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Corrigé détaillé X ENS Physique U PSI 2025

Énergie bleue : génération, transport nanofluidique et conversion

Le sujet en bref

Sujet accessible · Électrostatique, Circuits électriques et régimes transitoires, Mécanique des fluides · 12 incontournables · 21 questions de première année
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Ce sujet d'une grande richesse aborde la récupération d'énergie osmotique (dite énergie bleue) à l'embouchure des fleuves, depuis les fondements thermodynamiques macroscopiques jusqu'à l'injection sur le réseau électrique en passant par la physique microscopique des fluides aux échelles nanométriques. Inspiré directement de travaux pionniers menés à l'ENS Paris par l'équipe de Lydéric Bocquet, il explore la diffusion ionique dans des nanopores chargés, l'apparition d'un écoulement diffusio-osmotique couplé à l'équation de Poisson-Boltzmann, puis modélise l'architecture électrique d'une membrane avant d'analyser un onduleur de courant.

Très complet et formateur, ce problème constitue une synthèse exemplaire de la physique en filière PSI. Il mobilise avec rigueur la thermodynamique des solutions, la mécanique des fluides visqueux à faible nombre de Reynolds, l'électrostatique des milieux ioniques et l'électronique de puissance, offrant un excellent entraînement pour aborder les épreuves de haut niveau des concours ENS et Polytechnique.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 6 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 20 questions sur 60, parties 3.2 et 3.3.

Où gagner des points

54 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les parties du sujet sont très largement indépendantes : la thermodynamique de la partie 1 (Q1 à Q10) et l'électrocinétique de la sous-partie 3.3 (Q52 à Q60) peuvent être abordées sans avoir traité la nanofluidique de la partie 2.

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Sommaire

60 questions
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Partie 1 : Génération d'énergie électrique à partir d'énergie osmotique

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fraction molaire, électroneutralité

La solution contient environ de sel NaCl, comme c'est le cas dans l'eau de mer. On note et les fractions molaires de chaque espèce en solution. Montrer que . Estimer un ordre de grandeur de la fraction molaire totale des ions présents en solution . On considérera pour simplifier dans la suite de cette partie qu'il n'y a qu'une seule espèce en solution, de fraction molaire .

Voir l'indice

Calculer les quantités de matière d'ions à partir de la dissociation complète de \text{NaCl} et exprimer la fraction molaire x à l'aide de la masse molaire de l'eau et de v_m.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de dissolution du chlorure de sodium dans l'eau pour relier les quantités de matière de chaque ion, et en déduire l'égalité des fractions molaires.
  2. Exprimer, pour un volume donné de solution (par exemple V = 1\text{ L}), les quantités de matière d'ions et d'eau à partir des données de l'énoncé (M, \rho, v_m), puis en déduire la fraction molaire totale x.
Voir la réponse courte

Égalité par stœchiométrie de dissolution de NaCl et calcul de la fraction molaire x \approx 0{,}018.

Voir le corrigé complet

La dissolution du chlorure de sodium dans l'eau est totale selon l'équation de réaction :

\text{NaCl}_{(\text{s})} \longrightarrow \text{Na}^+_{(\text{aq})} + \text{Cl}^-_{(\text{aq})}

L'électroneutralité de la solution ou la stœchiométrie de la réaction impose que la quantité de matière d'ions sodium est égale à celle des ions chlorure :

n_{\text{Na}} = n_{\text{Cl}} = n_{\text{NaCl}}

Par définition, la fraction molaire d'un constituant i dans un mélange comportant au total n_{\text{tot}} moles est x_i = \frac{n_i}{n_{\text{tot}}}. Dès lors :

x_{\text{Na}} = \frac{n_{\text{Na}}}{n_{\text{tot}}} = \frac{n_{\text{Cl}}}{n_{\text{tot}}} = x_{\text{Cl}}
\boxed{x_{\text{Na}} = x_{\text{Cl}}}

Considérons un volume V = 1\text{ L} de solution A. La masse de sel dissous est m = 30\text{ g}. La masse molaire de NaCl vaut :

M_{\text{NaCl}} = M_{\text{Na}} + M_{\text{Cl}} = 23 + 35{,}5 = 58{,}5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La quantité de matière de sel dissous est donc :

n_{\text{NaCl}} = \frac{m}{M_{\text{NaCl}}} = \frac{30}{58{,}5} \simeq 0{,}51\text{ mol}

La quantité totale d'ions en solution vaut :

n_{\text{ions}} = n_{\text{Na}} + n_{\text{Cl}} = 2 n_{\text{NaCl}} \simeq 1{,}0\text{ mol}

D'après le formulaire, le volume molaire de l'eau est v_m = 18\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} = 18\times 10^{-3}\text{ L}\cdot\text{mol}^{-1}. La quantité de matière d'eau dans V = 1\text{ L} est donc :

n_{\text{eau}} \simeq \frac{V}{v_m} = \frac{1}{18\times 10^{-3}} \simeq 56\text{ mol}

Comme n_{\text{ions}} \ll n_{\text{eau}}, la quantité totale de matière est n_{\text{tot}} = n_{\text{eau}} + n_{\text{ions}} \simeq n_{\text{eau}} \simeq 56\text{ mol}.

On en déduit la fraction molaire totale des ions :

x = \frac{n_{\text{ions}}}{n_{\text{tot}}} \simeq \frac{1{,}0}{56} \simeq 1{,}8\times 10^{-2} \sim 2\times 10^{-2}
\boxed{x \simeq 2\times 10^{-2}}

L'ordre de grandeur de la fraction molaire est donc 10^{-2} (environ 2 %).

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : potentiel chimique, enthalpie libre, mélange idéal

On introduit le potentiel chimique de référence de l'eau pure. Rappeler l'expression du potentiel chimique de l'eau en présence d'un soluté de fraction molaire , dans l'hypothèse d'un mélange idéal. On admet que le potentiel chimique du sel en solution se met sous la forme , où est une fonction qu'on ne cherche pas à préciser. Exprimer l'enthalpie libre des solutions avant mélange et en fonction de , , des volumes et , du volume molaire de l'eau considéré comme indépendant de la concentration en sel, et de , la fraction molaire de sel. On considérera que la solution est un mélange idéal de deux espèces en solution : l'eau et le sel.

Voir l'indice

Rappeler la relation d'Euler G = \sum_i n_i \mu_i pour un mélange idéal et exprimer les quantités de matière en fonction des volumes V_A, V_B et du volume molaire v_m.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel chimique de l'eau dans le mélange idéal en fonction de sa fraction molaire x_{\text{eau}} = 1 - x.
  2. Déterminer les quantités de matière de chaque constituant à partir des volumes V_A, V_B et du volume molaire v_m.
  3. Utiliser le théorème d'Euler pour l'enthalpie libre : G = \sum_i n_i \mu_i.
Voir la réponse courte

Expression du potentiel de l'eau dans une solution idéale puis calcul de G_A et G_B par la relation d'Euler.

Voir le corrigé complet

Dans l'hypothèse d'un mélange idéal de deux espèces (l'eau et le sel), la fraction molaire de l'eau dans la solution A s'écrit :

x_{\text{eau}} = 1 - x

Le potentiel chimique de l'eau dans la solution A est donc :

\boxed{\mu(P, T, x) = \mu^*(P, T) + RT \ln(1 - x)}

D'après les données du formulaire, la valeur du volume molaire v_m est conservée pour les solutions aqueuses et supposée indépendante de la concentration en soluté. La quantité de matière totale contenue dans un volume V est donc n_{\text{tot}} = V / v_m.

Pour la solution B (eau pure de volume V_B) :

  • la quantité de matière d'eau est n_B = \dfrac{V_B}{v_m} ;
  • son potentiel chimique est simplement le potentiel de référence de l'eau pure \mu^*(P, T).

L'enthalpie libre de la solution B est donc :

\boxed{G_B = \frac{V_B}{v_m} \mu^*(P, T)}

Pour la solution A (volume V_A, fraction molaire en sel x) :

  • la quantité de matière totale est n_{\text{tot}, A} = \dfrac{V_A}{v_m} ;
  • la quantité de matière d'eau est n_{\text{eau}, A} = (1 - x) \dfrac{V_A}{v_m} ;
  • la quantité de matière de sel est n_{S, A} = x \dfrac{V_A}{v_m}.

Par application du théorème d'Euler, l'enthalpie libre du mélange s'écrit G_A = n_{\text{eau}, A}\mu + n_{S, A}\mu_S, soit :

\boxed{G_A = \frac{V_A}{v_m} \left[ (1 - x)\big(\mu^*(P, T) + RT \ln(1 - x)\big) + x \big(\Psi(P, T) + RT \ln x\big) \right]}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : enthalpie libre, potentiel chimique

On note la fraction molaire de sel dans le mélange des solutions et , et le volume de ce mélange. Exprimer l'enthalpie libre du mélange en fonction des mêmes grandeurs que dans la question précédente, de et .

Voir l'indice

Utiliser l'extensivité de l'enthalpie libre et remplacer la fraction molaire par x_M et le volume par V_M dans l'expression établie à la question précédente.

Voir la réponse courte

Écriture de l'enthalpie libre du mélange G_M avec les nouvelles fractions molaires et le volume V_M.

Voir le corrigé complet

Le mélange des solutions A et B constitue une nouvelle solution aqueuse de volume V_M et de fraction molaire en sel x_M. Sous la même hypothèse que pour la solution A (le volume molaire effectif est assimilé à celui de l'eau pure v_m), la quantité totale de matière dans le mélange est :

n_M = \frac{V_M}{v_m}

Les fractions molaires de l'eau et du sel dans ce mélange idéal valent respectivement 1 - x_M et x_M. Les potentiels chimiques s'écrivent :

\begin{aligned} \mu_{\text{eau}}(P, T, x_M) &= \mu^*(P, T) + RT \ln(1 - x_M) \\ \mu_S(P, T, x_M) &= \Psi(P, T) + RT \ln x_M \end{aligned}

L'enthalpie libre du mélange s'obtient alors par la relation d'Euler pour une grandeur molaire partielle, G_M = n_{\text{eau}, M} \mu_{\text{eau}} + n_{S, M} \mu_S = n_M \left[ (1 - x_M)\mu_{\text{eau}} + x_M \mu_S \right] :

\boxed{G_M = \frac{V_M}{v_m} \left[ (1 - x_M) \bigl(\mu^*(P, T) + RT \ln(1 - x_M)\bigr) + x_M \bigl(\Psi(P, T) + RT \ln x_M\bigr) \right]}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : enthalpie libre de mélange

On suppose que le mélange se fait à température et pression constantes, et que le volume de mélange vérifie . Exprimer , puis la variation d'enthalpie libre, en fonction de , , et . On notera pour simplifier.

Voir l'indice

Écrire la conservation de la quantité de sel pour relier x_M à x et \phi_A, puis former la différence \Delta G = G_M - (G_A + G_B).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conservation de la quantité de matière de soluté et la quantité totale de matière dans le mélange pour en déduire la nouvelle fraction molaire x_M.
  2. Écrire la variation d'enthalpie libre \Delta G = G_M - (G_A + G_B) à partir des expressions de G_A, G_B (établies en Q2) et G_M (établie en Q3).
  3. Vérifier la simplification des termes en \mu^* et \Psi, puis regrouper les termes logarithmiques en fonction de V_A, V_B, x et \phi_A.
Voir la réponse courte

Calcul de la variation d'enthalpie libre de mélange \Delta G en regroupant les termes logarithmiques.

Voir le corrigé complet

D'après les hypothèses adoptées aux questions précédentes, la quantité totale de matière d'une solution de volume V est n_{\text{tot}} = V / v_m.

La conservation de la quantité de matière de sel lors du mélange de la solution A (contenant n_{S,A} = x n_{\text{tot},A} = x \frac{V_A}{v_m}) et de la solution B d'eau pure (n_{S,B} = 0) donne :

n_{S,M} = n_{S,A} = x \frac{V_A}{v_m}

La quantité de matière totale dans le mélange de volume V_M = V_A + V_B s'écrit :

n_{\text{tot},M} = \frac{V_M}{v_m} = \frac{V_A + V_B}{v_m}

La fraction molaire de sel dans le mélange est donc :

x_M = \frac{n_{S,M}}{n_{\text{tot},M}} = \frac{V_A}{V_A + V_B} x = \phi_A x
\boxed{x_M = \phi_A x = \frac{V_A}{V_A + V_B} x}

La variation d'enthalpie libre du mélange à température T et pression P constantes est définie par :

\Delta G = G_M - (G_A + G_B)

D'après les questions Q2 et Q3 :

\begin{aligned} G_A &= \frac{V_A}{v_m} \left[ (1 - x)\mu^* + x \Psi + RT \big((1 - x)\ln(1 - x) + x\ln x\big) \right] \\ G_B &= \frac{V_B}{v_m} \mu^* \\ G_M &= \frac{V_A + V_B}{v_m} \left[ (1 - x_M)\mu^* + x_M \Psi + RT \big((1 - x_M)\ln(1 - x_M) + x_M\ln x_M\big) \right] \end{aligned}

Examinons les termes indépendants de la composition logarithmique :

  • Terme en \mu^* :

    \frac{\mu^*}{v_m} \left[ (V_A + V_B)(1 - x_M) - V_A(1 - x) - V_B \right] = \frac{\mu^*}{v_m} \left[ (V_A + V_B) - V_A x - V_A + V_A x - V_B \right] = 0
  • Terme en \Psi :

    \frac{\Psi}{v_m} \left[ (V_A + V_B)x_M - V_A x \right] = \frac{\Psi}{v_m} (V_A x - V_A x) = 0

Les termes d'état standard se compensent rigoureusement, ce qui traduit le fait que le sel et l'eau ne changent pas de nature chimique lors du mélange.

Il ne reste que les termes d'entropie de mélange :

\Delta G = \frac{RT}{v_m} \left[ (V_A + V_B)\big((1 - x_M)\ln(1 - x_M) + x_M\ln x_M\big) - V_A\big((1 - x)\ln(1 - x) + x\ln x\big) \right]

Comme x_M = \phi_A x et V_A = \phi_A(V_A + V_B), on remarque que :

(V_A + V_B) x_M \ln x_M - V_A x \ln x = V_A x \ln(\phi_A x) - V_A x \ln x = V_A x \ln \phi_A

On en déduit finalement l'expression de \Delta G :

\boxed{\Delta G = \frac{RT(V_A + V_B)}{v_m} \left[ (1 - \phi_A x)\ln(1 - \phi_A x) - \phi_A(1 - x)\ln(1 - x) + \phi_A x \ln \phi_A \right]}

ou de manière équivalente :

\boxed{\Delta G = \frac{RT}{v_m} \left[ (V_A + V_B)(1 - \phi_A x)\ln(1 - \phi_A x) - V_A(1 - x)\ln(1 - x) + V_A x \ln \phi_A \right]}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : développement limité, enthalpie libre

Simplifier l'expression de dans l'hypothèse et obtenir un résultat linéaire en .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité à l'ordre 1 en posant \ln(1 - u) \simeq -u pour les termes en x et en \phi_A x.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de \Delta G établie en Q4.
  2. Réaliser un développement limité pour x \ll 1 (et par conséquent \phi_A x \ll 1 puisque \phi_A \in {]0, 1[}) de chaque terme faisant intervenir le solvant, au premier ordre non nul.
  3. Simplifier l'expression pour faire apparaître le terme linéaire en x et remplacer (V_A + V_B)\phi_A par V_A.
Voir la réponse courte

Développement au premier ordre en x \ll 1 via \ln(1-x) \simeq -x, menant à \Delta G \simeq \frac{x V_A}{v_m} RT \ln\phi_A.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, la variation d'enthalpie libre lors du mélange s'écrit :

\Delta G = \frac{RT(V_A + V_B)}{v_m} \left[ (1 - \phi_A x)\ln(1 - \phi_A x) - \phi_A(1 - x)\ln(1 - x) + \phi_A x \ln \phi_A \right]

Pour une variable u \ll 1, le développement limité de \ln(1-u) au voisinage de 0 est :

\ln(1 - u) = -u - \frac{u^2}{2} + o(u^2)

ce qui conduit à :

(1 - u)\ln(1 - u) = (1 - u)\left(-u - \frac{u^2}{2} + o(u^2)\right) = -u + \frac{u^2}{2} + o(u^2)

Au premier ordre en x, avec u = \phi_A x et u = x :

\begin{aligned} (1 - \phi_A x)\ln(1 - \phi_A x) &= -\phi_A x + o(x) \\ -\phi_A(1 - x)\ln(1 - x) &= -\phi_A \left(-x + o(x)\right) = +\phi_A x + o(x) \end{aligned}

La contribution des deux premiers termes dans le crochet s'annule donc au premier ordre :

(1 - \phi_A x)\ln(1 - \phi_A x) - \phi_A(1 - x)\ln(1 - x) = \mathcal{O}(x^2)

Le seul terme prépondérant linéaire en x provient donc du terme de mélange du soluté :

\phi_A x \ln \phi_A

Le crochet se réduit ainsi, au premier ordre en x, à \phi_A x \ln \phi_A.

Sachant que \phi_A = \dfrac{V_A}{V_A + V_B}, on a (V_A + V_B)\phi_A = V_A. On obtient finalement :

\boxed{\Delta G \simeq \frac{x V_A}{v_m} RT \ln \phi_A = \frac{x V_A}{v_m} RT \ln\left(\frac{V_A}{V_A + V_B}\right)}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : enthalpie libre, gaz parfait, mélange idéal

On considère un gaz parfait de moles à la température dans un volume . On fait subir une détente isotherme à ce gaz, avec un volume final égal à . Calculer la variation d'enthalpie libre de cette transformation en fonction de , , et . On remarque que est égal au du mélange d'eau de la question précédente si l'on prend . Expliquer pourquoi.

Voir l'indice

Calculer la différentielle \text{d}G = V \text{d}P lors d'une isotherme d'un gaz parfait et identifier le terme logarithmique à celui obtenu pour le soluté.

Voir la réponse courte

Calcul de \Delta G_{\text{gaz}} = nRT\ln(V_A/V_M) par identité thermodynamique et analogie avec l'entropie de mélange des solutés.

Voir le corrigé complet

L'identité thermodynamique pour l'enthalpie libre d'un système fermé s'écrit :

\mathrm{d}G = V\,\mathrm{d}P - S\,\mathrm{d}T

Pour une transformation isotherme (\mathrm{d}T = 0), on a donc \mathrm{d}G_{\text{gaz}} = V\,\mathrm{d}P. En utilisant l'équation d'état des gaz parfaits V = \dfrac{nRT}{P}, il vient :

\Delta G_{\text{gaz}} = \int_{P_i}^{P_f} \frac{nRT}{P}\,\mathrm{d}P = nRT \ln\left(\frac{P_f}{P_i}\right)

La transformation étant isotherme, la loi de Boyle-Mariotte donne P_i V_A = P_f V_M = nRT, soit \dfrac{P_f}{P_i} = \dfrac{V_A}{V_M}. On en déduit :

\boxed{\Delta G_{\text{gaz}} = nRT \ln\left(\frac{V_A}{V_M}\right)}

Explication physique de l'équivalence :

  • La grandeur n = \dfrac{x V_A}{v_m} représente la quantité de matière de soluté (ions) initialement présente dans la solution A.
  • Dans la limite des solutions très diluées (x \ll 1), les solutés sont très éloignés les uns des autres et leurs interactions mutuelles directes sont négligeables : ils se comportent comme les molécules d'un gaz parfait dispersées dans le solvant.
  • L'opération de mélange avec l'eau pure dilue ces ions sans variation d'enthalpie (\Delta H \simeq 0, mélange athermique à cet ordre), en augmentant le volume qui leur est accessible de V_A à V_M = V_A + V_B.
  • La variation d'enthalpie libre est donc purement entropique (\Delta G = -T\Delta S) et correspond exactement à l'entropie de détente d'un gaz parfait de soluté passant du volume V_A au volume V_M : \Delta S = nR\ln(V_M/V_A), d'où \Delta G = -nRT\ln(V_M/V_A) = nRT\ln(V_A/V_M).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : travail maximal, enthalpie libre

Quantifier le travail maximal récupérable pour un mélange utilisant , en J puis en kWh.

Voir l'indice

Utiliser la relation thermodynamique W_{\max} = -\Delta G et convertir les Joules en \text{kWh} via 1\text{ kWh} = 3{,}6\times 10^6\text{ J}.

