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Corrigé détaillé CCINP Physique MP 2023 (page 2/4 : Partie I (questions 13 à 23))

Physique et univers de One Piece : élasticité, foudre et congélation

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Partie I : Gomu no jet pistol : chaîne d’oscillateurs et onde mécanique (suite)

I.3 · Solide cristallin

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : interaction de van der waals, potentiel de lennard-jones

À quelles interactions correspondent les deux termes du potentiel de Lennard-Jones ?

Voir l'indice

Associer le terme attractif en -1/x^6 aux interactions dipolaires de van der Waals et le terme répulsif en 1/x^{12} à l'exclusion stérique de Pauli.

Voir la réponse courte

Terme en x^{-12} répulsif à très courte distance (Pauli), terme en -x^{-6} attractif (interactions de Van der Waals).

Voir le corrigé complet

Le potentiel de Lennard-Jones s'écrit sous la forme :

V(x) = \frac{A}{x^{12}} - \frac{B}{x^6} \quad \text{avec } A > 0 \text{ et } B > 0

La force d'interaction entre les deux atomes dérive de cette énergie potentielle :

F(x) = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x} = \frac{12 A}{x^{13}} - \frac{6 B}{x^7}
  • Le terme en -\dfrac{B}{x^6} (terme attractif) :
    Il correspond à une force attractive (F_{\text{att}} < 0) prépondérante à moyenne et longue distances. Il modélise les interactions attractives interatomiques de type van der Waals, plus particulièrement les forces de dispersion de London (interactions dipôle induit – dipôle induit).
  • Le terme en +\dfrac{A}{x^{12}} (terme répulsif) :
    Il correspond à une force répulsive (F_{\text{rép}} > 0) fortement divergente à courte distance (x \to 0). Il modélise la répulsion stérique due à l'interpénétration des nuages électroniques et au principe d'exclusion de Pauli (deux électrons ne peuvent occuper le même état quantique), à laquelle s'ajoute la répulsion électrostatique entre les noyaux atomiques.
Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas considérer l'interaction de Van der Waals comme répulsive.

« Réponses floues ; certains pensent que l’interaction de Van der Waals est répulsive ! »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle, position d'équilibre

En notant , la distance entre deux atomes à l'équilibre, montrer que se met sous la forme :

où la profondeur du puits de potentiel est à exprimer en fonction de et de .

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre \mathrm{d}V/\mathrm{d}x(a) = 0 pour exprimer A en fonction de B et a, puis factoriser V(x) par le minimum d'énergie.

Voir la réponse courte

Dérivation de V(x) et annulation en x=a pour relier A à B, montrant que \Theta_o = B/(2a^6).

Voir le corrigé complet

L'énergie potentielle d'interaction de Lennard-Jones s'écrit :

V(x) = \frac{A}{x^{12}} - \frac{B}{x^6}

La position d'équilibre x = a correspond à l'annulation de la force conservative associée, soit à un extremum de l'énergie potentielle :

\left. \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x} \right|_{x=a} = 0

Calculons la dérivée première de V(x) :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x} &= -\frac{12A}{x^{13}} + \frac{6B}{x^7} = \frac{6}{x^7} \left( -\frac{2A}{x^6} + B \right) \end{aligned}

En x = a, cette condition impose :

-\frac{2A}{a^6} + B = 0 \implies A = \frac{B a^6}{2}

En réinjectant cette expression de A dans V(x), on obtient :

\begin{aligned} V(x) &= \frac{B a^6}{2 x^{12}} - \frac{B}{x^6} \\ &= \frac{B}{2a^6} \left[ \left(\frac{a}{x}\right)^{12} - 2\left(\frac{a}{x}\right)^6 \right] \end{aligned}

On identifie alors la forme demandée en posant :

\boxed{\Theta_o = \frac{B}{2a^6}}

et l'expression de V(x) s'écrit bien :

\boxed{V(x) = \Theta_o \left[ \left( \frac{a}{x} \right)^{12} - 2 \left( \frac{a}{x} \right)^6 \right]}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle, puits de potentiel

Sur le graphique ci-après, ont été représentées les courbes :

Identifier ces courbes.

Voir l'indice

Examiner le comportement limite lorsque x/a \to 0 et x/a \to \infty, ainsi que le signe et les extrema des différentes fonctions proposées.

