \iint_{\Sigma} \vec{E}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = E(r) \times 4\pi r^2
  • la charge intérieure à la surface de Gauss est :

    Q_{\mathrm{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = e\,\frac{r^3}{a^3}

D'après le théorème de Gauss :

\begin{aligned} 4\pi r^2 E(r) &= \frac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{e\,r^3}{\varepsilon_0 a^3} \\ E(r) &= \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,r \end{aligned}

Soit, sous forme vectorielle :

\vec{E}(M) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,\overrightarrow{OM}

L'électron, de charge q = -e, subit la force électrostatique :

\boxed{\vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,\overrightarrow{OM}}

Commentaires :

  • Cette force est centrale et attractive : elle est dirigée vers le centre O de la sphère, qui constitue une position d'équilibre stable pour l'électron.
  • Elle est directement proportionnelle à la distance au centre (\vec{F} = -k\,\overrightarrow{OM} avec k = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}) : il s'agit d'une force de rappel harmonique, ce qui justifie a posteriori le modèle phénoménologique de l'« électron élastiquement lié ».

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le théorème de Gauss nécessite d'analyser rigoureusement la source, les symétries pour la direction et les invariances pour les dépendances.

« Un nombre non négligeable de candidats n’a pas pensé à calculer le champ électrique pour en déduire la force électrique. »

« Notamment, il faut savoir identifier la source du champ électrique, l’étude de ses symétries aboutissant à un renseignement sur la direction du champ, l’étude de ses invariances aboutissant à un renseignement sur la dépendance du champ. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : équilibre du point, dipôle induit

On ajoute maintenant un champ extérieur supposé uniforme sur la dimension de l'atome. En admettant que l'électron reste dans la sphère de rayon , déterminer sa position d'équilibre.

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre \vec{F}_{\text{Thomson}} - e\vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0} et en déduire le déplacement \overrightarrow{OM}_{\text{éq}}.

Voir la stratégie
  1. Faire le bilan des forces s'exerçant sur l'électron au sein de la sphère en présence du champ extérieur \vec{E}_{\text{ext}}.
  2. Appliquer le principe fondamental de la statique dans le référentiel galiléen lié à la sphère pour déterminer le vecteur position d'équilibre \overrightarrow{OM}_{\text{éq}}.
Voir la réponse courte

À l'équilibre sous champ extérieur, \vec{F}_{\text{rappel}} - e\vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0}, soit un déplacement \vec{r}_{\text{éq}} = -\frac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galiléen d'étude lié au centre O de la sphère, l'électron de charge q = -e, assimilé à un point matériel M, est soumis à deux forces électrostatiques :

  • la force de rappel due à la distribution sphérique uniforme de charge positive, établie à la question Q7 :

    \vec{F}_{\text{int}} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\overrightarrow{OM} ;
  • la force exercée par le champ électrique extérieur uniforme \vec{E}_{\text{ext}} :

    \vec{F}_{\text{ext}} = -e \vec{E}_{\text{ext}}.

À l'équilibre mécanique, la résultante des forces est nulle :

\vec{F}_{\text{int}} + \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}.

En notant M_{\text{éq}} la position d'équilibre de l'électron, on obtient :

-\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} - e \vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0},

ce qui conduit immédiatement à :

\boxed{\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -\frac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La position d'équilibre de la charge doit être déterminée à l'aide d'une relation vectorielle.

« La charge ne possédait ici qu’une unique position d’équilibre définie par une relation vectorielle et non scalaire, insuffisante. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : dipôle induit, polarisabilité

En déduire une expression de dans le cadre de ce modèle et proposer un ordre de grandeur.

Voir l'indice

Exprimer le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} = -e\overrightarrow{OM}_{\text{éq}}, identifier avec \alpha\varepsilon_0\vec{E}_{\text{ext}} et estimer \alpha avec a \sim a_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} de l'atome à partir de la position d'équilibre de l'électron obtenue à la question Q8.
  2. Identifier le coefficient \alpha par comparaison avec la définition \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}} (relation I.1).
  3. Proposer un ordre de grandeur numérique en choisissant pour rayon atomique a le rayon de Bohr a_0 fourni dans les données.
Voir la réponse courte

Moment dipolaire induit \vec{p} = -e\vec{r}_{\text{éq}} = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \vec{E}_{\text{ext}}, d'où \alpha = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \sim 10^{-40}\text{ F}\cdot\text{m}^2.

