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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2022

Capteurs photovoltaïques

Le sujet en bref

Sujet difficile · Physique quantique, Électrostatique, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide · 9 incontournables · 15 questions de première année
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Ce sujet propose une étude complète et transversale du fonctionnement physique d'une cellule photovoltaïque en silicium. Débutant par des considérations macroscopiques d'électrocinétique (caractéristique courant-tension et point de puissance maximale), il plonge ensuite dans la physique microscopique du semi-conducteur à travers le modèle de conduction de Drude, les propriétés du dopage et l'électrostatique de la jonction PN (zone de charge d'espace). Le sujet aborde ensuite l'optique ondulatoire avec la conception d'un revêtement antireflet interférentiel par couche mince en incidence normale, avant de s'achever sur une approche de mécanique quantique (puits infini et modèle périodique de Kronig-Penney à l'origine de la structure en bandes d'énergie).

Particulièrement formateur et équilibré, ce sujet balaie les piliers du programme de PC (quantique, ondes électromagnétiques, équations de Maxwell). C'est un sujet d'entraînement incontournable pour réviser la physique des semi-conducteurs et la propagation des ondes aux interfaces diélectriques.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,24/20)
Temps estimé
≈ 4 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

9 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

26 questions rapides et accessibles · 4 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (26) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe, à savoir
  • Parties indépendantes

    Q1, Q5, Q23 et Q30 : Les quatre parties (caractéristique électrique, physique de la jonction, traitement antireflet et bandes d'énergie) sont complètement indépendantes et peuvent être traitées dans le désordre.

  • Données en annexe

    La question Q42 doit être rédigée directement sur la figure A du document réponse joint au sujet.

  • À savoir

    Attention à la notation en Q44 : la valeur fournie pour la maille est la période spatiale complète 2a = 0{,}54\text{ nm}, alors que les grandeurs du modèle utilisent la demi-période a = 0{,}27\text{ nm}.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

45 questions
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Partie I : Énergie photovoltaïque

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : caractéristique courant-tension, puissance électrique

En utilisant les données de la figure 1, déterminer à l'aide d'un graphe les valeurs de et qui maximisent la puissance électrique fournie pour un éclairement . Comparer ces résultats aux valeurs nominales données en figure 1 et commenter.

Voir l'indice

Tracer ou évaluer le produit P(U) = U \cdot I(U) à partir des points de la caractéristique à 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} pour repérer le maximum.

Voir la stratégie
  1. Relever sur la caractéristique I(U) sous un éclairement \mathcal{E}_i = 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} plusieurs couples de points (U, I).
  2. Calculer la puissance électrique fournie P = U \cdot I pour chacun de ces points et tracer la courbe P(U) afin de localiser son maximum.
  3. Déterminer les coordonnées (U_{\max}, I_{\max}) associées et les comparer aux grandeurs nominales du tableau de la figure 1.
Voir la réponse courte

Lecture graphique de la caractéristique I(U) pour trouver le point de puissance maximale P_{\text{max}} = U_m I_m et comparaison aux valeurs nominales.

Voir le corrigé complet

La cellule fonctionne en générateur ; la puissance électrique qu'elle fournit au circuit extérieur est donnée par :

P = U \cdot I

À partir de la courbe I(U) tracée pour \mathcal{E}_i = 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}, relevons plusieurs points de fonctionnement :

U\text{ (V)}0{,}000{,}200{,}300{,}400{,}450{,}470{,}500{,}550{,}60
I\text{ (A)}3{,}003{,}002{,}982{,}952{,}882{,}802{,}551{,}700{,}00
P = U I\text{ (W)}0{,}000{,}600{,}891{,}181{,}301{,}321{,}280{,}940{,}00

Tracons l'allure de la puissance P(U) ainsi obtenue :

Le tracé de P(U) met clairement en évidence un extremum :

\boxed{U_{\max} \approx 0{,}47\text{ V} \quad \text{et} \quad I_{\max} \approx 2{,}8\text{ A}}

La puissance maximale délivrée vaut alors :

\boxed{P_{\max} \approx 1{,}32\text{ W}}

Comparaison et commentaire : Ces valeurs coïncident parfaitement avec les grandeurs nominales indiquées dans le tableau de la figure 1 :

U_n = 0{,}47\text{ V}, \quad I_n = 2{,}8\text{ A}, \quad P_n = 1{,}32\text{ W}

Le régime nominal d'une cellule photovoltaïque correspond donc au point de puissance maximale (Maximum Power Point, noté MPP) sous l'éclairement standard \mathcal{E}_i = 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}. En pratique, un hacheur asservi (suiveur de point de puissance maximale, MPPT) adapte la charge connectée au panneau pour opérer en permanence au voisinage de ce point optimal.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le tracé soigné de P en fonction de U ou de I était attendu pour maximiser la puissance et a été largement valorisé.

« Cette première question demandait du temps pour être traitée de façon rigoureuse – avec le tracé du graphe P= f(U) ou P= f(I) par exemple, Pdésignant la puissance électrique générée par la cellule – : elle a bien été valorisée et rapportait beaucoup de points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rendement énergétique, cellule photovoltaïque

Évaluer et commenter l'efficacité énergétique de la cellule en régime nominal.

Voir l'indice

Exprimer le rendement énergétique \eta = P_n / (\mathcal{E}_i S) en veillant à convertir la surface de la cellule en \text{m}^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance radiative totale P_{\text{lum}} reçue par la surface S de la cellule soumise à l'éclairement \mathcal{E}_i.
  2. Calculer le rendement de conversion énergétique \eta = \frac{P_n}{P_{\text{lum}}}.
  3. Comparer la valeur obtenue aux ordres de grandeur usuels des cellules photovoltaïques au silicium.
Voir la réponse courte

Calcul du rendement \eta = P_{\text{max}} / (\mathcal{E}_i S) et commentaire sur la valeur obtenue (typiquement 15 à 20

Voir le corrigé complet

L'efficacité énergétique (ou rendement) \eta de la cellule photovoltaïque en régime nominal est le rapport de la puissance électrique fournie P_n sur la puissance lumineuse incidente P_{\text{lum}} reçue par le capteur :

\eta = \frac{P_n}{P_{\text{lum}}} = \frac{P_n}{\mathcal{E}_i \, S}

D'après la légende de la figure 1, la cellule a une surface de collecte S = 100\text{ cm}^2 = 1{,}00 \times 10^{-2}\text{ m}^2.

Sous l'éclairement nominal \mathcal{E}_i = 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}, la puissance lumineuse reçue vaut :

P_{\text{lum}} = 1000 \times 1{,}00 \times 10^{-2} = 10{,}0\text{ W}

La puissance électrique nominale étant P_n = 1{,}32\text{ W}, on en déduit :

\eta = \frac{1{,}32}{10{,}0} = 0{,}132
\boxed{\eta = 13{,}2\%}

Commentaire : Cette valeur d'environ 13\% est tout à fait typique des cellules photovoltaïques commerciales au silicium (dont les rendements se situent usuellement entre 12\% et 20\%). L'essentiel de l'énergie solaire incidente n'est pas converti en électricité en raison de plusieurs facteurs physiques : la non-absorption des photons d'énergie inférieure à la largeur de bande interdite (h\nu < E_g), la thermalisation de l'excédent d'énergie pour les photons plus énergétiques (h\nu > E_g), ainsi que les pertes par réflexion et les recombinaisons des porteurs.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était très apprécié de comparer l'efficacité obtenue à celle d'un autre système étudié en PCSI ou PC.

« Comparer l’efficacité obtenue avec un rendement ou une autre efficacité d’un système vu en PCSI/PC a été très apprécié du jury. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur de forme, caractéristique courant-tension

En reproduisant l'allure de la caractéristique de la cellule, illustrer graphiquement les produits présents au numérateur et au dénominateur de ce rapport et proposer une majoration très simple de .

Voir l'indice

Représenter le rectangle de surface maximale inscrit sous la courbe I(U) comparé au rectangle de dimensions U_v \times I_c.

Voir la réponse courte

Interprétation géométrique des aires des rectangles U_m I_m et U_{\text{co}} I_{\text{cc}}, d'où la majoration FF < 1.

Voir le corrigé complet

La caractéristique I(U) d'une cellule photovoltaïque relie le courant délivré I à la tension à ses bornes U. Elle passe par les deux points limites de fonctionnement :

  • le point de court-circuit (U=0,\, I=I_c) ;
  • le point de circuit ouvert (ou à vide) (U=U_v,\, I=0).

Le point nominal de fonctionnement (U_n, I_n) correspond au point où la puissance délivrée P(U) = U I est maximale.

Sur le graphique :

  • le dénominateur U_v I_c représente l'aire du rectangle circonscrit de côtés U_v et I_c ;
  • le numérateur U_n I_n = P_n représente l'aire du rectangle inscrit délimité par l'origine et le point de fonctionnement nominal (U_n, I_n).

La fonction I(U) étant strictement décroissante, tout point de fonctionnement vérifie nécessairement 0 < U_n < U_v et 0 < I_n < I_c. Le rectangle de puissance nominale est donc strictement inclus dans le rectangle englobant, ce qui fournit la majoration :

\boxed{FF < 1}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait identifier clairement sur le tracé les grandeurs associées au numérateur et au dénominateur du facteur de forme.

« Comme le demande l’énoncé, il fallait clairement identifier le numérateur et le dénominateur de FF. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur de forme, point de fonctionnement

Quelle est la valeur du facteur de forme pour la cellule étudiée ?

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique directe du quotient (U_n I_n) / (U_v I_c).

Voir la réponse courte

Calcul numérique du rapport FF = (U_m I_m) / (U_{\text{co}} I_{\text{cc}}).

Voir le corrigé complet

D'après la définition fournie par l'énoncé, le facteur de forme s'écrit :

FF = \frac{U_n I_n}{U_v I_c} = \frac{P_n}{U_v I_c}

En utilisant les valeurs numériques données dans le tableau de la figure 1 pour un éclairement \mathcal{E}_i = 1000\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} :

  • P_n = 1{,}32\text{ W} (ou U_n I_n = 0{,}47 \times 2{,}8 = 1{,}316\text{ W}) ;
  • U_v = 0{,}60\text{ V} ;
  • I_c = 3{,}0\text{ A}.

L'application numérique donne :

FF = \frac{1{,}32}{0{,}60 \times 3{,}0} = \frac{1{,}32}{1{,}80} \approx 0{,}73
\boxed{FF \approx 0{,}73 \quad (\text{soit } 73\,\%)}

Résultat

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Partie II : Conduction, jonction, effet photovoltaïque

II.A · Conduction électrique

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : modèle de drude, force de lorentz

Indiquer la signification de chacun des trois termes de cette équation.

Voir l'indice

Identifier le terme d'inertie (accélération), la force électrostatique de Lorentz et la force phénoménologique de frottement fluide modélisant les collisions.

Voir la réponse courte

Identification des termes de l'équation différentielle : terme d'accélération, force de frottement fluide et force électrique de Lorentz.

Voir le corrigé complet

L'équation du mouvement est issue du principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron de conduction (de masse m et de charge -e) dans le référentiel du réseau cristallin, supposé galiléen :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e\vec{E} - m\frac{\vec{v}}{\tau}

Elle fait intervenir trois termes vectoriels :

  • m \dfrac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} : le terme d'inertie (produit de la masse par l'accélération de l'électron) ;
  • -e\vec{E} : la force électrostatique (partie électrique de la force de Lorentz) subie par la particule de charge -e plongée dans le champ électrique \vec{E} ;
  • -m \dfrac{\vec{v}}{\tau} : une force de frottement fluide phénoménologique, qui modélise dans l'approche de Drude la perte de quantité de mouvement moyenne due aux collisions des électrons avec le réseau cristallin (phonons, impuretés). La constante \tau s'interprète comme le temps de relaxation (temps moyen entre deux collisions successives).
Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question simple de cours nécessitait une formulation précise.

« Cette question, très simple, demandait une réponse précise. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : modèle de drude, mobilité électrique

Montrer qu'en régime permanent la vitesse des électrons est proportionnelle au champ électrique . On définit ainsi la mobilité des électrons en posant . On note la densité volumique d'électrons de conduction dans le matériau.

Voir l'indice

Poser \mathrm{d}\vec{v}/\mathrm{d}t = \vec{0} en régime permanent pour exprimer directement \vec{v} en fonction de \vec{E}.

Voir la réponse courte

En régime permanent \mathrm{d}\vec{v}/\mathrm{d}t = \vec{0}, d'où \vec{v} = -(e\tau/m)\vec{E} et identification de la mobilité \mu_e.

Voir le corrigé complet

En régime permanent, la vitesse moyenne des électrons de conduction est constante au cours du temps, soit :

\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}

L'équation du mouvement issue du modèle de Drude devient alors :

\vec{0} = -e\vec{E} - m\frac{\vec{v}}{\tau}

On en déduit l'expression de la vitesse des électrons :

\vec{v} = -\frac{e\tau}{m}\vec{E}

La vitesse \vec{v} est donc bien colinéaire et proportionnelle au champ électrique appliqué \vec{E}. Par identification avec la relation définissant la mobilité \vec{v} = \mu_e \vec{E}, on obtient :

\boxed{\mu_e = -\frac{e\tau}{m}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : loi d'ohm locale, conductivité électrique

Calculer la conductivité du conducteur en fonction de , , et .

Voir l'indice

Relier le vecteur densité volumique de courant \vec{\jmath} = -n_e e \vec{v} au champ électrique pour identifier la loi d'Ohm locale \vec{\jmath} = \gamma \vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant électrique \vec{j} associé au déplacement des électrons de conduction.
  2. Remplacer la vitesse de dérive \vec{v} par son expression en fonction du champ électrique \vec{E} établie à la question Q6.
  3. Identifier la conductivité \gamma par identification avec la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma \vec{E}.
Voir la réponse courte

Expression du vecteur densité de courant \vec{\jmath} = -n_e e \vec{v} = \gamma \vec{E}, d'où la formule de Drude \gamma = n_e e^2 \tau / m.

Voir le corrigé complet

Le flux de charges associé aux n_e électrons de conduction par unité de volume, chacun de charge q = -e et animé de la vitesse moyenne de dérive \vec{v}, engendre un vecteur densité volumique de courant :

\vec{j} = -e \, n_e \, \vec{v}

En utilisant l'expression de la vitesse en régime permanent obtenue à la question Q6, \vec{v} = -\frac{e\tau}{m} \vec{E}, il vient :

\begin{aligned} \vec{j} &= -e \, n_e \left( -\frac{e\tau}{m}\vec{E} \right) \\ \vec{j} &= \frac{n_e e^2 \tau}{m}\vec{E} \end{aligned}

Par identification avec la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma \vec{E}, on en déduit la conductivité électrique du matériau selon le modèle de Drude :

\boxed{\gamma = \frac{n_e e^2 \tau}{m}}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : semi-conducteur intrinsèque, densité volumique de charge

Déterminer la densité électronique à partir des données figurant en annexe, à la température de . En déduire la proportion d'atomes de silicium qui libèrent un électron de conduction.

