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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2024

Différents aspects du champ électromagnétique : du classique au quantique

Le sujet en bref

Sujet moyen · Facteur de Boltzmann et physique statistique, Physique quantique, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide · 17 incontournables · 13 questions de première année
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Ce sujet d'une grande richesse conceptuelle retrace l'évolution de la description du champ électromagnétique, depuis la dynamique classique de Maxwell jusqu'à la statistique quantique des photons. Il aborde successivement la quantité de mouvement portée par le champ classique, l'échec de la théorie classique du corps noir face à la catastrophe ultraviolette résolue par Planck, puis l'interprétation corpusculaire d'Einstein validée par l'effet photoélectrique et confirmée par l'étude statistique fine des photodétecteurs modernes (photomultiplicateurs).

Exigeant sans être artificiellement calculatoire, le problème teste la rigueur physique sur des notions fondamentales : bilans d'impulsion couplant champ et matière, dénombrement de modes dans une cavité, et physique statistique canonique. C'est une épreuve modèle pour les candidats de MP, idéale pour réviser à la fois l'électromagnétisme de deuxième année et le formalisme de la physique quantique et statistique.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,93/20)
Temps estimé
≈ 3 h 50 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

17 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

28 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
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Rapides et accessibles (28) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté
  • Ambiguïté

    Q23 et Q24 : L'énoncé définit U_0 comme le potentiel d'arrêt tout en plaçant -U_0 sur l'axe des tensions négatives de la figure 4.b : il faut retenir que la constante U_0 est positive et que le photo-courant s'annule pour une tension appliquée u \le -U_0.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

45 questions
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Partie I : Champ électromagnétique classique et grandeurs mécaniques associées

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : vecteur de poynting, analyse dimensionnelle

Rappeler l'expression du vecteur de Poynting, noté . Donner sa dimension et son unité courante.

Voir l'indice

Exprimer \vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0}\vec{E}\wedge\vec{B} et relier ses dimensions à un flux surfacique de puissance (\text{W}\cdot\text{m}^{-2}).

Voir la réponse courte

Expression \vec{\Pi} = (\vec{E}\wedge\vec{B})/\mu_0, de dimension \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3} et d'unité usuelle le \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}.

Voir le corrigé complet

Dans le vide (ou un milieu de perméabilité magnétique \mu_0), le vecteur de Poynting s'exprime sous la forme :

\boxed{\vec{\Pi}(M, t) = \frac{\vec{E}(M, t) \wedge \vec{B}(M, t)}{\mu_0}}

Ce vecteur représente le vecteur densité de courant d'énergie électromagnétique, c'est-à-dire une puissance rayonnée par unité de surface transverse. Sa dimension est donc celle d'une puissance divisée par une surface :

[\Pi] = \frac{[\mathcal{P}]}{[S]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3}
\boxed{[\Pi] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3}}

Son unité courante dans le Système international est :

\boxed{\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguer clairement la dimension d'une grandeur physique de son unité dans le système international.

« La différence entre une dimension (masse longueur temps) et une unité (kg, m, s) n'est pas toujours claire. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : vecteur de poynting, densité d'impulsion électromagnétique

Exprimer en fonction de . Donner la dimension de et , et vérifier que et sont respectivement homogènes à une quantité de mouvement et un moment cinétique.

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Utiliser la relation fondamentale de l'électrodynamique \vec{g}_{\mathrm{em}} = \varepsilon_0 \vec{E}\wedge\vec{B} combinée à c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0} pour relier directement \vec{g}_{\mathrm{em}} à \vec{\Pi}/c^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \vec{g}_{\mathrm{em}} à partir de la définition donnée par l'énoncé \vec{g}_{\mathrm{em}} = \varepsilon_0 \vec{E} \wedge \vec{B} et de la relation de Maxwell \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1 reliant le produit vectoriel au vecteur de Poynting \vec{\Pi}.
  2. Procéder à l'analyse dimensionnelle de \vec{g}_{\mathrm{em}} et \vec{\ell}_{\mathrm{em}} en utilisant les dimensions de \vec{\Pi} et les relations fondamentales de la mécanique.
  3. Intégrer sur le volume spatial pour valider l'homogénéité de \vec{G}_{\mathrm{em}} et \vec{L}_{\mathrm{em}}.
Voir la réponse courte

Relation \vec{g}_{\mathrm{em}} = \vec{\Pi}/c^2, analyse dimensionnelle de chaque terme et vérification de l'homogénéité par intégration volumique.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la densité volumique de quantité de mouvement du champ électromagnétique est :

\vec{g}_{\mathrm{em}}(M, t) = \varepsilon_0 \vec{E} \wedge \vec{B}

Or, d'après la question 1, le vecteur de Poynting s'écrit \vec{\Pi} = \frac{\vec{E} \wedge \vec{B}}{\mu_0}, de sorte que \vec{E} \wedge \vec{B} = \mu_0 \vec{\Pi}. La relation liant la permittivité diélectrique \varepsilon_0 et la perméabilité magnétique \mu_0 du vide à la célérité de la lumière dans le vide c est \varepsilon_0 \mu_0 = \frac{1}{c^2}. On en déduit :

\boxed{\vec{g}_{\mathrm{em}}(M, t) = \frac{\vec{\Pi}(M, t)}{c^2}}

Déterminons à présent les dimensions des grandeurs demandées :

  • Pour la densité volumique de quantité de mouvement \vec{g}_{\mathrm{em}} :

    [\vec{g}_{\mathrm{em}}] = \frac{[\vec{\Pi}]}{[c]^2} = \frac{\mathrm{M}\cdot \mathrm{T}^{-3}}{\mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-2}} = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^{-2}\cdot \mathrm{T}^{-1}
  • Pour la densité volumique de moment cinétique \vec{\ell}_{\mathrm{em}} = \overrightarrow{OM} \wedge \vec{g}_{\mathrm{em}} :

    [\vec{\ell}_{\mathrm{em}}] = [\overrightarrow{OM}] \cdot [\vec{g}_{\mathrm{em}}] = \mathrm{L} \cdot (\mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^{-2}\cdot \mathrm{T}^{-1}) = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^{-1}\cdot \mathrm{T}^{-1}

Vérifions l'homogénéité des intégrales sur tout l'espace :

  • Pour \vec{G}_{\mathrm{em}}(t) = \iiint_{\mathcal{E}} \vec{g}_{\mathrm{em}}\,\mathrm{d}V :

    [\vec{G}_{\mathrm{em}}] = [\vec{g}_{\mathrm{em}}] \cdot [\mathrm{d}V] = (\mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^{-2}\cdot \mathrm{T}^{-1}) \cdot \mathrm{L}^3 = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}\cdot \mathrm{T}^{-1}

    qui est bien la dimension d'une quantité de mouvement ([p] = [m v] = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}\cdot \mathrm{T}^{-1}).

  • Pour \vec{L}_{\mathrm{em}}(t) = \iiint_{\mathcal{E}} \vec{\ell}_{\mathrm{em}}\,\mathrm{d}V :

    [\vec{L}_{\mathrm{em}}] = [\vec{\ell}_{\mathrm{em}}] \cdot [\mathrm{d}V] = (\mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^{-1}\cdot \mathrm{T}^{-1}) \cdot \mathrm{L}^3 = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^2\cdot \mathrm{T}^{-1}

    qui est bien la dimension d'un moment cinétique ([L] = [r \cdot p] = \mathrm{L} \cdot (\mathrm{M}\cdot \mathrm{L}\cdot \mathrm{T}^{-1}) = \mathrm{M}\cdot \mathrm{L}^2\cdot \mathrm{T}^{-1}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguer clairement la dimension d'une grandeur physique de son unité dans le système international.

« La différence entre une dimension (masse longueur temps) et une unité (kg, m, s) n'est pas toujours claire. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : champ magnétique, solénoïde

Déterminer l'expression du champ magnétique produit à l'intérieur et à l'extérieur du solénoïde, et pour chacune des phases temporelles : , et . On justifiera les éventuelles approximations et on précisera si le champ magnétique est homogène à l'intérieur et à l'extérieur du solénoïde.

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Ampère sous l'approximation du solénoïde infini dans le cadre de l'ARQS, en distinguant la phase stationnaire, transitoire et finale.

Voir la stratégie
  1. Approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) et solénoïde infini : justifier que les lois de la magnétostatique s'appliquent instantanément et que la longueur L \gg b permet de modéliser le solénoïde par un solénoïde infini.
  2. Symétries et invariances : analyser les plans d'anti-symétrie et les invariances par translation et rotation pour déterminer la direction et les dépendances spatiales du champ \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t).
  3. Théorème d'Ampère : appliquer le théorème d'Ampère sur des contours rectangulaires adaptés pour relier le champ intérieur au champ extérieur, puis annuler le champ extérieur par une condition aux limites à l'infini.
  4. Phases temporelles et homogénéité : expliciter le résultat pour chacune des trois phases temporelles (t < 0, t \in [0, \tau[ et t \ge \tau) et discuter de l'homogénéité spatiale du champ.
Voir la réponse courte

Champ uniforme \vec{B} = \mu_0 \frac{N}{L}i(t)\vec{e}_z à l'intérieur et nul à l'extérieur dans l'ARQS pour les trois phases temporelles.

Voir le corrigé complet

1. Approximations utilisées :

  • Approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) : l'énoncé précise que l'ARQS est applicable. Le champ magnétique \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) à l'instant t est donc identique au champ magnétostatique créé par un courant continu de valeur instantanée i(t).
  • Modèle du solénoïde infini : la longueur L étant suffisamment grande devant le rayon b (L \gg b), on néglige les effets de bord aux extrémités et on assimile le solénoïde à un solénoïde infiniment long le long de l'axe (Oz), comportant une densité linéique d'enroulement n = N/L.

2. Symétries et invariances :

  • Tout plan contenant l'axe (Oz) est un plan d'anti-symétrie de la distribution de courant. Le champ magnétique en tout point d'un tel plan lui est perpendiculaire, ce qui implique que le champ magnétique est purement axial :

    \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = B_z(r, \theta, z, t)\,\vec{e}_z
  • Pour un solénoïde infini, la distribution de courant est invariante par translation selon z et par rotation autour de (Oz) (invariance selon \theta). Ainsi, B_z ne dépend spatialement que de la distance radiale r :

    \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = B_z(r, t)\,\vec{e}_z

3. Détermination du champ magnétique par le théorème d'Ampère : On applique le théorème d'Ampère à un contour rectangulaire fermé de côtés parallèles à \vec{e}_z (de longueur h) et orienté selon la règle du tire-bouchon :

  • Pour un contour entièrement à l'extérieur (r > b) : le courant enlacé est nul, donc B_z(r_1, t) - B_z(r_2, t) = 0. Le champ est uniforme à l'extérieur. Les sources de courant étant localisées à distance finie, le champ doit s'annuler à l'infini (r \to +\infty), d'où :

    \vec{B}_{\mathrm{sol, ext}}(M, t) = \vec{0} \quad \text{pour } r > b
  • Pour un contour traversant la nappe de courant (un côté à l'intérieur r < b, un côté à l'extérieur r > b) :

    \oint \vec{B}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} = B_z(r, t)\,h - B_{z,\mathrm{ext}}\,h = \mu_0 I_{\text{enlacé}} = \mu_0 \left(\frac{N}{L} h\right) i(t)

    Puisque B_{z,\mathrm{ext}} = 0, on obtient :

    \vec{B}_{\mathrm{sol, int}}(M, t) = \mu_0 \frac{N}{L} i(t)\,\vec{e}_z \quad \text{pour } r < b

4. Expressions selon les phases temporelles :

  • Phase 1 : t < 0 (i(t) = i_0) :

    \begin{cases} \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \mu_0 \dfrac{N}{L} i_0\,\vec{e}_z & \text{pour } r < b\\[6pt] \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \vec{0} & \text{pour } r > b \end{cases}
  • Phase 2 : t \in [0, \tau[ (i(t) décroît de i_0 à 0) :

    \begin{cases} \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \mu_0 \dfrac{N}{L} i(t)\,\vec{e}_z & \text{pour } r < b\\[6pt] \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \vec{0} & \text{pour } r > b \end{cases}
  • Phase 3 : t \geq \tau (i(t) = 0) :

    \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \vec{0} \quad \text{dans tout l'espace}

Ces résultats se résument par :

\boxed{\vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \begin{cases} \mu_0 \dfrac{N}{L} i(t)\,\vec{e}_z & \text{si } r < b \\ \vec{0} & \text{si } r > b \end{cases}}

5. Homogénéité :

  • À l'intérieur (r < b), le champ ne dépend pas des coordonnées d'espace (r, \theta, z) : le champ est donc homogène (uniforme) à l'intérieur du solénoïde à chaque instant.
  • À l'extérieur (r > b), le champ est identiquement nul partout : il est donc également homogène (uniforme) à l'extérieur.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soigner l'analyse des symétries et expliciter les hypothèses simplificatrices comme l'ARQS et les effets de bord.

« L'analyse des symétries est souvent très approximative ; les hypothèses simplificatrices (notamment les effets de bord négligés et l'ARQS en régime transient) sont trop souvent oubliées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell-faraday, champ électromoteur

Exprimer le champ électrique produit à l'intérieur et à l'extérieur du solénoïde et pour chacune des phases temporelles : , et . On justifiera les éventuelles approximations et on précisera si le champ électrique est homogène à l'intérieur et à l'extérieur du solénoïde.

Voir l'indice

Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday sous forme intégrale en choisissant des contours circulaires de rayon r < b puis r > b centrés sur l'axe du solénoïde.

Voir la stratégie
  1. Analyser les invariances et les symétries pour déterminer la direction et les dépendances spatiales du champ électrique induit \vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t).
  2. Appliquer l'équation de Maxwell-Faraday sous forme intégrale (loi de Faraday) sur un contour circulaire d'axe (Oz) et de rayon r, pour les zones intérieure (r < b) et extérieure (r > b).
  3. En déduire l'expression de \vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) pour chaque intervalle de temps à partir des variations temporelles du courant i(t), puis conclure quant à l'homogénéité du champ.
Voir la réponse courte

Application du théorème de Faraday sur un cercle coaxial pour obtenir un champ \vec{E} orthoradial non nul uniquement pendant [0, \tau[.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS), le solénoïde est modélisé comme infini le long de l'axe (Oz). Le fil est supposé non chargé, de sorte qu'il n'y a pas de terme de charge statique et le champ électrique est purement induit.

Symétries et invariances : La distribution de courant présente une invariance par translation selon z et par rotation autour de (Oz). Les composantes du champ ne dépendent donc que de la coordonnée radiale r. De plus, le champ magnétique est dirigé selon \vec{e}_z. D'après l'équation de Maxwell-Faraday sous forme locale \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_{\mathrm{sol}} = -\frac{\partial \vec{B}_{\mathrm{sol}}}{\partial t}, le champ électrique présente une composante orthoradiale :

\vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = E_\theta(r, t)\,\vec{e}_\theta

Théorème de Faraday : Soit un cercle orienté \mathcal{C} de rayon r, d'axe (Oz), contenu dans un plan orthogonal à (Oz) et orienté par sa normale \vec{e}_z. La circulation du champ électrique le long de ce contour vaut :

\oint_{\mathcal{C}} \vec{E}_{\mathrm{sol}}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} = E_\theta(r, t) \times 2\pi r

D'après la loi de Faraday, cette circulation est reliée au flux du champ magnétique \Phi(t) = \iint_{\mathcal{S}} \vec{B}_{\mathrm{sol}}\cdot\mathrm{d}\vec{S} à travers le disque \mathcal{S} délimité par \mathcal{C} :

\oint_{\mathcal{C}} \vec{E}_{\mathrm{sol}}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}

D'après la question Q3, \vec{B}_{\mathrm{sol}} = \mu_0 \frac{N}{L} i(t)\,\vec{e}_z pour r < b et \vec{B}_{\mathrm{sol}} = \vec{0} pour r > b.

  • À l'intérieur du solénoïde (r < b) :

    \begin{aligned} \Phi(t) &= \pi r^2 B_{\mathrm{sol}}(t) = \mu_0 \frac{N}{L} \pi r^2 i(t) \\ E_\theta(r, t) \times 2\pi r &= -\mu_0 \frac{N}{L} \pi r^2 \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} \implies \vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = -\frac{\mu_0 N}{2L} r \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_\theta \end{aligned}
  • À l'extérieur du solénoïde (r > b) : Le flux magnétique est confiné dans le rayon b :

    \begin{aligned} \Phi(t) &= \pi b^2 B_{\mathrm{sol}}(t) = \mu_0 \frac{N}{L} \pi b^2 i(t) \\ E_\theta(r, t) \times 2\pi r &= -\mu_0 \frac{N}{L} \pi b^2 \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} \implies \vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = -\frac{\mu_0 N b^2}{2L r} \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_\theta \end{aligned}

Étude selon les différentes phases temporelles :

  • Pour t < 0 : i(t) = i_0 = \text{cte}, donc \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} = 0 :

    \boxed{\vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \vec{0} \quad \text{pour tout } r}
  • Pour t \in [0, \tau[ : le courant i(t) varie dans le temps, ainsi :

    \boxed{\vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \begin{cases} \displaystyle -\frac{\mu_0 N}{2L} r \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_\theta & \text{pour } r < b \\[1em] \displaystyle -\frac{\mu_0 N b^2}{2L r} \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_\theta & \text{pour } r > b \end{cases}}
  • Pour t \geq \tau : i(t) = 0 = \text{cte}, donc \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} = 0 :

    \boxed{\vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) = \vec{0} \quad \text{pour tout } r}

Homogénéité : Pour t \in [0, \tau[, \vec{E}_{\mathrm{sol}} dépend explicitement de la position radiale r (linéaire en r à l'intérieur, en 1/r à l'extérieur) et sa direction dépend de \theta via \vec{e}_\theta. Le champ électrique n'est donc homogène ni à l'intérieur ni à l'extérieur du solénoïde (il est en revanche uniformément nul pour les phases t < 0 et t \geq \tau).

Résultat

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Ne pas conclure à l'absence de champ électrique à partir de Gauss en l'absence de charges, mais tenir compte de l'induction.

« L'analyse des symétries est souvent très approximative ; les hypothèses simplificatrices (notamment les effets de bord négligés et l'ARQS en régime transient) sont trop souvent oubliées. »

« Beaucoup de copies ont tenté d'estimer le champ électrique à partir du théorème de Gauss et conclu que, puisqu'il n'y a pas de charges, il n'y a pas de champ. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : principe fondamental de la dynamique, force de lorentz

En supposant que est suffisamment petit pour qu'on puisse négliger le déplacement de la charge ponctuelle pendant l'intervalle , déterminer l'expression de la vitesse pour des instants . On négligera l'influence du poids de la particule devant les forces électromagnétiques. On exprimera le résultat en faisant apparaître les grandeurs caractéristiques de la charge, , et , et celles qui sont caractéristiques du solénoïde, , , et .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la particule chargée soumise à la force de Lorentz électrique et intégrer par rapport au temps entre t=0 et \tau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force électromagnétique subie par la particule en P, sachant que le champ magnétique est nul à l'extérieur du solénoïde.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la particule en exploitant l'approximation de déplacement négligeable pendant la transition.
  3. Intégrer entre t = 0 et t = \tau, puis en déduire la vitesse pour tout instant t \geq \tau.
Voir la réponse courte

Intégration du PFD m\,\mathrm{d}\vec{v}/\mathrm{d}t = q\vec{E}_{\mathrm{sol}} sur [0, \tau], le déplacement étant négligé pendant cette durée.