Voir le corrigé complet

Le barycentre des charges positives de l'atome est situé au centre O de la sphère, tandis que la charge négative -e se trouve en M_{\text{éq}}. D'après la définition du moment dipolaire électrostatique (question Q1), le moment dipolaire induit s'écrit :

\vec{p}_{\text{ind}} = +e \cdot \vec{0} + (-e)\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -e\overrightarrow{OM}_{\text{éq}}

En utilisant l'expression de la position d'équilibre obtenue à la question Q8, \overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -\dfrac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}, il vient :

\vec{p}_{\text{ind}} = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \vec{E}_{\text{ext}}

Par identification avec la relation (I.1), \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha\varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}, on en déduit l'expression de la polarisabilité de l'atome :

\boxed{\alpha = 4\pi a^3}

Pour un atome d'hydrogène, la taille typique du rayon atomique est donnée par le rayon de Bohr :

a \approx a_0 = 52,92\text{ pm} \approx 5,3 \times 10^{-11}\text{ m}

On calcule alors :

\alpha = 4\pi \times (5,292 \times 10^{-11}\text{ m})^3 \approx 1,9 \times 10^{-30}\text{ m}^3

Un ordre de grandeur de la polarisabilité atomique est donc :

\boxed{\alpha \sim 10^{-30}\text{ m}^3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait de commenter l'ordre de grandeur obtenu en remarquant qu'il est proche du volume atomique.

« un commentaire stipulant que αétait de l’ordre de grandeur du volume d’un atome était le bienvenu. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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D · Interactions entre atomes de rubidium

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de van der waals, dipôle induit

Proposer une explication qualitative de ce phénomène.

Voir l'indice

Invoquer les fluctuations quantiques instantanées du nuage électronique qui créent un dipôle fluctuant induisant un dipôle corrélé sur l'atome voisin.

Voir la stratégie
  1. Décrire l'origine des fluctuations électroniques conduisant à l'apparition d'un dipôle instantané sur un premier atome, malgré un moment dipolaire moyen nul.
  2. Expliquer l'apparition d'un moment dipolaire induit sur le second atome par le champ créé par le premier.
  3. Conclure sur la corrélation de ces deux dipôles et le caractère attractif de leur interaction moyenne (forces de London).
Voir la réponse courte

Fluctuation quantique créant un dipôle instantané qui induit un second dipôle dans l'atome voisin : interaction attractive de London.

Voir le corrigé complet

Bien qu'un atome de rubidium soit globalement neutre et possède une symétrie sphérique en moyenne temporelle (\langle \vec{p} \rangle = \vec{0}), la répartition de son nuage électronique fluctue constamment :

  • À un instant donné t, le barycentre des charges négatives ne coïncide pas exactement avec le noyau positif. Il apparaît alors un moment dipolaire instantané fluctuant \vec{p}_1(t) sur un premier atome.
  • Ce dipôle instantané engendre un champ électrique \vec{E}_1(t) au niveau d'un deuxième atome voisin, situé à une distance x.
  • Sous l'effet de ce champ, le deuxième atome acquiert par polarisation un moment dipolaire induit \vec{p}_2(t) = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_1(t).
  • Les deux dipôles sont alors mutuellement corrélés : le dipôle induit \vec{p}_2(t) s'oriente dans le sens favorisé par le champ dipolaire \vec{E}_1(t), ce qui minimise l'énergie d'interaction (E_{\mathrm{pot}} = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1 < 0).

Même si la moyenne temporelle de chaque moment dipolaire est rigoureusement nulle (\langle \vec{p}_1 \rangle = \vec{0} et \langle \vec{p}_2 \rangle = \vec{0}), la moyenne temporelle de l'énergie d'interaction ne l'est pas :

\boxed{\langle E_{\mathrm{pot}} \rangle < 0}

Il en résulte une interaction mutuelle attractive en moyenne, appelée interaction dipôle instantané – dipôle induit ou force de dispersion de London.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Des schémas clairs illustrant l'effet du dipôle instantané sur les nuages électroniques des deux atomes étaient attendus.

