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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MPI 2023

Fonctions spéciales : balistique avec frottements, grandes oscillations d'un pendule et problème de Stefan

Ce sujet original et élégant met à l'honneur l'utilisation conjointe de la physique, des outils mathématiques avancés et de la modélisation informatique par le prisme des fonctions spéciales. Il s'articule autour de trois volets indépendants : l'étude d'un tir de projectile freiné par l'air résolu analytiquement à l'aide de la fonction W de Lambert, le pendule pesant en régime de grandes oscillations menant à l'intégrale elliptique complète de première espèce, et le transfert thermique instationnaire avec changement de phase (problème de Stefan) faisant intervenir la fonction d'erreur de Gauss pour modéliser la solidification d'une coulée de lave.

Très formateur et progressif, ce problème constitue une excellente synthèse pour réviser la dynamique du point, les méthodes d'analyse asymptotique, l'intégration numérique (méthode des rectangles médians, schéma d'Euler explicite) ainsi que les transferts thermiques conductifs à frontière mobile. Accessible à toutes les filières scientifiques en deuxième année, ses deux premières parties forment également un entraînement d'un grand intérêt dès la fin de première année.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,99/20)
Temps estimé
≈ 2 h 35 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (26) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les trois grandes parties du sujet (balistique en Q1 à Q15, pendule non linéaire en Q16 à Q22 et diffusion thermique en Q23 à Q34) sont totalement indépendantes et peuvent être abordées dans l'ordre de son choix.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : La fonction de W de LAMBERT

I.A · Tir d'un projectile sans frottements

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : référentiel galiléen, référentiel terrestre

Rappeler la définition d'un référentiel galiléen. Dans quelle mesure le référentiel terrestre peut-il être supposé galiléen ?

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Rappeler la définition liée au principe d'inertie et comparer la durée caractéristique du lancer à la période de rotation propre de la Terre (24 heures).

Voir la réponse courte

Définition via le principe d'inertie ; le référentiel terrestre est quasi galiléen si la durée du tir est très petite devant 24 heures.

Voir le corrigé complet
  1. Définition d'un référentiel galiléen :

    Un référentiel galiléen (ou inertiel) est un référentiel dans lequel le principe d'inertie (première loi de Newton) est vérifié : tout système matériel mécaniquement isolé (ou pseudo-isolé, c'est-à-dire soumis à une résultante des forces extérieures nulle, \sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}) possède un vecteur vitesse constant :

    \boxed{\vec{v} = \vec{\mathrm{cte}}}

    (mouvement rectiligne uniforme ou immobilité).

  2. Validité du caractère galiléen du référentiel terrestre :

    Le référentiel terrestre est lié à la Terre solide. Il est en rotation propre autour de l'axe des pôles par rapport au référentiel géocentrique, à la vitesse angulaire \Omega \approx 7{,}29 \times 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, avec une période de rotation propre :

    T_{\text{rot}} \approx 24\text{ h} \approx 86\,400\text{ s}.

    Cette rotation induit deux effets non inertiels :

    • une force d'inertie d'entraînement (axifuge), statique, qui est directement incorporée dans la définition de l'accélération de la pesanteur locale \vec{g} ;
    • une force d'inertie de Coriolis, \vec{F}_{\text{ic}} = -2m\,\vec{\Omega} \wedge \vec{v}, d'accélération d'ordre de grandeur a_{\text{c}} \sim 2\Omega v.

    Le référentiel terrestre peut être supposé galiléen si la durée caractéristique de l'expérience \Delta t est très petite devant la période de rotation de la Terre :

    \boxed{\Delta t \ll T_{\text{rot}} \sim 24\text{ h}}

    Pour le tir d'un projectile où la durée de vol est de l'ordre de quelques secondes à quelques dizaines de secondes, cette condition est très largement vérifiée (\Delta t \ll 24\text{ h} et a_{\text{c}} \ll g). Les effets non inertiels sont donc tout à fait négligeables.

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, équation horaire, chute libre

Établir les équations horaires du mouvement. Montrer que le mouvement est plan.

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur les axes cartésiens et constater la nullité de l'accélération et de la vitesse selon \vec{u}_x.

Voir la stratégie
  1. Définir le système, le référentiel d'étude et effectuer le bilan des forces (ici réduit au seul poids).
  2. Appliquer la deuxième loi de Newton et intégrer deux fois par rapport au temps en tenant compte des conditions initiales en position et en vitesse.
  3. Justifier la nature plane du mouvement à partir de la nullité de la coordonnée selon \vec{u}_x.
Voir la réponse courte

Double intégration de \vec{a} = \vec{g} avec les conditions initiales ; la composante selon z reste nulle, le mouvement est plan.

Voir le corrigé complet

On étudie le projectile assimilé à un point matériel de masse m, dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni du repère orthonormé (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z). Le champ de pesanteur s'écrit \vec{g} = -g\,\vec{u}_z.

Les conditions initiales à t = 0 sont :

\vec{OM}(0) = \vec{0} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} \quad \text{et} \quad \vec{v}(0) = \vec{v}_0 = \begin{pmatrix} 0 \\ v_0 \cos\theta_0 \\ v_0 \sin\theta_0 \end{pmatrix}

Dans cette partie sans frottements, le projectile n'est soumis qu'à son poids \vec{P} = m\vec{g}. La deuxième loi de Newton s'écrit :

m\,\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\,\vec{g} \implies \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -g\,\vec{u}_z

Par projection sur les trois axes du repère :

\begin{cases} \dfrac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}t} = 0 \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}v_y}{\mathrm{d}t} = 0 \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = -g \end{cases}

Une première intégration par rapport au temps avec les conditions initiales sur la vitesse donne le vecteur vitesse :

\begin{cases} v_x(t) = 0 \\ v_y(t) = v_0 \cos\theta_0 \\ v_z(t) = -gt + v_0 \sin\theta_0 \end{cases}

Une seconde intégration avec les conditions initiales de position (\vec{OM}(0) = \vec{0}) conduit aux équations horaires :

\boxed{ \begin{cases} x(t) = 0 \\ y(t) = (v_0 \cos\theta_0)\,t \\ z(t) = -\dfrac{1}{2}gt^2 + (v_0 \sin\theta_0)\,t \end{cases} }

Puisque pour tout instant t, x(t) = 0, le projectile reste confiné dans le plan défini par le point O et les vecteurs \vec{u}_y et \vec{u}_z. Le mouvement est donc rigoureusement plan, dans le plan vertical (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z).

