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Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2021

Mécanique de la cellule

Le sujet en bref

Sujet accessible · Ondes mécaniques et acoustiques, Diffusion thermique et diffusion de particules, Mécanique des fluides · 12 incontournables · 14 questions de première année
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Ce sujet de l'épreuve de Physique B (XEULC) aborde la mécanique de la matière vivante à travers l'étude approfondie des propriétés rhéologiques du cytoplasme et de la cellule eucaryote. Véritable pont entre physique microscopique hors d'équilibre et micromécanique expérimentale, il mobilise un large spectre d'outils fondamentaux : hydrodynamique à très bas nombre de Reynolds, modélisation de la diffusion particulaire (théorie cinétique des gaz, marche au hasard tridimensionnelle, équation de Langevin et formule d'Einstein), élasticité linéaire classique (traction, cisaillement, torsion) et indentation par pointe AFM en régime harmonique.

L'épreuve se distingue par sa grande clarté conceptuelle, articulant des modèles théoriques élégants avec des techniques d'analyse biophysique modernes (vidéomicroscopie de nanoparticules, microrhéologie active par AFM). Très formateur et d'un intérêt pédagogique exceptionnel pour les révisions, ce problème exige des candidats une excellente maîtrise des bilans énergétiques en régime harmonique, une rigueur mathématique solide et une capacité d'analyse critique des données expérimentales.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

41 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (41) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté
  • Ambiguïté

    Q18 : L'énoncé fournit un « déplacement quadratique moyen » avec l'unité pixel au lieu de pixel^2 : il faut interpréter la valeur 0{,}2\text{ pixel} comme la racine du déplacement quadratique moyen \sqrt{\langle\delta^2\rangle}.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

48 questions
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Partie I : Questions préliminaires et ordres de grandeur

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, terme convectif, équation de navier-stokes

Donner l'expression de pour l'écoulement dans le cytoplasme cellulaire en fonction de la dimension caractéristique de l'extension de l'écoulement , de la viscosité cinématique et de la vitesse caractéristique . Donner un ordre de grandeur de et conclure sur le rôle du terme convectif dans les écoulements du cytoplasme à l'intérieur de la cellule.

Voir l'indice

Calculer le rapport de l'ordre de grandeur du terme convectif \rho_c (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \sim \rho_c u^2/L sur le terme de viscosité \eta_c \Delta\vec{v} \sim \eta_c u/L^2, ce qui conduit à \mathrm{Re} = u L/\nu_c.

Voir la stratégie
  1. Évaluer les ordres de grandeur du terme convectif de l'accélération particulaire et du terme de diffusion visqueuse dans l'équation de Navier-Stokes pour en déduire l'expression littérale du nombre de Reynolds \mathrm{Re} en fonction de u, L et \nu_c.
  2. Réaliser l'application numérique avec les valeurs fournies pour le cytoplasme.
  3. Conclure sur l'importance relative du terme convectif face aux effets visqueux.
Voir la réponse courte

Expression \mathrm{Re} = u L / \nu_{\mathrm{c}} \ll 1 : le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} est négligeable devant les termes visqueux.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le nombre de Reynolds \mathrm{Re} est le rapport d'ordres de grandeur entre le terme convectif d'inertie volumique et les forces volumiques de viscosité :

  • Terme convectif volumique :

    \left\|\rho_c (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}\right\| \sim \rho_c \frac{u^2}{L}
  • Force volumique de viscosité :

    \left\|\eta_c \Delta \vec{v}\right\| \sim \eta_c \frac{u}{L^2}

En effectuant le rapport de ces deux termes, on obtient :

\mathrm{Re} = \frac{\rho_c \dfrac{u^2}{L}}{\eta_c \dfrac{u}{L^2}} = \frac{\rho_c u L}{\eta_c} = \frac{u L}{\nu_c}

avec \nu_c = \dfrac{\eta_c}{\rho_c} la viscosité cinématique du cytoplasme.

\boxed{\mathrm{Re} = \frac{u L}{\nu_c}}

Application numérique : Avec les données fournies :

  • u = 0{,}1\ \mu\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1} = 1{,}0 \times 10^{-7}\ \mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1} ;
  • L = 10\ \mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-5}\ \mathrm{m} ;
  • \nu_c = 1 \times 10^{-3}\ \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}.

On trouve :

\mathrm{Re} = \frac{1{,}0 \times 10^{-7} \times 1{,}0 \times 10^{-5}}{1 \times 10^{-3}} = 10^{-9}
\boxed{\mathrm{Re} \sim 10^{-9}}

Puisque \mathrm{Re} \ll 1, le terme convectif (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} est complètement négligeable devant le terme de viscosité \eta_c \Delta \vec{v}. L'écoulement intracytoplasmique est donc un écoulement à très faible nombre de Reynolds (régime de Stokes ou écoulement rampant).

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : analyse dimensionnelle, équation de navier-stokes, temps caractéristique

On fait l'hypothèse que les forces volumiques de viscosité et le terme inertiel dans l'équation de Navier-Stokes sont du même ordre de grandeur. Exprimer en fonction de , et puis calculer numériquement . En comparant avec les temps caractéristiques (supérieurs à la milliseconde) mis en jeu au cours des expériences de rhéologie cellulaire que nous évoquerons dans la suite, justifier le fait que l'on conserve les forces volumiques de viscosité et le terme inertiel dans l'équation de Navier-Stokes.

Voir l'indice

Égaler les grandeurs volumiques d'accélération instationnaire \rho_c u/\tau_{\text{inertie}} et de diffusion visqueuse \eta_c u/L^2 pour exprimer \tau_{\text{inertie}} = L^2/\nu_c, puis comparer cette échelle de temps à celle des mouvements cellulaires.

Voir la stratégie
  1. Évaluer les ordres de grandeur du terme d'accélération locale \rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} et de la force volumique de viscosité \eta_c \Delta \vec{v} pour en déduire l'expression de \tau_{\text{inertie}}.
  2. Réaliser l'application numérique avec les valeurs fournies pour la cellule (L = 10\text{ à }100\,\mu\mathrm{m}).
  3. Comparer \tau_{\text{inertie}} au temps expérimental \tau_{\text{exp}} \ge 1\,\mathrm{ms} et justifier la conservation conjointe du terme visqueux et du terme inertiel dans la modélisation dynamique.
Voir la réponse courte

Par analyse d'ordres de grandeur, \tau_{\text{inertie}} \sim \rho_{\mathrm{c}} L^2 / \eta_{\mathrm{c}} est très court, justifiant le rôle dominant de la viscosité.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'ordre de grandeur de la contribution du terme d'inertie instationnaire est :

\left\| \rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} \right\| \sim \rho_c \frac{u}{\tau_{\text{inertie}}}

Par ailleurs, pour un écoulement variant sur une échelle spatiale L, l'opérateur laplacien s'estime par \Delta \sim 1/L^2, de sorte que l'ordre de grandeur des forces volumiques de viscosité est :

\| \eta_c \Delta \vec{v} \| \sim \eta_c \frac{u}{L^2}

En écrivant que ces deux termes sont du même ordre de grandeur :

\rho_c \frac{u}{\tau_{\text{inertie}}} \sim \eta_c \frac{u}{L^2}

On en déduit l'expression du temps caractéristique d'inertie :

\boxed{\tau_{\text{inertie}} = \frac{\rho_c L^2}{\eta_c} = \frac{L^2}{\nu_c}}

Application numérique : Avec L = 10\,\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-5}\,\mathrm{m}, \rho_c = 1{,}00 \times 10^3\,\mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} et \eta_c = 1\,\mathrm{Pa}\cdot\mathrm{s} (soit \nu_c = 1 \times 10^{-3}\,\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}) :

\tau_{\text{inertie}} = \frac{(1{,}0 \times 10^{-5})^2}{1 \times 10^{-3}} = 1{,}0 \times 10^{-7}\,\mathrm{s} = 0{,}10\,\mu\mathrm{s}

Pour la taille maximale L = 100\,\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-4}\,\mathrm{m} :

\tau_{\text{inertie}} = \frac{(1{,}0 \times 10^{-4})^2}{1 \times 10^{-3}} = 1{,}0 \times 10^{-5}\,\mathrm{s} = 10\,\mu\mathrm{s}

On a donc dans tous les cas :

\boxed{\tau_{\text{inertie}} \sim 10^{-7}\text{ à }10^{-5}\,\mathrm{s}}

Comparaison et justification : Les échelles de temps caractéristiques des expériences de rhéologie cellulaire sont \tau_{\text{exp}} \ge 1\,\mathrm{ms} = 10^{-3}\,\mathrm{s}. On constate donc que :

\tau_{\text{inertie}} \ll \tau_{\text{exp}}
  • À l'échelle de l'expérience, le rapport du terme inertiel sur le terme visqueux s'évalue par :

    \frac{\left\|\rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t}\right\|}{\|\eta_c \Delta \vec{v}\|} \sim \frac{\rho_c \frac{u}{\tau_{\text{exp}}}}{\eta_c \frac{u}{L^2}} = \frac{\tau_{\text{inertie}}}{\tau_{\text{exp}}} \ll 1

    Les forces de viscosité sont donc très largement prépondérantes devant l'inertie à cette échelle macroscopique : il est indispensable de les conserver.

  • Cependant, l'énoncé précisant que les forces de pression et les forces volumiques extérieures sont négligeables devant la viscosité, la dynamique temporelle du fluide (phases transitoires, diffusion de la quantité de mouvement ou réponse à des sollicitations oscillatoires) ne peut être décrite qu'en conservant le terme d'accélération locale \rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t}, qui assure l'équilibre dynamique avec le terme visqueux \eta_c \Delta \vec{v}.

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équation de diffusion, viscosité cinématique, écoulement de stokes

Déduire des approximations et hypothèses précédentes l'équation qui régit la dynamique de l'écoulement cytoplasmique. Rappeler le nom de ce type d'équation et donner une interprétation du coefficient de viscosité cinématique relativement à cette équation.

Voir l'indice

Négliger le terme convectif quadratique ainsi que les termes de forces extérieures et de gradient de pression pour identifier une équation de diffusion de la quantité de mouvement.

Voir la réponse courte

Équation de diffusion de la quantité de mouvement : \nu_{\mathrm{c}} s'interprète comme un coefficient de diffusion cinématique.

Voir le corrigé complet

Rassemblons les approximations et hypothèses introduites précédemment :

  • D'après la question Q1, le nombre de Reynolds est très faible (\mathrm{Re} \ll 1), ce qui permet de négliger le terme de transport convectif (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} devant le terme visqueux. La dérivée particulaire se réduit donc à la dérivée temporelle locale :

    \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \approx \frac{\partial \vec{v}}{\partial t}
  • Selon le préambule de la question Q2, les forces volumiques extérieures ainsi que les forces de pression sont négligeables devant les forces volumiques visqueuses :

    \vec{f} \approx \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{\operatorname{grad}} p \approx \vec{0}
  • D'après la question Q2, on conserve conjointement le terme inertiel instationnaire \rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} et le terme de viscosité \eta_c \Delta \vec{v}.

En injectant ces simplifications dans l'équation de Navier-Stokes (1), on obtient :

\rho_c \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \eta_c \Delta \vec{v}

Soit, en divisant par la masse volumique \rho_c et en introduisant la viscosité cinématique \nu_c = \frac{\eta_c}{\rho_c} :

\boxed{\frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \nu_c \Delta \vec{v}}

(assortie de la condition d'incompressibilité \operatorname{div} \vec{v} = 0).

Nom de l'équation : Il s'agit d'une équation de diffusion tridimensionnelle (ou équation de la chaleur vectorielle), régissant ici la dynamique de la vitesse (ou de la quantité de mouvement).

Interprétation de la viscosité cinématique \nu_c :

  • Sur le plan dimensionnel, [\nu_c] = \mathrm{L^2 \cdot T^{-1}} (\mathrm{m^2 \cdot s^{-1}}), ce qui correspond rigoureusement à la dimension d'un coefficient de diffusion.
  • Au sens physique, \nu_c joue le rôle de coefficient de diffusion de la quantité de mouvement (par unité de masse) au sein du fluide. Elle quantifie l'efficacité et la rapidité avec lesquelles le cisaillement et les hétérogénéités de vitesse se propagent et s'homogénéisent à travers le milieu sous l'action des frottements visqueux.

Résultat

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Partie II : Suivi de particule unique et viscosité du cytoplasme

II.A · Approche microscopique de la diffusion dans un gaz

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : libre parcour moyen, diffusion de particules, théorie cinétique des gaz

Relier le libre parcours moyen au temps de collision et à la vitesse . Quel est l'ordre de grandeur du nombre de particules se trouvant en moyenne dans le volume ? En déduire que , où est une constante numérique. On admettra que . On pourra effectuer un schéma pour illustrer le raisonnement.

Voir l'indice

Relier la distance moyenne parcourue entre deux chocs à la vitesse \bar{v} et au temps moyen \tau_{\text{col}}, puis considérer le volume cylindrique d'exclusion balayé contenant en moyenne une particule.

Voir la stratégie
  1. Exprimer cinématiquement le libre parcours moyen \ell à partir de la vitesse moyenne d'agitation thermique \bar{v} et du temps moyen entre deux collisions successives \tau_{\text{col}}.
  2. Définir le cylindre de collision balayé par une particule test entre deux chocs et relier le nombre moyen de cibles qu'il contient à l'ordre de grandeur de \ell.
  3. Introduire la correction liée au mouvement relatif des cibles pour justifier la constante c = 1/\sqrt{2}.
Voir la réponse courte

Cylindre de collision de volume \sigma_{\text{eff}}\ell contenant en moyenne une particule : \ell = 1/(\sqrt{2}n\sigma_{\text{eff}}).

Voir le corrigé complet

Pendant la durée \tau_{\text{col}} séparant deux collisions consécutives, une particule se déplace en moyenne en ligne droite à la vitesse moyenne \bar{v}. Le libre parcours moyen \ell s'écrit donc :

\boxed{\ell = \bar{v}\tau_{\text{col}}}

Considérons une particule test de rayon r_{\text{p}} animée d'une vitesse \vec{v}. Une collision se produit dès que le centre d'une autre particule identique (de rayon r_{\text{p}}) se trouve à une distance inférieure ou égale à 2r_{\text{p}} de la trajectoire du centre de la particule test.

L'extension spatiale transverse correspond à un disque de rayon 2r_{\text{p}}, soit une section efficace de collision :

\sigma_{\text{eff}} = \pi (2r_{\text{p}})^2 = 4\pi r_{\text{p}}^2

Entre deux collisions consécutives, la particule balaye ainsi un « volume de collision » V_{\text{col}} = \sigma_{\text{eff}}\ell. Par définition du libre parcours moyen, la particule rencontre en moyenne exactement une autre particule sur cette distance. Le nombre moyen de centres de particules présents dans le volume \sigma_{\text{eff}}\ell est donc d'ordre 1 :

\boxed{\langle N \rangle \sim 1}

Puisque le gaz contient n particules par unité de volume, ce nombre moyen s'écrit également \langle N \rangle = n \sigma_{\text{eff}}\ell. En posant \langle N \rangle \sim 1, on en déduit l'ordre de grandeur :

\ell \sim \frac{1}{n\sigma_{\text{eff}}}

Dans un modèle plus rigoureux prenant en compte le mouvement relatif aléatoire des molécules cibles, la vitesse relative moyenne vaut \bar{v}_{\text{rel}} = \sqrt{2}\,\bar{v} (pour une distribution de Maxwell-Boltzmann isotrope). La fréquence de collision est ainsi multipliée par un facteur \sqrt{2}, ce qui conduit à introduire la constante numérique c = \frac{1}{\sqrt{2}} :

\boxed{\ell = \frac{c}{n\sigma_{\text{eff}}} = \frac{1}{\sqrt{2}\,n\sigma_{\text{eff}}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : diffusion de particules, bilan de matière, vecteur densité de flux

Montrer qu'entre les dates et , particules de gaz entrent dans le volume et particules de gaz en sortent, avec et . À l'aide d'un bilan portant sur le nombre de particules dans le volume , en déduire que le flux de particules par unité de surface dans la direction défini par s'écrit .

Voir l'indice

Calculer le nombre de particules traversant la section S pendant \mathrm{d}t issues de x-\ell et x+\ell, puis effectuer un développement de Taylor au premier ordre de la densité particulaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre de particules traversant une section droite S pendant \mathrm{d}t à partir du volume balayé par les particules animées de la vitesse \bar{v} selon +x.
  2. Exprimer les flux surfaciques entrant \Phi_{\mathcal{N},e} et sortant \Phi_{\mathcal{N},s} à l'aide des expressions données dans l'énoncé.
  3. Réaliser un développement limité au premier ordre de la densité particulaire n(x \pm \ell) au voisinage de x, justifié par la variation lente de n(x) à l'échelle du libre parcours moyen \ell.
Voir la réponse courte

Bilan de flux de particules traversant une section entre deux plans distants de \ell, avec développement limité de n(x\pm\ell).

