WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MPI 2024

À propos du télescope spatial James Webb

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes mécaniques et acoustiques, Référentiels non galiléens, Cinématique et dynamique du point · 11 incontournables · 20 questions de première année
Afficher ou masquer la section

Le télescope spatial James Webb (JWST), déployé fin 2021, constitue l'un des instruments scientifiques les plus sophistiqués jamais conçus pour sonder l'Univers lointain dans le domaine infrarouge. Ce sujet explore de façon très complète et progressive les fondements physiques de son fonctionnement et de ses observations.

L'épreuve s'articule autour de trois piliers thématiques complémentaires : la cosmologie observationnelle (effet Doppler, décalage spectral vers le rouge et modélisation de la loi de Hubble-Lemaître couplée à du traitement de données en Python), l'optique et la thermique de l'instrument (chemin optique des miroirs, loi de Planck, quantification de l'énergie et refroidissement cryogénique), et enfin la mécanique céleste non galiléenne appliquée au point de Lagrange et à la stabilité de l'orbite du satellite.

Ce problème est particulièrement représentatif des sujets actuels de concours : il concilie rigueur calculatoire, esprit critique face aux incertitudes de mesure et physique moderne du rayonnement. C'est un support de révision incontournable pour maîtriser la mécanique en référentiel tournant et les bilans quantiques du rayonnement thermique.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,5/20)
Temps estimé
≈ 1 h 55 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

36 questions rapides et accessibles
Afficher ou masquer la section

Rapides et accessibles (36) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les trois parties (redshift et loi de Hubble, optique et thermique des miroirs, mécanique du point L_2 en référentiel non galiléen) sont totalement indépendantes et peuvent être abordées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

38 questions
Afficher ou masquer la section

Partie I : Voir l'Univers en infrarouge

A · Décalage vers le rouge

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, retard temporel

Déterminer l'expression de l'instant auquel l'observateur reçoit ce pic.

Voir l'indice

Exprimer simplement le temps de propagation de l'onde se déplaçant à la célérité c sur la distance initiale d.

Voir la réponse courte

Le pic émis à t=0 parcourt la distance d à la célérité c, donc t_1 = d/c.

Voir le corrigé complet

On se place dans le référentiel d'étude lié à l'observateur (récepteur).

À l'instant d'émission t = 0, la source se trouve à la distance d de l'observateur. L'onde électromagnétique se propageant dans le vide en ligne droite vers l'observateur à la célérité c, la durée de propagation du premier pic est :

\Delta t_1 = \frac{d}{c}

Le pic ayant été émis à l'instant initial t=0, l'observateur le reçoit à l'instant :

\boxed{t_1 = \frac{d}{c}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, retard temporel

L'émetteur émet ensuite un nouveau pic au bout d'une période . Donner de même l'expression de l'instant de réception de ce nouveau pic.

Voir l'indice

Tenir compte du retard à l'émission T_0 ainsi que de la nouvelle distance séparant la source de l'observateur à cet instant, soit d + v T_0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la distance séparant l'émetteur de l'observateur à l'instant d'émission t = T_0.
  2. Calculer la durée de trajet du pic lumineux se propageant à la célérité c.
  3. Sommer l'instant d'émission et la durée de propagation pour obtenir l'instant de réception t_2.
Voir la réponse courte

Émis à T_0 à la distance d + vT_0, le second pic est reçu à t_2 = T_0 + (d+vT_0)/c.

Voir le corrigé complet

Le second pic est émis à l'instant t_{\text{ém}} = T_0.

L'émetteur s'éloignant en mouvement rectiligne uniforme à la vitesse v depuis sa position initiale située à la distance d, la distance séparant l'émetteur de l'observateur à l'instant t = T_0 vaut :

d(T_0) = d + v T_0

L'onde électromagnétique se propageant à la célérité c dans le vide vers l'observateur, la durée de parcours de ce second pic est :

\Delta t_2 = \frac{d(T_0)}{c} = \frac{d + v T_0}{c}

L'instant de réception t_2 par l'observateur s'écrit donc :

\begin{aligned} t_2 &= t_{\text{ém}} + \Delta t_2 \\ &= T_0 + \frac{d + v T_0}{c} \end{aligned}

En faisant apparaître t_1 = \frac{d}{c} établi à la question Q1, on peut également l'écrire sous la forme :

\boxed{t_2 = \frac{d}{c} + T_0 \left(1 + \frac{v}{c}\right) = t_1 + T_0 \left(1 + \frac{v}{c}\right)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler

Montrer que .

Voir l'indice

Calculer la période apparente de réception T_{\text{mes}} = t_2 - t_1, puis prendre son inverse pour déduire la fréquence mesurée f_{\text{mes}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la période T_{\text{mes}} du signal mesuré par l'observateur comme la durée séparant la réception de deux pics successifs, soit T_{\text{mes}} = t_2 - t_1.
  2. Relier les périodes aux fréquences respectives (f_0 = 1/T_0 et f_{\text{mes}} = 1/T_{\text{mes}}) pour établir l'expression demandée.
Voir la réponse courte

La période mesurée est T_{\text{mes}} = t_2 - t_1 = T_0(1+v/c), d'où par inversion f_{\text{mes}} = f_0/(1+v/c).

Voir le corrigé complet

La période temporelle T_{\text{mes}} de l'onde mesurée par l'observateur correspond à la durée séparant la réception de deux pics successifs émis à un intervalle T_0 d'intervalle :

T_{\text{mes}} = t_2 - t_1

D'après les résultats des questions Q1 et Q2 :

t_2 - t_1 = T_0 + \frac{d + vT_0}{c} - \frac{d}{c} = T_0 \left(1 + \frac{v}{c}\right)

Ainsi, la période apparente reçue s'écrit :

T_{\text{mes}} = T_0 \left(1 + \frac{v}{c}\right)

Les fréquences émise f_0 et mesurée f_{\text{mes}} étant les inverses des périodes correspondantes (f_0 = 1/T_0 et f_{\text{mes}} = 1/T_{\text{mes}}), on obtient directement :

\frac{1}{f_{\text{mes}}} = \frac{1}{f_0}\left(1 + \frac{v}{c}\right)

ce qui conduit bien à :

\boxed{f_{\text{mes}} = \frac{f_0}{1 + v/c}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, longueur d'onde

En déduire la relation entre la longueur d'onde émise par l'émetteur et celle mesurée par l'observateur .

Voir l'indice

Relier la longueur d'onde et la fréquence par la relation de dispersion du vide \lambda = c / f pour la source et pour le récepteur.

Voir la réponse courte

En utilisant \lambda = c/f, on déduit directement \lambda_{\text{mes}} = \lambda_0(1+v/c).

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique se propageant dans le vide à la célérité c, les longueurs d'onde émise \lambda_0 et mesurée \lambda_{\text{mes}} sont reliées aux fréquences correspondantes par la relation générale de dispersion dans le vide :

\lambda_0 = \frac{c}{f_0} \quad \text{et} \quad \lambda_{\text{mes}} = \frac{c}{f_{\text{mes}}}

D'après le résultat de la question Q3, la fréquence mesurée s'exprime sous la forme :

f_{\text{mes}} = \frac{f_0}{1 + \frac{v}{c}}

En substituant les fréquences par les longueurs d'onde associées, il vient :

\frac{c}{\lambda_{\text{mes}}} = \frac{\frac{c}{\lambda_0}}{1 + \frac{v}{c}}

On en déduit immédiatement la relation entre \lambda_{\text{mes}} et \lambda_0 :

\boxed{\lambda_{\text{mes}} = \lambda_0 \left( 1 + \frac{v}{c} \right)}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, analyse dimensionnelle

Donner la dimension de .

Voir l'indice

Examiner le rapport de grandeurs présent dans la formule de définition de la quantité adimensionnée z.

Voir la réponse courte

Rapport de deux longueurs d'onde de même dimension, le décalage spectral z est adimensionné.

Voir le corrigé complet

Par définition, le décalage vers le rouge est donné par :

z = \frac{\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0}{\lambda_0}

Les longueurs d'onde \lambda_{\text{mes}} et \lambda_0 ont la dimension d'une longueur :

[\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0] = \mathrm{L} \quad \text{et} \quad [\lambda_0] = \mathrm{L}

Par conséquent :

[z] = \frac{[\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0]}{[\lambda_0]} = \frac{\mathrm{L}}{\mathrm{L}} = 1
\boxed{\text{La grandeur } z \text{ est sans dimension (adimensionnée).}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, spectre électromagnétique

Justifier le terme de « décalage vers le rouge ». Expliquer l'intérêt pour JWST d'avoir un maximum de sensibilité dans l'infrarouge et non pas dans le visible afin d'observer des astres très éloignés dont le spectre de la lumière émise présente pourtant un maximum d'amplitude dans le visible.

Voir l'indice

Constater que l'éloignement de la source (v > 0) augmente la longueur d'onde reçue vers le rouge, déplaçant un spectre d'émission visible vers l'infrarouge lointain.

Voir la réponse courte

L'éloignement décale \lambda vers les grandes longueurs d'onde (rouge/IR) ; le visible émis est décalé dans l'infrarouge à réception.

Voir le corrigé complet

1. Justification du terme « décalage vers le rouge »

Lorsque la source s'éloigne de l'observateur (v > 0), la relation établie à la question précédente conduit à :

\lambda_{\text{mes}} = \lambda_0\left(1 + \frac{v}{c}\right) > \lambda_0 \quad \iff \quad z > 0

La longueur d'onde reçue par l'observateur est donc supérieure à la longueur d'onde émise. Dans le spectre visible, les longueurs d'onde les plus grandes correspondent aux radiations rouges (\sim 700\text{ nm}), tandis que les plus courtes correspondent au violet (\sim 400\text{ nm}). L'augmentation de la longueur d'onde se traduit donc par un déplacement des raies spectrales vers la partie rouge du spectre, d'où l'expression « décalage vers le rouge » (redshift).

2. Intérêt d'une sensibilité dans l'infrarouge pour le JWST

En raison de l'expansion de l'Univers, les astres très éloignés s'éloignent de la Terre avec des vitesses de récession considérables, conduisant à des valeurs de décalage vers le rouge z importantes.

La longueur d'onde mesurée par un observateur terrestre vaut :

\lambda_{\text{mes}} = (1 + z)\,\lambda_0

Pour des objets extrêmement distants (z \gtrsim 1), le rayonnement émis au voisinage du maximum d'émission dans le domaine visible (\lambda_0 \in [400\text{ nm}, 750\text{ nm}]) est décalé vers des longueurs d'onde nettement plus grandes :

\lambda_{\text{mes}} > 800\text{ nm}

Ces radiations parviennent donc sur les détecteurs du télescope dans le domaine de l'infrarouge. Pour observer ces galaxies primitives et collecter le maximum d'énergie lumineuse émise, il est par conséquent indispensable que le JWST dispose d'un maximum de sensibilité dans l'infrarouge.

Signaler une erreurSommaire

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler

Déterminer l'expression de en fonction de .

