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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 MP 2024

Description de la structure de la matière au XXe siècle

Le sujet en bref

Sujet difficile · Physique quantique, Cinématique et dynamique du point, Électrostatique · 20 incontournables · 21 questions de première année
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Ce sujet propose une fresque historique remarquable retraçant l'évolution de la description de l'atome et de la preuve de son existence au cours du XXe siècle. Il aborde successivement le modèle du « plum-pudding » de Thomson, sa mise en défaut par la diffusion de particules de Rutherford, l'instabilité radiative d'un atome planétaire classique via la formule de Larmor, l'émergence des concepts quantiques (inégalités de Heisenberg, dualité onde-corpuscule sur des macromolécules) et enfin la confirmation macroscopique de l'hypothèse atomique par l'étude du mouvement brownien menée par Jean Perrin et Léon Brillouin.

Très progressif, varié et formateur, ce sujet balaie un large pan des programmes de physique de CPGE (électrostatique, mécanique à force centrale, électromagnétisme radiatif, physique ondulatoire et quantique, phénomènes de transfert et marche aléatoire). Il constitue un excellent support de révision transversal pour aborder les épreuves de Centrale-Supélec et des Mines.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,33/20)
Temps estimé
≈ 3 h 25 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

20 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

41 questions rapides et accessibles · 4 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (41) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Le sujet se compose de six parties largement indépendantes. Il est tout à fait possible d'aborder la mécanique quantique (Q25 à Q35), l'optique ondulatoire (Q36 à Q42) ou la diffusion (Q43 à Q49) sans avoir traité les parties précédentes.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

49 questions
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Partie I : Le modèle « plum pudding » de J. J. Thomson

I.A · Champ électrique de la distribution de charge positive

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : symétrie, champ électrostatique

Justifier par des considérations de symétrie que ce champ électrique est radial (on se placera en coordonnées sphériques).

Voir l'indice

Considérer les plans de symétrie de la distribution de charge passant par le point M et utiliser le fait que le champ électrique appartient à l'intersection de ces plans.

Voir la stratégie
  1. Identifier les plans de symétrie de la distribution de charges passant par un point M quelconque de l'espace.
  2. Utiliser les propriétés de symétrie du champ électrostatique (vecteur polaire) pour déterminer sa direction.
Voir la réponse courte

Tout plan contenant O et M est plan de symétrie de la distribution, donc le champ \vec{E}(M) est selon l'intersection, c'est-à-dire radial.

Voir le corrigé complet

La distribution de charges positives est une boule de centre O et de rayon a_0, portant une densité volumique de charge \rho uniforme. Tout plan passant par l'origine O est donc un plan de symétrie pour cette distribution de charges.

Soit M un point de l'espace distinct de O, repéré par ses coordonnées sphériques (r, \theta, \phi) dans la base locale (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_\phi) où \overrightarrow{OM} = r\,\vec{u}_r. Considérons deux plans particuliers passant par M :

  • le plan \Pi_1 = (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\theta),
  • le plan \Pi_2 = (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\phi).

Ces deux plans contiennent la droite (OM) portée par le vecteur radial \vec{u}_r, ils passent donc tous deux par le centre de symétrie O. Par conséquent, \Pi_1 et \Pi_2 sont deux plans de symétrie de la distribution de charge.

Le champ électrostatique \vec{E}(M) étant un vecteur polaire, il appartient à tout plan de symétrie de la distribution passant par le point considéré :

\vec{E}(M) \in \Pi_1 \quad \text{et} \quad \vec{E}(M) \in \Pi_2

Il est donc dirigé selon leur intersection :

\Pi_1 \cap \Pi_2 = (M, \vec{u}_r)

Ainsi, les composantes orthoradiales sont nulles (E_\theta = 0 et E_\phi = 0), et le champ électrique s'écrit :

\boxed{\vec{E}(M) = E_r(r, \theta, \phi)\,\vec{u}_r}

Le champ électrique engendré par la distribution de charge positive est donc purement radial.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à bien distinguer les invariances des sources de celles du champ électrique à établir.

« de nombreux candidats rédigent leur réponse d’une manière qui laisse penser qu’ils confondent les propriétés d’invariance des sources du champ (sur lesquelles on s’appuie) et celles du champ lui-même (que l’on doit établir). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : invariance, champ électrostatique

Utiliser les invariances pour montrer que la distance radiale est le seul paramètre pertinent pour caractériser le champ électrique.

Voir l'indice

Analyser l'invariance de la répartition sphérique par rotation autour de tout axe passant par le centre pour éliminer les dépendances angulaires \theta et \phi.

Voir la réponse courte

La distribution est invariante par rotation autour de tout axe passant par le centre O, donc \vec{E} ne dépend que de r.

Voir le corrigé complet

La distribution de charges est modélisée par une boule de centre O et de rayon a_0 de densité volumique \rho uniforme, entourée de vide. Elle ne dépend donc que de la coordonnée radiale r :

\rho(r) = \begin{cases} \rho_0 & \text{pour } r \leqslant a_0 \\ 0 & \text{pour } r > a_0 \end{cases}

Cette répartition est invariante par toute rotation autour du centre O :

  • L'invariance par rotation d'angle quelconque autour de l'axe (Oz) implique que les grandeurs électrostatiques sont indépendantes de l'angle azimutal \phi :

    \frac{\partial \vec{E}}{\partial \phi} = \vec{0}
  • L'invariance par rotation autour de tout axe passant par O orthogonal à (Oz) implique que le champ est indépendant de l'angle de colatitude \theta :

    \frac{\partial \vec{E}}{\partial \theta} = \vec{0}

Le champ électrique ne dépend donc ni de \theta, ni de \phi. En tenant compte du caractère radial établi à la question Q1, le champ électrique en tout point M(r,\theta,\phi) s'écrit sous la forme :

\boxed{\vec{E}(M) = E_r(r)\,\vec{u}_r}

La distance radiale r est donc le seul paramètre pertinent pour caractériser le champ électrique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas les invariances des sources avec celles du champ à démontrer.

« de nombreux candidats rédigent leur réponse d’une manière qui laisse penser qu’ils confondent les propriétés d’invariance des sources du champ (sur lesquelles on s’appuie) et celles du champ lui-même (que l’on doit établir). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, champ électrostatique

Rappeler tout d'abord le théorème de Gauss en vous appuyant sur un schéma permettant d'illustrer les notations. Appliquer ce théorème en exploitant les considérations de symétrie et d'invariance au cas de la distribution de charges considérée, dont la charge totale est notée . En déduire que le champ électrique à l'intérieur de l'atome s'écrit où est le vecteur radial et le vecteur radial unitaire.

Voir l'indice

Choisir comme surface de Gauss une sphère de rayon r < a_0 centrée en O et calculer la charge intérieure à l'aide de la densité volumique \rho = Q / (\frac{4}{3}\pi a_0^3).

Voir la stratégie
  1. Énoncer le théorème de Gauss et définir chaque terme en s'appuyant sur un schéma clair.
  2. Choisir une surface de Gauss fermée adaptée à la symétrie sphérique du problème (une sphère de rayon r < a_0 centrée en O).
  3. Exprimer le flux du champ à travers cette surface, déterminer la charge intérieure Q_{\text{int}}(r) en fonction de la charge totale Q, puis en déduire le champ électrique \vec{E}.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss appliqué à une sphère de rayon r < a_0 contenant la charge intérieure Q(r/a_0)^3.

Voir le corrigé complet

Théorème de Gauss :
Le flux du champ électrostatique \vec{E} à travers une surface fermée \mathcal{S}_G, orientée vers l'extérieur par le vecteur unitaire \vec{n}_{\text{ext}}, est égal à la charge totale Q_{\text{int}} contenue à l'intérieur du volume délimité par \mathcal{S}_G, divisée par la permittivité diélectrique du vide \epsilon_0 :

\Phi = \oiint_{\mathcal{S}_G} \vec{E} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = \frac{Q_{\text{int}}}{\epsilon_0}

avec \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{n}_{\text{ext}}.

Application au modèle de Thomson (r < a_0) :

  • Surface de Gauss : compte tenu des propriétés de symétrie et d'invariance établies en Q1 et Q2, le champ est de la forme \vec{E}(M) = E_r(r)\,\vec{u}_r. On choisit pour surface de Gauss \mathcal{S}_G la sphère de centre O et de rayon r < a_0. Le vecteur normal extérieur en tout point de \mathcal{S}_G est \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{u}_r, si bien que \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{u}_r.
  • Calcul du flux :

    \Phi = \oiint_{\mathcal{S}_G} E_r(r)\,\vec{u}_r \cdot (\mathrm{d}S\,\vec{u}_r) = E_r(r) \oiint_{\mathcal{S}_G} \mathrm{d}S = E_r(r) \times 4\pi r^2
  • Charge intérieure : la densité volumique de charge \rho étant uniforme dans la sphère atomique de rayon a_0, la charge totale s'écrit :

    Q = \rho \times \frac{4}{3}\pi a_0^3 \implies \rho = \frac{3Q}{4\pi a_0^3}

    Pour r < a_0, la charge contenue dans la sphère de rayon r est :

    Q_{\text{int}}(r) = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = Q \left(\frac{r}{a_0}\right)^3

D'après le théorème de Gauss :

\begin{aligned} 4\pi r^2 E_r(r) &= \frac{Q}{\epsilon_0}\frac{r^3}{a_0^3} \\ E_r(r) &= \frac{Q}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,r \end{aligned}

Comme \vec{r} = r\,\vec{u}_r, on obtient finalement l'expression vectorielle du champ électrique à l'intérieur de l'atome :

\boxed{\vec{E} = \frac{Q}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,\vec{r}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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I.B · Étude mécanique

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force électrostatique, ordre de grandeur

Justifier que le poids de l'électron est négligeable par rapport à la force électrique qu'il subit.

Voir l'indice

Comparer les ordres de grandeur du poids mg et de la force électrostatique subie par l'électron à une distance typique a_0.

Voir la réponse courte

Le rapport de la force électrique au poids q_e E / (m g) est gigantesque (dépassant 10^{10}), rendant le poids totalement négligeable.

Voir le corrigé complet

L'électron, de charge -q_e et de masse m, se déplace à l'intérieur de l'atome (r < a_0). D'après le résultat de la question Q3 avec Q = +q_e, il subit la force électrique :

\vec{F}_e = -q_e \vec{E} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3} \vec{r} = -\frac{e^2}{a_0^3} \vec{r}

L'intensité de cette force varie de 0 au centre (r = 0) jusqu'à une valeur maximale à la périphérie (r = a_0) :

F_{e,\max} = \frac{e^2}{a_0^2}

À une distance caractéristique de l'ordre du rayon atomique r \sim a_0, l'ordre de grandeur de la force électrique est :

F_e \sim \frac{e^2}{a_0^2} = \frac{2{,}3 \cdot 10^{-28}}{(1{,}0 \cdot 10^{-10})^2} = 2{,}3 \cdot 10^{-8}\text{ N}

Par ailleurs, le poids de l'électron a pour intensité :

P = mg = 9{,}1 \cdot 10^{-31} \times 9{,}81 \simeq 8{,}9 \cdot 10^{-30}\text{ N}

On compare les deux interactions à l'aide de leur rapport :

\frac{P}{F_e} \sim \frac{m g a_0^2}{e^2} \simeq \frac{8{,}9 \cdot 10^{-30}}{2{,}3 \cdot 10^{-8}} \simeq 3{,}9 \cdot 10^{-22} \ll 1
\boxed{\frac{P}{F_e} \sim 10^{-22} \ll 1}

Le poids de l'électron est donc totalement négligeable devant la force électrique dans tout le volume de l'atome (dès lors que r \gg 10^{-31}\text{ m}).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force centrale, moment cinétique

Montrer que le mouvement est plan.

Voir l'indice

Montrer que la force électrostatique subie par l'électron est une force centrale de centre O et appliquer le théorème du moment cinétique en O.

Voir la réponse courte

La force est centrale de centre O, donc le moment cinétique par rapport à O est constant et le mouvement est plan.

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement de l'électron, assimilé à un point matériel de masse m et de charge -q_e, dans le référentiel d'étude supposé galiléen.

Le poids étant négligeable devant la force électrique (question Q4), l'électron n'est soumis qu'à la force électrostatique exercée par la distribution continue de charge positive :

\vec{F} = -q_e \vec{E} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,\vec{r}

où \vec{r} = \overrightarrow{OM}. Il s'agit d'une force centrale de centre O.

Appliquons le théorème du moment cinétique à l'électron par rapport au point fixe O dans le référentiel galiléen :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) = \vec{r} \wedge \vec{F}

La force étant colinéaire au rayon-vecteur \vec{r}, le moment de la force en O est identiquement nul :

\vec{r} \wedge \vec{F} = \vec{0} \implies \frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{0}

Le moment cinétique \vec{L}_O(t) = \vec{r}(t) \wedge m\vec{v}(t) est donc un vecteur constant au cours du temps, égal à sa valeur initiale :

\vec{L}_O(t) = \vec{L}_O(0) = \vec{r}_0 \wedge m\vec{v}_0 = \vec{L}_0

Deux situations se présentent :

  • Si \vec{L}_0 \neq \vec{0} (ce qui est le cas ici puisque \vec{v}_0 \neq \vec{0} et que \vec{v}_0 n'est pas colinéaire à \vec{r}_0, voir Q7), le produit scalaire \vec{r}(t) \cdot \vec{L}_0 = \left(\vec{r} \wedge m\vec{v}\right) \cdot \vec{r} = 0 montre que le vecteur position reste en permanence orthogonal au vecteur constant \vec{L}_0. La trajectoire est donc contenue dans le plan passant par l'origine O et perpendiculaire à \vec{L}_0 (plan défini par (O, \vec{r}_0, \vec{v}_0)).
  • Si \vec{L}_0 = \vec{0}, le mouvement est rectiligne le long de la droite (O\vec{r}_0), ce qui constitue un cas particulier de mouvement plan.
\boxed{\text{Le mouvement de l'électron est plan.}}

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : oscillateur harmonique, principe fondamental de la dynamique

En prenant un repère cartésien de ce plan dont l'origine coïncide avec le centre de l'atome, montrer que les coordonnées de l'électron obéissent au système d'équations suivant :

où est une pulsation que l'on exprimera en fonction de la charge élémentaire , de la masse de l'électron , du rayon atomique et de la constante diélectrique du vide .

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur les axes cartésiens Ox et Oy en utilisant l'expression du champ intérieur trouvée en Q3.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron dans le référentiel galiléen de l'atome.
  2. Exprimer la force électrostatique subie à partir de l'expression du champ établie en Q3.
  3. Projeter la relation vectorielle obtenue sur les axes cartésiens Ox et Oy du plan du mouvement établi en Q5.
Voir la réponse courte

Projection du PFD m\ddot{\vec{r}} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\vec{r}, conduisant à deux oscillateurs harmoniques indépendants de pulsation \omega_0 = \sqrt{q_e^2/(4\pi\epsilon_0 m a_0^3)}.

Voir le corrigé complet

On étudie l'électron, assimilé à un point matériel de masse m et de charge -q_e, dans le référentiel d'étude galiléen lié à la sphère de charge positive.

Le poids étant négligé devant l'interaction électrostatique (d'après la question Q4), l'électron n'est soumis qu'à la force de Coulomb créée par la distribution de charge positive :

\vec{F} = -q_e \vec{E}(\vec{r})

D'après la question Q3, avec Q = +q_e, le champ électrique régnant à l'intérieur de l'atome (r < a_0) est :

\vec{E} = \frac{q_e}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,\vec{r}

La force électrostatique subie par l'électron s'écrit donc :

\vec{F} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,\vec{r}

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m \frac{\mathrm{d}^2\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = \vec{F} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,\vec{r}

Dans le repère cartésien Oxy du plan du mouvement, le vecteur position s'écrit \vec{r} = x\,\vec{u}_x + y\,\vec{u}_y et le vecteur accélération s'écrit \frac{\mathrm{d}^2\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = \ddot{x}\,\vec{u}_x + \ddot{y}\,\vec{u}_y.

La projection de l'équation du mouvement sur les axes Ox et Oy donne :

\begin{aligned} m\ddot{x} + \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,x &= 0 \\ m\ddot{y} + \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\,y &= 0 \end{aligned}

En divisant par la masse m, on obtient le système d'équations couplées par la pulsation :

\left\{ \begin{aligned} \ddot{x} + \omega_0^2 x &= 0 \\ \ddot{y} + \omega_0^2 y &= 0 \end{aligned} \right.

avec :

\boxed{\omega_0 = \sqrt{\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 m a_0^3}}}

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : oscillateur harmonique, trajectoire

Si on suppose la vitesse initiale dirigée perpendiculairement au rayon vecteur, caractériser la trajectoire de l'électron dans l'atome.

Voir l'indice

Résoudre les équations différentielles avec les conditions initiales adaptées pour éliminer le temps et identifier l'équation cartésienne d'une ellipse centrée en O.