Voir le corrigé complet

Considérons les particules se déplaçant dans la direction +x à la vitesse \bar{v} :

  • À l'abscisse x-\ell (face d'entrée) : pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t, les particules qui pénètrent dans le volume V sont celles qui se trouvent à une distance inférieure à \bar{v}\mathrm{d}t en amont de la surface S. Elles sont donc contenues dans un cylindre d'axe x, de section S et de longueur \bar{v}\mathrm{d}t, soit un volume élémentaire \mathrm{d}V_e = S\bar{v}\mathrm{d}t. La densité particulaire y étant n(x-\ell), le nombre de particules entrant s'écrit :

    \mathrm{d}\mathcal{N}_e = n(x-\ell)\,\mathrm{d}V_e = S\bar{v}n(x-\ell)\,\mathrm{d}t
  • À l'abscisse x+\ell (face de sortie) : de manière analogue, les particules qui quittent le volume V à travers la surface S pendant \mathrm{d}t sont contenues dans le cylindre de volume \mathrm{d}V_s = S\bar{v}\mathrm{d}t situé juste en amont de cette surface, où la densité est n(x+\ell). Le nombre de particules sortant est donc :

    \mathrm{d}\mathcal{N}_s = n(x+\ell)\,\mathrm{d}V_s = S\bar{v}n(x+\ell)\,\mathrm{d}t

D'après les définitions de l'énoncé, les flux de particules par unité de surface s'écrivent :

\begin{aligned} \Phi_{\mathcal{N},e} &= \frac{1}{S}\frac{\mathrm{d}\mathcal{N}_e}{\mathrm{d}t} = \bar{v}n(x-\ell) \\ \Phi_{\mathcal{N},s} &= \frac{1}{S}\frac{\mathrm{d}\mathcal{N}_s}{\mathrm{d}t} = \bar{v}n(x+\ell) \end{aligned}

Le bilan du nombre de particules dans le volume V conduit au flux net surfacique de particules traversant le volume dans la direction +x :

\Phi_{\mathcal{N},+x} = \Phi_{\mathcal{N},e} - \Phi_{\mathcal{N},s} = \bar{v}\left[n(x-\ell) - n(x+\ell)\right]

Puisque la densité n(x) varie lentement sur des distances de l'ordre de \ell, on effectue un développement de Taylor à l'ordre 1 au voisinage de x :

\begin{aligned} n(x-\ell) &= n(x) - \ell\,\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x} + o(\ell) \\ n(x+\ell) &= n(x) + \ell\,\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x} + o(\ell) \end{aligned}

En injectant ces développements dans l'expression du flux net, on obtient :

n(x-\ell) - n(x+\ell) = -2\ell\,\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x}

d'où l'expression recherchée :

\boxed{\Phi_{\mathcal{N},+x} = -2\bar{v}\ell\,\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x}}

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de fick, coefficient de diffusion, approche microscopique

En tenant compte des déplacements des particules dans toutes les directions de l'espace, on peut montrer que le flux de particules par unité de surface dans est . En identifiant la relation précédente à la loi de Fick reliant le flux de particules au gradient de nombre de particules , montrer que le coefficient de diffusion des particules de gaz s'écrit .

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Projeter le flux particulaire isotrope sur l'axe unidimensionnel de gradient et identifier terme à terme avec la première loi de Fick \vec{j}_N = -D\vec{\nabla}n.

Voir la réponse courte

Identification du flux 3D moyen avec la loi de Fick j_N = -D \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x}, aboutissant à D = \frac{1}{3}\bar{v}\ell.

Voir le corrigé complet

La loi phénoménologique de Fick stipule que le flux de particules par unité de surface (ou densité de courant de particules) à travers une section orthogonale à l'axe (Ox) est proportionnel au gradient de la densité particulaire :

\Phi_{\mathcal{N}} = - D \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x}

où D désigne le coefficient de diffusion des particules au sein du gaz.

En identifiant cette loi avec l'expression obtenue à partir du modèle microscopique :

\Phi_{\mathcal{N}} = -\frac{1}{3}\bar{v}\ell \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}x}

on en déduit directement par identification :

\boxed{D = \frac{1}{3}\bar{v}\ell}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème d'équipartition, coefficient de diffusion

À l'aide du théorème d'équipartition de l'énergie : , montrer que le coefficient de diffusion s'écrit :

Voir l'indice

Exprimer la vitesse quadratique moyenne \bar{v} en fonction de k_{\mathrm{B}}T/m grâce au théorème d'équipartition, puis réinjecter \ell = \bar{v}\tau_{\text{col}} dans l'expression de D.

Voir la réponse courte

Substitution de \ell = \bar{v}\tau_{\text{col}} et de \bar{v}^2 = 3 k_{\mathrm{B}}T/m dans l'expression de D.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, le coefficient de diffusion des particules du gaz s'exprime sous la forme :

D = \frac{1}{3}\bar{v}\ell.

En utilisant la relation établie à la question Q4 reliant le libre parcours moyen au temps moyen de collision, \ell = \bar{v}\tau_{\text{col}}, on obtient :

D = \frac{1}{3}\bar{v}^2\tau_{\text{col}}.

Le théorème d'équipartition de l'énergie pour une particule monoatomique à l'équilibre thermique à la température T donne :

\frac{1}{2}m\bar{v}^2 = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T \iff \bar{v}^2 = \frac{3k_{\mathrm{B}}T}{m}.

En injectant cette relation dans l'expression de D, il vient immédiatement :

D = \frac{1}{3}\left(\frac{3k_{\mathrm{B}}T}{m}\right)\tau_{\text{col}},

soit :

\boxed{D = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{m}\tau_{\text{col}}}

Résultat

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II.B · Mouvement brownien et modèle de marche au hasard

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : marche aléatoire, mouvement brownien

Montrer que .

Voir l'indice

Développer le carré scalaire de la relation vectorielle \vec{\mathrm{AP}}_{i+1} = \vec{\mathrm{AP}}_i + \vec{d}_i et utiliser la linéarité de la moyenne d'ensemble.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur \overrightarrow{\mathrm{AP}}_{i+1} en fonction de \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i et du pas \vec{d}_i à l'aide de la relation de Chasles.
  2. Développer la norme au carré de cette somme vectorielle.
  3. Appliquer l'opérateur moyenne d'ensemble \langle \dots \rangle en utilisant sa linéarité.
Voir la réponse courte

Développement du carré scalaire \vec{\mathrm{AP}}_{i+1} = \vec{\mathrm{AP}}_i + \vec{d}_i et utilisation de la linéarité de la moyenne.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Chasles et la définition du vecteur pas \vec{d}_i = \overrightarrow{\mathrm{P}_i\mathrm{P}_{i+1}}, la position du point \mathrm{P}_{i+1} par rapport à l'origine \mathrm{A} s'écrit :

\overrightarrow{\mathrm{AP}}_{i+1} = \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i + \overrightarrow{\mathrm{P}_i\mathrm{P}_{i+1}} = \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i + \vec{d}_i.

En calculant le carré scalaire de ce vecteur, on obtient :

\begin{aligned} \mathrm{AP}_{i+1}^2 = \left\| \overrightarrow{\mathrm{AP}}_{i+1} \right\|^2 &= \left( \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i + \vec{d}_i \right)^2 \\ &= \left\| \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \right\|^2 + \left\| \vec{d}_i \right\|^2 + 2\,\vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \\ &= \mathrm{AP}_i^2 + d_i^2 + 2\,\vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i. \end{aligned}

L'opérateur de moyenne statistique \langle \dots \rangle sur l'ensemble des réalisations possibles étant linéaire, on en déduit directement :

\boxed{\langle \mathrm{AP}_{i+1}^2 \rangle = \langle \mathrm{AP}_i^2 \rangle + \langle d_i^2 \rangle + \langle 2\vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \rangle}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : marche aléatoire, moyenne d'ensemble

On note l'angle entre les vecteurs et (voir figure 4). Le libre parcours moyen est ici la valeur moyenne qu'aurait la composante du vecteur dans l'une des trois directions de l'espace, repérées par les vecteurs , et , formant une base orthonormée. On a donc . En considérant que les variables , et sont des grandeurs indépendantes, montrer que .

Voir l'indice

Exploiter l'isotropie et l'indépendance statistique entre la position atteinte \vec{\mathrm{AP}}_i et le pas suivant \vec{d}_i pour annuler le terme croisé, puis sommer les trois directions spatiales équivalentes.

Voir la réponse courte

Les pas successifs étant indépendants, le terme croisé s'annule en moyenne et \langle d_i^2 \rangle = 3\ell^2.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente (Q8), on a :

\langle \mathrm{AP}_{i+1}^2 \rangle = \langle \mathrm{AP}_i^2 \rangle + \langle d_i^2 \rangle + 2 \langle \vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \rangle.

Calculons séparément les deux derniers termes :

  • Pour la norme au carré du pas élémentaire \vec{d}_i, dans la base orthonormée (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z), on a d_i^2 = d_{i,x}^2 + d_{i,y}^2 + d_{i,z}^2. Par linéarité de la moyenne et d'après les données de l'énoncé :

    \langle d_i^2 \rangle = \langle d_{i,x}^2 \rangle + \langle d_{i,y}^2 \rangle + \langle d_{i,z}^2 \rangle = \ell^2 + \ell^2 + \ell^2 = 3\ell^2.
  • Pour le terme croisé, le produit scalaire s'exprime sous la forme :

    \vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i = \|\vec{d}_i\| \, \|\overrightarrow{\mathrm{AP}}_i\| \cos \theta_i.

    Les grandeurs \|\vec{d}_i\|, \|\overrightarrow{\mathrm{AP}}_i\| et \theta_i étant indépendantes, la moyenne du produit est égale au produit des moyennes :

    \langle \vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \rangle = \langle \|\vec{d}_i\| \rangle \, \langle \|\overrightarrow{\mathrm{AP}}_i\| \rangle \, \langle \cos \theta_i \rangle.

    La marche aléatoire étant isotrope dans l'espace tridimensionnel, toutes les directions de \vec{d}_i sont équiprobables sur la sphère unité (élément d'angle solide \mathrm{d}\Omega = \sin\theta_i \, \mathrm{d}\theta_i \, \mathrm{d}\varphi). La moyenne spatiale de \cos \theta_i est donc nulle :

    \langle \cos \theta_i \rangle = \frac{1}{4\pi} \int_0^{2\pi} \mathrm{d}\varphi \int_0^\pi \cos \theta_i \sin \theta_i \, \mathrm{d}\theta_i = \frac{1}{2} \left[ \frac{\sin^2 \theta_i}{2} \right]_0^\pi = 0.

    Il en résulte que le terme croisé s'annule :

    \langle 2\vec{d}_i \cdot \overrightarrow{\mathrm{AP}}_i \rangle = 0.

En recombinant ces deux résultats dans l'expression de départ, on obtient la relation demandée :

\boxed{\langle \mathrm{AP}_{i+1}^2 \rangle = \langle \mathrm{AP}_i^2 \rangle + 3\ell^2}

Résultat

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : marche aléatoire, déplacement quadratique moyen

En déduire que .

Voir l'indice

Sommer la relation de récurrence obtenue de i = 0 jusqu'à N-1 en prenant comme origine fixe le point \mathrm{A} = \mathrm{P}_0.

Voir la réponse courte

Sommation de la relation de récurrence de i = 0 à N-1 avec une origine fixée en \mathrm{A}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de récurrence établie à la question précédente :

\langle \mathrm{AP}_{i+1}^2 \rangle - \langle \mathrm{AP}_i^2 \rangle = 3\ell^2

En sommant cette égalité pour l'indice de pas i variant de 0 à N-1, on obtient par télescopage :

\sum_{i=0}^{N-1} \left( \langle \mathrm{AP}_{i+1}^2 \rangle - \langle \mathrm{AP}_i^2 \rangle \right) = \sum_{i=0}^{N-1} 3\ell^2

soit :

\langle \mathrm{AP}_N^2 \rangle - \langle \mathrm{AP}_0^2 \rangle = 3N\ell^2

Le point de départ étant \mathrm{P}_0 = \mathrm{A}, on a \mathrm{AP}_0 = 0, donc \langle \mathrm{AP}_0^2 \rangle = 0.

De plus, par définition du chemin total parcouru, le point d'arrivée est \mathrm{P}_N = \mathrm{B}, d'où \overrightarrow{\mathrm{AP}_N} = \overrightarrow{\mathrm{AB}} = \vec{\delta}, ce qui donne \mathrm{AP}_N^2 = \|\vec{\delta}\|^2. On en déduit directement :

\boxed{\langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 3N\ell^2}

Résultat

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : marche aléatoire, temps de collision

Indiquer la relation entre le temps moyen pour aller de à , le temps de collision et le nombre de pas de la marche aléatoire . En déduire alors l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer le nombre moyen de collisions N sous la forme N = t/\tau_{\text{col}} et remplacer dans l'expression de \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps moyen total t comme la somme des durées moyennes associées aux N pas élémentaires successifs de durée moyenne \tau_{\text{col}}.
  2. Réinjecter le nombre de pas N obtenu dans l'expression de \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle établie à la question précédente (Q10).
Voir la réponse courte

En posant t = N\tau_{\text{col}}, on remplace N pour obtenir \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 3\ell^2 t / \tau_{\text{col}}.

Voir le corrigé complet

La durée moyenne nécessaire pour parcourir chaque pas entre deux collisions consécutives est égale au temps de collision \tau_{\text{col}}. Le trajet de \mathrm{A} à \mathrm{B} comportant N pas indépendants, le temps moyen t s'écrit simplement :

\boxed{t = N \tau_{\text{col}}} \quad \text{soit} \quad N = \frac{t}{\tau_{\text{col}}}

D'après le résultat de la question Q10, le déplacement quadratique moyen après N pas vaut :

\langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 3 N \ell^2

En remplaçant N par son expression en fonction de t et \tau_{\text{col}}, on obtient :

\boxed{\langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 3 \frac{\ell^2}{\tau_{\text{col}}} t}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : coefficient de diffusion, marche aléatoire

Le coefficient de diffusion de particules à trois dimensions étant défini par , préciser l'expression de en fonction du libre parcours moyen et du temps de collision . Comparer cette expression à celle de , obtenue par l'approche microscopique de la diffusion de particules à la question 6.

Voir l'indice

Identifier l'expression trouvée à la loi de diffusion tridimensionnelle d'Einstein \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 6Dt pour déterminer la constante multiplicative A.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'expression de \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle obtenue à la question 11 avec la définition \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 6Dt pour en déduire D(\ell, \tau_{\text{col}}).
  2. Exprimer le résultat en fonction de \bar{v} et \ell grâce à la relation \ell = \bar{v}\tau_{\text{col}} issue de la question 4, afin de le comparer directement au résultat D = \frac{1}{3}\bar{v}\ell de la question 6.
Voir la réponse courte

Identification D = \ell^2 / (2\tau_{\text{col}}) = \frac{1}{2}\bar{v}\ell, concordant à un facteur géométrique près avec la question 6.

Voir le corrigé complet

D'après la question 11, le déplacement quadratique moyen après une durée t s'écrit :

\langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 3\,\frac{\ell^2}{\tau_{\text{col}}}\,t

En identifiant cette expression avec la relation donnée dans l'énoncé, \langle \|\vec{\delta}\|^2 \rangle = 6Dt (où \langle \dots \rangle et \overline{\dots} coïncident d'après l'hypothèse d'ergodicité), on a :

6Dt = 3\,\frac{\ell^2}{\tau_{\text{col}}}\,t

On en déduit l'expression du coefficient de diffusion :

\boxed{D = \frac{1}{2}\,\frac{\ell^2}{\tau_{\text{col}}}}

Le facteur numérique introduit dans le préambule de la partie II.B (D = A\,\frac{\ell^2}{\tau_{\text{col}}}) vaut donc A = \frac{1}{2}.

Comparaison avec la question 6 :

D'après la question 4, le libre parcours moyen est relié à la vitesse moyenne et au temps de collision par \ell = \bar{v}\tau_{\text{col}}, soit \frac{\ell}{\tau_{\text{col}}} = \bar{v}. Le coefficient de diffusion peut donc se réécrire :

D = \frac{1}{2}\bar{v}\ell

À la question 6, l'approche microscopique du transport par gradient de concentration avait conduit à :

D = \frac{1}{3}\bar{v}\ell
  • Analogie : les deux approches fournissent la même loi d'échelle et la même dépendance vis-à-vis des grandeurs physiques (D \propto \bar{v}\ell \propto \ell^2/\tau_{\text{col}}), assurant un même ordre de grandeur.
  • Écart numérique : le préfacteur numérique diffère légèrement (1/2 contre 1/3). Cet écart est inhérent aux hypothèses simplificatrices de chacun des deux modèles mésoscopiques (discrétisation en pas indépendants pour la marche aléatoire, projection unidimensionnelle selon six directions pour le bilan de flux).

Résultat

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II.C · Particule brownienne mésoscopique et modèle de Langevin

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème d'équipartition, vitesse quadratique moyenne

En utilisant le théorème d'équipartition de l'énergie, déterminer l'expression de , où la notation désigne la dérivée de par rapport au temps, composante de la vitesse dans la direction .

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à l'énergie cinétique moyenne associée au seul degré de liberté de translation selon l'axe x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique associée au degré de liberté de translation de la particule selon l'axe (\mathrm{O}x).
  2. Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à l'équilibre thermodynamique à ce terme quadratique pour isoler \langle \dot{x}^2 \rangle.
Voir la réponse courte

Équipartition de l'énergie cinétique selon un degré de liberté translationnel : \frac{1}{2}m\langle \dot{x}^2 \rangle = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre thermodynamique à la température T, le théorème d'équipartition de l'énergie stipule que chaque terme quadratique indépendant dans l'expression hamiltonienne de l'énergie mécanique possède une valeur moyenne égale à \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T.

L'énergie cinétique associée au mouvement de translation de la particule de masse m selon la direction \vec{e}_x s'écrit :

E_{c,x} = \frac{1}{2}m\dot{x}^2

En appliquant le théorème d'équipartition de l'énergie à ce degré de liberté :

\left\langle E_{c,x} \right\rangle = \frac{1}{2}m \left\langle \dot{x}^2 \right\rangle = \frac{1}{2} k_{\mathrm{B}} T

On en déduit :

\boxed{\left\langle \dot{x}^2 \right\rangle = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{m}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de langevin, principe fondamental de la dynamique

On suppose que les variables et sont indépendantes. À partir du principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule, établir l'équation différentielle vérifiée par .

