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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 MP 2020 (page 3/3 : Parties III et IV)

Proxima du Centaure

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Partie III : Voyager vers Proxima du Centaure

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, relation de dispersion

Rappeler sans démonstration l’équation dont le champ électrique est solution dans le vide. En déduire la relation de dispersion liant et en fonction de la célérité de l’onde. Comment qualifier la propagation de cette onde ?

Voir l'indice

Rappeler l'équation de d'Alembert dans le vide et substituer la forme de l'onde plane pour dégager la relation de dispersion linéaire.

Voir la réponse courte

Équation d'onde de d'Alembert \Delta\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2\vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}, dispersion k = \omega/c, propagation non dispersive dans le vide.

Voir le corrigé complet

Dans le vide de charges (\rho = 0) et de courants (\vec{\jmath} = \vec{0}), les équations de Maxwell conduisent à l'équation de d'Alembert pour le champ électrique :

\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}

avec c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}} la célérité de la lumière dans le vide.

L'onde incidente se propageant selon l'axe (Ox) est décrite en notation complexe par :

\vec{\underline{E}}_i = \underline{E}_0 \exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_y

Le laplacien vectoriel se réduit ici à :

\Delta \vec{\underline{E}}_i = \frac{\partial^2 \vec{\underline{E}}_i}{\partial x^2} = (-j k)^2 \vec{\underline{E}}_i = -k^2 \vec{\underline{E}}_i

et la dérivée temporelle seconde s'écrit :

\frac{\partial^2 \vec{\underline{E}}_i}{\partial t^2} = (j \omega)^2 \vec{\underline{E}}_i = -\omega^2 \vec{\underline{E}}_i

En injectant ces dérivées dans l'équation d'onde, on obtient :

-k^2 + \frac{\omega^2}{c^2} = 0

Pour une onde se propageant dans le sens des x croissants (k > 0 et \omega > 0), la relation de dispersion s'écrit :

\boxed{\omega = c\,k \quad \Longleftrightarrow \quad k = \frac{\omega}{c}}

La vitesse de phase de l'onde est donnée par :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = c

Cette vitesse étant indépendante de la pulsation \omega (et égale à la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = c), le vide est un milieu non dispersif.

De plus, le vecteur d'onde k étant réel, la propagation s'effectue sans atténuation (ni absorption).

Résultat

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Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : onde plane progressive, structure de l'onde

Établir l’expression du champ magnétique associé à cette onde incidente.

Voir l'indice

Utiliser la relation de structure de l'onde plane progressive monochromatique dans le vide liant \vec{B}, \vec{E} et la direction de propagation.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation locale de Maxwell-Faraday dans le vide reliant les champs électrique et magnétique.
  2. Exprimer le rotationnel en notation complexe (ou utiliser la structure d'onde plane progressive) pour relier l'amplitude du champ magnétique à celle du champ électrique.
  3. Utiliser la relation de dispersion k/\omega = 1/c obtenue à la question Q33 pour simplifier l'expression finale sous forme vectorielle.
Voir la réponse courte

Relation de structure de l'OPPM dans le vide : \vec{B} = \frac{\vec{k} \wedge \vec{E}}{\omega} = \frac{1}{c} \vec{u}_z \wedge \vec{E}.

Voir le corrigé complet

Le champ électromagnétique de l'onde incidente vérifie l'équation de Maxwell-Faraday dans le vide :

\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_i = -\frac{\partial \vec{B}_i}{\partial t}

En notation complexe, avec une dépendance temporelle en \exp(j\omega t), cette équation s'écrit :

\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{\underline{E}}_i = -j\omega \, \vec{\underline{B}}_i

Pour une onde plane se propageant selon l'axe (Ox), le gradient spatial se résume à \vec{\nabla} \equiv -jk\,\vec{u}_x, de sorte que l'opérateur rotationnel s'identifie à :

\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{\underline{E}}_i = -jk\,\vec{u}_x \times \vec{\underline{E}}_i

Le calcul direct avec \vec{\underline{E}}_i = \underline{E}_0 \exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_y donne :

\begin{aligned} \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{\underline{E}}_i &= \frac{\partial \underline{E}_y}{\partial x}\,\vec{u}_z = -jk\,\underline{E}_0 \exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_z \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\begin{aligned} -j\omega\,\vec{\underline{B}}_i &= -jk\,\underline{E}_0 \exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_z \\ \vec{\underline{B}}_i &= \frac{k}{\omega}\,\underline{E}_0 \exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_z \end{aligned}

D'après la question Q33, l'onde se propageant dans le vide obéit à la relation de dispersion \omega = c\,k, soit \frac{k}{\omega} = \frac{1}{c}. Par conséquent :

\boxed{\vec{\underline{B}}_i(x,t) = \frac{\underline{E}_0}{c}\exp(j(\omega t - k x))\,\vec{u}_z}

En grandeurs réelles, en posant \underline{E}_0 = E_{0,\mathrm{m}} e^{j\varphi} :

\boxed{\vec{B}_i(x,t) = \frac{E_{0,\mathrm{m}}}{c}\cos(\omega t - k x + \varphi)\,\vec{u}_z}

Résultat

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : vecteur de poynting, bilan d'énergie

Déterminer l’expression de la valeur moyenne temporelle du vecteur de Poynting associé à cette onde incidente.

Voir l'indice

Calculer la valeur moyenne temporelle du vecteur de Poynting à l'aide de la formule complexe \langle \vec{\Pi} \rangle = \frac{1}{2\mu_0} \mathrm{Re}(\vec{\underline{E}} \wedge \vec{\underline{B}}^*).