« Les raisonnements proposés étaient en général flous. Une série de schémas montrant deux noyaux avec leur nuage électronique, et leur devenir en présence d’un dipôle instantané, aurait permis de bien répondre à la question »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : énergie potentielle dipolaire, force électrostatique

À partir de l'expression de l'énergie potentielle d'un dipôle dans un champ extérieur, montrer que la force exercée par le premier dipôle sur le second dipôle peut s'écrire sous la forme

où est la composante selon du champ électrique créé par le dipôle à l'abscisse (au niveau de ).

Voir l'indice

Partir de E_p = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1(x) avec \vec{p}_2 aligné sur \vec{e}_x et appliquer \vec{F}_{1/2} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle d'interaction du second dipôle \vec{p}_2 plongé dans le champ électrique \vec{E}_1 créé par le premier dipôle.
  2. En déduire la force subie par le second dipôle à partir du gradient de cette énergie potentielle par rapport à sa position x.
Voir la réponse courte

L'énergie potentielle est E_p = -\vec{p}_2\cdot\vec{E}_1 = -p_2 E_1, d'où la force \vec{F} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x = p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x.

Voir le corrigé complet

D'après le formulaire fourni en fin d'énoncé, l'énergie potentielle d'un dipôle électrostatique de moment dipolaire \vec{p}_2 placé dans un champ électrique extérieur \vec{E}_1 s'écrit :

E_{\mathrm{pot}} = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1

Les deux dipôles étant alignés selon l'axe (Ox), on a \vec{p}_2 = p_2 \, \vec{e}_x et le champ électrique créé par le premier dipôle au point O_2 d'abscisse x est dirigé selon cet axe : \vec{E}_1(x) = E_1(x) \, \vec{e}_x.

L'énergie potentielle ne dépend donc que de l'abscisse x du second dipôle :

E_{\mathrm{pot}}(x) = -p_2 \, E_1(x)

La force s'exerçant sur le dipôle 2 dérive de cette énergie potentielle selon \vec{F}_{1/2} = -\vec{\operatorname{grad}}(E_{\mathrm{pot}}). Le problème étant unidimensionnel le long de l'axe (Ox), cette relation devient :

\vec{F}_{1/2} = -\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{pot}}}{\mathrm{d}x} \, \vec{e}_x = -\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\big(-p_2 \, E_1(x)\big) \, \vec{e}_x

Le moment dipolaire \vec{p}_2 étant évalué en la position considérée, la dérivation spatiale porte sur le champ extérieur E_1(x) :

\boxed{\vec{F}_{1/2} = p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x} \, \vec{e}_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question a fait l'objet d'un manque quasi systématique de rigueur.

« Cette question n’a quasiment jamais été traitée avec rigueur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, force électrostatique

En déduire que cette force peut se mettre sous la forme

où est une constante dont on précisera le signe.

Voir l'indice

Dériver le champ dipolaire E_1(x) \propto 1/x^3 et exprimer p_2 \propto E_1(x) \propto 1/x^3.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \vec{E}_1(x) créé par le premier dipôle le long de son axe (\theta = 0) à partir de l'expression établie en Q4, puis en déduire sa dérivée \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}.
  2. Exprimer le moment dipolaire induit p_2 en fonction de E_1(x) et de la polarisabilité \alpha grâce à la relation (I.1).
  3. Injecter ces expressions dans la force trouvée en Q11 et déterminer le signe de la constante K.
Voir la réponse courte

Avec E_1 \propto x^{-3}, p_2 = \alpha E_1 \propto x^{-3}, on a \vec{F}_{1/2} \propto x^{-3} \frac{\mathrm{d}(x^{-3})}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x = \frac{K}{x^7}\vec{e}_x avec K < 0.

Voir le corrigé complet

Le dipôle \vec{p}_1 = p_1 \vec{e}_x est situé en O_1. D'après la question Q4, sur l'axe du dipôle (\theta = 0 et \vec{u}_r = \vec{e}_x), le champ électrique créé en O_2 à la distance x s'écrit :

\vec{E}_1(x) = \frac{2 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^3}\,\vec{e}_x

soit une composante algébrique E_1(x) = \dfrac{2 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^3}.