Voir l'indice

Utiliser l'expression de la conductivité intrinsèque \gamma = e n_e (|\mu_e| + \mu_p) et calculer la densité atomique n_{\text{Si}} = \rho \mathcal{N}_A / M.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité de courant totale comme la somme des contributions des électrons et des trous, puis en déduire l'expression de la conductivité intrinsèque \gamma en fonction de n_e, e, |\mu_e| et \mu_p.
  2. Isoler n_e et réaliser l'application numérique à partir des données de l'annexe.
  3. Calculer la concentration atomique du silicium n_{\text{Si}} à l'aide de la masse volumique \rho, de la masse molaire M et de la constante d'Avogadro \mathcal{N}_A, puis évaluer le ratio p = n_e / n_{\text{Si}}.
Voir la réponse courte

Calcul de la densité atomique du silicium, détermination de n_e à 25\text{ }^{\circ}\text{C} et déduction du très faible taux d'ionisation thermique.

Voir le corrigé complet

Dans le silicium pur (intrinsèque), le départ d'un électron de conduction s'accompagne de la création d'un trou, si bien que les densités volumiques d'électrons et de trous sont égales :

n_e = n_p

Les deux types de porteurs participent au transport de charge. La densité volumique de courant totale s'écrit :

\vec{j} = \vec{j}_e + \vec{j}_p = -e\,n_e\,\vec{v}_e + e\,n_p\,\vec{v}_p

Avec \vec{v}_e = -|\mu_e|\,\vec{E} et \vec{v}_p = \mu_p\,\vec{E}, il vient :

\vec{j} = e\,n_e\left(|\mu_e| + \mu_p\right)\vec{E}

Par identification avec la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma\,\vec{E}, la conductivité intrinsèque s'exprime par :

\gamma = e\,n_e\left(|\mu_e| + \mu_p\right)

On en déduit la densité électronique :

\boxed{ n_e = \frac{\gamma}{e\left(|\mu_e| + \mu_p\right)} }

Application numérique avec les données de l'annexe :

  • \gamma = 4{,}3 \times 10^{-4}\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}
  • e = 1{,}62 \times 10^{-19}\text{ C}
  • |\mu_e| = 1{,}5 \times 10^{-1}\text{ m}^2\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}
  • \mu_p = 4{,}5 \times 10^{-2}\text{ m}^2\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}
n_e = \frac{4{,}3 \times 10^{-4}}{1{,}62 \times 10^{-19} \times (0{,}15 + 0{,}045)} \approx 1{,}4 \times 10^{16}\text{ m}^{-3}

La densité volumique d'atomes de silicium dans le cristal vaut :

n_{\text{Si}} = \frac{\rho}{M}\,\mathcal{N}_A

Avec \rho = 2{,}33 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, M = 28{,}1 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

n_{\text{Si}} = \frac{2{,}33 \times 10^3}{28{,}1 \times 10^{-3}} \times 6{,}02 \times 10^{23} \approx 5{,}0 \times 10^{28}\text{ m}^{-3}

La proportion d'atomes de silicium libérant un électron de conduction est alors :

p = \frac{n_e}{n_{\text{Si}}}
\boxed{ p \approx \frac{1{,}36 \times 10^{16}}{4{,}99 \times 10^{28}} \approx 2{,}7 \times 10^{-13} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas omettre la contribution des trous dans le calcul de la conductivité du silicium.

« Beaucoup de candidats ont oublié la contribution des trous à la conductivité du silicium. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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II.B · Semi-conducteur dopé

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : dopage semi-conducteur, électron de valence

Le bore (B), le phosphore (P), l'arsenic (As), le gallium (Ga) sont souvent utilisés comme dopants pour le silicium. Classer ceux-ci en types ou .

Voir l'indice

Observer la colonne de la classification périodique : les colonnes 13 (trivalents) créent des accepteurs (trous) et les colonnes 15 (pentavalents) des donneurs (électrons).

Voir la stratégie
  1. Déterminer le nombre d'électrons de valence du silicium à partir de sa configuration électronique ou de sa colonne dans le tableau périodique.
  2. Identifier la colonne et donc le nombre d'électrons de valence de chacun des éléments dopants proposés.
  3. Appliquer la définition donnée par l'énoncé : un dopant possédant plus d'électrons de valence que le silicium est donneur (type N), tandis qu'un dopant en possédant moins est accepteur (type P).
Voir la réponse courte

Analyse de la valence : B et Ga (colonne 13, 3 e⁻) sont des accepteurs (type P), P et As (colonne 15, 5 e⁻) des donneurs (type N).

Voir le corrigé complet

D'après les données, la structure électronique de valence du silicium (Z = 14, colonne 14) est 3\text{s}^2\,3\text{p}^2, soit 4 électrons de valence.

À l'aide de l'extrait de la classification périodique fourni :

  • Le bore (\text{B}, Z=5) et le gallium (\text{Ga}, Z=31) appartiennent à la colonne 13 (groupe du bore) et possèdent 3 électrons de valence sur leur couche externe. Possédant un électron de valence de moins que le silicium, ils agissent comme accepteurs d'électrons : ils créent des trous mobiles dans le réseau cristallin. Ce sont des dopants de type \boldsymbol{P}.
  • Le phosphore (\text{P}, Z=15) et l'arsenic (\text{As}, Z=33) appartiennent à la colonne 15 (groupe de l'azote) et possèdent 5 électrons de valence sur leur couche externe. Possédant un électron de valence supplémentaire par rapport au silicium, ils agissent comme donneurs d'électrons : ils libèrent des électrons de conduction. Ce sont des dopants de type \boldsymbol{N}.
\boxed{\text{Dopants de type } N \text{ : phosphore (P), arsenic (As)} \quad ; \quad \text{Dopants de type } P \text{ : bore (B), gallium (Ga)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le classement des dopants devait être étayé par une justification suffisante.

« Cette question a été bien traitée mais peut être parfois pas suffisamment justifiée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : dopage semi-conducteur, taux de dopage

Du silicium est dopé au bore à raison de atomes de substitution par unité de volume. Quel est le taux de dopage (ou pourcentage de substitution) obtenu ?

Voir l'indice

Calculer le rapport n_B / n_{\text{Si}} avec la densité d'atomes de bore fournie et la densité atomique du silicium calculée précédemment.

Voir la réponse courte

Calcul du rapport entre la densité d'atomes dopants et la densité atomique du silicium hôte.

Voir le corrigé complet

Le taux de dopage (ou pourcentage de substitution) représente la fraction d'atomes de silicium remplacés par des atomes dopants de bore. En notant n_B = 10^{22}\text{ m}^{-3} la densité volumique d'atomes de bore introduits et n_{\text{Si}} la densité volumique d'atomes de silicium dans le cristal, ce taux s'écrit :

\tau_{\text{dop}} = \frac{n_B}{n_{\text{Si}}}

D'après la question Q8, la densité volumique d'atomes de silicium est :

n_{\text{Si}} = \frac{\rho \mathcal{N}_A}{M} \approx 5{,}0 \times 10^{28}\text{ m}^{-3}

On en déduit la valeur du taux de dopage :

\begin{aligned} \tau_{\text{dop}} &= \frac{10^{22}}{5{,}0 \times 10^{28}} = 2{,}0 \times 10^{-7} \end{aligned}

Exprimé en pourcentage, le taux de substitution obtenu est :

\boxed{\tau_{\text{dop}} = 2{,}0 \times 10^{-5}\ \% \quad (\text{soit } 0{,}20\text{ ppm})}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : conductivité électrique, porteur majoritaire

Proposer, en précisant les choix utilisés pour cela, une évaluation de la conductivité de ce silicium dopé. Commenter cette valeur.

Voir l'indice

Considérer que tous les atomes de bore sont ionisés à 300\text{ K}, de sorte que la concentration en trous majoritaires est p \approx n_B, d'où \gamma \approx p e \mu_p.

Voir la réponse courte

Évaluation de la conductivité \gamma \approx n_a e \mu_p avec les porteurs majoritaires et comparaison avec le silicium intrinsèque.

Voir le corrigé complet

Pour évaluer la conductivité \gamma du silicium dopé au bore, on formule les hypothèses physiques suivantes :

  1. Ionisation totale des dopants à température ambiante : chaque atome de bore introduit un trou dans la bande de valence, soit une densité de trous majoritaires :

    n_p \approx n_{\mathrm{B}} = 10^{22}\text{ m}^{-3}
  2. Négligence des porteurs minoritaires : la densité de trous n_p = 10^{22}\text{ m}^{-3} est très supérieure à la densité intrinsèque n_i \approx 1{,}4\times 10^{16}\text{ m}^{-3} (d'après la question Q8). La loi d'action de masse implique que la densité d'électrons libres n_e = n_i^2/n_p \approx 2\times 10^{10}\text{ m}^{-3} est totalement négligeable devant n_p. La conduction est donc quasi exclusivement assurée par les trous.
  3. Constance de la mobilité : on suppose que la mobilité des trous reste égale à celle du silicium intrinsèque fournie dans les données, soit \mu_p = 4{,}5\times 10^{-2}\text{ m}^2\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{s}^{-1} (on néglige l'effet de diffusion supplémentaire sur les impuretés ionisées).

La conductivité électrique du silicium dopé s'exprime alors par :

\gamma \approx n_p \, e \, \mu_p \approx n_{\mathrm{B}} \, e \, \mu_p

Application numérique :

\begin{aligned} \gamma &\approx 10^{22}\text{ m}^{-3} \times 1{,}62\times 10^{-19}\text{ C} \times 4{,}5\times 10^{-2}\text{ m}^2\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{s}^{-1} \\ \gamma &\approx 73\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\gamma \approx 73\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}}

Commentaire : La conductivité intrinsèque du silicium pur vaut \gamma_{\mathrm{int}} = 4{,}3\times 10^{-4}\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}. Le dopage au bore permet d'augmenter la conductivité d'un facteur :

\frac{\gamma}{\gamma_{\mathrm{int}}} \approx \frac{73}{4{,}3\times 10^{-4}} \approx 1{,}7\times 10^5

Ainsi, l'introduction d'une infime proportion d'atomes dopants (de l'ordre de 2\times 10^{-5}\,\%, d'après la question Q10) accroît la conductivité de plus de cinq ordres de grandeur. Cette conductivité reste néanmoins nettement inférieure à celle d'un bon conducteur métallique (de l'ordre de 10^7\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question ouverte a mis en difficulté la quasi-totalité des candidats.

« Cette question ouverte n’a pas été réussie. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cellule photovoltaïque, résistance interne

Quel intérêt présente ce dopage pour un générateur électrique comme une cellule photovoltaïque ?

Voir l'indice

Relier l'augmentation de la conductivité à la diminution de la résistance interne de la cellule et à la création d'un champ électrique interne à la jonction.

Voir la stratégie

Pour répondre à cette question de synthèse qualitative :

  1. Analyser les conséquences directes du dopage sur les propriétés de transport vues à la question précédente (diminution de la résistance interne).
  2. Expliquer le rôle structural du dopage différentiel (P et N) dans la création d'un champ électrique interne capable de séparer les porteurs photogénérés (principe même du générateur photovoltaïque).
Voir la réponse courte

Augmenter la conductivité pour limiter la résistance interne du capteur et ainsi minimiser les pertes par effet Joule.

Voir le corrigé complet

Le dopage présente deux intérêts fondamentaux pour une cellule photovoltaïque :

  1. Augmentation de la conductivité et réduction de la résistance interne :
    Comme établi en Q11, le dopage multiplie la conductivité électrique par un facteur de l'ordre de 10^5 par rapport au silicium intrinsèque (\gamma \approx 73\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} contre 4{,}3\times 10^{-4}\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}). Cette hausse considérable permet de diminuer drastiquement la résistance interne de la cellule, ce qui limite les pertes par effet Joule lors du débit et autorise l'extraction d'un courant électrique d'intensité notable (plusieurs ampères).
  2. Création d'une jonction PN pour la séparation des charges :
    Un matériau homogène éclairé verrait les paires électron-trou créées par les photons se recombiner rapidement sans produire de courant extérieur. En juxtaposant une zone dopée P et une zone dopée N, on réalise une jonction PN au sein de laquelle s'établit un champ électrique interne (dans la zone de charge d'espace). Ce champ sépare spatialement les électrons et les trous photogénérés en les drainant vers des zones opposées, créant ainsi une force électromotrice capable d'alimenter un circuit extérieur.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait identifier que le dopage a pour effet d'augmenter la conductivité.

« Il était intuitif que le dopage permettait une élévation de la conductivité de la cellule. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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II.C · Jonction PN

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : diffusion de particules, gradient de concentration

Quel peut-être le phénomène physique responsable d'une migration des porteurs majoritaires, électrons ou trous, d'une zone vers l'autre ?

Voir l'indice

Invoquer le gradient de concentration spatial des porteurs entre zones dopées différemment, moteur du phénomène de diffusion.

Voir la réponse courte

Le phénomène responsable est la diffusion de particules causée par le fort gradient de concentration des porteurs à la jonction.

Voir le corrigé complet

Le phénomène physique responsable de la migration initiale des porteurs majoritaires à travers la jonction est le phénomène de diffusion (diffusion de matière).

À la mise en contact ou à l'interface des deux zones, il existe un très fort gradient de concentration pour chaque type de porteur :

  • les électrons, très largement majoritaires dans la zone N (n_e \approx n_N) et quasi-absents de la zone P, diffusent de la zone N vers la zone P ;
  • les trous, très largement majoritaires dans la zone P (n_p \approx n_P) et quasi-absents de la zone N, diffusent de la zone P vers la zone N.

Ce transport de particules par agitation thermique tend spontanément à homogénéiser les densités de porteurs (courant de diffusion régi par la première loi de Fick).

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait l'identification du phénomène physique de diffusion.

« Toute réponse mentionnant le phénomène de diffusion était acceptée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : densité volumique de charge, jonction pn

Dans un modèle simplifié de jonction abrupte, tous les atomes accepteurs situés dans une zone d'épaisseur au voisinage de la jonction captent les électrons venus d'atomes donneurs de la zone sur une épaisseur . Déterminer les densités de charge et associées à cette modélisation (figure 2).

Voir l'indice

Identifier les charges fixes dénudées dans chaque zone de déplétion : ions donneurs ionisés positifs côté N, ions accepteurs ionisés négatifs côté P.

Voir la réponse courte

Dans la zone de déplétion, les impuretés ionisées non compensées imposent \rho_1 = +e n_N et \rho_2 = -e n_P.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de la jonction abrupte complètement désertée de porteurs libres dans la zone de charge d'espace (approximation de déplétion) :

  • Dans la zone \text{N} comprise entre z = 0 et z = z_1, les atomes donneurs ont perdu leur électron de conduction parti diffuser vers la zone \text{P}. Il subsiste des ions donneurs fixes et ionisés portant chacun une charge +e. La densité volumique d'atomes donneurs étant n_N, la densité volumique de charge s'écrit :

    \boxed{\rho_1 = +e\,n_N}
  • Dans la zone \text{P} comprise entre z = z_2 et z = 0 (z_2 < 0), chaque atome accepteur a capté un électron (ce qui revient à la disparition d'un trou libre). Il subsiste donc des ions accepteurs fixes portant chacun une charge -e. La densité volumique d'atomes accepteurs étant notée n_P, la densité volumique de charge s'écrit :

    \boxed{\rho_2 = -e\,n_P}

En dehors de cette zone de déplétion (pour z < z_2 et z > z_1), le semi-conducteur reste électriquement neutre (\rho = 0).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question faisant appel au sens physique a suscité de nombreuses erreurs.

