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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2020

La loi de Wiedemann-Franz

Le sujet en bref

Sujet difficile · Diffusion thermique et diffusion de particules, Circuits électriques et régimes transitoires, Facteur de Boltzmann et physique statistique · 6 incontournables · 6 questions de première année
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Ce sujet aborde une question fondamentale de la physique de la matière condensée : le lien entre les transports thermique et électrique au sein des métaux, résumé par la loi de Wiedemann-Franz et le coefficient de Lorenz. L'épreuve est remarquablement équilibrée et alterne entre modélisation théorique et aspects expérimentaux concrets.

La première partie évalue les compétences métrologiques et les montages volt-ampéremétriques (court-shunt et long-shunt) pour la mesure d'une très faible résistance. La deuxième partie revisite de façon pédagogique les fondements statistiques du modèle de Drude et la correction quantique de Sommerfeld. Enfin, la troisième partie constitue un problème d'école incontournable de diffusion thermique résolu par la méthode de séparation des variables et séries de Fourier, appliquée à la célèbre méthode « flash ». C'est un sujet d'entraînement très complet, formateur et incontournable pour les révisions de MP.

Difficulté
Difficile, d'après le rapport du jury
Temps estimé
≈ 2 h 05 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

16 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (16) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les trois parties sont totalement indépendantes. Une difficulté sur les incertitudes en partie I ou sur le modèle microscopique en partie II ne doit pas empêcher d'aborder la diffusion thermique en partie III (Q15 à Q24).

  • Données en annexe

    Un formulaire mathématique fournissant les intégrales d'orthogonalité nécessaires au calcul des coefficients u_n de Q20 figure à la fin de l'énoncé.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

24 questions
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Partie I : Détermination expérimentale de la conductivité électrique du cuivre

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : calibre, incertitude de mesure

Quel calibre est le mieux adapté pour cette mesure (on justifiera ce choix) ? Quelle incertitude doit-on associer à la valeur affichée ? Commenter.

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Choisir le calibre immédiatement supérieur à la valeur attendue pour maximiser le nombre de chiffres significatifs. Combiner la composante constructeur (\% \text{ lecture} + \text{UR}) pour exprimer la demi-étendue puis l'incertitude-type.

Voir la stratégie
  1. Choisir le calibre permettant la meilleure résolution tout en englobant la valeur mesurée.
  2. Exploiter les spécifications du constructeur (« Précision » de la table 1) pour calculer la demi-étendue de tolérance \Delta R puis l'incertitude-type associée.
  3. Comparer l'incertitude à la mesure et discuter les limites physiques d'une mesure de très faible résistance à deux fils.
Voir la réponse courte

Choix du plus petit calibre supérieur à la valeur mesurée pour maximiser la résolution, puis calcul de l'incertitude type constructeur.

Voir le corrigé complet

Choix du calibre :
Pour mesurer une grandeur avec la plus grande précision possible, il convient d'adopter le calibre le plus petit supérieur à la valeur à mesurer, car c'est lui qui offre la résolution la plus fine. La valeur affichée étant de l'ordre de 0{,}1\ \Omega, le calibre le mieux adapté est le calibre minimal disponible :

\boxed{\text{Calibre } 500\ \Omega}

Ce calibre offre une résolution de 0{,}1\ \Omega (les autres calibres auraient une résolution de 1\ \Omega ou plus, incapable de distinguer les fractions d'ohm).

Incertitude sur la valeur affichée :
D'après la notice (table 1), pour le calibre 500\ \Omega, la tolérance constructeur (erreur maximale) est donnée par :

\Delta R = 0{,}3\% \times L + 3\ \text{UR}

où L = 0{,}1\ \Omega est la valeur lue et \text{UR} = 0{,}1\ \Omega est l'unité du dernier rang (résolution). Ainsi :

\begin{aligned} \Delta R &= \frac{0{,}3}{100} \times 0{,}1 + 3 \times 0{,}1 \\ &= 3\times 10^{-4} + 0{,}30 \simeq 0{,}3\ \Omega \end{aligned}

En modélisant la distribution d'erreur par une loi rectangulaire, l'incertitude-type associée (d'évaluation de type B) vaut :

u(R) = \frac{\Delta R}{\sqrt{3}} = \frac{0{,}3}{\sqrt{3}} \simeq 0{,}17\ \Omega \simeq 0{,}2\ \Omega

On peut donc écrire le résultat sous la forme :

\boxed{R = (0{,}1 \pm 0{,}3)\ \Omega} \quad \text{ou} \quad \boxed{u(R) \simeq 0{,}2\ \Omega}

Commentaires :

  • L'incertitude absolue (\Delta R \simeq 0{,}3\ \Omega) est supérieure à la mesure elle-même (0{,}1\ \Omega) : l'incertitude relative dépasse 300\%, ce qui rend la mesure inexploitable.
  • La résistance attendue d'un fil de cuivre de cette géométrie (L = 10\ \text{m}, diamètre d = 2\ \text{mm}) est de quelques dizaines de milliohms seulement.
  • Un ohmmètre standard effectue une mesure « deux fils » : la résistance mesurée inclut celle des cordons de mesure et des contacts (typiquement 0{,}1 à 0{,}2\ \Omega). Cette méthode n'est donc absolument pas adaptée à la mesure de très faibles résistances.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le choix du calibre doit être rigoureusement argumenté et l'analyse dimensionnelle respectée lors du calcul des incertitudes.

« Si le choix du calibre est très souvent juste, mais pas toujours argumenté, les extraits de notice des instruments étaient sans doute peu familiers pour la plupart des candidats et les notations auraient gagné à être redéfinies. »

« les dimensions devaient évidement être les mêmes que la grandeur mesurée. Ainsi L ne pouvait être ni une longueur ni une inductance pour mesurer une erreur sur une résistance. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : résistance électrique, incertitude systématique

En notant respectivement et les résistances internes de l'ampèremètre et du voltmètre, évaluer pour chacun de ces montages l'erreur systématique où représente la résistance mesurée dans chacun des montages ou . Représenter sur un même graphe les variations de cette erreur relative en fonction de . Justifier que, dans cette expérience, seul l'un des deux montages est pertinent.

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Exprimer la tension et le courant mesurés par les appareils pour chaque schéma en tenant compte de R_A et R_V, puis calculer l'erreur relative pour en déduire le montage préférentiel lorsque R \ll \sqrt{R_A R_V}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer pour chaque montage la relation entre les grandeurs mesurées (U_i, I_i), la résistance inconnue R et les résistances internes (R_A, R_V), pour en déduire R_i = U_i/I_i puis l'erreur systématique \varepsilon_i.
  2. Tracer l'allure des deux courbes \varepsilon_1(R) et \varepsilon_2(R) et déterminer la valeur seuil d'intersection R_0 = \sqrt{R_A R_V}.
  3. Évaluer les ordres de grandeur de R_A, R_V et R d'après les données du sujet pour conclure quant au montage à adopter.
Voir la réponse courte

Comparaison des montages amont et aval : l'erreur relative dépend du rapport de R à R_A et R_V, justifiant le montage aval pour de faibles résistances.

Voir le corrigé complet

1. Montage 1 (montage amont ou longue dérivation)

Dans le montage 1, l'ampèremètre est placé en série avec le résistor à l'intérieur de la dérivation du voltmètre. L'ampèremètre mesure donc le courant circulant effectivement dans le résistor :

I_1 = I_R

En revanche, le voltmètre mesure la tension aux bornes de l'association série de l'ampèremètre et du conducteur ohmique :

U_1 = U_A + U_R = (R_A + R)\,I_1

La résistance apparente mesurée vaut donc :

R_1 = \frac{U_1}{I_1} = R + R_A

L'erreur systématique associée s'écrit :

\boxed{\varepsilon_1 = \frac{|R_1 - R|}{R} = \frac{R_A}{R}}

2. Montage 2 (montage aval ou courte dérivation)

Dans le montage 2, le voltmètre est connecté directement aux bornes du conducteur ohmique :

U_2 = U_R

En revanche, l'ampèremètre mesure l'intensité totale issue du nœud, somme des courants dérivé dans le voltmètre et traversant le résistor :

I_2 = I_R + I_V = \frac{U_2}{R} + \frac{U_2}{R_V} = U_2 \left(\frac{1}{R} + \frac{1}{R_V}\right)

La résistance mesurée est la résistance équivalente de l'association parallèle :

R_2 = \frac{U_2}{I_2} = \frac{R\,R_V}{R + R_V}

L'erreur systématique correspondante est :

\boxed{\varepsilon_2 = \frac{|R_2 - R|}{R} = 1 - \frac{R_V}{R + R_V} = \frac{R}{R + R_V} \underset{R \ll R_V}{\simeq} \frac{R}{R_V}}

3. Représentation graphique

L'erreur \varepsilon_1(R) = R_A / R est une fonction strictement décroissante de R (divergeant en R \to 0), tandis que \varepsilon_2(R) = R / (R + R_V) est strictement croissante (tendant vers 1 à l'infini et équivalente à R/R_V pour R \ll R_V). Les deux courbes se croisent pour \varepsilon_1(R_0) = \varepsilon_2(R_0), soit :

\frac{R_A}{R_0} = \frac{R_0}{R_0 + R_V} \implies R_0^2 - R_A R_0 - R_A R_V = 0 \underset{R_A \ll R_V}{\implies} R_0 \simeq \sqrt{R_A R_V}

4. Choix du montage pertinent

D'après la question 1, la résistance du fil est de l'ordre de R \sim 0{,}1\ \Omega. D'après les tables 2 et 3 :

  • Pour l'ampèremètre sur le calibre 10\text{ A} (utilisé pour quelques ampères) :

    R_A \le \frac{U_{\max}}{I_{\max}} \approx \frac{0{,}70\text{ V}}{10\text{ A}} = 0{,}070\ \Omega
  • Pour le voltmètre : R_V \ge 10\text{ M}\Omega = 10^7\ \Omega.

La résistance de croisement vaut donc :

R_0 \simeq \sqrt{0{,}07 \times 10^7} \approx 800\ \Omega \gg R

Pour R \sim 0{,}1\ \Omega, nous avons :

\begin{aligned} \varepsilon_1 &= \frac{R_A}{R} \sim \frac{0{,}07}{0{,}1} \sim 70\% \\ \varepsilon_2 &\simeq \frac{R}{R_V} \sim \frac{0{,}1}{10^7} \sim 10^{-8} \end{aligned}

Dans le montage 1, la résistance de l'ampèremètre fausserait totalement la mesure, avec une erreur relative inacceptable de plusieurs dizaines de pourcents. Dans le montage 2, le courant de fuite dérivé par le voltmètre est parfaitement négligeable devant le courant mesuré.

\boxed{\text{Seul le montage 2 (montage aval) est pertinent pour mesurer cette faible résistance.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une résistance ne se compare pas dans l'absolu : il faut comparer sa valeur à celle des résistances des appareils de mesure.

« Calculs d’électrocinétique élémentaires sur des montages courte et longue dérivation qui n’auraient pas dû poser de problème. »

« Les justifications « R petit » ou R << 1 n’ont pas de sens, R devant être comparé à une résistance (RA, RV , idéalement √RARV ) »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : résistance électrique, incertitude de mesure

Estimer (avec un chiffre significatif) la résistance électrique du fil. Comparer (de manière chiffrée) la précision de cette seconde méthode de mesure à celle de la question 1. Comment procéder pour améliorer encore la qualité de cette seconde mesure ?

