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Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2025

Exosquelette actif et instabilité d'ondulation d'un cristal liquide

Le sujet en bref

Sujet difficile · Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Mécanique du solide, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire · 11 incontournables · 32 questions de première année
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Ce sujet original de l'épreuve de Physique et Sciences de l'Ingénieur du concours X (filière MP) articule deux problématiques indépendantes d'une grande richesse technique. La première partie, dédiée aux sciences industrielles, s'intéresse à la modélisation dynamique et à la synthèse de commande de l'exosquelette de rééducation du bras ABLE (conçu par le CEA LIST). L'asservissement en cascade (vitesse puis position) est dimensionné avec rigueur par compensation de pôle et analyse des marges de stabilité. La seconde partie, purement physique, étudie deux instabilités mécaniques analogues : tout d'abord le flambement d'une structure élastique modèle sous compression axiale (analogue discret du flambement d'Euler), puis la transition d'ondulation de couches smectiques A soumises à une extension d'épaisseur, formalisée par un développement d'énergie libre de type Landau-Ginzburg. C'est un sujet formel et formateur, particulièrement stratégique pour s'entraîner aux épreuves mixtes de haut niveau.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,06/20)
Temps estimé
≈ 3 h 40 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

20 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (20) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté
  • Ambiguïté

    L'épaisseur de la couche de cristal liquide est notée d à la question Q17 (partie 2) puis rebaptisée d_0 dès la question Q19 (partie 2) sans redéfinition explicite : il s'agit de la même grandeur.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

39 questions
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Partie 1 : Sciences de l'ingénieur : Exosquelette actif

1 · Modélisation du coude humain

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : théorème du moment cinétique, solide en rotation

Sur la base du paramétrage qui a été fixé, établir une équation différentielle décrivant le mouvement de l'avant-bras. Préciser l'origine de cette équation.

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment dynamique à l'avant-bras en rotation autour de l'axe fixe (O,\vec{x}) ou utiliser le théorème de l'énergie cinétique.

Calculer la variation de longueur commune des 4 ressorts comprimés de \Delta et sommer leurs énergies potentielles élastiques.

Voir la stratégie
  1. Isoler le solide \mathbf{1} (avant-bras et main) en mouvement de rotation autour de l'axe fixe (O, \vec{x}) dans le référentiel \mathcal{R}_0 lié au bras \mathbf{0} et supposé galiléen.
  2. Recenser les actions mécaniques extérieures agissant sur \mathbf{1} et calculer leurs moments par rapport à l'axe (O, \vec{x}).
  3. Appliquer le théorème du moment dynamique en projection sur l'axe de rotation.
Voir la réponse courte

Application du théorème scalaire du moment cinétique par rapport à l'axe du coude pour obtenir l'équation différentielle régissant \theta(t).

Voir le corrigé complet

On étudie le système constitué du solide \mathbf{1} (avant-bras et main) dans le référentiel \mathcal{R}_0 supposé galiléen. Le solide \mathbf{1} est en liaison pivot parfaite (hors frottement visqueux modélisé à part) d'axe (O, \vec{x}) avec le bâti \mathbf{0}.

Son vecteur rotation par rapport à \mathcal{R}_0 s'écrit :

\vec{\Omega}(1/0) = \dot{\theta}_1 \, \vec{x}

Le moment dynamique de \mathbf{1} par rapport à l'axe fixe (O, \vec{x}) s'exprime directement à l'aide de son moment d'inertie J_1 :

\delta_{O, \vec{x}}(1/0) = J_1 \, \ddot{\theta}_1

Faisons le bilan des moments des actions mécaniques extérieures appliquées à \mathbf{1} par rapport à l'axe (O, \vec{x}) :

  • Le couple moteur exercé par les muscles de l'humain :

    \vec{\mathcal{M}}_O(\text{humain} \to 1) \cdot \vec{x} = C_1
  • Le couple résistant de frottement visqueux dans l'articulation :

    \vec{C}_{v1} \cdot \vec{x} = -\nu_1 \, \dot{\theta}_1
  • La pesanteur \vec{P} = -m_1 g \, \vec{z}_0 appliquée en G_1, avec \overrightarrow{OG_1} = l_1 \vec{y}_1 = l_1(\cos\theta_1 \vec{y}_0 + \sin\theta_1 \vec{z}_0) :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_O(\text{pesanteur}) &= \overrightarrow{OG_1} \wedge \vec{P} \\ &= \left(l_1 \cos\theta_1 \vec{y}_0 + l_1 \sin\theta_1 \vec{z}_0\right) \wedge \left(-m_1 g \, \vec{z}_0\right) \\ &= -m_1 g l_1 \cos\theta_1 \, (\vec{y}_0 \wedge \vec{z}_0) \\ &= -m_1 g l_1 \cos\theta_1 \, \vec{x} \end{aligned}

    d'où une projection axiale égale à -m_1 g l_1 \cos\theta_1.

  • L'action de contact dans la liaison pivot en O, dont le moment en O a une composante axiale nulle (liaison d'axe (O, \vec{x}) sans frottement sec).

L'origine de l'équation de mouvement est le théorème du moment dynamique appliqué au solide \mathbf{1} en projection sur l'axe fixe (O, \vec{x}) :

J_1 \, \ddot{\theta}_1 = C_1 - \nu_1 \, \dot{\theta}_1 - m_1 g l_1 \cos\theta_1

soit finalement :

\boxed{J_1 \, \ddot{\theta}_1 + \nu_1 \, \dot{\theta}_1 + m_1 g l_1 \cos\theta_1 = C_1}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : moment d'inertie, moment d'une force

Comment cette équation est-elle modifiée si une masse ponctuelle est placée en bout de l'avant-bras (au point B) et déplacée par l'utilisateur ?

Voir l'indice

Ajouter le terme d'inertie additionnel m L^2 ainsi que le moment de pesanteur associé au point B.

Exprimer la corde de l'arc de cercle de longueur L_0 en fonction de R et \theta, puis effectuer un développement limité pour relier \Delta, L_0 et \theta.

Voir la réponse courte

Prise en compte de la masse ponctuelle m par l'ajout de son moment d'inertie m L_1^2 et du couple de pesanteur associé.

Voir le corrigé complet

Considérons le nouveau système constitué de l'avant-bras \mathbf{1} et de la masse ponctuelle m située au point B, repéré d'après la figure 3 par \overrightarrow{OB} = L\,\vec{y}_1.

L'adjonction de la masse m modifie deux termes dans le théorème du moment cinétique appliqué en O projeté sur \vec{x} :

  • Le moment d'inertie total par rapport à l'axe (O,\vec{x}) : la masse étant ponctuelle et située à une distance L de l'axe, le théorème de Huygens (ou la définition directe du moment d'inertie) donne :

    J_{\text{tot}} = J_1 + m L^2
  • Le moment du poids en O : le poids de la masse additionnelle s'écrit \vec{P}_m = -m g\,\vec{z}_0. Son moment par rapport à l'axe (O,\vec{x}) vaut :

    \begin{aligned} \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{P}_m) &= \left( \overrightarrow{OB} \wedge (-m g\,\vec{z}_0) \right) \cdot \vec{x} \\ &= -m g L \left( \vec{y}_1 \wedge \vec{z}_0 \right) \cdot \vec{x} \\ &= -m g L \cos\theta_1 \end{aligned}

    puisque \vec{y}_1 = \cos\theta_1\,\vec{y}_0 + \sin\theta_1\,\vec{z}_0 et \vec{y}_0 \wedge \vec{z}_0 = \vec{x}.

Les couples d'action motrice C_1\,\vec{x} et de frottement visqueux -\nu_1 \dot{\theta}_1\,\vec{x}, localisés au niveau de l'articulation en O, demeurent inchangés.

L'équation différentielle du mouvement devient ainsi :

\boxed{(J_1 + m L^2)\,\ddot{\theta}_1 + \nu_1\,\dot{\theta}_1 + (m_1 l_1 + m L)\,g\cos\theta_1 = C_1}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : équilibre statique, moment d'une force

Représenter un schéma illustrant l'essai réalisé, en le paramétrant. Expliquer comment déterminer le terme à partir des grandeurs mesurées par la plateforme.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre des moments en S lors d'un mouvement quasi-statique et isoler le produit m_1 l_1 à partir de la variation \Delta M mesurée par la plateforme.

Assurer la compatibilité des approximations en traduisant l'exigence \theta \ll 1\text{ rad} sous la forme d'une borne supérieure sur le raccourcissement relatif \varepsilon.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un schéma dans le plan (O, \vec{y}_0, \vec{z}_0) faisant apparaître le patient modélisé par une partie fixe (tronc, tête, bras) et l'avant-bras mobile, ainsi que les actions mécaniques extérieures.
  2. Écrire le principe fondamental de la statique (ou théorème du moment dynamique en régime quasi-statique) appliqué à l'ensemble du patient au point S.
  3. En déduire l'expression reliant le moment M(t) mesuré par la plateforme à l'angle \theta_1, et proposer une méthode d'exploitation pour déterminer m_1 l_1.
Voir la réponse courte

Réalisation d'un schéma paramétré à l'équilibre et écriture du moment résultant pour isoler le produit m_1 l_1 mesuré par la plateforme.

Voir le corrigé complet

1. Schéma et paramétrage de l'essai

On modélise l'ensemble du patient par :

  • un ensemble fixe \{0\} (corps, tête, bras et jambes) de masse m_0, de centre de masse G_0 repéré par \overrightarrow{SG_0} = y_{G_0}\vec{y}_0 + z_{G_0}\vec{z}_0 ;
  • l'avant-bras et la main \{1\} de masse m_1, articulé en O avec \overrightarrow{SO} = H\vec{z}_0, et de centre de masse G_1 repéré par \overrightarrow{OG_1} = l_1 \vec{y}_1 = l_1\cos\theta_1\vec{y}_0 + l_1\sin\theta_1\vec{z}_0.

2. Équilibre quasi-statique

Le mouvement étant réalisé lentement, les termes d'accélération sont négligeables (hypothèse quasi-statique). Le bilan des actions mécaniques extérieures appliquées au système global \{\text{patient}\} = \{0\} \cup \{1\} s'écrit :

  • Action de la plateforme au point S : résultante \vec{R}_{\text{sol}} = R_y \vec{y}_0 + F(t)\vec{z}_0 et moment \vec{\mathcal{M}}_S(\text{sol}) = M(t)\vec{x} ;
  • Poids du corps \{0\} : -m_0 g \vec{z}_0 appliqué en G_0 ;
  • Poids de l'avant-bras \{1\} : -m_1 g \vec{z}_0 appliqué en G_1, où \overrightarrow{SG_1} = (l_1\cos\theta_1)\vec{y}_0 + (H + l_1\sin\theta_1)\vec{z}_0.

Le théorème du moment statique en S projeté sur l'axe (S, \vec{x}) s'écrit :

M(t) + \left(\overrightarrow{SG_0} \wedge (-m_0 g \vec{z}_0)\right)\cdot \vec{x} + \left(\overrightarrow{SG_1} \wedge (-m_1 g \vec{z}_0)\right)\cdot \vec{x} = 0

Calculons les différents moments en S :

\begin{aligned} \left(\overrightarrow{SG_0} \wedge (-m_0 g \vec{z}_0)\right)\cdot \vec{x} &= -m_0 g\, y_{G_0} \\ \left(\overrightarrow{SG_1} \wedge (-m_1 g \vec{z}_0)\right)\cdot \vec{x} &= -m_1 g\, l_1 \cos\theta_1(t) \end{aligned}

On obtient ainsi :

M(t) = m_0 g\, y_{G_0} + m_1 g\, l_1 \cos\theta_1(t)

3. Détermination de m_1 l_1

Le terme m_0 g\, y_{G_0} étant indépendant de l'angle \theta_1, on élimine cette constante inconnue en mesurant la variation du moment entre deux positions angulaires \theta_{1,a} et \theta_{1,b} :

\Delta M = M_b - M_a = m_1 g\, l_1 \left(\cos\theta_{1,b} - \cos\theta_{1,a}\right)

ou, plus généralement, par régression linéaire de M(t) en fonction de \cos\theta_1(t). La pente p de cette droite vaut p = m_1 g l_1.

On en déduit le produit recherché :

\boxed{m_1 l_1 = \frac{\Delta M}{g \left(\cos\theta_{1,b} - \cos\theta_{1,a}\right)} = \frac{p}{g}}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique, vitesse angulaire

Déterminer une relation entre , et . En déduire la valeur de la vitesse angulaire maximale en , pour et .

Voir l'indice

Relier l'angle balayé 2\theta_0 à l'aire sous la courbe triangulaire de vitesse entre t=0 et t=T.

Déterminer l'allongement algébrique des ressorts situés à une distance \pm a de la fibre neutre lors de la flexion circulaire d'angle \theta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation angulaire totale \Delta \theta_1 = \theta_1(T) - \theta_1(0) entre les instants initial et final.
  2. Relier cette variation à l'aire sous la courbe de la vitesse angulaire \dot{\theta}_1(t) modélisée par un profil triangulaire de base T et de hauteur \omega_{\max}.
  3. En déduire l'expression de \omega_{\max} et effectuer l'application numérique avec les unités demandées.
Voir la réponse courte

Dérivation temporelle de l'angle pour établir \omega_{\max} = 2\pi\theta_0/T, puis calcul numérique direct de la vitesse angulaire maximale.

Voir le corrigé complet

L'avant-bras passe de la position angulaire initiale \theta_1(0) = -\theta_0 à la position finale \theta_1(T) = \theta_0 au cours de l'intervalle de temps [0, T]. La variation totale d'angle vaut donc :

\Delta \theta_1 = \theta_1(T) - \theta_1(0) = \theta_0 - (-\theta_0) = 2\theta_0

Par définition de la vitesse angulaire \dot{\theta}_1 = \frac{\mathrm{d}\theta_1}{\mathrm{d}t}, cette variation s'obtient également par intégration temporelle :

\Delta \theta_1 = \int_0^T \dot{\theta}_1(t)\,\mathrm{d}t

D'après la figure 6, le profil de vitesse \dot{\theta}_1(t) est triangulaire, de base T et de hauteur \omega_{\max}. L'intégrale correspond directement à l'aire de ce triangle :

\int_0^T \dot{\theta}_1(t)\,\mathrm{d}t = \frac{1}{2} \, T \, \omega_{\max}

On en déduit l'égalité :

2\theta_0 = \frac{1}{2} \, \omega_{\max} T

soit la relation :

\boxed{\theta_0 = \frac{1}{4}\,\omega_{\max}T \quad \Longleftrightarrow \quad \omega_{\max} = \frac{4\theta_0}{T}}

Application numérique : Avec \theta_0 = 30^{\circ} et T = 0{,}5\text{ s} :

\omega_{\max} = \frac{4 \times 30^{\circ}}{0{,}5\text{ s}}
\boxed{\omega_{\max} = 240^{\circ}/\text{s}}

Résultat

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2 · Modélisation de l'interaction robot-humain

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : cinématique, fermeture géométrique

Déterminer une relation entre et , fonction de , et .

Voir l'indice

Écrire la fermeture géométrique vectorielle \vec{OA} = \vec{OO'} + \vec{O'A} et projeter orthogonalement à la direction de la coulisse.

Tracer la parabole E_C(\varepsilon) et la droite E_F(\varepsilon) ; le point d'intersection non nul définit la bifurcation entre les deux régimes.

Voir la stratégie
  1. Écrire la relation de fermeture géométrique de la chaîne cinématique fermée passant par les points O, O' et A.
  2. Projeter cette relation vectorielle sur la direction orthogonale au vecteur \vec{y}_2 (c'est-à-dire sur \vec{z}_2) afin d'éliminer la grandeur inconnue \lambda.
  3. Exprimer les produits scalaires en fonction des angles \theta_1, \theta_2 et \alpha pour obtenir la relation scalaire cherchée.
Voir la réponse courte

Projection de la fermeture géométrique du mécanisme articulé pour relier analytiquement \theta_1 et \theta_2 via d, L_1 et \alpha.