« Cette question, demandant du sens physique, a été source de nombreuses erreurs. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : neutralité électrique, jonction pn

Déterminer une relation liant , , et .

Voir l'indice

Écrire la neutralité électrique globale de la zone de charge d'espace en intégrant la densité volumique de charge sur [-z_2, z_1].

Voir la stratégie

Pour relier les grandeurs géométriques de la zone de charge d'espace aux dopages, on exprime la conservation de la charge électrique : le cristal étant initialement neutre, la charge totale contenue dans la zone de déplétion est nulle.

Voir la réponse courte

Conservation de la charge globale imposant la neutralité globale : n_N z_1 = n_P (-z_2).

Voir le corrigé complet

Le semi-conducteur étant globalement neutre, la charge totale développée dans la zone de charge d'espace (ZCE) par unité de surface de jonction S doit être nulle. D'après l'énoncé de la question Q14, tous les électrons libérés par les atomes donneurs dans la tranche [0, z_1] sont captés par les atomes accepteurs dans la tranche [z_2, 0].

La condition de neutralité globale de la zone de déplétion s'écrit :

\int_{z_2}^{z_1} \rho(z)\,\mathrm{d}z = 0

En décomposant l'intégrale de part et d'autre de la jonction en z = 0 et en utilisant les densités volumiques de charge déterminées en Q14 (\rho_1 = +e\,n_N et \rho_2 = -e\,n_P) :

\begin{aligned} \int_{z_2}^{0} \rho_2\,\mathrm{d}z + \int_{0}^{z_1} \rho_1\,\mathrm{d}z &= 0 \\ \rho_2\,(0 - z_2) + \rho_1\,(z_1 - 0) &= 0 \\ -e\,n_P\,(-z_2) + e\,n_N\,z_1 &= 0 \end{aligned}

Sachant que z_1 > 0 et z_2 < 0, l'épaisseur de la zone désertée côté P vaut -z_2. On obtient la relation :

\boxed{n_N z_1 = -n_P z_2} \quad \text{soit} \quad \boxed{n_N z_1 + n_P z_2 = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La relation découlait de l'électroneutralité en veillant au signe négatif de z2.

« L’électroneutralité de la jonction était un argument permettant de déterminer la relation demandée. Il fallait toutefois bien faire attention au fait que z2 était négatif. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équation de maxwell-gauss, invariance et symétries

Expliquer pourquoi, dans ce modèle unidimensionnel, le champ électrostatique est parallèle à l'axe . Justifier la forme de la représentation graphique de donnée figure 2.

Voir l'indice

Utiliser les invariances par translation selon x et y et l'équation de Maxwell-Gauss \mathrm{d}E/\mathrm{d}z = \rho(z)/\varepsilon.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les invariances et les plans de symétrie de la distribution unidimensionnelle de charge pour déterminer l'orientation et les dépendances du champ électrostatique \vec{E}.
  2. Utiliser l'équation de Maxwell-Gauss dans le diélectrique pour relier la dérivée spatiale de E(z) à la densité volumique de charge \rho(z) dans chaque domaine.
  3. Conclure sur la continuité de E(z) et la forme affine par morceaux (allure triangulaire) observée sur la figure 2.
Voir la réponse courte

Symétries planes imposant un champ selon (Oz) ; théorème de Gauss unidimensionnel \mathrm{d}E/\mathrm{d}z = \rho/\varepsilon, affine par morceaux.

Voir le corrigé complet

Direction du champ électrostatique : Dans le modèle unidimensionnel, les couches dopées sont considérées comme infinies selon les directions transverses (Ox) et (Oy). La distribution de charges présente donc :

  • Une invariance par translation selon x et y, d'où \vec{E} = \vec{E}(z) ;
  • Pour tout point M(z), tout plan contenant la droite parallèle à (Oz) passant par M (en particulier les plans x = \text{cste} et y = \text{cste}) est un plan de symétrie de la distribution de charges.

Le champ électrostatique en un point appartenant à l'intersection de deux plans de symétrie orthogonaux est dirigé selon leur droite d'intersection. Le champ électrostatique est donc rigoureusement parallèle à l'axe (Oz) :

\vec{E}(z) = E(z)\,\vec{u}_z

Justification de la forme de la courbe E(z) : L'équation de Maxwell-Gauss s'écrit dans le silicium (diélectrique de permittivité \varepsilon) :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho(z)}{\varepsilon} \iff \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}z} = \frac{\rho(z)}{\varepsilon}

Comme la densité de charge volumique ne présente aucune singularité surfacique, le champ E(z) est continu sur tout l'espace.

Étudions les différentes régions :

  • Pour z < z_2 et z > z_1, en dehors de la zone de charge d'espace, le milieu est électriquement neutre (\rho = 0) : \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}z} = 0. Le champ étant nul dans les zones quasineutres à l'équilibre, on a :

    E(z) = 0 \quad \text{pour } z < z_2 \text{ et } z > z_1
  • Pour z_2 < z < 0 (zone de déplétion côté P) : d'après la question Q14, \rho(z) = \rho_2 = -e\,n_P < 0. La dérivée est constante et négative :

    \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}z} = \frac{\rho_2}{\varepsilon} < 0

    Par continuité en z = z_2 où E(z_2) = 0, E(z) décroît linéairement :

    E(z) = \frac{\rho_2}{\varepsilon}(z - z_2) = -\frac{e\,n_P}{\varepsilon}(z - z_2)

    En z = 0, le champ atteint sa valeur minimale, notée -E_{\max} :

    E(0) = \frac{\rho_2}{\varepsilon}(-z_2) = \frac{e\,n_P z_2}{\varepsilon} = -E_{\max} < 0 \quad (\text{car } z_2 < 0)
  • Pour 0 < z < z_1 (zone de déplétion côté N) : d'après la question Q14, \rho(z) = \rho_1 = +e\,n_N > 0. La dérivée est constante et positive :

    \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}z} = \frac{\rho_1}{\varepsilon} > 0

    E(z) croît donc linéairement depuis la valeur -E_{\max} :

    E(z) = -E_{\max} + \frac{e\,n_N}{\varepsilon} z

    Grâce à la neutralité globale établie à la question Q15 (n_N z_1 = -n_P z_2), la fonction s'annule exactement en z = z_1 :

    E(z_1) = -\frac{e\,n_P(-z_2)}{\varepsilon} + \frac{e\,n_N z_1}{\varepsilon} = 0

La fonction E(z) est donc nulle en dehors de [z_2, z_1], continue, affine par morceaux avec une pente négative pour z \in [z_2, 0] puis positive pour z \in [0, z_1], et admet un extremum négatif -E_{\max} en z=0, ce qui justifie précisément l'allure triangulaire de la figure 2.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'équation locale de Maxwell-Gauss était préférable au théorème de Gauss, souvent mal appliqué.

« L’analyse des symétries/invariances en électrostatique n’est pas maitrisée ; l’utilisation du théorème de Gauss n’est quasiment jamais correcte : surface non définie, parfois ouverte, le flux qui devient « ES » (sans qu’on sache où le champ est évalué) etc »

« Il est à noter que l’équation locale de Maxwell-Gauss était bien plus adaptée que le théorème de Gauss pour répondre à cette question. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : champ électrostatique, équation de maxwell-gauss

Relier la valeur maximale de la norme du champ électrique à , , et d'une part, à , , et d'autre part.

Voir l'indice

Intégrer \mathrm{d}E/\mathrm{d}z = \rho/\varepsilon de 0 à z_1 (où E(z_1)=0) et de z_2 à 0 (où E(z_2)=0).

Voir la réponse courte

Intégration de l'équation de Maxwell-Gauss sur les deux zones pour obtenir E_{\text{max}} = e n_N z_1 / \varepsilon = -e n_P z_2 / \varepsilon.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Maxwell-Gauss établie à la question Q16, le champ électrostatique \vec{E}(z) = E(z)\vec{e}_z vérifie :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}z} = \frac{\rho(z)}{\varepsilon}

En dehors de la zone de charge d'espace, le milieu est électriquement neutre, d'où E(z) = 0 pour z \leqslant z_2 et pour z \geqslant z_1.

  1. Côté zone N (0 < z < z_1) : la densité volumique de charge vaut \rho_1 = +e\,n_N. En intégrant entre z = 0 et z = z_1 :

    \begin{aligned} E(z_1) - E(0) &= \int_0^{z_1} \frac{e\,n_N}{\varepsilon}\,\mathrm{d}z = \frac{e\,n_N z_1}{\varepsilon} \end{aligned}

    Comme E(z_1) = 0 et E(0) = -E_{\text{max}} d'après la figure 2, on a -(-E_{\text{max}}) = \frac{e\,n_N z_1}{\varepsilon}, soit :

    \boxed{E_{\text{max}} = \frac{e\,n_N z_1}{\varepsilon}}
  2. Côté zone P (z_2 < z < 0) : la densité volumique de charge vaut \rho_2 = -e\,n_P. En intégrant entre z_2 et 0 :

    \begin{aligned} E(0) - E(z_2) &= \int_{z_2}^0 \left(-\frac{e\,n_P}{\varepsilon}\right)\mathrm{d}z = \frac{e\,n_P z_2}{\varepsilon} \end{aligned}

    Comme E(z_2) = 0 et E(0) = -E_{\text{max}}, il vient -E_{\text{max}} = \frac{e\,n_P z_2}{\varepsilon}, c'est-à-dire :

    \boxed{E_{\text{max}} = -\frac{e\,n_P z_2}{\varepsilon}}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : potentiel électrostatique, tension de diffusion

Déterminer la différence de potentiel électrostatique en fonction de , et .

Voir l'indice

Utiliser la relation E(z) = -\mathrm{d}V/\mathrm{d}z : la différence de potentiel correspond à l'opposé de l'aire sous la courbe triangulaire de E(z).

Voir la stratégie
  1. Relier le champ électrostatique au potentiel électrostatique par la relation locale \vec{E} = -\vec{\nabla} V.
  2. Exprimer la différence de potentiel V_0 = V(z_1) - V(z_2) comme l'opposé de la circulation du champ électrique entre z_2 et z_1.
  3. Calculer cette intégrale à l'aide de l'aire géométrique du triangle sous la courbe E(z) représentée sur la figure 2.
Voir la réponse courte

Intégration de E(z) = -\mathrm{d}V/\mathrm{d}z : l'aire triangulaire donne la différence de potentiel V_0 = \frac{1}{2} E_{\text{max}} (z_1 - z_2).

Voir le corrigé complet

Le champ électrique dérive du potentiel électrostatique selon la relation :

\vec{E} = -\vec{\nabla} V = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z

soit :

\mathrm{d}V = -E(z)\,\mathrm{d}z

En intégrant entre la limite côté P (z = z_2) et la limite côté N (z = z_1), on obtient la différence de potentiel de contact (ou potentiel interne) V_0 :

V_0 = V(z_1) - V(z_2) = -\int_{z_2}^{z_1} E(z)\,\mathrm{d}z

D'après la figure 2, la courbe représentative de E(z) entre z_2 et z_1 est formée de deux segments linéaires se rejoignant en z = 0 à la valeur -E_{\max}, avec E(z_2) = E(z_1) = 0.

L'intégrale \int_{z_2}^{z_1} E(z)\,\mathrm{d}z correspond à l'aire algébrique délimitée par la courbe E(z) et l'axe des abscisses, qui forme un triangle de base z_1 - z_2 et de hauteur -E_{\max} :

\begin{aligned} \int_{z_2}^{z_1} E(z)\,\mathrm{d}z &= \int_{z_2}^{0} E(z)\,\mathrm{d}z + \int_{0}^{z_1} E(z)\,\mathrm{d}z \\ &= \frac{1}{2}(-z_2)(-E_{\max}) + \frac{1}{2}z_1(-E_{\max}) \\ &= -\frac{1}{2} E_{\max}(z_1 - z_2) \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\boxed{V_0 = \frac{1}{2} E_{\max}(z_1 - z_2)}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : zone de charge d'espace, jonction pn

Établir l'expression de l'épaisseur de la jonction .

Voir l'indice

Combiner la relation de neutralité liant z_1 et z_2 avec l'expression de V_0 pour factoriser par w = z_1 - z_2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les extensions spatiales z_1 et -z_2 en fonction de E_{\max} à partir des relations établies à la question Q17 afin d'écrire l'épaisseur w = z_1 - z_2.
  2. Éliminer E_{\max} à l'aide de la relation reliant V_0, E_{\max} et w obtenue à la question Q18, puis isoler w.
Voir la réponse courte

Combinaison des expressions de V_0, E_{\text{max}} et de la relation de neutralité pour établir la formule de l'épaisseur w.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q17, le champ électrique maximal s'exprime par :

E_{\max} = \frac{e n_N z_1}{\varepsilon} = -\frac{e n_P z_2}{\varepsilon}

On en déduit immédiatement les extensions de la zone de charge d'espace de part et d'autre de la jonction :

\begin{aligned} z_1 &= \frac{\varepsilon E_{\max}}{e\,n_N} \\ -z_2 &= \frac{\varepsilon E_{\max}}{e\,n_P} \end{aligned}

L'épaisseur totale w = z_1 - z_2 de la zone de déplétion vaut donc :

w = z_1 - z_2 = \frac{\varepsilon E_{\max}}{e} \left( \frac{1}{n_P} + \frac{1}{n_N} \right)

Par ailleurs, la relation obtenue à la question Q18 donne :

V_0 = \frac{1}{2} E_{\max} (z_1 - z_2) = \frac{1}{2} E_{\max} w \implies E_{\max} = \frac{2 V_0}{w}

En injectant cette expression de E_{\max} dans celle de w, on obtient :

w = \frac{\varepsilon}{e} \left( \frac{2 V_0}{w} \right) \left( \frac{1}{n_P} + \frac{1}{n_N} \right) \iff w^2 = \frac{2\varepsilon V_0}{e} \left( \frac{1}{n_P} + \frac{1}{n_N} \right)

Puisque w > 0, on aboutit finalement à :

\boxed{w = z_1 - z_2 = \sqrt{\frac{2\varepsilon V_0}{e}\left(\frac{1}{n_P} + \frac{1}{n_N}\right)}}

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : zone de charge d'espace, jonction pn

Évaluer numériquement l'épaisseur de jonction si , .

Voir l'indice

Calculer d'abord n_P = n_N/100, puis appliquer numériquement la formule établie à la question précédente.

Voir la réponse courte

Application numérique directe de l'expression de w.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q19, l'épaisseur de la zone de déplétion s'écrit :

w = \sqrt{\frac{2\varepsilon V_0}{e}\left(\frac{1}{n_P} + \frac{1}{n_N}\right)}

avec \varepsilon = \varepsilon_0 \varepsilon_r.

À partir des données de l'énoncé :

  • n_N = 1{,}0 \times 10^{24}\text{ m}^{-3} ;
  • n_P = \dfrac{n_N}{100} = 1{,}0 \times 10^{22}\text{ m}^{-3} ;
  • \dfrac{1}{n_P} + \dfrac{1}{n_N} = 1{,}0 \times 10^{-22} + 1{,}0 \times 10^{-24} = 1{,}01 \times 10^{-22}\text{ m}^3 ;
  • \varepsilon = 11{,}8 \times 8{,}85 \times 10^{-12} = 1{,}044 \times 10^{-10}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • V_0 = 0{,}84\text{ V} ;
  • e = 1{,}62 \times 10^{-19}\text{ C} (selon la table des constantes du sujet).

