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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2020

Mesure de la force de van der Waals entre atomes de Rydberg

Le sujet en bref

Sujet accessible · Électrostatique, Physique quantique, Diffraction et réseaux · 12 incontournables · 29 questions de première année
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Ce sujet s'intéresse à une avancée expérimentale majeure réalisée à l'Institut d'Optique (équipe d'A. Browaeys) : la mesure directe de la force de van der Waals entre deux atomes de rubidium piégés individuellement dans des pinces optiques et excités dans des états de Rydberg géants.

L'épreuve est remarquablement structurée et aborde de nombreux piliers du programme de physique : électrostatique des dipôles, modèle de Bohr, interaction lumière-matière via l'électron élastiquement lié, optique des faisceaux gaussiens et analyse critique de données expérimentales récentes. Très formateur et progressif, ce problème constitue une excellente révision générale pour les concours, alliant rigueur calculatoire et sens physique.

Difficulté
Accessible, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 6,99/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

38 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (38) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les trois parties du sujet sont très largement indépendantes : il est tout à fait possible d'aborder le modèle de Bohr (Q15 à Q26) ou l'oscillateur et le piégeage laser (Q27 à Q47) sans avoir terminé l'électrostatique de la partie I.

  • Données en annexe

    Q18, Q19, Q21 et Q43 : Les valeurs numériques et constantes utiles (dont le rayon de Bohr a_0) sont regroupées en fin d'énoncé et ne figurent pas au sein des questions correspondantes.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

47 questions
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Partie I : Étude la force de van der Waals

A

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, moment dipolaire

Rappeler la définition d'un dipôle électrostatique et de son moment dipolaire (il est conseillé de s'appuyer sur un dessin).

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Considérer deux charges opposées -q et +q séparées par un vecteur \vec{d} et écrire \vec{p} = q\vec{d}.

Voir la réponse courte

Définition de deux charges opposées +q et -q séparées par \vec{d} : moment dipolaire \vec{p} = q\,\vec{d}.

Voir le corrigé complet

Un dipôle électrostatique est constitué de deux charges électriques ponctuelles opposées, -q située en un point N et +q en un point P (avec q > 0), séparées par une distance d = NP.

Le moment dipolaire électrostatique de ce doublet est défini par le vecteur :

\boxed{\vec{p} = q\,\overrightarrow{NP}}

Par convention en physique, il est orienté de la charge négative vers la charge positive. Son unité dans le Système International est le coulomb-mètre (\text{C}\cdot\text{m}).

Plus généralement, pour une distribution localisée et globalement neutre de charges ponctuelles q_i situées aux positions P_i (\sum_i q_i = 0), le moment dipolaire électrostatique est défini par :

\vec{p} = \sum_i q_i\,\overrightarrow{OP}_i

Cette grandeur est alors intrinsèque à la distribution, c'est-à-dire indépendante du choix de l'origine O.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition rigoureuse du dipôle électrostatique doit être sue sans être confondue avec celle d'un dipôle magnétique ou électrocinétique.

« Trop peu de candidats connaissent la définition rigoureuse d’un dipôle électrostatique et nombre d’entre eux la confondent avec celle d’un dipôle magnétique, voire avec celle d’un dipôle électrocinétique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, moment dipolaire

Donner un exemple de dipôle électrostatique rencontré dans la nature ainsi que l'ordre de grandeur du moment dipolaire de l'exemple choisi.

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Penser à la molécule d'eau (\text{H}_2\text{O}) et donner son moment en debye ou en coulomb-mètre (ordre de grandeur \sim 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}).

Voir la réponse courte

Exemple de la molécule d'eau H_2O avec un moment dipolaire permanent de l'ordre de 1\text{ D} \approx 6\cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}.

Voir le corrigé complet

Un exemple classique et fondamental de dipôle électrostatique permanent dans la nature est la molécule d'eau \mathrm{H_2O} (ou toute molécule polaire telle que le chlorure d'hydrogène \mathrm{HCl}).

Dans la molécule d'eau, la géométrie coudée (angle de liaison d'environ 104{,}5^\circ) et la différence d'électronégativité entre l'atome d'oxygène et les atomes d'hydrogène conduisent à un barycentre des charges partielles positives distinct de celui des charges partielles négatives.

Pour estimer son ordre de grandeur :

  • la distance entre les centres de gravité des charges est de l'ordre des distances interatomiques : d \sim 10^{-10}\text{ m} (1\text{ \AA}) ;
  • la charge partielle déplacée est une fraction de la charge élémentaire : q \sim 0{,}1\,e \sim 10^{-20}\text{ C}.

Le moment dipolaire permanent p = q\,d est donc de l'ordre de grandeur suivant :

\boxed{p \sim 10^{-29}\text{ à } 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}}

Pour la molécule d'eau isolée, la valeur expérimentale est p_{\mathrm{H_2O}} \approx 6{,}2 \times 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m} (soit environ 1{,}85\text{ D}, où 1\text{ Debye} \approx 3{,}336 \times 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La molécule d'eau est l'exemple attendu, tandis que l'atome d'hydrogène sans champ extérieur n'est pas un dipôle électrostatique.

« La molécule d’eau est trop peu souvent citée, alors que c’est l’exemple emblématique. De plus, l’atome d’hydrogène ne peut pas être considéré comme un dipôle électrostatique, sauf s’il est soumis à un champ électrique extérieur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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B

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dipôle électrostatique, approximation dipolaire

À quelle condition peut-on considérer que le point se trouve à grande distance de ?

Voir l'indice

Comparer la distance r = \|\overrightarrow{OM}\| à la dimension caractéristique d de la distribution de charges.

Voir la réponse courte

Condition de l'approximation dipolaire : la distance d'observation r est très grande devant la dimension caractéristique d du dipôle (r \gg d).

Voir le corrigé complet

Soit d la dimension spatiale caractéristique du dipôle électrostatique, correspondant à la distance séparant les charges +q et -q (ou plus généralement à l'extension spatiale de la distribution de charges neutre).

Le point M est considéré à « grande distance » de l'origine O si la distance r = \|\overrightarrow{OM}\| est très supérieure à la dimension caractéristique d du dipôle :

\boxed{r \gg d}

À l'échelle atomique ou moléculaire, cela revient à se placer à une distance r très grande devant le rayon atomique ou la longueur de la liaison chimique (d \sim 10^{-10}\text{ m}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut veiller à proposer une condition rigoureuse et homogène pour la validité de l'approximation à grande distance.

« Souvent bien traitée, cette question a parfois été la source de réponse clairement inhomogènes : « p≪1 » ou « p≪OM »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, potentiel électrostatique

Déterminer dans le système de coordonnées sphériques (figure 1) le champ électrique créé par le dipôle en un point en fonction des variables et .

Voir l'indice

Appliquer la relation locale \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V) en utilisant l'expression fournie du gradient en coordonnées sphériques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel électrostatique V(r, \theta) dans la base sphérique à partir du produit scalaire \vec{p}\cdot\overrightarrow{OM}.
  2. Utiliser la relation fondamentale de l'électrostatique reliant champ et potentiel, \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V), en exploitant le formulaire fourni pour le gradient en coordonnées sphériques.
Voir la réponse courte

Calcul du gradient de V(r,\theta) = \frac{p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2} donnant E_r = \frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} et E_\theta = \frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 1, l'angle \theta correspond à l'angle entre le vecteur moment dipolaire \vec{p} et le rayon vecteur \overrightarrow{OM}. Le produit scalaire s'écrit donc :

\vec{p}\cdot\overrightarrow{OM} = p\,r\cos\theta

où p = \|\vec{p}\| et r = \|\overrightarrow{OM}\|. L'expression du potentiel électrostatique en coordonnées sphériques devient :

V(r, \theta) = \frac{p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2}

Le potentiel présente une invariance par rotation autour de l'axe du dipôle (indépendance selon la coordonnée azimutale \varphi).

Le champ électrique dérive du potentiel selon la relation \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(V). En utilisant l'expression du gradient en coordonnées sphériques fournie en fin de sujet :

\begin{aligned} E_r &= -\frac{\partial V}{\partial r} = -\left(-\frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\right) = \frac{2p\cos\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} \\ E_\theta &= -\frac{1}{r}\frac{\partial V}{\partial \theta} = -\frac{1}{r}\left(-\frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\right) = \frac{p\sin\theta}{4\pi\varepsilon_0 r^3} \\ E_\varphi &= -\frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial V}{\partial \varphi} = 0 \end{aligned}

On en déduit l'expression vectorielle du champ électrique créé par le dipôle au point M :

\boxed{\vec{E}(r, \theta) = \frac{p}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\left(2\cos\theta\,\vec{u}_r + \sin\theta\,\vec{u}_\theta\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de signe et aux fautes de calcul lors des dérivations simples.

« Attention aux erreurs de calcul sur des dérivées simples et aux erreurs de signe. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, ligne de champ

Tracer schématiquement sans démonstration les lignes de champ électrostatique associées au dipôle.

Voir l'indice

Représenter des boucles fermées partant du pôle positif et rejoignant le pôle négatif avec symétrie de révolution autour de \vec{p}.

Voir la réponse courte

Tracé classique des lignes de champ d'un dipôle électrostatique, bouclant de la charge positive vers la charge négative.

Voir le corrigé complet

Les lignes de champ électrostatique d'un dipôle \vec{p} = p\,\vec{u}_z présentent les propriétés remarquables suivantes :

  • Symétries : invariance par rotation autour de l'axe (Oz) porté par \vec{p} (symétrie de révolution) et antisymétrie par rapport au plan équatorial (xOy) ;
  • Sens : le champ électrostatique est centrifuge dans le demi-espace z > 0 (près du pôle positif) et centripète dans le demi-espace z < 0 (près du pôle négatif) ;
  • Directions remarquables : sur l'axe (Oz), le champ \vec{E} est parallèle à \vec{p} ; dans le plan équatorial (\theta = \pi/2), le champ est antiparallèle à \vec{p} ;
  • Équation des lignes de champ : l'équation différentielle \frac{\mathrm{d}r}{E_r} = \frac{r\,\mathrm{d}\theta}{E_\theta} s'intègre en r(\theta) = r_0 \sin^2\theta, où r_0 est la distance maximale à l'origine atteinte dans le plan équatorial.
Voir ce qu'a relevé le jury

L'allure et l'orientation des lignes de champ doivent être maîtrisées ou retrouvées à partir des expressions du champ.

« Peu de candidats connaissent l’allure des lignes de champ, obligatoirement orientées, par cœur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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C · Polarisabilité d'un atome

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : dipôle induit, polarisabilité

Justifier qualitativement la relation (I.1) et donner l'unité de dans le système international d'unités. Justifier que est une grandeur positive.

Voir l'indice

Analyser le déplacement relatif du nuage électronique sous l'effet du champ électrique et vérifier la dimension homogène à un volume.

Voir la réponse courte

Déplacement des barycentres de charges sous champ extérieur : \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \vec{E}_{\text{ext}}, \alpha > 0 en \text{C}\cdot\text{m}^2\cdot\text{V}^{-1} ou \text{F}\cdot\text{m}^2.

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1. Justification qualitative de la relation (I.1)

En l'absence de champ extérieur, l'atome est globalement neutre et présente une symétrie sphérique : le barycentre des charges positives (le noyau) coïncide avec celui des charges négatives (le nuage électronique). Le moment dipolaire permanent est donc nul.

Lorsqu'on applique un champ électrique extérieur \vec{E}_{\text{ext}} :

  • le noyau (de charge positive +Ze) subit une force \vec{F}_+ = +Ze\,\vec{E}_{\text{ext}} dans le sens du champ ;
  • les électrons (de charge totale -Ze) subissent une force \vec{F}_- = -Ze\,\vec{E}_{\text{ext}} dans le sens opposé.

Cette force sépare les barycentres respectifs G_+ et G_-, faisant apparaître un vecteur déplacement \overrightarrow{G_-G_+} de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}. Le moment dipolaire induit vaut :

\vec{p}_{\text{ind}} = Ze\,\overrightarrow{G_-G_+}.

À l'échelle atomique, le champ extérieur appliqué est très faible devant le champ intra-atomique régnant au voisinage du noyau. On peut donc réaliser un développement limité au premier ordre : la séparation des charges, et donc le moment dipolaire induit, est proportionnelle au champ appliqué \vec{E}_{\text{ext}} :

\vec{p}_{\text{ind}} \propto \vec{E}_{\text{ext}}.

On introduit la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0 par commodité dimensionnelle, ce qui conduit bien à la relation linéaire :

\vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}.

2. Unité de \alpha dans le système international

Déterminons la dimension de \alpha à partir de la relation (I.1) :

[\alpha] = \frac{[\vec{p}_{\text{ind}}]}{[\varepsilon_0]\,[\vec{E}_{\text{ext}}]}.

Dans le système international d'unités :

  • [p] = \text{C}\cdot\text{m} ;
  • [\varepsilon_0] = \text{F}\cdot\text{m}^{-1} = \text{C}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • [E] = \text{V}\cdot\text{m}^{-1}.

Le produit \varepsilon_0 E a donc pour dimension :

[\varepsilon_0 E] = (\text{C}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}) \times (\text{V}\cdot\text{m}^{-1}) = \text{C}\cdot\text{m}^{-2}.

On en déduit :

[\alpha] = \frac{\text{C}\cdot\text{m}}{\text{C}\cdot\text{m}^{-2}} = \text{m}^3.
\boxed{\text{L'unité de }\alpha\text{ dans le système international est le mètre cube (}\mathrm{m}^3\text{).}}

3. Justification du signe positif de \alpha

Le barycentre des charges positives G_+ est déplacé dans le sens de \vec{E}_{\text{ext}} et celui des charges négatives G_- en sens opposé, le vecteur \overrightarrow{G_-G_+} est donc de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}. Il en résulte que le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} = Ze\,\overrightarrow{G_-G_+} est colinéaire et de même sens que \vec{E}_{\text{ext}}.

Comme la permittivité du vide \varepsilon_0 est strictement positive, le coefficient de proportionnalité \alpha doit être positif :

\boxed{\alpha > 0}

D'un point de vue énergétique, cette orientation de même sens garantit que l'énergie potentielle électrostatique induite E_{\text{pot}} = -\vec{p}_{\text{ind}}\cdot\vec{E}_{\text{ext}} = -\alpha\varepsilon_0 E_{\text{ext}}^2 est négative, ce qui correspond bien à un état d'équilibre stable (abaissement d'énergie du système en présence du champ).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Expliquez physiquement le dipôle induit par un schéma du nuage électronique sans déduire le signe de la polarisabilité d'une norme.

« La plupart des candidats n’explique pas avec rigueur la notion de « dipôle induit » et se sont contentés de paraphraser l’énoncé. »

« La dimension d’une grandeur (αen l’occurrence) ne permet pas de conclure sur son signe. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : théorème de gauss, modèle de thomson

Quelle est l'expression de la force ressentie par l'électron en fonction des données du problème et de la position de l'électron ? Commenter.

Voir l'indice

Utiliser le théorème de Gauss pour calculer le champ créé par la sphère de charge uniforme à la distance r < a, puis déduire la force électrostatique sur l'électron.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ électrostatique créé par la sphère chargée positivement en tout point intérieur à l'aide du théorème de Gauss.
  2. En déduire la force électrostatique \vec{F} = -e\,\vec{E} s'exerçant sur l'électron situé en position \overrightarrow{OM}.
  3. Commenter la nature de cette force (force de rappel élastique, stabilité du centre de la sphère).
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r < a pour le nuage positif : force de rappel élastique \vec{F} = -\frac{e^2 r}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\vec{u}_r.

Voir le corrigé complet

La sphère de centre O et de rayon a porte une charge +e uniformément répartie en volume, soit une densité volumique de charge :

\rho = \frac{e}{\frac{4}{3}\pi a^3} = \frac{3e}{4\pi a^3}

La distribution présente une symétrie sphérique par rapport à O. En coordonnées sphériques de centre O, les invariances par rotation impliquent que le champ électrostatique créé en un point M s'écrit \vec{E}(M) = E(r)\,\vec{u}_r, avec r = \|\overrightarrow{OM}\| \leqslant a.