Voir le corrigé complet

Considérons la chaîne fermée reliant les points O, O' et A :

\overrightarrow{O'A} = \overrightarrow{O'O} + \overrightarrow{OA}

D'après les données de l'énoncé :

  • \overrightarrow{O'O} = -\overrightarrow{OO'} = d(\cos\alpha\,\vec{y}_0 + \sin\alpha\,\vec{z}_0) ;
  • \overrightarrow{OA} = L_1 \vec{y}_1 ;
  • \overrightarrow{O'A} = \lambda \vec{y}_2.

La fermeture géométrique s'écrit donc :

\lambda \vec{y}_2 = d(\cos\alpha\,\vec{y}_0 + \sin\alpha\,\vec{z}_0) + L_1 \vec{y}_1

Pour éliminer le paramètre variable \lambda, effectuons le produit scalaire de cette équation avec le vecteur unitaire \vec{z}_2, orthogonal à \vec{y}_2 (\vec{y}_2 \cdot \vec{z}_2 = 0) :

0 = d\left(\cos\alpha(\vec{y}_0 \cdot \vec{z}_2) + \sin\alpha(\vec{z}_0 \cdot \vec{z}_2)\right) + L_1 (\vec{y}_1 \cdot \vec{z}_2)

Les bases R_1 = (O, \vec{x}, \vec{y}_1, \vec{z}_1) et R_2 = (O', \vec{x}, \vec{y}_2, \vec{z}_2) se déduisent de la base R_0 = (O, \vec{x}, \vec{y}_0, \vec{z}_0) par rotation d'axe \vec{x} d'angles respectifs \theta_1 et \theta_2 :

\begin{aligned} \vec{y}_2 &= \cos\theta_2\,\vec{y}_0 + \sin\theta_2\,\vec{z}_0 \\ \vec{z}_2 &= -\sin\theta_2\,\vec{y}_0 + \cos\theta_2\,\vec{z}_0 \\ \vec{y}_1 &= \cos\theta_1\,\vec{y}_0 + \sin\theta_1\,\vec{z}_0 \end{aligned}

On en déduit les produits scalaires suivants :

\begin{aligned} \vec{y}_0 \cdot \vec{z}_2 &= -\sin\theta_2 \\ \vec{z}_0 \cdot \vec{z}_2 &= \cos\theta_2 \\ \vec{y}_1 \cdot \vec{z}_2 &= -\cos\theta_1 \sin\theta_2 + \sin\theta_1 \cos\theta_2 = \sin(\theta_1 - \theta_2) \end{aligned}

Le terme pondéré par d vaut ainsi :

\cos\alpha(\vec{y}_0 \cdot \vec{z}_2) + \sin\alpha(\vec{z}_0 \cdot \vec{z}_2) = -\cos\alpha\sin\theta_2 + \sin\alpha\cos\theta_2 = \sin(\alpha - \theta_2)

En reportant dans l'équation de projection, il vient :

L_1 \sin(\theta_1 - \theta_2) + d \sin(\alpha - \theta_2) = 0

ce qui peut également s'écrire :

\boxed{\sin(\theta_2 - \theta_1) = \frac{d}{L_1} \sin(\alpha - \theta_2)}

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : cinématique, développement limité

En pratique, . Montrer alors que .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en considérant le petit paramètre sans dimension d/L_1 \ll 1.

Relier la force extérieure appliquée à la dérivée de l'énergie élastique minimale par rapport au déplacement \Delta.

Voir la réponse courte

Développement au premier ordre pour d/L_1 \ll 1 montrant que l'écart angulaire devient négligeable (\theta_2 \approx \theta_1).

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question précédente :

\sin(\theta_2 - \theta_1) = \frac{d}{L_1} \sin(\alpha - \theta_2)

La fonction sinus étant bornée par 1 en valeur absolue, on a :

|\sin(\theta_2 - \theta_1)| \le \frac{d}{L_1}

Puisque d \ll L_1, le second membre est un infiniment petit d'ordre 1. Les angles \theta_1 et \theta_2 appartenant à l'intervalle ]-90^\circ, 90^\circ[, leur différence vérifie \theta_2 - \theta_1 \in ]-\pi, \pi[. La continuité du mouvement depuis la configuration initiale impose que \theta_2 - \theta_1 reste au voisinage de 0.

On en déduit, à l'ordre 1 en d/L_1 :

\theta_2 - \theta_1 \approx \frac{d}{L_1} \sin(\alpha - \theta_1) \ll 1\text{ rad}

Au premier ordre d'approximation en d/L_1, on a donc bien :

\boxed{\theta_2 \approx \theta_1}

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : puissance d'une force, puissance intérieure

Déterminer la puissance des efforts extérieurs et la puissance intérieure, en précisant les différents termes qui interviennent.

Voir l'indice

Recenser les actions mécaniques extérieures au système \{1, 2, 3\} (pesanteur, couples moteur et résistant) et constater la nullité de la puissance intérieure pour des liaisons parfaites.

Observer la pente de la courbe d'énergie au-delà du seuil de bifurcation pour en déduire la valeur de la force exercée en régime fléchi.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système matériel en mouvement S = \{1, 2, 3\} et le référentiel galiléen d'étude R_0 lié au bras 0.
  2. Recenser les actions mécaniques intérieures à S (liaisons internes) et calculer leur puissance à l'aide de l'hypothèse de liaisons énergétiquement parfaites.
  3. Recenser les actions mécaniques extérieures à S (pesanteur, actions articulaires du bras 0 sur 1 et sur 2) et exprimer leurs puissances respectives dans R_0.
Voir la réponse courte

Évaluation des puissances des couples moteurs, de la pesanteur, des frottements visqueux et vérification de la nullité des liaisons parfaites.

Voir le corrigé complet

On étudie l'ensemble en mouvement constitué des solides 1, 2 et 3 :

S = \{1, 2, 3\}

dans le référentiel R_0 lié au bras 0, supposé galiléen. Sous l'hypothèse d \ll L_1, les angles de rotation sont confondus : \theta_1 = \theta_2 = \theta, et les vecteurs taux de rotation s'écrivent :

\vec{\Omega}(1/R_0) = \vec{\Omega}(2/R_0) = \dot{\theta}\,\vec{x}

1. Puissance des efforts intérieurs \mathcal{P}_{\text{int}} Les actions intérieures au système S correspondent aux actions mutuelles au niveau :

  • de la liaison pivot d'axe (A, \vec{x}) entre l'avant-bras 1 et le solide 3 ;
  • de la liaison glissière de direction \vec{y}_2 entre le solide 2 et le solide 3.

L'énoncé précisant que ces liaisons sont énergétiquement parfaites, la puissance dissipée ou transmise par ces liaisons internes est identiquement nulle :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{int}} = 0}

2. Puissance des efforts extérieurs \mathcal{P}_{\text{ext}} Les actions extérieures appliquées à S sont :

  • La pesanteur sur les solides 1 et 2 (la masse du solide 3 étant négligée) :

    \begin{aligned} \vec{P}_1 &= -m_1 g\,\vec{z}_0 \quad \text{au centre de masse } G_1 \text{ tel que } \vec{v}(G_1 \in 1/R_0) = l_1 \dot{\theta}\,\vec{z}_1 \\ \vec{P}_2 &= -m_2 g\,\vec{z}_0 \quad \text{au centre de masse } G_2 \text{ tel que } \vec{v}(G_2 \in 2/R_0) = l_2 \dot{\theta}\,\vec{z}_2 \end{aligned}

    Sachant que \vec{z}_0 \cdot \vec{z}_1 = \vec{z}_0 \cdot \vec{z}_2 = \cos\theta, la puissance des forces de pesanteur vaut :

    \mathcal{P}_{\text{pes}} = \vec{P}_1 \cdot \vec{v}(G_1 \in 1/R_0) + \vec{P}_2 \cdot \vec{v}(G_2 \in 2/R_0) = -(m_1 l_1 + m_2 l_2)\,g\cos\theta\,\dot{\theta}
  • L'action du bâti 0 sur le solide 1 au niveau de la liaison pivot en O : Le torseur d'action mécanique comprend la réaction de liaison parfaite (de puissance nulle en O fixe), le couple exercé par l'humain C_1 \vec{x} et le couple de frottement visqueux -\nu_1 \dot{\theta}\,\vec{x} :

    \mathcal{P}(0 \to 1) = (C_1 - \nu_1 \dot{\theta})\,\dot{\theta}
  • L'action du bâti 0 sur le solide 2 au niveau de la liaison pivot en O' : Le torseur d'action mécanique comprend la réaction de liaison parfaite (en O' fixe), le couple moteur C_2 \vec{x}, le couple de frottement visqueux -\nu_2 \dot{\theta}\,\vec{x} et le couple de frottement sec -C_s \vec{x} :

    \mathcal{P}(0 \to 2) = (C_2 - \nu_2 \dot{\theta} - C_s)\,\dot{\theta}

En sommant ces différentes contributions, on obtient la puissance totale des efforts extérieurs :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{ext}} = \left[ C_1 + C_2 - C_s - (\nu_1 + \nu_2)\dot{\theta} - (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta \right] \dot{\theta}}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : énergie cinétique, solide en rotation

Déterminer l'énergie cinétique de l'ensemble en mouvement.

Voir l'indice

Sommer les énergies cinétiques des solides 1 et 2 en rotation pure autour d'axes parallèles fixes dans l'approximation d \ll L_1.

Substituer l'expression du seuil \varepsilon_s dans la condition de validité géométrique établie précédemment.

Voir la réponse courte

Sommation des énergies cinétiques des deux solides en rotation autour d'axes fixes : E_\mathrm{c} = \frac{1}{2}J\dot{\theta}^2.

Voir le corrigé complet

L'ensemble en mouvement par rapport au repère fixe R_0 est le système constitué des solides \Sigma = \{1, 2, 3\}. Par additivité de l'énergie cinétique :

E_c(\Sigma / R_0) = E_c(1 / R_0) + E_c(2 / R_0) + E_c(3 / R_0)

Détaillons la contribution de chaque solide :

  • Le solide \mathbf{1} (avant-bras) est en rotation pure autour de l'axe fixe (O, \vec{x}) de R_0, à la vitesse angulaire \dot{\theta}. Son moment d'inertie par rapport à cet axe étant noté J_1, son énergie cinétique s'écrit :

    E_c(1 / R_0) = \frac{1}{2} J_1 \dot{\theta}^2
  • Le solide \mathbf{2} est en rotation pure autour de l'axe fixe (O', \vec{x}) de R_0, à la vitesse angulaire \dot{\theta} (dans le cadre de l'approximation \theta_2 \approx \theta_1 = \theta). Son moment d'inertie par rapport à cet axe étant J_2, son énergie cinétique s'écrit :

    E_c(2 / R_0) = \frac{1}{2} J_2 \dot{\theta}^2
  • Le solide \mathbf{3} a une masse et une inertie négligeables selon l'énoncé, d'où :

    E_c(3 / R_0) \approx 0

En sommant ces contributions, on obtient l'énergie cinétique totale de l'ensemble :

\boxed{E_c(\Sigma / R_0) = \frac{1}{2} (J_1 + J_2) \dot{\theta}^2}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : théorème de l'énergie cinétique, équation de mouvement

Montrer, en précisant le théorème utilisé et le système étudié, que l'équation de mouvement obtenue prend la forme suivante :

On donnera l'expression des paramètres et , et de la fonction .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de l'énergie cinétique à l'ensemble \{1, 2, 3\} par rapport au repère fixe R_0.

Identifier la rigidité globale de la poutre en modélisant sa section carrée par la distribution des quatre ressorts équivalents.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de la puissance cinétique au système \Sigma = \{1, 2, 3\} dans le référentiel galiléen \mathcal{R}_0.
  2. Exprimer \dfrac{\mathrm{d}E_c}{\mathrm{d}t} à partir du résultat de la question Q8 et égaler à \mathcal{P}_{\text{ext}} + \mathcal{P}_{\text{int}} établi en question Q7.
  3. Simplifier par la vitesse angulaire \dot{\theta} et identifier terme à terme avec l'équation proposée.
Voir la réponse courte

Application du théorème de la puissance cinétique à l'ensemble robot-bras pour établir l'équation différentielle non linéaire du mouvement.

Voir le corrigé complet

On applique le théorème de la puissance cinétique à l'ensemble en mouvement \Sigma = \{1, 2, 3\} dans le référentiel d'étude \mathcal{R}_0 lié au bras 0, supposé galiléen :

\frac{\mathrm{d}E_c(\Sigma / \mathcal{R}_0)}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_{\text{ext}}(\bar{\Sigma} \to \Sigma / \mathcal{R}_0) + \mathcal{P}_{\text{int}}(\Sigma)

D'après le résultat de la question Q8, l'énergie cinétique de \Sigma s'écrit :

E_c(\Sigma / \mathcal{R}_0) = \frac{1}{2}(J_1 + J_2)\dot{\theta}^2

Sa dérivée temporelle vaut donc :

\frac{\mathrm{d}E_c(\Sigma / \mathcal{R}_0)}{\mathrm{d}t} = (J_1 + J_2)\dot{\theta}\ddot{\theta}

D'après la question Q7, les puissances extérieure et intérieure valent respectivement :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{int}}(\Sigma) &= 0 \\ \mathcal{P}_{\text{ext}}(\bar{\Sigma} \to \Sigma / \mathcal{R}_0) &= \left[C_1 + C_2 - C_s - (\nu_1 + \nu_2)\dot{\theta} - (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta\right]\dot{\theta} \end{aligned}

Le bilan de puissance s'écrit ainsi :

(J_1 + J_2)\dot{\theta}\ddot{\theta} = \left[C_1 + C_2 - C_s - (\nu_1 + \nu_2)\dot{\theta} - (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta\right]\dot{\theta}

Cette égalité étant vraie pour tout mouvement (en simplifiant par \dot{\theta} \neq 0, puis par continuité temporelle), on obtient :

(J_1 + J_2)\ddot{\theta} + (\nu_1 + \nu_2)\dot{\theta} + (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta = C_1 + C_2 - C_s

Cette équation est bien de la forme :

\boxed{J \ddot{\theta} + \nu \dot{\theta} + f(\theta) = C_1 + C_2 - C_s}

avec :

\boxed{J = J_1 + J_2} \quad , \quad \boxed{\nu = \nu_1 + \nu_2} \quad \text{et} \quad \boxed{f(\theta) = (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : position d'équilibre, équation différentielle

Déterminer la relation linéaire reliant et . Préciser l'expression de .

Voir l'indice

Linéariser l'équation différentielle autour de la position d'équilibre statique \theta = 0 en utilisant l'approximation \cos\theta \approx 1.

Calculer la raideur effective en flexion lorsque la déformation s'opère selon une diagonale de la section carrée et comparer les seuils obtenus.

Voir la stratégie
  1. Établir la condition d'équilibre statique en \theta = 0 pour déterminer l'expression du couple d'équilibre C_0.
  2. Effectuer un développement limité au premier ordre du terme gravitaire f(\theta) au voisinage de \theta = 0.
  3. En déduire l'équation différentielle linéaire régissant l'écart \theta sous l'action du couple de commande \Delta C, ainsi que la fonction de transfert associée.
Voir la réponse courte

Linéarisation au premier ordre de l'équation de mouvement autour de la position d'équilibre statique définie par f(\theta_0) = C_0.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (3) issue de la question Q9, et en tenant compte de C_1 = 0 et de la décomposition C_2 = C_0 + \Delta C, l'équation du mouvement s'écrit :

J \ddot{\theta} + \nu \dot{\theta} + f(\theta) = C_0 + \Delta C - C_s

où f(\theta) = (m_1 l_1 + m_2 l_2)g\cos\theta.