L'application numérique donne :

\begin{aligned} w &= \sqrt{\frac{2 \times 1{,}044 \times 10^{-10} \times 0{,}84}{1{,}62 \times 10^{-19}} \times 1{,}01 \times 10^{-22}} \\ &= \sqrt{1{,}094 \times 10^{-13}\text{ m}^2} \\ &\approx 3{,}3 \times 10^{-7}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{w \approx 0{,}33\text{ }\mu\text{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convient de vérifier la cohérence physique de l'ordre de grandeur de la zone de déplétion.

« Un peu de bon sens tout de même ! Que dire d’une réponse du genre « La zone de déplétion mesure donc 3,3.103 km » ? »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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II.D · Effet photovoltaïque

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : effet photoélectrique, seuil photoélectrique

Quelles sont les longueurs d'onde susceptibles de créer une paire électron-trou ? Cette jonction PN convient-elle à la conversion photovoltaïque du rayonnement solaire ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'absorption h c / \lambda \ge e V_0 pour trouver \lambda_{\max}, puis la comparer au spectre d'émission solaire visible/proche IR.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition sur l'énergie du photon incident pour permettre la création d'une paire électron-trou d'après l'hypothèse de l'énoncé.
  2. En déduire la condition sur la longueur d'onde \lambda du photon incident et calculer la valeur seuil \lambda_{\max}.
  3. Comparer ce domaine de longueurs d'onde au spectre de l'émission solaire au niveau du sol terrestre afin de conclure sur l'adéquation de la cellule.
Voir la réponse courte

Condition \lambda \le hc / E_g ; calcul de la longueur d'onde seuil et adéquation avec le spectre d'émission solaire centré dans le visible.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'énergie minimale requise pour créer une paire électron-trou correspond au franchissement de la barrière de potentiel de potentiel V_0 par une charge élémentaire e, soit :

E_{\min} = e V_0

L'énergie d'un photon de longueur d'onde \lambda dans le vide est donnée par la relation de Planck-Einstein :

E_{\text{ph}} = h\nu = \frac{hc}{\lambda}

La création d'une paire électron-trou par absorption d'un photon n'est donc possible que si E_{\text{ph}} \geqslant E_{\min}, c'est-à-dire :

\frac{hc}{\lambda} \geqslant e V_0 \iff \lambda \leqslant \lambda_{\max} = \frac{hc}{e V_0}

Avec V_0 = 0{,}84\text{ V} (valeur issue de la question Q20) et les données du sujet :

\begin{aligned} \lambda_{\max} &= \frac{6{,}63 \times 10^{-34} \times 3{,}00 \times 10^8}{1{,}62 \times 10^{-19} \times 0{,}84} \\ &= 1{,}46 \times 10^{-6}\text{ m} = 1{,}46\text{ }\mu\text{m} = 1460\text{ nm} \end{aligned}
\boxed{\lambda \leqslant \lambda_{\max} \approx 1{,}46\text{ }\mu\text{m}}

Adéquation au rayonnement solaire : Le spectre du rayonnement solaire arrivant au sol présente un maximum d'intensité dans le domaine visible (\lambda \approx 500\text{ nm}) et s'étend principalement des ultraviolets proches (\lambda \approx 300\text{ nm}) jusqu'à l'infrarouge.

Puisque la longueur d'onde seuil \lambda_{\max} \approx 1{,}46\text{ }\mu\text{m} est située dans le proche infrarouge, l'ensemble des photons du spectre visible (400\text{ nm} \leqslant \lambda \leqslant 750\text{ nm}) ainsi qu'une fraction majeure du proche infrarouge possèdent une énergie suffisante pour créer des paires électron-trou (E_{\text{ph}} \geqslant 0{,}84\text{ eV}).

\boxed{\text{Cette jonction PN convient donc tout à fait à la conversion photovoltaïque du rayonnement solaire.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait écrire une inégalité pour la longueur d'onde et vérifier le réalisme physique de la valeur obtenue.

« La réponse « λ= hc eV0 » ne suffisait pas. Une réponse « λ⩽hc eV0 » était bien plus appropriée. »

« Pour de nombreux candidats, le soleil émet majoritairement dans l’UV […] et les longueurs d’onde obtenues par le calcul sont très largement aberrantes (10-25m, 10-32m). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : effet photovoltaïque, jonction pn

Reproduire le schéma de la cellule, avec sa jonction PN, reliée à un récepteur électrique. En complétant ce schéma, décrire qualitativement les évolutions de l'électron et du trou créés dans la zone de déplétion, expliquer le rôle de générateur électrique réalisé par la cellule photovoltaïque, en précisant sa polarité et le sens du courant électrique délivré par celle-ci.

Voir l'indice

Analyser l'action de la force électrique \vec{F} = q\vec{E} sur l'électron (q = -e) et le trou (q = +e) créés dans la zone où \vec{E} est dirigé selon -\vec{e}_z.

Voir la stratégie
  1. Reproduire le schéma de la jonction PN en circuit fermé avec un récepteur, orienté selon l'axe (Oz) de la figure 2.
  2. Déterminer le sens de la force électrique s'exerçant sur chaque porteur créé dans la zone de charge d'espace à partir du sens du champ électrique de jonction.
  3. En déduire l'accumulation des charges aux bornes, la polarité de la cellule, le sens du courant dans le circuit extérieur et son fonctionnement en générateur.
Voir la réponse courte

Schéma de la jonction : séparation des paires électron-trou par le champ interne, électrons vers N, trous vers P, sens du photocourant.

Voir le corrigé complet

1. Évolution des porteurs générés :

  • D'après la question Q16, le champ électrique interne de jonction est dirigé suivant les z décroissants : \vec{E} = E(z)\,\vec{e}_z avec E(z) < 0 (soit de la zone N vers la zone P).
  • L'électron créé dans la zone de déplétion est soumis à la force électrostatique \vec{F}_e = -e\vec{E}, orientée vers les z croissants. Il est donc accéléré et repoussé vers la zone N.
  • Le trou créé, de charge positive +e, est soumis à la force \vec{F}_h = +e\vec{E}, orientée vers les z décroissants. Il est donc accéléré et entraîné vers la zone P.

2. Rôle de générateur, polarité et sens du courant :

  • La séparation spatiale systématique de ces porteurs photo-induits provoque une accumulation d'électrons libres dans la zone N et de trous dans la zone P.
  • Il apparaît ainsi une force électromotrice : la zone P constitue le pôle positif (+) et la zone N constitue le pôle négatif (-).
  • Dans le circuit extérieur fermé sur le récepteur, les électrons transitent de la zone N vers la zone P. Le sens conventionnel du courant électrique I (sens inverse de circulation des électrons) est donc orienté du pôle positif (zone P) vers le pôle négatif (zone N) à travers le récepteur.
\boxed{\text{Pôle }(+) \text{ : zone P} \quad ; \quad \text{Pôle }(-) \text{ : zone N} \quad ; \quad I \text{ circule de P vers N dans le récepteur.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très mal comprise par les candidats malgré un barème bienveillant.

« Cette question n’a vraiment pas été comprise, bien que le barème fût relativement souple. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Partie III : Traitement antireflet de la cellule

III.A · Réflexion sur le silicium

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : vecteur d'onde, onde plane progressive

Exprimer les vecteurs d'onde , et à l'aide de , , , et .

Voir l'indice

Appliquer la relation de dispersion dans chaque milieu diélectrique non magnétique : k = n \omega / c en tenant compte du sens de propagation.

Voir la stratégie
  1. Identifier pour chaque onde son milieu de propagation (verre d'indice n_v ou silicium d'indice n_s) afin d'en déduire la norme de son vecteur d'onde via la relation de dispersion k = \frac{n\omega}{c}.
  2. Déterminer le sens de propagation le long de l'axe (Oz) à partir de la figure 3 et de la forme de la phase spatio-temporelle (\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r}).
Voir la réponse courte

Écriture des vecteurs d'onde incident, réfléchi et transmis : \vec{k}_i = n_v(\omega/c)\vec{e}_z, \vec{k}_r = -n_v(\omega/c)\vec{e}_z et \vec{k}_t = n_s(\omega/c)\vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

Dans un milieu d'indice de réfraction réel n, la relation de dispersion d'une onde électromagnétique plane monochromatique de pulsation \omega s'écrit :

k = \frac{\omega}{v_\varphi} = \frac{n\omega}{c}

La forme générale du facteur de phase d'une onde plane progressive est \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})}, où \vec{r} = z\vec{e}_z.

  • Onde incidente : elle se propage dans le verre (indice n_v) dans le sens des z croissants. Son vecteur d'onde s'écrit :

    \vec{k}_i = \frac{n_v \omega}{c}\vec{e}_z

    ce qui correspond bien à la phase (\omega t - k_i z) avec k_i = \frac{n_v \omega}{c}.

  • Onde réfléchie : elle se propage dans le verre (indice n_v) dans le sens des z décroissants, vers les z<0. Son vecteur d'onde s'écrit :

    \vec{k}_r = -\frac{n_v \omega}{c}\vec{e}_z

    On retrouve alors la phase \omega t - \vec{k}_r\cdot\vec{r} = \omega t - (-k_r z) = \omega t + k_r z avec k_r = \frac{n_v \omega}{c}.

  • Onde transmise : elle se propage dans le silicium (indice n_s) dans le sens des z croissants. Son vecteur d'onde s'écrit :

    \vec{k}_t = \frac{n_s \omega}{c}\vec{e}_z

    ce qui correspond bien à la phase (\omega t - k_t z) avec k_t = \frac{n_s \omega}{c}.

\boxed{\vec{k}_i = \frac{n_v \omega}{c}\vec{e}_z, \quad \vec{k}_r = -\frac{n_v \omega}{c}\vec{e}_z, \quad \vec{k}_t = \frac{n_s \omega}{c}\vec{e}_z}

Résultat

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : structure de l'opph, équation de maxwell

Exprimer les champs magnétiques des trois ondes, en notation complexe, en précisant leurs amplitudes , et en fonction de , , , , , et (vecteur unitaire de l'axe ).

Voir l'indice

Utiliser la structure de l'onde plane progressive monochromatique : \vec{B} = (\vec{k}/\omega) \wedge \vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}}\,\underline{\vec{E}} = -\dfrac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t} reliant les champs électrique et magnétique d'une onde plane progressive monochromatique dans un milieu non magnétique (\mu_r = 1).
  2. Exprimer \underline{\vec{B}} = \dfrac{\vec{k} \wedge \underline{\vec{E}}}{\omega} pour chacune des ondes (ou dériver par rapport à z).
  3. Identifier pour chacune des ondes l'amplitude complexe du champ magnétique en fonction de celle du champ électrique.
Voir la réponse courte

Utilisation de la relation de structure \underline{\vec{B}} = (\vec{k}/\omega) \wedge \underline{\vec{E}} pour chaque onde plane sous incidence normale.

Voir le corrigé complet

Dans les deux milieux considérés (verre et silicium), assimilés à des diélectriques parfaits non magnétiques (\mu = \mu_0), l'équation de Maxwell-Faraday s'écrit en notation complexe :

\vec{\operatorname{rot}}\,\underline{\vec{E}} = -\frac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t} = -\mathrm{i}\omega \underline{\vec{B}}

Pour une onde plane progressive monochromatique harmonique de pulsation \omega et de vecteur d'onde \vec{k}, cette relation donne la structure de l'onde :

\underline{\vec{B}}(z,t) = \frac{\vec{k} \wedge \underline{\vec{E}}(z,t)}{\omega}

Onde incidente (dans le verre, z < 0) : Le vecteur d'onde est \vec{k}_i = \dfrac{n_v \omega}{c}\,\vec{e}_z (d'après la question Q23). On a donc :

\underline{\vec{B}}_i(z,t) = \frac{\vec{k}_i \wedge \underline{\vec{E}}_i(z,t)}{\omega} = \frac{n_v}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0i}\right) \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_i z)}

d'où l'amplitude du champ magnétique incident :

\boxed{\underline{\vec{B}}_{0i} = \frac{n_v}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0i}\right)}

et l'expression complète :

\boxed{\underline{\vec{B}}_i(z,t) = \underline{\vec{B}}_{0i} \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_i z)}}

Onde réfléchie (dans le verre, z < 0) : Le vecteur d'onde est \vec{k}_r = -\dfrac{n_v \omega}{c}\,\vec{e}_z. Il vient :

\underline{\vec{B}}_r(z,t) = \frac{\vec{k}_r \wedge \underline{\vec{E}}_r(z,t)}{\omega} = -\frac{n_v}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0r}\right) \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_r z)}

d'où l'amplitude du champ magnétique réfléchi :

\boxed{\underline{\vec{B}}_{0r} = -\frac{n_v}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0r}\right)}

et l'expression complète :

\boxed{\underline{\vec{B}}_r(z,t) = \underline{\vec{B}}_{0r} \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_r z)}}

Onde transmise (dans le silicium, z > 0) : Le vecteur d'onde est \vec{k}_t = \dfrac{n_s \omega}{c}\,\vec{e}_z. Il vient :

\underline{\vec{B}}_t(z,t) = \frac{\vec{k}_t \wedge \underline{\vec{E}}_t(z,t)}{\omega} = \frac{n_s}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0t}\right) \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_t z)}

d'où l'amplitude du champ magnétique transmis :

\boxed{\underline{\vec{B}}_{0t} = \frac{n_s}{c} \left(\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_{0t}\right)}

et l'expression complète :

\boxed{\underline{\vec{B}}_t(z,t) = \underline{\vec{B}}_{0t} \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_t z)}}

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : relation de passage, coefficient de réflexion

En traduisant les conditions aux limites, exprimer le coefficient de réflexion pour l'amplitude du champ électrique en fonction de .

Voir l'indice

Écrire la continuité des composantes tangentielles de \vec{E} et \vec{B} en z=0 pour en déduire le rapport E_{0r}/E_{0i}.

Voir la réponse courte

Continuité des composantes tangentielles de \vec{E} et \vec{B}/\mu_0 en z=0 pour établir r_{vs} = (n_v - n_s)/(n_v + n_s).

Voir le corrigé complet

L'onde étant sous incidence normale avec une direction de propagation selon \vec{e}_z, les champs électriques et magnétiques sont purement transverses, donc entièrement contenus dans le plan de l'interface z = 0 : toutes leurs composantes sont tangentielles.

