WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 TSI 2021 (page 3/3 : Partie III (questions 35 à 46))

Gestion d'un digesteur anaérobie et valorisation des biogaz

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie III : Valorisation énergétique des biogaz (suite)

III.B.2 · Diagramme des frigoristes

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé

Notions : diagramme des frigoristes, cycle de rankine

Compléter le diagramme (figure A du document réponse), en représentant le cycle parcouru par le fluide et en indiquant les étapes 1, 2, 3 et 4.

Voir l'indice

Positionner les quatre points d'état sur le diagramme (\log P, h) en respectant les isobares et les isentropiques.

Voir la stratégie

Pour placer les quatre points du cycle et tracer les transformations sur le diagramme de Mollier / des frigoristes \log(P) = f(h) :

  1. Identifier les quatre états thermodynamiques à partir des données de l'énoncé et repérer les points pré-marqués sur la figure A du document réponse ;
  2. Tracer les différentes étapes en précisant leur nature (isobare, isentrope, quasi-isochore/isotherme) et orienter le cycle dans le sens horaire (cycle moteur).
Voir la réponse courte

Tracé du cycle de Rankine avec deux isobares, une compression de liquide et une détente vapeur dans la turbine.

Voir le corrigé complet

Le cycle de Rankine à vapeur saturée se décompose en quatre étapes :

  • Point 1 (sortie du condenseur) : L'eau est à l'état de liquide saturant (x_1 = 0) à la température T_f = 300\text{ K} \approx 27\text{ }^\circ\text{C} (courbe isotherme 30\text{ }^\circ\text{C}). Le point 1 se situe sur la courbe d'ébullition (titre en vapeur x = 0) à la pression de vapeur saturante P_1 = P_{\text{sat}}(T_f) \approx 0{,}04\text{ bar}. Sur la figure A, il correspond au point marqué à l'enthalpie :

    h_1 \approx 111\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • Étape 1 \to 2 (pompe d'alimentation) : L'eau liquide (fluide quasi-incompressible) subit une compression adiabatique réversible de P_1 jusqu'à la pression de chaudière P_2 = 128\text{ bar}. La température reste quasi-constante (T \approx 300\text{ K}), l'enthalpie massique varie de façon négligeable (\mathrm{d}h = v\,\mathrm{d}P \ll q_c). Le segment 1 \to 2 est donc un segment vertical (quasi-isenthalpique) orienté vers le haut, aboutissant au point 2 situé à P = 128\text{ bar} et h_2 \approx 111\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Point 2 (entrée de la chaudière) : Situé dans le domaine du liquide sous-refroidi à P_2 = 128\text{ bar} et T_2 = 300\text{ K}.
  • Étape 2 \to 3 (chaudière) : La transformation est isobare (P = 128\text{ bar}). Elle comprend l'échauffement du liquide de T_2 jusqu'à la température de saturation T_c = 603\text{ K} = 330\text{ }^\circ\text{C}, puis la vaporisation totale jusqu'à la dernière goutte de liquide. Sur le diagramme, c'est un segment horizontal orienté vers la droite le long de l'isobare P = 128\text{ bar}, jusqu'à la courbe de rosée (x = 1).
  • Point 3 (sortie de la chaudière / entrée de la turbine) : Vapeur saturante sèche (x_3 = 1) à P_3 = 128\text{ bar} et T_c = 603\text{ K}. Sur la figure A, il est repéré à l'enthalpie :

    h_3 \approx 2648\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • Étape 3 \to 4 (turbine à vapeur) : La vapeur subit une détente adiabatique et réversible, donc isentropique (s = \text{cte}). Sur le diagramme, on suit la courbe isentrope issue du point 3 (environ s \approx 5{,}7\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) qui s'incline vers le bas et la gauche pour pénétrer dans le domaine diphasique, jusqu'à atteindre l'isobare de basse pression P_4 = P_1.
  • Point 4 (sortie de la turbine / entrée du condenseur) : Mélange diphasique (vapeur humide) sous la pression P_1 et à la température T_f. Sur la figure A, il correspond au point marqué à l'intersection de l'isentrope issue de 3 et de l'isobare P_1, d'enthalpie :

    h_4 \approx 1592\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • Étape 4 \to 1 (condenseur) : Liquéfaction totale de la vapeur à pression constante P_1 (et donc isotherme T_f). C'est un segment horizontal orienté vers la gauche, reliant le point 4 au point 1.