1. Expression du couple d'équilibre C_0 :

À l'équilibre dans la position horizontale de référence \theta_{\text{eq}} = 0, la vitesse et l'accélération sont nulles (\dot{\theta} = 0, \ddot{\theta} = 0), et la commande d'écart est nulle (\Delta C = 0). L'équation du mouvement se réduit alors à :

f(0) = C_0 - C_s

Sachant que \cos(0) = 1, il vient immédiatement :

\boxed{C_0 = (m_1 l_1 + m_2 l_2)g + C_s}

2. Linéarisation autour de \theta = 0 :

Pour de petites variations d'angle autour de 0, effectuons un développement de Taylor au premier ordre de la fonction f en \theta = 0 :

f(\theta) \approx f(0) + f'(0)\,\theta

Or, f'(\theta) = -(m_1 l_1 + m_2 l_2)g\sin\theta, d'où f'(0) = 0. Il en résulte qu'au premier ordre en \theta :

f(\theta) \approx f(0) = (m_1 l_1 + m_2 l_2)g

En réinjectant cette approximation dans l'équation du mouvement :

J \ddot{\theta} + \nu \dot{\theta} + f(0) = C_0 + \Delta C - C_s

Les termes constants s'annulent grâce à la définition de C_0 (C_0 - C_s - f(0) = 0), ce qui conduit à la relation linéaire temporelle :

\boxed{J \ddot{\theta} + \nu \dot{\theta} = \Delta C}

Dans le domaine de Laplace, sous conditions initiales nulles, cette relation s'écrit sous la forme de la fonction de transfert :

\boxed{\frac{\theta(p)}{\Delta C(p)} = \frac{1}{p(J p + \nu)}}

Résultat

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3 · Pilotage en boucle fermée de position

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé

Notions : schéma-bloc, asservissement

Mettre en place un schéma-bloc qui traduit l'équation linéarisée et le principe de la boucle de vitesse interne à la boucle de position pour représenter ce modèle de commande en boucle fermée de position.

Voir l'indice

Construire un schéma-bloc à deux boucles imbriquées : boucle interne de vitesse asservie par H_c(p) et boucle externe de position avec le gain pur K.

Comparer la période spatiale des déformations aux dimensions moléculaires a_0 du cristal liquide pour justifier l'approche continue.

Voir la stratégie

Pour représenter un asservissement en cascade (boucle interne de vitesse imbriquée dans une boucle externe de position) :

  1. Exprimer le modèle de commande issu de l'équation linéarisée reliant le couple moteur \Delta C(p) à la vitesse \Omega(p), puis à la position \Theta(p) via une intégration.
  2. Disposer la boucle interne de vitesse : écart \varepsilon_\omega, correcteur H_c(p) générant le couple de commande \Delta C, fonction de transfert de la mécanique en vitesse, et retour unitaire de vitesse.
  3. Envelopper par la boucle externe de position : écart \varepsilon_\theta, correcteur proportionnel K délivrant la consigne de vitesse \Omega_c, intégrateur 1/p fournissant la position \Theta, et retour unitaire de position.
Voir la réponse courte

Construction du schéma-bloc fonctionnel intégrant la boucle interne tachymétrique et la boucle externe d'asservissement en position.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'équation différentielle linéarisée régissant le mouvement en petits déplacements autour de \theta = 0 s'écrit :

J\ddot{\theta} + \nu\dot{\theta} = \Delta C

En introduisant la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta}, cette équation devient :

J\dot{\omega} + \nu\omega = \Delta C

Par transformée de Laplace avec conditions initiales nulles :

\begin{aligned} \Omega(p) &= \frac{1}{Jp + \nu}\Delta C(p) \\ \Theta(p) &= \frac{1}{p}\Omega(p) \end{aligned}

La structure de commande en boucle fermée de position avec boucle interne de vitesse s'organise ainsi :

  • Boucle externe de position : un comparateur calcule l'écart de position \varepsilon_\theta(p) = \Theta_c(p) - \Theta(p) (mesure unitaire). Le correcteur proportionnel de gain K fournit la consigne de vitesse angulaire :

    \Omega_c(p) = K \, \varepsilon_\theta(p)
  • Boucle interne de vitesse : un comparateur calcule l'écart de vitesse \varepsilon_\omega(p) = \Omega_c(p) - \Omega(p) (mesure unitaire déduite du codeur). Le correcteur proportionnel-intégral H_c(p) génère directement le couple de commande :

    \Delta C(p) = H_c(p)\,\varepsilon_\omega(p) = \frac{K_p(1+\tau_i p)}{\tau_i p}\,\varepsilon_\omega(p)
  • Actionneur et mécanique : le couple \Delta C(p) actionne le système pour produire la vitesse \Omega(p), dont l'intégration fournit la position \Theta(p).

On en déduit le schéma-bloc suivant :

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : échantillonnage, capteur

Rappeler quelle information brute donne un codeur incrémental et comment il est possible d'en déduire la vitesse angulaire.

Voir l'indice

Rappeler que le codeur délivre un train d'impulsions traduisant des incréments angulaires, la vitesse étant estimée par dérivation numérique temporelle.

Calculer l'allongement élastique des 4 arêtes verticales du cube élémentaire sous un gradient uniforme de déplacement vertical \partial u/\partial z.

Voir la réponse courte

Le codeur incrémental délivre des impulsions logiques ; la vitesse angulaire est estimée par comptage fréquentiel ou dérivation temporelle discrète.

Voir le corrigé complet
  1. Information brute délivrée par un codeur incrémental : Un codeur incrémental rotatif optique comporte un disque gradué comportant une alternance de fentes opaques et transparentes. Il génère en sortie des signaux électriques sous forme de trains d'impulsions (deux voies A et B en quadrature de phase, déphasées de \pm 90^\circ, et parfois une voie top tour Z).

    L'information brute est donc un nombre d'impulsions (ou fronts d'ondes logiques). Le déphasage entre les voies A et B permet de déterminer le sens de rotation, et le comptage algébrique des impulsions fournit l'incrément de position angulaire \Delta \theta :

    \Delta \theta = \frac{2\pi}{N_{\text{pts}}} \Delta N

    où N_{\text{pts}} est le nombre de points (ou impulsions) par tour du codeur et \Delta N le nombre d'impulsions comptées.

  2. Détermination de la vitesse angulaire : La vitesse angulaire \omega = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} peut être estimée numériquement selon deux approches complémentaires :

    • Méthode fréquencemétrique (ou dérivation numérique à période fixe) : à chaque période d'échantillonnage T_e, on relève le nombre d'impulsions \Delta N reçues pendant l'intervalle T_e. La vitesse angulaire s'en déduit par un taux d'accroissement :

      \boxed{\omega[k] \approx \frac{\theta[k] - \theta[k-1]}{T_e} = \frac{2\pi}{N_{\text{pts}} T_e} \Delta N[k]}

      Cette méthode est très bien adaptée aux vitesses moyennes et élevées.

    • Méthode chronométrique (ou périodemétrique) : on mesure la durée \Delta t écoulée entre deux impulsions successives à l'aide d'une horloge interne à haute fréquence. La vitesse s'obtient par :

      \omega \approx \frac{2\pi}{N_{\text{pts}} \Delta t}

      Cette méthode permet d'obtenir une excellente précision aux faibles vitesses, où très peu d'impulsions sont émises par période T_e.

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : correcteur pi, compensation de pôle

En utilisant la méthode de réglage du correcteur proportionnel-intégral par compensation de pôle, indiquer quelle expression prendre pour en fonction de et . En déduire alors que est bien une fonction du premier ordre. Déterminer la valeur de pour obtenir la constante de temps souhaitée.

Voir l'indice

Choisir la constante de temps d'intégration \tau_i pour compenser le pôle mécanique J/\nu, puis exprimer la fonction de transfert en boucle fermée BF_\omega(p).

Montrer par un raisonnement d'association en série et en parallèle de cubes élémentaires que le module élastique B est une propriété intensive.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la transmittance du procédé pour la vitesse angulaire à partir de l'équation de mouvement linéarisée.
  2. Écrire la fonction de transfert en boucle ouverte de la boucle de vitesse et appliquer le critère de compensation de pôle pour identifier \tau_i.
  3. Calculer la fonction de transfert en boucle fermée BF_\omega(p), vérifier sa forme de premier ordre et identifier K_p pour obtenir la constante de temps imposée \tau = 0{,}05\text{ s}.
Voir la réponse courte

Réglage de \tau_i = J/\nu pour compenser le pôle dominant et calcul du gain K_p pour fixer la constante de temps du premier ordre.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle linéarisée obtenue à la question Q10, le mouvement autour de la position d'équilibre s'écrit :

J\dot{\omega}(t) + \nu \omega(t) = \Delta C(t)

En appliquant la transformée de Laplace avec conditions initiales nulles, la fonction de transfert entre le couple moteur \Delta C(p) et la vitesse angulaire \Omega(p) est :

H_{\text{proc}}(p) = \frac{\Omega(p)}{\Delta C(p)} = \frac{1}{Jp + \nu} = \frac{\frac{1}{\nu}}{1 + \frac{J}{\nu}p}

Le capteur de vitesse étant de gain unitaire, la fonction de transfert en boucle ouverte de la boucle interne de vitesse s'exprime par :

BO_\omega(p) = H_c(p) H_{\text{proc}}(p) = \frac{K_p (1 + \tau_i p)}{\tau_i p} \times \frac{\frac{1}{\nu}}{1 + \frac{J}{\nu}p}

Compensation de pôle :
La méthode par compensation de pôle consiste à éliminer le pôle dominant du procédé (lié à la constante de temps mécanique J/\nu) par le zéro du régulateur PI. On choisit donc :

\boxed{\tau_i = \frac{J}{\nu}}

Fonction de transfert en boucle fermée :
En introduisant cette valeur de \tau_i, les termes (1 + \tau_i p) et (1 + \frac{J}{\nu}p) se simplifient dans la boucle ouverte :

BO_\omega(p) = \frac{K_p}{\nu \tau_i p} = \frac{K_p}{J p}

La boucle de vitesse étant à retour unitaire, la fonction de transfert en boucle fermée est donnée par :

BF_\omega(p) = \frac{BO_\omega(p)}{1 + BO_\omega(p)} = \frac{\frac{K_p}{J p}}{1 + \frac{K_p}{J p}} = \frac{1}{1 + \frac{J}{K_p} p}

BF_\omega(p) est donc bien un système du premier ordre de gain statique unitaire :

\boxed{BF_\omega(p) = \frac{1}{1 + \tau p} \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{J}{K_p}}

Détermination de K_p :
On souhaite une constante de temps \tau = 0{,}05\text{ s}. Il vient :

K_p = \frac{J}{\tau}

Application numérique avec J = 0{,}15\text{ kg}\cdot\text{m}^2 et \tau = 0{,}05\text{ s} :

K_p = \frac{0{,}15}{0{,}05} = 3\text{ N}\cdot\text{m}\cdot\text{s}\cdot\text{rad}^{-1}
\boxed{K_p = 3\text{ N}\cdot\text{m}\cdot\text{s}\cdot\text{rad}^{-1}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : erreur statique, théorème de la valeur finale

Justifier que la réponse est précise pour une entrée en échelon. Donner l'erreur pour une entrée en rampe unitaire puis pour une entrée en parabole. Que peut-on conclure vis-à-vis du cahier des charges ?

Voir l'indice

Identifier la classe de la fonction de transfert en boucle ouverte BO_\theta(p) pour déterminer la valeur finale de l'erreur pour chaque consigne polynomiale.

Relier l'angle \delta\theta entre faces opposées à la dérivée seconde spatiale \partial^2 u/\partial y^2, puis en déduire l'énergie élastique stockée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la transformée de Laplace de l'écart \varepsilon(p) = \Theta_c(p) - \Theta(p) à partir de la fonction de transfert en boucle ouverte à retour unitaire BO_\theta(p).
  2. Appliquer le théorème de la valeur finale pour déterminer l'erreur permanente \varepsilon_{+\infty} = \lim_{p \to 0} p\,\varepsilon(p) successivement pour un échelon unitaire, une rampe unitaire et une parabole unitaire.
  3. Comparer les résultats obtenus aux spécifications du cahier des charges.
Voir la réponse courte

Application du théorème de la valeur finale selon la classe de la fonction de transfert en boucle ouverte pour échelon, rampe et parabole.

Voir le corrigé complet

Le système étant asservi en boucle fermée à retour unitaire, l'écart de position s'écrit dans le domaine de Laplace :

\varepsilon(p) = \Theta_c(p) - \Theta(p) = \frac{1}{1 + BO_\theta(p)}\,\Theta_c(p) = \frac{p(1 + \tau p)}{p(1 + \tau p) + K}\,\Theta_c(p)

1. Entrée en échelon unitaire : \Theta_c(p) = \dfrac{1}{p}

D'après le théorème de la valeur finale :

\varepsilon_p = \lim_{p \to 0} p\,\varepsilon(p) = \lim_{p \to 0} \frac{p(1 + \tau p)}{p(1 + \tau p) + K} = 0

La boucle ouverte possède une intégration pure (classe \alpha = 1). L'erreur statique de position est donc nulle :

\boxed{\varepsilon_p = 0}

La réponse est ainsi parfaitement précise vis-à-vis d'une consigne en échelon, en accord avec le cahier des charges.

2. Entrée en rampe unitaire : \theta_c(t) = t \cdot u(t) \implies \Theta_c(p) = \dfrac{1}{p^2}

L'erreur de traînage (ou erreur en vitesse) en régime permanent vaut :

\varepsilon_v = \lim_{p \to 0} p\,\varepsilon(p) = \lim_{p \to 0} \frac{1 + \tau p}{p(1 + \tau p) + K} = \frac{1}{K}
\boxed{\varepsilon_v = \frac{1}{K}}

Cette erreur est finie et non nulle. Pour respecter le critère du cahier des charges (\varepsilon_v \le 0{,}9\text{ rad/s}), il suffira de régler le gain K de manière à ce que :

K \ge \frac{1}{0{,}9} \approx 1{,}11\text{ s}^{-1}

3. Entrée en parabole unitaire : \theta_c(t) = \dfrac{1}{2}t^2 \cdot u(t) \implies \Theta_c(p) = \dfrac{1}{p^3}

L'erreur en accélération en régime permanent vaut :

\varepsilon_a = \lim_{p \to 0} p\,\varepsilon(p) = \lim_{p \to 0} \frac{1 + \tau p}{p\,[p(1 + \tau p) + K]} = +\infty
\boxed{\varepsilon_a = +\infty}

4. Conclusion vis-à-vis du cahier des charges :

  • Les critères sur l'erreur en position (nulle) et l'erreur en vitesse (finie, ajustable par le choix de K) peuvent être validés.
  • En revanche, le critère d'une erreur en accélération finie ne peut pas être satisfait : le système étant de classe 1, l'erreur en accélération diverge obligatoirement. Pour annuler ou rendre finie cette erreur, il serait nécessaire d'avoir une boucle ouverte de classe supérieure ou égale à 2 (ajout d'une action intégrale dans le correcteur de position).

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : marge de phase, stabilité

Déterminer la valeur de permettant d'obtenir la marge de phase indiquée dans le cahier des charges. Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Calculer la pulsation de coupure à 0 dB de la boucle ouverte en fonction de K et \tau, puis exprimer la marge de phase.

Faire un schéma montrant la rotation progressive du vecteur directeur normal \vec{n} le long de l'axe vertical (Oz) entre couches superposées.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la phase de la fonction de transfert en boucle ouverte BO_\theta(j\omega) et en déduire la pulsation de coupure à 0 dB, notée \omega_{\text{co}}, correspondant à la marge de phase requise M_\varphi = 45^\circ.
  2. Écrire la condition sur le module |BO_\theta(j\omega_{\text{co}})| = 1 pour déterminer l'expression analytique de K, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Détermination de la pulsation de coupure assurant la marge de phase requise puis identification du gain proportionnel K correspondant.