Voir le corrigé complet

On étudie la particule ponctuelle de masse m et de charge q dans le référentiel du laboratoire, supposé galiléen. Le poids étant négligé, la particule est uniquement soumise à la force de Lorentz :

\vec{F} = q\left(\vec{E}_{\mathrm{sol}}(P, t) + \vec{v} \wedge \vec{B}_{\mathrm{sol}}(P, t)\right)

D'après la question Q3, pour tout t et pour r = a > b, le champ magnétique extérieur est nul : \vec{B}_{\mathrm{sol}}(P, t) = \vec{0}. La force magnétique est donc nulle, et seule la composante électrique induite intervient :

\vec{F} = q \vec{E}_{\mathrm{sol}}(P, t)

Le point P est repéré par ses coordonnées cylindriques (r = a, \theta = 0, z = 0), de sorte que \vec{e}_r = \vec{e}_x et \vec{e}_\theta = \vec{e}_y. D'après le résultat de la question Q4, pour r = a > b et t \in [0, \tau[ :

\vec{E}_{\mathrm{sol}}(P, t) = -\frac{\mu_0 N b^2}{2 L a} \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_y

Pendant la durée \tau, le déplacement de la particule est négligé, elle reste donc en P. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit alors :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -\frac{q \mu_0 N b^2}{2 L a} \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_y

En intégrant entre t = 0 (où la particule est immobile, \vec{v}(0) = \vec{0}, et i(0) = i_0) et t = \tau (où i(\tau) = 0) :

\begin{aligned} \vec{v}(\tau) - \vec{v}(0) &= -\frac{q \mu_0 N b^2}{2 m L a} \left(\int_0^\tau \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}\,\mathrm{d}t\right) \vec{e}_y \\ &= -\frac{q \mu_0 N b^2}{2 m L a} \big(i(\tau) - i(0)\big)\,\vec{e}_y \\ &= \frac{q \mu_0 N b^2 i_0}{2 m L a}\,\vec{e}_y \end{aligned}

Pour t \geq \tau, le courant est nul, donc \vec{E}_{\mathrm{sol}} = \vec{0} : aucune force ne s'exerce sur la particule. Le mouvement est alors rectiligne et uniforme, et la vitesse \vec{v}_P reste constante :

\boxed{\vec{v}_P = \frac{q \mu_0 N b^2 i_0}{2 m L a}\,\vec{e}_y}

Résultat

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Bien lire l'énoncé : il n'était pas demandé de déterminer la vitesse pour t compris entre 0 et tau.

« Certaines copies se sont efforcées de déterminer la vitesse à tout instant. Il faut bien lire l'énoncé : on ne demande pas la vitesse pour t entre 0 et tau. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : champ électrostatique, loi de coulomb

Rappeler sans démonstration l'expression du champ électrostatique en un point de l'espace, produit par une charge ponctuelle , située en .

Voir l'indice

Rappeler la loi de Coulomb pour le champ électrostatique créé par une charge ponctuelle q située en P.

Voir la réponse courte

Expression de Coulomb \vec{E}(M) = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0}\frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3} créée par la charge ponctuelle.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Coulomb, le champ électrostatique créé en un point M par une charge ponctuelle q située en P s'écrit :

\boxed{\vec{E}_q(M) = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0} \frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3}}

Résultat

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Définir rigoureusement tout nouveau vecteur introduit dans les calculs.

« Si on veut introduire un nouveau vecteur, il faut le définir. Il ne suffit pas d'écrire ur, il faut introduire ur = PM / |PM|. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral

Notions : quantité de mouvement électromagnétique, vecteur de poynting

Exprimer en présence de la charge , de position initiale , pour les phases et . On pourra utiliser l'expression de l'intégrale suivante .

Voir l'indice

Intégrer le produit vectoriel du champ électrostatique de la charge avec le champ magnétique uniforme non nul du solénoïde sur le volume intérieur \mathcal{V}_{\mathrm{sol}} grâce à la formule intégrale fournie.

Voir la stratégie
  1. Pour t < 0, le courant est constant et la charge est immobile : les seuls champs présents sont le champ magnétostatique créé par le solénoïde \vec{B}_{\mathrm{sol}} et le champ électrostatique de la charge \vec{E}_q. On intègre \vec{g}_{\mathrm{em}} = \varepsilon_0 \vec{E} \wedge \vec{B} sur tout l'espace en exploitant le fait que \vec{B}_{\mathrm{sol}} n'est non nul qu'à l'intérieur du solénoïde, puis on utilise l'intégrale fournie.
  2. Pour t \ge \tau, le courant est nul (i = 0), d'où l'annulation du champ magnétique du solénoïde. Dans le cadre de l'approximation non relativiste adoptée, la quantité de mouvement propre du champ de la charge est négligeable, ce qui donne \vec{G}_{\mathrm{em}}(t \ge \tau).
Voir la réponse courte

Intégration de \varepsilon_0 \vec{E}\wedge\vec{B} sur le volume du solénoïde à l'aide de l'intégrale spatiale fournie.

Voir le corrigé complet

Le champ électromagnétique total en un point M s'écrit par superposition :

\vec{E}(M, t) = \vec{E}_{\mathrm{sol}}(M, t) + \vec{E}_q(M, t) \quad \text{et} \quad \vec{B}(M, t) = \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M, t) + \vec{B}_q(M, t).

1. Phase t < 0 :

  • La charge q est immobile en P : elle ne crée aucun champ magnétique (\vec{B}_q = \vec{0}), et son champ électrostatique s'écrit (question Q6) :

    \vec{E}_q(M) = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0}\frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3}.
  • Le courant est constant (i(t) = i_0) : d'après les questions Q3 et Q4, \vec{E}_{\mathrm{sol}} = \vec{0}, et le champ magnétique vaut :

    \vec{B}_{\mathrm{sol}}(M) = \begin{cases} \mu_0 \dfrac{N}{L} i_0\,\vec{e}_z & \text{pour } M \in \mathcal{V}_{\mathrm{sol}} \text{ (intérieur),} \\ \vec{0} & \text{pour } M \notin \mathcal{V}_{\mathrm{sol}} \text{ (extérieur).} \end{cases}

La densité volumique de quantité de mouvement du champ électromagnétique est \vec{g}_{\mathrm{em}} = \varepsilon_0 \vec{E}_q \wedge \vec{B}_{\mathrm{sol}}. Elle est donc nulle à l'extérieur du solénoïde. À l'intérieur (M \in \mathcal{V}_{\mathrm{sol}}), elle vaut :

\vec{g}_{\mathrm{em}}(M, t < 0) = \varepsilon_0 \left( \frac{q}{4\pi\varepsilon_0}\frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3} \right) \wedge \left( \mu_0 \frac{N}{L} i_0\,\vec{e}_z \right) = \frac{\mu_0 q N i_0}{4\pi L} \left( \frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3} \wedge \vec{e}_z \right).

Par intégration sur tout l'espace \mathcal{E} (qui se réduit au volume \mathcal{V}_{\mathrm{sol}}) :

\vec{G}_{\mathrm{em}}(t < 0) = \frac{\mu_0 q N i_0}{4\pi L} \left( \iiint_{\mathcal{V}_{\mathrm{sol}}} \frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3}\,\mathrm{d}V \right) \wedge \vec{e}_z.

En utilisant l'intégrale donnée par l'énoncé :

\iiint_{\mathcal{V}_{\mathrm{sol}}} \frac{\overrightarrow{PM}}{\|\overrightarrow{PM}\|^3}\,\mathrm{d}V = -\frac{2\pi b^2}{a}\vec{e}_x,

et sachant que \vec{e}_x \wedge \vec{e}_z = -\vec{e}_y, on obtient :

\vec{G}_{\mathrm{em}}(t < 0) = \frac{\mu_0 q N i_0}{4\pi L} \left( -\frac{2\pi b^2}{a}\vec{e}_x \right) \wedge \vec{e}_z = \frac{\mu_0 q N i_0}{4\pi L} \left( \frac{2\pi b^2}{a}\vec{e}_y \right).

Soit finalement :

\boxed{\vec{G}_{\mathrm{em}}(t < 0) = \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y}

2. Phase t \ge \tau :

Pour t \ge \tau, le courant dans le solénoïde est nul (i = 0), donc \vec{B}_{\mathrm{sol}} = \vec{0} et \vec{E}_{\mathrm{sol}} = \vec{0}. Dans le cadre du problème (vitesses non relativistes, où l'on néglige le terme d'auto-interaction de la particule), le champ magnétique macroscopique est éteint et :

\boxed{\vec{G}_{\mathrm{em}}(t \geq \tau) = \vec{0}}

Résultat

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Question 8

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : quantité de mouvement électromagnétique, conservation de la quantité de mouvement

À partir d'un bilan de quantité de mouvement, expliquer comment la charge ponctuelle est mise en mouvement. En particulier, la quantité de mouvement de la particule est-elle conservée au cours du temps ? Celle du champ électromagnétique ? Celle de l'ensemble charge + champ électromagnétique ?

Voir l'indice

Constater que la quantité de mouvement acquise par la particule est exactement opposée à la variation de quantité de mouvement du champ électromagnétique.

Voir la stratégie

Pour répondre à l'ensemble des questions posées :

  1. Comparer les états de quantité de mouvement de la particule et du champ électromagnétique entre l'état initial (t < 0) et l'état final (t \ge \tau) en mobilisant les résultats des questions Q5 et Q7.
  2. En déduire le caractère conservé ou non de chacune de ces grandeurs prises isolément.
  3. Établir le bilan global pour le système composite {charge + champ électromagnétique} et expliquer le mécanisme de mise en mouvement par transfert de quantité de mouvement.
Voir la réponse courte

Bilan montrant que le gain de quantité de mouvement mécanique de la charge est exactement compensé par la variation de l'impulsion électromagnétique.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, on dispose des quantités de mouvement avant et après la coupure du courant dans le solénoïde :

  • Pour la particule ponctuelle :

    • pour t < 0, la charge est immobile, d'où :

      \vec{p}_{\mathrm{part}}(t < 0) = \vec{0}
    • pour t \ge \tau, la vitesse de la charge vaut \vec{v}_P = \dfrac{q \mu_0 N b^2 i_0}{2 m L a}\,\vec{e}_y (question Q5), d'où :

      \vec{p}_{\mathrm{part}}(t \ge \tau) = m \vec{v}_P = \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y \neq \vec{0}

    La quantité de mouvement de la particule n'est donc pas conservée au cours du temps : elle a varié de \Delta \vec{p}_{\mathrm{part}} = \dfrac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y.

  • Pour le champ électromagnétique (résultat de la question Q7) :

    • pour t < 0 :

      \vec{G}_{\mathrm{em}}(t < 0) = \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y
    • pour t \ge \tau :

      \vec{G}_{\mathrm{em}}(t \ge \tau) = \vec{0}

    La quantité de mouvement du champ électromagnétique n'est pas non plus conservée au cours du temps : elle a varié de \Delta \vec{G}_{\mathrm{em}} = -\dfrac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y.

  • Pour l'ensemble {charge + champ électromagnétique} : La quantité de mouvement totale du système s'écrit \vec{P}_{\mathrm{tot}}(t) = \vec{p}_{\mathrm{part}}(t) + \vec{G}_{\mathrm{em}}(t). On a ainsi :

    \begin{aligned} \vec{P}_{\mathrm{tot}}(t < 0) &= \vec{0} + \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y = \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y \\ \vec{P}_{\mathrm{tot}}(t \ge \tau) &= \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y + \vec{0} = \frac{\mu_0 q N b^2 i_0}{2 L a}\,\vec{e}_y \end{aligned}

    On constate que \vec{P}_{\mathrm{tot}}(t < 0) = \vec{P}_{\mathrm{tot}}(t \ge \tau), soit \Delta \vec{P}_{\mathrm{tot}} = \vec{0} :

    \boxed{\text{La quantité de mouvement de l'ensemble \{charge + champ\} est conservée.}}

Mécanisme de mise en mouvement :
Pendant le régime transitoire (t \in [0, \tau]), la variation temporelle du courant entraîne une décroissance du champ magnétique dans le solénoïde, ce qui induit un champ électrique orthoradial \vec{E}_{\mathrm{sol}}(P, t) en vertu de l'équation de Maxwell-Faraday. Ce champ induit exerce une force de Lorentz \vec{F} = q\vec{E}_{\mathrm{sol}} sur la charge, qui la met en mouvement.

Du point de vue du bilan global, la mise en mouvement de la particule s'interprète comme un transfert direct et intégral de la quantité de mouvement initialement stockée dans le champ électromagnétique statique croisé (\vec{E}_q, \vec{B}_{\mathrm{sol}}) vers la particule matérielle.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquer correctement la seconde loi de Newton pour rendre compte de la conservation de l'impulsion du système isolé.

« Cependant, elles ont rarement utilisé correctement la seconde loi de Newton pour expliquer la conservation de l'impulsion du système isolé. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Partie II : Du classique au quantique : le rayonnement du corps noir

A · Densité de modes électromagnétiques dans une cavité

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, onde stationnaire

Donner l'équation à laquelle obéit le champ électromagnétique entre les deux parois. En déduire une équation différentielle vérifiée par . On note la norme du vecteur d'onde.

Voir l'indice

Projeter l'équation d'onde de d'Alembert dans le vide sur la composante spatiale E_0(x) pour retrouver l'oscillateur harmonique spatial.

Voir la stratégie
  1. Établir l'équation de propagation dans le vide (équation de d'Alembert) à partir des équations de Maxwell en l'absence de charges et de courants.
  2. Injecter la forme du champ électrique proposée par l'énoncé, \vec{E}(M, t) = E_0(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y, pour obtenir l'équation différentielle spatiale (équation de Helmholtz unidimensionnelle) vérifiée par E_0(x).
Voir la réponse courte

Équation de d'Alembert dans le vide conduisant à l'équation différentielle spatiale E_0''(x) + k^2 E_0(x) = 0.

Voir le corrigé complet

L'espace situé entre les parois est le vide, dépourvu de charges (\rho = 0) et de courants (\vec{\jmath} = \vec{0}). Les équations de Maxwell s'écrivent :

\begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{E} &= 0, & \mathrm{div}\,\vec{B} &= 0, \\ \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}, & \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B} &= \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}}{\partial t}, \end{aligned}

avec c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}. En prenant le rotationnel de la loi de Faraday et en utilisant l'identité vectorielle \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}) = \vec{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \Delta\vec{E}, on obtient l'équation d'onde de d'Alembert :

\boxed{\Delta\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2\vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}}

Le champ électrique s'écrit sous forme harmonique monochromatique :

\vec{E}(M, t) = E_0(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y.

Calculons les opérateurs intervenant dans l'équation de propagation :

\begin{aligned} \Delta \vec{E} &= \frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y, \\ \frac{\partial^2\vec{E}}{\partial t^2} &= -\omega^2 E_0(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y. \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation de d'Alembert et en simplifiant par le terme temporel non nul \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y, il vient :

\frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x) + \frac{\omega^2}{c^2} E_0(x) = 0.

En introduisant k = \frac{\omega}{c}, on obtient l'équation différentielle vérifiée par E_0(x) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x) + k^2 E_0(x) = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le champ électrique obéit aux équations de Maxwell classiques et non à l'équation de Schrödinger.

« Certaines copies, sans doute impressionnées par l'aspect quantique du sujet, ont voulu introduire l'équation de Schrödinger à ce stade. On rappelle que c'est aux équations de Maxwell qu'obéit le champ électrique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : condition aux limites, mode propre

En précisant les conditions aux limites en et sur et en expliquant leur origine, déterminer l'expression de . Montrer que les conditions aux limites conduisent à une quantification de la pulsation et déterminer l'expression de cette pulsation , .

Voir l'indice

La composante tangentielle du champ électrique s'annule sur un conducteur parfait en x=0 et x=L, imposant une onde stationnaire sinusoïdale et des pulsations discrètes.

Voir la stratégie
  1. Identifier la composante tangentielle du champ électrique au niveau des parois métalliques et appliquer la relation de passage pour en déduire les conditions aux limites sur E_0(x).
  2. Résoudre l'équation différentielle harmonique pour E_0(x) établie à la question précédente.
  3. Imposer les conditions aux limites pour obtenir la condition de quantification sur le vecteur d'onde k, puis sur la pulsation \omega_n.
Voir la réponse courte

Annulation de la composante tangentielle de \vec{E} en x=0 et x=L, d'où E_0(x) \propto \sin(k_n x) et \omega_n = n\pi c/L.

Voir le corrigé complet

Les parois situées en x = 0 et x = L sont constituées d'un métal parfait (\gamma \to +\infty), au sein duquel le champ électrique est rigoureusement nul : \vec{E}_{\text{métal}} = \vec{0}.

D'après la relation de passage fournie :

\vec{E}_2 - \vec{E}_1 = \frac{\sigma}{\varepsilon_0}\,\vec{n}_{1\to 2}

Le vecteur normal aux parois est orienté selon \vec{e}_x, ce qui implique que la composante tangentielle du champ électrique est continue à travers chaque interface :

\vec{E}_{\text{tangentiel}}(x = 0^+) = \vec{E}_{\text{tangentiel}}(x = 0^-) = \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{E}_{\text{tangentiel}}(x = L^-) = \vec{E}_{\text{tangentiel}}(x = L^+) = \vec{0}

Le champ électrique étant purement polarisé selon \vec{e}_y, direction parallèle aux parois, il est entièrement tangentiel. Par conséquent, les conditions aux limites sur E_0(x) s'écrivent :

E_0(0) = 0 \quad \text{et} \quad E_0(L) = 0

D'après la question 9, l'amplitude spatiale E_0(x) vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x) + k^2 E_0(x) = 0

La solution générale est de la forme :

E_0(x) = A\cos(kx) + B\sin(kx) \quad (A, B \in \mathbb{C})

L'application de la première condition aux limites donne :

E_0(0) = A = 0 \implies E_0(x) = B\sin(kx)

La seconde condition aux limites impose alors :

E_0(L) = B\sin(kL) = 0

Pour obtenir une solution non triviale (B \neq 0), l'argument du sinus doit être un multiple entier de \pi :

kL = n\pi \quad \text{avec} \quad n \in \mathbb{Z}

Par convention, la pulsation \omega et la norme du vecteur d'onde k = \omega/c sont strictement positives, ce qui restreint les valeurs permises à n \in \mathbb{N}^*. Le vecteur d'onde est donc quantifié :

k_n = \frac{n\pi}{L} \quad (n \in \mathbb{N}^*)

La pulsation est ainsi quantifiée selon :

\boxed{\omega_n = c k_n = \frac{n\pi c}{L} \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

L'amplitude spatiale associée au mode n s'écrit alors, à une constante multiplicative près notée E_{0n} :

\boxed{E_0(x) = E_{0n}\sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les justifications confuses mêlant épaisseur de peau et densité surfacique de charge pour les conditions aux limites.