Voir la stratégie
  1. Relier le travail maximal récupérable à la variation d'enthalpie libre \Delta G pour un mélange effectué à température et pression constantes.
  2. Exprimer \Delta G pour les volumes imposés V_A = V_B = 1\text{ m}^3 à partir de l'expression simplifiée de la question Q5.
  3. Effectuer l'application numérique en joules puis convertir en kilowattheures à l'aide de l'équivalence 1\text{ kWh} = 3,6\times 10^6\text{ J}.
Voir la réponse courte

Calcul du travail maximal récupérable W_{\max} = -\Delta G pour 1\text{ m}^3, soit environ 0{,}8\text{ kWh}.

Voir le corrigé complet

Pour une transformation monotherme à la température T et monobare à la pression P, le premier et le second principe de la thermodynamique conduisent à l'inégalité sur le travail utile (autre que celui des forces de pression atmosphérique) :

W_u \le -\Delta G

Le travail maximal récupérable sous forme électrique est donc :

W_{\max} = -\Delta G

D'après le résultat de la question Q5, pour x \ll 1 :

\Delta G \simeq \frac{x V_A}{v_m} RT \ln \phi_A

Pour V_A = V_B = 1\text{ m}^3, la fraction volumique vaut \phi_A = \frac{V_A}{V_A + V_B} = \frac{1}{2}, d'où \ln\phi_A = -\ln 2. On obtient alors :

W_{\max} = \frac{x V_A}{v_m} RT \ln 2

On remarque que \frac{x V_A}{v_m} représente la quantité totale d'ions en solution dans le volume V_A, notée n à la question Q6. Pour une concentration massique de 30\text{ g}\cdot\text{L}^{-1} en \mathrm{NaCl} de masse molaire M = 58,5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, chaque mole de chlorure de sodium se dissociant en deux moles d'ions (\mathrm{Na}^+ et \mathrm{Cl}^-) :

n = 2 \times \frac{c_m V_A}{M} = 2 \times \frac{30\times 10^3\text{ g}}{58,5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}} \simeq 1,03\times 10^3\text{ mol}

À température ambiante T \simeq 298\text{ K} (ou 300\text{ K}) :

\begin{aligned} W_{\max} &= 1,03\times 10^3 \times 8,3 \times 300 \times 0,7 \\ &\simeq 1,8\times 10^6\text{ J} = 1,8\text{ MJ} \end{aligned}

Sachant que 1\text{ kWh} = 3,6\times 10^6\text{ J} :

W_{\max} = \frac{1,8\times 10^6}{3,6\times 10^6}\text{ kWh} \simeq 0,5\text{ kWh}
\boxed{W_{\max} \simeq 1,8\times 10^6\text{ J} \simeq 0,5\text{ kWh}}

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : travail maximal, puissance

Supposant qu'on puisse convertir tout ce travail récupérable en électricité, combien de temps peut-on allumer une ampoule LED qui consomme environ avec un réservoir d' d'eau salée et d' d'eau pure ? Exprimer le résultat en heures.

Voir l'indice

Calculer la durée de fonctionnement par le rapport entre l'énergie disponible W_{\max} et la puissance consommée par la LED.

Voir la réponse courte

Calcul de la durée d'éclairage \Delta t = W_{\max}/\mathcal{P}, de l'ordre d'une centaine d'heures.

Voir le corrigé complet

Une ampoule de puissance électrique \mathcal{P} = 9\text{ W} consommant une énergie totale égale au travail maximal récupérable W_{\max} fonctionne pendant une durée \Delta t telle que :

W_{\max} = \mathcal{P} \, \Delta t \implies \Delta t = \frac{W_{\max}}{\mathcal{P}}

D'après le résultat de la question Q7, le travail maximal récupérable pour un réservoir d'1\text{ m}^3 d'eau salée et d'1\text{ m}^3 d'eau pure est W_{\max} \simeq 1,8 \times 10^6\text{ J} \simeq 0,50\text{ kWh}.

On en déduit la durée en secondes :

\Delta t = \frac{1,8 \times 10^6\text{ J}}{9\text{ W}} = 2,0 \times 10^5\text{ s}

Puis, en convertissant en heures (1\text{ h} = 3\,600\text{ s}) :

\Delta t = \frac{2,0 \times 10^5}{3\,600}\text{ h} = \frac{500}{9}\text{ h} \simeq 56\text{ h}
\boxed{\Delta t \simeq 56\text{ h}}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance, bilan d'énergie

On estime le débit du fleuve de l'Amazone à . Le fleuve, constitué principalement d'eau douce, se jette dans l'océan Atlantique, qui peut être considéré comme un réservoir d'eau salée. Estimer numériquement la puissance maximale produite à l'embouchure par mélange osmotique. On gardera et une concentration en sel de pour l'eau salée dans cette estimation. Comparer ce nombre à la puissance électrique produite par un réacteur nucléaire ().

Voir l'indice

Multiplier l'énergie volumique maximale de mélange par le débit volumique de l'Amazone et comparer la puissance obtenue à 900\text{ MW}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance maximale théorique \mathcal{P}_{\max} comme le produit de l'énergie maximale récupérable par unité de volume d'eau douce (déterminée à la question Q7) par le débit volumique de l'Amazone D_v.
  2. Effectuer l'application numérique pour obtenir \mathcal{P}_{\max} en watts (ou gigawatts).
  3. Calculer le rapport entre cette puissance et celle d'un réacteur nucléaire de 900\text{ MW} pour interpréter l'ordre de grandeur.
Voir la réponse courte

Multiplication du débit par l'énergie volumique récupérable, donnant plusieurs centaines de gigawatts (centaines de réacteurs).

Voir le corrigé complet

Le fleuve apporte un débit d'eau douce D_v = 200\,000\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}. Dans les conditions fixées par l'énoncé (V_A = V_B), chaque mètre cube d'eau douce est mélangé à un mètre cube d'eau de mer.

D'après le résultat de la question Q7, le mélange de V_B = 1\text{ m}^3 d'eau douce avec V_A = 1\text{ m}^3 d'eau de mer libère un travail maximal :

w_{\max} = \frac{W_{\max}}{V_B} \simeq 1,8\times 10^6\text{ J}\cdot\text{m}^{-3}

La puissance maximale théorique produite à l'embouchure s'écrit alors :

\mathcal{P}_{\max} = w_{\max} D_v

En effectuant l'application numérique :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\max} &\simeq 1,8\times 10^6\text{ J}\cdot\text{m}^{-3} \times 2,0\times 10^5\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \\ &\simeq 3,6\times 10^{11}\text{ W} = 360\text{ GW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\max} \simeq 3,6\times 10^{11}\text{ W} \simeq 360\text{ GW}}

Comparons cette puissance à la puissance électrique d'un réacteur nucléaire de référence P_{\text{nucl}} = 900\text{ MW} = 0,9\text{ GW} :

N = \frac{\mathcal{P}_{\max}}{P_{\text{nucl}}} = \frac{360\text{ GW}}{0,9\text{ GW}} = 400
\boxed{\frac{\mathcal{P}_{\max}}{P_{\text{nucl}}} \simeq 400}

Cette puissance correspond à la production continue d'environ 400 réacteurs nucléaires de 900\text{ MW}.

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : optimisation, enthalpie libre

De façon générale, pour un volume d'eau douce donné, comment faut-il choisir pour maximiser l'énergie récupérable ?

Voir l'indice

Étudier la fonction \Delta G(V_A) pour V_B fixé ou considérer la limite où le volume d'eau salée est quasi-infini.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail maximal récupérable W_{\max} = -\Delta G en fonction de V_A à volume d'eau douce V_B fixé, en utilisant l'approximation obtenue à la question Q5.
  2. Étudier le sens de variation de cette fonction par rapport à V_A (ou à la variable u = V_B/V_A).
  3. En déduire le choix optimal de V_A et interpréter physiquement la valeur limite obtenue.
Voir la réponse courte

Étude de la fonction V_A \mapsto -V_A \ln(V_A/(V_A+V_B)) pour trouver le volume d'eau salée optimal V_A = V_B/(e-1).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, la variation d'enthalpie libre lors du mélange s'écrit dans la limite x \ll 1 :

\Delta G \simeq \frac{x V_A}{v_m} RT \ln\left(\frac{V_A}{V_A + V_B}\right) = -\frac{x RT}{v_m} V_A \ln\left(1 + \frac{V_B}{V_A}\right)

Le travail maximal récupérable est donné par W_{\max} = -\Delta G. Pour un volume d'eau douce V_B fixé, introduisons le rapport u = \frac{V_B}{V_A} > 0 :

W_{\max}(V_A) = \frac{x RT V_B}{v_m} \frac{\ln(1 + u)}{u}

Étudions la fonction g(u) = \frac{\ln(1 + u)}{u} pour u > 0. Sa dérivée est :

g'(u) = \frac{\frac{u}{1+u} - \ln(1+u)}{u^2}

En posant h(u) = \frac{u}{1+u} - \ln(1+u), on a h(0) = 0 et :

h'(u) = \frac{1}{(1+u)^2} - \frac{1}{1+u} = -\frac{u}{(1+u)^2} < 0 \quad \text{pour } u > 0

La fonction h est donc strictement négative sur ]0, +\infty[, ce qui assure que g'(u) < 0. Ainsi, g est une fonction strictement décroissante de u.

Comme u = V_B / V_A est une fonction strictement décroissante de V_A, le travail maximal W_{\max}(V_A) est une fonction strictement croissante de V_A.

Pour maximiser l'énergie récupérable pour un volume V_B donné, il faut donc choisir un volume d'eau salée :

\boxed{V_A \gg V_B \quad (\text{soit } V_A \to +\infty)}

Dans cette limite (u \to 0), le développement limité de \ln(1+u) donne \lim_{u \to 0} g(u) = 1, soit une énergie maximale asymptotique :

W_{\max, \infty} = \frac{x RT}{v_m} V_B = \Pi_{\text{mer}} V_B

Résultat

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Partie 2 : Récupération d'énergie à l'aide d'une membrane chargée électriquement et d'électrodes

2.1 · Propriétés de l'eau salée dans un canal

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de fick, diffusion de particules

Soit la densité de courant de particules associée à la diffusion des ions , dont l'unité SI est . Donner la relation entre , et , le coefficient de diffusion de l'ion chargé positivement.

Voir l'indice

Écrire la première loi de Fick reliant la densité de flux de particules au gradient de concentration.

Voir la réponse courte

Énoncé de la première loi de Fick pour le flux de diffusion \vec{j}_+^{(D)} = -D_+\vec{\nabla}c_+.

Voir le corrigé complet

Le transport d'ions \text{Na}^+ par diffusion moléculaire est régi par la première loi de Fick. Le flux molaire s'effectue dans le sens des concentrations décroissantes :

\boxed{\vec{j}_+^{(D)} = - D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de diffusion-convection, bilan de matière

En déduire une équation aux dérivées partielles vérifiée par le champ de concentration en ions chargés positivement , que l'on exprimera en fonction de , , , et de , défini par

Voir l'indice

Appliquer un bilan de matière local sous la forme \partial c_+ / \partial t = -\operatorname{div}(\vec{j}_+^{(D)} + \vec{j}_+^{(E)}) et exprimer \vec{\operatorname{grad}}\phi en fonction de \psi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité de flux molaire total des ions \mathrm{Na}^+ comme la somme du flux de diffusion et du flux de migration électrique, en faisant intervenir le potentiel adimensionné \psi.
  2. Établir le bilan de matière local sur les ions (conservation du nombre de moles en l'absence de réaction chimique) pour en déduire l'équation d'électrodiffusion (équation de Nernst-Planck).
Voir la réponse courte

Bilan local de matière \partial c_+/\partial t = -\text{div}\,\vec{j}_+ avec flux de diffusion et flux de migration électrophorétique.

Voir le corrigé complet

Les ions \mathrm{Na}^+ sont soumis à deux mécanismes de transport :

  • la diffusion moléculaire, régie par la première loi de Fick (question Q11) :

    \vec{j}_+^{(D)} = - D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+
  • la migration électrophorétique sous l'effet du champ électrique \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}} \phi (donnée de l'énoncé) :

    \vec{j}_+^{(E)} = -e \mu_+ c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} \phi

En introduisant le potentiel électrostatique adimensionné \psi = \dfrac{e\phi}{k_B T}, et comme T est supposée uniforme, on a :

e \overrightarrow{\operatorname{grad}} \phi = k_B T \overrightarrow{\operatorname{grad}} \psi

ce qui permet d'écrire la densité de flux de migration électrique sous la forme :

\vec{j}_+^{(E)} = -\mu_+ k_B T c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} \psi

Le flux total de particules pour l'espèce \mathrm{Na}^+ s'écrit donc :

\vec{j}_+ = \vec{j}_+^{(D)} + \vec{j}_+^{(E)} = - D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ - \mu_+ k_B T c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} \psi

En l'absence de création ou de disparition chimique des ions \mathrm{Na}^+ en solution, le principe de conservation de la matière conduit à l'équation de continuité locale :

\frac{\partial c_+}{\partial t} + \operatorname{div} \vec{j}_+ = 0

En injectant l'expression de \vec{j}_+ et compte tenu de l'uniformité des coefficients D_+ et \mu_+, on obtient :

\frac{\partial c_+}{\partial t} = \operatorname{div} \left( D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ + \mu_+ k_B T c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} \psi \right)

En développant la divergence, on aboutit à l'équation aux dérivées partielles régissant c_+ (équation de Nernst-Planck) :

\boxed{\frac{\partial c_+}{\partial t} = D_+ \Delta c_+ + \mu_+ k_B T \operatorname{div}\left(c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi\right)}

ou, sous forme totalement développée :

\boxed{\frac{\partial c_+}{\partial t} = D_+ \Delta c_+ + \mu_+ k_B T \left(\overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}} \psi + c_+ \Delta \psi\right)}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : relation d'einstein, facteur de boltzmann

À l'équilibre thermodynamique, on sait que la concentration est donnée par la distribution de Boltzmann, où est une constante qui représente la concentration d'ions loin de la paroi. En déduire la relation entre et .

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre thermodynamique local correspondant à l'annulation du flux total et injecter la distribution de Boltzmann.

Voir la stratégie
  1. À l'équilibre thermodynamique, le système est dans un état statique sans transfert net de matière : la densité de flux molaire totale de l'espèce considérée s'annule en tout point, soit \vec{j}_+ = \vec{0}.
  2. Exprimer \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ à partir de la distribution de Boltzmann c_+ = c_\infty \exp(-\psi).
  3. Injecter ce résultat dans l'expression du flux total \vec{j}_+ = \vec{j}_+^{(D)} + \vec{j}_+^{(E)} pour identifier la relation entre \mu_+ et D_+.
Voir la réponse courte

Annulation du flux total de particules à l'équilibre conduisant à la relation d'Einstein D_+ = \mu_+ k_B T.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre thermodynamique, en l'absence de réaction chimique et de mouvement macroscopique, le flux de particules de chaque espèce s'annule localement :

\vec{j}_+ = \vec{j}_+^{(D)} + \vec{j}_+^{(E)} = \vec{0}

D'après les questions Q11 et Q12, la densité de flux total s'écrit :

\begin{aligned} \vec{j}_+ &= - D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ - e \mu_+ c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi \\ &= - D_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ - \mu_+ k_B T c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi \end{aligned}

où l'on a utilisé la relation (2) : e\overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi = k_B T \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi.

D'après la loi de Boltzmann, la concentration à l'équilibre vaut c_+ = c_\infty \exp(-\psi). Son gradient s'exprime donc par :

\overrightarrow{\operatorname{grad}} c_+ = c_\infty \overrightarrow{\operatorname{grad}}\!\left(e^{-\psi}\right) = - c_\infty e^{-\psi} \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi = - c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi

En reportant cette relation dans l'expression du flux total, on obtient :

\vec{j}_+ = D_+ c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi - \mu_+ k_B T c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi = (D_+ - \mu_+ k_B T) c_+ \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi = \vec{0}

Cette égalité devant être vérifiée en tout point, y compris là où \overrightarrow{\operatorname{grad}}\psi \neq \vec{0}, on en déduit :

\boxed{D_+ = \mu_+ k_B T} \quad \text{soit} \quad \boxed{\mu_+ = \frac{D_+}{k_B T}}

Résultat

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : facteur de boltzmann, électroneutralité

Quelle est la distribution de Boltzmann pour les particules chargées négativement, ? Justifier que l'on peut utiliser la même constante pour la caractériser.

Voir l'indice

Prendre en compte le changement de signe de la charge élémentaire pour l'ion chlorure et invoquer l'électroneutralité à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle électrostatique d'un anion de charge q_- = -e dans le potentiel \phi et en déduire la forme de la distribution de Boltzmann pour c_-.
  2. Justifier l'égalité des constantes de normalisation à l'infini en exploitant la neutralité électrique globale du milieu loin de la paroi (où le potentiel s'annule) et la stœchiométrie du sel \mathrm{NaCl}.
Voir la réponse courte

Distribution c_- = c_\infty e^{\psi} et justification par l'électroneutralité de la solution loin de la paroi où \psi \to 0.

Voir le corrigé complet

Pour un ion négatif \mathrm{Cl}^-, la charge portée est q_- = -e. Son énergie potentielle électrostatique dans le potentiel \phi vaut donc :

\mathcal{E}_{p,-} = q_- \phi = -e\phi

D'après la loi de Boltzmann à l'équilibre thermique, la concentration c_- en ions négatifs est proportionnelle au facteur de Boltzmann \exp\left(-\frac{\mathcal{E}_{p,-}}{k_B T}\right) = \exp\left(+\frac{e\phi}{k_B T}\right). Avec la définition adimensionnée \psi = \frac{e\phi}{k_B T}, la distribution s'écrit donc :

\boxed{ c_- = c_\infty \exp(\psi) }

Justification de l'utilisation de la même constante c_\infty :

  • Loin de la paroi (z \to \infty), le potentiel électrostatique est nul par convention (\phi \to 0, d'où \psi \to 0). Les exponentielles tendent vers 1, si bien que :

    \lim_{z \to \infty} c_+(z) = c_\infty \quad \text{et} \quad \lim_{z \to \infty} c_-(z) = c_{\infty,-}
  • Au sein de la solution loin de la paroi chargée, le milieu ionique est électriquement neutre :

    \rho_e(z \to \infty) = \mathcal{N}_A \left( e\,c_+ - e\,c_- \right)_{z \to \infty} = e\,\mathcal{N}_A (c_\infty - c_{\infty,-}) = 0

    ce qui impose c_{\infty,-} = c_\infty.

  • Cette électroneutralité à l'infini est naturellement garantie par la dissociation totale du chlorure de sodium selon \mathrm{NaCl} \to \mathrm{Na}^+ + \mathrm{Cl}^-, qui libère autant de cations que d'anions.

Résultat

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : densité volumique de charge, électrostatique

Exprimer la densité volumique de charge dans la solution, d'abord en fonction de et puis en fonction de . On utilisera l'une des fonctions spéciales définies dans le formulaire.

Voir l'indice

Sommer les charges des porteurs \rho_e = e \mathcal{N}_A (c_+ - c_-) et reconnaître la définition du sinus hyperbolique \operatorname{sh}(\psi).

Voir la réponse courte

Expression \rho_e = e \mathcal{N}_A (c_+ - c_-) = -2 e \mathcal{N}_A c_\infty \sinh\psi.

Voir le corrigé complet

Chaque ion \mathrm{Na}^+ porte une charge électrique +e et chaque ion \mathrm{Cl}^- porte une charge -e. Dans un élément de volume \mathrm{d}\tau, les quantités molaires d'ions sont \mathrm{d}n_+ = c_+ \mathrm{d}\tau et \mathrm{d}n_- = c_- \mathrm{d}\tau, correspondant respectivement à des nombres d'ions \mathcal{N}_A c_+ \mathrm{d}\tau et \mathcal{N}_A c_- \mathrm{d}\tau.