Voir l'indice

Appliquer la loi d'Ohm aux valeurs mesurées en aval et comparer l'incertitude relative obtenue à celle de l'ohmmètre. Penser à une mesure à quatre pointes (méthode de Kelvin) pour s'affranchir des résistances de contact.

Voir la stratégie
  1. Calculer la résistance mesurée par la loi d'Ohm R \simeq \frac{U}{I} et arrondir à un seul chiffre significatif.
  2. Évaluer l'incertitude sur U et sur I à partir des notices pour calculer l'incertitude relative globale \frac{\Delta R}{R}, puis la comparer à celle de l'ohmmètre (question 1).
  3. Proposer des améliorations expérimentales classiques en métrologie des faibles résistances (régression linéaire, élimination des effets thermoélectriques ou méthode quatre fils).
Voir la réponse courte

Calcul de R et comparaison chiffrée des incertitudes ; proposition d'une mesure à quatre fils (montage Kelvin) pour éliminer la résistance des fils de connexion.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de la résistance du fil :

D'après la question 2, le montage adapté est le montage 2 (montage aval). La résistance mesurée s'écrit :

R \simeq \frac{U}{I} = \frac{287{,}5 \times 10^{-3}\text{ V}}{5{,}23\text{ A}} \simeq 5{,}497 \times 10^{-2}\ \Omega

Avec un seul chiffre significatif, on obtient :

\boxed{R \simeq 5 \times 10^{-2}\ \Omega}

2. Comparaison chiffrée des précisions :

Pour l'ampèremètre sur le calibre 10\text{ A dc} (résolution \text{UR} = 10\text{ mA} = 0{,}01\text{ A}) :

\Delta I = 1\% \times 5{,}23\text{ A} + 3 \times 0{,}01\text{ A} = 0{,}0523 + 0{,}03 = 0{,}0823\text{ A} \implies \frac{\Delta I}{I} = \frac{0{,}0823}{5{,}23} \simeq 1{,}6\%

Pour le voltmètre sur le calibre 500\text{ mV dc} (résolution \text{UR} = 0{,}1\text{ mV}) :

\Delta U = 0{,}3\% \times 287{,}5\text{ mV} + 2 \times 0{,}1\text{ mV} = 0{,}8625 + 0{,}2 = 1{,}0625\text{ mV} \implies \frac{\Delta U}{U} = \frac{1{,}0625}{287{,}5} \simeq 0{,}37\%

Par la formule de propagation des incertitudes relatives maximales :

\frac{\Delta R}{R} \simeq \frac{\Delta U}{U} + \frac{\Delta I}{I} \simeq 0{,}37\% + 1{,}6\% \simeq 2\%

soit une incertitude absolue \Delta R \simeq 1\text{ m}\Omega.

À la question 1, la mesure directe à l'ohmmètre donnait R = 0{,}1\ \Omega avec une incertitude \Delta R \simeq 0{,}3\ \Omega, soit une incertitude relative de l'ordre de 300\% (l'incertitude était supérieure à la valeur mesurée). La méthode volt-ampéremétrique permet d'atteindre une précision relative de l'ordre de 2\%, soit un gain d'un facteur supérieur à 100.

3. Amélioration de la mesure :

  • Réaliser plusieurs mesures pour différentes valeurs de l'intensité I, tracer la caractéristique U = f(I) et déterminer R par régression linéaire (ce qui moyenne les erreurs aléatoires et élimine un éventuel décalage d'origine).
  • Inverser le sens du courant continu et moyenner les valeurs obtenues afin d'annuler les forces électromotrices parasites d'origine thermoélectrique (effet Seebeck aux jonctions cuivre-bornes).
  • Adopter un montage à quatre fils (connexions de Kelvin) au niveau des contacts du fil pour s'affranchir complètement de la résistance des contacts et des fils de connexion.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'application numérique est bien faite, mais attention à ne pas confondre erreur systématique de méthode et erreur aléatoire de mesure.

« Application numérique correctement réalisée pour R. Les candidats ont souvent confondu erreur systématique, liée au choix de la méthode, avec erreur aléatoire liée aux instruments de mesure utilisés. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : conductivité électrique, résistance électrique

Déduire de la question précédente une estimation de la conductivité électrique du cuivre.

Voir l'indice

Relier la résistance mesurée R à la conductivité \gamma, à la longueur L et à la section circulaire S = \pi d^2 / 4 du fil.

Voir la réponse courte

Utilisation de la relation géométrique R = \frac{L}{\gamma S} pour calculer numériquement la conductivité électrique \gamma du cuivre.

Voir le corrigé complet

La résistance électrique R d'un conducteur cylindrique de longueur \ell, de section droite uniforme S et de conductivité électrique \gamma s'exprime par la relation de Pouillet :

R = \frac{\ell}{\gamma S}

Le fil étant de section circulaire de diamètre d, on a :

S = \pi \left(\frac{d}{2}\right)^2 = \frac{\pi d^2}{4}

On en déduit l'expression littérale de la conductivité électrique \gamma :

\gamma = \frac{4\ell}{\pi d^2 R}

Pour l'application numérique, afin de ne pas propager prématurément l'arrondi à un chiffre significatif demandé à la question précédente, on utilise la valeur non arrondie R \simeq 5{,}5 \times 10^{-2}\ \Omega obtenue avec U = 287{,}5\text{ mV} et I = 5{,}23\text{ A}.

Avec les valeurs de l'énoncé :

  • \ell = 10{,}0\text{ m},
  • d = 2{,}0\text{ mm} = 2{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}, soit S = \pi \times 10^{-6}\text{ m}^2 \simeq 3{,}14 \times 10^{-6}\text{ m}^2,
  • R \simeq 5{,}5 \times 10^{-2}\ \Omega,

on obtient :

\begin{aligned} \gamma &= \frac{4 \times 10{,}0}{\pi \times (2{,}0 \times 10^{-3})^2 \times 5{,}5 \times 10^{-2}} \\ &= \frac{10}{\pi \times 10^{-6} \times 5{,}5 \times 10^{-2}} \\ &= \frac{10^7}{5{,}5 \times \pi} \simeq \frac{10^7}{17{,}3} \simeq 5{,}8 \times 10^7\ \Omega^{-1}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

Si l'on utilise strictement la valeur arrondie à un chiffre significatif de la question 3 (R \simeq 5 \times 10^{-2}\ \Omega), on trouve \gamma \simeq 6 \times 10^7\ \Omega^{-1}\cdot\text{m}^{-1}.

\boxed{\gamma \simeq 5{,}8 \times 10^7\ \mathrm{S}\cdot\mathrm{m}^{-1} \quad (\text{ou } \gamma \simeq 6 \times 10^7\ \mathrm{S}\cdot\mathrm{m}^{-1})}

Résultat

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Veillez à ne pas confondre la conductivité et la conductance.

« Confusion fréquente entre conductivité et conductance. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Partie II : Relation entre conductivités thermique et électrique dans un métal

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : modèle de drude, vitesse limite, conductivité électrique

En écrivant le principe fondamental de la dynamique à cet électron, déterminer sa vitesse limite dans ce modèle. En déduire l'expression de la conductivité électrique du matériau.

Voir l'indice

Écrire le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe du champ en régime permanent (\mathrm{d}\vec{v}/\mathrm{d}t = \vec{0}) et relier le courant volumique \vec{\jmath} = -n e \vec{v} au champ \vec{E} via la loi d'Ohm locale.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron de conduction soumis à la force électrostatique et au frottement fluide modélisant les collisions, puis en déduire la vitesse limite stationnaire.
  2. Exprimer le vecteur densité volumique de courant électrique macroscopique \vec{j} en régime stationnaire, puis identifier la conductivité électrique \gamma par la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma \vec{E}.
Voir la réponse courte

Principe fondamental de la dynamique avec frottement visqueux donnant \vec{v}_{\lim} = -\frac{e\tau}{m}\vec{E}, d'où la loi d'Ohm locale et \gamma = \frac{n e^2 \tau}{m}.

Voir le corrigé complet

On étudie un électron de conduction de masse m et de charge q = -e, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. L'électron est soumis à :

  • la force de Coulomb : \vec{f}_C = -e\vec{E} ;
  • la force de frottement fluide phénoménologique : \vec{f}_D = -\dfrac{m}{\tau}\vec{v}.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{f}_C + \vec{f}_D = -e\vec{E} - \frac{m}{\tau}\vec{v}

La vitesse limite \vec{v}_{\text{lim}} est atteinte en régime stationnaire lorsque l'accélération s'annule (\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}) :

\begin{aligned} -e\vec{E} - \frac{m}{\tau}\vec{v}_{\text{lim}} &= \vec{0} \end{aligned}

d'où l'expression de la vitesse limite :

\boxed{\vec{v}_{\text{lim}} = -\frac{e\tau}{m}\vec{E}}

Le vecteur densité de courant électrique associé au transport de ces porteurs de charge de densité volumique n s'écrit :

\vec{j} = n q \vec{v}_{\text{lim}} = n(-e)\left(-\frac{e\tau}{m}\vec{E}\right) = \frac{ne^2\tau}{m}\vec{E}

Par identification avec la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma\vec{E}, on en déduit la formule de Drude pour la conductivité électrique :

\boxed{\gamma = \frac{ne^2\tau}{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de cours globalement bien réussie, malgré des négligences sur la notation vectorielle et le signe de la charge de l'électron.

« Question de cours, bien réussie en général. Attention toutefois au respect de la notation vectorielle et au signe de la charge de l’électron. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : modèle de drude, probabilité

Justifier la relation

Voir l'indice

Considérer une partition des électrons sur l'intervalle \mathrm{d}t : la fraction \mathrm{d}t/\theta subit un choc (quantité de mouvement post-collision \vec{p}_{i,0}^+) et la fraction complémentaire (1 - \mathrm{d}t/\theta) est uniquement accélérée par la force de Coulomb.

Voir la stratégie

Pour exprimer la quantité de mouvement \vec{p}_i(t + \mathrm{d}t) de l'électron au premier ordre en \mathrm{d}t, on utilise la loi des probabilités totales en distinguant les deux événements mutuellement exclusifs pouvant survenir durant l'intervalle infinitésimal [t, t+\mathrm{d}t] :

  1. l'électron subit une collision ;
  2. l'électron ne subit aucune collision.
Voir la réponse courte

Probabilité \frac{\mathrm{d}t}{\theta} de subir une collision avec réinitialisation de la quantité de mouvement et probabilité 1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta} de subir l'accélération continue.