« L'analyse des conditions aux limites est négligée, avec l'évocation d'arguments fallacieux mêlant épaisseur de peau et nullité de la densité surfacique de charge de l'interface. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : polarisation, mode propre

Pour un champ électrique dont l'expression serait , montrer que la condition obtenue précédemment est la même. En déduire que pour une pulsation donnée respectant cette condition, il est possible d'avoir deux champs électriques solutions dont les polarisations sont rectilignes et perpendiculaires entre elles.

Voir l'indice

Vérifier que les conditions aux limites sont rigoureusement identiques pour la composante selon \vec{e}_z, d'où une dégénérescence de polarisation d'ordre 2.

Voir la stratégie
  1. Vérifier que la forme proposée \vec{E}(M,t) = E_0(x)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_z conduit à la même équation différentielle d'onde scalaire que celle établie à la question précédente.
  2. Appliquer les conditions de passage pour la composante tangentielle du champ électrique sur les parois planes conductrices parfaites en x = 0 et x = L.
  3. Conclure sur la quantification de la pulsation et la dégénérescence de polarisation (deux polarisations orthogonales permises pour chaque entier n).
Voir la réponse courte

Transversalité de l'onde et symétrie conférant les mêmes conditions aux limites pour deux polarisations rectilignes orthogonales indépendantes.

Voir le corrigé complet

Considérons le champ électrique polarisé rectilignement selon \vec{e}_z :

\vec{E}(M, t) = E_0(x)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_z

L'espace entre les parois étant vide de charges et de courants, le champ vérifie l'équation de d'Alembert :

\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0} \implies \left(\frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x) + k^2 E_0(x)\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_z = \vec{0}

avec k = \frac{\omega}{c}. L'amplitude E_0(x) obéit donc exactement à la même équation différentielle qu'à la question Q9 :

\frac{\mathrm{d}^2 E_0}{\mathrm{d}x^2}(x) + k^2 E_0(x) = 0

Les parois en x = 0 et x = L sont des conducteurs parfaits où le champ électrique est nul. Le vecteur unitaire normal aux parois est orienté selon \vec{e}_x. Le vecteur \vec{e}_z est orthogonal à \vec{e}_x ; il s'agit donc d'une direction tangentielle aux deux interfaces. D'après la relation de passage (2) rappelée dans l'énoncé :

\vec{E}_{2\mathrm{t}} - \vec{E}_{1\mathrm{t}} = \vec{0}

la composante tangentielle du champ électrique est continue à travers chaque paroi. Comme le champ est identiquement nul dans le métal parfait, la composante tangentielle selon \vec{e}_z doit s'annuler en x = 0 et x = L :

E_0(0) = 0 \quad \text{et} \quad E_0(L) = 0

Ces conditions aux limites étant strictement identiques à celles de la question Q10, la résolution conduit à la même forme d'amplitude spatiale non triviale et à la même condition de quantification de la pulsation :

\boxed{ \omega_n = \frac{n\pi c}{L} \quad (n \in \mathbb{N}^*) }

Par conséquent, à chaque pulsation quantifiée \omega_n, l'espace des solutions admet deux modes indépendants :

  • un mode polarisé selon \vec{e}_y : \vec{E}_y(M,t) = E_{0y}\sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega_n t}\vec{e}_y,
  • un mode polarisé selon \vec{e}_z : \vec{E}_z(M,t) = E_{0z}\sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega_n t}\vec{e}_z.

Ces deux ondes sont polarisées rectilignement selon des directions orthogonales entre elles (\vec{e}_y \cdot \vec{e}_z = 0). Toute polarisation transverse peut alors s'écrire comme une combinaison linéaire de ces deux états fondamentaux.

Résultat

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : densité d'états, mode propre

Exprimer le nombre de modes pour lesquels la pulsation est inférieure à fixée.

Voir l'indice

Dénombrer les nœuds à composantes strictement positives situés à l'intérieur du premier octant de la sphère de rayon k = \omega/c dans le réseau réciproque, sans oublier le facteur 2 de polarisation.

Voir la stratégie
  1. Associer à la condition \omega_{n_x, n_y, n_z} \le \omega un volume dans l'espace des vecteurs d'onde (k_x, k_y, k_z), restreint à l'octant où les entiers n_x, n_y, n_z sont strictement positifs.
  2. Calculer le nombre de nœuds du réseau cubique de pas \pi/L contenus dans cet octant de sphère de rayon k = \omega/c.
  3. Multiplier par le facteur 2 associé aux deux états de polarisation rectiligne indépendants par nœud pour obtenir le nombre total de modes \mathcal{N}(\omega).
Voir la réponse courte

Dénombrement dans le réseau des entiers (n_x, n_y, n_z) : volume d'un huitième de sphère de rayon \omega L/(\pi c) avec deux polarisations.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la pulsation propre associée au triplet (n_x, n_y, n_z) \in (\mathbb{N}^*)^3 s'écrit :

\omega_{n_x, n_y, n_z} = \frac{\pi c}{L} \left(n_x^2 + n_y^2 + n_z^2\right)^{1/2} = c \|\vec{k}_{n_x, n_y, n_z}\|.

La condition \omega_{n_x, n_y, n_z} \le \omega équivaut à :

\|\vec{k}\| \le k = \frac{\omega}{c}.

Dans l'espace des vecteurs d'onde (k_x, k_y, k_z), les états correspondent aux nœuds d'un réseau cubique de pas \pi/L. Le volume élémentaire associé à chaque nœud est :

\delta V_k = \left(\frac{\pi}{L}\right)^3.

Comme les entiers n_x, n_y et n_z sont strictement positifs, les vecteurs d'onde admissibles se situent exclusivement dans le premier octant (k_x > 0, k_y > 0, k_z > 0). Dans la limite des hautes fréquences (où le nombre d'états est grand), le nombre de nœuds correspond au rapport entre le volume du premier octant de la sphère de rayon k et le volume élémentaire \delta V_k :

\mathcal{N}_{\text{nœuds}}(\omega) \simeq \frac{\frac{1}{8} \left(\frac{4}{3}\pi k^3\right)}{\delta V_k} = \frac{\frac{\pi}{6} \left(\frac{\omega}{c}\right)^3}{\left(\frac{\pi}{L}\right)^3} = \frac{L^3 \omega^3}{6 \pi^2 c^3} = \frac{V \omega^3}{6 \pi^2 c^3},

où V = L^3 est le volume de la cavité cubique.

Chaque nœud représentant deux modes de polarisations rectilignes indépendantes, le nombre total de modes \mathcal{N}(\omega) dont la pulsation est inférieure à \omega s'obtient en multipliant par 2 :

\mathcal{N}(\omega) = 2 \times \mathcal{N}_{\text{nœuds}}(\omega).
\boxed{\mathcal{N}(\omega) = \frac{V \omega^3}{3\pi^2 c^3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas oublier le facteur 1/8 pour restreindre le décompte aux composantes positives du vecteur d'onde.

« Cette question s'est avérée difficile, et peu de copies l'ont correctement traitée. En particulier, le facteur 1/8 lié au fait de ne compter que les vecteurs d'onde positifs a très rarement été pris en compte. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : densité d'états

Déterminer l'expression du nombre de modes par unité de pulsation . En déduire l'expression du nombre de modes par unité de fréquence

où est le volume de la cavité.

Voir l'indice

Dériver \mathcal{N}(\omega) par rapport à \omega, puis effectuer le changement de variable \omega = 2\pi\nu pour aboutir à \mathcal{D}(\nu).

Voir la stratégie
  1. Par définition, la densité de modes par unité de pulsation \mathcal{D}(\omega) est la dérivée du nombre cumulé de modes \mathcal{N}(\omega) déterminé à la question précédente.
  2. La conservation du nombre de modes dans un intervalle spectral spectralement équivalent permet de relier \mathcal{D}(\nu)\,\mathrm{d}\nu = \mathcal{D}(\omega)\,\mathrm{d}\omega avec \omega = 2\pi\nu.
Voir la réponse courte

Dérivation \mathcal{D}(\omega) = \mathrm{d}\mathcal{N}/\mathrm{d}\omega puis changement de variable \omega = 2\pi\nu pour obtenir \mathcal{D}(\nu).

Voir le corrigé complet

Le nombre total de modes de pulsation inférieure à \omega a été établi à la question précédente (Q12) :

\mathcal{N}(\omega) = \frac{V \omega^3}{3\pi^2 c^3}

Par définition, la densité d'états (ou nombre de modes par unité de pulsation) \mathcal{D}(\omega) s'obtient en dérivant \mathcal{N}(\omega) par rapport à \omega :

\mathcal{D}(\omega) = \frac{\mathrm{d}\mathcal{N}}{\mathrm{d}\omega} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\omega}\left(\frac{V \omega^3}{3\pi^2 c^3}\right)

d'où :

\boxed{\mathcal{D}(\omega) = \frac{V \omega^2}{\pi^2 c^3}}

Pour exprimer le nombre de modes par unité de fréquence \mathcal{D}(\nu), on exprime la conservation du nombre de modes compris entre la fréquence \nu et \nu + \mathrm{d}\nu (soit entre \omega et \omega + \mathrm{d}\omega) :

\mathcal{D}(\nu)\,\mathrm{d}\nu = \mathcal{D}(\omega)\,\mathrm{d}\omega

La relation reliant pulsation et fréquence étant \omega = 2\pi\nu, on a \mathrm{d}\omega = 2\pi\,\mathrm{d}\nu. Il vient ainsi :

\begin{aligned} \mathcal{D}(\nu) &= \mathcal{D}(\omega) \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}\nu} \\ &= \left(\frac{V (2\pi\nu)^2}{\pi^2 c^3}\right) \times (2\pi) \\ &= \frac{V \times 4\pi^2\nu^2 \times 2\pi}{\pi^2 c^3} \end{aligned}

On retrouve bien l'expression attendue :

\boxed{\mathcal{D}(\nu) = \frac{8\pi V}{c^3}\nu^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dériver N(ω) par rapport à ω pour obtenir D(ω) et veiller à la conservation du nombre de modes lors du changement de variable.

« La notion de "nombre de modes par unité de fréquence" a été mal comprise - on a souvent lu D(ω) = N(ω) / ω, au lieu de D(ω) = dN / dω »

« Le changement de variable est mal maitrisé – on a souvent lu D(ν) = D(ω = 2πν). Attention à la conservation du nombre de modes lors du changement de variable ! »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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B · Composition spectrale du rayonnement : approche de Rayleigh-Jeans

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équipartition de l'énergie, formule de rayleigh-jeans

En utilisant le théorème d'équipartition de l'énergie appliqué au champ électromagnétique contenu dans la cavité en contact avec un thermostat de température fixée , déterminer l'expression de la densité spectrale d'énergie électromagnétique moyenne dans la cavité,

où est un préfacteur, dépendant de et de notamment, à déterminer.

Voir l'indice

Associer à chaque mode oscillateur harmonique une énergie moyenne k_{\mathrm{B}}T issue du théorème d'équipartition (deux degrés de liberté quadratiques : électrique et magnétique).

Voir la stratégie
  1. Associer à chaque mode propre électromagnétique de la cavité un oscillateur harmonique classique à une dimension, et dénombrer ses degrés de liberté quadratiques.
  2. Appliquer le théorème de l'équipartition de l'énergie à l'équilibre thermique à la température T pour en déduire l'énergie moyenne d'un mode.
  3. Exprimer l'énergie moyenne contenue dans l'intervalle de fréquence [\nu, \nu + \mathrm{d}\nu] à l'aide de la densité de modes \mathcal{D}(\nu) obtenue en question Q13, et en déduire l'expression de \overline{\mathcal{U}}(\nu) ainsi que le préfacteur A.
Voir la réponse courte

Énergie moyenne classique k_{\mathrm{B}}T par mode selon le théorème d'équipartition, donnant \overline{\mathcal{U}}(\nu) = \frac{8\pi V}{c^3}\nu^2 k_{\mathrm{B}}T.

Voir le corrigé complet

Comme précisé dans le préambule de la partie II.B, chaque mode propre du champ électromagnétique (défini par son triplet (n_x, n_y, n_z) et son état de polarisation) est analogue à un oscillateur harmonique unidimensionnel.

L'énergie d'un tel mode s'écrit comme la somme de deux termes quadratiques indépendants, correspondant respectivement à l'énergie électrique et à l'énergie magnétique :

\mathcal{E}_{\text{mode}} = \frac{1}{2} C q^2 + \frac{1}{2} L \dot{q}^2 \quad \text{ou de façon équivalente} \quad \iiint \left( \frac{\varepsilon_0}{2} \vec{E}^2 + \frac{1}{2\mu_0} \vec{B}^2 \right) \mathrm{d}V.

D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie de la physique statistique classique, à l'équilibre thermodynamique avec un thermostat à la température T, chaque terme quadratique indépendant dans le hamiltonien apporte une contribution moyenne égale à \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T. L'énergie moyenne d'un mode quelconque, quelle que soit sa fréquence \nu, vaut donc :

\langle \mathcal{E} \rangle = 2 \times \left( \frac{1}{2} k_{\mathrm{B}} T \right) = k_{\mathrm{B}} T.

L'énergie électromagnétique moyenne totale comprise dans l'intervalle spectral [\nu, \nu + \mathrm{d}\nu] s'écrit alors :

\mathrm{d}\overline{U} = \overline{\mathcal{U}}(\nu)\,\mathrm{d}\nu = \langle \mathcal{E} \rangle \mathcal{D}(\nu)\,\mathrm{d}\nu.

En utilisant l'expression de la densité de modes \mathcal{D}(\nu) établie à la question Q13, il vient :

\overline{\mathcal{U}}(\nu) = \mathcal{D}(\nu)\, k_{\mathrm{B}} T = \frac{8\pi V}{c^3}\nu^2 k_{\mathrm{B}} T.

Par identification avec la relation demandée \overline{\mathcal{U}}(\nu) = A \nu^2 k_{\mathrm{B}} T, on obtient le préfacteur :

\boxed{A = \frac{8\pi V}{c^3}}

et la densité spectrale d'énergie moyenne de Rayleigh-Jeans :

\boxed{\overline{\mathcal{U}}(\nu) = \frac{8\pi V}{c^3} \nu^2 k_{\mathrm{B}} T}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre le nombre de degrés de liberté quadratiques (deux par oscillateur) avec la dimension spatiale du mouvement.

« Le théorème d'équirépartition a été particulièrement malmené, d'autant plus que le comptage des degrés de liberté a souvent été très arbitraire. Ainsi, le nombre de degrés de liberté quadratique (2 pour un oscillateur harmonique unidimensionnel) a souvent été confondu avec le nombre de directions dans lequel le système peut se déplacer (1 pour un oscillateur harmonique unidimensionnel). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
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Notions : catastrophe ultraviolette, équipartition de l'énergie

Comparer la densité spectrale prévue par le modèle de Rayleigh-Jeans aux données de la figure 3. Expliquer pourquoi l'on parlait de « catastrophe ultraviolette » jusqu'au début du XXème siècle. Quelle hypothèse réalisée dans le raisonnement précédent pourrait être erronée ?

Voir l'indice

Remarquer que la loi en \nu^2 diverge à haute fréquence, conduisant à une intégrale d'énergie totale infinie, ce qui invalide l'hypothèse de continuité de l'énergie.

Voir la stratégie
  1. Comparer la prédiction en \nu^2 (échelle log-log : pente +2) avec les données de la figure 3 aux basses et hautes fréquences.
  2. Analyser l'intégrale sur tout le spectre de la densité d'énergie de Rayleigh-Jeans pour expliciter l'origine du terme « catastrophe ultraviolette ».
  3. Identifier l'hypothèse physique mise en défaut : l'application du théorème d'équipartition classique de l'énergie supposant un continuum pour l'énergie d'échange des oscillateurs.
Voir la réponse courte

Divergence de la densité d'énergie intégrée aux hautes fréquences ; remise en cause du caractère continu de l'énergie des modes.

Voir le corrigé complet

1. Comparaison avec les données expérimentales (figure 3) :

D'après le modèle de Rayleigh-Jeans (question 14), la densité spectrale est proportionnelle au carré de la fréquence : \overline{\mathcal{U}}(\nu) \propto \nu^2. En coordonnées logarithmiques, cela se traduit par une droite de pente +2 :

\log I_\nu = 2\log\nu + \text{cte}.
  • À basse fréquence (\nu \lesssim 100\text{ GHz}) : les points expérimentaux s'alignent parfaitement sur une droite croissante de pente +2 ; le modèle de Rayleigh-Jeans est donc en excellent accord avec les observations.
  • À haute fréquence (\nu \gtrsim 150\text{ GHz}) : le spectre réel atteint un maximum vers 160\text{ GHz} puis chute exponentiellement vers zéro, alors que le modèle de Rayleigh-Jeans prévoit une croissance monotone en \nu^2 tendant vers l'infini.

2. La « catastrophe ultraviolette » :

L'énergie électromagnétique totale contenue dans la cavité s'obtient en intégrant la densité spectrale sur toutes les fréquences :

U_{\text{tot}} = \int_0^{+\infty} \overline{\mathcal{U}}(\nu)\,\mathrm{d}\nu = \int_0^{+\infty} \frac{8\pi V}{c^3} k_{\mathrm{B}}T \nu^2\,\mathrm{d}\nu = +\infty.

Cette intégrale diverge à la borne supérieure (hautes fréquences, domaine ultraviolet et au-delà). Un corps noir à l'équilibre thermique avec un thermostat rayonnerait ainsi une énergie infinie, ce qui est physiquement absurde. C'est cette divergence aux hautes fréquences que Paul Ehrenfest a qualifiée de catastrophe ultraviolette.

3. Hypothèse erronée :

L'hypothèse erronée réside dans l'application sans restriction du théorème d'équipartition de l'énergie de la physique statistique classique, qui suppose implicitement que :

  • l'énergie échangée entre le champ électromagnétique et la matière est une grandeur continue ;
  • chaque mode peut être excité thermiquement avec une énergie moyenne égale à k_{\mathrm{B}}T, indépendamment de sa fréquence \nu, ce qui devient faux dès lors que le quantum d'énergie h\nu dépasse l'énergie thermique k_{\mathrm{B}}T.
Voir ce qu'a relevé le jury

Identifier l'échelle log-log et comparer la pente de la courbe expérimentale à l'exposant de la loi de puissance.

« Un grand nombre de candidats n'ont pas noté l'utilisation de l'échelle log-log conduisant à des analyses erronées. »

« Très peu de copies ont pensé à comparer la pente de la figure en échelle logarithmique à la loi de puissance du modèle. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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C · Hypothèse des quanta et approche de Planck

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : facteur de boltzmann, fonction de partition

Exprimer la probabilité qu'un mode électromagnétique de fréquence contienne photons. On notera la fonction de normalisation de la probabilité qui assure que , avec . Cette fonction porte le nom de fonction de partition.