Sans perte de généralité, fixons la polarisation rectiligne du champ électrique incident selon \vec{u}_x :

\vec{E}_{0i} = E_{0i}\,\vec{u}_x, \quad \vec{E}_{0r} = E_{0r}\,\vec{u}_x, \quad \vec{E}_{0t} = E_{0t}\,\vec{u}_x

D'après les résultats de la question Q24, les amplitudes des champs magnétiques associés s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{B}_{0i} &= \frac{n_v}{c} E_{0i}\,\vec{u}_y \\ \vec{B}_{0r} &= -\frac{n_v}{c} E_{0r}\,\vec{u}_y \\ \vec{B}_{0t} &= \frac{n_s}{c} E_{0t}\,\vec{u}_y \end{aligned}

D'après l'énoncé, les composantes tangentielles des champs électrique et magnétique sont continues en z = 0 à chaque instant :

  1. Continuité du champ électrique tangentiel en z = 0 :

    E_{0i} + E_{0r} = E_{0t} \tag{1}
  2. Continuité du champ magnétique tangentiel en z = 0 :

    \frac{n_v}{c} (E_{0i} - E_{0r}) = \frac{n_s}{c} E_{0t} \iff n_v(E_{0i} - E_{0r}) = n_s E_{0t} \tag{2}

En injectant la relation (1) dans la relation (2), il vient :

\begin{aligned} n_v(E_{0i} - E_{0r}) &= n_s(E_{0i} + E_{0r}) \\ (n_v + n_s)E_{0r} &= (n_v - n_s)E_{0i} \end{aligned}

Le coefficient de réflexion en amplitude du champ électrique r = \frac{E_{0r}}{E_{0i}} est donc :

r = \frac{n_v - n_s}{n_v + n_s}

En identifiant avec la notation générale de l'énoncé r_{12} = \frac{n_1 - n_2}{n_1 + n_2} pour les milieux 1 = v (verre) et 2 = s (silicium), on obtient :

\boxed{r = r_{vs}}

soit sous forme vectorielle : \vec{E}_{0r} = r_{vs} \vec{E}_{0i}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Toute grandeur introduite doit être définie et le caractère tangentiel des champs explicité.

« Un coefficient « r» qui tombe du ciel ne vaut rien ! Toutes les grandeurs non définies dans l’énoncé mais utilisées doivent être auparavant définies. Le caractère tangentiel des champs devait être explicité. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : coefficient de réflexion énergétique, facteur de réflexion

Exprimer le coefficient de réflexion énergétique. Calculer et commenter sa valeur numérique.

Voir l'indice

Calculer R = |r|^2 = r_{vs}^2 et commenter la part d'énergie lumineuse perdue sans traitement antireflet.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de réflexion énergétique R à partir du flux moyen du vecteur de Poynting des ondes incidente et réfléchie, toutes deux dans le verre.
  2. Réaliser l'application numérique avec les indices n_v = 1{,}5 et n_s = 4{,}0 fournis par l'énoncé.
  3. Commenter la valeur obtenue en termes de pertes pour la cellule photovoltaïque et justifier l'intérêt de la suite de l'étude (traitement antireflet).
Voir la réponse courte

Expression R = |r_{vs}|^2 = ((n_v - n_s)/(n_v + n_s))^2, calcul numérique montrant une perte par réflexion importante nécessitant un traitement.

Voir le corrigé complet

Le flux moyen d'énergie électromagnétique transporté par une onde plane progressive monochromatique se propageant dans un milieu d'indice n est donné par la norme du vecteur de Poynting moyen :

\|\langle \vec{\Pi} \rangle\| = \frac{n}{2\mu_0 c} E_0^2

Les ondes incidente et réfléchie se propageant toutes deux dans le même milieu (le verre d'indice n_v), le coefficient de réflexion énergétique R s'écrit simplement :

R = \frac{\|\langle \vec{\Pi}_r \rangle\|}{\|\langle \vec{\Pi}_i \rangle\|} = \frac{\frac{n_v}{2\mu_0 c} E_{0r}^2}{\frac{n_v}{2\mu_0 c} E_{0i}^2} = \left(\frac{E_{0r}}{E_{0i}}\right)^2 = r_{vs}^2

En utilisant l'expression de r_{vs} établie à la question Q25 :

\boxed{R = \left(\frac{n_v - n_s}{n_v + n_s}\right)^2}

Avec n_v = 1{,}5 et n_s = 4{,}0 :

\begin{aligned} r_{vs} &= \frac{1{,}5 - 4{,}0}{1{,}5 + 4{,}0} = -\frac{2{,}5}{5{,}5} = -\frac{5}{11} \approx -0{,}455 \\ R &= \left(-\frac{5}{11}\right)^2 = \frac{25}{121} \approx 0{,}207 \end{aligned}

Soit numériquement :

\boxed{R \approx 21\,\%}

Commentaire : Plus d'un cinquième (21\,\%) de l'énergie lumineuse incidente est directement réfléchie à l'interface verre-silicium et ne peut donc pas être absorbée pour produire des paires électron-trou. Il s'agit d'une perte d'énergie considérable qui diminue significativement le rendement de la cellule. Cela justifie la mise en place d'un traitement antireflet (étudié en partie III.B) pour abaisser ce facteur de réflexion et maximiser le rayonnement transmis dans le silicium.

Résultat

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III.B · Couche antireflet

Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : couche mince antireflet, réflexion multiple

Établir la relation .

Voir l'indice

Appliquer les conditions de continuité en z = e entre le dépôt et le silicium, en observant que l'onde dans le silicium est purement transmise vers les z>0.

Voir la stratégie
  1. Écrire la continuité des composantes tangentielles des champs électrique et magnétique à l'interface z = e séparant la couche antireflet (d'indice n_d) et le substrat de silicium (d'indice n_s).
  2. Relier le champ réfléchi \underline{\vec{E}}_2(e,t) au champ incident \underline{\vec{E}}_1(e,t) en faisant apparaître le coefficient de réflexion d'interface r_{ds}.
  3. Exprimer cette relation sur les amplitudes complexes \underline{\vec{E}}_{01} et \underline{\vec{E}}_{02} en utilisant la définition du déphasage \varphi = 2 n_d e \omega / c.
Voir la réponse courte

Prise en compte du déphasage d'aller-retour \varphi = 2 n_d k_0 e_c dans la couche mince et de la réflexion à l'interface diélectrique-silicium.

Voir le corrigé complet

À l'interface z = e entre le dépôt antireflet (milieu d, pour 0 < z < e) et le silicium (milieu s, pour z > e), la lumière se propage sous incidence normale. Les champs électriques sont purement transverses (orthogonaux à \vec{e}_z).

Dans la couche antireflet, le champ électrique total s'écrit :

\underline{\vec{E}}(z,t) = \underline{\vec{E}}_1(z,t) + \underline{\vec{E}}_2(z,t) = \underline{\vec{E}}_{01}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_d z)} + \underline{\vec{E}}_{02}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_d z)}

avec k_d = \dfrac{n_d\omega}{c}. D'après la relation de structure d'une onde plane progressive monochromatique (analogue à la question Q24), le champ magnétique associé est :

\underline{\vec{B}}(z,t) = \frac{n_d}{c}\,\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_1(z,t) - \frac{n_d}{c}\,\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_2(z,t)

Dans le silicium (z > e), seule l'onde transmise vers les z > 0 se propage :

\underline{\vec{E}}_t(z,t) = \underline{\vec{E}}_{0t}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_t z)} \quad \text{et} \quad \underline{\vec{B}}_t(z,t) = \frac{n_s}{c}\,\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}_t(z,t)

La continuité des composantes tangentielles des champs électrique et magnétique en z = e s'écrit :

\begin{aligned} \underline{\vec{E}}_1(e,t) + \underline{\vec{E}}_2(e,t) &= \underline{\vec{E}}_t(e,t) \\ n_d \left( \underline{\vec{E}}_1(e,t) - \underline{\vec{E}}_2(e,t) \right) &= n_s\,\underline{\vec{E}}_t(e,t) \end{aligned}

En éliminant le champ transmis \underline{\vec{E}}_t(e,t) entre ces deux équations, on obtient :

\begin{aligned} n_d \left( \underline{\vec{E}}_1(e,t) - \underline{\vec{E}}_2(e,t) \right) &= n_s \left( \underline{\vec{E}}_1(e,t) + \underline{\vec{E}}_2(e,t) \right) \\ (n_d + n_s)\,\underline{\vec{E}}_2(e,t) &= (n_d - n_s)\,\underline{\vec{E}}_1(e,t) \end{aligned}

Soit, avec r_{ds} = \dfrac{n_d - n_s}{n_d + n_s} :

\underline{\vec{E}}_2(e,t) = r_{ds}\,\underline{\vec{E}}_1(e,t)

En remplaçant par les formes d'onde en z = e :

\underline{\vec{E}}_{02}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_d e)} = r_{ds}\,\underline{\vec{E}}_{01}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_d e)}

Après simplification par \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, on dégage l'amplitude complexe \underline{\vec{E}}_{02} :

\underline{\vec{E}}_{02} = r_{ds}\,\underline{\vec{E}}_{01}\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}k_d e}

Or, 2k_d e = 2\,\dfrac{n_d\omega}{c}\,e = \varphi. On aboutit donc directement à :

\boxed{\underline{\vec{E}}_{02} = r_{ds}\underline{\vec{E}}_{01}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi}}

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : couche quart d'onde, interférence destructive

En déduire que la fonction antireflet n'est réalisée que si , avec entier, et .

Voir l'indice

Écrire la condition de réflexion nulle en z=0 (E_{0r}=0) et annuler séparément le module et la phase du numérateur de l'amplitude globale.

Voir la stratégie
  1. Écrire les conditions aux limites pour les champs électromagnétiques à l'interface z = 0 (continuité des composantes tangentielles de \underline{\vec{E}} et \underline{\vec{B}}), en prenant en compte l'absence d'onde réfléchie dans le verre.
  2. Relier \vec{E}_{02} à \vec{E}_{01} à cette même interface z = 0, puis combiner avec la relation établie en z = e à la question Q27.
  3. Identifier séparément les conditions sur la phase (partie imaginaire / argument) et sur l'amplitude (module) pour en déduire \varphi et l'indice n_d.
Voir la réponse courte

Condition d'interférences totalement destructives en réflexion : opposition de phase \varphi = (2p+1)\pi et égalité des amplitudes r_{vd} = r_{ds}.

Voir le corrigé complet

Dans le verre (z < 0), l'onde réfléchie étant nulle par hypothèse, le champ électromagnétique se réduit à l'onde incidente :

\begin{aligned} \underline{\vec{E}}(z < 0, t) &= \vec{E}_{0i} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_v z)}, \\ \underline{\vec{B}}(z < 0, t) &= \frac{n_v}{c} \vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}(z < 0, t). \end{aligned}

Dans la couche antireflet (0 < z < e), le champ est la somme de l'onde incidente et de l'onde réfléchie sur le silicium :

\begin{aligned} \underline{\vec{E}}(z, t) &= \vec{E}_{01} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_d z)} + \vec{E}_{02} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_d z)}, \\ \underline{\vec{B}}(z, t) &= \frac{n_d}{c} \vec{e}_z \wedge \left( \vec{E}_{01} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_d z)} - \vec{E}_{02} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + k_d z)} \right). \end{aligned}

Les composantes tangentielles des champs électrique et magnétique étant continues en z = 0, on obtient en choisissant une polarisation rectiligne selon \vec{e}_x (et donc un champ magnétique selon \vec{e}_y) :

\begin{aligned} \vec{E}_{0i} &= \vec{E}_{01} + \vec{E}_{02}, \\ n_v \vec{E}_{0i} &= n_d (\vec{E}_{01} - \vec{E}_{02}). \end{aligned}

En éliminant l'amplitude incidente \vec{E}_{0i}, il vient :

n_v (\vec{E}_{01} + \vec{E}_{02}) = n_d (\vec{E}_{01} - \vec{E}_{02}) \iff (n_d + n_v)\vec{E}_{02} = (n_d - n_v)\vec{E}_{01},

soit :

\vec{E}_{02} = \frac{n_d - n_v}{n_d + n_v} \vec{E}_{01} = - r_{vd} \vec{E}_{01}.

Or, d'après le résultat de la question Q27, l'interface en z = e impose :

\vec{E}_{02} = r_{ds} \vec{E}_{01} \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi}.

Comme l'amplitude transmise \vec{E}_{01} n'est pas identiquement nulle, on en déduit l'égalité :

- r_{vd} = r_{ds} \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} \iff r_{vd} + r_{ds} \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} = 0.

Dans le cas d'une couche intermédiaire où n_v < n_d < n_s :

r_{vd} = \frac{n_v - n_d}{n_v + n_d} < 0 \quad \text{et} \quad r_{ds} = \frac{n_d - n_s}{n_d + n_s} < 0.

On peut donc réécrire la relation sous la forme :

\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} = - \frac{r_{vd}}{r_{ds}} = - \frac{|r_{vd}|}{|r_{ds}|}.

Comme |r_{vd}| / |r_{ds}| est un réel strictement positif et que |\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi}| = 1, l'égalité impose :

  1. Pour la phase : \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\varphi} = -1, ce qui nécessite :

    \boxed{\varphi = (2p+1)\pi \quad (p \in \mathbb{Z})}
  2. Pour les amplitudes : |r_{vd}| = |r_{ds}|, soit avec les signes identifiés :

    \begin{aligned} r_{vd} = r_{ds} &\iff \frac{n_v - n_d}{n_v + n_d} = \frac{n_d - n_s}{n_d + n_s} \\ &\iff (n_v - n_d)(n_d + n_s) = (n_d - n_s)(n_v + n_d) \\ &\iff n_v n_d + n_v n_s - n_d^2 - n_d n_s = n_d n_v + n_d^2 - n_s n_v - n_s n_d \\ &\iff 2n_d^2 = 2n_v n_s. \end{aligned}

Les indices optiques étant positifs, on conclut :

\boxed{n_d = \sqrt{n_v n_s}}

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : couche antireflet, conversion d'énergie

Justifier que l'on a intérêt à se placer dans ces conditions pour la conversion photovoltaïque du rayonnement solaire.

Voir l'indice

Expliquer comment l'annulation du coefficient de réflexion maximise le flux photonique transmis vers la zone de déplétion active.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le bilan énergétique au niveau de l'interface en l'absence et en présence du traitement antireflet.
  2. Relier le flux lumineux transmis vers le silicium à la génération de photocourant et au rendement de conversion énergétique.
  3. Discuter le choix de la longueur d'onde de travail au regard du spectre d'émission solaire.
Voir la réponse courte

Minimiser l'énergie lumineuse réfléchie pour maximiser la transmission de puissance lumineuse absorbée par la cellule photovoltaïque.

Voir le corrigé complet

En l'absence de traitement antireflet, une fraction significative de l'énergie lumineuse incidente est renvoyée par réflexion à l'interface verre-silicium : d'après la question Q26, le coefficient de réflexion énergétique vaut :

R \approx 21\,\%

Plus d'un cinquième des photons incidents est ainsi définitivement perdu pour l'effet photovoltaïque.

Lorsque les conditions établies à la question Q28 sont satisfaites (\varphi = (2p+1)\pi et n_d = \sqrt{n_v n_s}), l'interférence destructive des ondes réfléchies annule complètement l'onde réfléchie dans le verre (R = 0). En l'absence d'absorption au sein de la couche mince diélectrique, la conservation du flux énergétique impose un facteur de transmission surfacique vers le silicium maximal :

T = 1 - R = 100\,\%

La totalité du flux de photons incidents à cette longueur d'onde pénètre alors dans le silicium pour y créer des paires électron-trou dans la zone de déplétion (d'après la question Q22). Cela permet de maximiser le photocourant généré et, par suite, d'accroître la puissance électrique utile et l'efficacité globale \eta de la cellule.

Par ailleurs, l'épaisseur e du dépôt de nitrure de silicium est couramment choisie pour p=0 (\varphi = \pi, soit e = \frac{\lambda_0}{4 n_d}) pour une longueur d'onde \lambda_0 \approx 600\text{ nm}, précisément située au voisinage du maximum d'émission spectrale du rayonnement solaire au niveau du sol (spectre AM1.5).