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de la trajectoire, parabole

Établir l'équation de la trajectoire. Quelle est la forme de la trajectoire ? Est-elle symétrique ?

Voir l'indice

Exprimer le temps t en fonction de la coordonnée horizontale y, puis substituer dans z(t) pour obtenir la parabole de tir.

Voir la réponse courte

Élimination du temps pour obtenir l'équation cartésienne de la parabole, symétrique par rapport à la verticale passant par son sommet.

Voir le corrigé complet

D'après les équations horaires établies à la question 2, pour \theta_0 \neq \frac{\pi}{2}, on a :

t = \frac{y}{v_0 \cos\theta_0}

En reportant cette expression dans la cote z(t), on obtient l'équation cartésienne de la trajectoire :

\begin{aligned} z(y) &= -\frac{1}{2}g \left(\frac{y}{v_0 \cos\theta_0}\right)^2 + v_0 \sin\theta_0 \left(\frac{y}{v_0 \cos\theta_0}\right) \\ &= -\frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} y^2 + y \tan\theta_0 \end{aligned}
\boxed{z(y) = -\frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} y^2 + y \tan\theta_0}

Forme de la trajectoire : l'équation z(y) est un polynôme du second degré en y dont le coefficient dominant est strictement négatif (-\frac{g}{2v_0^2\cos^2\theta_0} < 0). La trajectoire est donc une parabole située dans le plan vertical (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z), de concavité orientée vers les z décroissants et d'axe vertical.

Symétrie : la trajectoire est symétrique par rapport à la droite verticale passant par son sommet S. En effet, en mettant le trinôme sous forme canonique :

z(y) = -\frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} (y - y_S)^2 + z_S \quad \text{avec} \quad y_S = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g}

la fonction vérifie la parité z(y_S - \Delta y) = z(y_S + \Delta y).

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : portée, sommet de trajectoire

Déterminer les coordonnées du sommet de la trajectoire. Définir la portée du tir et établir son expression. Quel est l'angle assurant un tir de portée maximale ?

Voir l'indice

Le sommet s'obtient pour une vitesse verticale nulle ; la portée correspond à la seconde racine de z(y)=0. Utiliser la formule \sin(2\theta_0) \le 1.

Voir la stratégie
  1. Au sommet S de la trajectoire, la composante verticale de la vitesse s'annule : on en déduit l'instant t_S, puis les coordonnées (x_S, y_S, z_S).
  2. La portée correspond à l'abscisse du projectile lorsqu'il retombe au sol (z=0 pour t>0).
  3. L'angle \theta_0 optimal s'obtient directement en maximisant la fonction trigonométrique intervenant dans l'expression de la portée.
Voir la réponse courte

Calcul du sommet pour v_y=0 et de la portée \ell = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{g} pour y=0, maximale à \theta_0 = 45^\circ.

Voir le corrigé complet

1. Coordonnées du sommet S :

Le sommet S est le point d'altitude maximale de la trajectoire, atteint lorsque la vitesse verticale s'annule :

v_z(t_S) = \dot{z}(t_S) = -g t_S + v_0 \sin\theta_0 = 0 \implies t_S = \frac{v_0 \sin\theta_0}{g}.

En injectant t_S dans les équations horaires établies à la question 2 :

\begin{aligned} x_S &= 0, \\ y_S &= v_0 \cos\theta_0 \left(\frac{v_0 \sin\theta_0}{g}\right) = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g}, \\ z_S &= -\frac{1}{2}g \left(\frac{v_0 \sin\theta_0}{g}\right)^2 + v_0 \sin\theta_0 \left(\frac{v_0 \sin\theta_0}{g}\right) = \frac{v_0^2 \sin^2\theta_0}{2g}. \end{aligned}

Les coordonnées du sommet sont donc :

\boxed{S\left(0\,;\; \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g}\,;\; \frac{v_0^2 \sin^2\theta_0}{2g}\right)}

2. Définition et expression de la portée \ell :

La portée \ell est la distance horizontale parcourue par le projectile entre son point de tir O et son point de retombée au sol (z = 0 avec t > 0) : \ell = y(t_\text{sol}).

L'instant de retombée t_\text{sol} > 0 vérifie :

z(t_\text{sol}) = t_\text{sol} \left(-\frac{1}{2}gt_\text{sol} + v_0 \sin\theta_0\right) = 0 \implies t_\text{sol} = \frac{2v_0 \sin\theta_0}{g} = 2 t_S.

On en déduit l'expression de la portée :

\ell = y(t_\text{sol}) = v_0 \cos\theta_0 \, t_\text{sol} = 2 y_S
\boxed{\ell = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{g}}

3. Angle \theta_0 de portée maximale :

Pour une vitesse initiale v_0 fixée, la portée \ell est proportionnelle à \sin(2\theta_0). Pour un angle de tir \theta_0 \in \left[0, \frac{\pi}{2}\right], le terme \sin(2\theta_0) est maximal et vaut 1 lorsque :

2\theta_0 = \frac{\pi}{2} \implies \boxed{\theta_0 = \frac{\pi}{4} = 45^\circ}

La portée maximale atteignable vaut alors \ell_\text{max} = \frac{v_0^2}{g}.