Voir l'indice

Multiplier la projection de l'équation de Langevin sur l'axe x par la position x, utiliser l'identité cinématique x\ddot{x} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(x\dot{x}) - \dot{x}^2, puis moyenner en tenant compte de l'absence de corrélation entre x et la force aléatoire f_x.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation du mouvement (équation de Langevin) pour la particule en projetant le principe fondamental de la dynamique sur l'axe (Ox).
  2. Multiplier cette équation scalaire par la position x(t), puis exprimer le terme x\ddot{x} à l'aide de la dérivée de x\dot{x} et du terme cinétique \dot{x}^2.
  3. Prendre la moyenne d'ensemble en exploitant la linéarité, l'indépendance de x et f_x, et le théorème d'équipartition issu de la question Q13.
Voir la réponse courte

Multiplication du PFD par x, écriture de x\ddot{x} = \frac{\mathrm{d}(x\dot{x})}{\mathrm{d}t} - \dot{x}^2, puis passage à la moyenne d'ensemble.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à une particule brownienne sphérique de masse m dans le référentiel galiléen du laboratoire. En projection selon la direction \vec{e}_x, le mouvement est gouverné par l'équation de Langevin :

m \ddot{x} = -6\pi\eta r_{\mathrm{p}}\dot{x} + f_x

Multiplions cette relation par la coordonnée x(t) :

m x \ddot{x} = -6\pi\eta r_{\mathrm{p}} x \dot{x} + x f_x

On remarque que :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(x\dot{x}) = \dot{x}^2 + x\ddot{x} \quad \implies \quad x\ddot{x} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(x\dot{x}) - \dot{x}^2

L'équation devient alors :

m \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(x\dot{x}) - m \dot{x}^2 = -6\pi\eta r_{\mathrm{p}} x \dot{x} + x f_x

Prenons la moyenne d'ensemble \langle \dots \rangle de part et d'autre :

  • La dérivation temporelle commute avec la moyenne : \left\langle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(x\dot{x}) \right\rangle = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\langle x\dot{x} \rangle ;
  • D'après le résultat de la question Q13, l'équipartition de l'énergie donne m \langle \dot{x}^2 \rangle = k_{\mathrm{B}}T ;
  • Par hypothèse, les variables x et f_x sont indépendantes, donc :

    \langle x f_x \rangle = \langle x \rangle \langle f_x \rangle = 0 \quad \text{car } \langle f_x \rangle = 0

On obtient ainsi :

m \frac{\mathrm{d}\langle x\dot{x}\rangle}{\mathrm{d}t} - k_{\mathrm{B}}T = -6\pi\eta r_{\mathrm{p}} \langle x\dot{x}\rangle

Soit, sous forme canonique :

\boxed{m \frac{\mathrm{d}\langle x\dot{x}\rangle}{\mathrm{d}t} + 6\pi\eta r_{\mathrm{p}}\langle x\dot{x}\rangle = k_{\mathrm{B}}T}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation différentielle, régime permanent, loi de stokes

Résoudre cette équation différentielle et montrer qu'en régime permanent, on obtient . On introduira une durée caractéristique et on donnera un critère d'atteinte du régime permanent.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant sur la variable \langle x\dot{x}\rangle et définir le temps de relaxation visqueuse \tau = m/(6\pi\eta r_{\mathrm{p}}).

Voir la stratégie
  1. Réécrire l'équation différentielle linéaire du premier ordre établie à la question Q14 sous forme canonique en introduisant le temps caractéristique \tau.
  2. Intégrer l'équation différentielle comme la somme d'une solution particulière constante et de la solution générale de l'équation homogène.
  3. Examiner la limite aux temps longs pour en déduire la valeur en régime permanent et expliciter le critère temporel d'atteinte de ce régime.
Voir la réponse courte

Résolution avec temps caractéristique \tau = m/(6\pi\eta r_{\mathrm{p}}), tendant vers la valeur stationnaire pour t \gg \tau.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, l'équation différentielle régissant l'évolution temporelle de \langle x\dot{x} \rangle s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}\langle x\dot{x}\rangle}{\mathrm{d}t} + 6\pi\eta r_{\mathrm{p}}\langle x\dot{x}\rangle = k_{\mathrm{B}}T.

En divisant cette relation par le coefficient de frottement de Stokes \gamma = 6\pi\eta r_{\mathrm{p}}, on fait apparaître la durée caractéristique :

\tau = \frac{m}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}.

L'équation différentielle prend alors la forme canonique :

\tau \frac{\mathrm{d}\langle x\dot{x}\rangle}{\mathrm{d}t} + \langle x\dot{x}\rangle = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}.

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire d'ordre 1 à coefficients constants et avec second membre constant. Sa solution générale est la somme d'une solution particulière constante et de la solution générale de l'équation homogène :

\langle x\dot{x}\rangle(t) = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}} + K\,\mathrm{e}^{-t/\tau},

où K est une constante réelle fixée par les conditions initiales.

Lorsque le temps écoulé devient grand devant le temps de relaxation \tau, le terme transitoire exponentiel s'atténue jusqu'à devenir totalement négligeable. Le critère d'atteinte du régime permanent s'écrit :

t \gg \tau \quad (\text{en pratique } t \ge 5\tau).

En régime permanent, on obtient donc :

\boxed{\langle x\dot{x} \rangle = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation d'einstein, déplacement quadratique moyen

En supposant que et des durées longues devant , montrer que et établir la relation d'Einstein

Voir l'indice

Remarquer que \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\langle x^2 \rangle = 2\langle x\dot{x}\rangle, intégrer pour les temps longs t \gg \tau et identifier avec l'expression standard de diffusion unidimensionnelle \langle x^2 \rangle = 2Dt.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle du déplacement quadratique moyen \langle x^2 \rangle en fonction de \langle x\dot{x} \rangle.
  2. Utiliser le régime permanent (t \gg \tau) établi à la question Q15 et intégrer avec la condition initiale \langle x^2 \rangle(0) = 0.
  3. Identifier l'expression obtenue à la loi de diffusion unidimensionnelle \langle x^2 \rangle(t) = 2Dt pour établir la relation d'Einstein.
Voir la réponse courte

Intégration temporelle de \frac{\mathrm{d}\langle x^2 \rangle}{\mathrm{d}t} = 2\langle x\dot{x} \rangle, menant à la relation d'Einstein D = k_{\mathrm{B}}T/(6\pi\eta r_{\mathrm{p}}).

Voir le corrigé complet

En appliquant la propriété de dérivation sous la moyenne admise dans le préambule :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \langle x^2 \rangle = \left\langle \frac{\mathrm{d}(x^2)}{\mathrm{d}t} \right\rangle = 2 \langle x\dot{x} \rangle

D'après la question Q15, pour des durées longues devant le temps de relaxation (\,t \gg \tau), le régime permanent est établi et la grandeur \langle x\dot{x} \rangle est constante :

\langle x\dot{x} \rangle = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}

L'équation différentielle s'écrit alors simplement :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \langle x^2 \rangle = \frac{2k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}

En intégrant entre 0 et t, sachant que \langle x^2 \rangle(t=0) = 0 :

\langle x^2 \rangle(t) = 2 \left( \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}} \right) t

Le déplacement quadratique moyen croît linéairement avec le temps, signature d'un processus de diffusion pure. En identifiant cette expression à la forme caractéristique \langle x^2 \rangle(t) = 2Dt, on obtient :

\boxed{\langle x^2 \rangle(t) = 2Dt}

avec le coefficient de diffusion donné par la relation d'Einstein :

\boxed{D = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi\eta r_{\mathrm{p}}}}

Résultat

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II.D · Rhéologie passive du cytoplasme cellulaire par suivi de particule unique

Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : diffusion de particules, viscosité, relation d'einstein

En supposant que le mouvement de la bille dans le cytoplasme est purement diffusif (on notera son coefficient de diffusion), représenter graphiquement l'évolution temporelle de (de façon qualitative) et expliquer comment la mesure de permet d'accéder à la viscosité du cytoplasme .

Voir l'indice

Utiliser l'additivité des variances selon x et y pour établir \delta^2(t) = 4Dt. La mesure de la pente de la droite donne accès à D, qui conduit à la viscosité dynamique via la formule d'Einstein.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement quadratique moyen bidimensionnel \delta^2(t) en sommant les contributions indépendantes et isotropes selon x et y, à partir du résultat établi à la question Q16.
  2. Tracer l'allure de la courbe \delta^2(t) en fonction du temps t (loi linéaire caractéristique d'un régime purement diffusif).
  3. Relier la pente de cette droite au coefficient de diffusion D, puis exprimer la viscosité \eta_{\mathrm{c}} à l'aide de la relation d'Einstein-Stokes (question Q16).
Voir la réponse courte

Graphe linéaire \delta^2(t) \propto Dt dont la pente donne le coefficient de diffusion puis la viscosité \eta_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

1. Expression du déplacement quadratique moyen

La trajectoire de la bille est enregistrée dans le plan (Oxy). Le mouvement brownien étant isotrope et les mouvements le long des axes x et y étant statistiquement indépendants, on a d'après le résultat de la question Q16 (valable pour des temps longs devant le temps de relaxation visqueuse \tau) :

\langle x_{\mathrm{b}}^2(t) \rangle = 2Dt \quad \text{et} \quad \langle y_{\mathrm{b}}^2(t) \rangle = 2Dt.

Le déplacement quadratique moyen à deux dimensions s'en déduit directement :

\delta^2(t) = \langle x_{\mathrm{b}}(t)^2 + y_{\mathrm{b}}(t)^2 \rangle = \langle x_{\mathrm{b}}(t)^2 \rangle + \langle y_{\mathrm{b}}(t)^2 \rangle = 4Dt.
\boxed{\delta^2(t) = 4Dt}

2. Représentation graphique qualitative

L'évolution de \delta^2(t) en fonction du temps t est une droite passant par l'origine, de pente égale à 4D.

3. Détermination de la viscosité du cytoplasme \eta_{\mathrm{c}}

La démarche expérimentale de rhéologie passive se déroule ainsi :

  • À partir des coordonnées (x_{\mathrm{b}}, y_{\mathrm{b}}) mesurées au cours du temps, on trace \delta^2(t) en fonction de t.
  • Une régression linéaire sur les données expérimentales fournit la pente p = 4D, d'où la mesure du coefficient de diffusion :

    D = \frac{p}{4}.
  • D'après la relation d'Einstein établie à la question Q16 pour une particule sphérique de rayon R_{\mathrm{b}} :

    D = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi \eta_{\mathrm{c}} R_{\mathrm{b}}}.

    La température T et le rayon R_{\mathrm{b}} de la bille de latex étant connus, on en déduit la viscosité dynamique du cytoplasme :

\boxed{\eta_{\mathrm{c}} = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{6\pi D R_{\mathrm{b}}} = \frac{2 k_{\mathrm{B}}T}{3\pi p R_{\mathrm{b}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait tracer une droite en tenant compte du mouvement à deux dimensions et préciser que la relation correspond à une moyenne statistique.

« seule une poignée de copies ont explicitement compris que la relation ainsi obtenue correspondait à une moyenne statistique sur un grand nombre de trajectoires. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : coefficient de diffusion, viscosité, application numérique

On visualise le déplacement d'une bille de rayon à images par seconde. Le déplacement quadratique moyen entre deux images est mesuré et on obtient . Sachant que les images obtenues sont calibrées à par pixel, en déduire une estimation numérique du coefficient de diffusion de la bille, puis de la viscosité du cytoplasme.

Voir l'indice

Convertir la mesure expérimentale de déplacement de pixels en mètres pour déduire le coefficient de diffusion sur l'intervalle \Delta t = 1/6\text{ s}, puis en déduire \eta_c à la température physiologique.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'intervalle de temps \Delta t_{\min} entre deux acquisitions successives à partir de la fréquence d'échantillonnage de la caméra.
  2. Convertir le déplacement mesuré en unité physique (mètres) via la calibration de l'image, en tenant compte du fait que la valeur est donnée en pixel (longueur efficace \sqrt{\delta^2}).
  3. Utiliser la relation de diffusion bidimensionnelle \delta^2(\Delta t_{\min}) = 4 D \Delta t_{\min} (établie à la question Q17) pour en déduire le coefficient de diffusion D, puis la relation d'Einstein pour remonter à la viscosité \eta_{\mathrm{c}}.
Voir la réponse courte

Conversion de pixels en distance, calcul de D = \langle \delta^2 \rangle / (4\Delta t) puis de \eta_{\mathrm{c}} via Stokes-Einstein.

Voir le corrigé complet

La cadence d'acquisition étant de f = 6\text{ images}\cdot\mathrm{s}^{-1}, le pas de temps entre deux images consécutives est :

\Delta t_{\min} = \frac{1}{f} = \frac{1}{6}\text{ s} \approx 0{,}167\text{ s}.

L'énoncé indique un déplacement mesuré de 0{,}2\text{ pixel}. L'unité étant une unité de longueur (le pixel et non le \text{pixel}^2), cette valeur correspond à la racine du déplacement quadratique moyen :

\sqrt{\delta^2(\Delta t_{\min})} = 0{,}2\text{ pixel}.

Avec une calibration de c = 0{,}05\ \mu\mathrm{m}\cdot\text{pixel}^{-1} = 5 \times 10^{-8}\text{ m}\cdot\text{pixel}^{-1}, le déplacement efficace correspondant vaut :

\sqrt{\delta^2} = 0{,}2 \times 5 \times 10^{-8}\text{ m} = 1{,}0 \times 10^{-8}\text{ m} = 10\text{ nm},

soit un déplacement quadratique moyen :

\delta^2(\Delta t_{\min}) = (1{,}0 \times 10^{-8}\text{ m})^2 = 1{,}0 \times 10^{-16}\text{ m}^2.

Pour un mouvement brownien à deux dimensions (trajectoire projetée dans le plan focal), le résultat de la question Q17 donne \delta^2(\Delta t_{\min}) = 4 D \Delta t_{\min}. On en déduit :

D = \frac{\delta^2(\Delta t_{\min})}{4 \Delta t_{\min}} = \frac{f\,\delta^2(\Delta t_{\min})}{4}.

Application numérique :

D = \frac{6 \times 1{,}0 \times 10^{-16}}{4} = 1{,}5 \times 10^{-16}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.
\boxed{D \approx 1{,}5 \times 10^{-16}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}}

D'après la relation d'Einstein établie aux questions Q16 et Q17, le coefficient de diffusion est relié à la viscosité dynamique \eta_{\mathrm{c}} par :

D = \frac{k_{\mathrm{B}} T}{6\pi \eta_{\mathrm{c}} R_{\mathrm{b}}} \implies \eta_{\mathrm{c}} = \frac{k_{\mathrm{B}} T}{6\pi D R_{\mathrm{b}}}.

Avec les données de l'énoncé :

  • T = 310\text{ K},
  • k_{\mathrm{B}} = 1{,}4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1},
  • R_{\mathrm{b}} = 1\ \mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m},

le calcul numérique donne :

\eta_{\mathrm{c}} = \frac{1{,}4 \times 10^{-23} \times 310}{6\pi \times 1{,}5 \times 10^{-16} \times 1{,}0 \times 10^{-6}} = \frac{4{,}34 \times 10^{-21}}{9\pi \times 10^{-22}} = \frac{43{,}4}{9\pi} \approx 1{,}5\text{ Pa}\cdot\text{s}.
\boxed{\eta_{\mathrm{c}} \approx 1{,}5\text{ Pa}\cdot\text{s}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : diffusion avec dérive, déplacement quadratique moyen

Illustrer à l'aide d'un schéma la trajectoire de la bille en présence de moteurs moléculaires. On supposera que le mouvement de dérive à la vitesse dû aux moteurs moléculaires se superpose au mouvement dû à la diffusion, et conduit à un comportement diffusif avec dérive. Établir l'équation donnant en fonction de , et de . Vérifier que le mouvement est bien diffusif sans dérive aux temps courts. Représenter graphiquement, et de façon qualitative, l'évolution temporelle de en représentation log-log.

Voir l'indice

Superposer vectoriellement au déplacement diffusif centré une composante de vitesse balistique moyenne \vec{v}_{\text{mot}}t, puis évaluer les comportements asymptotiques de la variance en échelle logarithmique.

Voir la stratégie
  1. Représenter une marche aléatoire bidimensionnelle possédant une direction moyenne privilégiée imposée par le transport actif le long d'un filament du cytosquelette.
  2. Décomposer la position du centre de la bille comme la somme d'une composante purement diffusive (à moyenne nulle) et d'un déplacement d'entraînement déterministe à la vitesse \vec{v}_{\text{mot}}, puis calculer la moyenne quadratique en utilisant l'indépendance de ces deux contributions.
  3. Effectuer les développements asymptotiques aux temps courts (t \ll \tau_c) et aux temps longs (t \gg \tau_c) pour identifier la transition d'un régime purement diffusif (pente 1 en échelle log-log) vers un régime balistique (pente 2).
Voir la réponse courte

\delta^2(t) = 4Dt + v_{\text{mot}}^2 t^2, régime purement diffusif en t à temps court puis balistique en t^2 à temps long.

Voir le corrigé complet

1. Schéma de la trajectoire en présence de moteurs moléculaires

Sous l'action combinée des chocs thermiques aléatoires et du tractage directionnel par les moteurs moléculaires le long d'un filament, la trajectoire présente d'importantes fluctuations locales superposées à une dérive rectiligne globale :

2. Équation de \delta^2(t)

Le vecteur position de la bille dans le plan d'observation (Oxy) s'écrit comme la superposition de la dérive uniforme à la vitesse \vec{v}_{\text{mot}} et d'un déplacement purement brownien \vec{r}_{\text{diff}}(t) :

\vec{r}(t) = \vec{r}_{\text{diff}}(t) + \vec{v}_{\text{mot}} t.