Voir la stratégie

Pour déterminer la moyenne temporelle du vecteur de Poynting \langle \vec{\Pi}_i \rangle, deux démarches sont possibles :

  1. Passer en grandeurs réelles et calculer la moyenne temporelle de \cos^2(\omega t - kx + \phi_0), égale à 1/2 ;
  2. Utiliser directement la formule usuelle en régime sinusoïdal établie avec les amplitudes complexes : \langle \vec{\Pi} \rangle = \dfrac{1}{2\mu_0} \mathrm{Re}\left( \vec{\underline{E}} \wedge \vec{\underline{B}}^* \right).
Voir la réponse courte

Calcul de la moyenne temporelle \langle\vec{\Pi}\rangle = \frac{1}{2\mu_0} \mathrm{Re}(\underline{\vec{E}} \wedge \underline{\vec{B}}^*) = \frac{E_0^2}{2\mu_0 c}\vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

Le vecteur de Poynting instantané associé à l'onde incidente dans le vide est défini par :

\vec{\Pi}_i(x,t) = \frac{\vec{E}_i(x,t) \wedge \vec{B}_i(x,t)}{\mu_0}

En posant \underline{E}_0 = E_{0m} \mathrm{e}^{j\phi_0} avec E_{0m} = |\underline{E}_0|, les champs réels s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{E}_i(x,t) &= E_{0m} \cos(\omega t - kx + \phi_0) \, \vec{u}_y \\ \vec{B}_i(x,t) &= \frac{E_{0m}}{c} \cos(\omega t - kx + \phi_0) \, \vec{u}_z \end{aligned}

Le produit vectoriel donne :

\vec{\Pi}_i(x,t) = \frac{E_{0m}^2}{\mu_0 c} \cos^2(\omega t - kx + \phi_0) \, \vec{u}_x

La valeur moyenne temporelle d'un cosinus au carré sur une période étant égale à \frac{1}{2}, on obtient :

\boxed{\langle \vec{\Pi}_i \rangle = \frac{|\underline{E}_0|^2}{2\mu_0 c} \, \vec{u}_x = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c \, |\underline{E}_0|^2 \, \vec{u}_x}

puisque c = \dfrac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}}, d'où \dfrac{1}{\mu_0 c} = \varepsilon_0 c.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs lors du passage de la notation complexe à l'expression du vecteur de Poynting.

« on relève quelques maladresses dans le passage des représentations complexes au vecteur de Poynting »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : arq, approximation du bon conducteur

Proposer une simplification de l’équation (III.1) pour une onde, dans le domaine du visible ou de l’infrarouge, se propageant dans l’or de conductivité .

Voir l'indice

Comparer les ordres de grandeur du courant de déplacement \varepsilon_0 \omega et du courant de conduction \gamma à la fréquence optique pour simplifier l'équation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer en régime sinusoïdal de pulsation \omega les ordres de grandeur des deux termes situés au second membre de l'équation différentielle (III.1).
  2. Former le rapport de ces deux termes et évaluer numériquement ce rapport pour la longueur d'onde du visible \lambda_{\text{obs}} = 600\text{ nm} et dans l'infrarouge.
  3. Négliger le terme prépondérant issu du courant de déplacement devant celui issu du courant de conduction pour en déduire l'équation simplifiée.
Voir la réponse courte

Comparaison entre courant de déplacement et de conduction : \gamma \gg \varepsilon\omega, ce qui permet de négliger \varepsilon\mu\partial^2\vec{E}/\partial t^2 devant \mu\gamma\partial\vec{E}/\partial t.

Voir le corrigé complet

En régime harmonique de pulsation \omega, les dérivées temporelles du champ électrique complexe \underline{\vec{E}}_t s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial \underline{\vec{E}}_t}{\partial t} &= j\omega \underline{\vec{E}}_t \\ \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}_t}{\partial t^2} &= -\omega^2 \underline{\vec{E}}_t \end{aligned}

L'équation (III.1) devient ainsi :

\Delta \underline{\vec{E}}_t = j\mu_0 \gamma \omega \underline{\vec{E}}_t - \mu_0 \varepsilon_0 \omega^2 \underline{\vec{E}}_t

Comparons les normes respectives du second terme (associé au courant de déplacement de Maxwell) et du premier terme (associé au courant de conduction d'Ohm) :

\eta = \frac{\left\| \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}_t}{\partial t^2} \right\|}{\left\| \mu_0 \gamma \frac{\partial \underline{\vec{E}}_t}{\partial t} \right\|} = \frac{\mu_0 \varepsilon_0 \omega^2}{\mu_0 \gamma \omega} = \frac{\varepsilon_0 \omega}{\gamma} = \frac{2\pi \varepsilon_0 c}{\gamma \lambda}

Effectuons l'application numérique dans le domaine du visible à \lambda = \lambda_{\text{obs}} = 600\text{ nm} :

\begin{aligned} \omega &= \frac{2\pi c}{\lambda_{\text{obs}}} = \frac{2\pi \times 3{,}00 \times 10^8}{600 \times 10^{-9}} \approx 3{,}14 \times 10^{15}\text{ rad}\cdot\mathrm{s}^{-1} \\ \eta &= \frac{8{,}854 \times 10^{-12} \times 3{,}14 \times 10^{15}}{45 \times 10^6} \approx 6{,}2 \times 10^{-4} \ll 1 \end{aligned}

Dans le domaine de l'infrarouge, les longueurs d'onde sont supérieures (\lambda > 800\text{ nm}), donc les pulsations sont plus faibles : le rapport \eta est encore plus petit.

Le terme de propagation diélectrique \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}_t}{\partial t^2} est donc tout à fait négligeable devant le terme de diffusion ohmique \mu_0 \gamma \frac{\partial \underline{\vec{E}}_t}{\partial t}. L'équation (III.1) se simplifie en une équation de diffusion :

\boxed{\Delta \vec{E}_t = \mu_0 \gamma \frac{\partial \vec{E}_t}{\partial t}}

soit, sous forme complexe :

\boxed{\Delta \underline{\vec{E}}_t = j\mu_0 \gamma \omega \underline{\vec{E}}_t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier rigoureusement pourquoi l'un des termes de l'équation d'onde est négligeable.