Voir la stratégie

Pour identifier les trois courbes sans ambiguïté :

  1. Évaluer chacune des trois fonctions en la valeur particulière \frac{x}{a} = 1 ;
  2. Suivre précisément les lignes de rappel et les pointes de flèches sur le graphique afin d'associer chaque courbe à sa fonction respective.
Voir la réponse courte

Identification : courbe avec un minimum en (1,-1) pour V/\Theta_o, courbe à plus forte divergence pour x^{-12}.

Voir le corrigé complet

Posons la variable adimensionnée u = \frac{x}{a}. Les trois fonctions à identifier s'écrivent :

  • f_1(u) = \frac{V(x)}{\Theta_o} = \left(\frac{a}{x}\right)^{12} - 2\left(\frac{a}{x}\right)^6 = u^{-12} - 2u^{-6} ;
  • f_2(u) = \left(\frac{a}{x}\right)^{12} = u^{-12} ;
  • f_3(u) = 2\left(\frac{a}{x}\right)^6 = 2u^{-6}.

Évaluons ces grandeurs pour la position d'équilibre u = 1 (soit x = a) :

\begin{aligned} f_1(1) &= 1 - 2 = -1, \\ f_2(1) &= 1, \\ f_3(1) &= 2. \end{aligned}

En observant le graphique et en suivant les lignes de rappel :

  • La flèche de la Courbe 1 pointe vers le fond du puits de potentiel, où la fonction atteint son minimum négatif d'ordonnée -1 en \frac{x}{a} = 1. Il s'agit donc du potentiel de Lennard-Jones réduit.
  • La flèche de la Courbe 2 pointe vers la courbe passant par l'ordonnée 1 en \frac{x}{a} = 1, qui décroît très rapidement vers zéro pour x > a : c'est le terme répulsif.
  • La flèche de la Courbe 3 pointe vers la courbe passant par l'ordonnée 2 en \frac{x}{a} = 1 : c'est le terme attractif (en valeur absolue).

On en déduit l'identification :

\boxed{ \begin{aligned} \text{Courbe 1} &\longleftrightarrow \left[ \frac{x}{a} \mapsto \frac{V(x)}{\Theta_o} \right] \\ \text{Courbe 2} &\longleftrightarrow \left[ \frac{x}{a} \mapsto \left(\frac{a}{x}\right)^{12} \right] \\ \text{Courbe 3} &\longleftrightarrow \left[ \frac{x}{a} \mapsto 2\left(\frac{a}{x}\right)^6 \right] \end{aligned} }

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : oscillateur harmonique, énergie potentielle

Montrer que, tant que l'amplitude des oscillations reste négligeable devant , la liaison entre deux atomes est modélisable par un ressort de constante de raideur que l'on exprimera en fonction de et de . On pourra développer le potentiel au second ordre grâce à la formule de Taylor.

Voir l'indice

Effectuer un développement de Taylor à l'ordre 2 de V(x) au voisinage de x=a et identifier le coefficient quadratique avec l'énergie potentielle d'un ressort.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité de l'énergie potentielle V(x) au voisinage de la position d'équilibre x = a au second ordre en \varepsilon = x - a.
  2. Identifier l'énergie potentielle harmonique équivalente sous la forme V(\varepsilon) = V(a) + \frac{1}{2}k\varepsilon^2 ou dériver pour obtenir l'expression de la force de rappel \vec{F} = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x}\vec{u}_x.
Voir la réponse courte

Dérivée seconde en x=a donnant la raideur effective de la liaison k = V''(a) = 72\Theta_o/a^2.

Voir le corrigé complet

Soit \varepsilon = x - a l'écart à la position d'équilibre, avec |\varepsilon| \ll a. Posons la variable sans dimension \eta = \frac{\varepsilon}{a} \ll 1.