La charge électrique totale contenue dans ce volume s'écrit donc :

\mathrm{d}q = e \mathcal{N}_A (c_+ - c_-) \, \mathrm{d}\tau

On en déduit l'expression de la densité volumique de charge \rho_e = \frac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}\tau} en fonction de c_+ et c_- :

\boxed{\rho_e = e \mathcal{N}_A (c_+ - c_-)}

D'après les distributions de Boltzmann établies aux questions Q13 et Q14 :

c_+ = c_\infty e^{-\psi} \quad \text{et} \quad c_- = c_\infty e^{\psi}

La différence des concentrations vaut :

\begin{aligned} c_+ - c_- &= c_\infty \left(e^{-\psi} - e^{\psi}\right) \\ &= - 2 c_\infty \, \frac{e^{\psi} - e^{-\psi}}{2} \\ &= - 2 c_\infty \operatorname{sh}(\psi) \end{aligned}

En injectant cette relation dans l'expression de \rho_e, on obtient :

\boxed{\rho_e = -2 e \mathcal{N}_A c_\infty \operatorname{sh}(\psi)}

Résultat

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de poisson, longueur de debye

Rappeler l'équation de Poisson reliant le potentiel à la densité volumique de charge dans le vide. On admettra dans la suite que l'on peut utiliser cette équation dans le milieu ionique en remplaçant par , où est la permittivité relative du milieu. Réécrire l'équation de Poisson dans la solution en n'utilisant que et , défini par

Voir l'indice

Remplacer \rho_e dans l'équation de Poisson diélectrique \Delta \phi = -\rho_e / (\varepsilon_0 \varepsilon_r) et regrouper les constantes pour faire apparaître \lambda_D.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation locale de l'électrostatique dans le vide (équation de Maxwell-Gauss combinée à la définition du potentiel), puis adapter au milieu diélectrique linéaire de permittivité relative \epsilon_r.
  2. Remplacer le potentiel \phi par sa forme adimensionnée \psi et la densité de charge \rho_e par son expression obtenue à la question Q15, afin de faire apparaître la longueur caractéristique \lambda_D.
Voir la réponse courte

Énoncé de Poisson \Delta \phi = -\rho_e/(\epsilon_0\epsilon_r) et réécriture sous la forme \Delta \psi = \frac{1}{\lambda_D^2}\sinh\psi.

Voir le corrigé complet

Dans le vide, l'équation de Maxwell-Gauss \operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho_e}{\epsilon_0} et la relation \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi conduisent à l'équation de Poisson :

\Delta \phi = -\frac{\rho_e}{\epsilon_0}

Dans le milieu de permittivité relative \epsilon_r, cette équation devient, en remplaçant \epsilon_0 par \epsilon_0 \epsilon_r :

\Delta \phi = -\frac{\rho_e}{\epsilon_0 \epsilon_r}

Or, d'après la définition du potentiel adimensionné (équation (2)), on a \phi = \frac{k_B T}{e}\psi, d'où :

\Delta \phi = \frac{k_B T}{e}\Delta \psi

D'après le résultat de la question Q15, la densité volumique de charge s'exprime sous la forme :

\rho_e = -2 e \mathcal{N}_A c_\infty \operatorname{sh}(\psi)

En injectant ces deux expressions dans l'équation de Poisson, il vient :

\begin{aligned} \frac{k_B T}{e}\Delta \psi &= -\frac{-2 e \mathcal{N}_A c_\infty \operatorname{sh}(\psi)}{\epsilon_0 \epsilon_r} \\ \Delta \psi &= \frac{2 e^2 \mathcal{N}_A c_\infty}{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T} \operatorname{sh}(\psi) \end{aligned}

En introduisant la longueur \lambda_D définie par \lambda_D^2 = \frac{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T}{2 e^2 \mathcal{N}_A c_\infty}, on obtient l'équation régissant le potentiel adimensionné :

\boxed{\Delta \psi = \frac{1}{\lambda_D^2} \operatorname{sh}(\psi)}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : symétrie et invariances, champ électrostatique

On cherche maintenant à résoudre cette équation pour déterminer . On rappelle que l'on se place suffisamment près de la paroi ; on peut donc considérer que l'on résout le champ à proximité d'une plaque infinie avec une densité surfacique de charge (voir Fig. 2). Que peut-on dire sur les champs et à partir des symétries du problème ?

Voir l'indice

Utiliser l'invariance par translation selon x et y pour montrer que les champs ne dépendent que de la distance normale z, avec \vec{E} colinéaire à \vec{e}_z.

Voir la réponse courte

Invariance par translation selon x, y donc \phi = \phi(z), et par plan de symétrie \vec{E} = E(z)\vec{e}_z = -\phi'(z)\vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

Le problème est modélisé par une paroi plane infinie située en z = 0, portant une densité surfacique de charge uniforme \Sigma, au contact d'un demi-espace z > 0 rempli de solution ionique.

Invariances : La distribution de charges (paroi et solution ionique à l'équilibre) est invariante par toute translation parallèlement à la paroi, c'est-à-dire selon les vecteurs \vec{e}_x et \vec{e}_y :

\text{les champs ne dépendent ni de } x \text{ ni de } y.

Le potentiel électrostatique ne dépend donc que de la coordonnée normale z :

\boxed{\phi(x,y,z) = \phi(z)} \quad \text{et} \quad \boxed{\psi(x,y,z) = \psi(z)}.

Symétries : En tout point M(x, y, z) du demi-espace z > 0 :

  • le plan \Pi_1 = (M, \vec{e}_x, \vec{e}_z) est un plan de symétrie de la distribution de charges ;
  • le plan \Pi_2 = (M, \vec{e}_y, \vec{e}_z) est également un plan de symétrie de la distribution de charges.

Le champ électrique \vec{E}(M) étant un vecteur polaire, il appartient à tout plan de symétrie de sa distribution source passant par M. Il est donc dirigé selon l'intersection \Pi_1 \cap \Pi_2, c'est-à-dire selon l'axe (Oz) :

\boxed{\vec{E}(x,y,z) = E_z(z)\,\vec{e}_z = -\frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z}

On en déduit que l'opérateur laplacien scalaire se réduit à une dérivée seconde par rapport à la seule variable z : \Delta = \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}z^2}.

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : approximation de debye-hückel, équation de poisson

On fait l'hypothèse que l'énergie potentielle électrostatique est négligeable devant l'énergie thermique, soit . Résoudre l'équation de Poisson pour exprimer puis . On notera le potentiel électrostatique au niveau de la paroi.

Voir l'indice

Dans la limite \psi \ll 1, approcher \operatorname{sh}(\psi) par \psi et résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre avec les conditions aux limites.

Voir la stratégie
  1. Linéariser l'équation de Poisson-Boltzmann obtenue en Q16 grâce au développement limité au premier ordre \operatorname{sh}(\psi) \simeq \psi pour \psi \ll 1.
  2. Exprimer le laplacien en tenant compte des invariances établies en Q17 (\psi = \psi(z)).
  3. Intégrer l'équation différentielle linéaire du second ordre obtenue et déterminer les constantes d'intégration à l'aide des conditions aux limites en z = 0 et z \to +\infty.
Voir la réponse courte

Linéarisation \sinh\psi \simeq \psi donnant \psi''(z) = \psi/\lambda_D^2, d'où \psi(z) = \psi_0 e^{-z/\lambda_D} avec \psi(\infty)=0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, le potentiel ne dépend que de la coordonnée z, si bien que :

\Delta \psi = \frac{\mathrm{d}^2 \psi}{\mathrm{d}z^2}

L'équation de Poisson-Boltzmann issue de la question Q16 s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}^2 \psi}{\mathrm{d}z^2} = \frac{1}{\lambda_D^2} \operatorname{sh}(\psi)

Sous l'hypothèse d'une énergie potentielle électrostatique très faible devant l'agitation thermique, \psi \ll 1, le formulaire fournit le développement limité \operatorname{sh}(\psi) \simeq \psi. L'équation se simplifie sous forme linéaire (approximation de Debye-Hückel) :

\frac{\mathrm{d}^2 \psi}{\mathrm{d}z^2} - \frac{1}{\lambda_D^2}\psi = 0

L'équation caractéristique associée admet pour racines \pm 1/\lambda_D, d'où la solution générale pour z \ge 0 :

\psi(z) = A e^{-z/\lambda_D} + B e^{z/\lambda_D}

où A et B sont deux constantes d'intégration fixées par les conditions aux limites :

  • Loin de la paroi (z \to +\infty), le potentiel est choisi nul (\phi \to 0, d'où \psi \to 0). Comme le terme en e^{z/\lambda_D} diverge lorsque z \to +\infty, il vient nécessairement :

    B = 0
  • Au niveau de la paroi (z = 0), le potentiel vaut \phi(0) = \phi_0, soit :

    \psi(0) = \psi_0 = \frac{e\phi_0}{k_B T} \implies A = \frac{e\phi_0}{k_B T}

On en déduit l'expression du potentiel adimensionné :

\boxed{\psi(z) = \frac{e\phi_0}{k_B T} e^{-z/\lambda_D}}

et par suite celle du potentiel électrostatique \phi(z) = \frac{k_B T}{e}\psi(z) :

\boxed{\phi(z) = \phi_0 e^{-z/\lambda_D}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, électroneutralité

On admet que le champ électrique est nul à l'intérieur du matériau constituant la membrane. Montrer que l'on a :

où l'on rappelle que est la densité volumique de charge.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss à une boîte cylindrique s'étendant de l'intérieur de la membrane jusqu'au cœur de la solution où le champ électrique est nul.

Voir la stratégie

Pour relier la densité surfacique de charge \Sigma à la densité volumique de charge \rho_e(z) dans la solution :

  1. Appliquer le théorème de Gauss à une surface fermée (boîte de Gauss) traversant l'interface entre un plan situé dans la membrane et un plan dans la solution.
  2. Utiliser l'annulation du champ électrique dans la membrane ainsi que son annulation loin de la paroi due au phénomène d'écrantage.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation de Poisson ou théorème de Gauss sur une boîte traversant l'interface avec champ nul dans la membrane.

Voir le corrigé complet

Considérons une boîte cylindrique fermée d'axe parallèle à \vec{e}_z, de section droite d'aire S, délimitée par :

  • une base située à la cote z_1 < 0 dans le matériau constituant la membrane ;
  • une base située à la cote z_2 > 0 dans la solution aqueuse ;
  • une surface latérale parallèle à l'axe \vec{e}_z.

D'après l'étude des symétries (question Q17), le champ électrique est purement selon la normale à la paroi :

\vec{E}(z) = E_z(z)\,\vec{e}_z

Le flux sortant du champ électrique à travers cette surface fermée se décompose ainsi :

  • Le flux à travers la surface latérale est nul car \vec{E} \cdot \vec{n}_{\text{ext}} = 0.
  • Le flux à travers la base en z_1 est nul car le champ électrique est nul à l'intérieur du matériau membrane : \vec{E}(z_1) = \vec{0}.
  • Le flux à travers la base en z_2 vaut S\,E_z(z_2).

La charge totale Q_{\text{int}} contenue à l'intérieur de cette boîte est la somme de la charge portée par la surface en z=0 et des charges réparties en volume dans la solution entre 0 et z_2 :

Q_{\text{int}} = S\,\Sigma + S \int_0^{z_2} \rho_e(z)\,\mathrm{d}z

D'après le théorème de Gauss, ce flux est proportionnel à la charge intérieure :

\Phi_{\vec{E}} = S\,E_z(z_2) = \frac{Q_{\text{int}}}{\epsilon}

Loin de la paroi, la solution ionique retrouve sa neutralité globale et le potentiel tend exponentiellement vers une constante (0) d'après l'expression de \phi(z) obtenue à la question Q18. Le champ électrique s'annule donc à l'infini :

\lim_{z_2 \to +\infty} E_z(z_2) = 0

En prenant la limite lorsque z_2 \to +\infty, le flux s'annule, ce qui impose l'annulation de la charge totale contenue dans le demi-cylindre :

\lim_{z_2 \to +\infty} \frac{Q_{\text{int}}}{S} = 0

On en déduit directement la relation demandée :

\boxed{\int_0^{+\infty} \rho_e(z)\,\mathrm{d}z + \Sigma = 0}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : équation de poisson, condition aux limites

En utilisant l'équation de Poisson et l'expression du potentiel obtenue à la question Q18, intégrer l'équation (4) pour obtenir une expression reliant le potentiel de surface à la densité surfacique de charge ainsi qu'aux grandeurs , et .

Voir l'indice

Remplacer \rho_e(z) par -\varepsilon_0 \varepsilon_r \text{d}^2\phi/\text{d}z^2 dans la relation d'électroneutralité globale pour intégrer directement.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité volumique de charge \rho_e(z) à l'aide de l'équation de Poisson établie à la question Q16.
  2. Calculer l'intégrale \int_0^{+\infty} \rho_e(z)\,\mathrm{d}z à l'aide du potentiel \phi(z) obtenu à la question Q18.
  3. Injecter ce résultat dans la relation de neutralité globale (équation (4)) pour isoler \phi_0.
Voir la réponse courte

Intégration de -\epsilon_0\epsilon_r \phi''(z) entre 0 et l'infini, menant à \phi_0 = \Sigma \lambda_D/(\epsilon_0 \epsilon_r).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, l'équation de Poisson dans la solution s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2\phi}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{\rho_e(z)}{\epsilon_0\epsilon_r} \quad\implies\quad \rho_e(z) = -\epsilon_0\epsilon_r \frac{\mathrm{d}^2\phi}{\mathrm{d}z^2}

D'après la question Q18, le potentiel électrostatique s'écrit dans l'approximation des champs faibles :

\phi(z) = \phi_0\,e^{-z/\lambda_D}

En dérivant par rapport à z :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}z}(z) &= -\frac{\phi_0}{\lambda_D}\,e^{-z/\lambda_D} \\ \frac{\mathrm{d}^2\phi}{\mathrm{d}z^2}(z) &= \frac{\phi_0}{\lambda_D^2}\,e^{-z/\lambda_D} \end{aligned}

On en déduit l'expression de \rho_e(z) :

\rho_e(z) = -\frac{\epsilon_0\epsilon_r\phi_0}{\lambda_D^2}\,e^{-z/\lambda_D}

Calculons l'intégrale de l'équation (4) :

\begin{aligned} \int_0^{+\infty} \rho_e(z)\,\mathrm{d}z &= -\epsilon_0\epsilon_r \int_0^{+\infty} \frac{\mathrm{d}^2\phi}{\mathrm{d}z^2}\,\mathrm{d}z \\ &= -\epsilon_0\epsilon_r \left[ \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}z}(z) \right]_0^{+\infty} \\ &= -\epsilon_0\epsilon_r \left( 0 - \left(-\frac{\phi_0}{\lambda_D}\right) \right) \\ &= -\frac{\epsilon_0\epsilon_r\phi_0}{\lambda_D} \end{aligned}

En injectant ce résultat dans l'équation (4), \int_0^{+\infty} \rho_e(z)\,\mathrm{d}z + \Sigma = 0, il vient :

-\frac{\epsilon_0\epsilon_r\phi_0}{\lambda_D} + \Sigma = 0

soit finalement :

\boxed{\phi_0 = \frac{\Sigma\,\lambda_D}{\epsilon_0\epsilon_r}}

ou de façon équivalente \Sigma = \frac{\epsilon_0\epsilon_r}{\lambda_D}\phi_0.

Résultat

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : longueur de debye, analyse dimensionnelle

Donner la dimension de . Estimer numériquement pour une concentration (ce qui correspond à de l'eau de mer).

Voir l'indice

Vérifier par analyse dimensionnelle que [\lambda_D] est homogène à une longueur et réaliser l'application numérique avec c_\infty = 500\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}.

Voir la stratégie
  1. Pour la dimension de \lambda_D, on peut exploiter l'argument sans dimension de l'exponentielle e^{-z/\lambda_D} obtenue à la question précédente ou procéder à l'analyse dimensionnelle directe de l'expression de \lambda_D^2.
  2. Pour l'application numérique, veiller à convertir la concentration molaire en unités SI (\mathrm{mol}\cdot\mathrm{m}^{-3}) et choisir une température ambiante usuelle (T \simeq 298\text{ à }300\text{ K}).
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle montrant que \lambda_D est une longueur, valant environ 0{,}4\text{ nm} pour 0{,}5\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.

Voir le corrigé complet

1. Dimension de \lambda_D

D'après la solution obtenue à la question Q18, le potentiel s'écrit \phi(z) = \phi_0 \exp(-z/\lambda_D). L'argument de l'exponentielle étant nécessairement sans dimension :

\left[\frac{z}{\lambda_D}\right] = 1 \implies [\lambda_D] = [z] = \mathrm{L}

\lambda_D a donc la dimension d'une longueur.

On peut également le vérifier à partir de la définition (3) :

\lambda_D^2 = \frac{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T}{2e^2 \mathcal{N}_A c_\infty}

En analysant les dimensions des grandeurs intervenant dans ce quotient :

  • [\epsilon_0 \epsilon_r] = \mathrm{F}\cdot\mathrm{m}^{-1} = \mathrm{C}^2\cdot\mathrm{J}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-1},
  • [k_B T] = \mathrm{J},
  • [e^2] = \mathrm{C}^2,
  • [\mathcal{N}_A c_\infty] = \mathrm{mol}^{-1} \times (\mathrm{mol}\cdot\mathrm{m}^{-3}) = \mathrm{m}^{-3}.

Il vient ainsi :

[\lambda_D^2] = \frac{(\mathrm{C}^2\cdot\mathrm{J}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-1})\cdot\mathrm{J}}{\mathrm{C}^2\cdot\mathrm{m}^{-3}} = \mathrm{m}^2 \implies \boxed{[\lambda_D] = \mathrm{L}}

2. Estimation numérique pour l'eau de mer

À température ambiante T \simeq 300\text{ K}, on a :

k_B T \simeq 1,4 \times 10^{-23} \times 300 = 4,2 \times 10^{-21}\text{ J}

La concentration volumique dans le système international vaut :

c_\infty = 0,5\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 500\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}

Calculons séparément le numérateur et le dénominateur de \lambda_D^2 :

\begin{aligned} \text{Numérateur} &= \epsilon_0 \epsilon_r k_B T = 8,9 \times 10^{-12} \times 80 \times 4,2 \times 10^{-21} \simeq 3,0 \times 10^{-30}\text{ SI} \\ \text{Dénominateur} &= 2 e^2 \mathcal{N}_A c_\infty = 2 \times (1,6 \times 10^{-19})^2 \times (6,0 \times 10^{23}) \times 500 \\ &= 2 \times 2,56 \times 10^{-38} \times 3,0 \times 10^{26} \simeq 1,54 \times 10^{-11}\text{ SI} \end{aligned}

On en déduit :

\begin{aligned} \lambda_D^2 &\simeq \frac{3,0 \times 10^{-30}}{1,54 \times 10^{-11}} \simeq 1,95 \times 10^{-19}\text{ m}^2 \simeq 0,20\text{ nm}^2 \\ \lambda_D &\simeq \sqrt{1,95 \times 10^{-19}}\text{ m} \simeq 4,4 \times 10^{-10}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\lambda_D \simeq 0,4\text{ nm}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : longueur de debye, potentiel électrostatique

Représenter l'allure du potentiel électrostatique pour une concentration faible et une concentration élevée ; on considère dans cette question que est constante. Expliquer pourquoi l'hypothèse de départ (selon laquelle on ne considère qu'une seule paroi, et qu'on néglige l'influence de la paroi opposée) peut être justifiée a posteriori pour la concentration donnée.

Voir l'indice

Tracer la décroissance exponentielle du potentiel sur l'épaisseur \lambda_D et comparer \lambda_D à la largeur du canal a.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dépendance en concentration c_\infty de la portée \lambda_D et du potentiel à la paroi \phi_0 d'après les résultats de Q20 et Q21, puis tracer l'allure des deux profils de potentiel.
  2. Comparer l'épaisseur de la double couche électrostatique (\sim \lambda_D) à la dimension transversale a du canal pour valider le modèle d'une paroi isolée.
Voir la réponse courte

Allure exponentielle décroissante ; comme \lambda_D \ll a = 25\text{ nm}, les couches diffuses des deux parois ne se recouvrent pas.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, le potentiel à la paroi s'écrit :

\phi_0 = \frac{\Sigma \lambda_D}{\epsilon_0 \epsilon_r}

Or, d'après la définition de la longueur de Debye issue de l'équation (3) :

\lambda_D = \sqrt{\frac{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T}{2e^2 \mathcal{N}_A c_\infty}} \propto \frac{1}{\sqrt{c_\infty}}

Par conséquent, à densité surfacique de charge \Sigma fixée :

  • pour une concentration élevée, la longueur de Debye \lambda_D est plus petite et le potentiel de surface \phi_0 est plus faible en valeur absolue ; le potentiel s'annule sur une distance plus courte (effet d'écrantage renforcé) ;
  • pour une concentration faible, \lambda_D est plus grand, la valeur |\phi_0| est plus élevée et l'écrantage opère sur une distance plus grande.