On applique le théorème de Gauss à une sphère de centre O et de rayon r \leqslant a :

  • le flux du champ électrique à travers cette surface fermée orientée vers l'extérieur vaut :

    \Phi = \iint_{\Sigma} \vec{E}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = E(r) \times 4\pi r^2
  • la charge intérieure à la surface de Gauss est :

    Q_{\mathrm{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = e\,\frac{r^3}{a^3}

D'après le théorème de Gauss :

\begin{aligned} 4\pi r^2 E(r) &= \frac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{e\,r^3}{\varepsilon_0 a^3} \\ E(r) &= \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,r \end{aligned}

Soit, sous forme vectorielle :

\vec{E}(M) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,\overrightarrow{OM}

L'électron, de charge q = -e, subit la force électrostatique :

\boxed{\vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\,\overrightarrow{OM}}

Commentaires :

  • Cette force est centrale et attractive : elle est dirigée vers le centre O de la sphère, qui constitue une position d'équilibre stable pour l'électron.
  • Elle est directement proportionnelle à la distance au centre (\vec{F} = -k\,\overrightarrow{OM} avec k = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}) : il s'agit d'une force de rappel harmonique, ce qui justifie a posteriori le modèle phénoménologique de l'« électron élastiquement lié ».

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le théorème de Gauss nécessite d'analyser rigoureusement la source, les symétries pour la direction et les invariances pour les dépendances.

« Un nombre non négligeable de candidats n’a pas pensé à calculer le champ électrique pour en déduire la force électrique. »

« Notamment, il faut savoir identifier la source du champ électrique, l’étude de ses symétries aboutissant à un renseignement sur la direction du champ, l’étude de ses invariances aboutissant à un renseignement sur la dépendance du champ. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : équilibre du point, dipôle induit

On ajoute maintenant un champ extérieur supposé uniforme sur la dimension de l'atome. En admettant que l'électron reste dans la sphère de rayon , déterminer sa position d'équilibre.

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre \vec{F}_{\text{Thomson}} - e\vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0} et en déduire le déplacement \overrightarrow{OM}_{\text{éq}}.

Voir la stratégie
  1. Faire le bilan des forces s'exerçant sur l'électron au sein de la sphère en présence du champ extérieur \vec{E}_{\text{ext}}.
  2. Appliquer le principe fondamental de la statique dans le référentiel galiléen lié à la sphère pour déterminer le vecteur position d'équilibre \overrightarrow{OM}_{\text{éq}}.
Voir la réponse courte

À l'équilibre sous champ extérieur, \vec{F}_{\text{rappel}} - e\vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0}, soit un déplacement \vec{r}_{\text{éq}} = -\frac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galiléen d'étude lié au centre O de la sphère, l'électron de charge q = -e, assimilé à un point matériel M, est soumis à deux forces électrostatiques :

  • la force de rappel due à la distribution sphérique uniforme de charge positive, établie à la question Q7 :

    \vec{F}_{\text{int}} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\overrightarrow{OM} ;
  • la force exercée par le champ électrique extérieur uniforme \vec{E}_{\text{ext}} :

    \vec{F}_{\text{ext}} = -e \vec{E}_{\text{ext}}.

À l'équilibre mécanique, la résultante des forces est nulle :

\vec{F}_{\text{int}} + \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}.

En notant M_{\text{éq}} la position d'équilibre de l'électron, on obtient :

-\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a^3}\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} - e \vec{E}_{\text{ext}} = \vec{0},

ce qui conduit immédiatement à :

\boxed{\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -\frac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La position d'équilibre de la charge doit être déterminée à l'aide d'une relation vectorielle.

« La charge ne possédait ici qu’une unique position d’équilibre définie par une relation vectorielle et non scalaire, insuffisante. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : dipôle induit, polarisabilité

En déduire une expression de dans le cadre de ce modèle et proposer un ordre de grandeur.

Voir l'indice

Exprimer le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} = -e\overrightarrow{OM}_{\text{éq}}, identifier avec \alpha\varepsilon_0\vec{E}_{\text{ext}} et estimer \alpha avec a \sim a_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}} de l'atome à partir de la position d'équilibre de l'électron obtenue à la question Q8.
  2. Identifier le coefficient \alpha par comparaison avec la définition \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}} (relation I.1).
  3. Proposer un ordre de grandeur numérique en choisissant pour rayon atomique a le rayon de Bohr a_0 fourni dans les données.
Voir la réponse courte

Moment dipolaire induit \vec{p} = -e\vec{r}_{\text{éq}} = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \vec{E}_{\text{ext}}, d'où \alpha = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \sim 10^{-40}\text{ F}\cdot\text{m}^2.

Voir le corrigé complet

Le barycentre des charges positives de l'atome est situé au centre O de la sphère, tandis que la charge négative -e se trouve en M_{\text{éq}}. D'après la définition du moment dipolaire électrostatique (question Q1), le moment dipolaire induit s'écrit :

\vec{p}_{\text{ind}} = +e \cdot \vec{0} + (-e)\overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -e\overrightarrow{OM}_{\text{éq}}

En utilisant l'expression de la position d'équilibre obtenue à la question Q8, \overrightarrow{OM}_{\text{éq}} = -\dfrac{4\pi\varepsilon_0 a^3}{e}\vec{E}_{\text{ext}}, il vient :

\vec{p}_{\text{ind}} = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \vec{E}_{\text{ext}}

Par identification avec la relation (I.1), \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha\varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}, on en déduit l'expression de la polarisabilité de l'atome :

\boxed{\alpha = 4\pi a^3}

Pour un atome d'hydrogène, la taille typique du rayon atomique est donnée par le rayon de Bohr :

a \approx a_0 = 52,92\text{ pm} \approx 5,3 \times 10^{-11}\text{ m}

On calcule alors :

\alpha = 4\pi \times (5,292 \times 10^{-11}\text{ m})^3 \approx 1,9 \times 10^{-30}\text{ m}^3

Un ordre de grandeur de la polarisabilité atomique est donc :

\boxed{\alpha \sim 10^{-30}\text{ m}^3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait de commenter l'ordre de grandeur obtenu en remarquant qu'il est proche du volume atomique.

« un commentaire stipulant que αétait de l’ordre de grandeur du volume d’un atome était le bienvenu. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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D · Interactions entre atomes de rubidium

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de van der waals, dipôle induit

Proposer une explication qualitative de ce phénomène.

Voir l'indice

Invoquer les fluctuations quantiques instantanées du nuage électronique qui créent un dipôle fluctuant induisant un dipôle corrélé sur l'atome voisin.

Voir la stratégie
  1. Décrire l'origine des fluctuations électroniques conduisant à l'apparition d'un dipôle instantané sur un premier atome, malgré un moment dipolaire moyen nul.
  2. Expliquer l'apparition d'un moment dipolaire induit sur le second atome par le champ créé par le premier.
  3. Conclure sur la corrélation de ces deux dipôles et le caractère attractif de leur interaction moyenne (forces de London).
Voir la réponse courte

Fluctuation quantique créant un dipôle instantané qui induit un second dipôle dans l'atome voisin : interaction attractive de London.

Voir le corrigé complet

Bien qu'un atome de rubidium soit globalement neutre et possède une symétrie sphérique en moyenne temporelle (\langle \vec{p} \rangle = \vec{0}), la répartition de son nuage électronique fluctue constamment :

  • À un instant donné t, le barycentre des charges négatives ne coïncide pas exactement avec le noyau positif. Il apparaît alors un moment dipolaire instantané fluctuant \vec{p}_1(t) sur un premier atome.
  • Ce dipôle instantané engendre un champ électrique \vec{E}_1(t) au niveau d'un deuxième atome voisin, situé à une distance x.
  • Sous l'effet de ce champ, le deuxième atome acquiert par polarisation un moment dipolaire induit \vec{p}_2(t) = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_1(t).
  • Les deux dipôles sont alors mutuellement corrélés : le dipôle induit \vec{p}_2(t) s'oriente dans le sens favorisé par le champ dipolaire \vec{E}_1(t), ce qui minimise l'énergie d'interaction (E_{\mathrm{pot}} = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1 < 0).

Même si la moyenne temporelle de chaque moment dipolaire est rigoureusement nulle (\langle \vec{p}_1 \rangle = \vec{0} et \langle \vec{p}_2 \rangle = \vec{0}), la moyenne temporelle de l'énergie d'interaction ne l'est pas :

\boxed{\langle E_{\mathrm{pot}} \rangle < 0}

Il en résulte une interaction mutuelle attractive en moyenne, appelée interaction dipôle instantané – dipôle induit ou force de dispersion de London.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Des schémas clairs illustrant l'effet du dipôle instantané sur les nuages électroniques des deux atomes étaient attendus.

« Les raisonnements proposés étaient en général flous. Une série de schémas montrant deux noyaux avec leur nuage électronique, et leur devenir en présence d’un dipôle instantané, aurait permis de bien répondre à la question »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : énergie potentielle dipolaire, force électrostatique

À partir de l'expression de l'énergie potentielle d'un dipôle dans un champ extérieur, montrer que la force exercée par le premier dipôle sur le second dipôle peut s'écrire sous la forme

où est la composante selon du champ électrique créé par le dipôle à l'abscisse (au niveau de ).

Voir l'indice

Partir de E_p = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1(x) avec \vec{p}_2 aligné sur \vec{e}_x et appliquer \vec{F}_{1/2} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle d'interaction du second dipôle \vec{p}_2 plongé dans le champ électrique \vec{E}_1 créé par le premier dipôle.
  2. En déduire la force subie par le second dipôle à partir du gradient de cette énergie potentielle par rapport à sa position x.
Voir la réponse courte

L'énergie potentielle est E_p = -\vec{p}_2\cdot\vec{E}_1 = -p_2 E_1, d'où la force \vec{F} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x = p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x.

Voir le corrigé complet

D'après le formulaire fourni en fin d'énoncé, l'énergie potentielle d'un dipôle électrostatique de moment dipolaire \vec{p}_2 placé dans un champ électrique extérieur \vec{E}_1 s'écrit :

E_{\mathrm{pot}} = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1

Les deux dipôles étant alignés selon l'axe (Ox), on a \vec{p}_2 = p_2 \, \vec{e}_x et le champ électrique créé par le premier dipôle au point O_2 d'abscisse x est dirigé selon cet axe : \vec{E}_1(x) = E_1(x) \, \vec{e}_x.

L'énergie potentielle ne dépend donc que de l'abscisse x du second dipôle :

E_{\mathrm{pot}}(x) = -p_2 \, E_1(x)

La force s'exerçant sur le dipôle 2 dérive de cette énergie potentielle selon \vec{F}_{1/2} = -\vec{\operatorname{grad}}(E_{\mathrm{pot}}). Le problème étant unidimensionnel le long de l'axe (Ox), cette relation devient :

\vec{F}_{1/2} = -\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{pot}}}{\mathrm{d}x} \, \vec{e}_x = -\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\big(-p_2 \, E_1(x)\big) \, \vec{e}_x

Le moment dipolaire \vec{p}_2 étant évalué en la position considérée, la dérivation spatiale porte sur le champ extérieur E_1(x) :

\boxed{\vec{F}_{1/2} = p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x} \, \vec{e}_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question a fait l'objet d'un manque quasi systématique de rigueur.

« Cette question n’a quasiment jamais été traitée avec rigueur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : champ dipolaire, force électrostatique

En déduire que cette force peut se mettre sous la forme

où est une constante dont on précisera le signe.

Voir l'indice

Dériver le champ dipolaire E_1(x) \propto 1/x^3 et exprimer p_2 \propto E_1(x) \propto 1/x^3.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \vec{E}_1(x) créé par le premier dipôle le long de son axe (\theta = 0) à partir de l'expression établie en Q4, puis en déduire sa dérivée \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}.
  2. Exprimer le moment dipolaire induit p_2 en fonction de E_1(x) et de la polarisabilité \alpha grâce à la relation (I.1).
  3. Injecter ces expressions dans la force trouvée en Q11 et déterminer le signe de la constante K.
Voir la réponse courte

Avec E_1 \propto x^{-3}, p_2 = \alpha E_1 \propto x^{-3}, on a \vec{F}_{1/2} \propto x^{-3} \frac{\mathrm{d}(x^{-3})}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x = \frac{K}{x^7}\vec{e}_x avec K < 0.

Voir le corrigé complet

Le dipôle \vec{p}_1 = p_1 \vec{e}_x est situé en O_1. D'après la question Q4, sur l'axe du dipôle (\theta = 0 et \vec{u}_r = \vec{e}_x), le champ électrique créé en O_2 à la distance x s'écrit :

\vec{E}_1(x) = \frac{2 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^3}\,\vec{e}_x

soit une composante algébrique E_1(x) = \dfrac{2 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^3}.

Sa dérivée par rapport à x vaut :

\frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x} = -\frac{6 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^4}

L'atome situé en O_2 acquiert sous l'action de ce champ un moment dipolaire induit donné par la relation (I.1) :

\vec{p}_2 = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_1(x) \implies p_2 = \frac{2\alpha p_1}{4\pi x^3}

En utilisant le résultat de la question Q11, la force exercée par le premier dipôle sur le second s'écrit :

\begin{aligned} \vec{F}_{1/2} &= p_2 \frac{\mathrm{d}E_1}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x \\ &= \left(\frac{2\alpha p_1}{4\pi x^3}\right) \left(-\frac{6 p_1}{4\pi\varepsilon_0 x^4}\right)\vec{e}_x \\ &= -\frac{3\alpha p_1^2}{4\pi^2 \varepsilon_0 x^7}\,\vec{e}_x \end{aligned}

En présence de fluctuations dipolaires (forces de dispersion de London), on prend la moyenne temporelle de cette force, où intervient \langle p_1^2 \rangle > 0 :

\boxed{\vec{F}_{1/2} = \frac{K}{x^7}\,\vec{e}_x \quad \text{avec} \quad K = -\frac{3\alpha \langle p_1^2 \rangle}{4\pi^2 \varepsilon_0} < 0}

Puisque \alpha > 0 (établi en Q6), \varepsilon_0 > 0 et \langle p_1^2 \rangle > 0, la constante K est strictement négative.

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : force de van der waals

Cette force est-elle attractive ou répulsive ? Comment pouvait-on prévoir ce résultat sans calcul ?

Voir l'indice

Observer le signe de la force projetée sur l'axe reliant les deux dipôles ou raisonner sur la minimisation de l'énergie d'interaction.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le signe de la force obtenu à la question Q12 en analysant son orientation le long de l'axe (Ox).
  2. Proposer un raisonnement physique sans calcul, soit par minimisation de l'énergie potentielle électrostatique, soit par l'asymétrie spatiale des interactions coulombiennes directes entre charges partielles.
Voir la réponse courte

La force est dirigée selon -\vec{e}_x donc attractive, ce qui minimise l'énergie potentielle d'un dipôle induit aligné avec le champ inducteur.

Voir le corrigé complet

Le dipôle 1 étant placé en O_1 et le dipôle 2 en O_2 avec x > 0 le long de l'axe orienté par \vec{e}_x, la force exercée par le dipôle 1 sur le dipôle 2 s'écrit d'après la question Q12 :

\vec{F}_{1/2} = \frac{K}{x^7}\vec{e}_x

Puisque K < 0, on a \vec{F}_{1/2} \cdot \vec{e}_x < 0. La force exercée sur le second atome est donc dirigée vers l'atome 1 (sens des x décroissants) :

\boxed{\text{La force exercée par le premier dipôle sur le second est attractive.}}

Ce caractère attractif se prévoit sans calcul de deux manières équivalentes :

  • Point de vue énergétique : le moment dipolaire induit \vec{p}_2 s'aligne spontanément sur le champ local \vec{E}_1 (\vec{p}_2 = \alpha\varepsilon_0 \vec{E}_1 avec \alpha > 0). L'énergie potentielle électrostatique associée s'écrit alors :

    E_p = -\vec{p}_2 \cdot \vec{E}_1 = -\alpha\varepsilon_0 \|\vec{E}_1\|^2 \leqslant 0

    L'amplitude du champ \|\vec{E}_1\| augmentant lorsque la distance x diminue, l'énergie potentielle E_p devient d'autant plus basse que les deux atomes se rapprochent. Le système évoluant spontanément vers une minimisation de son énergie potentielle, il tend à réduire l'écartement x : l'interaction est nécessairement attractive.

  • Point de vue microscopique : sous l'effet du champ créé par le premier dipôle, les charges du second atome sont polarisées de telle sorte que les charges de signe opposé se trouvent spatialement les plus proches l'une de l'autre. L'attraction coulombienne entre charges les plus rapprochées l'emporte toujours sur la répulsion entre charges de même signe plus éloignées, ce qui conduit à une force globale toujours attractive.

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : force de van der waals, énergie potentielle

En déduire l'énergie potentielle d'interaction entre les deux dipôles.