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Partie IV : Bandes d'énergie dans un semi-conducteur

IV.A · Équation de Schrödinger à une dimension

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de schrödinger, relation de dispersion

Pour quel type de potentiel une onde plane sinusoïdale est-elle solution de cette équation ? Quelle est alors la relation de dispersion de cette onde ?

Voir l'indice

Injecter l'expression de l'onde plane dans l'équation de Schrödinger et constater que V(x) doit être une constante spatiale V_0.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression de l'onde plane progressive monochromatique \psi(x,t) dans l'équation de Schrödinger unidimensionnelle en calculant ses dérivées partielles.
  2. Identifier la condition nécessaire sur V(x) pour que l'équation soit vérifiée en tout point x et à tout instant t.
  3. Exprimer la pulsation \omega en fonction du vecteur d'onde k pour obtenir la relation de dispersion.
Voir la réponse courte

Pour un potentiel uniforme V_0, injection de l'onde plane dans l'équation de Schrödinger pour trouver \hbar\omega = \hbar^2 k^2 / (2m) + V_0.

Voir le corrigé complet

Pour la fonction d'onde proposée \psi(x,t) = \psi_0 \mathrm{e}^{-\mathrm{i}(\omega t - kx)}, les dérivées partielles s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial \psi}{\partial t}(x,t) &= -\mathrm{i}\omega\,\psi(x,t) \\ \frac{\partial \psi}{\partial x}(x,t) &= \mathrm{i}k\,\psi(x,t) \\ \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2}(x,t) &= (\mathrm{i}k)^2\,\psi(x,t) = -k^2\,\psi(x,t) \end{aligned}

En reportant ces expressions dans l'équation de Schrödinger :

\mathrm{i}\hbar \left(-\mathrm{i}\omega\,\psi(x,t)\right) = -\frac{\hbar^2}{2m}\left(-k^2\,\psi(x,t)\right) + V(x)\,\psi(x,t)

Comme \psi(x,t) n'est pas identiquement nulle, on peut simplifier par \psi(x,t), ce qui donne :

\hbar\omega = \frac{\hbar^2 k^2}{2m} + V(x)

Puisque \hbar, m, \omega et k sont des grandeurs indépendantes de la position spatiale x, le terme de gauche et le premier terme de droite sont constants. Par conséquent, l'énergie potentielle V(x) doit être indépendante de x.

Une onde plane sinusoïdale est donc solution pour un potentiel uniforme (constant) :

\boxed{V(x) = V_0 = \text{cte}}

En particulier, si l'on choisit la référence de l'énergie potentielle telle que V_0 = 0, la particule est libre.

La relation de dispersion liant la pulsation \omega au nombre d'onde k s'écrit alors :

\boxed{\omega(k) = \frac{\hbar k^2}{2m} + \frac{V_0}{\hbar}}

Dans le cas d'une particule libre (V_0 = 0), elle prend la forme classique :

\omega(k) = \frac{\hbar k^2}{2m}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : relation de de broglie, relation de planck-einstein

Interpréter les résultats de la question précédente en relation avec l'expression de l'énergie en mécanique classique et les relations de de Broglie et de Planck-Einstein.

Voir l'indice

Identifier l'énergie totale E = \hbar\omega, la quantité de mouvement p = \hbar k et vérifier l'expression classique E = p^2/(2m) + V_0.

Voir la réponse courte

Identification E = \hbar\omega, p = \hbar k et analogie avec l'énergie classique E = p^2/(2m) + V_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, la relation de dispersion obtenue pour un potentiel constant V(x) = V_0 s'écrit :

\omega(k) = \frac{\hbar k^2}{2m} + \frac{V_0}{\hbar}

Multiplions cette relation par la constante de Planck réduite \hbar :

\hbar\omega = \frac{(\hbar k)^2}{2m} + V_0

Introduisons les relations fondamentales de la physique quantique :

  • La relation de Planck-Einstein associe à la pulsation \omega l'énergie totale E de la particule :

    E = \hbar\omega
  • La relation de de Broglie associe au vecteur d'onde k la quantité de mouvement (ou impulsion) p de la particule :

    p = \hbar k

En substituant ces deux relations, l'équation de dispersion devient :

\boxed{E = \frac{p^2}{2m} + V_0}

Cette relation quantique coïncide exactement avec l'expression classique de l'énergie mécanique E_m d'une particule non relativiste de masse m évoluant dans un potentiel constant V_0 :

E_m = E_c + E_p = \frac{1}{2}mv^2 + V_0 = \frac{p^2}{2m} + V_0

Le premier terme correspond à l'énergie cinétique E_c = \frac{p^2}{2m} et le second à l'énergie potentielle E_p = V_0.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de schrödinger indépendante du temps, séparation des variables

Pour une solution stationnaire , établir l'équation vérifiée par la fonction d'amplitude en faisant apparaitre l'énergie de la particule.

Voir l'indice

Séparer les variables en posant \psi(x,t) = \varphi(x)\chi(t), introduire une constante de séparation égale à l'énergie E et isoler l'équation spatiale.

Voir la stratégie

Pour séparer les variables spatiale et temporelle :

  1. On injecte la forme factorisée \psi(x, t) = \varphi(x)\chi(t) dans l'équation de Schrödinger dépendante du temps.
  2. On divise par le produit \psi(x, t) afin d'isoler les termes ne dépendant que de t d'un côté, et ceux ne dépendant que de x de l'autre.
  3. Une fonction de t égale à une fonction de x pour tout couple (x, t) est nécessairement une constante, que l'on identifie à l'énergie E de l'état stationnaire.
Voir la réponse courte

Séparation des variables \psi(x,t) = \varphi(x)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Et/\hbar} pour obtenir l'équation différentielle spatiale sur \varphi(x).

Voir le corrigé complet

L'équation de Schrödinger unidimensionnelle s'écrit :

\mathrm{i}\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t}(x, t) = -\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2}(x, t) + V(x)\psi(x, t)

En substituant la forme stationnaire \psi(x, t) = \varphi(x)\chi(t), on obtient :

\mathrm{i}\hbar \varphi(x) \frac{\mathrm{d}\chi}{\mathrm{d}t}(t) = -\frac{\hbar^2}{2m} \chi(t) \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + V(x)\varphi(x)\chi(t)

En divisant chaque membre par le produit \varphi(x)\chi(t) (pour les points où la fonction d'onde ne s'annule pas) :

\mathrm{i}\hbar \frac{1}{\chi(t)} \frac{\mathrm{d}\chi}{\mathrm{d}t}(t) = -\frac{\hbar^2}{2m} \frac{1}{\varphi(x)} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + V(x)

Le membre de gauche dépend uniquement de la variable temporelle t, tandis que le membre de droite dépend uniquement de la variable spatiale x. Cette égalité n'est possible pour toutes valeurs de x et de t que si les deux membres sont égaux à une même constante indépendante de x et de t.

D'après les relations de Planck-Einstein (E = \hbar\omega, question Q31), cette constante de séparation homogène à une énergie est l'énergie E de la particule dans cet état :

\mathrm{i}\hbar \frac{1}{\chi(t)} \frac{\mathrm{d}\chi}{\mathrm{d}t}(t) = E \implies \chi(t) = \chi(0)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Et/\hbar}

Pour la composante spatiale \varphi(x), on obtient l'équation de Schrödinger stationnaire (ou équation aux valeurs propres de l'énergie) :

-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + V(x)\varphi(x) = E\varphi(x)

que l'on peut également mettre sous la forme canonique :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + \frac{2m}{\hbar^2}\big(E - V(x)\big)\varphi(x) = 0}

Résultat

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IV.B · Gaz d'électrons sur un segment

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : puits infini, énergie cinétique

Avec ce choix d'origine de l'énergie potentielle, l'énergie de la particule peut-elle être négative ?

Voir l'indice

Examiner la courbure de la fonction d'onde imposée par l'équation différentielle pour E < 0 et les conditions d'annulation aux bords.

Voir la stratégie

Pour savoir si une particule confinée dans un puits infini peut avoir une énergie E < 0, on examine les solutions de l'équation de Schrödinger indépendante du temps à l'intérieur du puits et on leur applique les conditions aux limites imposées par les parois impénétrables.

Voir la réponse courte

Avec V=0 au fond du puits, l'énergie cinétique étant strictement positive pour un état lié non trivial, l'énergie E est nécessairement strictement positive.

Voir le corrigé complet

À l'extérieur du segment [0, L], le potentiel est infini (V(x) = +\infty), ce qui impose une probabilité de présence nulle : la fonction d'onde s'annule identiquement pour x \leqslant 0 et x \geqslant L. Par continuité de \varphi en x = 0 et x = L, les conditions aux limites s'écrivent :

\varphi(0) = 0 \quad \text{et} \quad \varphi(L) = 0

À l'intérieur de la boîte (0 < x < L), l'énergie potentielle est nulle (V(x) = 0). L'équation de Schrödinger indépendante du temps établie à la question Q32 devient :

\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + \frac{2mE}{\hbar^2}\varphi(x) = 0

Supposons que l'énergie puisse être négative (E < 0). En posant \kappa = \sqrt{-\frac{2mE}{\hbar^2}} > 0, l'équation s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) - \kappa^2 \varphi(x) = 0

La solution générale est une combinaison de fonctions hyperboliques :

\varphi(x) = A\cosh(\kappa x) + B\sinh(\kappa x)

L'application des conditions aux limites conduit à :

  • \varphi(0) = 0 \implies A = 0 ;
  • \varphi(L) = 0 \implies B\sinh(\kappa L) = 0.

Comme \kappa > 0 et L > 0, \sinh(\kappa L) \neq 0, d'où B = 0.

La fonction d'onde serait donc identiquement nulle sur tout l'espace, ce qui est incompatible avec la condition de normalisation \int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x,t)|^2\,\mathrm{d}x = 1 (la particule doit exister dans la boîte).

\boxed{\text{L'énergie } E \text{ de la particule ne peut pas être négative.}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : puits de potentiel infini, quantification de l'énergie

Justifier que les valeurs prises par la grandeur sont de la forme , où est un entier strictement positif. Exprimer complètement, à un facteur de phase près, les fonctions d'ondes associées à ces états stationnaires dont les énergies sont notées .

Voir l'indice

Résoudre \varphi''(x) + k^2\varphi(x) = 0 et imposer les conditions aux limites \varphi(0) = \varphi(L) = 0.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation de Schrödinger indépendante du temps à l'intérieur du puits où V(x) = 0.
  2. Appliquer les conditions aux limites imposées par le potentiel infini aux parois (x=0 et x=L) pour quantifier le vecteur d'onde k.
  3. Normaliser la fonction d'onde spatiale sur [0, L] et lui adjoindre l'évolution temporelle \chi_n(t) établie à la question Q32.
Voir la réponse courte

Conditions aux limites \varphi(0) = \varphi(L) = 0 menant à k_n = n\pi/L et à la fonction d'onde stationnaire \psi_n(x,t) = \sqrt{2/L}\sin(k_n x)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}E_n t/\hbar}.

Voir le corrigé complet

Dans le domaine 0 < x < L, le potentiel est nul (V(x) = 0). D'après l'équation issue de la question Q32, la partie spatiale \varphi(x) d'un état stationnaire d'énergie E > 0 vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + k^2\varphi(x) = 0 \quad \text{avec} \quad k = \sqrt{\frac{2mE}{\hbar^2}} > 0

La solution générale est de la forme :

\varphi(x) = A\cos(kx) + B\sin(kx)

Le potentiel étant infini à l'extérieur de la boîte (x < 0 et x > L), la particule ne peut s'y trouver, ce qui impose \varphi(x) = 0 pour x \notin [0, L]. La continuité de la fonction d'onde en x = 0 et x = L conduit aux conditions aux limites :

\begin{aligned} \varphi(0) &= 0 \implies A = 0 \\ \varphi(L) &= 0 \implies B\sin(kL) = 0 \end{aligned}

Pour obtenir une solution non identiquement nulle (B \neq 0), il est nécessaire que \sin(kL) = 0, soit :

kL = n\pi, \quad n \in \mathbb{Z}

Comme par définition k > 0, l'entier n est strictement positif (n \in \mathbb{N}^*). Les valeurs permises pour k sont donc discrétisées :

\boxed{k_n = n k_1 \quad \text{avec} \quad k_1 = \frac{\pi}{L} \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

L'énergie de l'électron est alors quantifiée selon :

E_n = \frac{\hbar^2 k_n^2}{2m} = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2mL^2} = \frac{n^2 h^2}{8mL^2}

La condition de normalisation de la fonction d'onde sur l'espace complet détermine l'amplitude B :

\int_{-\infty}^{+\infty} |\varphi_n(x)|^2\,\mathrm{d}x = \int_0^L |B|^2 \sin^2\left(\frac{n\pi x}{L}\right)\mathrm{d}x = |B|^2 \frac{L}{2} = 1 \implies |B| = \sqrt{\frac{2}{L}}

En choisissant B réel positif (à un facteur de phase global près) et en réintroduisant la dépendance temporelle \chi_n(t) = \mathrm{e}^{-\mathrm{i}E_n t/\hbar}, on obtient l'expression complète de la fonction d'onde pour x \in [0, L] :

\boxed{\psi_n(x, t) = \sqrt{\frac{2}{L}} \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right) \exp\left(-\mathrm{i}\frac{E_n}{\hbar}t\right)}

la fonction d'onde étant nulle à l'extérieur de l'intervalle [0, L].

Résultat

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : relation de dispersion, niveau d'énergie

Représenter graphiquement la relation en faisant figurer avec une échelle adaptée les trois états stationnaires de plus faible énergie.

Voir l'indice

Tracer la parabole E = \hbar^2 k^2 / (2m) et marquer les points discrets d'abscisses k_1, 2k_1, 3k_1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer analytiquement la fonction E(k) à partir de la définition de k établie à la question Q34.
  2. Identifier la nature mathématique de la courbe représentative (branche de parabole pour k > 0).
  3. Placer les trois premiers états quantifiés (n=1, 2, 3) en respectant les rapports d'échelles : k_n = n k_1 et E_n = n^2 E_1.
Voir la réponse courte

Tracé de la parabole E \propto k^2 et positionnement discret des trois premiers niveaux en k_1, 2k_1, 3k_1 d'énergies E_1, 4E_1, 9E_1.

Voir le corrigé complet

D'après la définition de la grandeur k rappelée à la question Q34 :

k = \sqrt{\frac{2mE}{\hbar^2}} \iff \boxed{E(k) = \frac{\hbar^2 k^2}{2m}}

La relation E = f(k) est donc parabolique.

Les états stationnaires sont discrets et caractérisés par un nombre d'onde k_n = n k_1 (avec k_1 = \pi/L et n \in \mathbb{N}^*). Les énergies associées valent E_n = n^2 E_1, où E_1 = \frac{\hbar^2 k_1^2}{2m}. Les trois états de plus faible énergie correspondent à :

  • n = 1 (état fondamental) : k_1 et E_1 ;
  • n = 2 (premier état excité) : k_2 = 2k_1 et E_2 = 4E_1 ;
  • n = 3 (deuxième état excité) : k_3 = 3k_1 et E_3 = 9E_1.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait le respect d'une échelle adaptée pour le tracé graphique.