Voir la stratégie
  1. Choisir judicieusement le repère cartésien (Oxy) du plan du mouvement en alignant les axes sur la position et la vitesse initiales.
  2. Résoudre le système d'oscillateurs harmoniques découplés établi à la question Q6 avec ces conditions initiales.
  3. Éliminer le temps t pour déterminer l'équation cartésienne de la trajectoire et conclure sur sa nature géométrique.
Voir la réponse courte

Superposition de deux oscillations harmoniques en quadrature de phase selon x et y : la trajectoire est une ellipse centrée en O.

Voir le corrigé complet

Puisque le plan du mouvement est fixé (question Q5), choisissons le repère cartésien orthonormé Oxy de ce plan tel que :

  • l'axe Ox soit colinéaire au rayon vecteur initial : \vec{r}(0) = r_0\,\vec{u}_x, soit x(0) = r_0 et y(0) = 0 ;
  • la vitesse initiale \vec{v}_0, orthogonale à \vec{r}(0), soit dirigée selon l'axe Oy : \vec{v}(0) = v_0\,\vec{u}_y, soit \dot{x}(0) = 0 et \dot{y}(0) = v_0.

D'après la question Q6, les coordonnées de l'électron vérifient les équations d'oscillateurs harmoniques indépendants :

\ddot{x} + \omega_0^2 x = 0 \quad \text{et} \quad \ddot{y} + \omega_0^2 y = 0

Les solutions générales s'écrivent :

\begin{aligned} x(t) &= A \cos(\omega_0 t) + B \sin(\omega_0 t) \\ y(t) &= C \cos(\omega_0 t) + D \sin(\omega_0 t) \end{aligned}

Les conditions initiales déterminent les constantes d'intégration :

\begin{aligned} x(0) = r_0 &\implies A = r_0 \\ \dot{x}(0) = 0 &\implies B = 0 \\ y(0) = 0 &\implies C = 0 \\ \dot{y}(0) = v_0 &\implies D = \frac{v_0}{\omega_0} \end{aligned}

Les lois horaires du mouvement sont donc :

x(t) = r_0 \cos(\omega_0 t) \quad \text{et} \quad y(t) = \frac{v_0}{\omega_0} \sin(\omega_0 t)

En éliminant le temps à l'aide de l'identité \cos^2(\omega_0 t) + \sin^2(\omega_0 t) = 1, on obtient l'équation cartésienne de la trajectoire :

\boxed{\frac{x^2}{r_0^2} + \frac{y^2}{\left(\frac{v_0}{\omega_0}\right)^2} = 1}

La trajectoire de l'électron est donc une ellipse centrée en O, dont les axes de symétrie sont portés par Ox et Oy, de demi-axes respectifs r_0 et \frac{v_0}{\omega_0}.

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie mécanique, énergie potentielle

Exprimer l'énergie mécanique de l'électron et montrer que si le module de la vitesse initiale est inférieure à la valeur alors l'électron reste bien dans l'atome tout au long de sa trajectoire.

Voir l'indice

Exprimer l'énergie mécanique E_m = E_c + E_p en vérifiant que le terme d'énergie potentielle dérive d'une force de rappel élastique, puis évaluer la distance maximale atteinte r_{\max}.

Voir la stratégie
  1. Définir l'énergie potentielle électrostatique associée à la force de rappel élastique en fixant une référence arbitraire (au centre de l'atome), puis exprimer l'énergie mécanique E_m.
  2. Utiliser la conservation de l'énergie mécanique pour majorer la distance r(t) au centre par l'intermédiaire de la positivité de l'énergie cinétique.
  3. En déduire la condition suffisante sur v_0 pour que r(t) < a_0 à tout instant.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique E_m = \frac{1}{2}m v_0^2 + \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2 et condition de confinement r_{\max} \leqslant a_0.

Voir le corrigé complet

La force électrique subie par l'électron à l'intérieur de la sphère positive s'écrit :

\vec{F} = -m \omega_0^2 \vec{r}

Cette force dérive d'une énergie potentielle E_p(r) telle que \vec{F} = -\vec{\nabla} E_p. En choisissant l'origine des potentiels au centre de l'atome (E_p(0) = 0), on obtient :

\mathrm{d}E_p = -\vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = m \omega_0^2 r\,\mathrm{d}r \implies E_p(r) = \frac{1}{2} m \omega_0^2 r^2

L'énergie mécanique de l'électron est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle :

\boxed{E_m = \frac{1}{2} m v^2 + \frac{1}{2} m \omega_0^2 r^2}

La force électrique étant la seule force non négligeable prise en compte (question Q4) et dérivant d'un potentiel indépendant du temps, l'énergie mécanique est une intégrale première du mouvement :

E_m(t) = E_m(0) = \frac{1}{2} m v_0^2 + \frac{1}{2} m \omega_0^2 r_0^2

À chaque instant t, l'énergie cinétique étant nécessairement positive ou nulle (E_c(t) \geqslant 0), il vient :

E_p(r(t)) \leqslant E_m \implies \frac{1}{2} m \omega_0^2 r^2(t) \leqslant \frac{1}{2} m v_0^2 + \frac{1}{2} m \omega_0^2 r_0^2

En divisant par \frac{1}{2}m\omega_0^2, on en déduit :

r^2(t) \leqslant r_0^2 + \frac{v_0^2}{\omega_0^2}

L'électron reste à l'intérieur de l'atome tout au long de sa trajectoire si r(t) < a_0 pour tout t. Une condition suffisante est donc :

r_0^2 + \frac{v_0^2}{\omega_0^2} < a_0^2 \iff \frac{v_0^2}{\omega_0^2} < a_0^2 - r_0^2

soit finalement :

\boxed{v_0 < \omega_0 \sqrt{a_0^2 - r_0^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : domaine spectral, longueur d'onde, fréquence

On montre en électromagnétisme classique (c'est-à-dire à partir des équations de Maxwell) qu'une charge animée d'un mouvement périodique de fréquence rayonne une onde électromagnétique de même fréquence. Calculer la fréquence de l'onde électromagnétique associée, en déduire la longueur d'onde correspondante. À quel domaine spectral cela correspond-il ?

Voir l'indice

Calculer la fréquence propre f = \omega_0 / (2\pi) puis la longueur d'onde dans le vide \lambda = c / f et identifier le domaine spectral associé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fréquence f de l'onde à partir de la pulsation propre \omega_0 du mouvement harmonique établie à la question Q6 : f = \frac{\omega_0}{2\pi}.
  2. Calculer la longueur d'onde dans le vide \lambda = \frac{c}{f}.
  3. Identifier le domaine spectral correspondant à l'aide de la valeur de \lambda.
Voir la réponse courte

Calcul de f = \omega_0/(2\pi) \sim 10^{15}\text{ Hz} et \lambda = c/f \sim 10^{-7}\text{ m}, correspondant au domaine ultraviolet.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude mécanique menée à la question Q6, l'électron effectue un mouvement harmonique isotrope dans le plan de sa trajectoire à la pulsation :

\omega_0 = \sqrt{\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 m a_0^3}} = \sqrt{\frac{e^2}{m a_0^3}}

La fréquence f du mouvement de l'électron, et donc de l'onde électromagnétique rayonnée, vaut :

f = \frac{\omega_0}{2\pi} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{e^2}{m a_0^3}}

Effectuons l'application numérique avec les grandeurs données dans l'énoncé :

  • e^2 = 2,3\cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m} ;
  • m = 9,1\cdot 10^{-31}\text{ kg} ;
  • a_0 = 1,0\cdot 10^{-10}\text{ m}.

On obtient :

\begin{aligned} \omega_0 &= \sqrt{\frac{2,3\cdot 10^{-28}}{9,1\cdot 10^{-31}\times (1,0\cdot 10^{-10})^3}} \simeq 1,59\cdot 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \\ f &= \frac{1,59\cdot 10^{16}}{2\pi} \simeq 2,5\cdot 10^{15}\text{ Hz} \end{aligned}
\boxed{f \simeq 2,5\cdot 10^{15}\text{ Hz}}

La longueur d'onde dans le vide de l'onde rayonnée est reliée à la célérité de la lumière c = 3,0\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} par \lambda = \frac{c}{f} :

\lambda = \frac{3,0\cdot 10^8}{2,53\cdot 10^{15}} \simeq 1,2\cdot 10^{-7}\text{ m} = 120\text{ nm}
\boxed{\lambda \simeq 1,2\cdot 10^{-7}\text{ m} = 120\text{ nm}}

Cette longueur d'onde se situe dans la plage comprise entre 10\text{ nm} et 400\text{ nm} : elle appartient au domaine de l'ultraviolet (UV).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Partie II : Découverte du noyau (Rutherford)

II.A · Déviation par un feuille de mica

Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : théorème de la quantité de mouvement, ordre de grandeur

Justifier quantitativement l'ordre de grandeur du champ électrique transverse déduit par Rutherford à partir des résultats expérimentaux. On d'étaillera les notations utilisées en s'aidant d'un schéma.

Voir l'indice

Relier la déviation angulaire \theta_d au rapport des composantes de la vitesse transversale et longitudinale, puis utiliser le théorème de la quantité de mouvement sur la traversée de la feuille.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la traversée de la feuille de mica comme le mouvement balistique d'une particule \alpha soumise à une force électrique transverse constante.
  2. Exprimer l'angle de déviation \theta_d en fonction de la géométrie (L), de la charge q_\alpha = 2q_e, de l'énergie cinétique \mathcal{E}_c et du champ E_\perp.
  3. Inverser la relation pour calculer E_\perp et comparer sa valeur à celle citée par Rutherford.
Voir la réponse courte

Évaluation de l'impulsion transverse \Delta p_\perp \approx q E_\perp (2a_0/v) conduisant à un champ transverse colossal de l'ordre de 10^{10}\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Considérons le système constitué d'une particule \alpha de masse m_\alpha, de charge q_\alpha = +2q_e et d'énergie cinétique \mathcal{E}_c = \frac{1}{2}m_\alpha v_0^2, pénétrant en x = 0 à l'instant t=0 avec une vitesse \vec{v}_0 = v_0\,\vec{u}_x dans une feuille de mica d'épaisseur L.

On suppose qu'il règne dans le matériau un champ électrique transverse moyen supposé uniforme \vec{E}_\perp = E_\perp\,\vec{u}_y. Le poids de la particule est totalement négligeable devant la force électrostatique.

Dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, la deuxième loi de Newton s'écrit :

m_\alpha \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = q_\alpha \vec{E}_\perp = 2q_e E_\perp\,\vec{u}_y

L'angle de déviation étant très faible (\theta_d \approx 2^\circ \ll 1\text{ rad}), la composante longitudinale de la vitesse reste sensiblement constante : v_x(t) \simeq v_0. Le temps de traversée de la feuille s'écrit ainsi :

\Delta t \simeq \frac{L}{v_0}

La particule acquiert pendant cette traversée une quantité de mouvement transverse :

p_y = \Delta p_y = F_y \Delta t = 2q_e E_\perp \frac{L}{v_0}

La déviation angulaire s'en déduit par :

\tan\theta_d \simeq \theta_d \simeq \frac{p_y}{p_x} = \frac{2q_e E_\perp L}{m_\alpha v_0^2}

En introduisant l'énergie cinétique initiale \mathcal{E}_c = \frac{1}{2}m_\alpha v_0^2, il vient :

\theta_d \simeq \frac{2q_e E_\perp L}{2\mathcal{E}_c} = \frac{q_e E_\perp L}{\mathcal{E}_c}

On en déduit l'expression du champ électrique transverse moyen :

\boxed{E_\perp \simeq \frac{\mathcal{E}_c\,\theta_d}{q_e L}}

Application numérique :

  • \mathcal{E}_c = 5\text{ MeV} \implies \dfrac{\mathcal{E}_c}{q_e} = 5\cdot 10^6\text{ V}
  • \theta_d \simeq 2^\circ = 2 \times \dfrac{\pi}{180}\text{ rad} \simeq 3{,}5\cdot 10^{-2}\text{ rad}
  • L = 0{,}003\text{ cm} = 3{,}0\cdot 10^{-5}\text{ m} = 3{,}0\cdot 10^{-3}\text{ cm}
E_\perp \simeq \frac{5\cdot 10^6 \times 3{,}49\cdot 10^{-2}}{3{,}0\cdot 10^{-5}} \simeq 5{,}8\cdot 10^9\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} \simeq 5{,}8\cdot 10^7\text{ V}\cdot\text{cm}^{-1}

On trouve :

\boxed{E_\perp \simeq 60\text{ MV}\cdot\text{cm}^{-1} \sim 100\text{ MV}\cdot\text{cm}^{-1}}

L'ordre de grandeur de 100 millions de volts par centimètre trouvé par Rutherford est donc parfaitement justifié.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma est valorisé et l'angle de déviation se détermine à partir de la direction de la vitesse de sortie, non de la position.

« Dans Q10., le jury a valorisé les représentations schématiques de la situation. »

« Ici comme dans Q14., l’angle θse déduit de la direction du vecteur vitesse en sortie, et non du vecteur position. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II.B.1 · Déviation par une collision unique

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force électrostatique, projection

En utilisant le champ électrique obtenu à la question Q 3 montrer que la force suivant la direction transverse (axe ) vaut où , est la distance de la trajectoire avec la droite parallèle passant par le centre diffuseur (paramètre d'impact).

Voir l'indice

Projeter la force électrostatique \vec{F} = q\vec{E} sur l'axe transverse Oy en remarquant que l'ordonnée de la particule reste égale à b le long de la trajectoire quasi-rectiligne.

Voir la réponse courte

Projection de la force coulombienne \vec{F} = q_\alpha \vec{E} = 2q_e \frac{Z q_e}{4\pi\epsilon_0 a_0^3}\vec{r} selon l'axe transverse y = b.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, le champ électrique régnant à l'intérieur d'une sphère de rayon a_0 portant une charge totale positive uniformément répartie s'écrit :

\vec{E}(\vec{r}) = \frac{Q}{4\pi\epsilon_0 a_0^3} \, \vec{r}

Pour un atome d'or de numéro atomique Z, la charge positive totale de la sphère de Thomson vaut Q = +Z q_e. Le champ électrique créé à l'intérieur de l'atome est donc :

\vec{E}(\vec{r}) = \frac{Z q_e}{4\pi\epsilon_0 a_0^3} \, \vec{r}

La particule \alpha, de charge q = +2 q_e, subit la force électrostatique :

\vec{F} = q \vec{E} = \frac{2 Z q_e^2}{4\pi\epsilon_0 a_0^3} \, \vec{r} = \frac{2 Z e^2}{a_0^3} \, \vec{r}

en introduisant la notation de l'énoncé e^2 = \dfrac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0}.

Dans le repère (Oxy) de la figure 1, le vecteur position de la particule \alpha se décompose sous la forme \vec{r} = x\,\vec{u}_x + y\,\vec{u}_y. Dans l'approximation d'une trajectoire rectiligne à la distance d'impact b de l'axe passant par le centre de l'atome, l'ordonnée de la particule reste constante et égale à y = b.

La composante de la force selon la direction transverse (axe Oy) s'obtient donc par projection :

F_y = \vec{F} \cdot \vec{u}_y = \frac{2Ze^2}{a_0^3} \, y

soit finalement, avec y = b :

\boxed{F_y = \frac{2Ze^2}{a_0^3} \, b}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : théorème de la quantité de mouvement, collision

Montrer alors que la variation maximale de la quantité de mouvement de la particule dans la direction transverse vaut .

Voir l'indice

Intégrer la force transverse F_y le long de la corde interceptée dans la sphère atomique en exprimant l'intervalle de temps de traversée \Delta t = 2\sqrt{a_0^2 - b^2} / v_0, puis maximiser par rapport à b.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de la quantité de mouvement projeté sur l'axe transverse Oy pendant la traversée de l'atome, en déterminant la durée du passage pour un paramètre d'impact b donné.
  2. Exprimer \Delta p_y en fonction de b, puis trouver la valeur maximale \Delta p_m par rapport à b \in [0, a_0].
Voir la réponse courte

Intégration de F_y\,dt = (F_y/v_0)\,dx sur la trajectoire rectiligne avec b \to a_0 pour maximiser la variation d'impulsion transverse.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la trajectoire de la particule \alpha est assimilée à une droite d'ordonnée y = b parcourue à la vitesse v_0 selon la direction Ox, soit x(t) \simeq v_0 t.