Voir l'indice

Intégrer la force conservative via \mathrm{d}E_p = -\vec{F}_{1/2}\cdot \mathrm{d}\vec{r} avec la condition de référence à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation entre la force conservative \vec{F}_{1/2} et l'énergie potentielle d'interaction E_p(x) le long de la direction de déplacement Ox.
  2. Intégrer l'équation différentielle en adoptant la convention usuelle d'une énergie potentielle nulle à séparation infinie (E_p(\infty) = 0).
  3. Exprimer E_p(x) en fonction de K, puis identifier la constante A introduite par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Intégration de \vec{F} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\vec{e}_x : énergie potentielle d'interaction en E_p(x) = -\frac{C_6}{x^6} avec C_6 > 0.

Voir le corrigé complet

La force exercée par le premier dipôle sur le second est une force conservative qui dérive de l'énergie potentielle d'interaction E_p(x) :

\vec{F}_{1/2} = -\vec{\nabla} E_p = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x

D'après le résultat de la question Q12, \vec{F}_{1/2} = \dfrac{K}{x^7}\,\vec{e}_x, ce qui donne :

\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x} = -\frac{K}{x^7}

En intégrant entre une distance infinie (état de référence où E_p(\infty) = 0) et la distance x :

\begin{aligned} E_p(x) - E_p(\infty) &= \int_\infty^x \left(-\frac{K}{u^7}\right)\mathrm{d}u \\ E_p(x) &= \left[ \frac{K}{6u^6} \right]_\infty^x = \frac{K}{6x^6} \end{aligned}

Comme établi à la question Q12, K < 0. En posant A = -\dfrac{K}{6} > 0, l'énergie potentielle d'interaction s'écrit :

\boxed{E_p(x) = \frac{K}{6x^6} = -\frac{A}{x^6}}

En remplaçant K = -\dfrac{3\alpha\langle p_1^2\rangle}{4\pi^2\varepsilon_0}, la constante A s'exprime explicitement par :

A = \frac{\alpha\langle p_1^2\rangle}{8\pi^2\varepsilon_0} > 0

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez vigilant pour éviter les erreurs de calcul lors de l'intégration de la force.

« Encore une fois, attention aux erreurs de calcul ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Partie II : Atomes de Rydberg

A · Atome d'hydrogène

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : mouvement circulaire uniforme, force coulombienne

Pourquoi dans ce modèle l'électron admet-il un mouvement circulaire uniforme ?

Voir l'indice

Remarquer que la force d'interaction coulombienne est purement centrale, ce qui impose une accélération tangentielle nulle pour une trajectoire circulaire.

Voir la réponse courte

La force d'attraction coulombienne est centrale et radiale centripète : accélération normale pure, d'où vitesse scalaire constante sur une orbite circulaire.

Voir le corrigé complet

Le caractère circulaire et uniforme du mouvement de l'électron découle des hypothèses du modèle de Bohr et des lois de la mécanique classique :

  • Caractère circulaire : Bohr postule que, parmi les trajectoires permises par la mécanique classique, seules les orbites circulaires de centre le noyau (considéré fixe à l'origine O) sont stables.
  • Caractère uniforme : La seule force appliquée à l'électron est la force d'interaction coulombienne exercée par le proton situé en O :

    \vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\vec{u}_r

    Cette force est rigoureusement centrale. Pour une trajectoire circulaire de rayon r, le vecteur vitesse de l'électron est purement orthoradial : \vec{v} = r\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta. La force est donc à chaque instant orthogonale au vecteur vitesse :

    \vec{F} \cdot \vec{v} = 0

D'après le théorème de l'énergie cinétique, la dérivée temporelle de l'énergie cinétique est égale à la puissance de cette force :

\frac{\mathrm{d}E_c}{\mathrm{d}t} = \vec{F}\cdot\vec{v} = 0 \implies E_c = \frac{1}{2}m_e v^2 = \text{cste}

La norme de la vitesse v est donc constante : le mouvement circulaire est uniforme.

Voir ce qu'a relevé le jury

Un mouvement à force centrale n'est pas obligatoirement circulaire uniforme : il fallait justifier spécifiquement l'uniformité.

« Trop nombreux sont les candidats semblant penser qu’un mouvement circulaire est nécessairement uniforme ou qu’un mouvement à force centrale est nécessairement circulaire uniforme. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : moment cinétique, force centrale

Quelle propriété possède le moment cinétique de l'électron par rapport au noyau ?

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique en O pour une force purement centrale.

Voir la réponse courte

La force étant centrale de centre O, le moment de la force en O est nul, donc le moment cinétique \vec{L}_O est conservé.

Voir le corrigé complet

Le noyau, considéré comme un point fixe O dans le référentiel galiléen d'étude, exerce sur l'électron la force électrostatique coulombienne :

\vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\vec{u}_r

Cette force est centrale, de centre O. Son moment par rapport à O est donc rigoureusement nul :

\vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) = \overrightarrow{OM} \wedge \vec{F} = \vec{0}

D'après le théorème du moment cinétique appliqué à l'électron par rapport au point fixe O :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) = \vec{0}

Le moment cinétique de l'électron par rapport au noyau est donc une constante du mouvement (vecteur conservé au cours du temps) :

\boxed{\vec{L}_O = \overrightarrow{OM} \wedge (m_e \vec{v}) = \vec{\mathrm{cste}}}

En particulier, sa direction constante impose que la trajectoire est plane, et sa norme est constante :

L = \|\vec{L}_O\| = m_e\,r\,v = \mathrm{cste}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : modèle de bohr, quantification de l'énergie

Bohr a posé la condition de quantification du moment cinétique de l'électron qui s'écrit où est la constante réduite de Planck et est un entier strictement positif, appelé nombre quantique principal. Pourquoi le modèle de Bohr est-il qualifié de « semi-quantique » ou « semi-classique » ?

Voir l'indice

Souligner que le traitement mécanique de la trajectoire est classique (Newton), mais que le moment cinétique est contraint par une condition quantique ad hoc.

Voir la réponse courte

Le modèle utilise la mécanique newtonienne classique pour la trajectoire tout en imposant une quantification ad hoc du moment cinétique L = n\hbar.

Voir le corrigé complet

Le modèle de Bohr est qualifié de semi-quantique (ou semi-classique) car il juxtapose des lois de la physique classique et des règles de quantification postulées de manière ad hoc :

  • Aspect classique : l'électron est décrit comme une particule ponctuelle classique de masse m_e, possédant une trajectoire spatiale bien définie (orbite circulaire de rayon r) et obéissant aux lois de la mécanique newtonienne (principe fondamental de la dynamique appliqué sous l'action de la force coulombienne centrale attractive).
  • Aspect quantique : contrairement à la physique classique où toutes les orbites et toutes les énergies forment un continuum, Bohr impose une règle de discrétisation :

    • la quantification du moment cinétique orbital L = n\hbar (n \in \mathbb{N}^*), qui sélectionne uniquement certains rayons d'orbite discrets dits « états stationnaires » ;
    • l'hypothèse que l'électron sur ces orbites ne rayonne pas d'énergie électromagnétique (en contradiction avec l'électrodynamique classique de Maxwell-Larmor), l'échange d'énergie avec le champ de rayonnement ne s'effectuant que de façon discontinue lors de sauts quantiques (\Delta E = h\nu).

Ce modèle hybride ne constitue pas encore la mécanique quantique ondulatoire complète (équation de Schrödinger, principe d'indétermination d'Heisenberg), dans laquelle la notion même de trajectoire disparaît.

Voir ce qu'a relevé le jury

Le terme classique désigne ici le cadre non quantique et l'usage de la constante de Planck n'est pas une justification valable en soi.

« Certains candidats pensent (à tort !) que le moment cinétique est une « grandeur classique ». « Classique » voulait dire ici « non quantique » et pas « non relativiste ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : modèle de bohr, rayon de bohr

Montrer que les rayons des orbites envisageables pour l'électron vérifient et exprimer (rayon de Bohr) en fonction des données. La valeur numérique de est indiquée en fin d'énoncé.

Voir l'indice

Combiner la relation fondamentale de la dynamique sur l'orbite circulaire (m_e v^2/r) avec la quantification de Bohr m_e v r = n\hbar.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en mouvement circulaire uniforme sous l'effet de l'attraction coulombienne du noyau.
  2. Exprimer la vitesse v en fonction du rayon r et du nombre quantique n grâce à la condition de quantification du moment cinétique (établie à la question Q17).
  3. En déduire l'expression des rayons permis r_n sous la forme r_n = n^2 a_0 et expliciter le rayon de Bohr a_0 en fonction des constantes fondamentales.
Voir la réponse courte

Combinaison du PFD \frac{m v^2}{r} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2} et de m v r = n\hbar pour aboutir à r_n = n^2 a_0 avec a_0 = \frac{4\pi\varepsilon_0 \hbar^2}{m e^2}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galiléen lié au proton fixe, l'électron (masse m_e, charge -e) décrit une orbite circulaire de rayon r à la vitesse v. Il est soumis à la force électrostatique coulombienne :

\vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2} \vec{u}_r

Le mouvement étant circulaire uniforme, l'accélération de l'électron est purement centripète : \vec{a} = -\dfrac{v^2}{r} \vec{u}_r. Le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe radial \vec{u}_r s'écrit :

m_e \frac{v^2}{r} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2} \quad \implies \quad m_e v^2 r = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0}

D'après la condition de quantification de Bohr rappelée à la question Q17 :

L = m_e r v = n\hbar \quad \implies \quad v = \frac{n\hbar}{m_e r}

En injectant cette vitesse dans la relation dynamique, on obtient :

\begin{aligned} m_e \left(\frac{n\hbar}{m_e r}\right)^2 r &= \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0} \\ \frac{n^2 \hbar^2}{m_e r} &= \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0} \end{aligned}

On en déduit l'expression du rayon discret r_n de l'orbite associée au niveau n :

r_n = n^2 \, \frac{4\pi\varepsilon_0 \hbar^2}{m_e e^2} = n^2 \, \frac{\varepsilon_0 h^2}{\pi m_e e^2}

Les rayons des orbites permises vérifient bien :

\boxed{r_n = n^2 a_0 \quad \text{avec} \quad a_0 = \frac{4\pi\varepsilon_0 \hbar^2}{m_e e^2} = \frac{\varepsilon_0 h^2}{\pi m_e e^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : modèle de bohr, énergie de liaison

Montrer que les énergies mécaniques correspondantes s'expriment sous la forme , où sera exprimé en fonction des données. Calculer en eV.

Voir l'indice

Calculer l'énergie mécanique E_n = E_c + E_p en exploitant le théorème du viriel (E_c = -E_p/2).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique E_c et l'énergie potentielle électrostatique E_p de l'électron en fonction de son rayon d'orbite r.
  2. Relier E_c à E_p grâce à la condition de dynamique classique issue de la question Q18 (théorème du viriel), afin d'en déduire l'énergie mécanique E = E_c + E_p.
  3. Remplacer r par le rayon quantifié r_n = n^2 a_0 pour identifier l'expression de E_I, puis réaliser l'application numérique en électron-volts.
Voir la réponse courte

Énergie mécanique E_n = -\frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r_n} = -\frac{E_I}{n^2} avec E_I = \frac{m e^4}{32\pi^2\varepsilon_0^2\hbar^2} \approx 13{,}6\text{ eV}.

Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique de l'électron sur une orbite circulaire de rayon r est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle électrostatique :

E = E_c + E_p = \frac{1}{2}m_e v^2 - \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r}

en choisissant l'origine de l'énergie potentielle à l'infini (E_p(r\to\infty) = 0).

D'après le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron en mouvement circulaire uniforme (établi à la question Q18) :

\begin{aligned} m_e \frac{v^2}{r} &= \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2} \\ \implies E_c &= \frac{1}{2}m_e v^2 = \frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r} = -\frac{1}{2}E_p \end{aligned}

L'énergie mécanique s'écrit donc :

E = E_c + E_p = -\frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r}

En injectant l'expression des rayons permis r_n = n^2 a_0 obtenue à la question Q18 :

E_n = -\frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 a_0 n^2} = -\frac{E_I}{n^2}

avec, en remplaçant a_0 = \dfrac{\varepsilon_0 h^2}{\pi m_e e^2} :

\boxed{E_I = \frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 a_0} = \frac{m_e e^4}{8\varepsilon_0^2 h^2}}

Application numérique :

\begin{aligned} E_I &= \frac{(1{,}602\times 10^{-19}\text{ C})^2}{8\pi \times (8{,}854\times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}) \times (52{,}92\times 10^{-12}\text{ m})} \\ E_I &= 2{,}179\times 10^{-18}\text{ J} \end{aligned}

En convertissant en électron-volts (1\text{ eV} = 1{,}602\times 10^{-19}\text{ J}) :

\boxed{E_I = \frac{2{,}179\times 10^{-18}}{1{,}602\times 10^{-19}} = 13{,}60\text{ eV}}

Cette valeur concorde parfaitement avec la donnée fournie en fin d'énoncé.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'énergie mécanique totale doit sommer les énergies cinétique et potentielle, avec un résultat numérique donné sur 4 chiffres significatifs.

« L’erreur principale sur cette question fut de ne considérer que l’énergie potentielle ou que l’énergie cinétique, au lieu de l’énergie mécanique totale. »

« Il n’y avait aucune ambiguïté quant au nombre de chiffres significatifs attendus : 4 obligatoirement. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie d'ionisation

Expliquer pourquoi représente l'énergie d'ionisation de l'atome d'hydrogène.

Voir l'indice

Relier E_I à l'énergie minimale à fournir pour amener l'électron de son état fondamental (n=1) jusqu'à l'état libre au repos (n\to\infty, E=0).

Voir la réponse courte

E_I = E_\infty - E_1 = 0 - (-E_I) est l'énergie minimale nécessaire pour libérer l'électron depuis l'état fondamental n = 1.

Voir le corrigé complet

L'ionisation d'un atome d'hydrogène correspond à l'arrachement de son électron, initialement dans son état fondamental (n = 1), pour l'amener à une distance infinie du noyau (n \to \infty) avec une vitesse nulle (état non lié).

D'après le résultat de la question Q19 :

  • pour l'état fondamental (n = 1), l'énergie mécanique de l'électron vaut :

    E_1 = -E_I
  • pour un électron libre à l'infini et au repos (n \to \infty), son énergie potentielle et son énergie cinétique sont nulles :

    E_\infty = \lim_{n \to \infty} E_n = 0

L'énergie minimale nécessaire à fournir à l'atome pour l'ioniser depuis son état fondamental, appelée énergie d'ionisation E_{\text{ion}}, s'écrit donc :

E_{\text{ion}} = E_\infty - E_1 = 0 - (-E_I) = E_I
\boxed{E_{\text{ion}} = E_I = 13{,}60\text{ eV}}

La constante E_I représente ainsi bien l'énergie d'ionisation de l'atome d'hydrogène.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification demandait de relier l'état ionisé à une énergie mécanique nulle lorsque le nombre quantique tend vers l'infini.

« Il fallait justifier que l’état ionisé correspond à une énergie nulle (n→+∞). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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B · État de Rydberg d'un atome hydrogénoïde

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : modèle de bohr, atome de rydberg

Calculer la valeur numérique du rayon de la trajectoire de l'electron d'un atome d'hydrogène dans un état de Rydberg .

Voir l'indice

Utiliser r_n = n^2 a_0 avec n=100 et la valeur numérique de a_0 = 52{,}92\text{ pm}.

Voir la réponse courte

Calcul immédiat : r_{100} = 100^2 a_0 = 10^4 \times 0{,}53\cdot 10^{-10}\text{ m} \approx 0{,}53\text{ }\mu\text{m}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le rayon de l'orbite de Bohr pour le niveau quantique principal n s'écrit :

r_n = n^2 a_0

Pour un état de Rydberg de nombre quantique n = 100, avec a_0 = 52{,}92\text{ pm} = 52{,}92 \times 10^{-12}\text{ m} :

\begin{aligned} r_{100} &= 100^2 \times 52{,}92 \times 10^{-12}\text{ m} \\ &= 10^4 \times 52{,}92 \times 10^{-12}\text{ m} \\ &= 5{,}292 \times 10^{-7}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{r_{100} = 529{,}2\text{ nm} \approx 0{,}529\text{ }\mu\text{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La valeur entière issue de la quantification est exacte et n'affecte pas le nombre de chiffres significatifs du résultat.

« Chiffres significatifs souvent incorrects ! On rappelle que lorsqu’un entier apparait dans le calcul (ici à cause de la quantification), celui-ci n’intervient pas dans la précision du résultat du calcul (étant par nature exact). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : photon, relation de planck-einstein

Quelle est la longueur d'onde du photon nécessaire pour placer un atome d'hydrogène dans un état de Rydberg ? À quel type de rayonnement électromagnétique cela correspond-il ?

