Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie PSI 2024 (page 3/3 : Partie IV)
Fort Boyard
- 40 questions corrigées
- Sujet accessible
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 14 questions sur 40, parties III et II.1
- Vérifié question par question
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Partie IV : L’épreuve de la caserne
IV.2 · Étude du stator
Question 27
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : champ magnétique tournant
Préciser le nombre de spires de l'enroulement , décalées les unes par rapport aux autres, qui permettent de créer le champ magnétique de la figure 11.
Voir l'indiceIndice
Observer le nombre de créneaux élémentaires superposés formant le profil en escalier du champ magnétique dans l'entrefer.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le principe de superposition linéaire pour le champ magnétique créé dans l'entrefer par plusieurs spires parcourues par le même courant.
- Comparer le nombre de discontinuités (marches de l'escalier) observées pour une spire unique (figure 10) et pour l'enroulement complet (figure 11) sur une demi-période spatiale \theta \in [0, \pi].
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture du décalage spatial des conducteurs pour déterminer le nombre de spires réparties du bobinage statorique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ magnétique total \vec{B}_{S_1}(\theta, t) créé par l'enroulement S_1 est la superposition des champs créés par chacune des n spires élémentaires décalées.
Pour une spire unique (figure 10) :
- la fonction B_{\text{spire}}(\theta, t) présente deux discontinuités sur l'intervalle [-\pi, \pi] (à \theta = -\pi/2 et \theta = \pi/2), correspondant respectivement au passage devant le conducteur « aller » et le conducteur « retour » ;
- sur le demi-tour \theta \in [0, \pi], il n'y a qu'un seul saut de champ (marche descendante).
Chaque spire supplémentaire décalée angulairement introduit un nouveau palier et une nouvelle marche descendante sur l'intervalle [0, \pi].
Sur la figure 11, on compte sur le demi-espace \theta \in [0, \pi] :
- le palier supérieur centré en \theta = 0 ;
- trois décrochements successifs (trois sauts descendants) pour atteindre le palier inférieur centré en \theta = \pi.
On en déduit que l'enroulement S_1 est constitué de :
Résultat
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : champ magnétique tournant
Déterminer l'expression du champ magnétique créé par l'ensemble des deux enroulements et du stator dans l'entrefer. On posera . Justifier que ce champ magnétique est un champ tournant dans le référentiel du stator à une vitesse angulaire que l'on précisera.
Voir l'indiceIndice
Sommer les deux composantes de champ en utilisant une formule d'addition trigonométrique pour faire apparaître un argument de la forme \theta - \omega_s t.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le principe de superposition pour sommer les contributions des deux enroulements statoriques S_1 et S_2.
- Utiliser une relation trigonométrique élémentaire pour combiner les termes en quadrature spatiale et temporelle.
- Identifier la condition de propagation de la phase pour en déduire la nature tournante du champ et sa pulsation de rotation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Somme des deux champs pulsants en quadrature spatiale et temporelle conduisant à un champ tournant à la pulsation \omega_S.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le principe de superposition, le champ magnétique total \vec{B}_S créé par les deux enroulements du stator dans l'entrefer s'écrit :
En remplaçant les expressions des courants imposés i_{S_1}(t) et i_{S_2}(t) :
En posant B_{S0} = K_S I_{S\max} et en utilisant la relation trigonométrique fournie \cos(a-b) = \cos a \cos b + \sin a \sin b avec a = \theta et b = \omega_s t :
Caractère tournant du champ :
En tout instant t, la composante radiale présente un extremum positif (le pôle Nord statorique) pour la position angulaire \theta_{\max}(t) telle que :
La distribution angulaire du champ magnétique se déplace donc rigidement le long de la périphérie de l'entrefer dans le sens trigonométrique à la vitesse angulaire constante :
Il s'agit donc bien d'un champ magnétique tournant à la pulsation des courants d'alimentation.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Si l'expression du champ statorique est souvent obtenue, son interprétation physique a posé des difficultés.
« L'expression du champ statorique est souvent correcte, mais son interprétation a posé problème. »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 29
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : inductance mutuelle
Que vaut l'inductance mutuelle entre les enroulements et du stator ? Que vaut la mutuelle entre les enroulements et du rotor ?