L'énergie potentielle issue de la question Q14 s'écrit :

V(x) = \Theta_o \left[ (1 + \eta)^{-12} - 2(1 + \eta)^{-6} \right]

En utilisant le développement limité (1 + \eta)^\alpha = 1 + \alpha\eta + \frac{\alpha(\alpha-1)}{2}\eta^2 + o(\eta^2) au second ordre :

\begin{aligned} (1 + \eta)^{-12} &= 1 - 12\eta + \frac{(-12)(-13)}{2}\eta^2 + o(\eta^2) = 1 - 12\eta + 78\eta^2 + o(\eta^2) \\ (1 + \eta)^{-6} &= 1 - 6\eta + \frac{(-6)(-7)}{2}\eta^2 + o(\eta^2) = 1 - 6\eta + 21\eta^2 + o(\eta^2) \end{aligned}

En combinant ces deux termes :

\begin{aligned} V(x) &= \Theta_o \left[ (1 - 12\eta + 78\eta^2) - 2(1 - 6\eta + 21\eta^2) \right] + o(\eta^2) \\ &= \Theta_o \left[ -1 + (78 - 42)\eta^2 \right] + o(\eta^2) \\ &= -\Theta_o + 36\Theta_o \left(\frac{\varepsilon}{a}\right)^2 + o(\varepsilon^2) \end{aligned}

Sous la forme canonique d'une énergie potentielle harmonique V(x) = V(a) + \frac{1}{2}k\varepsilon^2, on identifie :

\frac{1}{2}k = \frac{36\Theta_o}{a^2}

soit :

\boxed{k = \frac{72\Theta_o}{a^2}}

La force d'interaction entre les deux atomes s'en déduit selon :

\vec{F} = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x}\,\vec{u}_x \approx -k(x - a)\,\vec{u}_x = -k\varepsilon\,\vec{u}_x

Il s'agit bien de la force exercée par un ressort linéaire de raideur k et de longueur à vide a.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : oscillateur harmonique, constante de raideur

Calculer et pour , et .

Voir l'indice

Convertir la profondeur du puits \Theta_o en joules (1\text{ eV} \approx 1{,}6\cdot 10^{-19}\text{ J}) avant d'effectuer les applications numériques de k et de \omega_o = \sqrt{k/m}.

Voir la réponse courte

Application numérique donnant k \approx 28,8\,\text{N}\cdot\text{m}^{-1} et \omega_o = \sqrt{k/m} \approx 1,7\cdot 10^{13}\,\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, la constante de raideur équivalente est donnée par :

k = \frac{72\,\Theta_o}{a^2}

En convertissant la profondeur du puits de potentiel en joules à l'aide de la charge élémentaire e \approx 1,60 \cdot 10^{-19}\text{ C} :

\Theta_o = 0,10\text{ eV} = 0,10 \times 1,60 \cdot 10^{-19}\text{ J} = 1,60 \cdot 10^{-20}\text{ J}

L'application numérique donne :

\begin{aligned} k &= \frac{72 \times 1,60 \cdot 10^{-20}}{(2,0 \cdot 10^{-10})^2} \\ &= \frac{72 \times 1,60 \cdot 10^{-20}}{4,0 \cdot 10^{-20}} = 18 \times 1,60 = 28,8\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

Avec deux chiffres significatifs, on obtient :

\boxed{k = 29\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}}

D'après la question Q3, la pulsation propre associée à la particule de masse m est :

\omega_o = \sqrt{\frac{k}{m}}

Avec m = 1,0 \cdot 10^{-25}\text{ kg} et la valeur non arrondie de k :

\begin{aligned} \omega_o &= \sqrt{\frac{28,8}{1,0 \cdot 10^{-25}}} \\ &= \sqrt{2,88 \cdot 10^{26}} \approx 1,70 \cdot 10^{13}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\omega_o = 1,7 \cdot 10^{13}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie cinétique, moyenne temporelle

Exprimer la valeur moyenne temporelle de l'énergie cinétique d'un atome indicé par en fonction de , et . En déduire l'énergie cinétique moyenne pour atomes.

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle de l'énergie cinétique instantanée en utilisant la moyenne du carré d'un sinus temporel.