Voir le corrigé complet

La fonction de transfert en boucle ouverte s'écrit en régime harmonique (p = j\omega) :

BO_\theta(j\omega) = \frac{K}{j\omega(1 + j\tau\omega)}

L'argument de la boucle ouverte est donné par :

\arg\left(BO_\theta(j\omega)\right) = -\frac{\pi}{2} - \arctan(\tau\omega) = -90^\circ - \arctan(\tau\omega)

Par définition, la marge de phase s'exprime à la pulsation de coupure \omega_{\text{co}} définie par |BO_\theta(j\omega_{\text{co}})| = 1 :

M_\varphi = 180^\circ + \arg\left(BO_\theta(j\omega_{\text{co}})\right) = 90^\circ - \arctan(\tau\omega_{\text{co}})

Le cahier des charges impose une marge de phase M_\varphi = 45^\circ, ce qui conduit à :

\arctan(\tau\omega_{\text{co}}) = 45^\circ \implies \tau\omega_{\text{co}} = 1 \implies \omega_{\text{co}} = \frac{1}{\tau}

Le module de la fonction de transfert en boucle ouverte vaut :

|BO_\theta(j\omega)| = \frac{K}{\omega\sqrt{1 + \tau^2\omega^2}}

En évaluant ce module en \omega = \omega_{\text{co}} = \frac{1}{\tau}, la condition |BO_\theta(j\omega_{\text{co}})| = 1 devient :

\frac{K}{\frac{1}{\tau}\sqrt{1 + 1}} = \frac{K\tau}{\sqrt{2}} = 1

On en déduit l'expression littérale du gain K :

\boxed{K = \frac{\sqrt{2}}{\tau}}

Application numérique : avec \tau = 0{,}05\text{ s} et \sqrt{2} \approx 1{,}414 :

K = \frac{\sqrt{2}}{0{,}05} = 20\sqrt{2} \approx 28\text{ s}^{-1}
\boxed{K \approx 28\text{ s}^{-1}}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : temps de réponse, facteur d'amortissement

Déterminer la valeur de permettant d'obtenir une réponse en boucle fermée la plus rapide possible (il peut y avoir un dépassement).

Voir l'indice

Identifier la boucle fermée à un système canonique du deuxième ordre et choisir le facteur d'amortissement optimal \xi = 1/\sqrt{2}.

Projeter la distance entre deux couches adjacentes sur la normale locale inclinée d'un angle \theta \approx \partial u/\partial y à l'ordre deux.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fonction de transfert en boucle fermée de position BF_\theta(p) à partir de la boucle ouverte BO_\theta(p) et l'identifier à la forme canonique d'un second ordre.
  2. Exprimer les paramètres canoniques \omega_0 et \xi en fonction du gain K et de la constante de temps \tau.
  3. Utiliser le critère de rapidité optimale d'un système du second ordre (facteur d'amortissement minimisant le temps de réponse à 5\,\%) pour déterminer la valeur numérique de K.
Voir la réponse courte

Choix du gain K optimisant le temps de réponse à 5

Voir le corrigé complet

La fonction de transfert en boucle fermée associée à la boucle de position avec retour unitaire s'écrit :

BF_\theta(p) = \frac{BO_\theta(p)}{1 + BO_\theta(p)} = \frac{K}{\tau p^2 + p + K} = \frac{1}{1 + \frac{1}{K}p + \frac{\tau}{K}p^2}

On l'identifie à la forme canonique d'un système du second ordre :

BF_\theta(p) = \frac{1}{1 + \frac{2\xi}{\omega_0}p + \frac{1}{\omega_0^2}p^2}

On en déduit par identification des coefficients :

\begin{aligned} \omega_0 &= \sqrt{\frac{K}{\tau}} \\ \frac{2\xi}{\omega_0} = \frac{1}{K} \quad &\implies \quad \xi = \frac{\omega_0}{2K} = \frac{1}{2\sqrt{K\tau}} \end{aligned}

Le cahier des charges recherche une « rapidité optimale » avec la possibilité d'un dépassement. Pour un système canonique du second ordre, le temps de réponse à 5\,\% (t_{5\,\%}) est minimal pour un facteur d'amortissement optimal :

\xi = \xi_{\text{opt}} \approx \frac{\sqrt{2}}{2} \approx 0{,}7

ce qui correspond à un premier dépassement d'environ 4{,}3\,\% (ou 5\,\% pour \xi \approx 0{,}69) et à \omega_0\,t_{5\,\%} \approx 3.

En fixant \xi = \frac{1}{\sqrt{2}}, on obtient :

\frac{1}{2\sqrt{K\tau}} = \frac{1}{\sqrt{2}} \implies 2\sqrt{K\tau} = \sqrt{2} \implies 4K\tau = 2

soit :

K = \frac{1}{2\tau}

Avec \tau = 0{,}05\text{ s}, on trouve :

K = \frac{1}{2 \times 0{,}05} = 10\text{ s}^{-1}
\boxed{K = \frac{1}{2\tau} = 10\text{ s}^{-1}}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : temps de réponse, dépassement

Commenter la qualité de l'asservissement réalisé en analysant la précision, la rapidité et l'amortissement sur la courbe de position. Indiquer quel(s) critère(s) est/sont dégradé(s) par la levée de la masse et expliquer succinctement pourquoi.

Voir l'indice

Observer le dépassement, le temps de réponse à 5% et l'erreur dynamique sur les courbes de la figure 8 pour diagnostiquer la dégradation causée par la masse additionnelle.

Imposer l'annulation du déplacement sur les deux plaques de confinement rigides en z=0 et z=d_0.

Voir la stratégie
  1. Analyser successivement la précision (statique et dynamique), la rapidité et l'amortissement sur la courbe de position sans masse en s'appuyant sur les relevés de la figure 8.
  2. Comparer l'allure de la réponse avec masse à celle sans masse pour identifier les performances altérées.
  3. Justifier ces dégradations par l'effet physique de la masse en bout de bras sur les paramètres du modèle (J, \tau, \xi).
Voir la réponse courte

Analyse des performances temporelles réelles et justification de la dégradation de la rapidité et de l'amortissement lors de l'ajout d'inertie.

Voir le corrigé complet

1. Qualité de l'asservissement sans masse additionnelle :

  • Précision : L'erreur statique en régime permanent est nulle : l'angle réel rejoint rigoureusement la valeur de consigne finale (60^\circ) après la fin du mouvement. En régime dynamique (pendant la rampe de montée), on observe un léger retard temporel (erreur de traînage), inhérent à un système de classe 1.
  • Rapidité : Le système réagit rapidement ; la consigne s'achève à T = 0{,}5\text{ s} et l'angle atteint sa valeur finale dès t \approx 0{,}6\text{ s}, ce qui correspond à un temps de réponse à 5 % très court (t_{5\%} \approx 0{,}1\text{ s} \le 0{,}2\text{ s}), parfaitement conforme au cahier des charges.
  • Amortissement : La réponse est très bien amortie : il n'y a pratiquement aucun dépassement de la consigne (comportement proche du régime critique ou très amorti).

2. Critères dégradés par la levée de la masse (m = 2\text{ kg}) :

  • L'amortissement est fortement dégradé : on observe un dépassement net de la consigne finale d'environ 5^\circ (soit un dépassement relatif de l'ordre de 8\,\%), suivi d'une oscillation avant stabilisation.
  • La rapidité est dégradée : le temps d'établissement à 5 % est accru, la position ne se stabilisant qu'autour de t \approx 0{,}8\text{ s} à 0{,}9\text{ s} (contre 0{,}6\text{ s} sans masse).
  • La précision statique reste intacte (l'angle converge toujours vers 60^\circ grâce à l'intégrateur de la boucle de vitesse qui compense également le couple gravitaire additionnel), mais l'erreur dynamique transitoire est nettement plus importante.

3. Justification physique :

  • D'après la question 2, l'ajout de la masse m en bout de bras augmente considérablement l'inertie du système en rotation :

    J_{\text{tot}} = J + m L^2
  • Le régulateur PI de la boucle interne de vitesse avait été réglé pour compenser le pôle sans masse (\tau_i = J/\nu). Avec J_{\text{tot}} \gg J, la compensation de pôle n'est plus réalisée et la constante de temps équivalente de la boucle de vitesse devient \tau' = J_{\text{tot}}/K_p > \tau.
  • Dans la boucle fermée de position d'ordre 2, le facteur d'amortissement s'écrit \xi = \frac{1}{2\sqrt{K\tau'}} : l'augmentation de la constante de temps \tau' entraîne une diminution directe de \xi, ce qui engendre l'apparition du dépassement et la perte de stabilité relative (amortissement).
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Partie 2 : Physique : Instabilité d'ondulation d'une couche de cristal liquide

1 · Étude du comportement mécanique d'une structure élancée soumise à une compression

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle élastique, ressort

Exprimer, en fonction de et , l'énergie potentielle élastique emmagasinée par la structure dans la situation de compression (b).

Voir la réponse courte

Calcul de l'énergie potentielle élastique emmagasinée par la structure discrète en régime de compression pure axiale : E_\mathrm{C} = \frac{1}{2}K\Delta^2.

Voir le corrigé complet

Dans la configuration de compression (situation (b)), la plaque supérieure conserve une orientation parallèle à la plaque inférieure et subit une translation pure de vecteur :

\overrightarrow{BB'} = -\Delta\,\vec{e}_x \quad (\Delta \ge 0)

Chacun des quatre ressorts identiques subit donc la même variation de longueur algébrique :

\Delta \ell_i = \ell_i - L_0 = -\Delta \quad \text{pour } i \in \{1, 2, 3, 4\}

L'état de référence sans déformation (\Delta = 0) étant choisi comme origine des énergies, l'énergie potentielle élastique emmagasinée par un ressort de raideur K comprimé de \Delta s'écrit :

E_{p,i} = \frac{1}{2} K (\Delta \ell_i)^2 = \frac{1}{2} K \Delta^2

L'énergie potentielle élastique totale emmagasinée par la structure, constituée des quatre ressorts indépendants, est la somme de leurs énergies :

E_{\mathrm{C}} = \sum_{i=1}^{4} E_{p,i} = 4 \times \left(\frac{1}{2} K \Delta^2\right)
\boxed{E_{\mathrm{C}} = 2 K \Delta^2}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : géométrie, développement limité

Exprimer et le rapport en fonction du rapport .

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie de l'arc de cercle central (AB'') : sa longueur développée reste égale à L_0, tandis que la corde reliant ses extrémités A et B'' a pour longueur AB'' = L_0 - \Delta.
  2. Exprimer la longueur de la corde en fonction du rayon de courbure et de l'angle d'ouverture \theta, puis effectuer un développement limité au voisinage de \theta \to 0 compte tenu de l'hypothèse L_0 \ll R.
  3. En déduire les expressions de \theta et de R/L_0 en fonction de \varepsilon = \Delta/L_0.
Voir la réponse courte

Relations trigonométriques pour l'arc de cercle fléchi et développement limité aux petits angles pour exprimer \theta et R/L_0 selon \varepsilon.

Voir le corrigé complet

Dans la configuration de flexion (c), l'opérateur impose un guidage en translation strictement vertical du point B'', de sorte que les points A et B'' se trouvent tous deux sur l'axe (Ox), séparés par la distance :

AB'' = L_0 - \Delta = L_0(1 - \varepsilon)

L'arc central (AB'') est un arc de cercle de centre Q, d'angle d'ouverture \theta et de rayon \mathcal{R} = \|\overrightarrow{QA}\| = \|\overrightarrow{QB''}\|. Sa longueur étant conservée et égale à L_0, on a :

L_0 = \mathcal{R} \theta

Le point P'' étant le milieu de la corde [AB''], le triangle QP''A est rectangle en P'' avec un angle au sommet en Q égal à \theta/2. On en déduit :

\begin{aligned} P''A &= \frac{AB''}{2} = \mathcal{R}\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \\ R &= \|\overrightarrow{QP''}\| = \mathcal{R}\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) \end{aligned}

La longueur de la corde s'écrit donc :

AB'' = 2\mathcal{R}\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) = 2\frac{L_0}{\theta}\sin\left(\frac{\theta}{2}\right)

Soit, en divisant par L_0 :

1 - \varepsilon = \frac{\sin(\theta/2)}{\theta/2}

L'hypothèse L_0 \ll R implique que l'angle d'ouverture \theta \approx L_0/R est petit devant 1. On peut donc effectuer un développement limité de \sin(\theta/2) à l'ordre 3 :

\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) = \frac{\theta}{2} - \frac{1}{6}\left(\frac{\theta}{2}\right)^3 + o(\theta^3) = \frac{\theta}{2}\left(1 - \frac{\theta^2}{24}\right) + o(\theta^3)

Il vient ainsi :

1 - \varepsilon = 1 - \frac{\theta^2}{24} + o(\theta^2) \implies \varepsilon = \frac{\theta^2}{24}

Comme \theta \ge 0, on obtient :

\boxed{\theta = \sqrt{24\varepsilon} = 2\sqrt{6\varepsilon}}

Pour le rapport R/L_0, on a :

\frac{R}{L_0} = \frac{\mathcal{R}\cos(\theta/2)}{\mathcal{R}\theta} = \frac{\cos(\theta/2)}{\theta}

À l'ordre le plus bas en \theta, \cos(\theta/2) \approx 1, ce qui conduit à :

\boxed{\frac{R}{L_0} = \frac{1}{\sqrt{24\varepsilon}} = \frac{1}{2\sqrt{6\varepsilon}}}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, approximation

Déduire de ces résultats la condition, portant sur , assurant que les deux hypothèses se trouvent simultanément vérifiées.

Voir la stratégie
  1. Traduire directement la première condition \Delta \ll L_0 en fonction de la grandeur sans dimension \varepsilon = \Delta/L_0.
  2. Exprimer le rapport R/L_0 issu de la question précédente et traduire la seconde condition L_0 \ll R.
  3. Identifier la condition la plus restrictive liant ces deux exigences.
Voir la réponse courte

Déduction de l'intervalle de validité sur \varepsilon compatible simultanément avec les hypothèses de petits déplacements et de grand rayon de courbure.

Voir le corrigé complet

Les deux hypothèses imposées s'écrivent :

  • Première hypothèse (\Delta \ll L_0) :

    \frac{\Delta}{L_0} \ll 1 \iff \varepsilon \ll 1
  • Seconde hypothèse (L_0 \ll R) : D'après le résultat établi à la question précédente :

    \frac{R}{L_0} = \frac{1}{\sqrt{24\,\varepsilon}}

    La condition L_0 \ll R équivaut à :

    \frac{R}{L_0} \gg 1 \iff \sqrt{24\,\varepsilon} \ll 1 \iff \varepsilon \ll \frac{1}{24}

Puisque \frac{1}{24} \approx 0{,}042 \ll 1, la condition \varepsilon \ll \frac{1}{24} est plus restrictive que \varepsilon \ll 1. La condition nécessaire et suffisante assurant que les deux hypothèses sont simultanément vérifiées est donc :

\boxed{\varepsilon \ll \frac{1}{24} \quad \left(\text{soit } \varepsilon \ll 4 \times 10^{-2}\right)}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle élastique, flexion

Exprimer, en fonction de , , et , l'énergie potentielle élastique emmagasinée par la structure dans la situation de flexion (c).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur de chacun des quatre ressorts lors de la flexion en exploitant la géométrie circulaire et la rigidité des plaques d'extrémités.
  2. En déduire l'allongement de chaque ressort et sommer les énergies potentielles élastiques élémentaires.
  3. Remplacer \theta en fonction de \Delta et L_0 grâce au résultat de la question 2.
Voir la réponse courte

Évaluation de l'allongement différentiel des fibres élastiques latérales distantes de a et sommation de l'énergie de flexion E_\mathrm{F}.

Voir le corrigé complet

Les plaques inférieure et supérieure étant indéformables de côté 2a, les ressorts sont situés aux quatre sommets :

  • les ressorts (1) et (4) sont à la distance y = +a de la fibre neutre (AB'') ;
  • les ressorts (2) et (3) sont à la distance y = -a de la fibre neutre (AB'').

Les plaques d'extrémités restent normales à la fibre neutre, de sorte que tous les arcs de cercle sous-tendent le même angle d'ouverture \theta. La fibre neutre (AB'') conserve sa longueur initiale L_0 = R\,\theta (au premier ordre en \Delta/L_0).

Le rayon de courbure des arcs formés par les ressorts (1) et (4), situés vers l'intérieur de la courbure, vaut R_1 = R - a. Leur longueur déformée est donc :

L_1 = R_1 \theta = (R - a)\theta = L_0 - a\theta

Leur raccourcissement vaut \Delta L_1 = L_1 - L_0 = -a\theta.

De même, les ressorts (2) et (3), situés vers l'extérieur de la courbure, ont pour rayon de courbure R_2 = R + a. Leur longueur déformée est :

L_2 = R_2 \theta = (R + a)\theta = L_0 + a\theta

Leur allongement vaut \Delta L_2 = L_2 - L_0 = +a\theta.