Voir le corrigé complet

Considérons l'évolution de la quantité de mouvement du i-ème électron entre les instants t et t+\mathrm{d}t :

  • Cas 1 : l'électron subit une collision. Ce cas se produit avec la probabilité P_1 = \dfrac{\mathrm{d}t}{\theta}.
    Immédiatement après le choc survenu à une date t_c \in [t, t+\mathrm{d}t], la quantité de mouvement vaut \vec{p}_{i,0}^{\,+}. Entre t_c et t+\mathrm{d}t, l'électron n'est soumis qu'à la force de Coulomb \vec{f}_C, d'où :

    \vec{p}_{i,1}(t+\mathrm{d}t) = \vec{p}_{i,0}^{\,+} + \vec{f}_C \, (t+\mathrm{d}t - t_c) = \vec{p}_{i,0}^{\,+} + \mathcal{O}(\mathrm{d}t)
  • Cas 2 : l'électron ne subit aucune collision. Ce cas se produit avec la probabilité complémentaire P_2 = 1 - \dfrac{\mathrm{d}t}{\theta}.
    L'électron n'étant soumis qu'à la force électrique constante \vec{f}_C sur tout l'intervalle [t, t+\mathrm{d}t], le principe fondamental de la dynamique s'écrit \dfrac{\mathrm{d}\vec{p}_i}{\mathrm{d}t} = \vec{f}_C, ce qui donne :

    \vec{p}_{i,2}(t+\mathrm{d}t) = \vec{p}_i(t) + \vec{f}_C \, \mathrm{d}t

En prenant l'espérance de la quantité de mouvement à t+\mathrm{d}t :

\begin{aligned} \vec{p}_i(t+\mathrm{d}t) &= P_1 \, \vec{p}_{i,1}(t+\mathrm{d}t) + P_2 \, \vec{p}_{i,2}(t+\mathrm{d}t) \\ &= \frac{\mathrm{d}t}{\theta} \left(\vec{p}_{i,0}^{\,+} + \mathcal{O}(\mathrm{d}t)\right) + \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right) \left(\vec{p}_i(t) + \vec{f}_C \, \mathrm{d}t\right) \\ &= \frac{\mathrm{d}t}{\theta} \, \vec{p}_{i,0}^{\,+} + \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right) \vec{p}_i(t) + \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right) \vec{f}_C \, \mathrm{d}t + \mathcal{O}(\mathrm{d}t^2) \end{aligned}

Comme le terme \dfrac{\mathrm{d}t}{\theta} \vec{f}_C \, \mathrm{d}t est du second ordre en \mathrm{d}t, on le néglige devant les termes d'ordre 1, ce qui conduit bien à la relation demandée :

\boxed{\vec{p}_i(t + \mathrm{d}t) = \frac{\mathrm{d}t}{\theta} \, \vec{p}_{i,0}^{\,+} + \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right) \vec{p}_i(t) + \vec{f}_C \, \mathrm{d}t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait d'expliciter les probabilités avec ou sans choc ainsi que le gain de quantité de mouvement lors du vol libre.

« Il fallait justifier les probabilités de collision ou non, et le gain en quantité de mouvement en l’absence de collision. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : modèle de drude, temps de relaxation

Déduire de l'équation précédente une relation entre , , et dans la limite . Commenter l'expression obtenue et relier à la durée .

Voir l'indice

Moyonner l'expression précédente sur les N électrons en supposant une redistribution isotrope après les chocs (\langle \vec{p}_{i,0}^+ \rangle = \vec{0}), puis identifier le terme d'amortissement avec celui du modèle macroscopique.

Voir la stratégie
  1. Sommer la relation obtenue à la question Q6 sur l'ensemble des N électrons et diviser par N pour faire apparaître la quantité de mouvement moyenne \vec{p}(t).
  2. Utiliser le caractère isotrope des collisions pour simplifier le terme moyen après collision.
  3. Passer à la limite \mathrm{d}t \to 0 pour obtenir l'équation différentielle, puis identifier avec l'équation du mouvement introduite à la question Q5 pour relier \theta à \tau.
Voir la réponse courte

Écriture du taux de variation par passage à la limite \mathrm{d}t \to 0, montrant l'équivalence entre temps moyen de collision \theta et temps de relaxation \tau.

Voir le corrigé complet

Sommons la relation de la question Q6 sur l'ensemble des N électrons :

\frac{1}{N}\sum_{i=1}^N \vec{p}_i(t + \mathrm{d}t) = \frac{\mathrm{d}t}{\theta} \left(\frac{1}{N}\sum_{i=1}^N \vec{p}_{i,0}^{\,+}\right) + \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right)\left(\frac{1}{N}\sum_{i=1}^N \vec{p}_i(t)\right) + \vec{f}_C\,\mathrm{d}t

Juste après un choc, la direction de la vitesse de l'électron est aléatoire et isotrope : les directions de diffusion étant équiprobables dans toutes les directions de l'espace, la quantité de mouvement moyenne des électrons venant de subir une collision est nulle :

\frac{1}{N}\sum_{i=1}^N \vec{p}_{i,0}^{\,+} = \vec{0}

En utilisant la définition \vec{p}(t) = \frac{1}{N}\sum_{i=1}^N \vec{p}_i(t), l'équation devient :

\vec{p}(t + \mathrm{d}t) = \left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\theta}\right)\vec{p}(t) + \vec{f}_C\,\mathrm{d}t

Soit en réorganisant les termes :

\frac{\vec{p}(t + \mathrm{d}t) - \vec{p}(t)}{\mathrm{d}t} = -\frac{\vec{p}(t)}{\theta} + \vec{f}_C

En prenant la limite \mathrm{d}t \to 0, le membre de gauche tend vers la dérivée temporelle de \vec{p}(t) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\vec{p}(t)}{\mathrm{d}t} = -\frac{\vec{p}(t)}{\theta} + \vec{f}_C}

Commentaire : Cette équation traduit l'évolution macroscopique de la quantité de mouvement moyenne des porteurs de charge. Elle fait intervenir :

  • le terme moteur \vec{f}_C, force électrostatique due au champ extérieur \vec{E} ;
  • un terme de rappel -\frac{\vec{p}(t)}{\theta}, qui tend à dissiper la quantité de mouvement d'ensemble avec un temps caractéristique \theta, traduisant la thermalisation de la vitesse lors des collisions aléatoires sur le réseau cristallin.

Lien entre \theta et \tau : À la question Q5, le principe fondamental de la dynamique appliqué à la vitesse moyenne s'écrivait macroscopiquement :

m\,\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{f}_C - \frac{m}{\tau}\vec{v} \iff \frac{\mathrm{d}\vec{p}}{\mathrm{d}t} = \vec{f}_C - \frac{\vec{p}}{\tau}

Par identification directe entre les deux équations différentielles, on en déduit :

\boxed{\theta = \tau}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à expliciter le passage à la moyenne d'ensemble sur tous les électrons.

« la moyenne sur tous les électrons n’est pas toujours explicite. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps moyen de collision, loi exponentielle

Par une approche semblable à celle de la question 6, établir l'équation différentielle vérifiée par pour . Intégrer cette équation pour obtenir l'expression de en fonction de , puis calculer la moyenne temporelle de la durée entre deux collisions subies par un électron. En déduire une interprétation physique de la durée .

Voir l'indice

Remarquer que la probabilité de ne pas subir de choc entre t et t+\mathrm{d}t est le produit des probabilités indépendantes \Pi(t) et (1 - \mathrm{d}t/\tau). Intégrer la loi de survie pour calculer \langle t \rangle = \int_0^\infty t \left(-\frac{\mathrm{d}\Pi}{\mathrm{d}t}\right) \mathrm{d}t.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \Pi(t+\mathrm{d}t) comme la probabilité que l'électron n'ait subi aucune collision sur [0, t] et ne subisse aucune collision pendant l'intervalle [t, t+\mathrm{d}t].
  2. Écrire l'équation différentielle au premier ordre en \mathrm{d}t, puis l'intégrer en utilisant la condition initiale \Pi(0) = 1.
  3. Déterminer la densité de probabilité de la durée avant la prochaine collision pour en calculer l'espérance mathématique, et identifier la signification physique de \tau.
Voir la réponse courte

Équation \frac{\mathrm{d}\Pi}{\mathrm{d}t} = -\frac{\Pi}{\tau} conduisant à \Pi(t) = \exp(-t/\tau), puis calcul de la durée moyenne \langle t \rangle = \tau.

Voir le corrigé complet

Pour qu'un électron ne subisse aucune collision entre l'instant 0 et l'instant t + \mathrm{d}t, il faut et il suffit qu'il ne subisse aucune collision entre 0 et t (de probabilité \Pi(t)) et qu'il ne subisse pas de collision entre t et t+\mathrm{d}t.

D'après l'énoncé, la probabilité d'avoir une collision pendant l'intervalle \mathrm{d}t est \frac{\mathrm{d}t}{\theta} = \frac{\mathrm{d}t}{\tau} (puisque \theta = \tau d'après la question Q7). La probabilité de ne pas en subir est donc 1 - \frac{\mathrm{d}t}{\tau}.

L'absence de mémoire du processus de collision permet d'écrire :

\Pi(t + \mathrm{d}t) = \Pi(t)\left(1 - \frac{\mathrm{d}t}{\tau}\right)

En développant et en faisant tendre \mathrm{d}t vers 0, on obtient l'équation différentielle :

\frac{\Pi(t + \mathrm{d}t) - \Pi(t)}{\mathrm{d}t} = -\frac{1}{\tau} \Pi(t)
\boxed{\frac{\mathrm{d}\Pi(t)}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}\Pi(t) = 0}

À l'instant t=0, aucune collision n'a eu lieu sur l'intervalle [0, 0], donc \Pi(0) = 1. L'intégration de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants donne :

\boxed{\Pi(t) = \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)}

Notons T_c la variable aléatoire représentant la durée écoulée jusqu'à la première collision après t=0. La probabilité que cette collision survienne entre t et t + \mathrm{d}t est égale à la probabilité de n'avoir aucune collision sur [0, t] multipliée par la probabilité de subir une collision sur [t, t+\mathrm{d}t] :

\mathrm{d}P(t \le T_c \le t+\mathrm{d}t) = \Pi(t)\,\frac{\mathrm{d}t}{\tau} = \frac{1}{\tau}\exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)\mathrm{d}t

La densité de probabilité associée est donc p(t) = \frac{1}{\tau}\exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) pour t \ge 0.

La moyenne temporelle \langle \tau_c \rangle de la durée entre deux collisions successives est l'espérance de cette variable aléatoire :

\langle \tau_c \rangle = \int_0^{+\infty} t \, p(t) \, \mathrm{d}t = \int_0^{+\infty} \frac{t}{\tau}\exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)\mathrm{d}t

Une intégration par parties donne :

\begin{aligned} \langle \tau_c \rangle &= \left[ -t \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) \right]_0^{+\infty} + \int_0^{+\infty} \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)\mathrm{d}t \\ &= 0 + \left[ -\tau \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) \right]_0^{+\infty} = \tau \end{aligned}
\boxed{\langle \tau_c \rangle = \tau}

La constante \tau s'interprète donc physiquement comme le temps de vol libre moyen (ou durée moyenne entre deux collisions successives) des électrons de conduction au sein du métal.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie en raison d'une mauvaise compréhension de l'analogie et de la nature non normée de la probabilité.

« Question peu réussie, l’indication « approche semblable » ayant été mal comprise. »

« Le caractère non normé de la probabilité Π a pu perturber certains candidats, qui doivent réfléchir au sens de leurs calculs. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : flux thermique, théorie cinétique

À l'aide d'un bilan sur une section droite de métal située à l'abscisse , montrer que le flux thermique par unité de surface s'écrit :

Voir l'indice

Effectuer le bilan du flux d'énergie traversant une section droite en x en comptabilisant les électrons venant de gauche (qui ont subi leur dernier choc en x - v\tau) et ceux venant de droite (dernier choc en x + v\tau).

Voir la stratégie
  1. Choisir une section droite d'aire S située à l'abscisse x, orientée selon +\hat{u}_x, et considérer un intervalle de temps \mathrm{d}t.
  2. Dénombrer les électrons traversant cette section par la gauche et par la droite pendant \mathrm{d}t.
  3. Attribuer à chaque groupe d'électrons l'énergie cinétique moyenne correspondant à l'abscisse de leur dernière collision thermique (distante en moyenne de v\tau), puis en déduire l'énergie thermique nette transférée par unité de surface et de temps.
Voir la réponse courte

Bilan cinétique unidimensionnel de transport d'énergie thermique à travers une section droite par les électrons se déplaçant vers les x croissants et décroissants.