« dans la justification, demandée dans la question 36, du caractère négligeable d’un des termes de l’équation d’onde. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : effet de peau, épaisseur de peau

Exprimer le vecteur d’onde complexe en fonction d’une longueur dont on donnera l’expression et la signification.

Voir l'indice

Rechercher une solution plane progressive harmonique dans le métal pour identifier l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{2 / (\mu_0 \gamma \omega)}.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme de l'onde transmise \vec{\underline{E}}_t dans l'équation différentielle simplifiée obtenue à la question précédente (Q36).
  2. Identifier \underline{k}_m^2 et choisir la racine complexe assurant une décroissance spatiale de l'amplitude lorsque x \to +\infty (onde évanescente dans le conducteur).
  3. En déduire l'expression de \underline{k}_m en fonction de l'épaisseur de peau \delta et préciser la signification physique de cette longueur.
Voir la réponse courte

Relation \underline{k}^2 = -j\mu_0\gamma\omega donnant \underline{k} = (1-j)/\delta avec l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{2/(\mu_0\gamma\omega)}.

Voir le corrigé complet

L'onde transmise dans le conducteur s'écrit :

\vec{\underline{E}}_t(x,t) = \underline{t} \, \underline{E}_0 \exp\big(j(\omega t - \underline{k}_m x)\big) \, \vec{u}_y

D'après la simplification établie à la question Q36 (régime de l'effet de peau), le champ électrique vérifie dans le métal (x > 0) l'équation de diffusion :

\Delta \vec{\underline{E}}_t = \mu_0 \gamma \frac{\partial \vec{\underline{E}}_t}{\partial t}

Sachant que \vec{\underline{E}}_t ne dépend spatialement que de x, le laplacien vectoriel se réduit à :

\Delta \vec{\underline{E}}_t = \frac{\partial^2 \underline{E}_{t,y}}{\partial x^2} \vec{u}_y = (-j\underline{k}_m)^2 \vec{\underline{E}}_t = -\underline{k}_m^2 \, \vec{\underline{E}}_t

La dérivation temporelle donne :

\frac{\partial \vec{\underline{E}}_t}{\partial t} = j\omega \, \vec{\underline{E}}_t

On en déduit la relation de dispersion dans le métal :

-\underline{k}_m^2 = j \mu_0 \gamma \omega \iff \underline{k}_m^2 = -j \mu_0 \gamma \omega

En posant \underline{k}_m = k' - j k'' (avec k', k'' \in \mathbb{R}), le terme spatial s'écrit \exp(-j\underline{k}_m x) = \exp(-k'' x) \exp(-j k' x). L'onde se propageant selon +\vec{u}_x dans le demi-espace x > 0, l'amplitude du champ doit rester bornée et s'atténuer avec la profondeur x, ce qui impose k'' > 0 et k' > 0.

Or, (1 - j)^2 = 1 - 2j - 1 = -2j. On peut donc poser :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}}

de sorte que :

\left(\frac{1 - j}{\delta}\right)^2 = -\frac{2j}{\delta^2} = -j \mu_0 \gamma \omega

Avec les conditions de signe k' > 0 et k'' > 0, le vecteur d'onde complexe est :

\boxed{\underline{k}_m = \frac{1 - j}{\delta}}

où la longueur caractéristique \delta s'exprime par :

\boxed{\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}}}

Signification de \delta : La longueur \delta est appelée épaisseur de peau (ou profondeur de pénétration). L'amplitude du champ s'écrit en effet :

\|\vec{\underline{E}}_t(x,t)\| \propto \exp\left(-\frac{x}{\delta}\right)

\delta représente la distance caractéristique sur laquelle l'amplitude du champ électrique (et magnétique) est atténuée d'un facteur 1/e \simeq 0{,}37 sous l'effet des pertes par effet Joule dans le conducteur.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : effet de peau, voile solaire

Proposer une épaisseur raisonnable pour la voile solaire afin que l’approximation espace infini puisse être conservée. Sachant que la masse volumique de l’or est , estimer la masse d’une voile solaire de surface .

Voir l'indice

Choisir une épaisseur de quelques épaisseurs de peau (par exemple 5\delta) pour garantir une réflexion quasi-totale, puis estimer la masse par m = \rho\,S\,e.

Voir la stratégie
  1. Calculer numériquement l'épaisseur de peau \delta dans l'or pour la longueur d'onde de référence \lambda_{\mathrm{obs}} = 600\text{ nm}.
  2. En déduire une épaisseur e telle que l'onde électromagnétique soit quasi-intégralement amortie avant d'atteindre la seconde interface (condition e \gtrsim 3\delta à 5\delta).
  3. Exprimer puis calculer la masse m = \rho S e correspondante.
Voir la réponse courte

Choix d'une épaisseur e \gtrsim 5\delta pour assurer l'opacité et la réflexion, puis estimation de la masse m = \rho S e.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q37, l'amplitude du champ électromagnétique décroît en \exp(-x/\delta) dans le conducteur, où l'épaisseur de peau s'écrit :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}} = \sqrt{\frac{\lambda_{\mathrm{obs}}}{\pi \mu_0 \gamma c}}

avec \omega = \frac{2\pi c}{\lambda_{\mathrm{obs}}}.