Voir l'indiceIndice
Observer la symétrie et l'orthogonalité géométrique spatiale des enroulements deux à deux.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la disposition géométrique relative des deux enroulements du stator (S_1 et S_2), ainsi que celle des deux enroulements du rotor (R_1 et R_2).
- Relier l'inductance mutuelle au flux magnétique envoyé par un enroulement à travers l'autre, et conclure à l'aide des symétries ou par intégration spatiale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bobinages statoriques et rotoriques orthogonaux dans l'espace : flux mutuel nul donc inductances mutuelles nulles.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'inductance mutuelle M_{S_1 S_2} est définie par la relation liant le flux \phi_{S_1 \to S_2} créé par le courant i_{S_1} à travers le circuit S_2 :
Les enroulements S_1 et S_2 du stator sont décalés spatialement d'un angle de \pi/2 : leurs axes magnétiques sont orthogonaux (\vec{e}_x et \vec{e}_y). Le champ magnétique \vec{B}_{S_1} présente une répartition spatiale proportionnelle à \cos\theta\,\vec{e}_r, impaire par rapport à l'axe de l'enroulement S_2. Par raison de symétrie géométrique, le flux total de \vec{B}_{S_1} à travers les spires de S_2 est nul :
De façon tout à fait analogue, les deux enroulements R_1 et R_2 du rotor sont portés par des axes orthogonaux (\vec{e}_u et \vec{e}_v, décalés d'un angle de \pi/2). Le flux créé par l'un à travers l'autre est donc identiquement nul :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Prenez garde aux erreurs de signe et aux confusions possibles entre fonctions sinus et cosinus.
« on note quelques erreurs de signe ou des confusions entre les fonctions sinus et cosinus. »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : inductance mutuelle
Exprimer l'inductance mutuelle entre les enroulements du stator et du rotor en fonction de et de , ainsi que la mutuelle entre les enroulements du stator et du rotor.
Voir l'indiceIndice
Repérer le déphasage angulaire spatial de \pi/2 entre les enroulements R_1 et R_2 pour déduire leurs mutuelles respectives avec le stator.
Voir la stratégieStratégie
- Repérer l'orientation de l'enroulement R_2 par rapport à celle de R_1 dans le repère tournant du rotor : le vecteur normal \vec{e}_v de R_2 est décalé spatialement d'un angle de +\pi/2 par rapport au vecteur normal \vec{e}_u de R_1.
- En déduire les mutuelles d'inductance en effectuant la substitution \theta_R \to \theta_R + \pi/2 dans les relations définissant M_{S_1 R_1} et M_{S_2 R_1} données par l'énoncé, ou par projection géométrique directe.
Voir la réponse courteRéponse courte
Décalage angulaire de \pi/2 entre enroulements donnant une mutuelle en sinus ou cosinus selon l'orientation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'enroulement R_1 a pour normale le vecteur unitaire \vec{e}_u, repéré par l'angle \theta_R par rapport à \vec{e}_x. D'après la figure 12 et la définition de la base orthonormée directe (\vec{e}_u, \vec{v}, \vec{e}_z), l'enroulement R_2 a pour normale le vecteur unitaire \vec{e}_v, faisant un angle \theta_R + \frac{\pi}{2} avec \vec{e}_x.
On peut donc obtenir les inductances mutuelles liant les enroulements statoriques à R_2 en remplaçant l'angle \theta_R par \theta_R + \frac{\pi}{2} dans les expressions de M_{S_1 R_1} et M_{S_2 R_1} :
D'où les expressions recherchées :
Résultat
Question 31
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : loi de faraday, induction
Comment peut-on expliquer qu'un courant circule dans l'enroulement alors qu'il n'est relié à aucune alimentation ?
Voir l'indiceIndice
Invoquer la loi de Faraday dans un circuit fermé tournant au sein d'un champ magnétique dépendant du temps.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le champ tournant statorique crée une variation temporelle de flux magnétique dans le circuit fermé du rotor (loi de Faraday).