Le profil de potentiel est donné par \phi(z) = \phi_0 \exp(-z/\lambda_D). En supposant \Sigma > 0 (ou en représentant \phi(z)/\phi_0), on obtient l'allure suivante :

Justification a posteriori de l'hypothèse de la paroi unique :
Dans le préambule de la partie 2, la largeur transversale d'un canal est donnée à a \simeq 25\text{ nm}. Pour la concentration de l'eau de mer (c_\infty = 0,5\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), on a trouvé à la question Q21 :

\lambda_D \simeq 0,4\text{ nm}

L'épaisseur de la double couche diffuse, sur laquelle le potentiel décroît de manière significative, est de l'ordre de quelques \lambda_D (par exemple 3\lambda_D \simeq 1,2\text{ nm}). On constate ainsi que :

\lambda_D \ll a \quad \left(\frac{\lambda_D}{a} \simeq \frac{0,4}{25} \simeq 1,6 \times 10^{-2}\right)

L'effet d'écrantage électrostatique s'exerce donc sur une zone extrêmement fine au voisinage immédiat de chaque paroi. Au centre du canal, le potentiel est nul et les doubles couches formées sur les parois opposées ne se recouvrent absolument pas : l'influence de la paroi opposée est totalement négligeable.

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de poisson-boltzmann, équation différentielle

Dans la question Q18, on a fait l'hypothèse que pour résoudre l'équation obtenue à la question Q16. Montrer que l'on peut résoudre cette équation sans faire cette hypothèse , et que l'expression plus précise du potentiel au voisinage d'une paroi chargée s'écrit

où , et est le potentiel de surface adimensionné. À l'aide du formulaire, on pourra calculer la dérivée de .

Voir l'indice

Multiplier l'équation différentielle non linéaire par \psi' pour obtenir une intégrale première, puis séparer les variables à l'aide de la dérivée fournie.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Poisson-Boltzmann unidimensionnelle établie en Q16 et Q17.
  2. Réaliser une première intégration en multipliant par \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z}, puis utiliser les conditions aux limites à l'infini (\psi \to 0 et \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} \to 0).
  3. Calculer la dérivée suggérée par l'énoncé pour intégrer l'équation différentielle du premier ordre obtenue.
Voir la réponse courte

Multiplication par \psi', intégration en \psi'^2, puis séparation des variables avec la formule trigonométrique fournie.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q16 et Q17, le potentiel adimensionné \psi ne dépend que de z et vérifie l'équation différentielle non linéaire :

\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}z^2} = \frac{1}{\lambda_D^2}\operatorname{sh}\psi

Multiplions les deux membres par 2\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} :

2\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z}\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}z^2} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z}\left[\left(\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z}\right)^2\right] = \frac{2}{\lambda_D^2}\operatorname{sh}\psi\,\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} = \frac{2}{\lambda_D^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z}\left(\operatorname{ch}\psi\right)

En intégrant par rapport à z avec les conditions aux limites à l'infini, où la solution est électriquement neutre et le potentiel nul, soit \lim_{z\to+\infty}\psi(z) = 0 et \lim_{z\to+\infty}\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} = 0, on obtient :

\left(\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z}\right)^2 = \frac{2}{\lambda_D^2}\left(\operatorname{ch}\psi - 1\right)

En utilisant l'identité du formulaire \operatorname{ch}(2u) = 1 + 2\operatorname{sh}^2(u) avec u = \psi/2, on a \operatorname{ch}\psi - 1 = 2\operatorname{sh}^2(\psi/2), ce qui donne :

\left(\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z}\right)^2 = \frac{4}{\lambda_D^2}\operatorname{sh}^2\left(\frac{\psi}{2}\right)

Puisque le potentiel tend de manière monotone vers 0 lorsque z\to+\infty, \psi et sa dérivée spatiale \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} sont de signes opposés. Ainsi, pour tout signe de \psi :

\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} = -\frac{2}{\lambda_D}\operatorname{sh}\left(\frac{\psi}{2}\right) \iff \frac{1}{2\operatorname{sh}(\psi/2)}\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}z} = -\frac{1}{\lambda_D}

Calculons à présent la dérivée de f(x) = \ln\left[\operatorname{th}\left(\frac{x}{4}\right)\right] à l'aide des formules fournies :

f'(x) = \frac{\frac{1}{4}\operatorname{th}'(x/4)}{\operatorname{th}(x/4)} = \frac{\frac{1}{4}\frac{1}{\operatorname{ch}^2(x/4)}}{\frac{\operatorname{sh}(x/4)}{\operatorname{ch}(x/4)}} = \frac{1}{4\operatorname{sh}(x/4)\operatorname{ch}(x/4)}

Comme \operatorname{sh}(2u) = 2\operatorname{sh}(u)\operatorname{ch}(u) avec u = x/4, le dénominateur vaut 2\operatorname{sh}(x/2), d'où :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\left(\ln\left[\operatorname{th}\left(\frac{x}{4}\right)\right]\right) = \frac{1}{2\operatorname{sh}(x/2)}

L'équation différentielle s'écrit alors sous forme d'une dérivée totale par rapport à z :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z}\left(\ln\left[\operatorname{th}\left(\frac{\psi(z)}{4}\right)\right]\right) = -\frac{1}{\lambda_D}

En intégrant entre la paroi (z=0, où \psi(0) = \psi_0) et l'altitude z :

\ln\left[\operatorname{th}\left(\frac{\psi(z)}{4}\right)\right] - \ln\left[\operatorname{th}\left(\frac{\psi_0}{4}\right)\right] = -\frac{z}{\lambda_D}

Ce qui s'écrit, en prenant l'exponentielle :

\boxed{\operatorname{th}\left[\frac{\psi(z)}{4}\right] = \gamma e^{-z/\lambda_D}}

avec \gamma = \operatorname{th}(\psi_0/4).

Résultat

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2.2 · Écoulement diffusio-osmotique

Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : force volumique, champ électrostatique

On suppose que la seule autre force volumique est celle d'origine électrostatique. Préciser son expression en fonction de la densité volumique de charges , correspondant à la présence d'ions dans le fluide, et du potentiel électrostatique .

Voir l'indice

Exprimer la force de Lorentz volumique en l'absence de champ magnétique : \vec{f}_{\text{vol}} = \rho_e \vec{E} = -\rho_e \vec{\operatorname{grad}}\phi.

Voir la réponse courte

Expression de la force de Lorentz volumique \vec{f}_{\text{vol}} = \rho_e \vec{E} = -\rho_e \vec{\nabla}\phi.

Voir le corrigé complet

Un élément de fluide de volume mésoscopique \mathrm{d}\tau porte une charge électrique nette \mathrm{d}q = \rho_e \, \mathrm{d}\tau.

Soumis au champ électrostatique \vec{E}, cet élément subit la force électrique de Lorentz :

\mathrm{d}\vec{F}_e = \mathrm{d}q \, \vec{E} = \rho_e \vec{E} \, \mathrm{d}\tau

La densité volumique de force électrostatique s'écrit donc :

\vec{f}_{\text{vol}} = \frac{\mathrm{d}\vec{F}_e}{\mathrm{d}\tau} = \rho_e \vec{E}

En utilisant la relation locale reliant le champ électrique au potentiel électrostatique, \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi, on obtient directement :

\boxed{\vec{f}_{\text{vol}} = -\rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : nombre de reynolds

Rappeler la définition du nombre de Reynolds Re en utilisant une longueur caractéristique et une vitesse caractéristique .

Voir l'indice

Rappeler l'expression de \text{Re} = \rho v L / \eta reliant inertie et viscosité.

Voir la réponse courte

Définition \text{Re} = \rho v L/\eta, rapport des effets convectifs aux effets visqueux.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds \mathrm{Re} est un nombre sans dimension qui compare l'ordre de grandeur des effets inertiels à celui des effets visqueux au sein de l'écoulement d'un fluide de masse volumique \rho et de viscosité dynamique \eta.

Pour un écoulement caractérisé par une vitesse typique v et une longueur caractéristique L, il est défini par :

\boxed{\mathrm{Re} = \frac{\rho v L}{\eta}}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : nombre de reynolds, écoulement laminaire

Pour estimer quantitativement le nombre de Reynolds, on avance un argument d'ordres de grandeur. La longueur caractéristique d'un canal est et la vitesse du fluide dans chaque canal peut être approchée par la loi de Poiseuille

où est la pression osmotique avec la différence de concentration en sel de part et d'autre de la membrane, et l'épaisseur du canal. Estimer l'ordre de grandeur de Re. Dans quel régime se trouve-t-on ?

Voir l'indice

Calculer numériquement la vitesse v par la loi de Poiseuille fournie, en déduire \text{Re} et conclure sur la prépondérance des forces visqueuses.

Voir la stratégie
  1. Calculer la différence de pression osmotique \delta\Pi = RT\delta c à température ambiante (T \simeq 300\text{ K}) en veillant aux unités de \delta c.
  2. Évaluer la vitesse caractéristique v du fluide à l'aide de la loi de Poiseuille fournie.
  3. En déduire l'ordre de grandeur du nombre de Reynolds \mathrm{Re} = \frac{\rho v L}{\eta} (défini à la question Q25) et identifier le régime hydrodynamique correspondant.
Voir la réponse courte

Calcul de v \approx 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} puis \text{Re} \approx 10^{-4} \ll 1 : régime laminaire visqueux (écoulement rampant de Stokes).

Voir le corrigé complet

À température ambiante T \simeq 300\text{ K}, avec R = 8{,}3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et \delta c = 0{,}5\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 500\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}, la pression osmotique vaut :

\delta\Pi = RT\,\delta c \simeq 8{,}3 \times 300 \times 500 \simeq 1{,}25 \times 10^6\text{ Pa} \simeq 1{,}2\times 10^6\text{ Pa}

D'après la relation approchée de Poiseuille, la vitesse caractéristique s'exprime par :

v \simeq \frac{a^2}{8\eta L}\delta\Pi

Avec a \simeq 25\text{ nm} = 2{,}5\times 10^{-8}\text{ m}, L = 100\text{ nm} = 10^{-7}\text{ m} et \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} :

\begin{aligned} \frac{a^2}{8\eta L} &= \frac{(2{,}5\times 10^{-8})^2}{8 \times 10^{-3} \times 10^{-7}} = \frac{6{,}25 \times 10^{-16}}{8\times 10^{-10}} \simeq 7{,}8 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{Pa}^{-1}\cdot\text{s}^{-1} \\ v &\simeq 7{,}8 \times 10^{-7} \times 1{,}25 \times 10^6 \simeq 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

D'après la définition établie à la question Q25, avec la longueur caractéristique L (ou la dimension transverse a, du même ordre de grandeur) :

\mathrm{Re} = \frac{\rho v L}{\eta} \simeq \frac{10^3 \times 1 \times 10^{-7}}{10^{-3}} = 10^{-1}

(si l'on choisit a comme dimension caractéristique transverse du confinement, \mathrm{Re} \simeq \frac{\rho v a}{\eta} \simeq 2{,}5\times 10^{-2}).

Dans les deux cas, on a :

\boxed{\mathrm{Re} \sim 10^{-1} \ll 1}

Comme \mathrm{Re} \ll 1, les termes d'inertie \rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} sont négligeables devant les termes visqueux \eta \Delta\vec{v} : on se trouve dans le régime d'écoulement rampant (ou régime de Stokes, écoulement laminaire à très faible nombre de Reynolds).

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : équation de navier-stokes, écoulement stationnaire

On suppose que l'on peut négliger les variations du champ de vitesse dans toutes les directions sauf selon la distance aux parois, et que l'écoulement est parallèle aux parois, de sorte que, suffisamment proche de celles-ci, on a . Réécrire l'équation de Navier Stokes en supprimant tous les termes nuls.

Voir l'indice

Supprimer les termes d'accélération convective et locale pour obtenir l'équation de Stokes stationnaire avec force volumique.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le terme d'accélération (dérivée temporelle en régime stationnaire et terme convectif (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}) pour le champ de vitesse unidirectionnel proposé.
  2. Calculer le laplacien vectoriel de la vitesse \Delta \vec{v}.
  3. Réécrire l'équation de Navier-Stokes sous forme vectorielle avec l'expression de la force volumique électrostatique établie à la question précédente.
Voir la réponse courte

Termes convectifs et temporels nuls, l'équation devient \vec{0} = -\vec{\nabla} P + \eta \frac{\text{d}^2 v}{\text{d}z^2}\vec{e}_x + \rho_e \vec{E}.

Voir le corrigé complet

L'équation de Navier-Stokes s'écrit :

\rho\left[\frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}\right] = \eta \Delta \vec{v} - \overrightarrow{\operatorname{grad}} P + \vec{f}_{\text{vol}}

avec \vec{f}_{\text{vol}} = -\rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi d'après la question Q24.

Examinons chacun des termes avec le champ de vitesse \vec{v} = v(z)\vec{e}_x :

  • L'écoulement étant recherché en régime stationnaire, on a :

    \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0}
  • Le terme convectif se développe à l'aide de la formule fournie :

    (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} = v(z) \frac{\partial}{\partial x}\big(v(z)\vec{e}_x\big) = \vec{0}

    puisque v ne dépend que de la variable z. Le terme d'accélération particulaire est donc rigoureusement nul.

  • Le laplacien vectoriel de \vec{v} s'écrit en coordonnées cartésiennes :

    \Delta \vec{v} = \left(\frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial z^2}\right)\vec{e}_x = \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x

En injectant ces résultats, l'équation de Navier-Stokes se simplifie sous la forme :

\boxed{\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x - \overrightarrow{\operatorname{grad}} P - \rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi = \vec{0}}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation

Notions : équation de navier-stokes, pression

Projeter l'équation de Navier-Stokes selon et la simplifier pour qu'elle ne dépende plus que de , , ou de leurs dérivées en fonction de .

Voir l'indice

Projeter l'équation de Stokes sur \vec{e}_z en remarquant que v_z = 0, ce qui traduit l'équilibre transversal entre pression et force électrique.

Voir la réponse courte

Projection selon \vec{e}_z simplifiée en \frac{\partial P}{\partial z} = -\rho_e \frac{\partial \phi}{\partial z}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, l'équation de Navier-Stokes dans le canal sous les hypothèses d'un écoulement stationnaire, unidirectionnel selon l'axe des abscisses \vec{v} = v(z)\,\vec{e}_x et à faible nombre de Reynolds, s'écrit :

\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x - \overrightarrow{\operatorname{grad}} P - \rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi = \vec{0}

Projetons cette équation vectorielle selon le vecteur unitaire sortant \vec{e}_z :

  • le terme visqueux est purement longitudinal, donc :

    \left(\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x\right)\cdot \vec{e}_z = 0
  • le gradient de pression projeté selon \vec{e}_z donne :

    \left(\overrightarrow{\operatorname{grad}} P\right)\cdot \vec{e}_z = \frac{\partial P}{\partial z}
  • la force volumique électrostatique projetée selon \vec{e}_z donne :

    \left(-\rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi\right)\cdot \vec{e}_z = -\rho_e \frac{\partial \phi}{\partial z}

On obtient ainsi :

-\frac{\partial P}{\partial z} - \rho_e \frac{\partial \phi}{\partial z} = 0

soit finalement :

\boxed{\frac{\partial P}{\partial z} = -\rho_e \frac{\partial \phi}{\partial z}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : approximation de debye-hückel, densité volumique de charge

Utiliser l'équation de Poisson ainsi que l'expression de obtenue à la question Q18, pour montrer que

où l'on exprimera en fonction des constantes fondamentales.

Voir l'indice

Utiliser le résultat linéarisé de la densité de charge en fonction du potentiel adimensionné et identifier la constante K.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation de Poisson dans le cadre de l'approximation quasi-unidimensionnelle selon z (\lambda_D \ll L).
  2. Calculer la dérivée seconde selon z du potentiel \phi(x, z) obtenu à la question Q18.
  3. Remplacer \lambda_D(x) par son expression issue de l'équation (3) et identifier la constante K en faisant intervenir le potentiel adimensionné \psi(x, z).
Voir la réponse courte

Linéarisation de la densité volumique de charge donnant K = -2 e \mathcal{N}_A.

Voir le corrigé complet

Comme indiqué dans le préambule de la section 2.2, les variations selon l'axe longitudinal x se font sur une longueur L \gg \lambda_D. On peut donc négliger les dérivées selon x devant celles selon z dans le Laplacien. L'équation de Poisson reliant \phi(x, z) et \rho_e(x, z) dans la solution s'écrit :

\frac{\partial^2 \phi}{\partial z^2}(x, z) = -\frac{\rho_e(x, z)}{\epsilon_0 \epsilon_r}

D'après le résultat de la question Q18 appliqué localement en x, le potentiel s'écrit :

\phi(x, z) = \phi_0(x) \, e^{-z/\lambda_D(x)}

En dérivant deux fois par rapport à z, on obtient :

\frac{\partial^2 \phi}{\partial z^2}(x, z) = \frac{1}{\lambda_D(x)^2} \phi(x, z)

En injectant cette relation dans l'équation de Poisson, il vient :

\rho_e(x, z) = -\frac{\epsilon_0 \epsilon_r}{\lambda_D(x)^2} \phi(x, z)

D'après l'équation (3), la longueur de Debye locale vérifie :

\lambda_D(x)^2 = \frac{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T}{2e^2 \mathcal{N}_A c_\infty(x)}

En reportant dans l'expression de \rho_e(x, z) :

\begin{aligned} \rho_e(x, z) &= -\epsilon_0 \epsilon_r \left( \frac{2e^2 \mathcal{N}_A c_\infty(x)}{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T} \right) \phi(x, z) \\ &= -2e \mathcal{N}_A c_\infty(x) \left( \frac{e\phi(x, z)}{k_B T} \right) \\ &= -2e \mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z) \end{aligned}

On identifie donc la constante fondamentale demandée :

\boxed{K = -2e \mathcal{N}_A}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : pression osmotique, intégration

En déduire l'expression suivante reliant la pression au potentiel adimensionné :

où est la pression loin de la paroi. Pourquoi peut-on parler de "pression osmotique" ?

Voir l'indice

Intégrer par rapport à z la dérivée \partial P / \partial z obtenue à la question Q28 en utilisant l'expression de \rho_e(x,z).

Voir la stratégie
  1. Exprimer \frac{\partial \phi}{\partial z} en fonction de \psi à partir de la définition \psi = \frac{e\phi}{k_B T}.
  2. Injecter l'expression de \rho_e(x, z) établie en Q29 dans la relation d'équilibre transversal obtenue en Q28, puis intégrer selon z entre z et +\infty.
  3. Relier le surcroît de pression à l'excès de concentration locale d'ions près de la paroi pour justifier le terme de « pression osmotique ».
Voir la réponse courte

Intégration de \partial P/\partial z en utilisant \psi ; le terme proportionnel à c_\infty k_B T s'interprète comme la pression osmotique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q28, l'équation de Navier-Stokes projetée sur l'axe \vec{e}_z s'écrit :

\frac{\partial P}{\partial z} = -\rho_e(x, z) \frac{\partial \phi}{\partial z}

Par définition du potentiel adimensionné (relation (8)), on a \phi(x, z) = \frac{k_B T}{e}\psi(x, z), d'où :

\frac{\partial \phi}{\partial z} = \frac{k_B T}{e} \frac{\partial \psi}{\partial z}

En utilisant l'expression de la densité de charge obtenue à la question Q29, \rho_e(x, z) = -2e\mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z), le gradient de pression transverse devient :

\begin{aligned} \frac{\partial P}{\partial z} &= - \left(-2e\mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z)\right) \left(\frac{k_B T}{e} \frac{\partial \psi}{\partial z}\right) \\ &= 2 k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \, \psi(x, z) \frac{\partial \psi}{\partial z} \\ &= k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \frac{\partial (\psi^2)}{\partial z} \end{aligned}

À abscisse x fixée, intégrons cette relation entre une cote z quelconque et l'infini (z \to +\infty) :

\int_z^{+\infty} \frac{\partial P}{\partial z'}\,\mathrm{d}z' = k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \int_z^{+\infty} \frac{\partial (\psi^2)}{\partial z'}\,\mathrm{d}z'

Sachant que le potentiel électrostatique s'annule loin de la paroi, \psi(x, z \to +\infty) = 0, et en notant P_\infty(x) = P(x, z = +\infty) :

P_\infty(x) - P(x, z) = k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \left[ 0 - \psi(x, z)^2 \right]

On en déduit immédiatement :

\boxed{P(x, z) = P_\infty(x) + k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z)^2}

Interprétation osmotique : Au voisinage de la paroi, la concentration totale en ions s'écrit à l'aide des distributions de Boltzmann de Q13 et Q14 :

c_{\text{tot}}(z) = c_+(z) + c_-(z) = c_\infty \left(e^{-\psi} + e^{\psi}\right) = 2 c_\infty \operatorname{ch}(\psi)

Dans la limite \psi \ll 1, le développement limité \operatorname{ch}(\psi) \simeq 1 + \frac{\psi^2}{2} donne :

c_{\text{tot}}(z) \simeq 2 c_\infty + c_\infty \psi^2

La surconcentration locale d'ions par rapport au cœur de la solution vaut donc \Delta c_{\text{ions}}(z) = c_\infty \psi^2. D'après la loi de van 't Hoff pour des solutions diluées, cette surconcentration génère une surpression osmotique locale :

\Delta \Pi(z) = R T \Delta c_{\text{ions}}(z) = k_B T \mathcal{N}_A c_\infty \psi(x, z)^2

Le terme additionnel dans la pression traduit donc fidèlement la pression osmotique exercée par l'accumulation d'ions au sein de la double couche électrique.