Voir l'indice

Appliquer la formule de Rydberg pour la transition n=1 \to n=100 et identifier le domaine spectral correspondant (\lambda \approx 91\text{ nm}).

Voir la stratégie
  1. Considérer que l'atome d'hydrogène est initialement dans son état fondamental (n_i = 1) et exprimer l'énergie d'excitation \Delta E vers le niveau n = 100 à l'aide de l'expression de E_n établie à la question Q19.
  2. Utiliser la relation de Planck-Einstein \Delta E = \dfrac{h c}{\lambda} pour exprimer puis calculer la longueur d'onde \lambda.
  3. Situer cette longueur d'onde dans le spectre électromagnétique.
Voir la réponse courte

Énergie \Delta E \approx E_I, d'où \lambda = \frac{hc}{E_I} \approx 91{,}2\text{ nm}, ce qui correspond au domaine des ultraviolets lointains (UV sous vide).

Voir le corrigé complet

Un atome d'hydrogène se trouve initialement dans son état fondamental de nombre quantique n_i = 1, d'énergie E_1 = -E_I. L'absorption d'un photon d'énergie h\nu = \dfrac{hc}{\lambda} lui permet d'atteindre l'état de Rydberg n = 100, d'énergie E_{100} = -\dfrac{E_I}{100^2}.

La conservation de l'énergie s'écrit :

\Delta E = E_{100} - E_1 = E_I \left( 1 - \frac{1}{100^2} \right) = \frac{hc}{\lambda}

On en déduit l'expression de la longueur d'onde du photon :

\lambda = \frac{hc}{E_I \left( 1 - \dfrac{1}{n^2} \right)}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • h = 6{,}626 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} ;
  • c = 2{,}998 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • E_I = 13{,}60\text{ eV} = 13{,}60 \times 1{,}602 \times 10^{-19}\text{ J} = 2{,}179 \times 10^{-18}\text{ J} ;
  • 1 - \dfrac{1}{100^2} = 0{,}9999.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} \lambda &= \frac{6{,}626 \times 10^{-34} \times 2{,}998 \times 10^8}{2{,}179 \times 10^{-18} \times 0{,}9999} \\ \lambda &\approx 9{,}12 \times 10^{-8}\text{ m} = 91{,}2\text{ nm} \end{aligned}
\boxed{\lambda = 91{,}2\text{ nm}}

Cette longueur d'onde se situe dans le domaine de l'ultraviolet (plus précisément l'ultraviolet lointain ou UV sous vide, pour \lambda < 200\text{ nm}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à utiliser la différence d'énergie au dénominateur et gardez un chiffre de précision supplémentaire lors des calculs intermédiaires.

« au lieu de prendre en compte la différence d’énergie au dénominateur. »

« Afin d’éviter les erreurs d’arrondis qui se propagent, il est conseillé de toujours pousser le calcul avec un chiffre significatif de plus que le résultat affiché »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : atome de rydberg, effet d'écran

Justifier que les niveaux d'énergie de ce système sont voisins des niveaux de Rydberg de l'hydrogène.

Voir l'indice

Invoquer l'écrantage total de la charge du noyau +11e par les 10 électrons de cœur pour l'électron de valence situé à grande distance.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'extension spatiale du cœur électronique (10 électrons) à celle de l'orbite de l'électron de valence excité dans un état de Rydberg (n \gg 1).
  2. Appliquer le théorème de Gauss (effet d'écrantage) pour déterminer la charge effective vue par l'électron de valence.
  3. En déduire la forme du potentiel ressenti et la comparaison avec l'atome d'hydrogène.
Voir la réponse courte

L'électron de valence du rubidium est très éloigné du cœur (Z=37), qui est écranté par les 36 électrons internes : Z_{\text{eff}} \approx 1.

Voir le corrigé complet

Pour l'atome de sodium (Z = 11) :

  • Le noyau porte une charge +11e.
  • Les 10 électrons de cœur (1\text{s}^2\,2\text{s}^2\,2\text{p}^6) restent confinés à des distances de l'ordre du rayon atomique standard, soit r_{\text{cœur}} \sim a_0.
  • L'électron de valence est dans un état de Rydberg caractérisé par n \gg 1, de sorte que son rayon orbital moyen vaut r_n \approx n^2 a_0 \gg r_{\text{cœur}} (d'après la question Q18).

Puisque l'électron de valence évolue à une distance r \gg r_{\text{cœur}}, l'ensemble constitué du noyau et des 10 électrons de cœur peut être assimilé, par symétrie sphérique et en vertu du théorème de Gauss, à une charge centrale ponctuelle effective :

q_{\text{eff}} = +11e - 10e = +e

L'électron de valence est donc soumis à un potentiel coulombien identique à celui créé par un proton unique :

V_{\text{eff}}(r) \approx \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 r}

Le système se comporte ainsi comme un atome hydrogénoïde de charge nucléaire efficace Z_{\text{eff}} = 1. Par conséquent, ses niveaux d'énergie pour les états très excités coïncident pratiquement avec ceux de l'atome d'hydrogène :

\boxed{E_n \approx -\frac{E_I}{n^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait expliquer que l'électron de valence très excité ne perçoit qu'une charge nette équivalente à celle d'un proton.

« Il fallait bien justifier qu’ici tout se passait comme si l’unique électron de valence du sodium très éloigné du noyau (car dans un état très excité) « ne voyait qu’un noyau chargé positivement avec une charge e »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : atome de rydberg

À l'aide d'un modèle simple, expliquer qualitativement pourquoi la transmission du réseau de fentes diminue quand augmente.

Voir l'indice

Comparer le diamètre atomique moyen 2r_n = 2n^2 a_0 à la largeur des fentes pour en déduire un effet d'obstruction stérique.

Voir la stratégie
  1. Relier le nombre quantique n à la taille spatiale effective de l'atome de Rydberg à l'aide du modèle de Bohr (r_n = n^2 a_0).
  2. Modéliser géométriquement la traversée des fentes : un atome heurtant les bords métalliques est intercepté (adsorbé ou ionisé).
  3. Exprimer qualitativement la largeur efficace de passage et en déduire la décroissance de la transmission avec n.
Voir la réponse courte

Quand n augmente, le diamètre atomique 2r_n \propto n^2 croît jusqu'à devenir comparable à la fente, entraînant des collisions et une chute de transmission.

Voir le corrigé complet

D'après le modèle de Bohr (établi à la question Q18 et étendu au sodium à la question Q23), l'atome dans un état de Rydberg possède un rayon orbital :

r_n = n^2 a_0

L'atome présente ainsi un encombrement spatial effectif de diamètre D_n = 2r_n = 2n^2 a_0, qui croît rapidement avec le nombre quantique principal n.

Considérons un modèle d'interception géométrique :

  • la plaque métallique intercepte tout atome dont le nuage électronique entre en contact avec les parois de la fente (désexcitation, transfert de charge ou ionisation par la paroi conductrice) ;
  • pour traverser sans encombre une fente de largeur géométrique d, le centre de l'atome doit se trouver à une distance d'au moins r_n de chaque bord de la fente.

La fente n'offre donc au centre de masse de l'atome qu'une largeur efficace de transmission :

d_{\text{eff}} = d - 2r_n = d - 2n^2 a_0

Pour un flux uniforme incident, la probabilité de passage, et donc la transmission relative T, varie comme le rapport d_{\text{eff}}/d :

\boxed{T(n) \approx 1 - \frac{2n^2 a_0}{d}}

Lorsque n augmente, la taille de l'atome augmente en n^2, ce qui réduit la largeur efficace de passage et explique la diminution observée de la transmission.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez les réponses floues et formulez explicitement l'argument physique expliquant la baisse de transmission.

« La question a souvent été bien comprise, mais la réponse mal rédigée, car parfois entâchée de sousentendus. « Si l’atome est plus gros, la transmission diminue. » Certes, mais cela n’explique pas pourquoi. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : atome de rydberg

Discuter le résultat obtenu pour la valeur de au dessus de laquelle la transmission devient négligeable. Proposer un mécanisme qui permet d'expliquer que la diminution de la transmission avec est plus rapide que celle que prévoit un modèle simple s'appuyant seulement sur la taille de l'atome prévue par le modèle de Bohr.

Voir l'indice

Constater que l'atome est bloqué pour une taille théorique bien inférieure à 2\,\mu\text{m}, puis invoquer les forces d'interaction dipôle-surface (force de Casimir-Polder / van der Waals avec les parois métalliques).

Voir la stratégie
  1. Relever sur le graphique de la figure 3 la valeur de n^2 pour laquelle la transmission relative s'annule, et en déduire l'ordre de grandeur de n.
  2. Comparer cette valeur à celle prédite par le modèle géométrique simple de la question précédente (pour lequel le diamètre de l'atome atteindrait la largeur d de la fente).
  3. Identifier les effets physiques négligés par le modèle géométrique (nature métallique de la fente, forces attractives de type van der Waals/Casimir-Polder avec les parois, polarisabilité géante des atomes de Rydberg, ionisation par champ).
Voir la réponse courte

Interaction de van der Waals attractive avec les parois des fentes ou ionisation par effet de champ surfacique, augmentant la perte au-delà du modèle géométrique.

Voir le corrigé complet

1. Discussion de la valeur d'annulation de la transmission

D'après le graphe de droite de la figure 3, la transmission relative décroît et devient négligeable (proche de zéro) pour :

n^2 \approx 3\,500 \text{ à } 4\,000 \quad \Longrightarrow \quad n \approx 60.

Dans le cadre du modèle d'exclusion stérique simple (question Q24), la fente serait totalement obstruée lorsque le diamètre de l'atome 2r_n = 2n^2 a_0 atteint la largeur d = 2\ \mu\text{m} :

\begin{aligned} n_{\text{géom}}^2 &= \frac{d}{2a_0} = \frac{2 \times 10^{-6}}{2 \times 52{,}92 \times 10^{-12}} \approx 1{,}9 \times 10^4 \\ \Longrightarrow\quad n_{\text{géom}} &\approx 140. \end{aligned}

Pour n^2 \approx 3\,600, le diamètre de l'atome de Rydberg n'est que :

2r_n = 2 \times 3\,600 \times 52{,}92 \times 10^{-12}\text{ m} \approx 0{,}38\ \mu\text{m},

ce qui ne représente qu'environ 19\,\% de la largeur de la fente (d = 2\ \mu\text{m}). La transmission devient donc négligeable pour des atomes bien plus petits que la fente (n \approx 60 \ll n_{\text{géom}} \approx 140).

2. Mécanismes explicatifs

La diminution beaucoup plus rapide de la transmission avec n^2 s'explique principalement par les interactions entre l'atome et les parois métalliques :

  • Interaction avec les parois métalliques (force de van der Waals / Casimir-Polder) : la grille est métallique. L'atome de Rydberg possède un nuage électronique très étendu et une polarisabilité gigantesque. Par effet de charge image dans le métal, l'atome subit une force attractive intense vers les parois, même lorsqu'il passe à distance de celles-ci. Les atomes sont ainsi fortement déviés vers les bords et capturés ou absorbés.
  • Ionisation par effet de champ au voisinage des parois : l'énergie de liaison de l'électron de Rydberg est très faible (|E_n| \propto 1/n^2). Les champs électriques inhomogènes créés par les irrégularités de potentiel de surface du métal (« patch potentials ») ou par l'interaction dipolaire induite peuvent provoquer une ionisation par effet de champ de l'atome lors de son passage. L'ion sodium ainsi formé est alors immédiatement dévié par les champs parasites et n'est pas détecté.
\boxed{n_{\text{seuil}} \approx 60 \quad (n^2 \approx 3\,500 - 4\,000) \ll n_{\text{géom}} \approx 140\,; \quad \text{l'attraction atome--paroi métallique et l'ionisation expliquent la chute précoce.}}

Résultat

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C · Moment dipolaire induit d'un atome de Rydberg

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : moment dipolaire, atome de rydberg

À la lecture de ces documents, expliquer comment un atome de Rydberg acquiert un moment dipolaire électrique sous l'action d'un champ électrique extérieur et, dans le cas où le nombre quantique n'est pas trop faible, donner un ordre de grandeur du moment dipolaire maximal induit.

Voir l'indice

Montrer comment le champ électrique décentre l'orbite elliptique keplérienne (effet Stark), créant une dissymétrie moyenne de charge proportionnelle à la taille n^2 a_0.

Voir la stratégie
  1. Analyser la géométrie de la trajectoire électronique et la position moyenne de la charge en l'absence de champ extérieur à l'aide des documents 1, 2 et 4 (gauche).
  2. Décrire l'effet de brisure de symétrie induit par un champ électrique extérieur \vec{E}_{\text{ext}} à partir des documents 4 (droite) et 5.
  3. Évaluer l'ordre de grandeur du moment dipolaire induit maximal p_{\text{max}} en reliant l'excentricité et le demi-grand axe de l'ellipse aux nombres quantiques.
Voir la réponse courte

Levée de dégénérescence en l (effet Stark linéaire) : déplacement de charge conduisant à un dipôle permanent p_{\text{max}} \sim e r_n \sim e n^2 a_0.

Voir le corrigé complet

1. Mécanisme d'acquisition du moment dipolaire induit

  • En l'absence de champ électrique extérieur : Pour un nombre quantique principal n donné, l'orbite de l'électron de Rydberg est une ellipse dont le noyau occupe l'un des foyers F (documents 1 et 2). En vertu de la loi des aires (vitesse minimale à l'apocentre), l'électron passe une fraction prépondérante de son temps à grande distance du noyau. Le barycentre instantané de sa charge négative ne coïncide donc pas avec le noyau, créant un moment dipolaire orbital dirigé le long du grand axe. Cependant, cette ellipse précesse de façon isotrope dans l'espace (document 4, gauche) : la moyenne temporelle du moment dipolaire est donc rigoureusement nulle,

    \langle \vec{p} \rangle = \vec{0}.
  • En présence d'un champ électrique extérieur \vec{E}_{\text{ext}} : Le champ extérieur brise la symétrie sphérique. L'énergie électrostatique -\vec{p}\cdot\vec{E}_{\text{ext}} tend à aligner le grand axe de l'orbite avec le champ. Comme l'illustre le document 4 (droite), la précession ne balaie plus tout l'espace mais s'organise autour de l'axe du champ électrique : l'ellipse reste préférentiellement située d'un côté du noyau (l'électron négatif étant repoussé à l'opposé de \vec{E}_{\text{ext}}). En moyenne temporelle, le barycentre de la charge négative est ainsi décalé par rapport au noyau (document 5) : l'atome de Rydberg acquiert un moment dipolaire permanent moyen induit \vec{p}_{\text{ind}} \neq \vec{0}, dirigé dans le sens de \vec{E}_{\text{ext}}.

2. Ordre de grandeur du moment dipolaire maximal induit

D'après le document 3, lorsque l n'est pas trop faible (l \sim n), les orbites sont dites « non pénétrantes » : l'électron reste à distance r > r_c du cœur ionique, le défaut quantique \delta_l est négligeable (\delta_l \approx 0) et le comportement est purement hydrogénoïde. Les états de différents l sont quasi-dégénérés en énergie.

Dans le problème de Kepler-Coulomb, le demi-grand axe a ne dépend que de l'énergie mécanique E_n = -E_I / n^2 et s'identifie au rayon de l'orbite circulaire de Bohr obtenu à la question Q18 :

a = n^2 a_0

La distance entre le noyau (foyer F) et le centre O de l'ellipse est c = \epsilon a. Le décalage maximal du barycentre de charge négative par rapport au noyau est donc de l'ordre de grandeur du demi-grand axe a de l'orbite. Par conséquent, le moment dipolaire maximal induit s'écrit en ordre de grandeur :

p_{\text{max}} \sim e \, a = e\, n^2 a_0

Pour un état de Rydberg typique utilisé dans l'expérience (n \sim 60 à 100, figures 3 et 4) avec a_0 \approx 53\text{ pm} et e = 1{,}602 \times 10^{-19}\text{ C} :

\begin{aligned} \text{Pour } n = 60 : \quad p_{\text{max}} &\sim 1{,}6 \times 10^{-19} \times 60^2 \times 53 \times 10^{-12} \approx 3 \times 10^{-26}\text{ C}\cdot\text{m} \\ \text{Pour } n = 100 : \quad p_{\text{max}} &\sim 1{,}6 \times 10^{-19} \times 100^2 \times 53 \times 10^{-12} \approx 8{,}5 \times 10^{-26}\text{ C}\cdot\text{m} \end{aligned}
\boxed{p_{\text{max}} \sim e\, n^2 a_0 \sim 10^{-26}\text{ à } 10^{-25}\text{ C}\cdot\text{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dans l'analyse documentaire, explicitez clairement les liens logiques sans vous borner à paraphraser les textes.