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'apparition d'un courant dans l'enroulement R_1 s'explique par le phénomène d'induction électromagnétique :
- les courants alternatifs circulant dans les enroulements statoriques créent un champ magnétique tournant dans l'entrefer ;
- en raison de la variation temporelle de ce champ et de la rotation éventuelle du rotor, le flux magnétique envoyé par le stator à travers l'enroulement R_1 varie au cours du temps (\frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} \neq 0) ;
d'après la loi de Faraday, cette variation de flux induit une force électromotrice (f.é.m.) :
e = -\frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t}- l'enroulement R_1 étant fermé sur lui-même en court-circuit, cette f.é.m. induite fait circuler un courant induit i_{R_1}(t) dans ce circuit conducteur fermé.
Question déjà tombée ailleurs
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : flux magnétique, inductance mutuelle
On note respectivement et les flux créés dans l'enroulement du rotor par les enroulements et du stator. Exprimer le flux en fonction de , et du courant . De même, exprimer le flux en fonction de , et du courant .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la définition du flux mutuel en fonction des inductances mutuelles dépendantes de la position \theta_R.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression des flux statoriques embrassés par le rotor à l'aide des inductances mutuelles dépendant de l'angle \theta_R.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition de l'inductance mutuelle entre deux circuits électriques, le flux magnétique envoyé par un circuit inducteur à travers un circuit induit est proportionnel au courant circulant dans l'inducteur.
Pour le flux créé à travers l'enroulement R_1 du rotor par l'enroulement S_1 du stator parcouru par i_{S_1}(t) :
En utilisant l'expression de l'inductance mutuelle fournie dans le sujet, M_{S_1 R_1} = M_{SR}\cos(\theta_R), on obtient :
De même, le flux créé à travers l'enroulement R_1 par le courant i_{S_2}(t) parcourant l'enroulement S_2 s'écrit :
Avec M_{S_2 R_1} = M_{SR}\sin(\theta_R), il vient :
Résultat
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : loi de faraday, force électromotrice
En remarquant que et dépendent du temps, exprimer en fonction de , , et de la force électromotrice (fem) induite par dans . Faire de même pour la fem induite par dans . On ne développera pas les expressions de , et de leur dérivée dans cette réponse.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi de Faraday e = -\mathrm{d}\phi/\mathrm{d}t en dérivant le produit de l'inductance mutuelle par le courant correspondant.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la loi de Faraday e = -\dfrac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} pour chacun des flux calculés à la question Q32.
- Prendre en compte la double dépendance temporelle : celle du courant statorique (induction de transformateur / Neumann) et celle de la position angulaire \theta_R(t) = \Omega t (induction de mouvement / Lorentz).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul des fem induites par dérivation temporelle des flux : e = - \mathrm{d}\phi/\mathrm{d}t, avec dépendance en temps de l'angle et des courants.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q32, le flux magnétique créé par l'enroulement S_1 à travers l'enroulement R_1 s'écrit :
D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite par S_1 dans R_1 est :
Soit :
De même, d'après la question Q32, le flux créé par S_2 dans R_1 est :
Par application de la loi de Faraday :
Soit :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Veillez à ne pas commettre d'erreur de signe ni de confusion trigonométrique lors du calcul de la force électromotrice.
« on note quelques erreurs de signe ou des confusions entre les fonctions sinus et cosinus. »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : loi des mailles, équation différentielle
En déduire l'équation différentielle vérifiée par le courant en fonction de , , , , et de , et de leur dérivée. Cette équation différentielle peut être écrite sous la forme :
Préciser les expressions de et de en fonction de , , et de .
Voir l'indiceIndice
Écrire la loi des mailles pour l'enroulement rotorique fermé sur lui-même en sommant la tension selfique, la chute ohmique et les deux fem induites.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la loi des mailles à l'enroulement rotorique R_1, fermé en court-circuit, en tenant compte du phénomène d'auto-induction (L_R) et de l'absence de couplage mutuel avec R_2 (M_{R_1 R_2} = 0).
- Injecter les forces électromotrices e_{S_1 R_1}(t) et e_{S_2 R_1}(t) établies à la question précédente.