Le tracé à reporter sur le document réponse est le suivant :

\boxed{\text{Cycle fermé } 1 \to 2 \to 3 \to 4 \to 1 \text{ orienté dans le sens des aiguilles d'une montre (cycle moteur)}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : premier principe, enthalpie

Calculer le transfert thermique massique reçu par le fluide dans la chaudière.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe industriel à la chaudière en régime stationnaire : q_c = h_3 - h_2.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un écoulement stationnaire entre l'entrée (point 2) et la sortie (point 3) de la chaudière.
  2. Utiliser les valeurs des enthalpies massiques issues du diagramme \log(P) - h de la question Q35 pour mener à bien l'application numérique.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique en système ouvert sans pièces mobiles dans la chaudière : q_c = h_3 - h_2, lu sur le diagramme.

Voir le corrigé complet

Considérons le fluide en écoulement stationnaire à travers la chaudière entre l'état 2 (entrée) et l'état 3 (sortie).

En négligeant les variations d'énergie cinétique et d'énergie potentielle de pesanteur, et en constatant l'absence de pièces mobiles dans la chaudière (travail utile transvasé nul, w_{u, 2\to 3} = 0), le premier principe de la thermodynamique en système ouvert s'écrit :

\Delta h_{2\to 3} = h_3 - h_2 = w_{u, 2\to 3} + q_c = q_c

soit :

q_c = h_3 - h_2

D'après le diagramme \log(P) = f(h) de la figure A (question Q35) :

  • en sortie de chaudière (vapeur saturante à P = 128\text{ bar}) : h_3 = 2648\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • en entrée de chaudière : le liquide étant quasi-incompressible et le travail de la pompe étant négligé (|w_p| \ll |w_t|), l'état 2 se confond pratiquement avec l'état 1 en enthalpie, d'où h_2 \approx h_1 = 111\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On effectue l'application numérique :

q_c = 2648 - 111 = 2537\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
\boxed{q_c \approx 2{,}54 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} = 2{,}54\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : premier principe, travail indiqué

Calculer le travail massique reçu de la part de la turbine.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe industriel à la turbine adiabatique : w_t = h_4 - h_3.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert en régime stationnaire au fluide traversant la turbine.
  2. Prendre en compte le caractère adiabatique de la détente ainsi que l'hypothèse de variations d'énergies cinétique et potentielle négligeables.
  3. Réaliser l'application numérique à partir des valeurs d'enthalpies massiques issues de la question Q35.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique en système ouvert sur la détente adiabatique de la turbine : w_t = h_4 - h_3 < 0.

Voir le corrigé complet

Le fluide est en écoulement stationnaire à travers la turbine (transformation 3 \to 4). En négligeant les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur, le premier principe de la thermodynamique en système ouvert s'écrit :

h_4 - h_3 = w_t + q_t

où w_t est le travail massique reçu par le fluide et q_t le transfert thermique massique reçu.

La détente dans la turbine étant supposée adiabatique, on a q_t = 0. Il en résulte :

w_t = h_4 - h_3

D'après les relevés effectués sur le diagramme de la figure A (question Q35) :

  • h_3 = 2648\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_4 = 1592\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On obtient ainsi :

\begin{aligned} w_t &= 1592 - 2648 \\ w_t &= -1056\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}
\boxed{w_t = -1{,}06 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} = -1{,}06\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : travail indiqué, fluide incompressible

Justifier la légitimité de l'hypothèse .