Voir l'indice

Remplacer directement le rapport \lambda_{\text{mes}} / \lambda_0 par son expression obtenue à la question précédente.

Voir la réponse courte

Par définition de z = (\lambda_{\text{mes}}-\lambda_0)/\lambda_0 et avec le résultat précédent, on a z = v/c.

Voir le corrigé complet

D'après la définition du décalage vers le rouge rappelée dans l'énoncé :

z = \frac{\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0}{\lambda_0} = \frac{\lambda_{\text{mes}}}{\lambda_0} - 1

En utilisant la relation obtenue à la question Q4, \lambda_{\text{mes}} = \lambda_0 \left(1 + \frac{v}{c}\right), il vient :

z = \left(1 + \frac{v}{c}\right) - 1

D'où l'expression recherchée :

\boxed{z = \frac{v}{c}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, développement limité

Montrer que cette expression permet de retrouver celle obtenue précédemment dans le cas où . On indiquera les valeurs de pour lesquelles l'expression simplifiée est valide.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en v/c de l'expression relativiste au voisinage de zéro.

Voir la stratégie
  1. Poser le paramètre sans dimension \beta = \dfrac{v}{c} \ll 1 et effectuer un développement limité à l'ordre 1 au voisinage de zéro de l'expression relativiste de z+1.
  2. Comparer le résultat obtenu au décalage vers le rouge non relativiste z = \dfrac{v}{c} trouvé à la question Q7.
  3. En déduire le domaine de validité sur z imposé par l'hypothèse non relativiste.
Voir la réponse courte

Un développement limité d'ordre 1 pour v \ll c redonne z \approx v/c, approximation valide pour z \ll 1 (z \lesssim 0{,}1).

Voir le corrigé complet

L'expression relativiste du décalage vers le rouge est donnée par :

z + 1 = \sqrt{\frac{1+v/c}{1-v/c}} = \left(1 + \frac{v}{c}\right)^{1/2}\left(1 - \frac{v}{c}\right)^{-1/2}

Dans la limite non relativiste où v \ll c, posons \beta = \dfrac{v}{c} \ll 1. Effectuons un développement limité à l'ordre 1 en \beta :

\begin{aligned} (1 + \beta)^{1/2} &= 1 + \frac{1}{2}\beta + \mathcal{O}(\beta^2) \\ (1 - \beta)^{-1/2} &= 1 + \frac{1}{2}\beta + \mathcal{O}(\beta^2) \end{aligned}

En effectuant le produit de ces deux développements :

\begin{aligned} z + 1 &= \left(1 + \frac{1}{2}\beta + \mathcal{O}(\beta^2)\right)\left(1 + \frac{1}{2}\beta + \mathcal{O}(\beta^2)\right) \\ &= 1 + \frac{1}{2}\beta + \frac{1}{2}\beta + \mathcal{O}(\beta^2) \\ &= 1 + \beta + \mathcal{O}(\beta^2) \end{aligned}

On en déduit :

z = \beta + \mathcal{O}(\beta^2) \approx \frac{v}{c}

On retrouve bien l'expression z = \dfrac{v}{c} obtenue à la question Q7.

Puisque cette approximation repose sur v \ll c, et que dans ce régime z \approx \dfrac{v}{c}, l'expression simplifiée est valide pour :

\boxed{z \ll 1 \quad (\text{typiquement } z \lesssim 0{,}1)}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

B · Loi de Hubble

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Exploitation de document
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : incertitude-type, régression linéaire

En exploitant les résultats fournis dans le script ci-dessus, écrire sous forme normalisée la valeur de extraite des données, accompagnée de son incertitude-type.

Voir l'indice

Extraire la moyenne et évaluer l'incertitude-type de la moyenne par u(H) = \text{std} / \sqrt{N} à partir du tableau récapitulatif df.describe().

Voir la stratégie
  1. Identifier dans la sortie de df.describe() le nombre de mesures N, la moyenne empirique \bar{H} et l'écart-type expérimental s (noté std).
  2. Calculer l'incertitude-type sur la moyenne u(\bar{H}) = \frac{s}{\sqrt{N}} conformément aux règles d'évaluation de type A.
  3. Écrire le résultat sous forme normalisée \bar{H} \pm u(\bar{H}) avec un nombre adapté de chiffres significatifs et son unité.
Voir la réponse courte

Lecture des coefficients de la régression et écriture normalisée avec arrondi cohérent de la constante de Hubble et de son incertitude-type.

Voir le corrigé complet

D'après la table issue de la commande df.describe() pour la colonne H :

  • le nombre de galaxies mesurées est N = 24 ;
  • la moyenne empirique vaut \bar{H} = 812{,}04\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} ;
  • l'écart-type expérimental de l'échantillon vaut s = 1988{,}81\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}.

L'incertitude-type associée à la valeur moyenne (évaluation de type A) s'écrit :

u(\bar{H}) = \frac{s}{\sqrt{N}}

Numériquement :

u(\bar{H}) = \frac{1988{,}81}{\sqrt{24}} \approx 405{,}96\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} \approx 4{,}1 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}

En arrondissant l'incertitude-type à un ou deux chiffres significatifs, la valeur de H sous forme normalisée s'écrit :

\boxed{H = (8{,}1 \pm 4{,}1) \times 10^2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} \quad \text{ou} \quad H = (8 \pm 4) \times 10^2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique, analyse dimensionnelle

Justifier que, dans le cadre d'un modèle d'univers en expansion continue depuis son origine localisée en un point de l'espace, l'inverse de la constante de Hubble peut être interprété comme étant l'âge de l'univers.

Voir l'indice

Assimiler l'expansion à un mouvement rectiligne uniforme où chaque galaxie a parcouru sa distance d à la vitesse constante v depuis l'instant initial.

Voir la stratégie
  1. Vérifier la cohérence dimensionnelle de la grandeur \frac{1}{H}.
  2. Modéliser la cinématique de l'expansion en supposant la vitesse de récession de chaque galaxie constante depuis l'origine de l'Univers.
Voir la réponse courte

À vitesse constante depuis l'origine, d = v t_0 ; avec v = H d, on identifie l'âge de l'Univers à t_0 = 1/H.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Hubble-Lemaître, la constante de Hubble vérifie :

H = \frac{v}{d}

Sa dimension est donc :

[H] = \frac{[v]}{[d]} = \frac{\mathrm{L\cdot T^{-1}}}{\mathrm{L}} = \mathrm{T^{-1}}

Par conséquent, la grandeur inverse \frac{1}{H} a la dimension d'un temps.

Considérons un modèle simple dans lequel l'Univers est issu d'un point initial unique il y a une durée t_{\text{univ}} (l'âge de l'Univers). Si l'on fait l'hypothèse que l'éloignement d'une galaxie s'est effectué à vitesse de récession v constante au cours du temps, la distance d parcourue depuis l'origine s'écrit :

d = v \, t_{\text{univ}}

En injectant la loi de Hubble v = H d, il vient :

d = (H d) \, t_{\text{univ}} \implies H \, t_{\text{univ}} = 1

On en déduit :

\boxed{t_{\text{univ}} = \frac{1}{H}}

Ainsi, sous l'hypothèse d'une vitesse d'expansion constante depuis une origine ponctuelle, l'inverse de la constante de Hubble (appelé « temps de Hubble ») s'interprète directement comme l'âge de l'Univers.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique, ordre de grandeur

Évaluer l'âge de l'univers sur la base des résultats précédents et commenter la valeur obtenue sachant que l'âge du système solaire est estimé à 4,5 milliards d'années.

Voir l'indice

Convertir la constante de Hubble dans les unités du système international (en \text{s}^{-1}) en convertissant les mégaparsecs en kilomètres pour en déduire l'âge en années.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'âge de l'Univers t_{\text{univ}} = \frac{1}{H} d'après le résultat de la question Q10.
  2. Convertir la constante de Hubble H déterminée à la question Q9 dans le Système international (\text{s}^{-1}), en convertissant les mégaparsecs en mètres et les kilomètres en mètres à partir des données de l'énoncé.
  3. Exprimer t_{\text{univ}} en milliards d'années et confronter cette valeur à l'âge du Système solaire.
Voir la réponse courte

Conversion de H en \mathrm{s}^{-1} puis calcul de 1/H \approx 14\times 10^9 ans, bien supérieur à l'âge du système solaire (4,5 Ga).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'âge de l'Univers dans le modèle d'expansion linéaire s'écrit :

t_{\text{univ}} = \frac{1}{H}

D'après la question Q9, la valeur moyenne issue des données de 1929 est H \approx 812\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}.

Convertissons cette valeur dans le Système international à l'aide des données de l'énoncé :

  • 1\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • 1\text{ Mpc} = 10^6\text{ pc} = 10^6 \times 3,08 \times 10^{16}\text{ m} = 3,08 \times 10^{22}\text{ m}.

Ainsi :

\begin{aligned} H &= \frac{812 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}{3,08 \times 10^{22}\text{ m}} \approx 2,64 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1} \end{aligned}

On en déduit l'âge estimé de l'Univers en secondes :

t_{\text{univ}} = \frac{1}{2,636 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1}} \approx 3,79 \times 10^{16}\text{ s}

En prenant une année julienne (1\text{ an} = 365,25 \times 86400\text{ s} \approx 3,156 \times 10^7\text{ s}, cohérente avec 1\text{ al} = c \times 1\text{ an} = 9,46 \times 10^{15}\text{ m}) :

t_{\text{univ}} = \frac{3,79 \times 10^{16}}{3,156 \times 10^7}\text{ ans} \approx 1,20 \times 10^9\text{ ans}
\boxed{t_{\text{univ}} \approx 1,2\text{ milliard d'années}}

Commentaire :
L'âge ainsi obtenu pour l'Univers (1,2\text{ Ga}) est nettement inférieur à l'âge du Système solaire (4,5\text{ Ga}).

Physiquement, cela constitue une contradiction majeure : le « contenant » (l'Univers) ne peut pas être plus jeune que les objets qu'il contient (la Terre et le Système solaire). Ce paradoxe historique s'explique par la surestimation considérable de la constante de Hubble en 1929 (H \approx 800\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} contre environ 67\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} aujourd'hui), due notamment à une sous-estimation systématique des distances extragalactiques à cette époque.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régression linéaire, incertitude

En argumentant la réponse, expliquer lequel des deux traitements proposés (calcul de la valeur moyenne de la distribution des valeurs de ou régression linéaire de la vitesse par la distance) paraît le plus pertinent du point de vue de la démarche scientifique.

Voir l'indice

Remarquer que le calcul direct de la moyenne v/d surévalue dramatiquement les erreurs sur les galaxies très proches pour lesquelles la vitesse propre l'emporte sur la vitesse d'expansion.

Voir la stratégie

Pour comparer la pertinence scientifique de ces deux méthodes :

  1. Analyser l'impact de la division par d dans le calcul galaxie par galaxie de H_i = v_i / d_i (sensibilité aux faibles valeurs de d et aux vitesses propres).
  2. Examiner le principe de la régression linéaire au regard du modèle théorique v = H d et de la répartition du bruit expérimental.
  3. Conclure sur la méthode la plus rigoureuse et représentative.
Voir la réponse courte

La régression linéaire par moindres carrés est plus robuste qu'une moyenne de ratios car elle minimise les écarts globaux et évite d'amplifier le bruit.