Voir le corrigé complet

Considérons une section plane d'aire S, perpendiculaire à l'axe Ox et située à l'abscisse x.

D'après le modèle unidimensionnel proposé :

  • La densité volumique d'électrons se déplaçant vers les x croissants avec la vitesse v est \frac{1}{2}n ;
  • La densité volumique d'électrons se déplaçant vers les x décroissants avec la vitesse v est également \frac{1}{2}n.

Pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t :

  • Les électrons se dirigeant vers la droite qui traversent la section S sont ceux contenus dans le cylindre de volume S v\,\mathrm{d}t situé immédiatement à gauche de x. Leur nombre est :

    \mathrm{d}N_+ = \frac{1}{2} n S v\,\mathrm{d}t

    Ces électrons ont subi leur dernier choc thermalisateur en moyenne une durée \tau auparavant, c'est-à-dire à l'abscisse x - v\tau. Ils transportent donc chacun une énergie cinétique moyenne \mathcal{E}(T(x - v\tau)) dans le sens de +\hat{u}_x. L'énergie apportée à travers S vers la droite est :

    \mathrm{d}E_+ = \mathrm{d}N_+ \mathcal{E}(T(x - v\tau)) = \frac{1}{2} n S v\,\mathrm{d}t \, \mathcal{E}(T(x - v\tau))
  • De même, les électrons se déplaçant vers la gauche qui traversent S pendant \mathrm{d}t proviennent du cylindre de volume S v\,\mathrm{d}t situé à droite de x. Leur nombre est :

    \mathrm{d}N_- = \frac{1}{2} n S v\,\mathrm{d}t

    Leur dernière collision a eu lieu en moyenne à l'abscisse x + v\tau. L'énergie transportée à travers S dans le sens de -\hat{u}_x est :

    \mathrm{d}E_- = \mathrm{d}N_- \mathcal{E}(T(x + v\tau)) = \frac{1}{2} n S v\,\mathrm{d}t \, \mathcal{E}(T(x + v\tau))

L'énergie thermique nette transférée algébriquement à travers la section S dans le sens de +\hat{u}_x pendant la durée \mathrm{d}t s'écrit :

\delta Q = \mathrm{d}E_+ - \mathrm{d}E_- = \frac{1}{2} n S v\,\mathrm{d}t \left[ \mathcal{E}(T(x - v\tau)) - \mathcal{E}(T(x + v\tau)) \right]

Le flux thermique par unité de surface j_q = \frac{\delta Q}{S\,\mathrm{d}t} s'en déduit immédiatement :

\boxed{j_q = \frac{1}{2}nv\left[\mathcal{E}(T(x-v\tau)) - \mathcal{E}(T(x+v\tau))\right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait évaluer le flux à travers une section unique et non faire un bilan entre deux sections, tout en définissant chaque paramètre.

« Pour cette question, qui demandait d’établir une relation donnée, de nombreuses démonstrations « tirées par les cheveux », et dès lors évidement très mal justifiées, ont été proposées. »

« Beaucoup sont basées sur un bilan entre deux sections quand il s’agit ici d’évaluer un flux au travers d’une section unique, les paramètres n, v […] sont introduits sans justification. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : loi de fourier, conductivité thermique

En précisant les différentes hypothèses de votre calcul, exprimer en fonction de , , , et de la chaleur spécifique d'un électron . En retrouvant la loi de Fourier dans cette relation, déduire l'expression de la conductivité thermique du gaz d'électrons.

Voir l'indice

Effectuer un développement de Taylor au premier ordre de l'énergie en supposant le libre parcours moyen \ell = v\tau petit devant les échelles spatiales macroscopiques, puis identifier avec la loi de Fourier j_q = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}.

Voir la stratégie
  1. Énoncer l'hypothèse de milieu faiblement inhomogène permettant d'effectuer un développement de Taylor de l'énergie thermique moyenne à l'échelle du libre parcours moyen \ell = v\tau.
  2. Exprimer \mathcal{E}(T(x \pm v\tau)) au premier ordre en v\tau puis en déduire le flux thermique j_q.
  3. Comparer l'expression obtenue à la loi phénoménologique de Fourier unidimensionnelle pour identifier la conductivité thermique \lambda.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au premier ordre de l'énergie en fonction de x, identification avec la loi de Fourier j_q = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} et obtention de \lambda = n v^2 \tau C_V.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèses du calcul :

  • Équilibre local et milieu faiblement inhomogène : le libre parcours moyen \ell = v\tau entre deux collisions est très petit devant l'échelle caractéristique de variation de la température L_T = \left| \frac{T}{\mathrm{d}T/\mathrm{d}x} \right| (\ell \ll L_T, soit v\tau \left|\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\right| \ll T). On peut ainsi tronquer le développement limité de la température et de l'énergie au premier ordre en v\tau.
  • Dépendance thermique exclusive de l'énergie cinétique moyenne : l'énergie moyenne ne dépend de la position x que par l'intermédiaire de la température T(x), ce qui permet d'utiliser la règle de dérivation en chaîne :

    \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}x} = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}T}\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}

2. Expression du flux thermique j_q : En effectuant un développement de Taylor à l'ordre 1 en \pm v\tau au voisinage de x :

\begin{aligned} \mathcal{E}(T(x - v\tau)) &\simeq \mathcal{E}(T(x)) - v\tau \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}x} = \mathcal{E}(T(x)) - v\tau C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} \\ \mathcal{E}(T(x + v\tau)) &\simeq \mathcal{E}(T(x)) + v\tau \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}x} = \mathcal{E}(T(x)) + v\tau C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} \end{aligned}

En soustrayant ces deux expressions :

\mathcal{E}(T(x - v\tau)) - \mathcal{E}(T(x + v\tau)) \simeq - 2 v\tau C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}

En injectant ce résultat dans l'expression établie à la question Q9 :

j_q = \frac{1}{2} n v \left( - 2 v\tau C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} \right)
\boxed{j_q = - n v^2 \tau C_V \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}}

3. Identification de la conductivité thermique \lambda : D'après la loi phénoménologique de Fourier en géométrie unidimensionnelle :

\vec{j}_q = -\lambda \vec{\nabla} T = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\widehat{u}_x \implies j_q = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}

Par identification directe, on déduit l'expression de la conductivité thermique :

\boxed{\lambda = n v^2 \tau C_V}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification d'un développement limité requiert une grandeur sans dimension, et le signe positif de la conductivité doit être vérifié.

« La validité du développement limité n’est pas toujours correctement justifiée (rappelons que, s’agissant d’une grandeur dimensionnée, vτ << 1 n’a pas de sens) mais les candidats trouvent en majorité la bonne expression de λ. »

« Néanmoins trop de candidats trouvent une conductivité thermique négative sans que cela ne les gène. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : théorème d'équipartition, conductivité thermique

Dans le cadre du modèle du gaz parfait classique monodimensionnel exprimer finalement en fonction de , , , et de la masse de l'électron.

Voir l'indice

Utiliser le théorème d'équipartition de l'énergie pour un degré de liberté translationnel (\mathcal{E} = \frac{1}{2} k_B T, soit C_V = \frac{1}{2}k_B et v^2 = k_B T / m).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la conductivité thermique \lambda obtenue à la question Q10 en fonction de n, v, \tau et C_V.
  2. Exprimer l'énergie cinétique moyenne \mathcal{E}(T) et le carré de la vitesse quadratique moyenne v^2 à l'aide du théorème de l'équipartition de l'énergie pour un mouvement monodimensionnel.
  3. Calculer la capacité thermique C_V = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}T} et combiner les expressions pour aboutir à \lambda.
Voir la réponse courte

Utilisation du théorème d'équipartition \frac{1}{2}mv^2 = \frac{1}{2}k_B T et de C_V = \frac{1}{2}k_B pour exprimer \lambda en fonction de T, n, \tau et m.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, la conductivité thermique du gaz d'électrons s'écrit :

\lambda = n v^2 \tau C_V

Dans le cadre du modèle classique monodimensionnel, chaque électron possède un seul degré de liberté de translation selon l'axe Ox. D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, l'énergie cinétique moyenne d'un électron à la température T vaut :

\mathcal{E}(T) = \frac{1}{2} m v^2 = \frac{1}{2} k_B T

On en déduit l'expression du carré de la vitesse quadratique moyenne :

v^2 = \frac{k_B T}{m}

La chaleur spécifique (ou capacité thermique) associée à un électron est alors :

C_V = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}T} = \frac{1}{2} k_B

En injectant ces deux résultats dans l'expression de \lambda, on obtient :

\begin{aligned} \lambda &= n \left(\frac{k_B T}{m}\right) \tau \left(\frac{1}{2} k_B\right) \\ &= \frac{n k_B^2 T \tau}{2 m} \end{aligned}
\boxed{\lambda = \frac{n k_B^2 T \tau}{2 m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez bien en compte le caractère monodimensionnel du gaz dans l'expression demandée.

« Le caractère monodimensionnel du gaz est souvent mal pris en compte. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de wiedemann-franz, modèle de drude

Exprimer le rapport en fonction de et dans le modèle classique monodimensionnel étudié jusqu'à présent. Comment se généralise cette relation dans le cas tridimensionnel ? On justifiera sa réponse. Cette relation donne le coefficient de Lorenz dans le modèle classique de Drude.

Voir l'indice

Former le quotient \lambda / (\gamma T) à partir des expressions 1D. En 3D, le facteur d'espace 1/2 est remplacé par 1/6 par direction et sens, tandis que la capacité thermique par particule devient \frac{3}{2} k_B.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport \dfrac{\lambda}{\gamma T} dans le modèle 1D à partir des résultats des questions Q5 et Q11.
  2. Justifier le passage au cas tridimensionnel :

    • prise en compte de l'isotropie de la vitesse spatiale conduisant au facteur géométrique 1/3 dans la conductivité thermique (\lambda = \frac{1}{3} n v^2 \tau C_V) ;
    • utilisation du théorème d'équipartition de l'énergie à 3 degrés de liberté pour évaluer C_V et v^2.
  3. En déduire le coefficient de Lorenz classique \kappa_{\text{Drude}}.
Voir la réponse courte

Évaluation du rapport \frac{\lambda}{\gamma T} = \frac{k_B^2}{2e^2} en 1D, puis généralisation tridimensionnelle par équipartition à 3 degrés de liberté.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, la conductivité électrique s'écrit :

\gamma = \frac{n e^2 \tau}{m}

D'après la question Q11, la conductivité thermique dans le modèle classique monodimensionnel vaut :

\lambda_{\text{1D}} = \frac{n k_B^2 T \tau}{2m}

On en déduit le rapport :

\frac{\lambda_{\text{1D}}}{\gamma T} = \frac{\dfrac{n k_B^2 T \tau}{2m}}{\dfrac{n e^2 \tau}{m} T} = \frac{1}{2} \left(\frac{k_B}{e}\right)^2
\boxed{\left(\frac{\lambda}{\gamma T}\right)_{\text{1D}} = \frac{1}{2} \left(\frac{k_B}{e}\right)^2}

Généralisation au cas tridimensionnel :

  • Conductivité électrique : L'application d'un champ électrique selon Ox induit un déplacement d'ensemble uniquement selon cet axe. L'expression de la vitesse limite moyenne et du vecteur densité de courant reste inchangée : \gamma = \dfrac{n e^2 \tau}{m}.
  • Conductivité thermique : En trois dimensions, la distribution des vitesses est isotrope, de sorte que la vitesse quadratique moyenne v vérifie :