« Les candidats ont visiblement beaucoup de mal avec les analyses de documents. Ils se contentent souvent de paraphraser. »

« trop de réponses contiennent des sous-entendus qu’il convient d’expliciter »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Partie III : Mesure de l'énergie potentielle d'interaction de van der Waals à l'aide d'atomes de Rydberg piégés

A · Interaction d'un atome de rubidium avec un laser

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : approximation dipolaire

On considère que chaque atome est soumis à un champ électrique du type , créé par un laser. On néglige tout phénomène magnétique. À quelle condition peut-on remplacer l'expression précédente du champ auquel est soumis un atome placé à l'origine par la forme ?

Voir l'indice

Justifier l'approximation dipolaire électrique en comparant la dimension de l'atome à la longueur d'onde spatiale du laser (ka_{\text{at}} \ll 1).

Voir la stratégie
  1. Identifier l'origine spatiale de la phase kz dans l'argument du cosinus en rappelant le lien entre le vecteur d'onde k et la longueur d'onde \lambda.
  2. Exprimer la condition pour que le terme kz soit négligeable devant \omega t (ou plus rigoureusement devant 2\pi) pour toute position z occupée par l'électron de valence de l'atome centré en O.
  3. Nommer l'approximation physique usuelle correspondante.
Voir la réponse courte

Approximation des grandes longueurs d'onde devant la taille de l'atome : k a \ll 1 soit a \ll \lambda, le champ spatial est alors quasi-uniforme sur l'atome.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique s'écrit \vec{E}(z,t) = E_0 \cos(\omega t - kz)\,\vec{u}_x, où k = \dfrac{2\pi}{\lambda} est la norme du vecteur d'onde et \lambda la longueur d'onde du laser.

Pour un atome dont le centre (le noyau) est situé à l'origine O, l'électron de valence se déplace au voisinage de O dans un domaine spatial d'extension caractéristique a_{\text{at}} le long de l'axe (Oz) (de l'ordre de la taille de l'atome ou de l'orbite électronique).

Le terme de phase spatiale kz est négligeable devant la phase temporelle (ou de façon équivalente, devant 2\pi sur toute l'extension de l'atome) si :

|k z| \ll 2\pi \iff \frac{2\pi}{\lambda}|z| \ll 2\pi \iff |z| \ll \lambda.

La condition requise est donc que la dimension caractéristique de l'atome a_{\text{at}} (ou le déplacement maximal de l'électron selon z) soit très petite devant la longueur d'onde du rayonnement :

\boxed{a_{\text{at}} \ll \lambda \quad \text{ou de façon équivalente} \quad k\,a_{\text{at}} \ll 1}

Cette hypothèse porte le nom d'approximation dipolaire électrique (ou approximation des grandes longueurs d'onde) : à l'échelle de l'atome, le champ électromagnétique peut être considéré comme spatialement uniforme.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'approximation du champ s'appuie sur la faible dimension spatiale de l'atome devant la longueur d'onde et non sur une comparaison temporelle.

« Beaucoup ont écrit : « cos(ωt−kz) ≈cos(ωt) si kz≪ωt». C’est faux ! ! »

« Certes, mais l’atome ne se restreint pas à un point ici, il faut prendre en compte son extension spatiale. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde plane progressive harmonique, vecteur de poynting

Déterminer le champ magnétique de l'onde (en assimilant le milieu au vide). Relier l'intensité de l'onde électromagnétique plane dans le vide (puissance électromagnétique moyenne transportée par unité de surface) à l'amplitude du champ électrique de l'onde.

Voir l'indice

Utiliser la structure d'une onde plane progressive monochromatique dans le vide pour relier \vec{B} à \vec{E} et calculer la moyenne du vecteur de Poynting.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday (ou la relation de structure des ondes planes dans le vide) pour déduire le champ magnétique \vec{B}(z,t) associé au champ électrique \vec{E}(z,t) = E_0\cos(\omega t - kz)\vec{u}_x.
  2. Exprimer le vecteur de Poynting \vec{\Pi}(z,t), puis calculer sa moyenne temporelle pour obtenir l'intensité I.
Voir la réponse courte

Relation de structure \vec{B} = \frac{\vec{u}_z \wedge \vec{E}}{c} = \frac{E_0}{c}\cos(\omega t - kz)\vec{u}_y et intensité I = \langle\|\vec{\Pi}\|\rangle = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique créé par le laser correspond à une onde plane progressive monochromatique se propageant selon l'axe (Oz) dans le sens des z croissants, de vecteur d'onde \vec{k} = k\,\vec{u}_z avec la relation de dispersion du vide \omega = ck.

D'après la relation de structure d'une onde plane progressive dans le vide (issue de l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} en régime sinusoïdal forcé) :

\vec{B}(z,t) = \frac{\vec{u}_z \wedge \vec{E}(z,t)}{c}

Comme \vec{u}_z \wedge \vec{u}_x = \vec{u}_y, on obtient directement :

\boxed{\vec{B}(z,t) = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kz)\,\vec{u}_y}

Le flux instantané d'énergie électromagnétique par unité de surface à travers un plan d'onde est donné par le vecteur de Poynting :

\begin{aligned} \vec{\Pi}(z,t) &= \frac{\vec{E}(z,t) \wedge \vec{B}(z,t)}{\mu_0} \\ &= \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \cos^2(\omega t - kz) (\vec{u}_x \wedge \vec{u}_y) \\ &= \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \cos^2(\omega t - kz)\,\vec{u}_z \end{aligned}

L'intensité I de l'onde est la puissance électromagnétique moyenne transportée par unité de surface, c'est-à-dire la norme du vecteur de Poynting moyenné dans le temps. Avec \langle \cos^2(\omega t - kz) \rangle = \frac{1}{2} et la relation c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}} (soit \frac{1}{\mu_0 c} = \varepsilon_0 c) :

\boxed{I = \|\langle \vec{\Pi} \rangle\| = \frac{E_0^2}{2\mu_0 c} = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à toujours rappeler les conditions d'application de la relation de structure de l'onde électromagnétique plane.

« Les conditions d’application de la relation de structure du type « B → = u→∧E → c » doivent être rappelées ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : électron élastiquement lié, régime sinusoïdal forcé

Exprimer dans ces conditions et en fonction des données.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle en régime sinusoïdal permanent en passant par la notation complexe \underline{x}(t) = X_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}.

Voir la stratégie
  1. Passer en notation complexe pour déterminer l'amplitude complexe \underline{x}_0 en régime sinusoïdal forcé.
  2. En déduire l'amplitude réelle x_0 = |\underline{x}_0| et le déphasage \varphi = -\arg(\underline{x}_0).
  3. Donner également la forme approchée au voisinage de la résonance en introduisant le désaccord \Delta = \omega - \omega_0 \ll \omega_0 et l'hypothèse \gamma \ll \omega_0.
Voir la réponse courte

PFD en régime forcé : amplitude complexe \underline{x}_0 = \frac{-e E_0 / m}{\omega_0^2 - \omega^2 + i\gamma\omega}, d'où l'amplitude réelle x_0 et le déphasage \varphi.

Voir le corrigé complet

On associe à la force excitatrice et au déplacement les grandeurs complexes :

E(t) = \mathrm{Re}\left(E_0 \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\right) \quad \text{et} \quad x(t) = \mathrm{Re}\left(\underline{x}(t)\right) \quad \text{avec} \quad \underline{x}(t) = \underline{x}_0 \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} = x_0 \, \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}

où x_0 > 0 et \varphi \in \mathbb{R}.

En injectant \underline{x}(t) dans l'équation différentielle du mouvement :

\left(-\omega^2 + \mathrm{i}\gamma\omega + \omega_0^2\right) \underline{x}_0 = -\frac{e}{m_e} E_0

soit :

\underline{x}_0 = \frac{-\dfrac{e E_0}{m_e}}{\omega_0^2 - \omega^2 + \mathrm{i}\gamma\omega} = \frac{e E_0}{m_e} \frac{(\omega^2 - \omega_0^2) + \mathrm{i}\gamma\omega}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2\omega^2}

L'amplitude x_0 = |\underline{x}_0| s'écrit donc :

\boxed{x_0 = \frac{e E_0}{m_e \sqrt{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2 \omega^2}}}

Puisque \underline{x}_0 = x_0 \, \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} = x_0(\cos\varphi - \mathrm{i}\sin\varphi), l'identification des parties réelle et imaginaire donne :

\cos\varphi = \frac{\omega^2 - \omega_0^2}{\sqrt{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2 \omega^2}} \quad \text{et} \quad \sin\varphi = -\frac{\gamma\omega}{\sqrt{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2 \omega^2}}

Comme \gamma > 0 et \omega > 0, \sin\varphi < 0, ce qui situe \varphi dans l'intervalle [-\pi, 0] (modulo 2\pi). Le déphasage vérifie :

\boxed{\tan\varphi = \frac{\gamma\omega}{\omega_0^2 - \omega^2} \quad \text{avec } \varphi \in [-\pi, 0]}

Approximation au voisinage de la résonance (\gamma \ll \omega_0 et |\Delta| = |\omega - \omega_0| \ll \omega_0) :

En écrivant \omega + \omega_0 \approx 2\omega_0, il vient :

\omega_0^2 - \omega^2 = (\omega_0 - \omega)(\omega_0 + \omega) \approx -2\omega_0 \Delta \quad \text{et} \quad \gamma\omega \approx \gamma\omega_0

On obtient sous cette forme approchée usuelle :

\boxed{x_0 \approx \frac{e E_0}{2 m_e \omega_0 \sqrt{\Delta^2 + \dfrac{\gamma^2}{4}}} \quad \text{et} \quad \tan\varphi \approx -\frac{\gamma}{2\Delta}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La recherche de la solution permanente sinusoïdale doit se faire par la méthode des complexes et non par des calculs trigonométriques directs.

« De nombreux candidats ne savent pas résoudre une équation différentielle en régime permanent sinusoïdal forcé car la méthode par le passage en complexe n’est pas du tout maitrisée »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : frottement fluide, puissance dissipée

Pourquoi l'atome absorbe-t-il de l'énergie à chaque cycle du champ électrique ?

Voir l'indice

Relier la puissance absorbée au travail des forces d'amortissement ou au déphasage force-vitesse.

Voir la stratégie

Pour expliquer pourquoi l'atome absorbe de l'énergie à chaque période :

  1. Établir le bilan d'énergie mécanique sur une période en régime sinusoïdal forcé.
  2. Relier ce travail absorbé à la présence du terme d'amortissement et au déphasage induit entre la force excitatrice et la vitesse de l'électron.
Voir la réponse courte

La force d'amortissement phénoménologique en -\gamma m \dot{x} dissipe continûment de l'énergie mécanique par cycle, qui doit être fournie par le champ.

Voir le corrigé complet

Considérons le bilan énergétique de l'électron oscillant sur une période optique T = \frac{2\pi}{\omega}.

En régime sinusoïdal établi, le mouvement est périodique : la variation d'énergie mécanique \Delta E_m sur une période est nulle :

\Delta E_m = W_{T}(\vec{F}_{\text{laser}}) + W_{T}(\vec{F}_{\text{f}}) = 0

où \vec{F}_{\text{f}} = -m_e \gamma \vec{v} est la force d'amortissement.

La force d'amortissement étant colinéaire et de sens opposé à la vitesse instantanée, sa puissance est strictement négative à chaque instant non nul, et son travail sur une période est strictement résistant :

W_{T}(\vec{F}_{\text{f}}) = \int_0^T -m_e \gamma \vec{v}^2(t)\,\mathrm{d}t < 0

Pour entretenir l'oscillation et compenser cette dissipation continue d'énergie, le champ électrique de l'onde laser doit fournir un travail net moteur sur chaque période :

W_{T}(\vec{F}_{\text{laser}}) = - W_{T}(\vec{F}_{\text{f}}) = \int_0^T m_e \gamma \vec{v}^2(t)\,\mathrm{d}t > 0

D'un point de vue ondulatoire, cet apport net d'énergie s'explique par le fait que l'amortissement introduit un retard de phase de la réponse de l'électron (\varphi \in {]-\pi, 0[}). La vitesse \vec{v}(t) de l'électron n'est donc pas en quadrature exacte avec le champ excitateur \vec{E}(t), de sorte que la moyenne temporelle de la puissance instantanée fournie par le laser, \mathcal{P}(t) = \vec{F}_{\text{laser}}\cdot\vec{v}(t), est strictement positive.

Voir ce qu'a relevé le jury

La résolution en régime forcé nécessite de maîtriser le passage en notation complexe.

« De nombreux candidats ne savent pas résoudre une équation différentielle en régime permanent sinusoïdal forcé car la méthode par le passage en complexe n’est pas du tout maitrisée »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : puissance fournie, résonance

Déterminer la puissance moyenne absorbée que l'on notera . Représenter graphiquement les variations de en fonction de .

Voir l'indice

Calculer \langle P \rangle = \langle -e\vec{E}\cdot \vec{v}\rangle et tracer le profil lorentzien centré sur \omega_0 de demi-largeur \gamma.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance instantanée fournie par le champ électrique laser à l'électron, ou de manière équivalente, la puissance moyenne dissipée par les frottements en régime sinusoïdal forcé permanent.
  2. Calculer la moyenne temporelle \langle P \rangle à l'aide de l'amplitude x_0 déterminée à la question Q29.
  3. Simplifier l'expression au voisinage de la résonance grâce à l'approximation \gamma \ll \omega_0 pour faire apparaître une lorentzienne, et tracer la courbe correspondante en faisant figurer les grandeurs caractéristiques (maximum et largeur à mi-hauteur).
Voir la réponse courte

Puissance moyenne \langle P \rangle = \frac{e^2 E_0^2}{2m} \frac{\gamma\omega^2}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2\omega^2}, courbe de résonance lorentzienne centrée en \omega_0.

Voir le corrigé complet

En régime sinusoïdal forcé permanent, l'énergie mécanique moyenne de l'électron sur une période est constante. Le théorème de la puissance mécanique en moyenne temporelle donne :

\langle P \rangle = \langle P_{\text{ext}} \rangle = -\langle P_{\text{frott}} \rangle

où P_{\text{frott}} = \vec{F}_f \cdot \vec{v} = -m_e \gamma v^2. La puissance moyenne absorbée par l'atome est donc égale à la puissance moyenne dissipée par frottement fluide :

\langle P \rangle = m_e \gamma \langle v(t)^2 \rangle

Avec x(t) = x_0 \cos(\omega t - \varphi), la vitesse s'écrit v(t) = -\omega x_0 \sin(\omega t - \varphi), d'où :

\langle v(t)^2 \rangle = \omega^2 x_0^2 \langle \sin^2(\omega t - \varphi) \rangle = \frac{1}{2} \omega^2 x_0^2

En injectant l'expression de x_0 issue de la question Q29 :

x_0^2 = \frac{e^2 E_0^2}{m_e^2 \left[(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2 \omega^2\right]}

on obtient l'expression générale de la puissance moyenne absorbée :

\langle P \rangle = \frac{e^2 E_0^2}{2 m_e} \frac{\gamma \omega^2}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \gamma^2 \omega^2}

Dans l'approximation d'un amortissement très faible (\gamma \ll \omega_0), l'absorption est significative uniquement au voisinage immédiat de la résonance (\omega \approx \omega_0). En introduisant le désaccord \Delta = \omega - \omega_0 :

\omega_0^2 - \omega^2 = (\omega_0 - \omega)(\omega_0 + \omega) \approx -2\omega_0 \Delta \quad \text{et} \quad \gamma^2 \omega^2 \approx \gamma^2 \omega_0^2

Il vient alors :

\boxed{ \langle P \rangle \approx \frac{e^2 E_0^2}{2 m_e \gamma} \frac{(\gamma/2)^2}{\Delta^2 + (\gamma/2)^2} = \frac{e^2 E_0^2 \gamma}{8 m_e \left[(\omega - \omega_0)^2 + \frac{\gamma^2}{4}\right]} }

Cette courbe présente un profil lorentzien :

  • elle atteint son maximum à la résonance \omega = \omega_0 (\Delta = 0) : \langle P \rangle_{\text{max}} = \frac{e^2 E_0^2}{2 m_e \gamma} ;
  • la largeur à mi-hauteur vaut \Delta\omega_{1/2} = \gamma, délimitée par \omega = \omega_0 \pm \frac{\gamma}{2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas la puissance moyenne absorbée par l'atome liée au champ électrique et le flux du vecteur de Poynting de l'onde.