Voir l'indice

Écrire la distribution canonique de Gibbs proportionnelle au facteur de Boltzmann \mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_n} avec \mathcal{E}_n = n h\nu.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'énergie de l'état à n photons pour un mode de fréquence \nu à partir du texte introductif de la section II.C.
  2. Appliquer la loi de distribution canonique de Maxwell-Boltzmann au système en équilibre thermique avec le thermostat à la température T.
  3. Écrire la probabilité normalisée en introduisant la fonction de partition \mathcal{Z}(\beta, \nu).
Voir la réponse courte

Poids de Boltzmann d'un niveau d'énergie discrète E_n = n h\nu : \mathcal{P}_n(\nu) = \frac{1}{\mathcal{Z}}\mathrm{e}^{-\beta n h\nu}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, un mode électromagnétique de fréquence \nu contenant n photons possède une énergie quantifiée :

\mathcal{E}_n(\nu) = n h \nu

Le système {cavité + champ} étant en équilibre thermique à la température T avec un thermostat, la probabilité d'occupation de l'état d'énergie \mathcal{E}_n(\nu) est régie par la statistique canonique de Maxwell-Boltzmann. Elle est proportionnelle au facteur de Boltzmann :

\mathcal{P}_n(\nu) \propto \mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_n(\nu)} = \mathrm{e}^{-\beta n h \nu}

où \beta = \dfrac{1}{k_{\mathrm{B}} T}.

En introduisant le facteur de normalisation \mathcal{Z}(\beta, \nu), appelé fonction de partition du mode, tel que la somme des probabilités sur tous les micro-états possibles (n \in \mathbb{N}) vaille 1 :

\sum_{n=0}^{+\infty} \mathcal{P}_n(\nu) = 1

la probabilité \mathcal{P}_n(\nu) s'exprime sous la forme :

\boxed{\mathcal{P}_n(\nu) = \frac{\mathrm{e}^{-\beta n h \nu}}{\mathcal{Z}(\beta, \nu)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir expressément toute grandeur issue du cours qui n'est pas posée par l'énoncé.

« On notera cependant que certaines copies utilisent sans les définir des outils vus en cours, mais absent du sujet (notamment la fonction de partition Z). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction de partition, somme géométrique

En utilisant la condition de normalisation ci-dessus, déterminer l'expression de . En déduire que

Voir l'indice

Reconnaître la somme d'une série géométrique de raison \mathrm{e}^{-\beta h\nu} < 1 pour déterminer la fonction de partition \mathcal{Z}.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition de normalisation \sum_{n=0}^{+\infty} \mathcal{P}_n(\nu) = 1 en utilisant l'expression issue de la question Q16 pour isoler \mathcal{Z}(\beta, \nu).
  2. Identifier la somme d'une série géométrique de raison strictement inférieure à 1, puis en déduire directement l'expression de \mathcal{P}_n(\nu).
Voir la réponse courte

Calcul de la somme d'une série géométrique convergente de raison \mathrm{e}^{-\beta h\nu} < 1, d'où \mathcal{Z} = (1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu})^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, la probabilité d'occupation de l'état à n photons s'écrit :

\mathcal{P}_n(\nu) = \frac{\mathrm{e}^{-\beta n h\nu}}{\mathcal{Z}(\beta, \nu)}

La condition de normalisation impose :

\sum_{n=0}^{+\infty} \mathcal{P}_n(\nu) = 1 \iff \mathcal{Z}(\beta, \nu) = \sum_{n=0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-\beta n h\nu} = \sum_{n=0}^{+\infty} \left(\mathrm{e}^{-\beta h\nu}\right)^n

Comme la température thermodynamique T est strictement positive et \nu > 0, la raison vérifie 0 < \mathrm{e}^{-\beta h\nu} < 1. Il s'agit de la somme d'une série géométrique convergente de premier terme 1 :

\mathcal{Z}(\beta, \nu) = \frac{1}{1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu}}
\boxed{\mathcal{Z}(\beta, \nu) = \frac{1}{1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu}}}

En injectant cette fonction de partition dans l'expression de la probabilité \mathcal{P}_n(\nu), on obtient :

\boxed{\mathcal{P}_n(\nu) = \mathrm{e}^{-\beta n h\nu}\left(1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir expressément toute grandeur issue du cours qui n'est pas posée par l'énoncé.

« On notera cependant que certaines copies utilisent sans les définir des outils vus en cours, mais absent du sujet (notamment la fonction de partition Z). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : valeur moyenne, distribution de bose-einstein

Établir l'expression du nombre moyen de photons, noté , contenus dans le mode électromagnétique de fréquence . On pourra poser afin de faciliter les calculs.

Voir l'indice

Calculer la valeur moyenne \bar{n} = \sum n x^n (1-x) en utilisant la dérivée par rapport à x de la série géométrique : x \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\left(\frac{1}{1-x}\right).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre moyen de photons \bar{n}(\nu) à l'aide de la définition de l'espérance appliquée à la loi discrète \mathcal{P}_n(\nu) établie en question 17.
  2. Poser la variable x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu} pour faire apparaître la dérivée de la série géométrique usuelle.
  3. Simplifier l'expression puis réécrire le résultat sous la forme standard de la distribution de Bose-Einstein.
Voir la réponse courte

Dérivation de la série géométrique par rapport à la variable x pour établir le nombre moyen de quanta \bar{n} = 1/(\mathrm{e}^{\beta h\nu}-1).

Voir le corrigé complet

Par définition de l'espérance pour la variable aléatoire discrète n représentant le nombre de photons dans le mode :

\bar{n}(\nu) = \mathbb{E}(n) = \sum_{n=0}^{+\infty} n \mathcal{P}_n(\nu)

D'après la question 17, \mathcal{P}_n(\nu) = (1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu})\,\mathrm{e}^{-\beta n h\nu}. En posant x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu}, avec x \in ]0, 1[ car \beta h\nu > 0, l'expression devient :

\bar{n}(\nu) = (1 - x) \sum_{n=0}^{+\infty} n x^n = (1 - x) \, x \sum_{n=1}^{+\infty} n x^{n-1}

Pour tout x \in ]-1, 1[, la somme de la série géométrique converge et vérifie :

\sum_{n=0}^{+\infty} x^n = \frac{1}{1-x}

Par dérivation terme à terme par rapport à x sur l'intervalle ouvert ]-1, 1[ :

\sum_{n=1}^{+\infty} n x^{n-1} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\left(\frac{1}{1-x}\right) = \frac{1}{(1-x)^2}

On en déduit la somme de la série :

\sum_{n=0}^{+\infty} n x^n = \frac{x}{(1-x)^2}

En reportant dans l'expression de \bar{n}(\nu) :

\begin{aligned} \bar{n}(\nu) &= (1 - x) \frac{x}{(1-x)^2} \\ &= \frac{x}{1-x} \end{aligned}

En réinjectant x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu}, on obtient :

\bar{n}(\nu) = \frac{\mathrm{e}^{-\beta h\nu}}{1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu}}

En divisant le numérateur et le dénominateur par \mathrm{e}^{-\beta h\nu} :

\boxed{\bar{n}(\nu) = \frac{1}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir expressément toute grandeur issue du cours qui n'est pas posée par l'énoncé.

« On notera cependant que certaines copies utilisent sans les définir des outils vus en cours, mais absent du sujet (notamment la fonction de partition Z). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : distribution de bose-einstein

Montrer que la probabilité peut se réécrire sous la forme

Cette distribution de probabilité, appelée distribution de Bose-Einstein, est caractéristique des modes électromagnétiques du rayonnement de corps noir (aussi appelé rayonnement thermique).

Voir l'indice

Exprimer x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu} en fonction de \bar{n} à l'aide du résultat de la question précédente puis réinjecter dans \mathcal{P}_n.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le facteur de Boltzmann x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu} en fonction du nombre moyen de photons \bar{n} établi à la question précédente.
  2. Réinjecter cette expression dans la loi de probabilité \mathcal{P}_n(\nu) déterminée à la question 17.
Voir la réponse courte

Réécriture algébrique de \mathcal{P}_n en exprimant x = \bar{n}/(\bar{n}+1) en fonction du nombre moyen de quanta.

Voir le corrigé complet

D'après la question 18, le nombre moyen de photons dans le mode de fréquence \nu s'écrit :

\bar{n} = \frac{1}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1}

On en déduit l'expression de \mathrm{e}^{\beta h\nu} :

\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1 = \frac{1}{\bar{n}} \implies \mathrm{e}^{\beta h\nu} = 1 + \frac{1}{\bar{n}} = \frac{\bar{n} + 1}{\bar{n}}

Le facteur x = \mathrm{e}^{-\beta h\nu} vaut donc :

\mathrm{e}^{-\beta h\nu} = \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}

Il vient alors immédiatement :

1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu} = 1 - \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1} = \frac{1}{\bar{n} + 1}

D'après le résultat de la question 17, la probabilité d'avoir n photons dans le mode est :

\begin{aligned} \mathcal{P}_n &= \left(\mathrm{e}^{-\beta h\nu}\right)^n \left(1 - \mathrm{e}^{-\beta h\nu}\right) \\ &= \left(\frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}\right)^n \frac{1}{\bar{n} + 1} \end{aligned}

On obtient bien la forme annoncée :

\boxed{\mathcal{P}_n = \frac{1}{\bar{n} + 1}\left(\frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}\right)^n}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir expressément toute grandeur issue du cours qui n'est pas posée par l'énoncé.

« On notera cependant que certaines copies utilisent sans les définir des outils vus en cours, mais absent du sujet (notamment la fonction de partition Z). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de planck, densité spectrale d'énergie

Calculer l'énergie moyenne du mode électromagnétique de fréquence . Montrer que la densité spectrale d'énergie moyenne associée s'écrit

Voir l'indice

Multipliez le nombre moyen de photons \bar{n}(\nu) par le quantum d'énergie h\nu puis par la densité d'états \mathcal{D}(\nu) calculée en Q13.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie moyenne \overline{\mathcal{E}}(\nu) d'un mode de fréquence \nu à partir de l'énergie \mathcal{E}_n(\nu) = n h \nu d'un état à n photons et du nombre moyen de photons \bar{n}(\nu) obtenu à la question 18.
  2. Relier la densité spectrale d'énergie moyenne \overline{\mathcal{U}}(\nu) au nombre de modes par unité de fréquence \mathcal{D}(\nu) calculé à la question 13 et à l'énergie moyenne \overline{\mathcal{E}}(\nu) d'un mode.
Voir la réponse courte

Énergie moyenne d'un mode \overline{\mathcal{E}}(\nu) = \bar{n}h\nu, multipliée par la densité de modes \mathcal{D}(\nu) pour obtenir la loi de Planck.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'un mode de fréquence \nu contenant n photons s'écrit \mathcal{E}_n(\nu) = n h \nu. Par linéarité de l'espérance mathématique, l'énergie moyenne de ce mode est donnée par :

\overline{\mathcal{E}}(\nu) = \sum_{n=0}^{+\infty} \mathcal{E}_n(\nu) \mathcal{P}_n(\nu) = h\nu \sum_{n=0}^{+\infty} n \mathcal{P}_n(\nu) = h\nu \, \bar{n}(\nu).

En utilisant l'expression du nombre moyen de photons \bar{n}(\nu) établie à la question 18 :

\bar{n}(\nu) = \frac{1}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1},

on obtient directement l'énergie moyenne d'un mode :

\boxed{\overline{\mathcal{E}}(\nu) = \frac{h\nu}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1}}

La densité spectrale d'énergie moyenne contenue dans la cavité, \overline{\mathcal{U}}(\nu), correspond à l'énergie moyenne par unité de fréquence. Elle est le produit du nombre de modes par unité de fréquence \mathcal{D}(\nu) par l'énergie moyenne \overline{\mathcal{E}}(\nu) d'un mode :

\overline{\mathcal{U}}(\nu) = \mathcal{D}(\nu) \, \overline{\mathcal{E}}(\nu).

D'après le résultat de la question 13, la densité d'états fréquentielle s'écrit :

\mathcal{D}(\nu) = \frac{8\pi V}{c^3}\nu^2.

En combinant ces deux relations, on retrouve la loi spectrale de Planck pour l'énergie contenue dans la cavité :

\boxed{\overline{\mathcal{U}}(\nu) = \frac{8\pi \nu^2 V}{c^3}\frac{h\nu}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir expressément toute grandeur issue du cours qui n'est pas posée par l'énoncé.

« On notera cependant que certaines copies utilisent sans les définir des outils vus en cours, mais absent du sujet (notamment la fonction de partition Z). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : loi de planck, formule de rayleigh-jeans

En comparant deux énergies caractéristiques, déterminer les expressions asymptotiques de la densité spectrale d'énergie électromagnétique moyenne d'un mode dans la cavité dans les régimes basse et haute fréquences. Tracer sur un même graphique les allures obtenues pour la courbe représentative de en fonction de dans l'approche de Rayleigh-Jeans et dans celle de Planck. Expliquer en quoi les travaux de ce dernier ont permis de résoudre la « catastrophe ultraviolette » à laquelle conduit l'approche de Rayleigh-Jeans, et évoquée à la question 15.

Voir l'indice

Effectuer les développements limites selon que h\nu \ll k_{\mathrm{B}}T (retrouvant Rayleigh-Jeans) ou h\nu \gg k_{\mathrm{B}}T (loi de Wien exponentiellement décroissante).

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux énergies caractéristiques mises en jeu dans l'argument exponentiel \beta h\nu = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}, à savoir le quantum d'énergie h\nu et l'énergie thermique k_{\mathrm{B}}T.
  2. Étudier les deux régimes asymptotiques de la loi de Planck :

    • basses fréquences (h\nu \ll k_{\mathrm{B}}T) par un développement limité de l'exponentielle ;
    • hautes fréquences (h\nu \gg k_{\mathrm{B}}T) par négligence de 1 devant le terme exponentiel.
  3. Tracer les courbes théoriques \overline{\mathcal{U}}_{\mathrm{RJ}}(\nu) et \overline{\mathcal{U}}_{\mathrm{Planck}}(\nu), puis conclure sur la résolution de la catastrophe ultraviolette grâce à la convergence de l'intégrale sur tout le spectre.
Voir la réponse courte

DL en basse fréquence h\nu \ll k_{\mathrm{B}}T redonnant Rayleigh-Jeans, et décroissance exponentielle assurant l'intégrabilité du spectre à haute fréquence.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, la densité spectrale d'énergie moyenne s'écrit :

\overline{\mathcal{U}}(\nu) = \frac{8\pi h V}{c^3} \frac{\nu^3}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1} \quad \text{avec} \quad \beta h\nu = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}

Les deux énergies caractéristiques intervenant dans le système sont :

  • l'énergie quantique associée à un mode de fréquence \nu : \mathcal{E}_{\mathrm{q}} = h\nu ;
  • l'énergie d'agitation thermique caractéristique : \mathcal{E}_{\mathrm{th}} = k_{\mathrm{B}}T.

1. Régime des basses fréquences (h\nu \ll k_{\mathrm{B}}T) :

Lorsque \beta h\nu \ll 1, le quantum d'énergie est très petit devant l'énergie thermique. On effectue un développement limité au premier ordre :

\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1 \approx 1 + \beta h\nu - 1 = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}

Il vient ainsi pour l'énergie moyenne d'un mode :

\overline{\mathcal{E}}(\nu) = \frac{h\nu}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1} \approx k_{\mathrm{B}}T

ce qui redonne exactement le résultat issu du théorème d'équipartition de l'énergie. La densité spectrale d'énergie devient :

\boxed{\overline{\mathcal{U}}_{\mathrm{BF}}(\nu) = \frac{8\pi V}{c^3} \nu^2 k_{\mathrm{B}}T}

On retrouve asymptotiquement la formule classique de Rayleigh-Jeans.

2. Régime des hautes fréquences (h\nu \gg k_{\mathrm{B}}T) :

Lorsque \beta h\nu \gg 1, on a \mathrm{e}^{\beta h\nu} \gg 1, d'où :

\frac{1}{\mathrm{e}^{\beta h\nu} - 1} \approx \mathrm{e}^{-\beta h\nu}

La densité spectrale d'énergie s'écrit alors :

\boxed{\overline{\mathcal{U}}_{\mathrm{HF}}(\nu) = \frac{8\pi h V}{c^3} \nu^3 \mathrm{e}^{-\frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}}}

Il s'agit de la loi empirique proposée par Wien (1896), caractérisée par une coupure exponentielle aux hautes fréquences.

3. Tracé comparatif :

4. Résolution de la catastrophe ultraviolette :

Dans le modèle classique de Rayleigh-Jeans, chaque mode possède l'énergie moyenne k_{\mathrm{B}}T, indépendamment de sa fréquence. Comme le nombre de modes croît en \nu^2, la densité spectrale diverge quadratiquement vers l'infini lorsque \nu \to +\infty. L'énergie totale intégrée sur toutes les fréquences divergeait ainsi vers l'infini : c'était la « catastrophe ultraviolette ».

Dans l'approche de Planck, l'hypothèse de quantification impose que pour exciter un mode de fréquence élevée, une énergie minimale h\nu doit être fournie. Pour des fréquences telles que h\nu \gg k_{\mathrm{B}}T, l'énergie thermique disponible est insuffisante pour peupler ces modes, ce qui entraîne une coupure exponentielle en \mathrm{e}^{-h\nu/k_{\mathrm{B}}T}. L'énergie moyenne d'un mode tend vers 0 lorsque \nu \to +\infty, et l'énergie totale intégrée dans la cavité devient finie, en parfait accord avec l'expérience et la loi de Stefan-Boltzmann.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Tracer les courbes sur un graphe unique, comparer la fréquence à kT/h et déterminer un comportement asymptotique, pas une simple limite.

« L'énoncé demandait explicitement que les courbes soient tracées sur un même graphique. »

« Pour estimer les plages de fréquences auxquelles les régimes asymptotiques deviennent pertinents, il faut comparer les fréquences à des valeurs de référence. En physique, on peut écrire hν << kT, mais pas ν << 1 ! »

« Attention : un comportement asymptotique n'est pas simplement une limite ! »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Partie III : Interprétation quantique du rayonnement électromagnétique

A · Effet photoélectrique

Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : effet photoélectrique, travail d'extraction

L'énergie nécessaire pour arracher un électron de conduction dans le lithium vaut . Montrer en quoi l'hypothèse corpusculaire d'Einstein permet d'expliquer qu'aucun photo-courant n'est mesuré pour . On donne .

Voir l'indice

Calculer l'énergie d'un photon E = hc/\lambda à 546 nm en eV et la comparer au travail d'extraction W_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie E_{\mathrm{ph}} d'un photon incident de longueur d'onde \lambda selon l'hypothèse corpusculaire d'Einstein.
  2. Calculer numériquement cette énergie pour la raie \lambda = 546\text{ nm} à l'aide de la valeur de hc fournie.
  3. Comparer cette énergie au travail d'extraction W_0 du lithium et en déduire l'impossibilité d'émettre des photo-électrons par absorption d'un unique photon.
Voir la réponse courte

Énergie du photon incident hc/\lambda \simeq 2{,}2\text{ eV} < W_0 = 2{,}4\text{ eV}, interdisant l'extraction d'un photo-électron.