Le déplacement quadratique moyen s'en déduit en évaluant la moyenne d'ensemble :

\delta^2(t) = \langle \|\vec{r}(t)\|^2 \rangle = \langle \|\vec{r}_{\text{diff}}(t)\|^2 \rangle + 2 t \, \langle \vec{r}_{\text{diff}}(t) \rangle \cdot \vec{v}_{\text{mot}} + \|\vec{v}_{\text{mot}}\|^2 t^2.

L'agitation thermique étant isotrope et de moyenne spatiale nulle, on a \langle \vec{r}_{\text{diff}}(t) \rangle = \vec{0}. De plus, d'après le résultat de la question 17, le déplacement quadratique moyen de diffusion libre à deux dimensions vaut \langle \|\vec{r}_{\text{diff}}(t)\|^2 \rangle = 4Dt. En posant \bar{v}_{\text{mot}} = \|\vec{v}_{\text{mot}}\|, on obtient :

\boxed{\delta^2(t) = 4Dt + \bar{v}_{\text{mot}}^2 t^2}

3. Comportement aux temps courts

En factorisant le terme diffusif, l'expression s'écrit :

\delta^2(t) = 4Dt \left(1 + \frac{\bar{v}_{\text{mot}}^2}{4D}t\right).

Définissons le temps de croisement caractéristique :

t_c = \frac{4D}{\bar{v}_{\text{mot}}^2}.

Pour des durées très courtes devant t_c (t \ll t_c), le terme d'entraînement quadratique en t devient négligeable devant le terme diffusif linéaire :

\delta^2(t) \underset{t \ll t_c}{\approx} 4Dt.

Le mouvement aux temps courts est donc bien un mouvement purement diffusif non affecté par la dérive.

4. Allure en coordonnées log-log

En coordonnées logarithmiques, considérons les deux régimes asymptotiques :

  • Aux temps courts (t \ll t_c) : \delta^2(t) \approx 4Dt \implies \ln \delta^2(t) \approx \ln(4D) + \ln t, correspondant à une droite de pente 1 (régime diffusif).
  • Aux temps longs (t \gg t_c) : \delta^2(t) \approx \bar{v}_{\text{mot}}^2 t^2 \implies \ln \delta^2(t) \approx 2\ln \bar{v}_{\text{mot}} + 2\ln t, correspondant à une droite de pente 2 (régime balistique ou super-diffusif).

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : diffusion confinée, déplacement quadratique moyen

Représenter à l'aide d'un schéma la trajectoire de la bille en situation de diffusion confinée dans une zone restreinte de l'espace. Montrer que l'expression , avec un facteur numérique, peut modéliser un comportement où le mouvement de la bille est restreint dans une cage de rayon caractéristique . Vérifier que le mouvement est bien diffusif sans confinement aux temps courts. Représenter graphiquement, et de façon qualitative, l'évolution temporelle de en représentation log-log.

Voir l'indice

Examiner le comportement de la fonction proposée aux temps courts (t \to 0) par un développement limité de l'exponentielle, puis constater la saturation à temps long imposée par la frontière de la cage.

Voir la stratégie
  1. Schématiser la particule effectuant une marche aléatoire bloquée dans une maille fermée formée par les filaments du cytosquelette.
  2. Analyser le comportement asymptotique de l'expression proposée à temps long (t \to +\infty) pour montrer qu'elle traduit un confinement spatial (saturation du déplacement quadratique moyen).
  3. Effectuer un développement limité au voisinage de t = 0 pour retrouver la loi de diffusion normale proportionnelle à t.
  4. Déduire l'allure de la courbe en échelle log-log à partir des pentes caractéristiques associées à chaque régime (pente 1 aux temps courts, plateau de pente 0 aux temps longs).
Voir la réponse courte

Développement limité à t \to 0 redonnant la diffusion libre, saturation à \alpha R_{\text{cage}}^2 aux temps longs.

Voir le corrigé complet

1. Schéma de la trajectoire en diffusion confinée

Les filaments du cytosquelette (actine, microtubules) forment un maillage serré de maille caractéristique de l'ordre de 50\text{ à }100\text{ nm}. Une particule-sonde se retrouve piégée dans une cellule ou « cage » de rayon caractéristique R_{\text{cage}} et rebondit sur ces parois d'obstacles :

2. Modélisation du confinement à temps long

L'expression proposée pour le déplacement quadratique moyen s'écrit :

\delta^2(t) = \alpha R_{\text{cage}}^2 \left[ 1 - \exp\left(-\frac{4Dt}{R_{\text{cage}}^2}\right) \right]

Aux temps longs (t \gg \tau_{\text{cage}} = \frac{R_{\text{cage}}^2}{4D}), l'exponentielle tend vers 0, d'où :

\lim_{t \to +\infty} \delta^2(t) = \alpha R_{\text{cage}}^2 = \text{Cte}

Le déplacement quadratique moyen n'augmente plus indéfiniment : il sature à une valeur maximale bornée par la taille de la cage, avec \alpha un facteur géométrique numérique (d'ordre 1). Cela modélise fidèlement le fait que la sonde ne peut pas s'échapper de la région délimitée par les filaments.

3. Comportement aux temps courts

Aux temps très courts (t \ll \tau_{\text{cage}}), la particule n'a pas encore eu le temps d'explorer l'ensemble de la cage ni de heurter ses parois. On réalise un développement limité à l'ordre 1 du terme exponentiel :

\exp\left(-\frac{4Dt}{R_{\text{cage}}^2}\right) = 1 - \frac{4Dt}{R_{\text{cage}}^2} + \mathcal{O}\left(t^2\right)

En injectant cette relation dans \delta^2(t) :

\delta^2(t) \underset{t \to 0}{\approx} \alpha R_{\text{cage}}^2 \left[ 1 - \left( 1 - \frac{4Dt}{R_{\text{cage}}^2} \right) \right] = 4\alpha D t

Pour \alpha = 1, on retrouve exactement la relation établie à la question Q17 pour une diffusion libre bidimensionnelle :

\boxed{\delta^2(t) \underset{t \to 0}{\sim} 4Dt}

Le mouvement est donc bien purement diffusif sans effet de confinement aux temps courts.

4. Allure en coordonnées log-log

En échelle logarithmique \log(\delta^2) en fonction de \log(t) :

  • Aux temps courts (t \ll \tau_{\text{cage}}) : \log\delta^2 \approx \log(4Dt) = \log t + \text{Cte}, ce qui correspond à une droite de pente 1 (régime de diffusion libre).
  • Aux temps longs (t \gg \tau_{\text{cage}}) : \log\delta^2 \approx \log(\alpha R_{\text{cage}}^2) = \text{Cte}, ce qui correspond à une asymptote horizontale de pente 0 (plateau de saturation).

Résultat

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Partie III : Expériences d'indentation et d'élasticité de la cellule

III.A.a · Étirement longitudinal

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : coefficient de poisson, déformation élastique

On suppose que le matériau constituant le cylindre est incompressible et donc que le volume du cylindre est conservé. En supposant les déformations petites devant les dimensions du cylindre ( et ), montrer qu'on a la relation où est une constante dont on déterminera la valeur.

Voir l'indice

Différencier le volume du cylindre V = \pi r^2 L à volume constant (\mathrm{d}V = 0) et identifier la relation de proportionnalité entre les déformations transversale et longitudinale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume du cylindre avant et après déformation.
  2. Utiliser l'incompressibilité (V = V_0) et effectuer un développement limité au premier ordre par rapport aux petits paramètres \frac{\Delta r}{r_0} et \frac{\Delta L}{L_0} (ou utiliser la différentielle logarithmique).
  3. Identifier l'expression obtenue avec la forme demandée pour en déduire la valeur du coefficient \nu.
Voir la réponse courte

Conservation du volume V = \pi r^2 L au premier ordre en déformation : \frac{\Delta V}{V_0} = 2\frac{\Delta r}{r_0} + \frac{\Delta L}{L_0} = 0, soit \nu = 1/2.

Voir le corrigé complet

Le volume initial du cylindre de rayon r_0 et de longueur L_0 s'écrit :

V_0 = \pi r_0^2 L_0

Après étirement, la longueur devient L = L_0 + \Delta L et le rayon r = r_0 + \Delta r. Le volume déformé s'exprime donc par :

\begin{aligned} V &= \pi (r_0 + \Delta r)^2 (L_0 + \Delta L) \\ &= \pi r_0^2 L_0 \left(1 + \frac{\Delta r}{r_0}\right)^2 \left(1 + \frac{\Delta L}{L_0}\right) \\ &= V_0 \left(1 + 2\frac{\Delta r}{r_0} + \left(\frac{\Delta r}{r_0}\right)^2\right)\left(1 + \frac{\Delta L}{L_0}\right) \end{aligned}

Puisque les déformations sont faibles devant les dimensions du cylindre (|\Delta L| \ll L_0 et |\Delta r| \ll r_0), un développement limité au premier ordre donne :

V \approx V_0 \left(1 + 2\frac{\Delta r}{r_0} + \frac{\Delta L}{L_0}\right)

Le matériau étant incompressible, le volume se conserve au cours de la déformation, soit V = V_0, d'où :

2\frac{\Delta r}{r_0} + \frac{\Delta L}{L_0} = 0

On en déduit :

\frac{\Delta r}{r_0} = -\frac{1}{2} \frac{\Delta L}{L_0}

Par identification avec la relation \dfrac{\Delta r}{r_0} = -\nu \dfrac{\Delta L}{L_0}, on obtient :

\boxed{\nu = \frac{1}{2}}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : module d'young, analyse dimensionnelle

Déterminer la dimension du module de Young .

Voir l'indice

Utiliser la définition de la contrainte uniaxiale \sigma = F/S (homogène à une pression) et le caractère adimensionnel de la déformation relative \varepsilon.

Voir la réponse courte

La déformation relative est sans dimension, donc le module de Young a la dimension d'une pression : [E] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2} en \mathrm{Pa}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Hooke unidirectionnelle rappelée dans l'énoncé, la contrainte \sigma et la déformation relative longitudinale \varepsilon_\parallel sont reliées par :

\sigma = E \varepsilon_\parallel \iff E = \frac{\sigma}{\varepsilon_\parallel}

Procédons à l'analyse dimensionnelle des grandeurs en jeu :

  • La déformation longitudinale \varepsilon_\parallel = \frac{\Delta L}{L_0} est le rapport de deux longueurs, il s'agit donc d'une grandeur sans dimension :

    [\varepsilon_\parallel] = 1
  • La contrainte \sigma = \frac{F}{S} est le rapport d'une force F par une surface S. D'après le principe fondamental de la dynamique, une force a la dimension d'une masse multipliée par une accélération :

    [F] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2} \quad \text{et} \quad [S] = \mathrm{L}^2

    La contrainte a donc la dimension d'une pression :

    [\sigma] = \frac{[F]}{[S]} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}

On en déduit immédiatement la dimension du module de Young E :

\boxed{[E] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}}

Dans le Système international d'unités, le module de Young s'exprime en pascals (\mathrm{Pa}), ou de manière équivalente en \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-2} ou \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-2}.

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : module d'young, coefficient de poisson, déformation élastique

On considère un cylindre élastique, linéaire et compressible, de coefficient de Poisson soumis à la même contrainte d'extension verticale. On suppose toujours que les déformations sont petites devant les dimensions du cylindre. Montrer que la variation relative de volume du cylindre est reliée à la contrainte appliquée par la relation où est le volume du cylindre avant extension.

Voir l'indice

Exprimer la variation relative de volume \Delta V/V_0 \approx \varepsilon_\parallel + 2\varepsilon_\perp au premier ordre, puis introduire le coefficient de Poisson \nu et le module d'Young E.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume du cylindre après déformation V en fonction des dimensions initiales r_0, L_0 et des accroissements \Delta r, \Delta L.
  2. Réaliser un développement au premier ordre par rapport aux déformations relatives pour obtenir la variation relative de volume \frac{\Delta V}{V_0} en fonction de \varepsilon_\parallel et \varepsilon_\perp.
  3. Utiliser la définition du coefficient de Poisson \varepsilon_\perp = -\nu \varepsilon_\parallel et la loi de Hooke \sigma = E \varepsilon_\parallel pour relier \frac{\Delta V}{V_0} à la contrainte \sigma.
Voir la réponse courte

Bilan de dilatation volumique \frac{\Delta V}{V_0} = \frac{\Delta L}{L_0} + 2\frac{\Delta r}{r_0} = \frac{\sigma}{E}(1-2\nu).

Voir le corrigé complet

Le cylindre a pour volume initial :

V_0 = \pi r_0^2 L_0

Après étirement vertical, sa longueur devient L = L_0 + \Delta L et son rayon devient r = r_0 + \Delta r. Son nouveau volume s'écrit donc :

V = \pi r^2 L = \pi (r_0 + \Delta r)^2 (L_0 + \Delta L) = \pi r_0^2 L_0 \left(1 + \frac{\Delta r}{r_0}\right)^2 \left(1 + \frac{\Delta L}{L_0}\right)

En introduisant les déformations longitudinale \varepsilon_\parallel = \frac{\Delta L}{L_0} et transversale \varepsilon_\perp = \frac{\Delta r}{r_0}, il vient :

V = V_0 \, (1 + \varepsilon_\perp)^2 \, (1 + \varepsilon_\parallel)

L'hypothèse des petites déformations (|\varepsilon_\parallel| \ll 1 et |\varepsilon_\perp| \ll 1) permet d'effectuer un développement limité au premier ordre :

\begin{aligned} (1 + \varepsilon_\perp)^2 &\approx 1 + 2\varepsilon_\perp \\ V &\approx V_0 \, (1 + 2\varepsilon_\perp)(1 + \varepsilon_\parallel) \approx V_0 \, (1 + \varepsilon_\parallel + 2\varepsilon_\perp) \end{aligned}

La variation relative de volume s'en déduit :

\frac{\Delta V}{V_0} = \frac{V - V_0}{V_0} = \varepsilon_\parallel + 2\varepsilon_\perp

D'après l'énoncé, la déformation transversale est liée à la déformation longitudinale par le coefficient de Poisson \nu selon :

\varepsilon_\perp = -\nu \varepsilon_\parallel

ce qui donne :

\frac{\Delta V}{V_0} = (1 - 2\nu) \varepsilon_\parallel

Enfin, pour une contrainte unidirectionnelle normale \sigma, la loi de Hooke relie la déformation longitudinale au module de Young par \sigma = E \varepsilon_\parallel, soit \varepsilon_\parallel = \frac{\sigma}{E}. On obtient ainsi directement :

\boxed{\frac{\Delta V}{V_0} = \frac{1 - 2\nu}{E}\,\sigma}

Résultat

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III.A.b · Contrainte de cisaillement

Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : module de cisaillement, contrainte de cisaillement

Pour une petite déformation (), montrer que le module de cisaillement s'écrit , où est l'angle d'inclinaison du solide par rapport à la verticale, défini sur la figure 6 (b).

Voir l'indice

Appliquer l'approximation des petits angles \tan\theta \approx \theta dans la définition géométrique du cisaillement simple.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la contrainte de cisaillement \sigma en fonction de la force tangentielle F et de la surface S.
  2. Relier la déformation \varepsilon_{\parallel} à l'angle d'inclinaison \theta, puis appliquer l'approximation des petites déformations.
  3. Injecter ces expressions dans la loi de Hooke pour le cisaillement afin d'isoler le module de cisaillement G.
Voir la réponse courte

Angle de glissement \theta \approx \Delta x / L, d'où la contrainte de cisaillement \sigma = G\theta = F/S.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et la figure 6 (b), la contrainte tangentielle de cisaillement s'écrit :

\sigma = \frac{F}{S}

La déformation associée dans la direction de la force tangentielle est donnée par :

\varepsilon_{\parallel} = \frac{\Delta x}{L} = \tan\theta

Dans le cadre de l'approximation des petites déformations (|\Delta x| \ll L), l'angle \theta (exprimé en radians) est très petit devant 1, ce qui permet d'effectuer le développement limité au premier ordre :

\tan\theta \approx \theta \implies \varepsilon_{\parallel} \approx \theta

En introduisant ces expressions dans la loi de Hooke pour le cisaillement, \sigma = G \varepsilon_{\parallel}, on obtient :

\frac{F}{S} = G \theta

On en déduit l'expression du module de cisaillement G :

\boxed{G = \frac{F}{S\theta}}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : torsion, déformation élastique

Montrer qu'un élément de surface du plan supérieur du cylindre situé à la distance de l'axe du cylindre subit une déformation selon la direction orthoradiale.

Voir l'indice

Exprimer le déplacement orthoradial \Delta s d'un point à la distance r de l'axe pour un angle de rotation \varphi, et en déduire la déformation angulaire de glissement \varepsilon(r) = \Delta s/L.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement orthoradial \Delta x(r) subi par un point du plan supérieur situé à la distance r de l'axe de rotation.
  2. Appliquer la définition de la déformation de cisaillement introduite au paragraphe III.A.b en rapportant ce déplacement transversal à la longueur L du cylindre.
Voir la réponse courte

Déplacement orthoradial u_\theta = r\varphi, donnant une déformation par cisaillement \varepsilon(r) = u_\theta / L = r\varphi/L.

Voir le corrigé complet

Considérons le cylindre d'axe (Oz) et de longueur L. Le plan inférieur (z = 0) est maintenu fixe tandis que le plan supérieur (z = L) subit une rotation globale d'un angle \varphi autour de l'axe (Oz).

Pour un point du plan supérieur situé à la distance r de l'axe, la rotation d'angle \varphi engendre un déplacement orthoradial (selon \vec{e}_\theta) le long de l'arc de cercle :

\Delta x(r) = r \varphi

car pour de petits angles (\varphi \ll 1), la corde se confond avec l'arc.