L'énergie potentielle élastique totale emmagasinée par les quatre ressorts s'écrit :

\begin{aligned} E_{\mathrm{F}} &= 2 \times \frac{1}{2}K(\Delta L_1)^2 + 2 \times \frac{1}{2}K(\Delta L_2)^2 \\ &= K(-a\theta)^2 + K(a\theta)^2 \\ &= 2Ka^2\theta^2 \end{aligned}

D'après le résultat de la question 2, \theta^2 = 24\,\varepsilon = 24\,\frac{\Delta}{L_0}. En injectant cette relation :

E_{\mathrm{F}} = 2Ka^2 \left(24\,\frac{\Delta}{L_0}\right)
\boxed{E_{\mathrm{F}} = 48\,K\,\frac{a^2}{L_0}\,\Delta}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle, bifurcation

Représenter, dans un système d'axes commun, l'allure graphique de la dépendance de chacune des énergies et vis-à-vis de . Commenter brièvement ces tracés.

Voir la réponse courte

Tracé comparatif d'une parabole E_\mathrm{C}(\varepsilon) et d'une droite E_\mathrm{F}(\varepsilon) mettant en évidence la transition vers l'état fléchi.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q1 et Q4, en introduisant le raccourcissement relatif \varepsilon = \Delta/L_0, les énergies potentielles élastiques associées respectivement aux modes de compression pure et de flexion s'écrivent :

\begin{aligned} E_{\mathrm{C}}(\varepsilon) &= 2 K L_0^2 \, \varepsilon^2 \\ E_{\mathrm{F}}(\varepsilon) &= 48 K a^2 \, \varepsilon \end{aligned}

E_{\mathrm{C}}(\varepsilon) présente une dépendance quadratique en \varepsilon (parabole de tangente horizontale en \varepsilon = 0), tandis que E_{\mathrm{F}}(\varepsilon) dépend linéairement de \varepsilon (droite de pente 48 K a^2 > 0 issue de l'origine).

Les deux courbes se coupent à l'origine \varepsilon = 0, ainsi qu'en un point d'abscisse seuil non nulle \varepsilon_{\mathrm{s}} défini par E_{\mathrm{C}}(\varepsilon_{\mathrm{s}}) = E_{\mathrm{F}}(\varepsilon_{\mathrm{s}}) :

2 K L_0^2 \, \varepsilon_{\mathrm{s}}^2 = 48 K a^2 \, \varepsilon_{\mathrm{s}} \implies \varepsilon_{\mathrm{s}} = 24 \left(\frac{a}{L_0}\right)^2

Commentaire :

  • Pour 0 < \varepsilon < \varepsilon_{\mathrm{s}}, on a E_{\mathrm{C}}(\varepsilon) < E_{\mathrm{F}}(\varepsilon) : l'état de compression pure correspond à l'énergie potentielle minimale, la structure reste donc droite et se comprime simplement.
  • Pour \varepsilon > \varepsilon_{\mathrm{s}}, on a E_{\mathrm{F}}(\varepsilon) < E_{\mathrm{C}}(\varepsilon) : l'état fléchi devient énergétiquement plus favorable que l'état comprimé droit. La structure subit une bifurcation vers la configuration fléchie (phénomène d'instabilité par flambement).

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force conservative, flambement

Nous notons le module de la force que l'opérateur extérieur doit fournir pour imposer le déplacement souhaité. Sur la base des tracés effectués en réponse à la question (5), établir l'expression, en fonction de , et , du module de la force-seuil au-delà duquel la structure fléchit.

Voir la stratégie
  1. Relier le module de la force N appliquée par l'opérateur à la dérivée de l'énergie potentielle par rapport au déplacement \Delta dans le cadre d'un processus quasi-statique.
  2. Déterminer l'expression de la force N(\Delta) dans la branche de compression pure (état stable pour \Delta \le \Delta_\mathrm{s}).
  3. Évaluer cette force au seuil d'instabilité \Delta = \Delta_\mathrm{s} déterminé à la question précédente.
Voir la réponse courte

Égalité des deux énergies à la transition ou dérivation N = \mathrm{d}E/\mathrm{d}\Delta pour exprimer la force critique de flambement N_\mathrm{s}.

Voir le corrigé complet

L'opérateur impose un déplacement au centre de la plaque supérieure en exerçant une force orientée selon la direction de compression :

\vec{F}_{\mathrm{op}} = -N \vec{e}_x

Lors d'un déplacement élémentaire quasi-statique \mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{OB}} = -\mathrm{d}\Delta\,\vec{e}_x (avec \mathrm{d}\Delta > 0), le travail élémentaire reçu par la structure s'écrit :

\delta W_{\mathrm{op}} = \vec{F}_{\mathrm{op}} \cdot \mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{OB}} = (-N \vec{e}_x) \cdot (-\mathrm{d}\Delta\,\vec{e}_x) = N\,\mathrm{d}\Delta

Les ressorts étant conservatifs, ce travail est intégralement converti en énergie potentielle élastique (\delta W_{\mathrm{op}} = \mathrm{d}E_\mathrm{p}), d'où :

N = \frac{\mathrm{d}E_\mathrm{p}}{\mathrm{d}\Delta}

D'après l'étude énergétique de la question précédente, pour \Delta \le \Delta_\mathrm{s}, la structure adopte la configuration de compression pure car E_\mathrm{C} < E_\mathrm{F}. L'énergie s'écrit alors :

E_\mathrm{p}(\Delta) = E_\mathrm{C}(\Delta) = 2 K \Delta^2

Le module de la force nécessaire pour comprimer la structure s'en déduit :

N(\Delta) = \frac{\mathrm{d}E_\mathrm{C}}{\mathrm{d}\Delta} = 4 K \Delta

L'instabilité de flexion (flambement) apparaît au point d'intersection des courbes E_\mathrm{C} et E_\mathrm{F}, soit pour le déplacement seuil \Delta_\mathrm{s} identifié en Q5 :

\Delta_\mathrm{s} = 24\,\frac{a^2}{L_0}

La force-seuil N_\mathrm{s} au-delà de laquelle la structure fléchit est la valeur atteinte par la force en régime de compression au point de transition :

N_\mathrm{s} = N(\Delta_\mathrm{s}) = 4 K \Delta_\mathrm{s} = 4 K \left(24\,\frac{a^2}{L_0}\right)
\boxed{N_\mathrm{s} = 96 K \frac{a^2}{L_0}}

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force conservative, flambement

Représenter l'allure graphique de la dépendance de vis-à-vis de . On précisera la valeur prise par pour , dans le cadre du modèle de flexion adopté. Commenter brièvement ce résultat.

Voir la stratégie
  1. Relier le module de la force N à la dérivée de l'énergie potentielle par rapport au déplacement imposé \Delta.
  2. Exprimer N(\varepsilon) pour chaque régime (\varepsilon \le \varepsilon_\mathrm{s} et \varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s}) en exploitant les expressions de E_\mathrm{C} et E_\mathrm{F}.
  3. Tracer l'allure de la courbe N(\varepsilon) et commenter physiquement les particularités (palier de force, discontinuité au seuil).
Voir la réponse courte

Tracé de la courbe effort-déformation : montée linéaire élastique jusqu'à N_\mathrm{s}, suivie d'un palier d'effort constant après flambement.

Voir le corrigé complet

Dans une évolution quasi-statique réversible sans frottement, le travail fourni par l'opérateur extérieur pour un déplacement élémentaire \mathrm{d}\Delta compense exactement la variation d'énergie potentielle élastique :

\delta W = N\,\mathrm{d}\Delta = \mathrm{d}E_\mathrm{p} \quad \implies \quad N = \frac{\mathrm{d}E_\mathrm{p}}{\mathrm{d}\Delta} = \frac{1}{L_0}\frac{\mathrm{d}E_\mathrm{p}}{\mathrm{d}\varepsilon}

1. Régime avant flambement (\varepsilon \le \varepsilon_\mathrm{s}) :

Le système minimise son énergie en restant dans la configuration de compression pure (situation (b)), pour laquelle E_\mathrm{p} = E_\mathrm{C} = 2K\Delta^2 = 2KL_0^2\varepsilon^2 :

N(\varepsilon) = \frac{\mathrm{d}E_\mathrm{C}}{\mathrm{d}\Delta} = 4K\Delta = 4KL_0\varepsilon = N_\mathrm{s}\frac{\varepsilon}{\varepsilon_\mathrm{s}}

La force croît linéairement de 0 jusqu'à la force-seuil N_\mathrm{s} = 96 K \dfrac{a^2}{L_0} atteinte en \varepsilon = \varepsilon_\mathrm{s}.

2. Régime après flambement (\varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s}) :

Pour \varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s}, la configuration fléchie devient énergétiquement favorable (E_\mathrm{F} < E_\mathrm{C}). Avec E_\mathrm{p} = E_\mathrm{F} = 48 K \dfrac{a^2}{L_0}\Delta (question 4) :

N = \frac{\mathrm{d}E_\mathrm{F}}{\mathrm{d}\Delta} = 48 K \frac{a^2}{L_0} = \frac{N_\mathrm{s}}{2}

La valeur prise par N pour \varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s} est donc constante :

\boxed{N = \frac{N_\mathrm{s}}{2} = 48 K \frac{a^2}{L_0} \quad (\text{pour } \varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s})}

3. Allure graphique de N(\varepsilon) :

4. Commentaires :

  • Palier post-flambement : pour \varepsilon > \varepsilon_\mathrm{s}, l'effort nécessaire n'augmente plus avec le raccourcissement imposé (N = \text{cte}). La structure fléchie perd toute raideur axiale incrémentale (\mathrm{d}N/\mathrm{d}\Delta = 0).
  • Discontinuité au seuil : la chute brutale de N_\mathrm{s} à N_\mathrm{s}/2 en \varepsilon = \varepsilon_\mathrm{s} est un artefact du modèle simplifié, qui suppose une séparation stricte entre compression pure et flexion pure (longueur de la fibre moyenne rigoureusement fixée à L_0 en flexion). Un modèle complet prenant en compte le couplage compression-flexion prédirait une bifurcation continue (bifurcation fourche).

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, approximation

Traduire, sur le rapport , la condition de respect des hypothèses établie en réponse à la question (3). Commenter ce résultat.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition sur \varepsilon établie à la question 3 pour que les hypothèses \Delta \ll L_0 \ll R soient vérifiées.
  2. Évaluer cette condition au seuil d'apparition de la flexion \varepsilon = \varepsilon_{\mathrm{s}} (obtenu aux questions 5 et 6).
  3. En déduire la condition géométrique sur le rapport d'aspect a/L_0 et l'interpréter physiquement en lien avec la notion de poutre ou structure élancée.
Voir la réponse courte

Traduction de la condition de validité sur le rapport d'aspect géométrique a/L_0 \ll 1, confirmant l'hypothèse de structure élancée.

Voir le corrigé complet

D'après la question 3, les deux hypothèses \Delta \ll L_0 \ll R sont simultanément vérifiées dès lors que l'ouverture angulaire \theta reste petite devant 1 radian, ce qui impose :

24\,\varepsilon \ll 1 \quad \Longleftrightarrow \quad \varepsilon \ll \frac{1}{24}

Pour que la transition vers l'état fléchi se produise dans le domaine de validité de ces hypothèses, cette condition doit être satisfaite dès le seuil d'instabilité \varepsilon = \varepsilon_{\mathrm{s}}. D'après les résultats des questions 5 et 6, le raccourcissement relatif seuil s'écrit :

\varepsilon_{\mathrm{s}} = 24\left(\frac{a}{L_0}\right)^2

En injectant cette expression dans la condition de validité, il vient :

24 \times 24\left(\frac{a}{L_0}\right)^2 \ll 1 \quad \Longleftrightarrow \quad 24\,\frac{a}{L_0} \ll 1

soit numériquement :

\boxed{\frac{a}{L_0} \ll \frac{1}{24} \approx 0{,}04 \quad \left(\text{ou plus largement } \frac{a}{L_0} \ll 1\right)}

Commentaire :

  • Le paramètre 2a caractérise la largeur transverse de la structure et L_0 sa hauteur longitudinale. La condition \frac{a}{L_0} \ll 1 caractérise une structure élancée (telle que définie en note de bas de page de l'énoncé), dont la longueur est très grande devant les dimensions transverses.
  • Si cette condition d'élancement n'était pas vérifiée (a \sim L_0), le seuil théorique d'instabilité \varepsilon_{\mathrm{s}} dépasserait 1 : la structure subirait alors un écrasement plastique ou une compression massive bien avant de pouvoir fléchir. Seules les structures très élancées présentent une instabilité de flambement élastique pour de très faibles déformations (\varepsilon \ll 1).

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : flambement, module de young

Application : La raideur (axiale) d'une tige homogène rectiligne, de section uniforme et de longueur , est reliée au module d'élasticité longitudinale (ou module de Young) du matériau la constituant selon la relation suivante :

Nous considérons une barre homogène de section carrée d'aire , de longueur et de module d'élasticité longitudinale . Établir une expression de l'effort-seuil en fonction de , et . On présentera les choix faits pour adapter la structure modèle que nous avons étudiée aux caractéristiques de la barre.

Calculer la valeur de pour les données suivantes : (acier) ; ; .

Voir la stratégie
  1. Identifier la raideur K des quatre ressorts en divisant la barre continue de section totale S_{\mathrm{tot}} = 4b^2 en quatre sous-barres identiques de section b \times b.
  2. Choisir la position des axes de ces quatre ressorts par rapport à l'axe neutre (demi-largeur a) : le choix le plus naturel consiste à faire coïncider l'axe de chaque ressort avec le centre de gravité de chaque sous-section (a = b/2).
  3. Injecter ces paramètres dans l'expression de l'effort-seuil N_{\mathrm{s}} = 96 K \frac{a^2}{L_0} établie à la question Q6, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Identification de la raideur équivalente de la poutre continue pour calculer l'effort critique de flambement d'Euler et calcul numérique.

Voir le corrigé complet

Pour modéliser la barre homogène continue de section carrée 2b \times 2b et de longueur L_0 par la structure à quatre ressorts, on réalise les choix d'adaptation suivants :

  • Équivalence en traction/compression axiale : on découpe la barre en 4 prismes longitudinaux identiques de section carrée S = b \times b = b^2 et de longueur L_0. D'après la relation fournie, la raideur axiale de chaque quart de barre vaut :

    K = \frac{Y S}{L_0} = \frac{Y b^2}{L_0}

    (la raideur totale de la barre en compression pure 4K = \frac{4Yb^2}{L_0} = \frac{Y S_{\mathrm{tot}}}{L_0} est ainsi rigoureusement conservée).

  • Positionnement transverse des ressorts (paramètre a) : l'axe de chaque ressort est avantageusement placé au centre de gravité de la sous-section associée. Dans le repère centré sur la section droite, le barycentre du quart supérieur droit [0, b] \times [0, b] se situe en (y, z) = (b/2, b/2), ce qui conduit au choix :

    a = \frac{b}{2}

    (Remarque : si l'on choisissait de placer les ressorts aux quatre arêtes extérieures de la barre, on aurait a = b).

En injectant K = \frac{Y b^2}{L_0} et a = \frac{b}{2} dans l'expression de la force-seuil N_{\mathrm{s}} = 96 K \frac{a^2}{L_0} (question Q6) :

N_{\mathrm{s}} = 96 \left(\frac{Y b^2}{L_0}\right) \frac{(b/2)^2}{L_0} = 24 \frac{Y b^4}{L_0^2}
\boxed{N_{\mathrm{s}} = 24 \frac{Y b^4}{L_0^2}}

Application numérique :

  • Y = 200\text{ GPa} = 2{,}0 \cdot 10^{11}\text{ Pa}
  • L_0 = 1\text{ m}
  • 2b = 1\text{ cm} \implies b = 5{,}0 \cdot 10^{-3}\text{ m}

On a :

\begin{aligned} b^4 &= (5{,}0 \cdot 10^{-3})^4 = 625 \cdot 10^{-12}\text{ m}^4 = 6{,}25 \cdot 10^{-10}\text{ m}^4 \\ \frac{Y b^4}{L_0^2} &= \frac{2{,}0 \cdot 10^{11} \times 6{,}25 \cdot 10^{-10}}{1^2} = 125\text{ N} \end{aligned}

D'où :

N_{\mathrm{s}} = 24 \times 125\text{ N} = 3\,000\text{ N} = 3{,}0\text{ kN}

(Avec le choix alternatif a = b, on obtiendrait N_{\mathrm{s}} = 96 \frac{Y b^4}{L_0^2} = 12\text{ kN}).