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de navier-stokes, gradient de pression

Projeter l'équation de Navier-Stokes selon la direction et obtenir, en utilisant les résultats de la question Q29, l'équation

(Dans cette question, on ne peut pas négliger par rapport aux autres termes.)

Voir l'indice

Projeter Navier-Stokes selon \vec{e}_x et dériver l'expression de la pression par rapport à x en tenant compte de la dépendance de c_\infty(x).

Voir la stratégie
  1. Projeter l'équation de Navier-Stokes en régime stationnaire selon l'axe longitudinal \vec{e}_x.
  2. Exprimer \dfrac{\partial P}{\partial x} en dérivant la loi de pression obtenue à la question Q30 avec l'hypothèse d'une pression hydrostatique extérieure constante P_\infty(x) = P_0.
  3. Exprimer le terme de force électrostatique -\rho_e \dfrac{\partial \phi}{\partial x} à l'aide du lien \phi = \dfrac{k_B T}{e}\psi et de l'expression de \rho_e de la question Q29.
  4. Combiner ces termes pour observer l'annulation des termes en \dfrac{\partial \psi}{\partial x} et aboutir à l'équation régissant le profil de vitesse.
Voir la réponse courte

Projection selon \vec{e}_x et substitution du gradient de pression et de la force électrique pour établir l'équation différentielle.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Navier-Stokes simplifiée obtenue à la question Q27 :

\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2}\vec{e}_x - \overrightarrow{\operatorname{grad}} P - \rho_e \overrightarrow{\operatorname{grad}}\phi = \vec{0}

Sa projection selon la direction \vec{e}_x s'écrit :

\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2} = \frac{\partial P}{\partial x} + \rho_e \frac{\partial \phi}{\partial x} \tag{1}

D'après la question Q30, avec P_\infty(x) = P_0 = \text{cste}, la pression s'exprime sous la forme :

P(x, z) = P_0 + k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z)^2

En dérivant partiellement par rapport à x, on obtient :

\frac{\partial P}{\partial x} = k_B T \mathcal{N}_A \psi(x, z)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} + 2 k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z) \frac{\partial \psi}{\partial x} \tag{2}

D'autre part, en utilisant \phi(x, z) = \dfrac{k_B T}{e}\psi(x, z) et le résultat de la question Q29, \rho_e(x, z) = -2e\mathcal{N}_A c_\infty(x)\psi(x, z) :

\begin{align*} \rho_e \frac{\partial \phi}{\partial x} &= \left[-2e\mathcal{N}_A c_\infty(x)\psi(x, z)\right] \left(\frac{k_B T}{e}\frac{\partial \psi}{\partial x}\right) \\ &= -2 k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x) \psi(x, z) \frac{\partial \psi}{\partial x} \tag{3}\end{align*}

En substituant les équations (2) et (3) dans (1), les termes en \dfrac{\partial \psi}{\partial x} se compensent exactement :

\frac{\partial P}{\partial x} + \rho_e \frac{\partial \phi}{\partial x} = k_B T \mathcal{N}_A \psi(x, z)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}

On en déduit finalement l'équation différentielle régissant l'écoulement :

\boxed{\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2} = k_B T \mathcal{N}_A \psi(x, z)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}}

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : condition d'adhérence, condition aux limites

On suppose que le fluide adhère aux parois du canal. Que peut-on en déduire sur la vitesse de l'écoulement proche du mur ?

On suppose également que loin des parois, la vitesse de l'écoulement est constante, de sorte que

Voir l'indice

Traduire la condition de non-glissement du fluide visqueux sur une paroi immobile.

Voir la réponse courte

Par adhérence du fluide à la paroi solide immobile, la vitesse s'annule en z = 0 : v(0) = 0.

Voir le corrigé complet

L'hypothèse d'adhérence à la paroi pour un fluide réel visqueux (condition aux limites de non-glissement) impose la continuité du champ de vitesse à l'interface entre le fluide et la paroi solide.

La paroi étant immobile dans le référentiel d'étude en z = 0, la vitesse de l'écoulement y est nulle :

\boxed{v(z = 0) = 0}

soit vectoriellement \vec{v}(z = 0) = \vec{0}.

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : équation de navier-stokes, intégration

Intégrer l'équation (10) pour obtenir l'expression de la vitesse loin des parois en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle régissant v(z) en exploitant le profil exponentiel de \psi(x,z) et les deux conditions aux limites.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \psi(x, z)^2 à partir du profil de potentiel obtenu dans l'approximation de Debye-Hückel (question Q18).
  2. Intégrer successivement deux fois par rapport à z en utilisant les deux conditions aux limites précisées en Q32 : adhérence à la paroi en z=0 et dérivée nulle à l'infini.
  3. Remplacer \psi_0(x) et \lambda_D^2 par leurs définitions afin d'exprimer la vitesse v_\infty en fonction des grandeurs demandées.
Voir la réponse courte

Double intégration en z avec les conditions aux limites v'(+\infty)=0 et v(0)=0 pour trouver v_\infty.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le potentiel adimensionné dans l'approximation de Debye-Hückel s'écrit :

\psi(x, z) = \psi_0(x)\, e^{-z/\lambda_D(x)} \quad \text{avec} \quad \psi_0(x) = \frac{e\phi_0(x)}{k_B T}

L'équation différentielle (10) devient donc :

\eta \frac{\mathrm{d}^2 v}{\mathrm{d}z^2} = k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} \, e^{-2z/\lambda_D}

En intégrant une première fois par rapport à z :

\eta \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}z} = -\frac{\lambda_D}{2} k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} \, e^{-2z/\lambda_D} + C_1

La condition aux limites en champ lointain \left.\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}z}\right|_{z=\infty} = 0 impose C_1 = 0.

Une seconde intégration par rapport à z conduit à :

\eta v(z) = \frac{\lambda_D^2}{4} k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} \, e^{-2z/\lambda_D} + C_2

La condition d'adhérence à la paroi (question Q32) impose v(z=0) = 0, soit :

C_2 = -\frac{\lambda_D^2}{4} k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}

Le profil de vitesse dans la couche limite s'écrit donc :

v(z) = - \frac{\lambda_D^2}{4\eta} k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} \left(1 - e^{-2z/\lambda_D}\right)

La vitesse loin de la paroi v_\infty = v(z \to \infty) est alors :

v_\infty = - \frac{\lambda_D^2}{4\eta} k_B T \mathcal{N}_A \psi_0(x)^2 \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}

En injectant les expressions de \lambda_D^2 (équation 3) et de \psi_0(x) :

\begin{aligned} \lambda_D^2 \psi_0(x)^2 &= \left(\frac{\epsilon_0 \epsilon_r k_B T}{2 e^2 \mathcal{N}_A c_\infty(x)}\right) \left(\frac{e\phi_0(x)}{k_B T}\right)^2 = \frac{\epsilon_0 \epsilon_r \phi_0(x)^2}{2 k_B T \mathcal{N}_A c_\infty(x)} \end{aligned}

On en déduit l'expression de la vitesse en champ lointain :

\boxed{v_\infty = - \frac{\epsilon_0 \epsilon_r \phi_0(x)^2}{8\eta c_\infty(x)} \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement diffusio-osmotique, osmose

En déduire le sens de l'écoulement : va-t-il du plus concentré au moins concentré, ou le contraire ?

Voir l'indice

Analyser le signe de la vitesse v_\infty sachant que la concentration en sel diminue le long du canal (\text{d}c_\infty/\text{d}x < 0).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la vitesse v_\infty obtenue à la question précédente.
  2. Déterminer le signe du gradient de concentration \dfrac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} le long du canal d'après les données du texte et de la figure 3.
  3. En déduire le signe de la composante de vitesse v_\infty, puis la direction du vecteur vitesse \vec{v} par rapport au gradient de sel.
Voir la réponse courte

Analyse du signe de la vitesse en fonction du gradient de concentration, orientant l'écoulement selon le signe de \Sigma.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q33, la vitesse du fluide au cœur du canal s'écrit :

v_\infty = -\frac{\epsilon_0 \epsilon_r \phi_0(x)^2}{8\eta c_\infty(x)} \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}

Examinons le signe des différents termes intervenant dans cette expression :

  • Les grandeurs \epsilon_0, \epsilon_r, \eta et c_\infty(x) sont strictement positives, et \phi_0(x)^2 \ge 0. Le facteur préfactoriel -\dfrac{\epsilon_0 \epsilon_r \phi_0(x)^2}{8\eta c_\infty(x)} est donc négatif.
  • La concentration en sel évolue de manière monotone entre l'entrée du canal en x=0 (c_\infty(0) = c_s, eau salée) et la sortie en x=L (c_\infty(L) \simeq 0, eau pure). La concentration décroît donc le long de l'axe des abscisses, soit :

    \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} < 0

On en déduit que :

v_\infty > 0

Puisque le champ de vitesse est donné par \vec{v} = v(z)\,\vec{e}_x, le fluide s'écoule dans le sens du vecteur \vec{e}_x, c'est-à-dire de x=0 vers x=L.

\boxed{\text{L'écoulement va du milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré.}}

Résultat

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2.3 · Courant ionique diffusio-osmotique

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : intensité du courant, double couche électrique

On propose de quantifier par la formule suivante

où l'on rappelle que le champ de vitesse dans le canal s'écrit . Quelle est la dimension de ? Justifier la forme de l'expression Eq. (11). À quelle condition sur et cette expression est-elle valide ?

Voir l'indice

Montrer que le produit \rho_e v intégré sur le périmètre 4a correspond au flux de charges convecté par seconde, valide tant que \lambda_D \ll a.

Voir la stratégie
  1. Effectuer l'analyse dimensionnelle du terme sous l'intégrale et du préfacteur pour déterminer la dimension de I_{\text{DO}}.
  2. Décomposer le flux du vecteur densité de courant électrique de convection \vec{j}_e = \rho_e \vec{v} sur la section carrée du canal en sommant les contributions des quatre parois indépendantes.
  3. Identifier l'hypothèse géométrique requise sur la longueur de Debye \lambda_D par rapport à la demi-largeur du pore pour que les couches de charge ne se recouvrent pas.
Voir la réponse courte

I_{\text{DO}} a la dimension d'un courant électrique (A) ; intégration du transport de charges, valide si \lambda_D \ll a.

Voir le corrigé complet

1. Dimension de I_{\text{DO}}

La densité volumique de charge \rho_e a pour dimension [\rho_e] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L}^{-3} et la vitesse [v] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}. Le produit \vec{j}_e = \rho_e \vec{v} est une densité volumique de courant électrique de dimension [\rho_e v] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{L}^{-2}.

Le préfacteur 4a a la dimension d'une longueur, tout comme la variable d'intégration \mathrm{d}z :

[I_{\text{DO}}] = [4a] \times [\mathrm{d}z] \times [\rho_e] \times [v] = \mathrm{L} \times \mathrm{L} \times (\mathrm{I}\cdot\mathrm{L}^{-2}) = \mathrm{I}
\boxed{I_{\text{DO}}\text{ a la dimension d'une intensité de courant électrique (exprimée en ampères, A).}}

2. Justification de la forme de l'expression (11)

Le courant électrique total traversant une section droite \mathcal{S} du canal résulte de l'advection des charges par le fluide :

I = \iint_{\mathcal{S}} \vec{j}_e \cdot \vec{e}_x \, \mathrm{d}S = \iint_{\mathcal{S}} \rho_e(x,z)\, v(z) \, \mathrm{d}S

Le canal possède une section carrée formée de 4 parois identiques de largeur a. Au voisinage de chaque paroi plane, l'écoulement et la distribution de charge ne dépendent que de la distance z à celle-ci. En intégrant le long de la paroi sur la largeur a (invariance selon la coordonnée transverse tangentielle), la contribution d'une paroi s'écrit :

I_{\text{paroi}} = a \int_0^{a/2} \rho_e(x,z)\, v(z) \, \mathrm{d}z

Puisque la charge d'espace \rho_e(z) est localisée dans une couche mince de Debye au voisinage immédiat de la paroi et s'annule rapidement pour z \gg \lambda_D, on peut étendre sans erreur appréciable la borne supérieure de l'intégrale à l'infini. En sommant les contributions identiques des 4 parois du canal (en négligeant les effets de coin), on obtient :

I_{\text{DO}} = 4 I_{\text{paroi}} = 4a \int_0^\infty \rho_e(x, z)\, v(z) \, \mathrm{d}z

3. Condition de validité

Cette modélisation suppose que les doubles couches électriques associées aux parois opposées ne se recouvrent pas et que l'extension de la zone chargée est négligeable devant les dimensions transverses du canal, ce qui impose :

\boxed{\lambda_D \ll a}

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : analyse dimensionnelle, longueur caractéristique

Quelles sont les dimensions de et ?

Voir l'indice

Déterminer la dimension de \ell_B et \ell_{\text{GC}} à partir de la loi de Coulomb et de l'énergie thermique k_B T.

Voir la réponse courte

Les deux grandeurs \ell_B et \ell_{\text{GC}} sont des longueurs, de dimension L (en mètres).

Voir le corrigé complet

1. Dimension de \ell_B :

L'énergie potentielle électrostatique d'interaction entre deux charges élémentaires séparées d'une distance r dans un milieu de permittivité diélectrique \epsilon_0 \epsilon_r s'écrit :

E_{\text{elec}} = \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r r}

Le terme \dfrac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r} a donc la dimension d'une énergie multipliée par une longueur :

\left[ \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r} \right] = [E] \cdot \mathrm{L}

Or, k_B T possède la dimension d'une énergie [E] (énergie thermique). Par conséquent :

[\ell_B] = \left[ \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r k_B T} \right] = \frac{[E]\cdot \mathrm{L}}{[E]} = \mathrm{L}

La grandeur \ell_B est donc homogène à une longueur.

2. Dimension de \ell_{\text{GC}} :

D'après la relation (14), \ell_{\text{GC}} s'exprime par :

\ell_{\text{GC}} = \frac{e}{2\pi \Sigma \ell_B}

Les dimensions des termes intervenant dans cette expression sont :

  • [e] = \mathrm{Q} (charge électrique, en \mathrm{C}) ;
  • [\Sigma] = \mathrm{Q}\cdot \mathrm{L}^{-2} (densité surfacique de charge, en \mathrm{C\cdot m^{-2}}) ;
  • [\ell_B] = \mathrm{L} d'après le résultat précédent.

On en déduit immédiatement :

[\ell_{\text{GC}}] = \frac{[e]}{[\Sigma]\,[\ell_B]} = \frac{\mathrm{Q}}{(\mathrm{Q}\cdot \mathrm{L}^{-2})\cdot \mathrm{L}} = \frac{1}{\mathrm{L}^{-1}} = \mathrm{L}

La grandeur \ell_{\text{GC}} est donc également homogène à une longueur.

\boxed{[\ell_B] = \mathrm{L} \quad \text{et} \quad [\ell_{\text{GC}}] = \mathrm{L}}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : longueur de bjerrum, énergie électrostatique

Estimer la valeur de . Cette grandeur permet de comparer deux énergies ; à quoi correspondent-elles ?

Voir l'indice

Calculer numériquement \ell_B et interpréter cette longueur comme l'échelle où l'énergie électrostatique compense l'énergie thermique.

Voir la réponse courte

\ell_B \approx 0{,}7\text{ nm} dans l'eau, distance à laquelle l'énergie d'interaction coulombienne compense l'énergie d'agitation thermique k_B T.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (14), la longueur de Bjerrum s'écrit :

\ell_B = \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r k_B T}

À température ambiante (T \simeq 300\text{ K}), avec les données du formulaire :

  • e = 1,6 \times 10^{-19}\text{ C}, d'où e^2 = 2,56 \times 10^{-38}\text{ C}^2 ;
  • \epsilon_0 = 8,9 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et \epsilon_r = 80 ;
  • k_B = 1,4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}, soit k_B T \simeq 4,2 \times 10^{-21}\text{ J}.

Le dénominateur vaut :

\begin{aligned} 4\pi \epsilon_0 \epsilon_r k_B T &\simeq 4\pi \times (8,9 \times 10^{-12}) \times 80 \times (4,2 \times 10^{-21}) \\ &\simeq 1,12 \times 10^{-10} \times 80 \times 4,2 \times 10^{-21} \\ &\simeq 3,8 \times 10^{-29}\text{ J}\cdot\text{m} \end{aligned}

On en déduit :

\ell_B \simeq \frac{2,56 \times 10^{-38}}{3,8 \times 10^{-29}} \simeq 0,7 \times 10^{-9}\text{ m}
\boxed{\ell_B \simeq 0,7\text{ nm}}

Par définition, à la distance r = \ell_B, on a :

\frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r \ell_B} = k_B T

La longueur de Bjerrum permet de comparer :

  1. L'énergie potentielle d'interaction électrostatique (coulombienne) entre deux charges élémentaires e distantes de r dans le milieu de permittivité relative \epsilon_r :

    E_{\text{elec}}(r) = \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r r}
  2. L'énergie thermique caractéristique E_{\text{th}} = k_B T, liée à l'agitation désordonnée des molécules et des ions.

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement diffusio-osmotique, développement limité

Simplifier l'équation (13) lorsque la densité surfacique de charge est très faible, c'est-à-dire lorsque . Que devient le courant osmotique si la membrane n'est pas chargée ?

Voir l'indice

Effectuer un développement limité de la fonction \operatorname{sh}^{-1}(u) pour un petit argument u = \lambda_D / \ell_{\text{GC}} \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité de la fonction \operatorname{sh}^{-1}(u) pour la petite variable u = \frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}} \ll 1.
  2. En déduire l'expression simplifiée de K_{\text{osm}}, puis exprimer directement sa dépendance en fonction de \Sigma.
  3. Examiner le cas limite d'une membrane non chargée (\Sigma = 0) sur le courant I_{\text{DO}}.
Voir la réponse courte

Développement pour \ell_{\text{GC}} \gg \lambda_D montrant un courant proportionnel à \Sigma, qui s'annule si la membrane est neutre.

Voir le corrigé complet

Dans la limite d'une très faible densité surfacique de charge, \ell_{\text{GC}} \gg \lambda_D, la variable u = \frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}} vérifie u \ll 1.

D'après le formulaire fourni dans l'énoncé, le développement limité de \operatorname{sh}^{-1}(u) pour u \ll 1 au premier ordre non trivial s'écrit :

\operatorname{sh}^{-1}(u) = u - \frac{u^3}{6} + o(u^3)

On en déduit :

\begin{aligned} \frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D} \operatorname{sh}^{-1}\left( \frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}} \right) &= \frac{1}{u} \left( u - \frac{u^3}{6} + o(u^3) \right) = 1 - \frac{u^2}{6} + o(u^2) \\ 1 - \frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D} \operatorname{sh}^{-1}\left( \frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}} \right) &= \frac{1}{6} \left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right)^2 + o\left(\left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right)^2\right) \end{aligned}

En reportant cette approximation dans l'équation (13), il vient :

K_{\text{osm}} \simeq 4a \, \Sigma \, \frac{k_B T}{2\pi \eta \ell_B} \times \frac{1}{6} \left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right)^2
\boxed{K_{\text{osm}} \simeq \frac{a \Sigma k_B T}{3\pi \eta \ell_B} \left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right)^2}

En explicitant \ell_{\text{GC}} = \frac{e}{2\pi \Sigma \ell_B}, on a \frac{1}{\ell_{\text{GC}}} = \frac{2\pi \ell_B}{e} \Sigma, d'où :

\begin{aligned} K_{\text{osm}} &\simeq \frac{a \Sigma k_B T}{3\pi \eta \ell_B} \lambda_D^2 \left(\frac{2\pi \ell_B}{e}\right)^2 \Sigma^2 \\ &= \frac{4\pi a k_B T \ell_B \lambda_D^2}{3\eta e^2} \, \Sigma^3 \end{aligned}

Comme \ell_B = \frac{e^2}{4\pi \epsilon_0 \epsilon_r k_B T}, le préfacteur se simplifie en \frac{4\pi k_B T \ell_B}{e^2} = \frac{1}{\epsilon_0 \epsilon_r}, soit :

K_{\text{osm}} \simeq \frac{a \lambda_D^2}{3\eta \epsilon_0 \epsilon_r} \, \Sigma^3

Si la membrane n'est pas chargée, on a \Sigma = 0. Il en résulte immédiatement :

K_{\text{osm}} = 0 \implies \boxed{I_{\text{DO}} = 0}

Le courant diffusio-osmotique s'annule si la membrane n'est pas chargée.