« Beaucoup de confusion entre puissance moyenne absorbée (due au champ électrique ici) et puissance moyenne de l’onde calculée avec le vecteur de Poynting. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : électron élastiquement lié, résonance

Déterminer, dans le cas résonant, l'expression du déplacement et de la vitesse de l'électron.

Voir l'indice

Fixer \omega = \omega_0 dans l'amplitude et le déphasage obtenus à la question 29 pour en déduire x(t) puis v(t) = \dot{x}(t).

Voir la stratégie
  1. Se placer à la pulsation de résonance \omega = \omega_0 dans l'équation différentielle régissant le mouvement en régime sinusoïdal forcé.
  2. Utiliser la représentation complexe pour obtenir simplement le déplacement x(t).
  3. Dériver par rapport au temps pour en déduire la vitesse v(t), puis vérifier la cohérence physique avec la force motrice.
Voir la réponse courte

À \omega = \omega_0, quadrature de phase : x(t) = -\frac{e E_0}{m\gamma\omega_0}\sin(\omega_0 t) et v(t) = -\frac{e E_0}{m\gamma}\cos(\omega_0 t).

Voir le corrigé complet

L'absorption est dite résonante lorsque la pulsation de l'onde excitatrice coïncide avec la pulsation propre de l'oscillateur :

\omega = \omega_0

L'équation du mouvement de l'électron s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}^2x}{\mathrm{d}t^2} + \gamma \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 x = -\frac{e E_0}{m_e} \cos(\omega_0 t)

En adoptant la notation complexe \underline{x}(t) = \underline{X}\, e^{i\omega_0 t}, l'équation différentielle devient :

\left(-\omega_0^2 + i\gamma\omega_0 + \omega_0^2\right)\underline{X} = -\frac{e E_0}{m_e}

Les termes en \omega_0^2 se compensent exactement, ce qui conduit à :

i\gamma\omega_0 \underline{X} = -\frac{e E_0}{m_e} \implies \underline{X} = \frac{i e E_0}{m_e \gamma \omega_0} = \frac{e E_0}{m_e \gamma \omega_0} \mathrm{e}^{i\frac{\pi}{2}}

En prenant la partie réelle, on obtient l'expression du déplacement de l'électron :

x(t) = \operatorname{Re}\left(\underline{X}\,\mathrm{e}^{i\omega_0 t}\right) = \frac{e E_0}{m_e \gamma \omega_0} \cos\left(\omega_0 t + \frac{\pi}{2}\right)

soit :

\boxed{x(t) = -\frac{e E_0}{m_e \gamma \omega_0} \sin(\omega_0 t)}

La vitesse de l'électron s'obtient par dérivation temporelle :

v(t) = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}(t)
\boxed{v(t) = -\frac{e E_0}{m_e \gamma} \cos(\omega_0 t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux formules de trigonométrie ainsi qu'à la distinction entre fréquence et pulsation.

« Des erreurs fréquentes dans les formules de trigonométrie et des confusions fréquence/pulsation. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : force de lorentz, pression de radiation

Déterminer, dans le cas résonant, la valeur moyenne de la force de Lorentz agissant sur l'électron. Préciser le sens de cette force moyenne et exprimer sa valeur en fonction de l'intensité de l'onde électromagnétique.

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle de la force magnétique de Lorentz \langle -e\vec{v}\wedge \vec{B}\rangle en utilisant la vitesse obtenue à résonance.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de Lorentz totale \vec{F}_L = -e\left(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}\right) s'exerçant sur l'électron à l'origine (z \approx 0).
  2. Calculer sa moyenne temporelle en utilisant les expressions de \vec{E}(t), \vec{B}(t) et \vec{v}(t) obtenues précédemment.
  3. Relier la valeur moyenne obtenue à l'intensité de l'onde I = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2 établie à la question Q28.
Voir la réponse courte

Force magnétique moyenne \langle\vec{F}_L\rangle = -e\langle\vec{v}\wedge\vec{B}\rangle = \frac{\langle P \rangle}{c}\vec{u}_z, orientée dans le sens de propagation du laser.

Voir le corrigé complet

La force de Lorentz subie par l'électron de charge -e placé au voisinage de l'origine (z \approx 0) s'écrit :

\vec{F}_L(t) = -e\vec{E}(t) - e\,\vec{v}(t) \wedge \vec{B}(t)

D'après les questions Q27, Q28 et Q32, à la résonance (\omega = \omega_0) et en z = 0 :

\begin{aligned} \vec{E}(t) &= E_0 \cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_x \\ \vec{B}(t) &= \frac{E_0}{c}\cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_y \\ \vec{v}(t) &= -\frac{eE_0}{m_e \gamma}\cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_x \end{aligned}

Calculons les deux composantes de la force :

  • La partie électrique :

    \vec{F}_e(t) = -eE_0 \cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_x

    Sa valeur moyenne sur une période est nulle :

    \langle \vec{F}_e \rangle = \vec{0}
  • La partie magnétique, orientée selon \vec{u}_x \wedge \vec{u}_y = \vec{u}_z :

    \begin{aligned} \vec{F}_m(t) &= -e \left( v(t)\,\vec{u}_x \right) \wedge \left( \frac{E_0}{c}\cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_y \right) \\ &= -e \left(-\frac{eE_0}{m_e \gamma}\cos(\omega_0 t)\right) \frac{E_0}{c}\cos(\omega_0 t)\,\vec{u}_z \\ &= \frac{e^2 E_0^2}{m_e \gamma c}\cos^2(\omega_0 t)\,\vec{u}_z \end{aligned}

Puisque \langle \cos^2(\omega_0 t) \rangle = \frac{1}{2}, la force de Lorentz moyenne se réduit à sa composante magnétique :

\langle \vec{F}_L \rangle = \frac{e^2 E_0^2}{2m_e \gamma c}\,\vec{u}_z

D'après la question Q28, l'intensité de l'onde électromagnétique plane dans le vide est reliée à l'amplitude du champ électrique par I = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2, soit E_0^2 = \frac{2I}{\varepsilon_0 c}. En injectant cette relation, on obtient :

\boxed{\langle \vec{F}_L \rangle = \frac{e^2 I}{m_e \varepsilon_0 \gamma c^2}\,\vec{u}_z}

Cette force moyenne est dirigée selon +\vec{u}_z, c'est-à-dire dans le sens de propagation de l'onde laser. Sa norme s'écrit :

\boxed{\|\langle \vec{F}_L \rangle\| = \frac{e^2 I}{m_e \varepsilon_0 \gamma c^2} = \frac{\langle P \rangle_{\text{res}}}{c}}

Résultat

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Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : photon, pression de radiation

Quelle interprétation corpusculaire qualitative peut-on donner à cette force ?

Voir l'indice

Interpréter cette force en termes de transfert moyen d'impulsion \hbar\vec{k} par les photons absorbés puis réémis spontanément de façon isotrope.

Voir la réponse courte

Chaque photon d'impulsion \hbar\vec{k} absorbé par l'atome lui transfère sa quantité de mouvement, générant la force de pression de radiation.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de la description corpusculaire de la lumière, l'onde laser est constituée d'un flux de photons, chacun possédant une énergie \mathcal{E}_{\text{ph}} = \hbar\omega et une quantité de mouvement :

\vec{p}_{\text{ph}} = \hbar\vec{k} = \frac{\hbar\omega}{c}\,\vec{u}_z

L'interaction résonante entre l'atome et le rayonnement procède par cycles successifs d'absorption et d'émission spontanée :

  1. Absorption : l'atome absorbe un photon issu du faisceau se propageant selon +\vec{u}_z. Par conservation de la quantité de mouvement totale du système {atome + rayonnement}, l'atome reçoit l'impulsion du photon :

    \Delta\vec{p}_{\text{abs}} = +\frac{\hbar\omega}{c}\,\vec{u}_z
  2. Émission spontanée : l'atome désexcité réémet un photon d'énergie voisine de \hbar\omega dans une direction aléatoire. L'émission spontanée étant spatialement isotrope (ou présentant une symétrie centrale), la moyenne temporelle de l'impulsion transmise lors de ces réémissions est nulle :

    \langle\Delta\vec{p}_{\text{ém}}\rangle = \vec{0}

Au cours de chaque cycle, le transfert net moyen d'impulsion à l'atome vaut donc \Delta\vec{p}_{\text{cycle}} = \frac{\hbar\omega}{c}\,\vec{u}_z.

En notant \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} le nombre moyen de photons absorbés par unité de temps, la puissance moyenne absorbée s'écrit \langle P \rangle = \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}\,\hbar\omega. La force moyenne subie par l'atome correspond au taux moyen de transfert d'impulsion :

\boxed{\langle\vec{F}\rangle = \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}\,\Delta\vec{p}_{\text{cycle}} = \frac{\langle P \rangle}{c}\,\vec{u}_z}

On retrouve précisément la force de pression de radiation établie à la question précédente.

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : électron élastiquement lié, polarisabilité

En tenant compte des conditions et , déterminer la polarisabilité , définie par la relation (I.1).

Voir l'indice

Exprimer \vec{p}_{\text{ind}} = -ex(t)\vec{u}_x, négliger l'amortissement devant le désaccord et identifier \alpha via \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha\varepsilon_0\vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement complexe \underline{x}(t) de l'électron de valence à partir de l'équation du mouvement établie précédemment.
  2. Utiliser la condition |\Delta| \gg \gamma pour négliger le terme d'amortissement dans la réponse en régime forcé.
  3. Exprimer le moment dipolaire induit \vec{p}_{\text{ind}}(t) = -e\,x(t)\,\vec{u}_x et identifier \alpha via la relation \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}.
Voir la réponse courte

En négligeant l'amortissement, \underline{p} = -e\underline{x} = \frac{e^2/m}{\omega_0^2 - \omega^2} E_0, d'où la polarisabilité statique/quasi-statique \alpha = \frac{e^2}{m(\omega_0^2 - \omega^2)} > 0.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle régissant le mouvement de l'électron de valence soumis au champ électrique \vec{E}_{\text{ext}}(t) = E_0 \cos(\omega t)\,\vec{u}_x s'écrit en représentation complexe :

\left(-\omega^2 + i\gamma\omega + \omega_0^2\right)\underline{x}(t) = -\frac{e}{m_e} E_0 e^{i\omega t}

d'où l'amplitude complexe du déplacement de l'électron :

\underline{x}(t) = \frac{-e / m_e}{\omega_0^2 - \omega^2 + i\gamma\omega} E_0 e^{i\omega t}

Le désaccord à la résonance étant \Delta = \omega - \omega_0, on a :

\omega_0^2 - \omega^2 = (\omega_0 - \omega)(\omega_0 + \omega) = -\Delta(\omega_0 + \omega)

Sous la condition |\Delta| \gg \gamma (hors de la bande de résonance), le terme dissipatif est négligeable devant le terme élastique :

|\omega_0^2 - \omega^2| \approx 2\omega_0 |\Delta| \gg \gamma\omega_0 \approx \gamma\omega

On peut donc négliger i\gamma\omega au dénominateur, ce qui donne un déplacement en phase avec l'excitation :

x(t) \approx \frac{-e}{m_e(\omega_0^2 - \omega^2)} E_0 \cos(\omega t)

Le barycentre des charges positives restant à l'origine, le moment dipolaire induit de l'atome est :

\vec{p}_{\text{ind}}(t) = -e\,\vec{r}_e(t) = -e\,x(t)\,\vec{u}_x = \frac{e^2}{m_e(\omega_0^2 - \omega^2)}\vec{E}_{\text{ext}}(t)

Par identification avec la définition (I.1), \vec{p}_{\text{ind}} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}_{\text{ext}}, on en déduit la polarisabilité :

\boxed{\alpha = \frac{e^2}{m_e \varepsilon_0 (\omega_0^2 - \omega^2)}}

Dans le cas d'un laser proche de la résonance avec \omega < \omega_0 (désaccord rouge, \Delta = \omega - \omega_0 < 0 et |\Delta| \ll \omega_0), on peut également approcher cette expression selon :

\boxed{\alpha \approx -\frac{e^2}{2 m_e \varepsilon_0 \omega_0 \Delta} = \frac{e^2}{2 m_e \varepsilon_0 \omega_0 |\Delta|}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : piège optique, force de gradient

Montrer que l'énergie potentielle moyenne d'interaction de l'atome avec le laser est proportionnelle à l'intensité du faisceau laser et que le facteur de proportionnalité, que l'on ne demande pas de déterminer explicitement, est négatif.

Voir l'indice

Partir de \langle E_{\text{pot}} \rangle = -\frac{1}{2}\langle \vec{p}_{\text{ind}}\cdot \vec{E}\rangle et relier \vec{E}^2 à l'intensité I(r,z) en tenant compte du signe de \alpha pour \omega < \omega_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle instantanée d'interaction dipolaire à partir de la formule du sujet, puis en déduire sa moyenne temporelle sur une période optique.
  2. Utiliser la réponse en phase du dipôle induit \vec{p}_{\text{ind}}(t) = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}(t) obtenue à la question précédente (avec \alpha > 0 pour \omega < \omega_0).
  3. Relier l'amplitude locale du champ électrique E_0^2(r, z) à l'intensité locale I(r, z) grâce à l'expression établie à la question Q28 pour conclure.
Voir la réponse courte

Énergie dipolaire moyenne E_{p,\text{laser}} = -\frac{1}{2}\alpha\langle E^2\rangle \propto -\frac{\alpha}{\varepsilon_0 c} I(r,z) avec coefficient de proportionnalité négatif pour \omega < \omega_0.

Voir le corrigé complet

L'énergie potentielle d'interaction entre le dipôle et le champ électrique s'écrit (au facteur 1/2 près propre aux dipôles induits, ce qui ne modifie pas le signe) :

E_{\text{pot}}(t) \propto -\vec{p}(t) \cdot \vec{E}(t)

Dans le régime hors résonance avec désaccord rouge (\omega < \omega_0 et |\Delta| \gg \gamma), l'amortissement est négligeable devant l'écart à la pulsation propre. Le dipôle induit oscille donc en phase avec le champ électrique extérieur :

\vec{p}_{\text{ind}}(t) = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}(t) = \alpha \varepsilon_0 E_0(r, z) \cos(\omega t) \vec{u}_x

avec une polarisabilité \alpha > 0 d'après le résultat de la question Q35.

L'énergie potentielle instantanée s'écrit alors :

E_{\text{pot}}(t) \propto -\alpha \varepsilon_0 E_0^2(r, z) \cos^2(\omega t)

En prenant la moyenne temporelle sur une période optique T = \frac{2\pi}{\omega}, sachant que \langle \cos^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2}, il vient :

\langle E_{\text{pot}} \rangle \propto -\frac{1}{2} \alpha \varepsilon_0 E_0^2(r, z)

D'après la question Q28, l'intensité locale de l'onde lumineuse est liée à l'amplitude du champ par :

I(r, z) = \frac{1}{2} \varepsilon_0 c E_0^2(r, z) \iff \frac{1}{2} \varepsilon_0 E_0^2(r, z) = \frac{I(r, z)}{c}

En injectant cette relation, on obtient :

\langle E_{\text{pot}} \rangle = -\beta \, I(r, z)

où \beta est une constante positive proportionnelle à \frac{\alpha}{c} (avec \alpha > 0).

L'énergie potentielle moyenne d'interaction est donc bien proportionnelle à l'intensité locale I(r, z), avec un facteur de proportionnalité strictement négatif :

\boxed{\langle E_{\text{pot}}(r, z) \rangle = - \beta \, I(r, z) \quad \text{avec } \beta > 0}

Résultat

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé

Notions : faisceau gaussien, intensité lumineuse

Tracer schématiquement cette intensité en fonction de , la distance à l'axe, pour fixé.

Voir l'indice

Tracer un profil gaussien standard centré en r=0 décroissant vers 0 quand r \to \infty.

Voir la réponse courte

Tracé d'une courbe en cloche gaussienne symétrique centrée en r=0 d'allure I(r) = I_0 \exp(-2r^2/W(z)^2).