Voir la stratégie
  1. Revenir à la grandeur réelle pour le déplacement de la n^{\text{ième}} masse à partir de la notation complexe introduite à la question Q7.
  2. Dériver par rapport au temps pour obtenir la vitesse, en déduire l'énergie cinétique instantanée puis sa valeur moyenne temporelle sur une période.
  3. Constater l'invariance par translation spatiale de cette moyenne temporelle pour en déduire directement l'énergie cinétique moyenne des N atomes.
Voir la réponse courte

Vitesse par dérivation temporelle et moyenne temporelle du sinus carré, soit \langle E_c \rangle = \frac{1}{4} m U_o^2 \omega^2.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression complexe donnée entre les questions Q6 et Q7, le déplacement réel de la n^{\text{ième}} masse s'écrit :

u_n(t) = \mathrm{Re}\left(\underline{u_n}(t)\right) = U_o \cos(\omega t - q n a).

La vitesse de cet atome à l'instant t est obtenue par dérivation temporelle :

v_n(t) = \dot{u}_n(t) = - \omega U_o \sin(\omega t - q n a).

L'énergie cinétique instantanée de l'atome indicé par n est donc :

\begin{aligned} E_c(t) &= \frac{1}{2} m \dot{u}_n(t)^2 \\ &= \frac{1}{2} m \omega^2 U_o^2 \sin^2(\omega t - q n a). \end{aligned}

En prenant la valeur moyenne temporelle sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}, et sachant que la moyenne temporelle d'un sinus au carré vaut \frac{1}{2} :

\langle \sin^2(\omega t - q n a) \rangle = \frac{1}{2}.

On obtient ainsi :

\boxed{\langle E_c \rangle = \frac{1}{4} m U_o^2 \omega^2}

Cette valeur moyenne temporelle est strictement indépendante de l'indice n de l'atome (invariance par translation dans le milieu infini). Par linéarité de la moyenne, l'énergie cinétique moyenne pour un ensemble de N atomes est la somme des énergies cinétiques moyennes de chacun d'eux :

\boxed{\langle E_{c,\mathrm{tot}} \rangle = N \langle E_c \rangle = \frac{1}{4} N m U_o^2 \omega^2}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie potentielle, chaîne d'oscillateurs

Justifier que l'énergie potentielle moyenne du atome se met sous la forme :

Voir l'indice

Exprimer l'énergie potentielle élastique emmagasinée par les deux ressorts couplés à l'atome en attribuant la moitié de l'énergie de chaque liaison à la masse considérée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle élastique instantanée associée à l'atome n, liée aux déformations des deux ressorts qui l'entourent.
  2. Passer à la moyenne temporelle en exploitant la propriété selon laquelle la moyenne du carré d'une grandeur sinusoïdale est la moitié du carré du module de son amplitude complexe.
  3. Relever la coquille typographique évidente présente dans la formule de l'énoncé (signe « - » au lieu de « + »).
Voir la réponse courte

Chaque ressort étant partagé entre deux atomes consécutifs, l'énergie potentielle attribuée par atome porte un facteur 1/4.

Voir le corrigé complet

L'atome n est relié à ses deux plus proches voisins :

  • à l'atome n+1 par un ressort de raideur k, dont l'allongement par rapport à l'équilibre est \Delta \ell_{n,n+1} = u_{n+1}(t) - u_n(t) ;
  • à l'atome n-1 par un ressort de raideur k, dont l'allongement est \Delta \ell_{n-1,n} = u_n(t) - u_{n-1}(t).

L'énergie potentielle élastique associée aux interactions de l'atome n avec ses voisins s'écrit de manière instantanée :

E_p(t) = \frac{1}{2} k \left( u_{n+1}(t) - u_n(t) \right)^2 + \frac{1}{2} k \left( u_{n-1}(t) - u_n(t) \right)^2

Le mouvement étant harmonique, les grandeurs réelles s'expriment à partir des amplitudes complexes associées : u_n(t) = \mathrm{Re}(\underline{u}_n(t)). Pour tout signal sinusoïdal s(t) = \mathrm{Re}(\underline{s}_0 e^{i\omega t}) = S_0 \cos(\omega t + \varphi), la valeur moyenne temporelle du carré vaut :

\langle s^2(t) \rangle = \frac{1}{2} S_0^2 = \frac{1}{2} |\underline{s}|^2

En appliquant ce résultat aux deux termes d'allongement :

\begin{aligned} \left\langle \left( u_{n+1}(t) - u_n(t) \right)^2 \right\rangle &= \frac{1}{2} |\underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n|^2 \\ \left\langle \left( u_{n-1}(t) - u_n(t) \right)^2 \right\rangle &= \frac{1}{2} |\underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n|^2 \end{aligned}

En injectant ces moyennes temporelles dans l'expression de \langle E_p \rangle, il vient :

\langle E_p \rangle = \frac{k}{4} \left( |\underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n|^2 + |\underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n|^2 \right)
\boxed{\langle E_p \rangle = \frac{k}{4} \left( |\underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n|^2 + |\underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n|^2 \right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'énoncé comportait une erreur de signe prise en compte avec bienveillance par le barème.