Voir le corrigé complet

La régression linéaire de la vitesse v par la distance d est nettement plus pertinente que le calcul de la moyenne de H, pour plusieurs raisons majeures :

  • Instabilité numérique et biais liés aux faibles distances :
    Dans le premier traitement, on calcule H_i = v_i / d_i. Pour les galaxies très proches (d faible, par exemple d \approx 0{,}03\text{ Mpc} pour les Nuages de Magellan), une faible distance au dénominateur amplifie de façon disproportionnée les incertitudes de mesure et les vitesses propres des galaxies (mouvements gravitationnels locaux indépendants de l'expansion cosmique). Cela conduit à des valeurs extrêmes et aberrantes de H (jusqu'à plus de 8\,500\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}), ce qui tire artificiellement la moyenne vers le haut et donne un écart-type gigantesque (\sigma \approx 1\,989\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} > \text{moyenne}).
  • Adéquation avec le modèle physique :
    La loi de Hubble-Lemaître prédit une relation linéaire v = H d. La régression linéaire (méthode des moindres carrés) recherche la droite minimisant la somme des résidus au carré sur la vitesse \sum (v_i - (H d_i + v_0))^2. Chaque mesure de vitesse intervient avec un poids équitable, sans amplification artificielle aux petites distances.
  • Validation globale du modèle :
    La régression linéaire fournit une pente de 454\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} et une ordonnée à l'origine faible (-40{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}), cohérente avec une droite passant au voisinage de l'origine (les écarts à zéro s'expliquant par les vitesses propres locales).
\boxed{\text{La régression linéaire de } v \text{ par } d \text{ est le traitement le plus pertinent.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, cinématique

Exprimer la loi de Hubble (equation I.1) en faisant intervenir le décalage vers le rouge .

Voir l'indice

Combiner la relation non relativiste v \approx c z avec la relation linéaire de Hubble v = H d.

Voir la stratégie

La loi de Hubble-Lemaître relie la vitesse de récession v à la distance d. Pour exprimer cette loi en fonction du décalage vers le rouge z, on utilise la relation z = \frac{v}{c} obtenue à la question Q7 dans le cadre non relativiste (v \ll c).

Voir la réponse courte

En substituant v = cz, la loi de Hubble s'exprime sous la forme cz = Hd.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (I.1), la loi de Hubble-Lemaître s'écrit :

v = H d

Par ailleurs, dans le domaine des vitesses non relativistes (v \ll c), le décalage vers le rouge s'exprime selon le résultat de la question Q7 sous la forme :

z = \frac{v}{c} \iff v = c z

En substituant cette expression de la vitesse de récession v dans la relation de Hubble, on obtient :

\boxed{c z = H d \quad \text{soit} \quad z = \frac{H}{c} d}

Cette relation permet de déduire directement la distance d d'un astre à partir de la mesure spectroscopique de son décalage vers le rouge z via d = \frac{c z}{H}.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, lecture de spectre

À partir du spectre fourni (voir figure 5), estimer la distance en années-lumière à laquelle se trouve la galaxie ayant émis ce rayonnement.

Voir l'indice

Calculer le décalage spectral moyen z = (\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0) / \lambda_0 sur les raies d'émission du tableau de la figure 5, puis en déduire la distance d.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le décalage vers le rouge z à l'aide des longueurs d'onde du tableau de la figure 5 (par exemple pour la raie prépondérante \mathrm{H}_\alpha, ou par moyenne).
  2. Vérifier que la condition z \ll 1 est satisfaite afin d'utiliser la relation non relativiste établie en Q13.
  3. Exprimer puis calculer la distance d = \frac{c z}{H}, puis convertir la distance en années-lumière.
Voir la réponse courte

Identification de raies spectrales décalées, calcul de z, déduction de la distance d = cz/H et conversion numérique en années-lumière.

Voir le corrigé complet

À partir du tableau associé au spectre de la figure 5, calculons le décalage vers le rouge pour la raie la plus intense, la raie d'émission \mathrm{H}_\alpha :

z = \frac{\lambda_{\text{mes}} - \lambda_0}{\lambda_0} = \frac{6970{,}19 - 6562{,}82}{6562{,}82} = \frac{407{,}37}{6562{,}82} \approx 0{,}0621

Un calcul similaire sur l'ensemble des raies du tableau conduit à des valeurs très resserrées, dont la moyenne vaut :

\bar{z} \approx 0{,}0615 \approx 0{,}062

Puisque z \approx 0{,}06 \ll 1, le régime non relativiste est pleinement vérifié.

D'après la loi de Hubble établie à la question Q13 :

c z = H d \implies d = \frac{c z}{H}

Calculons d'abord la distance en mégaparsecs avec H = 67\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1} et c \approx 3{,}00 \times 10^5\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} :

d = \frac{299\,792 \times 0{,}0615}{67} \approx 275\text{ Mpc}

D'après les données de l'énoncé, 1\text{ pc} = 3{,}26\text{ al}, soit 1\text{ Mpc} = 3{,}26 \times 10^6\text{ al} :

d = 275 \times 3{,}26 \times 10^6\text{ al} \approx 8{,}97 \times 10^8\text{ al}

En tenant compte des deux chiffres significatifs sur la constante de Hubble (67\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{Mpc}^{-1}) :

\boxed{d \approx 9{,}0 \times 10^8\text{ al}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie II : Les miroirs

A · Optique du télescope

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : approximation de gauss, stigmatisme

Rappeler les conditions de l'approximation de Gauss qui permettent de considérer un stigmatisme approché du système optique.

Voir l'indice

Énoncer les deux conditions relatives aux rayons paraxiaux : faible inclinaison sur l'axe optique et proximité immédiate à cet axe.

Voir la réponse courte

Rayons paraxiaux : faiblement inclinés sur l'axe optique et interceptant le système au voisinage de son centre.

Voir le corrigé complet

L'approximation de Gauss (ou approximation des rayons paraxiaux) repose sur la sélection de rayons lumineux qui vérifient deux conditions géométriques conjointes :

  1. Rayons peu inclinés sur l'axe optique : l'angle d'inclinaison \theta de chaque rayon lumineux par rapport à l'axe optique du système reste très petit devant 1\text{ rad} (\theta \ll 1\text{ rad}), ce qui autorise les approximations au premier ordre \sin\theta \approx \tan\theta \approx \theta.
  2. Rayons proches de l'axe optique : les rayons interceptent les surfaces optiques (dioptres, miroirs) à une distance de l'axe optique très faible devant les rayons de courbure des surfaces et les dimensions caractéristiques du système (faible ouverture).

Dans ces conditions, les aberrations géométriques d'ouverture et d'inclinaison deviennent négligeables, ce qui assure un stigmatisme approché et un aplanétisme approché.

Signaler une erreurSommaire

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Notions : miroir sphérique, tracé de rayon

Tracer le schéma optique du télescope sans souci d'échelle et y représenter le trajet d'un rayon lumineux venant de l'infini, intercepté par le miroir primaire avec une incidence qui lui permet d'atteindre le capteur après réflexion sur le miroir primaire et le miroir secondaire.

Voir l'indice

Tracer deux miroirs plans modélisés face à face et suivre la réflexion d'un rayon venant de l'infini vers le miroir secondaire qui converge sur le capteur.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'architecture optique du télescope James Webb : il s'agit d'une configuration de type Cassegrain comprenant un miroir primaire collecteur percé en son centre, un miroir secondaire placé sur l'axe optique face au primaire, et un capteur situé au niveau de l'ouverture centrale du primaire.
  2. Positionner les éléments sur un axe optique commun : miroir primaire, miroir secondaire et capteur.
  3. Tracer le trajet d'un rayon lumineux incident issu de l'infini, subissant une première réflexion sur le miroir primaire vers le miroir secondaire, puis une seconde réflexion sur le miroir secondaire en direction du capteur.
Voir la réponse courte

Tracé de la marche d'un faisceau incident parallèle convergeant vers le foyer primaire, réfléchi par le miroir secondaire vers le détecteur.

Voir le corrigé complet

Le système optique du télescope spatial James Webb adopte une configuration réflectrice à deux miroirs (type Cassegrain) :

  • le miroir primaire (M_1), concave (ou composé de facettes inclinées), collecte la lumière venant de l'infini et la converge vers le miroir secondaire ;
  • le miroir secondaire (M_2), placé sur l'axe optique en avant du miroir primaire, renvoie le faisceau convergent vers le centre du miroir primaire ;
  • le capteur (détecteur) est situé au centre du miroir primaire pour enregistrer le signal focalisé.

Le schéma optique de principe est représenté ci-dessous :

Signaler une erreurSommaire

Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : miroir sphérique, champ de vision

En s'appuyant sur un schéma soigné, proposer une estimation du champ de vision du capteur. Comparer cette estimations à la valeur donnée dans l'énoncé.

Voir l'indice

Utiliser la trigonométrie élémentaire dans le triangle rectangle reliant le rayon du capteur R_3 à la distance focale équivalente ou inter-miroirs.

Voir la stratégie
  1. Estimer la distance L séparant le miroir primaire (portant le capteur en son centre) et le miroir secondaire à l'aide des cotes de la figure 7.
  2. Réaliser un tracé d'optique géométrique délimitant le faisceau issu du miroir secondaire M_2 (rayon R_2 = D_2/2) atteignant le capteur (rayon R_3).
  3. Exprimer le demi-angle limite d'admission \alpha, calculer le champ de vision angulaire total 2\alpha en minutes d'arc, puis analyser l'origine de l'écart avec la valeur de l'énoncé (2{,}2').
Voir la réponse courte

Schéma optique équivalent, calcul de l'angle de champ \theta \approx L/f'_{\text{éq}} à partir des dimensions du capteur et comparaison à l'énoncé.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 7, la longueur totale du bouclier thermique est de 22\text{ m}. La flèche du mât supportant le miroir secondaire en avant du miroir primaire peut être estimée à :

L \approx 7{,}5\text{ à }8{,}0\text{ m} \quad (\text{on retiendra } L \approx 7{,}6\text{ m}).

Dans le modèle simplifié imposé par l'énoncé, tous les miroirs sont modélisés par des miroirs plans. Le miroir secondaire M_2 possède un diamètre D_2 = 74\text{ cm} (soit un rayon R_2 = D_2/2 = 37\text{ cm} = 0{,}37\text{ m}) et le capteur circulaire placé au centre de M_1 a un rayon R_3 = 3\text{ cm} = 0{,}03\text{ m}.

Un rayon réfléchi par le bord supérieur de M_2 (ordonnée +R_2) et atteignant le bord opposé du capteur (ordonnée -R_3) présente avec l'axe optique un angle d'inclinaison maximal \alpha délimitant le champ total :

\tan\alpha \approx \alpha = \frac{R_2 + R_3}{L} = \frac{\frac{D_2}{2} + R_3}{L}.