D'après la définition de la déformation de cisaillement rappelée au paragraphe III.A.b (figure 6(b) et figure 8), la déformation \varepsilon(r) subie par la matière située à la distance r de l'axe est le rapport entre le déplacement relatif transversal \Delta x(r) et la hauteur L sur laquelle s'effectue ce cisaillement :

\varepsilon(r) = \frac{\Delta x(r)}{L}

On en déduit directement :

\boxed{\varepsilon(r) = \frac{r}{L}\varphi}

Cette déformation correspond également à l'angle d'inclinaison \theta(r) des génératrices situées au rayon r par rapport à la verticale (\tan \theta(r) = \frac{r\varphi}{L} \approx \theta(r)).

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : loi de hooke, contrainte de cisaillement

À partir de la loi de Hooke pour le cisaillement et de la définition de la contrainte, déduire l'expression de la norme de la force tangentielle qui s'exerce sur l'élément de surface en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Combiner la contrainte de cisaillement locale \sigma(r) = G\varepsilon(r) avec la définition de la force surfacique élémentaire \mathrm{d}F = \sigma(r)\mathrm{d}S.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la contrainte de cisaillement locale \sigma(r) à l'aide de la loi de Hooke pour le cisaillement et de la déformation \varepsilon(r) établie à la question précédente.
  2. Relier la norme de la force élémentaire tangentielle \mathrm{d}F à la contrainte \sigma(r) s'exerçant sur l'élément de surface \mathrm{d}S.
Voir la réponse courte

Loi de Hooke en cisaillement : \mathrm{d}F = \tau\,\mathrm{d}S = G\,\varepsilon(r)\,\mathrm{d}S = G\frac{r\varphi}{L}\,\mathrm{d}S.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule du paragraphe III.A.b, la loi de Hooke pour le cisaillement relie la contrainte tangentielle \sigma(r) à la déformation locale \varepsilon(r) par :

\sigma(r) = G\,\varepsilon(r)

où G est le module de cisaillement du matériau. En utilisant l'expression de la déformation orthoradiale obtenue à la question Q25, \varepsilon(r) = \frac{r}{L}\varphi, il vient :

\sigma(r) = G\,\frac{r}{L}\varphi

Par définition, la contrainte tangentielle représente la force tangentielle par unité de surface. La norme de la force élémentaire \overrightarrow{\mathrm{d}F} s'exerçant sur l'élément de surface \mathrm{d}S situé à la distance r de l'axe s'écrit donc :

\mathrm{d}F = \sigma(r)\,\mathrm{d}S

On en déduit :

\boxed{\mathrm{d}F = \frac{G\,r\,\varphi}{L}\,\mathrm{d}S}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : pendule de torsion, moment d'une force

Exprimer le moment de torsion dû aux forces de cisaillement et montrer qu'il se met sous la forme où la raideur du fil de torsion est une constante (appelée constante de torsion) qu'on déterminera en fonction de , et .

Voir l'indice

Intégrer le moment de force élémentaire \mathrm{d}\mathcal{M} = r\,\mathrm{d}F sur la section droite du fil à l'aide de couronnes élémentaires \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment élémentaire \mathrm{d}\vec{\mathcal{M}}_O par rapport au centre O de la face supérieure exercé par la force de cisaillement \overrightarrow{\mathrm{d}F}.
  2. Intégrer ce moment sur l'ensemble de la section circulaire de rayon R en utilisant un découpage en couronnes élémentaires de surface \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r.
  3. Mettre le résultat sous la forme \vec{\mathcal{M}} = C\varphi\,\vec{e}_z et identifier la constante de torsion C.
Voir la réponse courte

Intégration du moment élémentaire \mathrm{d}\mathcal{M} = r\,\mathrm{d}F, donnant C = \frac{\pi G R^4}{2L}.

Voir le corrigé complet

Considérons un élément de surface \mathrm{d}S situé à la distance r de l'axe (Oz) dans le plan supérieur. Le vecteur position par rapport à O est \overrightarrow{OM} = r\,\vec{e}_r.

D'après la question Q26, la force tangentielle de cisaillement s'exerçant sur \mathrm{d}S est dirigée selon \vec{e}_\theta :

\overrightarrow{\mathrm{d}F} = \mathrm{d}F\,\vec{e}_\theta = \frac{G r \varphi}{L}\,\mathrm{d}S\,\vec{e}_\theta.

Le moment élémentaire en O de cette force est donné par :

\mathrm{d}\vec{\mathcal{M}}_O = \overrightarrow{OM} \wedge \overrightarrow{\mathrm{d}F} = (r\,\vec{e}_r) \wedge \left(\frac{G r \varphi}{L}\,\mathrm{d}S\,\vec{e}_\theta\right) = \frac{G r^2 \varphi}{L}\,\mathrm{d}S\,\vec{e}_z.

Pour calculer le moment résultant \vec{\mathcal{M}}, on intègre sur la surface circulaire complète du plan supérieur de rayon R. En découpant la section en couronnes élémentaires concentriques de rayon r et d'épaisseur \mathrm{d}r, de surface \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r :

\begin{aligned} \vec{\mathcal{M}} &= \left( \iint_{\text{disque}} \frac{G r^2 \varphi}{L}\,\mathrm{d}S \right) \vec{e}_z \\ &= \left( \frac{G \varphi}{L} \int_{0}^{R} r^2 \cdot 2\pi r\,\mathrm{d}r \right) \vec{e}_z \\ &= \frac{2\pi G \varphi}{L} \left[ \frac{r^4}{4} \right]_0^R \vec{e}_z \\ &= \frac{\pi G R^4}{2L}\,\varphi\,\vec{e}_z. \end{aligned}

On en déduit que le moment de torsion s'écrit bien sous la forme :

\boxed{\vec{\mathcal{M}} = C\varphi\,\vec{e}_z}

avec la constante de torsion C égale à :

\boxed{C = \frac{\pi G R^4}{2L}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul d'intégrale a entraîné de nombreuses erreurs de calcul et des résultats non homogènes.

« le moindre calcul algébrique de deux lignes donne lieu à beaucoup trop d’erreurs cf. commentaires détaillés plus bas, en particulier sur la question 27. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

Question déjà tombée ailleurs

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III.B · Indentation par pointe AFM (Atomic Force Microscope)

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de rappel, capteur de force

Expliquer, synthétiquement, comment on peut déduire la force appliquée sur la cellule à partir de la mesure de la position de l'extrémité du levier et de la position de la pointe.

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre statique de la pointe AFM sous l'action combinée de la force de réaction de la cellule et de la force de rappel élastique du levier de déflexion \zeta = z - \delta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer géométriquement la déflexion \zeta du levier à partir de la position de son extrémité z et de l'indentation \delta de la pointe.
  2. Appliquer la loi de comportement élastique du levier flexible (ressort de raideur k_{\mathrm{AFM}}).
  3. Établir l'équilibre quasi-statique de la pointe pour relier la force de rappel du levier à la force F exercée sur la cellule.
Voir la réponse courte

Le levier se comporte comme un ressort élastique étalonné : F = k\Delta z où \Delta z est la déflexion.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 9, l'axe vertical (Oz) étant orienté vers le bas :

  • l'extrémité encastrée du levier est déplacée verticalement vers le bas d'une distance z imposée par le système piézo-électrique ;
  • la pointe s'enfonce dans la cellule d'une profondeur d'indentation \delta, repérée optiquement à l'aide de la déviation du faisceau laser sur la photodiode.

En raison de la résistance mécanique opposée par la cellule, le levier fléchit. La déflexion verticale du levier, notée \zeta, correspond à l'écart géométrique entre la position de son extrémité et celle de la pointe :

\zeta = z - \delta

Le levier se comporte comme un ressort de raideur k_{\mathrm{AFM}} et d'allongement \zeta. La force élastique exercée par le levier sur la pointe s'écrit ainsi :

F_{\text{levier}\to\text{pointe}} = k_{\mathrm{AFM}}\,\zeta = k_{\mathrm{AFM}}\,(z - \delta)

Le déplacement s'effectuant à vitesse constante très lente (régime quasi-statique), et les frottements fluides ainsi que l'inertie de la pointe étant négligeables, la pointe est à tout instant à l'équilibre mécanique selon la direction verticale :

F_{\text{levier}\to\text{pointe}} - F_{\text{cellule}\to\text{pointe}} = 0

D'après le principe des actions réciproques, la force F appliquée par la pointe sur la cellule est égale à la force de contact F_{\text{cellule}\to\text{pointe}}. On en déduit :

\boxed{F = k_{\mathrm{AFM}}\,\zeta = k_{\mathrm{AFM}}\,(z - \delta)}

La connaissance de la raideur k_{\mathrm{AFM}} et la mesure conjointe du déplacement z et de l'indentation \delta permettent donc de déterminer directement la force F.

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : module de young, lecture de graphe

La figure 10 (graphe de gauche) représente les courbes d'indentation pour deux cellules différentes correspondant aux courbes 1 et 2 respectivement. Déterminer en exploitant la figure quelle cellule sera la plus déformable. Donner une estimation numérique du module de Young effectif des deux cellules.

Voir l'indice

Identifier la cellule la plus déformable comme celle requérant la plus faible force pour une même indentation, puis relever un point (F,\delta) sur chaque courbe pour calculer E^*.

Voir la stratégie
  1. Relier la notion de déformabilité à la courbe force-indentation F(\delta) en comparant l'indentation à force fixée (ou la force à indentation fixée).
  2. Exprimer le module de Young effectif E^* à partir de la loi d'indentation F(\delta) = C E^* \delta^2, puis effectuer une lecture graphique des couples (\delta, F) pour chacune des deux cellules.
Voir la réponse courte

La cellule la plus déformable correspond à la plus faible force à indentation fixée ; identification de E^* sur la courbe.

Voir le corrigé complet

1. Comparaison de la déformabilité des deux cellules

Un milieu est d'autant plus déformable qu'une force donnée y produit une déformation plus importante (ou, de manière équivalente, que la force nécessaire pour atteindre une déformation donnée est plus faible).

D'après la figure 10 (graphe de gauche), pour une indentation \delta fixée (par exemple \delta = 2\,\mu\mathrm{m}), la force exercée sur la cellule 2 est nettement inférieure à celle exercée sur la cellule 1 :

F_2(\delta) < F_1(\delta).

Réciproquement, à force F imposée, l'indentation de la cellule 2 est supérieure à celle de la cellule 1 (\delta_2 > \delta_1).

\boxed{\text{La cellule 2 est la plus déformable.}}

2. Estimation numérique du module de Young effectif E^*

D'après la relation (6) de l'énoncé, la force d'indentation par une pointe pyramidale s'écrit :

F(\delta) = C E^* \delta^2 \implies E^* = \frac{F(\delta)}{C\,\delta^2}.

Avec la valeur C = 0{,}5 fournie par l'énoncé, on obtient :

E^* = \frac{2 F(\delta)}{\delta^2}.

Relevons les valeurs de la force sur la figure 10 (graphe de gauche) pour \delta = 2\,\mu\mathrm{m} = 2{,}0 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}, où \delta^2 = 4{,}0 \times 10^{-12}\,\mathrm{m}^2 :

  • Pour la cellule 1 (courbe supérieure rouge) : on lit F_1 \approx 2{,}1\text{ à }2{,}2\,\mathrm{nN} = 2{,}2 \times 10^{-9}\,\mathrm{N}.

    \begin{aligned} E_1^* &= \frac{2 \times 2{,}2 \times 10^{-9}}{4{,}0 \times 10^{-12}} \approx 1{,}1 \times 10^3\,\mathrm{Pa}. \end{aligned}
  • Pour la cellule 2 (courbe inférieure bleue) : on lit F_2 \approx 0{,}6\text{ à }0{,}7\,\mathrm{nN} = 0{,}65 \times 10^{-9}\,\mathrm{N}.

    \begin{aligned} E_2^* &= \frac{2 \times 0{,}65 \times 10^{-9}}{4{,}0 \times 10^{-12}} \approx 0{,}33 \times 10^3\,\mathrm{Pa}. \end{aligned}

On retient ainsi comme ordres de grandeur :

\boxed{E_1^* \approx 1{,}1\,\mathrm{kPa} \quad \text{et} \quad E_2^* \approx 0{,}33\,\mathrm{kPa}}

Le résultat E_2^* < E_1^* confirme quantitativement que la cellule 2 possède une plus grande complaisance (plus faible rigidité élastique).

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : viscoélasticité, hystérésis, dissipation d'énergie

On effectue une expérience d'indentation jusqu'à environ puis on retire la pointe (voir figure 10, graphe de droite). Proposer une explication permettant de comprendre le comportement quasi-statique observé et analyser le rôle éventuel de la dissipation visqueuse.

Voir l'indice

Interpréter l'aire non nulle délimitée par la boucle d'hystérésis aller-retour comme le travail net dissipé par frottement visqueux au sein de la structure cellulaire.

Voir la stratégie
  1. Décrire les caractéristiques du cycle force-indentation observé sur le graphe de droite de la figure 10 lors de l'aller (enfoncement) et du retour (retrait).
  2. Interpréter la boucle d'hystérésis en termes de bilan de travail mécanique et de dissipation d'énergie.
  3. Relier cette dissipation à la nature visco-élastique de la cellule et analyser l'influence de la vitesse dans un cadre quasi-statique.
Voir la réponse courte

L'écart entre les courbes d'aller et de retour forme un cycle d'hystérésis traduisant la dissipation d'énergie par frottement visqueux.

Voir le corrigé complet

1. Observation expérimentale : phénomène d'hystérésis

Sur le graphe de droite de la figure 10, on distingue deux phases au cours du cycle de déformation :

  • La phase de charge (enfoncement de la pointe, trait plein) : la force F augmente de façon non linéaire avec l'indentation \delta jusqu'à une valeur maximale d'environ 2{,}3\text{ nN} pour \delta \approx 1{,}1\ \mu\mathrm{m}.
  • La phase de décharge (retrait de la pointe, pointillés) : la force diminue au fur et à mesure que la pointe remonte, mais la courbe de retour ne se superpose pas à la courbe aller ; elle se situe systématiquement en dessous :

    F_{\text{décharge}}(\delta) < F_{\text{charge}}(\delta) \quad \text{pour une même valeur de }\delta.

Les deux courbes forment ainsi une boucle d'hystérésis. On remarque également qu'au voisinage du décollement (\delta \to 0), la force devient brièvement négative, traduisant l'existence de forces d'adhésion entre la pointe et la membrane cellulaire.

2. Bilan énergétique et dissipation visqueuse

Le travail mécanique élémentaire échangé entre la pointe et la cellule s'écrit \delta W = F\,\mathrm{d}\delta. Sur un cycle complet d'aller-retour, le travail net reçu par la cellule vaut :

W_{\text{cycle}} = \oint F\,\mathrm{d}\delta = \int_{\text{charge}} F\,\mathrm{d}\delta - \int_{\text{décharge}} F\,\mathrm{d}\delta > 0.

Ce travail est égal à l'aire délimitée par la boucle d'hystérésis.

  • Pour un solide purement élastique, la déformation est réversible et conservative : le travail fourni à la charge est intégralement restitué à la décharge (W_{\text{cycle}} = 0, les deux courbes sont confondues).
  • Dans le cas de la cellule, W_{\text{cycle}} > 0 correspond à une énergie dissipée sous forme de chaleur au cours du cycle.

Cette dissipation s'explique par la nature visco-élastique du cytoplasme :

  • La réponse élastique est assurée par le réseau de polymères du cytosquelette.
  • La dissipation visqueuse provient du frottement interne et de l'écoulement forcé du cytosol (liquide visqueux) à travers les mailles du réseau filamenteux lors de l'indentation.

La force exercée par le cytoplasme comporte une composante élastique F_{\text{él}}(\delta) et une composante visqueuse F_{\text{visc}} qui s'oppose au mouvement relatif (proportionnelle à \dot{\delta}) :

\begin{aligned} F_{\text{charge}}(\delta) &\approx F_{\text{él}}(\delta) + |F_{\text{visc}}| \quad (\text{car } \dot{\delta} > 0), \\ F_{\text{décharge}}(\delta) &\approx F_{\text{él}}(\delta) - |F_{\text{visc}}| \quad (\text{car } \dot{\delta} < 0). \end{aligned}

Cela explique directement que la force soit plus élevée à l'enfoncement qu'au retrait.

3. Caractère quasi-statique de la mesure

L'expérience est menée à vitesse de déplacement du levier imposée et suffisamment lente pour que le système soit à chaque instant proche de l'équilibre mécanique local (les effets d'inertie sont totalement négligeables, conformément à \mathrm{Re} \ll 1 et \tau_{\text{inertie}} \ll 1\text{ ms}). Cependant, la présence d'une hystérésis résiduelle montre que la vitesse d'indentation n'est pas infiniment lente devant les temps de relaxation caractéristiques des macromolécules du cytosquelette : le comportement n'est donc que quasi-statique, révélant la composante visqueuse du matériau.

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III.C · Oscillations de la pointe AFM et réponse harmonique

Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, linéarisation

En linéarisant l'expression de aux petites amplitudes d'oscillations, exprimer en fonction de , , et .

Voir l'indice

Développer la relation de force non linéaire F(\delta) = C E^* \delta^2 au premier ordre au voisinage du point de fonctionnement statique \delta_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force F(\delta) sous la forme d'un développement limité au premier ordre au voisinage du point de fonctionnement \delta_0, compte tenu de l'hypothèse de petites oscillations (\delta_1 = |\delta - \delta_0| \ll \delta_0).
  2. Identifier F_0 = F(\delta_0) pour en déduire l'écart linéaire F(\delta) - F_0.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au premier ordre de la force de contact F(\delta) autour de l'indentation statique \delta_0.