- Expliciter les courants d'alimentation i_{S_1}(t) et i_{S_2}(t) ainsi que leurs dérivées, puis simplifier le second membre à l'aide des formules d'addition trigonométriques pour identifier A et \omega.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi des mailles dans le rotor R_1, somme des fem d'induction et regroupement des termes sinusoïdaux sous forme canonique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'enroulement R_1 du rotor est fermé sur lui-même (en court-circuit). Sachant que le couplage mutuel avec R_2 est nul (M_{R_1 R_2} = 0, d'après Q29), la loi des mailles s'écrit en convention récepteur :
soit encore :
En utilisant les expressions obtenues à la question Q33 :
on obtient la première forme de l'équation différentielle :
Injectons maintenant les expressions des courants statoriques :
Le second membre, noté \mathrm{SM}(t), devient :
En utilisant la formule \sin(a-b) = \sin a \cos b - \cos a \sin b avec a = \omega_S t et b = \Omega t :
Par identification avec la forme A\sin(\omega t), il vient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention aux confusions dans l'écriture de la loi liant les forces électromotrices, la résistance et l'inductance.
« la relation entre les forces électromotrices, la résistance et l'inductance a été source de confusions. »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 35
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : machine asynchrone, pulsation
On rappelle que . Exprimer en fonction de et de .
Voir l'indiceIndice
Identifier la pulsation du terme source sinusoïdal excitant l'équation différentielle du rotor.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pulsation des courants rotoriques \omega_R = \omega_S - \Omega, traduisant le glissement relatif par rapport au champ tournant.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation différentielle établie à la question Q34, l'enroulement rotorique R_1 est un système linéaire du premier ordre à coefficients constants excité par une force électromotrice sinusoïdale de pulsation \omega :
En régime sinusoïdal permanent, la réponse forcée d'un circuit linéaire s'effectue à la même pulsation que l'excitation. La pulsation \omega_R du courant rotorique i_{R_1}(t) est donc égale à la pulsation \omega du terme source. Comme \omega_S > \Omega, cette grandeur est positive :
Résultat
Question 36
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine asynchrone, impédance complexe
Exprimer en fonction de , , , , et de . Que peut-on dire de pour ? Justifier alors le qualificatif de machine asynchrone.
Voir l'indiceIndice
Déterminer l'impédance complexe du circuit rotorique à la pulsation de glissement pour trouver le module de l'amplitude du courant.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter l'équation différentielle linéaire du premier ordre établie en Q34 en régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega_R.
- Exprimer l'amplitude maximale I_{R\max} à l'aide de l'impédance complexe du rotor et des expressions de A et \omega_R.
- Étudier le cas limite \Omega = \omega_S et relier l'annulation des courants induits au principe même de fonctionnement par induction électromagnétique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Amplitude du courant par impédance complexe ; nul au synchronisme car pas de variation de flux, justifiant le fonctionnement asynchrone.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation différentielle régissant le courant i_{R_1}(t) s'écrit (d'après les questions Q34 et Q35) :
avec A = M_{SR} I_{S\max}(\omega_S - \Omega) et \omega_R = \omega_S - \Omega > 0.
En régime sinusoïdal permanent, en adoptant la représentation complexe \underline{i}_{R_1}(t) = \underline{I}_{R_1} \mathrm{e}^{\mathrm{j}\omega_R t} :
En prenant le module de chaque membre, l'amplitude I_{R\max} = |\underline{I}_{R_1}| vaut :
En remplaçant A et \omega_R par leurs expressions :
Cas particulier \omega_S = \Omega : Pour \omega_S = \Omega, on obtient :
Aucun courant n'est induit dans les enroulements rotoriques.
Justification du qualificatif « asynchrone » : Si le rotor tournait à la vitesse de synchronisme (\Omega = \omega_S), il tournerait à la même vitesse angulaire que le champ magnétique tournant statorique. Dans le référentiel du rotor, le champ magnétique serait alors stationnaire : le flux embrassé par les circuits rotoriques ne varierait plus au cours du temps, la force électromotrice induite serait nulle et aucun courant ne circulerait (I_{R\max} = 0).