Remarque : pour le champ de pleine lumière (l'ensemble du capteur est éclairé par M_2), on aurait de même \alpha_{\text{pl}} = \frac{R_2 - R_3}{L}.

Application numérique :

\begin{aligned} \alpha &= \frac{0{,}37 + 0{,}03}{7{,}6} = \frac{0{,}40}{7{,}6} \approx 0{,}053\text{ rad}, \\ \alpha_{\text{pl}} &= \frac{0{,}37 - 0{,}03}{7{,}6} = \frac{0{,}34}{7{,}6} \approx 0{,}045\text{ rad}. \end{aligned}

Sachant que 1\text{ rad} = \frac{180 \times 60}{\pi} \approx 3\,438', le demi-angle vaut \alpha \approx 180' (et \alpha_{\text{pl}} \approx 154').

Le champ de vision angulaire total du télescope 2\alpha estimé par ce modèle vaut donc :

\boxed{2\alpha \approx 340' \text{ à } 360' \quad (\text{soit environ } 6^\circ).}

Comparaison avec la valeur de l'énoncé : L'énoncé indique un champ de vision de 2{,}2'. L'estimation obtenue ici est environ 150 fois plus grande.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

B.1 · Le rayonnement d'équilibre thermique et la loi de Planck

Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours

Notions : corps noir, analyse dimensionnelle

Préciser l'unité dans le système international de la densité spectrale d'énergie qui intervient dans l'équation II.1.

Voir l'indice

Établir l'analyse dimensionnelle de u(\nu) à partir de la relation différentielle \mathrm{d}\mathcal{E} = u(\nu) V \mathrm{d}\nu.

Voir la réponse courte

Intégrée sur les fréquences, la densité volumique est en \mathrm{J}\cdot\mathrm{m}^{-3}, donc u(\nu) s'exprime en \mathrm{J}\cdot\mathrm{m}^{-3}\cdot\mathrm{Hz}^{-1} ou \mathrm{J}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}^{-3}.

Voir le corrigé complet

L'équation (II.1) relie l'énergie électromagnétique élémentaire \mathrm{d}\mathcal{E} contenue dans le volume V pour la tranche de fréquence [\nu, \nu + \mathrm{d}\nu] :

\mathrm{d}\mathcal{E} = u(\nu)\, V\, \mathrm{d}\nu

En analysant la dimension de chaque terme intervenant dans cette relation :

  • \mathrm{d}\mathcal{E} est une énergie, son unité SI est le joule (\mathrm{J}) ;
  • V est un volume, son unité SI est le mètre cube (\mathrm{m}^3) ;
  • \mathrm{d}\nu est un intervalle de fréquence, son unité SI est le hertz (\mathrm{Hz}), équivalent à \mathrm{s}^{-1}.

On en déduit la dimension et l'unité de la densité spectrale volumique d'énergie u(\nu) :

[u(\nu)] = \frac{[\mathrm{d}\mathcal{E}]}{[V]\,[\mathrm{d}\nu]}

Dans le Système international, l'unité de u(\nu) s'exprime donc en :

\boxed{\mathrm{J}\cdot\mathrm{m}^{-3}\cdot\mathrm{s}} \quad \text{ou de façon équivalente} \quad \boxed{\mathrm{J}\cdot\mathrm{m}^{-3}\cdot\mathrm{Hz}^{-1}}

En explicitant le joule à partir des unités de base du SI (\mathrm{J} = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-2}), cette unité s'écrit également :

\boxed{\mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : relation de planck-einstein, photon

Rappeler l'expression (relation de Planck-Einstein) du quantum d'énergie porté par un photon de fréquence associée .

Voir l'indice

Donner la relation de Planck-Einstein reliant l'énergie du photon à sa fréquence au moyen de la constante h.

Voir la réponse courte

Énergie d'un photon de fréquence \nu : \epsilon = h\nu.

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse des quanta de Planck reprise et généralisée par Einstein, l'énergie d'un photon associé à une onde électromagnétique de fréquence \nu est quantifiée et s'écrit :

\boxed{\epsilon = h \nu}

où h désigne la constante de Planck.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : longueur d'onde, fréquence

Calculer les valeurs des fréquences et .

Voir l'indice

Appliquer la relation \nu = c / \lambda aux longueurs d'onde extrêmes en prenant garde d'associer la plus petite longueur d'onde à la fréquence maximale.

Voir la stratégie
  1. Relier la fréquence \nu à la longueur d'onde dans le vide \lambda par la relation de dispersion \nu = \frac{c}{\lambda}.
  2. Associer chaque borne de fréquence à la longueur d'onde correspondante en tenant compte de la condition \nu_2 \geqslant \nu_1 (la fréquence étant inversement proportionnelle à la longueur d'onde).
  3. Effectuer l'application numérique avec la célérité c fournie et le nombre de chiffres significatifs adéquat.
Voir la réponse courte

Calcul immédiat des fréquences par \nu_i = c/\lambda_i pour les longueurs d'onde limites fournies.

Voir le corrigé complet

Dans le vide, la fréquence \nu d'une onde électromagnétique est reliée à sa longueur d'onde \lambda par :

\nu = \frac{c}{\lambda}

D'après l'énoncé (section II.B), le domaine de sensibilité spectrale des instruments du télescope s'étend de \lambda_{\min} = 0{,}6\ \mu\text{m} à \lambda_{\max} = 28\ \mu\text{m}.

Comme la fonction \lambda \mapsto \frac{c}{\lambda} est strictement décroissante et que l'on impose \nu_2 \geqslant \nu_1, les fréquences extrêmes s'écrivent :

\begin{aligned} \nu_1 &= \frac{c}{\lambda_{\max}} \\ \nu_2 &= \frac{c}{\lambda_{\min}} \end{aligned}

Avec c = 299\,792\,458\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, \lambda_{\max} = 28 \times 10^{-6}\text{ m} et \lambda_{\min} = 0{,}6 \times 10^{-6}\text{ m}, on obtient numériquement :

\begin{aligned} \nu_1 &= \frac{299\,792\,458}{28 \times 10^{-6}} \approx 1{,}1 \times 10^{13}\text{ Hz} \\ \nu_2 &= \frac{299\,792\,458}{0{,}6 \times 10^{-6}} \approx 5{,}0 \times 10^{14}\text{ Hz} \end{aligned}
\boxed{\nu_1 \approx 1{,}1 \times 10^{13}\text{ Hz} \quad \text{et} \quad \nu_2 \approx 5{,}0 \times 10^{14}\text{ Hz}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de planck, changement de variable

Montrer que l'énergie du rayonnement électromagnétique prisonnier de la cavité et de fréquences comprises entre et , s'exprime comme suit, moyennant un changement de variable :

où .

Voir l'indice

Effectuer le changement de variable sans dimension \xi = h\nu / (k_{\mathrm{B}}T) dans l'intégrale de la densité d'énergie de Planck.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie totale \mathcal{E}_{12} en intégrant la distribution spectrale \mathrm{d}\mathcal{E} = u(\nu) V\,\mathrm{d}\nu entre les fréquences \nu_1 et \nu_2.
  2. Poser le changement de variable adimensionné suggéré par l'argument de l'exponentielle : \xi = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}} T}.
  3. Exprimer \nu et \mathrm{d}\nu en fonction de \xi, adapter les bornes et factoriser les constantes.
Voir la réponse courte

Intégration de V u(\nu)\mathrm{d}\nu avec le changement de variable \xi = h\nu/(k_{\mathrm{B}}T) faisant émerger le préfacteur en T^4.

Voir le corrigé complet

L'énergie électromagnétique \mathcal{E}_{12} contenue dans la cavité pour les fréquences comprises entre \nu_1 et \nu_2 s'obtient en sommant les contributions élémentaires \mathrm{d}\mathcal{E} fournies par l'équation (II.1) :

\mathcal{E}_{12} = \int_{\nu_1}^{\nu_2} \mathrm{d}\mathcal{E} = V \int_{\nu_1}^{\nu_2} u(\nu)\,\mathrm{d}\nu = V \frac{8\pi h}{c^3} \int_{\nu_1}^{\nu_2} \frac{\nu^3\,\mathrm{d}\nu}{\exp\left(\frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}\right) - 1}

Effectuons le changement de variable :

\xi = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T} \implies \nu = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\xi \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\nu = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\,\mathrm{d}\xi

Les bornes d'intégration deviennent :

\xi_1 = \frac{h\nu_1}{k_{\mathrm{B}}T} \quad \text{et} \quad \xi_2 = \frac{h\nu_2}{k_{\mathrm{B}}T}

Le produit \nu^3\,\mathrm{d}\nu s'écrit alors :

\nu^3\,\mathrm{d}\nu = \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)^3 \xi^3 \times \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)\,\mathrm{d}\xi = \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)^4 \xi^3\,\mathrm{d}\xi

En reportant cette expression dans l'intégrale, on obtient :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{12} &= V \frac{8\pi h}{c^3} \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)^4 \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^3\,\mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1} \\ &= V \frac{8\pi k_{\mathrm{B}}^4 T^4}{h^3 c^3} \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^3\,\mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1} \end{aligned}

On retrouve bien l'expression demandée :

\boxed{\mathcal{E}_{12} = V \frac{8\pi k_{\mathrm{B}}^4 T^4}{h^3 c^3} I_{[\xi_1, \xi_2]} \quad \text{avec} \quad I_{[\xi_1, \xi_2]} = \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^3\,\mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de planck, photon

Établir que le nombre de photons contenus dans la cavité, et dont la fréquence associée est comprise entre et , s'exprime comme suit :

où .