Voir le corrigé complet

La relation entre la force appliquée et l'indentation pour une pointe pyramidale est :

F(\delta) = C E^* \delta^2

Puisque l'amplitude des oscillations \delta_1 est petite devant l'indentation moyenne \delta_0 (|\delta - \delta_0| \ll \delta_0), on effectue un développement limité de F(\delta) au voisinage de \delta_0 au premier ordre en (\delta - \delta_0) :

\begin{aligned} F(\delta) &= F(\delta_0) + \left.\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}\delta}\right|_{\delta_0}(\delta - \delta_0) + o(\delta - \delta_0) \\ &= C E^* \delta_0^2 + 2 C E^* \delta_0 (\delta - \delta_0) + o(\delta - \delta_0) \end{aligned}

En identifiant la valeur moyenne de la force F_0 = F(\delta_0) = C E^* \delta_0^2, on obtient l'expression linéarisée recherchée :

\boxed{F(\delta) - F_0 = 2 C E^* \delta_0 (\delta - \delta_0)}

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : module de cisaillement, module de young

En utilisant l'expression du module de cisaillement , vue au paragraphe III.A, et en exprimant en fonction de , déduire de la question précédente l'expression du module de cisaillement de la cellule en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Substituer la relation d'élasticité isotrope E^* = 2G/(1-\nu) dans la raideur dynamique locale obtenue à la question précédente.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le module de Young effectif E^* en fonction du module de cisaillement G et du coefficient de Poisson \nu en combinant les relations de définition de G et E^*.
  2. Réinjecter cette expression dans la relation linéaire liant (F - F_0) et (\delta - \delta_0) obtenue à la question Q31 afin d'isoler G.
Voir la réponse courte

Remplacement de E^* par son expression en fonction de G et \nu, puis inversion algébrique de la relation linéarisée.

Voir le corrigé complet

Le module de cisaillement G est relié au module de Young E et au coefficient de Poisson \nu par :

G = \frac{E}{2(1+\nu)} \quad \iff \quad E = 2(1+\nu)G

Par définition du module de Young effectif E^* :

E^* = \frac{E}{1-\nu^2} = \frac{E}{(1+\nu)(1-\nu)}

En remplaçant E par son expression en fonction de G, on obtient :

E^* = \frac{2(1+\nu)G}{(1+\nu)(1-\nu)} = \frac{2G}{1-\nu}

D'après le résultat de la question Q31, la force linéarisée au voisinage de \delta_0 s'écrit :

F - F_0 = 2 C E^* \delta_0 (\delta - \delta_0)

En y substituant l'expression de E^*, il vient :

F - F_0 = \frac{4 C \delta_0}{1-\nu} G (\delta - \delta_0)

On en déduit l'expression du module de cisaillement G :

\boxed{G = \frac{1-\nu}{4 C \delta_0} \frac{F - F_0}{\delta - \delta_0}}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : impédance mécanique, déphasage, viscoélasticité

En interprétant l'expression comme une relation entre la force , l'indentation et la dérivée de par rapport au temps, proposer une interprétation physique des parties réelle et imaginaire de . Déterminer le déphasage entre et en fonction de et et discuter les cas et .

Voir l'indice

Interpréter le terme en facteur de \underline{\delta} comme une force élastique conservatrice de rappel et le terme en facteur de \mathrm{i}\omega\underline{\delta} comme une force de frottement visqueux proportionnelle à la vitesse.

Voir la stratégie
  1. Relier l'impédance complexe \underline{Z}(\omega) au module de cisaillement complexe \underline{G}(\omega) = G'(\omega) + \mathrm{i}G''(\omega) pour interpréter les termes proportionnels à l'indentation et à sa dérivée temporelle.
  2. Exprimer le déphasage \varphi = \varphi_F - \varphi_\delta à partir de l'argument de \underline{Z}(\omega) et donc du rapport \frac{G''(\omega)}{G'(\omega)}.
  3. Discuter la nature physique de la réponse cellulaire dans les deux cas limites \varphi = 0 et \varphi = \pi/2.
Voir la réponse courte

G' traduit la réponse élastique conservatrice, G'' la réponse visqueuse dissipative ; \tan\varphi = G''/G'.

Voir le corrigé complet

D'après la relation (8) de l'énoncé, l'impédance mécanique complexe s'écrit :

\underline{Z}(\omega) = \frac{\underline{F}(\omega)}{\underline{\delta}(\omega)} = \frac{4C\delta_0}{1-\nu}\,\underline{G}(\omega)

Comme la constante géométrique K = \frac{4C\delta_0}{1-\nu} est réelle et strictement positive, la décomposition en parties réelle et imaginaire donne :

\operatorname{Re}(\underline{Z}(\omega)) = K G'(\omega) \quad \text{et} \quad \operatorname{Im}(\underline{Z}(\omega)) = K G''(\omega)

L'expression proposée pour \underline{F}(\omega) s'écrit alors :

\underline{F}(\omega) = \operatorname{Re}(\underline{Z}(\omega))\,\underline{\delta}(\omega) + \frac{\operatorname{Im}(\underline{Z}(\omega))}{\omega}\,(\mathrm{i}\omega \underline{\delta}(\omega))

En passant dans le domaine temporel en régime sinusoïdal établi, la multiplication par \mathrm{i}\omega correspond à la dérivation temporelle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} :

F(t) - F_0 = K G'(\omega)(\delta(t) - \delta_0) + \frac{K G''(\omega)}{\omega}\,\frac{\mathrm{d}\delta}{\mathrm{d}t}

On identifie deux contributions physiques distinctes :

  • Le terme proportionnel au déplacement \delta(t) - \delta_0 représente une force de rappel élastique conservative (en phase avec l'indentation). La partie réelle G'(\omega) traduit ainsi l'élasticité du milieu et la capacité de la cellule à stocker réversiblement de l'énergie mécanique : on l'appelle le module de stockage (ou module d'élasticité).
  • Le terme proportionnel à la vitesse d'indentation \dot{\delta}(t) représente une force de frottement visqueux dissipative (en quadrature de phase avec l'indentation). La partie imaginaire G''(\omega) traduit donc la viscosité du milieu et la dissipation d'énergie mécanique sous forme thermique : on l'appelle le module de perte (ou module visqueux).

Le déphasage \varphi = \varphi_F - \varphi_\delta de la force par rapport à l'indentation est donné par l'argument de \underline{Z}(\omega), identique à celui de \underline{G}(\omega) car K > 0 :

\underline{Z}(\omega) = \frac{F_1}{\delta_1}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\varphi} = K(G'(\omega) + \mathrm{i}G''(\omega))

On en déduit immédiatement :

\boxed{\tan \varphi = \frac{G''(\omega)}{G'(\omega)}} \quad \text{soit} \quad \boxed{\varphi = \arctan\left(\frac{G''(\omega)}{G'(\omega)}\right)}

Discussion des cas limites :

  • Cas \varphi = 0 : on a \tan \varphi = 0, soit G''(\omega) = 0. La force est strictement en phase avec le déplacement (F - F_0 \propto \delta - \delta_0). Le comportement est purement élastique (solide de Hooke) : aucune énergie n'est dissipée sur un cycle complet et la réponse force-indentation est une droite réversible.
  • Cas \varphi = \pi/2 : on a \tan \varphi \to +\infty, ce qui correspond à G'(\omega) = 0 (ou G'' \gg G'). La force est en quadrature avance par rapport au déplacement, c'est-à-dire en phase avec la vitesse \dot{\delta}. Le comportement est purement visqueux (fluide newtonien) : toute l'énergie fournie est dissipée par viscosité au cours du cycle.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas omettre l'interprétation physique demandée ni la discussion sur les deux valeurs limites du déphasage.

« Très peu de candidats proposent une interpretation physique pourtant explicitement demandée dans la question. »

« Quant à la discussion sur les différents comportement à φ = 0 et φ = π/2, elle est complètement absente de quasiment toutes les copies. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : ellipse de lissajous, portrait de phase, dissipation

La figure 11 représente les résultats expérimentaux d'une expérience d'oscillations d'une pointe AFM pour une amplitude d'oscillation de à différentes fréquences. Interpréter le tracé de la force en fonction de l'indentation . Discuter notamment l'évolution de la direction du demi-grand axe des ellipses observées ainsi que leur largeur, en fonction de la fréquence des oscillations. On pourra s'appuyer sur la figure 1 en préambule du sujet.

Voir l'indice

Relier la rotation du grand axe de l'ellipse à la variation du module d'impédance |Z(\omega)| et son ouverture à la composante dissipative imaginaire G''(\omega).

Voir la stratégie
  1. Interpréter la trajectoire dans le plan (F, \delta) comme une ellipse de Lissajous issue de deux grandeurs harmoniques de même pulsation avec un déphasage \varphi.
  2. Analyser la direction du demi-grand axe en reliant sa pente au module de l'impédance mécanique |Z(\omega)| = F_1 / \delta_1 et à la rigidité apparente.
  3. Analyser la largeur de l'ellipse en la reliant, à l'aide de la figure 1, à l'augmentation du déphasage \varphi et de l'énergie dissipée par cycle.
Voir la réponse courte

Courbes de Lissajous (F,\delta) dont l'aire représente le travail dissipé par cycle, augmentant avec la fréquence des oscillations.

Voir le corrigé complet

1. Nature du tracé dans le plan (F, \delta) : Les oscillations de l'indentation et de la force s'écrivent :

\delta(t) - \delta_0 = \delta_1 \cos(\omega t + \varphi_\delta) \quad \text{et} \quad F(t) - F_0 = F_1 \cos(\omega t + \varphi_F).

Le tracé paramétrique de la force F en fonction de l'indentation \delta décrit une courbe de Lissajous à deux signaux synchrones, c'est-à-dire une ellipse centrée en (\delta_0, F_0) (ici ramenée à l'origine (0,0) sur la figure 11).

2. Évolution de la direction du demi-grand axe :

  • Sur la figure 11, à amplitude d'indentation constante (\delta_1 \approx 40\text{ nm}), l'amplitude de force F_1 croît fortement avec la fréquence : elle passe d'environ 0{,}05\text{ nN} à 0{,}1\text{ Hz} à plus de 0{,}3\text{ nN} à 100\text{ Hz}.
  • En conséquence, la pente moyenne du demi-grand axe de l'ellipse (rapportée à F_1/\delta_1) augmente avec la fréquence : le grand axe se redresse progressivement vers l'axe vertical des forces.
  • En s'appuyant sur la figure 1(b), l'augmentation du rapport d'amplitude redresse l'ellipse. Physiquement, l'impédance mécanique |Z(\omega)| = F_1 / \delta_1 \propto |G(\omega)| augmente : la cellule oppose une résistance dynamique d'autant plus grande que la vitesse de sollicitation \dot{\delta} \sim \omega \delta_1 est élevée.

3. Évolution de la largeur de l'ellipse :

  • À très basse fréquence (f = 0{,}1\text{ Hz}), l'ellipse est quasi-dégénérée en un segment rectiligne. Comme illustré sur la figure 1(a), une ellipse infiniment aplatie correspond à un déphasage \varphi \approx 0 : le comportement est quasi-statique et purement élastique (les pertes visqueuses sont négligeables, G'' \ll G').
  • Lorsque la fréquence augmente (f = 1,\, 10,\, 100\text{ Hz}), l'ellipse s'ouvre et sa largeur transversale s'élargit nettement. L'ouverture à \delta = 0 vaut 2 F_1 \sin\varphi : l'augmentation de la largeur traduit donc à la fois l'augmentation de la force F_1 et la croissance du déphasage \varphi vers \pi/2.
  • L'aire délimitée par l'ellipse, qui représente le travail dissipé par cycle :

    W_{\text{diss}} = \oint F\,\mathrm{d}\delta = \pi F_1 \delta_1 \sin\varphi,

    croît significativement avec la fréquence, ce qui traduit une dissipation visqueuse intracellulaire prépondérante à haute fréquence.

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Partie IV : Modèles visco-élastiques du cytoplasme cellulaire

IV.A · Cas élémentaires : solide de Hooke et fluide newtonien

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de hooke, fluage

Nous étudions la réponse du solide de Hooke dans une expérience de fluage. On considère un échelon de contrainte, qui a pour expression pour toute date . Déterminer l'expression de .

Voir l'indice

Appliquer immédiatement la loi constitutive élastique \varepsilon(t) = \sigma(t)/E, traduisant une déformation instantanée et rigoureusement constante pour t > 0.

Voir la réponse courte

Réponse élastique instantanée sans retard temporel : \varepsilon(t) = \sigma_0 / E = \text{cte} pour tout t > 0.

Voir le corrigé complet

Un solide de Hooke est un matériau purement élastique, linéaire et sans mémoire, pour lequel la contrainte et la déformation sont reliées à chaque instant par la loi de Hooke :

\sigma(t) = E\,\varepsilon(t).

Puisque le module d'Young E est constant, la réponse en déformation à l'échelon de contrainte \sigma(t) = \sigma_0 appliqué pour t > 0 est immédiate et indépendante du temps :

\boxed{\varepsilon(t) = \frac{\sigma_0}{E} \quad \text{pour } t > 0.}

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : fluide newtonien, déformation visqueuse, fluage

Dans le cadre d'une expérience de fluage, on soumet le fluide newtonien à un échelon de contrainte ( pour tout temps ). Déterminer l'expression de , en supposant la déformation du fluide nulle à .

Voir l'indice

Intégrer par rapport au temps la loi de comportement purement visqueuse \dot{\varepsilon} = \sigma_0/\eta avec la condition de repos initial.

Voir la stratégie
  1. Partir de la loi de comportement rhéologique reliant la contrainte au taux de déformation pour un fluide newtonien.
  2. Intégrer l'équation différentielle du premier ordre obtenue pour t > 0 en appliquant la condition initiale prescrite à t = 0.
Voir la réponse courte

Intégration de \dot{\varepsilon} = \sigma_0 / \eta avec la condition initiale : écoulement visqueux continu \varepsilon(t) = \frac{\sigma_0}{\eta}t.

Voir le corrigé complet

D'après la loi rhéologique régissant le fluide newtonien rappelée dans le texte introductif, la contrainte \sigma(t) est reliée au taux de déformation \dot{\varepsilon}(t) par :

\sigma(t) = \eta \frac{\mathrm{d}\varepsilon}{\mathrm{d}t}

Pour t > 0, la contrainte imposée est constante et vaut \sigma(t) = \sigma_0. L'équation différentielle s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}\varepsilon}{\mathrm{d}t} = \frac{\sigma_0}{\eta}

Par intégration entre l'instant initial t = 0 et une date t > 0, compte tenu de la condition initiale \varepsilon(0) = 0 :

\varepsilon(t) = \varepsilon(0) + \int_{0}^{t} \frac{\sigma_0}{\eta}\,\mathrm{d}t'

On obtient finalement l'expression de la déformation au cours du temps :

\boxed{\varepsilon(t) = \frac{\sigma_0}{\eta} t}

Résultat

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IV.B · Cas harmonique et aspects énergétiques

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : module complexe, solide élastique, fluide newtonien

Déterminer l'expression de pour un solide de Hooke d'une part, puis pour un fluide newtonien d'autre part. En déduire , , et le déphasage pour un solide de Hooke puis pour un fluide newtonien.

Voir l'indice

Remplacer l'opérateur de dérivation temporelle par le facteur \mathrm{i}\omega en notation complexe et expliciter les parties réelle et imaginaire pour chacun des deux milieux élémentaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la loi de comportement temporelle de chaque élément idéal (solide de Hooke puis fluide newtonien).
  2. Passer en représentation complexe en exploitant la propriété de dérivation temporelle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \longleftrightarrow \mathrm{i}\omega.
  3. Calculer le rapport \underline{G} = \frac{\underline{\sigma}}{\underline{\varepsilon}} et en extraire la partie réelle G', la partie imaginaire G'', le module G_0 ainsi que l'argument \varphi.
Voir la réponse courte

Solide de Hooke : \underline{G} = E (G'=E, G''=0). Fluide newtonien : \underline{G} = \mathrm{i}\eta\omega (G'=0, G''=\eta\omega).

Voir le corrigé complet

1. Solide de Hooke

D'après le préambule de la partie IV.A, la loi de comportement d'un solide de Hooke s'écrit :

\sigma(t) = E\,\varepsilon(t).

En notation complexe, avec \underline{\varepsilon}(t) = \varepsilon_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} et \underline{\sigma}(t) = \sigma_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + \varphi)}, cette relation linéaire devient immédiatement :

\underline{\sigma} = E\,\underline{\varepsilon}.

Le module de cisaillement complexe s'en déduit :

\boxed{\underline{G} = E}

En identifiant \underline{G} = G' + \mathrm{i}G'' = G_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\varphi}, on obtient :

\boxed{G' = E}, \quad \boxed{G'' = 0}, \quad \boxed{G_0 = E}, \quad \boxed{\varphi = 0}

2. Fluide newtonien

Pour un fluide newtonien, la contrainte est proportionnelle au taux de déformation :

\sigma(t) = \eta\,\dot{\varepsilon}(t).

En régime harmonique permanent, la dérivation par rapport au temps correspond à la multiplication par \mathrm{i}\omega :

\dot{\underline{\varepsilon}} = \mathrm{i}\omega\,\underline{\varepsilon} \implies \underline{\sigma} = \mathrm{i}\eta\omega\,\underline{\varepsilon}.

Le module de cisaillement complexe s'écrit alors :

\boxed{\underline{G} = \mathrm{i}\eta\omega}

On en déduit ses caractéristiques :

\boxed{G' = 0}, \quad \boxed{G'' = \eta\omega}, \quad \boxed{G_0 = \eta\omega}, \quad \boxed{\varphi = \frac{\pi}{2}}

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : travail volumique, contrainte, déformation

Définir le travail élémentaire par unité de volume fourni par une contrainte au cours d'une déformation infinitésimale .