À la longueur d'onde moyenne d'observation \lambda_{\mathrm{obs}} = 600\text{ nm} = 6{,}00 \times 10^{-7}\text{ m} :

\delta = \sqrt{\frac{6{,}00 \times 10^{-7}}{\pi \times (4\pi \times 10^{-7}) \times (45 \times 10^6) \times (3{,}00 \times 10^8)}} \simeq 3{,}36 \times 10^{-9}\text{ m} \simeq 3{,}4\text{ nm}

Pour que l'approximation du demi-espace infini soit valable, l'onde doit être fortement atténuée à la traversée de la couche de métal afin que l'onde transmise ne subisse pas de réflexions multiples significatives sur la face arrière. À une profondeur x = 3\delta à 5\delta, la densité de flux d'énergie (décroissant en \exp(-2x/\delta)) est réduite d'un facteur supérieur à e^6 \approx 400 (99{,}7\,\% absorbé ou réfléchi).

On choisit donc une épaisseur de l'ordre de e \approx 4\delta à 5\delta, soit typiquement :

\boxed{e \approx 15\text{ nm}}

La voile est assimilée à une feuille plane de surface S = 100\text{ m}^2 et d'épaisseur e. Sa masse volumique vaut \rho = 19{,}3\text{ g}\cdot\mathrm{cm}^{-3} = 19{,}3 \times 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3}. Sa masse est alors :

m = \rho \, S \, e

Application numérique avec e = 15\text{ nm} = 1{,}5 \times 10^{-8}\text{ m} :

\begin{aligned} m &= 19{,}3 \times 10^3 \times 100 \times 1{,}5 \times 10^{-8} \\ &\simeq 2{,}9 \times 10^{-2}\text{ kg} = 29\text{ g} \end{aligned}
\boxed{m \approx 30\text{ g}}

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet tunnel, onde évanescente

Commenter cette figure. À quel phénomène la situation étudiée est-elle analogue ?

Voir l'indice

Observer la décroissance exponentielle du vecteur de Poynting dans l'épaisseur métallique et identifier l'analogie avec l'effet tunnel quantique ou la réflexion totale frustrée.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'allure de la courbe dans chacun des trois milieux distincts délimités par les plans x = 0 et x = a : le vide incident (x < 0), la lame métallique (0 \leqslant x \leqslant a) et le vide aval (x > a).
  2. Identifier la nature de l'onde dans chaque région (stationnaire/progressive, amortie ou propagative).
  3. Rapprocher ce comportement d'un phénomène ondulatoire fondamental impliquant le franchissement d'une barrière par onde évanescente.
Voir la réponse courte

Décroissance exponentielle de l'onde dans le métal avec réflexion quasi totale ; analogie directe avec l'effet tunnel quantique à travers une barrière.

Voir le corrigé complet

Commentaire de la figure 6 :

  • Dans le vide amont (x < 0) : la superposition de l'onde incidente et de l'onde réfléchie donne naissance à un régime d'ondes partiellement stationnaires. La courbe présente une modulation spatiale périodique résultant des interférences entre les deux ondes se propageant en sens inverses, oscillant entre des ventres et des nœuds.
  • Dans la voile métallique (0 < x < a) : l'onde pénètre dans le conducteur sous forme d'onde atténuée. La grandeur décroît de façon exponentielle en fonction de x, caractéristique de l'effet de peau sur une longueur caractéristique \delta. L'épaisseur a de la voile étant du même ordre de grandeur que l'épaisseur de peau \delta, l'onde n'est pas totalement amortie lorsqu'elle atteint la face de sortie en x = a.
  • Dans le vide aval (x > a) : l'onde transmise au-delà de la voile se propage sous la forme d'une onde plane progressive pure dans le sens des x croissants. En l'absence d'onde réfléchie revenant de l'infini, il n'y a pas d'interférence et la puissance transportée est uniforme (valeur constante strictement positive).

Phénomène analogue :

Cette situation est directement analogue à :

  • L'effet tunnel en mécanique quantique, où une fonction d'onde associée à une particule d'énergie E < V_0 traverse une barrière de potentiel rectangulaire d'épaisseur finie a grâce au raccordement d'une onde évanescente dans la barrière, conférant une probabilité de transmission non nulle au-delà de celle-ci ;
  • La réflexion totale frustrée en optique (ou effet tunnel photonique), où une onde évanescente établie dans un milieu d'indice plus faible d'épaisseur micrométrique est convertie en onde progressive transmise dans un troisième milieu diélectrique.

Question déjà tombée ailleurs

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Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : pression de radiation, quantité de mouvement du photon

En utilisant le modèle corpusculaire de la lumière, proposer une expression de la force qui s’exerce sur la voile en fonction, entre autres paramètres, de la puissance électromagnétique moyenne incidente par unité de surface et de , coefficient de réflexion en énergie de la voile. Évaluer l’ordre de grandeur de cette force à proximité de la Terre où la puissance surfacique du rayonnement solaire est d’environ .

Voir l'indice

Effectuer un bilan de quantité de mouvement sur les photons absorbés et réfléchis par la voile pour exprimer la pression de radiation P_{\text{rad}} = (1+R)\mathcal{P} / c et la force associée.

Voir la stratégie
  1. Décrire le transfert de quantité de mouvement d'un photon incident de quantité de mouvement \vec{p} = \frac{h\nu}{c}\vec{u}_x lors de sa réflexion (avec probabilité R) ou de son absorption (avec probabilité 1-R).
  2. Effectuer un bilan de quantité de mouvement pendant une durée \mathrm{d}t sur l'ensemble des photons incidents interceptés par la surface S de la voile, puis en déduire la force résultante \vec{F} = \frac{\mathrm{d}\vec{p}_{\text{voile}}}{\mathrm{d}t}.
  3. Évaluer numériquement la force pour la surface S = 100\text{ m}^2 introduite à la question précédente et une réflectivité proche de l'unité (R \simeq 1).
Voir la réponse courte

Bilan de quantité de mouvement des photons incidents et réfléchis : force de pression de radiation F = (1+R)\frac{\mathcal{P}S}{c}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle corpusculaire, un photon incident de fréquence \nu possède l'énergie \mathcal{E} = h\nu et la quantité de mouvement :

\vec{p}_i = \frac{h\nu}{c}\vec{u}_x

Considérons une voile plane de surface S, normale à la direction de propagation de l'onde incidente. Pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t, l'énergie électromagnétique incidente reçue par la voile s'écrit :

\mathrm{d}\mathcal{E}_{\text{inc}} = \mathcal{P}_s\,S\,\mathrm{d}t = N_{\text{inc}}\,h\nu

où \mathcal{P}_s désigne la puissance surfacique incidente et N_{\text{inc}} le nombre de photons incidents.