\boxed{N_{\mathrm{s}} = 3{,}0\text{ kN}}

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : flambement, symétrie

Nous avons implicitement supposé que la flexion, lorsqu'elle apparaît, se produit dans le plan (se reporter à la figure (2)-(c)). Elle pourrait se produire, a priori, dans tout plan tel que ().

Exprimer pour . Peut-on alors prévoir dans quel plan, ou (en ne considérant que ces deux situations), la flexion de la structure modèle étudiée se produit ?

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance u_i de chaque ressort à la fibre neutre lors d'une flexion dans le plan (\mathrm{O}, x, u) pour \phi = \pi/4, puis en déduire la somme \sum u_i^2.
  2. Comparer l'énergie élastique de flexion et la force-seuil N_{\mathrm{s}}(\pi/4) à celles obtenues pour \phi = 0.
  3. Conclure sur la possibilité de privilégier un plan de flexion particulier.
Voir la réponse courte

Comparaison de l'effort-seuil de flexion selon la diagonale (\phi = \pi/4) et selon l'axe principal pour identifier le mode de moindre résistance.

Voir le corrigé complet

Lors d'une flexion se produisant dans le plan (\mathrm{O}, x, u), avec \vec{e}_u = \cos\phi\,\vec{e}_y + \sin\phi\,\vec{e}_z, l'allongement ou le raccourcissement du ressort i situé initialement en (y_i, z_i) est proportionnel à sa distance algébrique à la surface neutre :

u_i = y_i \cos\phi + z_i \sin\phi

L'énergie élastique de flexion s'écrit alors, par analogie avec le calcul de la question 4 :

E_{\mathrm{F}} = \frac{1}{2} K \theta^2 \sum_{i=1}^{4} u_i^2 = 12 K \frac{\Delta}{L_0} \sum_{i=1}^{4} u_i^2

Pour \phi = \pi/4, \vec{e}_u = \frac{\sqrt{2}}{2}(\vec{e}_y + \vec{e}_z). Les quatre ressorts étant situés aux sommets (\pm a, \pm a) :

  • pour les deux ressorts situés sur la diagonale y = z (en (a, a) et (-a, -a)) :

    u = \pm a\sqrt{2}
  • pour les deux ressorts situés sur la diagonale y = -z (en (a, -a) et (-a, a)), ils se trouvent sur l'axe neutre :

    u = 0

La somme des carrés des distances vaut donc :

\sum_{i=1}^{4} u_i^2 = (a\sqrt{2})^2 + (-a\sqrt{2})^2 + 0^2 + 0^2 = 4a^2

Cette valeur est rigoureusement identique à celle obtenue pour \phi = 0 (\sum y_i^2 = 4a^2). L'énergie de flexion E_{\mathrm{F}} est donc inchangée, ce qui conduit à la même force-seuil :

\boxed{N_{\mathrm{s}}\left(\phi = \frac{\pi}{4}\right) = 96 K \frac{a^2}{L_0}}

Prévision du plan de flexion :

La force-seuil N_{\mathrm{s}} étant strictement identique pour \phi = 0 et \phi = \pi/4, on ne peut pas prévoir dans lequel de ces deux plans la flexion se produira sur la base de ce modèle théorique idéal. Dans une situation réelle, le choix du plan sera déterminé par les imperfections géométriques initiales ou les dissymétries de chargement (phénomène de brisure spontanée de symétrie).

Résultat

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2.1 · Densité volumique d'énergie élastique

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : milieu continu, ordre de grandeur

Indiquer à quelles conditions, portant sur la fonction (voire également certaines de ses dérivées) et le paramètre , l'hypothèse est justifiée, c'est-à-dire que le cristal liquide peut être considéré comme un milieu continu, vis-à-vis du champ de déplacement.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le principe fondamental d'une description continue en mécanique des milieux continus : l'échelle caractéristique macroscopique des grandeurs physiques doit être très grande devant l'échelle microscopique discrète (ici l'épaisseur d'une couche a_0).
  2. Exprimer les échelles caractéristiques spatiales de variation de u(y, z) à partir des dérivées partielles de la fonction, et poser les conditions d'inégalités associées.
Voir la réponse courte

Formulation de la condition de milieu continu : échelle de variation spatiale du déplacement macroscopique très grande devant le pas moléculaire a_0.

Voir le corrigé complet

Pour qu'un milieu discret constitué de couches d'épaisseur a_0 puisse être modélisé comme un milieu continu vis-à-vis du champ de déplacement \vec{u}(y,z) = u(y,z)\vec{e}_z (hypothèse \mathcal{H}_u), les longueurs caractéristiques de variation spatiale de u, notées L_y et L_z, doivent être très grandes devant l'échelle microscopique a_0 :

L_y \gg a_0 \quad \text{et} \quad L_z \gg a_0

Ces longueurs caractéristiques s'expriment à partir des gradients du champ de déplacement selon les axes (Oy) et (Oz) :

L_y \sim \left| \frac{u}{\dfrac{\partial u}{\partial y}} \right| \quad \text{et} \quad L_z \sim \left| \frac{u}{\dfrac{\partial u}{\partial z}} \right|

L'hypothèse d'un milieu continu se traduit donc par le fait que la variation de déplacement d'une couche à la suivante est négligeable devant le déplacement lui-même :

\boxed{a_0 \left| \frac{\partial u}{\partial y} \right| \ll |u| \quad \text{et} \quad a_0 \left| \frac{\partial u}{\partial z} \right| \ll |u|}

De façon analogue, pour que les déformations locales (données par les dérivées premières) soient elles-mêmes continues à cette échelle, les dérivées d'ordre supérieur doivent également varier très lentement sur une distance a_0 :

\boxed{a_0 \left| \frac{\partial^2 u}{\partial y^2} \right| \ll \left| \frac{\partial u}{\partial y} \right| \quad \text{et} \quad a_0 \left| \frac{\partial^2 u}{\partial z^2} \right| \ll \left| \frac{\partial u}{\partial z} \right|}

Sur le plan spectral, si le champ de déformation comporte des composantes ondulatoires de nombres d'onde q selon y et k selon z, ces conditions imposent que les longueurs d'onde associées \lambda_y = 2\pi/q et \lambda_z = 2\pi/k soient très grandes devant a_0, soit :

\boxed{q\, a_0 \ll 1 \quad \text{et} \quad k\, a_0 \ll 1}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle élastique, densité volumique d'énergie

Nous nous plaçons dans une situation telle que la fonction ne dépend pas de (état de simple extension – ou compression). Établir que l'énergie alors emmagasinée, par unité de volume du cristal liquide, prend la forme suivante :

On exprimera la constante en fonction de et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement des sommets du cube élémentaire \mathcal{D} de côté a_0 soumis au champ de déplacement \vec{u}(z) = u(z)\vec{e}_z.
  2. Déterminer l'allongement de chacune des 12 arêtes du cube pour en déduire l'énergie élastique totale du domaine \mathcal{D}.
  3. Diviser cette énergie par le volume a_0^3 du cube pour obtenir la densité volumique e_\mathrm{E} et identifier le module de compression B.
Voir la réponse courte

Passage au continuum volumique pour relier l'allongement relatif local au gradient spatial \partial u/\partial z et exprimer B = K/a_0.

Voir le corrigé complet

Considérons le domaine cubique élémentaire \mathcal{D}, de côté a_0 et de volume initial V_0 = a_0^3, dont les arêtes sont constituées de ressorts de raideur K et de longueur au repos a_0.

Dans un état d'extension pure selon (Oz), le champ de déplacement s'écrit \vec{u}(M) = u(z)\vec{e}_z.

Examinons la déformation des 12 arêtes du cube :

  • Arêtes horizontales (8 arêtes) : les 4 arêtes parallèles à (Ox) et les 4 arêtes parallèles à (Oy) relient des points situés à la même cote (z ou z + a_0). Leurs extrémités subissent donc une même translation selon \vec{e}_z : elles ne subissent aucune déformation longitudinale (\Delta \ell = 0), et leur énergie élastique est nulle.
  • Arêtes verticales (4 arêtes) : parallèles à (Oz), elles relient un sommet inférieur de cote z à un sommet supérieur de cote z + a_0. Leurs extrémités se déplacent respectivement de u(z)\vec{e}_z et u(z+a_0)\vec{e}_z. L'allongement de chacune des 4 arêtes verticales s'écrit donc :

    \Delta \ell = u(z + a_0) - u(z)

    D'après l'hypothèse de milieu continu \mathcal{H}_u, cet allongement s'exprime au premier ordre par un développement de Taylor :

    \Delta \ell \approx a_0 \frac{\partial u}{\partial z}

L'énergie potentielle élastique totale emmagasinée par le cube \mathcal{D} provient donc uniquement de ces 4 arêtes verticales :

E_{\mathcal{D}} = 4 \times \left( \frac{1}{2} K (\Delta \ell)^2 \right) = 2 K a_0^2 \left( \frac{\partial u}{\partial z} \right)^2

La densité volumique d'énergie élastique s'obtient en divisant cette énergie par le volume élémentaire V_0 = a_0^3 :

e_\mathrm{E} = \frac{E_{\mathcal{D}}}{V_0} = \frac{2 K a_0^2}{a_0^3} \left( \frac{\partial u}{\partial z} \right)^2 = \frac{2K}{a_0} \left( \frac{\partial u}{\partial z} \right)^2

En identifiant avec l'expression imposée par l'énoncé e_\mathrm{E} = \frac{1}{2} B \left( \frac{\partial u}{\partial z} \right)^2, on obtient :

\boxed{B = \frac{4K}{a_0}}

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : grandeur intensive, homogénéité

Justifier que la constante ne dépend pas de la taille choisie du domaine élémentaire cubique.

Voir la stratégie

Pour justifier que la constante B ne dépend pas de la taille du domaine élémentaire, on peut combiner :

  1. un argument thermodynamique d'extensivité de l'énergie élastique ;
  2. une analyse d'échelle microscopique basée sur les associations série et parallèle de ressorts.
Voir la réponse courte

Justification du caractère intensif et local du module élastique de compression B, indépendant du volume élémentaire choisi.

Voir le corrigé complet

On peut justifier l'indépendance de B selon deux approches complémentaires :

1. Approche macroscopique (extensivité de l'énergie) Pour un état de déformation homogène caractérisé par le gradient \frac{\partial u}{\partial z}, l'énergie élastique totale emmagasinée par un échantillon est une grandeur extensive : elle est proportionnelle au volume V de l'échantillon.

Par conséquent, la densité volumique d'énergie :

e_{\mathrm{E}} = \frac{E_{\text{élastique}}}{V} = \frac{1}{2} B \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2

est une grandeur intensive, locale et caractéristique intrinsèque du cristal liquide. La constante B (module de compression des couches smectiques, homogène à une pression, en \mathrm{J\cdot m^{-3}} ou \mathrm{N\cdot m^{-2}}) est donc une propriété matérielle indépendante de la taille du volume mésoscopique considéré.

2. Approche microscopique (association de ressorts et lois d'échelle) Considérons un domaine cubique de côté L = N a_0 (N \in \mathbb{N}^*), constitué de N^3 cubes élémentaires \mathcal{D} de côté a_0.

  • Le long de l'axe (\mathrm{O}z), une file est constituée de N ressorts de raideur K en série ; la raideur équivalente d'une file est donc :

    K_{\text{file}} = \frac{K}{N}
  • Dans le plan de section (x\mathrm{O}y), le cube comprend N \times N = N^2 files en parallèle. La raideur globale du cube selon l'axe (\mathrm{O}z) vaut donc :

    K_{\mathrm{eq}} = N^2 \cdot K_{\text{file}} = N^2 \cdot \frac{K}{N} = N K = \frac{L}{a_0} K

Pour un gradient donné \frac{\partial u}{\partial z}, l'allongement total du bloc de longueur L s'écrit \Delta L = L \frac{\partial u}{\partial z}. L'énergie élastique totale du bloc s'exprime alors par :

E_{\text{tot}} = \frac{1}{2} K_{\mathrm{eq}} (\Delta L)^2 = \frac{1}{2} \left( \frac{L}{a_0} K \right) L^2 \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2 = \frac{1}{2} \frac{K}{a_0} L^3 \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2

Le volume du cube étant V = L^3, la densité volumique d'énergie s'obtient par :

e_{\mathrm{E}} = \frac{E_{\text{tot}}}{L^3} = \frac{1}{2} \frac{K}{a_0} \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2

Le facteur multiplicatif reliant e_{\mathrm{E}} à \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2 fait intervenir le rapport \frac{K_{\mathrm{eq}}}{L} = \frac{K}{a_0}, qui est strictement invariant par changement d'échelle.

\boxed{\text{La constante } B \text{ est une grandeur intensive intrinsèque, indépendante de la taille } L \text{ du cube choisi.}}

Résultat

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie de déformation, courbure

Établir que l'énergie emmagasinée par unité de volume du cristal liquide, dans cette situation de flexion, prend la forme suivante :

Exprimer la constante en fonction de la raideur et de la longueur .

Nous posons . Exprimer le rapport .

Voir la stratégie
  1. Exprimer les variations de longueur des arêtes élastiques horizontales à partir du rayon de courbure R et de l'ouverture angulaire \delta\theta.
  2. Relier la courbure 1/R et \delta\theta à la dérivée seconde spatiale \frac{\partial^2 u}{\partial y^2} dans le cadre de l'approximation linéaire.
  3. Calculer l'énergie élastique totale du domaine élémentaire, en déduire la densité volumique d'énergie par division par le volume initial a_0^3, et identifier F ainsi que le rapport \lambda/a_0.
Voir la réponse courte

Expression de la courbure locale par la dérivée seconde spatiale \partial^2 u/\partial y^2 et identification de la longueur caractéristique \lambda \sim a_0.

Voir le corrigé complet

Considérons le domaine élémentaire \mathcal{D} cubique de volume initial V = a_0^3, fléchi dans le plan (y,z) comme représenté sur la figure (6).