Résultat

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I.B · Tir d'un projectile avec frottements

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, frottement fluide

Quelle est la dimension du coefficient ? Définir à partir de un temps caractéristique . Le mouvement reste-t-il plan ?

Voir l'indice

Effectuer l'analyse dimensionnelle de la force \vec{f} = -\alpha\vec{v} et poser \tau = m/\alpha par homogénéité temporelle de l'équation différentielle.

Voir la réponse courte

[\alpha] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1} et temps caractéristique \tau = m/\alpha ; les forces restant dans le plan initial, le mouvement demeure plan.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de frottement fluide \vec{f} = -\alpha \vec{v}, les dimensions vérifient :

[\alpha] = \frac{[f]}{[v]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}

Le coefficient \alpha a donc pour dimension :

\boxed{[\alpha] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}}

Son unité dans le Système international est le \mathrm{kg}\cdot\mathrm{s}^{-1}.

En appliquant la deuxième loi de Newton au projectile de masse m dans le référentiel terrestre galiléen :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\vec{g} - \alpha \vec{v} \iff \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{\alpha}{m}\vec{v} = \vec{g}

Le terme \alpha/m est homogène à l'inverse d'un temps, ce qui permet de définir le temps caractéristique :

\boxed{\tau = \frac{m}{\alpha}}

Projetons l'équation du mouvement sur l'axe horizontal (Ox) orthogonal au plan de tir (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) :

\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}t} + \frac{v_x}{\tau} = 0 \implies v_x(t) = v_x(0)\,\mathrm{e}^{-t/\tau}

Or, le vecteur vitesse initiale appartient au plan (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z), donc v_x(0) = 0, d'où v_x(t) = 0 pour tout t \geqslant 0.

Comme la position initiale est l'origine O (x(0) = 0), on en déduit :

x(t) = 0 \quad \forall t \geqslant 0

\boxed{\text{\text{Le mouvement reste plan dans le plan }(O, \vec{u}_y, \vec{u}_z).}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : frottement fluide, équation horaire

Établir, en fonction , , , et , les nouvelles équations horaires du mouvement.

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Résoudre les deux équations différentielles du premier ordre indépendantes sur les composantes de la vitesse, puis intégrer avec les conditions initiales en O.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au projectile dans le référentiel d'étude pour obtenir l'équation différentielle vectorielle du mouvement.
  2. Projeter selon les directions horizontale \vec{u}_y et verticale \vec{u}_z afin de découpler la vitesse en deux équations différentielles linéaires d'ordre 1 à coefficients constants.
  3. Intégrer les équations de vitesse compte tenu des conditions initiales, puis intégrer une seconde fois pour déterminer les équations horaires de position.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle linéaire d'ordre un sur la vitesse puis calcul des positions en 1 - e^{-t/\tau}.

Voir le corrigé complet

On étudie le projectile de masse m dans le référentiel terrestre supposé galiléen, repéré par la base orthonormée directe (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z). Le système est soumis à :

  • son poids : \vec{P} = -mg\,\vec{u}_z ;
  • la force de frottement fluide : \vec{f} = -\alpha \vec{v} = -\frac{m}{\tau}\vec{v}.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -mg\,\vec{u}_z - \frac{m}{\tau}\vec{v} \iff \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}\vec{v} = -g\,\vec{u}_z

À t = 0, les conditions initiales sont :

\vec{OM}(0) = \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{v}(0) = v_0\cos\theta_0\,\vec{u}_y + v_0\sin\theta_0\,\vec{u}_z

1. Mouvement selon \vec{u}_x : L'absence de force et de vitesse initiale selon \vec{u}_x confirme que le mouvement est confiné au plan vertical (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) :

x(t) = 0

2. Mouvement selon \vec{u}_y : L'équation différentielle projetée s'écrit :

\frac{\mathrm{d}v_y}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}v_y = 0

Avec v_y(0) = v_0\cos\theta_0, la composante de la vitesse vaut :

v_y(t) = v_0\cos\theta_0\,e^{-t/\tau}

Sachant que y(0) = 0, on intègre entre 0 et t :

y(t) = \int_0^t v_y(t')\,\mathrm{d}t' = v_0\tau\cos\theta_0\left(1 - e^{-t/\tau}\right)

3. Mouvement selon \vec{u}_z : L'équation différentielle projetée s'écrit :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}v_z = -g

La solution générale est de la forme v_z(t) = A\,e^{-t/\tau} - g\tau, où la constante d'intégration A est fixée par v_z(0) = v_0\sin\theta_0 :

A = v_0\sin\theta_0 + g\tau \implies v_z(t) = \left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)e^{-t/\tau} - g\tau

Sachant que z(0) = 0, on intègre entre 0 et t :

\begin{aligned} z(t) &= \int_0^t v_z(t')\,\mathrm{d}t' = \left[-\tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)e^{-t'/\tau} - g\tau t'\right]_0^t \\ &= \tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)\left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{aligned}

Les équations horaires du mouvement s'écrivent ainsi :

\boxed{\begin{cases} x(t) = 0 \\ y(t) = v_0\tau\cos\theta_0\left(1 - e^{-t/\tau}\right) \\ z(t) = \tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)\left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{cases}}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, frottement fluide

Dans la situation où , simplifier les équations horaires de la trajectoire et donner l'allure du mouvement.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité de la fonction exponentielle e^{-t/\tau} à l'ordre adapté (ordre 1 pour la vitesse, ordre 2 pour l'altitude).