Voir l'indice

Estimer le travail massique de pompage d'un liquide quasi-incompressible par w_p \approx v_L(P_2 - P_1) et comparer à |w_t|.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail massique w_p échangé au niveau de la pompe à l'aide du premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire.
  2. Évaluer ce travail en exploitant le caractère incompressible de l'eau liquide sous forme w_p \approx v_L (P_2 - P_1).
  3. Comparer numériquement |w_p| à |w_t| calculé à la question précédente.
Voir la réponse courte

Le travail de compression liquide w_p \approx v_l(P_c - P_f) est négligeable car le volume massique liquide est très inférieur à celui de la vapeur.

Voir le corrigé complet

Pour un écoulement stationnaire sans variation d'énergie cinétique ni d'énergie potentielle, le premier principe appliqué au fluide traversant la pompe s'écrit :

h_2 - h_1 = w_p + q_p

La compression étant modélisée comme adiabatique (q_p = 0), on a :

w_p = h_2 - h_1

D'autre part, la transformation étant réversible et adiabatique (isentropique, ds = 0), la relation fondamentale de la thermodynamique dh = T\,\mathrm{d}s + v\,\mathrm{d}P se réduit à :

\mathrm{d}h = v\,\mathrm{d}P

L'eau liquide étant considérée comme une phase condensée indilatable et incompressible de volume massique v_L = \frac{1}{\rho_L} \approx 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}, on intègre directement :

w_p \approx v_L (P_2 - P_1)

La pression en sortie de condenseur P_1 est la pression de vapeur saturante de l'eau à T_f = 300\text{ K}, soit P_1 \approx 0{,}035\text{ bar} \ll P_2 = 128\text{ bar}. On a donc :

w_p \approx 1{,}0 \times 10^{-3} \times (128 - 0{,}035) \times 10^5 \approx 1{,}3 \times 10^4\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} = 13\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

D'après la question Q37, le travail massique échangé dans la turbine vaut |w_t| \approx 1056\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. On en déduit le rapport :

\frac{|w_p|}{|w_t|} \approx \frac{13}{1056} \approx 1{,}2\,\% \ll 1
\boxed{|w_p| \ll |w_t|}

L'hypothèse formulée par l'énoncé est donc parfaitement légitime.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : condensation, cycle thermodynamique

Préciser la nature de la transformation . Quel est l'intérêt de cette étape ?

Voir l'indice

Décrire le changement d'état se produisant à température et pression constantes pour reboucler le cycle vers une phase condensable.

Voir la stratégie
  1. Identifier les caractéristiques thermodynamiques de l'évolution subie par le fluide dans le condenseur (4 \to 1) : pression, température, changement d'état.
  2. Expliciter l'intérêt de cette condensation tant du point de vue des principes de la thermodynamique que du point de vue technique et énergétique.
Voir la réponse courte

Condensation totale isobare et isotherme permettant d'alimenter la pompe avec une phase liquide très peu compressible.

Voir le corrigé complet

1. Nature de la transformation 4 \to 1 : Dans le condenseur, le fluide subit une liquéfaction (ou condensation liquide) totale à pression et température constantes :

  • elle est isobare, à la faible pression de condensation P_1 = P_{\text{sat}}(T_f) imposée par l'échangeur thermique ;
  • pour un corps pur en équilibre diphasique liquide-vapeur sous pression constante, elle est également isotherme, à la température de la source froide T = T_f = 300\text{ K} ;
  • il s'agit d'une transformation exothermique au cours de laquelle le fluide cède un transfert thermique massique q_f = h_1 - h_4 < 0 à la source froide.
\boxed{\text{La transformation } 4 \to 1 \text{ est une condensation totale isobare et isotherme à la température } T_f.}