Voir le corrigé complet

Selon l'hypothèse corpusculaire proposée par Einstein (1905), la lumière de longueur d'onde \lambda dans le vide est constituée de photons d'énergie élémentaire :

E_{\mathrm{ph}} = h\nu = \frac{hc}{\lambda}

L'effet photoélectrique résulte d'un processus élémentaire à un photon : un électron du métal absorbe un photon et un seul. Pour être extrait du matériau, cet électron doit recevoir une énergie supérieure ou égale au travail d'extraction W_0, ce qui impose la condition de seuil :

E_{\mathrm{ph}} \ge W_0

Calculons l'énergie d'un photon incident pour la raie \lambda = 546\text{ nm} = 0{,}546\ \mu\mathrm{m} :

\begin{aligned} E_{\mathrm{ph}} &= \frac{1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\mathrm{m}}{0{,}546\ \mu\mathrm{m}} \simeq 2{,}2\text{ eV} \end{aligned}

On constate ainsi que :

\boxed{E_{\mathrm{ph}} \simeq 2{,}2\text{ eV} < W_0 = 2{,}4\text{ eV}}

L'énergie transportée par un photon individuel de longueur d'onde \lambda = 546\text{ nm} est insuffisante pour vaincre la barrière d'extraction des électrons du lithium. Aucun photo-électron ne peut donc être arraché, ce qui explique l'absence totale de photo-courant (i = 0), quelle que soit la puissance lumineuse incidente P.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention au sens des inégalités : minorer une énergie n'établit pas qu'elle est inférieure à l'énergie de seuil.

« On ne peut pas montrer que l'énergie E du photon est inférieure à W0 en établissant une borne inférieure sur E ! Approximer E = 1.2 / 0.546 ~ 1.2 / 0.6 = 2 eV établit en réalité E > 2 eV, ce qui ne permet pas de prouver que E < 2.4 eV. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, potentiel d'arrêt

Expliquer qu'en l'absence de tension appliquée, on observe tout de même un photo-courant non-nul. Comment évolue la situation lorsqu'on applique une tension ? Justifier alors l'appellation « potentiel d'arrêt » donnée à la tension .

Voir l'indice

Invoquer l'énergie cinétique initiale non nulle des électrons éjectés à la cathode et la nécessité d'une force de freinage électrique pour bloquer les plus énergétiques.

Voir la stratégie
  1. Analyser le mouvement balistique des photo-électrons entre la cathode et l'anode lorsque le champ électrique est nul (u = 0).
  2. Étudier l'effet d'une tension négative (u < 0) créant un champ électrique décélérateur pour les électrons.
  3. Interpréter la valeur critique u = -U_0 en termes d'annulation du photocourant par blocage des électrons les plus véloces.
Voir la réponse courte

Électrons émis avec une vitesse initiale arrivant sur l'anode pour u=0 ; tension négative décélératrice annulant le courant à u \le -U_0.

Voir le corrigé complet

1. Observation d'un photo-courant pour u = 0 :

En l'absence de tension appliquée (u = V_A - V_C = 0), le champ électrique entre la cathode et l'anode est nul. Toutefois, d'après l'hypothèse de l'énoncé, les photo-électrons arrachés au lithium possèdent une vitesse d'éjection \vec{v} non nulle (associée à l'énergie excédentaire E_c = h\nu - W_0 > 0). Les directions d'éjection étant aléatoires, une fraction de ces électrons possède une vitesse dirigée vers l'anode et l'atteint par simple vol balistique. Ce flux d'électrons atteignant l'anode referme le circuit électrique et engendre un courant non nul :

i(u = 0) > 0.

2. Évolution pour une tension u < 0 :

Lorsque l'on applique une tension négative (u = V_A - V_C < 0), le potentiel de l'anode est inférieur à celui de la cathode (V_A < V_C).

  • Le champ électrique créé est dirigé de la cathode vers l'anode (\vec{E} = -\vec{\nabla}V).
  • La force électrostatique subie par un électron, \vec{F} = -e\vec{E}, est donc dirigée vers la cathode : elle s'oppose au mouvement des électrons vers l'anode. Il s'agit d'un champ électrique décélérateur (ou freineur).
  • Le théorème de l'énergie cinétique entre la cathode et l'anode donne pour un électron de vitesse initiale \vec{v} :

    \Delta E_c = E_c(A) - E_c(C) = W(\vec{F}) = -e(V_A - V_C) = -e u < 0 \quad (\text{avec } u < 0).

L'électron doit donc franchir une barrière d'énergie potentielle \Delta E_p = e|u| = -eu > 0. Au fur et à mesure que u devient plus négatif (c'est-à-dire que |u| augmente), seuls les électrons possédant une composante cinétique selon l'axe cathode-anode suffisante pour franchir cette barrière parviennent à l'anode : le photocourant i diminue continûment.

3. Justification de l'appellation « potentiel d'arrêt » :

Lorsque la tension atteint la valeur négative seuil u = -U_0 (avec U_0 > 0), la barrière de potentiel e U_0 devient supérieure à l'énergie cinétique maximale que peut posséder un électron à l'éjection :

e U_0 \ge E_{c,\max}.

Même les électrons les plus énergétiques émis orthogonalement à la cathode sont freinés et rebroussent chemin avant ou pile au contact de l'anode. Plus aucun électron n'atteint l'anode, ce qui conduit à l'annulation stricte du photocourant :

\boxed{i(u \le -U_0) = 0.}

La tension U_0 correspond à la différence de potentiel minimale nécessaire pour arrêter l'ensemble des photo-électrons et annuler le courant, d'où le terme de « potentiel d'arrêt ».

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faire un schéma aide à visualiser et à comprendre le sens du photocourant.

« Faire un dessin peut beaucoup aider à comprendre la situation. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, potentiel d'arrêt

En considérant que l'énergie du rayonnement incident est intégralement transmise aux électrons libres de la cathode, exprimer le potentiel d'arrêt en fonction de , , et du travail d'extraction , et justifier l'observation ii).

Voir l'indice

Appliquer le théorème de l'énergie cinétique ou la conservation de l'énergie à l'électron le plus rapide : E_{c,\max} = h\nu - W_0 = e U_0.

Voir la stratégie
  1. Établir le bilan énergétique lors de l'interaction photon-électron pour déterminer l'énergie cinétique maximale d'éjection des photo-électrons.
  2. Relier cette énergie cinétique maximale au potentiel d'arrêt U_0 grâce au théorème de l'énergie cinétique entre la cathode et l'anode.
  3. Exprimer U_0 et interpréter la dépendance vis-à-vis des différents paramètres du problème pour justifier l'observation ii).
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie lors de l'extraction et du freinage : e U_0 = h\nu - W_0, relation affine de pente h/e.

Voir le corrigé complet

Lors de l'absorption d'un photon incident d'énergie h\nu par un électron libre de la cathode, l'énergie est intégralement transférée à l'électron. Une part W_0 de cette énergie est consommée pour extraire l'électron du métal, le reliquat étant communiqué sous forme d'énergie cinétique. L'énergie cinétique maximale d'un photo-électron à la sortie immédiate de la cathode s'écrit selon la relation d'Einstein :

E_{c,\max} = h\nu - W_0

Lorsque la tension appliquée est u = -U_0 < 0, le champ électrique s'oppose au mouvement des électrons de la cathode vers l'anode. La variation d'énergie cinétique entre la cathode (potentiel nul) et l'anode (potentiel u = -U_0) pour un photo-électron de charge q = -e s'écrit, en appliquant le théorème de l'énergie cinétique :

\Delta E_c = W(\vec{F}_e) = q (V_{\text{cathode}} - V_{\text{anode}}) = (-e) \big(0 - (-U_0)\big) = -e U_0

Le photocourant i s'annule précisément lorsque les photo-électrons les plus véloces ne parviennent plus à atteindre l'anode, ce qui correspond à une énergie cinétique nulle à l'arrivée sur l'anode :

0 - E_{c,\max} = -e U_0 \implies E_{c,\max} = e U_0

En identifiant les deux expressions de E_{c,\max}, on obtient :

e U_0 = h\nu - W_0

D'où l'expression du potentiel d'arrêt :

\boxed{U_0 = \frac{h}{e}\nu - \frac{W_0}{e}}

Justification de l'observation ii) : Pour un matériau de cathode donné (fixant le travail d'extraction W_0), les grandeurs h, e et W_0 sont des constantes physiques. Le potentiel d'arrêt U_0 est donc une fonction affine de la seule fréquence \nu du rayonnement incident. En particulier, il ne dépend pas de la puissance lumineuse incidente P, ce qui confirme pleinement l'observation expérimentale ii).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prendre garde au signe négatif du potentiel d'arrêt U_0.

« Attention au signe (négatif !) de U_0 (cf. figure 4.b) »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, constante de planck

La figure 4 (c) représente les mesures obtenues par Millikan lui-même, en relevant le potentiel d'arrêt en fonction des longueurs d'onde associées aux différentes raies du mercure. À partir de ces mesures, déterminer la valeur numérique à laquelle il est parvenu pour la constante de Planck , et estimer l'incertitude associée.

Voir l'indice

Identifier la pente de la droite U_0 = f(\nu) à h/e, déterminer graphiquement la pente moyenne et estimer l'incertitude liée à la lecture.

Voir la stratégie
  1. Relier la pente de la droite expérimentale U_0 = f(\nu) à la constante de Planck h à l'aide de l'expression théorique établie à la question Q24.
  2. Choisir deux points sur la droite de régression (dont l'abscisse à l'origine \nu_0 précisée dans la légende) pour calculer la pente p = \frac{\Delta U_0}{\Delta \nu}.
  3. En déduire h = e\,p, puis évaluer l'incertitude absolue \Delta h à partir des incertitudes de lecture graphique sur la tension et la fréquence.
Voir la réponse courte

Mesure de la pente de la droite expérimentale U_0 = f(\nu) de Millikan multipliée par e pour déterminer h \pm \Delta h.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q24, le potentiel d'arrêt U_0 varie linéairement avec la fréquence \nu selon :

U_0 = \frac{h}{e}\,\nu - \frac{W_0}{e}

La courbe représentative U_0 = f(\nu) est donc une droite de pente :

p = \frac{\mathrm{d}U_0}{\mathrm{d}\nu} = \frac{h}{e} \quad \implies \quad h = e\,p

Pour déterminer la pente p, choisissons deux points bien identifiés sur la droite tracée :

  • Le point d'intersection avec l'axe des abscisses (U_{0,1} = 0\text{ V}), pour lequel l'énoncé indique directement dans la légende :

    \nu_1 = \nu_0 = 57,0 \times 10^{13}\text{ Hz}
  • Un point de mesure situé à haute fréquence afin de maximiser le bras de levier, par exemple la raie à \lambda = 313\text{ nm} correspondant à :

    \nu_2 \simeq 96,0 \times 10^{13}\text{ Hz} \quad \text{pour lequel on lit} \quad U_{0,2} \simeq 1,60\text{ V}

La pente expérimentale vaut ainsi :

p = \frac{U_{0,2} - U_{0,1}}{\nu_2 - \nu_1} = \frac{1,60 - 0}{(96,0 - 57,0) \times 10^{13}} = \frac{1,60}{39,0 \times 10^{13}} \simeq 4,10 \times 10^{-15}\text{ V}\cdot\text{s}

On en déduit la valeur de la constante de Planck :

h = e\,p = 1,6 \times 10^{-19} \times 4,10 \times 10^{-15} \simeq 6,6 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
\boxed{h \simeq 6,6 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}}

Estimons l'incertitude liée à la lecture graphique :

  • L'axe vertical étant gradué tous les 0,2\text{ V}, l'incertitude de lecture sur une tension est typiquement de l'ordre d'un quart de graduation : \delta U_0 \simeq 0,05\text{ V}.
  • Sur l'axe des fréquences, l'incertitude de repérage est de l'ordre de \delta \nu \simeq 0,5 \times 10^{13}\text{ Hz}.

L'écart relatif sur la pente vérifie :

\frac{\Delta h}{h} \simeq \frac{\Delta p}{p} \simeq \frac{\delta U_0}{U_{0,2} - U_{0,1}} + \frac{2\,\delta \nu}{\nu_2 - \nu_1} \simeq \frac{0,05}{1,60} + \frac{1,0 \times 10^{13}}{39,0 \times 10^{13}} \simeq 0,031 + 0,026 \simeq 6\%

Ce qui conduit à une incertitude absolue :

\Delta h \simeq 0,06 \times 6,6 \times 10^{-34} \simeq 0,4 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
\boxed{\Delta h \simeq 0,4 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, courant de saturation

Justifier que le courant augmente progressivement à mesure qu'on applique une tension croissante et expliquer la limitation du courant à une valeur de saturation, notée .

Voir l'indice

Expliquer que le champ accélérateur collecte progressivement tous les électrons émis, la saturation survenant lorsque la totalité des photo-électrons atteint l'anode.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'effet d'une tension accélératrice u > 0 sur la trajectoire des photo-électrons émis avec des directions aléatoires depuis la cathode.
  2. Identifier la cause de la saturation lorsque la totalité des photo-électrons émis est collectée par l'anode.
Voir la réponse courte

Amélioration de la collection des électrons émis à tension positive croissante jusqu'à collecte totale à la saturation I_{\mathrm{sat}}.

Voir le corrigé complet

Lorsque la tension appliquée est positive (u > 0), le potentiel de l'anode est supérieur à celui de la cathode (V_A > V_C). Le champ électrique régnant dans l'espace inter-électrodes est dirigé de l'anode vers la cathode, exerçant sur les électrons (de charge négative -e) une force électrostatique accélératrice attractive vers l'anode :

\vec{F} = -e\vec{E} > \vec{0} \quad \text{(dirigée vers l'anode)}.

1. Augmentation progressive du courant : Les photo-électrons sont éjectés de la cathode avec des directions de vitesse aléatoires. À tension u nulle ou modérée, seuls les électrons émis dans le cône d'angle solide faisant face à l'anode sont captés ; les autres finissent leur course sur les parois du tube en verre.

À mesure que la tension accélératrice u augmente, les trajectoires initialement divergentes sont de plus en plus courbées et focalisées vers l'anode. La fraction des électrons émis qui parviennent à atteindre l'anode croît donc avec u, ce qui se traduit par une augmentation progressive du photo-courant i.

2. Saturation du courant à la valeur I_{\mathrm{sat}} : Lorsque la tension u devient suffisamment grande, le champ électrique est assez intense pour focaliser et collecter l'intégralité des photo-électrons émis par la cathode par unité de temps.

Le courant ne peut alors plus croître avec u : il est limité par le nombre total de photo-électrons éjectés par seconde à la surface du lithium, c'est-à-dire par le flux de photons incidents. Le courant atteint alors un palier de saturation :

\boxed{I = I_{\mathrm{sat}} = \text{cste pour } u \gg 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La saturation du courant n'est pas causée par la limitation relativiste de la vitesse des photoélectrons.

« Certes la vitesse des photoélectrons est limitée par la vitesse de la lumière, mais ceci n'est pas à l'origine de la saturation de I. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, rendement quantique

On appelle rendement quantique la probabilité qu'un photo-électron soit émis lorsqu'un photon frappe la cathode. Exprimer en fonction de et justifier l'observation iii). Reproduire l'allure de la courbe (b), figure 4, pour différentes valeurs de la puissance lumineuse à fréquence fixée, et proposer alors une méthode qui permettrait de déterminer pour la cathode en lithium utilisée ici.

Voir l'indice

Relier le débit de photons incidents P/(h\nu) au débit d'électrons émis puis au courant électrique I_{\mathrm{sat}} = \eta e P/(h\nu).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre de photons incidents par unité de temps en fonction de la puissance optique P et de l'énergie d'un photon h\nu.
  2. Relier le taux d'émission des photo-électrons au taux de photons incidents via le rendement quantique \eta, puis en déduire le courant anodique à saturation I_{\text{sat}} par la charge collectée par unité de temps.
  3. Justifier l'observation iii) et tracer l'allure des caractéristiques i = f(u) pour deux puissances distinctes à fréquence constante, en veillant à l'invariance du potentiel d'arrêt U_0.
  4. Proposer un protocole expérimental fondé sur la mesure de la pente de I_{\text{sat}} en fonction de P pour déterminer numériquement \eta.
Voir la réponse courte

Expression I_{\mathrm{sat}} = e\eta P/(h\nu) et détermination de \eta à partir de la pente de I_{\mathrm{sat}} tracé en fonction de P.

Voir le corrigé complet

Considérons un faisceau lumineux monochromatique de fréquence \nu et de puissance P éclairant la photocathode. L'énergie apportée par photon étant h\nu, le nombre moyen de photons incidents par unité de temps s'écrit :

\frac{\mathrm{d}N_{\text{ph}}}{\mathrm{d}t} = \frac{P}{h\nu}

Par définition du rendement quantique \eta \in [0, 1], le nombre moyen de photo-électrons émis par unité de temps vaut :

\frac{\mathrm{d}N_e}{\mathrm{d}t} = \eta\,\frac{\mathrm{d}N_{\text{ph}}}{\mathrm{d}t} = \eta\,\frac{P}{h\nu}

Au régime de saturation, la totalité des électrons émis par la cathode est collectée à l'anode. Le courant de saturation correspond donc à la charge totale arrivant à l'anode par unité de temps :

I_{\text{sat}} = e\,\frac{\mathrm{d}N_e}{\mathrm{d}t}

D'où l'expression du courant de saturation :

\boxed{I_{\text{sat}} = \eta\,\frac{e P}{h\nu}}

Cette expression montre que, pour une fréquence \nu fixée, le courant de saturation est strictement proportionnel à la puissance lumineuse incidente P :

I_{\text{sat}} \propto P

ce qui justifie l'observation expérimentale iii) : « le courant de saturation I_{\text{sat}} augmente avec la puissance lumineuse P ».

Lorsque la puissance P varie à fréquence \nu fixée :

  • le potentiel d'arrêt U_0 = \frac{h\nu - W_0}{e} ne dépend pas de P (question Q24) ; toutes les courbes coupent donc l'axe des abscisses au même point d'annulation u = -U_0 ;
  • le palier de saturation I_{\text{sat}} augmente proportionnellement à P.

Méthode de détermination de \eta :

  1. On fixe la fréquence du faisceau lumineux incident \nu > \frac{W_0}{h} (par exemple une raie du mercure telle que \lambda = 405\text{ nm}).
  2. Pour différentes valeurs de la puissance lumineuse incidente P mesurée au niveau de la cathode à l'aide d'un radiomètre ou wattmètre optique, on applique une tension u positive suffisante pour atteindre le régime de saturation, et on mesure le courant I_{\text{sat}}.
  3. On trace la droite d'étalonnage I_{\text{sat}} = f(P). Sa pente expérimentale vaut :

    s = \frac{\Delta I_{\text{sat}}}{\Delta P} = \frac{\eta e}{h\nu}
  4. Connaissant la charge élémentaire e, la constante de Planck h et la fréquence de l'onde \nu = \frac{c}{\lambda}, on en déduit directement le rendement quantique :

    \boxed{\eta = \frac{h\nu}{e} \, \frac{\mathrm{d}I_{\text{sat}}}{\mathrm{d}P}}

Résultat

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B.a · Source de rayonnement thermique

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : distribution de bose-einstein, écart-type

Pour caractériser les fluctuations du nombre de photons autour de la valeur moyenne , on utilise l'écart-type (défini dans le formulaire). Déterminer en fonction de .