    \langle v_x^2 \rangle = \langle v_y^2 \rangle = \langle v_z^2 \rangle = \frac{1}{3} v^2

    Le transport d'énergie thermique le long de l'axe Ox fait intervenir la composante v_x, ce qui introduit un facteur 1/3 dans la conductivité thermique par rapport au modèle unidimensionnel où toutes les particules se déplaçaient le long de Ox :

    \lambda_{\text{3D}} = \frac{1}{3} n v^2 \tau C_V
  • Énergie et capacité thermique en 3D : Pour un gaz parfait classique à 3 dimensions, chaque particule possède 3 degrés de liberté de translation, d'où d'après le théorème d'équipartition :

    \mathcal{E} = \frac{1}{2} m v^2 = \frac{3}{2} k_B T \implies v^2 = \frac{3 k_B T}{m} \quad\text{et}\quad C_V = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\mathrm{d}T} = \frac{3}{2} k_B

On en déduit la conductivité thermique tridimensionnelle classique :

\lambda_{\text{3D}} = \frac{1}{3} n \left(\frac{3 k_B T}{m}\right) \tau \left(\frac{3}{2} k_B\right) = \frac{3}{2} \frac{n k_B^2 T \tau}{m}

Le rapport \dfrac{\lambda}{\gamma T} dans le modèle de Drude tridimensionnel s'écrit alors :

\kappa_{\text{Drude}} = \frac{\lambda_{\text{3D}}}{\gamma T} = \frac{\dfrac{3}{2} \dfrac{n k_B^2 T \tau}{m}}{\dfrac{n e^2 \tau}{m} T} = \frac{3}{2} \left(\frac{k_B}{e}\right)^2
\boxed{\kappa_{\text{Drude}} = \frac{3}{2}\left(\frac{k_B}{e}\right)^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le passage au modèle tridimensionnel implique l'introduction d'un facteur 3 et non 9.

« Le passage de monodimensionnel à tridimensionnel n’est que partiellement pris en compte par beaucoup de candidats, qui introduisent ainsi un facteur 9 quand un facteur 3 est attendu. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : loi de wiedemann-franz, modèle de sommerfeld

Exprimer le coefficient de Lorenz en fonction de et dans le modèle quantique proposé par Sommerfeld. Cette relation constitue la loi de Wiedemann-Franz dans le modèle de Drude-Sommerfeld.

Voir l'indice

Remplacer dans l'expression de \lambda en 3D la vitesse par v_F et C_V par l'expression quantique fournie, puis simplifier le rapport \kappa = \lambda / (\gamma T).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conductivité thermique tridimensionnelle \lambda en utilisant l'expression issue de la question Q12 appliquée à la vitesse de Fermi v_F, ainsi que la capacité thermique quantique C_V donnée par le modèle de Sommerfeld.
  2. Simplifier l'expression de \lambda grâce à la relation entre l'énergie de Fermi \epsilon_F et la vitesse de Fermi v_F.
  3. Calculer le rapport \kappa = \frac{\lambda}{\gamma T} en utilisant l'expression de la conductivité électrique \gamma obtenue à la question Q5.
Voir la réponse courte

Remplacement de la capacité thermique et de la vitesse par leurs valeurs quantiques au niveau de Fermi pour obtenir la constante de Lorenz théorique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q12, la conductivité thermique tridimensionnelle s'écrit :

\lambda = \frac{1}{3} n v^2 \tau C_V

Dans le modèle quantique de Sommerfeld, la vitesse des électrons transporteurs d'énergie est la vitesse de Fermi, soit v = v_F. L'énergie de Fermi est reliée à cette vitesse par :

\epsilon_F = \frac{1}{2} m v_F^2 \iff v_F^2 = \frac{2\epsilon_F}{m}

En injectant l'expression de la capacité thermique d'un électron fournie par l'énoncé, C_V = \frac{\pi^2}{2} \left(\frac{k_B T}{\epsilon_F}\right) k_B, la conductivité thermique devient :

\begin{aligned} \lambda &= \frac{1}{3} n \left(\frac{2\epsilon_F}{m}\right) \tau \left[ \frac{\pi^2}{2}\left(\frac{k_B T}{\epsilon_F}\right) k_B \right] \\ &= \frac{\pi^2}{3} \frac{n \tau}{m} k_B^2 T \end{aligned}

D'après la question Q5, la conductivité électrique s'écrit :

\gamma = \frac{n e^2 \tau}{m}

Le coefficient de Lorenz \kappa est défini par le rapport \frac{\lambda}{\gamma T} :

\kappa = \frac{\lambda}{\gamma T} = \frac{\frac{\pi^2}{3} \frac{n \tau}{m} k_B^2 T}{\left(\frac{n e^2 \tau}{m}\right) T}

Les grandeurs microscopiques propres au matériau (n, \tau et m) se simplifient rigoureusement :

\boxed{\kappa = \frac{\pi^2}{3} \left(\frac{k_B}{e}\right)^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Conformément à l'énoncé, le modèle quantique devait être développé pour un gaz tridimensionnel.

« Le modèle quantique aurait dû, conformément au texte, être basé sur un gaz tridimensionnel, ce qui n’a pratiquement jamais été vu. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de wiedemann-franz, gaz de fermi

Comparer les valeurs du coefficient de Lorenz dans les cas classique et quantique. Pour les métaux conducteurs l'énergie de Fermi des électrons est de l'ordre de l'électron-volt et on rappelle qu'à température ambiante . Que peut-on dire du modèle classique ?

Voir l'indice

Calculer le rapport numérique \kappa_{\text{quant}} / \kappa_{\text{class}} = 2\pi^2 / 9 \approx 2{,}2. Remarquer la surprenante compensation dans le modèle classique entre une capacité thermique surestimée et une vitesse thermique sous-estimée.

Voir la stratégie
  1. Calculer le rapport et les ordres de grandeur des coefficients de Lorenz obtenus dans les approches classique tridimensionnelle (question Q12) et quantique (question Q13).
  2. Comparer l'énergie thermique k_B T à l'énergie de Fermi \epsilon_F pour caractériser l'état statistique du gaz d'électrons.
  3. Analyser pourquoi le modèle classique donne un résultat numériquement proche du modèle quantique malgré des hypothèses physiques inadaptées (phénomène de compensation d'erreurs).
Voir la réponse courte

Comparaison des coefficients de Lorenz : le modèle classique donne un résultat proche par compensation d'erreurs majeures sur la vitesse et la capacité thermique.

Voir le corrigé complet

1. Comparaison des valeurs du coefficient de Lorenz

D'après les questions Q12 et Q13, les coefficients de Lorenz classique tridimensionnel et quantique s'écrivent respectivement :

\kappa_{\text{class}} = \frac{3}{2}\left(\frac{k_B}{e}\right)^2 \quad \text{et} \quad \kappa_{\text{quant}} = \frac{\pi^2}{3}\left(\frac{k_B}{e}\right)^2

Leur rapport vaut :

\frac{\kappa_{\text{quant}}}{\kappa_{\text{class}}} = \frac{2\pi^2}{9} \simeq \frac{2 \times 9{,}87}{9} \simeq 2{,}2

Avec les données de l'énoncé (k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\ \mathrm{J\cdot K^{-1}} et e = 1{,}6 \times 10^{-19}\ \mathrm{C}) :

\begin{aligned} \left(\frac{k_B}{e}\right)^2 &= \left(\frac{1{,}4 \times 10^{-23}}{1{,}6 \times 10^{-19}}\right)^2 \simeq (0{,}875 \times 10^{-4})^2 \simeq 7{,}7 \times 10^{-9}\ \mathrm{V^2\cdot K^{-2}} \\ \kappa_{\text{class}} &= \frac{3}{2} \times 7{,}66 \times 10^{-9} \simeq 1{,}1 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}} \\ \kappa_{\text{quant}} &= \frac{\pi^2}{3} \times 7{,}66 \times 10^{-9} \simeq 2{,}5 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}} \end{aligned}

Les deux coefficients sont remarquablement du même ordre de grandeur (10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}}), ne différant que d'un facteur d'environ 2.

2. Discussion critique du modèle classique

À température ambiente (T \simeq 300\ \mathrm{K}), on a :

k_B T \simeq \frac{1}{40}\ \mathrm{eV} = 0{,}025\ \mathrm{eV} \ll \epsilon_F \sim 1\text{ à }7\ \mathrm{eV}

Ce critère (k_B T \ll \epsilon_F, ou de façon équivalente T \ll T_F, où T_F \sim 10^4\text{ à }10^5\ \mathrm{K} est la température de Fermi) montre que le gaz d'électrons dans un métal est fortement dégénéré. Les électrons sont des fermions obéissant au principe d'exclusion de Pauli et à la statistique de Fermi-Dirac, ce qui rend la statistique classique de Maxwell-Boltzmann totalement caduque.

Si le modèle classique de Drude conduit à un coefficient de Lorenz du bon ordre de grandeur, il s'agit d'une compensation fortuite de deux erreurs majeures :

  • Surestimation de la capacité thermique : le modèle classique attribue à chaque électron libre une capacité thermique issue de l'équipartition (C_V \sim k_B), alors que le principe d'exclusion n'autorise que les électrons proches du niveau de Fermi (une fraction de l'ordre de k_B T / \epsilon_F \sim 10^{-2}) à être excités thermiquement. Le modèle classique surestime ainsi C_V d'un facteur de l'ordre de 40 à 100.
  • Sous-estimation de la vitesse des porteurs : le modèle classique utilise une vitesse thermique v^2 \sim k_B T / m (v \sim 10^5\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}), alors que les électrons transportant l'énergie thermique se déplacent à la vitesse de Fermi v_F^2 \sim \epsilon_F / m (v_F \sim 10^6\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}). Le terme v^2 est donc sous-estimé d'un facteur \epsilon_F / (k_B T) \sim 40 à 100.

Comme la conductivité thermique fait intervenir le produit v^2 C_V, ces deux facteurs d'erreur d'environ deux ordres de grandeur se compensent exactement :

v_{\text{class}}^2 C_{V,\text{class}} \propto \left(\frac{k_B T}{m}\right) k_B \sim \left(\frac{\epsilon_F}{m}\right) \left(\frac{k_B T}{\epsilon_F} k_B\right) \propto v_F^2 C_{V,\text{quant}}
\boxed{\text{Le modèle classique est physiquement inadapté ; son succès prédictif repose sur une compensation d'erreurs.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait une réfutation argumentée du modèle classique, dont le bon résultat n'est qu'une coïncidence.

« Nous attendions une réfutation claire et argumentée du modèle classique, qui donne par hasard un résultat satisfaisant. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Partie III : Détermination expérimentale de la conductivité thermique du cuivre

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, capacité thermique massique

Proposer une expérience permettant de déterminer la masse volumique du cuivre, puis une autre permettant de déterminer sa capacité thermique massique .

Voir l'indice

Pour \rho, penser à une pesée couplée à une mesure de volume par déplacement d'eau (éprouvette graduée). Pour c, utiliser un calorimètre à eau classique par la méthode des mélanges.

Voir la stratégie
  1. Pour la masse volumique \rho = \frac{m}{V}, combiner la pesée d'un échantillon à une mesure précise de son volume (par géométrie ou déplacement de fluide).
  2. Pour la capacité thermique massique c, mettre en œuvre une méthode calorimétrique classique (méthode des mélanges) en exploitant le premier principe de la thermodynamique pour un système isolé.
Voir la réponse courte

Mesure de masse volumique par pesée et déplacement de volume, et de capacité thermique massique par calorimétrie à méthode des mélanges.