Sa dérivée par rapport à x vaut :

\frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x} = -\frac{6 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^4}

L'atome situé en O_2 acquiert sous l'action de ce champ un moment dipolaire induit donné par la relation (I.1) :

\vec{p}_2 = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_1(x) \implies p_2 = \frac{2\alpha p_1}{4\pi x^3}

En utilisant le résultat de la question Q11, la force exercée par le premier dipôle sur le second s'écrit :

\begin{aligned} \vec{F}_{1/2} &= p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x \\ &= \left(\frac{2\alpha p_1}{4\pi x^3}\right) \left(-\frac{6 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^4}\right)\vec{e}_x \\ &= -\frac{3\alpha p_1^2}{4\pi^2 \varepsilon_0 x^7}\,\vec{e}_x \end{aligned}

En présence de fluctuations dipolaires (forces de dispersion de London), on prend la moyenne temporelle de cette force, où intervient \langle p_1^2 \rangle > 0 :

\boxed{\vec{F}_{1/2} = \frac{K}{x^7}\,\vec{e}_x \quad \text{avec} \quad K = -\frac{3\alpha \langle p_1^2 \rangle}{4\pi^2 \varepsilon_0} < 0}

Puisque \alpha > 0 (établi en Q6), \varepsilon_0 > 0 et \langle p_1^2 \rangle > 0, la constante K est strictement négative.

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : force de van der waals

Cette force est-elle attractive ou répulsive ? Comment pouvait-on prévoir ce résultat sans calcul ?

Voir l'indice

Observer le signe de la force projetée sur l'axe reliant les deux dipôles ou raisonner sur la minimisation de l'énergie d'interaction.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le signe de la force obtenu à la question Q12 en analysant son orientation le long de l'axe (Ox).
  2. Proposer un raisonnement physique sans calcul, soit par minimisation de l'énergie potentielle électrostatique, soit par l'asymétrie spatiale des interactions coulombiennes directes entre charges partielles.
Voir la réponse courte

La force est dirigée selon -\vec{e}_x donc attractive, ce qui minimise l'énergie potentielle d'un dipôle induit aligné avec le champ inducteur.

Voir le corrigé complet

Le dipôle 1 étant placé en O_1 et le dipôle 2 en O_2 avec x > 0 le long de l'axe orienté par \vec{e}_x, la force exercée par le dipôle 1 sur le dipôle 2 s'écrit d'après la question Q12 :

\vec{F}_{1/2} = \frac{K}{x^7}\vec{e}_x

Puisque K < 0, on a \vec{F}_{1/2} \cdot \vec{e}_x < 0. La force exercée sur le second atome est donc dirigée vers l'atome 1 (sens des x décroissants) :

\boxed{\text{La force exercée par le premier dipôle sur le second est attractive.}}

Ce caractère attractif se prévoit sans calcul de deux manières équivalentes :

  • Point de vue énergétique : le moment dipolaire induit \vec{p}_2 s'aligne spontanément sur le champ local \vec{E}_1 (\vec{p}_2 = \alpha\varepsilon_0 \vec{E}_1 avec \alpha > 0). L'énergie potentielle électrostatique associée s'écrit alors :

    E_p = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1 = -\alpha\varepsilon_0 \|\vec{E}_1\|^2 \leqslant 0

    L'amplitude du champ \|\vec{E}_1\| augmentant lorsque la distance x diminue, l'énergie potentielle E_p devient d'autant plus basse que les deux atomes se rapprochent. Le système évoluant spontanément vers une minimisation de son énergie potentielle, il tend à réduire l'écartement x : l'interaction est nécessairement attractive.

  • Point de vue microscopique : sous l'effet du champ créé par le premier dipôle, les charges du second atome sont polarisées de telle sorte que les charges de signe opposé se trouvent spatialement les plus proches l'une de l'autre. L'attraction coulombienne entre charges les plus rapprochées l'emporte toujours sur la répulsion entre charges de même signe plus éloignées, ce qui conduit à une force globale toujours attractive.

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : force de van der waals, énergie potentielle

En déduire l'énergie potentielle d'interaction entre les deux dipôles.