La particule se trouve à l'intérieur de la sphère atomique de rayon a_0 tant que x^2 + y^2 \leqslant a_0^2, c'est-à-dire pour :

-\sqrt{a_0^2 - b^2} \leqslant x \leqslant \sqrt{a_0^2 - b^2}

La distance totale parcourue au sein de l'atome est donc 2\sqrt{a_0^2 - b^2}, et la durée de la traversée vaut :

\Delta t = \frac{2\sqrt{a_0^2 - b^2}}{v_0}

Comme l'interaction est nulle en dehors de l'atome et que, selon le résultat de la question Q11, la force transverse F_y = \frac{2Ze^2}{a_0^3} b est constante le long de cette trajectoire (puisque y = b = \text{cte}), le théorème de la quantité de mouvement appliqué selon l'axe transverse donne :

\Delta p_y(b) = \int_{\text{traversée}} F_y \, \mathrm{d}t = F_y \, \Delta t = \frac{4Ze^2}{a_0^3 v_0} \, b\sqrt{a_0^2 - b^2}

Pour déterminer la variation maximale, cherchons le maximum de la fonction g(b) = b\sqrt{a_0^2 - b^2} pour b \in [0, a_0]. En posant u = b^2 \in [0, a_0^2], la quantité sous la racine s'écrit :

g(b)^2 = u(a_0^2 - u)

Ce trinôme du second degré en u est maximal pour u = \frac{a_0^2}{2}, c'est-à-dire pour un paramètre d'impact :

b = \frac{a_0}{\sqrt{2}}

La valeur maximale correspondante de g(b) est alors :

g\left(\frac{a_0}{\sqrt{2}}\right) = \frac{a_0}{\sqrt{2}} \sqrt{a_0^2 - \frac{a_0^2}{2}} = \frac{a_0^2}{2}

En réinjectant cette valeur dans l'expression de \Delta p_y, on obtient la variation maximale de la quantité de mouvement transverse :

\Delta p_m = \frac{4Ze^2}{a_0^3 v_0} \times \frac{a_0^2}{2}
\boxed{\Delta p_m = \frac{2Ze^2}{a_0 v_0}}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : déviation angulaire, énergie cinétique

En déduire que la déviation angulaire correspondante vaut où est l'énergie cinétique de la particule . Effectuer l'application numérique. On prendra , .

Voir l'indice

Exprimer l'angle de déviation par \delta\theta \simeq \Delta p_m / p_0 avec p_0 = mv_0 et relier la quantité de mouvement initiale à l'énergie cinétique \mathcal{E}_c = \frac{1}{2}mv_0^2.

Voir la réponse courte

Déviation \delta\theta \approx \Delta p/p_0 = \Delta p v_0/(2\mathcal{E}_c), donnant numériquement un angle extrêmement faible de l'ordre de 10^{-4}\text{ rad}.

Voir le corrigé complet

La particule \alpha pénètre dans l'atome avec une quantité de mouvement selon la direction incidente Ox :

p_x \simeq p_0 = m_\alpha v_0

Au cours de la traversée, elle acquiert une quantité de mouvement transverse \Delta p_y = \Delta p_m. Dans le cadre de l'approximation des petits angles (\delta\theta \ll 1), la déviation angulaire s'exprime par :

\delta\theta \simeq \tan(\delta\theta) = \frac{\Delta p_m}{p_0} = \frac{\Delta p_m}{m_\alpha v_0}

En injectant le résultat obtenu à la question Q12, \Delta p_m = \dfrac{2Ze^2}{a_0 v_0}, il vient :

\delta\theta = \frac{2Ze^2}{a_0 m_\alpha v_0^2}

L'énergie cinétique initiale de la particule \alpha étant \mathcal{E}_c = \dfrac{1}{2} m_\alpha v_0^2, soit m_\alpha v_0^2 = 2\mathcal{E}_c, on en déduit immédiatement :

\boxed{\delta\theta = \frac{Ze^2}{a_0\mathcal{E}_c}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • Z = 79 (pour l'or),
  • e^2 = 2{,}3 \cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m},
  • a_0 = 1{,}0 \cdot 10^{-10}\text{ m},
  • \mathcal{E}_c = 5\text{ MeV} = 5{,}0 \cdot 10^6 \times 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ J} = 8{,}0 \cdot 10^{-13}\text{ J}.
\begin{aligned} \delta\theta &= \frac{79 \times 2{,}3 \cdot 10^{-28}}{1{,}0 \cdot 10^{-10} \times 8{,}0 \cdot 10^{-13}} \simeq 2{,}3 \cdot 10^{-4}\text{ rad} \end{aligned}
\boxed{\delta\theta \simeq 2{,}3 \cdot 10^{-4}\text{ rad} \simeq 1{,}3 \cdot 10^{-2\ \circ}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux confusions sur les unités d'angle.

« Les questions Q13. et Q14. ont donné lieu à de fréquentes confusions sur les unités de mesure des angles. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II.B.2 · Collisions multiples

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : marche aléatoire, fluctuation statistique, ordre de grandeur

La cible constituée d'une feuille d'or d'épaisseur contient atomes sur la trajectoire de la particule . Celle-ci effectue donc collisions dont en moyenne la moitié vont donner une déviation positive et l'autre moitié une déviation négative . on peut alors montrer que la déviation totale est une variable aléatoire dont l'écart type s'écrit . Calculer l'ordre de grandeur de cette déviation et conclure quant à la possibilité d'avoir des déviations angulaires importantes (plusieurs dizaines de degrés).

Voir l'indice

Estimer le nombre N d'atomes traversés en divisant l'épaisseur L par le diamètre atomique 2a_0, calculer \Delta\theta = \delta\theta\sqrt{N} et comparer à un angle de plusieurs dizaines de degrés.

Voir la stratégie
  1. Estimer le nombre N d'atomes traversés par la particule \alpha le long de sa trajectoire à travers la feuille d'or d'épaisseur L.
  2. Calculer l'écart type \Delta\theta = \delta\theta\sqrt{N} de la déviation angulaire globale.
  3. Conclure sur la probabilité d'observer de grands angles de déviation en exploitant les propriétés d'une marche aléatoire (loi normale).
Voir la réponse courte

Avec N \approx L/(2a_0) \approx 5000, \Delta\theta \sim 1^\circ : les collisions multiples de Thomson ne peuvent expliquer les rétrodiffusions observées par Rutherford.

Voir le corrigé complet

Le diamètre d'un atome dans ce modèle est de l'ordre de 2a_0 = 2,0\cdot 10^{-10}\text{ m}. Le nombre de collisions atomiques successives subies par une particule \alpha traversant en ligne droite une feuille d'or d'épaisseur L = 1\;\mu\text{m} = 1,0\cdot 10^{-6}\text{ m} s'estime par :

N \sim \frac{L}{2a_0} = \frac{1,0\cdot 10^{-6}}{2,0\cdot 10^{-10}} = 5\cdot 10^3

(ou N \sim 10^4 si l'on prend l'échelle a_0).

En utilisant la valeur de la déviation élémentaire maximale obtenue à la question Q13 (\delta\theta \simeq 2,3\cdot 10^{-4}\text{ rad}), l'écart type de la déviation totale après N collisions vaut :

\begin{aligned} \Delta\theta &= \delta\theta\sqrt{N} \\ &= 2,3\cdot 10^{-4} \times \sqrt{5\cdot 10^3} \simeq 1,6\cdot 10^{-2}\text{ rad} \end{aligned}

En degrés, cela représente :

\Delta\theta \simeq 1,6\cdot 10^{-2} \times \frac{180}{\pi} \simeq 0,9^\circ \sim 1^\circ
\boxed{\Delta\theta \sim 1^\circ \quad (\text{soit }\sim 2\cdot 10^{-2}\text{ rad})}

En vertu du théorème central limite, la déviation totale résultant d'une somme de N \gg 1 déviations indépendantes et centrées suit une loi normale d'écart type \Delta\theta \sim 1^\circ. La probabilité d'observer une déflexion de plusieurs dizaines de degrés (par exemple \theta \ge 30^\circ, soit plus de 30 écarts types) est régie par le facteur gaussien \exp\left(-\frac{\theta^2}{2\Delta\theta^2}\right) \sim \mathrm{e}^{-450} \approx 0.

Il est donc rigoureusement impossible, dans le cadre du modèle du « plum pudding » de Thomson, d'observer des déviations importantes (et a fortiori des rétrodiffusions à 180^\circ).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'angle se déduit de la vitesse de sortie et non de la position, en veillant aux unités de mesure d'angle.

« Ici comme dans Q14., l’angle θse déduit de la direction du vecteur vitesse en sortie, et non du vecteur position. »

« Les questions Q13. et Q14. ont donné lieu à de fréquentes confusions sur les unités de mesure des angles. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II.C · Rétrodiffusion des α dans le modèle de Rutherford

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : conservation de l'énergie mécanique, distance minimale d'approche

On considère le cas extrême d'une collision frontale et on supposera pour simplifier que l'atome est immobile compte tenu de sa masse importante par rapport aux particules . Montrer en utilisant la conservation de l'énergie mécanique que le noyau possède un rayon maximal vérifiant où est l'énergie cinétique initiale des particules .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique entre l'infini et la distance minimale d'approche où la vitesse de la particule \alpha s'annule.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la conservation de l'énergie mécanique à la particule \alpha lors d'un choc frontal avec le noyau supposé fixe.
  2. En déduire la distance minimale d'approche r_{\min} (distance à laquelle la vitesse s'annule lors du demi-tour).
  3. Conclure sur le rayon maximal du noyau sachant que la particule ne doit pas pénétrer à l'intérieur de la distribution de charge positive pour subir une rétrodiffusion coulombienne pure.
Voir la réponse courte

À l'approche minimale la vitesse s'annule : égalité entre l'énergie cinétique initiale et l'énergie potentielle électrostatique coulombienne \mathcal{E}_c = 2Ze^2/r_0.

Voir le corrigé complet

On étudie la particule \alpha (masse m_\alpha, charge q = +2q_e) dans le référentiel du laboratoire galiléen, où le noyau cible de charge Q = +Z q_e est supposé immobile à l'origine O.

La force électrostatique exercée par le noyau sur la particule \alpha dérive de l'énergie potentielle coulombienne :

E_p(r) = \frac{q Q}{4\pi\epsilon_0 r} = \frac{2 Z q_e^2}{4\pi\epsilon_0 r} = \frac{2 Z e^2}{r}

où l'on a posé e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0} conformément aux notations du sujet, avec l'origine des potentiels choisie à l'infini (E_p \to 0 lorsque r \to \infty).

Le système étant conservatif, l'énergie mécanique E_m de la particule \alpha est constante au cours de son mouvement :

  • À l'infini (r \to \infty), l'énergie mécanique se réduit à l'énergie cinétique initiale :

    E_m = \mathcal{E}_c
  • Lors d'une collision frontale, la trajectoire est purement radiale. La particule ralentit sous l'effet de la répulsion électrostatique jusqu'à s'arrêter momentanément à une distance minimale d'approche r_{\min} (v = 0), avant d'être rétrodiffusée à 180^\circ. En ce point de rebroussement :

    E_m = E_p(r_{\min}) = \frac{2Ze^2}{r_{\min}}

Par conservation de l'énergie mécanique :

\mathcal{E}_c = \frac{2Ze^2}{r_{\min}} \implies r_{\min} = \frac{2Ze^2}{\mathcal{E}_c}

Puisque la particule \alpha ne pénètre jamais à l'intérieur de la distribution de charge positive du noyau tout au long de sa trajectoire, le rayon géométrique R_n du noyau est nécessairement inférieur ou égal à cette distance minimale d'approche (R_n \leqslant r_{\min}).

Le rayon maximal du noyau, noté r_0, correspond donc à la distance d'approche minimale :

\boxed{r_0 = \frac{2 Z e^2}{\mathcal{E}_c}}

Résultat

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : ordre de grandeur, noyau atomique

Application numérique : on obtient une rétrodiffusion élastique jusqu'à des énergies incidentes des . Déterminer alors les dimensions du noyau. Commenter.

Voir l'indice

Calculer numériquement r_0 pour \mathcal{E}_c = 40\text{ MeV} et comparer l'ordre de grandeur obtenu (quelques femtomètres) à la taille de l'atome.

Voir la réponse courte

Calcul donnant r_0 \sim 10^{-14}\text{ m} = 10\text{ fm}, montrant que la charge positive est concentrée dans un volume 10^{12} fois plus petit que l'atome.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q15, la distance minimale d'approche lors d'une collision frontale élastique fournit une borne supérieure pour le rayon du noyau :

r_0 = \frac{2 Z e^2}{\mathcal{E}_c}

Pour une cible d'or (Z = 79) bombardée par des particules \alpha d'énergie cinétique \mathcal{E}_c = 40\text{ MeV} = 40 \cdot 10^6 \times 1,6 \cdot 10^{-19}\text{ J} = 6,4 \cdot 10^{-12}\text{ J}, avec la valeur fournie e^2 = 2,3 \cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m} :

\begin{aligned} r_0 &= \frac{2 \times 79 \times 2,3 \cdot 10^{-28}}{6,4 \cdot 10^{-12}} \\ r_0 &\simeq 5,7 \cdot 10^{-15}\text{ m} \simeq 5,7\text{ fm} \end{aligned}

(En utilisant la valeur atomique e^2 = 1,4\text{ eV}\cdot\text{nm}, on obtient r_0 = \frac{2 \times 79 \times 1,4 \cdot 10^{-9}}{40 \cdot 10^6} \simeq 5,5\text{ fm}.)

Le rayon du noyau d'or vérifie donc :

\boxed{R_{\text{noyau}} \leqslant r_0 \simeq 5,7 \cdot 10^{-15}\text{ m} \sim 6\text{ fm}}

Commentaires :

  • Échelle de taille : Le rayon de l'atome étant a_0 = 1,0 \cdot 10^{-10}\text{ m} = 0,1\text{ nm}, le noyau est environ quatre à cinq ordres de grandeur plus petit que l'atome :

    \frac{r_0}{a_0} \simeq \frac{5,7 \cdot 10^{-15}}{1,0 \cdot 10^{-10}} \simeq 5,7 \cdot 10^{-5} \sim 10^{-4}
  • Structure lacunaire de la matière : En volume, le noyau n'occupe qu'une fraction infime du volume atomique, de l'ordre de (r_0/a_0)^3 \sim 10^{-13}. La matière est donc essentiellement constituée de vide.
  • Réfutation du modèle de Thomson : Contrairement à l'hypothèse de J. J. Thomson d'une charge positive uniformément répartie sur tout le volume de l'atome, la quasi-totalité de la masse et l'intégralité de la charge positive sont concentrées dans un volume extrêmement réduit au centre de l'atome.

Résultat

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Partie III : Instabilité d'un modèle d'atome « classique »

III.A · Puissance électromagnétique rayonnée par une charge accélérée

Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde plane, relation de structure

Exprimer le champ magnétique associé en admettant que localement l'onde rayonnée a une structure d'onde plane se propageant dans la direction de .

Voir l'indice

Utiliser la structure d'onde plane locale pour laquelle \vec{B} = \frac{\vec{u}_r \wedge \vec{E}}{c} et exprimer \vec{a}_\perp en coordonnées sphériques.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la relation de structure liant le champ électrique et le champ magnétique d'une onde localement plane progressive se propageant selon la direction radiale \vec{u}_r.
  2. Exprimer \vec{B}(M) sous forme vectorielle intrinsèque en exploitant l'expression de \vec{E}(M) donnée par l'énoncé.
  3. Projeter dans la base sphérique (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_\phi) en choisissant l'axe Oz le long de \vec{a} comme suggéré par la figure 2.
Voir la réponse courte

Structure locale d'onde plane se propageant selon \vec{u}_r : \vec{B} = \frac{\vec{u}_r \wedge \vec{E}}{c}.

Voir le corrigé complet

Pour une onde localement plane et progressive se propageant dans le vide à la vitesse c dans la direction radiale portée par le vecteur unitaire \vec{u}_r = \frac{\overrightarrow{OM}}{\|\overrightarrow{OM}\|}, les champs électrique et magnétique sont reliés par :

\vec{B}(M) = \frac{\vec{u}_r \wedge \vec{E}(M)}{c}

En injectant l'expression du champ électrique de rayonnement fournie par l'énoncé :

\vec{E}(M) = \frac{q}{4\pi\epsilon_0 c^2} \frac{\vec{a}_\perp}{r}

on obtient immédiatement :

\vec{B}(M) = \frac{q}{4\pi\epsilon_0 c^3 r} \, (\vec{u}_r \wedge \vec{a}_\perp)

Comme le vecteur accélération se décompose en \vec{a} = (\vec{a}\cdot\vec{u}_r)\vec{u}_r + \vec{a}_\perp, on a \vec{u}_r \wedge \vec{a} = \vec{u}_r \wedge \vec{a}_\perp. L'expression vectorielle s'écrit donc aussi :

\boxed{\vec{B}(M) = \frac{\vec{u}_r \wedge \vec{E}(M)}{c} = \frac{q}{4\pi\epsilon_0 c^3 r} \, (\vec{u}_r \wedge \vec{a})}

Dans le repère de la figure 2, où l'axe Oz est colinéaire à l'accélération (\vec{a} = a\,\vec{u}_z), la projection du vecteur unitaire \vec{u}_z = \cos\theta\,\vec{u}_r - \sin\theta\,\vec{u}_\theta conduit à :

\vec{a}_\perp = -a\sin\theta\,\vec{u}_\theta

Les champs rayonnés s'expriment alors dans la base directe (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_\phi) selon :

\begin{aligned} \vec{E}(M) &= -\frac{qa\sin\theta}{4\pi\epsilon_0 c^2 r} \, \vec{u}_\theta \\ \vec{B}(M) &= -\frac{qa\sin\theta}{4\pi\epsilon_0 c^3 r} \, \vec{u}_\phi \end{aligned}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de cours classique reproduisant d'assez près le programme.