Voir l'indice

Remarquer que le nombre élémentaire de photons est donné par \mathrm{d}N = \mathrm{d}\mathcal{E} / (h\nu) et intégrer sur le même intervalle spectral.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre élémentaire de photons \mathrm{d}N compris dans la tranche de fréquence [\nu, \nu + \mathrm{d}\nu] à partir de l'énergie élémentaire \mathrm{d}\mathcal{E} et du quantum de Planck-Einstein \epsilon = h\nu rappelé à la question Q19.
  2. Intégrer sur l'intervalle [\nu_1, \nu_2] et poser le même changement de variable sans dimension \xi = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T} qu'à la question Q21.
Voir la réponse courte

Intégration du nombre de photons V u(\nu)\mathrm{d}\nu/(h\nu) avec la même variable \xi, abaissant d'un degré la puissance de \xi et de T.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Planck-Einstein (question Q19), chaque photon associé à la fréquence \nu transporte une énergie \epsilon = h\nu. Le nombre de photons \mathrm{d}N présents dans la cavité de volume V dont la fréquence est comprise dans l'intervalle [\nu, \nu + \mathrm{d}\nu] s'écrit donc :

\mathrm{d}N = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{\epsilon} = \frac{u(\nu) V \mathrm{d}\nu}{h\nu}

En injectant l'expression de la densité spectrale d'énergie u(\nu) donnée par l'équation (II.1) :

\mathrm{d}N = \frac{V}{h\nu} \left( \frac{8\pi h\nu^3}{c^3} \frac{1}{\exp\left(\frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}\right) - 1} \right) \mathrm{d}\nu = V \frac{8\pi \nu^2}{c^3} \frac{\mathrm{d}\nu}{\exp\left(\frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}\right) - 1}

Le nombre total de photons N_{12} de fréquences comprises entre \nu_1 et \nu_2 s'obtient par intégration :

N_{12} = \int_{\nu_1}^{\nu_2} \mathrm{d}N = V \frac{8\pi}{c^3} \int_{\nu_1}^{\nu_2} \frac{\nu^2 \mathrm{d}\nu}{\exp\left(\frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T}\right) - 1}

On effectue le changement de variable sans dimension introduit à la question Q21 :

\xi = \frac{h\nu}{k_{\mathrm{B}}T} \implies \nu = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{h} \xi \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\nu = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{h} \mathrm{d}\xi

Les bornes d'intégration deviennent \xi_1 = \frac{h\nu_1}{k_{\mathrm{B}}T} et \xi_2 = \frac{h\nu_2}{k_{\mathrm{B}}T}, et le produit \nu^2 \mathrm{d}\nu s'écrit :

\nu^2 \mathrm{d}\nu = \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)^3 \xi^2 \mathrm{d}\xi

En reportant dans l'intégrale :

N_{12} = V \frac{8\pi}{c^3} \left(\frac{k_{\mathrm{B}}T}{h}\right)^3 \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^2 \mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1}

On en déduit l'expression demandée :

\boxed{N_{12} = V \frac{8\pi k_{\mathrm{B}}^3 T^3}{h^3 c^3} J_{[\xi_1, \xi_2]}}

avec

J_{[\xi_1, \xi_2]} = \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^2 \mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de planck, énergie moyenne

Déduire des équations II.2 et II.3 une expression de l'énergie moyenne individuelle des photons contenus dans la cavité et dont les fréquences associées sont comprises entre et . Préciser comment cette énergie moyenne dépend de la température.

Voir l'indice

Calculer le quotient \langle \epsilon \rangle = \mathcal{E}_{12} / N_{12} et factoriser par k_{\mathrm{B}}T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie moyenne individuelle d'un photon dans la bande de fréquences [\nu_1, \nu_2] comme le quotient de l'énergie totale \mathcal{E}_{12} par le nombre total de photons N_{12}.
  2. Effectuer les simplifications à l'aide des expressions établies aux questions Q21 et Q22.
  3. Analyser la dépendance en température : identifier le facteur direct en k_{\mathrm{B}} T et préciser le rôle joué par les bornes d'intégration, en perspective des questions suivantes (Q24 et Q26).
Voir la réponse courte

Le quotient \langle\epsilon\rangle = \mathcal{E}_{12}/N_{12} = k_{\mathrm{B}}T (I/J) met en évidence une dépendance linéaire en T à bornes adimensionnées fixées.

Voir le corrigé complet

L'énergie moyenne individuelle d'un photon contenu dans la cavité, notée \langle \epsilon \rangle, s'obtient en divisant l'énergie totale du rayonnement dans la bande [\nu_1, \nu_2] par le nombre de photons correspondants :

\langle \epsilon \rangle = \frac{\mathcal{E}_{12}}{N_{12}}

En injectant les équations (II.2) et (II.3) :

\mathcal{E}_{12} = V \frac{8\pi k_{\mathrm{B}}^4 T^4}{h^3 c^3} I_{[\xi_1, \xi_2]} \quad \text{et} \quad N_{12} = V \frac{8\pi k_{\mathrm{B}}^3 T^3}{h^3 c^3} J_{[\xi_1, \xi_2]}

on simplifie le préfacteur géométrique et fondamental :

\begin{aligned} \langle \epsilon \rangle &= \frac{V \dfrac{8\pi k_{\mathrm{B}}^4 T^4}{h^3 c^3} I_{[\xi_1, \xi_2]}}{V \dfrac{8\pi k_{\mathrm{B}}^3 T^3}{h^3 c^3} J_{[\xi_1, \xi_2]}} \\ &= k_{\mathrm{B}} T \, \frac{I_{[\xi_1, \xi_2]}}{J_{[\xi_1, \xi_2]}} \end{aligned}
\boxed{\langle \epsilon \rangle = k_{\mathrm{B}} T \, \frac{\displaystyle \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^3 \mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1}}{\displaystyle \int_{\xi_1}^{\xi_2} \frac{\xi^2 \mathrm{d}\xi}{\exp(\xi) - 1}}}

Dépendance vis-à-vis de la température :

  • L'énergie moyenne comporte un facteur explicite k_{\mathrm{B}} T, directement proportionnel à la température absolue T.
  • En toute rigueur, une dépendance additionnelle existe via les bornes adimensionnées \xi_1 = \dfrac{h\nu_1}{k_{\mathrm{B}}T} et \xi_2 = \dfrac{h\nu_2}{k_{\mathrm{B}}T}.
  • Toutefois, si la bande spectrale couvre l'essentiel du spectre d'émission (ou si l'on intègre sur tout le spectre de 0 à +\infty), le rapport des intégrales \dfrac{I_{[\xi_1, \xi_2]}}{J_{[\xi_1, \xi_2]}} est une constante sans dimension : l'énergie moyenne individuelle d'un photon est alors proportionnelle à la température T (\langle \epsilon \rangle \propto T). C'est cette dépendance linéaire qui est retenue pour la suite de l'étude (questions Q24 et Q26).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

B.2 · Réduction du rayonnement par refroidissement

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de stefan-boltzmann, corps noir

Au regard des résultats établis aux questions 21 à 23, justifier qualitativement que la puissance émise par chacun des éléments du télescope, dans l'intervalle de fréquences considéré, est proportionnelle à sa température à la puissance 4.

Voir l'indice

Justifier que le flux d'énergie émis par unité de surface dépend principalement du terme en facteur T^4 intervenant dans la densité volumique totale.

Voir la stratégie

Pour relier la puissance émise à la température T à partir des questions Q21 à Q23, deux raisonnements qualitatifs équivalents peuvent être menés :

  1. Exprimer la puissance comme le produit du flux de photons (débit) par leur énergie moyenne individuelle.
  2. Relier le flux d'énergie émis par l'ouverture à la densité volumique d'énergie électromagnétique dans la cavité.
Voir la réponse courte

L'intégrale spectrale saturant pour une large bande, l'énergie contenue et la puissance émise suivent la loi de Stefan en T^4.

Voir le corrigé complet

Les photons s'échappent de la cavité à travers une petite ouverture de surface S à la célérité c. Le débit de photons émis \dot{N}_{12} est proportionnel à la densité volumique de photons n_{12} = \frac{N_{12}}{V} et à la vitesse c :

\dot{N}_{12} \propto S \cdot c \cdot \frac{N_{12}}{V}

D'après la question Q22, en supposant que l'intégrale sans dimension J_{[\xi_1, \xi_2]} varie peu avec la température dans le domaine considéré, la densité volumique de photons varie comme :

\frac{N_{12}}{V} \propto T^3 \implies \dot{N}_{12} \propto T^3

D'après la question Q23, chaque photon transporte en moyenne une énergie individuelle proportionnelle à la température :

\langle \epsilon \rangle \propto T

La puissance électromagnétique émise P_{12} correspond au flux total d'énergie, c'est-à-dire au produit du débit de photons par leur énergie moyenne :

P_{12} = \dot{N}_{12} \, \langle \epsilon \rangle \propto T^3 \times T

On en déduit que la puissance émise est proportionnelle à la température à la puissance 4 :

\boxed{P_{12} \propto T^4}

Ce résultat est également cohérent avec l'énergie totale calculée à la question Q21 : la puissance rayonnée est proportionnelle à la densité volumique d'énergie \frac{\mathcal{E}_{12}}{V} \propto T^4.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : loi de stefan-boltzmann

En déduire une estimation de la valeur du facteur de réduction de la puissance émise dans l'infrarouge par les différents éléments du télescope lorsque la température de celui-ci passe de la valeur 333 K à la valeur 39 K.

Voir l'indice

Calculer le rapport de températures élevé à la puissance 4 : (T_{\text{chaud}} / T_{\text{froid}})^4.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la loi d'échelle établie à la question précédente : la puissance rayonnée varie comme T^4.
  2. Exprimer le facteur de réduction comme le rapport des puissances rayonnées aux températures T_1 = 333\text{ K} et T_2 = 39\text{ K}.
  3. Réaliser l'application numérique avec le nombre de chiffres significatifs adapté (deux chiffres significatifs d'après la donnée de température 39\text{ K}).
Voir la réponse courte

Rapport des puissances thermiques émises égal à (T_1/T_2)^4 = (333/39)^4 \approx 5{,}3\times 10^3.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q24, la puissance rayonnée dans le domaine infrarouge est modélisée par une loi proportionnelle à T^4 :

P \propto T^4

Le facteur de réduction F de la puissance thermique émise lorsque la température passe de la valeur initiale T_1 = 333\text{ K} à la température finale de fonctionnement T_2 = 39\text{ K} s'écrit :

F = \frac{P(T_1)}{P(T_2)} = \left(\frac{T_1}{T_2}\right)^4

En effectuant l'application numérique :

\begin{aligned} \frac{T_1}{T_2} &= \frac{333}{39} \approx 8{,}54 \\ F &= \left(\frac{333}{39}\right)^4 \approx 5{,}3 \times 10^3 \end{aligned}
\boxed{F \approx 5{,}3 \times 10^3}

La puissance rayonnée par les éléments du télescope est donc atténuée d'un facteur supérieur à 5\,000 (elle est divisée par environ 5{,}3 \times 10^3, ce qui correspond à une émission résiduelle d'environ 1{,}9 \times 10^{-4} de sa valeur à température ambiante).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de stefan-boltzmann, photon

Le refroidissement a pour effet de réduire à la fois le nombre de photons émis et leur énergie moyenne. Identifier, parmi ces deux effets, celui qui a l'influence la plus importante sur la réduction de la puissance émise.

Voir l'indice

Comparer la puissance de la température régissant le nombre total de photons (T^3) à celle régissant l'énergie moyenne (T^1).

Voir la réponse courte

Le facteur de réduction du nombre de photons varie en T^3 (\approx 620) alors que l'énergie moyenne varie en T (\approx 8{,}5) : le nombre domine.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q22 et Q23, la puissance émise s'exprime comme le produit du débit de photons émis (directement relié au nombre de photons N_{12}) par leur énergie moyenne individuelle \langle \epsilon \rangle :

P_{12} \propto N_{12} \cdot \langle \epsilon \rangle

Sous l'approximation où les intégrales adimensionnées dépendent peu de la température (ou sur l'ensemble du spectre thermique) :

  • le nombre de photons émis varie comme T^3 ;
  • l'énergie moyenne par photon varie comme T.