Voir l'indice

Calculer la variance V(n) = \mathbb{E}(n^2) - \bar{n}^2 pour la loi géométrique de Bose-Einstein et en déduire l'écart-type \Delta n = \sqrt{\bar{n}(\bar{n}+1)}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variance V(n) = \mathbb{E}(n^2) - (\mathbb{E}(n))^2 = \overline{n^2} - \bar{n}^2 associée à la loi de probabilité géométrique \mathcal{P}_n = (1-a)a^n où a = \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}.
  2. Calculer \overline{n^2} à l'aide des dérivées de la série géométrique ou en calculant le moment factoriel \overline{n(n-1)}.
  3. En déduire l'écart-type \Delta n = \sqrt{V(n)}.
Voir la réponse courte

Calcul du moment d'ordre deux pour une loi géométrique : \overline{n^2} - \bar{n}^2 = \bar{n}(\bar{n}+1), d'où \Delta n = \sqrt{\bar{n}^2 + \bar{n}}.

Voir le corrigé complet

La probabilité qu'une source thermique émette n photons pendant la durée \tau est donnée par la loi de Bose-Einstein (équation (9)) :

\mathcal{P}_n = \frac{1}{\bar{n} + 1}\left(\frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}\right)^n

Posons pour simplifier l'écriture :

a = \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1} \in [0, 1[ \quad \text{de sorte que} \quad 1 - a = \frac{1}{\bar{n} + 1}

Ainsi, \mathcal{P}_n = (1 - a) a^n, ce qui correspond à une loi géométrique sur \mathbb{N}.

Calculons la moyenne \overline{n(n-1)} :

\overline{n(n-1)} = \sum_{n=0}^{+\infty} n(n-1) \mathcal{P}_n = (1-a) \sum_{n=2}^{+\infty} n(n-1) a^n = (1-a) a^2 \sum_{n=2}^{+\infty} n(n-1) a^{n-2}

Or, pour tout |a| < 1, en dérivant deux fois la série géométrique \sum_{n=0}^{+\infty} a^n = \frac{1}{1-a}, on obtient :

\sum_{n=2}^{+\infty} n(n-1) a^{n-2} = \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}a^2}\left(\frac{1}{1-a}\right) = \frac{2}{(1-a)^3}

Il vient alors :

\overline{n(n-1)} = (1-a) a^2 \frac{2}{(1-a)^3} = \frac{2a^2}{(1-a)^2} = 2 \left(\frac{a}{1-a}\right)^2 = 2\bar{n}^2

car \frac{a}{1-a} = \bar{n}.

On en déduit l'espérance du carré :

\overline{n^2} = \overline{n(n-1)} + \bar{n} = 2\bar{n}^2 + \bar{n}

La variance du nombre de photons s'écrit donc :

\begin{aligned} V(n) &= \overline{n^2} - \bar{n}^2 \\ &= 2\bar{n}^2 + \bar{n} - \bar{n}^2 \\ &= \bar{n}^2 + \bar{n} \end{aligned}

L'écart-type \Delta n = \sqrt{V(n)} vaut par conséquent :

\boxed{\Delta n = \sqrt{\bar{n}(\bar{n} + 1)}}

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : distribution de bose-einstein

Représenter l'allure de la probabilité en fonction de , en faisant apparaître qualitativement la moyenne et l'écart-type sur le graphique.

Voir l'indice

Tracer une décroissance géométrique discrète maximale en n=0 et indiquer les positions de \bar{n} et \Delta n > \bar{n}.

Voir la stratégie
  1. Analyser la dépendance de \mathcal{P}_n en fonction de l'entier n : il s'agit d'une suite géométrique de raison \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1} < 1, donc strictement décroissante, de valeur maximale atteinte en n = 0.
  2. Positionner qualitativement la valeur moyenne \bar{n} et l'écart-type \Delta n = \sqrt{\bar{n}(\bar{n} + 1)}, en remarquant que \Delta n > \bar{n} (les fluctuations sont du même ordre de grandeur, voire supérieures à la moyenne).
Voir la réponse courte

Allure d'une loi géométrique discrète décroissante avec maximum en n=0, indication graphique de la moyenne et de la dispersion.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question précédente :

\mathcal{P}_n = \frac{1}{\bar{n} + 1}\left(\frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1}\right)^n \quad \text{avec} \quad \frac{\bar{n}}{\bar{n} + 1} < 1

La distribution est une loi géométrique sur \mathbb{N} :

  • elle est strictement décroissante avec n ;
  • la valeur la plus probable est n = 0, avec \mathcal{P}_0 = \frac{1}{\bar{n} + 1} ;
  • l'écart-type \Delta n = \sqrt{\bar{n}(\bar{n}+1)} est supérieur à la moyenne \bar{n} (\Delta n \simeq \bar{n} dès que \bar{n} \gg 1).

Question déjà tombée ailleurs

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B.b · Source laser

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : photon, flux de photons

Exprimer le flux en fonction de la puissance incidente . Évaluer numériquement pour une source laser de puissance et de longueur d'onde . En déduire une valeur numérique de la durée qui sépare l'émission de deux photons en moyenne pour une telle source.

Voir l'indice

Utiliser la conservation de l'énergie pour relier le flux de photons à la puissance incidente : \Phi = P/(h\nu), puis évaluer \delta t = 1/\Phi.

Voir la stratégie
  1. Relier l'énergie transportée pendant une durée \tau au nombre moyen de photons émis \bar{n} et à l'énergie d'un photon unique \mathcal{E}_{\mathrm{ph}} = \frac{hc}{\lambda}, puis en déduire le flux \Phi = \frac{\bar{n}}{\tau} en fonction de P, h, c et \lambda.
  2. Effectuer l'application numérique de \Phi en utilisant les données de l'énoncé (hc \simeq 1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m} et e \simeq 1{,}6\times 10^{-19}\text{ C}).
  3. Définir la durée moyenne \delta t séparant deux émissions successives comme l'inverse du flux \Phi, puis calculer sa valeur numérique.
Voir la réponse courte

Flux \Phi = P\lambda/(hc) \simeq 2\cdot 10^{15}\text{ s}^{-1} et temps moyen séparant deux photons consécutifs \tau = 1/\Phi \simeq 5\cdot 10^{-16}\text{ s}.

Voir le corrigé complet

Pendant une durée \tau, l'énergie lumineuse totale émise par le faisceau laser de puissance constante P vaut :

E = P\tau

D'un point de vue corpusculaire, cette énergie correspond à l'émission en moyenne de \bar{n} photons, chacun transportant une énergie \mathcal{E}_{\mathrm{ph}} = h\nu = \frac{hc}{\lambda}, soit :

E = \bar{n} \frac{hc}{\lambda}

En identifiant ces deux expressions de l'énergie, on obtient :

\bar{n} = \frac{P \tau}{\mathcal{E}_{\mathrm{ph}}} = \frac{P \lambda \tau}{hc}

D'après la définition du flux de photons donnée par l'équation (10), \Phi = \frac{\bar{n}}{\tau}, il vient :

\boxed{\Phi = \frac{P}{h\nu} = \frac{P\lambda}{hc}}

Application numérique : L'énergie d'un photon de longueur d'onde \lambda = 400\text{ nm} = 0{,}40\text{ }\mu\text{m} vaut, à l'aide de la donnée hc \simeq 1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m} :

\mathcal{E}_{\mathrm{ph}} = \frac{1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m}}{0{,}40\text{ }\mu\text{m}} = 3{,}0\text{ eV} = 3{,}0 \times 1{,}6\times 10^{-19}\text{ J} = 4{,}8\times 10^{-19}\text{ J}

Pour P = 1\text{ mW} = 1{,}0\times 10^{-3}\text{ W} :

\Phi = \frac{1{,}0\times 10^{-3}}{4{,}8\times 10^{-19}} \simeq 2{,}08\times 10^{15}\text{ s}^{-1}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\Phi \simeq 2{,}1 \times 10^{15}\text{ s}^{-1}\quad (\text{ou photons}\cdot\text{s}^{-1})}

Le nombre moyen de photons émis par unité de temps étant \Phi, la durée moyenne \delta t séparant l'émission de deux photons consécutifs est donnée par :

\boxed{\delta t = \frac{1}{\Phi}}

Numériquement :

\delta t = \frac{1}{2{,}08\times 10^{15}\text{ s}^{-1}} \simeq 4{,}8\times 10^{-16}\text{ s} = 0{,}48\text{ fs}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\delta t \simeq 4{,}8 \times 10^{-16}\text{ s}}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi binomiale

En supposant que les photons sont émis indépendamment les uns des autres, et en négligeant les émissions multiples dans un intervalle de temps élémentaire (avec le nombre de subdivisions de la durée et ), justifier que la probabilité suit une loi binomiale dont l'expression est donnée par

Voir l'indice

Assimiler chaque tranche de temps élémentaire à une épreuve de Bernoulli indépendante de succès « émission d'un photon ».

Voir la stratégie
  1. Identifier la modélisation sous-jacente : discrétiser la durée totale \tau en N intervalles élémentaires \delta\tau et relier chaque intervalle à une épreuve de Bernoulli.
  2. Exploiter les deux hypothèses de l'énoncé (pas d'émissions multiples et indépendance mutuelle) pour en déduire la loi binomiale \mathcal{B}(N, p).
  3. Identifier le sens physique du paramètre de succès p, puis déterminer son expression littérale grâce à l'espérance fournie dans le formulaire.
Voir la réponse courte

Schéma de Bernoulli à N tirages indépendants avec émission d'un photon de probabilité élémentaire p par tranche \delta\tau.

Voir le corrigé complet

Considérons la subdivision de l'intervalle de temps [0, \tau] en N sous-intervalles disjoints de même durée \delta\tau = \tau/N.

  • Comme les émissions multiples sont négligées dans chaque tranche \delta\tau, chaque sous-intervalle ne peut donner lieu qu'à deux issues exclusives : soit l'émission d'un photon unique (considérée comme un « succès »), soit aucune émission (un « échec »). Chaque tranche de temps correspond donc à une épreuve de Bernoulli.
  • Les émissions étant supposées indépendantes les unes des autres et le régime de fonctionnement de la source étant stationnaire, les épreuves de Bernoulli associées à chacun des N intervalles sont mutuellement indépendantes et possèdent la même probabilité de succès p.

Le nombre total n de photons émis pendant la durée \tau est la somme de ces N variables de Bernoulli indépendantes et de même paramètre p. La variable aléatoire n suit par conséquent une loi binomiale \mathcal{B}(N, p) :

\mathcal{P}_n = \binom{N}{n} p^n (1 - p)^{N-n}

Signification physique de p :
La grandeur p représente la probabilité d'émission d'un photon au cours d'un intervalle de temps élémentaire \delta\tau = \tau/N.

Expression de p :
D'après le formulaire fourni, l'espérance d'une loi binomiale de paramètres N et p s'écrit :

\mathbb{E}(n) = N p

Le nombre moyen de photons émis pendant la durée \tau étant noté \bar{n} = \mathbb{E}(n), on en déduit directement :

\boxed{p = \frac{\bar{n}}{N}}

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi binomiale

On précisera la signification physique de . Exprimer à l'aide du formulaire sachant que cette loi doit conduire à un nombre moyen de photons émis.

Voir l'indice

Identifier p à la probabilité d'émission sur \delta\tau et poser \bar{n} = N p, d'où p = \bar{n}/N = \Phi \delta\tau.

Voir la stratégie
  1. Interpréter le paramètre p dans le cadre du modèle de Bernoulli discrétisant l'intervalle temporel \tau en N tranches \delta\tau.
  2. Utiliser l'expression de l'espérance d'une loi binomiale issue du formulaire pour relier p au nombre moyen \bar{n} de photons émis.
Voir la réponse courte

Probabilité p d'émettre un photon pendant la durée élémentaire \delta\tau, avec p = \bar{n}/N = \Phi \delta\tau.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle proposé, l'intervalle de mesure \tau est découpé en N sous-intervalles élémentaires de durée \delta\tau = \tau/N. Chaque sous-intervalle constitue une épreuve de Bernoulli au cours de laquelle au plus un photon peut être émis.

Physiquement, le paramètre p représente la probabilité qu'un photon soit émis par la source laser pendant la durée élémentaire \delta\tau.

D'après le formulaire, l'espérance d'une variable aléatoire suivant une loi binomiale de paramètres N et p est donnée par :

\mathbb{E}(X) = N p

Cette espérance correspond au nombre moyen \bar{n} de photons émis sur la durée totale \tau. On en déduit :

\bar{n} = N p \implies p = \frac{\bar{n}}{N}

En utilisant la relation \bar{n} = \Phi\tau reliant le compte moyen au flux de photons \Phi, et sachant que \delta\tau = \tau/N, cette probabilité s'exprime également selon :

\boxed{p = \frac{\bar{n}}{N} = \Phi\,\delta\tau}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de poisson, fluctuation

En utilisant le formulaire, donner également l'expression de l'écart-type dans la limite . Comparer au cas d'une source de rayonnement thermique (cf. question 28) et interpréter en termes de stabilité de la source.

Voir l'indice

Partir de V(n) = N p(1-p) et faire tendre p \to 0 pour obtenir \Delta n = \sqrt{\bar{n}} ; noter la réduction des fluctuations relatives par rapport au corps noir.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variance V(n) d'une loi binomiale de paramètres N et p, puis déterminer sa limite lorsque N \gg \bar{n} (ce qui équivaut à p = \bar{n}/N \ll 1).
  2. En déduire l'écart-type \Delta n = \sqrt{V(n)} pour la source laser.
  3. Comparer \Delta n à celui obtenu pour une source thermique (\Delta n_{\text{th}} = \sqrt{\bar{n}(\bar{n} + 1)}) et interpréter les fluctuations relatives en termes de stabilité du faisceau lumineux.
Voir la réponse courte

Écart-type binomial \Delta n = \sqrt{Np(1-p)} \simeq \sqrt{\bar{n}}, bien inférieur aux fluctuations thermiques \sqrt{\bar{n}^2+\bar{n}}, gage de stabilité laser.

Voir le corrigé complet

D'après le formulaire, la variance d'une variable aléatoire suivant une loi binomiale de paramètres N et p est donnée par :

V(n) = N p (1 - p)

Or, d'après le résultat de la question 31, le produit N p est fixé à la valeur moyenne \bar{n}, de sorte que p = \frac{\bar{n}}{N}. L'expression de la variance devient donc :

V(n) = \bar{n}\left(1 - \frac{\bar{n}}{N}\right)

Dans la limite N \gg \bar{n}, le rapport \frac{\bar{n}}{N} \ll 1 est négligeable devant 1, ce qui conduit à :

V(n) \underset{N \gg \bar{n}}{\simeq} \bar{n}

L'écart-type \Delta n = \sqrt{V(n)} du nombre de photons émis par la source laser s'écrit donc :

\boxed{\Delta n = \sqrt{\bar{n}}}

Comparaison avec la source de rayonnement thermique :

D'après la question 28, pour un mode thermique (statistique de Bose-Einstein), l'écart-type vaut :

\Delta n_{\text{th}} = \sqrt{\bar{n}^2 + \bar{n}} = \sqrt{\bar{n}(\bar{n} + 1)}

Pour toute valeur \bar{n} > 0, on constate que :

\Delta n = \sqrt{\bar{n}} < \Delta n_{\text{th}} = \sqrt{\bar{n}(\bar{n} + 1)}

Pour des valeurs macroscopiques ou modérées du nombre moyen de photons (\bar{n} \gg 1), la différence devient particulièrement spectaculaire :

  • Pour la source laser : \Delta n \simeq \sqrt{\bar{n}}, soit une fluctuation relative \frac{\Delta n}{\bar{n}} \simeq \frac{1}{\sqrt{\bar{n}}}, qui tend vers 0 lorsque \bar{n} croît ;
  • Pour la source thermique : \Delta n_{\text{th}} \simeq \bar{n}, soit une fluctuation relative de l'ordre de 100\,\% (\frac{\Delta n_{\text{th}}}{\bar{n}} \simeq 1), quelle que soit l'intensité moyenne.

Interprétation en termes de stabilité de la source :

La source laser présente des fluctuations nettement plus faibles que la source thermique : le rayonnement laser est donc intrinsèquement beaucoup plus stable et cohérent en intensité que le rayonnement thermique. Les photons émis par un laser sont décorrélés (statistique poissonnienne), tandis que les photons thermiques présentent un phénomène de groupement (photon bunching) responsable d'un bruit d'intensité considérable.

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de poisson

En développant dans la limite , et en utilisant le résultat (12), montrer que la statistique d'émission de la source laser tend vers une distribution de Poisson, caractérisée par sa seule valeur moyenne :

Voir l'indice

Écrire la limite de la loi binomiale en factorisant N! / (N-n)! et en utilisant la limite classique (1 - \bar{n}/N)^N \to \mathrm{e}^{-\bar{n}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient binomial et la puissance p^n de la loi binomiale établie à la question Q31 en faisant apparaître le terme \frac{N!}{(N-n)!\,N^n} dont la limite est donnée par l'équation (12).
  2. Développer le terme (1-p)^{N-n} sous forme exponentielle à l'aide d'un développement limité du logarithme lorsque N \to +\infty avec p = \frac{\bar{n}}{N}.
  3. Conclure en effectuant le produit des limites.
Voir la réponse courte

Passage à la limite classique N \to +\infty et p \to 0 dans la loi binomiale avec \bar{n} = Np fixé.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q31, la loi de probabilité binomiale s'écrit, pour tout entier n \in \{0, \dots, N\} et avec p = \frac{\bar{n}}{N} :

\mathcal{P}_n = \binom{N}{n} p^n (1-p)^{N-n} = \frac{N!}{n!\,(N-n)!} \left(\frac{\bar{n}}{N}\right)^n (1-p)^{N-n}

On réorganise les facteurs sous la forme :

\mathcal{P}_n = \frac{\bar{n}^n}{n!} \times \left[ \frac{N!}{(N-n)!\,N^n} \right] \times (1-p)^{N-n}

D'après l'équation (12) fournie par l'énoncé, pour n fixé :

\lim_{N \to +\infty} \left[ \frac{N!}{(N-n)!\,N^n} \right] = 1

Étudions le comportement asymptotique du dernier facteur. Puisque p = \frac{\bar{n}}{N} \to 0 lorsque N \to +\infty, on peut écrire :

\begin{aligned} (1-p)^{N-n} &= \exp\left[ (N-n) \ln(1 - p) \right] \\ &= \exp\left[ (N-n) \left( -p + \mathcal{O}(p^2) \right) \right] \\ &= \exp\left[ (N-n) \left( -\frac{\bar{n}}{N} + \mathcal{O}\left(\frac{1}{N^2}\right) \right) \right] \\ &= \exp\left( -\bar{n} + \frac{n \bar{n}}{N} + \mathcal{O}\left(\frac{1}{N}\right) \right) \end{aligned}

Pour n et \bar{n} fixés, le terme \frac{n\bar{n}}{N} tend vers 0 lorsque N \to +\infty. Par continuité de la fonction exponentielle :

\lim_{N \to +\infty} (1-p)^{N-n} = \mathrm{e}^{-\bar{n}}

En combinant ces résultats, on obtient bien la loi de Poisson :

\boxed{\lim_{N \to +\infty} \mathcal{P}_n = \frac{\bar{n}^n}{n!}\,\mathrm{e}^{-\bar{n}}}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Notions : distribution de bose-einstein, loi de poisson

Sur le même graphique, représenter l'allure des lois de probabilité d'un mode thermique et d'une source laser de même fréquence telles que .

Voir l'indice

Superposer une gaussienne centrée en 10 d'écart-type \sqrt{10} \simeq 3{,}2 et une exponentielle décroissante partant d'un pic en n=0.