« Les questions Q17. à Q19. reproduisent d’assez près des éléments que les candidats ont vus en cours. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : vecteur de poynting, bilan d'énergie

Donner l'expression du vecteur de Poynting, en fonction des champs et , et rappeler son interprétation physique.

Voir l'indice

Donner l'expression \vec{\Pi} = (\vec{E}\wedge\vec{B})/\mu_0 et rappeler qu'il représente le flux surfacique de puissance transportée par l'onde électromagnétique.

Voir la réponse courte

Expression \vec{\Pi} = \frac{\vec{E}\wedge\vec{B}}{\mu_0}, représentant la densité surfacique de puissance transportée par le champ électromagnétique.

Voir le corrigé complet

Dans le vide, le vecteur de Poynting s'exprime en fonction des champs électrique \vec{E}(M) et magnétique \vec{B}(M) par :

\boxed{\vec{\Pi}(M) = \frac{\vec{E}(M) \wedge \vec{B}(M)}{\mu_0}}

où \mu_0 désigne la perméabilité magnétique du vide (avec \epsilon_0 \mu_0 c^2 = 1).

Interprétation physique :

  • Densité de flux d'énergie : le vecteur de Poynting représente la densité surfacique de puissance (ou vecteur densité de courant d'énergie électromagnétique). Son unité dans le Système international est le watt par mètre carré (\mathrm{W\cdot m^{-2}}).
  • Direction de propagation : sa direction et son sens indiquent la direction et le sens de propagation de l'énergie transportée par le champ électromagnétique.
  • Puissance traversant une surface : le flux du vecteur de Poynting à travers une surface orientée \mathcal{S} représente la puissance électromagnétique nette cédée par le champ à travers cette surface :

    \mathcal{P} = \iint_{\mathcal{S}} \vec{\Pi} \cdot \mathrm{d}\vec{S}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation physique du vecteur de Poynting doit impérativement mentionner la notion de flux.

« l’interprétation du vecteur de Poynting est souvent exprimée de manière imprécise, sans mention de la notion de flux »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : formule de larmor, puissance rayonnée

En déduire alors que la puissance rayonnée à grande distance dans tout l'espace a pour expression où est le module du vecteur accélération. On donne l'intégrale .

Voir l'indice

Intégrer le flux du vecteur de Poynting à travers une sphère de rayon r \to \infty en utilisant l'élément de surface sphérique \mathrm{d}S = r^2\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi et l'intégrale fournie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur de Poynting \vec{\Pi}(M) à partir des champs calculés en Q17 et Q18, en utilisant la relation \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1.
  2. Calculer le flux de \vec{\Pi}(M) à travers une sphère de rayon r centrée sur l'origine en exploitant l'élément de surface sphérique d\vec{S} et l'intégrale fournie.
Voir la réponse courte

Calcul du flux du vecteur de Poynting à travers une sphère de grand rayon et intégration angulaire fournissant la formule de Larmor.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q17 et Q18, le champ électromagnétique rayonné présente une structure locale d'onde plane se propageant selon \vec{u}_r. Le champ magnétique s'écrit \vec{B}(M) = \frac{1}{c} \vec{u}_r \wedge \vec{E}(M) avec \vec{E}(M) \cdot \vec{u}_r = 0. Le vecteur de Poynting est donc radial :

\vec{\Pi}(M) = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \wedge \left(\frac{1}{c} \vec{u}_r \wedge \vec{E}\right) = \frac{\|\vec{E}\|^2}{\mu_0 c} \, \vec{u}_r = \varepsilon_0 c \|\vec{E}(M)\|^2 \, \vec{u}_r

car \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1.

En choisissant l'axe (Oz) colinéaire à l'accélération \vec{a}, l'angle polaire \theta vérifie (\vec{u}_z, \vec{u}_r) = \theta. La projection de l'accélération sur le plan perpendiculaire à \vec{u}_r s'écrit :

\vec{a}_\perp = -a \sin\theta \, \vec{u}_\theta \implies \|\vec{a}_\perp\| = a \sin\theta

Le module du champ électrique vaut alors :

\|\vec{E}(M)\| = \frac{|q|}{4\pi \varepsilon_0 c^2} \frac{a \sin\theta}{r}

d'où l'expression de la norme du vecteur de Poynting :

\Pi(r,\theta) = \varepsilon_0 c \left(\frac{q \, a \sin\theta}{4\pi \varepsilon_0 c^2 r}\right)^2 = \frac{q^2 a^2 \sin^2\theta}{16\pi^2 \varepsilon_0 c^3 r^2}

La puissance totale rayonnée à travers une sphère \mathcal{S} de rayon r s'obtient par intégration du flux de \vec{\Pi} à travers l'élément de surface d\vec{S} = r^2 \sin\theta \, d\theta \, d\phi \, \vec{u}_r :

\begin{aligned} P &= \oiint_{\mathcal{S}} \vec{\Pi}(M) \cdot d\vec{S} \\ &= \int_{\phi=0}^{2\pi} d\phi \int_{\theta=0}^{\pi} \left(\frac{q^2 a^2 \sin^2\theta}{16\pi^2 \varepsilon_0 c^3 r^2}\right) r^2 \sin\theta \, d\theta \\ &= \frac{q^2 a^2}{16\pi^2 \varepsilon_0 c^3} \times (2\pi) \times \int_0^\pi \sin^3\theta \, d\theta \end{aligned}

En utilisant l'intégrale donnée par l'énoncé \int_0^\pi \sin^3\theta \, d\theta = \frac{4}{3}, il vient :

P = \frac{q^2 a^2}{8\pi \varepsilon_0 c^3} \times \frac{4}{3}
\boxed{P = \frac{1}{6\pi} \frac{q^2}{\varepsilon_0 c^3} a^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question classique traitant d'éléments vus en cours.

« Les questions Q17. à Q19. reproduisent d’assez près des éléments que les candidats ont vus en cours. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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III.B · Etude énergétique de l'atome « planétaire »

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : mouvement circulaire, énergie mécanique

Dans un modèle d'atome d'hydrogène « planétaire » où l'électron a un mouvement circulaire uniforme autour du noyau, montrer que l'énergie mécanique s'écrit où désigne la distance électron-noyau, et où on a posé comme précédemment .

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre dynamique sur une orbite circulaire pour exprimer l'énergie cinétique en fonction de R, puis ajouter l'énergie potentielle coulombienne.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle électrostatique de l'électron dans le champ créé par le noyau en fixant l'origine des potentiels à l'infini.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en mouvement circulaire uniforme pour relier son énergie cinétique à la force d'attraction coulombienne (théorème du viriel).
  3. En déduire l'énergie mécanique totale E = E_c + E_p.
Voir la réponse courte

Le PFD donne m v^2/R = e^2/R^2 \implies E_c = \frac{1}{2}e^2/R, d'où E = E_c + E_p = -\frac{1}{2}e^2/R.

Voir le corrigé complet

On étudie l'électron (masse m, charge -q_e) dans le référentiel lié au noyau (charge +q_e, supposé fixe et ponctuel à l'origine O). Ce référentiel est supposé galiléen.

L'électron subit la force d'interaction coulombienne exercée par le noyau :

\vec{F} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 R^2}\,\vec{u}_r = -\frac{e^2}{R^2}\,\vec{u}_r

où R est la distance électron-noyau, \vec{u}_r le vecteur unitaire radial dirigé du noyau vers l'électron, et e^2 = \dfrac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0}.

Cette force conservative dérive de l'énergie potentielle :

E_p(R) = -\frac{e^2}{R}

avec la convention standard E_p(R \to \infty) = 0.

Le mouvement étant circulaire uniforme de rayon R à la vitesse v, l'accélération de l'électron est purement centripète radiale :

\vec{a} = -\frac{v^2}{R}\,\vec{u}_r

L'application du principe fondamental de la dynamique à l'électron projeté selon \vec{u}_r donne :

\begin{aligned} -m\frac{v^2}{R} &= -\frac{e^2}{R^2} \\ mv^2 &= \frac{e^2}{R} \end{aligned}

L'énergie cinétique de l'électron s'écrit donc :

E_c = \frac{1}{2}mv^2 = \frac{1}{2}\frac{e^2}{R}

L'énergie mécanique totale du système vaut alors :

\begin{aligned} E &= E_c + E_p = \frac{1}{2}\frac{e^2}{R} - \frac{e^2}{R} \end{aligned}
\boxed{E = -\frac{1}{2}\frac{e^2}{R}}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : formule de larmor, accélération centripète

On tient compte à présent de la puissance électromagnétique rayonnée par l'électron. Par conservation de l'énergie totale du système, l'émission d'une énergie de rayonnement doit s'accompagner d'une diminution de l'énergie mécanique de l'électron. En supposant la trajectoire quasi-circulaire de rayon , montrer que la puissance rayonnée par l'électron s'écrit .

Voir l'indice

Calculer l'accélération centripète a = v^2/R, l'exprimer en fonction de R grâce à la force coulombienne et injecter ce résultat dans la formule de Larmor obtenue en Q19.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la formule de Larmor obtenue à la question Q19 en fonction de la constante e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0} pour l'électron de charge q = -q_e.
  2. Déterminer le module de l'accélération a de l'électron sur une orbite quasi-circulaire de rayon R à l'aide du principe fondamental de la dynamique.
  3. Injecter l'expression de l'accélération dans la puissance rayonnée pour obtenir la loi de perte d'énergie en R^{-4}.
Voir la réponse courte

Accélération centripète a = v^2/R = e^2/(m R^2) injectée directement dans la formule de Larmor.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la puissance électromagnétique rayonnée par une particule de charge q = -q_e animée d'une accélération de module a s'écrit :

P = \frac{1}{6\pi} \frac{q_e^2}{\epsilon_0 c^3} a^2

En utilisant la notation introduite par l'énoncé, e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0}, soit \frac{q_e^2}{\epsilon_0} = 4\pi e^2, la puissance de Larmor s'exprime sous la forme :

P = \frac{1}{6\pi c^3} \left(4\pi e^2\right) a^2 = \frac{2}{3} \frac{e^2}{c^3} a^2

Appliquons le principe fondamental de la dynamique à l'électron dans le référentiel d'étude galiléen. La seule force prise en compte est la force d'attraction coulombienne exercée par le noyau de charge +q_e :

m\vec{a} = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 R^2}\,\vec{u}_r = -\frac{e^2}{R^2}\,\vec{u}_r

L'accélération de l'électron s'en déduit directement :

\vec{a} = -\frac{e^2}{m R^2}\,\vec{u}_r \implies a = \|\vec{a}\| = \frac{e^2}{m R^2}

En reportant cette accélération dans l'expression de la puissance rayonnée, il vient :

P = \frac{2}{3}\frac{e^2}{c^3} \left(\frac{e^2}{m R^2}\right)^2

ce qui conduit immédiatement à :

\boxed{P = \frac{2}{3} \frac{e^6}{m^2 c^3} \frac{1}{R^4}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conservation de l'énergie, équation différentielle

En déduire que la rayon moyen obéit à l'équation différentielle .

Voir l'indice

Appliquer le bilan d'énergie \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = -P avec l'expression de l'énergie mécanique établie en Q20.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle de l'énergie mécanique E(R) obtenue à la question Q20.
  2. Appliquer le bilan d'énergie en reliant la perte d'énergie mécanique à la puissance rayonnée P calculée à la question Q21, soit \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = -P.
Voir la réponse courte

Bilan de puissance dE/dt = -P avec dE/dt = \frac{e^2}{2R^2}\frac{dR}{dt}, aboutissant à l'équation différentielle non linéaire sur R(t).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, l'énergie mécanique de l'électron sur son orbite quasi-circulaire de rayon moyen R(t) s'écrit :

E(t) = -\frac{1}{2}\frac{e^2}{R(t)}

En dérivant cette relation par rapport au temps, on obtient :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{2}\frac{e^2}{R^2}\frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}t}

Par conservation de l'énergie totale, la puissance rayonnée P sous forme d'ondes électromagnétiques est prélevée sur l'énergie mécanique de l'électron :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = -P

En utilisant l'expression de la puissance rayonnée établie à la question Q21, P = \frac{2}{3}\frac{e^6}{m^2 c^3}\frac{1}{R^4}, le bilan s'écrit :

\frac{1}{2}\frac{e^2}{R^2}\frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}t} = -\frac{2}{3}\frac{e^6}{m^2 c^3}\frac{1}{R^4}

En multipliant de part et d'autre par \frac{2R^4}{e^2}, on obtient directement :

\boxed{R^2 \frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}t} = -\frac{4}{3}\frac{e^4}{m^2 c^3}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : équation différentielle, intégration

Estimer alors le temps de vie de cet atome.

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle séparable entre l'instant initial (rayon a_0) et l'effondrement sur le noyau (R = 0).

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle obtenue à la question Q22 par séparation des variables, ou en remarquant une dérivée totale.
  2. Définir le temps de vie \tau comme la durée nécessaire pour que le rayon orbital passe de sa valeur initiale a_0 à zéro (effondrement de l'électron sur le noyau).
Voir la réponse courte

Intégration par séparation des variables de R^2\,dR entre a_0 et 0 donnant le temps de chute \tau = \frac{m^2 c^3 a_0^3}{4 e^4}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, l'évolution du rayon moyen de l'orbite est régie par :

R^2 \frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}t} = -\frac{4}{3}\frac{e^4}{m^2 c^3}

En remarquant que R^2 \frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{3}\frac{\mathrm{d}(R^3)}{\mathrm{d}t}, l'équation se réécrit :

\frac{\mathrm{d}(R^3)}{\mathrm{d}t} = -\frac{4 e^4}{m^2 c^3}

On intègre cette équation entre l'instant initial t = 0, pour lequel l'orbite a pour rayon R(0) = a_0, et l'instant t = \tau, correspondant à l'effondrement de l'électron sur le noyau où le rayon s'annule, R(\tau) = 0 :

\int_{a_0}^0 3 R^2 \, \mathrm{d}R = \left[ R^3 \right]_{a_0}^0 = - a_0^3 = -\frac{4 e^4}{m^2 c^3} \int_0^\tau \mathrm{d}t = -\frac{4 e^4}{m^2 c^3} \, \tau

On en déduit l'expression du temps de vie \tau de cet atome classique :

\boxed{\tau = \frac{m^2 c^3 a_0^3}{4 e^4}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury sanctionne les raisonnements biaisés masquant une erreur de signe lors du bilan d'énergie.

« En réponse à Q23., le jury a fréquemment lu des raisonnements spécieux dans lesquels une erreur de signe initiale, fruit d’une mauvaise compréhension du bilan énergétique, conduit étonnamment à une équation différentielle correcte. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : ordre de grandeur, instabilité de l'atome classique

Effectuer l'application numérique en prenant pour rayon initial . Commentaires ?

Voir l'indice

Calculer la valeur numérique de \tau et commenter l'incompatibilité de ce résultat avec la stabilité observée de la matière à l'échelle atomique.

Voir la réponse courte

Application numérique donnant \tau \sim 10^{-11}\text{ s} : l'atome planétaire classique est instable, illustrant la nécessité de la mécanique quantique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, le temps de vie de l'atome planétaire classique s'exprime par :

\tau = \frac{m^2 c^3 a_0^3}{4 e^4}

avec e^2 = 2,3 \cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m}.

En effectuant l'application numérique avec les données de l'énoncé :

  • m = 9,1 \cdot 10^{-31}\text{ kg} ;
  • c = 3,0 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • a_0 = 1,0 \cdot 10^{-10}\text{ m} ;
  • e^2 = 2,3 \cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m}.
\begin{aligned} \tau &= \frac{(9,1 \cdot 10^{-31})^2 \times (3,0 \cdot 10^8)^3 \times (1,0 \cdot 10^{-10})^3}{4 \times (2,3 \cdot 10^{-28})^2} \\ &= \frac{8,28 \cdot 10^{-61} \times 2,7 \cdot 10^{25} \times 1,0 \cdot 10^{-30}}{4 \times 5,29 \cdot 10^{-56}} \\ &\simeq 1,1 \cdot 10^{-10}\text{ s} \end{aligned}
\boxed{\tau \simeq 1,1 \cdot 10^{-10}\text{ s}}

Commentaires :

  • Ce temps de vie caractéristique est extrêmement court : de l'ordre d'un dixième de nanoseconde (0,1\text{ ns}).
  • Selon l'électrodynamique classique, l'électron devrait rayonner continûment son énergie et s'effondrer quasi-instantanément sur le noyau, ce qui rendrait tout édifice atomique totalement instable.
  • Ce résultat est en contradiction flagrante avec l'observation quotidienne de la stabilité de la matière (l'atome d'hydrogène a une durée de vie infinie dans son état fondamental).
  • Ce phénomène, appelé « instabilité radiative » ou « effondrement radiatif », marque une limite fondamentale de la physique classique à l'échelle microscopique et motive le passage à une description quantique (Partie B).