« Il était bien marqué de représenter le graphe avec une échelle adaptée »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : confinement quantique, énergie thermique

Calculer la valeur numérique de , pour . Comparer cette valeur à l'ordre de grandeur de l'énergie d'agitation thermique à . Pourquoi parle-t-on de quasi-continuum d'énergie au sein du matériau ?

Voir l'indice

Calculer E_1 = h^2 / (8 m L^2) en joules puis convertir en électron-volts avant de comparer à k_B T \approx 26\text{ meV}.

Voir la réponse courte

Calcul de E_1 pour L = 1\text{ }\mu\text{m}, comparaison à k_B T \approx 26\text{ meV} \gg \Delta E, d'où un espacement négligeable assimilable à un quasi-continuum.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, l'énergie de l'état fondamental (n=1) d'une particule de masse m confinée dans un puits de potentiel infini de largeur L est :

E_1 = \frac{\hbar^2 \pi^2}{2mL^2} = \frac{h^2}{8mL^2}

L'énoncé imposant d'exprimer les énergies en \text{eV}, on divise par la charge élémentaire e :

E_1 = \frac{h^2}{8mL^2e}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • h = 6{,}63 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} ;
  • m = 9{,}11 \times 10^{-31}\text{ kg} ;
  • L = 1\text{ }\mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m} ;
  • e = 1{,}62 \times 10^{-19}\text{ C}.

Il vient :

\begin{aligned} E_1 &= \frac{(6{,}63 \times 10^{-34})^2}{8 \times (9{,}11 \times 10^{-31}) \times (1{,}0 \times 10^{-6})^2 \times (1{,}62 \times 10^{-19})} \\ &\approx 3{,}72 \times 10^{-7}\text{ eV} \end{aligned}
\boxed{E_1 \approx 3{,}7 \times 10^{-7}\text{ eV}}

L'ordre de grandeur de l'énergie d'agitation thermique à la température T = 300\text{ K} est donné par :

E_{\text{th}} \sim k_B T

En convertissant en électron-volts avec k_B = 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} :

E_{\text{th}} \sim \frac{k_B T}{e} = \frac{1{,}38 \times 10^{-23} \times 300}{1{,}62 \times 10^{-19}} \approx 2{,}6 \times 10^{-2}\text{ eV} = 26\text{ meV}

On constate que l'énergie fondamentale E_1, ainsi que l'écart entre niveaux successifs de basse énergie \Delta E_n = E_{n+1} - E_n = (2n+1)E_1, sont extrêmement faibles devant l'énergie d'agitation thermique :

E_1 \ll k_B T \quad \left(\frac{k_B T}{E_1} \approx 7 \times 10^4\right)

L'agitation thermique est largement suffisante pour exciter les électrons entre niveaux voisins. La quantification des niveaux d'énergie devient donc indiscernable expérimentalement : le spectre discret est assimilable à un spectre continu d'états accessibles, d'où le terme de quasi-continuum d'énergie.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les énergies devaient être impérativement converties en eV comme stipulé.

« Il fallait bien exprimer les énergies en eV, comme le demande l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie de fermi, principe d'exclusion de pauli

À , les électrons peuplent les états obtenus par énergie croissante, avec au plus deux électrons dans le même état d'énergie d'après le principe d'exclusion de Wolfgang Pauli. En déduire le nombre de Fermi , défini par la valeur maximale atteinte par l'entier à . Exprimer l'énergie de Fermi associée en fonction de , et .

Voir l'indice

Compter le nombre total d'électrons dans la boîte N_e = N_0^{1/3} L, allouer deux électrons par niveau orbital, puis déduire E_F = E_{n_F}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le nombre total d'électrons N_{\text{tot}} présents dans la boîte unidimensionnelle de longueur L à partir de la densité linéique donnée par l'énoncé.
  2. Appliquer le principe d'exclusion de Pauli : chaque niveau d'énergie spatial n accueille au plus deux électrons (deux états de spin opposés). À T = 0\text{ K}, les niveaux sont remplis par énergie croissante de n = 1 à n_F.
  3. Relier N_{\text{tot}} à n_F, puis exprimer E_F = E_{n_F} en utilisant la relation E_n = n^2 E_1 établie à la question Q34.
Voir la réponse courte

Détermination de n_F = N_0/2 par remplissage deux par deux des niveaux, puis expression de E_F = n_F^2 E_1 = (N_0/2)^2 E_1.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule de la partie IV.B, la densité linéique d'électrons libres le long du segment de longueur L vaut N_0^{1/3}. Le nombre total d'électrons confinés dans la boîte est donc :

N_{\text{tot}} = N_0^{1/3} L

À T = 0\text{ K}, le système se trouve dans son état fondamental. Les électrons occupent successivement les niveaux d'énergie E_n les plus bas possibles (n = 1, 2, \dots, n_F). En vertu du principe d'exclusion de Pauli, chaque état orbital n ne peut contenir qu'au maximum deux électrons (de projections de spin \pm 1/2).

Le remplissage complet des n_F premiers états conduit à :

N_{\text{tot}} = 2 n_F

On en déduit le nombre de Fermi :

\boxed{n_F = \frac{1}{2} N_0^{1/3} L}

D'après la question Q34, l'énergie d'un niveau stationnaire est E_n = n^2 E_1. L'énergie de Fermi E_F, qui correspond à l'énergie du dernier état occupé à T = 0\text{ K}, s'écrit donc :

E_F = E_{n_F} = n_F^2 E_1 = \left(\frac{1}{2} N_0^{1/3} L\right)^2 E_1

soit :

\boxed{E_F = \frac{1}{4} N_0^{2/3} L^2 E_1}

Résultat

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IV.C · Potentiel périodique, bandes d'énergie

Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : modèle de kronig-penney, structure périodique

Que représentent, dans ce modèle, les cuvettes de potentiel et la période ?

Voir l'indice

Associer les cuvettes à la présence attractive des cœurs ioniques et 2a au paramètre de maille du réseau cristallin.

Voir la réponse courte

Les puits représentent l'attraction coulombienne des cœurs ioniques et 2a le pas du réseau cristallin périodique.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de la modélisation d'un solide cristallin par un potentiel périodique unidimensionnel (modèle de Kronig-Penney simplifié) :

  • Les cuvettes de potentiel (intervalles où V(x) = 0) représentent le voisinage des cœurs ioniques positifs (atomes ou ions du réseau cristallin). L'attraction électrostatique coulombienne exercée par les noyaux sur les électrons s'y traduit par une diminution locale de l'énergie potentielle.
  • La période spatiale 2a représente la périodicité spatiale du réseau cristallin, c'est-à-dire le paramètre de maille (ou la distance interatomique entre deux sites équivalents successifs du réseau).
Voir ce qu'a relevé le jury

Les cuvettes de potentiel ne doivent pas être confondues avec des trous.

« Combien de fois le jury a pu lire que les cuvettes représentaient les trous ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de schrödinger, potentiel constant par morceaux

Nous nous intéresserons par la suite aux états stationnaires d'énergie . Justifier, en précisant les expressions des grandeurs positives et , la forme des solutions , où est un entier quelconque :

Voir l'indice

Résoudre l'équation de Schrödinger dans les régions où le potentiel vaut respectivement 0 et V_0, avec E > V_0.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Schrödinger stationnaire régissant la composante spatiale \varphi(x) établie à la question Q32.
  2. Écrire cette équation sur chacun des deux intervalles constitutifs d'une maille, où le potentiel V(x) est constant par morceaux.
  3. Identifier la nature des solutions grâce à la condition E > V_0 > 0 et définir les grandeurs k et K.
Voir la réponse courte

Écriture des solutions oscillantes dans chaque région pour E > V_0 avec k = \sqrt{2mE}/\hbar et K = \sqrt{2m(E-V_0)}/\hbar.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la fonction d'amplitude spatiale \varphi(x) vérifie l'équation de Schrödinger indépendante du temps :

\frac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}x^{2}}(x) + \frac{2m}{\hbar^{2}}\big(E - V(x)\big)\varphi(x) = 0

Distinguons les deux régions de chaque motif élémentaire :

  • Dans les puits : pour (2n-1)a < x < 2na, le potentiel est nul (V(x) = 0). L'équation s'écrit :

    \frac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}x^{2}}(x) + \frac{2mE}{\hbar^{2}}\varphi(x) = 0

    Comme E > V_0 > 0, la constante \frac{2mE}{\hbar^{2}} est strictement positive. En posant la pulsation spatiale positive :

    \boxed{k = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar}}

    l'équation devient \dfrac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}x^{2}} + k^{2}\varphi = 0, dont la forme générale des solutions complexes s'exprime comme une combinaison linéaire d'ondes planes stationnaires contra-propagatives :

    \varphi(x) = A_{n}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}kx} + B_{n}\mathrm{e}^{\mathrm{i}kx}
  • Sur les barrières : pour 2na < x < (2n+1)a, le potentiel vaut V(x) = V_0. L'équation s'écrit :

    \frac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}x^{2}}(x) + \frac{2m(E - V_{0})}{\hbar^{2}}\varphi(x) = 0

    Comme E > V_0, la quantité E - V_{0} est strictement positive. On pose de même la pulsation spatiale positive :

    \boxed{K = \frac{\sqrt{2m(E - V_{0})}}{\hbar}}

    l'équation s'écrit \dfrac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}x^{2}} + K^{2}\varphi = 0, dont la solution générale est :

    \varphi(x) = C_{n}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Kx} + D_{n}\mathrm{e}^{\mathrm{i}Kx}

Les coefficients complexes A_n, B_n, C_n, D_n dépendent de l'indice n de la maille considérée.

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : condition de raccordement, fonction d'onde

En rappelant les conditions aux limites vérifiées par la fonction d'onde pour une particule évoluant dans un potentiel fini, justifier le système homogène suivant :

Voir l'indice

Écrire la continuité de la fonction d'onde \varphi(x) et de sa dérivée première \varphi'(x) aux deux discontinuités de potentiel x=0 et x=a.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les conditions de raccordement d'une fonction d'onde spatiale à la traversée d'une discontinuité finie de potentiel.
  2. Identifier les deux interfaces encadrant la zone de barrière de potentiel indicée par n (en x = 0 et x = a pour la cellule élémentaire n = 0, ou en repère local centré en 2na).
  3. Écrire la continuité de la fonction d'onde \varphi et de sa dérivée \varphi' à ces deux interfaces pour aboutir aux quatre équations du système homogène.
Voir la réponse courte

Application de la continuité de \varphi(x) et de sa dérivée \varphi'(x) aux interfaces x=0 et x=a.

Voir le corrigé complet

Le potentiel V(x) est borné et présente uniquement des discontinuités de première espèce (sauts finis de hauteur V_0). D'après l'équation de Schrödinger stationnaire,

\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) = \frac{2m}{\hbar^2}\bigl(V(x) - E\bigr)\varphi(x)

est finie en tout point. Par intégration au voisinage d'une discontinuité :

  • la fonction d'onde spatiale \varphi(x) est continue en tout point ;
  • sa dérivée première \dfrac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x}(x) est également continue en tout point.

Considérons la barrière de potentiel indicée par n, située sur l'intervalle 2na < x < (2n+1)a, où :

\varphi(x) = C_n \mathrm{e}^{-\mathrm{i}Kx} + D_n \mathrm{e}^{\mathrm{i}Kx}

Pour retrouver les équations avec les phases indiquées, on prend pour origine locale de la cellule la position de l'interface gauche x = 2na (ce qui correspond à x = 0 pour la cellule n=0).

1. Continuité à l'interface gauche (x = 0) L'interface sépare le puits à gauche (coefficients A_n, B_n) et la barrière à droite (coefficients C_n, D_n) :

\begin{aligned} \varphi(0^-) &= A_n + B_n \\ \varphi(0^+) &= C_n + D_n \end{aligned}

La continuité de \varphi impose :

A_n + B_n - C_n - D_n = 0

De même, pour la dérivée spatiale :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x}(0^-) &= -\mathrm{i}k A_n + \mathrm{i}k B_n \\ \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x}(0^+) &= -\mathrm{i}K C_n + \mathrm{i}K D_n \end{aligned}

En divisant par -\mathrm{i}, la continuité de \dfrac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x} donne :

kA_n - kB_n - KC_n + KD_n = 0

2. Continuité à l'interface droite (x = a) Cette interface sépare la barrière (coefficients C_n, D_n) du puits suivant (2n+1)a < x < (2n+2)a (dont les coefficients dans la même base locale d'abscisse sont notés A_{n+1} et B_{n+1}) :

\begin{aligned} \varphi(a^-) &= C_n \mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} + D_n \mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} \\ \varphi(a^+) &= A_{n+1} \mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} + B_{n+1} \mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} \end{aligned}

La continuité de \varphi impose :

A_{n+1}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} + B_{n+1}\mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} - C_n\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} - D_n\mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} = 0

Pour la dérivée spatiale :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x}(a^-) &= -\mathrm{i}K C_n \mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} + \mathrm{i}K D_n \mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} \\ \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x}(a^+) &= -\mathrm{i}k A_{n+1} \mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} + \mathrm{i}k B_{n+1} \mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} \end{aligned}

En divisant par -\mathrm{i}, la continuité de \dfrac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}x} donne :

kA_{n+1}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} - kB_{n+1}\mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} - KC_n\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} + KD_n\mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} = 0

On obtient bien le système homogène attendu :

\boxed{\left\{ \begin{aligned} A_n + B_n - C_n - D_n &= 0 \\ A_{n+1}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} + B_{n+1}\mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} - C_n\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} - D_n\mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} &= 0 \\ kA_n - kB_n - KC_n + KD_n &= 0 \\ kA_{n+1}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}ka} - kB_{n+1}\mathrm{e}^{\mathrm{i}ka} - KC_n\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Ka} + KD_n\mathrm{e}^{\mathrm{i}Ka} &= 0 \end{aligned} \right.}

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : théorème de bloch, potentiel périodique

En analysant l'effet sur le système d'une translation de , indiquer, sans calcul, l'expression correcte de .

Voir l'indice

Expliquer que les deux demi-périodes de potentiel jouent un rôle symétrique par translation spatiale, ce qui impose la symétrie en \alpha et 1/\alpha devant \sin(ka)\sin(\alpha ka).

Voir la stratégie
  1. Identifier l'effet d'une translation spatiale de a sur le profil de potentiel périodique de la figure 4.
  2. En déduire la symétrie que doit respecter la relation de dispersion sous l'échange des grandeurs associées aux puits et aux barrières (k \leftrightarrow K).
  3. Conclure en éliminant les expressions non conformes parmi les trois propositions.
Voir la réponse courte

Invariance par translation de la période du réseau et analyse de symétrie pour sélectionner la forme analytique de F_\alpha(ka).

Voir le corrigé complet

Dans le modèle proposé, les puits de potentiel (V=0, vecteur d'onde k) et les barrières de potentiel (V=V_0, vecteur d'onde K) ont la même largeur spatiale a.