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité au voisinage de t=0 de l'exponentielle e^{-t/\tau} intervenant dans les équations horaires obtenues à la question Q6.
  2. Conserver l'ordre dominant non nul pour chaque coordonnée en tenant compte de la compensation des termes d'ordre 1 en t sur l'axe vertical.
  3. Identifier le régime obtenu et en déduire l'allure de la trajectoire.
Voir la réponse courte

Développement limité des exponentielles pour t \ll \tau à l'ordre pertinent, retrouvant le tir parabolique sans frottement.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, les équations horaires du mouvement sont :

\begin{aligned} y(t) &= v_0\tau\cos\theta_0 \left(1 - e^{-t/\tau}\right) \\ z(t) &= \tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)\left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{aligned}

Pour t \ll \tau, soit \frac{t}{\tau} \ll 1, effectuons un développement limité de l'exponentielle à l'ordre 2 :

e^{-t/\tau} = 1 - \frac{t}{\tau} + \frac{1}{2}\left(\frac{t}{\tau}\right)^2 + o\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)

d'où :

1 - e^{-t/\tau} = \frac{t}{\tau} - \frac{t^2}{2\tau^2} + o\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)

1. Équation horaire selon \vec{u}_y :

y(t) = v_0\tau\cos\theta_0 \left(\frac{t}{\tau} - \frac{t^2}{2\tau^2} + o\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)\right) = (v_0\cos\theta_0)\,t + \mathcal{O}\left(\frac{t^2}{\tau}\right)

Au premier ordre non nul en t/\tau :

\boxed{y(t) \approx (v_0\cos\theta_0)\,t}

2. Équation horaire selon \vec{u}_z : Injectons le développement limité à l'ordre 2 :

\begin{aligned} z(t) &= \tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)\left(\frac{t}{\tau} - \frac{t^2}{2\tau^2} + o\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)\right) - g\tau t \\ &= (v_0\sin\theta_0)\,t + g\tau t - \frac{1}{2}g t^2 - \frac{v_0\sin\theta_0}{2\tau}t^2 - g\tau t + o\left(t^2\right) \end{aligned}

Les termes en g\tau t se compensent exactement. En négligeant le terme correctif \frac{v_0\sin\theta_0}{2\tau}t^2 = (v_0\sin\theta_0\,t)\times \mathcal{O}\left(\frac{t}{\tau}\right) devant le terme linéaire, il reste :

\boxed{z(t) \approx (v_0\sin\theta_0)\,t - \frac{1}{2}g t^2}

3. Allure du mouvement : En éliminant le temps t \approx \frac{y}{v_0\cos\theta_0}, on retrouve l'équation de la trajectoire sans frottement de la question Q3 :

z(y) \approx -\frac{g}{2v_0^2\cos^2\theta_0}\,y^2 + y\tan\theta_0

Pour des temps courts devant le temps caractéristique \tau, la force de frottement fluide a un effet cumulé négligeable : le mouvement est parabolique, identique à celui du tir dans le vide.

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse limite, asymptote

Dans la situation où , simplifier les équations horaires du mouvement en faisant apparaitre une vitesse limite . Où retombe le projectile ?

Voir l'indice

Faire tendre le terme exponentiel vers zéro pour t \gg \tau et identifier la vitesse limite verticale de chute v_\infty = g\tau.

Voir la stratégie
  1. Prendre la limite t \gg \tau dans les équations horaires établies à la question Q6 en négligeant le terme exponentiel e^{-t/\tau}.
  2. Identifier la vitesse limite verticale v_\infty et exprimer les équations horaires sous forme simplifiée.
  3. Déterminer la position d'impact au sol en analysant la valeur prise par l'abscisse y dans ce régime asymptotique.
Voir la réponse courte

Vitesse limite verticale v_\infty = g\tau et asymptote verticale d'abscisse x_\infty = v_0\tau\cos\theta_0 où retombe le projectile.

Voir le corrigé complet

D'après les équations horaires obtenues à la question Q6, on a :

\begin{aligned} y(t) &= v_0\tau\cos\theta_0 \left(1 - e^{-t/\tau}\right) \\ z(t) &= \tau\left(v_0\sin\theta_0 + g\tau\right)\left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{aligned}

Pour t \gg \tau, on a e^{-t/\tau} \to 0. La vitesse s'écrit alors :

\begin{aligned} v_y(t) &= v_0\cos\theta_0\,e^{-t/\tau} \underset{t \gg \tau}{\longrightarrow} 0 \\ v_z(t) &= (v_0\sin\theta_0 + g\tau)e^{-t/\tau} - g\tau \underset{t \gg \tau}{\longrightarrow} -g\tau \end{aligned}

Le vecteur vitesse tend vers une vitesse limite purement verticale descendante :

\vec{v}_\infty = -v_\infty\,\vec{u}_z \quad \text{avec} \quad \boxed{v_\infty = g\tau}

En injectant v_\infty et en négligeant e^{-t/\tau}, les équations horaires se simplifient en :

\boxed{\begin{cases} y(t) \approx v_0\tau\cos\theta_0 \\ z(t) \approx -v_\infty t + \tau\left(v_0\sin\theta_0 + v_\infty\right) \end{cases}}

Point de chute du projectile :
Pour t \gg \tau, le mouvement est une chute verticale uniforme à la vitesse v_\infty le long de l'asymptote d'abscisse y_\infty = v_0\tau\cos\theta_0. Dès lors, si le projectile ne touche le sol qu'à un instant t^* \gg \tau, il retombe en :

\boxed{y(t^*) \approx v_0\tau\cos\theta_0}

Comme 1 - e^{-t/\tau} < 1 pour tout t > 0, l'abscisse vérifie y(t) < v_0\tau\cos\theta_0 : le projectile retombe donc toujours strictement en deçà de cette abscisse limite.