  • La ligne médiane (g'f') conserve sa longueur initiale a_0, ce qui donne pour son rayon de courbure R :

    a_0 = R\,\delta\theta \implies \delta\theta = \frac{a_0}{R}
  • Les arêtes selon la direction orthogonale (Ox) ainsi que les quatre arêtes orientées selon les bâtonnets (selon l'arc normal, de longueur a_0) ne subissent aucune déformation.
  • Les deux arêtes supérieures ont pour rayon de courbure R - \frac{a_0}{2} et les deux arêtes inférieures pour rayon R + \frac{a_0}{2}. Leurs longueurs respectives sont :

    \begin{aligned} L_{\text{haut}} &= \left(R - \frac{a_0}{2}\right)\delta\theta = a_0 - \frac{a_0}{2}\,\delta\theta \\ L_{\text{bas}} &= \left(R + \frac{a_0}{2}\right)\delta\theta = a_0 + \frac{a_0}{2}\,\delta\theta \end{aligned}

Les variations de longueur des quatre ressorts de raideur K situés selon y sont donc \Delta L = \pm \frac{a_0}{2}\,\delta\theta. L'énergie élastique totale emmagasinée par le domaine \mathcal{D} s'écrit :

E_{\text{él}} = 2 \times \frac{1}{2}K\left(-\frac{a_0}{2}\,\delta\theta\right)^2 + 2 \times \frac{1}{2}K\left(\frac{a_0}{2}\,\delta\theta\right)^2 = \frac{1}{2}K a_0^2 (\delta\theta)^2

Dans l'approximation linéaire (|\partial u/\partial y| \ll 1), la normale locale \vec{n} fait avec l'axe (Oz) un angle \theta \approx -\frac{\partial u}{\partial y}. La courbure de la couche s'identifie donc à :

\frac{1}{R} = \frac{\delta\theta}{a_0} \approx \left|\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right| \implies \delta\theta = a_0 \left|\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right|

En reportant dans l'expression de l'énergie élastique :

E_{\text{él}} = \frac{1}{2} K a_0^4 \left(\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right)^2

La densité volumique d'énergie élastique e_{\mathrm{F},y} = \frac{E_{\text{él}}}{a_0^3} s'écrit alors :

e_{\mathrm{F},y} = \frac{1}{2} K a_0 \left(\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right)^2

Par identification avec la relation (4), on obtient :

\boxed{F = K a_0}

D'après le résultat de la question 12, B = \frac{4K}{a_0}. Avec la définition F = \lambda^2 B, il vient :

\lambda^2 = \frac{F}{B} = \frac{K a_0}{\dfrac{4K}{a_0}} = \frac{a_0^2}{4}

On en déduit :

\boxed{\frac{\lambda}{a_0} = \frac{1}{2}}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : déformation, gradient

Cette densité volumique d'énergie de flexion peut également s'écrire sous la forme suivante (toujours dans le cadre des hypothèses adoptées) :

Cette écriture suggère qu'il faut considérer, parallèlement, la densité volumique d'énergie de flexion suivante :

Décrire, à l'appui d'un dessin, le type de déformation associé à cette énergie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la composante n_y du vecteur unitaire normal \vec{n} en fonction des dérivées du déplacement u(y,z) dans l'approximation linéaire.
  2. Interpréter la dérivée \frac{\partial n_y}{\partial z} comme la variation d'orientation locale des molécules (ou des couches) le long de la direction d'empilement (Oz).
  3. Réaliser un schéma illustrant la déformation associée : non-parallélisme de couches successives et rotation du directeur moléculaire \vec{n} le long de l'axe vertical.
Voir la réponse courte

Schéma et interprétation physique d'une déformation où l'orientation de la normale aux couches smectiques varie le long de l'axe d'empilement z.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation linéaire (|\partial u/\partial y| \ll 1), un vecteur tangent à la couche déformée dans le plan (y, z) s'écrit :

\vec{t} \approx \vec{e}_y + \frac{\partial u}{\partial y}\,\vec{e}_z

Le vecteur unitaire normal \vec{n} vérifie \vec{n}\cdot\vec{t} = 0 et n_z \approx 1, ce qui donne directement :

n_y = \vec{n}\cdot\vec{e}_y \approx -\frac{\partial u}{\partial y}

Par conséquent, la quantité apparaissant dans l'énergie e_{\mathrm{F},z} s'identifie à :

\frac{\partial n_y}{\partial z} \approx -\frac{\partial^2 u}{\partial y\,\partial z}

Description physique du type de déformation :

  • Alors que le terme e_{\mathrm{F},y} \propto \left(\frac{\partial n_y}{\partial y}\right)^2 correspond à la courbure intrinsèque d'une même couche le long de l'axe (Oy), le terme e_{\mathrm{F},z} \propto \left(\frac{\partial n_y}{\partial z}\right)^2 traduit une variation spatiale de l'orientation du vecteur directeur \vec{n} selon la normale d'empilement (Oz).
  • À une abscisse y fixée, l'angle d'inclinaison des couches varie lorsqu'on passe d'une couche à la suivante le long de z. Les couches adjacentes ne sont plus rigoureusement parallèles et forment localement un « dièdre » ou une structure en coin (ouverture en éventail).
  • Du point de vue de l'arrangement moléculaire, les lignes de champ du directeur \vec{n} présentent une courbure le long de l'axe d'empilement (mode de flexion des directeurs).
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2.2 · Ondulation des couches induite par une extension de l'épaisseur d'un film

Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, géométrie

Nous souhaitons prendre en compte, dans l'expression de , l'effet d'une éventuelle inclinaison (locale) des couches. Dans cette situation, l'épaisseur réelle d'une couche n'est plus assimilable à son épaisseur apparente . Établir que le terme (1) de l'équation (7) doit alors être remplacé par le terme () suivant, à l'ordre correctif le plus bas :

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance apparente M'N' séparant deux points situés sur une même verticale dans l'état de référence (M en z et N en z+a_0).
  2. Relier géométriquement l'épaisseur réelle a à l'épaisseur apparente M'N' et à l'angle d'inclinaison \theta de la couche.
  3. Exprimer \theta (et \cos\theta) en fonction du gradient transverse \frac{\partial u}{\partial y}, puis en déduire la dilatation relative réelle \frac{a - a_0}{a_0}.
Voir la réponse courte

Calcul de l'épaisseur réelle projetée selon la normale inclinée via un développement limité non linéaire du cosinus de l'angle d'inclinaison.

Voir le corrigé complet

Dans l'état de référence, deux points M(y, z) et N(y, z+a_0) appartiennent à deux couches planes adjacentes distantes de \vec{MN} = a_0 \vec{e}_z.

Après déformation, leurs positions respectives deviennent :

\begin{aligned} \vec{OM}' &= y \vec{e}_y + [z + u(y, z)] \vec{e}_z \\ \vec{ON}' &= y \vec{e}_y + [z + a_0 + u(y, z + a_0)] \vec{e}_z \end{aligned}

Le vecteur reliant ces deux points s'écrit alors :

\vec{M'N}' = \left(a_0 + u(y, z+a_0) - u(y, z)\right) \vec{e}_z \approx a_0 \left(1 + \frac{\partial u}{\partial z}\right) \vec{e}_z

La distance apparente selon la verticale est donc :

M'N' = a_0 \left(1 + \frac{\partial u}{\partial z}\right)

L'épaisseur réelle a de la couche correspond à la distance entre les couches mesurée orthogonalement à celles-ci, c'est-à-dire le long du vecteur normal unitaire \vec{n}. Comme le montre la figure 7-(b), l'angle entre la normale \vec{n} et la verticale \vec{e}_z est l'angle d'inclinaison locale \theta. Dans le triangle rectangle formé, l'épaisseur réelle est donnée par la projection :

a = M'N' \cos\theta

La tangente à la couche déformée dans le plan (y, z) a pour vecteur directeur \vec{\tau} = \vec{e}_y + \frac{\partial u}{\partial y} \vec{e}_z. L'angle d'inclinaison \theta vérifie donc :

\tan\theta = -\frac{\partial u}{\partial y}

Dans le cadre de l'approximation linéaire des gradients \left(\left|\frac{\partial u}{\partial y}\right| \ll 1\right), on a \theta \ll 1, d'où au second ordre :

\cos\theta = \frac{1}{\sqrt{1 + \tan^2\theta}} \approx 1 - \frac{1}{2}\tan^2\theta \approx 1 - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2

En combinant ces résultats, l'épaisseur réelle devient, à l'ordre correctif le plus bas :

\begin{aligned} a &\approx a_0 \left(1 + \frac{\partial u}{\partial z}\right) \left(1 - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2\right) \\ &\approx a_0 \left(1 + \frac{\partial u}{\partial z} - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2\right) \end{aligned}

où le terme croisé d'ordre supérieur \frac{\partial u}{\partial z}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2 est négligé.

L'élongation relative réelle subie par la couche est donc :

\frac{a - a_0}{a_0} = \frac{\partial u}{\partial z} - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2

L'énergie élastique volumique de compression/extension e_\mathrm{E} s'exprimant comme \frac{1}{2} B \left(\frac{a - a_0}{a_0}\right)^2, le terme (1) de l'équation (7), \left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2, est bien remplacé par le terme correctif :

\boxed{(1') = \left(\frac{\partial u}{\partial z} - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2\right)^2}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : condition aux limites, mode propre

Dans le cas où , déterminer la valeur de et caractériser l'ensemble des nombres d'onde possibles.

Dans ces conditions, représenter la forme prise par quelques couches réparties sur l'intervalle .

Voir la stratégie
  1. Exprimer les conditions aux limites imposées au champ de déplacement u(y, z) sur les surfaces inférieure (z = 0) et supérieure (z = d_0).
  2. En déduire la phase \phi_n et le spectre des nombres d'onde verticaux k_n.
  3. Pour le mode fondamental (n=1), déterminer la position déformée des couches z'(y, z) = z + u(y, z) et tracer l'allure des couches entre les deux plaques.
Voir la réponse courte

Application des conditions aux limites d'ancrage aux parois z=0 et z=d pour déterminer la phase \phi_n et la quantification k_n = n\pi/d.

Voir le corrigé complet

Les conditions aux limites sur le champ de déplacement s'écrivent :

  • En z = 0, la plaque inférieure est fixe et le film reste en contact avec elle, d'où pour tout y :

    u(y, 0) = 0
  • En z = d_0, la plaque supérieure subit une translation verticale d'amplitude \delta = \alpha d_0, d'où pour tout y :

    u(y, d_0) = \delta = \alpha d_0

En injectant la forme proposée u(y, z) = \alpha z + A_n \sin(k_n z + \phi_n) \cos(q y) dans la condition en z = 0 :

u(y, 0) = A_n \sin(\phi_n) \cos(q y) = 0 \quad \forall y

Comme A_n \neq 0, cela impose \sin(\phi_n) = 0. En choisissant l'origine de phase usuelle (avec A_n > 0 et k_n > 0), on retient :

\boxed{\phi_n = 0}

En appliquant ensuite la condition en z = d_0 :

u(y, d_0) = \alpha d_0 + A_n \sin(k_n d_0) \cos(q y) = \alpha d_0 \quad \forall y

ce qui conduit à :

A_n \sin(k_n d_0) \cos(q y) = 0 \quad \forall y \implies \sin(k_n d_0) = 0

Puisque k_n \in \mathbb{R}_+^*, les nombres d'onde k_n sont quantifiés selon :

k_n d_0 = n \pi \quad (n \in \mathbb{N}^*)

soit :

\boxed{k_n = \frac{n \pi}{d_0} \quad \text{avec } n \in \mathbb{N}^*}

Pour le mode fondamental n = 1, le nombre d'onde vertical s'écrit k = \pi / d_0. La coordonnée verticale d'une couche initialement située à la cote z \in [0, d_0] devient :

z'(y, z) = z + u(y, z) = (1 + \alpha) z + A \sin\left(\frac{\pi z}{d_0}\right) \cos(q y)

L'amplitude de l'ondulation varie en \sin(\pi z / d_0) : elle s'annule sur les plaques rigides en z = 0 et z = d, et atteint sa valeur maximale au milieu de l'échantillon pour z \approx d_0 / 2.

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bifurcation, énergie potentielle

Représenter l'allure graphique de la dépendance de l'énergie moyenne vis-à-vis de l'amplitude , dans le cas où puis dans celui où . On utilisera un système d'axes commun.

Voir l'indice

Analyser la concavité à l'origine du potentiel effectif en A^2 selon le signe du coefficient quadratique S.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fonction \langle e \rangle(A) et sa dérivée par rapport à l'amplitude A \ge 0.
  2. Étudier les variations et extrema de l'énergie moyenne selon le signe du paramètre S(\alpha, k, q), en notant que B > 0 et W(q) > 0.
  3. Tracer l'allure des deux courbes dans un repère commun (\langle e \rangle, A) en faisant apparaître l'énergie de base \frac{1}{2}B\alpha^2 et le minimum pour S < 0.
Voir la réponse courte

Représentation du profil de Landau \langle e \rangle(A) : simple puits stable en A=0 pour S > 0, double puits avec brisure de symétrie pour S < 0.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'énergie élastique moyenne par unité de volume s'écrit :

\langle e \rangle(A) = \frac{1}{2} B \left( \alpha^2 + \frac{A^2}{4} S + \frac{A^4}{4} W \right)

avec B > 0 et W(q) = \left(\frac{3}{8}\right)^2 q^4 > 0.

Pour A = 0, l'énergie volumique correspond à l'état de simple extension homogène :

\langle e \rangle(0) = \frac{1}{2} B \alpha^2

Dérivons \langle e \rangle par rapport à A :

\frac{\mathrm{d}\langle e \rangle}{\mathrm{d}A} = \frac{1}{2} B \left( \frac{S}{2} A + W A^3 \right) = \frac{B}{4} A \left( S + 2 W A^2 \right)

L'amplitude A étant positive ou nulle (A \in \mathbb{R}_+), deux cas se présentent :

  • Cas S > 0 : Pour tout A > 0, S + 2 W A^2 > 0, donc :

    \frac{\mathrm{d}\langle e \rangle}{\mathrm{d}A} > 0 \quad (\forall A > 0)

    La fonction \langle e \rangle(A) est strictement croissante sur \mathbb{R}_+. Elle admet un minimum unique en A = 0 avec une tangente horizontale (\mathrm{d}\langle e \rangle / \mathrm{d}A = 0).

  • Cas S < 0 : L'équation S + 2 W A^2 = 0 admet une solution réelle positive unique :

    A_{\mathrm{min}} = \sqrt{-\frac{S}{2W}} > 0

    La dérivée est négative sur ]0, A_{\mathrm{min}}[, nulle en A_{\mathrm{min}}, et positive sur ]A_{\mathrm{min}}, +\infty[. L'énergie \langle e \rangle présente donc :

    • un maximum local en A = 0, avec \langle e \rangle(0) = \frac{1}{2} B \alpha^2 ;
    • un minimum absolu en A_{\mathrm{min}}, d'énergie inférieure à l'état non déformé :

      \langle e \rangle(A_{\mathrm{min}}) = \frac{1}{2} B \alpha^2 - \frac{B \, S^2}{32 \, W} < \frac{1}{2} B \alpha^2
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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bifurcation, instabilité

À la lumière de ces tracés, définir le critère qui détermine l'existence d'une ondulation des couches. Établir alors l'expression, en fonction de et , du seuil d'extension relative au-delà duquel une ondulation des couches apparaît. En déduire l'expression, en fonction de et , du nombre d'onde sélectionné lorsque tend vers , par valeur supérieure (). En se reportant à la caractérisation de établie en réponse à la question (17), exprimer finalement en fonction de et .

Voir l'indice

Minimiser la fonction seuil \alpha(q) par rapport au nombre d'onde transverse q pour trouver la valeur critique \alpha_s et le mode sélectionné.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le critère d'instabilité à partir de la condition sur S(\alpha, k, q) établie à la question précédente.
  2. Étudier le polynôme S(q^2) pour trouver son minimum et la condition d'annulation de ce minimum définissant le seuil \alpha_\mathrm{s}.
  3. En déduire le vecteur d'onde q_\mathrm{s} correspondant au minimum au seuil, puis injecter la valeur du mode fondamental k = \pi/d_0 obtenue à la question 17.
Voir la réponse courte

Annulation du terme quadratique S=0, minimisation de l'extension seuil vis-à-vis du vecteur d'onde q et déduction de q_\mathrm{s}^2 = \pi/(\lambda d_0).

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question 18, l'état homogène sans ondulation (A = 0) est un minimum d'énergie tant que S(\alpha, k, q) > 0 pour tout q. En revanche, dès que S(\alpha, k, q) < 0 pour certaines valeurs de q, l'énergie est minimisée pour une amplitude non nulle A_{\min} > 0 : le film devient instable vis-à-vis d'une ondulation transverse.