« Spécialement en Q19, le signe est « + » dans l’expression. Le barème a tenu compte de cela, en comptant juste pour les candidats conservant le « - ». »

« Une malencontreuse erreur de signe s’étant glissée dans l’énoncé ; certains candidats l’ont corrigée et d’autres ont utilisé la formulation inexacte. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie potentielle, équipartition de l'énergie, chaîne d'oscillateurs

Grâce à la forme de l'onde et à la formule de dispersion obtenue précédemment, exprimer en fonction de , et de .

Voir l'indice

Remplacer les déplacements par leur forme d'onde, calculer le module au carré des écarts et utiliser la relation de dispersion établie précédemment.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les écarts complexes \underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n et \underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n à partir de l'expression de l'onde proposée à la question Q7, puis calculer leur module au carré.
  2. Injecter ces grandeurs dans l'expression de \langle E_p \rangle obtenue à la question Q19 et faire le lien avec la pulsation \omega grâce à la relation de dispersion établie à la question Q9.
Voir la réponse courte

Calcul trigonométrique avec la relation de dispersion vérifiant l'équirépartition \langle E_p \rangle = \frac{1}{4} m U_o^2 \omega^2.

Voir le corrigé complet

L'onde se propageant dans la chaîne s'écrit sous forme complexe :

\underline{u}_n(t) = U_o \mathrm{e}^{i(\omega t - qna)}

Calculons les écarts relatifs entre atomes voisins :

\begin{aligned} \underline{u}_{n+1}(t) - \underline{u}_n(t) &= U_o \mathrm{e}^{i(\omega t - qna)} \left( \mathrm{e}^{-iqa} - 1 \right) \\ \underline{u}_{n-1}(t) - \underline{u}_n(t) &= U_o \mathrm{e}^{i(\omega t - qna)} \left( \mathrm{e}^{iqa} - 1 \right) \end{aligned}

En utilisant la factorisation par l'arc moitié :

\mathrm{e}^{\mp iqa} - 1 = \mathrm{e}^{\mp i\frac{qa}{2}} \left( \mathrm{e}^{\mp i\frac{qa}{2}} - \mathrm{e}^{\pm i\frac{qa}{2}} \right) = \mp 2i \, \mathrm{e}^{\mp i\frac{qa}{2}} \sin\left(\frac{qa}{2}\right)

Le carré du module de ces deux termes vaut donc :

|\underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n|^2 = |\underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n|^2 = 4 U_o^2 \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right)

D'après la formule de l'énergie potentielle moyenne établie à la question Q19 :

\begin{aligned} \langle E_p \rangle &= \frac{k}{4} \left( |\underline{u}_{n+1} - \underline{u}_n|^2 + |\underline{u}_{n-1} - \underline{u}_n|^2 \right) \\ &= \frac{k}{4} \left[ 8 U_o^2 \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) \right] \\ &= 2 k U_o^2 \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) \end{aligned}

D'après la relation de dispersion établie à la question Q9, on a :

\omega^2 = 4\omega_o^2 \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) = \frac{4k}{m} \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) \iff k\sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) = \frac{1}{4}m\omega^2

En reportant cette relation dans l'expression de \langle E_p \rangle, il vient :

\boxed{\langle E_p \rangle = \frac{1}{2} m U_o^2 \omega^2}

Remarque sur la modélisation : Si l'on tient compte du fait que l'énergie potentielle de chaque ressort reliant deux atomes doit être partagée pour moitié entre chacun d'eux (ou si l'on applique strictement le théorème du viriel à une onde progressive harmonique), l'énergie potentielle moyenne par atome vaut :

\boxed{\langle E_p \rangle = \frac{1}{4} m U_o^2 \omega^2 = \langle E_c \rangle}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : énergie interne, équipartition de l'énergie, capacité thermique des solides

En déduire l'énergie interne du cristal en fonction de la température .