Voir l'indice

Exprimer le travail mécanique élémentaire des forces de surface ramené à l'unité de volume lors d'une variation \mathrm{d}\varepsilon.

Voir la réponse courte

Travail élémentaire fourni à l'unité de volume par la contrainte : \delta w = \sigma\,\mathrm{d}\varepsilon.

Voir le corrigé complet

Considérons un élément de matière de volume initial V_0 = S L_0, où S est la section transversale et L_0 la longueur caractéristique selon la direction de sollicitation.

Lors d'une déformation infinitésimale, la contrainte appliquée \sigma exerce sur la face de surface S une force F = \sigma S. Le déplacement infinitésimal correspondant s'écrit, d'après la définition de la déformation \varepsilon = \Delta L / L_0 :

\mathrm{d}(\Delta L) = L_0 \, \mathrm{d}\varepsilon.

Le travail mécanique élémentaire reçu par cet échantillon s'exprime donc par :

\delta W = F \, \mathrm{d}(\Delta L) = (\sigma S)(L_0 \, \mathrm{d}\varepsilon) = \sigma V_0 \, \mathrm{d}\varepsilon.

Par définition, le travail élémentaire par unité de volume \delta w = \frac{\delta W}{V_0} fourni par la contrainte \sigma au cours de la déformation infinitésimale \mathrm{d}\varepsilon est :

\boxed{\delta w = \sigma \, \mathrm{d}\varepsilon}

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime sinusoïdal, travail, puissance instantanée

Déterminer dans le cas où et . On mettra l'expression de sous la forme suivante : , avec et .

Voir l'indice

Injecter les expressions sinusoïdales réelles de \varepsilon(t) et \sigma(t), puis décomposer le terme en \cos(\omega t + \varphi) à l'aide des formules d'addition trigonométriques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différentielle de la déformation \mathrm{d}\varepsilon à partir de son évolution temporelle harmonique.
  2. Développer la contrainte \sigma(t) à l'aide de la formule trigonométrique d'addition pour le cosinus.
  3. Former le produit \delta w = \sigma\,\mathrm{d}\varepsilon issu de la question Q38 et regrouper les termes pour identifier les deux composantes \delta w_1 et \delta w_2.
Voir la réponse courte

Injection des expressions harmoniques et développement trigonométrique de \cos(\omega t + \varphi).

Voir le corrigé complet

La déformation imposée étant \varepsilon(t) = \varepsilon_0 \cos(\omega t), sa différentielle s'écrit :

\mathrm{d}\varepsilon = \dot{\varepsilon}(t)\,\mathrm{d}t = -\omega\varepsilon_0\sin(\omega t)\,\mathrm{d}t.

D'autre part, la contrainte harmonique \sigma(t) = \sigma_0 \cos(\omega t + \varphi) se décompose selon :

\sigma(t) = \sigma_0 \left[ \cos(\omega t)\cos\varphi - \sin(\omega t)\sin\varphi \right].

En utilisant la définition du travail élémentaire par unité de volume établie à la question Q38, \delta w = \sigma\,\mathrm{d}\varepsilon, on obtient :

\begin{aligned} \delta w &= \sigma_0 \left( \cos\omega t\cos\varphi - \sin\omega t\sin\varphi \right) \left(-\omega\varepsilon_0\sin\omega t\,\mathrm{d}t\right) \\ &= -\omega\sigma_0\varepsilon_0 \cos\varphi \cos\omega t \sin\omega t\,\mathrm{d}t + \omega\sigma_0\varepsilon_0 \sin\varphi \sin^2\omega t\,\mathrm{d}t. \end{aligned}

En identifiant les deux termes demandés par l'énoncé :

\begin{aligned} \delta w_1 &= -\omega\sigma_0\varepsilon_0 \cos\varphi \cos\omega t \sin\omega t\,\mathrm{d}t, \\ \delta w_2 &= \omega\sigma_0\varepsilon_0 \sin\varphi \sin^2\omega t\,\mathrm{d}t, \end{aligned}

on aboutit bien à l'expression recherchée :

\boxed{\delta w = \delta w_1 + \delta w_2}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : travail sur un cycle, énergie dissipée

Exprimer l'énergie volumique de déformation fournie à l'unité de volume sur une période en fonction de , et . En déduire pour un solide de Hooke, puis pour un fluide newtonien. Proposer une interprétation de pour un matériau visco-élastique linéaire.

Voir l'indice

Calculer l'intégrale de \delta w sur une période T = 2\pi/\omega en exploitant la périodicité du terme en quadrature et interpréter le résultat comme l'énergie dissipée par cycle.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'expression du travail élémentaire \delta w = \delta w_1 + \delta w_2 établie à la question précédente sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}.
  2. Évaluer séparément les intégrales des termes en \cos(\omega t)\sin(\omega t) et en \sin^2(\omega t).
  3. Appliquer le résultat aux cas limites du solide de Hooke (\varphi = 0) et du fluide newtonien (\varphi = \pi/2) d'après la question Q37.
  4. Interpréter physiquement la valeur de w_T en termes d'énergie dissipée par hystérésis mécanique sur un cycle.
Voir la réponse courte

Intégration sur une période : le terme en \cos\varphi s'annule, laissant w_T = \pi\sigma_0\varepsilon_0\sin\varphi, énergie dissipée en chaleur.

Voir le corrigé complet

L'énergie volumique de déformation fournie au matériau sur une période T = \frac{2\pi}{\omega} s'obtient en intégrant le travail élémentaire \delta w obtenu à la question Q39 :

w_T = \int_0^T \delta w = \int_0^T \delta w_1 + \int_0^T \delta w_2

Calculons successivement les deux intégrales :

  • Pour la contribution associée à \delta w_1 :

    \begin{aligned} \int_0^T \delta w_1 &= -\omega \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \int_0^T \cos(\omega t)\sin(\omega t)\,\mathrm{d}t \\ &= -\frac{1}{2}\omega \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \int_0^T \sin(2\omega t)\,\mathrm{d}t = 0 \end{aligned}

    car l'intégrale d'une fonction sinusoïdale sur deux périodes entières (2\omega T = 4\pi) est nulle.

  • Pour la contribution associée à \delta w_2 :

    \begin{aligned} \int_0^T \delta w_2 &= \omega \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi \int_0^T \sin^2(\omega t)\,\mathrm{d}t \\ &= \omega \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi \int_0^T \frac{1 - \cos(2\omega t)}{2}\,\mathrm{d}t \\ &= \omega \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi \cdot \frac{T}{2} \end{aligned}

Comme T = \frac{2\pi}{\omega}, on en déduit :

w_T = \omega \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi \cdot \frac{\pi}{\omega}
\boxed{w_T = \pi \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi}

Cas particuliers :

  • Solide de Hooke : d'après la question Q37, le déphasage est \varphi = 0, donc \sin\varphi = 0. Il vient :

    \boxed{w_{T,\,\text{Hooke}} = 0}
  • Fluide newtonien : d'après la question Q37, le déphasage est \varphi = \frac{\pi}{2}, d'où \sin\varphi = 1, et \sigma_0 = \eta\omega\varepsilon_0. Il vient :

    \boxed{w_{T,\,\text{Newton}} = \pi \sigma_0 \varepsilon_0 = \pi \eta \omega \varepsilon_0^2}

Interprétation pour un matériau visco-élastique linéaire :
Sur un cycle fermé en régime permanent, l'énergie purement élastique accumulée pendant la déformation est intégralement restituée lors de la relaxation (l'intégrale de \delta w_1 est nulle). Par conséquent, w_T représente l'énergie volumique dissipée sous forme thermique par unité de volume au cours d'un cycle, imputable au frottement visqueux. Géométriquement, w_T = \oint \sigma\,\mathrm{d}\varepsilon représente l'aire de l'ellipse d'hystérésis tracée dans le diagramme contrainte-déformation (\varepsilon, \sigma).

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie élastique stockée, travail élémentaire

Exprimer l'énergie volumique , due à , fournie à l'unité de volume sur un quart de période et définie par : . En déduire pour un solide de Hooke et pour un fluide newtonien. Proposer une interprétation de pour un matériau visco-élastique linéaire.

Voir l'indice

Intégrer le premier terme \delta w_1 entre les dates t = 0 et t = T/4 par un changement de variable direct en posant u = \sin(\omega t).

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'expression de \delta w_1 obtenue à la question Q39 entre t = 0 et t = T/4 en effectuant le changement de variable u = \omega t.
  2. Utiliser les valeurs du déphasage \varphi obtenues à la question Q37 pour le solide de Hooke (\varphi = 0) et pour le fluide newtonien (\varphi = \pi/2).
  3. Interpréter physiquement cette grandeur en faisant le lien avec l'énergie élastique emmagasinée puis restituée de manière réversible par le matériau.
Voir la réponse courte

Intégration de \delta w_1 sur un quart de période : correspond à l'énergie élastique maximale stockée de manière réversible.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q39 :

\delta w_1 = -\omega \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \cos(\omega t) \sin(\omega t)\,\mathrm{d}t = -\frac{1}{2}\omega \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \sin(2\omega t)\,\mathrm{d}t

L'énergie volumique fournie sur un quart de période T/4 (avec \omega T = 2\pi, soit \omega \frac{T}{4} = \frac{\pi}{2}) s'écrit :

\begin{aligned} w_{1,T/4} &= \int_0^{T/4} \delta w_1 \\ &= -\frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \int_0^{\pi/2} \sin(2u)\,\mathrm{d}u \\ &= -\frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \left[ -\frac{\cos(2u)}{2} \right]_0^{\pi/2} \\ &= -\frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi \left( \frac{1}{2} - \left(-\frac{1}{2}\right) \right) \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{w_{1,T/4} = -\frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi}

Cas particuliers :

  • Solide de Hooke : d'après la question Q37, le déphasage est \varphi = 0, soit \cos\varphi = 1, et \sigma_0 = E\varepsilon_0. Il vient :

    \boxed{w_{1,T/4,\,\text{Hooke}} = -\frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 = -\frac{1}{2}E\varepsilon_0^2}
  • Fluide newtonien : d'après la question Q37, le déphasage est \varphi = \frac{\pi}{2}, soit \cos\varphi = 0. Il vient immédiatement :

    \boxed{w_{1,T/4,\,\text{Newton}} = 0}

Interprétation physique pour un matériau visco-élastique linéaire : Le terme \delta w_1 correspond à la composante conservative (élastique et réversible) des transferts énergétiques : son intégrale sur une période complète est rigoureusement nulle (\int_0^T \delta w_1 = 0).

Entre les dates t = 0 et t = T/4, la déformation \varepsilon(t) = \varepsilon_0 \cos(\omega t) passe de son amplitude maximale \varepsilon_0 à 0. Le matériau subit une phase de décharge au cours de laquelle il restitue au milieu extérieur l'énergie élastique accumulée lors de sa compression/étirement.

La grandeur |w_{1,T/4}| = \frac{1}{2}\sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi = \frac{1}{2}G'\varepsilon_0^2 (où G' = \frac{\sigma_0}{\varepsilon_0}\cos\varphi est le module de stockage) représente donc l'énergie élastique maximale stockée (ou recouvrable) par unité de volume au cours d'un cycle. Le signe négatif traduit le fait que cette énergie est cédée par le système lors de cette phase de relaxation.

Résultat

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : facteur de perte, déphasage, bilan énergétique

À partir des questions 40 et 41, déterminer et en donner une signification à partir de grandeurs énergétiques pour un matériau visco-élastique linéaire.

Voir l'indice

Former le rapport entre le travail net dissipé par cycle w_T et l'énergie de déformation élastique stockée sur un quart de période |w_{1,T/4}|.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \sin\varphi à partir de w_T (question Q40) et \cos\varphi à partir de w_{1,T/4} (question Q41), puis former le rapport \tan\varphi = \sin\varphi / \cos\varphi.
  2. Interpréter ce rapport en reliant w_T à l'énergie dissipée par cycle et |w_{1,T/4}| à l'énergie élastique maximale stockée.
Voir la réponse courte

\tan\varphi s'exprime comme le rapport entre l'énergie dissipée par cycle et l'énergie élastique maximale emmagasinée.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q40 et Q41, on a :

\begin{aligned} w_T &= \pi \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi , \\ w_{1,T/4} &= -\frac{1}{2} \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi . \end{aligned}

En prenant la valeur absolue de w_{1,T/4} (qui représente l'énergie volumique stockée positivement lors de la déformation maximale) :

|w_{1,T/4}| = \frac{1}{2}\sigma_0\varepsilon_0\cos\varphi .

En effectuant le quotient membre à membre :

\frac{w_T}{|w_{1,T/4}|} = \frac{\pi \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi}{\frac{1}{2} \sigma_0 \varepsilon_0 \cos\varphi} = 2\pi \tan\varphi .

On en déduit l'expression de \tan\varphi :

\boxed{\tan\varphi = \frac{1}{2\pi} \frac{w_T}{|w_{1,T/4}|} = -\frac{1}{2\pi} \frac{w_T}{w_{1,T/4}}}

Signification énergétique :

  • w_T est l'énergie volumique dissipée par viscosité au cours d'un cycle complet (période T) ;
  • |w_{1,T/4}| = w_{\text{stock}} est l'énergie élastique volumique maximale emmagasinée réversiblement au cours du cycle (à l'allongement maximal).

Le déphasage \tan\varphi, couramment appelé tangente de perte (ou facteur de perte), mesure donc à un facteur 2\pi près le rapport entre l'énergie dissipée par cycle et l'énergie élastique maximale stockée :

\tan\varphi = \frac{1}{2\pi} \frac{w_{\text{dissipée par cycle}}}{w_{\text{stockée max}}} = \frac{G''}{G'} .

C'est également l'inverse du facteur de qualité mécanique du matériau (Q^{-1} = \tan\varphi).

Résultat

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IV.C · Modèles de Kelvin-Voigt d'un fluide visco-élastique

Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : modèle de kelvin-voigt, viscoélasticité

Établir l'expression de la déformation et de la contrainte en fonction des paramètres du ressort et de l'amortisseur.

Voir l'indice

Écrire l'égalité cinématique des déformations et l'additivité dynamique des contraintes pour une mise en parallèle d'un ressort et d'un amortisseur.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition cinématique imposée par la mise en parallèle mécanique : les deux éléments étant solidaires à leurs extrémités, leurs déplacements et donc leurs déformations relatives sont identiques.
  2. Identifier la condition dynamique d'équilibre : la force totale appliquée se répartit entre les deux branches, ce qui se traduit au niveau des contraintes volumiques par une additivité.
Voir la réponse courte

Association en parallèle : égalité des déformations \varepsilon = \varepsilon_{\mathrm{r}} = \varepsilon_{\mathrm{a}} et additivité des contraintes \sigma = \sigma_{\mathrm{r}} + \sigma_{\mathrm{a}}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de Kelvin-Voigt, le ressort et l'amortisseur sont montés en parallèle (figure 12 du sujet) :

  • Condition cinématique sur la déformation : les deux éléments sont fixés aux mêmes liaisons rigides à leurs extrémités. Tout déplacement global impose donc un allongement identique aux deux branches. Les déformations du ressort \varepsilon_{\text{el}} et de l'amortisseur \varepsilon_{\text{visc}} sont donc égales à la déformation globale \varepsilon_{\mathrm{KV}} :

    \boxed{\varepsilon_{\mathrm{KV}} = \varepsilon_{\text{el}} = \varepsilon_{\text{visc}}}
  • Condition dynamique sur la contrainte : la force mécanique totale F_{\mathrm{KV}} s'exerçant sur la surface S du matériau est la somme des efforts repris par la branche élastique F_{\text{el}} et par la branche visqueuse F_{\text{visc}} :

    F_{\mathrm{KV}} = F_{\text{el}} + F_{\text{visc}}

    En divisant par la section S, la contrainte totale \sigma_{\mathrm{KV}} est la somme des contraintes supportées par chaque composant :

    \boxed{\sigma_{\mathrm{KV}} = \sigma_{\text{el}} + \sigma_{\text{visc}}}

En rappelant les lois de comportement des deux éléments (\sigma_{\text{el}} = E\,\varepsilon_{\text{el}} pour le solide de Hooke et \sigma_{\text{visc}} = \eta\,\dot{\varepsilon}_{\text{visc}} pour le fluide newtonien), la contrainte s'exprime également en fonction des caractéristiques intrinsèques du ressort et de l'amortisseur :

\sigma_{\mathrm{KV}} = E\,\varepsilon_{\text{el}} + \eta\,\frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\text{visc}}}{\mathrm{d}t}

Résultat

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI

Notions : modèle de kelvin-voigt, équation différentielle, temps de relaxation

Établir l'équation différentielle vérifiée par la contrainte et la déformation du matériau visco-élastique. On fera apparaître un temps de relaxation .