Par conséquent, les forces de Laplace et le couple électromagnétique s'annuleraient. Pour produire un couple moteur non nul, la vitesse mécanique \Omega doit obligatoirement différer de la vitesse synchrone \omega_S (\Omega < \omega_S en mode moteur) : le rotor ne tourne jamais au synchronisme avec le champ statorique, ce qui justifie l'appellation de machine asynchrone.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pensez au formalisme complexe ou aux diagrammes de Fresnel pour déterminer l'expression demandée.
« Les candidats n’ont pas pensé à passer en notation complexe ou à utiliser les diagrammes de Fresnel pour parvenir au résultat. »
« les correcteurs ont accordé des points aux copies expliquant correctement le qualificatif "asynchrone". »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : champ magnétique tournant
Dans le référentiel fixe (lié au stator), à quelle vitesse angulaire tourne le champ créé par le rotor ? Commenter.
Voir l'indiceIndice
Recombiner les champs créés par R_1 et R_2 en tenant compte du déphasage des courants pour exprimer le champ résultant dans le repère fixe.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le champ magnétique total créé par le rotor dans l'entrefer en sommant les contributions \vec{B}_{R_1} et \vec{B}_{R_2}.
- Utiliser une relation trigonométrique et remplacer \theta_R(t) = \Omega t ainsi que \omega_R = \omega_S - \Omega (résultat de la question Q35).
- Identifier la vitesse angulaire de rotation de l'onde de champ dans le référentiel fixe et commenter la condition de production d'un couple moyen constant.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vitesse absolue du champ rotorique \Omega + \omega_R = \omega_S : les champs statorique et rotorique tournent à la même vitesse.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ magnétique total créé par les enroulements rotoriques s'obtient par superposition :
En remplaçant les courants i_{R_1}(t) et i_{R_2}(t) par leurs expressions :
À l'aide de la formule trigonométrique \sin(a - b) = \sin a \cos b - \sin b \cos a avec a = \omega_R t - \varphi et b = \theta - \theta_R :
Or, d'après les données de l'énoncé, \theta_R(t) = \Omega t, et d'après la question Q35, \omega_R = \omega_S - \Omega. On a donc :
Le champ rotorique s'écrit ainsi :
La phase de cette onde spatio-temporelle s'écrit \theta - \omega_S t + \text{cste}. La condition de phase constante \theta(t) - \omega_S t = \text{cste} conduit par dérivation par rapport au temps à :
Commentaire :
- Bien que le rotor tourne mécaniquement à la vitesse angulaire \Omega < \omega_S, les courants induits oscillent exactement à la pulsation de glissement \omega_R = \omega_S - \Omega, de sorte que la vitesse de rotation du champ par rapport au rotor (\omega_R) s'ajoute à la vitesse de rotation mécanique du rotor (\Omega), redonnant \Omega + \omega_R = \omega_S.
- Dans le référentiel du stator, le champ rotorique \vec{B}_R et le champ statorique \vec{B}_S tournent à la même vitesse angulaire \omega_S : ils sont synchrones et donc immobiles l'un par rapport à l'autre.
- Cette synchronisation mutuelle des deux champs magnétiques dans l'entrefer est la condition indispensable pour que la machine puisse délivrer un couple électromagnétique de valeur moyenne non nulle.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le calcul du champ résultant dans le stator fournissait directement la réponse attendue.
« Un calcul du champ résultant dans le stator aurait permis de répondre à cette question. »
Source : rapport du jury CCINP 2024
Question 38
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine à courant continu, collecteur
Dans une machine à courant continu, le champ statorique est stationnaire. Les champs statorique et rotorique sont-ils synchrones quelle que soit la vitesse de rotation du rotor ? Si oui, expliquer brièvement comment est assurée cette synchronisation.
Voir l'indiceIndice
Rappeler le rôle du système balais-collecteur qui commute mécaniquement le sens du courant rotorique au cours de la rotation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le système balais-collecteur commute les courants rotoriques pour maintenir le champ rotorique en quadrature fixe avec le stator.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans une machine à courant continu (MCC) :
- Le champ statorique (inducteur) est produit par des aimants permanents ou des bobinages alimentés en courant continu ; il est donc stationnaire (vitesse angulaire nulle dans le référentiel du stator).