2. Intérêt de cette étape :

  • Intérêt thermodynamique : D'après le second principe (énoncé de Thomson/Kelvin-Planck), un système décrivant un cycle moteur doit nécessairement échanger de la chaleur avec au moins deux sources thermiques ; l'évacuation de chaleur vers la source froide est indispensable pour refermer le cycle.
  • Intérêt technologique et énergétique : En condensant totalement la vapeur en liquide, le volume massique du fluide diminue considérablement (v_L \ll v_V, d'un facteur d'environ 10^4). La compression 1 \to 2 peut ainsi être réalisée par une pompe hydraulique pour liquides incompressibles, nécessitant un travail de pompage négligeable (|w_p| \ll |w_t|, justifié à la question Q38), au lieu d'un compresseur de gaz qui consommerait une fraction majeure du travail produit par la turbine.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : titre en vapeur, diagramme des frigoristes

Établir l'expression de la fraction massique de vapeur au point 4 en fonction de , et , enthalpie massique de vaporisation à la température . Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Utiliser la règle du levier ou la définition barycentrique de l'enthalpie massique diphasique au point 4.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'enthalpie massique h_4 du mélange diphasique liquide-vapeur au point 4 en fonction de la fraction massique de vapeur x_{v4} et des enthalpies massiques de liquide et vapeur saturants à la température T_f.
  2. Identifier h_1 à l'enthalpie du liquide saturant h_L(T_f) et introduire l'enthalpie massique de vaporisation \Delta h_v(T_f) = h_V(T_f) - h_L(T_f).
  3. Isoler x_{v4}, puis lire graphiquement la valeur de h_V(T_f) (ou utiliser la lecture directe de la courbe de titre sur la figure A) pour mener à bien l'application numérique.
Voir la réponse courte

Règle des moments sur l'isobare de condensation : h_4 = h_1 + x_{v4} \Delta h_v(T_f), d'où l'expression de x_{v4}.

Voir le corrigé complet

Au point 4, le fluide se trouve sous forme d'un mélange diphasique liquide-vapeur à la température T_f. Par définition de la fraction massique (ou titre) en vapeur x_{v4}, l'enthalpie massique du mélange s'écrit :

h_4 = (1 - x_{v4})\,h_L(T_f) + x_{v4}\,h_V(T_f) = h_L(T_f) + x_{v4}\bigl(h_V(T_f) - h_L(T_f)\bigr)

où h_L(T_f) et h_V(T_f) sont respectivement les enthalpies massiques du liquide saturant et de la vapeur saturante sèche à la température T_f.

D'après la description du cycle au point 1, le fluide est à l'état de liquide saturant à la température T_f, donc :

h_1 = h_L(T_f)

Par ailleurs, l'enthalpie massique de vaporisation à la température T_f est par définition :

\Delta h_v(T_f) = h_V(T_f) - h_L(T_f)

Il vient ainsi :

h_4 = h_1 + x_{v4}\,\Delta h_v(T_f)

soit finalement :

\boxed{x_{v4} = \frac{h_4 - h_1}{\Delta h_v(T_f)}}

Application numérique D'après les valeurs indiquées sur le diagramme de la figure A :

  • h_1 = 111\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • h_4 = 1592\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

Sur la courbe de rosée (x = 1) à la température T_f \approx 30^\circ\text{C} (pression de saturation P_1 \approx 0{,}04\text{ bar}), on lit l'enthalpie de la vapeur saturante :

h_V(T_f) \approx 2560\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

d'où :

\Delta h_v(T_f) = h_V(T_f) - h_1 \approx 2560 - 111 = 2449\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On en déduit :

x_{v4} = \frac{1592 - 111}{2449} = \frac{1481}{2449} \approx 0{,}60
\boxed{x_{v4} \approx 0{,}60 = 60\,\%}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : entropie, enthalpie de vaporisation

Exprimer les variations d'entropie au cours de chaque transformation du système , , et en fonction de la masse du système , la capacité thermique massique de l'eau , , , , et .

Voir l'indice

Calculer l'entropie échangée lors de chaque étape en utilisant l'expression fournie pour le liquide et la chaleur latente pour les transitions de phase.