Voir l'indice

Intégrer la force conservative via \mathrm{d}E_p = -\vec{F}_{1/2}\cdot \mathrm{d}\vec{r} avec la condition de référence à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation entre la force conservative \vec{F}_{1/2} et l'énergie potentielle d'interaction E_p(x) le long de la direction de déplacement Ox.
  2. Intégrer l'équation différentielle en adoptant la convention usuelle d'une énergie potentielle nulle à séparation infinie (E_p(\infty) = 0).
  3. Exprimer E_p(x) en fonction de K, puis identifier la constante A introduite par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Intégration de \vec{F} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x : énergie potentielle d'interaction en E_p(x) = -\frac{C_6}{x^6} avec C_6 > 0.

Voir le corrigé complet

La force exercée par le premier dipôle sur le second est une force conservative qui dérive de l'énergie potentielle d'interaction E_p(x) :

\vec{F}_{1/2} = -\vec{\nabla} E_p = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x

D'après le résultat de la question Q12, \vec{F}_{1/2} = \dfrac{K}{x^7}\,\vec{e}_x, ce qui donne :

\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x} = -\frac{K}{x^7}

En intégrant entre une distance infinie (état de référence où E_p(\infty) = 0) et la distance x :

\begin{aligned} E_p(x) - E_p(\infty) &= \int_\infty^x \left(-\frac{K}{u^7}\right)\mathrm{d}u \\ E_p(x) &= \left[ \frac{K}{6u^6} \right]_\infty^x = \frac{K}{6x^6} \end{aligned}

Comme établi à la question Q12, K < 0. En posant A = -\dfrac{K}{6} > 0, l'énergie potentielle d'interaction s'écrit :

\boxed{E_p(x) = \frac{K}{6x^6} = -\frac{A}{x^6}}

En remplaçant K = -\dfrac{3\alpha\langle p_1^2\rangle}{4\pi^2\varepsilon_0}, la constante A s'exprime explicitement par :

A = \frac{\alpha\langle p_1^2\rangle}{8\pi^2\varepsilon_0} > 0

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez vigilant pour éviter les erreurs de calcul lors de l'intégration de la force.

« Encore une fois, attention aux erreurs de calcul ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Électrostatique (34 % des questions, partie I), Physique quantique (22 %, partie II) et Diffraction et réseaux (13 %). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Atomistique, liaisons et cristallographie…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 29 questions sur 47 (62 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q14) et la sous-partie II.A (Q15 à Q20). Avec les autres programmes de première année : 29 en MPSI, 13 en PTSI, 29 en MP2I et 13 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q25 (atome de rydberg), Q33 (force de lorentz), Q43 (faisceau gaussien) et Q47 (force de van der waals).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Questions de cours : Q1 (dipôle électrostatique), Q2 (dipôle électrostatique), Q3 (dipôle électrostatique), Q6 (dipôle induit), Q15 (mouvement circulaire uniforme), Q16 (moment cinétique), Q17 (modèle de bohr), Q20 (énergie d'ionisation)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (champ dipolaire), Q5 (champ dipolaire), Q18 (modèle de bohr), Q19 (modèle de bohr) et Q29 (électron élastiquement lié).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (35 sur 47), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q10, Q13 à Q17, Q20 à Q24, Q26 à Q28, Q30, Q32, Q34, Q35, Q37 à Q42 et Q44 à Q46. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q11, Q12, Q18, Q19 et Q36.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet plutôt accessible. Le jury décrit un sujet de longueur raisonnable, progressif et sans trop de difficulté, tout en jugeant les résultats décevants. Moyenne : 6,99/20 (écart-type 4,18, 3 555 présents).

Pourquoi la force de Lorentz moyenne n'est-elle pas nulle en Q33 ?

À la résonance, la vitesse \vec{v}(t) et le champ magnétique \vec{B}(t) oscillent en phase. La composante magnétique moyenne \langle -e\,\vec{v}\wedge\vec{B} \rangle ne s'annule donc pas, contrairement à la force électrique, ce qui crée une force de poussée continue selon l'axe de propagation.

Comment valider le modèle d'interaction sur la figure 4 en Q46 ?

Mesurer numériquement la pente de la droite sur le diagramme log-log. La loi U(d) \propto d^{-6} correspond à une droite de pente -6 ; le jury sanctionne l'absence de vérification quantitative lorsqu'on se contente de constater visuellement la décroissance.

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