Une translation spatiale de vecteur a\,\vec{u}_x intervertit la position des barrières et des puits. À une constante près sur l'énergie potentielle (choix de l'origine des potentiels), les rôles joués par les deux milieux de largeur a sont strictement symétriques. La condition d'existence d'états acceptables doit donc rester invariante par échange des vecteurs d'onde :

k \longleftrightarrow K

Puisque \alpha = \dfrac{K}{k}, la transformation k \longleftrightarrow K implique :

\alpha \longleftrightarrow \frac{1}{\alpha} \quad \text{et} \quad ka \longleftrightarrow Ka = \alpha ka

Examinons la symétrie des trois propositions sous cette transformation :

  • Le premier terme \cos(ka)\cos(\alpha ka) = \cos(ka)\cos(Ka) est symétrique.
  • Pour la proposition a), le coefficient \dfrac{1}{2}\left(\alpha + \dfrac{2}{\alpha}\right) n'est pas invariant lors de la permutation \alpha \longleftrightarrow \dfrac{1}{\alpha}.
  • Pour la proposition b), le terme \sin(ka)\sin(ka) ne fait pas intervenir le produit symétrique \sin(ka)\sin(Ka).
  • Pour la proposition c), le second terme s'écrit :

    -\frac{1}{2}\left(\alpha + \frac{1}{\alpha}\right)\sin(ka)\sin(\alpha ka) = -\frac{1}{2}\left(\frac{K}{k} + \frac{k}{K}\right)\sin(ka)\sin(Ka)

    Cette expression est rigoureusement invariante par échange de k et K.

Par conséquent, seule l'expression c) est physiquement acceptable.

\boxed{F_\alpha(ka) = \cos(ka) \cos(\alpha ka) - \frac{1}{2}\left(\alpha + \frac{1}{\alpha}\right) \sin(ka) \sin(\alpha ka) \quad (\text{proposition c})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter l'invariance par translation de a échangeant k et K.

« Peu de candidats ont remarqué qu’une translation de ane changeait rien au système physique mais échangeait ken K. Il fallait donc choisir la condition invariante par le changement k→k. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : bande d'énergie, modèle de kronig-penney

Compléter avec soin la figure A du document réponse et expliquer en quoi ce modèle permet de rendre compte de l'existence de bandes d'énergie, soit permises, soit interdites.

Voir l'indice

Tracer les bandes horizontales correspondant aux zones où |F_\alpha(ka)| \le 1 et projeter sur l'axe de l'énergie pour identifier bandes permises et gaps.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le critère d'existence des solutions physiques : la condition |F_\alpha(ka)| \leqslant 1.
  2. Décrire les tracés à réaliser sur la figure A : délimitation par les droites horizontales d'ordonnées \pm 1, projection verticale des points d'intersection sur la courbe E(ka), puis projection horizontale sur l'axe des ordonnées E.
  3. Interpréter physiquement l'apparition de bandes interdites par l'analogie avec les interférences destructives des ondes de matière réfléchies par le réseau cristallin périodique.
Voir la réponse courte

Tracé de la condition |F_\alpha(ka)| \le 1 délimitant graphiquement les intervalles d'énergie autorisés et les bandes interdites (gaps).

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, les états stationnaires de l'électron sont physiquement acceptables (fonction d'onde bornée dans tout le cristal infini, conformément au théorème de Bloch) si et seulement si :

-1 \leqslant F_\alpha(ka) \leqslant +1

Complétion de la figure A du document réponse :

  1. Sur le graphe supérieur représentant F_\alpha(ka) :

    • On trace les deux droites horizontales limites F_\alpha = +1 et F_\alpha = -1.
    • Les intervalles de ka pour lesquels -1 \leqslant F_\alpha(ka) \leqslant +1 correspondent aux zones permises.
    • Les intervalles où |F_\alpha(ka)| > 1 constituent des zones interdites en vecteur d'onde.
  2. Sur le graphe inférieur représentant l'énergie E(ka) :

    • On projette verticalement, à l'aide de traits pointillés, les abscisses de coupure (définies par F_\alpha(ka) = \pm 1) sur la courbe E(ka).
    • On projette ensuite horizontalement ces points sur l'axe de l'énergie E.
    • L'axe des énergies se trouve ainsi partitionné en bandes d'énergie permises et en bandes d'énergie interdites (ou gaps).

Explication de l'existence des bandes : Pour une particule libre (V(x) = 0), toutes les énergies E > 0 sont autorisées et le spectre d'énergie est continu.

Dans un potentiel périodique (modèle de Kronig-Penney), les réflexions successives de l'onde de matière de de Broglie sur les barrières périodiques du réseau cristallin donnent lieu à des interférences constructives ou destructives (analogie avec la diffraction de Bragg) :

  • Lorsque |F_\alpha(ka)| \leqslant 1, les ondes transmises et réfléchies se recombinent sous la forme d'ondes de Bloch propageables à travers le cristal : les énergies associées forment des bandes permises.
  • Lorsque |F_\alpha(ka)| > 1, aucune onde de Bloch réelle ne peut se propager sans diverger à l'infini (le vecteur de Bloch serait complexe, correspondant à des ondes évanescentes). Ces énergies sont inaccessibles aux électrons dans le cristal : elles constituent les bandes interdites (band gaps).
Voir ce qu'a relevé le jury

Questions peu abordées ; le document réponse ne doit pas être utilisé comme un brouillon.

« Peu de candidats ont abordé correctement ces questions. D’ailleurs, attention à ne pas se servir du document réponse (et de la copie […] ) comme d’un brouillon ! Il était en tout cas remarquable qu’avec ce modèle très simple, on trouvait le bon ordre de grandeur de largeur de bande interdite. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : particule libre, modèle de kronig-penney

Que deviennent ces résultats lorsque ? Justifier votre réponse.

Voir l'indice

Remplacer \alpha=1 dans F_\alpha(ka), utiliser les formules trigonométriques pour simplifier et constater que l'inégalité est vérifiée pour tout k.

Voir la stratégie
  1. Évaluer la fonction F_\alpha(ka) obtenue à la question Q41 pour \alpha = 1 à l'aide d'une identité trigonométrique usuelle.
  2. Examiner la condition d'existence des états physiques -1 \leqslant F_\alpha(ka) \leqslant 1.
  3. Relier ce résultat à la physique du système : que signifie \alpha = 1 pour le potentiel V(x) ?
Voir la réponse courte

Si \alpha = 1, le potentiel périodique s'annule, l'électron devient libre et toutes les énergies positives sont permises (disparition des gaps).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q41, la fonction F_\alpha(ka) s'écrit :

F_\alpha(ka) = \cos(ka)\cos(\alpha ka) - \frac{1}{2}\left(\alpha + \frac{1}{\alpha}\right)\sin(ka)\sin(\alpha ka)

Pour \alpha = 1, le facteur pré-factoriel vaut \frac{1}{2}\left(1 + \frac{1}{1}\right) = 1, d'où :

\begin{aligned} F_1(ka) &= \cos^2(ka) - \sin^2(ka) \\ &= \cos(2ka) \end{aligned}

La fonction cosinus étant bornée par -1 et +1, on a pour tout k \in \mathbb{R}^+ :

\boxed{-1 \leqslant F_1(ka) = \cos(2ka) \leqslant +1}

La condition d'acceptabilité physique est donc vérifiée pour toutes les valeurs de ka \geqslant 0.

Par conséquent :

  • Il n'existe plus aucune bande d'énergie interdite ;
  • Toutes les énergies E > 0 sont permises : on retrouve un continuum d'énergie.

Justification physique :
Par définition, \alpha = \frac{K}{k} = \sqrt{\frac{E - V_0}{E}} = \sqrt{1 - \frac{V_0}{E}}. Avoir \alpha = 1 équivaut à :

V_0 = 0 \quad (\text{ou } E \gg V_0)

Le potentiel périodique s'annule (ou devient totalement négligeable devant l'énergie cinétique) : le milieu devient parfaitement homogène et l'électron se comporte comme une particule libre, dont le spectre d'énergie est continu et sans bande interdite.

Résultat

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Question 44

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : largeur de bande interdite, modèle de kronig-penney

En prenant pour valeur le paramètre de maille du silicium , calculer dans ce modèle et pour la largeur en énergie de la première bande d'énergie interdite.

Voir l'indice

Repérer sur la courbe la première plage de valeurs de ka où F_\alpha(ka) > 1 et convertir en intervalle d'énergie \Delta E.

Voir la stratégie
  1. Identifier sur la figure A du document réponse l'intervalle de ka correspondant à la première bande interdite, définie par la condition |F_\alpha(ka)| > 1 (ici F_\alpha(ka) < -1).
  2. Exprimer l'énergie E en fonction de la variable sans dimension ka et des constantes fondamentales du problème, en utilisant la relation k = \sqrt{2mE}/\hbar établie à la question Q39.
  3. Calculer numériquement la largeur en énergie \Delta E en électron-volts (\text{eV}) à partir de la valeur de la demi-maille a.
Voir la réponse courte

Calcul des bornes de la première bande interdite à partir des zéros de la relation de dispersion avec 2a = 0{,}54\text{ nm} et \alpha = 0{,}2.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude précédente (questions Q39 et Q42), les états stationnaires ne sont physiquement acceptables que si |F_\alpha(ka)| \leqslant 1. Les bandes interdites correspondent ainsi aux domaines où |F_\alpha(ka)| > 1.

Sur la figure A du document réponse, pour \alpha = 0{,}2, la première bande interdite apparaît lorsque F_\alpha(ka) < -1. La lecture graphique des deux bornes donne :

(ka)_1 \approx 1{,}7 \quad \text{et} \quad (ka)_2 \approx 3{,}0

D'après la question Q39, le vecteur d'onde k dans les puits de potentiel (V = 0) est relié à l'énergie E par :

k = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar} \implies E = \frac{\hbar^2 k^2}{2m} = \frac{\hbar^2}{2m a^2}\,(ka)^2

La largeur en énergie de cette première bande interdite s'écrit donc :

\Delta E = E_2 - E_1 = \frac{\hbar^2}{2m a^2} \left[ (ka)_2^2 - (ka)_1^2 \right]

Le paramètre de maille du silicium valant 2a = 0{,}54\text{ nm}, on en déduit :

a = 0{,}27\text{ nm} = 2{,}7 \times 10^{-10}\text{ m}

Calculons le facteur d'échelle énergétique :

\begin{aligned} \frac{\hbar^2}{2m a^2} &= \frac{h^2}{8\pi^2 m a^2} \\ &= \frac{(6{,}63 \times 10^{-34})^2}{8\pi^2 \times 9{,}11 \times 10^{-31} \times (2{,}7 \times 10^{-10})^2} \approx 8{,}39 \times 10^{-20}\text{ J} \\ &= \frac{8{,}39 \times 10^{-20}}{1{,}62 \times 10^{-19}}\text{ eV} \approx 0{,}518\text{ eV} \end{aligned}

Avec (ka)_2^2 - (ka)_1^2 \approx 3{,}0^2 - 1{,}7^2 = 9{,}00 - 2{,}89 = 6{,}11, on obtient :

\begin{aligned} \Delta E &\approx 0{,}518 \times 6{,}11 \approx 3{,}2\text{ eV} \end{aligned}

Compte tenu de la précision de la lecture graphique, on retient :

\boxed{\Delta E \approx 3{,}2\text{ eV}}

Résultat

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Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : bande interdite, semi-conducteur

On sait que pour le silicium, la largeur de bande interdite est de l'ordre de . Commenter.

Voir l'indice

Comparer la valeur du modèle unidimensionnel simplifié à la valeur expérimentale (1{,}1\text{ eV}) et commenter la pertinence de l'ordre de grandeur.

Voir la réponse courte

Comparaison de la valeur théorique calculée avec le gap expérimental de 1{,}1\text{ eV} du silicium pour valider le modèle 1D.

Voir le corrigé complet

La valeur expérimentale de la largeur de bande interdite (ou gap) du silicium est d'environ 1{,}1\text{ eV}, ce qui est bien conforme à l'indication de l'énoncé (E_g \sim 1\text{ eV}).

Le résultat obtenu à la question Q44 (\Delta E \approx 3{,}2\text{ eV}) est du même ordre de grandeur que cette valeur expérimentale (quelques électron-volts). Compte tenu de la simplicité du modèle de Kronig-Penney étudié, cet accord semi-quantitatif est très satisfaisant.

L'écart résiduel s'explique par les hypothèses simplificatrices drastiques du modèle :

  • Dimensionnalité : le calcul repose sur un modèle strictement unidimensionnel, alors que le silicium cristallise dans une structure tridimensionnelle (réseau cubique type diamant) ;
  • Forme du potentiel : le profil réel du potentiel cristallin dérive de l'interaction coulombienne entre les électrons et les cœurs ioniques (écrantée par les autres électrons), qui varie continûment en 1/r, et non par des créneaux rectangulaires discontinus ;
  • Interactions électron-électron : l'approximation d'électrons indépendants néglige les corrélations électroniques ;
  • Choix des paramètres : la valeur \alpha = 0{,}2 utilisée pour le tracé a été fixée a priori et ne découle pas d'un ajustement précis de la hauteur de barrière V_0 au silicium réel.
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 ?

Surtout 4 chapitres : Physique quantique (37 % des questions, partie IV), Électrostatique (17 %), Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (11 %) et Circuits électriques et régimes transitoires (10 %, partie I). Plus ponctuellement : Ondes électromagnétiques dans les milieux, Atomistique, liaisons et cristallographie, Interférences lumineuses, Diffusion thermique et diffusion de particules, Premier et second principes de la thermodynamique…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 14 questions sur 45 (31 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q4). Avec les autres programmes de première année : 9 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie IV est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q41 (théorème de bloch) et Q44 (largeur de bande interdite).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 ?

Questions de cours : Q5 (modèle de drude), Q6 (modèle de drude), Q7 (loi d'ohm locale), Q9 (dopage semi-conducteur), Q13 (diffusion de particules), Q16 (équation de maxwell-gauss), Q23 (vecteur d'onde), Q24 (structure de l'opph)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q25 (relation de passage), Q26 (coefficient de réflexion énergétique) et Q34 (puits de potentiel infini).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (25 sur 45), par exemple : Q2 à Q5, Q7, Q9, Q10, Q12 à Q15, Q18, Q20, Q21, Q23, Q24, Q26, Q29 à Q31…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q6, Q19, Q27, Q28 et Q40.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport indique que ce sujet, plutôt long, n'a pas été abordé en totalité par de nombreux candidats, et que les résultats sont assez décevants alors que les nombreuses questions de cours et applications directes auraient dû être bien plus profitables. Moyenne : 9,24/20 (écart-type 4,11, 3 440 présents).

Comment déterminer l'expression correcte de F_α(ka) sans calcul en Q41 ?

En exploitant l'invariance par translation : décaler le réseau d'un pas a échange les deux zones de potentiel, ce qui permute k et K (donc \alpha et 1/\alpha). La relation physique devant rester inchangée, l'expression cherchée est nécessairement invariante sous l'échange de \alpha et 1/\alpha, ce qui impose la proposition symétrique.

Faut-il utiliser le théorème de Gauss ou l'équation locale en Q16 ?

L'équation locale de Maxwell-Gauss : le jury souligne qu'elle est bien plus adaptée ici que la forme intégrale. La modélisation unidimensionnelle donne directement \mathrm{d}E/\mathrm{d}z = \rho(z)/\varepsilon, ce qui évite les erreurs récurrentes constatées sur le choix de la surface de Gauss et l'évaluation du flux.

Où je me situe, question par question

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 45 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,24 et d'écart-type 4,11 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.