Voir le corrigé complet

1. Détermination expérimentale de la masse volumique \rho :

  • Principe et matériel : On mesure la masse m d'un échantillon de cuivre à l'aide d'une balance de précision. Son volume V peut être déterminé selon deux méthodes :

    • Méthode géométrique : si l'échantillon présente une géométrie simple (le fil cylindrique de la partie I ou la plaque de la partie III), on mesure ses dimensions à l'aide d'un pied à coulisse ou d'un micromètre (palmer) pour calculer V (par exemple V = \pi \frac{d^2}{4}\ell pour un fil de diamètre d et de longueur \ell).
    • Méthode par déplacement de liquide : on introduit l'échantillon dans une éprouvette graduée contenant un volume initial d'eau V_0 ; le nouveau volume lu V_1 donne V = V_1 - V_0.
  • Expression : La masse volumique s'en déduit par :

    \boxed{\rho = \frac{m}{V}}

2. Détermination expérimentale de la capacité thermique massique c :

  • Principe (méthode des mélanges) : On utilise un calorimètre adiabatique de capacité thermique C_{\text{cal}} (préalablement étalonné), contenant une masse d'eau m_e de capacité thermique massique connue c_e.
  • Protocole :

    1. On mesure la température initiale T_0 de l'eau et du calorimètre à l'aide d'un thermomètre.
    2. Un bloc de cuivre de masse m_{\text{Cu}} est chauffé à une température connue T_1 > T_0 (par exemple en le plongeant dans de l'eau bouillante à T_1 = 100^\circ\mathrm{C} pendant une durée suffisante pour que l'équilibre thermique soit atteint).
    3. Le bloc de cuivre est transféré rapidement dans le calorimètre afin de minimiser les pertes thermiques lors du transfert.
    4. Sous agitation, on relève la température finale d'équilibre thermique T_f.
  • Exploitation : En modélisant le calorimètre et son contenu comme un système fermé thermiquement isolé, le premier principe de la thermodynamique impose une variation d'enthalpie globale nulle (\Delta H = Q = 0) :

    (m_e c_e + C_{\text{cal}})(T_f - T_0) + m_{\text{Cu}} c (T_f - T_1) = 0

    On en déduit l'expression de la capacité thermique massique du cuivre :

    \boxed{c = \frac{(m_e c_e + C_{\text{cal}})(T_f - T_0)}{m_{\text{Cu}}(T_1 - T_f)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposez des protocoles réalistes à l'échelle d'un laboratoire et ne confondez pas thermostat et enceinte adiabatique.

« Le jury n’a retenu que les solutions raisonnables dans le cadre d’un laboratoire standard, pas celles mettant en jeu du cuivre liquide, ni celles amenant à manipuler un cube de 1m3 de cuivre par exemple. »

« Les protocoles et le vocabulaire de la calorimétrie sont peu maîtrisés, ainsi certains candidats confondent thermostat et enceinte adiabatique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de la diffusion, diffusivité thermique

Établir l'équation différentielle vérifiée par dans laquelle on fera apparaître le coefficient de diffusion thermique que l'on exprimera en fonction des paramètres du problème.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe de la thermodynamique à une tranche de plaque entre x et x+\mathrm{d}x couplé à la loi de Fourier, en posant D = \lambda / (\rho c).

Voir la stratégie
  1. Isoler une tranche élémentaire de la plaque de cuivre comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section S orthogonale à l'axe Ox.
  2. Effectuer un bilan d'énergie interne sur cette tranche entre les instants t et t + \mathrm{d}t en l'absence de terme source et de pertes latérales.
  3. Utiliser la loi de Fourier pour relier le vecteur densité de flux thermique au gradient de température et en déduire l'équation de diffusion thermique.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie thermique sur une tranche élémentaire de solide avec la loi de Fourier, conduisant à \frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial x^2} avec D = \frac{\lambda}{\rho c}.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par le cuivre contenu entre les plans d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite S et de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x. Sa masse est \mathrm{d}m = \rho\, S\,\mathrm{d}x.

Le cuivre étant une phase condensée indéformable, la variation d'énergie interne du système entre les instants t et t + \mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}U = \mathrm{d}m \, c \, [T(x, t+\mathrm{d}t) - T(x, t)] = \rho \, c \, S \, \mathrm{d}x \, \frac{\partial T}{\partial t}(x, t) \, \mathrm{d}t

Les pertes latérales étant négligées, le transfert thermique s'effectue exclusivement par conduction unidimensionnelle selon la direction Ox. La loi de Fourier donne pour la composante du vecteur densité de flux thermique :

j_q(x, t) = -\lambda \, \frac{\partial T}{\partial x}(x, t)

Le transfert thermique élémentaire reçu par le système à travers ses deux faces en x et x + \mathrm{d}x pendant la durée \mathrm{d}t est :

\begin{aligned} \delta Q &= \Phi(x, t)\,\mathrm{d}t - \Phi(x+\mathrm{d}x, t)\,\mathrm{d}t \\ &= [j_q(x, t) - j_q(x+\mathrm{d}x, t)]\, S\,\mathrm{d}t \\ &= -\frac{\partial j_q}{\partial x}(x, t)\, S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \\ &= \lambda \, \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}(x, t)\, S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \end{aligned}

En l'absence de source volumique de chaleur et de travail mécanique, le premier principe de la thermodynamique appliqué au système s'écrit \mathrm{d}U = \delta Q, soit :

\rho \, c \, \frac{\partial T}{\partial t}(x, t) = \lambda \, \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}(x, t)

On en déduit l'équation différentielle (équation de la chaleur) :

\boxed{\frac{\partial T}{\partial t} = D \, \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}}

avec le coefficient de diffusion thermique :

\boxed{D = \frac{\lambda}{\rho\, c}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez la rédaction de cette question de cours en définissant le système et en faisant attention aux signes et à l'expression de D.

« Question de cours : la rédaction doit être soignée, le système explicitement défini, les signes maîtrisés. Ne pas confondre D et 1/D ni 1/D2. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : équation de la diffusion, séparation des variables

Déterminer deux équations différentielles vérifiées par et . En déduire la forme générale de la fonction .

Voir l'indice

Injecter le produit f(x)g(t) dans l'équation de diffusion et séparer les variables pour obtenir \frac{f''}{f} = \frac{g'}{D g} = -k^2, où la constante négative garantit la décroissance temporelle.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme à variables séparées T(x,t) = f(x)\,g(t) dans l'équation de diffusion thermique obtenue à la question Q16.
  2. Séparer les variables pour obtenir une égalité entre une fonction de t seul et une fonction de x seul, qui est donc égale à une constante de séparation.
  3. Discuter le signe de cette constante à l'aide d'un argument physique de stabilité temporelle (t \to +\infty), puis intégrer les deux équations différentielles.
Voir la réponse courte

Méthode de séparation des variables T(x,t) = f(x)g(t) avec constante de séparation négative assurant l'atténuation temporelle des perturbations thermiques.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, le champ de température vérifie l'équation de la diffusion thermique unidimensionnelle sans terme source :

\frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}

En injectant la forme à variables séparées T(x,t) = f(x)\,g(t), on obtient :

f(x)\,\frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}t}(t) = D\,\frac{\mathrm{d}^2 f}{\mathrm{d}x^2}(x)\,g(t)

Pour les couples (x,t) où T(x,t) \neq 0, divisons par D\,f(x)\,g(t) :

\frac{1}{D\,g(t)}\frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}t}(t) = \frac{1}{f(x)}\frac{\mathrm{d}^2 f}{\mathrm{d}x^2}(x)

Le membre de gauche ne dépend que de la variable temporelle t et le membre de droite ne dépend que de la variable spatiale x. Ils sont donc nécessairement égaux à une même constante, notée K :

\frac{1}{D\,g(t)}\frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}t}(t) = K \quad \text{et} \quad \frac{1}{f(x)}\frac{\mathrm{d}^2 f}{\mathrm{d}x^2}(x) = K

On en déduit les deux équations différentielles :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 f}{\mathrm{d}x^2}(x) - K\,f(x) = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}t}(t) - K D\,g(t) = 0}

Discussion physique de la constante K :

  • Si K > 0, la fonction temporelle est de la forme g(t) \propto \exp(KDt), ce qui conduit à une divergence exponentielle de la température lorsque t \to +\infty. En l'absence de source d'énergie interne, le système est passif et relaxe : cette situation est physiquement impossible.
  • Si K \le 0, on pose K = -k^2 avec k \in \mathbb{R}^+. L'équation temporelle devient :

    \frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}t} + k^2 D\,g = 0 \implies g(t) = C\,\exp(-k^2 D t)

    ce qui correspond à un amortissement temporel cohérent avec la diffusion.

Pour une valeur de k > 0, l'équation spatiale s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 f}{\mathrm{d}x^2} + k^2 f = 0 \implies f(x) = A \cos(kx) + B \sin(kx)

où A et B sont des constantes d'intégration réelles.

Pour une constante de séparation fixée k, la solution élémentaire s'écrit donc :

T_k(x,t) = \exp(-D k^2 t)\left[ A_k \cos(kx) + B_k \sin(kx) \right]

(le cas k=0 étant inclus comme limite où f(x) est affine et g(t) constante).

L'équation de diffusion étant linéaire et homogène, le principe de superposition s'applique. La forme générale de la fonction T(x,t) est ainsi une superposition de ces solutions élémentaires (sous forme discrète ou continue) :

\boxed{T(x,t) = \sum_k \exp(-D k^2 t) \left[ A_k \cos(kx) + B_k \sin(kx) \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le signe de la constante de séparation doit être rigoureusement justifié par l'absence de divergence temporelle de la fonction g.

« Si la séparation des variables est généralement bien connue et comprise, la résolution des équations différentielles est plus aléatoire. En particulier la justification du signe de la constante est souvent absente, ou peu convaincante. »

« Ainsi la fonction f ne diverge pas sur son domaine d’étude, c’est bien la non-divergence de g qui impose le signe. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de la diffusion, décomposition en série de fourier

Justifier qu'il faut chercher la solution du problème sous la forme :

Voir l'indice

Traduire l'isolation thermique des deux faces par des flux nuls (\partial T/\partial x = 0 en x=0 et x=L), ce qui sélectionne des modes spatiaux stationnaires.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que l'équation de la diffusion thermique est linéaire et homogène, ce qui permet d'appliquer le principe de superposition.
  2. Justifier la nature oscillante spatiale et exponentiellement décroissante dans le temps des solutions élémentaires établies à la question Q17 afin de garantir le caractère borné de la température lorsque t \to +\infty.
  3. Expliquer que le confinement spatial de la plaque sur un domaine borné [0, L] associé aux conditions aux limites impose une discrétisation des pulsations spatiales k, conduisant à une décomposition en série de Fourier pour satisfaire la condition initiale.
Voir la réponse courte

Justification de la solution générale par linéarité de l'équation de diffusion et superposition des modes propres spatio-temporels.

Voir le corrigé complet

L'équation de la diffusion thermique établie à la question Q16,

\frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial x^2},

est une équation aux dérivées partielles linéaire et homogène.

D'après la méthode de séparation des variables étudiée à la question Q17, les solutions élémentaires à variables séparées s'écrivent sous la forme :

T_k(x,t) = \exp(-\alpha t)\left[u \cos(kx) + w \sin(kx)\right]

où la constante \alpha = D k^2 doit être positive ou nulle (\alpha \ge 0, soit k réel) afin d'assurer la stabilité thermique du milieu et d'éviter une divergence non physique de la température lorsque t \to +\infty.