Voir le corrigé complet

À cote z fixée, notons l'intensité sur l'axe :

I(0,z) = I_0 \left(\frac{W_0}{W(z)}\right)^2

L'expression de l'intensité s'écrit alors :

I(r, z) = I(0, z) \exp\left(-\frac{2r^2}{W^2(z)}\right)

Il s'agit d'un profil gaussien dont les caractéristiques remarquables sont :

  • un maximum sur l'axe en r = 0, avec une tangente horizontale (\left.\frac{\partial I}{\partial r}\right|_{r=0} = 0) ;
  • une décroissance rapide vers 0 lorsque r \gg W(z) ;
  • à la distance r = W(z), l'intensité vaut :

    I(W(z), z) = \frac{I(0, z)}{\mathrm{e}^2} \approx 0{,}135 \, I(0, z)
  • à la distance r = \frac{W(z)}{\sqrt{2}}, l'intensité est divisée par \mathrm{e} : I = \frac{I(0, z)}{\mathrm{e}} \approx 0{,}368 \, I(0, z).

Le tracé schématique en coupe transverse (étendu aux valeurs négatives de la coordonnée radiale par symétrie de révolution) est représenté ci-dessous :

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : faisceau gaussien, waist

Quelle est la signification physique de ?

Voir l'indice

Identifier W(z) comme le rayon transverse du faisceau à la cote z pour lequel l'intensité vaut I(0,z)/\mathrm{e}^2.

Voir la réponse courte

W(z) représente le rayon transverse du faisceau gaussien à l'abscisse z, pour lequel l'intensité lumineuse est divisée par e^2.

Voir le corrigé complet

À une cote z fixée le long de la direction de propagation, l'intensité sur l'axe (r=0) vaut :

I(0, z) = I_0 \left(\frac{W_0}{W(z)}\right)^2

Pour une distance à l'axe r = W(z), l'intensité lumineuse s'écrit :

I(W(z), z) = I(0, z)\,\mathrm{e}^{-2} \approx 0{,}135\, I(0, z)

La grandeur W(z) représente donc le rayon transverse du faisceau gaussien (ou demi-largeur du faisceau) à la cote z.

\boxed{W(z) \text{ est la distance radiale à l'axe pour laquelle l'intensité lumineuse chute d'un facteur } \mathrm{e}^2 \approx 7{,}39 \text{ par rapport à sa valeur sur l'axe}.}

Équivalemment, l'amplitude du champ électrique y est atténuée d'un facteur \mathrm{e} \approx 2{,}72 par rapport à sa valeur sur l'axe.

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : faisceau gaussien, profil de faisceau

Tracer la forme du faisceau laser dans un plan contenant l'axe , en identifiant deux zones suivant que ou .

Voir l'indice

Tracer les hyperboles enveloppes du faisceau : taille quasi-constante W_0 près de l'origine (z \ll L_R) et divergence linéaire asymptotique (z \gg L_R).

Voir la stratégie
  1. Analyser le comportement asymptotique de la demi-largeur W(z) = W_0 \sqrt{1 + z^2/L_R^2} dans les deux régimes demandés : |z| \ll L_R et |z| \gg L_R.
  2. Identifier la nature géométrique de la frontière du faisceau (hyperbole) et tracer le profil méridien r = \pm W(z) dans un plan contenant (Oz).
Voir la réponse courte

Tracé de l'enveloppe hyperbolique W(z) : quasi-cylindrique pour z \ll L_R et cône asymptotique divergeant pour z \gg L_R.

Voir le corrigé complet

L'enveloppe du faisceau laser, définie par la surface où l'intensité vaut I(0,z)/\mathrm{e}^2, correspond dans un plan méridien passant par l'axe (Oz) aux deux courbes r = \pm W(z), où :

W(z) = W_0\sqrt{1 + \frac{z^2}{L_R^2}}

Il s'agit d'une branche d'hyperbole équilatère dont on distingue deux zones limites :

  • Zone proche du col (|z| \ll L_R, champ proche) :
    En effectuant un développement limité au voisinage de z = 0 :

    W(z) \approx W_0 \left(1 + \frac{z^2}{2 L_R^2}\right) \approx W_0

    Le faisceau est quasi-cylindrique de rayon constant W_0. La courbure du front d'onde est faible et le faisceau ne diverge pratiquement pas : c'est la zone du col (waist) ou région de Rayleigh.

  • Zone éloignée du col (|z| \gg L_R, champ lointain) :
    Pour les grandes distances devant la longueur de Rayleigh :

    W(z) \approx W_0 \frac{|z|}{L_R} = \frac{\lambda}{\pi W_0} |z|

    Le profil devient conique et asymptotique à des droites de demi-angle au sommet :

    \theta_{\mathrm{div}} = \frac{W_0}{L_R} = \frac{\lambda}{\pi W_0}

    Cette zone correspond au régime de diffraction de Fraunhofer (champ lointain).

Voir ce qu'a relevé le jury

Le faisceau diverge dès l'origine : il peut être assimilé à un cylindre à courte distance avant que sa divergence ne devienne non négligeable.

« Le faisceau laser diverge dès le début, mais très progressivement, si bien que tant que x≪LR, le faisceau peut être considéré comme cylindrique. »

« il y a une zone où le faisceau peut être considéré comme rectiligne, et une autre où la divergence ne peut plus être négligée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diffraction, faisceau gaussien

Que représente la quantité ? Quelle analogie peut-on faire avec la diffraction obtenue par un trou de dimension ?

Voir l'indice

Reconnaître le demi-angle de divergence asymptotique \theta_{\text{div}} et le comparer à la tache d'Airy ou à la diffraction par une ouverture.

Voir la stratégie
  1. Identifier le rôle géométrique de la quantité \frac{\lambda}{\pi W_0} à partir du comportement asymptotique du rayon W(z) établi pour z \gg L_R.
  2. Comparer cet angle d'ouverture à celui issu de la diffraction d'une onde plane de longueur d'onde \lambda par une ouverture de dimension caractéristique W_0.
Voir la réponse courte

\frac{\lambda}{\pi W_0} est le demi-angle de divergence à l'infini, analogue à l'angle caractéristique de diffraction \theta \sim \frac{\lambda}{a} par une ouverture.

Voir le corrigé complet

Pour z \gg L_R, l'expression du rayon transverse du faisceau gaussien devient :

W(z) = W_0 \sqrt{1 + \frac{z^2}{L_R^2}} \underset{z \gg L_R}{\sim} \frac{W_0}{L_R} z = \frac{\lambda}{\pi W_0} z

Le rapport \frac{W(z)}{z} tend vers une constante non nulle, ce qui montre que le faisceau s'évase selon un cône de demi-angle au sommet :

\boxed{\theta_{\mathrm{div}} = \frac{\lambda}{\pi W_0}}

Cette quantité représente le demi-angle de divergence (ou divergence angulaire en champ lointain) du faisceau laser.

Analogie avec la diffraction : Lorsqu'une onde de longueur d'onde \lambda traverse une ouverture circulaire ou une fente de dimension caractéristique a \sim W_0, le phénomène de diffraction induit un étalement angulaire du faisceau dans le demi-angle :

\theta_{\mathrm{diff}} \sim \frac{\lambda}{a} \sim \frac{\lambda}{W_0}

L'étalement du faisceau gaussien en champ lointain est donc directement une manifestation de la diffraction d'une onde de section transverse finie (de demi-largeur W_0 au col) :

  • à un facteur d'ordre unité près (\frac{1}{\pi} lié au profil d'intensité gaussien régulier sans bords francs, qui évite l'apparition d'anneaux secondaires), la divergence du faisceau laser obéit à la même loi d'échelle ;
  • plus la taille du col W_0 est petite (focalisation étroite), plus la divergence angulaire \theta_{\mathrm{div}} est importante, conformément aux propriétés générales de la diffraction.

Résultat

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Question 41

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : faisceau gaussien, longueur de rayleigh

À quoi correspond la longueur de Rayleigh ?

Voir l'indice

Caractériser L_R comme la demi-profondeur de champ (distance sur laquelle le faisceau ne s'élargit que d'un facteur \sqrt{2}).

Voir la réponse courte

Distance caractéristique le long de l'axe de propagation sur laquelle la section du faisceau double (W(z_R) = \sqrt{2}w_0).

Voir le corrigé complet

D'après l'expression du rayon transverse du faisceau gaussien :

W(z) = W_0 \sqrt{1 + \frac{z^2}{L_R^2}}

la longueur de Rayleigh L_R = \frac{\pi W_0^2}{\lambda} caractérise l'extension axiale de la zone focale. Plus précisément :

  • Définition quantitative : pour z = \pm L_R, le rayon du faisceau augmente d'un facteur \sqrt{2} :

    W(\pm L_R) = W_0 \sqrt{2}

    L'aire de la section droite du faisceau est donc doublée (\mathcal{S}(\pm L_R) = 2\,\mathcal{S}_0), et par conséquent l'intensité sur l'axe optique est divisée par deux :

    I(0, \pm L_R) = \frac{I_0}{2}
  • Signification physique : L_R mesure la distance caractéristique sur laquelle le faisceau reste collimaté autour du col (z=0). La plage [-L_R, +L_R], de longueur 2L_R, définit la profondeur de champ (ou profondeur de foyer) du faisceau.
  • Frontière de régimes : elle marque la transition entre la zone de champ proche (|z| \ll L_R, propagation quasi cylindrique) et la zone de champ lointain (|z| \gg L_R, divergence conique régie par la diffraction).
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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : piège optique, stabilité de l'équilibre

Déterminer la position d'équilibre de l'atome dans le faisceau et étudier sa stabilité. Expliquer en quoi le laser agit comme une pince optique sur l'atome.

Voir l'indice

Déterminer le point où l'énergie potentielle est minimale (donc où I(r,z) est maximale) et justifier le rappel vers ce point.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force exercée sur l'atome en régime hors résonance à partir du gradient de l'énergie potentielle d'interaction trouvée en Q36 : \vec{F} = -\vec{\nabla} \langle E_{\text{pot}} \rangle.
  2. Rechercher les points d'annulation de cette force pour déterminer la position d'équilibre, puis étudier la nature de cet extremum (minimum de potentiel) pour conclure à la stabilité.
  3. Interpréter physiquement le rôle de la force de gradient qui ramène l'atome vers la zone d'intensité maximale, justifiant ainsi le terme de « pince optique ».
Voir la réponse courte

L'énergie potentielle est minimale au centre focal (r=0, z=0, maximum d'intensité) : équilibre stable dans les trois directions (pince optique).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, l'énergie potentielle moyenne d'interaction de l'atome avec le faisceau s'écrit :

\langle E_{\text{pot}}(r, z) \rangle = -\beta I(r, z) \quad \text{avec } \beta > 0

La force s'exerçant sur l'atome dérive de cette énergie potentielle (force de gradient dipolaire) :

\vec{F} = -\vec{\nabla}\langle E_{\text{pot}}\rangle = \beta \, \vec{\nabla} I(r, z)

Exprimons le gradient de l'intensité en coordonnées cylindriques (le faisceau présentant une symétrie de révolution autour de Oz) :

\begin{aligned} \frac{\partial I}{\partial r} &= -\frac{4r}{W^2(z)} I(r, z) \\ \frac{\partial I}{\partial z} &= I_0 \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z}\left[\frac{W_0^2}{W^2(z)}\right]\exp\left(-\frac{2r^2}{W^2(z)}\right) + I(r, z) \frac{4r^2}{W^3(z)}\frac{\mathrm{d}W}{\mathrm{d}z} \end{aligned}

À l'équilibre, la force résultante est nulle, soit \vec{\nabla} I(r, z) = \vec{0} :

  • \dfrac{\partial I}{\partial r} = 0 \iff r_{\text{éq}} = 0 (car I(r,z) \neq 0).
  • Sur l'axe (r = 0), l'intensité s'écrit I(0, z) = \dfrac{I_0}{1 + z^2/L_R^2}. Sa dérivée par rapport à z vaut :

    \left.\frac{\partial I}{\partial z}\right|_{r=0} = -\frac{2I_0 z}{L_R^2\left(1 + \frac{z^2}{L_R^2}\right)^2}

    Elle s'annule uniquement pour z_{\text{éq}} = 0.

Il existe ainsi une unique position d'équilibre, située à l'origine (centre du col du faisceau ou waist) :

\boxed{r_{\text{éq}} = 0 \quad \text{et} \quad z_{\text{éq}} = 0 \quad (\text{au point } O)}

Étude de la stabilité :

Au voisinage de l'origine (r \ll W_0 et |z| \ll L_R), effectuons un développement limité au second ordre de l'intensité :

\begin{aligned} \frac{W_0^2}{W^2(z)} &= \frac{1}{1 + z^2/L_R^2} \approx 1 - \frac{z^2}{L_R^2} \\ \exp\left(-\frac{2r^2}{W^2(z)}\right) &\approx 1 - \frac{2r^2}{W_0^2} \end{aligned}

D'où l'expression de l'intensité :

I(r, z) \approx I_0 \left(1 - \frac{2r^2}{W_0^2} - \frac{z^2}{L_R^2}\right)

L'énergie potentielle s'écrit alors :

\langle E_{\text{pot}}(r, z) \rangle \approx -\beta I_0 + \frac{2\beta I_0}{W_0^2} r^2 + \frac{\beta I_0}{L_R^2} z^2

Comme \beta > 0 et I_0 > 0, les dérivées secondes au point d'équilibre sont strictement positives :

\left.\frac{\partial^2 \langle E_{\text{pot}}\rangle}{\partial r^2}\right|_{(0,0)} = \frac{4\beta I_0}{W_0^2} > 0 \quad \text{et} \quad \left.\frac{\partial^2 \langle E_{\text{pot}}\rangle}{\partial z^2}\right|_{(0,0)} = \frac{2\beta I_0}{L_R^2} > 0

L'énergie potentielle admet donc un minimum strict en (0,0) :

\boxed{\text{La position d'équilibre en } (0,0) \text{ est stable selon les trois directions de l'espace.}}

Action comme pince optique :

Puisque \vec{F} = \beta\,\vec{\nabla} I avec \beta > 0, la force exercée par le laser est toujours dirigée vers les régions de plus forte intensité lumineuse (force de gradient). Dès que l'atome s'écarte de la zone focale, il subit une force de rappel qui le ramène vers le point d'intensité maximale (r=0, z=0).

Le faisceau focalisé crée ainsi un puits de potentiel tridimensionnel qui piège et confine mécaniquement l'atome sans contact matériel : le laser agit comme une véritable « pince optique ».

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La position d'équilibre se déduit sans calcul à partir des résultats établis sur l'intensité du faisceau.

« Aucun calcul nécessaire ici, il suffit d’utiliser Q36 pour chercher un minimum d’intensité, puis Q37 et Q39. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 43

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : faisceau gaussien, lentille mince

On focalise le faisceau laser à l'aide d'une lentille convergente de distance focale , placée en . On ne tient pas compte de la diffraction par cette lentille. En s'appuyant sur un schéma, déterminer le diamètre du faisceau dans le plan focal. Faire l'application numérique pour et .

Voir l'indice

Utiliser la relation géométrique reliant la taille dans le plan focal à la divergence du faisceau incident (W_f = \lambda f' / (\pi W_0)).

Voir la stratégie
  1. Réaliser un schéma d'optique ondulatoire montrant la focalisation du faisceau par la lentille convergente de distance focale f' placée au col incident (z = 0).
  2. Relier le demi-angle de convergence géométrique \theta' après la lentille aux caractéristiques du faisceau incident (W_0 et f').
  3. Identifier ce demi-angle à la divergence du faisceau diffracté au foyer pour en déduire le rayon W_f puis le diamètre D du faisceau dans le plan focal, avant d'effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Au foyer, demi-angle \theta = W_0/f' = 1, d'où le diamètre 2W_0' = \frac{2\lambda}{\pi\theta} = \frac{2\lambda}{\pi} \approx 0{,}54\text{ }\mu\text{m}.

Voir le corrigé complet

Le faisceau gaussien incident présente son col (waist) en z = 0, où est placée la lentille mince convergente. En ce point, le front d'onde est plan (rayon de courbure infini) et le rayon du faisceau vaut W_0.

D'un point de vue géométrique, le rayon marginal situé à la distance W_0 de l'axe au niveau de la lentille est dévié vers le foyer principal image F' situé à la distance f'. Le faisceau converge donc avec un demi-angle au sommet :

\theta' \approx \frac{W_0}{f'}

Par diffraction (ou conservation du produit de diffraction abordé en question Q40), un col de rayon W_f situé dans le plan focal génère une divergence angulaire :

\theta_{\mathrm{div}}' = \frac{\lambda}{\pi W_f}

À la limite de diffraction, l'angle de convergence imposé par la lentille s'identifie à la divergence du col focalisé, soit \theta' = \theta_{\mathrm{div}}' :

\begin{aligned} \frac{W_0}{f'} &= \frac{\lambda}{\pi W_f} \\ W_f &= \frac{\lambda f'}{\pi W_0} \end{aligned}

Le diamètre du faisceau dans le plan focal est le double de ce rayon :

\boxed{D = 2W_f = \frac{2\lambda f'}{\pi W_0}}

Application numérique : Avec f' = W_0 et \lambda = 850\text{ nm} = 0{,}850\,\mu\text{m} :

D = \frac{2\lambda}{\pi} = \frac{2 \times 850 \times 10^{-9}}{\pi} \approx 5{,}41 \times 10^{-7}\text{ m} = 0{,}54\,\mu\text{m}
\boxed{D \approx 0{,}54\,\mu\text{m} \quad (\text{soit } W_f \approx 0{,}27\,\mu\text{m})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas le foyer image et la distance focale de la lentille.