Résultat

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Partie IV : Relations d'Heisenberg

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction d'onde, condition de normalisation

Rappeler l'interprétation physique de la fonction d'onde et en déduire que la valeur de la constante (à une phase près) vaut .

Voir l'indice

Rappeler la condition de normalisation de la densité de probabilité de présence sur tout l'espace \int |\psi(\vec{r})|^2\,\mathrm{d}^3\vec{r} = 1 en utilisant le volume d'une sphère.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'interprétation probabiliste de la fonction d'onde (postulat de Max Born).
  2. Écrire la condition de normalisation sur tout l'espace pour en déduire la constante A.
Voir la réponse courte

|\psi|^2 est la densité de probabilité de présence ; la condition de normalisation sur la sphère de rayon r_0 donne |A|^2 \frac{4}{3}\pi r_0^3 = 1.

Voir le corrigé complet

D'après l'interprétation probabiliste de Born, la quantité |\psi(\vec{r})|^2 représente la densité volumique de probabilité de présence de l'électron : la probabilité \mathrm{d}P de trouver l'électron dans un volume infinitésimal \mathrm{d}\tau = \mathrm{d}^3\vec{r} centré en \vec{r} s'écrit

\mathrm{d}P = |\psi(\vec{r})|^2 \, \mathrm{d}\tau.

L'électron étant nécessairement présent dans l'espace, la probabilité totale vaut 1, ce qui impose la condition de normalisation :

\iiint_{\text{tout l'espace}} |\psi(\vec{r})|^2 \, \mathrm{d}\tau = 1.

La fonction d'onde s'annulant pour r > r_0 et étant constante égale à A pour r < r_0, l'intégration se restreint à la sphère de rayon r_0 :

\begin{aligned} \iiint_{r < r_0} |A|^2 \, \mathrm{d}\tau &= |A|^2 \times \left( \frac{4}{3} \pi r_0^3 \right) = 1. \end{aligned}

On en déduit :

|A|^2 = \frac{3}{4\pi r_0^3}.

En choisissant la phase globale de la fonction d'onde nulle de sorte que A soit réel positif, on obtient bien :

\boxed{A = \sqrt{\frac{3}{4\pi r_0^3}}.}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : valeur moyenne, écart-type

Calculer la valeur moyenne de la position et du carré de la distance . Montrer alors que la « dispersion en position » définie par la relation vaut .

Voir l'indice

Utiliser des arguments d'imparité pour \langle \vec{r} \rangle et calculer \langle r^2 \rangle par intégration radiale avec l'élément de volume sphérique \mathrm{d}^3\vec{r} = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries de la distribution de probabilité |\psi(\vec{r})|^2 pour déterminer la valeur moyenne de la position vectorielle \langle \vec{r} \rangle.
  2. Calculer la moyenne du carré de la distance \langle \|\vec{r}\|^2 \rangle par intégration en coordonnées sphériques sur la sphère de rayon r_0.
  3. En déduire l'écart type \Delta r à l'aide de la définition fournie par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Par symétrie \langle\vec{r}\rangle = \vec{0} et intégration de r^4 donnant \langle r^2 \rangle = \frac{3}{5}r_0^2, d'où \Delta r = \sqrt{3/5}r_0.

Voir le corrigé complet

La densité volumique de probabilité de présence de l'électron, établie à la question Q25, s'écrit :

|\psi(\vec{r})|^2 = \begin{cases} A^2 = \dfrac{3}{4\pi r_0^3} & \text{pour } r < r_0 \\ 0 & \text{pour } r > r_0 \end{cases}

Valeur moyenne de la position \langle \vec{r} \rangle : Par définition :

\langle \vec{r} \rangle = \iiint_{\text{espace}} \vec{r} \, |\psi(\vec{r})|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{r}

La densité volumique |\psi(\vec{r})|^2 est invariante par symétrie centrale par rapport à l'origine (parité paire sous l'inversion \vec{r} \to -\vec{r}), tandis que la fonction vectorielle \vec{r} est impaire. L'intégrale sur le domaine sphérique centré en O s'annule donc composante par composante :

\boxed{\langle \vec{r} \rangle = \vec{0}}

Valeur moyenne du carré de la distance \langle \|\vec{r}\|^2 \rangle : Comme \|\vec{r}\|^2 = r^2 et que la densité ne dépend que de r, on intègre en coordonnées sphériques avec l'élément de volume radial \mathrm{d}^3\vec{r} = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r :

\begin{aligned} \langle \|\vec{r}\|^2 \rangle &= \int_0^{r_0} r^2 \times A^2 \times 4\pi r^2 \, \mathrm{d}r \\ &= 4\pi A^2 \int_0^{r_0} r^4 \, \mathrm{d}r \\ &= 4\pi \left(\frac{3}{4\pi r_0^3}\right) \left[ \frac{r^5}{5} \right]_0^{r_0} \\ &= \frac{3}{r_0^3} \times \frac{r_0^5}{5} \end{aligned}

D'où :

\boxed{\langle \|\vec{r}\|^2 \rangle = \frac{3}{5}r_0^2}

Dispersion en position \Delta r : D'après la relation donnée par l'énoncé :

\Delta r = \sqrt{\langle \|\vec{r}\|^2 \rangle - \|\langle \vec{r} \rangle\|^2} = \sqrt{\frac{3}{5}r_0^2 - 0}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\Delta r = \sqrt{\frac{3}{5}}\, r_0}

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : fonction d'onde, espace des impulsions

Par analogie avec la fonction d'onde spatiale , on introduit la fonction d'onde en quantité de mouvement, pour décrire la densité de probabilité dans l'espace des quantités de mouvement. On admet que la fonction d'onde en quantité de mouvement, vérifie :

où désigne le module de , est une constante et un paramètre ajustable que nous déterminerons un peu plus loin. Par analogie avec la notion de fonction d'onde spatiale, proposer une interprétation du carré du module de la fonction d'onde .

Voir l'indice

Interpréter |\chi(\vec{p})|^2\,\mathrm{d}^3\vec{p} comme la probabilité élémentaire que la quantité de mouvement de la particule soit comprise dans le volume \mathrm{d}^3\vec{p} autour de \vec{p}.

Voir la réponse courte

|\chi(\vec{p})|^2 s'interprète comme la densité volumique de probabilité de trouver la particule avec la quantité de mouvement \vec{p}.

Voir le corrigé complet

Par analogie directe avec la représentation spatiale où |\psi(\vec{r})|^2 représente la densité de probabilité de présence dans l'espace direct, la quantité |\chi(\vec{p})|^2 s'interprète comme la densité volumique de probabilité de mesure dans l'espace des impulsions (ou espace des quantités de mouvement).

Plus précisément :

  • la quantité élémentaire de probabilité \mathrm{d}P(\vec{p}) de trouver une particule avec une quantité de mouvement située dans le volume infinitésimal \mathrm{d}^3\vec{p} = \mathrm{d}p_x\mathrm{d}p_y\mathrm{d}p_z autour de \vec{p} est donnée par :

    \boxed{\mathrm{d}P(\vec{p}) = |\chi(\vec{p})|^2\,\mathrm{d}^3\vec{p}}
  • la certitude de trouver une valeur quelconque de \vec{p} se traduit par la condition de normalisation sur tout l'espace des quantités de mouvement :

    \iiint_{\mathbb{R}^3} |\chi(\vec{p})|^2\,\mathrm{d}^3\vec{p} = 1

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : condition de normalisation, valeur moyenne

Comme précédemment, calculer la constante et la « dispersion en quantité de mouvement » .

Voir l'indice

Procéder de manière identique aux questions Q25 et Q26 par analogie formelle entre l'espace des positions et l'espace des quantités de mouvement.

Voir la stratégie

Par analogie rigoureuse avec les questions Q25 et Q26 :

  1. La condition de normalisation de la densité de probabilité dans l'espace des impulsions permet de déterminer la constante B.
  2. Les calculs des moyennes \langle \vec{p} \rangle (nulle par symétrie) et \langle \|\vec{p}\|^2 \rangle conduisent directement à la dispersion \Delta p.
Voir la réponse courte

Par stricte analogie avec l'espace direct, B = \sqrt{3/(4\pi p_0^3)} et \Delta p = \sqrt{3/5}p_0.

Voir le corrigé complet

1. Calcul de la constante B
La probabilité totale de trouver la particule avec une quantité de mouvement quelconque dans l'espace des impulsions vaut 1 :

\iiint_{\mathbb{R}^3} |\chi(\vec{p})|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{p} = 1

La fonction d'onde étant nulle pour p > p_0 et uniforme de valeur B sur la sphère de rayon p_0, l'intégration en coordonnées sphériques dans l'espace des quantités de mouvement donne :

|B|^2 \int_0^{p_0} 4\pi p^2 \, \mathrm{d}p = |B|^2 \left( \frac{4}{3}\pi p_0^3 \right) = 1

En choisissant B réel positif (à une phase globale près) :

\boxed{B = \sqrt{\frac{3}{4\pi p_0^3}}}

2. Calcul de la dispersion en quantité de mouvement \Delta p
Par analogie avec la question Q26, la dispersion est définie par :

\Delta p = \sqrt{\langle \|\vec{p}\|^2 \rangle - \|\langle \vec{p} \rangle\|^2}
  • Par symétrie centrale de la fonction d'onde \chi(\vec{p}) (invariance par l'inversion \vec{p} \to -\vec{p}), la valeur moyenne du vecteur quantité de mouvement est nulle :

    \langle \vec{p} \rangle = \iiint_{\mathbb{R}^3} \vec{p} \, |\chi(\vec{p})|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{p} = \vec{0}
  • La moyenne du carré du module s'obtient par intégration radiale :

    \begin{aligned} \langle \|\vec{p}\|^2 \rangle &= \int_0^{p_0} p^2 |B|^2 \, (4\pi p^2 \, \mathrm{d}p) \\ &= 4\pi B^2 \int_0^{p_0} p^4 \, \mathrm{d}p \\ &= 4\pi \left(\frac{3}{4\pi p_0^3}\right) \frac{p_0^5}{5} \\ &= \frac{3}{5} p_0^2 \end{aligned}

On en déduit immédiatement la dispersion en quantité de mouvement :

\boxed{\Delta p = \sqrt{\frac{3}{5}}\, p_0}

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : inégalité de heisenberg

En vous appuyant sur les inégalités spatiales d'Heisenberg, justifier que si l'électron est dans son état fondamental (c'est-à-dire de plus basse énergie) on doit avoir la relation où est la constante de Planck réduite et le signe signifie « de l'ordre de grandeur de ». Remarque : on a gardé le facteur par cohérence avec les calculs précédents mais celui-ci ne signifie rien d'un point de vue quantitatif sur le résultat final.

Voir l'indice

Appliquer l'inégalité d'Heisenberg \Delta r \cdot \Delta p \ge \hbar en considérant que l'état fondamental minimise le produit des dispersions.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'inégalité spatiale de Heisenberg reliant l'incertitude sur la position à celle sur la quantité de mouvement.
  2. Exprimer le produit des dispersions \Delta r \Delta p calculées aux questions Q26 et Q28.
  3. Justifier que l'état fondamental, état de plus basse énergie, minimise ce produit au voisinage de la borne inférieure quantique.
Voir la réponse courte

Application de l'inégalité spatiale d'Heisenberg \Delta r \Delta p \sim \hbar avec les dispersions calculées précédemment.

Voir le corrigé complet

Les relations spatiales d'incertitude de Heisenberg s'écrivent pour chaque composante cartésienne :

\Delta x \, \Delta p_x \geqslant \frac{\hbar}{2}

À trois dimensions, l'ordre de grandeur de l'inégalité liant les dispersions globales en position et en impulsion est :

\Delta r \, \Delta p \gtrsim \hbar

D'après les résultats des questions Q26 et Q28 :

\Delta r = \sqrt{\frac{3}{5}} \, r_0 \quad \text{et} \quad \Delta p = \sqrt{\frac{3}{5}} \, p_0

Leur produit s'écrit donc :

\Delta r \, \Delta p = \left(\sqrt{\frac{3}{5}} \, r_0\right)\left(\sqrt{\frac{3}{5}} \, p_0\right) = \frac{3}{5} \, p_0 r_0

L'état fondamental étant l'état de plus basse énergie compatible avec les lois de la mécanique quantique, les incertitudes doivent être minimales afin de saturer au mieux l'inégalité de Heisenberg. À l'ordre de grandeur près, on a donc :

\boxed{\frac{3}{5} p_0 r_0 \sim \hbar}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'inégalité de Heisenberg doit impérativement être écrite sous forme d'inégalité et non seulement d'ordres de grandeur.

« Dans la question Q29., l’énoncé demande explicitement de s’appuyer sur l’inégalité de Heisenberg. Il est donc impératif qu’elle apparaisse au moins une fois dans la réponse, et pas seulement sous forme d’égalité d’ordres de grandeur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie potentielle, potentiel électrostatique

On cherche l'expression de l'énergie de l'électron en fonction de . Rappeler l'expression de l'énergie potentielle d'un électron dans le champ électrique créé par le noyau. On notera où est la charge élémentaire. On cherche l'expression de la valeur du paramètre qui minimise l'énergie moyenne de l'électron (état fondamental).

Voir l'indice

Exprimer l'énergie potentielle électrostatique de Coulomb créée par une charge ponctuelle +q_e sur une charge -q_e à la distance r.

Voir la réponse courte

Potentiel coulombien V(r) = q_e/(4\pi\epsilon_0 r) d'où une énergie potentielle d'interaction E_p(r) = -q_e V(r) = -e^2/r.

Voir le corrigé complet

Le noyau ponctuel portant la charge +q_e, situé à l'origine r=0, crée dans tout l'espace un potentiel électrostatique coulombien (en fixant l'origine des potentiels à l'infini) :

V(r) = \frac{q_e}{4\pi\epsilon_0 r}

L'électron étant une particule de charge q = -q_e située à la distance r = \|\vec{r}\| du noyau, son énergie potentielle électrostatique s'écrit :

E_p(r) = q\,V(r) = -\frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0 r}

En introduisant la notation e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0} imposée par l'énoncé, on obtient :

\boxed{E_p(r) = -\frac{e^2}{r}}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : valeur moyenne, énergie potentielle

Montrer que l'énergie potentielle moyenne de l'électron décrit par la fonction d'onde s'écrit où avec est la charge élémentaire.

Voir l'indice

Calculer la valeur moyenne \langle E_p \rangle = \int E_p(r)\,|\psi(\vec{r})|^2\,\mathrm{d}^3\vec{r} en intégrant en coordonnées sphériques sur la sphère de rayon r_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la valeur moyenne de l'énergie potentielle par l'intégrale de E_p(r) pondérée par la densité volumique de probabilité de présence |\psi(\vec{r})|^2.
  2. Réaliser l'intégration en coordonnées sphériques sur la boule de rayon r_0, où la fonction d'onde est non nulle.
Voir la réponse courte

Intégration de (-e^2/r)|\psi|^2 sur la sphère de rayon r_0 via 4\pi r^2 dr, donnant \langle E_p \rangle = -\frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, la fonction d'onde de l'électron est à support sphérique de rayon r_0 et sa constante de normalisation vérifie :

|\psi(\vec{r})|^2 = A^2 = \frac{3}{4\pi r_0^3} \quad \text{pour } r < r_0, \quad \text{et} \quad |\psi(\vec{r})|^2 = 0 \quad \text{pour } r > r_0

D'après la question Q30, l'énergie potentielle coulombienne de l'électron à la distance r du noyau s'écrit :

E_p(r) = -\frac{e^2}{r} \quad \text{avec} \quad e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0}

La valeur moyenne de cette énergie potentielle est donnée par :

\langle E_p \rangle = \iiint_{\mathbb{R}^3} E_p(r)\, |\psi(\vec{r})|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{r}

Compte tenu de l'invariance par rotation du potentiel et de la fonction d'onde, l'intégration sur les angles (\theta, \phi) fournit l'angle solide total 4\pi, soit l'élément de volume radial \mathrm{d}^3\vec{r} = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r :

\begin{aligned} \langle E_p \rangle &= \int_0^{r_0} \left(-\frac{e^2}{r}\right) A^2 \left(4\pi r^2\,\mathrm{d}r\right) \\ &= -4\pi e^2 A^2 \int_0^{r_0} r\,\mathrm{d}r \\ &= -4\pi e^2 \left(\frac{3}{4\pi r_0^3}\right) \left[ \frac{r^2}{2} \right]_0^{r_0} \\ &= -\frac{3e^2}{r_0^3} \, \frac{r_0^2}{2} \end{aligned}

On obtient finalement :

\boxed{\langle E_p \rangle = -\frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0}}

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : valeur moyenne, énergie cinétique

Montrer de même que l'énergie cinétique moyenne de l'électron décrit par la fonction d'onde s'écrit .