Voir la stratégie
  1. Caractériser la distribution du mode thermique : loi géométrique (Bose-Einstein) d'après les questions 19 et 28, strictement décroissante à partir de son maximum en n = 0, avec \bar{n} = 10 et \Delta n_{\text{th}} = \sqrt{\bar{n}(\bar{n}+1)} \simeq 10{,}5.
  2. Caractériser la distribution de la source laser : loi de Poisson d'après la question 34, approchée pour \bar{n} = 10 > 5 par une courbe en cloche (gaussienne) centrée en n = \bar{n} = 10, avec une largeur à mi-hauteur liée à \Delta n_{\text{laser}} = \sqrt{\bar{n}} \simeq 3{,}2.
  3. Tracer les deux allures sur un même repère en précisant les valeurs remarquables (hauteurs de pic, position des centres et largeurs typiques).
Voir la réponse courte

Tracé comparatif : profil monotone décroissant pour le mode thermique face à une courbe en cloche poissonnienne centrée en n=10.

Voir le corrigé complet

Pour une valeur moyenne \bar{n} = 10 :

1. Mode thermique (loi de Bose-Einstein) D'après l'équation (7) établie à la question 19, la loi de probabilité s'écrit :

\mathcal{P}_n^{\text{th}} = \frac{1}{\bar{n}+1}\left(\frac{\bar{n}}{\bar{n}+1}\right)^n = \frac{1}{11}\left(\frac{10}{11}\right)^n \simeq 0{,}091 \times (0{,}909)^n

Il s'agit d'une distribution géométrique :

  • La probabilité est strictement décroissante avec n.
  • Le maximum correspond à l'état sans photon : \mathcal{P}_0^{\text{th}} = \frac{1}{11} \simeq 0{,}091.
  • Les fluctuations sont très importantes, de l'ordre de la valeur moyenne :

    \Delta n_{\text{th}} = \sqrt{\bar{n}(\bar{n}+1)} = \sqrt{110} \simeq 10{,}5

2. Source laser (loi de Poisson) D'après les questions 33 et 34, pour \bar{n} = 10, la loi de Poisson peut être modélisée par une enveloppe gaussienne :

\mathcal{P}_n^{\text{laser}} \simeq \frac{1}{\sqrt{2\pi \bar{n}}}\,\exp\!\left(-\frac{(n - \bar{n})^2}{2\bar{n}}\right)
  • La courbe est en cloche, symétrique et centrée sur la moyenne \bar{n} = 10.
  • Le pic a pour valeur maximale :

    \mathcal{P}_{10}^{\text{laser}} = \frac{10^{10}}{10!}\,\mathrm{e}^{-10} \simeq \frac{1}{\sqrt{20\pi}} \simeq 0{,}126
  • L'écart-type est nettement plus resserré :

    \Delta n_{\text{laser}} = \sqrt{\bar{n}} = \sqrt{10} \simeq 3{,}16

    La distribution est essentiellement confinée dans l'intervalle [\bar{n} - 3\Delta n\,;\, \bar{n} + 3\Delta n] \approx [0\,;\,20].

3. Représentation graphique

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C.a · Fonctionnement d'un photomultiplicateur

Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : photomultiplicateur, charge électrique

On suppose que lorsqu'un électron frappe une dynode, deux nouveaux électrons sont éjectés. Estimer numériquement la hauteur d'un pic de tension occasionné par l'arrivée d'un photon, pour un photomultiplicateur contenant dynodes. On donne .

Voir l'indice

Calculer le nombre total d'électrons collectés N_e = 2^k, la charge correspondante Q = N_e e, puis l'amplitude de tension u_{\max} \sim R_c Q/\Delta t.

Voir la stratégie
  1. Calculer le nombre total N_e d'électrons collectés à l'anode suite à l'émission d'un photo-électron par la cathode, en tenant compte du facteur de multiplication à chaque dynode.
  2. En déduire la charge totale Q collectée, puis relier cette charge à l'intégrale de la tension u(t) aux bornes de la résistance de charge R_c.
  3. Estimer la hauteur maximale u_{\max} à l'aide de la largeur typique du pic \Delta t = 20\text{ ns}.
Voir la réponse courte

Charge totale collectée à l'anode Q = 2^k e et estimation de l'amplitude de tension impulsionnelle résultante.

Voir le corrigé complet

Lorsqu'un photon est détecté, un photo-électron primaire est éjecté de la cathode et accéléré vers la première dynode. À chaque dynode, l'impact d'un électron provoque l'éjection de 2 électrons secondaires.

Après passage à travers les k = 20 dynodes successives, le nombre d'électrons collectés à l'anode vaut :

N_e = 2^k = 2^{20} \simeq 10^6

La charge électrique totale collectée à l'anode lors de cette impulsion est :

Q = N_e \, e \simeq 10^6 \times 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C} = 1{,}6 \times 10^{-13}\text{ C}

Cette charge s'écoule à travers la résistance de charge R_c = 1\text{ k}\Omega sous forme d'un courant anodique I(t) = \frac{u(t)}{R_c} pendant la durée caractéristique du pic \Delta t \simeq 20\text{ ns}. La conservation de la charge donne :

Q = \int I(t)\,\mathrm{d}t = \frac{1}{R_c}\int u(t)\,\mathrm{d}t

En première approximation, en modélisant le pic par un créneau rectangulaire de durée \Delta t et de hauteur u_{\max} :

Q \approx \frac{u_{\max} \Delta t}{R_c} \implies u_{\max} \approx \frac{R_c Q}{\Delta t}

Avec l'application numérique :

u_{\max} \approx \frac{1{,}0 \times 10^3 \times 1{,}6 \times 10^{-13}}{20 \times 10^{-9}} = 8{,}0 \times 10^{-3}\text{ V} = 8{,}0\text{ mV}

Si l'on affine en modélisant le pic par un triangle symétrique de base \Delta t (comme schématisé sur la figure 5), l'aire sous la courbe vaut \frac{1}{2} u_{\max}\Delta t, ce qui conduit à :

u_{\max} \approx \frac{2 R_c Q}{\Delta t} \simeq 16\text{ mV}

Dans les deux cas, on obtient un pic d'une dizaine de millivolts :

\boxed{u_{\max} \simeq 8\text{ à }16\text{ mV}}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pont diviseur de tension, énergie cinétique

Le circuit diviseur de tension est composé de résistances identiques en série. Sachant que l'alimentation haute tension délivre une puissance continue de , déterminer la valeur de pour assurer une différence de potentiel entre deux dynodes successives. Estimer l'énergie cinétique que cela permet de communiquer aux électrons secondaires avant leur impact sur une dynode. Comparer cette énergie au travail d'extraction d'une dynode en phosphure de gallium : .

Voir l'indice

Calculer la puissance dissipée dans le pont P = U_0^2/(k R) avec U_0 = k \Delta U, et appliquer le théorème de l'énergie cinétique pour E_c = e\Delta U.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance fournie par l'alimentation en fonction de la tension \Delta U aux bornes de chacune des k résistances du pont diviseur pour en déduire la valeur de R.
  2. Appliquer le théorème de l'énergie cinétique à un électron accéléré sous la tension \Delta U entre deux dynodes successives.
  3. Comparer l'énergie cinétique obtenue au travail d'extraction W_{\mathrm{GaP}} pour justifier le phénomène d'émission secondaire.
Voir la réponse courte

Tension totale U = k\Delta U = 2000\text{ V}, R_{\mathrm{tot}} = U^2/P d'où R, gain cinétique e\Delta U = 100\text{ eV} \gg W_{\mathrm{GaP}}.

Voir le corrigé complet

1. Détermination de la résistance R :

Le diviseur de tension est constitué de k = 20 résistances identiques R en série. La tension aux bornes de chaque résistance est \Delta U = 100\text{ V}, ce qui correspond à une tension totale délivrée par l'alimentation haute tension :

U_0 = k \Delta U = 20 \times 100\text{ V} = 2\,000\text{ V}

La résistance équivalente de la chaîne est R_{\text{tot}} = k R. La puissance électrique continue délivrée par l'alimentation s'écrit donc :

P = \frac{U_0^2}{R_{\text{tot}}} = \frac{(k \Delta U)^2}{k R} = \frac{k (\Delta U)^2}{R}

On en déduit l'expression de la résistance R :

R = \frac{k (\Delta U)^2}{P}

Application numérique avec k = 20, \Delta U = 100\text{ V} et P = 2\text{ W} :

R = \frac{20 \times (100)^2}{2} = 10 \times 10^4\,\Omega = 1{,}0 \times 10^5\,\Omega
\boxed{R = 100\text{ k}\Omega}

2. Énergie cinétique des électrons avant impact :

Un électron secondaire est émis par une dynode avec une vitesse initiale quasi-nulle devant la vitesse acquise lors de son accélération. Sous l'effet du champ électrostatique régnant entre deux dynodes consécutives de différence de potentiel \Delta U, le théorème de l'énergie cinétique donne :

E_c = e \Delta U

En électron-volts, cette énergie vaut directement :

\boxed{E_c = 100\text{ eV} \simeq 1{,}6 \times 10^{-17}\text{ J}}

3. Comparaison au travail d'extraction du phosphure de gallium :

On compare l'énergie cinétique E_c au travail d'extraction W_{\mathrm{GaP}} = 2{,}2\text{ eV} :

\frac{E_c}{W_{\mathrm{GaP}}} = \frac{100}{2{,}2} \simeq 45 \gg 1

L'énergie cinétique apportée par l'électron incident est très largement supérieure au travail d'extraction (E_c \gg W_{\mathrm{GaP}}). Il est donc énergétiquement tout à fait possible qu'un électron incident libère plusieurs électrons secondaires lors de son impact sur la dynode, ce qui valide l'hypothèse de multiplication électronique (ici un gain moyen de 2 électrons par étage).

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : photon, photomultiplicateur

On définit le taux de comptage en sortie du photomultiplicateur comme le nombre moyen de photons détectés par unité de temps, exprimé en Hz. Donner en fonction de la puissance incidente , du rendement quantique (défini à la question 27) et de l'énergie d'un photon de fréquence .

Voir l'indice

Exprimer \Gamma comme le produit de l'efficacité quantique \eta par le flux de photons incidents P/(h\nu).

Voir la réponse courte

Taux de comptage \Gamma = \eta \Phi = \eta \frac{P}{h\nu} reliant puissance incidente et nombre d'impulsions par seconde.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'un photon incident de fréquence \nu s'écrit :

\mathcal{E} = h\nu

Pour une puissance lumineuse incidente P, le nombre moyen de photons incidents sur la photocathode par unité de temps (flux incident) est :

\Phi_{\mathrm{inc}} = \frac{P}{\mathcal{E}} = \frac{P}{h\nu}

Par définition, le rendement quantique \eta est la probabilité qu'un photon frappant la photocathode provoque l'émission d'un photo-électron, initiant l'avalanche électronique qui conduit à un pic de tension détectable.

Le taux de comptage moyen \Gamma (nombre de photons détectés par unité de temps) est donc relié au flux incident par :

\Gamma = \eta\,\Phi_{\mathrm{inc}}

ce qui donne en fonction des grandeurs demandées :

\boxed{\Gamma = \eta \frac{P}{h\nu} = \eta \frac{P}{\mathcal{E}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rendement quantique, photomultiplicateur

En exploitant la courbe de réponse spectrale représentée sur la figure 6, estimer numériquement pour un rayonnement incident de longueur d'onde , et pour le modèle de photomultiplicateur n°110.

Voir l'indice

Lire la valeur de \Gamma/P à 400 nm sur la courbe du modèle 110 et en déduire \eta = (\Gamma/P) \times (hc/\lambda).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rendement quantique \eta en inversant la relation établie à la question 38 reliant \Gamma, P et l'énergie d'un photon.
  2. Relever sur la figure 6 (droite) la valeur de \frac{\Gamma}{P} pour le modèle \mathrm{n}^\circ 110 à la longueur d'onde \lambda = 400\text{ nm}, en prenant garde à l'unité (\text{Hz}\cdot\text{pW}^{-1}) et à l'échelle logarithmique.
  3. Calculer l'énergie d'un photon à cette longueur d'onde à l'aide des données de l'énoncé, puis en déduire la valeur numérique de \eta.
Voir la réponse courte

Exploitation du graphe de réponse spectrale \Gamma/P en \lambda = 400\text{ nm} pour évaluer numériquement le rendement \eta \simeq 25\%.

Voir le corrigé complet

D'après la question 38, le taux de comptage s'écrit :

\Gamma = \eta \frac{P}{h\nu} = \eta \frac{P \lambda}{hc}

On en déduit l'expression du rendement quantique \eta :

\eta = \frac{hc}{\lambda} \left(\frac{\Gamma}{P}\right)

où E_{\mathrm{ph}} = \frac{hc}{\lambda} est l'énergie d'un photon incident.

Lecture graphique : Sur la figure 6 (droite), pour le modèle de photomultiplicateur \mathrm{n}^\circ 110 à la longueur d'onde \lambda = 400\text{ nm}, on lit sur l'axe logarithmique :

\frac{\Gamma}{P} \simeq 5{,}2 \times 10^5\text{ Hz}\cdot\text{pW}^{-1} = 5{,}2 \times 10^{17}\text{ Hz}\cdot\text{W}^{-1}

Énergie du photon : Avec les données fournies hc \simeq 1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m} et e \simeq 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C} :

E_{\mathrm{ph}} = \frac{hc}{\lambda} = \frac{1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m}}{0{,}40\ \mu\text{m}} = 3{,}0\text{ eV} = 3{,}0 \times 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ J} = 4{,}8 \times 10^{-19}\text{ J}

Application numérique :

\eta = 4{,}8 \times 10^{-19}\text{ J} \times 5{,}2 \times 10^{17}\text{ J}^{-1} \simeq 0{,}25
\boxed{\eta \simeq 0{,}25 = 25\,\%}

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Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps de réponse, photomultiplicateur

Au regard du signal correspondant à la détection d'un photon unique, expliquer pourquoi le domaine de linéarité du photomultiplicateur est limité par son temps de réponse fini. Estimer alors le taux de comptage maximum au-delà duquel la réponse du photomultiplicateur n'est plus linéaire. Comparer aux spécifications de la figure 6. En déduire la puissance lumineuse maximale qui ne doit pas être dépassée pour demeurer dans le régime linéaire avec un rayonnement à . Commenter cette valeur.

Voir l'indice

Considérer l'empilement temporel des impulsions : les pics se chevauchent dès que l'intervalle moyen 1/\Gamma devient de l'ordre du temps de montée \Delta t = 20\text{ ns}.

Voir la stratégie
  1. Relier le temps de réponse \Delta t = 20\text{ ns} d'un pic élémentaire au phénomène d'empilement (pile-up) pour expliquer la perte de linéarité.
  2. Estimer le taux de comptage maximal \Gamma_{\mathrm{max}} \sim 1/\Delta t et le confronter au plateau de saturation observé sur la figure 6 (gauche).
  3. Utiliser la sensibilité spectrale déterminée à la question précédente pour calculer la puissance maximale admissible P_{\mathrm{max}}, puis commenter son ordre de grandeur au vu des applications du photomultiplicateur.
Voir la réponse courte

Non-chevauchement des impulsions de durée \tau_r limitant le taux à \Gamma_{\max} \sim 1/\tau_r, d'où une puissance détectable maximale infime.

Voir le corrigé complet

1. Origine de la non-linéarité :

Chaque photon détecté génère une impulsion de tension de durée finie \Delta t \simeq 20\text{ ns}. Si deux photons successifs sont détectés avec un intervalle de temps inférieur à \Delta t, les impulsions se superposent (phénomène d'empilement ou pile-up). Le système électronique de comptage ne peut alors plus distinguer les deux événements individuels et n'enregistre qu'un seul pic (effet de temps mort). Lorsque le flux incident augmente, la proportion de photons non comptabilisés s'accroît, ce qui entraîne une sous-estimation du taux de comptage et une perte de la proportionnalité entre \Gamma et P.

2. Estimation du taux de comptage maximal :

Pour éviter le recouvrement des impulsions, l'intervalle moyen entre deux détections successives doit être supérieur à la largeur d'une impulsion \Delta t :

\Gamma_{\mathrm{max}} \sim \frac{1}{\Delta t}

Numériquement, avec \Delta t = 20\text{ ns} = 2{,}0 \times 10^{-8}\text{ s} :

\boxed{\Gamma_{\mathrm{max}} \sim 5 \times 10^{7}\text{ Hz}}

(Pour garantir un régime strictement linéaire, il est d'usage d'imposer un taux encore plus faible, typiquement \Gamma \lesssim 10^7\text{ Hz}).

3. Comparaison aux spécifications de la figure 6 :

Sur la courbe de linéarité de la figure 6 (gauche), la réponse mesurée (« OUTPUT COUNT ») coïncide avec la droite théorique pour \Gamma \lesssim 10^7\text{ Hz}, puis fléchit et sature à un palier maximal de l'ordre de 4 \times 10^7\text{ à } 5 \times 10^{7}\text{ Hz}, avant de chuter. Notre ordre de grandeur théorique de 5 \times 10^7\text{ Hz} est donc en parfait accord avec les données constructeur.

4. Puissance lumineuse maximale à 400\text{ nm} :

D'après les questions 38 et 39, le taux de comptage s'exprime par \Gamma = \frac{\eta \lambda}{hc} P. À \lambda = 400\text{ nm}, on a mesuré sur la courbe de réponse spectrale du modèle \text{n}^\circ 110 :

\frac{\Gamma}{P} \simeq 5{,}0 \times 10^5\text{ Hz}\cdot\text{pW}^{-1}

En prenant pour borne de linéarité \Gamma_{\mathrm{lin}} \simeq 1 \times 10^7\text{ à } 5 \times 10^7\text{ Hz} :

P_{\mathrm{max}} = \frac{\Gamma_{\mathrm{max}}}{\Gamma/P}

Numériquement :

P_{\mathrm{max}} = \frac{5 \times 10^7\text{ Hz}}{5{,}0 \times 10^5\text{ Hz}\cdot\text{pW}^{-1}} = 100\text{ pW} \quad \left(\text{ou } 20\text{ pW pour le seuil strict à } 10^7\text{ Hz}\right)
\boxed{P_{\mathrm{max}} \sim 20\text{ à } 100\text{ pW} = 10^{-11}\text{ à } 10^{-10}\text{ W}}

5. Commentaire :

Cette puissance est extrêmement faible (quelques dizaines de picowatts). Cela confirme que le photomultiplicateur en mode comptage d'impulsions est un capteur conçu pour l'extrême sensibilité (détection de photons uniques, flux quasi-nuls en astrophysique ou en bio-imagerie de fluorescence). Une illumination même modeste à l'échelle macroscopique sature immédiatement le détecteur et peut dégrader les dynodes (d'où la présence d'une sécurité « OVER LIGHT DETECTION OUTPUT » sur la figure 6).

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C.b · Mesure de la statistique d'émission d'un laser

Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique

Notions : loi de poisson, photomultiplicateur

Calculer numériquement le compte moyen et l'écart-type auxquels on s'attend pour une fenêtre de détection de durée sachant que le rendement quantique du photomultiplicateur vaut .