Voir l'indice

Utiliser le théorème d'équipartition de l'énergie pour un réseau tridimensionnel d'oscillateurs harmoniques indépendants à l'équilibre thermique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique moyenne d'un atome selon la direction étudiée en sommant les contributions cinétique et potentielle obtenues en Q18 et Q20.
  2. Appliquer le théorème de l'équipartition de l'énergie à l'équilibre thermodynamique à la température T pour relier cette énergie à la température.
  3. Généraliser aux N atomes d'abord pour une dimension, puis pour le cristal tridimensionnel compte tenu du découplage des trois dimensions précisé dans les hypothèses du modèle.
Voir la réponse courte

Par le théorème d'équipartition, chaque oscillateur 1D apporte k_B T, d'où une énergie interne U = N k_B T.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q18 et Q20, l'énergie mécanique totale moyenne d'un atome vibrant selon la direction (Ox) s'écrit :

\langle E_{m,1\text{D}} \rangle = \langle E_c \rangle + \langle E_p \rangle = \frac{1}{4}m U_o^2 \omega^2 + \frac{1}{4}m U_o^2 \omega^2 = \frac{1}{2}m U_o^2 \omega^2

D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, pour un système classique à l'équilibre thermodynamique à la température T, chaque terme quadratique indépendant dans l'hamiltonien apporte en moyenne une contribution égale à \frac{1}{2}k_B T :

  • le degré de liberté de translation selon (Ox) (terme cinétique \frac{1}{2}m\dot{u}^2) apporte \langle E_c \rangle = \frac{1}{2}k_B T ;
  • l'interaction harmonique (terme d'énergie potentielle élastique) apporte \langle E_p \rangle = \frac{1}{2}k_B T.

L'énergie moyenne d'un oscillateur selon un axe est donc :

\langle E_{m,1\text{D}} \rangle = k_B T

Selon les hypothèses de l'énoncé, « les trois dimensions de l'espace sont découplées et l'étude sera faite sur l'une d'elles selon le modèle d'un cristal à une dimension ». Chaque atome du cristal 3D effectue ainsi des vibrations indépendantes selon les trois directions de l'espace (Ox, Oy, Oz), portant son énergie moyenne de vibration à :

\langle E_{m,3\text{D}} \rangle = 3 \langle E_{m,1\text{D}} \rangle = 3 k_B T

Pour un cristal constitué de N atomes (soit n = \frac{N}{N_A} moles), en prenant l'énergie du cristal au repos à T=0\text{ K} comme référence (U(0) = 0), l'énergie interne thermique s'écrit :

\boxed{U(T) = 3 N k_B T = 3 n R T}

Remarque : si l'on ne considère strictement que le modèle unidimensionnel à N atomes, l'énergie interne s'écrirait \boxed{U(T) = N k_B T = n R T}.

Résultat

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I.4 · Du discret au continu

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : longueur d'onde, relation de dispersion, approximation des grandes longueurs d'onde

À partir de la relation de dispersion, exprimer la longueur d'onde de l'onde qui se propage en fonction de , et de . Calculer pour des fréquences ultrasonores (). Commenter.

Voir l'indice

Inverser la fonction de dispersion pour exprimer q(\omega), en déduire \lambda(\omega) et effectuer une approximation basse fréquence.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \lambda à partir de la relation de dispersion établie à la question Q9 et de la relation q = \frac{2\pi}{\lambda} issue de Q8.
  2. Évaluer le rapport \frac{\omega}{2\omega_0} pour f = 500\text{ kHz} afin de justifier l'approximation des petits angles.
  3. Réaliser l'application numérique et comparer la longueur d'onde obtenue à l'échelle atomique a.
Voir la réponse courte

Inversion de la relation de dispersion ; à 500\,\text{kHz}, \lambda \approx 6,8\,\text{mm} \gg a, validant l'approximation continue.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, la pulsation \omega et le nombre d'onde q sont reliés sur la première zone de Brillouin (q \in \left[0, \frac{\pi}{a}\right]) par :

\omega = 2\omega_0 \sin\left(\frac{qa}{2}\right)

En utilisant la relation entre le nombre d'onde et la longueur d'onde issue de la question Q8, q = \frac{2\pi}{\lambda}, il vient :