Voir l'indice

Calculer \langle E_c \rangle = \langle p^2 \rangle / (2m) en utilisant le résultat de la question Q28 pour \langle p^2 \rangle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique d'une particule non relativiste de masse m en fonction de sa quantité de mouvement p = \|\vec{p}\|.
  2. Utiliser la linéarité de l'espérance et le résultat établi à la question Q28 pour la valeur moyenne \langle p^2 \rangle, ou recalculer directement l'intégrale dans l'espace des impulsions.
Voir la réponse courte

Expression \langle E_c \rangle = \frac{\langle p^2 \rangle}{2m} et utilisation directe de \langle p^2 \rangle = \frac{3}{5}p_0^2 établie par analogie.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre non relativiste, l'énergie cinétique d'une particule de masse m s'exprime en fonction de sa quantité de mouvement \vec{p} par :

E_c = \frac{p^2}{2m} = \frac{\|\vec{p}\|^2}{2m}

Par linéarité de la moyenne, la valeur moyenne de l'énergie cinétique s'écrit :

\langle E_c \rangle = \left\langle \frac{p^2}{2m} \right\rangle = \frac{1}{2m} \langle p^2 \rangle

D'après le résultat obtenu à la question Q28, la moyenne du carré de la quantité de mouvement vaut :

\langle p^2 \rangle = \langle \|\vec{p}\|^2 \rangle = \frac{3}{5}p_0^2

On en déduit immédiatement :

\langle E_c \rangle = \frac{1}{2m} \left( \frac{3}{5} p_0^2 \right)
\boxed{\langle E_c \rangle = \frac{3}{10}\frac{p_0^2}{m}}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie mécanique, inégalité de heisenberg

En éliminant grâce à la relation obtenue à la question Q 29 (on remplacera le signe par une égalité pour effectuer ce calcul), établir l'expression de en fonction uniquement de .

Voir l'indice

Remplacer p_0 en fonction de r_0 dans la somme \langle E_m \rangle = \langle E_c \rangle + \langle E_p \rangle pour obtenir une fonction de la seule variable r_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre d'impulsion p_0 en fonction de r_0 à partir de la relation d'Heisenberg imposée à la question Q29.
  2. Exprimer l'énergie cinétique moyenne \langle E_c \rangle obtenue en Q32 en fonction de r_0.
  3. Utiliser la linéarité de la moyenne pour sommer \langle E_c \rangle et \langle E_p \rangle (établie en Q31) afin d'obtenir l'énergie mécanique moyenne \langle E_m \rangle(r_0).
Voir la réponse courte

Substitution de p_0 = \frac{5\hbar}{3r_0} dans la somme \langle E_m \rangle = \langle E_c \rangle + \langle E_p \rangle.

Voir le corrigé complet

D'après la relation obtenue à la question Q29, en remplaçant le signe \sim par une égalité conformément aux consignes :

\frac{3}{5} p_0 r_0 = \hbar \implies p_0 = \frac{5\hbar}{3r_0}

D'après le résultat de la question Q32, l'énergie cinétique moyenne de l'électron s'écrit :

\begin{aligned} \langle E_c \rangle &= \frac{3}{10}\frac{p_0^2}{m} \\ &= \frac{3}{10m}\left(\frac{5\hbar}{3r_0}\right)^2 \\ &= \frac{3}{10m} \times \frac{25\hbar^2}{9r_0^2} = \frac{5}{6}\frac{\hbar^2}{m r_0^2} \end{aligned}

L'énergie mécanique moyenne s'obtient par linéarité de la moyenne :

\langle E_m \rangle = \langle E_c \rangle + \langle E_p \rangle

En utilisant l'expression de l'énergie potentielle moyenne obtenue à la question Q31, \langle E_p \rangle = -\frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0}, il vient finalement :

\boxed{\langle E_m \rangle = \frac{5}{6}\frac{\hbar^2}{m r_0^2} - \frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : état fondamental, minimisation de l'énergie

En déduire que la « taille » de la l'atome d'hydrogène a pour expression .

Voir l'indice

Chercher le minimum de l'énergie mécanique moyenne en annulant la dérivée \frac{\mathrm{d}\langle E_m \rangle}{\mathrm{d}r_0}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que l'état fondamental correspond au minimum de l'énergie mécanique moyenne \langle E_m \rangle en fonction de r_0.
  2. Dériver l'expression obtenue à la question Q33 par rapport à r_0 et annuler cette dérivée pour trouver la taille a_0 optimale.
  3. Conclure sur l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courte

Dérivation de \langle E_m \rangle par rapport à r_0 et annulation pour déterminer le rayon d'équilibre a_0 \sim \hbar^2/(m e^2).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q33, l'énergie mécanique moyenne de l'électron s'exprime en fonction de r_0 par :

\langle E_m \rangle(r_0) = \frac{5}{6}\frac{\hbar^2}{m r_0^2} - \frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0}

L'état fondamental correspond à l'état de plus basse énergie. La valeur a_0 du paramètre r_0 qui minimise cette énergie est donc solution de :

\left. \frac{\mathrm{d}\langle E_m \rangle}{\mathrm{d}r_0} \right|_{r_0 = a_0} = 0

En dérivant par rapport à r_0 :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\langle E_m \rangle}{\mathrm{d}r_0} &= -\frac{5}{3}\frac{\hbar^2}{m r_0^3} + \frac{3}{2}\frac{e^2}{r_0^2} = \frac{1}{r_0^2} \left( \frac{3}{2}e^2 - \frac{5}{3}\frac{\hbar^2}{m r_0} \right) \end{aligned}

L'annulation de la dérivée fournit :

\begin{aligned} \frac{3}{2}e^2 - \frac{5}{3}\frac{\hbar^2}{m a_0} = 0 \implies a_0 = \frac{10}{9}\frac{\hbar^2}{m e^2} \end{aligned}

La dérivée est négative pour r_0 < a_0 et positive pour r_0 > a_0, ce qui confirme qu'il s'agit bien d'un minimum d'énergie.

Le facteur préfactoriel valant \frac{10}{9} \simeq 1{,}1, il est de l'ordre de l'unité. À l'ordre de grandeur près, on obtient bien :

\boxed{a_0 \sim \frac{\hbar^2}{m e^2}}

Résultat

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : rayon de bohr, ordre de grandeur

Effectuer l'application numérique. Commenter.

Voir l'indice

Calculer numériquement le rayon obtenu et vérifier qu'il coïncide remarquablement avec l'ordre de grandeur du rayon de Bohr de l'atome d'hydrogène.

Voir la stratégie
  1. Effectuer l'application numérique de l'expression a_0 \sim \dfrac{\hbar^2}{m e^2} établie à la question précédente à l'aide des constantes fournies en fin d'énoncé.
  2. Commenter la valeur obtenue en la confrontant aux dimensions atomiques usuelles ainsi qu'au problème de l'instabilité de l'atome classique mis en évidence dans la partie A.
Voir la réponse courte

Calcul numérique donnant a_0 \approx 0,5 \cdot 10^{-10}\text{ m} = 0,5\text{ \AA}, en parfait accord avec le rayon de Bohr.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression issue de l'analyse dimensionnelle et de la minimisation de l'énergie à la question précédente :

a_0 \sim \frac{\hbar^2}{m e^2}

Les données de l'énoncé sont :

  • \hbar = 1{,}05 \cdot 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s},
  • m = 9{,}1 \cdot 10^{-31}\text{ kg},
  • e^2 = \frac{q_e^2}{4\pi\epsilon_0} = 2{,}3 \cdot 10^{-28}\text{ J}\cdot\text{m}.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} a_0 &\sim \frac{(1{,}05 \cdot 10^{-34})^2}{9{,}1 \cdot 10^{-31} \times 2{,}3 \cdot 10^{-28}} \\ a_0 &\sim \frac{1{,}1025 \cdot 10^{-68}}{2{,}093 \cdot 10^{-58}} \simeq 5{,}3 \cdot 10^{-11}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{a_0 \sim 5{,}3 \cdot 10^{-11}\text{ m} \simeq 0{,}053\text{ nm}}

Commentaires :

  • Ordre de grandeur physique : On retrouve exactement la valeur du rayon de Bohr du modèle quantique standard (a_0 \simeq 0{,}53\text{ \AA}). Cette valeur est en excellent accord avec le diamètre atomique introduit arbitrairement dans le modèle de Thomson (a_0 = 1{,}0 \cdot 10^{-10}\text{ m} à la section I.B).
  • Résolution du paradoxe de l'effondrement classique : Alors que l'électrodynamique classique prédisait un effondrement inéluctable de l'électron sur le noyau en un temps de l'ordre de 10^{-10}\text{ s} (question Q24), la mécanique quantique assure la stabilité de la matière.
  • Origine physique de la stabilité : La compétition entre l'attraction coulombienne attractive (\langle E_p \rangle \propto -1/r_0) et l'énergie cinétique de confinement imposée par les relations d'inégalité de Heisenberg (\langle E_c \rangle \propto +1/r_0^2) crée un minimum d'énergie à distance finie non nulle du noyau.

Résultat

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Partie V : L'atome quantique : onde ou particule ?

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse molaire, constante d'avogadro

À partir de la formule de la molécule de phtalocyanine, calculer la masse d'une molécule de .

Voir l'indice

Calculer la masse molaire de \mathrm{C_{32}H_{18}N_8} puis diviser par le nombre d'Avogadro pour trouver la masse d'une seule molécule.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la masse molaire M de la molécule de phtalocyanine \mathrm{C_{32}H_{18}N_8} à partir des masses molaires atomiques fournies.
  2. En déduire la masse m d'une molécule individuelle grâce à la constante d'Avogadro N_A : m = \frac{M}{N_A}.
Voir la réponse courte

Masse molaire M = 32 M_C + 18 M_H + 8 M_N \approx 514\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} puis masse d'une molécule m = M/\mathcal{N}_A \approx 8,5 \cdot 10^{-25}\text{ kg}.

Voir le corrigé complet

La formule brute de la phtalocyanine est \mathrm{C_{32}H_{18}N_8}. Sa masse molaire s'exprime sous la forme :

\begin{aligned} M &= 32\,M(\mathrm{C}) + 18\,M(\mathrm{H}) + 8\,M(\mathrm{N}) \end{aligned}

Avec les données de l'énoncé :

\begin{aligned} M &= 32 \times 12 + 18 \times 1 + 8 \times 14 \\ &= 384 + 18 + 112 = 514\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0{,}514\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

La masse m d'une unique molécule de \mathrm{PcH_2} vaut alors :

m = \frac{M}{N_A}

Application numérique avec N_A = 6{,}02\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

\begin{aligned} m &= \frac{514\cdot 10^{-3}}{6{,}02\cdot 10^{23}} \simeq 8{,}54\cdot 10^{-25}\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{m \simeq 8{,}54\cdot 10^{-25}\text{ kg}}

Résultat

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, équation de la trajectoire

On note un élargissement des franges « vers le bas » que l'on attribue à l'action de la pesanteur sur la trajectoire initialement horizontale des molécules. Montrer par un calcul simple de mécanique classique que la trajectoire d'une particule de masse soumise à l'action de la pesanteur et de vitesse initiale horizontale , présente à une distance de son point de lancement une déviation verticale donnée par la relation . On suppose un axe vertical orienté en sens opposé à la direction de conformément à la convention adoptée dans l'article de façon à avoir des déflexions négatives comme indiquées sur la figure 3 droite.

Voir l'indice

Écrire les équations horaires du mouvement balistique sans frottement et éliminer le temps pour obtenir la déviation verticale h(D).

Voir la stratégie
  1. Définir le système, le référentiel galiléen et le repère d'espace en respectant l'orientation verticale ascendante imposée par l'énoncé.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique pour déterminer les équations horaires du mouvement.
  3. Éliminer le temps pour obtenir l'altitude h à la distance horizontale D.
Voir la réponse courte

Trajectoire parabolique de chute libre : x = v_0 t et z = -\frac{1}{2}g t^2, d'où h = -\frac{1}{2}g(D/v_0)^2 pour x = D.

Voir le corrigé complet

On étudie la molécule de phtalocyanine, assimilée à un point matériel de masse m, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

On munit l'espace d'un repère orthonormé (O, \vec{u}_x, \vec{u}_z) où :

  • l'origine O coïncide avec le point de lancement des molécules ;
  • l'axe horizontal Ox est orienté dans la direction du vecteur vitesse initiale \vec{v}_0 = v_0 \vec{u}_x ;
  • l'axe vertical Oz est orienté vers le haut, en sens opposé au champ de pesanteur : \vec{g} = -g \vec{u}_z.

Les conditions initiales à l'instant t = 0 s'écrivent :

\vec{OM}(0) = \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{v}(0) = v_0 \vec{u}_x.

La molécule n'est soumise qu'à son poids \vec{P} = m\vec{g}. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m\vec{a} = m\vec{g} \iff \vec{a} = -g \vec{u}_z.

Par projection sur les axes, on obtient les accélérations :

\begin{aligned} \ddot{x}(t) &= 0 \\ \ddot{z}(t) &= -g. \end{aligned}

Deux intégrations successives compte tenu des conditions initiales conduisent aux équations horaires :

\begin{aligned} x(t) &= v_0 t \\ z(t) &= -\frac{1}{2}gt^2. \end{aligned}

La particule atteint la distance horizontale x = D à la date :

t_D = \frac{D}{v_0}.

La déviation verticale h = z(t_D) à cette distance s'exprime donc par :

\boxed{h = -\frac{1}{2}g\left(\frac{D}{v_0}\right)^2}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique, calcul d'incertitude

Comme indiqué sur la figure 3 droite, on sélectionne des molécules dont la déflexion se situe dans l'intervalle . En déduire la vitesse moyenne et la dispersion (indétermination) correspondante. On prendra .

Voir l'indice

Inverser la formule de la déflexion pour calculer la vitesse v associée à chaque borne de déviation, puis en déduire la vitesse moyenne et l'écart.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse horizontale v_0 en fonction de la déflexion verticale h à l'aide de la relation établie à la question Q37.
  2. Déterminer la vitesse centrale v_0 associée au centre de l'intervalle de déflexion h_{\text{moy}} = -200\text{ }\mu\text{m}.
  3. Estimer la dispersion \Delta v (demi-largeur de l'intervalle de vitesse ou incertitude), soit par calcul direct des vitesses aux bornes, soit par différentiation logarithmique.
Voir la réponse courte

Inversion de la formule de déflexion v_0 = D\sqrt{g/(2|h|)} aux bornes de l'intervalle pour extraire vitesse moyenne et dispersion \Delta v.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q37, la déflexion verticale s'écrit :

h = -\frac{1}{2}g\left(\frac{D}{v_0}\right)^2

Le signe négatif traduisant une chute vers le bas, on a en module :

|h| = \frac{g D^2}{2 v_0^2} \implies v_0 = D\sqrt{\frac{g}{2|h|}}

L'intervalle de déflexion sélectionné est h \in [-240, -160]\text{ }\mu\text{m}, ce qui correspond à |h| \in [160, 240]\text{ }\mu\text{m}.

Vitesse moyenne v_0 : Le centre de l'intervalle de déflexion est |h_0| = 200\text{ }\mu\text{m} = 2,00\cdot 10^{-4}\text{ m}. La vitesse moyenne correspondante est :

v_0 = D\sqrt{\frac{g}{2|h_0|}}

Avec les valeurs numériques fournies : D = 0,96\text{ m}, g = 9,81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et |h_0| = 2,00\cdot 10^{-4}\text{ m} :

v_0 = 0,96 \times \sqrt{\frac{9,81}{2 \times 2,00\cdot 10^{-4}}} = 0,96 \times \sqrt{24525} \simeq 150\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Dispersion en vitesse \Delta v : On peut évaluer la dispersion en calculant les vitesses aux bornes de l'intervalle sélectionné :

\begin{aligned} v_{\min} &= D\sqrt{\frac{g}{2|h|_{\max}}} = 0,96 \times \sqrt{\frac{9,81}{2 \times 2,40\cdot 10^{-4}}} \simeq 137\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ v_{\max} &= D\sqrt{\frac{g}{2|h|_{\min}}} = 0,96 \times \sqrt{\frac{9,81}{2 \times 1,60\cdot 10^{-4}}} \simeq 168\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

L'indétermination (demi-largeur de l'intervalle de vitesse) vaut alors :

\Delta v = \frac{v_{\max} - v_{\min}}{2} = \frac{168 - 137}{2} \simeq 15\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

De façon équivalente, par différentiation logarithmique de v_0 \propto |h|^{-1/2} :

\frac{\mathrm{d}v_0}{v_0} = -\frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}|h|}{|h|} \implies \frac{\Delta v}{v_0} \simeq \frac{1}{2}\frac{\Delta h}{|h_0|} = \frac{1}{2} \times \frac{40\text{ }\mu\text{m}}{200\text{ }\mu\text{m}} = 10\%

soit \Delta v \simeq 0,10 \times 150\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 15\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

\boxed{v_0 \simeq 1,5\cdot 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad \Delta v \simeq 15\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : relation de de broglie, longueur d'onde de de broglie

Définir puis calculer la longueur d'onde de de Broglie des molécules de phtalocyanine.