Voir l'indice

Calculer le taux de comptage \Gamma = \eta P / (h\nu), multiplier par la durée \tau = 0{,}1\text{ s} pour obtenir \bar{n}, puis prendre sa racine carrée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le compte moyen \bar{n} à partir du taux de comptage \Gamma déterminé à la question Q38 et de la durée \tau de la fenêtre de mesure.
  2. Justifier la nature de la distribution statistique des photons détectés pour relier l'écart-type \Delta n à la moyenne \bar{n}, puis effectuer les applications numériques.
Voir la réponse courte

Calcul du compte moyen \bar{n} = \Gamma \tau et de la dispersion associée \Delta n = \sqrt{\bar{n}} pour le faisceau laser détecté.

Voir le corrigé complet

Le taux de comptage moyen \Gamma en sortie du photomultiplicateur a été établi à la question Q38 :

\Gamma = \eta \frac{P}{h\nu} = \eta \frac{P\lambda}{hc}

Pendant la durée d'intégration \tau, le nombre moyen de photons détectés s'écrit :

\bar{n} = \Gamma \tau = \eta \frac{P\lambda}{hc} \tau

Calculons préalablement l'énergie d'un photon de longueur d'onde \lambda = 400\text{ nm} = 0{,}400\ \mu\text{m} :

E_{\mathrm{ph}} = \frac{hc}{\lambda} = \frac{1{,}2\text{ eV}\cdot\mu\text{m}}{0{,}400\ \mu\text{m}} = 3{,}0\text{ eV} = 3{,}0 \times 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ J} = 4{,}8 \times 10^{-19}\text{ J}

Avec P = 0{,}1\text{ pW} = 1{,}0 \times 10^{-13}\text{ W}, \tau = 0{,}1\text{ s} et \eta = 0{,}25 :

\bar{n} = 0{,}25 \times \frac{1{,}0 \times 10^{-13} \times 0{,}1}{4{,}8 \times 10^{-19}} = \frac{2{,}5 \times 10^{-15}}{4{,}8 \times 10^{-19}} \simeq 5{,}2 \times 10^3
\boxed{\bar{n} \simeq 5{,}2 \times 10^3}

L'émission laser suivant une statistique de Poisson (question Q34), la détection aléatoire indépendante de chaque photon avec une probabilité \eta (processus d'échantillonnage de Bernoulli) conduit également à une statistique de Poisson pour le nombre n d'événements enregistrés. Pour une loi de Poisson, la variance est égale à l'espérance, soit V(n) = \bar{n}, d'où l'écart-type :

\Delta n = \sqrt{\bar{n}} = \sqrt{5{,}2 \times 10^3} \simeq 72
\boxed{\Delta n \simeq 72}

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale

Notions : loi de poisson, protocole expérimental

Proposer un protocole permettant de déterminer si le laser à argon présente bien une statistique d'émission poissonnienne.

Voir l'indice

Proposer de faire varier la puissance incidente, mesurer la moyenne et la variance sur de nombreuses fenêtres, et vérifier le facteur de Fano V(n)/\bar{n} = 1.

Voir la stratégie

Pour tester expérimentalement la nature poissonnienne de la statistique d'émission, un protocole complet doit préciser :

  1. La configuration expérimentale (fonctionnement en régime linéaire du détecteur) ;
  2. La procédure d'acquisition statistique (mesures répétées sur un grand nombre d'intervalles identiques) ;
  3. Le traitement des données et les critères quantitatifs de validation caractéristiques d'une loi de Poisson (égalité de la variance et de la moyenne, loi d'échelle du \mathrm{SNR}, adéquation de l'histogramme).
Voir la réponse courte

Répétition d'un grand nombre de mesures de comptage sur des fenêtres \tau, construction de l'histogramme et test de l'égalité \sigma^2 = \bar{n}.

Voir le corrigé complet

1. Montage et réglages expérimentaux

  • La source laser à argon est stabilisée et son faisceau est dirigé vers la photocathode du photomultiplicateur (PM) préalablement placé à l'abri de toute lumière parasite.
  • On interpose une série de filtres neutres atténuateurs afin de fixer une puissance incidente très faible (typiquement P \sim 0{,}1\text{ pW}), garantissant un taux de comptage bien inférieur au seuil de saturation (\Gamma \ll \Gamma_{\max} \sim 50\text{ MHz} établi à la question 40), condition indispensable pour opérer dans le régime linéaire.
  • En sortie du PM, le signal u(t) aux bornes de la résistance de charge R_c est dirigé vers un compteur d'impulsions (discriminateur à seuil réglé de façon à éliminer le bruit électronique de fond tout en comptabilisant chaque pic de photo-électron).

2. Procédure de mesure

  • On définit une fenêtre temporelle de détection de durée fixée \tau (par exemple \tau = 0{,}1\text{ s}, ou une durée plus brève selon le flux).
  • On enregistre le nombre n_k d'impulsions détectées durant des fenêtres successives indépendantes, en répétant la mesure un grand nombre de fois M \gg 1 (typiquement M \sim 10^3 à 10^4).

3. Traitement des données et critères de validation À partir de la série de mesures \{n_k\}_{k=1\dots M}, on évalue la moyenne empirique \bar{n} et la variance empirique V(n) :

\bar{n} = \frac{1}{M}\sum_{k=1}^M n_k \quad \text{et} \quad V(n) = \frac{1}{M-1}\sum_{k=1}^M (n_k - \bar{n})^2

Pour confirmer le caractère poissonnien de la source, on procède à trois vérifications :

  • Égalité de la variance et de la moyenne (facteur de Fano) : Pour une statistique poissonnienne, on doit avoir V(n) = \bar{n}, soit un rapport (facteur de Fano) :

    \boxed{F = \frac{V(n)}{\bar{n}} = 1}
  • Loi d'échelle du rapport signal-sur-bruit (\mathrm{SNR}) : En modifiant l'atténuation (variation de P) ou la durée \tau, on fait varier \bar{n}. En traçant le rapport signal-sur-bruit défini par l'équation (14) :

    \mathrm{SNR} = \frac{\bar{n}}{\Delta n} = \frac{\bar{n}}{\sqrt{V(n)}}

    en échelle logarithmique \ln(\mathrm{SNR}) = f(\ln \bar{n}), on doit obtenir une droite de pente 1/2, traduisant la relation :

    \boxed{\mathrm{SNR} = \sqrt{\bar{n}}}
  • Forme de la distribution : On trace l'histogramme des fréquences normalisées d'apparition de chaque valeur n et on le compare à la loi de Poisson théorique \mathcal{P}_n = \frac{\bar{n}^n}{n!}\mathrm{e}^{-\bar{n}} (ou à la gaussienne associée pour \bar{n} \gg 1), par exemple à l'aide d'un test statistique d'adéquation du \chi^2.

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C.c · Mesure de la statistique d'émission d'une source thermique

Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : temps de cohérence, largeur spectrale

Exprimer le temps de cohérence de la lumière émise par la lampe, en fonction de ses caractéristiques spectrales. L'estimer numériquement.

Voir l'indice

Utiliser la relation d'incertitude temps-fréquence \tau_c \sim 1/\Delta\nu = \lambda_0^2 / (c \Delta\lambda).

Voir la stratégie
  1. Relier le temps de cohérence \tau_c à la largeur spectrale en fréquence \Delta\nu par la relation d'incertitude temps-fréquence.
  2. Exprimer \Delta\nu en fonction de la longueur d'onde centrale \lambda_0 et de la largeur spectrale \Delta\lambda par différentiation de la relation \nu = c/\lambda.
  3. Réaliser l'application numérique avec les données du texte.
Voir la réponse courte

Relation fondamentale \tau_c \simeq 1/\Delta\nu \simeq \lambda^2/(c\Delta\lambda) et calcul numérique de l'ordre du femtoseconde au picoseconde.

Voir le corrigé complet

Le temps de cohérence temporelle \tau_c d'une onde lumineuse est relié à l'extension spectrale en fréquence \Delta\nu par la relation d'ordre de grandeur :

\tau_c \sim \frac{1}{\Delta\nu}

La fréquence \nu et la longueur d'onde dans le vide \lambda étant reliées par \nu = \frac{c}{\lambda}, une différentiation donne |\mathrm{d}\nu| = \frac{c}{\lambda^2}|\mathrm{d}\lambda|, d'où pour une faible dispersion relative :

\Delta\nu \simeq \frac{c\,\Delta\lambda}{\lambda_0^2}

On en déduit l'expression du temps de cohérence en fonction des caractéristiques spectrales :

\boxed{\tau_c \simeq \frac{\lambda_0^2}{c\,\Delta\lambda}}

Application numérique : Avec \lambda_0 = 1{,}0\ \mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m}, \Delta\lambda = 300\text{ nm} = 3{,}0 \times 10^{-7}\text{ m} et c \simeq 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta\nu &\simeq \frac{3{,}0 \times 10^8 \times 3{,}0 \times 10^{-7}}{(1{,}0 \times 10^{-6})^2} = 9{,}0 \times 10^{13}\text{ Hz} \\ \tau_c &\simeq \frac{1}{9{,}0 \times 10^{13}} \simeq 1{,}1 \times 10^{-14}\text{ s} \end{aligned}
\boxed{\tau_c \simeq 1{,}1 \times 10^{-14}\text{ s} \approx 10\text{ fs}}

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps de cohérence, fluctuation

En admettant que le temps de cohérence d'une source polychromatique correspond au temps caractéristique de ses variations d'intensité, expliquer pourquoi il est très difficile de mettre en évidence les grandes fluctuations du nombre de photons prévues par la statistique de Bose-Einstein pour une telle lampe.

Voir l'indice

Comparer le temps de cohérence ultracourt (\sim 10^{-14}\text{ s}) au temps d'intégration du détecteur (\ge 20\text{ ns}) : les fluctuations sont moyennées sur des millions d'intervalles de corrélation.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'échelle de temps caractéristique des fluctuations du champ (le temps de cohérence \tau_c) aux échelles de temps accessibles par le système de détection (temps de réponse \Delta t ou durée de comptage \tau).
  2. Expliquer le phénomène de moyennage temporel qui en résulte et son impact sur la statistique des fluctuations mesurées.
Voir la réponse courte

Le temps d'intégration du détecteur \tau \gg \tau_c moyenne les fluctuations thermiques sur un nombre gigantesque d'intervalles indépendants.

Voir le corrigé complet

Pour mettre en évidence la statistique de Bose-Einstein d'un rayonnement thermique et ses fortes fluctuations (\Delta n \approx \bar{n} d'après la question 28), la mesure du nombre de photons doit être effectuée sur un intervalle de temps \tau inférieur ou de l'ordre du temps de fluctuation de l'intensité, c'est-à-dire le temps de cohérence :

\tau \lesssim \tau_c.

Or, d'après la question 43, le temps de cohérence de la lampe thermique est extrêmement court :

\tau_c \simeq 1{,}1 \times 10^{-14}\text{ s} \sim 10\text{ fs}.

À l'inverse, tout dispositif de détection électronique réel présente un temps de réponse minimal :

  • le photomultiplicateur utilisé présente un temps de réponse \Delta t \simeq 20\text{ ns} (largeur des impulsions de tension, section III.C.a) ;
  • les fenêtres de comptage utilisées sont généralement bien plus longues (\tau \sim 0{,}1\text{ s} à la question 41).

Dans tous les cas, le temps de mesure effectif \tau est très grand devant \tau_c :

\frac{\tau}{\tau_c} \ge \frac{20\text{ ns}}{1{,}1 \times 10^{-14}\text{ s}} \sim 2 \times 10^6 \gg 1.

Pendant la durée d'une seule mesure, le détecteur intègre le signal sur un nombre gigantesque (N_{\text{coh}} = \tau / \tau_c \gg 1) d'intervalles de cohérence indépendants. Les fluctuations rapides d'intensité de la source se moyennent donc temporellement : en vertu de la loi des grands nombres (ou du théorème central limite), ces fluctuations macroscopiques d'intensité sont entièrement lissées, masquant le groupement de photons (photon bunching) caractéristique de la statistique de Bose-Einstein et ramenant les fluctuations observées à un bruit de grenaille poissonnien.

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Question 45

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : distribution de bose-einstein, mode propre

L'expression de l'écart-type trouvée pour une source thermique à la question 28 suppose un rayonnement monochromatique. On peut montrer que pour une superposition de modes de fréquences différentes, l'écart-type devient

Justifier que pour un rayonnement thermique ayant un spectre large, la distribution de Bose-Einstein initialement prévue tend vers une distribution de Poisson. Proposer un lien entre ce résultat et le constat réalisé à la question précédente (44). Comment pourrait-on obtenir une source de lumière qui présente une statistique de Bose-Einstein aux temps de détection accessibles expérimentalement ?

Voir l'indice

Faire tendre le nombre de modes N_m \gg \bar{n} dans l'expression fournie et suggérer l'usage d'un filtre spectral ultra-sélectif ou d'un montage de Brown-Twiss.

Voir la stratégie
  1. Analyser le comportement asymptotique de l'écart-type \Delta n lorsque le nombre de modes N_m devient très grand (N_m \gg \bar{n}).
  2. Établir le lien physique avec la question 44 : le nombre de modes temporels observés pendant la durée de mesure \tau est proportionnel à \tau / \tau_c.
  3. Proposer des conditions expérimentales permettant de conserver un faible nombre de modes (N_m \sim 1) avec des temps de détection \tau mesurables (accroître drastiquement \tau_c, par exemple par diffusion de la lumière laser sur un milieu diffusant ou par filtrage spectral extrême).
Voir la réponse courte

Convergence de l'écart-type vers \sqrt{\bar{n}} pour N_m \gg \bar{n} ; obtention d'une statistique thermique par filtrage spectral et spatial sévère.

Voir le corrigé complet

1. Limite à spectre large et transition vers une distribution de Poisson

Pour une source thermique polychromatique comprenant une superposition de N_m modes indépendants, l'écart-type sur le nombre de photons s'écrit :

\Delta n = \sqrt{\bar{n} + \frac{\bar{n}^2}{N_m}}

Pour un rayonnement thermique à spectre large, le nombre de modes longitudinaux (fréquentiels) collectés par le détecteur est extrêmement élevé : N_m \gg \bar{n}. Le second terme (dit « terme de bruit d'onde ») devient alors totalement négligeable devant le premier (dit « terme de bruit de grenaille » ou de grenaille photonique) :

\lim_{N_m \to +\infty} \Delta n = \sqrt{\bar{n}}

On retrouve ainsi la relation caractéristique de la variance d'une loi de Poisson :

V(n) = (\Delta n)^2 = \bar{n}

De plus, la somme d'un grand nombre de variables aléatoires indépendantes suivant chacune une loi de Bose-Einstein avec un faible nombre moyen de photons par mode converge (en vertu du théorème de la limite centrale ou de la loi des événements rares) vers une distribution de Poisson.

2. Lien avec le constat de la question 44

Le nombre de modes temporels indépendants résolus pendant la fenêtre de détection \tau est de l'ordre de grandeur du rapport de la durée d'intégration au temps de cohérence :

N_m \sim \frac{\tau}{\tau_c}

Comme vu à la question 44, le temps de cohérence de la lampe à incandescence est infinitésimal (\tau_c \sim 10^{-14}\text{ s}), tandis que le temps de réponse du détecteur et la durée d'intégration imposent \tau \ge 20\text{ ns}. Dès lors :

N_m \sim \frac{10^{-8}}{10^{-14}} = 10^6 \gg 1

La mesure intègre ainsi un nombre colossal de modes et de sous-intervalles de cohérence décorrélés, ce qui moyenne intégralement les fluctuations chaotiques d'intensité et conduit à observer une statistique purement poissonnienne.

3. Obtention d'une source à statistique de Bose-Einstein accessible

Pour observer la statistique de Bose-Einstein (\Delta n = \sqrt{\bar{n} + \bar{n}^2}), il faut réaliser la condition N_m \sim 1, ce qui implique une durée de mesure \tau \lesssim \tau_c. Deux approches expérimentales permettent d'y parvenir :

  • La source pseudothermique : en éclairant un verre dépoli en rotation lente par un laser continu monochromatique, la figure de tavelures (speckle) fluctue avec un temps de corrélation macroscopique lié à la vitesse de rotation (typiquement \tau_c \sim 1\text{ ms} à 1\text{ s}). En détectant la lumière sur un seul grain de speckle avec un temps de mesure \tau \ll \tau_c, on observe expérimentalement une statistique d'émission de Bose-Einstein.
  • Le filtrage spectral extrêmement sélectif : faire passer le rayonnement thermique à travers une cavité Fabry-Pérot à très grande finesse afin de ne sélectionner qu'un unique mode spatial et fréquentiel très étroit, augmentant ainsi le temps de cohérence \tau_c au-delà du temps de réponse du détecteur.
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique MP 2024 ?

Surtout 3 chapitres : Facteur de Boltzmann et physique statistique (33 % des questions, partie II), Physique quantique (26 %) et Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (10 %). Plus ponctuellement : Ondes électromagnétiques dans les milieux, Rayonnement thermique, Induction électromagnétique, Électrostatique, Circuits électriques et régimes transitoires…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique MP 2024 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 13 questions sur 45 (29 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie III.A (Q22 à Q27). Avec les autres programmes de première année : 13 en PCSI, 13 en PTSI, 13 en MP2I, 12 en TSI1 et 13 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique MP 2024 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique MP 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q7 (quantité de mouvement électromagnétique), Q8 (quantité de mouvement électromagnétique), Q12 (densité d'états), Q40 (temps de réponse) et Q45 (distribution de bose-einstein).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique MP 2024 ?

Questions de cours : Q1 (vecteur de poynting), Q2 (vecteur de poynting), Q3 (champ magnétique), Q6 (champ électrostatique), Q11 (polarisation), Q16 (facteur de boltzmann), Q32 (loi binomiale) et Q43 (temps de cohérence). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q9 (équation de d'alembert), Q10 (condition aux limites), Q13 (densité d'états), Q14 (équipartition de l'énergie), Q15 (catastrophe ultraviolette), Q17 (fonction de partition), Q18 (valeur moyenne), Q20 (loi de planck)….

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique MP 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (22 sur 45), par exemple : Q1, Q2, Q6, Q9, Q11, Q15, Q16, Q22 à Q24, Q26, Q29, Q30, Q32…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q13, Q14, Q17, Q19, Q20, Q31 et Q34.

Le sujet X-ENS Physique MP 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. La moyenne est de 9,37/20 ; le jury signale des points particulièrement difficiles (densité de modes, Q12, Q15) mais indique que les questions 16 à 20 ont été bien traitées par une majorité de copies. Moyenne : 9,93/20 (écart-type 3,3, 1 689 présents).

Faut-il maîtriser la physique statistique avancée pour traiter la partie II.C ?

Non : l'énoncé redéfinit la fonction de partition comme une simple constante de normalisation en Q16 et guide le calcul de la somme géométrique en Q17 et de la moyenne en Q18. Seule l'utilisation du facteur de Boltzmann au programme est requise.

Comment la charge ponctuelle est-elle accélérée si le champ magnétique extérieur est nul ?

Par le champ électrique induit : lors de l'extinction du courant, la variation temporelle du flux magnétique enfermé dans le solénoïde engendre un champ électrique orthoradial non nul à l'extérieur (Q4), qui accélère la charge par force de Lorentz purement électrique (Q5).

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