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : trajectoire, frottement fluide

Déduire des résultats précédents, l'allure globale de la trajectoire dans une situation où le temps de vol est grand devant , en séparant la trajectoire en trois phases.

Voir l'indice

Décomposer la trajectoire : régime balistique parabolique initial, transition courbée sous l'action du freinage, puis asymptote verticale de chute rectiligne uniforme.

Voir la stratégie

Pour décrire l'allure globale de la trajectoire lorsque le temps de vol t^* est grand devant le temps caractéristique \tau (t^* \gg \tau), on décompose l'évolution temporelle en trois régimes successifs en exploitant les comportements établis aux questions précédentes :

  1. le régime initial pour t \ll \tau, dominé par les conditions initiales et la pesanteur (étudié à la question Q7) ;
  2. le régime intermédiaire pour t \sim \tau, où l'amortissement visqueux infléchit la trajectoire et fait culminer le projectile ;
  3. le régime asymptotique pour t \gg \tau, dominé par la vitesse limite de chute verticale (étudié à la question Q8).
Voir la réponse courte

Tracé de la courbe dissymétrique distinguant la phase parabolique initiale, l'arrondi du sommet et la chute quasi verticale le long de l'asymptote.

Voir le corrigé complet

Lorsque le temps de séjour en l'air est très grand devant \tau, le mouvement se décompose en trois phases distinctes :

  1. Phase initiale (t \ll \tau) : régime quasi-balistique parabolique
    D'après la question Q7, l'effet de la force de frottement est négligeable devant l'inertie du projectile. La trajectoire est quasi identique à la parabole du tir sans frottement :

    y(t) \simeq (v_0 \cos\theta_0)\,t \quad \text{et} \quad z(t) \simeq (v_0 \sin\theta_0)\,t - \frac{1}{2}gt^2

    Le projectile s'élève rapidement avec une vitesse tangentielle proche de \vec{v}_0.

  2. Phase intermédiaire (t \sim \tau) : transition et sommet de la trajectoire
    La force de frottement ralentit significativement le mobile selon les deux axes. La composante horizontale v_y(t) = v_0\cos\theta_0\,e^{-t/\tau} chute de manière exponentielle, réduisant la progression en y. La composante verticale s'annule à un instant t_S, marquant le sommet S de la trajectoire. Contrairement au cas sans frottement, la trajectoire perd sa symétrie : la courbure s'accentue après le sommet et le projectile plonge plus abruptement qu'il n'est monté.
  3. Phase asymptotique (t \gg \tau) : chute rectiligne quasi-verticale
    D'après la question Q8, la vitesse horizontale s'est presque totalement amortie (v_y \approx 0). Le projectile s'approche de l'asymptote verticale d'équation :

    y = y_\infty = v_0 \tau \cos\theta_0

    Le mouvement selon z devient un mouvement rectiligne uniforme descendant à la vitesse limite v_\infty = g\tau :

    z(t) \approx -v_\infty t + \tau(v_0\sin\theta_0 + v_\infty)

    Le projectile retombe ainsi sur le sol au point d'abscisse y_{\text{sol}} \approx v_0\tau\cos\theta_0 selon une trajectoire pratiquement verticale.

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : trajectoire, frottement fluide

Tracer l'allure de la trajectoire pour un temps de vol de l'ordre de .

Voir l'indice

Tracer une trajectoire dissymétrique dont la concavité est plus resserrée en phase descendante qu'en phase ascendante sans atteindre la verticale stricte.

Voir la stratégie

Pour représenter fidèlement la trajectoire lorsque le temps de vol t^* est de l'ordre du temps caractéristique \tau (t^* \sim \tau) :

  1. Identifier les caractéristiques aux limites : pente initiale fixée par le vecteur vitesse \vec{v}_0 (\tan\theta_0) et vitesse horizontale résiduelle non nulle à l'impact (v_y(t^*) = v_0\cos\theta_0\,\mathrm{e}^{-t^*/\tau} \neq 0).
  2. Comparer qualitativement à la parabole sans frottement (portée et hauteur maximale plus faibles, dissymétrie marquée).
  3. Noter que la chute n'est pas encore verticale, contrairement au cas d'un vol long t^* \gg \tau étudié aux questions précédentes.
Voir la réponse courte

Allure d'une trajectoire parabolique légèrement déformée vers l'avant, la force de frottement n'ayant pas encore saturé le mouvement.

Voir le corrigé complet

Lorsque la durée du vol est de l'ordre de grandeur de \tau (t^* \sim \tau) :

  • Conditions initiales : le mobile part de l'origine O avec une tangente faisant l'angle \theta_0 avec l'horizontale.
  • Dissymétrie : au fur et à mesure du vol, le frottement fluide dissipe l'énergie cinétique et réduit la composante horizontale de la vitesse selon v_y(t) = v_0 \cos\theta_0\,\mathrm{e}^{-t/\tau}. Par conséquent, le sommet S de la trajectoire est décalé vers la gauche par rapport au milieu de la portée (y_S < \frac{\ell}{2}), et la branche descendante est plus raide que la branche ascendante.
  • Impact au sol : pour t \sim \tau, la vitesse horizontale n'est pas nulle (v_y(t^*) \approx \frac{v_0\cos\theta_0}{\mathrm{e}} \approx 0{,}37\,v_0\cos\theta_0). Le projectile n'atteint pas l'asymptote verticale y = v_0\tau\cos\theta_0 : l'angle d'impact avec le sol est simplement plus incliné que l'angle d'émission \theta_0.
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I.C · La portée maximale d'un tir avec frottement

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fonction réciproque, fonction w de lambert

Dresser le tableau de variation de la fonction et déterminer la valeur de son minimum global. La fonction W de LAMBERT est définie comme étant la fonction réciproque de sur . Reproduire le graphe de représenté sur la partie gauche de la figure 2 et expliquer comment en déduire l'allure de W représenté sur la partie droite.