Voir la stratégie

Pour exprimer la variation d'entropie \Delta S sur chaque étape :

  1. On identifie la nature des transformations dans la pompe et la turbine, modélisées comme adiabatiques réversibles.
  2. Pour la chaudière, on décompose la transformation en l'échauffement isobare du liquide pur de T_f à T_c, puis sa vaporisation isotherme totale à T_c.
  3. Pour le condenseur, on exprime la liquéfaction isotherme à T_f de la fraction vapeur x_{v4} présente au point 4 pour obtenir du liquide saturant (x_v = 0).
Voir la réponse courte

Expression des variations d'entropie pour l'échauffement liquide monobare et les deux transitions de phase liquide-vapeur isothermes.

Voir le corrigé complet

1. Étape 1 \to 2 (pompe) : L'énoncé précise que la transformation subie dans la pompe est adiabatique et réversible, c'est-à-dire isentropique :

\boxed{\Delta S_{1\rightarrow 2} = 0}

2. Étape 2 \to 3 (chaudière) : L'eau liquide sous pression (P = 128\text{ bar}) est à la température T_2 = T_f = 300\text{ K}. Elle subit deux évolutions successives à la pression de chaudière :

  • un échauffement de l'eau liquide de T_f à la température d'ébullition sous 128 bar, soit T_c :

    \Delta S_{\text{liq}} = m\,c_{\mathrm{eau}} \ln\left(\frac{T_c}{T_f}\right)
  • une vaporisation totale à la température de saturation T_c, d'enthalpie massique de changement d'état \Delta h_v(T_c) :

    \Delta S_{\text{vap}} = m\,\frac{\Delta h_v(T_c)}{T_c}

L'entropie étant une fonction d'état, on a par additivité :

\boxed{\Delta S_{2\rightarrow 3} = m\left( c_{\mathrm{eau}} \ln\left(\frac{T_c}{T_f}\right) + \frac{\Delta h_v(T_c)}{T_c} \right)}

3. Étape 3 \to 4 (turbine) : La détente dans la turbine est modélisée comme adiabatique et réversible, donc isentropique :

\boxed{\Delta S_{3\rightarrow 4} = 0}

4. Étape 4 \to 1 (condenseur) : Au point 4, le mélange diphasique se trouve à la température T_f avec une fraction massique de vapeur x_{v4}, soit une entropie massique :

s_4 = s_L(T_f) + x_{v4}\,\frac{\Delta h_v(T_f)}{T_f}

Au point 1, l'eau est à l'état de liquide saturant à la température T_f, d'entropie massique s_1 = s_L(T_f). La variation d'entropie au cours de cette condensation totale à la température constante T_f vaut :

\Delta S_{4\rightarrow 1} = m(s_1 - s_4) = -m\,x_{v4}\,\frac{\Delta h_v(T_f)}{T_f}
\boxed{\Delta S_{4\rightarrow 1} = -m\,x_{v4}\,\frac{\Delta h_v(T_f)}{T_f}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 42

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : cycle thermodynamique, entropie

En déduire l'expression de en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Écrire que la variation d'entropie du fluide sur un cycle complet est nulle (\Delta S_{\mathrm{cycle}} = 0).

Voir la stratégie
  1. L'entropie S étant une fonction d'état, sa variation globale sur le cycle fermé 1 \to 2 \to 3 \to 4 \to 1 est nulle : \Delta S_{\text{cycle}} = 0.
  2. On utilise les expressions des variations d'entropie déterminées à la question Q41 pour isoler la fraction massique de vapeur x_{v4}.
Voir la réponse courte

Utilisation du caractère cyclique et réversible de la détente (\Delta S_{\mathrm{cycle}} = 0) pour isoler x_{v4}.