\omega = 2\omega_0 \sin\left(\frac{\pi a}{\lambda}\right)

Pour q \in \left[0, \frac{\pi}{a}\right], on a \frac{\pi a}{\lambda} \in \left[0, \frac{\pi}{2}\right], d'où par inversion de la fonction sinus :

\frac{\pi a}{\lambda} = \arcsin\left(\frac{\omega}{2\omega_0}\right)

L'expression exacte de la longueur d'onde est donc :

\boxed{\lambda = \frac{\pi a}{\arcsin\left(\dfrac{\omega}{2\omega_0}\right)}}

Pour f = 500\text{ kHz}, la pulsation vaut \omega = 2\pi f \approx 3,14 \cdot 10^6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}. Avec la valeur \omega_0 \approx 1,7 \cdot 10^{13}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} calculée en Q17, on a :

\frac{\omega}{2\omega_0} = \frac{2\pi f}{2\omega_0} \approx \frac{3,14 \cdot 10^6}{2 \times 1,7 \cdot 10^{13}} \approx 9,2 \cdot 10^{-8} \ll 1

On peut donc effectuer un développement limité au premier ordre \arcsin(x) \approx x :

\lambda \approx \frac{\pi a}{\dfrac{\omega}{2\omega_0}} = \frac{2\pi \omega_0 a}{\omega} = \frac{\omega_0 a}{f}

Application numérique :

\begin{aligned} \lambda &= \frac{1,7 \cdot 10^{13} \times 2,0 \cdot 10^{-10}}{500 \cdot 10^3} = 6,8 \cdot 10^{-3}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\lambda \approx 6,8\text{ mm}}

Commentaire : On constate que la longueur d'onde calculée est macroscopique et immensément grande devant la distance interatomique :

\frac{\lambda}{a} \approx \frac{6,8 \cdot 10^{-3}}{2,0 \cdot 10^{-10}} \approx 3,4 \cdot 10^7 \gg 1

À cette échelle, l'onde ultrasonore ne « voit » pas la structure discrète du réseau cristallin : les variations spatiales du déplacement u_n(t) d'une masselotte à la suivante sont infimes. Cela justifie pleinement le passage à la limite continue a \to 0 (approximation acoustique), dans laquelle le cristal se comporte comme un milieu élastique continu régi par l'équation de d'Alembert.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'approximation du milieu continu a été rarement identifiée.

« Peu de réponses ; l’approximation continue n’a pas été devinée. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : célérité, équation de d'alembert

La comparaison de la longueur d'onde au paramètre permet d'écrire (figure 2) et d'obtenir une équation de D'Alembert de la forme

Calculer la célérité de l'onde dans le cristal pour des fréquences ultrasonores.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité spatial des déplacements discrets u_{n\pm 1} à l'ordre 2 au voisinage de x = n a pour identifier la célérité acoustique c.

Voir la stratégie
  1. Identifier la célérité c de l'onde par identification avec la forme standard de l'équation de d'Alembert à une dimension.
  2. Effectuer l'application numérique en réutilisant la valeur de \omega_o obtenue à la question Q17.
Voir la réponse courte

Identification de la célérité c = a\sqrt{k/m} = a\omega_o \approx 3,4\cdot 10^3\,\text{m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

L'équation de propagation établie dans l'approximation des milieux continus s'écrit sous la forme canonique de l'équation d'onde de d'Alembert :

\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} - c^2 \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = 0

Par identification directe avec l'équation fournie par l'énoncé :

\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = \frac{k}{m} a^2 \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}

on en déduit l'expression de la célérité c de l'onde dans le cristal :

c = a\sqrt{\frac{k}{m}} = \omega_o a

Cette célérité est indépendante de la fréquence tant que \lambda \gg a (domaine acoustique non dispersif, où la vitesse de phase coïncide avec la vitesse de groupe déterminée à la question Q12).

Application numérique : Avec a = 2,0 \cdot 10^{-10}\text{ m} et \omega_o \approx 1,70 \cdot 10^{13}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} (calculé à la question Q17) :

c = 1,70 \cdot 10^{13} \times 2,0 \cdot 10^{-10} \approx 3,4 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c = 3,4 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.