Voir l'indice

Calculer T'(\chi) = (1+\chi)e^\chi, en déduire le minimum atteint en \chi = -1, et utiliser la symétrie axiale par rapport à la première bissectrice.

Voir la stratégie
  1. Étudier la fonction T par dérivation, déterminer le minimum global ainsi que les limites en \pm\infty, puis consigner ces résultats dans un tableau de variations.
  2. Tracer l'allure de la courbe de T conformément à la figure 2 du sujet, puis expliciter la transformation géométrique (symétrie axiale par rapport à la première bissectrice) permettant d'obtenir le graphe de la fonction réciproque W.
Voir la réponse courte

Dérivée de T(\chi), minimum \beta = -1/e en \chi = -1, puis tracé de \mathrm{W} par symétrie axiale par rapport à la première bissectrice.

Voir le corrigé complet

1. Tableau de variation de la fonction T et minimum global

La fonction T : \chi \mapsto \chi e^\chi est définie et dérivable sur \mathbb{R}. Sa dérivée s'écrit :

T'(\chi) = e^\chi + \chi e^\chi = (1+\chi)e^\chi

L'exponentielle étant strictement positive sur \mathbb{R}, le signe de T'(\chi) est celui de 1+\chi :

  • pour \chi < -1, T'(\chi) < 0, donc T est strictement décroissante ;
  • pour \chi = -1, T'(-1) = 0 ;
  • pour \chi > -1, T'(\chi) > 0, donc T est strictement croissante.

Aux bornes du domaine :

  • par croissances comparées, \lim_{\chi \to -\infty} T(\chi) = \lim_{\chi \to -\infty} \chi e^\chi = 0^- ;
  • par produit de limites, \lim_{\chi \to +\infty} T(\chi) = +\infty.

La fonction T admet donc un minimum global strict en \chi = -1, dont la valeur vaut :

\boxed{\beta = T(-1) = -e^{-1} = -\frac{1}{e} \approx -0{,}368}

On en déduit le tableau de variation de T :

\chi-\infty-1+\infty
T'(\chi)-0+
0+\infty
T(\chi)\searrow\nearrow
\beta = -1/e

2. Graphe de T et obtention du graphe de W

Sur l'intervalle [-1, +\infty[, la fonction T est continue et strictement croissante. D'après le théorème de la bijection, elle réalise un homéomorphisme de [-1, +\infty[ sur son image [\beta, +\infty[ = [-1/e, +\infty[. Sa fonction réciproque (appelée branche principale de la fonction W de Lambert), notée W, est donc définie sur [-1/e, +\infty[ à valeurs dans [-1, +\infty[.

Dans un repère orthonormé, la courbe représentative d'une fonction réciproque s'obtient par symétrie axiale par rapport à la première bissectrice d'équation y = \chi. Pour obtenir le graphe de W à partir de la branche de T pour \chi \ge -1 :

  • on échange les axes (l'abscisse devient l'ordonnée et réciproquement) ;
  • le point du minimum (-1, \beta) de tangente horizontale devient pour W le point (\beta, -1) où la tangente est verticale (W'(\beta) \to +\infty) ;
  • l'origine (0,0) est un point invariant, de pente W'(0) = 1/T'(0) = 1 ;
  • le point (1, e) pour T devient le point (e, 1) pour W.

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : méthode d'euler, python, fonction w de lambert

On peut montrer que : . Quelle est la valeur de ? On souhaite appliquer le schéma d'EULER explicite avec un pas pour résoudre cette équation différentielle. Donner le code python permettant d'obtenir une représentation graphique de sur l'intervalle .

Voir l'indice

Dériver par rapport à \chi la relation de définition W(\chi)e^{W(\chi)} = \chi et évaluer en \chi=0 en remarquant que T(0)=0.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la définition de la fonction \mathrm{W} comme bijection réciproque de T(\chi) = \chi e^\chi sur [-1/e, +\infty[ pour déterminer \mathrm{W}(0).
  2. Exprimer la dérivée sous la forme explicite \mathrm{W}'(\chi) = f(\chi, \mathrm{W}(\chi)).
  3. Implémenter le schéma d'Euler explicite \mathrm{W}_{k+1} = \mathrm{W}_k + h\,f(\chi_k, \mathrm{W}_k) en Python, puis afficher la courbe à l'aide de la bibliothèque matplotlib.pyplot.
Voir la réponse courte

\mathrm{W}(0)=0 ; écriture de la boucle de résolution numérique par la méthode d'Euler explicite et tracé avec la bibliothèque matplotlib.

Voir le corrigé complet

Par définition, la fonction \mathrm{W} de Lambert est la bijection réciproque de T : \chi \mapsto \chi e^\chi sur l'intervalle [-1/e, +\infty[. Comme T(0) = 0 \times e^0 = 0, on en déduit immédiatement :

\boxed{\mathrm{W}(0) = 0}

L'équation différentielle fournie se réécrit sous forme résolue en \mathrm{W}'(\chi) :

\mathrm{W}'(\chi) = \frac{1}{\chi + \exp(\mathrm{W}(\chi))}

Le schéma d'Euler explicite avec un pas h = 0{,}0001 s'écrit, en notant \chi_k = k h et \mathrm{W}_k \approx \mathrm{W}(\chi_k) :

\mathrm{W}_{k+1} = \mathrm{W}_k + \frac{h}{\chi_k + \exp(\mathrm{W}_k)}

avec la condition initiale \mathrm{W}_0 = 0 pour \chi_0 = 0.