Lors du passage de la température T_1 = 333\text{ K} à T_2 = 39\text{ K}, le rapport des températures vaut :

\frac{T_1}{T_2} = \frac{333}{39} \approx 8{,}5

Les facteurs de réduction respectifs sont donc :

  • pour le nombre de photons : \left(\dfrac{T_1}{T_2}\right)^3 \approx 8{,}5^3 \approx 6{,}2 \times 10^2 ;
  • pour l'énergie moyenne : \dfrac{T_1}{T_2} \approx 8{,}5.

La puissance en T^3 l'emportant nettement sur la dépendance linéaire en T, c'est la diminution du nombre de photons émis qui a l'influence prépondérante sur la réduction de la puissance rayonnée.

\boxed{\text{La réduction du nombre de photons émis (en } T^3\text{) est prépondérante devant celle de leur énergie moyenne (en } T\text{).}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie III : Point de Lagrange L₂

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : référentiel héliocentrique

Rappeler le nom usuellement attribué au référentiel .

Voir l'indice

Identifier le référentiel lié au centre du Soleil et orienté vers trois étoiles lointaines supposées fixes.

Voir la réponse courte

Référentiel héliocentrique (ou de Kepler), centré sur le Soleil et lié à des directions d'étoiles lointaines.

Voir le corrigé complet

Le référentiel \mathcal{R}_h, dont l'origine est le centre de masse du Soleil S et dont les axes pointent vers trois étoiles lointaines considérées comme fixes, est usuellement appelé le référentiel héliocentrique (ou référentiel de Copernic).

\boxed{\text{Référentiel héliocentrique (ou de Copernic)}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : référentiel galiléen, référentiel non galiléen

Rappeler la définition d'un référentiel galiléen et justifier que le référentiel est non galiléen.

Voir l'indice

Rappeler l'invariance galiléenne du principe d'inertie et justifier le caractère non galiléen par la rotation d'ensemble du repère.

Voir la réponse courte

Un référentiel galiléen vérifie le principe d'inertie. \mathcal{R} tourne à vitesse angulaire uniforme par rapport à l'héliocentrique, il est donc non galiléen.

Voir le corrigé complet

Un référentiel galiléen est un référentiel dans lequel le principe d'inertie (première loi de Newton) est vérifié : tout point matériel isolé ou pseudo-isolé (c'est-à-dire soumis à des forces dont la somme vectorielle est nulle) y est soit au repos, soit en mouvement de translation rectiligne uniforme :

\sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0} \implies \vec{v} = \vec{\text{cte}}.

D'après le préambule, le référentiel héliocentrique \mathcal{R}_h est considéré comme galiléen. Or, tout référentiel galiléen doit être animé d'un mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport à un autre référentiel galiléen.

Le référentiel \mathcal{R} est en rotation uniforme autour de l'axe (Sz) par rapport à \mathcal{R}_h, avec un vecteur rotation non nul \vec{\omega} = \omega\,\vec{e}_z.

\boxed{\text{Le référentiel }\mathcal{R}\text{ n'est pas en translation rectiligne uniforme par rapport à }\mathcal{R}_h\text{ : il est donc non galiléen.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : force d'inertie d'entraînement, équilibre

On considère que le télescope JWST, positionné au point , n'est soumis qu'à l'action gravitationnelle du Soleil et de la Terre. En adoptant le point de vue du référentiel , écrire la relation vectorielle qui traduit l'immobilité en du télescope JWST dans ce référentiel.

Voir l'indice

Écrire la nullité de la somme vectorielle de la force gravitationnelle du Soleil, de celle de la Terre et de la force d'inertie d'entraînement centrifuge.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système (télescope de masse m en L_2) et le référentiel d'étude non galiléen \mathcal{R} en rotation uniforme à la vitesse angulaire \vec{\omega} = \omega\,\vec{e}_z autour de l'axe (Sz) par rapport à \mathcal{R}_h.
  2. Effectuer le bilan des actions mécaniques : forces réelles (attractions gravitationnelles du Soleil et de la Terre) et forces d'inertie (entraînement et Coriolis).
  3. Appliquer la condition d'équilibre statique dans \mathcal{R}.
Voir la réponse courte

Équilibre relatif dans \mathcal{R} : somme de l'attraction du Soleil, de celle de la Terre et de la force d'inertie d'entraînement centrifuge égale à zéro.

Voir le corrigé complet

On étudie le télescope JWST, assimilé à un point matériel de masse m immobile en L_2, dans le référentiel non galiléen \mathcal{R}.

Le télescope est soumis à :

  • la force d'attraction gravitationnelle exercée par le Soleil :

    \vec{F}_S = -\frac{\mathcal{G} M_S m}{SL_2^2}\,\vec{e}_x = -\frac{\mathcal{G} M_S m}{(d_{TS} + r_{L_2})^2}\,\vec{e}_x
  • la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre :

    \vec{F}_T = -\frac{\mathcal{G} M_T m}{TL_2^2}\,\vec{e}_x = -\frac{\mathcal{G} M_T m}{r_{L_2}^2}\,\vec{e}_x
  • la force d'inertie de Coriolis, nulle car le télescope est immobile dans \mathcal{R} (\vec{v}_r = \vec{0}) :

    \vec{F}_{ic} = -2m\,\vec{\omega}\wedge \vec{v}_r = \vec{0}
  • la force d'inertie d'entraînement centrifuge (le repère étant en rotation uniforme autour de l'axe (Sz) passant par l'origine fixe S) :

    \vec{F}_{ie} = -m\,\vec{\omega}\wedge(\vec{\omega}\wedge\vec{SL_2}) = m \omega^2 (d_{TS} + r_{L_2})\,\vec{e}_x

La condition d'immobilité du télescope en L_2 dans le référentiel \mathcal{R} se traduit par le principe fondamental de la statique (ou principe fondamental de la dynamique avec \vec{a}_r = \vec{0}) :

\vec{F}_S + \vec{F}_T + \vec{F}_{ie} = \vec{0}

En explicitant chaque terme, la relation vectorielle s'écrit :

\boxed{\left( m\omega^2(d_{TS} + r_{L_2}) - \frac{\mathcal{G}M_S m}{(d_{TS}+r_{L_2})^2} - \frac{\mathcal{G}M_T m}{r_{L_2}^2} \right)\vec{e}_x = \vec{0}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : méthode dichotomique, étude de fonction

Proposer une procédure préalable à mettre en œuvre pour déterminer un jeu de valeurs adaptées des bornes Rmin et Rmax de l'intervalle dans lequel rechercher la solution. La réponse à cette question ne nécessite pas l'écriture d'un code Python, ni de connaître l'équation à résoudre.

Voir l'indice

Évoquer le théorème des valeurs intermédiaires en recherchant deux valeurs pour lesquelles la fonction F change de signe.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le prérequis mathématique fondamental de l'algorithme brentq (changement de signe aux bornes).
  2. Définir une plage d'exploration pertinente en s'appuyant sur des arguments physiques.
  3. Proposer une méthode concrète (tracé de courbe ou balayage discret) permettant d'extraire R_{\min} et R_{\max}.
Voir la réponse courte

Évaluation de la fonction aux bornes pour s'assurer d'un changement de signe (théorème des valeurs intermédiaires) ou tracé graphique préalable.

Voir le corrigé complet

L'algorithme brentq repose sur une méthode de dichotomie combinée à des interpolations (méthode de Brent) pour la recherche de racine d'une fonction continue. Il requiert impérativement une condition de changement de signe aux bornes de l'intervalle de recherche :

F(R_{\min}, \alpha) \cdot F(R_{\max}, \alpha) < 0

Pour déterminer un tel couple (R_{\min}, R_{\max}), la procédure préalable recommandée est la suivante :

  1. Ciblage de la zone d'exploration par des considérations physiques : le point L_2 est situé au-delà de l'orbite terrestre (R > 0) mais reste sous l'influence gravitationnelle directe de la Terre, ce qui implique une distance bien plus petite que la distance Soleil-Terre (R \ll 1). Un intervalle d'exploration large tel que R \in [0{,}001 \,;\, 0{,}1] est tout à fait adapté.
  2. Tracé graphique ou balayage numérique :

    • Approche graphique : tracer la courbe R \mapsto F(R, \alpha) sur cet intervalle et observer l'intersection avec l'axe des abscisses.
    • Approche par échantillonnage (tabulation) : évaluer la fonction F(R, \alpha) sur une grille de valeurs de R régulièrement espacées dans cette plage (par exemple avec un pas \Delta R = 10^{-3}) et détecter deux points consécutifs où F change de signe.
  3. Sélection des bornes : retenir les deux valeurs encadrant le zéro détecté pour définir [R_{\min}, R_{\max}], en s'assurant qu'aucune divergence de F n'apparaît dans l'intervalle (éviter notamment R = 0).
Signaler une erreurSommaire

Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique

Notions : point de lagrange, ordre de grandeur

La résolution numérique conduit à la valeur . En déduire la valeur de la distance qui sépare la Terre du point .

Voir l'indice

Calculer la distance physique à partir de la définition de la variable adimensionnée R = r_{L_2} / d_{TS}.

Voir la réponse courte

Calcul de la distance d = R \times d_{ST} \approx 0{,}009 \times 1{,}5\times 10^8\text{ km} \approx 1{,}5\times 10^6\text{ km}.

Voir le corrigé complet

Par définition de la variable adimensionnée R introduite dans l'énoncé :

R = \frac{r_{L_2}}{d_{TS}}

La distance séparant la Terre du point de Lagrange L_2 est donc :

r_{L_2} = R \, d_{TS}

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • R = 0{,}009 ;
  • d_{TS} = 1{,}50 \times 10^8\text{ km} = 1{,}50 \times 10^{11}\text{ m}.

On obtient :

\begin{aligned} r_{L_2} &= 0{,}009 \times 1{,}50 \times 10^8\text{ km} \\ r_{L_2} &= 1{,}35 \times 10^6\text{ km} \approx 1{,}4 \times 10^6\text{ km} \end{aligned}
\boxed{r_{L_2} \approx 1{,}4 \times 10^6\text{ km} = 1{,}4 \times 10^9\text{ m}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : pfd en référentiel non galiléen, force de coriolis

Rappeler la loi fondamentale de la physique qui permet d'aboutir au système différentiel ci-dessus, ainsi que les précautions à prendre dans son écriture.

Voir l'indice

Citer le principe fondamental de la dynamique en référentiel non galiléen en insistant sur la prise en compte des forces d'inertie.

Voir la réponse courte

Principe fondamental de la dynamique en référentiel non galiléen, en intégrant les forces d'inertie d'entraînement et de Coriolis avec vitesse relative.

Voir le corrigé complet

La loi fondamentale de la physique mise en jeu est le principe fondamental de la dynamique (ou deuxième loi de Newton), appliqué au télescope JWST assimilé à un point matériel de masse m dans le référentiel d'étude \mathcal{R}.