Le comportement des photons incidents à l'interface se répartit selon deux voies :

  • Une proportion R de photons est réfléchie dans la direction -\vec{u}_x, avec une quantité de mouvement finale \vec{p}_r = -\frac{h\nu}{c}\vec{u}_x. La quantité de mouvement cédée à la voile par un photon réfléchi est donc :

    \delta\vec{p}_{\text{ref}} = \vec{p}_i - \vec{p}_r = 2\frac{h\nu}{c}\vec{u}_x
  • Une proportion 1-R de photons est absorbée (la transmission étant négligeable pour une voile opaque d'épaisseur supérieure à la profondeur de peau). La quantité de mouvement cédée par un photon absorbé est :

    \delta\vec{p}_{\text{abs}} = \vec{p}_i - \vec{0} = \frac{h\nu}{c}\vec{u}_x

La quantité de mouvement totale transférée à la voile pendant la durée \mathrm{d}t vaut ainsi :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{p}_{\text{voile}} &= R\,N_{\text{inc}}\,\delta\vec{p}_{\text{ref}} + (1-R)\,N_{\text{inc}}\,\delta\vec{p}_{\text{abs}} \\ &= N_{\text{inc}} \left[ 2R + (1-R) \right] \frac{h\nu}{c}\vec{u}_x \\ &= (1+R)\,\frac{N_{\text{inc}} h\nu}{c}\vec{u}_x \\ &= (1+R)\,\frac{\mathcal{P}_s\,S\,\mathrm{d}t}{c}\vec{u}_x \end{aligned}

D'après le principe fondamental de la dynamique, la force de pression de radiation exercée sur la voile est :

\boxed{\vec{F} = (1+R)\,\frac{\mathcal{P}_s\,S}{c}\vec{u}_x}

Application numérique : À proximité de la Terre, \mathcal{P}_s \approx 1000\text{ W}\cdot\mathrm{m}^{-2}. Pour une voile en or de surface S = 100\text{ m}^2 (introduite à la question Q38), très réfléchissante dans le visible et le proche infrarouge (R \approx 1), avec c = 3{,}00 \times 10^8\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} :

F \approx 2 \times \frac{1000 \times 100}{3{,}00 \times 10^8} \approx \frac{2 \times 10^5}{3{,}00 \times 10^8} \approx 6{,}7 \times 10^{-4}\text{ N}
\boxed{F \sim 10^{-3}\text{ N} = 1\text{ mN}}

La pression de radiation surfacique correspondante est de l'ordre de P_{\text{rad}} = \frac{F}{S} \approx 6{,}7\text{ }\mu\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-2} = 6{,}7\text{ }\mu\mathrm{Pa}.

Résultat

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Partie IV : Une exoplanète : Proxima Centauri b

IV.A · Étude du mouvement du système étoile + planète

Question 41

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : centré de masse, problème à deux corps

Établir la relation . Contrôler la pertinence de cette expression en étudiant des cas limites.

Voir l'indice

Utiliser la définition vectorielle du centre de masse M_E \vec{GE} + M_P \vec{GP} = \vec{0} avec la relation de Chasles, puis vérifier le comportement lorsque M_E \gg M_P.

Voir la stratégie
  1. Partir de la définition vectorielle du barycentre G donnée par l'énoncé, puis introduire le point E ou P par la relation de Chasles pour isoler \vec{GP} en fonction de \vec{EP}.
  2. Analyser la cohérence physique aux limites : lorsque l'un des deux astres est infiniment plus massif que l'autre (M_E \gg M_P, puis M_P \gg M_E), ainsi que dans le cas de masses identiques (M_E = M_P).
Voir la réponse courte

Définition du barycentre M_E\vec{GE} + M_P\vec{GP} = \vec{0}, d'où la formule demandée ; cas limites M_E \gg M_P (G \to E) et M_E = M_P.

Voir le corrigé complet

D'après la définition du centre de masse G du système {étoile + planète} :

M_E\,\vec{GE} + M_P\,\vec{GP} = \vec{0}

En décomposant le vecteur \vec{GE} à l'aide de la relation de Chasles en passant par le point P :

\vec{GE} = \vec{GP} + \vec{PE} = \vec{GP} - \vec{EP}

L'équation barycentrique devient :

\begin{aligned} M_E \left(\vec{GP} - \vec{EP}\right) + M_P\,\vec{GP} &= \vec{0} \\ (M_E + M_P)\,\vec{GP} &= M_E\,\vec{EP} \end{aligned}

Comme M_E + M_P \neq 0, on obtient directement :

\boxed{\vec{GP} = \frac{M_E}{M_E + M_P} \vec{EP}}

Contrôle de pertinence par l'étude de cas limites :

  • Cas d'une étoile très massive devant la planète (M_E \gg M_P) :
    On a \frac{M_E}{M_E + M_P} = \frac{1}{1 + M_P / M_E} \xrightarrow[M_P \to 0]{} 1, soit :

    \vec{GP} \approx \vec{EP} \iff \vec{GE} \approx \vec{0}

    Le centre de masse G est pratiquement confondu avec le centre de l'étoile E, qui peut alors être considérée comme fixe. C'est l'approximation usuelle du corps central fixe.