Le code Python suivant permet de réaliser cette intégration numérique et de tracer \mathrm{W}(\chi) sur [0 ; 2{,}5[ :

import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

# Parametres de la discretisation
h = 0.0001
chi = np.arange(0.0, 2.5, h)
N = len(chi)

# Initialisation du tableau des valeurs de W
W = np.zeros(N)
W[0] = 0.0  # Condition initiale W(0) = 0

# Schema d'Euler explicite
for k in range(N - 1):
    W[k + 1] = W[k] + h / (chi[k] + np.exp(W[k]))

# Trace de la fonction W(chi)
plt.figure()
plt.plot(chi, W, label="W(chi)")
plt.xlabel("chi")
plt.ylabel("W(chi)")
plt.title("Trace de la fonction W de Lambert (Euler explicite)")
plt.grid(True)
plt.show()

Résultat

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : portée, fonction w de lambert

En déduire à quel instant le projectile touche le sol. On posera .

Voir l'indice

Écrire la condition z(t^*) = 0 sous la forme canonique at + b + c e^{dt} = 0 pour identifier immédiatement les constantes du problème.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'impact avec le sol, z(t^*) = 0, à partir de l'équation horaire z(t) établie à la question Q6.
  2. Identifier les coefficients de cette équation avec la forme standard at + b + c e^{dt} = 0 fournie par l'énoncé.
  3. Exprimer les différents groupements en fonction de la variable adimensionnée u pour obtenir l'expression de t^*.
Voir la réponse courte

Équation transcendante y(t^*) = 0 ramenée sous forme adimensionnée et inversée à l'aide de la fonction \mathrm{W} de Lambert.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, l'altitude du projectile est donnée pour tout instant t \geqslant 0 par :

z(t) = \tau(v_0 \sin\theta_0 + g\tau)\left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t

Le projectile touche le sol à un instant t^* > 0 tel que z(t^*) = 0, soit :

-g\tau\, t^* + \tau(v_0 \sin\theta_0 + g\tau) - \tau(v_0 \sin\theta_0 + g\tau)\, e^{-t^*/\tau} = 0

Cette équation est de la forme a t^* + b + c e^{d t^*} = 0, où l'on identifie :

a = -g\tau, \qquad b = \tau(v_0 \sin\theta_0 + g\tau), \qquad c = -b, \qquad d = -\frac{1}{\tau}

Ces grandeurs vérifient bien ad = g \neq 0. Exprimons les termes intervenant dans la formule de résolution :

\begin{aligned} -\frac{b}{a} &= \frac{\tau(v_0 \sin\theta_0 + g\tau)}{g\tau} = \tau\left(1 + \frac{v_0 \sin\theta_0}{g\tau}\right) = -\tau u \\ -\frac{1}{d} &= \tau \end{aligned}

où l'on a posé conformément à l'énoncé :

u = -\left(1 + \frac{v_0 \sin\theta_0}{g\tau}\right)

Calculons l'argument de la fonction \mathrm{W} de Lambert :

\begin{aligned} -\frac{bd}{a} &= \left(-\frac{b}{a}\right) d = (-\tau u)\left(-\frac{1}{\tau}\right) = u \\ \frac{cd}{a} &= -\frac{b}{a}\, d = u \end{aligned}

Il vient ainsi :

\frac{cd}{a}\exp\left(-\frac{bd}{a}\right) = u\, e^u

En appliquant la relation fournie par l'énoncé, l'instant de retombée s'écrit :

t^* = -\frac{b}{a} - \frac{1}{d}\,\mathrm{W}\left(\frac{cd}{a}\exp\left(-\frac{bd}{a}\right)\right) = -\tau u + \tau\,\mathrm{W}\left(u e^u\right)

soit finalement :

\boxed{t^* = \tau\left(\mathrm{W}\left(u e^u\right) - u\right)}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : portée, fonction w de lambert

On rappelle que par définition où est la fonction identité : . En déduire que la portée est donnée par .

Voir l'indice

Substituer t^* dans l'expression de l'abscisse y(t^*) et utiliser l'identité e^{-t^*/\tau} = e^u e^{-W(u e^u)} = \frac{W(u e^u)}{u}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la portée \ell = y(t^*) à l'aide de l'équation horaire y(t) établie à la question 6.
  2. Remplacer t^* par son expression obtenue à la question 13 : t^* = \tau \left(\mathrm{W}(u e^u) - u\right).
  3. Utiliser la propriété caractéristique de la fonction W de Lambert, \mathrm{W}(X) e^{\mathrm{W}(X)} = X avec X = u e^u, pour simplifier le terme exponentiel e^{-t^*/\tau}.
Voir la réponse courte

Remplacement de t^* dans x(t) et simplification grâce à l'identité fondamentale \mathrm{W}(X)e^{\mathrm{W}(X)} = X avec X = ue^u.

Voir le corrigé complet

La portée \ell est l'abscisse du point de chute du projectile au sol à l'instant t^* > 0. D'après l'équation horaire y(t) obtenue à la question 6, on a :

\ell = y(t^*) = \tau v_0 \cos\theta_0 \left(1 - e^{-t^*/\tau}\right)

D'après le résultat de la question 13, l'instant d'impact s'écrit :

t^* = \tau \left[\mathrm{W}\left(u e^u\right) - u\right] \implies -\frac{t^*}{\tau} = u - \mathrm{W}\left(u e^u\right)

On en déduit l'expression du terme exponentiel :

e^{-t^*/\tau} = \exp\left(u - \mathrm{W}\left(u e^u\right)\right) = \frac{e^u}{\exp\left(\mathrm{W}\left(u e^u\right)\right)}

Par définition de la fonction \mathrm{W} de Lambert, pour tout X \in [-\frac{1}{e}, +\infty[, on a \mathrm{W}(X) e^{\mathrm{W}(X)} = X, soit :

\exp\left(\mathrm{W}(X)\right) = \frac{X}{\mathrm{W}(X)}

En appliquant cette relation à X = u e^u (où u < -1), il vient :

\exp\left(\mathrm{W}\left(u e^u\right)\right) = \frac{u e^u}{\mathrm{W}\left(u e^u\right)}

On reporte cette expression dans le calcul de l'exponentielle :

e^{-t^*/\tau} = \frac{e^u}{\dfrac{u e^u}{\mathrm{W}\left(u e^u\right)}} = \frac{\mathrm{W}\left(u e^u\right)}{u}

En substituant ce terme dans l'expression de \ell, on aboutit directement à :

\boxed{\ell = \tau v_0 \cos\theta_0 \left(1 - \frac{\mathrm{W}\left(u e^u\right)}{u}\right)}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : portée, optimisation

À l'aide de la figure 2, déterminer la valeur numérique de l'angle assurant la portée maximale pour , et .