Le système physique considéré présente une géométrie bornée le long de l'axe Ox (la plaque d'épaisseur L est comprise entre x=0 et x=L). Les conditions aux limites imposées aux surfaces limites (plaque thermiquement isolée à ses deux extrémités pour t > 0) sélectionnent un ensemble discret de vecteurs d'onde notés k_n (n \in \mathbb{N}), auxquels sont associées des constantes d'atténuation temporelle \alpha_n = D k_n^2.

En vertu du principe de superposition, toute combinaison linéaire de ces solutions élémentaires reste solution de l'équation de diffusion. Enfin, pour être en mesure de décomposer n'importe quelle condition initiale spatiale T(x,0) (dont le profil est fixé par le flash lumineux) sur la base orthogonale des fonctions trigonométriques associées (série de Fourier sur [0, L]), il convient d'exprimer la solution générale sous la forme de la somme discrète infinie :

\boxed{T(x,t) = \sum_{n=0}^{\infty} \exp(-\alpha_n t)\left[u_n \cos(k_n x) + w_n \sin(k_n x)\right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à invoquer la linéarité ainsi que les conditions aux limites et initiales pour justifier la superposition de modes propres.

« La linéarité de l’équation est rarement évoquée, ainsi que les conditions aux limites et initiales pour justifier la recherche de la solution sous forme d’une superposition de modes propres. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : condition aux limites, diffusivité thermique

Exprimer les coefficients , puis les coefficients et en fonction de , et .

Voir l'indice

Annuler la dérivée spatiale en x=0 pour fixer w_n = 0, puis en x=L pour quantifier les modes k_n = n\pi / L, ce qui donne directement \alpha_n = D k_n^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux thermique aux frontières x=0 et x=L à l'aide de la loi de Fourier pour traduire l'isolation thermique de la plaque.
  2. En déduire les coefficients w_n à partir de la condition aux limites en x=0.
  3. Obtenir la quantification des vecteurs d'onde k_n grâce à la condition en x=L, puis en déduire le taux d'amortissement \alpha_n via l'équation de la diffusion.
Voir la réponse courte

Traduction de l'isolation thermique aux bords x=0 et x=L pour annuler les composantes en sinus (w_n = 0) et quantifier k_n = \frac{n\pi}{L}.

Voir le corrigé complet

Pour t > 0, la plaque est supposée thermiquement isolée en x=0 et en x=L. D'après la loi de Fourier, la densité de flux thermique s'écrit :

j_q(x,t) = -\lambda \frac{\partial T}{\partial x}(x,t)

L'absence d'échange thermique avec l'extérieur impose l'annulation du flux aux deux extrémités :

\frac{\partial T}{\partial x}(0,t) = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\partial T}{\partial x}(L,t) = 0 \quad (\forall t > 0)

À partir de la forme de la solution donnée à la question précédente :

T(x,t) = \sum_{n=0}^{\infty} \exp(-\alpha_n t) \left[ u_n \cos(k_n x) + w_n \sin(k_n x) \right]

On calcule la dérivée spatiale :

\frac{\partial T}{\partial x}(x,t) = \sum_{n=0}^{\infty} \exp(-\alpha_n t) \, k_n \left[ -u_n \sin(k_n x) + w_n \cos(k_n x) \right]

1. Détermination de w_n :

En x = 0, la condition aux limites s'écrit :

\frac{\partial T}{\partial x}(0,t) = \sum_{n=0}^{\infty} k_n w_n \exp(-\alpha_n t) = 0 \quad (\forall t > 0)

Les exponentielles de taux d'amortissement distincts formant une famille libre (ou chaque mode devant individuellement vérifier les conditions aux limites), on a pour tout n :

k_n w_n = 0

Pour n \geq 1 (k_n \neq 0), cela impose w_n = 0. Pour n = 0, le terme \sin(k_0 x) est identiquement nul, donc w_0 n'intervient pas et peut être choisi nul sans perte de généralité :

\boxed{w_n = 0 \quad (\forall n \in \mathbb{N})}

2. Détermination de k_n :

En x = L, avec w_n = 0, la condition d'isolation devient :

\frac{\partial T}{\partial x}(L,t) = \sum_{n=0}^{\infty} -u_n k_n \sin(k_n L) \exp(-\alpha_n t) = 0 \quad (\forall t > 0)

Pour avoir une solution non triviale (u_n \neq 0), chaque mode doit satisfaire :

\sin(k_n L) = 0 \implies k_n L = n\pi \quad (n \in \mathbb{N})

D'où l'expression des vecteurs d'onde spatiaux :

\boxed{k_n = \frac{n\pi}{L} \quad (n \in \mathbb{N})}

3. Détermination de \alpha_n :

D'après l'équation de diffusion thermique établie à la question Q16 (\frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}) ou les équations différentielles issues de la séparation de variables obtenues à la question Q17 :

-\alpha_n = -D k_n^2 \implies \alpha_n = D k_n^2

En remplaçant k_n par son expression :

\boxed{\alpha_n = D \left(\frac{n\pi}{L}\right)^2 = \frac{n^2 \pi^2 D}{L^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très mal traitée : la parité sur [0, L] n'a aucun sens physique et l'annulation des termes exigeait d'utiliser la dépendance en t.

« Question très mal traitée, les réponses ont souvent été devinées grâce à Q20 et Q21 mais rarement correctement justifiées. »

« Notons que la notion de parité d’une fonction définie sur [O, L] n’a pas de sens, et que P ωnkn = 0 n’implique pas ωn = 0. Il fallait prendre en compte la dépendance en t pour conclure. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : série de fourier, condition initiale

Établir l'expression des coefficients et en déduire que :

Voir l'indice

Projeter la condition initiale T(x,0) sur la base des fonctions orthogonales \cos(k_n x) à l'aide de l'intégrale du formulaire pour déterminer les coefficients de Fourier u_n.

Voir la stratégie
  1. Écrire la décomposition de T(x,0) issue de la solution générale établie à la question Q19 avec w_n = 0 et k_n = \frac{n\pi}{L}.
  2. Projeter cette relation sur les fonctions de base \cos(k_n x) en utilisant les relations d'orthogonalité fournies dans le formulaire pour déterminer u_0, puis u_n pour n \ge 1.
  3. Injecter les coefficients u_n dans l'expression de T(x,t) pour obtenir la forme demandée.
Voir la réponse courte

Projection de la condition initiale créneau sur la base orthogonale des cosinus pour déterminer les coefficients u_n par intégration.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q18 et Q19, avec w_n = 0, k_n = \frac{n\pi}{L} et \alpha_0 = 0, le champ de température à l'instant initial t = 0 s'écrit sous la forme d'une série de Fourier en cosinus :

T(x,0) = u_0 + \sum_{n=1}^\infty u_n \cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right)

D'après l'énoncé, le profil initial de température est donné par :

T(x,0) = \begin{cases} \dfrac{\Gamma L}{\delta} & \text{si } 0 \le x \le \delta \\[6pt] 0 & \text{si } \delta < x \le L \end{cases}

1. Détermination de u_0 :

En intégrant T(x,0) sur [0, L], les termes oscillants en cosinus sont d'intégrale nulle :

\begin{aligned} \int_0^L T(x,0)\,\mathrm{d}x &= \int_0^L u_0\,\mathrm{d}x = u_0 L \end{aligned}

Par ailleurs, en utilisant l'expression par morceaux de T(x,0) :

\begin{aligned} \int_0^L T(x,0)\,\mathrm{d}x &= \int_0^\delta \frac{\Gamma L}{\delta}\,\mathrm{d}x = \frac{\Gamma L}{\delta} \times \delta = \Gamma L \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

u_0 = \Gamma

2. Détermination de u_n pour n \ge 1 :

En multipliant par \cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right) et en intégrant sur [0, L], la formule d'orthogonalité du formulaire (avec \alpha = L) donne :

\begin{aligned} \int_0^L T(x,0) \cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\,\mathrm{d}x &= \sum_{m=1}^\infty u_m \int_0^L \cos\left(\frac{m\pi x}{L}\right)\cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\,\mathrm{d}x = u_n \frac{L}{2} \end{aligned}

Le calcul direct avec l'expression de T(x,0) donne :

\begin{aligned} \int_0^L T(x,0) \cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\,\mathrm{d}x &= \int_0^\delta \frac{\Gamma L}{\delta} \cos\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\,\mathrm{d}x \\ &= \frac{\Gamma L}{\delta} \left[ \frac{L}{n\pi} \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right) \right]_0^\delta \\ &= \frac{\Gamma L^2}{n\pi \delta} \sin\left(\frac{n\pi \delta}{L}\right) \end{aligned}

On en déduit, pour tout n \ge 1 :

\boxed{u_n = 2\Gamma \, \frac{\sin\left(\dfrac{n\pi\delta}{L}\right)}{\dfrac{n\pi\delta}{L}}}

3. Expression du champ de température T(x,t) :

Comme \alpha_0 = 0 et \cos(k_0 x) = 1, le terme pour n = 0 vaut u_0 = \Gamma. En réinjectant les coefficients dans la décomposition spatiotemporelle et en factorisant par \Gamma, on obtient :

\boxed{T(x,t) = \Gamma \left[ 1 + 2 \sum_{n=1}^\infty \frac{\sin\left(\dfrac{n\pi\delta}{L}\right)}{\dfrac{n\pi\delta}{L}} \exp(-\alpha_n t) \cos(k_n x) \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question rarement abordée alors que le formulaire fourni en fin d'énoncé permettait de calculer aisément les coefficients.

« Question rarement traitée. Les coefficients un se calculaient facilement en utilisant le formulaire donné en fin de texte, il n’était pas nécessaire de connaitre des formules de calcul de coefficients de Fourier. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : développement limité, méthode flash

Déduire de l'expression obtenue à la question précédente, que l'expression approchée de , pour , est :

Voir l'indice

Évaluer l'expression en x=L en utilisant \cos(n\pi) = (-1)^n et effectuer l'approximation \frac{\sin(n\pi\delta/L)}{n\pi\delta/L} \approx 1 permise par la condition \delta \ll L.

Voir la stratégie
  1. Évaluer l'expression exacte de T(x,t) établie à la question Q20 en x = L, en simplifiant le terme spatial \cos(k_n L).
  2. Exploiter l'hypothèse de l'énoncé \delta \ll L pour approximer le facteur cardinal \frac{\sin(n\pi\delta/L)}{n\pi\delta/L} au premier ordre non nul.
Voir la réponse courte

Approximation en x=L pour un dépôt thermique très mince (\delta \ll L) grâce à l'équivalent \sin(u)/u \to 1.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, le champ de température pour tout x \in [0, L] et t > 0 s'écrit :

T(x,t) = \Gamma \left[ 1 + 2\sum_{n=1}^{\infty} \frac{\sin\left(\frac{n\pi\delta}{L}\right)}{\frac{n\pi\delta}{L}} \exp(-\alpha_n t) \cos(k_n x) \right]

En x = L, sachant que k_n = \frac{n\pi}{L} d'après la question Q19, le terme trigonométrique spatial vaut :

\cos(k_n L) = \cos(n\pi) = (-1)^n

L'expression exacte de la température de la face arrière devient donc :

T(L,t) = \Gamma \left[ 1 + 2\sum_{n=1}^{\infty} (-1)^n \frac{\sin\left(\frac{n\pi\delta}{L}\right)}{\frac{n\pi\delta}{L}} \exp(-\alpha_n t) \right]

L'épaisseur \delta chauffée par le flash infrarouge étant supposée très petite devant l'épaisseur totale de la plaque (\delta \ll L), on a, pour les modes n contribuant significativement à la somme (les modes d'ordre élevé étant fortement atténués par le facteur \exp(-\alpha_n t)) :

\frac{n\pi\delta}{L} \ll 1 \implies \frac{\sin\left(\frac{n\pi\delta}{L}\right)}{\frac{n\pi\delta}{L}} \simeq 1

On en déduit immédiatement la forme approchée demandée :

\boxed{T(L,t) \simeq \Gamma \, \zeta(t) \quad \text{avec} \quad \zeta(t) = 1 + 2\sum_{n=1}^{\infty} (-1)^n \exp(-\alpha_n t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question correctement traitée, souvent en admettant les résultats intermédiaires précédents.