L'énoncé de cette loi dans le référentiel \mathcal{R} s'écrit :

\boxed{m \, \vec{a}(M/\mathcal{R}) = \sum \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\text{ie}} + \vec{F}_{\text{ic}}}

Les précautions indispensables à prendre lors de son écriture sont les suivantes :

  1. Caractère non galiléen du référentiel d'étude : Le référentiel \mathcal{R} étant en rotation à la vitesse angulaire \vec{\omega} = \omega\,\vec{e}_z par rapport au référentiel galiléen \mathcal{R}_h, il convient d'ajouter au bilan des forces réelles (attractions gravitationnelles du Soleil et de la Terre) les deux forces d'inertie :

    • la force d'inertie d'entraînement : \vec{F}_{\text{ie}} = -m\,\vec{\omega} \wedge (\vec{\omega} \wedge \overrightarrow{SM}) = m\,\omega^2 (x\,\vec{e}_x + y\,\vec{e}_y) ;
    • la force d'inertie de Coriolis : \vec{F}_{\text{ic}} = -2m\,\vec{\omega} \wedge \vec{v}(M/\mathcal{R}).
  2. Dérivation dans le référentiel relatif : La vitesse \vec{v}(M/\mathcal{R}) et l'accélération \vec{a}(M/\mathcal{R}) doivent être obtenues en dérivant les coordonnées du vecteur position \overrightarrow{SM} par rapport au temps dans la base liée à \mathcal{R} :

    \vec{a}(M/\mathcal{R}) = \ddot{\varepsilon}_x(t)\,\vec{e}_x + \ddot{\varepsilon}_y(t)\,\vec{e}_y + \ddot{\varepsilon}_z(t)\,\vec{e}_z
  3. Linéarisation au voisinage de la position d'équilibre : Pour aboutir au système différentiel linéaire proposé, il est nécessaire d'effectuer un développement limité au premier ordre des forces gravitationnelles en fonction des petits déplacements \varepsilon_x, \varepsilon_y, \varepsilon_z (puisque |\varepsilon| \ll r_{L_2}), et d'utiliser la relation d'équilibre vérifiée en L_2 établie à la question Q29.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de coriolis, produit vectoriel

Vérifier que les termes et proviennent des projections respectives sur les axes et de la force d'inertie de Coriolis.

Voir l'indice

Calculer le produit vectoriel -2m \vec{\omega} \wedge \vec{v}_{\text{rel}} avec \vec{\omega} = \omega \vec{e}_z et projeter sur les axes \vec{e}_x et \vec{e}_y.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur vitesse relative du télescope \vec{v}(M/\mathcal{R}) à partir de l'expression de \overrightarrow{SM} donnée par l'équation (III.1).
  2. Exprimer le vecteur rotation \vec{\omega} du référentiel d'étude \mathcal{R} par rapport au référentiel galiléen \mathcal{R}_h.
  3. Calculer la force d'inertie de Coriolis par unité de masse, \frac{\vec{F}_{\text{ic}}}{m} = -2\vec{\omega}\wedge\vec{v}(M/\mathcal{R}), et projeter sur les axes (Sx) et (Sy).
Voir la réponse courte

Calcul de \vec{F}_{ic}/m = -2\vec{\omega}\wedge\vec{v}_r avec \vec{\omega} = \omega\vec{u}_z et projection sur (Sx) et (Sy).

Voir le corrigé complet

Le vecteur position du télescope au voisinage de L_2 est donné par :

\overrightarrow{SM} = \bigl(d_{TS} + r_{L_2} + \varepsilon_x(t)\bigr)\vec{e}_x + \varepsilon_y(t)\vec{e}_y + \varepsilon_z(t)\vec{e}_z

La base (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) étant fixe dans le référentiel \mathcal{R}, le vecteur vitesse de M par rapport à \mathcal{R} s'écrit :

\vec{v}(M/\mathcal{R}) = \left(\frac{\mathrm{d}\overrightarrow{SM}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathcal{R}} = \dot{\varepsilon}_x(t)\vec{e}_x + \dot{\varepsilon}_y(t)\vec{e}_y + \dot{\varepsilon}_z(t)\vec{e}_z

Le référentiel \mathcal{R} est en rotation uniforme autour de l'axe (Sz) à la vitesse angulaire \omega par rapport au référentiel galiléen \mathcal{R}_h, d'où :

\vec{\omega} = \omega\,\vec{e}_z

La force d'inertie de Coriolis exercée sur le télescope de masse m est donnée par :

\vec{F}_{\text{ic}} = -2m\,\vec{\omega}\wedge\vec{v}(M/\mathcal{R})

Soit, en divisant par la masse m :

\begin{aligned} \frac{\vec{F}_{\text{ic}}}{m} &= -2\omega\,\vec{e}_z \wedge \bigl(\dot{\varepsilon}_x(t)\vec{e}_x + \dot{\varepsilon}_y(t)\vec{e}_y + \dot{\varepsilon}_z(t)\vec{e}_z\bigr) \\ &= -2\omega \Bigl(\dot{\varepsilon}_x(t)\underbrace{(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x)}_{=\,\vec{e}_y} + \dot{\varepsilon}_y(t)\underbrace{(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_y)}_{=\,-\vec{e}_x} + \dot{\varepsilon}_z(t)\underbrace{(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_z)}_{=\,\vec{0}}\Bigr) \\ &= 2\omega\dot{\varepsilon}_y(t)\,\vec{e}_x - 2\omega\dot{\varepsilon}_x(t)\,\vec{e}_y \end{aligned}

En projetant la relation fondamentale de la dynamique écrite dans \mathcal{R} (m\vec{a}(M/\mathcal{R}) = \sum \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{\text{ie}} + \vec{F}_{\text{ic}}), les contributions de la force de Coriolis à l'accélération relative \ddot{\varepsilon}_x(t) et \ddot{\varepsilon}_y(t) sont :

\boxed{\left(\frac{\vec{F}_{\text{ic}}}{m}\right) \cdot \vec{e}_x = 2\omega\dot{\varepsilon}_y(t) \quad \text{et} \quad \left(\frac{\vec{F}_{\text{ic}}}{m}\right) \cdot \vec{e}_y = -2\omega\dot{\varepsilon}_x(t)}

On retrouve bien identiquement les termes figurant dans les deux premières équations du système différentiel (III.2).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : stabilité, position d'équilibre

Expliquer pourquoi on peut se limiter aux mouvements dans le plan si l'on souhaite étudier la stabilité de l'équilibre au point de Lagrange .

Voir l'indice

Constater que l'équation différentielle selon l'axe (Sz) est découplée des autres et admet des solutions sinusoïdales bornées (oscillateur harmonique de pulsation 2\omega).

Voir la stratégie

Pour justifier la restriction de l'étude au plan orbital (Sxy), il convient d'analyser l'équation différentielle selon la direction (Sz) :

  1. Montrer que la composante \varepsilon_z(t) est entièrement découplée des composantes \varepsilon_x(t) et \varepsilon_y(t).
  2. Résoudre ou caractériser la nature de l'évolution de \varepsilon_z(t) pour constater qu'elle est bornée (mouvement purement oscillatoire).
  3. Conclure qu'une éventuelle instabilité ne peut provenir que du couplage dans le plan (Sxy).
Voir la réponse courte

L'équation selon z est découplée de x et y et correspond à celle d'un oscillateur harmonique, intrinsèquement stable.

Voir le corrigé complet

D'après le système différentiel (III.2), la coordonnée \varepsilon_z(t) vérifie l'équation :

\ddot{\varepsilon}_z(t) + 4\omega^2 \varepsilon_z(t) = 0

On constate immédiatement deux propriétés fondamentales :

  • L'équation selon (Sz) est découplée des variables \varepsilon_x(t) et \varepsilon_y(t) (aucune interférence de la force de Coriolis ni du gradient de potentiel lié au plan orbital).
  • Cette équation est celle d'un oscillateur harmonique linéaire non amorti de pulsation propre \Omega_z = 2\omega > 0. Sa solution s'écrit sous la forme :

    \varepsilon_z(t) = C_1 \cos(2\omega t) + C_2 \sin(2\omega t)

    où C_1 et C_2 sont des constantes réelles fixées par les conditions initiales.

La trajectoire selon l'axe (Sz) est donc purement oscillatoire et bornée pour toute perturbation initiale : l'équilibre est inconditionnellement stable selon la direction perpendiculaire au plan orbital.

\boxed{\text{Le mouvement selon $(Sz)$ étant toujours stable et découplé, la stabilité de } L_2 \text{ est régie uniquement par le système couplé dans le plan } (Sxy).}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : équation différentielle, système linéaire

On cherche des solutions, en utilisant la notation complexe, sous la forme : et , où . Déterminer le système des deux équations vérifiées par les amplitudes complexes et .

Voir l'indice

Injecter les formes complexes dans les deux premières équations différentielles et factoriser par \mathrm{e}^{pt}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées temporelles premières et secondes des fonctions d'essai complexes \underline{\varepsilon}_x(t) et \underline{\varepsilon}_y(t).
  2. Les injecter dans les deux premières équations couplées du système différentiel (III.2) régissant le mouvement dans le plan (Sxy).
  3. Factoriser et simplifier par le terme non nul \mathrm{e}^{pt} pour aboutir à un système algébrique linéaire en \underline{A}_x et \underline{A}_y.
Voir la réponse courte

Remplacement des dérivées par des puissances de p, aboutissant à un système linéaire homogène d'inconnues \underline{A}_x et \underline{A}_y.

Voir le corrigé complet

Les fonctions d'essai recherchées s'écrivent sous la forme :

\underline{\varepsilon}_x(t) = \underline{A}_x\,\mathrm{e}^{pt} \quad \text{et} \quad \underline{\varepsilon}_y(t) = \underline{A}_y\,\mathrm{e}^{pt}, \quad \text{avec } p \in \mathbb{C}.

En dérivant par rapport au temps, on obtient :

\begin{aligned} \dot{\underline{\varepsilon}}_x(t) &= p\,\underline{A}_x\,\mathrm{e}^{pt}, & \ddot{\underline{\varepsilon}}_x(t) &= p^2\,\underline{A}_x\,\mathrm{e}^{pt}, \\ \dot{\underline{\varepsilon}}_y(t) &= p\,\underline{A}_y\,\mathrm{e}^{pt}, & \ddot{\underline{\varepsilon}}_y(t) &= p^2\,\underline{A}_y\,\mathrm{e}^{pt}. \end{aligned}

D'après le système différentiel (III.2), les deux premières équations s'écrivent :

\begin{aligned} \ddot{\varepsilon}_x(t) - 2\omega\dot{\varepsilon}_y(t) - 9\omega^2\varepsilon_x(t) &= 0, \\ \ddot{\varepsilon}_y(t) + 2\omega\dot{\varepsilon}_x(t) + 3\omega^2\varepsilon_y(t) &= 0. \end{aligned}

En substituant les expressions complexes dans ces deux équations :

\begin{aligned} \left( p^2\,\underline{A}_x - 2\omega p\,\underline{A}_y - 9\omega^2\,\underline{A}_x \right)\mathrm{e}^{pt} &= 0, \\ \left( p^2\,\underline{A}_y + 2\omega p\,\underline{A}_x + 3\omega^2\,\underline{A}_y \right)\mathrm{e}^{pt} &= 0. \end{aligned}

Puisque \mathrm{e}^{pt} \neq 0 pour tout t \in \mathbb{R}, on obtient le système linéaire vérifié par les amplitudes (\underline{A}_x, \underline{A}_y) :

\boxed{\begin{cases} (p^2 - 9\omega^2)\,\underline{A}_x - 2\omega p\,\underline{A}_y = 0 \\ 2\omega p\,\underline{A}_x + (p^2 + 3\omega^2)\,\underline{A}_y = 0 \end{cases}}

Ce système s'écrit de manière équivalente sous forme matricielle :

\begin{pmatrix} p^2 - 9\omega^2 & -2\omega p \\ 2\omega p & p^2 + 3\omega^2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} \underline{A}_x \\ \underline{A}_y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 36

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : stabilité, équation caractéristique

En déduire les valeurs acceptables de . Conclure quant à la stabilité de l'équilibre au point de Lagrange dans le référentiel .