  • Cas hypothétique d'une planète ultra-massive (M_P \gg M_E) :
    Le rapport tend vers zéro, d'où \vec{GP} \approx \vec{0} : le barycentre est confondu avec le centre de la planète P.
  • Cas de deux corps de masses égales (M_E = M_P) :
    Le rapport vaut 1/2, donc \vec{GP} = \frac{1}{2}\vec{EP} : le centre de masse G se situe exactement au milieu du segment [EP], ce qui est attendu pour un système symétrique.

L'expression établie est donc parfaitement cohérente.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut suivre la démarche demandée pour justifier le résultat sans recourir à des arguments fantaisistes.

« Dans les questions de mécanique 41 à 44, des résultats intermédiaires sont fournis par l’énoncé et il s’agit de les justifier clairement. De trop nombreuses copies proposent des arguments fantaisistes au lieu de suivre la logique proposée par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : pfd, problème à deux corps

En appliquant le principe fondamental de la dynamique à la planète dans le référentiel d’étude, établir l’équation différentielle vérifiée par .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la planète P dans le référentiel barycentrique galiléen et substituer \vec{GP} par \vec{r}.

Voir la stratégie
  1. Définir le système (P), le référentiel d'étude (barycentrique galiléen) et expliciter la force gravitationnelle exercée par l'étoile E sur la planète P.
  2. Exprimer l'accélération de P dans ce référentiel en fonction de \vec{r} grâce à la relation barycentrique établie en Q 41.
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique et simplifier pour obtenir l'équation différentielle relative au mouvement de P par rapport à E.
Voir la réponse courte

Application du PFD à P dans le référentiel barycentrique galiléen, reliant \ddot{\vec{r}}_P à la force gravitationnelle puis déduction de l'équation sur \ddot{\vec{r}}.

Voir le corrigé complet

On étudie le système constitué par la planète P, de masse M_P, assimilée à un point matériel.

Le référentiel d'étude est le référentiel barycentrique lié au centre de masse G du système {étoile + planète}, dont les axes sont fixes par rapport aux étoiles lointaines ; il est supposé galiléen par l'énoncé.

Toutes les interactions extérieures étant négligées, la planète P n'est soumise qu'à l'attraction gravitationnelle exercée par l'étoile E :

\vec{F}_{E \to P} = -\frac{\mathcal{G} M_E M_P}{r^2} \frac{\vec{r}}{r} = -\frac{\mathcal{G} M_E M_P}{r^3}\,\vec{r}

où \vec{r} = \overrightarrow{EP} et r = \|\vec{r}\|.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la planète P dans ce référentiel galiléen s'écrit :

M_P \frac{\mathrm{d}^2 \overrightarrow{GP}}{\mathrm{d}t^2} = \vec{F}_{E \to P}

D'après le résultat de la question Q 41, on a :

\overrightarrow{GP} = \frac{M_E}{M_E + M_P}\,\vec{r}

Les masses M_E et M_P étant constantes au cours du temps, la dérivation temporelle seconde donne :

\frac{\mathrm{d}^2 \overrightarrow{GP}}{\mathrm{d}t^2} = \frac{M_E}{M_E + M_P} \frac{\mathrm{d}^2 \vec{r}}{\mathrm{d}t^2}

En reportant cette relation dans le principe fondamental de la dynamique, on obtient :

\frac{M_E M_P}{M_E + M_P} \frac{\mathrm{d}^2 \vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{\mathcal{G} M_E M_P}{r^3}\,\vec{r}

En simplifiant par le produit non nul M_E M_P, il vient finalement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 \vec{r}}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P)}{r^3}\,\vec{r} = \vec{0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'établissement de l'équation différentielle doit être rigoureusement mené selon la logique de l'énoncé.

« Dans les questions de mécanique 41 à 44, des résultats intermédiaires sont fournis par l’énoncé et il s’agit de les justifier clairement. De trop nombreuses copies proposent des arguments fantaisistes au lieu de suivre la logique proposée par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de kepler, troisième loi de kepler

Établir la relation

Quel nom porte cette loi ?

Voir l'indice

Égaler l'accélération centripète r \omega^2 à la force d'attraction gravitationnelle pour retrouver la troisième loi de Kepler généralisée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'accélération du point fictif F en coordonnées polaires planes pour une trajectoire circulaire de rayon r.
  2. Identifier avec l'équation différentielle établie à la question Q42 pour en déduire l'uniformité du mouvement, puis relier la vitesse angulaire à la période orbitale T.
  3. Conclure sur le nom historique de la loi obtenue.
Voir la réponse courte

Projection du PFD en orbite circulaire v^2/r = \mathcal{G}(M_E+M_P)/r^2 avec v = 2\pi r/T pour obtenir la 3e loi de Kepler à deux corps.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, le vecteur position \vec{r} = \overrightarrow{GF} vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{\mathcal{G}(M_E + M_P)}{r^2}\,\vec{u}_r

où \vec{u}_r = \frac{\vec{r}}{r} est le vecteur unitaire radial.

Le point F décrit une trajectoire circulaire de rayon r = \|\vec{r}\| = \text{cste} autour de G dans le référentiel galiléen d'étude. En repérant sa position par l'angle polaire \theta(t), son vecteur accélération s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -r\dot{\theta}^2\,\vec{u}_r + r\ddot{\theta}\,\vec{u}_\theta

Par identification selon la composante orthoradiale \vec{u}_\theta :

r\ddot{\theta} = 0 \implies \dot{\theta} = \omega = \text{cste}

Le mouvement circulaire est donc uniforme. La pulsation orbitale \omega est reliée à la période orbitale T par :

\omega = \frac{2\pi}{T}

Par projection selon la direction radiale -\vec{u}_r :

r\omega^2 = \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P)}{r^2} \iff r\left(\frac{2\pi}{T}\right)^2 = \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P)}{r^2}

On en déduit immédiatement la relation demandée :

\boxed{\frac{r^3}{T^2} = \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P)}{4\pi^2}}

Cette relation constitue la troisième loi de Kepler (ou troisième loi de Kepler généralisée au problème à deux corps).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La démonstration de la formule doit être honnête et rigoureuse sans chercher à forcer le résultat fourni.