Voir l'indice

Rappeler la relation de Louis de Broglie \lambda_B = h / (m v_0) et effectuer le calcul numérique avec la vitesse moyenne déterminée en Q38.

Voir la réponse courte

Définition \lambda_B = h/(m v_0) et calcul numérique fournissant une longueur d'onde de matière de quelques picomètres.

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse de Louis de Broglie (1924), à toute particule matérielle possédant une quantité de mouvement p = \|\vec{p}\| est associée une onde de matière dont la longueur d'onde, dite longueur d'onde de de Broglie, est définie par :

\lambda_B = \frac{h}{p} = \frac{2\pi\hbar}{p}

où h est la constante de Planck et \hbar = \frac{h}{2\pi} la constante de Planck réduite.

Pour les molécules de phtalocyanine \mathrm{PcH}_2, la vitesse v_0 \simeq 150\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est très largement non relativiste (v_0 \ll c), de sorte que la quantité de mouvement s'écrit simplement :

p = m v_0

où m est la masse d'une molécule obtenue à la question Q36, et v_0 la vitesse moyenne déterminée à la question Q38.

On en déduit l'expression de la longueur d'onde de de Broglie :

\boxed{\lambda_B = \frac{2\pi\hbar}{m v_0}}

Application numérique : Avec les données fournies par l'énoncé et les résultats précédents :

  • \hbar = 1{,}05\cdot 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} ;
  • m \simeq 8{,}54\cdot 10^{-25}\text{ kg} (d'après Q36) ;
  • v_0 \simeq 153\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après Q38, ou 150\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}).
\begin{aligned} \lambda_B &= \frac{2\pi \times 1{,}05\cdot 10^{-34}}{8{,}54\cdot 10^{-25} \times 153} \simeq 5{,}1\cdot 10^{-12}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\lambda_B \simeq 5{,}1\cdot 10^{-12}\text{ m} = 5{,}1\text{ pm}}

Résultat

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : formule des réseaux, différence de marche

En interprétant le phénomène observé comme résultant d'interférences entre des ondes de longueur d'onde , établir simplement que l'on observe des interférences constructives (et donc des densités de probabilités de présence maximales des molécules) dans les directions données par la relation où est la distance entre deux fentes consécutives et est un nombre entier.

Voir l'indice

Exprimer la différence de marche géométrique entre deux fentes consécutives distantes de a pour une onde plane inclinée d'un angle \theta_k.

Voir la stratégie
  1. Déterminer géométriquement la différence de marche entre les ondes de matière issues de deux fentes consécutives du réseau dans une direction d'observation \theta.
  2. Écrire la condition d'interférences totalement constructives reliant cette différence de marche à la longueur d'onde de de Broglie \lambda_B, puis relier l'intensité résultante à la densité de probabilité de présence des molécules.
Voir la réponse courte

La différence de chemin optique entre deux fentes consécutives distantes de a vaut \delta = a\sin\theta_k = k\lambda_B pour des interférences constructives.

Voir le corrigé complet

Considérons deux fentes consécutives du réseau G, séparées d'une distance a, éclairées en incidence normale par le faisceau moléculaire incident. Les ondes de de Broglie associées aux molécules sont alors émises en phase au niveau de chaque fente.

Dans une direction repérée par l'angle \theta par rapport à la normale au plan du réseau, la différence de marche \delta entre les ondes issues de deux fentes successives s'écrit géométriquement :

\delta = a \sin\theta

Le déphasage correspondant entre ces deux ondes vaut :

\Delta\phi = \frac{2\pi}{\lambda_B} \delta = \frac{2\pi}{\lambda_B} a \sin\theta

Les interférences entre les ondes issues des différentes fentes du réseau sont constructives lorsque toutes les contributions interfèrent en phase, c'est-à-dire lorsque le déphasage est un multiple entier de 2\pi (\Delta\phi = 2k\pi), ce qui équivaut à :

\delta = k \lambda_B \quad (k \in \mathbb{Z})

On en déduit que les directions d'interférences constructives \theta_k vérifient la relation des réseaux :

\boxed{a \sin\theta_k = k \lambda_B \quad (k \in \mathbb{Z})}

En mécanique quantique, l'amplitude de l'onde de matière totale superposée détermine la fonction d'onde \psi sur le détecteur. La densité volumique (ou surfacique) de probabilité de présence des molécules étant donnée par |\psi|^2, les interférences constructives se traduisent directement par des maxima de probabilité d'impact des molécules sur l'écran, ce qui engendre les franges observées.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul de la différence de marche devait obligatoirement être justifié par un schéma.

« Dans Q40., un calcul de différence de marche justifié par un schéma était attendu. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : interfrange, propagation des incertitudes

Montrer alors que l'interfrange que l'on définira vaut où est la distance entre le réseau et l'écran. Effectuer l'application numérique, puis estimer la dispersion compte tenu de la dispersion en vitesse obtenue plus haut. On négligera les incertitudes sur les mesures de et de .

Voir l'indice

Dans l'approximation des petits angles, relier l'angle \theta_k à la position sur l'écran x_k \simeq L_2 \theta_k, en déduire i = x_{k+1}-x_k, puis propager l'incertitude sur la vitesse.

Voir la stratégie
  1. Définir l'interfrange i comme la distance séparant deux franges brillantes consécutives sur l'écran, puis exprimer la position x_k des maxima à l'aide de l'approximation des petits angles.
  2. Calculer numériquement i à partir des grandeurs données.
  3. Utiliser la dépendance i \propto v_0^{-1} pour relier la dispersion \Delta i à la dispersion en vitesse \Delta v.
Voir la réponse courte

Aux petits angles \sin\theta \approx x/L_2, d'où i = \lambda_B L_2/a, puis déduction de \Delta i = i (\Delta v/v_0).

Voir le corrigé complet

L'interfrange i est la distance séparant deux maxima d'intensité consécutifs sur l'écran de détection.

En notant x_k la position transverse d'un pic d'ordre k sur l'écran situé à la distance L_2 du réseau, la géométrie du dispositif donne :

x_k = L_2 \tan \theta_k

Compte tenu de la petitesse de la longueur d'onde de de Broglie (\lambda_B \sim 5\text{ pm}) devant le pas du réseau (a = 100\text{ nm}), l'angle de diffraction vérifie :

\sin\theta_k = \frac{k\lambda_B}{a} \ll 1 \implies \tan \theta_k \simeq \sin \theta_k \simeq \theta_k

La position du maximum d'ordre k s'écrit donc :

x_k \simeq k \frac{\lambda_B L_2}{a}

L'interfrange est alors donné par :

i = x_{k+1} - x_k = \frac{\lambda_B L_2}{a}
\boxed{i = \frac{\lambda_B L_2}{a}}

Application numérique : Avec \lambda_B \simeq 5{,}1\cdot 10^{-12}\text{ m}, L_2 = 564\text{ mm} = 0{,}564\text{ m} et a = 100\text{ nm} = 1{,}00\cdot 10^{-7}\text{ m} :

i = \frac{5{,}15\cdot 10^{-12} \times 0{,}564}{1{,}00\cdot 10^{-7}} \simeq 2{,}9\cdot 10^{-5}\text{ m}
\boxed{i \simeq 29\text{ }\mu\text{m}}

Dispersion sur l'interfrange : Puisque \lambda_B = \frac{h}{m v_0}, l'interfrange s'exprime en fonction de la vitesse selon :

i = \frac{h L_2}{m a v_0}

En négligeant les incertitudes sur L_2 et a, une différenciation logarithmique fournit :

\frac{\mathrm{d}i}{i} = -\frac{\mathrm{d}v_0}{v_0} \implies \frac{\Delta i}{i} \simeq \frac{\Delta v}{v_0}

D'après la question Q38, la dispersion relative en vitesse est \frac{\Delta v}{v_0} \simeq \frac{15}{150} = 0{,}10 = 10\,\%. On en déduit :

\Delta i \simeq i\,\frac{\Delta v}{v_0} = 29\text{ }\mu\text{m} \times 0{,}10 \simeq 2{,}9\text{ }\mu\text{m}
\boxed{\Delta i \simeq 3\text{ }\mu\text{m}}

L'interfrange attendu est donc compris dans l'intervalle i \in [26, 32]\text{ }\mu\text{m}.

Résultat

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : dualité onde-corpuscule, validation expérimentale

Comparer avec la valeur obtenue expérimentalement. Conclure.

Voir l'indice

Mesurer la distance entre plusieurs franges sur le profil d'intensité de la figure 3.c et comparer la valeur obtenue à l'interfrange théorique calculé en Q41.

Voir la stratégie
  1. Mesurer l'interfrange expérimental i_{\text{exp}} sur la courbe de distribution d'intensité de la figure 3.c (distance entre pics consécutifs).
  2. Comparer cette valeur à la prédiction théorique i_{\text{th}} \simeq 29 \pm 3\text{ }\mu\text{m} obtenue à la question Q41.
  3. Conclure sur la portée physique de l'expérience (dualité onde-corpuscule pour des objets massifs et complexes).
Voir la réponse courte

Comparaison favorable entre l'interfrange calculé et les franges observées, confirmant le comportement ondulatoire de macromolécules.

Voir le corrigé complet

Sur l'histogramme de la figure 3.c représentant l'intensité normalisée en fonction de la position horizontale (exprimée en micromètres) :

  • le pic central est situé à x \simeq 0\text{ }\mu\text{m} ;
  • les premiers maxima latéraux d'ordre k = \pm 1 sont situés respectivement à x \simeq -29\text{ }\mu\text{m} et x \simeq +29\text{ }\mu\text{m} ;
  • les maxima d'ordre k = \pm 2 apparaissent au voisinage de x \simeq \pm 58\text{ }\mu\text{m}.

L'écart moyen entre deux pics consécutifs donne un interfrange expérimental :

\boxed{i_{\text{exp}} \simeq 29\text{ }\mu\text{m} \quad (\pm 2\text{ }\mu\text{m})}

Cette valeur est en excellent accord avec l'interfrange théorique calculé à la question Q41 :

i_{\text{th}} = 29\text{ }\mu\text{m} \quad \text{avec une dispersion } \Delta i \simeq 3\text{ }\mu\text{m}

Conclusion : Cette concordance quantitative remarquable démontre que des molécules polyatomiques massives constituées de 81 atomes (\mathrm{C_{32}H_{18}N_8}, masse supérieure à 500\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}) se comportent comme des ondes de matière. Elle valide le concept de longueur d'onde de de Broglie et illustre de façon spectaculaire la dualité onde-corpuscule à l'échelle mésoscopique.

Résultat

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Partie VI : Présentation de l'expérience de Brillouin et Perrin

Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de diffusion, diffusion thermique

Citer deux autres phénomènes de la physique dont l'évolution est modélisée par une équation de ce type.

Voir l'indice

Penser à la diffusion thermique (loi de Fourier et équation de la chaleur) et à la diffusion du champ magnétique dans les conducteurs (effet de peau).

Voir la réponse courte

La conduction thermique (loi de Fourier) et la diffusion de neutrons (ou effet de peau en magnétisme) obéissent à l'équation de la chaleur.

Voir le corrigé complet

L'équation (VI.1) est une équation de diffusion unidimensionnelle. On retrouve cette équation dans d'autres domaines de la physique :

  1. La diffusion thermique (ou conduction de la chaleur) :
    En combinant la loi phénoménologique de Fourier reliant la densité de flux thermique au gradient de température, \vec{j}_{\mathrm{th}} = -\lambda \vec{\nabla} T, et le premier principe de la thermodynamique (bilan d'énergie thermique local sans source), la température T(x,t) au sein d'un milieu homogène et isotrope obéit à l'équation de la chaleur :

    \frac{\partial T}{\partial t} = D_{\mathrm{th}} \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}

    où D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda}{\rho c} est la diffusivité thermique du matériau (\lambda étant la conductivité thermique, \rho la masse volumique et c la capacité thermique massique).

  2. La diffusion du champ magnétique dans un conducteur ohmique (effet de peau) :
    Dans l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) magnétiques, en combinant l'équation de Maxwell-Faraday, la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma \vec{E} et le théorème d'Ampère \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B} = \mu_0 \vec{j}, le champ magnétique \vec{B} (ainsi que la densité volumique de courant \vec{j}) obéit à une équation de diffusion :

    \frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = D_{\mathrm{m}} \Delta \vec{B}

    où D_{\mathrm{m}} = \frac{1}{\mu_0 \gamma} est le coefficient de diffusion magnétique (\gamma étant la conductivité électrique et \mu_0 la perméabilité du vide).

On peut également citer la diffusion de quantité de mouvement au sein d'un fluide visqueux sous l'effet de la viscosité cinématique \nu = \eta/\rho (équation de Navier-Stokes unidimensionnelle).

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne faut pas confondre équation de diffusion et équation de d'Alembert.

« Au vu des réponses données à Q43., le jury invite les préparationnaires à bien saisir la distinction entre une équation de diffusion et l’équation de d’Alembert. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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VI.A · Résolution numérique

Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, schéma numérique

Montrer que pour tout et pour , on a la relation

Voir l'indice

Effectuer un bilan du nombre de particules dans la tranche k entre les instants t_m et t_{m+1} en considérant les probabilités de saut vers et depuis les tranches adjacentes.

Voir la stratégie

Pour établir la relation de récurrence liant l'état de la tranche k à l'instant t_{m+1} = (m+1)\tau à l'état des tranches à l'instant t_m = m\tau, on effectue un bilan sur le nombre de particules (ou sur la densité normalisée u_{k,m}) dans la tranche numéro k, en sommant les flux de transition probabilistes associés aux sauts élémentaires pendant la durée \tau.

Voir la réponse courte

Bilan discret de matière : conservation des particules recevant une fraction p des sites voisins k\pm 1 et conservant 1-2p.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche k située dans le milieu (k \geqslant 2). À chaque pas de temps \tau, une particule présente dans la tranche k peut :

  • sauter vers la tranche voisine de droite k+1 avec la probabilité p ;
  • sauter vers la tranche voisine de gauche k-1 avec la même probabilité p ;
  • rester dans la tranche k avec la probabilité complémentaire 1 - 2p.

Comme k \geqslant 2, ses deux tranches voisines k-1 \geqslant 1 et k+1 appartiennent au milieu fluide (aucun effet de bord immédiat lié à la paroi en k=0).

Les particules présentes dans la tranche k à l'instant t_{m+1} = (m+1)\tau sont donc constituées :

  • des particules qui s'y trouvaient déjà à l'instant t_m et n'en sont pas sorties, soit une fraction (1 - 2p) de u_{k,m} ;
  • des particules de la tranche k-1 ayant sauté vers la droite pendant l'intervalle \tau, soit une fraction p de u_{k-1,m} ;
  • des particules de la tranche k+1 ayant sauté vers la gauche pendant l'intervalle \tau, soit une fraction p de u_{k+1,m}.

En sommant ces trois contributions indépendantes, on obtient :

u_{k,m+1} = (1 - 2p)\,u_{k,m} + p\,u_{k-1,m} + p\,u_{k+1,m}

En factorisant par la probabilité de saut p, il vient immédiatement :

\begin{aligned} u_{k,m+1} &= u_{k,m} - 2p\,u_{k,m} + p(u_{k+1,m} + u_{k-1,m}) \\ &= u_{k,m} + p\,(u_{k+1,m} + u_{k-1,m} - 2u_{k,m}) \end{aligned}
\boxed{u_{k,m+1} = u_{k,m} + p\,(u_{k+1,m} + u_{k-1,m} - 2u_{k,m})}

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, développement de taylor

Montrer que par passage à la limite continue ( et ) on retrouve bien l'équation equation VI.1 à condition de poser .

Voir l'indice

Effectuer un développement de Taylor à l'ordre 1 en temps et à l'ordre 2 en espace des grandeurs discrétisées pour faire apparaître les dérivées partielles continues.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un développement de Taylor de la fonction continue u(x,t) au voisinage de (x,t) = (ka, m\tau) à l'ordre 1 en temps \tau et à l'ordre 2 en espace a.
  2. Injecter ces développements dans la relation discrète obtenue à la question Q44 et identifier le coefficient devant la dérivée seconde spatiale.
  3. Conclure sur l'équation vérifiée par la densité volumique n(x,t) = n_0 u(x,t).
Voir la réponse courte

Développements de Taylor au premier ordre en temps et au second ordre en espace, identifiant D = p a^2/\tau.

Voir le corrigé complet

Rappelons la relation discrète établie à la question Q44 pour k \geqslant 2 :

u_{k,m+1} - u_{k,m} = p \left( u_{k+1,m} + u_{k-1,m} - 2u_{k,m} \right)

Par définition, u_{k,m} = u(x, t) avec x = ka et t = m\tau. Effectuons un développement de Taylor de la fonction continue u au voisinage de (x,t) :

  • Pour la variable temporelle, au pas \tau :

    u_{k,m+1} = u(x, t+\tau) = u(x,t) + \tau \frac{\partial u}{\partial t}(x,t) + \mathcal{O}(\tau^2)

    ce qui donne pour le membre de gauche :

    u_{k,m+1} - u_{k,m} = \tau \frac{\partial u}{\partial t}(x,t) + \mathcal{O}(\tau^2)
  • Pour la variable spatiale, au pas a :

    \begin{aligned} u_{k+1,m} = u(x+a, t) &= u(x,t) + a \frac{\partial u}{\partial x}(x,t) + \frac{a^2}{2} \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + \mathcal{O}(a^3) \\ u_{k-1,m} = u(x-a, t) &= u(x,t) - a \frac{\partial u}{\partial x}(x,t) + \frac{a^2}{2} \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + \mathcal{O}(a^3) \end{aligned}

    En sommant ces deux expressions :

    u_{k+1,m} + u_{k-1,m} - 2u_{k,m} = a^2 \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + \mathcal{O}(a^4)

    les termes d'ordre impair s'annulant par symétrie.