Voir l'indice

Écrire la condition d'annulation du déterminant du système linéaire pour obtenir une équation bicarrée en p, puis observer qu'au moins une solution réelle est strictement positive.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'existence de solutions non triviales pour le système linéaire homogène établi à la question Q35 en annulant son déterminant.
  2. Résoudre l'équation bicarrée en p ainsi obtenue pour déterminer les quatre valeurs acceptables de p.
  3. Examiner le signe de la partie réelle des solutions pour conclure sur la stabilité de la position d'équilibre.
Voir la réponse courte

Annulation du déterminant donnant une équation bicarrée avec une racine réelle strictement positive, démontrant l'instabilité de l'équilibre.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, les amplitudes complexes vérifient le système linéaire homogène :

\begin{pmatrix} p^2 - 9\omega^2 & -2\omega p \\ 2\omega p & p^2 + 3\omega^2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} \underline{A}_x \\ \underline{A}_y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}

Pour admettre des solutions non nulles, le déterminant de ce système doit être nul :

\begin{aligned} (p^2 - 9\omega^2)(p^2 + 3\omega^2) - (-2\omega p)(2\omega p) &= 0 \\ p^4 - 6\omega^2 p^2 - 27\omega^4 + 4\omega^2 p^2 &= 0 \\ p^4 - 2\omega^2 p^2 - 27\omega^4 &= 0 \end{aligned}

Il s'agit d'une équation du second degré en X = p^2 :

X^2 - 2\omega^2 X - 27\omega^4 = 0

Le discriminant réduit vaut :

\Delta' = (-\omega^2)^2 - 1 \times (-27\omega^4) = 28\,\omega^4 > 0

Les deux racines pour X = p^2 sont donc :

\begin{aligned} X_1 &= (1 + 2\sqrt{7})\,\omega^2 > 0 \\ X_2 &= (1 - 2\sqrt{7})\,\omega^2 < 0 \quad (\text{car } 2\sqrt{7} = \sqrt{28} > 1) \end{aligned}

On en déduit les quatre valeurs acceptables de p :

\boxed{p = \pm \omega\sqrt{1 + 2\sqrt{7}} \quad \text{et} \quad p = \pm \mathrm{i}\,\omega\sqrt{2\sqrt{7} - 1}}

Numériquement, avec \sqrt{1+2\sqrt{7}} \approx 2{,}51 et \sqrt{2\sqrt{7}-1} \approx 2{,}07, ces valeurs valent environ p \approx \pm 2{,}51\,\omega et p \approx \pm 2{,}07\,\mathrm{i}\omega.

Conclusion quant à la stabilité : L'une des solutions est réelle et strictement positive (p_1 = +\omega\sqrt{1+2\sqrt{7}} > 0). Par conséquent, la solution générale contient un terme proportionnel à \mathrm{e}^{p_1 t} qui diverge exponentiellement au cours du temps lorsqu'un écart infinitésimal est introduit.

\boxed{\text{L'équilibre au point de Lagrange } L_2 \text{ dans le référentiel } \mathcal{R} \text{ est instable.}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : constante de temps, ordre de grandeur

Estimer la valeur de la durée à partir de laquelle il convient de repositionner le télescope au voisinage du point .

Voir l'indice

Définir le temps caractéristique d'instabilité par \tau = 1/p associé à la valeur propre réelle positive dominante.

Voir la stratégie
  1. Associer l'instabilité du point de Lagrange L_2 au temps caractéristique d'amplification exponentielle \tau = 1/p_+ du mode instable identifié à la question Q36.
  2. Calculer la vitesse angulaire orbitale \omega à partir de la formule fournie dans l'énoncé.
  3. En déduire l'ordre de grandeur de la durée \tau au bout de laquelle une correction de trajectoire s'avère indispensable.
Voir la réponse courte

Détermination du temps de divergence \tau = 1/p_{\text{réel}}, de l'ordre de quelques semaines à quelques mois.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, la solution du système différentiel présente un mode divergent exponentiel associé à la racine réelle positive :

p_+ = \omega\sqrt{1 + 2\sqrt{7}} \approx 2{,}51\,\omega

L'écart \varepsilon(t) par rapport à la position d'équilibre L_2 croît ainsi comme \mathrm{e}^{t/\tau}, où le temps caractéristique de divergence vaut :

\tau = \frac{1}{p_+} = \frac{1}{\omega\sqrt{1 + 2\sqrt{7}}}

Au bout d'une durée de l'ordre de \tau, la perturbation initiale est multipliée par un facteur \mathrm{e} \approx 2{,}7, ce qui remet rapidement en cause la condition de petitesse des déplacements (|\varepsilon| \ll r_{L_2}) et éloigne le télescope du point L_2. Il convient donc d'effectuer une manœuvre de repositionnement sur une durée de l'ordre de \tau.

Calculons la pulsation \omega à l'aide de l'expression fournie par l'énoncé :

\begin{aligned} \omega &= \sqrt{\frac{\mathcal{G}M_S}{d_{TS}^3}} \\ &= \sqrt{\frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 2{,}010 \times 10^{30}}{\left(1{,}50 \times 10^{11}\right)^3}} \approx 1{,}99 \times 10^{-7}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

On remarque que cette valeur correspond bien à la pulsation orbitale de la Terre autour du Soleil (\omega = 2\pi/T_{\text{orb}} avec T_{\text{orb}} = 1\text{ an} \approx 3{,}16 \times 10^7\text{ s}).

Le temps caractéristique s'évalue alors par :

\tau = \frac{1}{2{,}51 \times 1{,}99 \times 10^{-7}\text{ s}^{-1}} \approx 2{,}0 \times 10^6\text{ s}

En convertissant cette durée en jours (1\text{ jour} = 86\,400\text{ s}) :

\tau = \frac{2{,}0 \times 10^6}{86\,400} \approx 23\text{ jours}
\boxed{\tau \approx 2 \times 10^6\text{ s} \approx 23\text{ jours}\quad (\text{soit environ } 3\text{ semaines})}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : point de lagrange, bilan thermique

Donner au moins un argument qui justifie que le télescope JWST ait été placé au point .

Voir l'indice

Mettre en avant le rôle d'écran thermique permanent conféré par l'alignement Soleil-Terre, permettant de tourner constamment le bouclier vers les sources chaudes.

Voir la réponse courte

L'alignement permanent Soleil-Terre-JWST permet à un bouclier thermique unique de masquer Soleil et Terre pour refroidir passivement le télescope.

Voir le corrigé complet

Plusieurs arguments complémentaires justifient le choix du point de Lagrange L_2 pour le télescope JWST :

  • Alignement géométrique et protection thermique (argument majeur) :
    Au point L_2, le Soleil, la Terre et la Lune se trouvent en permanence dans la même direction vue du télescope (vers l'intérieur de l'orbite terrestre). Un unique bouclier thermique déployable suffit donc à occulter simultanément ces trois sources majeures de rayonnement parasite. Cela permet un refroidissement radiatif passif efficace jusqu'à environ 39\text{ K}, condition indispensable pour observer dans l'infrarouge sans être ébloui par la propre émission thermique du télescope (étudiée en partie II.B).
  • Stabilité de l'environnement thermique et absence d'éclipses :
    Contrairement à un télescope en orbite terrestre basse (comme Hubble), le JWST n'entre jamais dans le cône d'ombre de la Terre et n'est soumis à aucun cycle thermique d'alternance jour/nuit, ce qui garantit une stabilité thermique et mécanique optimale de ses miroirs et détecteurs.
  • Visibilité continue de l'espace profond :
    En pointant en permanence à l'opposé du Soleil et de la Terre, le télescope bénéficie d'un champ d'observation de l'Univers profond sans obstruction périodique par la Terre.
\boxed{\text{L'alignement Soleil-Terre-JWST permet à un unique bouclier de protéger les instruments du rayonnement thermique externe.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (22 % des questions, partie I), Référentiels non galiléens (18 %, partie III), Cinématique et dynamique du point (17 %) et Rayonnement thermique (16 %). Plus ponctuellement : Optique géométrique, Physique quantique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Mouvement dans un champ de force centrale et Circuits électriques et régimes transitoires.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 dès la première année (MP2I ou MPSI) ?

En partie : 20 questions sur 38 (53 %) ne demandent que le programme de MP2I ou MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q14), ainsi que Q15, Q19, Q20, Q27, Q28 et Q30. Avec les autres programmes de première année : 20 en PCSI, 20 en PTSI, 20 en TSI1 et 20 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q17 (miroir sphérique) et Q36 (stabilité).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 ?

Questions de cours : Q5 (effet doppler), Q15 (approximation de gauss), Q18 (corps noir), Q19 (relation de planck-einstein), Q27 (référentiel héliocentrique), Q28 (référentiel galiléen) et Q32 (pfd en référentiel non galiléen). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (effet doppler), Q2 (effet doppler), Q3 (effet doppler), Q21 (loi de planck), Q29 (force d'inertie d'entraînement) et Q33 (force de coriolis).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (31 sur 38), par exemple : Q1, Q2, Q4 à Q7, Q9 à Q16, Q18 à Q20, Q23 à Q32, Q34, Q35, Q37 et Q38. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q3, Q8, Q21, Q22 et Q33.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MPI 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le sujet était de longueur raisonnable et bien réussi en mécanique et en thermodynamique du rayonnement, mais le rapport signale que le calcul des incertitudes de mesure n'est pas maîtrisé par la majorité des candidats. Moyenne : 9,5/20 (écart-type 3,99, 709 présents).

Faut-il connaître la formule de l'effet Doppler relativiste ?

Non : l'expression relativiste exacte est directement fournie par l'énoncé en Q8. Il suffit d'effectuer un développement limité au premier ordre en v/c pour retrouver le résultat classique établi en Q7.

Quel critère utiliser pour conclure à l'instabilité en Q36 ?

L'existence d'au moins une solution p à partie réelle strictement positive suffit à prouver l'instabilité. La composante divergente en \mathrm{e}^{pt} écarte inexorablement le satellite de sa position d'équilibre en cas de perturbation dans le plan orbital.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 38
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 38 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,5 et d'écart-type 3,99 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.