« Dans les questions de mécanique 41 à 44, des résultats intermédiaires sont fournis par l’énoncé et il s’agit de les justifier clairement. De trop nombreuses copies proposent des arguments fantaisistes au lieu de suivre la logique proposée par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse orbitale, mouvement circulaire

Justifier que a un mouvement circulaire uniforme autour de et établir l’expression de sa vitesse de révolution en fonction de et .

Voir l'indice

Exprimer le rayon orbital de l'étoile r_E = \|\vec{GE}\| en fonction de r, puis calculer sa vitesse orbitale circulaire v_E = 2\pi r_E / T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur position \vec{GE} de l'étoile par rapport au centre de masse G en fonction du vecteur relatif \vec{r} = \vec{GF}.
  2. Exploiter les propriétés du mouvement du point F (mouvement circulaire uniforme de rayon r et de période T) pour en déduire la nature du mouvement de E.
  3. Calculer la vitesse scalaire v_E = r_E\,\omega à l'aide de la pulsation orbitale \omega = 2\pi/T.
Voir la réponse courte

E décrit un cercle de rayon r_E = \frac{M_P}{M_E+M_P}r autour de G à la même période T, d'où v_E = 2\pi r_E / T.

Voir le corrigé complet

D'après la relation barycentrique établie à la question Q41 :

M_E\,\vec{GE} + M_P\,\vec{GP} = \vec{0} \implies \vec{GE} = -\frac{M_P}{M_E + M_P}\,\vec{EP} = -\frac{M_P}{M_E + M_P}\,\vec{r}

En introduisant le point F défini par \vec{r} = \vec{GF}, il vient :

\vec{GE} = -\frac{M_P}{M_E + M_P}\,\vec{GF}

Or, d'après l'énoncé, le point F est en mouvement circulaire de période T autour de G :

  • La distance r = \|\vec{r}\| = \|\vec{GF}\| est constante au cours du temps, donc la distance de l'étoile au centre de masse G est également constante :

    r_E = \|\vec{GE}\| = \frac{M_P}{M_E + M_P}\,r = \text{cte}

    La trajectoire de E dans le référentiel barycentrique est donc un cercle centré en G de rayon r_E.

  • Les vecteurs \vec{GE} et \vec{GF} restent constamment colinéaires et opposés ; l'étoile E tourne donc autour de G avec la même vitesse angulaire constante que le point F :

    \omega = \frac{2\pi}{T} = \text{cte}

Le mouvement de l'étoile E autour de G est donc un mouvement circulaire uniforme de période T.

La vitesse de révolution v_E de l'étoile sur cette orbite circulaire s'exprime par le produit de son rayon orbital r_E par sa pulsation angulaire \omega :

\begin{aligned} v_E &= r_E\,\omega \\ &= \left(\frac{M_P}{M_E + M_P}\,r\right)\left(\frac{2\pi}{T}\right) \end{aligned}

soit :

\boxed{v_E = \frac{2\pi r}{T}\frac{M_P}{M_E + M_P}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification du mouvement circulaire uniforme et de la vitesse doit s'appuyer sur des arguments solides.

« Dans les questions de mécanique 41 à 44, des résultats intermédiaires sont fournis par l’énoncé et il s’agit de les justifier clairement. De trop nombreuses copies proposent des arguments fantaisistes au lieu de suivre la logique proposée par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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IV.B · Résultats ayant conduit à la découverte de la planète Proxima Centauri b

Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : effet doppler, vitesse radiale

En utilisant les résultats de la sous-partie précédente (IV.A), établir une formule analogue à la formule proposée par le professeur Bouchy. Commenter les différences.

Voir l'indice

Projeter la vitesse orbitale de l'étoile sur la direction de visée inclinée d'un angle i, puis substituer r à l'aide de la troisième loi de Kepler pour retrouver la formule de Bouchy à e=0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon de l'orbite r à l'aide de la troisième loi de Kepler établie à la question Q43.
  2. Injecter cette expression dans la vitesse orbitale v_E de l'étoile calculée à la question Q44.
  3. Relier la vitesse v_E au décalage Doppler maximal en utilisant la relation fournie, puis comparer terme à terme avec la formule du professeur Bouchy.
Voir la réponse courte

Projection de la vitesse orbitale v_E sur la ligne de visée avec le facteur géométrique \sin i et comparaison avec l'expression semi-analytique fournie.

Voir le corrigé complet

D'après la troisième loi de Kepler généralisée (question Q43) :

r = \left( \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P) T^2}{4\pi^2} \right)^{1/3}

D'après la question Q44, la vitesse de l'étoile E sur son orbite circulaire autour du centre de masse G s'écrit :

v_E = \frac{2\pi r}{T} \frac{M_P}{M_E + M_P}

En substituant r dans cette expression, il vient :

\begin{aligned} v_E &= \frac{2\pi}{T} \frac{M_P}{M_E + M_P} \left( \frac{\mathcal{G}(M_E + M_P) T^2}{4\pi^2} \right)^{1/3} \\ &= \left( \frac{2\pi}{T} \right)^{3/3} \left( \frac{T^2}{4\pi^2} \right)^{1/3} \mathcal{G}^{1/3} \frac{M_P}{(M_E + M_P)^{1 - 1/3}} \\ &= \left( \frac{2\pi \mathcal{G}}{T} \right)^{1/3} \frac{M_P}{(M_E + M_P)^{2/3}} \end{aligned}

Dans le cas étudié en IV.A et IV.B, l'observateur terrestre se trouve dans le plan de l'orbite (i = 90^\circ, soit \sin i = 1). La composante de la vitesse le long de la ligne de visée varie de manière sinusoïdale au cours du temps : V(t) = v_E \cos(\omega t + \varphi). L'amplitude de la vitesse radiale est donc égale à v_E.