- Pour produire un couple électromagnétique moyen non nul, le champ créé par le rotor (induit) doit également être stationnaire dans le référentiel du stator. Les champs statorique et rotorique sont donc bien synchrones (tous deux de vitesse angulaire nulle par rapport au stator), et ce quelle que soit la vitesse de rotation \Omega du rotor.
Cette synchronisation est assurée mécaniquement par l'ensemble collecteur à lames – balais :
- Les balais, immobiles par rapport au stator, amènent le courant d'alimentation continu aux lames conductrices du collecteur solidaire de l'arbre tournant.
- Lors de la rotation du rotor, le passage des lames sous les balais inverse périodiquement le sens du courant dans les brins d'induit qui franchissent la ligne neutre.
- Vu du stator, la répartition spatiale des courants rotoriques reste ainsi rigoureusement fixe au cours du temps, ce qui maintient le champ magnétique créé par le rotor stationnaire dans l'espace, indépendamment de sa vitesse de rotation \Omega.
Résultat
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : bilan de puissance, machine asynchrone
Relier , et .
Voir l'indiceIndice
Exprimer les pertes Joule totales dans les deux phases rotoriques en régime permanent et les relier à la puissance transmise par le couple.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance moyenne dissipée par effet Joule P_{JR} dans les deux enroulements du rotor à l'aide de l'expression des courants rotoriques et de l'amplitude I_{R\max} établie à la question Q36.
- Rapprocher cette expression de celle de la puissance électromagnétique transmise P_S = \Gamma_z \omega_S et du glissement g.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan de puissance électromécanique au rotor montrant que les pertes Joule rotoriques vérifient P_{\mathrm{JR}} = g P_S.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le rotor comporte deux enroulements identiques de résistance R_R, parcourus respectivement par les courants i_{R_1}(t) et i_{R_2}(t). La puissance instantanée dissipée par effet Joule dans le rotor s'écrit :
En injectant les formes données pour les courants :
La puissance Joule instantanée est constante, donc égale à sa valeur moyenne :
En utilisant l'expression de l'amplitude I_{R\max} obtenue à la question Q36 :
Par ailleurs, la puissance électromagnétique transmise au rotor vaut :
En effectuant le rapport membre à membre :
On reconnaît la définition du glissement g = \dfrac{\omega_S - \Omega}{\omega_S}, d'où la relation fondamentale :
Résultat
Question 40
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine asynchrone, rendement
Que vaut au démarrage de la machine ? Le rendement de la machine est-il meilleur lorsque est proche de 0 ou de 1 ? Justifier.
Voir l'indiceIndice
Calculer g pour une vitesse mécanique nulle \Omega = 0, puis relier le rendement électromagnétique \eta = P_{\mathrm{méca}}/P_S au glissement.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le glissement g au démarrage en utilisant la condition sur la vitesse de rotation initiale du rotor \Omega.
- Établir le lien entre le glissement et le rendement électromécanique du rotor en exploitant le bilan de puissance issu de la question Q39.
Voir la réponse courteRéponse courte
Au démarrage g=1 donc toutes les pertes sont dissipées en effet Joule ; le rendement optimal impose un glissement g \ll 1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Au démarrage, le rotor est initialement immobile dans le référentiel du stator, soit \Omega = 0. Par définition du glissement :
D'après la question Q39, la puissance dissipée par effet Joule au rotor s'écrit P_{JR} = g P_S. La puissance mécanique transmise au rotor s'exprime donc par conservation de l'énergie (en négligeant les frottements mécaniques) :
Le rendement de la conversion de puissance au niveau du rotor (rendement électromagnétique interne) s'écrit :
- Pour g proche de 1 (situation de démarrage), P_{JR} \approx P_S : la quasi-totalité de la puissance fournie par le stator est perdue par effet Joule dans le rotor, d'où un rendement \eta \approx 0.
- Pour g proche de 0 (rotor tournant à une vitesse très proche de la vitesse de synchronisme \omega_S), les pertes Joule rotoriques sont faibles (P_{JR} \ll P_S) et le rendement est maximal (\eta \to 1).
Résultat
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 40
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 40 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,19 et d'écart-type 3,79 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
S'entraîner sur les mêmes chapitres
Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q27) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.