Voir le corrigé complet

L'entropie étant une fonction d'état, la variation totale d'entropie du fluide sur un cycle complet est nulle :

\Delta S_{\text{cycle}} = \Delta S_{1\to 2} + \Delta S_{2\to 3} + \Delta S_{3\to 4} + \Delta S_{4\to 1} = 0

En injectant les expressions obtenues à la question Q41 :

\begin{aligned} 0 + m \left[ c_{\mathrm{eau}} \ln\left(\frac{T_c}{T_f}\right) + \frac{\Delta h_v(T_c)}{T_c} \right] + 0 - m\, x_{v4} \frac{\Delta h_v(T_f)}{T_f} &= 0 \end{aligned}

La masse m étant non nulle, on simplifie pour obtenir :

x_{v4} \frac{\Delta h_v(T_f)}{T_f} = c_{\mathrm{eau}} \ln\left(\frac{T_c}{T_f}\right) + \frac{\Delta h_v(T_c)}{T_c}

D'où l'expression de la fraction massique de vapeur au point 4 :

\boxed{x_{v4} = \frac{T_f}{\Delta h_v(T_f)} \left[ c_{\mathrm{eau}} \ln\left(\frac{T_c}{T_f}\right) + \frac{\Delta h_v(T_c)}{T_c} \right]}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : puissance mécanique, débit massique

Quelle puissance mécanique reçoit la turbine ? Faire l'application numérique. Commenter le résultat.

Voir l'indice

Multiplier le débit massique D_{m1} par le travail massique fourni par la turbine à l'arbre mécanique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance mécanique à partir du débit massique D_{m1} du fluide et du travail massique w_t déterminé à la question Q37.
  2. Discuter la convention de signe : puissance algébrique reçue par le fluide versus puissance motrice reçue par le rotor de la turbine.
  3. Commenter la valeur numérique (signe et ordre de grandeur dans le contexte d'une unité de méthanisation).
Voir la réponse courte

Puissance électrique convertible P_t = D_m w_t < 0, confirmant que la machine produit de l'énergie mécanique.

Voir le corrigé complet

Le fluide s'écoule en régime stationnaire avec un débit massique D_{m1} = 1{,}0\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}.

La puissance mécanique algébrique \mathcal{P}_{t,\text{fluide}} reçue par le fluide traversant la turbine s'écrit :

\mathcal{P}_{t,\text{fluide}} = D_{m1}\,w_t

D'après la question Q37, le travail massique échangé au niveau de la turbine vaut w_t = -1056\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. On a donc :

\mathcal{P}_{t,\text{fluide}} = 1{,}0\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \times (-1056\times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}) = -1{,}06\times 10^6\text{ W} = -1{,}06\text{ MW}

Au sens strict de l'intitulé (« puissance mécanique reçue par la turbine » de la part du fluide détendu), la turbine reçoit cette puissance pour la transmettre à son arbre :

P_t = - \mathcal{P}_{t,\text{fluide}} = - D_{m1}\,w_t

Numériquement :

P_t = 1{,}0\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \times 1056\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} = 1{,}06\times 10^3\text{ kW}
\boxed{P_t = 1{,}1\text{ MW} \quad \text{(ou } \mathcal{P}_{t,\text{fluide}} = -1{,}1\text{ MW}\text{ en convention algébrique fluide)}}

Commentaires sur le résultat :

  • Sens des transferts : Le fluide cède de l'énergie mécanique à la turbine (\mathcal{P}_{t,\text{fluide}} < 0). La turbine est motrice et peut ainsi entraîner un alternateur pour produire de l'électricité.
  • Ordre de grandeur : Une puissance mécanique de l'ordre de 1\text{ MW} est tout à fait typique pour une installation de cogénération semi-industrielle ou agricole regroupée valorisant le biogaz d'un grand méthaniseur.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III.B.3 · Récupération de l'énergie thermique

Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : transfert thermique, bilan d'énergie

Calculer la puissance thermique reçue par l'eau de chauffage domestique .

Voir l'indice

Écrire le bilan énergétique global du condenseur calorifugé en reliant la puissance reçue par l'eau à celle cédée par le fluide du cycle.