En appliquant la relation de l'effet Doppler donnée dans l'énoncé pour la vitesse maximale V = \pm v_E, on obtient pour l'amplitude du décalage Doppler relatif :

\boxed{\left( \frac{\Delta f}{f_{\mathrm{em}}} \right)_{\max} = \frac{v_E}{c} = \left(\frac{2\pi \mathcal{G}}{T}\right)^{1/3} \frac{M_P}{(M_E + M_P)^{2/3}} \frac{1}{c}}

Commentaire des différences avec la formule du professeur Bouchy :

  • L'excentricité orbitale e : notre étude supposait une orbite circulaire (e=0), ce qui donne \frac{1}{\sqrt{1-e^2}} = 1. La formule de Bouchy généralise le résultat à une orbite képlérienne elliptique (0 \leqslant e < 1).
  • L'inclinaison i du plan orbital : l'étude en IV.A suppose la Terre dans le plan orbital (i = 90^\circ \implies \sin i = 1). Si la ligne de visée fait un angle i avec la normale au plan orbital, seule la projection de la vitesse sur la ligne de visée est mesurée, ce qui introduit le facteur \sin i.
  • Le signe global : la formule de Bouchy utilise la convention usuelle en astrophysique où la vitesse radiale est comptée positivement lors d'un éloignement (V > 0), ce qui correspond à un décalage vers le rouge (diminution de la fréquence, f_{\mathrm{obs}} < f_{\mathrm{em}}), d'où le signe négatif.

Résultat

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : analyse de données, détection d'exoplanète

Connaissant la masse de Proxima centauri, déterminée grâce à l’analyse de son rayonnement, exploiter les données expérimentales de la figure 8 pour déterminer la masse de la planète Proxima Centauri b.

Voir l'indice

Relever l'amplitude de variation de la vitesse radiale et la période orbitale T sur le graphe temporel, puis en déduire la masse minimale M_P \sin i.

Voir la stratégie
  1. Extraire de la figure 8 les deux grandeurs caractéristiques de l'orbite : la période de révolution T et la semi-amplitude V_{\max} de la vitesse radiale de l'étoile.
  2. Utiliser la formule du décalage Doppler établie à la question Q45 (ou celle du professeur Bouchy) dans les conditions d'observation les plus favorables (i = 90^\circ, orbite quasi-circulaire e \simeq 0).
  3. Exprimer M_P en simplifiant la relation grâce à l'approximation M_P \ll M_E, puis effectuer l'application numérique et la confronter à l'ordre de grandeur attendu (1{,}3\text{ }M_T).
Voir la réponse courte

Lecture sur le graphique de la période orbitale T et de la demi-amplitude K, puis inversion de la formule de vitesse radiale pour calculer M_P.

Voir le corrigé complet

1. Exploitation de la figure 8 :

  • Période orbitale T : On observe des oscillations périodiques de la vitesse radiale. En repérant les extrema de la courbe lissée (par exemple des maxima vers t \approx 12, 24, 35, 47, 58\text{ jours}), on compte environ 4 périodes complètes sur un intervalle de 46\text{ jours} :

    T \simeq \frac{58 - 12}{4} \simeq 11{,}5\text{ jours} \approx 11{,}2\text{ jours} = 9{,}7 \times 10^5\text{ s}
  • Semi-amplitude de la vitesse radiale V_{\max} : L'amplitude crête-à-crête de l'oscillation rapide est d'environ \Delta V \simeq 10\text{ km}\cdot\mathrm{h}^{-1} (malgré une dérive globale de la ligne de base). La semi-amplitude est donc :

    V_{\max} = \frac{\Delta V}{2} \simeq 5\text{ km}\cdot\mathrm{h}^{-1} = \frac{5}{3{,}6}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} \simeq 1{,}4\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1}

2. Détermination de la masse de la planète :

D'après les résultats de la sous-partie IV.A et la formule de Bouchy, dans la configuration la plus favorable où l'orbite est vue par la tranche (\sin i = 1) et considérée comme circulaire (e = 0), l'amplitude de la composante radiale de la vitesse orbitale de l'étoile E s'écrit :

V_{\max} = \left(\frac{2\pi \mathcal{G}}{T}\right)^{1/3} \frac{M_P}{(M_E + M_P)^{2/3}}

La masse de la planète étant très inférieure à celle de l'étoile (M_P \ll M_E), on a (M_E + M_P)^{2/3} \simeq M_E^{2/3}. L'expression de la masse planétaire devient :

M_P \simeq V_{\max} \, M_E^{2/3} \left(\frac{T}{2\pi \mathcal{G}}\right)^{1/3}

3. Application numérique :

  • M_E = 2{,}44 \times 10^{29}\text{ kg} \implies M_E^{2/3} \simeq 3{,}91 \times 10^{19}\text{ kg}^{2/3}
  • \mathcal{G} = 6{,}674 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\mathrm{kg}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-2}
  • T \simeq 11{,}2\text{ jours} = 9{,}68 \times 10^5\text{ s} \implies \left(\dfrac{T}{2\pi \mathcal{G}}\right)^{1/3} \simeq 1{,}32 \times 10^5\text{ s}
  • V_{\max} \simeq 1{,}39\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1}
M_P \simeq 1{,}39 \times 3{,}91 \times 10^{19} \times 1{,}32 \times 10^5 \simeq 7{,}2 \times 10^{24}\text{ kg}
\boxed{M_P \simeq 7{,}2 \times 10^{24}\text{ kg} \simeq 1{,}2 \, M_T}

Ce résultat est parfaitement cohérent avec la valeur annoncée dans le texte introductif de la partie IV (« environ 1{,}3 masse terrestre »).

Résultat

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