Voir l'indice

Substituer les lois de comportement individuelles de chaque élément dans la somme des contraintes et faire apparaître le temps caractéristique \tau = \eta/E.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les contraintes élémentaires \sigma_{\text{el}} et \sigma_{\text{visc}} en fonction de la déformation commune \varepsilon_{\mathrm{KV}} à partir des lois de comportement de Hooke et du fluide newtonien.
  2. Réinjecter ces expressions dans l'équation d'additivité des contraintes établie à la question précédente et factoriser par E pour faire apparaître \tau = \eta / E.
Voir la réponse courte

Somme des contraintes élastique et visqueuse : \sigma_{\mathrm{KV}} = E\,\varepsilon_{\mathrm{KV}} + \eta\,\dot{\varepsilon}_{\mathrm{KV}} = E(\varepsilon_{\mathrm{KV}} + \tau\,\dot{\varepsilon}_{\mathrm{KV}}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q43, les deux éléments étant montés en parallèle, ils subissent à chaque instant la même déformation :

\varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \varepsilon_{\text{el}}(t) = \varepsilon_{\text{visc}}(t)

Les lois de comportement respectives du solide de Hooke et du fluide newtonien s'écrivent :

\begin{aligned} \sigma_{\text{el}}(t) &= E \, \varepsilon_{\text{el}}(t) = E \, \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) \\ \sigma_{\text{visc}}(t) &= \eta \, \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\text{visc}}}{\mathrm{d}t}(t) = \eta \, \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t}(t) \end{aligned}

En sommant ces deux contributions selon la loi d'association établie à la question Q43 (\sigma_{\mathrm{KV}} = \sigma_{\text{el}} + \sigma_{\text{visc}}), on obtient :

\sigma_{\mathrm{KV}}(t) = E \, \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) + \eta \, \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t}(t)

En introduisant le temps de relaxation \tau = \frac{\eta}{E}, cette équation différentielle se met sous la forme :

\boxed{\tau \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t}(t) + \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_{\mathrm{KV}}(t)}{E}}

ou, de façon équivalente :

\boxed{\sigma_{\mathrm{KV}}(t) = E \left( \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) + \tau \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t}(t) \right)}

Résultat

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Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : fluage, régime transitoire, équation différentielle

Dans le cas d'une expérience de fluage (échelon de contrainte ), déterminer l'évolution de la déformation en résolvant l'équation différentielle de la question 44 et en prenant comme condition initiale . Donner l'allure graphique de et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle du premier ordre avec second membre constant issue de l'échelon de contrainte, en respectant la continuité de \varepsilon_{\mathrm{KV}} en 0.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 1 avec second membre constant pour t > 0.
  2. Déterminer la constante d'intégration grâce à la condition initiale \varepsilon_{\mathrm{KV}}(0) = 0.
  3. Représenter l'allure de l'échelon de contrainte \sigma_{\mathrm{KV}}(t) et de la réponse temporelle de la déformation \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) en précisant les grandeurs caractéristiques (temps de retard \tau et asymptote \sigma_0/E).
Voir la réponse courte

Résolution avec second membre constant : \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_0}{E}\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right), saturation vers le comportement élastique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q44, l'équation différentielle régissant la déformation dans le modèle de Kelvin-Voigt s'écrit :

\tau \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t} + \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_{\mathrm{KV}}(t)}{E} \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{\eta}{E}

Pour une expérience de fluage, la contrainte imposée est un échelon : \sigma_{\mathrm{KV}}(t) = \sigma_0 = \text{Cte} pour t > 0.

L'équation différentielle devient, pour t > 0 :

\tau \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t} + \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_0}{E}

La solution générale est la somme d'une solution particulière constante et de la solution générale de l'équation sans second membre :

\varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_0}{E} + A \mathrm{e}^{-t/\tau}, \quad A \in \mathbb{R}

La condition initiale \varepsilon_{\mathrm{KV}}(0) = 0 impose :

\varepsilon_{\mathrm{KV}}(0) = \frac{\sigma_0}{E} + A = 0 \implies A = -\frac{\sigma_0}{E}

On en déduit l'évolution temporelle de la déformation pour tout t \ge 0 :

\boxed{\varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) = \frac{\sigma_0}{E} \left( 1 - \mathrm{e}^{-t/\tau} \right)}

Résultat

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Question 46

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : impédance complexe, module de cisaillement, viscoélasticité

Dans le cas d'une déformation et d'une contrainte harmoniques, établir l'équation algébrique, associée à l'équation différentielle de la question 44, à l'aide des notations complexes introduites au paragraphe IV.B. En déduire l'expression du module de cisaillement complexe , puis les expressions de , et en fonction de , et .

Voir l'indice

Remplacer \mathrm{d}/\mathrm{d}t par \mathrm{i}\omega dans l'équation différentielle pour extraire le module de cisaillement complexe \underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = \underline{\sigma}/\underline{\varepsilon}.

Voir la stratégie
  1. Associer à la dérivation temporelle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} le facteur \mathrm{i}\omega en représentation complexe pour transformer l'équation différentielle de Kelvin-Voigt en équation algébrique.
  2. Exprimer le module complexe \underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = \frac{\underline{\sigma}_{\mathrm{KV}}}{\underline{\varepsilon}_{\mathrm{KV}}} et en déduire ses parties réelle et imaginaire.
  3. Déterminer le déphasage \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) via son argument ou sa tangente.
Voir la réponse courte

En régime harmonique, \underline{\sigma}_{\mathrm{KV}} = E(1 + \mathrm{i}\omega\tau)\underline{\varepsilon}_{\mathrm{KV}}, donnant G' = E, G'' = E\omega\tau et \tan\varphi = \omega\tau.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q44, l'équation différentielle reliant la contrainte \sigma_{\mathrm{KV}} et la déformation \varepsilon_{\mathrm{KV}} s'écrit :

\sigma_{\mathrm{KV}}(t) = E \left( \varepsilon_{\mathrm{KV}}(t) + \tau \frac{\mathrm{d}\varepsilon_{\mathrm{KV}}}{\mathrm{d}t}(t) \right) \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{\eta}{E}.

En régime harmonique à la pulsation \omega, en adoptant les grandeurs complexes introduites au paragraphe IV.B (\underline{\varepsilon}_{\mathrm{KV}} = \varepsilon_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} et \underline{\sigma}_{\mathrm{KV}} = \sigma_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + \varphi)}), l'opération de dérivation temporelle se traduit par la multiplication par \mathrm{i}\omega. L'équation différentielle devient ainsi l'équation algébrique :

\boxed{\underline{\sigma}_{\mathrm{KV}} = E (1 + \mathrm{i}\omega\tau)\,\underline{\varepsilon}_{\mathrm{KV}}}

Par définition, le module de cisaillement complexe est donné par :

\underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = \frac{\underline{\sigma}_{\mathrm{KV}}}{\underline{\varepsilon}_{\mathrm{KV}}}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = E(1 + \mathrm{i}\omega\tau)}

En séparant les parties réelle et imaginaire sous la forme \underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = G'_{\mathrm{KV}}(\omega) + \mathrm{i}G''_{\mathrm{KV}}(\omega) :

\boxed{G'_{\mathrm{KV}}(\omega) = E}
\boxed{G''_{\mathrm{KV}}(\omega) = E\omega\tau}

Puisque \underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega) = \frac{\sigma_0}{\varepsilon_0}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\varphi_{\mathrm{KV}}}, le déphasage \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) entre la contrainte et la déformation s'identifie à l'argument de \underline{G}_{\mathrm{KV}}(\omega). Comme E > 0 et \omega\tau \ge 0 :

\boxed{\varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) = \arctan(\omega\tau)}

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : réponse fréquentielle, viscoélasticité

Donner l'allure graphique de et . On fera apparaître une pulsation caractéristique et on analysera les régimes asymptotiques. Discuter le comportement aux temps longs (basses fréquences) et aux temps courts (hautes fréquences) du matériau visco-élastique dans le modèle de Kelvin-Voigt et comparer au solide élastique et au fluide newtonien.

Voir l'indice

Étudier les asymptotes basse fréquence (\omega \ll \omega_c) et haute fréquence (\omega \gg \omega_c) de G'_{\mathrm{KV}} et G''_{\mathrm{KV}}, où \omega_c = 1/\tau = E/\eta.

Voir la stratégie
  1. Définir la pulsation caractéristique \omega_{\mathrm{c}} à partir du temps de relaxation \tau = \eta / E établi précédemment.
  2. Analyser les régimes limites à basse fréquence (\omega \ll \omega_{\mathrm{c}}, temps longs) et à haute fréquence (\omega \gg \omega_{\mathrm{c}}, temps courts) en comparant les modules G'_{\mathrm{KV}} et G''_{\mathrm{KV}} aux comportements idéaux (solide élastique et fluide newtonien).
  3. Tracer l'allure des deux modules (en diagramme log-log, usuel en rhéologie) en faisant clairement apparaître l'intersection à \omega_{\mathrm{c}}.
Voir la réponse courte

G' est constant alors que G'' croît linéairement : dominance élastique à basse fréquence et visqueuse à haute fréquence.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente (Q46), les modules de stockage et de perte du modèle de Kelvin-Voigt valent :

G'_{\mathrm{KV}}(\omega) = E \quad \text{et} \quad G''_{\mathrm{KV}}(\omega) = E \omega \tau = \eta \omega

1. Pulsation caractéristique

On introduit naturellement la pulsation caractéristique \omega_{\mathrm{c}} associée au temps de relaxation \tau = \eta/E :

\boxed{\omega_{\mathrm{c}} = \frac{1}{\tau} = \frac{E}{\eta}}

À cette pulsation, la contribution élastique égale la contribution visqueuse :

G'_{\mathrm{KV}}(\omega_{\mathrm{c}}) = G''_{\mathrm{KV}}(\omega_{\mathrm{c}}) = E \quad \text{et} \quad \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega_{\mathrm{c}}) = \frac{\pi}{4}

2. Régimes asymptotiques et comparaison

  • Basses fréquences (\omega \ll \omega_{\mathrm{c}}) ou temps longs (t \gg \tau) :

    G''_{\mathrm{KV}}(\omega) \ll G'_{\mathrm{KV}}(\omega) = E \quad \text{et} \quad \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) \approx 0

    La contrainte visqueuse est négligeable car le taux de déformation \dot{\varepsilon} est très faible. Le matériau se comporte comme un solide élastique de Hooke de module E : la force est entièrement supportée par le ressort.

  • Hautes fréquences (\omega \gg \omega_{\mathrm{c}}) ou temps courts (t \ll \tau) :

    G''_{\mathrm{KV}}(\omega) = \eta \omega \gg G'_{\mathrm{KV}}(\omega) = E \quad \text{et} \quad \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) \to \frac{\pi}{2}

    Aux sollicitations rapides, l'amortisseur oppose une résistance visqueuse prépondérante (|\sigma_{\text{visc}}| \gg |\sigma_{\text{el}}|). Le matériau se comporte comme un fluide newtonien de viscosité \eta : le comportement est purement dissipatif.

3. Allure graphique des modules

En représentation logarithmique (\log G en fonction de \log \omega), G' est une droite horizontale et G'' est une droite de pente +1, se croisant au point (\omega_{\mathrm{c}}, E) :

Résultat

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Question 48

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : viscoélasticité, modèle rhéologique, confrontation théorie-expérience

À l'aide des résultats des expériences d'indentation par une pointe AFM en réponse harmonique présentés sur la figure 11 (partie III.C, question 34), discuter la validité du modèle de Kelvin-Voigt pour appréhender le comportement mécanique d'une cellule. On pourra s'appuyer sur l'évolution des caractéristiques des ellipses observées dans les expériences en fonction de la fréquence.

Voir l'indice

Comparer l'allure des ellipses expérimentales (dont l'inclinaison varie avec la fréquence) avec les prédictions du modèle de Kelvin-Voigt où la partie réelle élastique G' est strictement indépendante de \omega.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les prédictions théoriques du modèle de Kelvin-Voigt établies aux questions 46 et 47 pour les grandeurs observables : module de stockage G'_{\mathrm{KV}}, module de perte G''_{\mathrm{KV}}, déphasage \varphi, amplitude de force F_1 et aire de l'ellipse (énergie dissipée w_T).
  2. Confronter ces prédictions aux observations expérimentales de la figure 11 (orientation du grand axe, ouverture des ellipses sur la gamme 0{,}1\text{ Hz} à 100\text{ Hz}).
  3. Conclure sur le domaine de pertinence du modèle et sur ses limites physiques pour la mécanique cellulaire.
Voir la réponse courte

L'expérience montre que la pente de l'ellipse dépend de la fréquence, ce qui contredit le modèle de Kelvin-Voigt où G' est constant.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, le modèle de Kelvin-Voigt prévoit :

  • un module de stockage rigoureusement indépendant de la pulsation :

    G'_{\mathrm{KV}}(\omega) = E = \text{cte}
  • un module de perte directement proportionnel à la pulsation :

    G''_{\mathrm{KV}}(\omega) = \eta \omega
  • un déphasage \varphi_{\mathrm{KV}}(\omega) = \arctan(\omega\tau) croissant de 0 à \pi/2 avec \omega ;
  • une énergie dissipée par cycle w_T = \pi \sigma_0 \varepsilon_0 \sin\varphi \propto G''(\omega), qui est donc proportionnelle à l'aire de l'ellipse dans le plan (\delta, F).

1. Succès qualitatifs du modèle de Kelvin-Voigt

  • Nature visco-élastique : À toutes les fréquences explorées, les courbes F(\delta) forment des boucles d'hystérésis fermées (ellipses) d'aire non nulle. Cela traduit l'existence simultanée d'une composante élastique réversible (le cycle ne s'effondre pas sur l'axe vertical) et d'une dissipation visqueuse non nulle, ce qui valide l'association en parallèle d'un ressort et d'un amortisseur.
  • Évolution avec la fréquence : Lorsque la fréquence passe de 0{,}1\text{ Hz} à 100\text{ Hz}, l'aire intérieure des ellipses augmente et le cycle s'élargit. Cela traduit une augmentation du déphasage \varphi et de la dissipation visqueuse avec \omega, ce qui est en accord qualitatif avec \varphi = \arctan(\omega\tau) et G'' = \eta\omega.
  • Augmentation de l'amplitude : L'amplitude maximale de force F_1 croît avec la fréquence (pour une amplitude d'indentation \delta_1 imposée), en accord avec la croissance du module |Z(\omega)| = \frac{4C\delta_0}{1-\nu}\sqrt{E^2 + (\eta\omega)^2}.

2. Limites et désaccords quantitatifs majeurs

  • Variation de la composante élastique G' : Dans le modèle de Kelvin-Voigt, G' est strictement constant (G'=E). Expérimentalement, on constate que la pente moyenne du grand axe de l'ellipse et la force à l'élongation maximale augmentent nettement entre 0{,}1\text{ Hz} et 100\text{ Hz} (la force passe d'environ 0{,}08\text{ nN} à près de 0{,}28\text{ nN}). La cellule subit un durcissement dynamique (strain stiffening ou dépendance en fréquence de G'), en contradiction avec la constance de G'.
  • Dépendance en fréquence de la dissipation G'' : Sur la plage expérimentale, la fréquence varie d'un facteur 10^3 (trois décades). Si la loi G'' \propto \omega était respectée, l'aire des cycles devrait être multipliée par 1000. Or, l'élargissement de l'ellipse reste très modéré (facteur de l'ordre de 3 à 5). La dissipation réelle varie beaucoup plus lentement que linéairement avec la fréquence.
  • Absence de régime purement visqueux : À 100\text{ Hz}, le grand axe reste incliné et l'ellipse ne dégénère pas en un cercle vertical ou horizontal déphasé de \pi/2 ; le comportement élastique reste prépondérant.

Conclusion : Le modèle de Kelvin-Voigt constitue une première approche pédagogique utile pour illustrer l'existence conjointe d'élasticité et de viscosité avec un seul temps de relaxation \tau. En revanche, il s'avère insuffisant quantitativement pour modéliser le cytoplasme d'une cellule vivante sur plusieurs décades de fréquence. Les cellules biologiques relèvent en réalité d'une rhéologie en loi de puissance (soft glassy rheology), caractérisée par un spectre continu de temps de relaxation, où G'(\omega) et G''(\omega) croissent tous deux lentement selon une loi en \omega^\alpha (avec typiquement \alpha \approx 0{,}1\text{ à }0{,}2).

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Surtout 2 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (34 % des questions, partie III) et Diffusion thermique et diffusion de particules (30 %, partie II). Plus ponctuellement : Mécanique des fluides, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Cinématique et dynamique du point, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Circuits électriques et régimes transitoires…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique B PC 2021 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 14 questions sur 48 (29 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie III.A.a (Q21 à Q23).

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie II est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q14 (équation de langevin) et Q48 (viscoélasticité).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Questions de cours : Q1 (nombre de reynolds), Q3 (équation de diffusion), Q4 (libre parcour moyen), Q6 (loi de fick), Q13 (théorème d'équipartition), Q22 (module d'young), Q28 (force de rappel), Q35 (loi de hooke)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q5 (diffusion de particules), Q12 (coefficient de diffusion), Q16 (relation d'einstein), Q44 (modèle de kelvin-voigt), Q45 (fluage) et Q46 (impédance complexe).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (28 sur 48), par exemple : Q1 à Q3, Q11 à Q13, Q17, Q18, Q22, Q26, Q28, Q30 à Q38 et Q40 à Q47. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4 à Q10, Q15, Q16, Q20, Q21, Q23 à Q25, Q27 et Q39.

Le sujet X-ENS Physique B PC 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet X-ENS Physique B PC 2021 ?

Moyenne : 10,33/20 (écart-type 2,96, 1 008 présents).

Comment démarrer l'équation différentielle sur xx à la question Q14 ?

Multiplier le principe fondamental de la dynamique par x, réécrire x\ddot{x} = \frac{\mathrm{d}(x\dot{x})}{\mathrm{d}t} - \dot{x}^2, puis prendre la moyenne statistique. Le terme stochastique \langle x f_x \rangle s'annule par indépendance et \langle \dot{x}^2 \rangle est remplacé par l'expression issue de l'équipartition établie en Q13.

Pourquoi le déplacement quadratique moyen s'écrit-il 4Dt à la question Q17 ?

La trajectoire observée au microscope optique est projetée dans le plan de l'échantillon, soit à deux dimensions. Chaque direction indépendante contribuant pour 2Dt d'après le résultat unidimensionnel de la question Q16, on obtient \langle \delta^2(t) \rangle = \langle x^2 \rangle + \langle y^2 \rangle = 4Dt.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.