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : écoulement diffusio-osmotique, comportement asymptotique

Simplifier l'équation (13) lorsque la densité surfacique de charge est très grande, c'est-à-dire lorsque .

Voir l'indice

Négliger le terme contenant \operatorname{sh}^{-1} devant 1 lorsque le rapport \ell_{\text{GC}} / \lambda_D tend vers 0.

Voir la stratégie
  1. Poser la variable u = \lambda_D / \ell_{\text{GC}} \gg 1 et déterminer le comportement asymptotique de la fonction \operatorname{sh}^{-1}(u) lorsque u \to +\infty.
  2. En déduire la limite du produit \frac{1}{u}\operatorname{sh}^{-1}(u) par croissances comparées.
  3. Simplifier le facteur entre crochets dans l'expression de K_{\text{osm}} à l'ordre prépondérant.
Voir la réponse courte

Limite asymptotique pour \ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D, montrant une saturation du courant osmotique indépendante de \Sigma.

Voir le corrigé complet

Pour y \gg 1, la fonction sinus hyperbolique se comporte comme :

\operatorname{sh}(y) = \frac{e^y - e^{-y}}{2} \underset{y \to +\infty}{\sim} \frac{e^y}{2}

En posant u = \operatorname{sh}(y), on a e^y \sim 2u, soit pour u \gg 1 :

\operatorname{sh}^{-1}(u) \underset{u \to +\infty}{\sim} \ln(2u)

Ici, la condition \ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D correspond à u = \frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}} \gg 1. Le terme présent dans le crochet de l'équation (13) s'écrit alors :

\frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D} \operatorname{sh}^{-1}\left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right) \sim \frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D} \ln\left(\frac{2\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right)

Par croissances comparées, \lim_{u \to +\infty} \frac{\ln(2u)}{u} = 0, donc ce terme est négligeable devant 1 :

\frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D} \operatorname{sh}^{-1}\left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right) \ll 1

Le terme entre crochets se simplifie donc à l'ordre dominant en :

1 - \frac{\ell_{\text{GC}}}{\lambda_D}\operatorname{sh}^{-1}\left(\frac{\lambda_D}{\ell_{\text{GC}}}\right) \simeq 1

On en déduit l'expression approchée de K_{\text{osm}} :

\boxed{K_{\text{osm}} \simeq 4a \Sigma \frac{k_B T}{2\pi \eta \ell_B} = \frac{2a \Sigma k_B T}{\pi \eta \ell_B}}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique

Notions : courant osmotique, ordre de grandeur

À partir de cette dernière expression approchée, en déduire un ordre de grandeur du courant osmotique induit dans un seul canal pour une membrane constituée de canaux de longueur et de largeur . Les deux réservoirs sont constitués l'un d'eau pure et l'autre d'eau contenant une concentration de sel . On considérera que la concentration dans le canal varie linéairement entre ces deux valeurs. Les parois des canaux ont une densité surfacique de charge .

Voir l'indice

Approcher le gradient de concentration par -c_s / L et calculer numériquement I_{\text{DO}} avec l'expression limite de K_{\text{osm}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le gradient relatif moyen de concentration \frac{1}{\langle c_\infty \rangle}\frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} à partir du profil linéaire de concentration imposé entre les deux réservoirs.
  2. Exprimer le courant osmotique I_{\text{DO}} en utilisant la formule approchée obtenue à la question Q39 pour le régime de forte densité de charge (\ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D).
  3. Effectuer l'application numérique avec les grandeurs fournies et vérifier la cohérence avec l'ordre de grandeur de 1\text{ nA} mentionné plus loin dans le sujet.
Voir la réponse courte

Évaluation numérique du courant osmotique dans un canal à l'aide de la formule asymptotique (I_{\text{DO}} \sim 10^{-10}\text{ A}).

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la concentration en sel varie linéairement le long du canal de longueur L entre c_\infty(0) = c_s et c_\infty(L) = 0 :

c_\infty(x) = c_s \left(1 - \frac{x}{L}\right) \implies \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} = -\frac{c_s}{L}

La concentration moyenne étant \langle c_\infty \rangle = \frac{c_s}{2}, le terme moteur vaut en valeur absolue :

\frac{1}{\langle c_\infty \rangle} \left| \frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x} \right| = \frac{c_s / L}{c_s / 2} = \frac{2}{L}

D'après le résultat de la question Q39, dans la limite d'une forte charge surfacique (\ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D), le préfacteur K_{\text{osm}} s'écrit :

K_{\text{osm}} \simeq 4a\Sigma \frac{k_B T}{2\pi \eta \ell_B} = \frac{2a\Sigma k_B T}{\pi \eta \ell_B}

Le courant osmotique induit dans un canal s'exprime donc en valeur absolue par :

|I_{\text{DO}}| = K_{\text{osm}} \frac{1}{\langle c_\infty \rangle} \left|\frac{\mathrm{d}c_\infty}{\mathrm{d}x}\right| = \frac{4 a \Sigma k_B T}{\pi \eta \ell_B L}

Vérifions tout d'abord la validité de l'approximation \ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D avec \Sigma = 1\text{ C}\cdot\text{m}^{-2} et \ell_B \simeq 0,7\text{ nm} (question Q37) :

\ell_{\text{GC}} = \frac{e}{2\pi \Sigma \ell_B} = \frac{1,6\times 10^{-19}}{2\pi \times 1 \times 0,7\times 10^{-9}} \simeq 3,6\times 10^{-11}\text{ m} \simeq 0,04\text{ nm}

Comme \lambda_D \simeq 0,4\text{ nm} (question Q21), on a bien \ell_{\text{GC}} \ll \lambda_D.

Procédons à l'application numérique à température ambiante (T \simeq 300\text{ K}, soit k_B T \simeq 4,1\times 10^{-21}\text{ J}) avec les données :

  • a = 25\text{ nm} = 2,5\times 10^{-8}\text{ m} ;
  • L = 100\text{ nm} = 10^{-7}\text{ m} ;
  • \eta = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} ;
  • \Sigma = 1\text{ C}\cdot\text{m}^{-2}.

On obtient :

\begin{aligned} |I_{\text{DO}}| &= \frac{4 \times (2,5\times 10^{-8}) \times 1 \times (4,1\times 10^{-21})}{\pi \times 10^{-3} \times (7\times 10^{-10}) \times 10^{-7}} \\ &= \frac{4,1\times 10^{-28}}{2,2\times 10^{-19}} \simeq 1,9\times 10^{-9}\text{ A} \sim 1\text{ nA} \end{aligned}
\boxed{|I_{\text{DO}}| \sim 1\text{ nA}}

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : densité de courant, optimisation

Sur une membrane, on considère que les canaux sont étroitement serrés les uns aux autres (Fig. 4 droite). Exprimer alors le courant surfacique délivré par une telle membrane en fonction de et de . Pour maximiser le courant surfacique délivré, vaut-il mieux empiler des canaux étroits ou larges ?

Voir l'indice

Diviser le courant d'un canal par la surface transversale a^2 occupée par celui-ci et observer la loi d'échelle en 1/a.

Voir la réponse courte

Courant surfacique j \propto I_{\text{DO}}/a^2 \propto 1/a : il faut privilégier des canaux les plus étroits possible.

Voir le corrigé complet

Considérons une membrane de surface totale S_{\text{tot}} contenant N canaux de section carrée d'aire a^2 étroitement juxtaposés. En négligeant l'épaisseur des parois entre canaux voisins, la surface occupée par l'ensemble des canaux est S_{\text{tot}} = N a^2, ce qui correspond à un nombre de canaux par unité de surface :

n_s = \frac{N}{S_{\text{tot}}} = \frac{1}{a^2}

Chaque canal délivrant un courant I_{\text{DO}}, le courant total traversant la membrane est I_{\text{tot}} = N I_{\text{DO}}. Le courant surfacique délivré (densité de courant moyenne par unité de surface de membrane) s'écrit alors :

\boxed{j_s = \frac{I_{\text{DO}}}{a^2}}

D'après les équations (12) et (13), le coefficient osmotique K_{\text{osm}}, et par suite le courant par canal I_{\text{DO}}, est directement proportionnel à la largeur a du canal :

I_{\text{DO}} \propto a

On en déduit la loi d'échelle pour le courant surfacique :

j_s \propto \frac{a}{a^2} \propto \frac{1}{a}

Pour maximiser le courant surfacique délivré par la membrane, il vaut donc mieux empiler des canaux étroits (diminuer a).

Résultat

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Partie 3 : Intégration du dispositif

3.1 · Caractérisation de la résistance interne d'un canal

Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductance, loi d'ohm, exploitation de courbe

À partir de la Fig. 5, obtenir une estimation de la conductance du canal aux deux concentrations en sel et considérées. Comparer les rapports et . La conductance est-elle proportionnelle à la concentration ?

Voir l'indice

Déterminer la pente des caractéristiques courant-tension de la figure 5 pour évaluer G_1 et G_2, puis comparer au rapport des concentrations.

Voir la réponse courte

Détermination des conductances par la pente I-V et constatation d'un écart à la linéarité aux faibles concentrations.

Voir le corrigé complet

La caractéristique I(\Delta V) d'un canal est linéaire et passe par l'origine, ce qui traduit un comportement ohmique de conductance :

G = \frac{1}{R_c} = \frac{I}{\Delta V}
  • Pour la concentration c_{s,1} = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} (croix) :
    On lit par exemple pour \Delta V \simeq 0{,}08\text{ V} un courant mesuré I \simeq 5{,}5\text{ nA} (ou pour \Delta V = 0{,}05\text{ V}, I \simeq 3{,}4\text{ nA}) :

    G_1 \simeq \frac{5{,}5\times 10^{-9}\text{ A}}{0{,}08\text{ V}} \simeq 6{,}9\times 10^{-8}\text{ S} \simeq 70\text{ nS}

    Soit un ordre de grandeur de G_1 \simeq 7\times 10^{-8}\text{ S}.

  • Pour la concentration c_{s,2} = 0{,}1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} (ronds) :
    Pour \Delta V = 0{,}10\text{ V}, le courant mesuré vaut environ I \simeq 1{,}1\text{ nA} (soit à \Delta V = 0{,}05\text{ V}, I \simeq 0{,}55\text{ nA}) :

    G_2 \simeq \frac{1{,}1\times 10^{-9}\text{ A}}{0{,}10\text{ V}} \simeq 1{,}1\times 10^{-8}\text{ S} \simeq 10\text{ nS}

    Soit un ordre de grandeur de G_2 \simeq 10^{-8}\text{ S}.

\boxed{G_1 \simeq 70\text{ nS} \quad \text{et} \quad G_2 \simeq 10\text{ nS}}

Comparons à présent les rapports :

\begin{aligned} \frac{c_{s,1}}{c_{s,2}} &= \frac{1}{0{,}1} = 10 \\ \frac{G_1}{G_2} &\simeq \frac{70}{10} \simeq 6 \text{ à } 7 \end{aligned}

On constate que :

\boxed{\frac{G_1}{G_2} \neq \frac{c_{s,1}}{c_{s,2}}}

La conductance G n'est donc pas proportionnelle à la concentration en sel c_s.

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : loi d'ohm locale, mobilité ionique

Dans un canal de section carrée et de longueur , en déduire le courant électrique induit d'ions positifs. On exprimera le résultat en fonction de la différence de potentiel de part et d'autre de la membrane, de , , , et de constantes physiques.

Voir l'indice

Calculer le flux molaire d'ions positifs j_+^{(E)}, en déduire la densité de courant électrique puis multiplier par la section a^2 avec E = \Delta V/L.

Voir la stratégie
  1. Relier le flux molaire d'ions positifs \vec{j}_+^{(E)} à la densité de courant électrique \vec{J}_+ correspondante en multipliant par la charge molaire d'un ion \mathrm{Na}^+ (e\mathcal{N}_A).
  2. Exprimer le champ électrique uniforme E à partir de la différence de potentiel \Delta V appliquée le long du canal de longueur L.
  3. Calculer le courant électrique I_+ en intégrant la densité de courant sur la section carrée S = a^2 du canal.
Voir la réponse courte

Vitesse de dérive v_+ = \mu_+ e \Delta V/L, d'où le courant d'ions positifs I_+ = e^2 \mathcal{N}_A \mu_+ c_s a^2 \Delta V/L.

Voir le corrigé complet

Le flux molaire d'ions positifs \mathrm{Na}^+ sous l'effet du champ électrique est donné par l'équation (15) de l'énoncé :

\vec{j}_+^{(E)} = e\mu_+ c_s \vec{E}

avec c_+ = c_s uniforme dans tout le canal.

Chaque mole d'ions \mathrm{Na}^+ porte une charge électrique égale à e\mathcal{N}_A. La densité de courant électrique \vec{J}_+ associée au déplacement des ions positifs s'écrit donc :

\vec{J}_+ = e\mathcal{N}_A \vec{j}_+^{(E)} = e^2\mathcal{N}_A \mu_+ c_s \vec{E}

Le champ électrique est supposé uniforme le long de l'axe du canal, orienté selon \vec{e}_x. En notant \Delta V la différence de potentiel établie entre les deux extrémités du canal de longueur L, son amplitude vaut :

E = \frac{\Delta V}{L}

Le courant électrique I_+ traversant la section carrée droite de surface S = a^2 est le flux de \vec{J}_+ :

I_+ = \iint_S \vec{J}_+ \cdot \vec{e}_x\,\mathrm{d}S = J_+ a^2

On en déduit l'expression du courant électrique induit d'ions positifs :

\boxed{I_+ = \frac{e^2 \mathcal{N}_A \mu_+ c_s a^2}{L}\Delta V}

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : résistance électrique, conductivité

Donner de même le courant induit d'ions négatifs, en introduisant un coefficient caractérisant ces ions, de manière similaire à l'équation (15). En déduire le courant électrique total puis la résistance du circuit. On exprimera le résultat final en fonction de , , , , et de constantes physiques.

Voir l'indice

Ajouter la contribution des ions chlorure au courant total et appliquer la loi d'Ohm macroscopique R_c = \Delta V / I.

Voir la réponse courte

Somme des courants I = I_+ + I_- puis résistance R_c = L/[e^2 \mathcal{N}_A (\mu_+ + \mu_-) c_s a^2].

Voir le corrigé complet

Les ions chlorure \mathrm{Cl}^-, de charge -e, sont soumis à la force électrique \vec{F}_- = -e\vec{E}. En introduisant leur mobilité \mu_- > 0, leur vitesse de dérive s'écrit \vec{v}_- = -e\mu_-\vec{E}.

Le flux molaire de particules \vec{j}_-^{(E)} associé aux anions vaut donc :

\vec{j}_-^{(E)} = c_-\vec{v}_- = -e\mu_- c_s\vec{E}

Chaque mole d'ions \mathrm{Cl}^- transportant une charge électrique -e\mathcal{N}_A, la densité de courant électrique associée aux ions négatifs est :

\vec{j}_{q,-} = -e\mathcal{N}_A \vec{j}_-^{(E)} = e^2\mathcal{N}_A \mu_- c_s\vec{E}

En intégrant sur la section droite du canal de surface S = a^2, et avec un champ électrique uniforme E = \Delta V/L, on obtient l'intensité du courant électrique induit d'ions négatifs :

\boxed{I_- = \frac{e^2 \mathcal{N}_A \mu_- c_s a^2}{L}\Delta V}

Le courant électrique total I traversant le canal est la somme des contributions des deux espèces ioniques :

I = I_+ + I_- = \frac{e^2 \mathcal{N}_A (\mu_+ + \mu_-) c_s a^2}{L}\Delta V
\boxed{I = \frac{e^2 \mathcal{N}_A (\mu_+ + \mu_-) c_s a^2}{L}\Delta V}

Par identification avec la loi d'Ohm macroscopique \Delta V = R_c I, on en déduit la résistance interne du canal :

\boxed{R_c = \frac{L}{e^2 \mathcal{N}_A (\mu_+ + \mu_-) c_s a^2}}

Résultat

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Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : conductance, application numérique

Estimer numériquement la conductance et la comparer aux valeurs de la question Q42. On prendra , et .

Voir l'indice

Faire l'application numérique de G = 1/R_c et discuter l'écart avec les mesures expérimentales (effet de la conduction de surface).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conductance G = 1/R_c à partir de l'expression de la résistance interne R_c établie à la question Q44.
  2. Convertir les concentrations en unités du système international (\mathrm{mol\cdot m^{-3}}) et calculer G pour les deux concentrations c_{s,1} et c_{s,2}.
  3. Comparer les ordres de grandeur obtenus aux valeurs déduites de l'expérience à la question Q42 et interpréter l'écart.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de G = 1/R_c et comparaison avec l'ordre de grandeur mesuré sur le graphe de la question Q42.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q44, la conductance théorique G d'un canal de section a^2 et de longueur L s'écrit :

G = \frac{1}{R_c} = \frac{e^2 \mathcal{N}_A (\mu_+ + \mu_-) a^2}{L} c_s

Calculons le préfacteur reliant la conductance à la concentration molaire volumique c_s :

  • e = 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C} \implies e^2 \simeq 2{,}56 \times 10^{-38}\text{ C}^2,
  • \mathcal{N}_A = 6{,}0 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1},
  • \mu_+ + \mu_- = 2 \times (5 \times 10^{11}) = 1{,}0 \times 10^{12}\text{ s}\cdot\text{kg}^{-1},
  • a = 30\text{ nm} = 3{,}0 \times 10^{-8}\text{ m} \implies a^2 = 9{,}0 \times 10^{-16}\text{ m}^2,
  • L = 1\,\mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m}.

Ce préfacteur vaut numériquement :

\begin{aligned} \frac{G}{c_s} &= \frac{2{,}56 \times 10^{-38} \times 6{,}0 \times 10^{23} \times 1{,}0 \times 10^{12} \times 9{,}0 \times 10^{-16}}{1{,}0 \times 10^{-6}} \\ &= \frac{1{,}38 \times 10^{-17}}{1{,}0 \times 10^{-6}} = 1{,}38 \times 10^{-11}\text{ S}\cdot\text{m}^3\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

Appliquons cette relation aux deux concentrations de l'étude (avec 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 10^3\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}) :

  • Pour c_{s,1} = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 10^3\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} :

    G_1^{\text{th}} = 1{,}38 \times 10^{-11} \times 10^3 \simeq 1{,}4 \times 10^{-8}\text{ S} = 14\text{ nS}
  • Pour c_{s,2} = 0{,}1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 10^2\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} :

    G_2^{\text{th}} = 1{,}38 \times 10^{-11} \times 10^2 \simeq 1{,}4 \times 10^{-9}\text{ S} = 1{,}4\text{ nS}
\boxed{G_1^{\text{th}} \simeq 14\text{ nS} \quad \text{et} \quad G_2^{\text{th}} \simeq 1{,}4\text{ nS}}

Comparaison avec la question Q42 : Les valeurs expérimentales estimées à la question Q42 étaient :

G_1^{\text{exp}} \simeq 70\text{ nS} \quad \text{et} \quad G_2^{\text{exp}} \simeq 10\text{ nS}

Les valeurs expérimentales sont supérieures d'un facteur 5 à 7 aux prédictions du modèle purement volumique :

\frac{G_1^{\text{exp}}}{G_1^{\text{th}}} \simeq 5 \quad \text{et} \quad \frac{G_2^{\text{exp}}}{G_2^{\text{th}}} \simeq 7

Résultat

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3.2 · Circuit électrique équivalent

Question 46

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : schéma électrique, association de générateurs

Faire un schéma électrique équivalent du dispositif décrit, en prenant . On ne prendra cette valeur que dans cette question, et en réalité il y a beaucoup plus de canaux.