Voir la stratégie
  1. Considérer l'échangeur thermique (condenseur) dans son ensemble, constitué du fluide moteur de la centrale et de l'eau de chauffage domestique.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un système ouvert athermane (l'échangeur étant parfaitement calorifugé vis-à-vis de l'extérieur).
  3. En déduire que la puissance thermique reçue par l'eau de chauffage est égale à la puissance thermique cédée par le fluide de la centrale au cours de la condensation 4 \to 1.
Voir la réponse courte

Puissance cédée au condenseur récupérée pour le chauffage : P_d = -D_m q_f = D_m(h_4 - h_1).

Voir le corrigé complet

Le condenseur est un échangeur thermique fonctionnant en écoulement stationnaire et supposé parfaitement calorifugé vis-à-vis du milieu extérieur. Il n'échange aucun travail mécanique utile avec l'extérieur.

Le premier principe pour un système ouvert appliqué à l'ensemble du condenseur en régime stationnaire s'écrit :

\Delta \mathcal{H} = \mathcal{P}_{\text{ext}} = 0

En décomposant sur les deux écoulements (le fluide de la machine et l'eau du réseau domestique) :

D_{m1}\,(h_1 - h_4) + P_d = 0

où P_d est la puissance thermique reçue par l'eau de chauffage domestique, et D_{m1} le débit massique d'eau circulant dans le cycle de la centrale.

On en déduit l'expression de la puissance thermique reçue par l'eau de chauffage :

P_d = D_{m1}\,(h_4 - h_1)

D'après les valeurs d'enthalpie massique déterminées sur le diagramme de la question Q35 :

  • h_1 = 111\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_4 = 1592\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • D_{m1} = 1,0\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}

L'application numérique donne :

P_d = 1,0 \times (1592 - 111) \times 10^3 = 1,481 \times 10^6\text{ W}
\boxed{P_d \approx 1,5\text{ MW}}

(ou 1,48\text{ MW} avec trois chiffres significatifs).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : échangeur thermique, débit massique

Calculer le débit massique que doit posséder l'eau de chauffage domestique.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe en système ouvert au fluide de chauffage : P_d = D_d\,c_{\mathrm{eau}}\Delta T_d.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en écoulement stationnaire au circuit secondaire (eau de chauffage domestique), en modélisant l'eau comme une phase condensée indilatable et incompressible de capacité thermique massique c_{\mathrm{eau}}.
  2. Relier la puissance thermique reçue P_d (déterminée à la question Q44) à l'élévation de température du fluide et en déduire le débit massique D_d.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur l'eau de chauffage : P_d = D_d c_{\mathrm{eau}} (T_s - T_e), d'où le calcul du débit massique D_d.

Voir le corrigé complet

Le fluide de chauffage domestique est de l'eau liquide restant en phase condensée entre T_{e} = T_d(x=0) = 5{,}0\ ^\circ\mathrm{C} et T_{s} = T_d(x=L) = 60\ ^\circ\mathrm{C}.

En régime stationnaire et en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle, le premier principe appliqué à ce circuit (qui n'échange aucun travail utile avec l'extérieur) s'écrit :

P_d = D_d \, \Delta h_d

Pour une phase liquide considérée comme incompressible et indilatable soumise à un échauffement isobare :

\Delta h_d = c_{\mathrm{eau}} \left( T_d(L) - T_d(0) \right)

On en déduit l'expression du débit massique D_d :

D_d = \frac{P_d}{c_{\mathrm{eau}} \left( T_d(L) - T_d(0) \right)}

En utilisant la valeur de P_d = 1{,}481 \times 10^3\text{ kW} obtenue à la question Q44, c_{\mathrm{eau}} = 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et \Delta T = 60 - 5{,}0 = 55\text{ K} :

D_d = \frac{1{,}481 \times 10^3}{4{,}18 \times 55} \approx 6{,}44\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{D_d = \frac{P_d}{c_{\mathrm{eau}}\left(T_d(L) - T_d(0)\right)} \approx 6{,}4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cogénération, efficacité

Exprimer puis calculer , l'efficacité de la machine utilisant le principe de cogénération. Commenter.