Voir l'indice

Calculer la valeur du rapport \gamma = v_0 / (g\tau), puis déterminer l'argument du terme de Lambert et effectuer la lecture graphique sur la figure 2.

Voir la stratégie
  1. Calculer la vitesse limite v_\infty = g\tau puis le rapport adimensionné \gamma = v_0 / v_\infty.
  2. Évaluer l'argument de la fonction de Lambert \chi = \frac{\gamma^2 - 1}{e} et lire \mathrm{W}(\chi) sur la figure 2.
  3. Injecter ces grandeurs dans l'expression de \sin\theta_{\max} donnée à la question précédente et en déduire la valeur de \theta_{\max}.
Voir la réponse courte

Calcul du paramètre adimensionné associé et lecture graphique de l'angle optimal sur l'abaque fourni, conduisant à environ 39^\circ.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, la vitesse limite de chute verticale s'écrit :

v_\infty = g\tau = 9{,}8 \times 0{,}4 = 3{,}92\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Le paramètre adimensionné \gamma vaut donc :

\gamma = \frac{v_0}{v_\infty} = \frac{10}{3{,}92} \approx 2{,}55

On en déduit :

\gamma^2 \approx 6{,}50 \quad \Longrightarrow \quad \gamma^2 - 1 \approx 5{,}50

Avec e \approx 2{,}72, l'argument de la fonction de Lambert vaut :

\frac{\gamma^2 - 1}{e} \approx \frac{5{,}50}{2{,}72} \approx 2{,}02 \approx 2{,}0

Par lecture graphique sur la partie droite de la figure 2 (ou en cherchant l'antécédent de 2 par T sur la courbe de gauche car T(\mathrm{W}(2)) = 2), pour \chi = 2, on lit :

\mathrm{W}(2) \approx 0{,}85

Comme \gamma \neq 1, l'expression de l'angle assurant la portée maximale fournie par l'énoncé donne :

\begin{aligned} \sin\theta_{\max} &= \frac{\gamma\,\mathrm{W}\left(\frac{\gamma^2 - 1}{e}\right)}{\gamma^2 - 1 - \mathrm{W}\left(\frac{\gamma^2 - 1}{e}\right)} \\ &\approx \frac{2{,}55 \times 0{,}85}{5{,}50 - 0{,}85} = \frac{2{,}17}{4{,}65} \approx 0{,}47 \end{aligned}

Sachant que \sin(30^\circ) = 0{,}50 et \sin(28^\circ) \approx 0{,}47, on obtient :

\boxed{\theta_{\max} \approx 28^\circ}

Une estimation approchée à 30^\circ est également tout à fait recevable en l'absence de calculatrice.

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Cinématique et dynamique du point (49 % des questions, partie I), Diffusion thermique et diffusion de particules (28 %, partie III) et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (16 %, partie II). Plus ponctuellement : Changements d'état du corps pur.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 dès la première année (MP2I ou MPSI) ?

En partie : 25 questions sur 34 (74 %) ne demandent que le programme de MP2I ou MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q15) et la partie II en entier (Q16 à Q22), ainsi que Q23, Q30 et Q33. Avec les autres programmes de première année : 25 en PCSI, 25 en PTSI, 25 en TSI1 et 26 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 ?

Environ 2 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q13 (portée) et Q32 (problème de stefan).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 ?

Questions de cours : Q1 (référentiel galiléen), Q22 (cycloïde), Q23 (diffusion thermique), Q24 (loi de fourier) et Q33 (méthode de dichotomie). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (principe fondamental de la dynamique), Q3 (équation de la trajectoire), Q4 (portée), Q6 (frottement fluide), Q16 (pendule simple), Q17 (petite oscillation), Q18 (pendule simple), Q25 (équation de diffusion)….

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (22 sur 34), par exemple : Q1 à Q5, Q7 à Q11, Q15 à Q17, Q19 à Q24, Q26, Q30 et Q33. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q14, Q18, Q25, Q27 à Q29, Q31 et Q32.

Le sujet Mines-Ponts Physique 1 MPI 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury a été surpris de trouver la première partie très sélective, la résolution des équations différentielles avec conditions aux limites ayant particulièrement trié les candidats. Moyenne : 10,99/20 (écart-type 3,81, 664 présents).

Faut-il connaître les fonctions spéciales pour aborder ce sujet ?

Non : la fonction W de Lambert, l'intégrale elliptique et la fonction d'erreur erf ne sont pas au programme. L'énoncé fournit l'ensemble de leurs définitions, propriétés utiles et représentations graphiques. Seules les compétences classiques d'intégration, de dérivation et de résolution d'équations différentielles sont requises.

Que faire si l'on bloque sur le calcul de l'instant d'impact en Q13 ?

Passer à la suite en admettant l'expression obtenue. La question Q14 explicite la relation fondamentale de la fonction W de Lambert et donne directement la formule de la portée \ell, ce qui rend possible l'exploitation graphique demandée en Q15.

Où je me situe, question par question

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