« Attention à ne pas confondre F′ et f′. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : atome de rydberg

Pourquoi ce dispositif permet-il de sélectionner un seul atome de rubidium placé dans un état de Rydberg ?

Voir l'indice

Comparer le volume focal très étroit (de l'ordre du micromètre cube) à la distance moyenne entre atomes et mentionner le mécanisme de blocage de Rydberg.

Voir la stratégie
  1. Comparer la dimension spatiale de la zone de piégeage obtenue à la question précédente (D \approx 0{,}54\text{ }\mu\text{m}) à la taille d'un atome dans un état de Rydberg (2r_n \sim 0{,}5\text{ à }1\text{ }\mu\text{m}).
  2. En déduire l'impossibilité géométrique (encombrement spatial) de loger plus d'un atome de Rydberg dans ce piège.
  3. Compléter par l'explication physique propre aux pinces optiques et aux atomes de Rydberg (blocage collisionnel et blocage de Rydberg).
Voir la réponse courte

Phénomène de blocage de Rydberg : l'interaction géante déplace la résonance du second atome dès qu'un premier atome est excité dans le volume focal.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q43, la focalisation du faisceau laser produit une taille de col (diamètre du piège) dans le plan focal :

D = 2W_f \approx 0{,}54\text{ }\mu\text{m}

Par ailleurs, pour un état de Rydberg avec n \sim 60\text{ à }100, le diamètre de Bohr de l'atome vaut, d'après les questions Q18 et Q21 :

2 r_n = 2 n^2 a_0 \sim 0{,}4\text{ à }1{,}1\text{ }\mu\text{m}

On constate ainsi que :

  • Le volume de piégeage effectif défini par le faisceau laser focalisé est submicrométrique, de dimensions comparables au diamètre d'un unique atome de Rydberg.
  • Par conséquent, en raison de l'encombrement stérique, un tel volume ne peut contenir qu'un seul atome de Rydberg à la fois.
\boxed{\text{Le diamètre de la zone de piégeage ($D \approx 0{,}54\text{ }\mu\text{m}$) étant du même ordre de grandeur que la taille d'un atome de Rydberg, seul un atome peut y être piégé.}}

Résultat

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B · Mesure de l'énergie potentielle d'interaction de van der Waals

Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : atome froid, agitation thermique

Pourquoi est-il nécessaire de se placer à très basse température et à très basse pression pour effectuer ces mesures ?

Voir l'indice

Expliquer la nécessité de geler l'agitation thermique (pour que k_B T \ll |U|) et d'éviter les collisions perturbatrices avec le gaz résiduel.

Voir la stratégie

Pour justifier les conditions expérimentales extrêmes requises (très basse température et ultravide), on compare les ordres de grandeur énergétiques et spatiaux en jeu à ceux de l'environnement ambiant :

  1. Pour la température : comparer l'énergie thermique k_B T à l'énergie d'interaction de van der Waals mesurée U et à la profondeur des pinces optiques, puis considérer la fragilité des états de Rydberg face au rayonnement de corps noir.
  2. Pour la pression : analyser l'effet des collisions avec le gaz résiduel compte tenu de la taille gigantesque et de la très faible énergie de liaison des atomes de Rydberg.
Voir la réponse courte

Basse température pour que k_B T \ll |E_p| (éviter l'échappement thermique du piège) et basse pression pour éviter les collisions destructrices.

Voir le corrigé complet

1. Nécessité d'une très basse température :

  • Échelle d'énergie : D'après la figure 4, l'énergie d'interaction mesurée est de l'ordre de :

    U \sim h \times 1\text{ MHz} \approx 6{,}6 \times 10^{-28}\text{ J}

    ce qui correspond à une température équivalente T_{\text{int}} = U / k_B \approx 50\text{ nK}. À température ambiante (T = 300\text{ K}), l'énergie d'agitation thermique k_B T \approx 4 \times 10^{-21}\text{ J} est environ sept ordres de grandeur plus grande. De plus, la profondeur d'un piège optique dipolaire est typiquement sub-millikelvin : pour piéger les atomes et les maintenir immobiles à une distance relative d bien définie (avec des fluctuations de position négligeables devant d \sim \mu\text{m}), il est indispensable de refroidir les atomes à l'échelle du microkelvin (T \sim 50\ \mu\text{K}).

  • Rayonnement du corps noir : L'énergie de liaison de l'électron de Rydberg est très faible (E_n = E_I / n^2 \approx 2\text{ à } 5\text{ meV} pour n \approx 50\text{--}80). À température ambiante, les photons thermiques infrarouges provoquent une photo-ionisation rapide ou des transitions parasites vers d'autres états n'. Une température cryogénique protège la durée de vie de ces états.

2. Nécessité d'une très basse pression (ultravide) :

  • Collisions destructrices : La taille d'un atome de Rydberg est considérable (r_n \sim n^2 a_0 \sim 0{,}1\text{ à } 0{,}4\ \mu\text{m}), ce qui confère à l'atome une section efficace géométrique gigantesque (\sigma \propto n^4, environ 10^6 à 10^8 fois celle de l'état fondamental).
  • Durée de vie et pureté du système : Toute collision avec une molécule du gaz résiduel transférerait une énergie bien supérieure à l'énergie d'ionisation de l'atome de Rydberg (quelques meV), entraînant sa désexcitation, son ionisation immédiate ou son éjection hors du piège dipolaire. Un ultravide poussé (P < 10^{-10}\text{ mbar}) garantit un libre parcours moyen macroscopique et un temps moyen entre deux collisions très grand devant la durée d'une mesure (quelques centaines de microsecondes).
Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à expliciter séparément l'influence de la température et celle de la pression.

« Attention à distinguer clairement le rôle de la température et le rôle de la pression. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : force de van der waals, exploitation graphique

Les résultats de la figure 4 sont-ils compatibles avec l'expression de l'énergie potentielle de van der Waals donnée en question 14 ?

Voir l'indice

Calculer la pente de \log(U) en fonction de \log(d) sur le graphique bilogarithmique et vérifier qu'elle vaut approximativement -6.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature des axes de la figure 4 (échelle bilogarithmique).
  2. Exprimer la relation théorique de la question Q14 en coordonnées logarithmiques pour déterminer la pente attendue.
  3. Mesurer la pente des droites expérimentales et conclure sur la compatibilité.
Voir la réponse courte

Vérification en échelle log-log : la pente des courbes \ln(E_p) en fonction de \ln(d) est voisine de -6, confirmant la loi en d^{-6}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14 (et l'admission qui suit), l'énergie potentielle d'interaction de van der Waals s'écrit sous la forme d'une loi en puissance de la distance interatomique d :

E_p(d) = -\frac{A}{d^6}

où A > 0 est une constante. L'énergie d'interaction mesurée en valeur absolue U = |E_p| vérifie donc :

\frac{U}{h} = \frac{C_6}{h\,d^6}

En prenant le logarithme décimal de cette expression, on obtient :

\log_{10}\left(\frac{U}{h}\right) = \log_{10}\left(\frac{C_6}{h}\right) - 6\log_{10}(d)

Sur un graphique en coordonnées bilogarithmiques (\log_{10}(U/h) en fonction de \log_{10}(d)), cette relation correspond à une droite de pente théorique égale à :

p_{\text{th}} = -6

Examinons la figure 4 :

  • Les axes en abscisse (d en \mu\text{m}) et en ordonnée (U/h en \text{MHz}) sont tous deux gradués selon une échelle logarithmique.
  • Pour chaque valeur du nombre quantique principal n (n = 53, n = 62 et n = 82), les points expérimentaux ainsi que les courbes théoriques sont effectivement rectilignes et parallèles entre eux.
  • Déterminons la pente expérimentale, par exemple sur la courbe n = 82 :

    • pour \frac{U}{h} = 10\text{ MHz}, on lit d_1 \approx 9{,}2\ \mu\text{m} ;
    • pour \frac{U}{h} = 0{,}1\text{ MHz}, on lit d_2 \approx 20\ \mu\text{m}.

    La pente vaut ainsi :

    \begin{aligned} p_{\text{exp}} &= \frac{\log_{10}(0{,}1) - \log_{10}(10)}{\log_{10}(20) - \log_{10}(9{,}2)} \\ &= \frac{-1 - 1}{\log_{10}\left(\frac{20}{9{,}2}\right)} \\ &= \frac{-2}{\log_{10}(2{,}17)} \approx \frac{-2}{0{,}337} \approx -5{,}9 \end{aligned}

    Une vérification analogue pour n = 53 (avec d \approx 3{,}3\ \mu\text{m} à 10\text{ MHz} et d \approx 7{,}1\ \mu\text{m} à 0{,}1\text{ MHz}) conduit à :

    p_{\text{exp}} = \frac{-2}{\log_{10}(7{,}1 / 3{,}3)} \approx \frac{-2}{0{,}333} \approx -6{,}0

La pente mesurée est en excellent accord avec la valeur attendue -6.

\boxed{\text{Les résultats expérimentaux de la figure 4 sont parfaitement compatibles avec la loi } U(d) \propto \frac{1}{d^6}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Identifiez bien l'échelle logarithmique et ne vous contentez pas d'une simple observation visuelle pour valider le modèle.

« Beaucoup de candidats n’ont pas vu/compris que les diagrammes étaient en échelle logarithmique. »

« Lorsqu’on demande de vérifier un modèle physique, dire que les données expérimentales montrent une décroissance comme annoncé par le modèle donc que le modèle est valide est insuffisant »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 47

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : force de van der waals, atome de rydberg

Justifier qualitativement qu'à donné l'énergie potentielle d'interaction augmente avec . Selon les données expérimentales de la figure 4, l'énergie potentielle dépend-elle de selon une simple loi de puissance en ?

Voir l'indice

Mesurer le décalage vertical entre les différentes courbes à d fixé et tester si le rapport des énergies correspond à (n_2/n_1)^\alpha avec un exposant constant.

Voir la stratégie
  1. Relier la taille de l'atome de Rydberg (r_n \propto n^2) à sa polarisabilité et à l'amplitude des dipôles induits pour justifier qualitativement la très forte croissance de l'interaction de van der Waals avec n.
  2. Tester l'hypothèse d'une loi de puissance U(d, n) = C \frac{n^\alpha}{d^6} en relevant sur la figure 4 les distances d associées à une valeur de référence d'énergie (par exemple U/h = 1\text{ MHz}), puis en déterminant l'exposant \alpha.
Voir la réponse courte

Comme la polarisabilité varie fortement avec n (\alpha \propto n^7), C_6 \propto n^{11} donne une forte croissance en puissance de n, compatible avec les mesures.

Voir le corrigé complet

1. Justification qualitative de l'augmentation de U avec n

D'après la question Q18, le rayon de l'orbite électronique varie comme le carré du nombre quantique principal :

r_n = n^2 a_0

Pour n \gg 1, l'électron de valence se trouve à une distance macroscopique du noyau à l'échelle atomique et son énergie de liaison |E_n| = E_I/n^2 est très faible. Le nuage électronique est donc extrêmement déformable : la polarisabilité atomique augmente très rapidement avec n (dans le modèle de Thomson, \alpha \propto r_n^3 \propto n^6).

Les moments dipolaires (propres ou induits) mis en jeu sont de l'ordre de p \sim e r_n \propto n^2. L'énergie d'interaction dipôle-dipôle induit (question Q14) étant proportionnelle au produit des polarisabilités ou au carré des moments dipolaires induits, le coefficient d'interaction A dans U(d) = A/d^6 croît de façon spectaculaire avec n. À distance d fixée, l'énergie potentielle U augmente donc fortement avec n.

2. Dépendance en loi de puissance n^\alpha

Supposons que l'énergie potentielle d'interaction suive une loi de puissance de la forme :

U(d, n) = C \, \frac{n^\alpha}{d^6}

À énergie U fixée (par exemple U/h = 1\text{ MHz}), la distance d(n) vérifie :

d(n)^6 \propto n^\alpha \implies d(n) \propto n^{\alpha/6} \iff \ln d(n) = \frac{\alpha}{6} \ln n + \text{cste}

Relevons sur la figure 4 les abscisses d à l'intersection des courbes avec la ligne horizontale U/h = 1\text{ MHz} :

  • pour n_1 = 53 : d_1 \approx 4{,}9\,\mu\text{m} ;
  • pour n_2 = 62 : d_2 \approx 7{,}6\,\mu\text{m} ;
  • pour n_3 = 82 : d_3 \approx 13{,}0\,\mu\text{m}.

Calculons le rapport \alpha/6 = \frac{\ln(d_j/d_i)}{\ln(n_j/n_i)} entre ces différents couples :

\begin{aligned} \text{Entre } n_1 \text{ et } n_2 : \quad \frac{\alpha}{6} &= \frac{\ln(7{,}6 / 4{,}9)}{\ln(62 / 53)} \approx \frac{0{,}439}{0{,}157} \approx 2{,}8 \implies \alpha \approx 17 \\ \text{Entre } n_2 \text{ et } n_3 : \quad \frac{\alpha}{6} &= \frac{\ln(13{,}0 / 7{,}6)}{\ln(82 / 62)} \approx \frac{0{,}537}{0{,}279} \approx 1{,}92 \implies \alpha \approx 11{,}5 \\ \text{Entre } n_1 \text{ et } n_3 : \quad \frac{\alpha}{6} &= \frac{\ln(13{,}0 / 4{,}9)}{\ln(82 / 53)} \approx \frac{0{,}976}{0{,}436} \approx 2{,}24 \implies \alpha \approx 13{,}4 \end{aligned}

Compte tenu des incertitudes expérimentales et des imprécisions inhérentes à la lecture graphique sur échelle logarithmique :

\boxed{\text{Les données expérimentales sont compatibles avec une loi de puissance } U \propto n^\alpha \text{ avec } \alpha \approx 11\text{ à } 13.}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Électrostatique (34 % des questions, partie I), Physique quantique (22 %, partie II) et Diffraction et réseaux (13 %). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Atomistique, liaisons et cristallographie…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 29 questions sur 47 (62 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q14) et la sous-partie II.A (Q15 à Q20). Avec les autres programmes de première année : 29 en MPSI, 13 en PTSI, 29 en MP2I et 13 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q25 (atome de rydberg), Q33 (force de lorentz), Q43 (faisceau gaussien) et Q47 (force de van der waals).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Questions de cours : Q1 (dipôle électrostatique), Q2 (dipôle électrostatique), Q3 (dipôle électrostatique), Q6 (dipôle induit), Q15 (mouvement circulaire uniforme), Q16 (moment cinétique), Q17 (modèle de bohr), Q20 (énergie d'ionisation)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (champ dipolaire), Q5 (champ dipolaire), Q18 (modèle de bohr), Q19 (modèle de bohr) et Q29 (électron élastiquement lié).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (35 sur 47), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q10, Q13 à Q17, Q20 à Q24, Q26 à Q28, Q30, Q32, Q34, Q35, Q37 à Q42 et Q44 à Q46. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q11, Q12, Q18, Q19 et Q36.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet plutôt accessible. Le jury décrit un sujet de longueur raisonnable, progressif et sans trop de difficulté, tout en jugeant les résultats décevants. Moyenne : 6,99/20 (écart-type 4,18, 3 555 présents).

Pourquoi la force de Lorentz moyenne n'est-elle pas nulle en Q33 ?

À la résonance, la vitesse \vec{v}(t) et le champ magnétique \vec{B}(t) oscillent en phase. La composante magnétique moyenne \langle -e\,\vec{v}\wedge\vec{B} \rangle ne s'annule donc pas, contrairement à la force électrique, ce qui crée une force de poussée continue selon l'axe de propagation.

Comment valider le modèle d'interaction sur la figure 4 en Q46 ?

Mesurer numériquement la pente de la droite sur le diagramme log-log. La loi U(d) \propto d^{-6} correspond à une droite de pente -6 ; le jury sanctionne l'absence de vérification quantitative lorsqu'on se contente de constater visuellement la décroissance.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.