Voir l'indice

Définir l'efficacité par le ratio de la puissance totale valorisée (mécanique + thermique de chauffage) sur la puissance thermique primaire de chaudière.

Voir la stratégie
  1. Définir l'efficacité e_{\mathrm{cogen}} d'une installation de cogénération comme le rapport entre l'énergie utile globale récupérée (travail mécanique fourni par la turbine et transfert thermique valorisé pour le chauffage) et l'énergie thermique fournie au fluide dans la chaudière.
  2. Exprimer cette efficacité à l'aide des puissances ou des grandeurs massiques déterminées dans les questions précédentes (q_c, w_t et q_d).
  3. Calculer la valeur numérique et commenter le gain apporté par rapport à une centrale électrique classique à condensation seule.
Voir la réponse courte

Définition de l'efficacité globale e_{\mathrm{cogen}} = (|P_t| + P_d)/P_c valorisant à la fois le travail et la chaleur.

Voir le corrigé complet

Dans une installation de cogénération, les grandeurs valorisées (utiles) sont :

  • la puissance mécanique fournie par la turbine : \mathcal{P}_t = -P_t = -D_{m1}\,w_t ;
  • la puissance thermique transférée à l'eau de chauffage domestique : P_d = D_{m1}\,(h_4 - h_1).

La puissance payante (dépensée) est la puissance thermique fournie au fluide dans la chaudière :

\mathcal{P}_c = D_{m1}\,q_c = D_{m1}\,(h_3 - h_2)

L'efficacité énergétique de cogénération s'écrit donc :

e_{\mathrm{cogen}} = \frac{\mathcal{P}_t + P_d}{\mathcal{P}_c} = \frac{-w_t + (h_4 - h_1)}{q_c}

Or, d'après les questions précédentes :

\begin{aligned} -w_t &= h_3 - h_4 = 1056\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ h_4 - h_1 &= 1592 - 111 = 1481\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ q_c &= h_3 - h_2 = 2648 - 111 = 2537\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

Comme h_2 \approx h_1 (la compression dans la pompe étant quasi isenthalpique), la somme du travail extrait et de la chaleur récupérée est égale à la chaleur fournie :

-w_t + (h_4 - h_1) = (h_3 - h_4) + (h_4 - h_1) = h_3 - h_1 = q_c

On en déduit l'expression littérale :

\boxed{e_{\mathrm{cogen}} = \frac{-w_t + h_4 - h_1}{h_3 - h_2} = \frac{\mathcal{P}_t + P_d}{\mathcal{P}_c}}

L'application numérique donne :

e_{\mathrm{cogen}} = \frac{1056 + 1481}{2537} = \frac{2537}{2537} = 1{,}00
\boxed{e_{\mathrm{cogen}} = 1{,}00 = 100\,\%}

Commentaire :

  • Sans valorisation de la chaleur au condenseur, le rendement de la centrale se limitait à la conversion en énergie mécanique :

    r = \frac{-w_t}{q_c} = \frac{1056}{2537} \approx 41{,}6\,\%

    Le reste de l'énergie (58{,}4\,\%) était alors rejeté sans profit dans la source froide extérieure.

  • Grâce à la cogénération, l'énergie thermique usuellement « perdue » au condenseur est valorisée pour le chauffage domestique. Dans le cadre de ce modèle idéal sans pertes vers l'extérieur (condenseur parfaitement calorifugé, pas de pertes thermiques le long des conduites), la totalité de l'énergie injectée dans la chaudière est valorisée, d'où une efficacité théorique de 100\,\%.
  • En pratique, compte tenu des pertes thermiques parasites, des frottements mécaniques et de la consommation de la pompe, l'efficacité d'une centrale de cogénération réelle reste comprise entre 80\,\% et 90\,\%, ce qui représente un gain énergétique et environnemental considérable.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.

Note estimée
–
0 question réussie sur 46
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 46 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,85 et d'écart-type 4,16 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q35) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.