« Question correctement traitée, en admettant (plus ou moins explicitement) les résultats de Q19 et Q20. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : méthode flash, diffusivité thermique

Exprimer une relation entre et .

Voir l'indice

Lire graphiquement sur la courbe fournie l'abscisse adimensionnelle \alpha_1 t_{1/2} correspondant à l'ordonnée \zeta = 0{,}5.

Voir la stratégie
  1. Identifier sur la figure 2 l'ordonnée correspondant à la demi-hauteur \zeta(t_{1/2}) = 0{,}5.
  2. Lire avec soin l'abscisse correspondante sur l'axe gradué en \alpha_1 t.
  3. En déduire la relation numérique entre \alpha_1 et t_{1/2}.
Voir la réponse courte

Exploitation de la condition \zeta(t_{1/2}) = 1/2 et lecture sur le graphe adimensionné pour relier la constante d'atténuation \alpha_1 à t_{1/2}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 2, la courbe représente la fonction adimensionnelle \zeta(t) en fonction du produit adimensionné \alpha_1 t.

L'instant caractéristique t_{1/2} est défini par :

\zeta(t_{1/2}) = \frac{1}{2} = 0{,}5

Sur le graphe :

  • chaque graduation principale de l'axe des abscisses vaut 1 et est subdivisée en 10 petits carreaux, soit une résolution de 0{,}1 par carreau ;
  • pour \zeta = 0{,}5, la courbe est interceptée entre 1{,}3 et 1{,}4, très près de 1{,}38.

Une lecture graphique donne ainsi :

\alpha_1 t_{1/2} \simeq 1{,}38 \quad (\text{ou } \alpha_1 t_{1/2} \simeq 1{,}37\text{ à }1{,}39)

On en déduit la relation recherchée :

\boxed{\alpha_1 t_{1/2} \simeq 1{,}38 \iff \alpha_1 \simeq \frac{1{,}38}{t_{1/2}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question nécessitait simplement une lecture et une exploitation directes du graphe de la figure 2.

« La relation attendue relevait d’une exploitation simple de la courbe figure 2. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : diffusivité thermique, conductivité thermique

Estimer la valeur de la conductivité thermique du cuivre.

Voir l'indice

Relever la valeur expérimentale de t_{1/2} sur la figure 3 à partir de l'instant de flash (t = 48\text{ ms}), en déduire la diffusivité D via \alpha_1 = \pi^2 D / L^2, puis calculer \lambda = \rho c D.

Voir la stratégie
  1. Déterminer graphiquement la durée de demi-montée t_{1/2} sur la figure 3, en prenant garde à l'instant d'émission du flash qui définit l'origine temporelle du modèle.
  2. En déduire le coefficient d'amortissement \alpha_1 grâce à la relation de la question Q22, puis la diffusivité thermique D à l'aide de l'expression établie à la question Q19.
  3. Exprimer et calculer la conductivité thermique \lambda = \rho c D d'après la relation de la question Q16.
Voir la réponse courte

Calcul de la diffusivité D = \frac{\alpha_1 L^2}{\pi^2} puis déduction de la conductivité thermique du cuivre \lambda = \rho c D.

Voir le corrigé complet

1. Détermination graphique de la durée t_{1/2} :

D'après le graphe expérimental (figure 3), l'impulsion lumineuse (flash) est émise à l'instant :

t_0 = 48\text{ ms}

L'origine des temps t=0 du modèle théorique correspond à cet instant d'émission.

La température de la face arrière atteint un maximum d'environ 7{,}0 unités arbitraires vers 85\text{ ms} (avant de décroître lentement sous l'effet des pertes thermiques négligées dans le modèle). La demi-valeur maximale est donc :

T_{1/2} \simeq \frac{7{,}0}{2} = 3{,}5\text{ u.a.}

Sur la figure 3, chaque division de 16\text{ ms} est subdivisée en 4 graduations de 4\text{ ms}. La courbe atteint la valeur de 3{,}5\text{ u.a.} à l'instant :

t_{\text{mes}} \simeq 60\text{ ms}

La durée caractéristique de demi-montée comptée depuis le flash vaut donc :

t_{1/2} = t_{\text{mes}} - t_0 = 60 - 48 = 12\text{ ms} = 1{,}2 \times 10^{-2}\text{ s}

2. Détermination de la diffusivité thermique D :

D'après le résultat de la question Q22, \alpha_1 t_{1/2} \simeq 1{,}38, soit :

\alpha_1 = \frac{1{,}38}{t_{1/2}} \simeq \frac{1{,}38}{1{,}2 \times 10^{-2}\text{ s}} \simeq 1{,}15 \times 10^2\text{ s}^{-1}

D'après la question Q19, \alpha_1 = \frac{\pi^2 D}{L^2}, ce qui conduit à :

D = \frac{\alpha_1 L^2}{\pi^2}

En remarquant que L = 3{,}12\text{ mm} \simeq \pi\text{ mm}, on a \frac{L}{\pi} \simeq 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}, d'où :

\frac{L^2}{\pi^2} \simeq 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m}^2

La diffusivité thermique du cuivre est ainsi estimée à :

D \simeq 1{,}15 \times 10^2 \times 1{,}0 \times 10^{-6} \simeq 1{,}15 \times 10^{-4}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}

3. Estimation de la conductivité thermique \lambda :

D'après la question Q16, D = \frac{\lambda}{\rho c}, d'où :

\lambda = \rho \, c \, D

Avec les données numériques fournies :

  • \rho = 9{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • c = 4{,}0 \times 10^2\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • \rho c = 3{,}6 \times 10^6\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-3}.

Le calcul numérique donne :

\lambda \simeq 3{,}6 \times 10^6 \times 1{,}15 \times 10^{-4} \simeq 4{,}14 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

En conservant deux chiffres significatifs conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{\lambda \simeq 4{,}1 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter le graphe de la figure 3 en plaçant l'origine des temps au moment du flash.

« Ici c’est le graphe de la figure 3 qui devait être exploité, le flash fixant l’origine des temps. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de wiedemann-franz, nombre de lorenz

Les valeurs obtenues aux questions 4 et 23 (on prendra ) sont-elles compatibles avec la loi de Wiedemann-Franz ?

Voir l'indice

Calculer le rapport \kappa_{\text{exp}} = \lambda_{\text{exp}} / (\gamma_{\text{exp}} T) avec les valeurs numériques obtenues et vérifier qu'il est en excellent accord avec le coefficient de Lorenz théorique de Sommerfeld.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la loi de Wiedemann-Franz permettant de déterminer expérimentalement le coefficient de Lorenz \kappa_{\text{exp}} = \frac{\lambda}{\gamma T}.
  2. Évaluer numériquement ce rapport à l'aide des valeurs de \gamma (question 4), de \lambda (question 23) et de la température T \simeq 300\text{ K}.
  3. Comparer la valeur expérimentale obtenue à la valeur théorique quantique du modèle de Sommerfeld établie à la question 14.
Voir la réponse courte

Calcul numérique du rapport expérimental \frac{\lambda}{\gamma T} et comparaison avec la valeur théorique du coefficient de Lorenz de Wiedemann-Franz.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Wiedemann-Franz énoncée en préambule, le coefficient de Lorenz expérimental est donné par :

\kappa_{\text{exp}} = \frac{\lambda}{\gamma T}

En utilisant les grandeurs obtenues précédemment :

  • conductivité électrique (d'après la question Q4) : \gamma \simeq 5{,}8 \times 10^7\ \mathrm{S\cdot m^{-1}} ;
  • conductivité thermique (d'après la question Q23) : \lambda \simeq 4{,}1 \times 10^2\ \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}} ;
  • température : T \simeq 300\text{ K}.

L'application numérique donne :

\kappa_{\text{exp}} = \frac{4{,}1 \times 10^2}{5{,}8 \times 10^7 \times 300} \simeq 2{,}36 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}} \simeq 2{,}4 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}}

Or, le coefficient de Lorenz théorique calculé dans le cadre quantique de Drude-Sommerfeld (d'après les questions Q13 et Q14) vaut :

\kappa_{\text{Sommerfeld}} = \frac{\pi^2}{3}\left(\frac{k_B}{e}\right)^2 \simeq 2{,}5 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot\Omega\cdot K^{-2}}

L'écart relatif entre la valeur expérimentale et la prédiction théorique est de :

\frac{|\kappa_{\text{exp}} - \kappa_{\text{Sommerfeld}}|}{\kappa_{\text{Sommerfeld}}} \simeq \frac{|2{,}4 - 2{,}5|}{2{,}5} = 4\%

Cet écart est remarquablement faible et reste parfaitement compatible avec les incertitudes expérimentales et la précision des données limitées à deux chiffres significatifs.

\boxed{\text{Les valeurs expérimentales sont pleinement compatibles avec la loi de Wiedemann-Franz.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question rarement abordée, où il fallait confronter les résultats théoriques de la partie II aux mesures de la partie III.

« Question rarement abordée, qui nécessitait de rapprocher les résultats théoriques obtenus dans la partie II avec les résultats expérimentaux de la partie III. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (50 % des questions, partie III), Circuits électriques et régimes transitoires (23 %, partie I) et Facteur de Boltzmann et physique statistique (12 %). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Physique quantique et Premier et second principes de la thermodynamique.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 6 questions sur 24 (25 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q4), ainsi que Q5 et Q15. Avec les autres programmes de première année : 6 en PCSI, 6 en PTSI, 6 en MP2I et 6 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie III est la plus longue (environ 55 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q20 (série de fourier).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 ?

Questions de cours : Q5 (modèle de drude), Q10 (loi de fourier) et Q16 (équation de la diffusion). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q9 (flux thermique), Q15 (masse volumique) et Q19 (condition aux limites).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (13 sur 24), par exemple : Q1, Q3 à Q5, Q7, Q10 à Q14 et Q22 à Q24. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q6, Q9, Q18, Q20 et Q21.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2020 était-il difficile ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport indique que les bases ne sont pas maîtrisées pour la plupart des candidats et conclut que cette épreuve s'est avérée assez décevante, malgré des questions jugées abordables et des parties totalement indépendantes.

Faut-il maîtriser les séries de Fourier pour aborder Q20 ?

Non : un formulaire mathématique placé en fin de sujet donne directement les intégrales utiles pour projeter la condition initiale créneau. Il n'est pas nécessaire de connaître par cœur les formules générales de décomposition en série de Fourier.

Comment mesurer t_1/2 sur la figure 3 en Q23 ?

Prendre pour origine des temps l'instant de l'impulsion laser (t_0 \simeq 48\text{ ms}). La durée de demi-montée vaut t_{1/2} = t - t_0 \simeq 12\text{ ms}, et non l'abscisse brute lue sur le graphe (60\text{ ms}).

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.