En réinjectant ces développements dans la relation discrète :

\tau \frac{\partial u}{\partial t}(x,t) + \mathcal{O}(\tau^2) = p a^2 \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + \mathcal{O}(a^4)

En divisant par \tau, on obtient :

\frac{\partial u}{\partial t}(x,t) = \frac{p a^2}{\tau} \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + \mathcal{O}(\tau) + \mathcal{O}\left(\frac{a^4}{\tau}\right)

À la limite continue \tau \to 0 et a \to 0, à condition de poser :

\boxed{D = \frac{p a^2}{\tau}}

on obtient l'équation aux dérivées partielles :

\frac{\partial u}{\partial t} = D \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}

Puisque par définition u(x,t) = \frac{M(x,t)}{n_0 a} = \frac{n(x,t)}{n_0}, la densité volumique n(x,t) = n_0 u(x,t) est directement proportionnelle à u(x,t). On retrouve ainsi exactement l'équation de diffusion (VI.1) :

\boxed{\frac{\partial n}{\partial t} = D \frac{\partial^2 n}{\partial x^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : condition aux limites, schéma numérique

Justifier que compte tenu des conditions aux limites dues au comportement des particules sur la paroi, on a pour tout en et les relations :

Voir l'indice

Traduire l'adhésion totale des particules en k = 0 : aucune particule ne quitte la couche k = 0, et la couche k = 1 ne reçoit aucune particule en provenance de k = 0.

Voir la stratégie
  1. Traduire physiquement le comportement adhésif (ou absorbant) de la paroi située en k = 0 : aucune particule arrivée en k = 0 ne peut en repartir (probabilité de transition de la tranche 0 vers la tranche 1 nulle).
  2. Effectuer un bilan probabiliste du nombre de particules (ou de la densité normalisée) à l'instant t_{m+1} = (m+1)\tau pour la tranche k = 0, puis pour la tranche k = 1.
Voir la réponse courte

Prise en compte de l'adsorption sur la paroi en k=0 qui accumule les sauts sans retour, et bilan adapté sur la première couche k=1.

Voir le corrigé complet

La paroi située en x = 0 (tranche k = 0) est adhésive : tout grain colloïdal qui l'atteint y reste définitivement fixé. Par conséquent :

  • La probabilité qu'une particule située en k = 0 quitte cette tranche vers k = 1 est nulle : les particules en k = 0 y restent avec une probabilité égale à 1.
  • La tranche k = 0 ne possède pas de voisine à gauche (k = -1 n'existe pas).

Bilan pour la tranche k = 0 : À l'instant t_{m+1} = (m+1)\tau, les particules présentes en k = 0 sont :

  • toutes les particules déjà présentes en k = 0 à l'instant t_m = m\tau, car elles n'en partent jamais, ce qui contribue pour 1 \times u_{0,m} ;
  • les particules de la tranche voisine k = 1 qui sautent vers la gauche pendant la durée \tau, ce qui se produit avec la probabilité p, contribuant pour p \, u_{1,m}.

On en déduit immédiatement :

\boxed{u_{0,m+1} = u_{0,m} + p\,u_{1,m}}

Bilan pour la tranche k = 1 : À l'instant t_{m+1} = (m+1)\tau, les particules présentes en k = 1 proviennent :

  • des particules déjà en k = 1 à l'instant t_m qui n'ont sauté ni vers la gauche (k=0) ni vers la droite (k=2). Chacun de ces sauts ayant une probabilité p, la probabilité de rester sur place est 1 - 2p, ce qui donne une contribution (1 - 2p)\,u_{1,m} ;
  • des particules de la tranche k = 2 qui sautent vers la gauche (vers k = 1) avec une probabilité p, contribuant pour p \, u_{2,m} ;
  • d'aucune particule provenant de k = 0, puisque la probabilité de saut depuis la paroi adhésive est nulle.

En sommant ces différentes contributions, on obtient :

\boxed{u_{1,m+1} = p\,u_{2,m} + (1 - 2p)\,u_{1,m}}

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
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  • Exploitation de document
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : diffusion de particules, pente

L'évolution du carré de la densité surfacique normalisée en surface en fonction du temps (valeurs de ) est représenté sur la figure 5, pour la valeur , du paramètre de probabilité de saut. On note la densité surfacique sur la paroi (pour rappel, on a ). Vérifier à l'aide de ce graphe que, passés les premiers instants, la densité surfacique suit la relation où est un coefficient numérique voisin de 1 à déterminer à partir du graphe.

Voir l'indice

Déterminer la pente de la droite d'ajustement aux temps longs sur la figure 5 reliant u_{0,m}^2 au temps adimensionné m.

Voir la stratégie
  1. Exprimer M_0^2(t) en fonction de la grandeur sans dimension tracée u_0^2(t), puis faire le lien avec l'expression théorique M_0^2(t) \simeq \alpha D n_0^2\,t.
  2. Exprimer le coefficient directeur de la droite u_0^2 = f(t/\tau) en fonction de \alpha et p, en utilisant l'expression de D obtenue à la question Q45.
  3. Mesurer la pente sur la figure 5 pour en déduire la valeur numérique de \alpha.
Voir la réponse courte

Détermination de la pente sur le graphe u_{0,m}^2 en fonction de m pour vérifier la loi linéaire en temps et identifier \alpha \approx 1.

Voir le corrigé complet

D'après les notations de l'énoncé, la densité surfacique sur la paroi est donnée par :

M_0(t) = n_0 \, a \, u(0,t)

Son carré s'écrit donc :

M_0^2(t) = n_0^2 \, a^2 \, u_0^2(t)

D'après le résultat de la question Q45, le coefficient de diffusion vaut D = \dfrac{p a^2}{\tau}, soit \dfrac{D}{a^2} = \dfrac{p}{\tau}. La relation proposée par l'énoncé, M_0^2(t) \simeq \alpha D n_0^2\,t, devient alors :

n_0^2 \, a^2 \, u_0^2(t) \simeq \alpha \left(\frac{p a^2}{\tau}\right) n_0^2\,t \iff u_0^2(t) \simeq \alpha \, p \left(\frac{t}{\tau}\right)

Cette relation prédit une dépendance strictement linéaire entre u_0^2 et le temps réduit t/\tau, ce qui correspond bien au comportement observé sur la figure 5 passés les premiers instants de transition (les points de la simulation sont parfaitement alignés selon la droite d'ajustement linéaire).

Déterminons la pente s de cette droite d'ajustement :

  • Pour t/\tau = 0, la droite passe quasiment par l'origine ;
  • Pour t/\tau = 400, on lit sur l'axe des ordonnées u_0^2 \simeq 51 (valeur comprise entre 50 et 51).

On en déduit la pente expérimentale :

s = \frac{\Delta (u_0^2)}{\Delta (t/\tau)} \simeq \frac{51}{400} \simeq 0{,}128

Puisque s = \alpha \, p avec p = 0{,}1 :

\alpha = \frac{s}{p} \simeq \frac{0{,}128}{0{,}1} \simeq 1{,}3
\boxed{\alpha \simeq 1{,}3}

Ce coefficient est bien un nombre sans dimension voisin de 1, comme attendu.

Résultat

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VI.B · Comparaison avec les résultats de Brillouin/Perrin

Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : coefficient de diffusion, exploitation de données

En utilisant les données numériques précisées plus haut dans la description de l'expérience et en vous appuyant sur le résultat de la question précédente, extraire de la figure 6 la valeur du coefficient de diffusion des grains colloïdaux dans cette solution. On indiquera la procédure mise en œuvre et on prendra soin d'exprimer ce résultat en unité du système international (SI).

Voir l'indice

Relier le nombre de particules N_p à la densité surfacique M_0(t) et à l'aire S, mesurer la pente de la droite de la figure 6 et en déduire D en unités SI.

Voir la stratégie
  1. Relier le nombre de grains déposés N_p(t) à la densité surfacique M_0(t) à l'aide de la surface de mesure S, et exploiter la relation obtenue à la question Q47 pour établir l'expression théorique de N_p en fonction de \sqrt{t}.
  2. Mesurer la pente de la droite d'ajustement sur la figure 6, puis convertir cette pente dans les unités du système international (attention à la racine carrée du temps).
  3. En déduire la valeur numérique du coefficient de diffusion D.
Voir la réponse courte

Mesure de la pente de la droite expérimentale M_0^2(t) sur la figure 6 et calcul du coefficient de diffusion D en \text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Le nombre de grains N_p(t) déposés sur la portion de paroi d'aire S est relié à la densité surfacique M_0(t) par :

M_0(t) = \frac{N_p(t)}{S}

D'après le résultat de la question Q47, pour les temps suffisamment longs :

M_0^2(t) \simeq \alpha D n_0^2 t \iff N_p^2(t) \simeq \alpha D n_0^2 S^2 t

En prenant la racine carrée, on obtient une relation linéaire entre le nombre de grains N_p et \sqrt{t} :

N_p(t) \simeq S n_0 \sqrt{\alpha D} \, \sqrt{t}

Cette relation justifie parfaitement le choix de représentation de la figure 6, où l'ordonnée représente N_p et l'abscisse \sqrt{t} (avec t en heures).

1. Détermination de la pente expérimentale La droite d'ajustement linéaire tracée sur la figure 6 passe par l'origine (0,0) et par le point remarquable (\sqrt{t_1} = 12\text{ h}^{1/2}, \, N_{p,1} \simeq 670). La pente s'écrit donc :

p_h = \frac{\Delta N_p}{\Delta \sqrt{t}} \simeq \frac{670 - 0}{12 - 0} \simeq 56\text{ grains}\cdot\text{h}^{-1/2}

2. Conversion dans le système international Le temps doit être exprimé en secondes :

t\text{ (s)} = 3600 \times t\text{ (h)} \implies \sqrt{t\text{ (s)}} = 60 \times \sqrt{t\text{ (h)}}

La pente exprimée en \text{s}^{-1/2} vaut ainsi :

p_{\text{SI}} = \frac{p_h}{60} \simeq \frac{55{,}8}{60} \simeq 0{,}93\text{ s}^{-1/2}

3. Calcul du coefficient de diffusion D Par identification avec l'expression théorique, on a :

p_{\text{SI}} = S n_0 \sqrt{\alpha D} \implies D = \frac{p_{\text{SI}}^2}{\alpha \, S^2 n_0^2} = \frac{p_h^2}{3600 \, \alpha \, S^2 n_0^2}

Données de l'expérience :

  • S = 2{,}1 \cdot 10^{-4}\text{ cm}^2 = 2{,}1 \cdot 10^{-8}\text{ m}^2 ;
  • n_0 = 7{,}9 \cdot 10^{14}\text{ m}^{-3} ;
  • S n_0 = (2{,}1 \cdot 10^{-8}) \times (7{,}9 \cdot 10^{14}) \simeq 1{,}66 \cdot 10^7\text{ m}^{-1} ;
  • \alpha \simeq 1{,}27 (déterminé à la question Q47).

L'application numérique donne :

\begin{aligned} D &= \frac{(0{,}930)^2}{1{,}27 \times (1{,}659 \cdot 10^7)^2} \simeq 2{,}5 \cdot 10^{-15}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

(Si l'on prend l'approximation brute \alpha \simeq 1, on trouve D \simeq 3{,}1 \cdot 10^{-15}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}).

\boxed{D \simeq 2{,}5 \cdot 10^{-15}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
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  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation d'einstein, constante de boltzmann, constante d'avogadro

En exploitant le résultat précédent et la relation d'Einstein (eq equation VI.2) déduire une estimation de la constante de Boltzmann , puis de la constante d'Avogadro. On indiquera précisément les différentes valeurs numériques et leurs unités utilisées dans ce calcul. On donne la constante des gaz parfait . Commenter le résultat.

Voir l'indice

Isoler k_B dans la relation d'Einstein, puis déduire N_A = R / k_B et comparer avec la valeur tabulée pour valider la démarche historique de Jean Perrin.

Voir la réponse courte

Déduction de k_B = 6\pi\eta r D / T via la relation d'Einstein puis \mathcal{N}_A = R/k_B \approx 6 \cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1}, validant les travaux de Perrin.

Voir le corrigé complet

D'après la relation d'Einstein (équation VI.2) :

6\pi\eta r D = k_B T \implies k_B = \frac{6\pi\eta r D}{T}

Listons les grandeurs physiques nécessaires avec leurs unités dans le système international :

  • Viscosité du mélange : \eta = 0{,}165\text{ Pa}\cdot\text{s} = 0{,}165\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • Rayon des grains colloïdaux : r = 0{,}52\ \mu\text{m} = 0{,}52\cdot 10^{-6}\text{ m} ;
  • Coefficient de diffusion déterminé à la question Q48 : D \simeq 2{,}5\cdot 10^{-15}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} ;
  • Température absolue : T = \theta + 273{,}15 = 38{,}7 + 273{,}15 = 311{,}9\text{ K}.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} k_B &= \frac{6\pi \times 0{,}165 \times 0{,}52\cdot 10^{-6} \times 2{,}5\cdot 10^{-15}}{311{,}9} \\ k_B &\simeq 1{,}3\cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}
\boxed{k_B \simeq 1{,}3\cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}}

La constante des gaz parfaits R est reliée à la constante de Boltzmann par la relation R = N_A k_B, d'où l'expression de la constante d'Avogadro :

N_A = \frac{R}{k_B}

Avec R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} N_A &= \frac{8{,}31}{1{,}3\cdot 10^{-23}} \simeq 6{,}4\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{N_A \simeq 6{,}4\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1}}

Commentaires :

  • Les valeurs obtenues sont en très bon accord avec les valeurs admises aujourd'hui (k_B \simeq 1{,}38\cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} et N_A = 6{,}02\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} donnée dans l'énoncé), avec un écart relatif inférieur à 10\,\%, ce qui est remarquable au vu de la simplicité du modèle numérique de marche aléatoire et des incertitudes de lecture graphique.
  • D'un point de vue historique, ces expériences menées par Jean Perrin (avec Léon Brillouin) ont apporté la première mesure directe et incontestable de la constante d'Avogadro par une observation macroscopique/mésoscopique, prouvant définitivement la réalité des atomes et molécules et valant à Jean Perrin le prix Nobel de physique en 1926.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Physique quantique (21 % des questions, partie IV), Cinématique et dynamique du point (16 %, partie II), Électrostatique (13 %) et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (13 %). Plus ponctuellement : Diffusion thermique et diffusion de particules, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Interférences lumineuses, Mouvement dans un champ de force centrale…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 21 questions sur 49 (43 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie I.B (Q4 à Q9). Avec les autres programmes de première année : 21 en PCSI, 20 en PTSI, 20 en MP2I et 20 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q10 (théorème de la quantité de mouvement).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 ?

Questions de cours : Q1 (symétrie), Q2 (invariance), Q3 (théorème de gauss), Q5 (force centrale), Q9 (domaine spectral), Q17 (onde plane), Q18 (vecteur de poynting), Q20 (mouvement circulaire)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q15 (conservation de l'énergie mécanique), Q19 (formule de larmor), Q34 (état fondamental), Q36 (masse molaire), Q37 (chute libre), Q40 (formule des réseaux), Q45 (équation de diffusion) et Q49 (relation d'einstein).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (18 sur 49), par exemple : Q4, Q7, Q9, Q16 à Q18, Q23, Q24, Q27, Q28, Q30, Q33, Q35, Q36…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1 à Q3, Q5, Q6, Q8, Q11 à Q13, Q15, Q19 à Q22, Q25, Q26, Q29, Q31, Q32….

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Selon le rapport, la première partie a rapporté un peu plus de la moitié des points prévus, mais le taux de réussite sur le reste du sujet est voisin d'un quart. Moyenne : 9,33/20 (écart-type 3,96, 4 430 présents).

Faut-il connaître la formule de Larmor pour la question Q19 ?

Non : la formule de Larmor n'a pas à être sue par cœur. L'énoncé guide son établissement complet à partir du flux du vecteur de Poynting à travers une sphère et fournit la valeur de l'intégrale angulaire utile.

Comment calculer les grandeurs dans l'espace des impulsions en Q28 ?

Par analogie directe avec les questions Q25 et Q26. La distribution de probabilité en impulsion ayant la même forme sphérique uniforme que la densité spatiale, il suffit de transposer les résultats en remplaçant r_0 par p_0, sans recalculer les intégrales.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.