Le critère d'existence d'une ondulation des couches est donc :

\exists\, q > 0 \quad \text{tel que} \quad S(\alpha, k, q) < 0

Le seuil d'instabilité \alpha_\mathrm{s} correspond à la valeur d'extension relative pour laquelle le minimum de S par rapport à q s'annule :

\min_{q > 0} S(\alpha_\mathrm{s}, k, q) = 0

Posons X = q^2 > 0. La fonction S s'écrit sous la forme d'un trinôme en X :

S(X) = \lambda^2 X^2 - (\alpha - \lambda^2 k^2) X + k^2

Le coefficient du terme d'ordre 2 étant strictement positif (\lambda^2 > 0), la fonction S atteint son minimum en :

X_0 = q^2 = \frac{\alpha - \lambda^2 k^2}{2\lambda^2}

La valeur minimale atteinte est :

S_{\min} = k^2 - \frac{(\alpha - \lambda^2 k^2)^2}{4\lambda^2}

Le seuil \alpha_\mathrm{s} est obtenu pour S_{\min} = 0, avec la condition X_0 > 0 (soit \alpha_\mathrm{s} > \lambda^2 k^2) :

\begin{aligned} (\alpha_\mathrm{s} - \lambda^2 k^2)^2 &= 4\lambda^2 k^2 \\ \alpha_\mathrm{s} - \lambda^2 k^2 &= 2\lambda k \\ \alpha_\mathrm{s} &= 2\lambda k + \lambda^2 k^2 \end{aligned}

Compte tenu de la petitesse de la longueur caractéristique devant la taille macroscopique du système (\lambda k \ll 1), le terme en \lambda^2 k^2 est tout à fait négligeable devant 2\lambda k :

\boxed{\alpha_\mathrm{s} = 2\lambda k + \lambda^2 k^2 \approx 2\lambda k}

Lorsque \alpha \to \alpha_\mathrm{s}^+, le nombre d'onde q_\mathrm{s} sélectionné correspond à l'abscisse du minimum X_0 au seuil :

q_\mathrm{s}^2 = \frac{\alpha_\mathrm{s} - \lambda^2 k^2}{2\lambda^2} = \frac{2\lambda k}{2\lambda^2} = \frac{k}{\lambda}

D'où l'expression du nombre d'onde transverse au seuil :

\boxed{q_\mathrm{s} = \sqrt{\frac{k}{\lambda}}}

D'après la question 17, les modes verticaux autorisés sont quantifiés sous la forme k_n = \frac{n\pi}{d_0} (n \in \mathbb{N}^*). Le seuil d'instabilité \alpha_\mathrm{s} étant une fonction strictement croissante de k, le premier mode à devenir instable lors de l'étirement (seuil le plus bas) correspond au mode fondamental n = 1, soit k = \frac{\pi}{d_0}. On en déduit :

\boxed{q_\mathrm{s}^2 = \frac{\pi}{\lambda d_0}}

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, milieu continu

Pour et , nous obtenons les valeurs suivantes :

Vérifier que ces résultats justifient les hypothèses adoptées, en particulier l'hypothèse (se reporter à la question (11)).

Voir l'indice

Calculer les produits adimensionnés k a_0 et q_s a_0 à partir des valeurs numériques fournies afin de valider la séparation d'échelles.

Voir la stratégie

Pour justifier les hypothèses adoptées dans la modélisation, on vérifie successivement :

  1. L'hypothèse de milieu continu \mathcal{H}_u (question 11), en comparant les échelles caractéristiques spatiales de déformation à la taille moléculaire a_0 (ou les produits k a_0 et q_\mathrm{s} a_0 à 1).
  2. L'hypothèse d'extension relative infinitésimale (\alpha \ll 1).
  3. L'approximation consistant à négliger \lambda^2 k^2 devant 2\lambda k lors du calcul de \alpha_\mathrm{s} (question 19).
  4. La séparation des échelles spatiales et la structure multicouche (d_0 \gg a_0).
Voir la réponse courte

Vérification numérique que le pas d'ondulation transversal \Lambda = 2\pi/q_\mathrm{s} \gg a_0, garantissant la cohérence de l'approche milieu continu.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèse de milieu continu \mathcal{H}_u :

D'après la question 11, la description continue du champ de déplacement u(y,z) est valide si les longueurs d'onde des variations spatiales selon z et y sont très grandes devant la distance inter-couches a_0 \sim 5\text{ nm} :

\begin{aligned} \Lambda_z &= \frac{2\pi}{k} \approx \frac{2\pi}{3\times 10^4\text{ m}^{-1}} \approx 2{,}1 \times 10^{-4}\text{ m} = 210\,\mu\text{m} \gg a_0, \\ \Lambda_y &= \frac{2\pi}{q_\mathrm{s}} \approx \frac{2\pi}{2\times 10^6\text{ m}^{-1}} \approx 3{,}1 \times 10^{-6}\text{ m} = 3{,}1\,\mu\text{m} \gg a_0. \end{aligned}

En termes adimensionnels, on a :

\begin{aligned} k a_0 &\sim (3 \times 10^4\text{ m}^{-1}) \times (5 \times 10^{-9}\text{ m}) \approx 1{,}5 \times 10^{-4} \ll 1, \\ q_\mathrm{s} a_0 &\sim (2 \times 10^6\text{ m}^{-1}) \times (5 \times 10^{-9}\text{ m}) \approx 10^{-2} \ll 1. \end{aligned}

Les variations spatiales de u s'effectuent donc sur des distances macroscopiques ou mésoscopiques contenant un très grand nombre de molécules : l'hypothèse \mathcal{H}_u est pleinement justifiée.

2. Hypothèse des faibles déformations (\alpha \ll 1) :

Le seuil d'apparition de l'ondulation vaut :

\alpha_\mathrm{s} \sim 3 \times 10^{-4} \ll 1

Au voisinage immédiat du seuil, l'extension relative \alpha = \delta/d_0 imposée au film est de l'ordre de quelques dix-millièmes, ce qui justifie parfaitement le cadre de l'élasticité linéaire et l'approximation |\partial u/\partial z| \ll 1.

3. Négligeabilité du terme \lambda^2 k^2 :

À la question 19, on a approché \alpha_\mathrm{s} = 2\lambda k + \lambda^2 k^2 par 2\lambda k. Avec \lambda \sim a_0 :

\lambda k \sim 1{,}5 \times 10^{-4} \ll 1 \implies \lambda^2 k^2 \sim 2{,}3 \times 10^{-8} \ll 2\lambda k \approx 3 \times 10^{-4}

Cette simplification est donc rigoureusement vérifiée.

4. Hiérarchie des échelles spatiales :

L'épaisseur de l'échantillon d_0 \sim 0{,}1\text{ mm} représente environ N = d_0/a_0 \sim 2 \times 10^4 couches élémentaires, ce qui légitime la vision d'un système multicouche continu. On observe de plus la remarquable hiérarchie :

a_0 \sim 5\text{ nm} \ll \Lambda_y \sim 3\,\mu\text{m} \ll d_0 \sim 100\,\mu\text{m}

qui correspond bien à k \ll q_\mathrm{s} \ll a_0^{-1}.

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bifurcation, minimisation d'énergie

Nous posons tel que . En présentant le raisonnement conduit, exprimer l'amplitude de l'ondulation des couches en fonction de l'écart au seuil et du nombre d'onde au seuil .

Voir l'indice

Minimiser l'énergie volumique moyenne par rapport à l'amplitude A dans le régime surcritique où S < 0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de minimisation de l'énergie élastique moyenne \langle e \rangle par rapport à l'amplitude A pour obtenir l'expression de A^2 dans le régime post-seuil (S < 0).
  2. Développer la fonction S(\alpha, k, q) au premier ordre en l'écart au seuil \varepsilon = \alpha - \alpha_\mathrm{s} au nombre d'onde critique q = q_\mathrm{s}.
  3. Remplacer l'expression explicite de W(q_\mathrm{s}) pour en déduire l'amplitude A en fonction de \varepsilon et q_\mathrm{s}.
Voir la réponse courte

Minimisation de la densité d'énergie vis-à-vis de l'amplitude A, établissant la loi d'échelle caractéristique d'une bifurcation fourche supercritique A \propto \sqrt{\varepsilon}.

Voir le corrigé complet

L'énergie élastique moyenne s'écrit, d'après l'équation (11) de l'énoncé :

\langle e \rangle = \frac{1}{2} B \left( \alpha^2 + \frac{A^2}{4} S(\alpha, k, q) + \frac{A^4}{4} W(q) \right)

L'état d'équilibre correspond au minimum de \langle e \rangle par rapport à l'amplitude A \ge 0 :

\frac{\partial \langle e \rangle}{\partial A} = \frac{1}{2} B \left( \frac{A}{2} S(\alpha, k, q) + A^3 W(q) \right) = \frac{1}{2} B A \left( \frac{S(\alpha, k, q)}{2} + A^2 W(q) \right) = 0

Pour S < 0, la solution non nulle stable correspond au minimum global non trivial déterminé à la question Q18 :

A^2 = -\frac{S(\alpha, k, q)}{2 W(q)}

Juste au-dessus du seuil d'instabilité, avec 0 \le \varepsilon/\alpha_\mathrm{s} \ll 1, le mode sélectionné reste localisé autour de son nombre d'onde critique q \approx q_\mathrm{s}.

D'après l'expression de S donnée par l'équation (12) :

S(\alpha, k, q) = k^2 - \alpha q^2 + \lambda^2 q^2 \left( k^2 + q^2 \right)

La dépendance en \alpha est strictement linéaire. Comme par définition du seuil critique (question Q19), S(\alpha_\mathrm{s}, k, q_\mathrm{s}) = 0, on obtient en q = q_\mathrm{s} pour \alpha = \alpha_\mathrm{s} + \varepsilon :

S(\alpha_\mathrm{s} + \varepsilon, k, q_\mathrm{s}) = S(\alpha_\mathrm{s}, k, q_\mathrm{s}) - \varepsilon q_\mathrm{s}^2 = -\varepsilon q_\mathrm{s}^2

En reportant cette relation dans l'expression de A^2 avec W(q_\mathrm{s}) = \left(\frac{3}{8}\right)^2 q_\mathrm{s}^4 = \frac{9}{64} q_\mathrm{s}^4 :

\begin{aligned} A^2 &= \frac{\varepsilon q_\mathrm{s}^2}{2 \times \frac{9}{64} q_\mathrm{s}^4} = \frac{32}{9} \frac{\varepsilon}{q_\mathrm{s}^2} \end{aligned}

Comme A \ge 0, on en déduit l'expression de l'amplitude de l'ondulation :

\boxed{A = \frac{4\sqrt{2}}{3} \frac{\sqrt{\varepsilon}}{q_\mathrm{s}}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : exploitation de données, régression linéaire

La figure (8) présente la dépendance de vis-à-vis de , obtenue expérimentalement (cristal liquide cyanobenzilidène octyloxyaniline, ou CBOOA, à ). Vérifier que ces données confirment l'un des résultats obtenus en réponse à la question (19). En extraire une estimation du paramètre . La situer par rapport à celle prédite par le modèle que nous avons adopté (se reporter à la question (14)).

Voir l'indice

Vérifier la proportionnalité entre q_s^2 et 1/d_0 sur les données de la figure 8 et déterminer la longueur de pénétration \lambda à partir de la pente.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la relation théorique issue de la question Q19 reliant q_\mathrm{s}^2 à 1/d_0 et constater l'alignement des points expérimentaux sur une droite passant par l'origine.
  2. Évaluer graphiquement la pente de cette droite pour en déduire la valeur expérimentale de la longueur caractéristique \lambda.
  3. Comparer cette valeur à celle prédite par le modèle à la question Q14 (\lambda/a_0 = 1/2) compte tenu de la taille moléculaire a_0 \sim 5\text{ nm}.
Voir la réponse courte

Validation de la loi linéaire q_\mathrm{s}^2 en fonction de 1/d_0, extraction de la pente expérimentale pour mesurer \lambda et comparaison avec a_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, le nombre d'onde transverse au seuil d'ondulation vérifie :

q_\mathrm{s}^2 = \frac{\pi}{\lambda} \cdot \frac{1}{d_0}

Le modèle théorique prévoit donc une relation de proportionnalité stricte entre q_\mathrm{s}^2 et 1/d_0, c'est-à-dire une droite passant par l'origine de pente p = \frac{\pi}{\lambda}.

Sur la figure (8), les points expérimentaux sont bien alignés le long d'une droite passant par l'origine, ce qui confirme quantitativement la loi d'échelle q_\mathrm{s}^2 \propto 1/d_0 établie à la question Q19.

Déterminons la pente p de cette droite moyenne en relevant un point représentatif sur la droite moyenne, par exemple :

\frac{1}{d_0} \approx 140\text{ cm}^{-1} \quad \text{pour} \quad q_\mathrm{s}^2 \approx 2{,}0 \times 10^9\text{ cm}^{-2}

La pente vaut ainsi :

p = \frac{2{,}0 \times 10^9\text{ cm}^{-2}}{140\text{ cm}^{-1}} \approx 1{,}4 \times 10^7\text{ cm}^{-1} = 1{,}4 \times 10^9\text{ m}^{-1}

On en déduit l'estimation expérimentale du paramètre \lambda :

\lambda = \frac{\pi}{p} = \frac{\pi}{1{,}4 \times 10^9\text{ m}^{-1}} \approx 2{,}2 \times 10^{-9}\text{ m}
\boxed{\lambda \approx 2{,}2\text{ nm}}

D'après la question Q14, le modèle élastique élémentaire prédisait \lambda = \frac{a_0}{2}. Avec la longueur moléculaire a_0 \sim 5\text{ nm} fournie dans l'énoncé, la valeur théorique attendue est :

\lambda_{\text{modèle}} \approx \frac{5\text{ nm}}{2} = 2{,}5\text{ nm}

La valeur déduite de l'expérience (\lambda \approx 2{,}2\text{ nm}) est en excellent accord avec celle du modèle microscopique : elles sont du même ordre de grandeur et ne diffèrent que d'une dizaine de pourcents, ce qui est remarquable au vu de la simplicité du modèle discret à ressorts.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 ?

Surtout 2 chapitres : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (58 % des questions, partie 2) et Mécanique du solide (18 %). Plus ponctuellement : Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Circuits électriques et régimes transitoires, Cinématique et dynamique du point, Électronique numérique : échantillonnage et modulation et Ondes mécaniques et acoustiques.

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 dès la première année (MPSI) ?

En grande partie : 32 questions sur 39 (82 %) ne demandent que le programme de MPSI. Seules Q11 (partie 1) à Q17 (partie 1) demandent la deuxième année. Avec les autres programmes de première année : 32 en PCSI, 32 en PTSI, 23 en MP2I, 32 en TSI1 et 23 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q10 (partie 2) (flambement), Q14 (partie 2) (énergie de déformation), Q16 (partie 2) (développement limité), Q19 (partie 2) (bifurcation) et Q21 (partie 2) (bifurcation).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 ?

Questions de cours : Q12 (partie 1) (échantillonnage), Q14 (partie 1) (erreur statique) et Q11 (partie 2) (milieu continu). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (partie 1) (théorème du moment cinétique), Q4 (partie 1) (cinématique), Q11 (partie 1) (schéma-bloc), Q13 (partie 1) (correcteur pi), Q15 (partie 1) (marge de phase), Q5 (partie 2) (énergie potentielle), Q6 (partie 2) (force conservative), Q17 (partie 2) (condition aux limites)….

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (19 sur 39), par exemple : Q1 (partie 1), Q2 (partie 1), Q4 (partie 1), Q5 (partie 1), Q8 (partie 1), Q10 (partie 1), Q12 (partie 1), Q16 (partie 1), Q1 (partie 2), Q3 (partie 2), Q5 (partie 2) à Q8 (partie 2), Q11 (partie 2)…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q6 (partie 1), Q9 (partie 1), Q13 (partie 1), Q12 (partie 2), Q14 (partie 2) et Q16 (partie 2).

Le sujet X-ENS Physique-SI MP 2025 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport indique que les dernières questions de chaque partie ont été nettement moins abordées que les premières, avec des taux de réussite très bas sur plusieurs questions clés, tout en étant celles qui ont permis de départager les meilleurs candidats. Moyenne : 10,06/20 (écart-type 4,61, 816 présents).

Pourquoi retient-on le mode n = 1 à la question Q19 (partie 2) ?

Le seuil d'instabilité \alpha_\mathrm{s} \approx 2\lambda k_n croît avec le nombre d'onde k_n = n\pi/d_0. L'ondulation se déclenche donc pour la plus faible extension possible, ce qui sélectionne le mode fondamental n = 1 et fixe k = \pi/d_0.

À quel modèle classique correspond l'énergie moyenne de la question Q18 (partie 2) ?

Au potentiel de Landau d'une bifurcation fourche supercritique. L'énergie possède un terme quadratique en A^2 dont le coefficient change de signe au seuil, stabilisé par un terme en A^4, ce qui conduit directement à la loi d'échelle A \propto \sqrt{\varepsilon} établie en Q21 (partie 2).

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