Voir l'indice

Représenter 3 branches en parallèle composées chacune de la source idéale I_{\text{DO}} en parallèle avec la résistance interne R_c, connectées à r.

Voir la stratégie
  1. Identifier le modèle équivalent d'un canal unique : c'est un générateur de Norton composé d'une source idéale de courant I_{\text{DO}} en parallèle avec une résistance R_{\mathrm{c}}.
  2. Relier les N = 3 canaux : débouchant tous dans les deux mêmes réservoirs (où plongent les deux électrodes), ils sont connectés en parallèle entre deux mêmes nœuds équipotentiels.
  3. Connecter la charge (l'ampoule de résistance r) aux bornes de ces deux nœuds et flécher le courant i qui la traverse.
Voir la réponse courte

Tracé de 3 branches identiques en parallèle (source de courant I_{\text{DO}} en parallèle avec R_c) reliées à r.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé :

  • Chaque canal est modélisé par une source idéale de courant I_{\text{DO}} en parallèle avec une résistance interne R_{\mathrm{c}} (modèle de Norton).
  • Les N = 3 canaux sont disposés en parallèle entre les deux électrodes plongeant dans les réservoirs d'eau salée et d'eau douce.
  • L'ampoule est représentée par une résistance de charge r connectée aux bornes de ces électrodes, traversée par un courant noté i.

Le schéma électrique équivalent du système est représenté ci-dessous :

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : théorème de thévenin, théorème de norton

Calculer le courant circulant dans la résistance . Montrer que la membrane est équivalente à une source de tension idéale en série avec une résistance . Déterminer et , en fonction de , et .

Voir l'indice

Déterminer l'équivalent de Norton de l'ensemble des canaux, puis convertir en modèle de Thévenin équivalent (E, R) vu par la charge r.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le modèle de Norton équivalent de l'ensemble des N canaux connectés en parallèle entre les deux électrodes.
  2. Appliquer la dualité Norton-Thévenin pour montrer l'équivalence de la membrane avec une source de tension réelle (E, R) et expliciter E et R.
  3. Exprimer le courant i circulant dans la charge r à partir de ce modèle équivalent.
Voir la réponse courte

Association de générateurs en parallèle menant au modèle de Thévenin équivalent E = R_c I_{\text{DO}} et R = R_c/N.

Voir le corrigé complet

Chaque canal est modélisé par un générateur de Norton constitué d'une source idéale de courant I_{\text{DO}} en parallèle avec une résistance interne R_c.

Les N canaux étant branchés en parallèle entre les deux mêmes électrodes :

  • Les courants électromoteurs s'additionnent, le courant de court-circuit équivalent de Norton vaut donc :

    I_{\text{N}} = \sum_{k=1}^N I_{\text{DO}} = N I_{\text{DO}}
  • Les conductances internes s'additionnent, de sorte que la résistance équivalente de Norton R_{\text{N}} vérifie :

    \frac{1}{R_{\text{N}}} = \sum_{k=1}^N \frac{1}{R_c} = \frac{N}{R_c} \implies R_{\text{N}} = \frac{R_c}{N}

Par équivalence Norton-Thévenin, ce dipôle actif linéaire est strictement équivalent à une source de tension idéale de force électromotrice E en série avec une résistance R, où :

\begin{aligned} R &= R_{\text{N}} = \frac{R_c}{N} \\ E &= R_{\text{N}} I_{\text{N}} = \left(\frac{R_c}{N}\right) (N I_{\text{DO}}) = R_c I_{\text{DO}} \end{aligned}
\boxed{E = R_c I_{\text{DO}} \quad \text{et} \quad R = \frac{R_c}{N}}

En reliant ce dipôle équivalent de Thévenin à la résistance de charge r, la loi des mailles (ou loi de Pouillet) donne immédiatement le courant i circulant dans r :

i = \frac{E}{R + r} = \frac{R_c I_{\text{DO}}}{\dfrac{R_c}{N} + r}
\boxed{i = \frac{N R_c I_{\text{DO}}}{R_c + N r}}

Résultat

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : adaptation d'impédance, transfert maximal de puissance

On suppose que la génération d'énergie est en régime continu. Faire un bilan d'énergie et déterminer pour quelle valeur de la puissance consommée par l'ampoule est maximale. Exprimer cette puissance maximale en fonction de et de .

Voir l'indice

Exprimer la puissance dissipée dans r sous la forme \mathcal{P} = r i^2 et annuler la dérivée par rapport à r pour trouver la condition d'adaptation.

Voir la stratégie
  1. Établir le bilan des puissances électriques échangées entre le générateur équivalent de Thévenin (E, R) et la charge r.
  2. Exprimer la puissance \mathcal{P}(r) dissipée dans la charge en fonction de E, R et r, puis déterminer la valeur de r qui l'annule en dérivant par rapport à r.
Voir la réponse courte

Puissance \mathcal{P} = r E^2/(R+r)^2, maximale pour r = R (adaptation) valant \mathcal{P}_{\max} = E^2/(4R).

Voir le corrigé complet

Le circuit fermé est constitué de la source de tension idéale E en série avec la résistance interne R de la membrane et la résistance de charge r. D'après la question Q47, le courant traversant le circuit en régime continu est :

i = \frac{E}{R+r}

Bilan d'énergie En multipliant l'équation de maille E = R\,i + r\,i par l'intensité i, on obtient le bilan de puissance en régime stationnaire :

\mathcal{P}_{\text{fournie}} = \mathcal{P}_J + \mathcal{P}

où :

  • \mathcal{P}_{\text{fournie}} = E\,i = \dfrac{E^2}{R+r} est la puissance électrique totale délivrée par la source idéale ;
  • \mathcal{P}_J = R\,i^2 = \dfrac{R\,E^2}{(R+r)^2} est la puissance dissipée par effet Joule dans la résistance interne de la membrane ;
  • \mathcal{P} = r\,i^2 = \dfrac{r\,E^2}{(R+r)^2} est la puissance électrique consommée par l'ampoule.

Recherche du maximum de puissance Pour trouver la valeur de r maximisant \mathcal{P}(r), dérivons \mathcal{P} par rapport à r :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\mathcal{P}}{\mathrm{d}r} &= E^2 \, \frac{(R+r)^2 - 2r(R+r)}{(R+r)^4} \\ &= E^2 \, \frac{(R+r) - 2r}{(R+r)^3} \\ &= E^2 \, \frac{R-r}{(R+r)^3} \end{aligned}

Cette dérivée s'annule en changeant de signe (strictement positive pour r < R et strictement négative pour r > R) en :

\boxed{r = R}

La puissance consommée par l'ampoule est donc maximale lorsque la résistance de charge est égale à la résistance interne du générateur (condition d'adaptation d'impédance en régime continu).

En évaluant \mathcal{P}(r) en r = R, on obtient l'expression de la puissance maximale :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{max}} = \frac{E^2}{4R}}

Résultat

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Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance surfacique, conversion de puissance

La membrane est constituée de canaux alignés et serrés, de section carrée , avec . Calculer numériquement la puissance maximale produite par unité de surface. On prendra pour la résistance interne la valeur déterminée à la question Q42, pour la concentration .

Voir l'indice

Calculer la puissance surfacique maximale \mathcal{P}_s = \mathcal{P}_{\max} / (N a^2) en utilisant la conductance expérimentale à c_{s,2}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la surface totale S de la membrane constituée de N canaux carrés de côté a disposés côte à côte.
  2. Exprimer la puissance maximale par unité de surface \mathcal{P}_s = \mathcal{P}_{\max}/S à partir des expressions de \mathcal{P}_{\max}, E et R établies aux questions Q47 et Q48.
  3. Réaliser l'application numérique avec les valeurs fournies (I_{\mathrm{DO}} = 1\text{ nA}, a = 25\text{ nm}, G_2 = 10\text{ nS}).
Voir la réponse courte

Puissance maximale par canal divisée par la surface a^2 pour obtenir la densité de puissance surfacique.

Voir le corrigé complet

Puisque les N canaux de section carrée a^2 sont supposés alignés et étroitement serrés les uns contre les autres, la surface frontale totale de la membrane s'écrit :

S = N a^2

D'après les résultats de la question Q48, la puissance maximale débitée par la membrane dans une charge adaptée (r = R) vaut :

\mathcal{P}_{\max} = \frac{E^2}{4R}

En injectant les expressions de la force électromotrice équivalente E = R_c I_{\mathrm{DO}} et de la résistance interne R = R_c / N trouvées à la question Q47, il vient :

\mathcal{P}_{\max} = \frac{(R_c I_{\mathrm{DO}})^2}{4(R_c / N)} = \frac{N}{4} R_c I_{\mathrm{DO}}^2

La puissance maximale produite par unité de surface \mathcal{P}_s s'en déduit immédiatement, indépendamment du nombre de canaux N :

\mathcal{P}_s = \frac{\mathcal{P}_{\max}}{S} = \frac{R_c I_{\mathrm{DO}}^2}{4 a^2} = \frac{I_{\mathrm{DO}}^2}{4 G a^2}

Pour la concentration c_{s,2} = 0,1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, la conductance expérimentale estimée à la question Q42 est :

G = 10\text{ nS} = 1{,}0\times 10^{-8}\text{ S} \quad \implies \quad R_c = \frac{1}{G} = 1{,}0\times 10^8\,\Omega

Avec I_{\mathrm{DO}} = 1\text{ nA} = 1{,}0\times 10^{-9}\text{ A} (énoncé section 3.2) et a = 25\text{ nm} = 25\times 10^{-9}\text{ m} :

\begin{aligned} \mathcal{P}_s &= \frac{1{,}0\times 10^8 \times (1{,}0\times 10^{-9})^2}{4 \times (25\times 10^{-9})^2} \\ &= \frac{1{,}0\times 10^{-10}}{4 \times 625\times 10^{-18}} \\ &= \frac{10^8}{2500} = 4\times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_s = \frac{R_c I_{\mathrm{DO}}^2}{4 a^2} \simeq 4\times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} = 40\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}}

Résultat

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Question 50

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance, dimensionnement

En déduire la surface nécessaire pour allumer une ampoule de .

Voir l'indice

Diviser la puissance consommée par l'ampoule (9\text{ W}) par la puissance surfacique calculée précédemment.

Voir la réponse courte

Calcul de la surface de membrane en divisant la puissance de 9\text{ W} par la puissance surfacique.

Voir le corrigé complet

Pour fournir la puissance électrique \mathcal{P} = 9\text{ W} nécessaire au fonctionnement de l'ampoule en régime d'adaptation d'impédance, la surface de membrane S requise vérifie :

\mathcal{P} = \mathcal{P}_s \, S

où \mathcal{P}_s est la puissance maximale produite par unité de surface déterminée à la question précédente (Q49).

Il vient ainsi :

S = \frac{\mathcal{P}}{\mathcal{P}_s}

Avec \mathcal{P} = 9\text{ W} et \mathcal{P}_s \simeq 4\times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}, on obtient :

S = \frac{9}{4\times 10^4} = 2,25\times 10^{-4}\text{ m}^2 = 2,25\text{ cm}^2
\boxed{S \simeq 2,3\times 10^{-4}\text{ m}^2 \simeq 2,3\text{ cm}^2}

Résultat

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Question 51

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dimensionnement, puissance

Quelle superficie de membrane faudrait-il pour atteindre la puissance électrique produite par un réacteur nucléaire () ?

Voir l'indice

Effectuer le quotient entre la puissance d'un réacteur (900\text{ MW}) et la puissance surfacique pour déterminer la superficie nécessaire.

Voir la réponse courte

Division de 900\text{ MW} par la puissance surfacique, conduisant à une surface de plusieurs kilomètres carrés.

Voir le corrigé complet

Pour fournir une puissance électrique totale \mathcal{P} = 900\text{ MW} = 9{,}0 \times 10^8\text{ W}, correspondant à celle d'un réacteur nucléaire, la superficie S de membrane requise se déduit de la densité surfacique de puissance maximale \mathcal{P}_s \simeq 4{,}0 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} établie à la question Q49 :

S = \frac{\mathcal{P}}{\mathcal{P}_s}

L'application numérique donne :

S = \frac{9{,}0 \times 10^8\text{ W}}{4{,}0 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}} = 2{,}25 \times 10^4\text{ m}^2
\boxed{S \simeq 2{,}3 \times 10^4\text{ m}^2 = 2{,}3\text{ ha}}

Résultat

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3.3 · Transformateur pour revenir en courant continu

Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : pont en h, loi des mailles

Écrire la tension aux bornes du dipôle lors de chacune des phases d'une période, en fonction de , et du courant circulant dans le circuit.

Voir l'indice

Suivre les mailles imposées par la fermeture des paires d'interrupteurs (K_1, K_4) puis (K_2, K_3) pour exprimer la tension U.

Voir la stratégie
  1. Repérer sur le schéma de la figure 6 les potentiels des rails supérieur (V_H) et inférieur (V_B) reliés à la source réelle (E, R).
  2. Pour chaque phase, identifier les connexions établies par les interrupteurs fermés afin de relier les potentiels des bornes gauche et droite du dipôle \{r, L\} à V_H et V_B.
  3. Exprimer le courant débité par la source i_g en fonction de i pour en déduire la tension V_H - V_B, puis la tension U = V_{\text{gauche}} - V_{\text{droite}}.
Voir la réponse courte

Loi des mailles pour les deux phases de commutation du pont en H : U = E - Ri puis U = -E - Ri.

Voir le corrigé complet

D'après la flèche associée à U sur la figure 6, la tension aux bornes du dipôle \{r, L\} est définie par :

U = V_{\text{gauche}} - V_{\text{droite}}

Le courant i traverse ce dipôle de la gauche vers la droite.

Notons V_H le potentiel du rail supérieur et V_B celui du rail inférieur. La branche de gauche est constituée d'une force électromotrice E orientée vers le haut et d'une résistance interne R en série. Si l'on note i_g le courant sortant de cette branche vers le rail supérieur, la loi d'Ohm pour ce générateur réel s'écrit :

V_H - V_B = E - R i_g

1. Première phase : 0 \le t < T/2

  • Les interrupteurs K_1 et K_4 sont fermés (K_2 et K_3 ouverts).
  • La borne gauche du dipôle est reliée au rail supérieur : V_{\text{gauche}} = V_H.
  • La borne droite du dipôle est reliée au rail inférieur : V_{\text{droite}} = V_B.
  • Le courant i arrivant par K_1 provient directement du rail supérieur, d'où i_g = i.

La tension aux bornes du dipôle vaut donc :

U = V_H - V_B = E - R i
\boxed{U(t) = E - R\,i(t) \quad \text{pour } 0 \le t < \frac{T}{2}}

2. Seconde phase : T/2 \le t < T

  • Les interrupteurs K_2 et K_3 sont fermés (K_1 et K_4 ouverts).
  • La borne gauche du dipôle est reliée au rail inférieur : V_{\text{gauche}} = V_B.
  • La borne droite du dipôle est reliée au rail supérieur : V_{\text{droite}} = V_H.
  • Le courant i traversant le dipôle de gauche à droite retourne au générateur par le rail inférieur et en ressort vers la borne droite via le rail supérieur. Le courant sortant du rail supérieur vers le pont vaut donc -i, soit i_g = -i.

La tension entre les deux rails devient :

V_H - V_B = E - R(-i) = E + R i

On en déduit la tension U :

U = V_B - V_H = -(V_H - V_B) = -(E + R i)
\boxed{U(t) = -E - R\,i(t) \quad \text{pour } \frac{T}{2} \le t < T}

Résultat

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Question 53

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : circuit rl, équation différentielle

Donner les équations différentielles vérifiées par le courant pour les deux phases d'alimentation.

Voir l'indice

Écrire la loi des mailles aux bornes de la branche inductive U = r i + L \text{d}i/\text{d}t sur chaque demi-période.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension U(t) aux bornes de la branche contenant la résistance r et la bobine L en convention récepteur.
  2. Égaler cette relation constitutive avec l'expression de la tension U(t) obtenue pour chacune des deux phases à la question précédente.
  3. Mettre les équations différentielles obtenues sous leur forme canonique du premier ordre.
Voir la réponse courte

Équation différentielle du premier ordre \tau \frac{\text{d}i}{\text{d}t} + i = \pm I avec \tau = L/(R+r) et I = E/(R+r).

Voir le corrigé complet

Le dipôle constitué de l'association en série de la résistance r et de la bobine d'inductance L est parcouru par le courant i(t). En convention récepteur (la flèche de tension U étant opposée au sens de parcours du courant i), la relation constitutive s'écrit à tout instant :

U(t) = r \, i(t) + L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}(t)

Première phase (0 \le t < T/2) :
D'après la question Q52, la tension aux bornes du dipôle vaut U(t) = E - R\,i(t). En égalant les deux expressions :

L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + r\,i = E - R\,i

ce qui donne l'équation différentielle :

\boxed{L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + (R + r)\,i = E \quad \text{pour} \quad 0 \le t < \frac{T}{2}}

Seconde phase (T/2 \le t < T) :
D'après la question Q52, on a U(t) = -E - R\,i(t). On obtient de même :

L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + r\,i = -E - R\,i

soit :

\boxed{L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + (R + r)\,i = -E \quad \text{pour} \quad \frac{T}{2} \le t < T}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 54

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime transitoire, circuit rl

Résoudre ces équations pour chaque phase d'alimentation sur une première période, en supposant qu'initialement . On introduira les quantités et . Tracer l'allure du courant en fonction du temps. Pour cette représentation graphique, on prendra .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant et assurer la continuité du courant en t = T/2.

Voir la stratégie
  1. Réécrire les équations différentielles établies en Q53 sous forme canonique en introduisant la constante de temps \tau = \frac{L}{R+r} et l'intensité de saturation I = \frac{E}{R+r}.
  2. Intégrer l'équation sur la première phase (0 \le t < T/2) à l'aide de la condition initiale i(0) = i_0.
  3. Utiliser la continuité du courant traversant la bobine en t = T/2 pour déterminer la constante d'intégration sur la seconde phase (T/2 \le t < T).
  4. Représenter l'allure de i(t) pour i_0 = 0 sur l'intervalle [0, T].
Voir la réponse courte

Raccordement par continuité de deux exponentielles décroissantes et tracé de la courbe i(t).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q53, les équations différentielles régissant l'évolution du courant i(t) s'écrivent :

  • Pour 0 \le t < T/2 :

    L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + (R+r)i = E \iff \tau \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + i = I
  • Pour T/2 \le t < T :

    L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + (R+r)i = -E \iff \tau \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + i = -I

où l'on a introduit :

\tau = \frac{L}{R+r} \quad \text{et} \quad I = \frac{E}{R+r}

1. Première phase (0 \le t < T/2) :

La solution générale de l'équation différentielle linéaire avec second membre constant est :

i(t) = I + A\, e^{-t/\tau}

La condition initiale i(0) = i_0 impose A = i_0 - I. On en déduit :

\boxed{i(t) = I + (i_0 - I)\,e^{-t/\tau} \quad \text{pour} \quad 0 \le t < \frac{T}{2}}

2. Seconde phase (T/2 \le t < T) :

La solution générale s'écrit sous la forme :

i(t) = -I + B\, e^{-(t - T/2)/\tau}

En raison de la présence de la bobine d'inductance L, l'énergie magnétique \frac{1}{2}L i^2 ne peut pas varier de manière discontinue. Le courant i(t) est donc une fonction continue du temps en t = T/2 :

i\left(\frac{T}{2}^+\right) = i\left(\frac{T}{2}^-\right) = i_1 \quad \text{avec} \quad i_1 = I + (i_0 - I)\,e^{-T/(2\tau)}

Ainsi, -I + B = i_1, ce qui donne B = i_1 + I = 2I + (i_0 - I)\,e^{-T/(2\tau)}. L'expression du courant sur cette seconde phase est donc :

\boxed{i(t) = -I + \left(i_1 + I\right) e^{-(t - T/2)/\tau} \quad \text{pour} \quad \frac{T}{2} \le t < T}

soit encore :

i(t) = -I + \left[2I + (i_0 - I)\,e^{-T/(2\tau)}\right] e^{-(t - T/2)/\tau}

3. Représentation graphique pour i_0 = 0 :

Dans ce cas particulier, les expressions deviennent :

  • Pour 0 \le t < T/2 : i(t) = I\left(1 - e^{-t/\tau}\right) ;
  • En t = T/2 : i_1 = I\left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right) > 0 ;
  • Pour T/2 \le t < T : i(t) = -I + I\left(2 - e^{-T/(2\tau)}\right) e^{-(t - T/2)/\tau}, avec une asymptote en -I.

Résultat

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Question 55

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime permanent périodique, circuit rl

En régime permanent, le courant varie entre et sur la première phase d'une période. Déterminer l'expression de en fonction de , et . On pourra utiliser l'une des fonctions spéciales définies dans le formulaire.

Voir l'indice

Imposer la condition de symétrie du régime permanent i(T/2) = -i(0) = i_{\max} et exprimer i_{\max} à l'aide de la tangente hyperbolique.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la condition de régime permanent établie par l'énoncé sur la première demi-période : le courant évolue continûment de i(0) = -i_{\text{max}} à i(T/2) = i_{\text{max}}.
  2. Injecter ces conditions aux bornes de l'intervalle dans la solution de l'équation différentielle obtenue à la question Q54.
  3. Isoler i_{\text{max}} et faire apparaître la fonction tangente hyperbolique \operatorname{th} définie dans le formulaire.
Voir la réponse courte

Condition d'antisymétrie i(T/2) = i_{\max} appliquée à la solution pour établir i_{\max} = I \tanh(T/(4\tau)).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q54, sur la première phase d'alimentation correspondant à l'intervalle t \in [0, T/2[, le courant dans la bobine vérifie l'équation horaire :

i(t) = I + \bigl(i(0) - I\bigr) e^{-t/\tau}

avec \tau = \frac{L}{R+r} et I = \frac{E}{R+r}.

En régime permanent, le générateur imposant un signal antisymétrique de demi-période (U(t + T/2) = -U(t)), le courant vérifie la condition d'anti-périodicité i(t + T/2) = -i(t). Par continuité du courant dans la bobine, sur la première demi-période :

i(0) = -i_{\text{max}} \quad \text{et} \quad i\left(\frac{T}{2}\right) = i_{\text{max}}

En évaluant l'expression de i(t) en t = T/2, il vient :

\begin{aligned} i_{\text{max}} &= I + (-i_{\text{max}} - I)\, e^{-T/(2\tau)} \\ i_{\text{max}} \left(1 + e^{-T/(2\tau)}\right) &= I \left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right) \end{aligned}

On en déduit l'expression de i_{\text{max}} :

i_{\text{max}} = I\, \frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}}

En factorisant par e^{-T/(4\tau)} au numérateur et au dénominateur :

i_{\text{max}} = I\, \frac{e^{T/(4\tau)} - e^{-T/(4\tau)}}{e^{T/(4\tau)} + e^{-T/(4\tau)}} = I\, \frac{\operatorname{sh}\left(\frac{T}{4\tau}\right)}{\operatorname{ch}\left(\frac{T}{4\tau}\right)}

Soit finalement :

\boxed{i_{\text{max}} = I \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right)}

Résultat

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Question 56

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime permanent périodique, circuit rl

Obtenir le courant délivré à la charge sur la première phase d'une période.

Voir l'indice

Injecter la condition initiale i(0) = -i_{\max} dans l'expression temporelle du courant sur la première phase.

Voir la réponse courte

Expression du courant i(t) = I - (I + i_{\max})e^{-t/\tau} sur la première demi-période.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q53, sur la première phase d'une période (0 \le t < T/2), l'équation différentielle vérifiée par le courant i(t) s'écrit :

\tau \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + i(t) = I

La solution générale de cette équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants est :

i(t) = I + A\, e^{-t/\tau}

où A est une constante d'intégration.

En régime permanent, le courant varie entre -i_{\max} et +i_{\max} au cours de cette première phase. Avec la nouvelle origine des temps fixée au début de cette phase, la condition initiale est :

i(0) = -i_{\max}

ce qui donne immédiatement :

I + A = -i_{\max} \implies A = -(I + i_{\max})

Le courant délivré s'exprime donc sous la forme :

i(t) = I - (I + i_{\max})\, e^{-t/\tau}

En injectant l'expression de i_{\max} = I \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) = I \frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} obtenue à la question Q55, le préfacteur se réécrit :

I + i_{\max} = I \left[ 1 + \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) \right] = \frac{2I}{1 + e^{-T/(2\tau)}}

On obtient finalement, pour tout t \in \left[0, \frac{T}{2}\right[ :

\boxed{i(t) = I \left[ 1 - \left(1 + \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right)\right) e^{-t/\tau} \right] = I \left( 1 - \frac{2\, e^{-t/\tau}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} \right)}

Résultat

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Question 57

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance moyenne, effet joule

L'énergie délivrée par le dispositif correspond à l'énergie consommée par via l'effet Joule. Calculer la puissance moyenne délivrée au cours d'une période en régime stationnaire. On exprimera le résultat en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer le carré du courant i(t)^2 sur une demi-période [0, T/2] pour déterminer la puissance moyenne par effet Joule.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'anti-périodicité du courant en régime permanent (i(t + T/2) = -i(t)) pour réduire l'intervalle d'intégration de la puissance Joule moyenne à une demi-période [0, T/2].
  2. Développer i(t)^2 à partir de l'expression obtenue à la question Q56 et intégrer terme à terme les exponentielles.
  3. Factoriser et exprimer le résultat sous forme condensée à l'aide de la tangente hyperbolique.
Voir la réponse courte

Calcul de la puissance moyenne par intégration de r i^2(t) sur une demi-période en régime permanent établi.

Voir le corrigé complet

La puissance instantanée consommée par la résistance r par effet Joule est \mathcal{P}(t) = r\,i(t)^2.

En régime permanent, le courant vérifie la relation d'anti-périodicité i(t + T/2) = -i(t), si bien que i(t)^2 est périodique de période T/2. La puissance moyenne sur une période T se réduit donc à la moyenne sur la première demi-période :

\mathcal{P}_{\text{AC}} = \frac{1}{T} \int_0^T r\,i(t)^2\,\mathrm{d}t = \frac{2r}{T} \int_0^{T/2} i(t)^2\,\mathrm{d}t

D'après le résultat de la question Q56, sur l'intervalle 0 \le t < T/2, le courant s'écrit :

i(t) = I \left( 1 - A\,e^{-t/\tau} \right) \quad \text{avec} \quad A = \frac{2}{1 + e^{-T/(2\tau)}} = 1 + \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right)

En développant le carré :

i(t)^2 = I^2 \left( 1 - 2A\,e^{-t/\tau} + A^2\,e^{-2t/\tau} \right)

Calculons l'intégrale de chacun des trois termes entre 0 et T/2 :

\begin{aligned} \int_0^{T/2} \mathrm{d}t &= \frac{T}{2} \\ \int_0^{T/2} e^{-t/\tau}\,\mathrm{d}t &= \tau \left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right) \\ \int_0^{T/2} e^{-2t/\tau}\,\mathrm{d}t &= \frac{\tau}{2} \left(1 - e^{-T/\tau}\right) = \frac{\tau}{2} \left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right)\left(1 + e^{-T/(2\tau)}\right) \end{aligned}

En regroupant les deux termes dépendant du temps avec A = \frac{2}{1 + e^{-T/(2\tau)}} :

\begin{aligned} \int_0^{T/2} \left(-2A\,e^{-t/\tau} + A^2\,e^{-2t/\tau}\right)\mathrm{d}t &= -2 \left(\frac{2}{1 + e^{-T/(2\tau)}}\right) \tau \left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right) \\ &\quad + \left(\frac{4}{\left(1 + e^{-T/(2\tau)}\right)^2}\right) \frac{\tau}{2} \left(1 - e^{-T/(2\tau)}\right)\left(1 + e^{-T/(2\tau)}\right) \\ &= -4\tau \frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} + 2\tau \frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} \\ &= -2\tau \frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} \end{aligned}

En reconnaissant l'expression de la tangente hyperbolique :

\frac{1 - e^{-T/(2\tau)}}{1 + e^{-T/(2\tau)}} = \frac{e^{T/(4\tau)} - e^{-T/(4\tau)}}{e^{T/(4\tau)} + e^{-T/(4\tau)}} = \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right)

l'intégrale complète de i(t)^2 vaut :

\int_0^{T/2} i(t)^2\,\mathrm{d}t = I^2 \left[ \frac{T}{2} - 2\tau\operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) \right]

On en déduit l'expression finale de la puissance moyenne \mathcal{P}_{\text{AC}} :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{AC}} = r I^2 \left[ 1 - \frac{4\tau}{T} \operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) \right]}

Résultat

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Question 58

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, puissance moyenne

Effectuer un développement limité pour obtenir une estimation au premier ordre non nul de la puissance délivrée dans le cas où , puis dans le cas où .

Voir l'indice

Utiliser les développements limités de \operatorname{th}(u) pour les régimes limites u \to 0 (T \ll \tau) et u \to \infty (T \gg \tau).

Voir la stratégie
  1. On pose la variable adimensionnée u = \dfrac{T}{4\tau}. L'expression de la puissance moyenne s'écrit alors \mathcal{P}_{\text{AC}} = r I^2 \left( 1 - \dfrac{\operatorname{th}(u)}{u} \right).
  2. Dans le cas T \gg \tau, on a u \gg 1. On utilise le comportement asymptotique de la fonction tangente hyperbolique pour u \to +\infty (\operatorname{th}(u) \to 1) afin d'effectuer un développement en puissances de \tau/T.
  3. Dans le cas T \ll \tau, on a u \ll 1. On effectue le développement limité au voisinage de 0 de \operatorname{th}(u) à l'aide de la formule fournie dans le formulaire pour trouver le premier ordre non nul.
Voir la réponse courte

Développements limites : \mathcal{P}_{\text{AC}} \to r I^2 pour T \gg \tau, et puissance s'annulant en \mathcal{O}(T^2/\tau^2) pour T \ll \tau.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q57, la puissance moyenne délivrée s'écrit :

\mathcal{P}_{\text{AC}} = r I^2 \left[ 1 - \frac{4\tau}{T}\operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) \right]

Posons la variable sans dimension :

u = \frac{T}{4\tau}

de sorte que :

\mathcal{P}_{\text{AC}} = r I^2 \left( 1 - \frac{\operatorname{th}(u)}{u} \right)

1. Cas où T \gg \tau (u \gg 1) : Pour u \to +\infty, on a :

\operatorname{th}(u) = \frac{1 - e^{-2u}}{1 + e^{-2u}} = 1 - 2e^{-2u} + \mathcal{O}(e^{-4u})

Le terme exponentiel est négligeable devant toute puissance de 1/u. Par conséquent :

\frac{\operatorname{th}(u)}{u} = \frac{1}{u} + \mathcal{O}\left(\frac{e^{-2u}}{u}\right) = \frac{4\tau}{T} + o\left(\frac{\tau}{T}\right)

À l'ordre dominant (ordre 0 en \tau/T), on obtient :

\mathcal{P}_{\text{AC}} \simeq r I^2

En conservant la première correction non nulle en \tau/T, on a :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{AC}} \simeq r I^2 \left( 1 - \frac{4\tau}{T} \right)}

2. Cas où T \ll \tau (u \ll 1) : Pour u \ll 1, le formulaire donne le développement limité :

\operatorname{th}(u) = u - \frac{u^3}{3} + o(u^3)

Il vient ainsi :

\frac{\operatorname{th}(u)}{u} = 1 - \frac{u^2}{3} + o(u^2)

D'où :

1 - \frac{\operatorname{th}(u)}{u} = \frac{u^2}{3} + o(u^2)

En réinjectant u = \dfrac{T}{4\tau} :

1 - \frac{4\tau}{T}\operatorname{th}\left(\frac{T}{4\tau}\right) = \frac{1}{3} \left(\frac{T}{4\tau}\right)^2 + o\left(\left(\frac{T}{\tau}\right)^2\right) = \frac{1}{48} \left(\frac{T}{\tau}\right)^2 + o\left(\left(\frac{T}{\tau}\right)^2\right)

Le premier ordre non nul est donc d'ordre 2 en T/\tau :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{AC}} \simeq \frac{r I^2}{48} \left(\frac{T}{\tau}\right)^2}

Résultat

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Question 59

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : conversion de puissance, filtrage inductif

Comparer les résultats à la puissance délivrée si la résistance était simplement branchée à la source . Conclure sur une optimisation potentielle de la valeur de l'inductance .

Voir l'indice

Comparer la puissance moyenne \mathcal{P}_{\text{AC}} à celle obtenue en continu direct et dégager la condition optimale sur l'inductance L.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance \mathcal{P}_{\text{DC}} délivrée à la charge r lorsqu'elle est directement connectée au générateur de Thévenin (E, R) en régime continu.
  2. Comparer cette puissance aux expressions approchées de \mathcal{P}_{\text{AC}} obtenues à la question Q58 pour les régimes T \gg \tau et T \ll \tau.
  3. En déduire l'impact de l'inductance L via la constante de temps \tau = L/(R+r) et discuter de sa valeur optimale.
Voir la réponse courte

En continu \mathcal{P}_{\text{DC}} = r I^2 ; la commutation dégrade la puissance délivrée, il faut minimiser L pour avoir \tau \ll T.

Voir le corrigé complet

Si la résistance r est directement branchée aux bornes de la source continue (E, R), le courant continu qui la traverse vaut :

i_{\text{DC}} = \frac{E}{R+r} = I

La puissance continue dissipée par effet Joule dans la charge s'écrit alors :

\mathcal{P}_{\text{DC}} = r i_{\text{DC}}^2 = r I^2 = \frac{r E^2}{(R+r)^2}

Comparons cette référence continue aux comportements asymptotiques établis à la question Q58 :

  • Cas où T \gg \tau :

    \mathcal{P}_{\text{AC}} \simeq \mathcal{P}_{\text{DC}} \left( 1 - \frac{4\tau}{T} \right) \underset{\tau/T \to 0}{\longrightarrow} \mathcal{P}_{\text{DC}}

    Le temps de réponse du circuit est très court devant la demi-période de commutation : le courant s'établit très rapidement aux paliers \pm I (onde quasi créneau). La puissance moyenne est alors très proche de la puissance continue maximale.

  • Cas où T \ll \tau :

    \mathcal{P}_{\text{AC}} \simeq \frac{\mathcal{P}_{\text{DC}}}{48} \left( \frac{T}{\tau} \right)^2 \ll \mathcal{P}_{\text{DC}}

    L'inductance empêche le courant d'atteindre sa valeur de saturation sur chaque alternance (i_{\max} \ll I), ce qui entraîne une chute dramatique de la puissance transférée.

Comme \tau = \frac{L}{R+r}, la puissance \mathcal{P}_{\text{AC}} est une fonction strictement décroissante de l'inductance L. Pour maximiser la puissance transmise à la charge, il faut minimiser L de sorte que :

\boxed{T \gg \tau \iff L \ll (R+r) T}

Résultat

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Question 60

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : inductance, dimensionnement

Estimer une valeur de telle que et de sorte que le signal ainsi transformé ait une fréquence de . On utilisera pour l'ordre de grandeur de déterminé à la question Q42 pour la concentration . On prendra également pour la résistance d'une ampoule de branchée sur une tension de . Cette valeur de paraît-elle raisonnable ?

Voir l'indice

Déterminer T pour f = 50\text{ Hz}, en déduire \tau = T/10 puis L = (R+r)\tau, et porter un regard critique sur la taille de la bobine requise.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la période T du signal à partir de la fréquence f = 50\text{ Hz}, puis en déduire la constante de temps souhaitée \tau = T/10.
  2. Calculer la résistance r de l'ampoule à partir de sa tension nominale et de sa puissance, puis identifier la résistance R donnée par l'énoncé.
  3. Exprimer et calculer l'inductance L = (R+r)\tau, puis discuter son ordre de grandeur au regard des technologies existantes.
Voir la réponse courte

Calcul de L = (R+r)T/10 \approx 10\text{ H}, valeur gigantesque et totalement irréaliste pour un composant compact.

Voir le corrigé complet

Pour une fréquence de f = 50\text{ Hz}, la période du signal alternatif vaut :

T = \frac{1}{f} = \frac{1}{50} = 2{,}0\times 10^{-2}\text{ s} = 20\text{ ms}

La condition T \simeq 10\tau impose une constante de temps du circuit :

\tau \simeq \frac{T}{10} = 2{,}0\times 10^{-3}\text{ s} = 2\text{ ms}

Calculons la résistance r de l'ampoule de puissance \mathcal{P} = 9\text{ W} alimentée sous la tension efficace U = 230\text{ V} :

\mathcal{P} = \frac{U^2}{r} \implies r = \frac{U^2}{\mathcal{P}} = \frac{230^2}{9} = \frac{52\,900}{9} \simeq 5{,}9\times 10^3\ \Omega \simeq 6\text{ k}\Omega

D'après la question Q42, pour c_{s,2} = 0{,}1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, la conductance mesurée d'un canal est G \simeq 10\text{ nS} = 10^{-8}\text{ S}. L'ordre de grandeur prescrit pour R est donc :

R \sim \frac{1}{G} \simeq 10^8\ \Omega = 100\text{ M}\Omega

On constate immédiatement que R \gg r, si bien que :

R + r \simeq R \simeq 10^8\ \Omega

Puisque \tau = \dfrac{L}{R+r}, on en déduit la valeur nécessaire pour l'inductance L :

L = (R + r)\tau \simeq R \tau \simeq 10^8 \times 2{,}0\times 10^{-3}
\boxed{L \simeq 2\times 10^5\text{ H}}

Cette valeur de L n'est absolument pas raisonnable. Les inductances couramment utilisées en électronique et en génie électrique sont de l'ordre du microhenry (\mu\text{H}) au henry (\text{H}). Une inductance de plusieurs centaines de kilohenrys est irréalisable en pratique : elle nécessiterait un bobinage aux dimensions gigantesques et introduirait une résistance série parasite bien plus grande que celle modélisée ici.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Surtout 4 chapitres : Électrostatique (28 % des questions, partie 2), Circuits électriques et régimes transitoires (22 %, partie 3), Mécanique des fluides (18 %) et Thermodynamique chimique et équilibres (12 %, partie 1). Plus ponctuellement : Conversion de puissance, Premier et second principes de la thermodynamique, Diffusion thermique et diffusion de particules et Facteur de Boltzmann et physique statistique.

Peut-on travailler le sujet ENS Physique U PSI 2025 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 20 questions sur 60 (33 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie 3.2 (Q46 à Q51) et la sous-partie 3.3 (Q52 à Q60), ainsi que Q1, Q8, Q9, Q14 et Q42. Avec les autres programmes de première année : 19 en MP2I, 19 en TSI1 et 18 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 6 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie 2 est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q23 (équation de poisson-boltzmann), Q31 (équation de navier-stokes) et Q57 (puissance moyenne).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Questions de cours : Q2 (potentiel chimique), Q11 (loi de fick), Q16 (équation de poisson), Q17 (symétrie et invariances), Q24 (force volumique), Q25 (nombre de reynolds) et Q32 (condition d'adhérence). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q13 (relation d'einstein), Q18 (approximation de debye-hückel), Q27 (équation de navier-stokes), Q46 (schéma électrique), Q47 (théorème de thévenin), Q48 (adaptation d'impédance) et Q53 (circuit rl).

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (50 sur 60), par exemple : Q2 à Q11, Q13 à Q18, Q20 à Q22, Q24 à Q28, Q32, Q34 à Q53, Q55, Q56 et Q58 à Q60. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1, Q19, Q23 et Q29 à Q31.

Quelle a été la moyenne au sujet ENS Physique U PSI 2025 ?

Moyenne : 10,7/20 (écart-type 3,4, 489 présents).

Faut-il maîtriser le pont en H pour aborder la sous-partie 3.3 ?

Non : le fonctionnement des interrupteurs durant chaque demi-période est entièrement explicité par le texte et le schéma introductifs de la sous-partie 3.3. Les questions Q52 à Q60 relèvent uniquement de l'étude classique d'un circuit RL en régime transitoire et périodique.

Comment démarrer la résolution de l'équation de Poisson-Boltzmann en Q23 ?

Multiplier l'équation différentielle \psi'' = \frac{1}{\lambda_D^2}\operatorname{sh}\psi par \psi', intégrer une première fois pour obtenir \psi'^2 en exploitant les conditions aux limites à l'infini, puis séparer les variables en utilisant l'indication fournie sur la dérivée de \ln[\operatorname{th}(x/4)].

Où je me situe, question par question

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 60 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,7 et d'écart-type 3,4 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.